C’est avec beaucoup de retard que l’on se retrouve pour la dernière partie de notre bilan concernant la semaine dernière. Je vous passe toutes les bonnes raisons qui expliquent ce retard parce que dans le fond, on s’en fout ! Ce qui est important, c’est qu’on parle aujourd’hui de six séries sur lesquelles le public n’a pas forcément de bons à-priori alors qu’elles sont tout à fait honnêtes. Des séries pas si pourries, c’est le bilan de la semaine.
BEAUTY AND THE BEAST (saison 1)
Célèbre série des années 80 mettant en scène Ron Perlman dans le rôle de la Bête (et co-écrite par Georges R.R. Martin, le papa de Game of Thrones), Beauty and the Beast revient dans une version contemporaine sur la CW. Et mieux vaut vite oublier la série de base tant les différences sur le traitement et les thématiques sont nombreuses. Une fois le deuil fait du maquillage barbu de Perlman, on peut enfin se concentrer vraiment sur cette nouvelle itération des aventures de la jolie flic Catherine Chandler, qui rencontre un certain Vincent Keller qui, dans cette version, est un ancien soldat sur lequel on a fait des expériences génétiques et qui peut se “transformer” en monstre lors des coups de stress.
Enfin, en monstre, c’est vite dit. La CW désirant vendre la série comme un show romantique avant tout, elle n’a pas l’intention d’abîmer le visage de son acteur principal tout droit sorti d’un catalogue de maillot de bain. Vincent a donc les ongles qui poussent (mais restent propres), les yeux qui brillent, et sa cicatrice qui s’agrandit un peu. Sa voix devient aussi un peu plus rauque et vu comme elle est normalement on se demande comment c’est possible. On est donc bien loin des poils et froufous de la version originale.
Kristin Kreuk, ancienne miss Rose de Smallville (la seule couleur qu’elle portait), s’en tire plutôt pas mal dans le rôle de Catherine et sait minauder quand il faut pour faire pleurer sur le sort mystérieux de sa mère. C’est en effet là que se trouve l’intrigue feuilletonnante, celle-ci faisant sûrement partie des médecins et du consortium qui ont transformé Vincent en monstre. Le reste de la série repose sur quelques intrigues semi-policière avec quasiment toujours un enjeux amoureux : on est dans de la romance, pas dans une série policière !
Le résultat est quelque peu étrange, entre consternation totale sur certains épisodes chiants et sans intérêts, et ravissement quand le show prend des tournures inattendues et arrive à dire quelque chose d’original sur l’amour (surtout sur la fin de la saison.) Question audience, ce ne fut pas la panacée. Mais la CW est un network où il fait bon de se poser car elle ne s’appesantit pas sur les chiffres et préfère créer des fanbase solides et aller chercher les bonnes critiques en allant toujours dans le sens de ce que semble souhaiter ces fameux fans. Du coup Beauty and the Beast n’est pas annulée (alors que partout ailleurs ça n’aurait pas fait long feu) mais va être “retoolée”, c’est à dire réarrangée, remaniée, pour une deuxième saison qui promet donc d’être assez différente.
Et pour ma part, je lui laisserai sa chance.
Final Score : 6/10
Pas franchement grandiose, Beauty and the Beast propose pourtant quelques très bons moments qui justifient à eux seuls une suite réaménagée. A conseiller aux adolescentes (qui y trouveront un palliatif beaucoup moins cucul que les autres séries romantiques pour ado) et à ceux qui sont nostalgiques de Kristin Kreuk.
Diffusée en accompagnement de Beauty and the Beast, le show aux dents longues le plus improbables qui soit a confirmé cette année tout le bien qu’on en pensait et marche tellement bien (enfin pour un petit network comme la CW) que la chaîne va lui donner une petite soeur. Vampire Diaries ou comment prendre une série de mauvais bouquins et en faire un vrai tour de force.
Alors oui, pour les détracteurs de la série, il s’agit bien d’un trio amoureux entre deux frères et une petite brune perdue dans ses sentiments – Twilight n’est pas bien loin… Mais au fil des saisons, la série s’est largement épaissie et on ne compte plus le nombre d’êtres surnaturels à vadrouiller dans les rues de Mystic Falls. Loup-Garous, sorciers, hybrides, fantômes, “originals” (la première famille de vampires, qui va donc avoir sa propre série l’année prochaine), sans compter tous les chasseurs : ça commence à faire du monde. Et d’ailleurs, la fin de cette saison leur rend hommage avec une entourloupe maligne pour faire revenir, le temps d’un épisode ou deux, une bonne partie des personnages qui ont été tués précédemment histoire de leur permettre de prendre leur revanche.
Car il faut bien avouer que question décès, Vampire Diaries se pose là. Décidée à ne jamais se reposer sur une formule, le show est constamment tiré dans tous les sens pour arriver à surprendre le spectateur. Ainsi, les scénaristes n’hésitent pas à éliminer un personnage, même s’il est très apprécié, ou à changer radicalement la psychologie d’un protagoniste. Cette année, on a ainsi pu voir Elena, l’héroïne, s’acclimater à son nouveau rôle de vampire, avant de devenir la pire peste qui soit quand elle décide de switcher ses sentiments. C’est parti pour un run d’une dizaine d’épisodes foutrement délirants dans lesquels les deux frangins normalement héros de la série apparaissent comme deux gros crétins faciles à manipuler et complètement obnubilés par l’envie de se taper cette pauvre Elena.
Alors oui, on peut se lasser un peu de ce rollercoaster de rebondissements et il faut bien reconnaître que le tout est parfois un peu vain, un peu creux. Mais dans ses grands moments (et ils ne sont pas rares), Vampire Diaries touche généralement juste et nous fait bondir de notre fauteuil avec un twist que l’on n’avait pas vu venir. Vampiriquement fun.
Final Score : 8/10
C’est une série de genre et donc bien évidemment elle ne parlera pas à tout le monde. Mais tous ceux qui sont un minimum fan de fantastique et qui cherchent une série qui ne se repose jamais sur ses lauriers sauront apprécier cette tonne de rebondissements et de twists irrémédiablement fun qu’est Vampire Diaries.
Déjà neuf saisons de Grey’s Anatomy ! On ne va donc pas se leurrer, si vous lisez cet article c’est sans doute que vous êtes fan de la série et que vous voulez juste savoir ce que j’ai à en dire ou que vous avez décroché l’année dernière et que vous voulez savoir si ça vaut le coup de vous lancer dans ces vingt-quatre nouveaux épisodes. Pour la faire courte : oui, ça vaut le coup.
Après s’être tirée une sérieuse balle dans le pied en supprimant deux des personnages les plus appréciés du public, Grey’s se devait de trouver des idées percutantes et surtout des fils rouges suffisamment intéressants et originaux pour nous tenir en haleine. Du côté pas très original, on a eut la galerie de petits nouveaux étudiants – mais il faut reconnaître que ceux-ci sont plutôt réussis et changent de la troupe habituel. Moins beaux, moins glamours, moins doués (sacrément moins doués !), ils arrivent à être très vite attachants (ils ont intérêts vu que la série ne va pas s’éterniser encore très longtemps…) La petite Jo (Camilla Luddington, qui a prêté ses traits à la nouvelle Lara Croft dans la dernière version vidéo-ludique de Tomb Raider) aura même une histoire surprenante et originale avec ce bougre de Karev qui s’avère toujours intrigant après neuf saisons – il faut le faire !
Plus original, il y a tout le fil rouge sur les répercussions de l’accident d’avion survenu l’année dernière. Alors oui, il y a l’amputée de la jambe, les décès, et tout le traumatisme, mais ce n’est pas le plus important (marrant non ?!) Car le fait est que c’est bien l’hôpital qui est responsable et comme on est aux Etat-Unis, il va devoir payer une petite fortune aux survivants de cette tragédie. Cool pour Mérédith et compagnie ? Pas tout à fait. Car ça veut dire aussi que Seattle Grace n’est plus rentable… et qu’il va devoir fermer ses portes. A moins d’un rachat par un grand groupe, ce qui provoque moult problèmes d’organisations. A moins que… mais bon là, je vous laisse découvrir, c’est ce qui fait tout le sel de la deuxième partie de la saison et c’était plutôt sympa.
Question intrigues amoureuses, on est par contre dans de l’ultra traditionnel même si ce sont plutôt les nouveaux personnages qui vont vivre quelques remous. Ben oui, les auteurs ne peuvent plus faire bouger grand chose autour de Meredith qui apparaît donc cette année un peu plus comme le coeur, l’âme de la série mais plus du tout son protagoniste principal. Ellen Pompeo semble le prendre plutôt bien et apparaît nettement plus en forme que les autres années – c’est bien la première fois qu’elle semble enfin faire son âge !
Final Score : 7/10
C’était plutôt une bonne année pour Grey’s Anatomy, donc si vous avez tout vu jusque là ce n’est pas la saison à laquelle il faut arrêter ! Plus sociale et moins outrancière dans les intrigues amoureuses, cette saison marque définitivement le passage à l’âge adulte pour la série. Il était temps !
Avec Scandal, Shonda Rhimes avait purement pour but de faire à la série politique ce qu’elle a fait à la série médicale avec Grey’s Anatomy, à savoir y glisser du soap et un certain dynamisme des scénarios (en dépit du réalisme, auquel la scénariste semble vraiment peu s’accrocher !) Elle était loin de se douter qu’elle tenait entre ses mains une pure bombe à retardement qui a explosé sur l’Amérique cette année, avec des scores d’audimat inhabituels pour une série diffusée à 22:00.
Il s’agit donc des mésaventures d’une avocate super forte (et de son équipe) qui fut auparavant la conseillère du Président des Etats-Unis – avec qui elle a une relation amoureuse alors que le bougre est marié à une femme pas dénuée d’ambitions. Ouais, dit comme ça, c’est pas très emballant. Mais la série a su rapidement rebondir en éliminant les intrigues bouclées pour se contenter de mettre en place un feuilletonnant explosif, tout à fait dans le style d’un show comme The Killing.
Et Scandal se permet tout. Entre un discours édifiant sur l’absence de réelle démocratie aux Etats Unis, ou sur ce qu’elle fait faire à ses personnages (torture, manipulation, mensonge et trahisons), elle secoue tous les codes jusqu’à faire de son héroïne le personnage le plus inquiétant du show. Si la réalisation est un peu pauvre et ne fait que répéter les trois bonnes idées plantées dès le pilote, elle n’enlève rien à la qualité générale des comédiens qui font pleinement vivre ses intrigues over-the-top et délicieusement retorses. Le seul bémol concernera le dernier épisode de cette saison, pas très heureux dans le traitement de certaines séquences, et dans lequel Shonda Rhimes (qui s’est décidée à l’écrire, mauvaise idée !) abuse des grandes tirages grandiloquentes. Mais le reste de l’année était tout simplement ahurissant.
Final Score : 8/10
Scandal se pose comme le seul political-soap à ce jour et, malgré sa réalisation mitigée et quelques facilités à la toute fin de la saison, comme un show absolument jouissif car il se permet tout. Un sacré plaisir.
Il fallait oser : non seulement Elementary est une nouvelle version moderne de Sherlock Holmes, alors que le revival au cinéma avec Downey Jr. cartonne et que la série anglaise (Sherlock) secoue les foules, mais en plus elle repose sur une idée particulièrement étrange – faire jouer Watson par Lucy Liu. Pour sa première création et sa première série en tant que showrunner, Robert Doherty (scénariste et producteur sur d’autres séries auparavant), a donc décidé de jouer le tout pour le tout, et d’assumer dès le début de la saison qu’il NE ferait PAS d’histoire d’amour entre Sherlock et Watson.
Et le bougre a tenu sa promesse. Certes, il fait beaucoup de trahison à l’oeuvre de Conan Doyle – la première étant que Sherlock manipule Watson (au début) pour en faire son “élève” et accessoirement sa remplaçante, la deuxième étant de déplacer l’action à New York – mais il me semble qu’il a totalement saisit l’idée derrière les romans et les nouvelles et réussit à reproduire l’impact qu’ils pouvaient avoir à l’époque sur notre monde actuel. Il faut dire que Jonny Lee Miller est tout simplement excellent dans le rôle titre et donne immédiatement envie de suivre ce “surhomme” désespérément asocial et énervant. Quant à Lucy Liu, elle assume avec culot d’enfiler les bottes de Watson et s’empare très rapidement du personnage pour en faire sa propre création.
Alors oui, les personnages sont géniaux, mais les enquêtes en elles-mêmes sont bien évidemment l’un des éléments les plus importants d’une série policière. Alors que valent celles de cette première saison ? Là aussi, c’est plutôt une très bonne surprise. Malignes, inventives, sortant des sentiers battus et du classique “le premier innocenté s’avère être le coupable”, elles sont parfois un peu tirées par les cheveux mais s’avèrent toujours surprenantes. Ça fait donc plaisir de se retrouver face à des enquêtes où on ne sait pas forcément vingt minutes à l’avance qui est le coupable !
Enfin, ajoutez à cela un feuilletonnant très sympathique mais malheureusement trop court (on espère que la saison deux le mettra nettement plus en avant) et vous obtenez très clairement la révolution de la série policière que l’on attendait depuis… CSI. Ni plus, ni moins.
Final Score : 8/10
Oui, ça y est, enfin : la série policière américaine a trouvé son renouveau avec cet Elementary limite choquant au début avec ses choix très particuliers, mais qui s’avèrent au final tous de très bonnes idées. Si vous aimez les cop-shows, ne passez surtout pas à côté.
A l’insu de pas mal de monde, Nikita est tranquillement en train de faire son bout de chemin et de monter une fan-base de plus en plus puissante. Les critiques commencent à s’intéresser à un show bien plus malin et intelligent qu’il n’y parait au premier abord (et surtout par rapport à ses débuts assez catastrophiques !)
Oui, il s’agit bel et bien d’une nouvelle version de la série dérivée du film de Luc Besson, sur une agent secret / assassin travaillant pour un section spéciale des services secrets américains nommée Division qui va s’avérer avoir son propre agenda qui n’a rien de vertueux. Là où cette itération du network CW s’éloigne de tout ce qui a été fait avant, c’est que – comme pour beaucoup de shows de la chaîne (Vampire Diaries…) – la série ne cesse de se remettre en question, de changer sa base, son fonctionnement, son principe même, pour toujours surprendre et ne jamais se reposer sur une formule évidente.
Cette troisième saison n’échappe pas à la règle (!) et switch au moins trois fois de concept en seulement une vingtaine d’épisodes ! Question thématique, on entre aussi dans quelque chose de plus intéressant quand certains agents tentent de refaire leur vie, quand Nikita et consort doivent occuper la place de leurs anciens ennemis, ou encore quand l’héroïne est confrontée à sa créatrice dans un jeu du chat et de la souris aux accents oedipiens particulièrement malsains.
Très clairement, la série a su évoluer et s’améliorer sur de nombreux points. Les scénarios proposent un feuilletonnant diversifié et intrigant, mais aussi des intrigues pseudo bouclées qui n’hésitent pas à mettre les personnages face à leurs propres limites et incohérences. Parfois extrêmement malins (tout l’épisode sur la jeunesse d’Amanda – la “méchante” – est à ce titre purement exceptionnel), ils restent confinés dans le genre de l’espionnage musclé et en ce sens misent toujours plus sur le dynamisme que la crédibilité. Les acteurs sont plus à l’aise – et même notre VieillePeau préférée, Maggie Q, semble enfin assumer son âge – et la réalisation fait ce qu’elle a à faire, avec pas mal de bonnes idées pour rester dans le budget tout en gardant un visuel parfois assez impressionnant. Et au final, il faut bien le reconnaître : on a beaucoup rit et on s’est beaucoup moqué de Nikita, mais cette année la série s’est clairement achetée ses lettres de noblesse.
Final Score : 8/10
C’est à croire que les séries de la CW, de manière évidente le network qui fait le plus confiance à ses créateurs et qui s’en contrefout des chiffres, sont en odeur de sainteté cette année. Après la très bonne surprise qu’est Arrow, voici que Nikita se transforme et se révèle pour devenir un show d’une évidente qualité. Dommage qu’il faille se taper les deux premières saisons – nettement moins bonnes – pour pouvoir comprendre !
On termine cette semaine musclé de fins de saison avec the Big Bang Theory et sa sixième saison, semblable à toutes les autres. Ni en progression, ni en déclin, le show très controversé sur une bande de geeks / nerds (je vous laisse choisir le terme qui vous convient) et leurs petites amies (soit actrice bonnasse, soit scientifiques farfelues) reste dans sa droite lignée et semble ne pas du tout se préoccuper des critiques, négatives ou positives, faites à son égard. Alors oui, le show se moque toujours autant de cette communauté (au contraire de Community qui joue avec ses codes) mais reste sincère et jamais gratuit (contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre.) Bref, quelque soit votre opinion sur la série, ce n’est pas cette saison qui vous fera changer d’avis !
Final Score : 7/10
Amusante mais un peu trop ancrée sur ses acquis, the Big Bang Theory ne change pas sa formule. Hater, détestez ; fan, adorez. Et tous ceux qui sont au milieu peuvent toujours trouver cette sitcom assez amusante…
Un petit mot de conclusion pour vous dire que l’événement émotion de la semaine, c’est le dernier Saturday Night Live de Bill Hader, qui fera sortir les mouchoirs aux connaisseurs… Byebye Bill, et on espère te retrouver dans de bonnes choses sur le petit ou le grand écran !
Rendez vous jeudi pour la première partie d’une autre semaine bien chargée en fin de saisons ! (et on vous fera aussi découvrir quelques nouveautés et séries anglaise…)




























































