Les programmes de l’été commencent à s’installer sur les écrans US prenant peu à peu la place de séries qui nous quittent à jamais ou se prennent juste un peu de vacance. Cette semaine, on reviendra donc sur quatre départs temporaires, deux définitifs, et une petite nouveauté… canadienne.
Alors, oui, c’est vrai qu’on pourrait aussi parler du retour plus qu’incompréhensible de la terrifiante Single Ladies, de la non moins désespérante Mélissa and Joey ou encore de la sympathique (mais bas de plafond) Workaholics… mais bon, on ne peut parler de tout tout le temps !
On va commencer avec un départ définitif des plus regrettables, celui de Harry’s Law, dernière création en date du très volubile David E. Kelley (Ally McBeal, The Practice, Boston Legal…) Alors oui une fois de plus c’était un legal show, oui une fois de plus il y avait des personnages complètement barrés, oui une fois de plus les affaires n’étaient pas crédibles, oui une fois de plus les intrigues amoureuses étaient relativement pitoyables et oui une fois de plus le tout était profondément marqué politiquement. Mais que voulez-vous, David E. Kelley sait apporter juste ce qu’il faut de nouveauté à sa formule pour qu’elle fonctionne à chaque fois et reste dans l’air du temps. Car malgré sa réalisation un peu dépassée, Harry’s Law s’affirme tout à fait comme une oeuvre très contemporaine, qui se prend l’Amérique réactionnaire en frontal pour mieux la démonter. Et si la formidable Kathy Bates n’atteint jamais le potentiel faramineux du duo James Spader & William Shatner de la très regrettée Boston Legal, elle n’en demeure pas moins la clé de voûte de ce programme qui aurait bien mérité une petite troisième saison.
Final Score : 3.5/5
David E. Kelley a une vraie science du legal show et il sait toujours viser juste – du moins en terme de qualité de programme, pas vraiment en terme d’audimat. A trop s’en prendre aux idées bien-pensantes qui secouent l’Amérique, il s’est sans doute mis une partie de son public à dos, à moins que ce ne soit la mise en scène quelque peu surannée (surtout en regard des séries contemporaines) qui ait fait fuir les spectateurs. Reste qu’Harry’s Law était un programme vraiment sympathique et fondamentalement jamais décevant.
Curieux programme que ce The L.A. Complex, série purement canadienne qui se déroule pourtant aux Etats-Unis et dont la diffusion dans son pays d’origine fut saluée par les critiques alors qu’elle se perdit dans la masse lors de son passage sur la CW. De quoi s’agit-il donc ? Grosso merdo de la vie de cinq jeunes adultes qui en sont tous à un niveau différent de leurs carrières mais qui rêve tous de réussir à Los Angeles (en tant que comédien, que danseuse, dans la musique ou en faisant du stand up). La plupart vit dans un fameux “complex” d’appartement et forcément ils vont s’aimer, se déchirer, se détester et se serrer les coudes. Rien de bien original là dedans ? C’est sans compter sur les scénaristes, directement issu de Degrassi, la série ado canadienne connue pour son traitement brutal de sujets épineux et sa volonté affichée de réalisme (son ancêtre était connu chez nous sous le nom de Les Années Collège… et oui, ça vous fait tilt maintenant !) Et il faut bien avouer que ce L.A. Complex s’avère justement fort complexe et traite avec force le désespoir, la lâcheté, la perte de soi, l’ironie de la célébrité et de la réussite, que provoque cette ville du rêve qui n’hésite pas à dévorer les milliers de jeune qui y débarquent chaque année pour “réussir”. C’est peut-être limite un peu trop cruel pour être tout à fait réaliste, mais ça donne un programme vraiment surprenant et qui secoue les habitudes des séries ados gentillettes.
Final Score : 4/5
Ne vous fiez pas à l’affiche quelque peu racoleuse, The L.A. Complex est sans conteste l’une des meilleures nouveautés de la saison. Son traitement brutal et sans appel fait passer un vent de fraîcheur sur une industrie de la série pour ado (ou jeune adulte) quelque peu boursouflée. D’ailleurs, The L.A. Complex s’adresse carrément à tous ceux qui se sont un jour intéressé aux milieux artistiques – une réussite, qui ne verra malheureusement sans doute sa suite diffusée qu’au canada…
Cougar Town ou le recyclage par l’absurde de toutes le bonnes idées de Scrubs - les prises de tête de J.D. en moins, les passages tristounets passant eux aussi à la trappe. Pur cour de récréation pour Bill Lawrence (le créateur) ainsi que toute la bande qui entoure Courtney Cox, Cougar Town ne s’explique pas et surtout ne se défend pas. Impossible de trouver une réelle raison à ce qui fait rire (ou non) dans ce show totalement n’importe quoi, qui secoue twitter en demandant au début d’un épisode si les spectateurs seraient intéressé par une série judiciaire… sur des cochons (#pigtrials). Bref, tout ce beau monde s’éclate et ce n’est pas la transition chez TBS (petit chaîne du câble) pour la quatrième saison qui va vraisemblablement casser leur moral (même si le budget risque d’en prendre un petit coup).
Final Score : 4.5/5 pour ceux que ça fait rire, 1/5 pour ceux que ça laisse froid.
Difficile de faire une série qui partage plus (du moins dans mon entourage) que ce Cougar Town absurde et hautement superficiel. Moi, j’adore, vous, pas forcément. C’est pas grave, on peut rester quand même ami
Voilà un bien curieux programme que ce Touch proposé par Tim Kring, le papa des Heroes, avec Kiefer Sutherland (LE mec de 24) dans le premier rôle. Et comme le tout est diffusé sur la Fox, de prime abord on s’attend à un gros show d’action fantastique qui en balance plein la gueule, ce qui n’est pas tout à fait le cas… En effet, Touch repose sur un étrange trio composé d’un gamin autiste, qui “parle” aux chiffres mais ne dit jamais un mot ; d’un papa totalement dépourvu ; et d’une aide sociale (plus ou moins) qui est là pour les aider tous les deux. Mais la grande idée derrière tout ça, c’est que le monde entier est interconnecté et que le battement d’aile d’un papillon… bref, vous m’avez compris. Du coup, les épisodes reposent sur deux, trois voir quatre niveaux d’intrigue qui vont se croiser, mais pas forcément à la fin, créant ainsi quelques surprises réjouissantes. La base de la série n’est donc déjà pas si mal, mais il faut y adjoindre un feuilletonnant très “calme”, qui sait bien se planquer comme un renard mais qui s’avère franchement prenant et qui vous entraîne avec la banane dans le double épisode de fin. La réalisation est quant à elle plus qu’honnête et les acteur, Sutherland en tête, semble vraiment aimer le programme et donc vouloir donner leur maximum. Reste la grande inconnue : c’est du Tim Kring, et on sait à quel point son Heroes est rapidement parti en sucette. Avec seulement treize épisodes au compteur, Touch a de quoi convaincre, mais saura-t-elle toujours autant nous enthousiasmer l’année prochaine ? Les auteurs peuvent-ils faire plus que treize épisodes et rester bons sur une telle base ? C’est ce qu’on verra…
Final Score : 4.5/5
Peu ou pas du tout attendue, Touch s’avère une excellente surprise : bien conçue, préparée avec un amour certain, elle ne cherche jamais à provoquer ou à se différencier et, en cela, trouve sa propre identité ! Alors oui, si les happy endings vous font vomir, vous risquez de vous énerver devant la dernière production de Tim Kring. Mais si un certain optimiste ne vous dérange pas, et surtout si vous aimer le travail vraiment bien fait, alors Touch peut être un vrai bon moment à passer. En tout cas, moi, je suis sous le charme !
Énième copie casse-gueule de Mad Men ? Il est très rapidement évident que non : si les deux séries se déroulent à peu près à la même époque, Magic City ne s’intéresse pas du tout aux mêmes thématiques ni ne propose des personnages similaires. C’est donc l’histoire d’un hôtel, le Miramar Playa de Miami, ou comment son gérant en vient à devoir s’allier avec un boss de la pègre pour arriver à ses fins. Pas la peine de courir faire une réservation sur internet après avoir vu l’endroit dans la série, le fameux hôtel est une pure fiction, sorte de mélange de plusieurs autres hôtels que Mitch Glazer, le concepteur de la série, a longtemps étudié au cours de sa vie. On ne peut donc pas lui reprocher un manque de réalisme dans son approche. Tout comme on trouvera difficilement quoi que ce soit à redire à la réalisation, aux comédiens, ou à l’ensemble de la production value, tous absolument impeccable. Magic City, un immanquable donc ? Malheureusement non. Car le gros souci de la série se résume en une phrase : on s’attend à tout ce qui va se passer. Si les scénarios sont franchement bien écrits (les structures sont solides, les enjeux dramatiques forts) ils souffrent d’un manque d’originalité cuisant – surtout lorsqu’on sait que la série passe sur Starz, la chaîne à qui on doit tout de même le très radical Spartacus. Du coup, au lieu de nous tenir accroché à notre fauteuil, Magic City nous berce tendrement. Mais elle le fait avec un panache tellement agréable…
Final Score : 4/5
Magic City aurait pu être une très grande série si elle avait su nous surprendre à certains moments. Elle reste un programme d’exception, aux nombreuses qualités. Bref, j’attend quand même la suite avec impatience !
Pouvait-on vraiment s’enthousiasmer pour Best Friends Forever, sitcom très “originale” sur la colocation entre deux filles que tout oppose mais qui sont les meilleures amies du monde (et accessoirement le mec de la brune qui vit avec elle) ? La réponse est fatidique : non. Et même si les personnages sont un peu plus décalés que d’ordinaire (merci Community), même si les situations prêtes à sourire, et même si la réalisation s’avère à peu près potable, rien ne viendra sauver cette énième sitcom des affres de l’oubli. De toutes façons, avec seulement six épisodes tout rond au compteur avant son annulation, il y a pas de quoi y passer une journée.
Final Score : 2.5/5
Tout juste la moyenne pour cette sitcom légèrement amusante mais franchement dispensable, qu’on aura déjà oublié dans moins de six mois. Mieux vaut passer une soirée avec ses amis que devant Best Friends Forever.
Enfin, voici la GROSSE nouveauté venue du canada qui a, sur son territoire, tout explosé sur son passage. Continuum, c’est donc une série de SF dans laquelle la sémillante Rachel Nicols (qu’on est assez content de retrouver) se voit propulsé du futur à notre époque à cause d’un groupe de terroristes qui ont l’air très très méchant. Ce qui est amusant, c’est qu’ils luttent contre le système des corporations et veulent rétablir une démocratie, tandis que notre héroïne est une bonne flic droit dans ses bottes, qui fait respecter la loi et ne se pose pas vraiment de question sur le reste (sauf sur sa famille, qui va bien lui manquer.) Bref, c’est là le vrai point original et intéressant de la série : l’héroïne est un soldat des “méchants” (selon tout bon récit de SF qui s’oppose aux dictatures) tandis que les méchants sont de vrais terroristes qui n’hésitent pas à tuer… mais avec de bonnes intentions. Seulement voilà, on ne sait pas trop quel est vraiment le point de vue des auteurs de la série et on se demande bien quel est réellement le discours sous-jacent de tout ceci. Mais bon, pour ça, il va falloir regarder la suite…
Allez, rendez-vous lundi pour le retour à la normale du bilan de la semaine (ce qui veut dire enfin en temps et en heure !)
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