Après le petit râté de la semaine dernière (trop de boulot mais surtout pas assez de news !), le bilan de la semaine revient sur quatorze jours… pas vraiment riches en évènement. En fait, pour trouver un peu de nouveauté, il a fallu se tourner vers l’Angleterre ou vers les premières diffusions de ces mêmes séries anglaises aux USA sur BBC America. Alors est-ce que les anglais vont gagner la bataille télévisuelle de l’été ? La réponse dans ces quelques lignes !
Mais commençons par un petit récapitulatif des séries qui sont revenues nous faire coucou au cours de ces deux dernières semaines. Episodes revient pour une deuxième saison déjà bien entamée en Angleterre où la diffusion a commencé il y a presque deux mois ! Les deux premiers épisodes sont vraiment encourageant, la série semble prendre un tournant plus crédible sans pour autant abandonner la comédie. Il faut dire que l’année dernière la série ne m’avait pas totalement convaincue, notamment à cause de son traitement limite hystérique du fonctionnement de la télé américaine (c’était vraiment la valse des clichés !)
Du côté de chez USA, on fêtait le retour de Covert Affairs et deWhite Collars. La première est une série d’espionnage pas franchement inoubliable, la seconde est une série policière se déroulant dans le monde de l’art et des faussaires, déjà nettement plus réjouissante. La bonne nouvelle, c’est que les deux pilotes présentés semblent emmener les deux séries sur de nouveaux chemins et surprendront les fans de la première heure. Une prise de risque franchement agréable dans un monde où les saisons se suivent et font tout pour se ressembler. Enfin, chez TNT, les derniers épisodes de The Closer ont démarré. Il faudra bientôt dire définitivement au revoir à Brenda Johnson !
Mais le retour qui m’a fait définitivement le plus plaisir, c’est celui de Glenn Close et Rose Byrne pour l’ultime saison de Damages qui mettra enfin en scène l’affrontement tant attendu de ces deux femmes de pouvoir. La grosse surprise, c’est de retrouver Ryan Phillippe et Jenna Elfmann au casting, deux acteurs qu’on avait totalement oublié depuis plusieurs années ! Un double duel au sommet qui se doit d’être exceptionnel !
Seule nouveauté américaine en quinze jours, Perception ne va pas pour autant rester dans les anales. On aurait voulu y croire à cause du personnage principal, un spécialiste en neurologie qui remet en cause la réalité… car il a lui-même de sérieux problème avec sa perception du monde réel (en gros, il voit et parle à des gens qui ne sont pas là.) Malheureusement, et on voit le truc arriver gros comme un camion, ce cher Dr Pierce va être recruté par le FBI pour venir leur donner un coup de main sur une affaire délicate. La série se révèle alors être un cop-show de plus avec un personnage doté d’une capacité exceptionnelle… Même la scène finale, qui est censé nous en mettre plein la vue et montrer à quel point les scénaristes sont malins, s’avère courue d’avance et prévisible à des kilomètres. Ce n’est pas mauvais pour autant, juste absolument inconsistant !
C’est donc du côté de l’Angleterre qu’il faudra chercher pour trouver un peu d’originalité. Avec Line of Duty, la BBC Two se lance dans un étrange polar sur la corruption dans la police. Et en vient même à poser la question d’où commence la corruption, où s’arrête le travail des policiers, ce qu’il faut accepter pour avoir le minimum de réussite et ce qu’il faut absolument condamner. On l’aura compris, le show de Jed Mercurio est loin, très loin, d’être manichéen et s’amuse avec nos nerfs nous réservant d’intenses surprises à chaque épisode. Bien rythmée, magnifiquement interprétée et plutôt pas mal réalisée, cette Line of Duty place la barre très haut dans le genre…
Avec seulement trois petits épisodes d’une heure, Blackout, diffusée sur BBC One, se défend comme une trilogie viscérale sur la lente rédemption d’un alcoolique qui est persuadé d’avoir tué son patron lors d’une soirée de beuverie dont il a bien du mal à se souvenir. Scénaristiquement grisante, la série pêche plus largement par facilité au niveau de la réalisation qui s’amuse à flouter de large partie de quasiment tous les plans pour sans cesse nous rappeler que son héros vit dans un monde flou, aux limites difficilement visibles. Les acteurs sont plutôt convaincants mais c’est vraiment la conclusion qui justifiera, ou non, de regarder cette trilogie ambitieuse…
Hit & Miss est déjà sortie en DVD en Angleterre, mais la série vient à peine de commencer sa diffusion aux USA. Suivant ce rythme de diffusion, je n’ai donc vu que le premier épisode de ce show éminemment controversé sur un transsexuel tueur à gages qui retrouve les enfants de son ex-femme, ainsi que son propre fils, et décide de les élever. Sur ce pitch sacrément couillu (désolé), Paul Abbott – célèbre scénariste anglais – et sa bande tissent un premier épisode qui donne envie, malgré quelques facilités dans l’utilisation libératrice de la violence. Mais j’attend de voir la suite pour savoir vraiment sur quel pied danser tant on sent que la série se veut une réflexion brutale sur de nombreux sujets tabous. Et puis, oui, Chloé Sévigny est magistrale.
Y a-t-il vraiment quelque chose à dire sur Men at Work ? Petite sitcom sans grandes ambitions, le show présente les mésaventures de quatre amis qui travaillent ensemble pour un magazine masculin. Allons-y pour les clichés, il y a le black musclé photographe qui séduit toutes les mannequins qu’il shoote, le geek de service (lunettes à l’appui histoire de bien marquer le coup) mais qui est aussi le seul à être en couple, le beau gosse chef de meute qui n’arrive pas à être en prise avec ses sentiments, et l’éternel romantique qui vient de se faire larguer au début de la saison et qui sert de personnage référent, celui auquel nous les hommes on est censé s’identifier. Aussi passionnant que de se retaper l’intégrale de Sex in the City en buvant du jus de papaye, Men at Work ne brille jamais par une quelconque qualité. C’est tour à tour machiste, naïf, absolument ridicule et malgré tout quelques trop rares fois franchement drôle. Pas la honte de l’année – on a vu bien pire – mais sans doute la seule série à te faire ressentir devant ton poste de télé ce que tu peux ressentir en lisant FHM quand t’as six heures de train à faire et plus de batterie dans ton portable.
Final Score : 2/5
Men at Work n’est pas une catastrophe mais n’en demeure pas moins un programme absolument inutile, qui serait déjà plus agréable si on pouvait le consommer aux toilettes. En tous cas, si vous n’avez pas encore vu les dix épisodes de cette première saison, vous n’avez franchement aucune raison de vous y mettre !
Allez, à la semaine prochaine, où on parlera (enfin !) de The Firm, et où on découvrira de sympathiques nouveautés comme la version animée de Back Dynamite. Si, si, ils ont osé.
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