La semaine n’aura pas particulièrement été riche en émotion : on sent qu’on est en plein coeur de l’été et que les programmateurs US nous refourguent au kilo jeux et autres télé-réalités atteignant leur énième saison sur des concepts qui n’ont pas vraiment changé. L’Angleterre en profite un peu, mais reste obnubilée par les prochains J.O. qui donnent lieu à des épisodes spéciaux de séries morts-vivantes (qui a dit Absolutely Fabulous ?) Et en France, c’est un certain Inquisitio qui est sorti du lot en écrasant sa Spielbergienne concurrente (oui, j’ose !), la pas terrible Smash. Bref, c’est l’été.

Très peu de news cette semaine, mais on se réjouira du retour de Leverage, série qui tire jusqu’à la moelle le principe du film de cambriolage puisqu’à chaque épisode l’équipe doit voler quelque chose. C’est même devenu la blague de départ, lorsque par exemple le chef balance qu’ils vont devoir voler une école maternelle. La nouvelle saison démarre plutôt bien mais reste dans le cadre tout tracé des années précédentes, avec le retour de tous les personnages, chacun dans un rôle bien précis, une intrigue principale béton et pleine de rebondissement, et un début de feuilletonnant totalement tiré par les cheveux. Les fans seront comblés !

Autre retour d’autant plus intéressant qu’il est très inattendu, c’est celui de The L.A. Complex, petite série canadienne assez brutale sur des jeunes qui veulent réussir à L.A. Diffusée aux US sur la CW, la série ne colle pourtant pas vraiment à l’image de la chaîne… et c’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que ce début de saison 2 voit l’éviction de deux personnages : le petit gay qui fait de la musique, et la porn-star qui s’assume. A moins que tout cela ne soit qu’une feinte scénaristique car il faut bien avouer que les intrigues s’avèrent toujours surprenante et ne nous emmènent jamais là où on pensait aller…

Enfin, pour tous les fans, et ils sont très nombreux, IFC nous offre un épisode spécial de Portlandia. Je n’ai pas encore vu ce Brunch Special mais je me régale déjà à l’avance !

Cette semaine, c’était donc la fin de la trilogie Blackout, série anglaise diffusée sur la BBC et pas mal encensée par la critique locale. L’intrigue repose sur un fameux “trou noir”, une soirée oubliée par le personnage principal, alcoolique. Serait-ce donc un show à mystère dont la résolution va venir nous en mettre plein la figure ? Pas du tout. Car on saura très rapidement ce qu’il s’est passé cette fameuse nuit – le but de la série étant en réalité de s’intéresser à un personnage en pleine rédemption. Plutôt bien écrite et interprétée, la série se casse les doigts sur la réalisation qui se veut moderne, dynamique et innovante et qui au final peine à faire passer l’émotion. Du coup, il faut vraiment s’impliquer en tant que spectateur pour arriver à être touché par ce programme qui ne cesse de vous glisser entre les doigts.

Final Score : 4/5

Si vous avez le courage de vous accrocher pour suivre ce Blackout plutôt glacial visuellement, vous y découvrirez une petite perle scénaristique sur la rédemption. Le problème, c’est qu’on est en été et qu’on n’a pas forcément envie de réfléchir aux méfaits de l’alcool – on a plutôt envie de boire une bière à côté de la piscine. Vous pouvez donc attendre la rentrée, histoire de vous mettre dans l’ambiance !

Que les plus acharnés d’entre vous ne crie pas au scandale : je sais que The Firm ne s’est pas terminée cette semaine mais un peu avant. Allez savoir pourquoi, je n’ai pas réussi à me résoudre à regarder le dernier épisode en temps et en heure. Peut-être parce qu’après avoir subit la vingtaine d’épisodes d’une série passablement fatiguée, datée et profondément maniérée, je n’ai pas eu envie de tout de suite savoir comment toute cette affaire allait se conclure. Sauf que, surprise, les scénaristes non plus ! Je ne sais pas qui à la production a cru que la série serait reconduite pour une deuxième saison, mais en tout cas la série se termine en petit boudin, avec des réponses mais pas pour tout et un cliffhanger qui ne nous aurait de toutes façons jamais donné envie de voir la suite.

Final Score : 2/5

Après un démarrage curieux mais intéressant, The Firm s’est effondrée sur ses personnages stéréotypés et maniérés, sur sa réalisation dépassée et ses scénarios sortis du fond d’un tiroir de David E. Kelley. John Grisham s’en fout, il sourit en regardant son compte en banque. Comme quoi, vendre les droits de ses romans, c’est vraiment un métier.

Oui, c’est vrai, je triche encore une fois en ne vous parlant que maintenant de Sinbad, série anglaise diffusée sur Sky One, alors que la diffusion en est déjà à son deuxième épisode. Comme le laisse suggérer cette belle affiche, Sinbad est une série d’aventures de haut vol qui vient lorgner du côté de Game of Thrones pour une certaine part de fantasy. Basée sur les fameuses aventures du marin, la série s’en éloigne pour nous offrir… comment dire… une sorte de pot pourri de ce qu’on aime le plus dans la télévision à petit budget. Ainsi, Sinbad fait des sauts comme les sentai (Bioman et cie), les effets spéciaux sont digne de ceux de la série Mortal Kombat, et  la direction artistique prend des décisions particulièrement arbitraires ce qui mène tout de même dans l’épisode 2 à voir nos héros confrontés à une vraie bande de schtroumpf… Amusant en buvant un mug de café, un dimanche matin, pour se remettre de la gueule de bois de la veille.

Vraie nouveauté de la semaine, cette fois, Sullivan & Son est une sitcom tournée en public pour TBS et assurée par Rob Long, un scénariste à la carrière déjà bien longue. C’est donc l’histoire d’un avocat qui surprend sa famille en décidant de tout plaquer à New York pour reprendre leur bar qui est une vraie tradition familiale. Il n’y a pas grand chose de remarquable dans la série qui présente beaucoup de personnages déjà vus et revus mais qui arrive tout de même à faire sourire par quelques répliques bien senties. En fait, le vrai ressort comique du show est le personnage de la mère du héros, une vietnamienne ultra stéréotypée – le genre de personnage que l’on ne voit vraiment pas souvent. Sur ce point là, il est vrai, Sullivan & Son innove un peu. Mais est-ce suffisant pour nous tenir en haleine toute une saison ?

Enfin, la vraie nouveauté de la semaine, celle qu’il ne fallait pas manquer, on la doit encore à ces sacripants de Adult Swim qui nous propose une version animée des aventures de Black Dynamite. Film absolument délirant sorti en 2009, vraie parodie pleine d’amour tout en étant une grosse critique satyrique de la blaxploitation, Black Dynamite avait surpris tout le monde par son ton résolument provocateur. La série animée ne perd pas cette qualité scénaristique, s’offrant un pilote assez grandiose dans lequel on découvre comment se passait vraiment la jeunesse des Jackson 5 et surtout grâce auquel on a enfin l’explication de la passion de Michael pour les enfants. Certes, c’est facile de tirer sur les morts mais vachement moins quand il s’agit de se servir intelligemment d’une légende. Fichtrement bien animée et réalisée, la série se pose d’emblée comme une nouvelle référence de l’animation pour adulte. Adult Swim nous a encore cassé la bouche !

Allez, à la semaine prochaine (mais sans doute en retard, parce que comme la télé US je prends des vacances…) où, faute de nouveauté, on parlera chiffons sur les costumes de Saving Hope, les malheurs fait au jeu vidéo dans Continuum, ou encore les raccords dans l’axe de Dallas. Oui, je sais, ça promet.

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