Allez, cette fois c’est la bonne, c’est la “vraie” dernière semaine de la rentrée. Quasiment toutes les chaînes ont lancé leurs grilles et déjà fait quelques ajustements. Du côté des séries annulées, on dit donc déjà adieu à Ironside, la reprise sans intérêt de L’Homme de fer ; à We Are Men, la sitcom la moins drôle de la rentrée ; et à Welcome to the family, sitcom familiale de plus perdue au milieu de toutes les autres sitcoms familiales…

better call saul pasticheEt alors que la Fox confirme la très sympathique Brooklyn Nine Nine pour une saison complète, et que CBS fait de même pour l’amusante The Crazy Ones, deux nouvelles dont on ne sait vraiment quoi penser viennent perturber cette douce semaine. La première, c’est que Marvel trouve très bon les chiffres de Agents of S.H.I.E.L.D. et vient d’annoncer quatre autres séries en développement dans le même univers : indigestion de super-héros en prévision ? La seconde, qui personnellement me fait froid dans le dos, c’est l’annonce d’un spin-off à Breaking Bad. Oui, vous avez bien lu. Better Call Saul, mettant en scène l’amoral avocat de la série, sera toujours dirigée par Vince Gilligan et fera office de prequel aux aventures de nos cuisiniers favoris. Si le ton semble toujours être là, on ne peut que se demander l’intérêt d’un tel projet : Gilligan a-t-il vraiment quelque chose à dire, à raconter, sur ce personnage ou cherche-t-il juste à rester dans la douce mélancolie de la série qui l’a fait connaître ?

south park missed epidoseEnfin, petit larme pour South Park qui, pour la première fois depuis sa création, n’a pas réussi à rendre son épisode de la semaine à temps. Pour info, le show est construit sur une politique nommée “six days to air” (six jours avant l’antenne) qui veut que chaque épisode soit fait en six jours, histoire de coller au maximum à l’actualité. Mais suite à une panne d’électricité, les compères Parker et Stone n’ont pas pu tenir ce délais ultra court. Plutôt que de finir à l’arrache, l’épisode a été repoussé… à la semaine prochaine. Ces gens sont fous.

breathlessBREATHLESS (nouveauté – UK) potentiel 6

Les anglais n’en ont donc pas fini avec les années 60 ! Dans Breathless, on nous présente la vie mouvementée d’un cabinet de gynécologie en plein dans les débuts de la révolution sexuelle. Le show fait évidemment penser à sa contrepartie américaine, Masters of Sex, mais avec une orientation nettement plus “soap à l’anglaise” avec cette traditionnelle opposition entre riche et pauvre, entre homme et femme, que ce genre de série aime mettre en avant. Les acteurs sont plutôt sympathiques et la réalisation reste très honnête, mais il faut bien reconnaître que le scénario un peu lent et au final assez attendu a bien du mal à nous réveiller d’une petite torpeur qui reste malgré tout très agréable. Breathless pourra s’améliorer sur la longueur ou ne rester qu’un show historique britannique de plus mais ça il faudra quelques épisodes de plus pour en juger…

the tunnelTHE TUNNEL (nouveauté – UK) potentiel 7

Adaptation franco-anglaise de la série danoise / suédoise Broen / Bron, the Tunnel décale donc l’action de ce meurtre située sur le pont qui fait la frontière entre les deux pays nordique dans le tunnel sous la Manche. Après la version américaine plutôt réussie sur la durée, on pouvait craindre le pire de cette nouvelle itération dont l’actrice principale, Clémence Poésy n’a pas grand chose pour faire rêver. Et pourtant, non seulement notre petite frenchy s’en sort haut la main (et fait la nique à la Diane Kruger de la version US), mais en plus le pilote se joue admirablement du concept et l’adapte avec talent à cette nouvelle arène. Autre grand plaisir : la série est volontairement bilingue et permet aux auteurs de s’éclater sur toutes les petites vacheries balancées entre les anglais et les français. Enfin, la réalisation, assurée par Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien) est finement pensée et ne tombe pas dans tous les travers chic et choc des dernières séries Canal… Bref, la seule critique qu’on pourrait faire à ce Tunnel, c’est de suivre les traces d’un scénario original pas toujours bien contrôlé, à la structure parfois bancale et à la résolution étrange et pas totalement réussie. Ça peut paraître beaucoup, mais la vérité c’est qu’une fois que vous avez accepté que The Tunnel ne sera jamais la série du siècle, vous pouvez vous lancer avec plaisir dans ce qui est sans doute la meilleure série française vue depuis très longtemps.

reignREIGN (nouveauté) potentiel 6

Il fallait toute la science et le courage (pour ne pas dire la folie pure) de la CW pour proposer une série comme Reign, à savoir le mélange improbable entre 90210 (Beverly Hills) et the Tudors ! Le show raconte en effet la jeunesse de Mary Stuart, reine d’Ecosse, qui a fait rêver un nombre incalculable d’artistes (c’est la deuxième Marie a avoir inspiré le plus de livres… après la vierge !), alors qu’elle se rend en France pour épouser le futur Henri II. Ayant passé sa jeunesse à l’abris dans un couvent (on cherche à la tuer depuis sa naissance), elle se retrouve assez dépourvue à la Cour, où les complot politiques et sentimentaux dirigent les destins… Sur n’importe quel autre chaîne, on pourrait donc avoir un show historique relativement classique, comme on en a vu pas mal ces dernières années. Mais on est sur la CW, et le show prend un tour inattendu en traitant ce sujet très sérieux… comme une série pour ados ! Le décalage détonne (notamment lorsque le groupe de copines – les premières dames de la future reine – dansent comme des folles dans le salon, ou lorsque la plus aventureuse d’entre elles se chope le roi dans un couloir…), et est accentué par des choix musicaux et visuels qui appuie encore plus cette dichotomie. Mais, à mon avis, ce curieux mélange fonctionne plutôt bien, et il faut reconnaître que le pilote se laisse regarder sans une once d’ennui. Et si le show arrive à s’améliorer au niveau du scénario (encore un peu léger dans le pilote), il se pourrait bien que la CW ait trouvé avec ce Reign le projet le plus sympathique de la saison.

Peaky BlindersPEAKY BLINDERS (saison 1)

Doit-on encore vous convaincre de regarder Peaky Blinders, série anglaise sur un gang dans l’Angleterre de l’après première guerre mondiale ? C’est bien simple, tout y est absolument réussi. J’avais peur que le dernier épisode n’ait rien à raconter, mais il vient conclure de manière jouissive une véritable épopée magistralement construite au fil des six épisodes. Les acteurs sont tous plus convaincants les uns que les autres et la réalisation offre quelques moments proches du chef-d’oeuvre, avec en tous cas des images d’une constante beauté. Le jeu avec la musique, contemporaine, vient là aussi marquer une certaine réflexion dans le traitement de cette intrigue historique. Bref, mis à part la toute dernière minute un peu attendue au niveau du scénario, ou quelques rares scènes de bagarre aux ralentis excessifs, Peaky Blinders est magnifique réussite et s’impose d’emblée comme l’un des immanquables de la saison.

Final Score : 9/10

Ne cherchez pas la petite bête : certes Peaky Blinders n’est pas parfaite, mais elle n’en est vraiment pas loin. En tous cas, pour l’instant, si vous ne deviez regarder qu’une seule série cette année, ce serait assurément celle-ci.

 

Rendez vous dans une semaine pour (sans doute) faire un premier bilan de cette rentrée !

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