Alors qu’on est plutôt enthousiasmé par la nouvelle d’un nouveau film Farscape (une vieille série de SF dont seuls quelques aficionados se souviennent…) et qu’on est plutôt atterrés par l’annonce de NBC du retour de Heroes en 2015 (avec un changement de casting), il faut bien l’avouer cette semaine c’était vraiment du grand n’importe quoi. On vous a quand même trouvé pas moins de sept nouveautés et on fait le bilan de six séries qui prennent la porte. La bonne nouvelle ? C’est qu’on va enfin vous dire s’il faut risquer un Hadopi pour House of Cards saison 2.

Quand on vous dit qu’il se passe des choses graves, on déconne pas…

EDGE OF HEAVEN (UK – Nouveauté) 

Et on commence par la gamelle de la semaine, qui nous vient d’Angleterre, avec la catastrophique Edge of Heaven à propos (et là je cite le site officiel de ITV) “d’un Bed & Breakfast à la thématique années 80.” Pour tout vous dire, je n’ai pas réussi à aller au bout du pilote. Les acteurs sont pathétiques, les décors font penser à des vieux restes de chez AB, il n’y a strictement aucun rythme, la réalisation est à la ramasse et surtout, surtout, c’est monstrueusement PAS DROLE. Une horreur bien dégueulasse qui prouve une fois de plus qu’il n’y a pas qu’en France qu’on peut pondre des grosses bouses infâmes.

 

SUSPECTS (UK – Nouveauté) 

Nettement meilleure, l’originale Suspects ne brille pas par l’ambition de son propos (c’est une série policière de plus) mais bien par sa manière de se présenter. En effet, comme on avait pu le voir en France dans Foudre ou la magistrale Ma Terminale (ah oui, je vous sort de la belle et bonne série oubliée là !), les dialogues de personnages sont improvisés par les acteurs à partir de situation pré-établies. Le tout donne effectivement une impression de réalisme rarement vue avant, mais le gros souci c’est qu’on a bien du mal à se familiariser avec les différents héros et que l’émotion fait peau de chagrin. Il faudra donc voir sur le long terme s’il s’agit d’une fausse bonne idée ou d’une vraie révolution pour le cop-show… et on espère quand même que ça sera  la deuxième solution !

 

THE SMOKE (UK – nouveauté) 

Au début, les choses commençaient mal pour The Smoke. Une bande de pompiers bien gaulés (dont le fils d’Adama, sans son gros bide mais avec des abdos) qui lutte contre le feu. On pense inévitablement à Chicago Fire, version encore plus bourrée de testostérones d’une caserne où il se passe des choses bien mouvementées. Sauf que ce show anglais n’a ni les moyens ni l’ambition de la série de Dick Wolf, et ce n’est pas une pauvre intervention dans une banlieue sinistre qui va pouvoir faire face à une explosion d’immeuble qui saccage une route qui fait se renverser un camion citerne… Alors, la messe serait-elle dite ? Et bien pas vraiment. Car The Smoke cache habilement son vrai ressort scénaristique pour ne le faire jaillir que dans les dix dernières minutes du pilote. Oh, pour sûr, on l’a senti monter, lentement, doucement – mais putain quelle scène magistrale ! En pleine réception bien chic et bien coincé du cul, au cours de laquelle notre héros doit recevoir une médaille, le voilà qui… ah mais non, ça on le garde pour nous. Si un petit peu de teasing peut vous pousser à aller regarder cet épisode en entier, alors on aura fait au moins une chose bien cette semaine…

 

DOLL & EM (UK – Nouveauté) 

Et enfin, n’oublions pas les sympathiques Emily Mortimer (vue récemment dans The Newsroom) et Dolly Wells (une habituée des petites séries télé UK), deux actrices fort sympathiques et bourrées de talent qui s’illustrent dans un mockumentary (faux documentaire) intitulé comme il se doit Doll & Em. Le pilote est amusant mais est surtout sauvé par l’interprétation et la complicité des deux femmes, car on ne peut pas dire que le scénario (ronflant) ou la mise en scène (déjà vue) fassent des étincelles. A réserver aux fans du genre et/ou des deux comédiennes, en attendant d’en voir un peu plus…

 

LOVE CHILD (AU – Nouveauté) 

Passons du côté de l’Australie pour découvrir Love Child, ambitieuse drama sur le service maternité d’un hôpital australien en 1969 soit en pleine révolution sexuelle. Le décor est intrigant, les thématiques engagées (et n’ont jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui – il y a notamment tout un discours sur la pilule que l’on ferait bien de rappeler à certains…) mais, car il y a un mais, le tout fait affreusement penser à des dizaines d’autres dramas historiques à tendance soap comme on a pu en voir en Australie ou en Angleterre. Le pilote manque de conviction et laisse le spectateur sur sa faim. Mais qui sait si la suite n’en a pas beaucoup plus dans le ventre ?

 

CLARENCE (US – Nouveauté) 

Que penser de Clarence, la nouveauté animation de Cartoon Network présentée cette semaine ? Et ben pas grand chose. Le pilote repose sur des personnages et des situations beaucoup vus ces derniers temps dans l’animation pour adulte et le concept ne percute par son originalité. Le côté “vraies aventures d’enfants” ne prend pas vraiment et on se prend à soupirer dans les dix minutes que dure le pilote. Bref, on va pas juger la série sur si peu de temps, mais vous aurez compris qu’on est loin d’être enthousiaste…

 

STAR CROSSED (US – Nouveauté)

Et enfin, la dernière nouveauté de la semaine c’est la très estampillée CW Star Crossed, vrai remake de Roméo & Juliette mais avec des extra-terrestres. Bon, on va pas vous raconter des histoires, on est dans la plus pure tradition CW, avec une galerie d’ados têtes à claque, des moyens plus que limités, une musique bien teenage et des sentiments gros comme des camions, voir des chalutiers. Ça reste très marrant à regarder et plutôt bien rythmé, ça rappellera Roswell à ceux qui étaient ados dans les années 90, et ça énervera tous ceux qui veulent de la profondeur, une réal en béton armé et des comédiens qui savent jouer. Ah oui, parce que là on sent que c’est la première fois qu’ils passent devant l’écran nos petits jeunes.

 

Michael J Fox Show - portraitSUPER FUN NIGHT ; THE MICHAEL J. FOX SHOW ; SEAN SAVES THE WORLD (US – séries annulées ou sur le point de l’être) 

C’est peu dire que cette année les nouvelles sitcoms ont été d’un niveau assez atterrant. Le public ne s’y est pas trompé et a boudé la plupart des programmes, la preuve en est avec Super Fun Night (sur ABC), The Michael J. Fox Show et Sean saves the world (sur NBC). Si Super Fun Night était mal pensée et aberrante dans son concept qui ne sera tenu par aucun des scénaristes ; J. Fox et Sean jouaient sur les vieilles recettes épuisées et fatigantes déjà sur-utilisées par la fameuse Modern Family. Alors non, on ne sauvera rien de ces trois programmes poussiéreux et fatigant qui ont dû au total nous arracher trois sourires… et beaucoup de soupirs. Bye bye.

Final Score (commun) : 3/10

 

UNCLE (UK – saison 1)

Ah je ne résiste pas à la tentation de vous mettre le trailer de Uncle, sans doute l’une des meilleures séries diffusées ces derniers mois. Un oncle musicien looser et son neveu ado qui a un balais dans le cul se retrouvent coincés ensemble pour notre plus grand plaisir.  Ne cédant jamais à la facilité ou au happy end indélicat, le show se montre d’une incroyable vérité sur les rapports adultes/enfants et prouve qu’il y a encore beaucoup à dire sur la famille. Et si ce n’était que ça, mais non ! Ajoutez un humour éclatant, un vrai rythme, des comédiens qui s’éclatent et une réal… bon ok, la réal n’est pas terrible, mais elle sait faire preuve d’idées sympathiques lors des passages “clipés” pour accompagner les chansons farfelues qui se cachent dans les différents épisodes. Allez, on vous le dit une dernière fois : Uncle, c’est génial, et vous devriez la regarder !

Final Score : 8.5/10

 

FLEMING, the man who would be Bond (UK – saison 1)

Plus dispensable, mais malgré tout foutrement sympathique, Fleming, the man who would be Bond (qui gagne instantanément le prix du titre le plus long de l’année), est plus une série amusante d’espionnage qu’un vrai biopic sur la vraie/fausse vie du créateur de 007. Acteurs impeccables, réalisation soignée (même si certains décors “numériques” font un peu cheap), musique et ambiance dans le respect et l’hommage des aventures du célèbre espion : Fleming est vraiment très agréable à regarder. Mais nous laisse un peu sur notre faim. Quel propos la série veut-elle défendre, pourquoi les auteurs nous racontent-ils cette histoire ? Il y a bien un (léger) discours sur l’homme qui voudrait être un soldat reconnu mais doit rester dans l’ombre… pas franchement palpitant ni suffisant pour nous exciter plus que ça. Ce n’est pas une raison suffisante pour bouder notre plaisir devant ces quatre épisodes au rythme implacable et que l’on recommandera aisément à la quasi totalité d’entre nous.

 

HOUSE OF CARDS (US – saison 2)

“Democracy is so overrated…” : c’est clair, House of Cards n’a rien perdu de sa verve… Mais cette deuxième saison tant attendue est-elle à la hauteur de nos espérances ? (et vu qu’elle n’a pas fait crasher les internets mondiaux comme certains le prévoyaient, on est déjà un peu triste !) La réponse, pour vous la faire courte est un grand, franc et massif : OUI. Même si vous étiez trois fois plus fan de l’extraordinaire Boss que des premières aventures de Francis Underwood. Comment, pourquoi, on vous explique tout ça.

Le seul vrai point noir de la série concerne son pilote qui nous balance quelques grosses surprises qui, même si elles sont franchement amusantes, restent des purs moments de décrédibilisation du personnage. Comment Beau Willimon, le showrunner, a pu laisser passer ça, on se le demande (en fait, la réponse est toute simple : c’est lui qui a écrit l’épisode !)

La bonne surprise du pilote – confirmée dans la suite de la série – c’est que les apartés de Franck fonctionnent nettement mieux que dans la saison précédente. Soutient des émotions des personnages ou à vocation purement pédagogique pour mieux nous faire comprendre les enjeux de certains passages un peu obscurs, elles s’intercalent définitivement mieux qu’avant dans l’univers et créent quelques dérapages qui sont autant de rebond dans un rythme déjà bien maîtrisé. La connivence avec le spectateur est du coup facilité et reste l’un des points forts de la série.

L’autre très bonne surprise, c’est que Kevin Spacey est enfin au top de sa forme. On l’avait trouvé un peu flappy et fatigué en saison 1 (où il faisait pâle figure face au Tom Kane de Kelsey Grammer, toujours dans Boss…), on le retrouve remonté à bloc et incroyablement dynamique. Sans doute parce qu’il y a du lourd, du très très lourd face à lui : la délicieuse Robin Wright prouve une fois de plus qu’elle a bien grandi depuis ses années dans Santa Barbara et incarne à merveille une Claire Underwood qui en viendrait presque à faire plus flipper que son mari.

C’est que toute la saison est construite autour de ce couple et s’affirme, en quelque sorte, comme une vraie histoire d’amour dans le milieu du pouvoir. Plus que jamais Franck n’est rien sans Claire et Claire accompagne son mari, prête à faire tous les sacrifices pour assurer sa domination. L’occasion de retrouver les scènes de cigarette où tout se joue dans un détail, une manière de parler ou de se poser, dans un regard amoureux ou un sourire en coin.

Saison plus fluide, mieux rythmée et maîtrisée tant au point de vue du scénario que de la réalisation, cette deuxième fournée d’épisodes est un pur plaisir qui ravira les fans de la première heure et devrait donc aussi convaincre ceux qui avaient été laissé sur le carreau l’année dernière. On attend maintenant avec impatience (et oui, déjà !) la troisième saison en se demandant quand même bien ce qu’elle va pouvoir raconter…

Final Score : 9.5/10

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