Category: Bilan de la semaine


C’est avec beaucoup de retard que l’on se retrouve pour la dernière partie de notre bilan concernant la semaine dernière. Je vous passe toutes les bonnes raisons qui expliquent ce retard parce que dans le fond, on s’en fout ! Ce qui est important, c’est qu’on parle aujourd’hui de six séries sur lesquelles le public n’a pas forcément de bons à-priori alors qu’elles sont tout à fait honnêtes. Des séries pas si pourries, c’est le bilan de la semaine.

Beauty-and-the-Beast-S1-Poster-1BEAUTY AND THE BEAST (saison 1)

Célèbre série des années 80 mettant en scène Ron Perlman dans le rôle de la Bête (et co-écrite par Georges R.R. Martin, le papa de Game of Thrones), Beauty and the Beast revient dans une version contemporaine sur la CW. Et mieux vaut vite oublier la série de base tant les différences sur le traitement et les thématiques sont nombreuses. Une fois le deuil fait du maquillage barbu de Perlman, on peut enfin se concentrer vraiment sur cette nouvelle itération des aventures de la jolie flic Catherine Chandler, qui rencontre un certain Vincent Keller qui, dans cette version, est un ancien soldat sur lequel on a fait des expériences génétiques et qui peut se “transformer” en monstre lors des coups de stress.

Enfin, en monstre, c’est vite dit. La CW désirant vendre la série comme un show romantique avant tout, elle n’a pas l’intention d’abîmer le visage de son acteur principal tout droit sorti d’un catalogue de maillot de bain. Vincent a donc les ongles qui poussent (mais restent propres), les yeux qui brillent, et sa cicatrice qui s’agrandit un peu. Sa voix devient aussi un peu plus rauque et vu comme elle est normalement on se demande comment c’est possible. On est donc bien loin des poils et froufous de la version originale.

Kristin Kreuk, ancienne miss Rose de Smallville (la seule couleur qu’elle portait), s’en tire plutôt pas mal dans le rôle de Catherine et sait minauder quand il faut pour faire pleurer sur le sort mystérieux de sa mère. C’est en effet là que se trouve l’intrigue feuilletonnante, celle-ci faisant sûrement partie des médecins et du consortium qui ont transformé Vincent en monstre. Le reste de la série repose sur quelques intrigues semi-policière avec quasiment toujours un enjeux amoureux : on est dans de la romance, pas dans une série policière !

Le résultat est quelque peu étrange, entre consternation totale sur certains épisodes chiants et sans intérêts, et ravissement quand le show prend des tournures inattendues et arrive  à dire quelque chose d’original sur l’amour (surtout sur la fin de la saison.) Question audience, ce ne fut pas la panacée. Mais la CW est un network où il fait bon de se poser car elle ne s’appesantit pas sur les chiffres et préfère créer des fanbase solides et aller chercher les bonnes critiques en allant toujours dans le sens de ce que semble souhaiter ces fameux fans. Du coup Beauty and the Beast n’est pas annulée (alors que partout ailleurs ça n’aurait pas fait long feu) mais va être “retoolée”, c’est à dire réarrangée, remaniée, pour une deuxième saison qui promet donc d’être assez différente.

Et pour ma part, je lui laisserai sa chance.

Final Score : 6/10

Pas franchement grandiose, Beauty and the Beast propose pourtant quelques très bons moments qui justifient à eux seuls une suite réaménagée. A conseiller aux adolescentes (qui y trouveront un palliatif beaucoup moins cucul que les autres séries romantiques pour ado) et à ceux qui sont nostalgiques de Kristin Kreuk.

vampire-diaries-season-4VAMPIRE DIARIES (saison 4)

Diffusée en accompagnement de Beauty and the Beast, le show aux dents longues le plus improbables qui soit a confirmé cette année tout le bien qu’on en pensait et marche tellement bien (enfin pour un petit network comme la CW) que la chaîne va lui donner une petite soeur. Vampire Diaries ou comment prendre une série de mauvais bouquins et en faire un vrai tour de force.

Alors oui, pour les détracteurs de la série, il s’agit bien d’un trio amoureux entre deux frères et une petite brune perdue dans ses sentiments – Twilight n’est pas bien loin… Mais au fil des saisons, la série s’est largement épaissie et on ne compte plus le nombre d’êtres surnaturels à vadrouiller dans les rues de Mystic Falls. Loup-Garous, sorciers, hybrides, fantômes, “originals” (la première famille de vampires, qui va donc avoir sa propre série l’année prochaine), sans compter tous les chasseurs : ça commence à faire du monde. Et d’ailleurs, la fin de cette saison leur rend hommage avec une entourloupe maligne pour faire revenir, le temps d’un épisode ou deux, une bonne partie des personnages qui ont été tués précédemment histoire de leur permettre de prendre leur revanche.

Car il faut bien avouer que question décès, Vampire Diaries se pose là. Décidée à ne jamais se reposer sur une formule, le show est constamment tiré dans tous les sens pour arriver à surprendre le spectateur. Ainsi, les scénaristes n’hésitent pas à éliminer un personnage, même s’il est très apprécié, ou à changer radicalement la psychologie d’un protagoniste. Cette année, on a ainsi pu voir Elena, l’héroïne, s’acclimater à son nouveau rôle de vampire, avant de devenir la pire peste qui soit quand elle décide de switcher ses sentiments. C’est parti pour un run d’une dizaine d’épisodes foutrement délirants dans lesquels les deux frangins normalement héros de la série apparaissent comme deux gros crétins faciles à manipuler et complètement obnubilés par l’envie de se taper cette pauvre Elena.

Alors oui, on peut se lasser un peu de ce rollercoaster de rebondissements et il faut bien reconnaître que le tout est parfois un peu vain, un peu creux. Mais dans ses grands moments (et ils ne sont pas rares), Vampire Diaries touche généralement juste et nous fait bondir de notre fauteuil avec un twist que l’on n’avait pas vu venir. Vampiriquement fun.

Final Score : 8/10

C’est une série de genre et donc bien évidemment elle ne parlera pas à tout le monde. Mais tous ceux qui sont un minimum fan de fantastique et qui cherchent une série qui ne se repose jamais sur ses lauriers sauront apprécier cette tonne de rebondissements et de twists irrémédiablement fun qu’est Vampire Diaries.

Grey's_anatomy_cast_photo_season_9GREY’S ANATOMY (saison 9)

Déjà neuf saisons de Grey’s Anatomy ! On ne va donc pas se leurrer, si vous lisez cet article c’est sans doute que vous êtes fan de la série et que vous voulez juste savoir ce que j’ai à en dire ou que vous avez décroché l’année dernière et que vous voulez savoir si ça vaut le coup de vous lancer dans ces vingt-quatre nouveaux épisodes. Pour la faire courte : oui, ça vaut le coup.

Après s’être tirée une sérieuse balle dans le pied en supprimant deux des personnages les plus appréciés du public, Grey’s se devait de trouver des idées percutantes et surtout des fils rouges suffisamment intéressants et originaux pour nous tenir en haleine. Du côté pas très original, on a eut la galerie de petits nouveaux étudiants – mais il faut reconnaître que ceux-ci sont plutôt réussis et changent de la troupe habituel. Moins beaux, moins glamours, moins doués (sacrément moins doués !), ils arrivent à être très vite attachants (ils ont intérêts vu que la série ne va pas s’éterniser encore très longtemps…) La petite Jo (Camilla Luddington, qui a prêté ses traits à la nouvelle Lara Croft dans la dernière version vidéo-ludique de Tomb Raider) aura même une histoire surprenante et originale avec ce bougre de Karev qui s’avère toujours intrigant après neuf saisons – il faut le faire !

Plus original, il y a tout le fil rouge sur les répercussions de l’accident d’avion survenu l’année dernière. Alors oui, il y a l’amputée de la jambe, les décès, et tout le traumatisme, mais ce n’est pas le plus important (marrant non ?!) Car le fait est que c’est bien l’hôpital qui est responsable et comme on est aux Etat-Unis, il va devoir payer une petite fortune aux survivants de cette tragédie. Cool pour Mérédith et compagnie ? Pas tout à fait. Car ça veut dire aussi que Seattle Grace n’est plus rentable… et qu’il va devoir fermer ses portes. A moins d’un rachat par un grand groupe, ce qui provoque moult problèmes d’organisations. A moins que… mais bon là, je vous laisse découvrir, c’est ce qui fait tout le sel de la deuxième partie de la saison et c’était plutôt sympa.

Question intrigues amoureuses, on est par contre dans de l’ultra traditionnel même si ce sont plutôt les nouveaux personnages qui vont vivre quelques remous. Ben oui, les auteurs ne peuvent plus faire bouger grand chose autour de Meredith qui apparaît donc cette année un peu plus comme le coeur, l’âme de la série mais plus du tout son protagoniste principal. Ellen Pompeo semble le prendre plutôt bien et apparaît nettement plus en forme que les autres années – c’est bien la première fois qu’elle semble enfin faire son âge !

Final Score : 7/10

C’était plutôt une bonne année pour Grey’s Anatomy, donc si vous avez tout vu jusque là ce n’est pas la saison à laquelle il faut arrêter ! Plus sociale et moins outrancière dans les intrigues amoureuses, cette saison marque définitivement le passage à l’âge adulte pour la série. Il était temps !

scandal - season 2SCANDAL (saison 2)

Avec Scandal, Shonda Rhimes avait purement pour but de faire à la série politique ce qu’elle a fait à la série médicale avec Grey’s Anatomy, à savoir y glisser du soap et un certain dynamisme des scénarios (en dépit du réalisme, auquel la scénariste semble vraiment peu s’accrocher !) Elle était loin de se douter qu’elle tenait entre ses mains une pure bombe à retardement qui a explosé sur l’Amérique cette année, avec des scores d’audimat inhabituels pour une série diffusée à 22:00.

Il s’agit donc des mésaventures d’une avocate super forte (et de son équipe) qui fut auparavant la conseillère du Président des Etats-Unis – avec qui elle a une relation amoureuse alors que le bougre est marié à une femme pas dénuée d’ambitions. Ouais, dit comme ça, c’est pas très emballant. Mais la série a su rapidement rebondir en éliminant les intrigues bouclées pour se contenter de mettre en place un feuilletonnant explosif, tout à fait dans le style d’un show comme The Killing.

Et Scandal se permet tout. Entre un discours édifiant sur l’absence de réelle démocratie aux Etats Unis, ou sur ce qu’elle fait faire à ses personnages (torture, manipulation, mensonge et trahisons), elle secoue tous les codes jusqu’à faire de son héroïne le personnage le plus inquiétant du show. Si la réalisation est un peu pauvre et ne fait que répéter les trois bonnes idées plantées dès le pilote, elle n’enlève rien à la qualité générale des comédiens qui font pleinement vivre ses intrigues over-the-top et délicieusement retorses. Le seul bémol concernera le dernier épisode de cette saison, pas très heureux dans le traitement de certaines séquences, et dans lequel Shonda Rhimes (qui s’est décidée à l’écrire, mauvaise idée !) abuse des grandes tirages grandiloquentes. Mais le reste de l’année était tout simplement ahurissant.

Final Score : 8/10

Scandal se pose comme le seul political-soap à ce jour et, malgré sa réalisation mitigée et quelques facilités à la toute fin de la saison, comme un show absolument jouissif car il se permet tout. Un sacré plaisir.

elementary season 1ELEMENTARY (saison 1)

Il fallait oser : non seulement Elementary est une nouvelle version moderne de Sherlock Holmes, alors que le revival au cinéma avec Downey Jr. cartonne et que la série anglaise (Sherlock) secoue les foules, mais en plus elle repose sur une idée particulièrement étrange – faire jouer Watson par Lucy Liu. Pour sa première création et sa première série en tant que showrunner, Robert Doherty (scénariste et producteur sur d’autres séries auparavant), a donc décidé de jouer le tout pour le tout, et d’assumer dès le début de la saison qu’il NE ferait PAS d’histoire d’amour entre Sherlock et Watson.

Et le bougre a tenu sa promesse. Certes, il fait beaucoup de trahison à l’oeuvre de Conan Doyle – la première étant que Sherlock manipule Watson (au début) pour en faire son “élève” et accessoirement sa remplaçante, la deuxième étant de déplacer l’action à New York – mais il me semble qu’il a totalement saisit l’idée derrière les romans et les nouvelles et réussit à reproduire l’impact qu’ils pouvaient avoir à l’époque sur notre monde actuel. Il faut dire que Jonny Lee Miller est tout simplement excellent dans le rôle titre et donne immédiatement envie de suivre ce “surhomme” désespérément asocial et énervant. Quant à Lucy Liu, elle assume avec culot d’enfiler les bottes de Watson et s’empare très rapidement du personnage pour en faire sa propre création.

Alors oui, les personnages sont géniaux, mais les enquêtes en elles-mêmes sont bien évidemment l’un des éléments les plus importants d’une série policière. Alors que valent celles de cette première saison ? Là aussi, c’est plutôt une très bonne surprise. Malignes, inventives, sortant des sentiers battus et du classique “le premier innocenté s’avère être le coupable”, elles sont parfois un peu tirées par les cheveux mais s’avèrent toujours surprenantes. Ça fait donc plaisir de se retrouver face à des enquêtes où on ne sait pas forcément vingt minutes à l’avance qui est le coupable !

Enfin, ajoutez à cela un feuilletonnant très sympathique mais malheureusement trop court (on espère que la saison deux le mettra nettement plus en avant) et vous obtenez très clairement la révolution de la série policière que l’on attendait depuis… CSI. Ni plus, ni moins.

Final Score : 8/10

Oui, ça y est, enfin : la série policière américaine a trouvé son renouveau avec cet Elementary limite choquant au début avec ses choix très particuliers, mais qui s’avèrent au final tous de très bonnes idées. Si vous aimez les cop-shows, ne passez surtout pas à côté.

Nikita S3NIKITA (saison 3)

A l’insu de pas mal de monde, Nikita est tranquillement en train de faire son bout de chemin et de monter une fan-base de plus en plus puissante. Les critiques commencent à s’intéresser à un show bien plus malin et intelligent qu’il n’y parait au premier abord (et surtout par rapport à ses débuts assez catastrophiques !)

Oui, il s’agit bel et bien d’une nouvelle version de la série dérivée du film de Luc Besson, sur une agent secret / assassin travaillant pour un section spéciale des services secrets américains nommée Division qui va s’avérer avoir son propre agenda qui n’a rien de vertueux. Là où cette itération du network CW s’éloigne de tout ce qui  a été fait avant, c’est que – comme pour beaucoup de shows de la chaîne (Vampire Diaries…) – la série ne cesse de se remettre en question, de changer sa base, son fonctionnement, son principe même, pour toujours surprendre et ne jamais se reposer sur une formule évidente.

Cette troisième saison n’échappe pas à la règle (!) et switch au moins trois fois de concept en seulement une vingtaine d’épisodes ! Question thématique, on entre aussi dans quelque chose de plus intéressant quand certains agents tentent de refaire leur vie, quand Nikita et consort doivent occuper la place de leurs anciens ennemis, ou encore quand l’héroïne est confrontée à sa créatrice dans un jeu du chat et de la souris aux accents oedipiens particulièrement malsains.

Très clairement, la série a su évoluer et s’améliorer sur de nombreux points. Les scénarios proposent un feuilletonnant diversifié et intrigant, mais aussi des intrigues pseudo bouclées qui n’hésitent pas à mettre les personnages face à leurs propres limites et incohérences. Parfois extrêmement malins (tout l’épisode sur la jeunesse d’Amanda – la “méchante” – est à ce titre purement exceptionnel), ils restent confinés dans le genre de l’espionnage musclé et en ce sens misent toujours plus sur le dynamisme que la crédibilité. Les acteurs sont plus à l’aise – et même notre VieillePeau préférée, Maggie Q, semble enfin assumer son âge – et la réalisation fait ce qu’elle a à faire, avec pas mal de bonnes idées pour rester dans le budget tout en gardant un visuel parfois assez impressionnant. Et au final, il faut bien le reconnaître : on a beaucoup rit et on s’est beaucoup moqué de Nikita, mais cette année la série s’est clairement achetée ses lettres de noblesse.

Final Score : 8/10

C’est à croire que les séries de la CW, de manière évidente le network qui fait le plus confiance à ses créateurs et qui s’en contrefout des chiffres, sont en odeur de sainteté cette année. Après la très bonne surprise qu’est Arrow, voici que Nikita se transforme et se révèle pour devenir un show d’une évidente qualité. Dommage qu’il faille se taper les deux premières saisons – nettement moins bonnes – pour pouvoir comprendre !

The Big Bang Theory S6 iTunesBIG BANG THEORY (saison 6)

On termine cette semaine musclé de fins de saison avec the Big Bang Theory et sa sixième saison, semblable à toutes les autres. Ni en progression, ni en déclin, le show très controversé sur une bande de geeks / nerds (je vous laisse choisir le terme qui vous convient) et leurs petites amies (soit actrice bonnasse, soit scientifiques farfelues) reste dans sa droite lignée et semble ne pas du tout se préoccuper des critiques, négatives ou positives, faites à son égard. Alors oui, le show se moque toujours autant de cette communauté (au contraire de Community qui joue avec ses codes) mais reste sincère et jamais gratuit (contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre.) Bref, quelque soit votre opinion sur la série, ce n’est pas cette saison qui vous fera changer d’avis !

Final Score : 7/10

Amusante mais un peu trop ancrée sur ses acquis, the Big Bang Theory ne change pas sa formule. Hater, détestez ; fan, adorez. Et tous ceux qui sont au milieu peuvent toujours trouver cette sitcom assez amusante…

bill-hader-announces-hard-decision-to-quit-snlSATURDAY NIGHT LIVE

Un petit mot de conclusion pour vous dire que l’événement émotion de la semaine, c’est le dernier Saturday Night Live de Bill Hader, qui fera sortir les mouchoirs aux connaisseurs… Byebye Bill, et on espère te retrouver dans de bonnes choses sur le petit ou le grand écran !

Rendez vous jeudi pour la première partie d’une autre semaine bien chargée en fin de saisons ! (et on vous fera aussi découvrir quelques nouveautés et séries anglaise…)

Deuxième partie de cette semaine marathon de fins de saisons dans laquelle on revient sur des histoires d’ado, des comédies plutôt mal, les frères Winchester et un archer qui a le bras long.

90210-cw-season-5-2012-poster90210 (saison 5 – serie’s finale)

Bon, je pense que personne ne lira cette partie de l’article mais ce n’est pas grave : 90210, vrai-faux spin-off de la série ado du même nom autrement connue par chez nous sous le sobriquet de Beverly Hills, vient de s’achever après cinq années… dans l’indifférence générale. Après le succès surprise des premières saisons, le show a vu son audience s’écrouler pour sombrer dans des tréfonds tels qu’il était devenu impossible de défendre l’existence de la série.

La CW lui a pourtant offert une belle porte de sortie : une soirée entière consacrée au show, avec une sorte de documentaire posthume et bien entendu le dernier épisode. Concernant le docu, on se sent sérieusement tiraillé entre les beaux sourires et anecdotes sincères et amusantes de cette bande de jeunes loups comédiens, et le fait qu’ils doivent tous savoir que leur série se termine avec quasiment aucun spectateur devant leur écran.

Et force est de constater que les showrunners n’ont pas eu la même motivation que le network. Leur ultime épisode n’en est pas vraiment un, c’est juste une sympathique fin de saison qui laisse énormément de portes ouvertes : les scénaristes n’ont pas du tout revu leur copie une fois que l’annulation de la série a été confirmée. Cette conclusion laisse donc rageur car on s’est quand même tapé cinq saisons d’une série très bancale, capable de bousculer les idées reçues comme de tomber dans les pires travers matérialistes.

90210 version année 2000 n’aura donc pas eu du tout le même impact que sa grande sœur  ni la même carrière. Et nul doute que notre belle brochette de comédiens va avoir bien du mal à rebondir avec une image de marque touchée par l’échec d’un show qui n’aura, finalement, jamais vraiment marqué les esprits. Byebye Annie, Dixon et compagnie, le pire c’est que vous ne nous manquerez pas.

Final Score : 4/10

Mauvaise dernière année pour 90210 qui ne fut de toute évidence jamais une bonne série. Autant dire que seuls les fans les plus acharnés peuvent jeter un œil à l’ultime épisode – juste pour se rendre compte à quel point se ne valait pas le coup !

new girl season 2NEW GIRL (saison 2)

Zooey Deschannel partage : pour savoir si vous l’aimez, tout dépend de votre sexe, de votre dose de geekerie, et de votre capacité à supporter le cliché de la girls next door qui est officiellement moche parce qu’elle porte des lunettes. Si je ne suis pas super fan de l’actrice, je suis en revanche totalement sous le charme de la série qui l’a fait découvrir, New Girl. Diffusée sur la FOX, cette sitcom à caméra unique raconte les mésaventures de trois colocataires garçons qui voient débarquer la nouvelle habitante de leur appartement, une fille très maladroite et totalement “goofie”.

A la différence de How I Met…, New Girl évite soigneusement le pathos et la larme facile même dans son feuilletonnant basé sur des intrigues sentimentales relativement basiques. C’est que tous les personnages présentés sont de vrais “combattants” qui ne s’attardent pas sur leur sort ou passent leur temps à geindre (n’est-ce pas Ted Mosby ?) mais vont vite aller chercher des solutions… plutôt barrées.

Car en effet New Girl n’a que faire du réalisme et présente un univers crédible mais complètement décalé. A la limite du cartoon, le show se permet des embardées totalement délirante et un humour non-sensesque que je trouve délicieux mais qui ne sera clairement pas du goût de tout le monde. Je vous laisse donc le soin de découvrir cette petite perle ou cette grosse déception, selon ce que vous en penserez !

Final Score : 8/10

New Girl est pour moi l’une des meilleures sitcoms du moment et tout simplement une des meilleures séries diffusées actuellement. Mais je dois reconnaître que son humour particulier et surtout la présence de Zooey Deschannel ne sera pas du goût de tout le monde…

mindy project season 1MINDY PROJECT, the (saison 1)

The Mindy Project aura connu un début de vie difficile. Conçue par des anciens de the Office, achetée tout naturellement par le même network (NBC), le show est finalement annulé avant d’être racheté par la FOX qui y impose moult modifications pour aboutir à un pilote franchement très peu convaincant. Fort heureusement, la série a peu à peu réussi à trouver ses personnages et son identité, et les mésaventures de ce cabinet d’obstétriciens (et en particulier Mindy, son personnage principal, petite indienne bien en chair aux multiples questionnements amoureux) deviennent amusantes et intéressantes. Le problème, c’est que tout cela sent un peu le déjà-vu, avec des ficelles pas très fines et des personnages trop proches de ceux aperçus dans the Office, justement. Au final, Mindy Project est un objet sympathique et amusant mais franchement dispensable.

Final Score : 7/10

Dynamique, amusante et sympathique, the Mindy Project souffre malheureusement d’un gros manque d’originalité et traîne parfois un peu la patte sur ses intrigues amoureuses. Peut mieux faire, donc, mais c’est déjà pas mal.

golden-boy1GOLDEN BOY (saison 1 – série annulée) 

Intrigante série sur l’ascension ultra rapide (seulement sept ans) de celui qui deviendra le plus jeune commissaire de New York, Golden Boy a tout de suite déçu en révélant que ce pitch ne cachait en fait qu’un cop-show de plus. Certes, les personnages sont intéressants et dans son feuilletonnant la série pose des questions plutôt profondes sur le fonctionnement de la police et ses connexions avec la politique. Mais cela ne vient pas sauver des intrigues bouclées peu percutantes et l’impression constante que Golden Boy n’apporte rien au genre.

Final Score : 5/10

Golden Boy est bien foutue, avec des personnages intéressants et un fond intrigant. Mais ce n’est qu’un cop-show de plus, qui n’ira pas au bout de ses ambitions maintenant qu’il a été annulé par CBS. Il y a bien d’autres séries policières à regarder si vraiment vous êtes en manque.

Supernatural-Season-8SUPERNATURAL (saison 8)

On va la faire courte aussi pour Supernatural étant donné que si vous n’avez jamais vu la série vous n’allez pas plonger dedans pour la saison 8 ! Alors pour les connaisseurs, qu’a donné cette nouvelle fournée d’épisodes menée par un nouveau showrunner, Jeremy Carver ? Il est évident que le jeune homme a mis un peu de temps à s’installer derrière le volant, avec une dizaine d’épisodes pas franchement folichon en guise d’ouverture. Mais une fois qu’il s’est bien mis au boulot, Supernatural a retrouvé une certaine forme et Carver a réussi à installer tous les éléments d’un long feuilletonnant qui devrait – apparemment – le mener jusqu’à la fin de la dixième saison. Pour le reste, c’est comme d’habitude : la réalisation n’est pas formidable mais très clean, les comédiens sont pour le coup toujours aussi bons (Misha Collins est un plus qu’excellent Castiel), et toute la bonne humeur de l’équipe derrière le show se ressent à chaque épisode. Bref, ce n’est clairement pas la meilleure saison de la série, mais elle reste tout à fait honnête et devrait être indispensable vu les éléments qu’elle pose pour la suite.

Final Score : 8/10

Supernatural est un tout petit peu en baisse de forme (les épisodes ultra originaux et percutants manquent un peu à l’appel) mais le nouveau showrunner sait se reprendre sur toute la deuxième partie pour lancer un feuilletonnant qui promet de nous occuper pour les deux années à venir. Indispensable pour les fans, et les autres vous ne savez normalement même pas ce qu’est Supernatural !

arrow season 1 critiquesARROW (saison 1)

Wouhou ! Et si la série la plus fun de l’année était une série de super-héros diffusée sur la CW ? Avec Arrow, remix moderne et télévisuel de l’archer vert de la société d’édition de comics DC, le network marque un grand coup en proposant l’un des shows les plus amusants, percutants, et viscéralement attachants depuis bien des années.

C’est peu dire que l’on n’attendait strictement rien d’Arrow lors de l’annonce de sa sortie. Oliver Queen n’est pas un personnage connu du grand public, les archers n’ont pas vraiment un aspect télévisuel très moderne, et la CW nous avait plombé le moral pendant des années avec Smallville (qui s’améliorait très nettement sur la fin, il faut le reconnaître.) Quelle claque on a pris dans la figure en découvrant cette version remaniée des aventures d’un playboy coincé sur une île pendant cinq ans, qui revient dans sa ville d’origine avec une certaine expertise à l’arc et la ferme intention de la nettoyer de tous ceux (parmi les hommes de pouvoir) qui l’ont trahie (la ville !) Sévèrement burné, le show fait assez rire au début avec ses bastons à l’arc, mais elles deviennent très vite prenantes et plutôt bien foutues. Les intrigues s’enchaînent et ne se ressemblent pas, le casting s’étoffe avec des personnages de plus en plus complexes (la grande réussite autour de la famille Merlyn) et le feuilletonnant – qui s’étale sur le présent mais aussi sur le passé quand Oliver est encore sur l’île – est de plus en plus intrigant.

Alors oui, on est sur la CW et il n’y a clairement pas le budget pour faire un show qui casse visuellement la bouche – mais la réalisation se démerde plutôt bien pour mettre en avant ce qui est important (les grosses scènes d’action) et faire l’impasse sur quelques scènes dialoguées dans des décors moches ou peu crédibles. Et oui, comme on est sur la CW, la cible amoureuse de notre héros est une espère de pseudo bombasse, véritable pub sur patte pour des wonderbras qu’elle affiche telle une protubérance dans de nombreux plans de profil, devenant finalement aussi excitante qu’une sardine à l’huile qui serait tombée par terre dans la rame du métro. Et enfin oui, comme on est sur la CW, l’ambiance musical est très “djeuns” avec heureusement un score original pour compléter qui nous met nettement plus dans l’ambiance super-héros.

Mais ces rares défauts ne viennent jamais plomber le fun de la série dont les vingt-trois épisodes défilent à une rapidité incroyable. Le rythme est toujours imparable et on ne s’ennuie strictement jamais. De plus, les créateurs ont pris le parti de faire d’Oliver un super-héros “dark” dans le sens qu’il n’hésite pas à remettre la loi en question pour atteindre son but et surtout – chose déjà très rare dans les comics mais encore plus dans leurs adaptations – à tuer si c’est nécessaire. Cela n’en fait pas pour autant un show qui défend la peine de mort (les morts ne sont jamais gratuites et surtout la peine capitale n’est jamais la thématique des épisodes) mais permet par contre de véritablement crédibiliser les aventures de ce personnage qui n’est doté d’aucun super pouvoir.

Bref, il ne me reste plus qu’une chose à dire : merci la CW, et vivement la suite.

Final Score : 8/10 (et puis merde quoi, 9/10 pour les fans de super-héros)

Très clairement pas la série la plus intelligente du moment mais de loin la série la plus fun de la saison, Arrow dépasse ses quelques défauts par une ambiance prenante et des scénarios burnés et rythmés. Une sacré réussite dans son genre.

 

Rendez vous dimanche pour terminer le point sur cette semaine bien chargée !

Ca y est, la fin de la saison a commencé ! En route pour une semaine de folie au cours de laquelle on fera le bilan sur pas moins de 18 shows qui ont été diffusés cette année. On commence par les blockbusters ABC, un très bon dessin animé, et deux sitcoms au succès… contrasté.

revengeREVENGE (saison 2)

Regarder Revenge, c’est comme faire un tour sur un putain de bon rollercoaster : c’est totalement inutile, mais ça vous secoue dans tous les sens et vous procure des émotions (très) fortes. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, il s’agit d’un primetime soap, c’est-à-dire d’un show à intrigues à tiroirs dont l’exemple le plus parlant est Dallas. Ici, il s’agit de l’histoire d’une jeune femme qui revient dans la ville de son enfance, sous un faux nom, pour venger son père qui a été accusé à tort d’avoir commis un acte terroriste en faisant exploser un avion.

Après l’énorme succès surprise de l’année dernière (immédiatement copié par les autres chaînes, mais sans le même résultat), cette deuxième saison commençait plutôt mal en annulant purement et simplement les gros évènements du cliffhanger précédent. Quelques réaménagement de casting, des personnages un peu plus lisse (le jeune gay qui se tape une fille pour éviter les polémiques), et une intrigue qui arrive au kilotonne avec un vilain professeur de vengeance et un nouvel amoureux qui veut lui aussi se venger des méchants Grayson.

Mais fort heureusement, c’était pour mieux cacher les rebondissements explosifs qui surviennent par la suite, avec la découverte d’un terrible groupe nommé Initiative qui semble manipuler tout ce beau monde à un point encore plus énoooorme que les Grayson ! C’est donc partie pour 22 épisodes de folie, avec tellement de retournement de situations qu’il serait bien impossible de résumer tout ce merdier en quelques lignes. Et puis il y a le double épisode de fin, semblable à un triple looping vrillé du rollercoaster, et enfin, enfin, la fameuse révélation que l’on attendait tous et qui promet tout plein de changements pour l’année prochaine.

On peut tout de même se demander pourquoi Revenge cartonne autant alors que ses copies s’effondrent les unes après les autres. C’est à mon sens que le show repose sur une recette toute simple mais imbattable. Le premier ingrédient, c’est de rester perpétuellement branché sur ce sentiment si basique mais si terriblement compréhensible qu’est l’envie de vengeance. En appelant le spectateur à se confronter à ses tripes, à ses convictions profonde, Revenge va chercher là où ça fait mal et d’où partent toutes nos obsessions. L’autre ingrédient, c’est le personnage de Emily Thorne / Amanda Clarke, protagoniste fascinante, jamais réellement héroïne, capable de commette le pire pour de très bonnes excuses  mais sans que le show ne lui donne raison. C’est qu’elle serait bien fichue de damer le piont au conte de Monté-Cristo ! Quant à ce cher papa Grayson, il y a fort à parier qu’il finira aux cimetières des grands enculés de la télévision, aux côtés d’un certain J.R.

Final Score : 8/10

Oui, Revenge est totalement inutile et à ce sens fort peu recommandable. Mais dans son genre, le primetime soap, elle n’a d’égale que la rolls en la matière, Dallas. Si vous êtes prêts à vous faire secouer dans tous les sens, alors vous pouvez jeter un œil à l’un des plus grands succès publics de la télé US d’aujourd’hui.

Once-Upon-a-Time-Saison-2-VostfrONCE UPON A TIME (Saison 2)

L’autre gros succès d’ABC, Once Upon a Time, achevait sa deuxième saison le même soir que Revenge. En gros, c’est l’histoire d’une petite ville, Storybrook, dans laquelle vivent différents personnages de conte de fées. Enfin, entendons nous bien, par conte de fée, il faut entendre chez les américains tout ce qui est plus ou moins tombé dans le domaine public. Alors oui, vous retrouvez le Prince Charmant, la  Belle au Bois Dormant, et l’inévitable mais insupportable Blanche Neige, mais aussi Pinocchio, Mulan (on attend tous Dumbo mais il met du temps à arriver), et puis tout l’univers d’Alice au Pays des Merveilles, et maintenant carrément celui de Peter Pan. Bref, le choix est large. Très large.

Si l’idée est intéressante et que la série fut assez convaincante dans son traitement des personnages “négatifs” lors de la première saison (la Reine Noire, le Capitaine Crochet, ou encore le méconnu Rumplestiltskin, c’est à dire chez nous le Nain Tracassin – oui c’est vachement moins classe), cette deuxième fournée d’épisodes s’avère nettement moins enthousiasmante. Produit conçu pour toute la famille, diffusée le dimanche soir à 20:00, Once Upon a Time se doit d’être passe-partout et de véhiculer de jolis messages. On tombe donc rapidement dans une suite de clichés plein de bons sentiments qui finissent par nous gaver l’estomac.

Et puis il y a cette réalisation foutrement moche, peu soutenue par des effets spéciaux qui oscillent entre le laid et le profondément vomitif – ce qui n’arrange rien à notre digestion. Quand Blanche Neige et son connard de Prince Charmant commencent à ouvrir la bouche pour pleurer sur leur sort ou nous faire part de leur très étrange arbre généalogique (qui devient d’une complexité à faire pâlir les descendants de Louis IX), notre ventre se met à faire des bruits étranges qui viennent annoncer un passage rapide à faire aux toilettes.

Vous l’aurez compris, Once Upon a Time est un gros gâteau bien indigeste, dont on reprend une part plus parce qu’on aime le sucre que pour son bon goût, mais dont on sait tout de suite qu’il va nous faire passer une sale nuit. Et vous savez quoi ? Pour l’année prochaine, ABC a pensé à nous : on aura droit à une autre friandise sous la forme d’une série dérivée. Préparez le Smecta.

Final Score : 6/10

Indigeste, Once Upon a Time est à réserver à ceux qui cherchent une série à regarder en famille. Avec des enfants. Des enfants quoi. Merde.

bobsburgerss1BOB’S BURGER (saison 3)

Au royaume du dessin animé (pseudo) familial, c’est bien Bob qui est le roi. Bob’s Burger, créé par Loren Bouchard, un comique qui n’a pas fait grand chose de marquant avant, est un dessin animé diffusé sur la FOX dans le cadre de sa soirée animation du dimanche soir (avec the Simpsons et toute la batterie de programmes de Seth MacFarlane.) Mais c’est aussi et avant tout, avec South Park et Archer, l’un des show animés les plus drôles de ces dernières années.

A quoi tient une telle réussite ? Du coté du scénario, c’est assez simple : des personnages barrés mais touchants, des intrigues toujours magistralement bien foutues, et un humour en permanence sur le fil du rasoir avec beaucoup d’éléments uniquement pour les grands mais tout ce qu’il faut pour ravir les plus jeunes (mais bon, on va dire pas avant dix ou onze ans quand même !) Une recette vieille comme le monde mais utilisée ici avec soin, mijotée aux petits oignons et toujours préparée avec beaucoup d’amour/humour. Et du côté de la réalisation, Bob’s Burger affiche un look très particulier, qui peut rebuter au début mais qui s’avère finalement plutôt malin car très identitaire et surtout très malléable à l’animation.

Et puis il y a une multitude de petites chansons (généralement reprise pour les génériques de fin, vous laissant une pêche d’enfer avec des chorégraphies sombrement débiles) et une avalanche de gags cachés dans tous les coins qui rendent le show encore plus immersif. Bref, mes burgers, je les prends chez Bob.

Final Score : 8/10

Assurément l’un des meilleurs dessin animés comiques du moment, Bob’s Burger est un régal d’aventures barrées et de personnages explosifs. Si vous êtes passé  à côté pendant l’année, vous pouvez vous faire une session pour ravir vos soirées d’été !

2 broke girls2 BROKE GIRLS (saison 2)

2 Broke Girls, la sympathique création de Whitney Cummings sur deux filles que tout séparent mais qui se retrouvent à vivre ensemble, à travailler ensemble comme serveuses dans un diner, et à monter un business de cupcake ensemble, revient pour une deuxième saison que l’on attend un poil mieux foutue, avec un feuilletonnant plus excitant et encore un peu plus de vannes méchantes de la part de Kat Dennings.

Et bien on avait tout faux. Autant Whitney, l’autre sitcom de Whitney Cummings, s’est révélée en deuxième saison, autant 2 Broke Girls tombe dans tous les travers qui la menaçait. Les décors et la réalisation sont de plus en plus moches, les rires enregistrés sonnent de plus en plus faux, et Kat Dennings, seule comédienne qui sait à peu près jouer, semble de plus en plus se faire chier à balancer des vannes sur la taille de ses seins. Car que dire de l’humour plus raz que terre de ces 26 nouveaux épisodes ? A chaque réplique se colle sa contrepartie “vanne” autour du cul, selon un rythme qui en devient très évite épuisant. Les intrigues sont fades, le feuilletonnant est bidon, et il ne reste de show excentrique et provocateur qu’un truc assez crasseux et bas de gamme.

Final Score : 4/10

Après un très bon démarrage l’année dernière, 2 Broke Girls nous dépite totalement en s’appuyant sur une seule piste pour essayer de nous faire rire : le cul, le cul, le cul. Très fatigant à la longue.

How-I-Met-Your-Mother-season-8HOW I MET YOUR MOTHER (saison 8)

Quand on me demande pourquoi je continue de regarder How I Met Your Mother, je réponds que vu que je me suis tapé les sept premières saisons, je vais pas m’arrêter maintenant. Je sais, c’est pas une bonne excuse, mais ça prouve au moins qu’une fois qu’on s’est attaché pendant aussi longtemps à des personnages, on a bien du mal à les laisser partir.

Mais hormis l’affect personnel que l’on peut éprouver pour la série, que valait vraiment cette huitième (et avant-dernière, c’est maintenant officiel) saison ? HIMYM s’amuse toujours autant à tenter de bousculer les structures scénaristiques, mais malheureusement ça ne nous amuse plus autant qu’avant. Le show tente aussi d’approfondir son feuilletonnant et ses personnages mais sombre régulièrement dans un certain pathos et une mièvrerie quelque peu écœurante. Bref, au niveau scénaristique, c’est pas la panacée mais reconnaissons quand même que chaque épisode possède de bons moments humoristiques et qu’il n’est pas rare d’avoir (au moins) le sourire pendant une bonne vingtaine de minutes. Les acteurs, eux, semblent continuer de s’amuser et en profitent un max avant de se dire au-revoir l’année prochaine. Au final, HIMYM reste une sitcom terriblement sincère et c’est sans doute pour ça qu’on lui pardonne (encore) ses nombreux défauts.

Final Score : 6/10

Ça sent la fin, ça sent la fatigue, mais ça respire toujours la sincérité. Si vous êtes arrivé jusque là, ça serait con de vous en priver.

 

Rendez vous Vendredi (si tout va bien) pour la suite de cette semaine de départs !

 

La fin de la saison approche à grand pas pour laisser la place aux séries de l’été. Voici donc cinq départs US, avec en prime la GRANDE question : alors qu’est-ce que ça vaut Community sans Dan Harmon ?

red widow 2RED WIDOW (saison 1)

Adaptation de la série néerlandaise Penoza, Red Widow raconte comment une femme au foyer de San Francisco, Martha Walraven, voit sa vie bouleversée lors de l’assassinat de son mari… parrain de la drogue qui voulait quitter le business, et fut sans doute éliminé par son rival, le terrible Nicolae Schiller. Martha se voit rapidement contrainte de reprendre le business de son mari pour protéger sa famille, tout en cherchant comment elle va bien pouvoir se venger de celui qui lui a tout prix…

Bien plus convaincante que la déplorable the Mob Doctor, diffusée plus tôt dans l’année, ce show créé par Melissa Rosenberg (surtout connue pour avoir signé les scripts des différentes adaptations ciné de Twilight – oui, ça n’a strictement rien à voir ! – et pour sa participation couronnée de nominations à Dexter) prend le parti de faire une plongée réaliste et sans concession dans la mafia… russe. Et il faut bien reconnaître que ça nous change de la traditionnelle famille italienne pour nous emmener dans un univers original, assez fascinant par ses codes que l’on connaît peu, et fondamentalement porteur d’histoire. Rosenberg n’est pas tendre avec ses personnages, et s’attache vraiment à garantir une certaine crédibilité (sauf pour le point de départ) refusant ainsi des facilités et des travers dans lesquels d’autres séries sur la mafia plongent allègrement (encore une fois the Mob Doctor ou la toute récente Rogue.)

Le problème, c’est que du coup le show manque d’ampleur. Si l’on suit avec plaisir les aventures de Martha, difficile de trouver quelle est la thématique qui se cache derrière tout ça. Rosenberg veut-elle parler de la famille, des sacrifices que l’on doit faire pour survivre, de la justice ? A ne pas vouloir choisir pour rester sur du réalisme brut, la showrunner manque malheureusement le coche. D’autant plus que si les personnages sont intéressants, il est difficile de se rattacher à l’un d’entre eux – même à l’héroïne, dont les problématiques dépassent celles de tout spectateur. Ainsi, Red Widow s’éloigne de son public, n’arrive pas à le prendre aux tripes, mais lui offre tout de même l’une des visions les plus originales et intéressantes sur la mafia depuis bien longtemps. Dommage.

Final Score : 7/10

D’un point de vue documentaire, Red Widow me semble toucher juste : son univers est crédible et intrigant. Mais en tant que pure série, il lui manque des personnages auxquels se raccrocher et une vraie thématique pour arriver à totalement convaincre.

glee-full-cast-season-4GLEE (saison 4) 

Certains diront que c’était couru d’avance, que cette quatrième saison serait encore plus pourrie que les autres, mais moi je voulais y croire. J’étais sûr que le show de Ryan Murphy pouvait remonter la pente après une troisième année catastrophique, sûr qu’avec de bonnes idées la série pouvait retrouver le brin de cynisme et de délire décalé de ses débuts. Mais force est de constater que le phénix n’a pas resurgit de ses cendres : Glee saison 4, c’était juste horrible.

Mais pourquoi ? Passons sur les chansons, dont le mauvais goût affiché ne se discute plus. Passons sur les chorégraphies qui ont bien du mal à se réinventer. Passons même sur cette réalisation aux couleurs trop éclatantes, mais qui souffre simultanément d’une certaine morosité suite aux coupures de budget. Non, si Glee ne fonctionne plus du tout, c’est bien parce que les scénaristes se sont magistralement plantés. Il fallait faire un choix : continuer les aventures de Rachel et consort après le lycée, suivre leur dure plongée dans la vie active, ou dire définitivement byebye aux “grands” pour accueillir les petits nouveaux du glee club. Suivre les deux options n’a fait que cumuler les personnages qui en deviennent tellement nombreux qu’il est impossible de leur construire des arches narratives un tant soit peu intéressantes.

Car, putain, on a souffert ! Rachel dans une grande école de danse à New York passe son temps à se repoudrer le nez, se convaincre qu’elle est belle et talentueuse, et hésite entre deux amours. Oui, exactement comme avant. De plus en plus énervante, on en vient à avoir envie de claquer cette insupportable gueule d’anchois qu’est Lea Michele (l’actrice) et on se retiendra en se souvenant que chez nous, Rachelle Bery c’est une chaîne d’épicerie santé (j’aurai préféré de la charcuterie, mais bon.) A côté de ça, le terrifiant couple gay formé par Kurt et Blaine ne fait que ressasser des clichés sur l’homosexualité plongeant le show dans une ringardise pathétique et totalement indéfendable. Et que dire du reste de la clique des anciens élèves qui ne cesse de revenir au lycée pour donner un coup de main et nique ainsi le peu de crédibilité de la série : merde, si vous ne vouliez pas vous séparer de vos acteurs, il fallait trouver un autre concept !

C’est d’autant plus honteux que les nouveaux personnages auraient sans doute quelque chose à défendre si on leur en laissait la place. Mais la pauvre Marley est renvoyée à un clone (heureusement plus sympathique) de Rachel, le nouveau Puckermann reste dans l’ombre de son frère, Kitty n’est qu’une pompom-girl de plus et Ryder… ne sert à rien. Génération sacrifiée ? Espérons que non, car la Fox vient de signer à nouveau le show pour deux ans. On prie les dieux du bon goût pour qu’il se passe un miracle.

Final Score : 3/10

Catastrophe éhontée, cette quatrième saison de Glee a sans doute offert un ou deux bons épisodes, mais sincèrement, perdu dans le miasme du reste, on ne s’en souvient déjà plus. Si vous voulez assister à un naufrage, c’est l’occasion.

Vegas Season 1 iTunesVEGAS (saison 1)

Et ben voilà, c’en est déjà fini de Vegas, série pourtant fortement attendue en début d’année et mettant en scène Michael Chiklis (le Vic Mackey de The Shield) et Dennis Quaid dans un affrontement au sommet entre le patron d’un casino et le shérif de la célèbre ville en plein milieu des années 60.

On peut dire que le show s’est lui-même tiré une sérieuse balle dans le pied en se présentant, lors des premiers épisodes, comme un formula de plus, comme une énième série policière dont le cadre pourtant hors norme n’était quasiment pas exploité. Le public s’en est vite rendu compte et il s’est fait la malle pour aller voir ce qui se passait ailleurs – la suite ne fut qu’une lente descente aux enfers, atteignant des scores d’audimat que CBS n’avait jamais vu aussi petits.

Et franchement, c’est vraiment dommage. Car dans sa deuxième moitié, Vegas se montre nettement plus intelligente qu’elle n’y paraissait au premier abord. C’est l’univers, d’abord, qui s’approfondit avec une réelle utilisation du feuilletonnant et des intrigues “bouclées” nettement moins mises en avant. Les personnage s’étoffent et les acteurs s’installent enfin : entre Chiklis et Quaid, on sent monter la connivence et les deux vieux roublards commencent à nous mettre dans leurs poches. Mais ils se font malgré tout voler la vedette par l’incroyable Sarah Jones, délicieuse Mia Rizzo qui fait les comptes du casino, qui nous avait pourtant fait vomir l’année dernière dans Alcatraz. Un beau gâchis, à cause d’un mauvais début. La leçon est à retenir.

Final Score : 7/10

Mais pourquoi diable a-t-il fallu que Vegas se plante autant sur ses dix premiers épisodes ? On a failli passer à côté d’un show vraiment intelligent, bien réalisé et bien mené. Le public américain, lui, est passé totalement à côté. Et CBS l’a achevé sans pitié.

touch-season-2 TOUCH (saison 2)

Touch, c’était ma petite série chouchou, non seulement car elle nous donnait des nouvelles de Kiefer Sutherland (moins musclé que dans 24, mais toujours aussi dynamique et en train de courir partout) et de monsieur “j’ai des concepts mais j’ai pas de série” Tim Kring (qui avait marqué la télé avec la catastrophe Heroes.) C’est donc l’histoire d’un enfant autiste qui ne parle pas et ne supporte pas d’être touché, et de son père, ancien journaliste, qui sont plongés malgré eux (et surtout dans la deuxième saison) dans un complot qui les dépasse. Fort heureusement, le gamin est super doué avec les chiffres, voit des probabilités de fou, et guide son père à travers une série de numéros qui vont finalement composer une suite numérique capable de sauver ou détruire le monde. Vous suivez ?

Si non, c’est pas bien grave. Touch est fort sympathique, mais elle se termine en eau de boudin, sans que Tim Kring ait pu répondre à la moitié des interrogations qu’il aura posées au fil de la série. On regrettera juste Saxon Sharbino, formidable Amelia (une autre gamine qui voit les probabilités) mais gageons qu’un mec un peu intelligent va la mettre dans une autre série.

Final Score : 6/10

Touch est amusante mais est surtout symptomatique des problèmes scénaristiques de Tim Kring. Une fois qu’il a posé un univers et des mystères, il ne sait plus trop quoi faire. Et du coup, il laisse tranquillement ses séries mourir et attend de se faire virer. Bien joué mon salop.

community-season4COMMUNITY (saison 4) 

Pour sa première saison sans Dan Harmon aux manettes, le showrunner s’étant fait viré l’année dernière pour une multitude de problèmes, Community n’a finalement pas beaucoup changé. Les auteurs ont pris soin de se moquer de tout ce que les internautes prévoyaient comme changements, ils ont encore construit des arches qui ne tiennent pas la route sur les personnages secondaires (Dean et Chang…), ont parfois eu des éclairs de génie (l’épisode en huis clos et en temps réel avec le méchant prof) et se sont parfois pris de violentes mandales (le dernier épisode qui tombe toujours juste à côté du truc génial.) Bref, ceux qui apprécient la série depuis ses débuts peuvent continuer de la regarder sans rougir ; les fans acharnés trouveront tout ce qu’il leur faut de fausses excuses pour râler sur le départ d’Harmon ; et ceux qui n’ont jamais compris pourquoi cette série faisait couler autant d’encre n’y comprendront pas grand chose de plus maintenant.

Final Score : 7/10

Dans ses coups de génie, Community est absolument indispensable. Mais quand elle tape à côté de la plaque, ça sent le souffre. Partagé entre moments magiques et plantade désolante, le show a au moins le mérite d’arriver à toujours nous surprendre. Moi, je reprendrai bien d’une saison 5.

Meet_the_cast_of_YoungersYOUNGERS (saison 1 – UK) 

Je ne connais rien au rap. Je ne connais rien au rap français, je ne connais rien au rap US, et à plus forte raison je ne connais rien au rap anglais. Il m’est donc particulièrement difficile de juger de la qualité de la musique présentée dans Youngers, série ado anglaise sur un trio qui veut se faire une place dans le monde très particulier des battle de hip hop. Par contre, je peux quand même vous dire pourquoi ce petit show (qui a drainé plus de 450 000 spectateurs en Angleterre, un record pour la chaîne E4) mérite vraiment le coup d’oeil.

Il y a bien évidemment la qualité d’une réalisation sans fioriture, qui offre un vrai regard, crédible (et non pas conciliant ou faussement effrayant) sur la vie dans les grandes tours de banlieue. Il y a aussi trois petits acteurs qui se démerdent plutôt pas mal, et une foule de personnages secondaires hyper attachants (comme la bande qui ne lâche pas son banc ou le gros patron du khebab du coin…) Mais la série tient surtout par son scénario terriblement sincère, qui ne plonge vers aucune facilité de dramatisation à outrance mais sait malgré tout raconter une vraie histoire (là où beaucoup d’autres se seraient contentés d’une chronique pépère.) Porté par un positivisme profond, par une volonté de montrer que si la vie n’est pas facile tous les jours, ce n’est pas un calvaire non plus, Youngers encourage une jeune génération à se prendre en main et à courir après ses rêves d’une manière réellement enthousiasmante. Loin des clichés morbides parfois énervants de Skins, et loin de la décérébration mentale d’un 90210, Youngers touche juste – et c’est assez rare pour être souligné.

Final Score : 8/10

Réellement convaincante, cette première saison de Youngers ne ravira pas que les ados et les amateurs de rap. Si vous êtes encore un tant soit peu capable de vous souvenir de votre état d’esprit à la sortie du lycée, vous pouvez vous plonger à corps perdu dans cette très intéressante plongée adolescente.

politicians husbandPOLITICIAN’S HUSBAND, the (mini-série, UK) 

Les mini séries anglaises se suivent et ne se ressemblent pas… du moins dans le ton, car dans la forme la dernière diffusion en date, the Politician’s Husband, reprend et confirme la formule des 3×52 minutes proposés par la BBC. Il s’agit cette fois de la chute d’un homme politique, de l’ascension de sa femme dans le même milieu alors qu’il est contraint de devenir père au foyer, et – vous vous en doutez car on est en Angleterre – de la lente vengeance et du retour sur scène de cet homme.

Plutôt bien réalisée et bien interprétée (une fois de plus, on retrouve un David Tennant impeccable – mais qui méritera bien des vacances à la fin de l’année), le show reste très classique dans son écriture. C’est à dire que s’il aurait épaté il y a encore quelques années, il passe maintenant derrière Boss, House of Cards, ou même pour faire une comparaison plus juste avec une autre mini série anglaise, Secret State. Du coup, on voit un peu chaque événement venir et le cynisme de l’ensemble sonne déjà comme déjà-vu. La bonne idée à utiliser maintenant serait-elle de faire une série enthousiasmante sur le monde de la politique ? Heu…

Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir. The Politician’s Husband est extrêmement bien construite, repose sur un rythme toujours entraînant et la conclusion est absolument magistrale. Vous pouvez y aller, voici trois petits épisodes qui ne seront pas du temps perdu.

 

Rendez vous tout au long de la semaine prochaine car il va nous falloir parler de pas moins 18 séries qui tirent leur révérence ! Sortez les mouchoirs !

Oups, et si cet article devait être en ligne depuis quelques jours mais qu’on avait totalement oublié de le faire ?! Il faut dire que les nouveautés de cette semaine ne sont pas particulièrement enthousiasmantes. Allez, on vous aide quand même à y voir un peu plus clair.

A_Place_to_Call_Home_01A PLACE TO CALL HOME (nouveauté) 

Tout comme (presque) chaque pays cherche à créer sa version de The Killing, on commence à trouver des déclinaisons de Downton Abbey. Pour l’Australie, elle porte le nom de A Place to Call Home et est diffusée en lieu et place de la série anglaise depuis dimanche dernier. Nous voici donc repartis pour une grande saga pleine de passions et de trahisons…

Cette “version” australienne accroche vite le spectateur grâce à son univers (à ma connaissance) jamais vu à la télévision, c’est à dire l’Australie des années 50, avec encore toutes les répercussions de la guerre et les premiers grands changements sociaux. C’est la période où les femmes prennent le pouvoir et elles sont incarnées à travers le personnage de Sarah Adams, une infirmière qui retourne chez elle vingt ans après être partie. Elle se fait directement foutre à la porte par sa mère, et la voilà coincée à vivre au dépend d’un riche homme d’affaire rencontré pendant la traversée en bateau – et surtout dont elle a sauvé le frère d’une tentative de suicide. Et après quelques rebondissements, elle se retrouve à bosser pour un médecin du coin qui est sous le charme de sa répartie assassine et de sa manière de n’avoir (apparemment) peur de rien.

Bien sûr, on peut craindre que la suite de la série ne dérive vers une sorte de mise à jour de Docteur Queen, mais il semble – au vu du teaser qui accompagne le pilote – que ce ne soit pas le cas. On est bien dans une grande fresque familiale avec sa galerie de personnages et de secrets inavouables. La mise en scène est remarquable, les décors assez magnifiques – et encore une fois, ce ne sont pas ceux qu’on a l’habitude de voir sur nos écrans ! – la comédienne principale (Marta Dusseldorp) se défend plutôt bien et le tout s’avère donc franchement réjouissant. A Place to Call Home pourrait bien devenir notre prochain petit chez soi…

EDI GATHEGI, DANIELLE NICOLET, KYLE BORNHEIMER, J.K. SIMMONS, LEAH REMINI, JOHNNY PEMBERTONFAMILY TOOLS (nouveauté)

Dernière venue de la soirée comédie du mercredi soir sur ABC, Family Tools ne va pas déplacer les foules. L’histoire de cet homme constamment enfoncé par son père et qui n’a – il faut bien l’avouer – pas réussi à faire grand chose de sa vie, n’arrive pas à rebondir quand ce fameux héros malgré lui reprend les reines du business familial (une entreprise de bricolage, d’où le fameux tools du titre…) Mal joué, mal filmé, le pilote souffre de plus de personnages déjà vu ou très peu amusants. On s’ennuie et on baille plus qu’on rigole : voici sans doute la plantade de la semaine !

Maron.S01E01MARON (nouveauté)

Dans la droite lignée de Louie (avec Louis C.K.) et de Legit (avec Jim Jefferies) voilà que nous arrive Maron, créée et interprétée par le comique Marc Maron. Mettant en scène sa propre vie et son podcast qui semble rencontrer un beau succès, la série reste dans son pilote assez peu innovante et assez peu drôle. Maron joue beaucoup sur son propre personnage mais il n’a ni le talent pour gérer les scènes de Louis C.K., ni la ferveur et la qualité dramaturgique de Jefferies. Ses passages d’auto-apitoiement sont franchement lourdingues et le bonhomme n’est pas très sympathique. La suite pourra peut-être me faire changer d’avis, mais pour l’instant je suis loin d’être convaincu…

inside amy schumerINSIDE AMY SCHUMER (nouveauté)

Comedy Central continue ses comédies du réel en offrant, après Ben Hoffman et Nathan Fielder, son show à la comique Amy Schumer (d’où le titre Inside Amy Schumer - je vous recommande de l’écrire en entier quand vous faites une recherche sur le net car si vous oubliez son nom de famille vous risquez de tomber sur d’autres programmes qui n’ont pas grand chose à voir…) Rien de nouveau dans les rayons : quelques sketchs, des vraies/fausses interviews, et pour la peine des passage du one man show de la comédienne. C’est assez drôle, mais pas très percutant.

zach stoneZACH STONE IS GONNA BE FAMOUS (nouveauté)

Et enfin, c’est MTV qui s’offre une comédie du réel bien adaptée à la sauce teenager avec ce Zach Stone is Gonna be Famous. Il s’agit en fait de la première série avec le très drôle Bo Burnham (tout droit sorti du web) qui s’inspire de sa propre vie pour raconter comment un adolescent compte devenir célèbre en s’offrant sa propre télé-réalité. Amusant, plutôt bien construit et forcément très déroutant par son fond assez hors du commun (on va un cran plus loin que le mockumentary tel que le jouait Ricky Gervais dans the Office), le pilote m’a plutôt enchanté même s’il retombe un peu à plat lorsqu’il expose de manière très explicite sa thématique. Et si on fait le compte, voici la seule nouveauté de la semaine (avec A Place to Call Home) dont j’ai à peu près envie de voir le deuxième épisode.

 

Allez, rendez vous la semaine prochaine lundi pour faire le point sur une toute petite semaine ! Ouf !

 Face à une semaine encore bien chargée en news, il faut à nouveau la découper en deux parties. On commence donc avec les fins de saison et il y en a pour tous les goûts…

The Good WifeTHE GOOD WIFE (saison 4)

Il y a quatre ans, The Good Wife venait souffler un petit vent de nouveauté sur le legal show qui en avait bien besoin. Personnages complexes, intrigues rusées, réalisation soignée et acteurs charismatiques : le show avait tout pour plaire. Mais que valent aujourd’hui les aventures d’Alicia Florrick, femme bafouée par son politique de mari et constamment perdue entre sauver sa famille et plonger dans les bras de son amour de jeunesse ?

La réponse fait mal : pas grand chose. Mis à part deux ou trois très bons épisodes, cette quatrième saison sent sérieusement le souffre. Les personnages sont devenus des parodies d’eux-mêmes (Kalinda ou le problème de la crédibilité), le feuilletonnant fonctionne par à coup qui supprime systématiquement les rares bons éléments mis en place seulement un ou deux épisodes après (rien ne semble avoir d’impact sur le cabinet d’avocats) et le niveau général des intrigues a sérieusement chuté. Manque de nouveauté, manque de souffle, le show finit par devenir un classique (dans le mauvais sens du terme) du genre alors qu’il l’avait magistralement renouvelé.

Seule la conclusion nous laisse un peu d’espoir pour l’année prochaine car elle appelle de vrais changements sur la série. Encore faudra-t-il que les auteurs ne l’annule pas aussi vite qu’ils l’ont balancée.

Final Score : 6/10

On se passera facilement de cette quatrième saison de The Good Wife qui explose un peu plus les poncifs de la série alors que ses qualités disparaissent progressivement…

the following season 1THE FOLLOWING (saison 1) 

Kevin Williamson (le papa de Scream, Dawson’s Creek ou plus récemment de l’adaptation télé de Vampire Diaries) aurait-il peur des auteurs ratés ? C’est en tous cas la question que l’on peut se poser au visionnage de The Following, son dernier succès en date, thriller musclé sur fond d’enseignant en littérature passionné par Edgar Allan Poe, mauvais écrivain, tueur en série et chef d’un culte de fanatiques. Cette première saison repose entièrement sur le projet foufou de ce charmant monsieur nommé Joe Carroll, qui cherche à écrire son deuxième roman en mettant en place son scénario dans la vie réelle. Il poursuit donc le flic qui l’a autrefois foutu en prison – et qui le poursuit lui aussi dans un jeu du chat et de la souris mené sur un rythme tonitruant.

Autant le dire tout de suite : The Following ne mérite certainement pas l’engouement soudain et énorme que lui vouent les américains. La série est très sympathique, certes, mais elle souffre de plusieurs lacunes pour parvenir à convaincre. Il y a déjà la réalisation, pas folichonne, qui ne révèle ses qualités que lors des séquences angoissantes mais tombe toujours à côté de la plaque lors des scènes plus intimistes. Autre déception, le duo d’acteurs central ne fait pas des étincelles : James Purefoy – dans le rôle du serial killer – et Kevin Bacon – dans le rôle du flic – en font tous les deux des caisses pour faire passer des personnages outrancièrement noircis par la vie. Et puis il y a le scénario. Les épisodes qui fonctionnent le mieux sont en général écrit par Williamson lui-même. Il s’y permet d’y aborder tout un tas de questions sur la narration, la dramaturgie, mettant ainsi son show dans le type même d’abyme qu’il avait déjà exploré, avec succès, lors de son détournement du film d’horreur avec Scream. Mais n’est pas Williamson qui veut, et en général dans les autres épisodes, cette petite idée de génie tombe totalement à l’eau pour servir des passages purement artificiels et assez forcés.

Mais le tableau n’est pas tout noir non plus. Il faut reconnaître au show une vraie puissance dans le rythme – les épisodes ne s’essoufflent jamais et les rebondissements sont suffisamment inattendus pour surprendre la quasi totalité des spectateurs. On sent aussi que toute l’équipe se fait vraiment plaisir, et ceci transparaît à l’image. C’est peut-être ce qui explique le succès surprise de cette série sur laquelle personne ne misait un kopeck avant sa diffusion. Une deuxième saison a été commandée et il y a une nouvelle assez rassurante : Williamson a réussit à convaincre la Fox de ne faire que 15 épisodes (comme pour cette première saison) argumentant que 24 épisodes seraient trop longs pour tenir la cadence. On ne demande qu’à voir ça.

Final Score : 7/10

Très sympathique thriller, The Following est une bonne petite série mais pas un immanquable non plus. Il lui manque pour cela un peu de talent. Mais l’envie est là et ça fait déjà bien plaisir.

vikings1-710x400VIKINGS (saison 1)

C’est donc cette année que la chaîne History s’offrait sa première vraie série de fiction avec Vikings, show qui s’intéresse à l’univers peu représenté à la télévision de ce peuple de Scandinavie surtout connu pour ses activités d’exploration, de commerce et bien entendu de pillage.

Très clairement, l’univers est pris sous l’angle historique ce qui fera tout à la fois sa force (on y est, on s’y croit, tout paraît extrêmement crédible) et sa faiblesse : la saison manque clairement d’envergure scénaristique et les épisodes se suivent comme autant de tranches de vie sans qu’il n’y ait de vraie évolution dramaturgique. Malgré tout, on sent déjà bien la patte de Michael Hirst, le créateur, qui nous avait déjà comblé avec The Tudors, et le dernier épisode laisse clairement à penser que la saison deux tentera de corriger ce problème.

Inspiré par une saga viking, le show suit les aventures du légendaire chef de clan Ragnar Lodbrok et sa lente ascension dans la légende. Critiquée par de multiples historiens sur des détails historiques (les vêtements, les lois concernant les punitions pour les crimes de haine, ou encore le décors montagneux qui entoure un temple…), tout le monde s’accorde malgré tout à dire que la série peut servir d’outil pédagogique. Car il faut bien reconnaître, comme Hirst le faisait remarquer, que la véracité historique concernant cette époque est très difficile à atteindre vu le peu d’élément que l’on a à son sujet.

Entièrement filmé en Irlande, Vikings donne à voir des décors d’une beauté fascinante, soulignés par une mise en scène gracieuse et intelligente. Mais ce sont surtout les acteurs, charismatiques et impliqués, qui nous entraînent avec joie pour une plongée déconcertante dans un univers entre deux rives, entre le ciel et la terre, entre les hommes et les dieux.

Final Score : 8/10

Belle, fascinante, magnifiquement interprétée, Vikings ne déçoit qu’au niveau de son scénario qui manque clairement d’envergure. Nul doute que la saison 2 saura corriger le problème et on peut s’attendre alors à avoir l’un des meilleurs shows de la télé US.

the-americansAMERICANS, the (saison 1)

Cette semaine, on disait aussi au-revoir à nos chers Americans, en fait un couple d’espions russes infiltrés dans l’Amérique des années 80 alors encore en pleine guerre froide. Jouissant de l’aura de la chaîne FX, d’un casting prometteur (Keri Russell, Mathew Rhys), ainsi que du talent du producteur Graham Yost, le show avait particulièrement déçu lors de la diffusion de son pilote, mal foutu, rallongé à l’arrache, modérément enthousiasmant – bref, assez chiant, ce qui est un comble pour une série d’espionnage.

Mais le souci était bien dans cette petite distinction qu’il était impossible à faire au début de la série : the Americans n’est pas une série sur des espions (enfin, si, un peu quand même !) mais avant tout une série sur le couple et sur le mariage. Les deux héros ont été “condamnés” par leur mère patrie à vivre ensemble, à fonder une famille et à faire semblant de s’aimer mais ces apparences peuvent-elles survivre lorsqu’on les “active” après plusieurs années ? Il faut reconnaître que sur cette thématique, le show offre des réflexions profondes et scénaristiquement plutôt bien amenées – the Americans a un propos fort et percutant, ce qui manque cruellement à une grande partie de la concurrence.

C’est donc plutôt les intrigues reposant purement sur de l’espionnage qui peuvent parfois décevoir lorsqu’elles tombent dans quelques facilités étranges. C’est d’autant plus dommage que lorsque certains auteurs sont à l’aise, ils peuvent offrir des scripts franchement carrés et passionnant sur le sujet, comme par exemple un long épisode autour de la torture qui s’accompagne d’une résolution étonnante et perturbante !

Enfin, au niveau de la forme, la série s’en sort assez bien mais n’est pas non plus extraordinaire. Si la recréation des années 80 est franchement réussie, la réalisation traîne un peu la jambe et se montre assez bancale lors des grosses scènes d’action. Quant aux acteurs, ils sont convaincants mais on sait qu’ils peuvent donner bien plus (aller Keri, va falloir te réveiller un peu !)

Final Score : 7/10

Renouvelée pour une saison 2 que l’on espère bien meilleure, the Americans est une série très intéressante – notamment car elle s’attache à une thématique qu’elle va traiter profondément – mais souffre de nombreuses lacunes (rythme, mise en scène, des acteurs parfois un peu endormis) qui feront décrocher certains spectateurs. A tester donc.

happy endingsHAPPY ENDINGS (saison 3)

C’est la série qui nous laisse encore une fois dans l’incertitude la plus totale : Happy Endings, sitcom complètement allumée et totalement unique, va-t-elle être renouvelée pour une quatrième saison par ABC, va-t-elle se faire racheter par une autre chaîne, ou va-t-elle disparaître dans l’oubli général ? En effet, n’ayant pas été gâté par une grille de programmation apocalyptique (la série fut reléguée à la petite mort du samedi soir), Happy Endings a malgré tout régulièrement fait des coups d’éclat en terme d’audience et jouit d’une certaine aura auprès d’une frange du public – imaginez une sorte de Community un poil moins connu.

Comment décrire ce programme sur six trentenaires (et oui, encore une fois six trentenaires !) qui est parti complètement en sucette dès sa deuxième saison avec des histoires totalement improbables, un humour limite cartoon, et une bande de comédiens dont on sent qu’on aura bien du mal à les séparer ? Happy Endings n’est résolument pas une sitcom ordinaire et se pose comme un objet étrange, indéfinissable et avant tout très rafraîchissant  Alors s’il vous plait, pour moi et pour les trois spectateurs du fond de la salle qui l’adore, n’annulez pas cette série !

Final Score : 8/10

Happy Endings fait partie du très haut du panier des sitcoms… à condition d’apprécier l’humour cartoon, les intrigues absolument pas réalistes et les gros délires improbables.

the blue roseBLUE ROSE, the (saison 1)

Venue tout droit de Nouvelle-Zélande, the Blue Rose se présentait au départ comme la version locale de the Killing. Il n’aura pas fallu longtemps pour se rendre à l’évidence : si le show néo-zélandais repose lui aussi sur un mystère entourant la mort d’une jeune femme, il s’agit en réalité d’un “formula” avec sa petite intrigue bouclée à chaque épisode. Du coup, il faut bien le reconnaître, the Blue Rose perd en prestance, en profondeur, et devient quelque peu artificielle avec son équipe de quatre personnages ultra-complémentaires. Les actrices étant toute des classes mannequins et les comédiens semblant tous sortir de magazines masculins, l’univers du show paraît instantanément trop glamour pour être crédible. Même si ça reste très agréable à regarder, hein…

Mais malgré toutes ces petites imperfections, the Blue Rose reste l’une des séries les plus enthousiasmantes depuis longtemps. Ceci tient tout autant au mystère qui entoure la mort de Rose, savamment distillé au fil des épisodes et relancé avec des péripéties vraiment inattendues (c’est bien la première fois que je me fais avoir sur le coupable jusqu’à la dernière minute !), qu’aux personnages qui s’avèrent au fur et à mesure étonnamment complexes et intrigants. La réalisation est de plus tout à fait honnête et l’ambiance sonore, très particulière, apporte à la série une véritable identité semblable à nul autre.

Bref, devriez-vous vous jeter sur the Blue Rose ? Et bien il reste un dernier GROS problème : l’accent néo-zélandais ! A couper au couteau, certains personnages sont vraiment difficile à comprendre et seuls ceux qui ont l’oreille vraiment aiguisé (ou qui, comme moi, feront beaucoup d’efforts !) arriveront à suivre totalement les intrigues. Car la série n’est actuellement disponible nulle part ailleurs que dans son pays d’origine…

Final Score : 7/10

Bien plus sympathique que les traditionnels “formula” policiers dont elle s’inspire pourtant, the Blue Rose est une valeur sûre. A condition de comprendre l’accent néo-zélandais et de se laisser embarquer par les personnages !

Ice-cream-girlsICE CREAM GIRLS (mini série)

On terminera sur Ice Cream Girls, mini série anglaise de trois épisodes plutôt réussie dans son genre alors que son pitch aurait pu tout aussi bien nous donner une bonne bouse de téléfilm M6 de l’après-midi. Deux femmes du même âge vont voir leurs chemins se recroiser lorsque la première retourne dans son bled natal pour aider sa mère sur le point de mourir et que la deuxième sort de prison. Quand elles étaient ados, elles furent toute deux accusées d’avoir tué un homme d’une dizaine de coup de couteaux. L’une a tout pris sur elle, l’autre a été couverte par la justice pour qu’elle puisse refaire sa vie. Mais la vérité, elle, a été oubliée de tous.

Magistralement interprétée par  les deux actrices principales, cette mini-série peut rebuter quelque peu par sa réalisation bancale mais reste convaincante grâce à son scénario bien mené et qui évite tant que faire se peut les écueils larmoyants et populistes de ces fameux téléfilms que l’on ne supportent plus. C’est surtout que la thématique est totalement maîtrisée et que les trois épisodes nous guide vers une résolution surprenante mais qui a du sens. Et au final, il serait bien difficile de faire sa fine bouche face à ce programme de qualité.

 

Rendez vous dans deux jours pour parler de toutes les nouveautés qui ont débarqué pendant la semaine !

Lorsque les auteurs de soap se dépassent et lorsque les “grands” auteurs déçoivent, on passe forcément une semaine un peu étrange. Il va quand même y en avoir pour tous les goûts, avec de la SF, du pétrole, le diable, et même de la comédie décalée.

Defiance-season-1-2013-Syfy-poster_595_slogoDEFIANCE (nouveauté)

Defiance, le show le plus cher de l’histoire de Syfy, proposé en sortie mondiale, adapté d’un jeu vidéo en ligne sorti simultanément, a donc enfin été diffusé. Que penser de ce pilote d’une heure-vingt qui nous raconte les mésaventures d’une petite ville futuriste après que la terre ait accueillie huit races extra-terrestre au terme d’une longue guerre ?

Et bien pas grand chose. S’il faut reconnaître que le budget semble bien encaissé dans des scènes en images de synthèse parfois bluffantes, les postiches censés faire passer des comédiens pour des extra-terrestres sont en revanche beaucoup moins convaincantes. Tout comme l’univers de la série, très bordélique pour l’instant, sans doute idéal pour un jeu en ligne mais inutilement compliqué pour une série.

Le scénario reste donc le principal problème de ce pilote. L’exposition est compliquée et lourdingue, les personnages sont tous déjà-vus, et l’intrigue ne révèle aucune réelle surprise (non, même pas la scène finale qui paraît plus artificielle qu’étonnante). La suite remontera peut-être le niveau mais une chose est déjà sûre : on ne tient pas là le prochain Battlestar Galactica

your-pretty-face-page-headerYOUR PRETTY FACE IS GOING TO HELL (nouveauté)

On aura bien du mal à être convaincu par le pilote de Your Pretty Face is Going To Hell, nouvelle comédie de format court (13 minutes) diffusées sur la pourtant très excellente chaîne Adult Swim. En effet, ces premières mésaventures sur un employé de l’enfer et son stagiaire s’avèrent ridiculement kitch au niveau de la réalisation (mais ça, encore, on est habitué sur ce network) et surtout très peu drôle. Les blagues sur le monde du travail tombent à côté de la plaque, les acteurs ne sont pas terribles et au final on ne rigole absolument jamais. Bref, c’est l’enfer sur terre.

dallas saison 2

DALLAS (saison 2)

Ca me fait toujours aussi étrange d’écrire “Dallas saison 2″ étant donné qu’il ne s’agit pas d’un reboot mais d’une vraie suite à la série originale, mais bon… Après 14 saisons (soit 357 épisodes !) ainsi que deux téléfilms (en 1996 et en 1998), TNT rappelait tout le monde quatorze ans plus tard pour donner une suite au plus célèbre des primetime-soap et (entre autre) inventeur du cliffhanger de fin de saison. Connu surtout pour la médiatisation sans précédent autour de la tentative d’assassinat de J.R. (si vous vous ne vous en souvenez pas, demandez à vos parents !) le show est encore considéré comme une vraie mine d’information sur l’état d’esprit de l’Amérique des années 80 et reste, à ce jour, le plus étudié de part le monde.

Faire une suite était donc un véritable casse-pipe, d’autant plus qu’elle fut confiée à une scénariste presque inconnue au bataillon, Cynthia Cidre, auteur de quelques films, mais qui avait quand même su montrer son talent à parler de familles plus ou moins mafieuses, du moins très liées au monde des affaires, avec la série Cane sur le business du rhum et du sucre de canne. La première chose que fit la showrunner fut justement de mettre à jour le business des Ewing en opposant les progressistes (incarnés par Bobby et Christopher, les “gentils”) qui travaillent sur les nouvelles énergies et les traditionnalistes (J.R. et John Ross, son fils, les méchants ou plutôt les prêts-à-tout pour réussir) qui veulent maintenir l’emprise de la société familiale sur le monde du pétrole. Une belle manière d’actualiser les conflits d’autrefois et de faire entrer de plein pied la série dans les années 2010.

Difficile de passer après une première saison exemplaire. Et marquée par la mort de Lary Hagman, le terrifiant J.R., en plein tournage, cette deuxième saison avait toutes les raisons du monde de s’avérer décevante. Mais Cynthia Cidre et son équipe de scénaristes ont su parfaitement rebondir et trouver une idée de génie pour faire face aux aléas du destin : J.R. est mort, certes, mais il a laissé sa masterpiece se mettre en place. Toute la deuxième partie de la saison (après un épisode hommage sacrément réussi car ni larmoyant ni pathétique) laisse donc le spectateur (et la plupart des personnages) se triturer le cerveau pour savoir quel fut le plan ultime du plus célèbre méchant de l’histoire de la télévision US… mais aussi et surtout l’épisode pose à nouveau l’éternelle question : qui a tué sur J.R. ? (et a, cette fois, réussi à l’abattre !)

On s’en doute un peu rapidement, “the only one who could take down J.R. was J.R.” Toute la question reste de savoir pourquoi et comment. Et c’est ici que se trouve la grande réussite du show. En effet, un bon primetime soap se doit d’avoir des personnages attachants même si leur objectif est négatif (Emily Thorne de Revenge) et surtout doit savoir manier ses rebondissements avec une certaine aisance (l’exemple contraire serait donc Deception qui n’arrive jamais à surprendre.) Cynthia Cidre et son équipe utilisent tous les ressorts à leurs dispositions et n’hésitent devant rien pour prendre le spectateur de cours : ainsi lorsqu’un homme d’affaire crapuleux doit faire exploser une bombe sur la plateforme où se trouvent nos héros, mais que sa fille est parmi eux… il va quand même la faire sauter ! Les personnages cachent tous un double-jeu et des faux-semblants, mais au final aucun ne trahi sa psychologie de base – un “méchant” restera toujours un méchant, un gentil finira toujours par se faire avoir avant de prendre sa revanche.

Véritable chef-d’oeuvre dans son genre, ce Dallas 2012 met clairement tous les autre primetime-soap à l’amende. Certes, on peut parfois avoir l’impression d’être plus dans une maison de retraite que dans une série récente, mais les papis (et les mamies, Sue Ellen en tête, incroyable Linda Gray) font de la résistance et tiennent la route face à la bande de jeunots qui semble à chaque épisode en apprendre beaucoup sur le métier de comédiens grâce à ces vieux briscards. La réalisation reste tout à fait honorable pour ce type de programme, mais c’est bien évidemment la qualité de ses scénarios, le rythme implacable et les (vraies) surprises des rebondissements qui font tout le sel de la série. Et, une fois de plus, Cynthia Cidre montre sa maîtrise dans le cliffhanger de fin, presque impossible à voir venir mais pourtant tellement évident, qui nous fait trépigner d’impatience pour la suite.

Final Score : 8/10

Dallas mériterait amplement un 9 si ce n’était pas un simple primetime-soap, avec les écueils que tout cela comporte (scénarios à tiroir mais peu réalistes, réalisation pas forcément géniale.) Dans son genre, c’est juste la masterpiece, égalée uniquement par celle de J.R., le plan le plus improbable qui soit et sans doute la meilleure idée de cette deuxième saison. Adieu Lary Hagman, mais ne t’inquiète pas, le destin de tes enfants terribles est entre de bonnes mains.

top of the lakeTOP OF THE LAKE (saison 1)

Attendue comme le messie suite à sa diffusion au festival de Sundance puis au festival de Venise (c’était dans les deux cas la première fois qu’une série était présentée), Top of the Lake jouit de l’aura de Jane Campion, auteur affirmée, première femme a avoir obtenu une palme d’or à Cannes pour La Leçon de Piano. Qu’on aime ou pas son style, force est de reconnaître qu’il transparaît dans chaque plan du show, et ce dès le premier épisode. Ambiance étrange, fascinante pour l’histoire de cette jeune flic (Elisabeth Moss, totalement transformée depuis son rôle de secrétaire dans Mad Men) qui enquête sur le cas étrange d’une adolescente de douze ans qui est tombée enceinte. On comprendra plus tard que tout ceci fait écho au trouble passé de l’héroïne qui veut à tout prix retrouver le violeur de la gamine…

Si l’essentiel du show est absolument réussi, avec une construction dramatique intelligente, une mise en scène magnifique et des acteurs franchement exceptionnels, il faut bien avouer que ce genre de programme tient aussi beaucoup à sa conclusion. Et là, c’est un peu la débâcle… Alors que le show cernait avec une précision rare l’horreur quotidienne, restant dans un réalisme crasseux malgré quelques personnages hors-norme, les deux derniers épisodes accumulent les rebondissements excentriques et les révélations capilotractées. Ainsi, les vraies origines de Robin n’ont aucun intérêt et plombent même sérieusement la crédibilité de la série avec ce tour de passe-passe juste là pour gonfler artificiellement la tension dramatique.

Quant à l’ultime rebondissement – c’est à dire ce qui se cache réellement derrière toute cette affaire – il souffre de deux problèmes. Le premier, c’est qu’on le voit venir un peu trop tôt alors qu’on sent que les auteurs cherchent à le ménager comme une énorme surprise. Pas de bol, l’effet est totalement manqué. Le second, c’est que s’il s’agit d’une idée absolument géniale, elle n’est jamais traitée dans toute la série (alors qu’il y aurait vraiment matière à le faire) et qu’elle tombe donc comme un cheveu sur la soupe. Du coup, c’est bien toute la thématique de la série, le sens de son histoire qui en prend un coup sur la figure. De quoi Jane Campion et son co-auteur voulaient-ils vraiment parler ? Avaient-ils vraiment une idée en tête ? Tout ceci a-t-il bien un sens ?

Alors forcément, lorsque le générique de fin démarre, on se dit qu’on a rarement été aussi déçu.

Final Score : 7/10

Envoûtante, incroyablement belle et magistralement interprétée, Top of the Lake  a beaucoup de qualité. Mais le show repose aussi beaucoup sur son enquête et son réalisme – deux éléments jetés aux orties dans les derniers épisodes, nous laissant forcément sur une impression de raté franchement décevante. Quel dommage !

Southland-poster-quad-Season-5SOUTHLAND (saison 5)

Série désespérée d’un cynisme absolu, Southland se veut une plongée ultra-réaliste dans l’univers glauque du sud de Los Angeles, là où les lumières d’Hollywood ne brillent plus et où règnent les gangs, la drogue, et le “petit” crime du quotidien. D’abord diffusée sur NBC, la série sera annulée puis récupérée par TNT où, même avec des moyens sérieusement amoindris, John Wells et Christopher Chulack continuent de faire vivre la création assez originale de Ann Biderman.

Cette cinquième saison fut l’occasion d’aborder l’autre côté du crime, celui commis par les flics, que ce soit pour protéger leurs intérêts, pour (se) faire justice, ou tout simplement parce que, poussés à bout, ils perdent le fil de la réalité et plonge de plein pied dans les obsessions morbides de ceux qu’ils arrêtent tous les jours. Terrifiante de réalisme dans le traitement psychologique sans concession de ses personnages, la série perd malgré tout de sa crédibilité en enchaînant les rebondissements un peu trop énormes et certains coups d’éclat qui sonnent faux.

Dés lors, Southland manque son but car elle ne nous laisse plus croire au réalisme de son traitement (valorisé depuis le début par une réalisation faisant écho à la télé-réalité Cops) mais plonge dans les ressorts parfois artificiels de la dramaturgie. Elle n’est plus un vrai faux-documentaire édifiant sur la police mais une fausse vraie-série qui ne se permet pas tous les écarts autorisés par la fiction.

Il serait pour autant assez glacial de ne pas être touché par les arches narratives de John Cooper, flic homosexuel, droit dans ses bottes, ancien instructeur, qui va brutalement glisser vers une absence d’humanité, ou encore de Ben Sherman (Benjamin McKenzie, qui n’a cessé de s’améliorer depuis ses piètres performances dans The O.C.) dont la passion pour les femmes et la valeur qu’il donne à l’amitié vont mettre à mal ses relations avec la justice. Quant aux deux seuls détectives (c’est à dire les seuls réels enquêteurs) ils viennent apporter un peu de souffle à des épisodes pas toujours très reposant.

Final Score : 7/10

En moins bonne forme que les autres années, Southland déçoit quelque peu cette année par quelques facilités qui l’éloigne de l’ultra-réalisme de ses débuts. Et puis noir, c’est noir, mais c’est surtout il n’y a plus d’espoir et le show se montre parfois un peu épuisant. Il serait malgré tout dommage de passer à côté de cet OVNI télévisuel qui ne doit franchement pas réjouir l’office du tourisme de Los Angeles…

suburgatorySUBURGATORY (saison 2)

Bien plus excitante que la très moyenne The Middle, et bien plus incisive que la très conventionnelle Modern Family (qui, à mon avis, ne fait que véhiculer de vieux poncifs sur les bonnes valeurs d’une grande famille américaine), Suburgatory est assurément la deuxième meilleure sitcom de la soirée comédie du mercredi sur ABC, derrière The Neighbors. Et ce ne sont pas les nouveautés sitcom affligeantes qui ont débarqué ces dernières semaines qui vont lui subtiliser sa place…

Avec ses stéréotypes volontairement assumés, l’histoire de cette adolescente qui vit seule avec son père et déménage de son fier New York pour se retrouver dans la plus artificielle des banlieues avait de quoi décontenancer de prime abord. Les ficelles sont grosses, l’univers est tout sauf réaliste et, encore une fois, les personnages sont plus des artifices que de réelles personnalités. Pourtant, avec son ton sarcastique, sa voix off insolente, ses scénarios malins et son humour indélicat, la première saison avait su nous convaincre sur le long terme. Que vaut donc cette deuxième année à Chatswin ?

Et bien c’était plutôt pas mal. Si les personnages ne quittent pas leurs rôles de simulacres légèrement attardés, ils s’affinent pour laisser entrevoir de vraies problématiques. La série se donne alors enfin les moyens d’aller bien plus loin que ses concurrentes dans la critique d’une Amérique soit ouvertement trop bien pensante, soit ouvertement cynique sur son propre sort, en tous cas incapable de faire la part des choses sur sa propre situation. Ainsi, la relation très ambiguë entre Dalia (incroyable Carly Chaikin, capable de monosylaber sur un ton monocorde tout en faisant passer des émotions qui secouerait le plus insensible d’entre nous – comme dans la dernière scène de l’ultime épisode) et son pseudo beau-père George (le fameux papa qui a déménagé de New York) se révèle être une excellente représentation de la rencontre de ces deux mondes qui n’ont en réalité rien à s’apprendre mais tout à faire pour s’accepter.

On se laisse en définitive facilement embarquer dans l’aventure, suivant avec délice les moults rebondissements d’arches narratives parfois un peu désuètes mais plutôt bien menées, où c’est (encore une fois) l’amour qui dirige chaque fait d’arme car le feuilletonnant se révèle avoir une part très importante dans la série. Suburgatory a donc le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers et de vraiment “gêner” le spectateur qui aurait manqué un épisode – il se précipitera le rattraper au plus vite. Voilà une chose plutôt rare dans le monde des sitcoms, et rien que pour ça, le show mérite toute votre attention.

Final Score : 8/10

Sans conteste l’une des meilleures sitcom du moment, Suburgatory saura convaincre le plus grand monde malgré ses allures de de série familiale. Sous ses stéréotypes évidents et revendiqués le show cache en effet une vraie science de la narration et l’une des plus acerbes critiques de la société américaine actuelle ou – pour une fois – absolument tout le monde en prend pour son grade. Réjouissant.

ben show et nathanTHE BEN SHOW / NATHAN FOR YOU (saisons 1)

Pas vraiment des séries, le nouveau duo de show de Comedy Central vient foutre un sérieux coup de pied dans le réel. En effet, The Ben Show et Nathan For You s’appuient sur une idée toute bête pour faire rire, étonner et s’interroger : dans les différents segments qu’ils présentent, qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui est du pur ressort de la narration comique ?

Dans The Ben Show, Ben Hoffman se lance des minis défis et va rencontrer tout un tas de guests qui doivent l’aider à réaliser son projet. Ainsi, lorsqu’il cherche à organiser une fête, il va contacter une sosie de Whoopy Goldberg, demander à une mannequin de se faire passer pour sa copine, ou encore tout simplement demander des conseils à son père. Le show est entrecoupé de quelques vrais mini-sketchs plus ou moins drôles, qui viennent malgré tout alléger l’ensemble.

Dans Nathan For You, Nathan Fielder va aider de petites entreprises avec des idées totalement saugrenues (un goût “caca” pour faire venir des gens dans une boutique de glaces, une fausse vidéo virale pour un zoo, et même carrément se créer une fausse télé-réalité à la The Bachelor pour s’aider lui-même à dépasser sa peur des filles…) Là encore, tout marche sur la personnalité du présentateur, à la posture étrange et au débit décontenançant, ainsi qu’au fait qu’on se demande constamment si ce sont des vraies personnes qu’il aide ou si tout est bidon.

Si les deux shows ne sont absolument pas indispensables, ils ont le mérite de sacrément secouer les codes de la télé du réel et de remettre le spectateur en question face à ce qu’il croit voir. La télé-réalité avait bien besoin qu’on rigole d’elle de manière intelligente, c’est chose faite.

Final Score : 7/10

Totalement dispensables, The Ben Show et Nathan for You restent deux shows qui secouent le réel et s’avèrent bigrement drôles. A vous de voir !

 

Allez, rendez-vous Dimanche pour une nouvelle semaine chargée de nouveautés en tout genre ! Il y aura même des loups-garous pour remplacer House of Cards ?!

Cette semaine, trois nouveautés ont débarqué sur les écrans anglais et américains alors que deux séries anglaises achevaient en beauté leurs premières saisons. Mais la vraie nouvelle de la semaine, c’est l’annulation pure et simple d’un épisode d’Hannibal suite aux événements survenus à Boston. Problème : la série est particulièrement feuilletonnante et l’éviction de cet épisode pose de vrais problèmes de compréhension sur la suite. La solution fut un saucissonnage de l’épisode et, ainsi expurgé de l’intrigue principale pour ne laisser que les scènes de feuilletonnant, il fut diffuser sur le web. Solution pas des plus heureuses, rendant évidente la mécanique de l’épisode qui devient du coup particulièrement artificiel. Fort heureusement, l’épisode ayant été ensuite diffusé en intégralité dans d’autres pays, on peut arriver à mettre la main dessus. Internet au secours de la série, ça y est, c’est fait.

L’autre nouvelle de la semaine c’est la diffusion de l’assez attendu “backdoor pilot” (c’est à dire un pilote de spin-off qui cache son nom car diffusé comme un épisode normal de la série mère) de la série dérivée de Vampire Diaries. Décalé à la Nouvelle-Orléans, le show promet quelque moment sympathique mais souffre de l’évidente “copie” du concept initial en mettant en place deux frères et une nana pour laquelle on sent qu’ils vont se battre quelque peu. Après, il faut bien l’avouer, avoir un grand black méchant qui s’appelle Marcel et une petite blondinette qui s’appelle Camille, ça fait toujours sourire.

The Wright WayTHE WRIGHT WAY (nouveauté – UK) 

Au contraire de notre beau pays, les anglais n’ont pas encore abandonné les sitcom aux rires enregistrés. La preuve en est The Wright Way, série imaginée par le comédien Ben Elton et diffusée sur la BBC One, soit la plus importante chaîne publique. Pourtant, quand on voit le résultat, on se demande bien pourquoi ils s’acharnent.

Le show s’intéresse à Gerald White, manager d’une équipe chargée de la santé et la sécurité d’une ville fictionnelle. Il vit avec sa fille et la copine de celle-ci, et il a été abandonné par sa femme il y a six mois. Il faut dire que le bonhomme est un poil tyrannique et obsédé par la bonne manière de faire les choses… Ce personnage atypique et forcément très excessif pourrait être très drôle mais ni le texte, ni le comédien qui l’interprète ne vont vraiment dans ce sens. En fait, le tout est plutôt ringard, désuet, et assez peu attachant.

On ne parlera pas de la réalisation particulièrement pauvre, ni des autres acteurs qui ne semblent avoir jamais pris des cours de comédie, et on s’acharnera en particulier sur le scénario qui, en trente minutes, ne m’aura fait sourire qu’une seule fois ! Un comble pour une sitcom – mais c’est que l’humour est aussi vieux que le personnage principal et que les blagues seraient à la limite amusante dans la bouche de notre grand-père, et encore… Bref, The Wright Way ne trouvera sa place qu’auprès des moins exigeants pensionnaires de maison de retraite…

Hemlock-Grove-keyartHEMLOCK GROVE (nouveauté)

Pour sa troisième série (après la décevante Lilyhammer et la plus remarquable House of Cards) Netflix – service de vidéo à la demande qui s’affirme peu à peu avec des créations originales et que tout le monde attend au tournant pour leur reprise du show Arrrested Development – s’offre les services de Eli Roth, passé maître du film d’horreur pour avoir réalisé la saga Hostel ou le très sympathique Cabin Fever, pour une plongée inquiétante dans Hemlock Grove

Changement de genre radical donc pour le network qui nous balance ici une série d’horreur à propos de loup-garou – du moins selon l’affiche et le roman dont le show est adapté car le pilote, lui, laisse encore quelque peu dans l’expectative. D’un point de vue scénaristique, il se révèle complexe – intéressant – mais aussi confus – une lacune – et s’il pose tout de suite les bases d’un univers attirant et décalé il perd peu à peu le spectateur dans des intrigues retorses dont on n’arrive pas à voir l’intérêt pour l’instant.

La réalisation, elle, est tout à la fois étonnante et franchement réussie. Eli Roth s’affirme avec une image au style très “vidéo”, refusant perpétuellement toute construction de profondeur de champ pour laisser une image nette en tout point. L’impression de réalisme est bel et bien là et le choix des cadres, extrêmement bien pensé, tend à prouver que ce n’est pas affaire de flemmardise. La volonté de cette image pseudo-réelle alors que le show se déroule dans un univers fantasmé, purement imaginaire, donne à la série une étrange profondeur, créé une abyme inquiétante qui fascine et fait oublier les défauts de l’intrigue.

Rendez-vous dans deux semaines – une fois que j’aurai vu tous les épisodes, déjà disponibles aux Etats-Unis – pour faire le bilan : qui du scénario ou de la réalisation l’emportera, toute la question est là !

rectifyRECTIFY (nouveauté) 

Il y a quelque chose d’immédiatement attachant mais de franchement casse-gueule dans Rectify, c’est son pitch : dix-neuf ans plus tard, un homme est acquitté du viol et du meurtre de sa petite amie et sort enfin de prison. La première vraie création originale du network Sundance repose donc sur la figure d’un personnage atypique, qui fait forcément se demander au spectateur dans quel état il serait à sa place. Là où le show se montre vraiment intelligent, c’est que Daniel Holden, le protagoniste, n’est pas innocenté mais seulement acquitté sur un élément technique (une sombre histoire d’ADN) : ainsi, on ne sait pas s’il est coupable ou non, tout comme le reste de la population de la petite ville dans laquelle il retourne vivre. Par ce simple procédé, le show évite les grosses ficelles et les stéréotypes répartis entre les gentils et les méchants.

La force du pilote reste donc ce personnage principal, magistralement interprété par Aden Young, et surtout magnifiquement écrit. Certains d’entre vous se souviennent peut-être de Life, série policière sur un homme qui sortait de prison et reprenait son poste de flic : ce background n’avait aucun intérêt pour le reste du show et surtout ne servait qu’à une série de gimmicks fort peu amusants. Dans Rectify, on sent que les scénaristes se sont énormément documentés et chaque réaction de Daniel paraît véridique, crédible. La pression du monde extérieur, la confrontation aux sentiments excessifs jusqu’alors refoulé à travers une méditation salvatrice entre quatre murs, la nécessité de remercier / rassurer / mentir à tous ceux qui vous entoure : chacun de ces sentiments transparaît sur chaque plan, rendant le show totalement immersif.

Tout n’est pas parfait, ainsi on se moque un peu de l’intrigue “mystère”, c’est à dire de savoir ce qu’il s’est réellement passé – pas de bol, c’est bien autour de ça que le pilote se termine. Croisons les doigts pour que cette partie de la série s’améliore (les scènes avec les flics sont un peu lourdingues.) On reviendra en tous cas pour le reste, subjuguant.

broadchurchweb_2494224bBROADCHURCH (saison 1 – UK)

Le The Killing anglais est plutôt pas mal au final : Broadchurch, sous ses allures de pale copie de la série événement, cache bel et bien un scénario aussi retord et une peinture humaine aussi fascinante. Il s’agit donc une fois de plus d’un couple de policiers qui enquête sur la mort d’un jeune garçon dont le corps vient d’être retrouvé au pied d’une falaise, sur la plage d’une petite ville touristique où tout le monde se connaît.

Ce qui choque de prime abord, c’est la réalisation. Pas très jolie, pas percutante, elle se contente d’aligner les plans sans réelle réflexion. Il faudra attendre la deuxième partie de la série pour qu’elle se révèle un peu plus maligne et offre quelques purs moments de grâce. Ce n’est sans doute pas un hasard : le scénario suit le même chemin et il n’y a pas grand chose à défendre visuellement au début alors que la suite s’avère nettement plus convaincante.

C’est que ce genre de show repose sur deux éléments capitaux : l’enquête (et celle-ci tient plutôt bien la route, avec un vrai rebondissement final surprenant) et la fresque de personnages qui va composer les suspects. Sur ce point aussi c’est un succès, malgré quelques étranges facilités au début – les personnages les plus complexes étant gardés bien sagement au chaud pour la deuxième moitié. Seul point noir évident, le personnage de l’enquêteur principal (Alex Hardy, incarné par un ancien Doctor Who plutôt pas mal, David Tennant) est affligé de problèmes psychologiques et d’un certain manque de sociabilité le plongeant dans les poncifs du genre.

Gros succès pour ITV, le show reviendra pour une deuxième saison, mais pour l’instant on ne sait rien de plus. Peu importe, cette première fournée d’épisodes donne, au final, vraiment envie de voir une suite.

Final Score : 8/10

Si ce n’était sa réalisation un peu antédiluvienne et  son personnage d’enquêteur “maudit” assez classique, Broadchurch serait vraiment un immanquable. Elle n’en reste pas moins l’une des séries les plus fines et bien écrites de la saison – si vous avez encore un peu de place dans votre cerveau pour une longue enquête policière, vous pouvez définitivement lui donner sa chance.

plebs-itvPLEBS (saison 1 – UK) 

L’année aura finalement été plutôt riche en comédies réussies ou du moins sympathiques. Dernière amusante création diffusée, Plebs, série anglaise sur trois jeunes adultes obsédés par les filles en pleine Rome antique, fait partie de ces jolis succès qui auront su franchement nous faire rire. Les scénarios sont surprenants et amusants (exceptionnel épisode, par exemple, sur la découverte de la banane…), la réalisation est assez maligne et arrive à faire croire l’époque à travers seulement cinq décors bien utilisés, et enfin les comédiens s’en donnent à coeur joie – ils ont de toutes façons des personnages vraiment réussis à défendre. Que dire de plus ?

Final Score : 8/10

Drôle, rythmée et surtout originale dans ses scénarios qui regorgent de trouvailles, Plebs s’avère être une sitcom très réussie, qui vous fera marrer tout au long de ses six épisodes. Alors pourquoi se priver ?

 

Rendez vous la semaine prochaine pour, entre autre, dire au-revoir à nos amis vikings et à cette avocate qui n’est pas qu’une gentille femme…

Suite d’une semaine bien chargée en fins de saison ! On s’intéresse aujourd’hui à trois séries comiques bien décalées, on fête l’arrivée du plus célèbre artiste de la Renaissance et on dit définitivement adieu au(x) plus grand(s) des gladiateurs.

go on season 1GO ON (saison 1)

Décidément, huit ans après la fin de Friends, Matthew Perry n’aura toujours pas réussi à renouer avec le succès. On ne connaît pas encore le sort que subira Go On, la dernière sitcom dans laquelle il incarne le rôle principal, mais au vu des audiences qui n’ont cessé de s’effondrer il serait surprenant que même un network aussi bienveillant que NBC commande une deuxième saison.

Go On s’intéresse à un chroniqueur sportif qui anime l’une des émissions radio les plus populaires des Etats-Unis quand sa femme décède. Quelques mois plus tard, ses patrons le force à rejoindre un groupe de thérapie sur le deuil pour qu’il redevienne l’homme qu’il était. Le seul problème, c’est que les différents patients du groupe sont tous plus ou moins barrés (et certains, comme Mr. K, élément comique qui assure à lui tout seul l’essentiel des vannes de la série, sont complètement tarés) et que la thérapeute n’est pas vraiment au top non plus.

Faire une comédie sur le deuil, voilà une idée intéressante. Malheureusement, le show va mettre longtemps à trouver ses marques et à se mettre sur des rails qui fonctionnent à peu près. Ainsi, il faudra dépasser une bonne dizaines d’épisodes assez peu drôles et franchement lourds au niveau du traitement des thématiques pour déboucher sur une formule qui commence à prendre. C’est que la série se devait de mettre avant tout à l’honneur Matthew Perry et qu’il aura fallu du temps avant que les auteurs (et sans doute le network) comprennent que c’est en développant les personnages secondaires, en les dotant de vraies personnalités et en arrêtant de les traiter comme de simples faire-valoir, que la sauce pourrait enfin prendre.

Dés que les rôles sont mieux posés, Perry incarnant alors un personnage à la Alexandre Astier, c’est à dire qu’il est l’un des seuls à avoir les pieds sur terre mais en même temps le plus de problèmes à gérer – et qui sert surtout à faire fonctionner les principes humoristiques de ses collègues, Go On prend de l’ampleur et arrive à faire rire. Le rythme se met en place, la réalisation s’affine et les comédiens ont enfin quelque chose à défendre. Le problème, c’est qu’on est déjà à largement plus de la moitié de la saison et que les spectateurs, eux, sont partis depuis longtemps.

NBC aurait-elle donc raison de donner à nouveau sa chance à Go On pour une deuxième saison ? On aimerait effectivement bien voir si le show va réussir à terminer de trouver son identité – et il se pourrait même alors qu’il devienne l’une des sitcoms les plus réussies du moment. Mais en l’état, il y a fort à parier qu’une fois de plus Matthew Perry va se retrouver sans boulot pour le mois de septembre.

Final Score : 6/10

Peu convaincante au début (très peu même), Go On s’affine avec le temps pour devenir plutôt pas mal. A recommander aux plus patients d’entre vous donc !

archer season 4ARCHER (saison 4)

S’il y en a parmi vous qui sont fan d’animation et de comédie et qui ne regardent pas encore Archer, arrêtez immédiatement de lire cet article et foncez vous procurer les quatre saisons de cet improbable show sur une agence d’espionnage et son héros parodiant ouvertement James Bond. Intelligente, rythmée, de plus en plus réussie techniquement, mais surtout drôle, drôle, drôle, Archer est tout simplement une petite bombe qui secoue allègrement tous les codes narratifs du genre.

Cette saison est tout simplement immanquable, incluant un cross-over de génie avec Bob’s Burgers, autre série animée (diffusée par contre sur la Fox – ce qui rend tout simplement improbable ce coup d’éclat) ou encore la participation de Timothy Olyphant (l’exceptionnel cowboy de Justified) dans le rôle d’un ancien ami d’Archer…

Allez, pas la peine de vous en dire plus, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Final Score : 9/10

Archer reste pour moi, de manière évidente, la série animée de comédie la plus réussie du moment (oui, même meilleure que South Park…) Un immanquable, tout simplement.

Legit-Season-1-Poster-FXLEGIT (saison 1)

Le combat, s’il doit avoir lieu, peut enfin être lancé : deux comédiens de stand-up, deux séries sur FX, deux personnalités qui mettent en scène leur propre rôle. D’un côté Louis C.K., avec son show Louie, qui nous plonge dans les affres d’un quarantenaire newyorkais, un peu bobo, mal dans sa peau, se moquant de lui-même pour mieux cacher ses angoisses. De l’autre Legit, mené par Jim Jefferies, australien récemment immigré aux Etats-Unis, beau parleur plein d’assurance, un peu couillon, sans état d’âme et sans manière, qui se moque de lui-même comme il se moque de tout le monde. C’est donc lui qui nous intéresse aujourd’hui.

Le premier choc est visuel : Jefferies est assurément moins bon réalisateur que Louis C.K. ou du moins se moque-t-il quelque peu de la qualité des images de son show. Il n’a de plus visiblement pas les mêmes moyens. Sa série fait crade, un peu à l’arrache et quand on y ajoute son accent à couper à couteau, le show commence à faire peur.

D’autant plus que débarque alors le deuxième personnage principal, un mec en chaise roulante (interprété par DJ Qualls, qui démontre ici tout son talent.) Le sujet du pilote : Jefferies et son pote, le frère du mec handicapé (il souffre de dystrophie musculaire et peut à peine bouger), décide d’emmener ce dernier… aux putes, pour qu’il puisse baiser au moins une fois dans sa vie avant de mourir. Ça vous fait peur ? Vous trouvez ça un peu trop cash ? Et bien vous n’êtes pas au bout de vos peines…

Pourtant c’est bien là que Jefferies marque des points. Car son show n’est jamais consensuel ni gratuitement provocateur. Jefferies parle des handicapés comme il parle de tout un chacun et montre un panel de psychologies et de comportements agréablement varié – bien loin des poncifs que l’on a l’habitude de voir. L’auteur étant d’ailleurs allé assez loin dans le “non-traitement” du sujet, il avait peur de choquer la communauté des personnes handicapées… et elles furent au contraire parmi les premières à soutenir la série.

Car celle-ci ne manque pas de qualité. Il y a bien entendu les acteurs, tous excellents, faisant parfois appels à de vraies personnes handicapées (mais comme le dit Jefferies, jamais pour donner une bonne image du show, juste parce qu’ils avaient réussi leur audition !) mais aussi et surtout des scénarios extrêmement bien ficelé et un feuilletonnant étonnamment passionnant. A l’inverse de Louie, Legit fait l’impasse sur les passages de stand-up et sur les mini-sketchs pour se rapprocher d’une série plus classique (mais pas du tout plus conventionnelle…)

Louie ou Legit, c’est donc avant tout une affaire de goût. Louis C.K. est un excellent faiseur d’image, un comique extrêmement drôle, un homme intelligent mais qui parle beaucoup de lui-même et qui se plaint pas mal. Jefferies est franchement plus bas de plafond, pas intéressé par le look de son show, un comique plutôt drôle, et surtout un homme qui parle beaucoup des autres et qui veut toujours garder une attitude positive envers la vie. Faites votre choix… ou pas. Les deux séries sont tout simplement excellentes.

Final Score : 9/10

Sous ses allures de comédie cradingue et foutraque, Legit cache l’oeuvre d’un comique de grande qualité qui parle comme jamais auparavant des handicapés. Bien loin de la coulante mielleuse que nous avait pondu Ricky Gervais avec la gerbante Derek, voici une série positive et malgré tout extrêmement réaliste. A voir, ne serait-ce que pour se faire une idée.

DVD Ad Template_020513.inddDA VINCI’S DEMONS (nouveauté)

Après les Tudors, les Borgias, Vikings, ou même Spartacus, vous reprendrez bien un petit peu de série historique ? Quoi que, dans ce cas, vous risquez d’être sacrément secoué…

Starz avait besoin de trouver une remplaçante pour Spartacus, fraîchement terminée, et il lui fallait pour cela un projet d’envergure, mené par quelqu’un ayant une fanbase au moins aussi imposante que celle de l’équipe de Sam Raimi (producteur sur Spartacus), avec un sujet qui saurait immédiatement attirer l’attention. Et pour le coup, le network n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en se payant carrément David S. Goyer, co-scénariste des trois derniers Batman (mais aussi de Dark City…) et auteur de comics vénérable et vénéré. L’envergure se trouve dans l’époque et les moyens mis à l’image : une Florence de la Renaissance fantasmée, presque directement issue des jeux Assassin’s Creed, aux couleurs éclatantes dans un faste omniprésent. Enfin, pour le sujet, quoi de plus attirant que de s’attaquer à l’un des artistes les plus complexes et les plus connus au monde : Leonardo Da Vinci.

Mais si vous venez pour une leçon d’histoire, comme je vous le disais vous risquez d’être particulièrement déçu. Goyer se permet d’entrée de jeux quelques raccourcis historiques et arrangements avec l’histoire (exit les Sforza par exemple.) C’est que le showrunner va faire ce qu’il sait faire de mieux : du pur comics, en transformant Da Vinci en sorte de super-héros moderne, mélange d’Indiana Jones, de James Bond, du dernier Sherlock Holmes au cinéma (celui incarné par Robert Downey Jr.), le tout avec des touches du Batman de Nolan, bien entendu.

Da Vinci’s Demons est donc un pur récit d’aventure, où les mystères s’empilent les uns sur les autres et ne peuvent être décodés que par un esprit aussi acéré que celui du jeune artiste. La réalisation vient régulièrement souligner les traits de génie du héros en superposant des crayonnés animés à l’image (un peu comme sur l’affiche ci-dessus), le tout étant parfois très réussi et parfois un peu artificiel.

Avec sa galerie de personnages hauts en couleur (mais qui, il est vrai, s’affirme véritablement seulement dans le deuxième épisode, le premier étant un poil décevant), Da Vinci’s Demons donnent instantanément envie de suivre ce destin d’exception. Et même si Léonardo aime un peu trop les femmes pour coller à la réalité (on sent particulièrement ici l’arrangement avec l’histoire pour ne pas perdre de spectateurs…), la série arrive pour l’instant parfaitement à retranscrire l’esprit de l’artiste en perpétuel réflexion, questionnant la nature, la religion et l’histoire, remettant tout en cause, prêt à se lancer dans toutes les aventures, commençant tout mais ne finissant rien. Et rien que pour ça, le nouveau show de Starz mérite le coup d’oeil.

(A noter pour les fans de comics que la série est déjà reconduite pour une deuxième saison et que deux auteurs viendront renforcer l’équipe : Jonathan Hickman et Matt Fraction, deux poids lourds de ces dernières années.)

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SPARTACUS (saison 3 – fin de série)

Après trois saisons et une prequel, que reste-t-il de Spartacus ? Si l’on peut lui reprocher beaucoup de ses choix (utilisation abusive du gore et du cul en ligne de mire principale de ses détracteurs), quasiment tout le monde s’accorde à dire qu’au moins le show ne ressemblait à aucun autre – et pour l’instant, les copies ne se bousculent pas au portillon. Il faut dire que la série se devait de marquer le coup pour Starz, tout petit network plutôt spécialisé dans la diffusion de films, qui voulait concurrencer HBO et Showtime sur le terrain de la série. Spartacus ne fut pas leur coup d’essai, mais ce fut leur première vraie série d’environ une heure, et elle a ouvert le terrain à une nouvelle grille de programmation osée et novatrice (la magistrale Boss, Da Vinci’s Demons, Magic City, The White Queen, ou encore en 2014 Black Sails.) Le show de Sam Raimi et ses amis a donc ouvert une brèche et donné une nouvelle identité à une chaîne autrefois méconnue et aujourd’hui surveillée par tous : rien que pour ça, Spartacus mérite sa place dans l’histoire des séries.

Mais le show en lui-même, que vaut-il réellement ? se demandent les rares spectateurs qui ne s’y sont pas encore intéressés. Et bien si vous êtes capable de dépasser une réalisation plutôt tape à l’oeil, qui se démène comme elle peut faute de moyens (du moins au cours des premières saisons), vous pourrez y déceler un scénario grandiloquent, épique, entraînant, fichtrement bien foutu et qui va provoquer des pics de testostérones chez tous les garçons, notamment lorsque le héros va faire “tomber la pluie”. Et sous leurs allures de grosse bourrinades musclées, les deux premières saisons (soit en réalité la première et la prequel) camouflent des intrigues politiques pas piquées des hannetons…

La deuxième saison (la troisième donc si vous suivez l’affaire) souffrira énormément du changement d’acteur principal, Lyam McIntyre reprenant le rôle d’Andy Whitfield, décédé d’un cancer en 2011. Que ce soit clair, malgré tous ses efforts (et dieu sait qu’il s’est donné le bougre), McIntyre n’arrivera jamais à la cheville de son prédécesseur, dont le charisme est tout simplement inégalable. Ce sera l’occasion pour deux rôles secondaires d’éclater au grand jour, avec Manu Benett sous les traits de Crixus, et Dustin Clare qui reprend son rôle de Gannicus – le gladiateur de la prequel. C’est le début du périple de Spartacus et de ses rebelles, la série change donc de ton et de système narratif mais saura rester fidèle aux origines sans doute par l’utilisation maligne des personnages vus auparavant.

La troisième saison (oui, c’est ça, la quatrième), celle qui nous intéresse donc plus particulièrement aujourd’hui, sera la seule à laisser pas mal de spectateurs sur le carreau. Il faut dire qu’il ne reste plus beaucoup de personnages du début et que le show commence à tourner en rond autour du trio Spartacus / Crixus / Gannicus qui ont l’air d’avoir chacun leurs intrigues et personnages secondaires. Le show se perd dans quelques répétitions et des palabres épuisantes alors que le choc des combats de l’arène commence à cruellement manquer. Et puis le nouveau “méchant” de l’histoire (Crassus, secondé par un Jules César sympathique mais encore trop loin de sa gloire politique pour se révéler vraiment intéressant) est franchement un cran en dessous des terrifiants Batiatus et Ashur…

Mais il s’agit de la dernière saison est le plus important reste la manière dont se termine la série. L’ultime épisode vaut-il le coup de se farcir une saison vraiment moins bonne que le reste ? La réponse est assurément oui, tant cette conclusion résume à elle seule toutes les qualités de la série. Dans une bataille homérique, chaque personnage verra sa trajectoire achevée et toutes les thématiques se résoudront avec un panache comme rarement on a pu en voir. Spartacus révèle toute sa complexité dans un dialogue purement artificiel mais absolument essentiel et fascinant entre l’ancien esclave et son nouvel ennemi, justifiant à elle seul le temps passé par la série à construire ses intrigues amoureuses. Et puis l’homme qui ne lâchera pas sa petite larme sur les dernières images peut définitivement assumer qu’il a un coeur de pierre. Tous les autres se lèveront et crieront : I AM SPARTACUS !

Final Score : 7/10 pour la saison ; 9/10 pour l’ensemble de la série. 

Qu’on soit dégoûté par son abus de scène de cul et de gore, ou que l’on soit emballé par cette quête épique impossible, il est indéniable que Spartacus a marqué la télévision américaine. Elle fait partie de l’histoire de la série télé, comme certains programmes qui arrivent – et qui lui doivent beaucoup – en atteste.

 

Rendez vous dans quelques jours pour dire adieu au “méchant” le plus célèbre de la télévision américaine. Un indice : son univers était vraiment impitoyable… !

Pour cette semaine chargée qui se voit donc une fois de plus découpée en deux articles, on s’intéressera en premier à six fins de saisons dans des univers très différents. Des consultants aux chirurgiens, en passant par un auteur bourré, des ados dans les années 80 et des vampires qui font copains avec des loup-garous et des fantômes, voici une semaine qui vous fera pleurer pour une bonne raison : il est l’heure de dire au-revoir aux Gallagher.

House-Of-Lies-Season-2-Cast

House of Lies (saison 2)

Remarquée l’année dernière pour son ton irrévérencieux et (surtout) sa plastique originale et avantageuse, House of Lies avait su prouver que l’on peut intéresser les spectateurs à des personnages dont on ne comprend pas le métier. En l’occurrence, une bande de consultants qui assument : si on comprenait ce qu’ils font, ça voudrait dire qu’ils le font mal. Avec ses personnages un poil caricaturaux mais diablement attachants, et surtout une vraie maîtrise du scénario sur la durée, la première saison nous avait laissé sur une très bonne impression mais laissait sérieusement circonspect quant à la validité de la série sur le long terme.

Fort heureusement, cette deuxième saison nous a pris de cours. Exit les délires visuels, les arrêts sur image, et les leçons au spectateur : le show estime que l’on est maintenant dans la confidence et il n’y aura que de très rares regards caméras de Don Cheadle pour nous rappeler que l’on fait partie de son équipe, que l’on est dans son camp. En se privant de tous ces artifices qui faisait autrefois sa touche, le show doit se recentrer sur ses autres qualités : des dialogues acérés et des intrigues finement développées, le but étant une fois de plus d’arriver à une conclusion inévitable mais qui sert tout le propos de la saison. Touchdown  ! : si on excepte quelques facilités sur Doug, personnage souffre-douleur dont on voit un peu trop vite la ficelle qui l’anime, les treize épisodes s’avèrent plus que convaincants au niveau du scénario. Et le final est magistral, avec une toute dernière réplique qui résume l’ensemble de la saison – un réel tour de force.

Et puis il ne faut pas oublier que, même sans les délires visuels, la réalisation reste de toute beauté. Pas besoin de mouvements de caméra dans tous les sens, d’effets spéciaux improbables ou de split-screen pseudo modernes : en revenant aux sources, la réalisation se veut plus posée, plus réfléchie et a finalement beaucoup plus de sens. Quant aux comédiens, ils sont tous relativement bons mais tirons notre chapeau à Don Cheadle qui assume avec une carrure remarquable d’avoir le poids du show sur ses épaules. Et ceux qui étaient fans de Veronica Mars seront toujours contents de retrouver Kristen Bell (l’entendre faire la voix de Gossip Girl n’était vraiment pas suffisant !), qui assure plutôt pas mal un rôle de beauté froide et grinçante bien loin de l’intrépide ado qu’elle incarnait auparavant.

Final Score : 8.5/10

Sans doute l’une des meilleurs séries “courtes” (compter quand même pas loin d’une demi-heure par épisode, comme pour Californication), House of Lies prouve avec cette deuxième saison qu’elle n’a pas besoin d’artifice pour s’avérer toujours aussi passionnante. Après nous avoir séduit par son physique, elle nous retient par son intelligence. Vivement la suite.

californication s6Californication (saison 6)

Il faut le reconnaître, l’année dernière on commençait un peu à se lasser des aventures de Hank Moody, l’indéboulonnable queutard, buveur de whisky et consommateur de drogue, et accessoirement romancier, héros de la série Californication. Tom Kapinos, le créateur du show, avait annoncé que la série devait se renouveler mais malgré un bon dans le futur de deux ans et demi, il n’avait pas vraiment réussi à nous entraîner dans un nouveau monde avec sa vision très stéréotypée d’Hollywood.

Cette sixième saison s’intéresse cette fois au monde de la musique et voit Hank obligé de travailler avec une étrange star du rock pour adapter son roman en comédie musicale. Bien sûr, le monsieur est un habitué de la coke, des putes, et autres soirées totalement débordantes : rien de bien original pour Californication, donc !

Heureusement pour nous, il y a le personnage de Faith, charismatique muse qui va faire chanceler notre doux Hank et presque remettre en question sa longue (non)histoire d’amour avec son ex. Autre bon point, la relation entre Hank et sa fille, qui décide de suivre les traces de son père en devenant romancière et qui veut pour cela expérimenter tout un tas de truc : Hank mis face à ses propres contradictions, voilà un sujet qui intéresse et amuse particulièrement Duchovny qui y trouve ses meilleures scènes (il faut dire qu’on l’a trop vu jouer le mec bourré ou défoncé pour être encore surpris par sa prestation générale.)

A part ça, Californication reste Californication. Amusante mais un peu creuse, se permettant tout mais fantasmant son univers plus que lui rendant hommage, décalée mais résolument pantouflarde : le show de Tom Kapinos convaincra toujours ceux qui ont suivi jusque là les aventures de Hank, même s’ils se sentiront en terrain largement conquis. Allez, s’il vous plait, essayer un peu de nous réveiller tout ça l’année prochaine.

Final Score : 7/10

Californication est assurément une bonne série – ne serait-ce que parce qu’aucun autre show ne lui ressemble à l’heure actuelle. Mais c’est aussi un programme qui ronronne sérieusement et qui se contente d’une ou deux surprises pour faire tenir sa saison. C’est peu.

carrie diaries

Carrie Diaries (saison 1)

Oh mais qu’est-ce qu’elle est mignonne cette AnnaSophia Robb, semblent s’extasier les magazines de mode pour ado. Sauf que non, elle est pas mignonne du tout et elle a même une tête à claque qui rend tout simplement impossible de supporter un épisode entier de the Carrie Diaries, prequel très CW de Sex and the City, elle aussi inspirée des romans de Candace Bushnell.

Dommage, car bien que la série se déroule dans les années 80, elle reste assez moderne sur certains points qui auraient pu lui valoir un véritable coup de coeur. Ainsi, le personnage de la petite soeur de 14 ans, Dorrit et son hyper-sexualisation qui va à l’encontre de son aînée, permettent de traiter la thématique de la désormais classique première fois sous un jour assez original. Tout comme la lente descente aux enfers de sa meilleure amie Maggie, sarcastique bout en train qui cache une évidente abyme.

Mais pour voir tout cela, encore faudra-t-il supporter la très ringarde histoire d’amour entre l’héroïne (une jeune Cassie Bradshaw qui a au moins le mérite d’être aussi détestable que sa version adulte) et son blondinet de service, ainsi que des intrigues autour du monde de la mode plutôt vomitives. Au vu des audiences mitigées, il semble que les ados américains ne s’y soient pas trompés. Mais diffusée sur un network qui a toute les peines du monde à installer de nouvelles séries, the Carrie Diaries pourrait bien être renouvelée pour l’année prochaine. Espérons que dans ce cas elle saura saisir cette seconde chance.

Final Score : 4/10

Pas catastrophique mais pas intéressante pour deux sous, the Carrie Diaries est surtout plombée par une actrice principale horripilante et des intrigues sur l’amour et la mode franchement dépassées. Même les fans les plus acharnés de Candace Bushnell peuvent passer leur chemin.

being human s3Being Human (US – saison 3)

Sympathique succès d’estime pour Syfy, Being Human est l’adaptation américaine de la série anglaise du même nom. Ou comment un vampire, un loup-garou et une fantôme se retrouvent à vivre ensemble – et toutes les complications que cela implique sur leur quotidien.

Cette troisième saison reste dans la droite lignée des deux premières. On retrouve donc des acteurs sympathiques mais pas extraordinaires, une réalisation limitée par les moyens du bord, et des scénarios qui vadrouillent un peu dans tous les sens. On sent d’ailleurs que les auteurs commencent sérieusement à se demander comment ils vont arriver à renouveler la série et on a du coup droit pour cette saison à une petite transition fantôme -> zombie tout ça pour revenir au point de départ dans le dernier épisode.

Et c’est bien le problème de Being Human : si le show est vraiment agréable à suivre, impossible de ne pas se questionner sur sa vacuité. Vous ne serez pas bouleversé d’émotions, vous ne vous rongerez jamais les sangs en attendant le prochain épisode, et vous finirez forcément par vous demander si vous allez regarder la suite ou si vous ne préféreriez pas aller boire une bonne pinte.

Final Score : 6/10

Being Human a un gros potentiel de sympathie et on aurait vraiment envie de lui mettre une meilleure note. Mais il faut faire face à la réalité : si le show disparaissait de nos écrans du jour au lendemain, il n’est même pas sûr que l’on s’en apercevrait. Uniquement pour les purs fans de vampires, loup-garous et fantômes !

Monday-Mornings-Poster-Saison1-2Monday Mornings (saison 1)

La première question que je me suis posé en voyant cette série, c’est : mais qu’est-ce que c’est que ce titre ?! Le “monday morning” est la réunion hebdomadaire dans un hôpital au cours de laquelle les chirurgiens peuvent recevoir des louanges pour leurs accomplissements ou de sérieuses remises en question et critiques pour leurs erreurs. Le show est donc entièrement construit autour de cette fameuse réunion qui peut servir de point de départ d’un épisode mais est en général utilisée en conclusion pour mettre à jour la thématique du moment. Oui, un peu à la manière des séries de tribunaux…

Et ce n’est pas un hasard. Car le cerveau derrière Monday Mornings, n’est nul autre que David E. Kelley, grand habitué du legal show, papa d‘Ally McBeal, The Practice, ou encore Boston Legal. Spécialiste de la recette, il l’applique au monde de la série médicale – mais se permet tout de même un vrai procès pour le dernier épisode, on sent que ça lui manque…

Le problème, c’est que monsieur Kelly est bien gentil mais qu’il commence à vivre dans un autre temps. Déjà un peu ringard dans les années 2000, où son Boston Legal était sauvé par des personnages percutants et deux acteurs en super forme, il fait vraiment figure d’antiquité avec ce show qui sent bon la naphtaline. Les habitués de l’auteur sauront voir les trajectoires des personnages dès le pilote, et ne devraient s’attendre à aucune surprise dans les épisodes. La réalisation est elle aussi particulièrement datée (oh, les ralentis à l’image saccadée…) et les acteurs se prennent définitivement trop au sérieux pour être crédibles.

Bref, à part pour les nostalgiques des années 90, vous pouvez passer votre chemin.

Final Score : 5/10

Pas fondamentalement mauvaise, Monday Mornings fait juste partie d’un autre temps. Seuls les fans de Kelley peuvent apprécier, mais ce sont aussi les fans du bonhomme qui verront toutes ses ficelles faciles se mettent en place.

Shameless season 3Shameless (US – saison 3)

L’un de mes plus grands regrets et de ne pas avoir continué à regarder Shameless, version anglaise. Alors que la série s’achève en ce moment en Angleterre avec pas loin de onze saisons (en neuf ans) d’aventures, la version américaine s’affirme un peu plus d’avantage comme l’un des beaux succès du network Showtime.

Menée de main de maître par John Wells, la série bénéficie aussi de la participation (sacrément importante !) de Paul Abbott, le créateur du show original. Ensemble, ils ont réussi à batailler ferme pour imposer leur situation de base : parler de ces galériens qui vivent juste à côté de nous, que l’on côtoie tous les jours, des spécialistes du système D qui doivent tirer sur toutes les ficelles que la société leur tend pour aller au bout de la journée.

Voici donc la famille Gallagher, six enfants et un père, Frank, alcoolique notoire incapable de s’occuper de son clan qui ne reste fonctionnel que grâce à la poigne de fer de Fiona, l’aînée. La réussite du show tient dans le fait que les Gallagher font face à de réels problèmes, pris très au sérieux, mais le tout traité avec beaucoup de comédie et un sens de l’espoir et de l’entraide rarement vu ailleurs. Sans jamais tomber dans les travers des bons sentiments ou de morales alarmistes, Shameless n’a qu’un seul réel défaut : son penchant pour quelques gags / situations un peu trop crades ou abusées pour être crédibles (comme, par exemple dans cette troisième saison, quand une jeune fille dans le coma se réveille suite… à un cunnilingus.)

La plus grande force du show reste assurément les scénarios, extrêmement dynamiques (malgré la durée de près d’une heure des épisodes) et des arches narratives fines mais puissantes, qui se révèlent toujours bouleversantes dans les derniers épisodes – cette saison le prouve encore avec une scène magistrale où le petit Carl vient raser les cheveux de son père… La réalisation est elle aussi franchement très réussie, évitant tout fioriture inutile pour se concentrer sur l’humain et nous mettre au plus proche des personnages. Et les acteurs ? Voici une formidable bande de comédiens plus talentueux les uns que les autres – mention spéciale tout de même pour William H. Macy qui incarne un Frank détestable et attachant, et Emmy Rossum, assurément la meilleure actrice de sa génération à la télévision en ce moment.

Final Score : 9/10

En passe de devenir l’une des meilleures séries du moment, Shameless US réussit ce que tout le monde disait impossible : faire une adaptation US d’une série UK au moins aussi bien que l’originale. Si vous ne connaissez pas, jetez-y un oeil. Je suis sûr qu’en moins de cinq épisodes vous voudrez, vous aussi, faire partie du clan Gallagher.

 

Rendez-vous dans deux jours pour dire adieu au plus grand des gladiateurs…