Category: L’Analyse du Vendredi


La semaine dernière, on ne trouvait pas grand chose de nouveau et de qualitay à se mettre sous la dent du lundi au mercredi soir. L’espoir viendrait-il de la très chargée soirée du jeudi soir, du vendredi plutôt SF et fantastique, ou dimanche à vocation familial ? Je crois, mes amis, qu’il n’y a pas beaucoup d’espoir en vue…

JEUDI SOIR :

Le topo :

A 20h00 sur ABC vous pouvez signer votre arrêt de mort. Si si, je vous assure. Rassemblez les suicidaires et les masochistes (mais violents les masochistes, on peut pas dire qu’on s’adresse à des chochottes là). Comme beaucoup de personnes qui se sont forcées à regarder le pilote en entier, je me suis moi aussi retrouvé à pleurer du sang, à sentir la mort tout autour de moi, à entendre des voix me poussant à descendre à Marseille pour exterminer toutes les cagoles (à défaut de pouvoir défenestrer les bimbos terrifiantes de L.A.), et à ne plus sentir mon corps m’appartenir. Expérience hautement traumatique (bien plus qu’un séjour en Afghanistan) prouvée scientifiquement : 90% des spectateurs souffrent de PTSD pendant plusieurs semaines après le visionnage. De quoi je parle ? Mais de Charlie’s Angels, bien entendu, le remake abrutissant des Drôles de Dames des années 70. Scénarisée par les deux scientifiques diaboliques responsables de Smallville (Miles Millar et Alfred Gough), on a l’impression qu’ils ont lavé le cerveau de Drew Barrymore (la seule solution pour qu’elle ait accepté de produire se ramassis de clichés honteux) et sans doute ceux du réalisateur et du monteur qui ont commis cette aberration de la nature. Une effroyable catastrophe sur laquelle on reviendra forcément beaucoup plus longuement dans quelques temps (enfin, si on survit au visionnage d’autres épisodes).

A 20h30, vous reprendrez bien une petite dose de show absolument horrible qui vous donne envie de mettre votre tête dans un four ? La plus que honteuse How to be a gentleman aurait déjà parut vieillotte et dépassée en 1987, vous savez l’année où a démarré 21 Jump Street ! Non seulement le discours est édifiant (tout intello a besoin d’un redneck, d’un tocard, pour apprendre à devenir un vrai homme) mais en plus les répliques ne sont pas drôles, les acteurs mauvais, les décors immondes… Un petit plaisir coupable ? Non, même pas en fait. Et ouf, soulagement, la série est annulée après deux épisodes. Il y a une justice en ce monde.

A 21h00, les choses ne s’arrangent pas tellement. Person of interest n’est pas une catastrophe atomique, mais on ne peut pas dire que la nouvelle série de J.J. Abrams (sur laquelle il n’a pas dû passer tellement de temps à notre avis) soit vraiment digne d’être regardée. Écrite par le frère de Christopher Nolan, Jonathan Nolan, on sent clairement l’ombre du succès familial sur le pitch hautement improbable de ce concept show : un ancien agent de la CIA a construit une machine qui analyse toutes les écoutes américaines pour prévoir à l’avance de futurs attentats. Mais par un retournement de situation oh combien rocambolesque, voilà que la machine fait aussi une liste de numéros de sécurité social de personnes coupables ou victimes d’un futur crime. Du coup, notre agent, le monsieur à lunettes rescapé de Lost, mais si vous savez, le chef des autres, il fait appel au mec qui reprenait le rôle du prisonnier dans le remake récent pour qu’il résolve les enquêtes. Et voilà. Un cop show de plus avec une morale à la fin du pilote plus que nauséabonde… Sur la CW, on prend l’équipe de The Vampire Diaries et on s’attaque à une autre série de romans de L.J. Smith, The Secret Circle. On passe des vampires à des sorciers, mais le reste se ressemble beaucoup… et a au moins le mérite de prouver combien The Vampire Diaries est surprenante par rapport aux scénarios très attendus du petit cercle de sorciers.

A 21h30, Whitney sur NBC tente de nous faire rire. Elle n’y arrive pas (pour l’instant).

A 22h00, la bonne surprise vient de Prime Suspect, sur NBC. Certes, c’est la énième adaptation d’une série anglaise, certes c’est encore un show policier, certes le personnage de femme forte dans la police a déjà vu et réussi dans The Closer, mais c’est indéniable : Prime Suspect opère une sorte de charme difficile à expliquer sur son spectateur.

Le gagnant :

Sans surprise, il s’agit de Prime Suspect, la seule nouvelle série du jeudi à ne pas vous endormir ou à vous faire vomir. Ce n’est pas la révélation du siècle mais assurément ce qui se fait de mieux en terme de cop show féministe à tendance réaliste. Du coup, tous ceux qui n’ont pas vu The Closer peuvent se jeter dessus. Les autres, c’est à vous de voir…

VENDREDI SOIR :

Le topo :

A 20:00, sur CBS, on tente un petit peu de nous embrouiller en nous refilant le concept de Bonbon Sucré (Ghost Whisperer partout dans le monde) en le mêlant à un show médical. Du coup, nous voici avec un neurochirurgien dont la plastique est digne de Grey’s Anatomy, le caractère lorgnant clairement vers House, qui parle aux fantômes comme Jennifer Love Hewitt. A Gifted Man n’en est pas pour autant dépourvu d’intérêt et au bout de deux épisodes je dois clairement avouer que je ne vois pas du tout, mais alors pas du tout, vers quoi le reste de la série se dirige. Pour l’instant très feuilletonnante, elle propose des scénarios qui oscillent entre des moments clichés au possible et de vraies surprises forcément très sympathiques. Du coup, j’attendrai bien la suite pour émettre un vrai jugement !

Le gagnant :

Humm… oui, le suspense est pas terrible pour le coup. Faute de concurrent, si vous tenez vraiment à voir une nouvelle série le vendredi soir, ça sera A Gifted Man. En même temps qui sait si ça ne va pas s’avérer vraiment passionnant par la suite ?

DIMANCHE SOIR :

Le topo :

A 22h00, une vraie révolution s’est installée sur Lifetime depuis tout de même une dizaine de semaines (mais bon, on va dire que c’est une nouvelle série, ok, ça m’arrange pour la suite de l’article) : leur première vraie bonne série ! Against the Wall se présente comme un cop show relativement classique, et forcément mené par deux femmes vu qu’on est sur Lifetime, la chaîne des femmes (mais celles qui ont d’habitude plutôt mauvais goût). Le truc c’est qu’elles travaillent pour les affaires internes (la police des polices quoi) alors que l’héroïne est la seule fille d’une famille de quatre enfants… dont tous les frangins et le papa sont flics. Si vous vous demandez si ça suffit à faire la différence, je peux vous affirmer que oui et que les scénarios de Against the Wall sont plutôt surprenants et changent du traditionnel meurtre/enquête/résolution avec une blague sur le temps que le coupable va passer derrière les barreaux. Après, on reste chez Lifetime. Comprendre par là que la série avance avec très peu de moyens et que malgré toute la bonne volonté de l’équipe technique on fait face à quelques moments plutôt cheap…

Sur ABC, on nous propose de nous envoler avec la Pan Am. Le casting trois étoiles ne masque pas le vide abyssal de l’intrigue du pilote, obligé de recourir à une curieuse (et très peu probable) histoire d’espion histoire de nous maintenir un peu éveillé. A surveiller malgré tout, ne serait-ce que pour le joli minois de Christina Ricci.

Enfin, sur Showtime, on peut retrouver une autre idole de notre jeunesse, Claire Danes. Femme d’action qui a l’air d’avoir un sacré grain dans la tête, elle resplendit dans ce Homeland particulièrement paranoïaque et superbement écrit. L’histoire d’une agent de la CIA persuadée que la libération d’un militaire américain disparu il y a neuf ans et maintenant acclamé en héros fait partie d’un complot d’al-Quaeda… Oui, paranoïaque, c’est bien le mot !

Le vainqueur :

C’est haut la main que Homeland devient LA nouvelle série à voir le dimanche soir… et sans doute LA nouvelle série à regarder tout court (avec American Horror Story dans un tout autre genre). Magistralement écrite, superbement réalisée et donnant enfin à Claire Danes l’occasion de resplendir comme à la bonne époque de My so called Life, Homeland vient de sauver la rentrée. Merci Showtime !

Après de grandes et belles vacances passées en partie à mater les affiches publicitaires pour les nouvelles séries dans les rues de San Francisco et de Los Angeles (oui, je me la raconte, mais que voulez vous, c’était trop bien !) il fallait bien rentrer un jour. Ca tombe bien, cette semaine, la CW a eut la bonne idée de faire pareil. Du coup, elle nous balance son line up pour l’année en espérant que rien ne se casse trop la gueule…

La CW est le plus petit des cinq “gros” networks, et elle mise en priorité sur un public plutôt jeune – leur coeur de cible c’est le 18-35 ans, à forte tendance féminine, et autant dire que les dirigeants de la chaine visent plutôt bien. Ne vous étonnez donc pas de ne pas retrouver dans ce line-up un pseudo Mad Men comme il va en pulluler tout au long de l’année chez la concurrence…

Le lundi, mais pas avant le 26 septembre (allez savoir pourquoi !), on retrouvera Gossip Girl à 20h00, puis Hart of Dixie, de la même équipe, à 21h00. Une soirée qui se veut glamour, pleine d’histoire d’amour et de beaux sentiments qui a intérêt à nous réserver quelques surprises croustillantes (qui a parlé de partie à trois ?) pour arriver à titiller notre attention…

Le mardi, on retrouve nos petits jeunes de 90210 à 20h00, qui vont devoir sérieusement se secouer les fesses s’ils ne veulent pas nous endormir profondément comme ils l’ont fait l’année dernière. A 21h00, c’est LE retour de l’année, avec Sarah Michelle Gellar dans un double rôle pour Ringer. La critique américaine était mitigée, la critique française beaucoup plus assassine, on vous donnera notre avis sur le pilote la semaine prochaine. La seule chose qui est sûre, c’est que question audience était plus qu’à la hauteur avec un score de +72% par rapport à l’année dernière (pour le début de la saison 2 de Life Unexpected sur la même tranche horaire.)

Le mercredi, on laisse tomber les séries pour cracher sur les stars dans H8R, animé par le bonhomme en plastique qu’est Mario Lopez, mais oui, le Slater de Sauvé par le gong qui n’a pas changé d’un pouce et dont le sourire super bright éblouirait le plus aveugle d’entre nous. A 21h00, c’est le retour de America’s Next Top Model. Nuff said.

Le jeudi, double ration de Kevin Williamson avec la suite des Vampire Diaries dont on pense toujours beaucoup de bien, malgré tous ceux qui disent s’être lassés pendant la deuxième saison (mais qu’est-ce qu’il vous faut ?!), et l’arrivée du nouveau Secret Circle, lui aussi adapté de romans de L.J. Smith qui datent quelque peu (1992)… Le showrunner saura-t-il réitérer son succès ? Les audiences d’hier soir semblent aller dans cette voie…

Enfin, le vendredi (à partir du 23 septembre) on se partagera entre le pire, avec Nikita à 20h00, vrai plaisir malsain pour les fêlés de la tête, et le retour de Supernatural à 21h00, juste la meilleure série de la saison dernière.

Tout ça nous fait donc un joli petit lineup, qui a le mérite de reposer sur une vraie réflexion de programmation. Franchement, on voit mal comment une série pourrait vraiment se casser la gueule au milieu de tout ça, mais il faudra bien que quelqu’un laisse sa place à One Tree Hill en janvier. Et oui, l’increvable show de Caroline du Nord revient pour une ultime saison. Ultime ? Mais bien sûr.

Dans l’histoire de la série américaine, il y a de grosses, d’immenses injustices, des parcours presque déprimant tant ils sont perclus d’obstacles, de problèmes, et surtout de malchance. Cette année, il n’y a pas de destin plus touchant que celui d’une petite série NBC qui croyait tout avoir pour être une grande, et qui ignorait qu’elle était quasiment morte-née. Retour sur la naissance, la courte vie et le décès de Love Bites.

A l’origine, Love Bites, c’est l’histoire de deux copines dont tous les amis sont enfin mariés et qui explorent la vie, le sexe, l’amour, la passion… Un truc de filles donc, mené tambour battant par une Cindy Chupack en grande forme, prête à enfiler la blouse de show-runner et à prouver à tout le monde qu’il y a une vie après Sex and the City. On tourne un pilote, on le montre à ces messieurs de NBC qui clament partout à quel point c’est géniâââl, et qu’ils sont très contents et qu’on tient enfin la comédie romantico-sexuelle des années 2000. Tout le monde veut bien y croire et on attend la série de pied ferme. Et comme qui dirait, c’est la que les emmerdes commencent…

Becky Newton, l’une des actrices, tombe enceinte : elle ne peut assurer le tournage de la série dans laquelle elle incarnait… une jeune femme vierge ! Jordana Spiro, l’autre actrice, apprend que la série dans laquelle elle joue déjà, My Boys, pourrait bien continuer : du coup, elle ne peut assurer le tournage (bon, elle manquera vraiment de chance la pauvre, vu que My Boys sera bel et bien annulée). Et Cindy Chupack d’annoncer que, pour raisons personnelles, elle ne pourra assurer à temps plein son boulot de showrunner.

Le projet serait-il en train de tomber à l’eau ? Non, non et non, assure NBC qui se lance dans un grand plan de rénovation. Pas question de laisser filer Becky Newton, dont beaucoup de spectateurs attendent le retour depuis la fin de Ugly Betty dans laquelle elle faisait preuve d’un humour pince-sans-rire qui était, de loin, le seul élément valable du show ultra-coloré de Buena Vista. Du coup, on change quelque peu son personnage pour inclure dans l’histoire sa grossesse. Et voilà que Love Bites devient l’histoire d’une jeune femme qui tombe enceinte… ou plutôt qui décide de porter le bébé de sa soeur qui ne peut avoir d’enfant (je sais pas si je me fais bien comprendre, mais c’est pas trop grave).

Le seul problème avec tout ça, c’est que la série prend du retard. Du coup, NBC repousse sa diffusion pour janvier, en remplacement d’un show qui se casserait la gueule. Et on innove côté scénario en se disant que, puisqu’il faut tout de même ménager un peu la pauvre Becky Newton, on va faire de la place pour d’autres acteurs – et cela en faisant de chaque épisode une série de trois petites histoires qui se rattachent toutes plus ou moins les unes aux autres. Du coup, Love Bites refait parler d’elle : quoi, une série qui innove sur sa narration ? On en a l’eau à la bouche. Vivement la diffusion…

Yep yep yep… sauf qu’il faudrait qu’un show se casse la gueule. Et vu la direction plutôt adulte de la série, il faut que ce soit un show qui occupe une case à 22h00. Et vers Décembre, NBC sent bien qu’elle ne va pas pouvoir annuler grand chose qui arrangerait les affaires de Love Bites. La série ne va démarrer qu’en été. Une décision qui va déclencher, avant même sa diffusion, la mort du show.

Car les dirigeants de NBC ne sont pas totalement idiots. Une série en été, à 22h00, c’est un peu la course à la mort. Même dans le cas où elle ferait des taux d’audience exceptionnels pour l’été, il y a peu de chance que ce soit à la hauteur des ambitions (financières) mises en marche. Du coup, la demande de treize épisodes passe à seulement neuf.

Ce qui génère une certaine angoisse chez les acteurs récurrents qui ont bien besoin de savoir ce qu’ils vont faire l’année suivante. Une angoisse telle que NBC préfère ne pas se mouiller et leur annonce que s’ils trouvent de quoi faire ailleurs, on s’arrangera. Sauf que, du coup, les trois acteurs principaux ne tardent pas à être castés pour d’autres séries rendant impossible leur retour dans Love Bites.

Commande cassée, acteurs partis et network peu entreprenant : ça sent la fin. Mais le couperet est atteint lors de la diffusion du premier épisode. Car il se passe quelque chose que personne n’avait prévu, quelque chose auquel on ne s’attendait plus du tout. Le show est mauvais.  Plat, peu imaginatif, vraiment lourdeau, Love Bites s’avère tout simplement indigeste.

Huit semaines plus tard, le show tire sa révérence dans l’indifférence générale. Et c’est sans doute ici que vous en entendrez parler pour la dernière fois.

Les jeunes scénaristes fans de SF le savent bien : aux Etats Unis, la consécration de leurs univers favoris est passée par le petit network Syfy, entre autre diffuseur de l’inoubliable et impérissable reboot de la franchise Battlestar Galactica. Quand on aime la SF, donc, on rêve de participer à l’élaboration d’un tel monument. Mais aujourd’hui, chez Syfy, les choses ne sont plus exactement comme avant. Aujourd’hui, on a trouvé LA méthode…

Une analyse pas trop rigoureuse mais quand même basée sur plusieurs séries :

Pour les bienfaits de notre réflexion, nous nous sommes penchés sur le sort de quatre séries : Alphas, Haven, Sanctuary, Warehouse 13. A l’exception notable de Sanctuary, ce sont des shows de l’été. A l’exception notable de Alphas, ce sont tous des shows diffusés depuis plusieurs années. A l’exception notable de Haven, les héroïnes sont plutôt des brunes. Et encore dans Haven, c’est juste une fausse blonde.

Commencer par l’arrivée d’un nouveau dans un monde fantastique où il n’y a que lui/elle qui ne sait pas encore dans quoi il met les pieds  :

Que ce soit Cameron, l’homme super agile qui voit comment les choses vont se dérouler, pour Alphas ; la mignonette Audrey Parker, agent du FBI qui débarque sur l’île de Haven ; le rigoureux psychanalyste Will Zimmerman venu analyser les anormaux de Sanctuary ; ou encore le pétillant duo Pete et Mika pour trier les affaires de la Warehouse 13 ; faites entrer le spectateur dans votre univers barré par le prisme d’un petit nouveau qui, comme lui, ne sait rien de ce qu’il va se passer…

Mettre des trucs avec des pouvoirs et qui pourrait passer pour des monstres mais que en fait il faut protéger :

Du côté de Alphas, il faut sauver les bons mutants et arrêter les méchants (bon je schématise, mais ça a l’air bien parti pour finir comme ça ) ! A Haven, Audrey tente de sauver les “afflicted” de leurs propres malédictions. Dans le Sanctuary, on cherche à préserver toutes les espèces d’anormaux. Et enfin, dans les cartons de la Warehouse 13, on enferme des artefacts précieux qui ne sont dangereux que s’ils tombent entre de mauvaises mains.

Saupoudrer d’une pointe de feuilletonnant mais pas trop :

Parce que le but, c’est quand même que n’importe quel spectateur puisse débarquer quasiment à n’importe quel moment. Donc dans Alphas, un “mutant” sera toujours arrêté, dans Haven un Afflicted sera toujours guéri, dans Sanctuary l’équipe aidera toujours un anormal, et les membres du Warehouse 13 finiront toujours par récupérer un de ces putains d’artefact qui foutent le bordel.

Du coup, vous devriez vous retrouver avec une structure qui dérogera rarement à la règle :

Une intro mettant en scène le mutant / afflicted / abnormal / artefact qui montre combien il est dangereux.

Rapidement dans l’épisode, mettez en place une petite intrigue B, traditionnellement autour de la relation sentimentale qui peuvent unir deux héros, ou alors le passé qui resurgit. Enfin, n’oubliez pas votre mini intrigue comédie, car même si on fait dans la SF il faut qu’on puisse un peu rigoler.

Vous concluez votre intrigue de manière à ce qu’il reste cinq à six minutes pour faire bavasser vos persos, montrer comment ils ont (un peu) évolué, et surtout vous n’oubliez pas de profiter des derniers plans pour faire avancer votre feuilletonnant sinon vos spectateurs diront : cet épisode il servait vraiment à rien.

Reste tout de même le plus dur : trouver votre propre identité.

Car malgré leurs nombreux points communs, chacune des séries pré-citées a bel et bien son petit truc en plus qui la rend vraiment différente. Ainsi, Alphas s’oriente très clairement du côté des comics de super héros à tendance paranoïaque ; Haven se concentre sur une critique de l’impact de la religion et de la foi en générale sur les petites villes ; Sanctuary aime voyager dans le temps et faire la part belle aux grands héros du XIXème siècle ; et Warehouse 13 joue avec toutes les légendes possibles et imaginables liées aux objets et se montre de loin celle qui fait la plus grosse part à la comédie.

Voilà, vous avez les règles, maintenant j’attends de vous un projet de série pour Syfy qui va déboiter sa grand maman et qui restera dans les annales. Pour mercredi sur mon bureau, merci.

19ème et dernière partie de notre bilan de l’année – avant le bilan du bilan ! On termine avec quatre séries qui n’ont pas grand chose à voir les unes avec les autres. Une rencontre qui s’éternise, de jeunes chanteurs dynamiques, une bonne raison de garder l’espoir et de la pluie sur Seattle.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Il semble que le grand jeu de l’année a été de tirer sur l’ambulance How I Met Your Mother. Comme si tout le monde, subitement, trouvait que la sitcom, dans sa sixième année, était devenue extrêmement mauvaise. Shonda Rhimes, créatrice de Grey’s Anatomy, aurait-elle donc raison quand elle explique que les saisons 6 et 7 sont les plus dures à passer et qu’il faut attendre la 8 pour trouver un vrai renouvellement ?

Tout le monde connaît maintenant le concept de cette histoire d’amour à rebours, ou comment un papa raconte à ses enfants la manière dont il a rencontré leur mère… Ou plutôt, non, comment il ne leur raconte pas. Ce pitch de base n’a de toutes façons que peu d’importance et sert juste aux auteurs d’avoir la possibilité de se permettre des aller-retours temporels qui ont mis en place de nouvelles structure de comédie propres à la série, comme son incroyable manière de nous faire croire que les personnages partagent de grandes traditions depuis très longtemps alors qu’on ne les a jamais vu faire. Du coup, s’énerver parce que le show n’a toujours pas dévoilé qui est cette fameuse mère me paraît être totalement régressif et volontairement naïf : c’est comme s’énerver sur le fait de vouloir voir le père Noel - on sait tous que l’important ce sont les cadeaux (ahem…)

Après, il faut bien avouer que la sitcom de Carter Bays et Craig Thomas commence un peu à s’essouffler. On s’est largement habitué aux structures volontairement saccagées des épisodes, les répliques de Barney ne font plus aussi mouche qu’avant, et même le couple Lily/Marshall s’épuise à être toujours aussi parfait. Ok. Mais la série est-elle vraiment moins drôle pour autant ? De mon côté, je souris toujours autant et j’avoue que j’aime bien retrouver le petit gang une fois par semaine. Ils ne m’ont pas lassé et s’avère un rendez vous toujours aussi agréable. Du coup, non, je ne troquerai pour rien au monde les soirées au Mac Laren’s contre des journées avec une certaine famille moderne…

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une septième saison.

Il semble de bon ton de critiquer How I Met Your Mother en ce moment. Personnellement, je prends toujours autant de plaisir à regarder la série et à retrouver le gang au Mac Laren’s. Certes, on est en terrain conquis et ce ne sont pas les surprises qui fusent. Mais très franchement, vous en connaissez beaucoup des sitcoms qui vous surprennent tout le temps ? How I Met fait rire, et c’est déjà franchement pas si mal.

L’année dernière, la FOX prenait tout le monde de court avec sa nouvelle série comédie musicale, Glee. Le genre n’était quasiment plus présent à la télé américaine depuis Fame dan les années 80, mais c’est surtout le fait que le créateur du show soit Ryan Murphy, connu pour avoir choqué l’amérique avec Nip/Tuck, qui a vraiment surpris tout le monde. Ce serait oublier que le bonhomme s’est déjà essayé à la comédie ado (très) satyrique avec la remarquable Popular, malheureusement depuis tombée dans l’oubli.

Si le but avait été de renouveler la surprise avec cette deuxième saison des aventures de la célèbre chorale de loosers, ce serait un remarquable échec tant on sent la formule “on prend les mêmes et on recommence.” Du coup, il faut bien l’avouer, les destins de Finn, Will, Rachel et consort déjà sur-utilisé l’année dernière, ne nous font ni chaud ni froid. Le pire est sans doute atteint avec Kurt, qui nous lasse très rapidement, et dont on aimerait qu’il disparaisse lorsqu’il part dans une autre école (dont les histoires ne nous intéressent mais alors vraiment pas !) Heureusement, Ryan Murphy y a déjà pensé et aimerait mettre en place un système de roulement des personnages pour que des nouveaux puissent arriver progressivement tandis que les anciens, qui finiront tôt ou tard par quitter le lycée, partiront vivre d’autres aventures ailleurs. Du coup, le show est dramatiquement plus intéressant quand il s’intéresse à des personnages laissés en jachère l’année dernière comme Mike Chang (qui mériterait d’être encore un peu plus mis en avant…) mais surtout le duo Santanna / Brittany, totalement jouissif et parfaitement incontrôlable. C’est aussi l’occasion de révéler que Heather Morris n’est pas seulement une excellente danseuse et chorégraphe, c’est aussi une actrice assez géniale !

Alors que retenir de cette deuxième saison de Glee ? Quand la série fait dans le cynisme ou quand elle veut volontairement choquer et faire bouger les choses, elle y arrive plutôt bien. Elle est aussi très réussie quand elle parle de l’homosexualité masculine ou féminine, ou même de la découverte de la sexualité chez les adolescents. Par contre, elle se casse les dents lamentablement lorsqu’elle tente vraiment de toucher ou d’émouvoir, et retombe dans les travers de certaines des pires séries pour ados. Alors, comme la série, le spectateur a le cul entre deux chaises, intrigué par tous les passages peu conventionnels mais anéantis par les grands moments de leçon de morale. Ceux qui resteront seront ceux capable de supporter d’avoir quasiment un quart d’heure de chanson par épisode.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une troisième saison.

Glee est clairement sauvée cette année par le duo Santanna / Brittany qui apporte la dose d’humour décalé nécessaire à la série. D’un autre côté, elle ne cesse de tomber dans les pires clichés des séries pour ados, notamment avec ses romances interminables et peu crédibles. Dommage, car on aimerait vraiment retrouver la patte inimitable d’un Popular en comédie musicale.

Pour faire une bonne sitcom, il suffit parfois de pas grand chose : un concept sympathique, un casting amusant, ou tout simplement des auteurs en pleine forme qui proposent des répliques assassines. Avec juste l’une de ces trois composantes, vous pouvez déjà connaître le succès. Alors accrochez-vous, car Raising Hope possède les trois. Et bien plus encore.

Pour ses deux nouvelles sitcom, la FOX s’est entourée de deux équipes menées par d’anciens chefs armés de la comédie dérangeante. D’un côté Mitchell Hurwitz, papa de Arrested Development pour Running Wilde, qui sera malheureusement un terrible échec en terme d’audience, de l’autre Greg Garcia, papa de la plus discutable My Name is Earl, pour Raising Hope, dont le succès ne s’est jamais altéré tout au long de l’année.

On ne dévoilera pas la situation de départ, qui offre l’une des plus magistrale et ahurissante introduction pour une sitcom (si vous n’êtes pas scotchés à la fin des trois premières minutes du pilote, je ne vous comprends pas), mais sachez que la série raconte les mésaventures d’un enfulte de 23 ans, qui vit encore chez ses parents, avec sa maw-maw (son arrière grand-mère) complètement frapadingue. Et, suite à un ironique coup du sort, il se retrouve papa après un coup d’un soir, mais surtout il doit élever seul la petite fille renommée Hope (parce qu’à l’origine, elle s’appelle Princess Beyonce – véridique). Ajouter à cela une fort sympathique Sabrina dont le héros est fou amoureux et vous avez déjà de quoi faire.

Peut-on vraiment parler de point fort pour cette série ? Tout y est franchement excellent. Les histoires sont surprenantes, décalées et particulièrement inventives, le rythme ne s’essouffle jamais, les personnages sont juste fabuleux, sans compter sur une réal classe et une production value carrément à la hauteur. Et on oublie le casting, incroyable, avec une mention spéciale pour Cloris Leachman, la fameuse arrière-grand mère complètement tarée, qui assume avec une classe extraordinaire un rôle pas toujours facile.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Tout est bon dans Raising Hope. A la limite, on pourra juste lui reprocher d’être un peu traditionnelle – comprendre par là qu’elle ne fait pas trop dans l’auto-dérision ou la référence à outrance – mais pour une sitcom single caméra, c’est bien la meilleure de l’année. Du coup, allez-y, jetez vous dessus, et rattrapez vite la première saison avant que la deuxième ne commence.

N’ayant pas encore vu la fin de The Killing - qui semble avoir fait changé d’avis pas mal de spectateur sur la qualité de la série – je vous propose juste une mini critique qui sera amenée à être transformée dés que j’aurai terminé la première saison…

The Killing est adaptée d’une série danoise, mais pas par n’importe qui vu que c’est Veena Sud qui a présidé au destin des deux versions. Sorte de Twin Peaks sans David Lynch (donc sans nain ou rideau rouge en plein milieu d’une forêt), le show s’intéresse à la disparition de Rosie Larsen, une adolescente de Seattle, et aux répercussions que cela implique sur sa famille, sur la campagne électorale d’un homme politique, et sur le duo qui enquête sur son meurtre.

Jusqu’ici, la force principale de la série réside à la fois dans son histoire, très malicieusement menée – même si on sait qu’on va sans cesse nous emmener dans des fausses pistes vu qu’il faut que la série fasse treize épisodes, on se laisse porter avec une certaine joie – et dans ses scénarios eux-mêmes, extrêmement bien conçus et qui savent incroyablement mettre en valeur la psychologie des différents personnages.

Ceux-ci sont de plus défendus par des acteurs franchement hors-norme, totalement investis, comme on aimerait en voir un peu plus souvent. La réalisation, belle à se damner, va vous donner envie de visiter Seattle et saura vous faire apprécier un jour de pluie comme nulle autre. Y a-t-il une chose que je reprocherai pour l’instant au show ? Peut-être juste son utilisation un peu trop systématique de sa musique, très marquée, mais qui participe d’un autre côté totalement à l’ambiance. Bref, pour l’instant, je suis totalement conquis…

Final Score : (à l’épisode 9) 5/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Alors oui, je suis fan de The Killing à un point que je me suis retapé les huit premiers épisodes pour les faire découvrir à ma dulcinée. En contrepartie, je n’ai pas encore vu la fin qui, semble-t-il, en a désespéré plus d’un. Mais bon, même si celle-ci s’avérait vraiment pourrie, je conseillerai malgré tout le show pour tous les épisodes précédents, franchement excellents.

18ème et avant-dernière partie de notre bilan de l’année. Pour faire plaisir à tous ceux qui aiment le fantastique et/ou la SF, on va parler aujourd’hui d’un ex-futur super héros, de sciences de l’étrange, de zombies , de la famille et des robots, et enfin de deux frères qui viennent comme chaque année nous en mettre plein la vue.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le 16 octobre 2001, fort d’un accord un peu tendu passé avec la société d’édition de comics DC, la WB (ancien nom de la CW) diffusait le pilote d’une petite série fantastique basée sur le personnage de Superman et portant le titre de Smallville. La licence est forte, certes, mais personne n’attend vraiment au tournant ce petit programme avant tout destiné aux ados. Sans le savoir, Miles Millar et Alfred Gough viennent d’en prendre pour dix ans… et de faire un bout d’Histoire !

Car il faut bien se dire que les séries qui durent dix ans, ça se compte sur les doigts de la main. X-Files, E.R., Friends… il y en a d’autres, mais bon vous m’avez compris : quand ça dure dix ans, on se rappelle du show pendant longtemps. Du coup oui, même si vous n’aimez pas et malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire, Smallville se fait une petite place dans la grande Histoire des séries télé.

C’est qu’il fallait les tenir ces dix ans sans collants ni vol, ce qui était la volonté première des créateurs. Un superman sans sa cape et incapable de voler, what, ce n’est pas Superman ! Pour les fans du comics, la grande force de la série a été de ne pas plagier ce qu’ils avaient déjà lu mais bel et bien de tout réinventer – au point d’ailleurs que DC a incorporé des personnages de la série (comme Chloé) dans ses comics ! Et autant vous dire que ces deux dernières années, les auteurs s’en sont donnés à coeur joie en ré-imaginant Green Arrow, toute la JSA ou encore la Legion of Super-Heroes. Un peu comme si quelqu’un avait dit : c’est bon les gars, on arrête bientôt, alors allez-y lâchez vous, faites ce que vous voulez. Résultat des courses, voilà deux ans qu’on s’éclate à regarder Smallville, qui pousse toujours le bouchon un peu plus loin, se déride complètement, ne se prend jamais au sérieux mais ne déconne pas pour autant avec la matériel de base. Le tout finir dans un BANG énorme, un double épisode final absolument jouissif, tellement fun et tellement bien incarné par Tom Welling qu’on lui pardonne toutes ses années passées à se débattre avec ses quatre expressions pour jouer Clark Kent.

Alors oui, Smallville ne s’est jamais remis de ses défauts. A commencer par une plastique assez cheap, avec des effets spéciaux pas toujours très réussis (comprendre très moche la plupart du temps), des décors qui tournent en boucle (tient, on dirait bien qu’on a déjà vu cet appartement une bonne dizaine de fois), mais surtout une structure qui plombe les scénarios avec huit minutes de vide à la fin des épisodes – enfin, de vide, dans les yeux des acteurs, qui doivent lancer de grandes tirades sur la vie, l’amour, l’héroïsme alors qu’on attend avec impatience le putain de cliffhanger de fin !

Magistrale en tout point, cette ultime saison de Smallville tourne donc une vraie page d’histoire. Le gamin né en 1990, qui avait dix ans au début de la série et qui a grandi avec elle, ne pourra s’empêcher de verser une petite larme. Nous, les grands, on a un petit pincement au coeur mais on se retient – merde, c’est Smallville quand même, les autres vont se foutre de notre gueule. Et pourtant, rah, quelle jouissance que ces deux dernières minutes, ce dernier plan, qui ferait juste hurler : up, up and away !

Final Score : 5/5 pour les fans, 2/5 pour les autres
Smallville, il faut avoir grandit avec pour l’aimer. Du coup, si vous n’êtes pas déjà fan, pas la peine de vous prendre la tête – à la limite, vous pouvez jeter un coup d’oeil au double épisode final, histoire de voir comment ça se termine. Les fans, eux, ont déjà regardé. Et tous ceux qui aiment encore la CW croisent les doigts pour que la série soit remplacé par quelque chose de potable l’année prochaine. Hein, quoi ? On me souffle dans l’oreillette “le retour de Sarah Michelle Gellar”. Si si.

Imaginée il y a trois ans par J.J. Abrams, Fringe est aussi la fille de Alex Kurtzman et Roberto Orci, deux cerveaux magnifiques que le magasine Forbes a crédité en tant que “l’arme secrète d’Hollywood, la force tranquille derrière le box office à 3 billions de dollars. Souvent dans l’ombre de J.J., ils peaufinent certains scénarios et en écrivent d’autres. Côté télé, ils étaient là sur Alias, et sont responsables de la surprenante mais réussie modernisation de Hawaii Five-0. J.J. parti vers d’autres cieux, les deux compères allaient-ils réussir à sauver un show en pleine perte d’audience ?

La bonne idée, ce fut d’abord de ne pas changer les deux showrunners (Pinkner et Wyman), deux hommes ayant fait leurs preuves sur d’autres séries de J.J. et qui savent s’embarquer dans des délires assez fous. Laissés comme deux ronds de flans après le cliffhanger de la deuxième saison, il fallait bien toute leur capacité d’innovation pour faire repartir Fringe sur de bonnes bases. Et autant dire que leur idée pour diversifier et faire rebondir la série est absolument géniale… mais on n’en parlera pas ici, au cas où certains d’entre vous ne l’auraient pas encore vu.

Du côté de la production value et de la réalisation, la série continue d’affirmer son identité visuelle relativement classe, qui sait minimiser les effets spéciaux pour mieux les valoriser. La musique nous plonge toujours aussi facilement dans cette ambiance si particulière et le tout regorge d’idées pour arriver à faire vivre un univers parfois diablement complexe.

Si les intrigues “bouclées” des épisodes s’avèrent tout à fait à la hauteur mais un poil répétitives par rapport à ce qu’on a déjà vu, c’est bien entendu au niveau du feuilletonnant que Fringe révèle tout son talent. Ne crachant sur aucun retournement de situation, même – parfois – les plus artificiels, le show se veut surprenant et particulièrement ludique, incitant toujours le spectateur à essayer d’en savoir plus, à comprendre avant les personnages ce qui est en train de se passer. La saison est pour le coup magnifiquement construite, et chaque petit élément mis en place aura son importance dans le grand déballage des trois derniers épisodes. Et comme à chaque fois, on est soufflé par le cliffhanger de fin qui ne nous rend que d’autant plus impatient de voir la suite.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. La série est en pleine chute d’audience et, pour faire plus de place à American Idol, la FOX a déplacé le show au vendredi soir. Une soirée déjà connue pour être la case du suicide de série (ou du meurtre de série, selon le point de vue), mais qui plaçait en plus Fringe face à Supernatural, autre show fantastique qui attire exactement le même type de spectateurs. Mais, ouf !, la communauté de fans de Fringe est très active et a amplement soutenu le show qui a réussi, semaine après semaine, à maintenir des scores plus qu’honorable dans cette case horaire. Une bataille de gagnée, mais la guerre reprend le 23 septembre.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
On aurait pu se lasser de Fringe, avec des épisodes bouclés un peu redondants, s’il n’y avait le feuilletonnant remarquable, qui sait prendre tous les virages – même les plus insensés. Impossible de rester de marbre face à son final bluffant, à moins que vous ne soyez totalement réfractaire aux séries fantastiques. Vivement la suite.

Attendue comme le loup blanc, The Walking Dead était l’improbable série de zombies diffusées sur AMC, la chaîne de Breaking Bad et autre Mad Men (avant de devenir le network de The Killing, dont on parlera demain.) Adaptée d’un comics à succès de Robert Kirkman, le show se concentre sur un groupe de survivants mené Rick Grimes, un ancien shérif. Six épisodes plus tard, l’adaptation de Frank Darabont, showrunner de la série, nous a-t-elle convaincu ?

La vraie force de The Walking Dead, c’est très clairement ses personnages, qui évitent tous le monolithisme habituel des histoires de zombies. Chacun d’entre eux est singulièrement travaillé, psychologiquement approfondi, et on passe à travers les couches successives des personnalités au fur et à mesure des épisodes. Tous dotés d’un destin particulier, difficile de ne pas s’attacher à ce groupe de survivants pour qui les vraies questions sur l’humanité et le besoin de survivre en tant qu’espèce se posent quotidiennement.

On notera aussi une production value assez intéressante, qui sait nous faire croire à ses décors apocalyptiques et créer une ambiance vraiment prenante… du moins dans les premiers épisodes. Dommage que la réalisation, franchement pauvre, ne vienne pas transcender le tout mais s’enferme peu à peu dans la simple production d’images, sans réelle réflexion derrière.

Mais le gros du problème se situe au niveau du scénario (un comble quand on sait que la tagline d’AMC est story matters here). En effet, les épisodes souffrent d’une structure totalement catastrophique, d’un rythme franchement poussif et l’histoire avance par à coup improbables. On ne note aucune unité dans la série qui part dans tous les sens mais sans jamais savoir où elle veut aller, et on termine sur un season finale faussement claustro, mais surtout totalement raté, qui laisse sur une conclusion désarmante.

Si l’on ajoute à ça le fait que les acteurs sont franchement à la limite de l’insupportable (mention spéciale à Sarah Wayne Callies, transfuge de Prison Break, qui croit nous émouvoir en faisant les gros yeux toutes les cinq secondes), on comprendra aisément que ce Walking Dead pourtant démarré sur les meilleurs auspices nous laisse complètement pantois sur le long terme. Pas la pire des séries, ok, mais l’une des plus grosses déceptions de l’année.

Final Score : 3/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Franchement, à la vue des deux derniers épisodes, j’ai hésité à mettre un 2/5. Puis je me suis souvenu des trois premiers et de l’excitation remarquable que me provoquait cette série. Du coup, on va dire que seulement la moitié de la saison est loupée, et qu’elle mérite une note médiane. Bref, vous l’aurez compris, The Walking Dead a encore du chemin à faire avant d’être une série aussi extraordinaire que beaucoup l’ont prétendu. Parce que sur la fin, ce n’était même plus un divertissement – juste un putain de calvaire.

Ah, Caprica ! Comment parler de la nouvelle série de Ronald D. Moore et Remi Aubuchon sans lancer un débat enflammé avec les fans de Battlestar Galactica ? C’est que Caprica s’est avant tout présentée comme une prequel qui expliquerait comment les cylons ont été inventés. Le truc, c’est qu’il y a mensonge sur la marchandise…

Car Caprica est loin d’être seulement un prequel, mais a une ambition tout autre : être la première série sur la famille… dans un monde de SF. Ronald D. Moore avait pourtant prévenu, tout dans le show serait fait pour ne pas répéter ce qui a été dit dans BSG. Exit les batailles spatiales et l’opposition entre les militaires et les civils, exit les réflexions sur l’extinction de la race humaine, exit aussi le mysticisme religieux halluciné des personnages vers la fin de la série. Caprica se penche avant tout sur un couple de parents incapable de faire face à la perte de leur fille, et sur la question essentielle de la résurrection. Un avatar numérique peut-il devenir l’âme d’une personne ? Toute la première partie de la série ne cesse de se poser la question tout en développant peu à peu, certes, la construction du premier cylon – il faut bien un peu de fan service que diable.

Particulièrement convaincante jusqu’à son dixième épisode, la série amorce ensuite un virage plutôt dangereux en remettant en place les intrigues politiques (mais toujours liées à la religion) chères aux créateurs de BSG. Et c’est là que le truc ne prend plus, du moins pour beaucoup de spectateurs, car on entre dans une autre série, qui serait plus un show politique mâtiné d’enquête complexe où quasiment toute forme de SF disparaît peu à peu. Enfin, si ce n’était le développement d’un monde artificiel qui peinera jusqu’à la fin à convaincre, la faute à une production value relativement déplorable dés qu’il s’agit de faire vivre un monde en 3D.

Plus lente, pas toujours bien construite, et surtout trop éloignée des attentes des fans de la première heure, cette seconde partie de la série l’aura conduite à son échec commercial et à l’annulation par Syfy. Le network s’est tout de même arrangé pour permettre aux auteurs d’offrir une vraie conclusion à la série qui renoue totalement avec son univers de base dans le dernier épisode. Mais il faudra tout de même se farcir quelques unes des séquences en image de synthèse les plus moches jamais vu à ce jour – au point qu’on en aurait presque de la peine pour la personne qui a dû boucler le show avec un budget que l’on sent ridicule.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison (mais avec une vraie conclusion).
Que reste-t-il de Caprica ? Des idées courageuses, une vraie liaison sympathique avec BSG, et un univers extrêmement sympathique. Mais à trop vouloir jouer des arches différentes, le show perd son identité dans sa deuxième moitié pour offrir quelque chose qui aurait pu plaire à certains, mais certainement pas aux fans de la première heure. Caprica est un échec, mais malgré tout un magnifique échec.

Supernatural aurait du s’arrêter l’année dernière, à la fin du run de cinq ans d’Eric Kripke, créateur du show, qui affirmait avoir dit tout ce qu’il avait à dire sur la série. Mais les audiences étant… on va dire honnêtes, histoire d’être gentil, ou en tous cas pas totalement catastrophiques, et surtout la critique étant relativement dithyrambique depuis quelques saisons, la CW a désiré reconduire la série. Difficile de convaincre tout le monde de revenir, mais ce qui les a mis d’accord c’est que la nouvelle showrunneuse serait Sela Ward, ancienne assistante d’Eric Kripke et auteur sur pas mal d’épisodes. On lui faisait confiance pour tenter de perpétuer la qualité de la série – mais on ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle fasse aussi bien. Et pourtant…

Autant vous le dire tout de suite, cette sixième saison de Supernatural est juste incroyable. En reprenant la liste et les résumés de tous les épisodes, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à jeter. Scénaristiquement, la série fait vraiment très très fort. D’abord dans son histoire générale, son feuilletonnant qui court tout au long de la saison, magnifiquement écrit, bourré de twists et autres retournements de situation, servis par des épisodes proprement géniaux, par exemple l’extraordinaire The Man who would be King, écrit par Ben Edlund, un monstre de travail sur la structure et l’utilisation de la temporalité dans le scénario.

Ce même Ben Edlund est aussi à l’origine de quelques uns des épisodes plus ou moins bouclés les plus inventifs jamais fait, comme ce formidable The French Mistake ou les personnages Dean et Sam se retrouvent sur le tournage… de Supernatural, à devoir se faire passer pour les terribles et franchement mauvais acteurs Jensen Ackles et Jared Padalecki. On notera aussi l’excellent My Heart will go on, dans lequel un ange retourne dans le passé pour empêcher le Titanic de couler, tout simplement parce qu’il ne supporte pas les chansons de Celine Dion, ni le film de James Cameron. Et on pourrait en citer à la pelle, tant cette saison regorge de trouvailles, de bonnes idées et de moments inoubliables.

Alors oui, la réalisation n’est pas un grand moment de cinéma, mais reconnaissons à la série une production value qui arrive à nous faire croire à des décors différents dans tous les Etats Unis semaine après semaine… alors que le show est tourné dans des petits locaux au Canada. Et si Jensen Ackles et Jared Padalecki (faut le faire quand même ces noms!) ont un peu des gueules de gravure de mode, ils maîtrisent maintenant parfaitement leurs personnages et s’avèrent de redoutables acteurs. Entouré par un casting plus que brillant (Misha Collins en Castiel est sans doute l’un des plus incroyables comédiens de l’année), les frères Winchesters continuent d’être au top du top, et Supernatural est toujours, et de très loin, l’une des meilleures séries de ces dix dernières années.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une septième saison.
La question n’est pas de savoir si vous devriez ou non regarder cette sixième saison de Supernatural, mais plutôt si vous devriez vous farcir l’intégralité de la série. Avec cent vingt-six épisodes au compteur, c’est une vraie problématique. Et puis il faut savoir que la première saison n’a rien d’exceptionnel et que c’est seulement à la troisième que la série a vraiment gagné ses lettres de noblesse en devenant un immanquable. Méchamment intelligente et bien foutue, on est loin de la simple petite série pour ado, et bel et bien dans le show sans doute le plus désespéré de sa génération. Incroyablement efficace, regorgeant d’originalité et de trouvailles géniales, c’est tout à la fois un vrai laboratoire à expérimentation et une magistrale réflexion sur l’Homme, la religion et la famille. Et vu le cliffhanger de la saison, c’est peu dire qu’on attend avec impatience le 23 septembre pour la reprise de la série !

Pour la dix-septième partie de ce bilan de l’année, on va rigoler un peu en faisant un dernier tour d’horizon des sitcoms de l’année. De la geeksploitation bien pensée, de la twittersploitation franchement loupée, de la celibritysploitation qui manque de charme et enfin de la thirtysomethingsploitation qui arrive un peu trop tard.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

La quatrième saison de The Big Bang Theory fut le coeur d’un terrible accident qui a bien failli coûter sa vie à la série : Kaley Cuoco (Penny) s’est cassée la jambe en faisant du cheval. Du coup, le saviez-vous ?, elle est doublée dans les derniers épisodes lorsqu’on la voit marcher. Et oui. Ça vous en bouche un coin, hein ? Qui a dit que je n’avais vraiment pas grand chose à dire sur cette saison ?

Bon ok, je ne vois pas vraiment ce que je pourrai vous raconter d’incroyable sur les nouvelles aventures de Leonard, Sheldon et compagnie. La série accentue son côté féminin en ajoutant au petit groupe Priya la soeur de Raj, Bernadette la copine de Howard et une Sheldon au féminin nommée Amy que l’on trouve personnellement géniale mais qui irrite bien du monde.

A part ça, le groupe repose toujours sur la même logique, l’humour fait toujours autant appel à la science qu’aux comics et à toute la “sous-culture” comme disent encore certains grands magasines, et le rythme relativement trépidant est toujours aussi bien installée.

En fait, seule Penny semble vraiment prendre du galon et quelque peu se transformer : on en a la preuve explicite lorsqu’elle comprend des blagues de Sheldon… Les nouveaux personnages apportent un peu de vent frais mais rien de vraiment percutant. Il ne faut pas en déduire que The Big Bang Theory commence à lasser, loin de là. La série est toujours aussi efficace et addictive. Et dans un monde où les sitcoms s’enchaînent en se cassant la gueule, c’est franchement formidable.

Final Score : 4/5, série reconduite pour une cinquième saison.
The Big Bang Theory n’est peut-être pas la sitcom du siècle, mais c’est en tous cas l’une des meilleures de la décennie. Avec cette quatrième saison, on nage en plein terrain connu, mais il faut bien avouer qu’on s’y sent vraiment bien. Et les quelques nouveautés apporter par l’arrivée massive de filles ne font que du bien.

Je ne vais même pas m’embêter à écrire le titre convenablement pour vous parler de Bleep my dad says (puisque c’est ainsi qu’il faut le prononcer parait-il), nouvelle sitcom de CBS dans laquelle est allée se perdre le pauvre William Shatner, sympathique capitaine Kirk mais surtout irrésistible dans Boston Legal. Alors oui, elle est nulle mais je vais la faire : il faut sauver Willy.

Catastrophe d’exploitation gratuite sans aucune réflexion sur le produit initial, Bleep est l’adaptation du twitter de Justin Halpern qui nous faisait part des meilleures citations de son père. Oui, vous avez bien compris, ils ont fait une adaptation de twitter. Twitter bordel ! Comment peut-on penser pouvoir écrire une série à partir d’un compte twitter ?!

Réponse : c’est impossible. Du coup, Bleep devient une sitcom familiale comme tant d’autre avec un père de famille un peu irascible, un peu méchant, très amérique profonde… ouais, bon on a déjà vu ça un nombre incalculable de fois. Autour de lui, un casting de personnages relativement médiocre, en tous mal pensé pour générer des blagues.

Si on peut se laisser entraîner au début par les quelques bonnes boutades que Willy assène avec un courage qui appelle à la dévotion christique, Bleep ne tarde pas à vous endormir en rêvant des jours bénis ou notre bon vieux Shatner pilotait des vaisseaux ou buvait un verre de whisky en haut d’un immeuble de Boston. Putain, help.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Et oui, difficile de faire une bonne sitcom à partir d’un compte twitter. Comme si y avait vraiment des gens qui avaient pu y croire.

J’adore Paul Reiser depuis la bonne époque de Mad about you (Dingue de toi) en français… bon ok, peut-être parce que j’étais un peu amoureux de Helen Hunt à l’époque aussi. Bref, Paul Reiser est un grand acteur, un assez bon scénariste et surtout un vrai bon comique. Alors forcément, quand j’ai su qu’il y allait y avoir un Paul Reiser Show qui serait une sorte de fausse auto-fiction à la manière de Curb Your Enthusiasm, j’étais aux anges. Ah ah, j’étais jeune et innocent.

Parce que au final, le résultat est vraiment peu probant. Paul est entouré d’hommes qui ne sont pas vraiment ses amis mais les parents des amis de ses enfants ou les maris des copines de sa femme. Ok. Et du coup il se passe quoi après ? Ben pas grand chose. Une blague avec Larry David (de Curb Your Enthusiasm, justement), un vrai faux test pour animer un jeu télé et… c’est à peu près tout.

Pas vraiment rigolote, pas vraiment intéressante, et au final plutôt surjoué par Paul Reiser (un comble qu’on ne pardonne pas) le show ne prend jamais et laisse un sentiment d’échec total, d’inachevé, d’un concept qui n’a pas vraiment été travaillé et mit à l’antenne vraiment trop tôt. Deux épisodes et la série est annulée faute d’audience convenable. On ne critiquera pas le public américain.

Final Score : 2/5, série annulée au bout de deux épisodes.
The Paul Reiser Show est soit une trop pâle copie de Curb Your Enthusiasm, soit un Modern Family vraiment trop prétentieux. Concept pas utilisé, scénarios vraiment pauvres et un Paul Reiser pas au top de sa forme : la déception est à tous les étages…

Oh, trois couples de trentenaires qui sont amis, ça pue l’idée originale… Heureusement Perfect Couples ne se repose pas sur son concept vieux comme le monde et franchement énervant pour convaincre. Humour décalé, personnages poussés dans leur retranchement (et pas vraiment réalistes), ainsi qu’une vraie science du rythme : voici les trois points forts de la série. Est-ce suffisant pour convaincre ?

Il faut bien avouer que lors du visionnage du premier épisode, vous risquez comme tout un chacun de vous dire : oh putain encore ça, mais je l’ai pas déjà vu cent fois ? Et vous auriez bien raison. Bon, vous allez peu à peu vous laisser convaincre par les personnages, franchement décalés et qui vous rappelleront les (gros) délires de Friends. Et puis il y a ce rythme implacable qui enchaîne les blagues sans vraiment vous laisser le temps d’en rire – ce qui est toujours un point positif. Du coup, vous pourriez presque vous laisser convaincre…

Mais au bout d’un moment, la lassitude reviendrait. Oui, vous les aimez bien les membres de ce petit groupe, et ils vous font bien rire, mais si la série s’arrêtait là maintenant vous vous en foutriez royalement. Et puis vous avez des épisodes à rattraper de The Big Bang Theory et de How I Met Your Mother. Roh merde, tant pis pour Perfect Couples, que vous laissez dans un coin. C’est pas grave, la série a été annulée à la fin de sa première saison.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Perfect Couples était plutôt bien écrite, filmée et jouée. Mais elle arrive trop tard dans le monde surchargée des sitcoms sur les couples de trentenaire, et surtout elle n’a aucun concept qui apporterait une plus-value à défendre. Du coup, si on rigole bien en la regardant, on oublie tout aussi vite Perfect Couples.

On entre dans la course finale de ce bilan qui s’achèvera en beauté vendredi. Comme hier je ne vous ai parlé que de séries que j’ai abandonnées, aujourd’hui je me rattrape en vous faisant un petit best of des valeurs sûres des petits networks. Une prequel de gladiateur, un flic cowboy, une famille démerde, un auteur nymphomane, et un trio de gros gros glandeurs que même vos pires amis ne sont pas à la hauteur : c’est le programme du jour.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Imparable, la première saison de Spartacus : Blood and Sand avait su créer la surprise chez tous ceux qui avaient réussi à dépasser la production value bourrée d’effets spéciaux plutôt moches du début. L’acteur principal étant malade mais le network Starz désirant instamment une suite, les producteurs – dont l’ingénieux Sam Raimi – ont la bonne idée de tourner une prequel. L’occasion de refaire tourner les copains comme Lucy Lawless et Peter Menseah qui n’avaient pas trop l’espoir de revenir en deuxième saison. Mais heu, une bonne idée cette prequel, vraiment ?

Ce Gods of the Arena aura vraiment partagé les avis. Il y a ceux qui trouvent que le show tombe dans la surenchère au possible, ne montre plus que du cul et des combats ultra gore, et devient franchement stupide. Et il y a ceux qui adorent toute la montée politique d’Oenomaus, la transformation en femme possessive et concurrente de Lucretia, ainsi que la destinée détruite de Barca. La seule chose sur laquelle le public semble s’accorder, c’est sur le côté sympathique de voir les débuts de Crixus mais de ne pas en avoir fait pour autant le héros du show, ce qui était attendu au tournant.

Du coup, que dire vraiment sur ce Gods of the Arena si ce n’est que je fais partie de ceux qui l’ont franchement apprécié ? Certes, il y a un peu plus de personnages dénudés et les combats ne font pas dans la dentelle, mais j’adore cette Italie antique relativement sale, qui pue la sueur et dont le sable accroche les vêtements – je la trouve autrement plus sympathique que la Rome ultra stylisée de la série du même nom.

L’incursion dans la politique n’est pas flagrante de réussite, mais les arches des personnages sont – à mon avis – particulièrement travaillées et jouissives. D’ailleurs, jouissance est bien le terme qui colle le plus à la série de Starz : en la regardant on ne se sent certes pas plus intelligent, mais on éprouve un plaisir intense qui vient vous prendre aux tripes et vous donne envie de crier.

Final Score : 4/5, série reconduite pour une vraie deuxième saison !
Spartacus : Gods of the Arena partage le public des fans de Blood and Sand. Du coup, ceux qui n’avaient déjà pas aimé la première saison peuvent aisément passer leur chemin. Les autres devraient tous donner sa chance à cette prequel, au moins pour se faire un avis et voir si la direction prise par la production va leur convenir pour la suite…

L’excellente surprise de FX l’année dernière, Justified, revient pour une deuxième saison très attendue au tournant. C’est que les aventures de Raylan Givens, sorte de marshal à l’attitude très cowboy, pourraient facilement tomber dans la parodie ou le cliché ridicule. Basé sur des romans et des nouvelles d’Elmore Leonard, le show est toujours dirigé de main de maître par Graham Yost, tient-il sur la longueur ?

Toujours aussi élégant, la classe d’un Clint Eastwood jeune, Timothy Olyphant nous ravit dès les premières minutes de cette nouvelle saison. C’est donc avec une certaine joie qu’on retrouve tous les personnages complexes et magnifiquement interprétés dans de nouvelles aventures.

Mais pour cette saison, les auteurs ont choisi de beaucoup plus construire une histoire générale qui se déroule sur l’ensemble des épisodes. Ce qui commence par le simple meurtre du père d’une gamine qui fait pousser de la beuh dans un petit village va progressivement se transformer en véritable règlement de compte entre trois famille aux agissement plutôt illégaux – dont bien entendu celle de Raylan. Ajoutez à cela le retour de sa femme pour laquelle la barrière entre le bien et le mal est devenue bien flou, ainsi que des collègues de plus en plus méfiants et vous obtenez une saison bourrée de surprises, d’intensité dramatique et de moments tout simplement géniaux.

Final Score : 5/5, série reconduite pour une troisième saison.
FX, le network qui se doit d’aller loin et de secouer les habitudes, s’est trouvé son cop-show avec Justified. Un cop-show décadent, dérangeant, qui ne renie jamais ses ambitions western et qui devrait, normalement, vous laisser franchement sur le cul !

Showtime prenait un sérieux risque en diffusant Shameless, adaptation US d’une série anglaise culte, après Episodes, série qui se moque des dites adaptations. Mais à la différence de ce qui se passe dans le show ultra caricatural avec Matt Leblanc, ce Shameless s’avère franchement convaincant.

Avant tout, je me dois de préciser que je ne me souviens que très peu du show anglais dont je n’ai vu que la première saison… il y a un environ sept ans. J’en ai plutôt un agréable souvenir mais je ne saurais pas vous dire quelles têtes avaient les acteurs, par exemple ! Du coup, la comparaison avec cette version US m’est franchement impossible.

Shameless, ce sont donc les mésaventures de la famille Gallagher dont le père est alcoolique, la mère partie, et les six enfants se débattent pour s’habiller, manger, et de temps en temps s’amuser. Ok, au premier abord on pourrait penser à une comédie sur une famille un peu crasseuse, du style Roseanne ou My Name is Earl, mais en réalité Shameless s’intéresse VRAIMENT à cette classe laborieuse, qui galère pour joindre les deux bouts, et qui vit là, juste au coin de la rue.

Pas toujours réaliste dans ses situations (notamment lorsque la plus jeune de la famille vole un enfant dans un parc…), le show l’est en tout cas dans le traitement de ses personnages et s’attachent à ne jamais faire de transition psychologique abrupte ou sans explication. La logique de la famille est aussi parfaitement mise en place et on tremble vraiment pour eux lorsqu’elle est remise en question vers la fin de la saison.

Drôle et touchante, bien rythmée et magnifiquement interprétée (Emmy Rossum est juste incroyable), mais surtout particulièrement addictive, cette Shameless US est une grande réussite qui vient foutre un coup de pied magistrale au petit monde tranquille des séries familiales. A mettre entre toutes les mains.

Final Score : 5/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Curieusement, Shameless est peut-être la série qui parle le mieux de la famille à l’heure actuelle. Parfois déboussolante mais toujours juste, préparez vous à être sérieusement touché par le destin de cette famille sans équivalent.

Quatrième saison des aventures de Hank Moody dans Californication. Suite à la troisième saison, de loin la plus faible, on craignait que la série ne s’essouffle sérieusement. Le charme de David Duchovny et ses innombrables conquêtes ne serait plus suffisant pour coller le spectateur sur son fauteuil ? Peu importe, cette nouvelle saison prend un virage dans la continuation et amène peu à peu le show à son âge adulte.

En effet, l’ensemble de la saison repose sur les conséquences des actes. Hank se retrouve en plein procès pour détournement de mineur, son agent et ami Charlie et son ex femme Marcy font face à leur divorce, et Karen et Becca (l’ex et la fille de Hank) comprennent enfin qu’elles détestent plus le fameux écrivain qu’elles ne l’aiment. Du coup, c’est la débandade la plus totale, mais la série ne laisse pas ses personnages s’apitoyer sur eux-mêmes pour autant et ne renonce jamais à l’humour, toujours présent.

On est cependant bien loin des jours bénis de la femme fontaine ou du vomi sur les tableaux, pour entrer dans une ère où chaque verre bu, chaque cigarette fumée peut avoir des conséquences. Hank doit mesurer à tout moment ce qu’il fait, ne pas se laisser piéger par ses vieux démons (on vous rassure, il n’y arrivera pas !) et essayer de se réconcilier avec la femme la plus importante de sa vie, sa fille, qui ne lui fait mais alors vraiment pas de cadeaux.

Toujours aussi soignées dans sa réalisation et sa production value, le show a toujours les mêmes problèmes scénaristiques, à savoir parfois un manque de thématique claire, et une dramaturgie qui ne fonctionne pas en crescendo mais varie tranquillement, comme elle le veut : résultat des courses, on a parfois l’impression que les épisodes commencent et s’arrêtent un peu n’importe comment, et ne possèdent pas de vraie unité. C’est malheureusement un peu frustrant, surtout quand un épisode n’offre aucune conclusion et qu’on reste sérieusement sur notre faim. A part ça, l’univers est totalement cohérent, les personnages géniaux et les histoires elles-mêmes fonctionnent à merveille – et c’est bien ça qui nous fait revenir semaine après semaine malgré quelques petits défauts.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une cinquième saison.
Ceux qui s’étaient lassés de Californication lors de la saison 3 peuvent revenir : cette nouvelle saison fait un vrai bond en avant et arrive à ne répéter aucune situation des saisons précédentes. On rentre peu à peu dans une vraie maturité de la série qui ne nous fait que plus attendre l’année prochaine – surtout quand on sait que Tom Kapinos, créateur de la série, a annoncé qu’elle devrait prendre une nouvelle direction pour garder toute sa fraîcheur…

Sans doute l’une des meilleures séries que vous n’avez pas vu, Workaholics est un petit bijou de comédie, une sympathique révolution au même titre qu’un 30 Rock en son temps ou qu’un The Office. Comédie de bureau par excellence, Workaholics propose de suivre les folles aventures de trois colocataires et amis qui bossent dans une compagnie de télémarketing. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais on vous l’assure, c’est tout simplement génial.

La première force de la série, c’est de posséder une identité visuelle et sonore très forte. Les séquences sont entrecoupées de mini intermèdes qu’on aurait bien du mal à définir ici, avec une musique techno minimaliste absolument géniale.

Passé cette surprise, il reste trois vraies gueules de winner. Blake, Adam et Anders (prénoms à la fois des personnages et des trois acteurs qui les incarnent) ont ces visages typiques des gens qui vous font mourir de rire à la moindre mimique.

Et puis il y a les scénarios, totalement foutraques mais toujours formidablement construits, au rythme implacable et qui propose plus de blagues que de temps pour en rire. Bref, vous l’aurez compris, on est totalement conquis.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Difficile de décrire vraiment ce qui fait le charme de Workaholics. Un mélange entre les comédiens géniaux, les scénarios hilarants et une ambiance visuelle et sonore vraiment particulière. Une vraie victoire pour Comedy Central !

EDIT : j’ai changé les notes de Californication et de Workaholics de 5/5 à 4/5 – juste histoire de corriger une petite erreur de ma part !

On entame la dernière semaine de ce bilan série de l’année : et oui, faut bien que ça s’arrête un jour. Avant d’avoir le bilan du bilan (!) ce dimanche, on va parler aujourd’hui d’un type de série un peu spécial : celles qu’on a commencé à regarder et qu’on a abandonné en cours de route. Oui, je sais, ça se fait pas de critiquer un show dont on n’a pas vu tous les épisodes, mais que voulez-vous, parfois la vie est vraiment trop difficile…

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le gros morceau de l’année pour HBO, c’était définitivement ce Boardwalk Empire, (parfois réalisé et) produit par Martin Scorsese et l’habitué du network Mark Wahlberg. Budget considérable (50 millions de dollars pour le pilote!), casting attrayant (Michael Pitt ET Steve Buscemi ça envoie forcément), univers absolument passionnant (l’amérique de la prohibition) : il y a tout pour passer un moment inoubliable. En un sens, c’est un peu le cas…

Un des soucis de HBO, c’est qu’à force de vouloir laisser les pleins pouvoirs aux créatifs, elle en oublie qu’ils ont parfois besoin d’un retour extérieur pour savoir quand ils sont complètement en train de se planter. Ce n’est pas de la censure, encore moins une histoire de saborder la créativité de ces illustres artistes, mais bel et bien une entraide nécessaire pour que les projets atteignent leur plein potentiel.

Et c’est exactement ce qui s’est passé avec Boardwalk Empire. Si on ne peut nier son plaisir d’en prendre plein la vue grâce à une réalisation et une production value d’exception et si les acteurs sont tous plus splendides les uns que les autres, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression de voir un groupe d’élite s’amuser avec un super beau joujou – jeu duquel nous serions totalement oublié. Car scénaristiquement, Boardwalk Empire est une vraie purge dont l’histoire a été tellement triturée pour la complexifier que seul la bande à Scorsese peut vraiment y comprendre quelque chose.

Multiplication des personnages à la psychologie tellement complexe qu’on ne peut jamais les comprendre, multiplication des intrigues à un tel point qu’on en oublie totalement certaines, multiplication aussi des points de vue qui au final produit l’effet de ne jamais comprendre ce qu’on veut nous raconter, Boardwalk Empire veut trop en faire et se vautre lamentablement dans sa propre futilité à courir derrière le prix de la série la plus intelligente du siècle.

On peut, bien entendu, s’amuser à regarder le plus sérieusement du monde le show de Scorsese en faisant des pauses régulièrement et en se repassant certaines scènes pour être sûr d’avoir tout compris – mais il s’agit alors d’un pur jeu d’esprit qui devrait plaire (sans doute uniquement) à des scénaristes en mal de structure affreusement complexe. Mais  dans la majorité des cas, on se contentera d’avouer qu’on ne comprend quasiment rien et que, malgré la grande qualité visuelle de la série, on se fait chier comme en sixième pendant un cours de science naturelle.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Oui, Boardwalk Empire est beau, oui il est intelligent, mais non il n’est pas du tout agréable à regarder. Ou alors comme un tableau animé, un truc à diffuser sur un écran pendant une soirée. Suivre autant d’intrigues et de personnages (que l’on ne vous aide jamais à comprendre et auquel on empêche toute identification) est possible mais assuré de vous foutre un mal de crane comme pas permis. Un fourre-tout trop complexe qui aurait bien mérité qu’une personne compétente de chez HBO vienne donner un vrai retour sur ses scénarios.

Très légèrement inspirée par le film The Incredibles (Les Indestructibles), No Ordinary Family partait de l’idée malicieuse de mélanger une histoire de super héros avec un programme familial. Du coup, nous voici face à la famille Powell qui, suite à un terrible accident, se met à développer des super pouvoirs. Très attirante sur le papier, et du coup très attendue par les critiques, No Ordinary Family sera finalement un assez gros échec en terme d’audience et finira remisée au placard à la fin de sa première saison.

Ce n’est pas faute d’avoir mis les moyens : Michael Chiklis (le Vic Mackey de The Shield) dans le premier rôle, un budget plutôt conséquent pour assurer des effets spéciaux (pour les pouvoirs) qui ne fassent pas tarte à la crème, et une réalisation somme toute très honnête. Alors où est-ce que le show s’est cassé la gueule ? Et bien, à mon avis, sur le fait qu’il n’ait pris absolument aucun risque.

Je m’explique : si je vous dis une famille avec des super pouvoirs, essayez d’imaginer toutes les premières idées de scénario que vous pourriez avoir. Un gamin un peu bête qui deviendrait super intelligent. Un couple en perte de vitesse qui se retrouve grâce à leur pouvoir. Un sidekick rigolo pour le papa qui, disons mènerait des enquêtes. Ah, et le clou du spectacle, le super méchant qui serait à l’origine de leurs pouvoirs serait en fait quelqu’un d’assez proche… comme le patron de la maman qui serait une scientifique. Ok, vous voilà avec un joli pot d’idées – et les auteurs sont arrivés exactement avec les mêmes. Sympathique ? Pas tant que ça finalement, vu qu’on se retrouve avec aucune surprise, qu’on nage en terrain ultra connu et que du coup… ben on se fait un peu chier.

Dommage, car les scénarios en eux-mêmes sont bourrés d’humour et proposent des histoires qui tiennent plutôt bien la route. Mais on finit très vite par ne plus voir que la structure bourrée de grosses ficelles, d’imaginer à l’avance comment le feuilletonnant va avancer, et cette famille si sympathique au départ nous devient soudain terriblement artificielle. On commence alors à manquer un épisode, à se dire qu’on le verra plus tard, puis on oublie et quand la série est finalement annulée on se dit qu’après tout on a plein d’autres programmes beaucoup plus intéressants à regarder (comme finir Supernatural !)

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Sur une bonne idée, les auteurs n’ont jamais réussi à tisser quoi que ce soit d’un peu original, n’ont jamais réussi à nous surprendre. Du coup, passé la surprise de départ et l’humour général qui fait quand même vraiment sourire, on finit par se dire qu’on a vraiment trop un train d’avance pour encore s’amuser. Et No Ordinary Family devient une série terriblement ordinaire… et totalement oubliable.

Vu le succès des sitcoms du mercredi sur ABC, tout le monde se jette dans la marre et essaie de renouer avec le succès du vingt-six minutes comédie. Sur la FOX, exit le public pour deux programmes en “single camera.” Pour ce Running Wilde, la chaîne fait confiance à un trio ayant déjà fait ses preuves sur Arrested Development. Leur esprit décalé et leur humour franchement délicieux se retrouve-t-il dans cette nouvelle production ?

Je dois avouer que j’étais conquis dés le départ par le casting : Will Arnett m’a toujours fait rire et Keri Russell m’a bien manqué depuis ses débuts dans Felicity. Du coup, l’idée de retrouvailles entre un millionnaire égocentrique et son amour de jeunesse écolo (au point d’aller vivre en amazonie pour sauver des villages) n’a cessé de me titiller et j’attendais la série avec impatience.

Et ce fut, dans l’ensemble, une sacré bonne surprise. Les intrigues se permettent des dérapages franchement délirant (c’est l’avantage d’avoir parmi les personnages principaux deux millionnaires totalement excentriques et en compétition sur tout), les personnages sont des archétypes poussés dans leurs retranchements pour nous faire encore plus rire, et il faut bien avouer que la réalisation et la production value s’avère tout à fait à la hauteur.

Malheureusement, la sauce n’a pas pris avec le public américain. Trop décalée, jamais réaliste, la série n’avait pas vraiment de quoi convaincre le public de la FOX en attente du retour d’American Idol. Du coup, le network a mis la série en hiatus puis diffusé n’importe comment et le plus rapidement possible les épisodes restant. Devenue un vrai calvaire à suivre, on attendra plutôt que cette Running Wilde sorte en coffret pour la regarder dans de bonnes conditions.

Final Score : 4/5, série annulée en cours de première saison.
Très drôle mais aussi particulièrement décalée et absolument pas réaliste, Running Wilde ne plaira pas à tout le monde. Mais si Arrested Development vous avait amusé et si vous voulez retrouver un peu de son esprit décalé, n’hésitez pas à y jeter un oeil… quand la série sera disponible en coffret la rendant enfin facile à regarder !

Décriée dés son annonce, puis très attendue après la présentation de son pilote, franchement surprenante tout au long de ses premiers épisodes, enthousiasmante presque, et finalement décevante sur la fin, cette ré-imagination de la classique série des années 80, aura eu un étrange parcours pour sa première saison. On attendait un peu la seconde au tournant et autant vous dire que ça ne s’est pas pas vraiment bien passé.

On pourrait même parler de catastrophe scénaristique. Alors que la première saison (du moins au début) se présentait comme une réflexion très intéressante sur le terrorisme (et un peu la résistance française) – en posant ses personnages comme des terroristes aux yeux du public mais le dernier espoir de l’humanité en réalité – la série plonge dans le préchi-précha de la science-fiction la plus basique en basculant sur le côté “on est des lézards, on a le sang froid et on ne ressent pas d’émotions.” Alors forcément, la suite logique des choses veut qu’un lézard prouve qu’au contact des humains, vous savez ces êtres si imparfaits mais capable de s’émouvoir et d’aimer (oh god, la crise d’originalité), il peut changer. Et pis la super vilaine, elle va être perturbée par ses propres sentiments…

Très attendue dans ses scénarios, la série plonge aussi visuellement avec des effets et des décors de plus en plus moches et une réalisation qui ne se donne jamais les moyens de ses ambitions. Show de femmes par excellence, avec un magnifique combat entre la brune et la blonde, V plonge dans la superficialité la plus atroce et finit par traiter ses personnages féminins par dessus la jambe. On s’énerve face à un tel gâchis, puis on finit par s’en foutre et on zappe totalement la série. Comme le public américain.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa deuxième saison.
Débutée très intelligemment, on a cru un moment au miracle et à une ré-imagination de la série mythique qui serait au moins aussi bonne. Malheureusement, les choses n’ont pas tardé à s’aggraver jusqu’à transformer ce V 2009 en show de science-fiction poussif, sans aucune originalité et dépourvu d’intelligence. La plus grosse déception de cette année.

On termine ce petit tour d’horizon des nouvelles séries qui ont débarqué pour l’été (et on se retrouvera seulement fin juillet pour les autres nouveautés qui vont arriver maintenant au compte goutte) avec le retour d’une actrice Disney particulièrement agaçante, un duo d’avocat (mais pas en salade), un hobbit qui parle à un chien (si si, je vous jure) et une psychothérapeute face à des joueurs de foot…

Qu’on se le dise, Raven Simoné est de retour ! Si vous ne connaissez pas Raven, c’est que vous n’avez pas d’enfant et/ou que vous ne vous intéressez pas aux programmes jeunesses préparés fièrement par le groupe Disney pour nos petites têtes blondes ! Actrice, chanteuse à la carrière fulgurante (on ne se souvient déjà plus de son hit), la jeune femme revient dans State of Georgia pour montrer à tout le monde qu’elle en a encore sous le capot.

On retrouve donc Raven dans une sitcom destinée aux nouveaux mercredis comédie de ABC Family (qui tente donc de copier sa grande soeur ABC qui assure depuis deux ans des mercredis sitcom qui cartonnent). En duo avec (l’assez déprimant) Melissa & Joey, State of Georgia tentera de nous faire rire avec les aventures de Georgia, une aspirante actrice qui vient de débarquer à New York avec sa meilleure amie… en l’occurrence une science geek (la geeksploitation continue de faire des ravages). Il semblerait que par la suite l’es copain de Georgia, toujours aussi amoureux d’elle, débarque, bien décidé à la ramener à la maison, mais il ne fait aucune apparition dans le pilote.

Et ce pilote, justement, il est loin, très loin, d’être convaincant. Le duo avec Majandra Delfino, vu sporadiquement depuis ses années dans Roswell (dans laquelle elle est pourtant assez convaincante), ne fonctionne pas du tout tant Raven prend de la place, assume (trop) ses blagues et se paie la part du lion. Delfino fait toute petite, un peu perdue, sans doute décontenancée de se retrouver dans des décors criards très disneyen. L’humour est franchement éculé, les personnages sont des stéréotypes sur patte et ce n’est pas le petit passage sur “hey les filles, assumons nos formes” (certes fort sympathique) qui va faire passer la pilule. Je crois que le summum est atteint quand Raven joue une scène de sexe métaphoriquement interprétée sur le mode du “je vais te faire croquer mon bon poulet frit, monsieur qui organise le casting avec le rôle que je veux obtenir…”

Final score : 2/5
On n’attendait pas grand chose de ce State of Georgia, et pas de surprise : c’est juste pas terrible du tout. Daté, peu drôle, un poil racoleur quand Raven en fait des tonnes pour nous montrer qu’elle assume ses formes, voici une sitcom qui s’écoule en fond sonore en faisant la vaisselle, mais vous ne tiendrez pas vos vingt minutes de vélo elliptique face à ce programme beaucoup trop coloré pour quiconque a passé ses dix ans.

Sur TNT, on a lancé Franklin & Bash, legal show qui marque sa différence en faisant une large part à la comédie. Sur USA, on vient de lancer Suits, legal show lui aussi, reposant sur un duo d’avocat lui aussi, mais qui se veut beaucoup plus sérieux, intelligent et classe. Et se permet même d’être énormément feuilletonnant. Bonne idée ou programme résolument trop pompeux ?

Comme souvent avec les séries USA, on en prend plein la vue dés la première image. Production value éclatante, qui met en image un New York éblouissant, qui est de plus soutenue par une réalisation qui fait tout de suite preuve de beaucoup d’intelligence. Mais méfions nous de la forme et étudions un peu le fond.

Suits s’intéresse à Mike Ross, un jeune homme particulièrement brillant qui passe les concours (de fac) à la place des vrais étudiants contre de l’argent. A dix mille lieues de lui, Harvey Specter, un brillant avocat réputé pour être remarquablement froid et sans sentiment. Le second va faire un pari et employer le premier pour devenir son nouvel associé. Problème : Mike n’a jamais réellement passé son diplôme – et à cause du règlement de la firme, les deux hommes vont faire croire qu’il sort tout juste de Harvard. Le scénario, relativement classique dans son point de départ (deux hommes que tout sépare doivent travailler ensemble), prend par la suite des tournures franchement inattendues et ne s’attarde pas outre mesure sur les affaires légales si ce n’est pour faire réagir les personnages. Et ceux-ci, justement, s’avèrent finement ciselés et loin des stéréotypes dans lesquels ils auraient facilement pu tomber.

Mais l’autre vrai atout de la série est de faire une large part au feuilletonnant. Il ne s’agit pas d’un mystère énorme qui se résoudrait au fur et à mesure, mais plutôt de petits éléments qui rebondissent d’un épisode à l’autre (du moins dans les trois premiers !) et qui crédibilisent totalement l’univers. On est rapidement comblé par cette nouvelle série qui semble n’avoir, pour l’instant, que des points positifs et qui, au final, ne vient pas du tout faire concurrence à Franklin & Bash. Cet été serait-il le renouveau du legal show ? On reviendra dessus en septembre !

Final Score : 4/5
Difficile de mettre d’office un 5/5 alors que la série n’en est qu’à ses balbutiements. Mais Suits promet beaucoup, tellement d’ailleurs qu’on a vraiment peur d’être déçu par la suite. Ce n’est pas pour autant une raison de passer à côté !

Wilfred est beau, wilfred est joueur, wilfred est gentil et il ne mord pas ! Mais si pour tout le monde Wilfred est un joli chienchien, pour Ryan, aka Elijah Wood, aka une espèce de salle petite bestiole qui veut jeter des anneaux dans le feu, c’est un monsieur avec un costume de chien. Un monsieur qui fume, boit, vanne, et lui fait faire tout ce qu’il ne devrait pas. Oui, Wilfred, c’est avant tout un pitch de malade mental.

Bon avant que tous les fans ne s’emballent, je m’empresse de rappeler que Wilfred n’est pas une création de FX, le petit network américain qui le diffusé, mais une série australienne, dans laquelle Jason Gann interprétait déjà le fameux chien – et c’est aussi l’un des trois créateurs de cette idée merveilleuse. Car autant vous le dire tout de suite, non seulement le pitch assure, mais la série aussi ! Le pilote est incroyablement drôle et bien branlé, une vraie petite merveille qui fera rire vos amis à tous les coups (c’est donc l’occasion de briller en soirée en leur diffusant ces jouissives vingt minutes). Même Elijah est touchant, et il faut bien avouer qu’avec son regard tombant on ne sait plus si c’est lui le chien (battu) ou le Wilfred qui est en train de sodomiser un ours en peluche ou de se frotter sur la jambe d’une serveuse. Allez, barrer vous vite mater cette merveille et ne revenez qu’une fois que ce sera fait !

Final Score : 5/5
Note maximale car ce pilote est assurément un immanquable. On verra plus tard pour la suite de la série… En fait, on a qu’une envie, c’est regarder les deux saisons australienne pour voir si c’était déjà aussi génial !

On termine avec Necessary Roughness, l’histoire d’une thérapeute en plein divorce qui, pour assurer ses revenus et soutenir financièrement ses deux gosses et sa mère, se voit contrainte d’accepter un énorme contrat… avec une équipe de football américain. Deux mondes en confrontation frontale, des caractères forcément fort qui s’opposent, la série promet d’être un combat de tous les instants. Est-ce suffisant pour nous intéresser ?

Autre nouvelle série de USA (avec Suits), Necessary Roughness partage trois points communs : un personnage central très fort, une production value réussie et une réalisation franchement intelligente (mis à part dans les toutes dernières minutes du pilote, mais c’est la faute à un scénario qui tourne un peu court). Donc si votre priorité c’est que la série soit belle et bien interprétée, vous pouvez y aller franchement.

Ceux qui s’intéressent plus particulièrement au scénario seront finalement un peu le cul entre deux chaises. Certes les personnages sont finement ciselés et et Callie Thomas incarne magistralement une Dr Danielle Santino particulièrement jouissive (surtout lorsqu’elle remet en place un gros black qui fait deux fois sa taille), certes l’intrigue générale est plutôt intéressante et l’idée de voir des sportifs forcés d’aller en thérapie laisse présager du meilleur, mais c’est justement au niveau de la thérapie, de la manière dont elle est traitée relativement par dessus la jambe que le bat blesse. La résolution des conflits intérieurs est – pour l’instant – trop facile et trop rapide, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi à un moment donné le patient semble enfin accepter ses problèmes.

Final Score : 3/5
Ce pilote est beau, magistralement interprété, mais le scénario un peu bancal par moment fait frissonner pour l’avenir. On espère vraiment que la suite sera plus rassurante, mais pour l’instant Necessary Roughness reste une belle coquille un peu vide.