Category: Le Conseil du Lundi


Ok, on a souvent dit du mal de HBO dans ces colonnes, parfois excessivement, mais rarement à tort. La chaîne a toujours eut, selon nous, un vrai problème dans sa manière de porter les projets en laissant trop de liberté à ses créateurs, ou plutôt en ne les aidant pas à prendre de la distance sur leurs séries. Ainsi la complexité absurde d’un Boardwalk Empire, ou l’absence totale de dramatisation dans la première saison de Bored to Death (qui a su par la suite passer le cap et assumer son côté cartoon outrancier). Aujourd’hui, la question se pose à nouveau à propos de la nouvelle série Enlightened dont le pilote, il faut bien l’avouer, nous a méchamment fait froid dans le dos.

Série créée par Laura Dern (qui s’offre aussi le premier rôle – quand on vous dit qu’il ne faut pas laisser les acteurs s’écrire leur propre rôle !) et Mike White (scénariste et producteur sur Dawson’s Creek et Freaks and Geeks), Enligthened raconte l’histoire d’Amy Jellicoe, qui fait un mémorable pétage de plomb devant toute sa boite offrant ainsi une première séquence relativement jouissive. Amy part alors faire une sorte de séminaire new age assez étrange à Hawaii pour apprendre à gérer son stress et se reprendre en main. Le montage elliptique présentant des images de nature et volupté, ainsi que la voix off dont on ne peut que ressentir l’absence de second degrés commencent à vous faire vous poser des questions…

Ensuite, Amy retourne à L.A. où elle va s’arranger pour récupérer son boulot. Ah ! ça y est on voit enfin venir le concept de la série : Amy est super positive et se prête à merveille comme premier rôle pour une comédie sur le cynisme de l’entreprise. Sauf que non, pas tout à fait. Car Enlightened est loin d’être juste une comédie mais commence peu à peu à se dessiner comme un show sur une transformation psychologique par les bienfaits d’une méthode new age dont on pressent que les auteurs veulent nous faire partager l’amour qu’ils lui portent.

Le pilote se termine sur un passage absolument ahurissant, avec une voix off digne des pires speech des prédicateurs modernes qui hantent les écrans de télé US tard dans la nuit. Le préchi-précha n’est pas méchant (il appelle à se retourner vers sa paix intérieur, à trouve un accord avec sa propre nature) mais il fait furieusement penser à une sorte de première session de rencontre pour rentrer dans une secte. Je ne connais pas assez les préceptes de la scientologie pour savoir si il y aurait un quelconque rapport, et je me garderai bien d’affirmer qu’il y a un quelconque lien entre la fameuse église et le nouveau show de HBO, mais je dois avouer avoir ressenti un vrai gros malaise face à ce Enlightened franchement dérangeant.

Oh mon dieu, oh mon dieu, arrêtez tout et jetez vous sur votre poste de télé ou n’importe quel écran sur lequel vous pouvez regarder American Horror Story. Certes, il vous faut une bonne dose d’auto-dérision, un amour limite malsain des films d’horreur, et apprécier le grotesque, l’exubérant, le n’importe quoi. Mais qu’on se le dise, on n’avait pas pris une claque aussi violente dans la figure depuis… quelques années déjà !

Même si les créateurs de la série, Ryan Murphy et Brad Falchuck,expliquent que l’idée de American Horror Story leur est venue bien avant d’aller pourfendre nos oreilles en créant Glee, leur deux ans sur la série musicale au succès international a bien dû peser sur leurs épaules, au point de vouloir hurler et cracher tout leur amour du mauvais goût, du trash et du complètement barré dans un pilote proprement ahurissant. Il n’y avait que FX, déjà leur diffuseur pour Nip/Tuck dont on oublie trop souvent qu’elle a marqué un vrai cap dans la télévision câblée, pour les laisser ainsi agir à leur guise et s’offrir cinquante minutes de pur délire absolument sans retenue.

L’histoire n’a absolument rien d’originale : une famille en perdition s’installe dans une vieille maison (sans doute hantée) de Los Angeles. Si ce point de départ n’aurait pas grand chose pour nous titiller au cinéma, il faut bien avouer que le genre horreur étant tellement rare à la télé, on ne peut que se réjouir de voir enfin un network s’y intéresser. Mais réduire AMS à ce simple pitch serait tout simplement un scandale. Car Murphy et Falchuck n’y sont pas allés de main morte sur l’horreur et ont tout simplement réuni dans le même panier tous les clichés qui peuvent vous venir en tête : le zombie dans la cave, la femme de ménage fantôme, le mec mystérieux au visage brûlé, l’adolescent psychotique, les cauchemars, les crises de possession, les visions, les portes qui claquent, les envolées au violon, les flammes, le sang, le sexe, les draps qui crissent et les couteaux en gros plans, le petit chien mignon et même cette trisomique terrifiante qui apparaît toujours là où on ne l’attend pas.

Too much ? C’est en tout cas ce que semble trouver une large part de la critique. Un assortiment de clichés qui ne font plus peur et qui masque mal l’abyme magistrale du scénario. Certes, on ne peut pas dire grand chose de l’histoire à la vu de ce premier épisode qui ne fait que s’amuser à essayer d’être encore plus barré que le remake du Prisoner il y a quelques années, tout en lorgnant clairement du côté Twin Peaks dans l’envie de perdre le spectateur. Mais cette accumulation de clichés n’est pas à prendre comme un manque d’imagination de la part des auteurs, et il faut plutôt la considérer comme une vraie envie de faire un pot pourri délirant, peu crédible mais surtout particulièrement amusant.

Ryan Murphy n’en est pas à son coup d’essai en terme de second degrés cynique et brutal, là où la critique le prend particulièrement au sérieux. Sur Popular déjà en 1999, il s’amusait à dynamiter les codes de la série pour ado à coup de transgressions scénaristiques et grosses lacérations au couteau sur la crédibilité de l’univers. Avec AMS, il retrouve son compère Brad Falchuck pour se faire une bonne séance de régression où tout est permis à la seule condition de se faire vraiment plaisir. Rien que le casting de la série est une sorte d’orgie en soit, avec Dylan McDermott souvent les fesses à l’air, Connie Briton (la maman de Friday Night Lights) en femme frigide mais excessivement excitante, sans oublier Jessica Lange en vieille dame narcissique et particulièrement cruelle avec sa “mongoloid” de fille (ses propres termes…)

Divertissement plein d’hommages, formidablement joué et réalisé mais à ne surtout pas prendre au sérieux, AMS divisera tous ceux qui veulent y voir une réflexion poussée sur les obsessions familiales ou qui attendent tout simplement plus qu’un simple amusement de la part d’une série. Mais si vous aimez les films d’horreur et/ou que vous êtes prêt à passer une heure de over-the-top improbable, ne laissez pas passer ce pilote, de très loin le plus réjouissant de la rentrée.

Et encore, je vous ai même pas parlé de la combinaison SM en cuir noir. Que du bonheur.

Imaginons que vous soyez américain. Imaginons que votre conjoint vous force déjà à regarder plein de séries qu’il/elle suit depuis plusieurs années. Imaginons donc que vous ne pouviez regarder qu’une seule nouvelle série chaque soir. Le choix est dur, mais voici mon petit panel à la vue des pilotes déjà diffusés…

LUNDI SOIR :

Le topo :

A 20h00, même si elle a démarré il y a déjà presque deux mois, on peut retrouver The Lying Game sur ABC Family. L’histoire de deux jumelles qui échangent leurs places pour découvrir le secret de leur naissance. Pas franchement excitant au niveau du pitch, pas du tout excitant au niveau de la réalisation et tout simplement catastrophique au niveau du jeu des acteurs, on passera vite fait sur cette production qui ne ravira que les amateurs de plaisir coupable (donc moi !) Sur la FOX, c’est Terra Nova qui voudrait faire trembler l’audimat avec ses dinosaures et son intrigue à tiroir qui lorgne sérieusement du côté de Lost avec des mystères bien mystérieux… A 20:30, sur CBS, une nouvelle sitcom, la bien nommée 2 Broke Girls, présente les aventures de deux filles fauchée, serveuses dans un restaurant miteux. C’est pas très drôle et même plutôt ennuyant… A 21:00, sur la CW, c’est le retour de Rachel Bilson dans Hart of Dixie. Vous n’attendiez pas le comeback de cette actrice qui s’est fait connaître dans The O.C. ? Nous non plus. Et on ne peut pas dire que cette histoire de femme docteur très urbaine mutée dans le trou du cul des Etats Unis soit la rampe de lancement qui va la propulser au rayon des grandes stars… A 22:00, le fameux Playboy Club vous ouvre ses portes sur NBC. Affiché du dur sobriquet de Mad Men du pauvre, la série a pourtant plus à offrir que sa concurrent 60′s Pan Am diffusée le dimanche soir. Le pilote est assez curieux, entre critique sociale et vrai polar noir avec ses mafieux très stéréotypés. On attend de voir la suite pour vraiment juger. Enfin, à 22:30, MTV s’essaie au mockumentary fantastique avec Death Valley dans laquelle une équipe télé suit les flics qui s’occupent d’une ville après une invasion de monstres en tout genre (zombies, vampires et compagnie). Un pitch très prometteur pour une série au final peu captivante dont l’humour a bien du mal à faire mouche. La GROSSE déception quoi.

Le gagnant :

Si vous ne pouvez suivre qu’une série, ne misez pas sur Playboy Club dont on peut déjà lorgner l’annulation au vu des scores d’audimat très décevants. Du coup,  faites confiance à tonton Spielberg avec Terra Nova pour vous faire frissonner et attendrir par ses gros dinosaures et son ambiance soignée, malgré quelques fautes de goûts remarquables (hum, les jolis fonds bleus pas du tout crédibles…)

MARDI SOIR :

Le topo :

Beaucoup moins de nouvelles séries le mardi soir, puisqu’on n’en compte que trois. Ringer, à 21:00, sur la CW, signe le retour de Sarah Michelle Gellar dans une histoire de jumelles qui échangent leurs places… mais attendez, on n’a pas déjà la même chose sur ABC Family ? Oui, mais Ringer est beaucoup plus classe que The Lying Game, et Sarah Michelle déjà nettement plus convaincante. Bon, ce n’est pas un chef d’oeuvre, on sent les grosses ficelles dramaturgiques et on voit arriver les cliffhangers au kilomètre, mais le tout n’est pas désagréable… A 21:00, la FOX propose sa nouvelle sitcom, New Girl, qui mise tout sur son actrice principale, la sympathique Zooey Deschanel. Du coup, si vous appréciez la jeune femme, il est possible de vous laisser séduire par cette sitcom plutôt fraîche, mais si elle vous sort par les yeux, vous pouvez zapper tout de suite… Enfin, à 22:00, CBS tente de nous refaire le coup du héros qui enquête mais qui a un pouvoir spécial avec Unforgettable. Cette fois, c’est Poppy Montgomery (aperçue dans Without a trace ou FBI : Porté Disparu par chez nous) qui s’y colle, accompagnée d’un des héros de Nip/Tuck. La jeune femme souffre d’une rare condition qui fait qu’elle se souvient de absolument tout. Mouais… De facture très classique, la série se démarque quelque peu dans son traitement des personnages principaux et son ambiance un peu plus noire que d’habitude – mais ne va clairement pas renouveler le monde surchargé des séries policières !

Le gagnant :

Bon ben là, je dirais que ça dépend de votre actrice préférée. Sarah Michelle, Zooey Deschanel ou Poppy Montgomery ? Bien que j’ai déjà l’impression d’en voir toutes les limites, je miserai bien sur Ringer, ne serait-ce que pour voir comment les scénaristes vont s’en sortir. Mais bon, vous pouvez clairement prendre votre mardi soir pour allez faire du sport ou une sortie ciné, hein.

MERCREDI SOIR :

Le topo :

A 20:00, Up all night, nouvelle sitcom de NBC, ne vous fera pas mourir de rire mais reste sympathique. Tout comme ses acteurs, Christina Applegate et Will Arnett qu’on a toujours plaisir à retrouver. Un couple, un bébé, et l’envie de ne pas devenir de grincheux parents : oui, le pitch n’a franchement rien de très excitant, et c’est bien dommage… A 20:30, deux nouvelles sitcoms en concurrence : Free Agents sur NBC et Suburgatory sur ABC. Entre la première très intello prétentieuse et la deuxième très grand public qui se moque, on attendra vraiment de voir sur la longueur si l’une des deux vaut le coup… A 22:00, ABC nous propose Revenge qui, contre toute attente, ressemble à un Damages, mais en bien moins courageux mais tout aussi barré dans son scénario à tiroirs. Par contre, question acteur et mise en scène, on ne joue clairement pas dans la même catégorie… On attend beaucoup du American Horror Story qui signe le retour de Ryan Murphy à la série un peu trash. Le monsieur est quand même passé de Nip/Tuck à Glee, du coup on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Dommage que le pilote n’ait pas encore été diffusé, mais nul doute qu’on reviendra dessus très prochainement !

Le gagnant :

On attend toujours American Horror Story, du coup on va se rabattre sur Revenge tant les sitcoms de cette année manquent d’ambition et d’humour…

Rendez vous mercredi pour tout autre chose et vendredi pour trouver vos nouvelles séries du jeudi, vendredi et dimanche !

L’été poursuit son petit bout de chemin et quelques nouvelles séries font leurs apparitions sur les networks américains. Chez Lifetime, après nous avoir asséné la déplorable The Protector, on remet le couvert de la série policière avec Against The Wall. Vous l’aurez compris, on s’attend tous à se retrouver avec une nouvelle grosse daube.

Against the Wall, c’est donc l’histoire d’Abby, la petite dernière d’une famille dans laquelle on est flic de père en fils – et même en fille, puisque notre héroïne a suivi le même chemin que son papa et ses frangins. Mais voilà, la jeune femme a de l’ambition et voudrait rejoindre la criminelle – pour cela, il lui faut devenir detective. Mais lorsqu’elle trouve enfin un poste lui permettant d’obtenir ce titre, c’est pour se retrouve aux Internal Affairs (les fameux IA en rouge du titre) c’est-à-dire la police des polices. Autant dire que ça ne va vraiment pas faire plaisir au reste de sa famille…

Sur ce canevas relativement simple, on est très surpris de retrouver un scénario qui n’a pas la patte un peu trop grasse de la chaîne. Pas de femme forte qui écrase tout, pas de mère courage prête à tout pour ses enfants, mais simplement une jeune femme de trente ans un peu perdue, qui hésite entre plaire à son père et assumer sa carrière. Le côté vie privé nous change donc des habituelles rengaines de la chaîne qui a tendance à en faire beaucoup trop sur le pathos. Le pilote n’évite pas une petite pleurnicherie finale dont on se serait bien passé, mais dans l’ensemble ça tient plutôt bien la route.

Le côté “policier” n’est pas spécialement mis en avant dans ce pilote qui présente une enquête très simple et qui repose entièrement sur les préjugés qu’on pourrait avoir à l’égard d’un flic un peu trop costaud et à la mine assez patibulaire. Mais il faut bien avouer que l’idée de jouer avec les “affaires internes” peut permettre aux auteurs de nous proposer des histoires un peu différentes de ce que l’on s’avale à longueur d’année. Laissons donc à Against the Wall le soin de nous prouver son originalité… ou non.

Visuellement, la série s’avère aussi être une bonne surprise. Bon, ce n’est pas un exemple de réalisation ou de production value, mais la chaîne semble avoir renoncé, pour une fois, à l’utilisation massive du glow pour tout faire briller et a laissé le réalisateur faire des images qui se veulent réalistes. Il est bon de noter que j’ai moi-même été étonné de voir une scène où l’héroïne fait l’amour… sans son soutient-gorge, un tabou que seuls les chaînes ne visant pas du tout un public familial ont osé lever.

Alors certes, les deux héroïnes sont un peu trop jolies pour être honnêtes, tous comme les frangins de la petite Abby qui oscille entre copie de Ben Affleck et copie de Matt Damon, mais c’est là un “défaut” auquel peu de séries peuvent se vanter d’échapper. En fait, s’il n’y avait la bande son aussi mielleuse que désastreuse, et qui vous donnerai presque envie de couper le son et de ne suivre que les sous-titre télétexte, ce pilote d’Against the Wall se révélerait franchement convaincant.

Final Score : 3/5, en attendant la suite…
Il faut bien avouer que même si ce pilote est assez sympathique et reste fort agréable à regarder (mais pas à écouter) on se méfiera toujours comme de la peste des séries estampillées Lifetime. Du coup, vu les dernières minutes larmoyantes de l’épisode, on va s’en tenir à un jugement un peu rude et dire que le show est juste honnête. On attend de voir la suite, mais juste honnête, pour Lifetime, c’est déjà un putain de miracle.

Coup double pour les amateurs de comédie : le mardi 19 juillet, MTV lançait une nouvelle comédie ado et Showtime rachetait les droits d’une charmante web série pour la remonter et la diffuser sur son antenne. Deux fois plus de rire pour cet été ? C’est ce qu’on va voir.

Mon premier coup de coeur pour Awkward a démarré dés que j’ai vu que le rôle principal était incarné par Ashley Rickards, sans doute la seule et unique actrice a avoir un jour été fondamentalement géniale. La retrouver dans le rôle d’une ado dont la vie bascule quelque peu le jour où une suite d’accidents stupides la font passer pour une suicidaire aux yeux de sa famille, de sa conseillère de classe et de tous les autres lycéens me paraissait forcément jouissif.

MTV s’est relancée depuis quelque temps dans la série pour ado et c’est tant mieux car elle le fait bien. Après les très bonnes surprises que furent The Hard Times of RJ Berger et la version US de Skins, Awkward récupère le ton pathétique et le discours sur les problèmes de l’image de soi de la première, et le grain de folie et quelques répliques assez crues de la seconde.

La grande force du pilote tient donc dans cette alchimie presque magique, qui oscille constamment entre la comédie pure et de vrais moments de tendresse comme on pouvait n’en voir que dans My So Called Life. L’univers des lycées américains est un peu moins stéréotypé que d’habitude (mention géniale pour la pompom girl particulièrement grassouillette qui achète l’amitié à coup de répliques cyniques… et grâce à son compte en banque), Ashley Rickards est absolument parfaite, et on se laisse happer dans ses vingt minutes qui passent à une vitesse incroyable. Vivement la suite !

Final Score : 4/5
Ce pilote est drôle, dynamique, magistralement interprété et furieusement addictif. Il manque encore la petite touche qui va faire de Awkward un indispensable, mais nul doute qu’elle va apparaître dans les prochains épisodes. En tout cas, nous, on mise vraiment dessus.

Lisa Kudrow ne recule devant rien. Après avoir créé et lancé l’étonnante mais aussi assez glauque The Comeback, qui n’attirera quasiment aucun spectateur, elle prend sa revanche sur le net en lançant une web série, la bien nommée Web Therapy. L’histoire d’une psychanaliste qui décide de faire des sessions de cinq minutes car il n’y a au fond que cinq minutes d’utile dans les sessions qui en dure cinquante, alors autant se jeter dans le vif du sujet…

Et autant vous le dire tout de suite, Showtime ne s’est pas trompée en rachetant les droits et en faisant tourner quelques séquences supplémentaires pour transformer ce projet étrange en vraie comédie pour la télé. Sorte de In Treatment version comédie, la version télé propose plusieurs cas qui s’alternent et qui reposent tous sur des bases assez folichonnes.

Le seul petit souci, c’est que tout le show repose sur Lisa Kudrow et son humour assez spécial. Adorant se tourner en dérision, elle joue ici une thérapeute plus obsédée par ses propres problèmes que par ceux de ses patients. Ses méthodes de travail sont tout à la fois illogiques et complètement pathétiques et ne feront définitivement pas rire tout le monde. Du coup, on ne peut que vous conseiller de tester par vous-même, car Web Therapy, c’est un peu comme The Comeback : c’est très drôle, mais ça ne s’explique pas.

Final Score : 4/5, mais pas pour tout le monde.
Si vous aimez Lisa Kudrow, si elle n’est pas pour vous “que” Phoebe de Friends, si vous adhérez à son humour basé une ambiance plutôt pathétique, bref, si vous avez aimé The Comeback, jetez vous sur Web Therapy. Pour tous les autres, faites donc un bout d’essai, voilà un show qui peut bien vous surprendre.

Pour le retour du conseil du lundi, absent depuis quelque temps pour cause de grand bilan de l’année, on fait coup double avec la critique de la saison 2 de Men of a Certain Age, et celle du pilote de Alphas. Entre réalisme sur les cinquantenaires et série fantastique avec des super pouvoirs, il va falloir choisir.

Aussi peu originale que son affiche le laisse suggérer, Alphas était pourtant le show le plus attendu cet été sur Syfy… peut-être aussi parce que c’était la seule nouveauté ! Créée par deux inconnus au bataillon, la série repose sur l’opposition entre deux groupes de personnes aux habilités surhumaines, dont l’un les utilisent pour commettre des crimes, et l’autre (nos héros) pour les en empêcher. Après tout, pourquoi pas ?

Le problème, visible dans les dix premières minutes du pilote, c’est que même si l’histoire repose sur une base sympathique et pourrait s’avérer convaincante au fil du temps (on surveillera attentivement le fil rouge, le feuilletonnant, qui pourrait faire la différence), les scénarios, eux, sont fichtrement mal foutus. Après une introduction plutôt sympathique, le pilote s’attarde à nous présenter chacun des personnages et son pouvoir d’une manière automatisée, peu inventive et extrêmement artificielle. On ne plonge pas du tout dans la série, on fait plutôt un gros plat qui fait mal sur le flot de sa narration. Le reste du pilote se cantonnera en permanence à ce problème : si l’intrigue est assez maligne (avec du joli twist pour la fin), les séquences en elles-mêmes sont relativement creuses, les dialogues beaucoup trop explicites, et les rares tentatives d’humour tombent généralement à plat.

Le problème posé par ces scénarios peu convaincants et d’autant plus dommageable que la réalisation peine franchement à convaincre et se révèle d’une certaine mollesse dans les scènes d’action. Il semble que la production ait une volonté de créer une ambiance vraiment différente, de tout faire pour s’éloigner de Heroes (qui partage quelques points communs), mais les partis pris ne sont pour l’instant pas vraiment satisfaisant. Ajouter à cela une production value qui propose des effets spéciaux vu et revu cent fois, et on comprendra aisément que le visuel de la série soit relativement décevant.

Enfin, le plus gros problème qui se présente dans ce pilote, c’est bien le casting des personnages du show. Si les acteurs ne sont pas mauvais (on ne pas non plus dire qu’ils sont bons, hein…) les rôles qu’ils incarnent méritent qu’on s’attarde dessus tant ils nous semble ratés. Il y a d’abord la femme fatale qui peut influencer ceux qu’elle regarde droit dans les yeux : très formatée dans son traitement, elle semble de plus complètement hors du coup et de la manière dont son géré les autres personnages, comme si elle s’était trompée de série. Le gros noir qui peut devenir très fort en situation de stress et qui devrait apporter le sérieux du groupe (c’est aussi un agent du FBI si j’ai bien compris) semble détesté par tous les autres membres du groupe, si bien qu’on ne cesse de se demander ce qu’il fout là. La petite capable de synesthésie est quant à elle particulièrement naïve et gentillette et on a envie de la secouer pour la faire sortir de son monde. Mais le pire, c’est bien l’ado atteint d’asperger et qui voit et contrôle toutes les transmissions sans fil, pouvoir intéressant s’il en est mais maladie qui le rend totalement insupportable et qui donne envie de le brûler au bout de vingt minutes. Reste le vieux savant chef du groupe et le futur petit nouveau doté d’hyperkinésie (faites un tour sur wikipedia), absolument pas originaux mais au moins supportable.

Final Score : un tout petit 3/5.
Bof bof bof, c’est ce qu’on ne peut s’empêcher de penser à la vision de ce pilote de Alphas qui ne secouera guère les masses. Une erreur de casting pour l’instant catastrophique, une réalisation et une production value sans intérêt, ainsi que des scénarios relativement mal foutus, viennent plomber une histoire sympathique et un fil rouge qui pourrait faire la différence au fil de la saison. Pas désagréable mais absolument pas intéressant pour l’instant.

Deuxième saison de Men of a certain age, l’occasion de retrouver sur TNT les sympathiques Ray Romano, Andre Baugher et surtout Scott Bakula, presque totalement disparu de nos écrans depuis les vieux jours de Quantum Leap (Code Quantum). Trois hommes proches de la cinquantaine, qui tente de (re)faire leur vie. Pour ceux qui aime l’ultra réalisme.

Car il faut bien l’avouer, il n’y pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent depuis la première saison. Joe tente bien de draguer quelques femmes, joue les récolteurs de pari, et finit par monter sur le green pour une palpitante partie de golf ; Owen récupère le garage de son père et tente comme il peut de faire survivre la société ; et Terry abandonne définitivement ses talents d’acteur pour aller vendre des voitures. Au passage, il tombe réellement amoureux, ce qui l’emmerde bien.

La recette fonctionnait assez bien dans la première saison, elle marche toujours ici. Rien de surprenant, juste une lente étude de crise de milieu de vie, avec des personnages extrêmement travaillés mais des scénarios qui frôlent la syncope. Côté réalisation et production value, on fait dans le minimalisme à outrance, pas question que l’image vole la vedette aux acteurs qui, il faut bien l’avouer, représentent bien 90% du potentiel sympathie de la série.

Malheureusement pour le trio, TNT a décidé de ne pas renouveler la série pour une troisième saison. D’autres networks seraient intéressés pour la reprendre, so wait and see. Mais autant vous l’avouer : très franchement, la disparition de Men of a Certain Age n’attristera que les plus élitistes tendus du slip en terme de série.

Final Score : 3/5, série annulée après sa deuxième saison.
Men of a certain age tire (potentiellement temporairement) sa révérence. Et, comment dire, ça ne nous fait ni chaud ni froid. Pas mauvaise mais pas vraiment palpitante non plus, la série n’est jamais devenue un incontournable. Fan d’ultra réalisme, vous pouvez toujours lui donner sa chance, les autres vous pouvez déjà oublier jusqu’à son titre.

Bon, comme il est tard et que j’ai encore plein de séries à regarder, le conseil d’aujourd’hui va être quelque peu expédié. Du coup, je vais vous parler d’un show qui a lui aussi été quelque peu expédié par ses producteurs.

Soit une petite chaîne connue pour apporter un certain soin aux protagonistes de ses séries mais s’en foutre du concept (USA, dont la tagline “characters welcome” annonce la couleur.) Soit une jeune actrice, Sarah Shahi, dynamique et pétillante, plutôt convaincante. Soit une envie de faire du legal show qui change un peu, c’est à dire sans meurtre et (quasiment) sans coupable. Mixer le tout et vous obtenez Fairly Legal, petite bombe d’audimat qui a pris tout le monde par surprise.

Ce n’est certes pas la série de l’année tant elle obéit à tous les codes de USA, que ce soit au niveau de la réalisation ou de la manière dont est “géré” le feuilletonnant, mais elle a au moins pour elle d’apporter un vrai nouveau souffle sur les legal show ultra-préfabriqué qui pullulent et obéissent toujours aux mêmes schémas (même quand elles essaient d’être différentes sans vraiment y arriver – n’est-ce pas Blue Blood ?) Le concept de la série repose sur le fait que le personnage principal est une médiatrice qui tente d’arranger les affaires entre deux parties avant d’aller au tribunal. Son but, c’est que tout le monde soit content et qu’on évite de déballer tout le tralala avec jurés, avocats, juge et compagnie. Et c’est vraiment cette idée qui fait toute la différence : pas de méchant ou de gentil mais un vrai travail pour comprendre les motivations des uns et des autres.

Du coup, on nage en plein terrain USA avec un travail certain sur la qualité des personnages mais un je m’en foutiste parfois radical en terme de réal ! Pas que la série soit vraiment moche, mais on ne peut pas dire qu’elle brille par son intelligence artistique. Dommage aussi que, au niveau du scénario, les auteurs hésitent toujours entre la comédie sympathique et le show plus sérieux, plus complexe – du coup, on se retrouve avec un final de première saison proprement ahurissant, dans lequel les évènements dramatiques s’enchaînent non-stop, en se moquant totalement de la crédibilité de l’univers mis en place.

Bref, Fairly Legal n’est pas une mauvaise série, elle fait même partie du haut du panier, mais il lui manque clairement le truc qui pourrait la rendre indispensable. En l’état, difficile de se convaincre de revenir semaine après semaine – on y trouve son plaisir, mais pas la certaine nécessité que génèrent les séries inoubliables. Attendons donc de voir la saison 2 et quel virage vont prendre les auteurs maintenant que le show s’est attiré la sympathie du public et de la plupart des critiques US.

La fleur, le pollen, l'abeille... OMG mais allons-nous parler de sexe ?

Vendredi soir, début très difficile en terme d’audience pour la nouvelle série de CBS, Chaos, une comédie sur les black ops de la CIA sur laquelle on reviendra la semaine prochaine -mais autant affronter de suite la réalité : ce show risque de ne pas faire long feu… Mais il y a aussi des séries, comme ça, qui sont infatigables et qui continuent à être diffusée, allant contre tout bon sens humain. The Secret Life of The American Teenager, que l’on va appeler SLAT pour faire plus court (et oui, aussi pour la similitude avec ce mot américain qui colle parfaitement à l’héroïne de la série !) fait partie de ces aberrations, de ces shows monstrueux dont on se demande à qui ils peuvent bien s’adresser si on oublie les nombreux fans qui se délectent du programme avec second degrés… voir seize millième degrés.

Puisqu'on ne lui confierait pas ses enfants, pourquoi la laisser écrire des séries pour ados ?

Il faut croire qu’il y a des dirigeants bicéphales chez ABC Family, la seule chaîne capable de proposer à la fois du SLAT, pur produit Brenda Hampton pour famille catho coincée dans des traditions millénaristes, et Greek, la très hautement improbable série sur les fraternités dont le seul leitmotiv est que tout problème se règle avec de l’alcool – ou du moins s’oublie suffisamment longtemps pour faire du bien ! Mais qui est Brenda Hampton ? C’est cette charmant dame en plastique, née au début des années 50, qui est surtout connue pour avoir créé, produit et écrit 7th Heaven (Sept à la maison), aka les aventures de la famille mauvais-trip, dans laquelle un pasteur, sa femme, et leurs nombreux gamins (oui, parce que quand y en a qui partent, ils se mettent à en adopter de nouveau, voyez vous…) Déjà totalement déraisonnable à l’époque, 7th Heaven reste aujourd’hui un must-have du kitch, le fer-de-lance de la série moralisatrice et culpabilisante qui affirme avec force qu’il vaut mieux espionner ses enfants (ou les faire s’espionner les uns les autres) que de les choper à embrasser le sexe opposé avant le mariage. J’ai ce souvenir charmant de cet épisode dans lequel le plus jeune des gamins, pour pouvoir enfin tirer son coup, décide d’épouser sa petite amie – ils ont seize ans chacun et, accrochez vous, leur décision, si elle n’est d’abord pas approuvée par tout le monde, finira par convaincre le reste de la famille. Moralité : marie toi, frérot, faut vraiment que t’éjacule. Brr.

L'affiche mensongère de la première saison.

Pourtant, les choses n’avaient pas si mal commencé. Bon, il faut se remettre dans le contexte : Juno venait de cartonner au cinéma, Hampton jurait ses grands dieux qu’on ne l’y prendrait plus à faire une série comme 7th Heaven (mais personne ne saura vraiment ce qu’elle voulait dire par là) et ABC Family était en odeur de sainteté avec une programmation vraiment surprenante et différente… pour une chaîne très familiale. Du coup, l’affiche de la première saison nous vendait plutôt bien le concept : une jeune adolescente tombe enceinte alors que sa famille la croit prude et coincée. On s’attend à des répercussions sympathiques et la série tiendrait presque la route (scénaristiquement) dans les premiers épisodes, la très religieuse Brenda Hampton ne reculant devant rien et en tout cas pas devant l’évocation de l’avortement, chose encore assez rare dans les programmes américains. Le reste sentait un peu le souffre : décors en toc, acteurs absolument insignifiants (à croire qu’ils ont fait un concours pour savoir lequel a le moins de charisme), réalisation soporifique – sans parler d’une musique à vous van-goghiser l’oreille.

La très cruelle mais sincère affiche de la saison 3. Le cast le plus affligeant de ces vingt dernières années.

Petit saut dans le temps : après avoir tout de même regarder la première et le début de la deuxième saison, je fais l’impasse quelque temps sur cet incroyable show pour retomber dessus il y a quelques jours, à l’occasion de la diffusion de la deuxième partie de la troisième saison. Pour le coup, surprise pendant la previously : les choses n’ont pas stagné, on peut même dire qu’elle sont allées très très vite. Le jeune puceau pseudo héros a couché avec la pétasse de service – du coup elle est tombée enceinte (à croire que les gentils américains qui attendent le grand amour ont forcément des gosses quand ils couchent pour la première fois – je sais pas vous, mais moi ça m’appellerait à avoir une sexualité complètement débridée !) ; l’héroïne s’est remis avec sex-offender de boyfriend ; l’ultra-catho se sent des tourbillons dans la culotte depuis qu’elle sort avec un nouveau garçon (du coup, elle demande à sa maman l’autorisation d’avoir des rapports sexuels… ) ; et puis il y a ce petit mongolien que j’avais totalement oublié, au caractère de merde, qui postillonne plus qu’il ne parle, et qui est dans le fond tellement insupportable qu’il ferait voter n’importe qui pour l’euthanasie des handicapés. Quarante deux minutes plus tard, je reste toujours aussi choqué par l’absence totale de modernité de cette série qui aurait déjà été démodée du temps de 21 Jump Street. Mais voilà qu’en plus les scénarios sont devenus terriblement lourds, sans aucune once de sens du rythme, auquel se rajoute une bande son dépourvue de musique mais aussi d’ambiance plongeant le tout dans l’artificialité la plus totale et qui n’a d’égale que celle des décors. Pourtant, c’est bel et bien un succès aux States, où la série fait les meilleurs audiences de la chaîne et se permet même, parfois, de battre Gossip Girl (qui ne joue pourtant pas du tout dans la même cour…) Mon conseil du lundi : fuyez vite !

Allez, pour se faire du bien, un petit trailer des Thundercats nouvelle version, que j’attends avec toujours plus d’impatience… hum, Félibelle !

httpv://www.youtube.com/watch?v=GrBmWKAyPk8&feature=player_embedded

Puisqu'on vous dit qu'il n'est pas trop tard pour commencer à regarder cette série !

Il est parfois très facile de convaincre quelqu’un de regarder (ou non) une série : il suffit de prétendre que le programme est destiné à une bande d’orang-outans en rut (Blue Mountain State) ou juste de préciser que ça passe sur AMC ou HBO… Pour ce conseil du Lundi, la situation est beaucoup plus difficile. En effet, la nature voudrait que vous rejetiez en masse The Event, la série dont nous allons donc parler, et vous auriez sans doute raison. Mais… (oh là là, quel teasing !)

Commençons par toutes les raisons pour lesquelles vous ne devriez même pas jeter un oeil à la nouvelle production de NBC.

Moche comme une affiche de film poubelle. Oh, wait...

1) C’est de manière totalement avérée et irréfutable un “event” show (c’est ainsi que la chaîne a défini l’appel d’offre), c’est-à-dire une de ces séries qui avaient le vent en poupe il y a quelques années en proposant d’emblée un concept fort mais très mystérieux, avec une intrigue qui va poser plein de questions. Oui, c’est du Lost, du Heroes, ou encore Flash Forward (pour aller de mal en pis.) En gros, le genre de série qui a pu nous tenir en haleine pendant un moment, mais dont on a vu tellement d’exemples s’effondrer lamentablement qu’on ne veut plus jamais y croire (les fans de Prison Break se souviennent encore de la douloureuse saison 2… et de la 3… et de la 4 !)

WORST PROMO EVER

2) Le trailer et toute la communication faite autour de la série est atrocement “teasante” dans le mauvais sens du terme : hey, les pubards, vous croyez nous intéresser à votre série en ne nous disant rien à son sujet ? Et bien j’ai pas non plus envie d’en savoir plus.

3) Autant le dire tout de suite, c’est de la SF – bon ok, ça vous fait un gros spoiler sur la suite de la série, mais après tout vous aviez qu’à vous en doutez vu le titre de ce blog. Du coup, je vois déjà plein de jeunes filles fuir leur poste de télé. Plein de garçons aussi d’ailleurs.

4) C’est pas remarquablement filmé, il n’y a pas de personnages inoubliables et encore moins d’acteurs irremplaçables. Ouch. C’est super average de ce côté là quoi…

Ok, i'll be there.

Mais wait – vous vous souvenez de mon teasing du début ? Et oui, j’aime bien The Event et j’ai bien envie de vous faire aimer la série à mon tour. Je vous rassure tout de suite : non, je n’aime pas ce show parce que personne ne l’aime (d’ailleurs ils fait des score honorables aux States, malgré un savant effritement de l’audience au fur et à mesure.)

La série fonctionne grâce à une seule chose : son scénario. Certes, c’était l’élément qui faisait le plus peur – et à la vision du pilote vous pourriez vous dire que c’est clairement le point noir du show – mais en réalité celui-ci s’avère foutrement convaincant. Tout simplement car les auteurs ont pris en compte la principale erreur de leurs séries aînées : poser des mystères et des questions, c’est bien, les résoudre et y répondre, c’est mieux ! Et vite si possible… Du coup, dés le deuxième épisode, vous saurez ce qu’est le fameux Event, et on commence déjà à avoir plein de réponses ! Après, vous me direz que c’est peut-être bien pour l’instant, mais la série ne pourra pas durer éternellement comme ça – souvenons nous de Heroes qui s’est fait bouffer par sa trop grande rapidité (les évènements prévus pour la fin de la première saison s’étaient déjà déroulés à la moitié de cette même saison, laissant les auteurs complètement à sec.) J’ai donc attendu la reprise de The Event pour voir si les auteurs arrivaient à continuer sur leur bonne lancée : et j’avoue que je suis totalement convaincu. Alors que je pensai voir où allait la série, celle-ci prend un virage à 90 degrés et nous entraîne là où on ne l’attendait pas… mais en restant totalement crédible, respectueuse de son univers de départ et pas en partant totalement en sucette que la sus-nommée Heroes !

Don't make a new tagline if u don't beLIEve in it !

Reste un seul problème quand on veut parler de The Event et qu’on aimerait teaser ses amis pour les pousser à regarder cette série : l’histoire est franchement inracontable. Quel que soit le petit bout par lequel vous allez commencer, vous allez forcément spoiler une partie du truc. Le résumé visible sur la page wikipedia raconte purement et simplement les douze premiers épisodes ! Du coup, mis à part vous dire que la structure originale de la série dans les premiers épisodes va changer dés qu’elle vous saoulera, que si les acteurs ne sont pas spécialement bons ils sont loin d’être mauvais, et que – putain ! – c’est quand même la première série US que je connais créée par un belge, je vois pas trop ce que je pourrai faire de plus. Maintenant, c’est à vous de vous lancer dans l’aventure. Vous n’en avez peut-être pas envie pour le moment, mais je vous jure que, au final, vous ne le regretterez pas.

Après un nouvel échec à poster le vendredi, je devrai commencer par me donner un conseil à moi-même en me persuadant de rédiger ces putains d’article à l’avance – si jamais j’en trouvais le temps. Le souci est aussi que faire des analyses de séries est assez amusant mais il faut bien trouver des sujets intéressants – et vu la grande qualité des séries lancées cette année, autant dire que ceux-ci sont peu nombreux. Ah ah, l’excuse bidon par essence, lancez moi des légumes pourris que je me réveille un peu !

Je pourrais pour une fois vous conseiller d’éteindre un peu votre poste de télévision – heu, pardon votre connexion internet, et vous lancer dans l’admirable ouvrage de Serge Bramly sur Léonard de Vinci, les plus fans d’entre vous d’Assassin’s Creed comprendront pourquoi. Mais ce serait encore perdre un peu de temps avant d’entrer dans le vif du sujet d’aujourd’hui : Episodes. Et oui, j’essaie de gagner de la place parce que je n’ai pas grand chose à vous en dire… !

Alors quoi qu’où qu’est-ce que ce Episodes qui avait tant fait parler de lui avant sa diffusion ? C’est avant tout un trailer absolument génial, dans lequel Matt Leblanc (bien prononcer le “que” à la fin parce que c’est comme ça qu’ils font les américains) venait passer un casting à Showtime pour jouer son propre rôle dans une série. Bien entendu, la conclusion était que d’autres acteurs faisait plus Matt Leblanc que lui-même. C’était très drôle, assez magique, et surtout on était content de revoir notre petit Joey qui était tombé dans les abîmes de la médiocrité avec la sitcom dérivée de Friends portant son nom (vous l’aviez oublié, pas moi, j’en vomi encore le soir.)

L’idée est plutôt sympathique : un couple de scénaristes anglais (inutile de préciser pour tous les scénaristes français qu’on ne se retrouve absolument pas dans ces caricatures joués par des acteurs – oui, oui, de vrais acteurs, ces gens même avec qui on se bat en permanence et qu’on accuse toujours de complètement détruire nos magnifiques écrits !) qui vient de recevoir un award anglais pour leur sitcom se laisse convaincre d’adapter cette même série aux Etats Unis. Le seul souci, c’est que rapidement ils se trouvent à devoir faire avec Matt Leblanc (qui joue bien son propre rôle et le joue… bien…) qui ne colle absolument pas au personnage. On s’en doute, la misère télévisuelle américaine, le fléau Showtime (qui s’essaie une fois de plus à l’auto-critique) va annihiler tout ce qui faisait la saveur de la série anglaise et transformer le beau projet en daube imbuvable. Quoi que, revirement scénaristique de dernière minute, nos amis ne seront finalement pas si dégoûté par le pilote qu’ils arriveront à tourner. Ouais, parce que faudrait quand même pouvoir faire une deuxième saison (déjà commandée) et que c’est pas jouable si personne n’aime la série dans la série (vous suivez ?)

Yep, u need to drink if u wanna watch it all.

Là où ça coince, c’est que la série n’est finalement pas très drôle. On le sentait dés le premier épisode – clairement à des années lumières en terme d’humour du trailer, cela ce confirme par la suite. Le faux studio américain n’est jamais crédible (dommage vu qu’on tente de nous faire croire que les auteurs anglais le sont eux), Matt Leblanc semble jouer constamment entre le “faites de moi un salop” et “n’en faites pas trop quand même, si ça marche pas faudrait que je retrouve du boulot”, et le rythme de l’ensemble est carrément trop mou – un comble quand on sait que c’est David Crane, le créateur himself de Friends, qui est aux manettes. Bon, je suis sans doute un poil méchant, l’affaire n’est pas aussi grave, mais c’est pour vous donner une idée de ma déception.

Du coup, on préférera largement retourner voir les aventures de Hank / David Duchovny dans Californication saison quatre, dans laquelle on retrouve la même critique de la télévision (et encore de Showtime) mais cette fois beaucoup plus crédible… et drôle. Comme quoi, pour faire une bonne série américaine, rien de tel qu’un ancien chercheur d’aliens.