Category: Le Grand Jeu des Séries


Après de grandes et belles vacances passées en partie à mater les affiches publicitaires pour les nouvelles séries dans les rues de San Francisco et de Los Angeles (oui, je me la raconte, mais que voulez vous, c’était trop bien !) il fallait bien rentrer un jour. Ca tombe bien, cette semaine, la CW a eut la bonne idée de faire pareil. Du coup, elle nous balance son line up pour l’année en espérant que rien ne se casse trop la gueule…

La CW est le plus petit des cinq “gros” networks, et elle mise en priorité sur un public plutôt jeune – leur coeur de cible c’est le 18-35 ans, à forte tendance féminine, et autant dire que les dirigeants de la chaine visent plutôt bien. Ne vous étonnez donc pas de ne pas retrouver dans ce line-up un pseudo Mad Men comme il va en pulluler tout au long de l’année chez la concurrence…

Le lundi, mais pas avant le 26 septembre (allez savoir pourquoi !), on retrouvera Gossip Girl à 20h00, puis Hart of Dixie, de la même équipe, à 21h00. Une soirée qui se veut glamour, pleine d’histoire d’amour et de beaux sentiments qui a intérêt à nous réserver quelques surprises croustillantes (qui a parlé de partie à trois ?) pour arriver à titiller notre attention…

Le mardi, on retrouve nos petits jeunes de 90210 à 20h00, qui vont devoir sérieusement se secouer les fesses s’ils ne veulent pas nous endormir profondément comme ils l’ont fait l’année dernière. A 21h00, c’est LE retour de l’année, avec Sarah Michelle Gellar dans un double rôle pour Ringer. La critique américaine était mitigée, la critique française beaucoup plus assassine, on vous donnera notre avis sur le pilote la semaine prochaine. La seule chose qui est sûre, c’est que question audience était plus qu’à la hauteur avec un score de +72% par rapport à l’année dernière (pour le début de la saison 2 de Life Unexpected sur la même tranche horaire.)

Le mercredi, on laisse tomber les séries pour cracher sur les stars dans H8R, animé par le bonhomme en plastique qu’est Mario Lopez, mais oui, le Slater de Sauvé par le gong qui n’a pas changé d’un pouce et dont le sourire super bright éblouirait le plus aveugle d’entre nous. A 21h00, c’est le retour de America’s Next Top Model. Nuff said.

Le jeudi, double ration de Kevin Williamson avec la suite des Vampire Diaries dont on pense toujours beaucoup de bien, malgré tous ceux qui disent s’être lassés pendant la deuxième saison (mais qu’est-ce qu’il vous faut ?!), et l’arrivée du nouveau Secret Circle, lui aussi adapté de romans de L.J. Smith qui datent quelque peu (1992)… Le showrunner saura-t-il réitérer son succès ? Les audiences d’hier soir semblent aller dans cette voie…

Enfin, le vendredi (à partir du 23 septembre) on se partagera entre le pire, avec Nikita à 20h00, vrai plaisir malsain pour les fêlés de la tête, et le retour de Supernatural à 21h00, juste la meilleure série de la saison dernière.

Tout ça nous fait donc un joli petit lineup, qui a le mérite de reposer sur une vraie réflexion de programmation. Franchement, on voit mal comment une série pourrait vraiment se casser la gueule au milieu de tout ça, mais il faudra bien que quelqu’un laisse sa place à One Tree Hill en janvier. Et oui, l’increvable show de Caroline du Nord revient pour une ultime saison. Ultime ? Mais bien sûr.

18ème et avant-dernière partie de notre bilan de l’année. Pour faire plaisir à tous ceux qui aiment le fantastique et/ou la SF, on va parler aujourd’hui d’un ex-futur super héros, de sciences de l’étrange, de zombies , de la famille et des robots, et enfin de deux frères qui viennent comme chaque année nous en mettre plein la vue.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le 16 octobre 2001, fort d’un accord un peu tendu passé avec la société d’édition de comics DC, la WB (ancien nom de la CW) diffusait le pilote d’une petite série fantastique basée sur le personnage de Superman et portant le titre de Smallville. La licence est forte, certes, mais personne n’attend vraiment au tournant ce petit programme avant tout destiné aux ados. Sans le savoir, Miles Millar et Alfred Gough viennent d’en prendre pour dix ans… et de faire un bout d’Histoire !

Car il faut bien se dire que les séries qui durent dix ans, ça se compte sur les doigts de la main. X-Files, E.R., Friends… il y en a d’autres, mais bon vous m’avez compris : quand ça dure dix ans, on se rappelle du show pendant longtemps. Du coup oui, même si vous n’aimez pas et malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire, Smallville se fait une petite place dans la grande Histoire des séries télé.

C’est qu’il fallait les tenir ces dix ans sans collants ni vol, ce qui était la volonté première des créateurs. Un superman sans sa cape et incapable de voler, what, ce n’est pas Superman ! Pour les fans du comics, la grande force de la série a été de ne pas plagier ce qu’ils avaient déjà lu mais bel et bien de tout réinventer – au point d’ailleurs que DC a incorporé des personnages de la série (comme Chloé) dans ses comics ! Et autant vous dire que ces deux dernières années, les auteurs s’en sont donnés à coeur joie en ré-imaginant Green Arrow, toute la JSA ou encore la Legion of Super-Heroes. Un peu comme si quelqu’un avait dit : c’est bon les gars, on arrête bientôt, alors allez-y lâchez vous, faites ce que vous voulez. Résultat des courses, voilà deux ans qu’on s’éclate à regarder Smallville, qui pousse toujours le bouchon un peu plus loin, se déride complètement, ne se prend jamais au sérieux mais ne déconne pas pour autant avec la matériel de base. Le tout finir dans un BANG énorme, un double épisode final absolument jouissif, tellement fun et tellement bien incarné par Tom Welling qu’on lui pardonne toutes ses années passées à se débattre avec ses quatre expressions pour jouer Clark Kent.

Alors oui, Smallville ne s’est jamais remis de ses défauts. A commencer par une plastique assez cheap, avec des effets spéciaux pas toujours très réussis (comprendre très moche la plupart du temps), des décors qui tournent en boucle (tient, on dirait bien qu’on a déjà vu cet appartement une bonne dizaine de fois), mais surtout une structure qui plombe les scénarios avec huit minutes de vide à la fin des épisodes – enfin, de vide, dans les yeux des acteurs, qui doivent lancer de grandes tirades sur la vie, l’amour, l’héroïsme alors qu’on attend avec impatience le putain de cliffhanger de fin !

Magistrale en tout point, cette ultime saison de Smallville tourne donc une vraie page d’histoire. Le gamin né en 1990, qui avait dix ans au début de la série et qui a grandi avec elle, ne pourra s’empêcher de verser une petite larme. Nous, les grands, on a un petit pincement au coeur mais on se retient – merde, c’est Smallville quand même, les autres vont se foutre de notre gueule. Et pourtant, rah, quelle jouissance que ces deux dernières minutes, ce dernier plan, qui ferait juste hurler : up, up and away !

Final Score : 5/5 pour les fans, 2/5 pour les autres
Smallville, il faut avoir grandit avec pour l’aimer. Du coup, si vous n’êtes pas déjà fan, pas la peine de vous prendre la tête – à la limite, vous pouvez jeter un coup d’oeil au double épisode final, histoire de voir comment ça se termine. Les fans, eux, ont déjà regardé. Et tous ceux qui aiment encore la CW croisent les doigts pour que la série soit remplacé par quelque chose de potable l’année prochaine. Hein, quoi ? On me souffle dans l’oreillette “le retour de Sarah Michelle Gellar”. Si si.

Imaginée il y a trois ans par J.J. Abrams, Fringe est aussi la fille de Alex Kurtzman et Roberto Orci, deux cerveaux magnifiques que le magasine Forbes a crédité en tant que “l’arme secrète d’Hollywood, la force tranquille derrière le box office à 3 billions de dollars. Souvent dans l’ombre de J.J., ils peaufinent certains scénarios et en écrivent d’autres. Côté télé, ils étaient là sur Alias, et sont responsables de la surprenante mais réussie modernisation de Hawaii Five-0. J.J. parti vers d’autres cieux, les deux compères allaient-ils réussir à sauver un show en pleine perte d’audience ?

La bonne idée, ce fut d’abord de ne pas changer les deux showrunners (Pinkner et Wyman), deux hommes ayant fait leurs preuves sur d’autres séries de J.J. et qui savent s’embarquer dans des délires assez fous. Laissés comme deux ronds de flans après le cliffhanger de la deuxième saison, il fallait bien toute leur capacité d’innovation pour faire repartir Fringe sur de bonnes bases. Et autant dire que leur idée pour diversifier et faire rebondir la série est absolument géniale… mais on n’en parlera pas ici, au cas où certains d’entre vous ne l’auraient pas encore vu.

Du côté de la production value et de la réalisation, la série continue d’affirmer son identité visuelle relativement classe, qui sait minimiser les effets spéciaux pour mieux les valoriser. La musique nous plonge toujours aussi facilement dans cette ambiance si particulière et le tout regorge d’idées pour arriver à faire vivre un univers parfois diablement complexe.

Si les intrigues “bouclées” des épisodes s’avèrent tout à fait à la hauteur mais un poil répétitives par rapport à ce qu’on a déjà vu, c’est bien entendu au niveau du feuilletonnant que Fringe révèle tout son talent. Ne crachant sur aucun retournement de situation, même – parfois – les plus artificiels, le show se veut surprenant et particulièrement ludique, incitant toujours le spectateur à essayer d’en savoir plus, à comprendre avant les personnages ce qui est en train de se passer. La saison est pour le coup magnifiquement construite, et chaque petit élément mis en place aura son importance dans le grand déballage des trois derniers épisodes. Et comme à chaque fois, on est soufflé par le cliffhanger de fin qui ne nous rend que d’autant plus impatient de voir la suite.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. La série est en pleine chute d’audience et, pour faire plus de place à American Idol, la FOX a déplacé le show au vendredi soir. Une soirée déjà connue pour être la case du suicide de série (ou du meurtre de série, selon le point de vue), mais qui plaçait en plus Fringe face à Supernatural, autre show fantastique qui attire exactement le même type de spectateurs. Mais, ouf !, la communauté de fans de Fringe est très active et a amplement soutenu le show qui a réussi, semaine après semaine, à maintenir des scores plus qu’honorable dans cette case horaire. Une bataille de gagnée, mais la guerre reprend le 23 septembre.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
On aurait pu se lasser de Fringe, avec des épisodes bouclés un peu redondants, s’il n’y avait le feuilletonnant remarquable, qui sait prendre tous les virages – même les plus insensés. Impossible de rester de marbre face à son final bluffant, à moins que vous ne soyez totalement réfractaire aux séries fantastiques. Vivement la suite.

Attendue comme le loup blanc, The Walking Dead était l’improbable série de zombies diffusées sur AMC, la chaîne de Breaking Bad et autre Mad Men (avant de devenir le network de The Killing, dont on parlera demain.) Adaptée d’un comics à succès de Robert Kirkman, le show se concentre sur un groupe de survivants mené Rick Grimes, un ancien shérif. Six épisodes plus tard, l’adaptation de Frank Darabont, showrunner de la série, nous a-t-elle convaincu ?

La vraie force de The Walking Dead, c’est très clairement ses personnages, qui évitent tous le monolithisme habituel des histoires de zombies. Chacun d’entre eux est singulièrement travaillé, psychologiquement approfondi, et on passe à travers les couches successives des personnalités au fur et à mesure des épisodes. Tous dotés d’un destin particulier, difficile de ne pas s’attacher à ce groupe de survivants pour qui les vraies questions sur l’humanité et le besoin de survivre en tant qu’espèce se posent quotidiennement.

On notera aussi une production value assez intéressante, qui sait nous faire croire à ses décors apocalyptiques et créer une ambiance vraiment prenante… du moins dans les premiers épisodes. Dommage que la réalisation, franchement pauvre, ne vienne pas transcender le tout mais s’enferme peu à peu dans la simple production d’images, sans réelle réflexion derrière.

Mais le gros du problème se situe au niveau du scénario (un comble quand on sait que la tagline d’AMC est story matters here). En effet, les épisodes souffrent d’une structure totalement catastrophique, d’un rythme franchement poussif et l’histoire avance par à coup improbables. On ne note aucune unité dans la série qui part dans tous les sens mais sans jamais savoir où elle veut aller, et on termine sur un season finale faussement claustro, mais surtout totalement raté, qui laisse sur une conclusion désarmante.

Si l’on ajoute à ça le fait que les acteurs sont franchement à la limite de l’insupportable (mention spéciale à Sarah Wayne Callies, transfuge de Prison Break, qui croit nous émouvoir en faisant les gros yeux toutes les cinq secondes), on comprendra aisément que ce Walking Dead pourtant démarré sur les meilleurs auspices nous laisse complètement pantois sur le long terme. Pas la pire des séries, ok, mais l’une des plus grosses déceptions de l’année.

Final Score : 3/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Franchement, à la vue des deux derniers épisodes, j’ai hésité à mettre un 2/5. Puis je me suis souvenu des trois premiers et de l’excitation remarquable que me provoquait cette série. Du coup, on va dire que seulement la moitié de la saison est loupée, et qu’elle mérite une note médiane. Bref, vous l’aurez compris, The Walking Dead a encore du chemin à faire avant d’être une série aussi extraordinaire que beaucoup l’ont prétendu. Parce que sur la fin, ce n’était même plus un divertissement – juste un putain de calvaire.

Ah, Caprica ! Comment parler de la nouvelle série de Ronald D. Moore et Remi Aubuchon sans lancer un débat enflammé avec les fans de Battlestar Galactica ? C’est que Caprica s’est avant tout présentée comme une prequel qui expliquerait comment les cylons ont été inventés. Le truc, c’est qu’il y a mensonge sur la marchandise…

Car Caprica est loin d’être seulement un prequel, mais a une ambition tout autre : être la première série sur la famille… dans un monde de SF. Ronald D. Moore avait pourtant prévenu, tout dans le show serait fait pour ne pas répéter ce qui a été dit dans BSG. Exit les batailles spatiales et l’opposition entre les militaires et les civils, exit les réflexions sur l’extinction de la race humaine, exit aussi le mysticisme religieux halluciné des personnages vers la fin de la série. Caprica se penche avant tout sur un couple de parents incapable de faire face à la perte de leur fille, et sur la question essentielle de la résurrection. Un avatar numérique peut-il devenir l’âme d’une personne ? Toute la première partie de la série ne cesse de se poser la question tout en développant peu à peu, certes, la construction du premier cylon – il faut bien un peu de fan service que diable.

Particulièrement convaincante jusqu’à son dixième épisode, la série amorce ensuite un virage plutôt dangereux en remettant en place les intrigues politiques (mais toujours liées à la religion) chères aux créateurs de BSG. Et c’est là que le truc ne prend plus, du moins pour beaucoup de spectateurs, car on entre dans une autre série, qui serait plus un show politique mâtiné d’enquête complexe où quasiment toute forme de SF disparaît peu à peu. Enfin, si ce n’était le développement d’un monde artificiel qui peinera jusqu’à la fin à convaincre, la faute à une production value relativement déplorable dés qu’il s’agit de faire vivre un monde en 3D.

Plus lente, pas toujours bien construite, et surtout trop éloignée des attentes des fans de la première heure, cette seconde partie de la série l’aura conduite à son échec commercial et à l’annulation par Syfy. Le network s’est tout de même arrangé pour permettre aux auteurs d’offrir une vraie conclusion à la série qui renoue totalement avec son univers de base dans le dernier épisode. Mais il faudra tout de même se farcir quelques unes des séquences en image de synthèse les plus moches jamais vu à ce jour – au point qu’on en aurait presque de la peine pour la personne qui a dû boucler le show avec un budget que l’on sent ridicule.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison (mais avec une vraie conclusion).
Que reste-t-il de Caprica ? Des idées courageuses, une vraie liaison sympathique avec BSG, et un univers extrêmement sympathique. Mais à trop vouloir jouer des arches différentes, le show perd son identité dans sa deuxième moitié pour offrir quelque chose qui aurait pu plaire à certains, mais certainement pas aux fans de la première heure. Caprica est un échec, mais malgré tout un magnifique échec.

Supernatural aurait du s’arrêter l’année dernière, à la fin du run de cinq ans d’Eric Kripke, créateur du show, qui affirmait avoir dit tout ce qu’il avait à dire sur la série. Mais les audiences étant… on va dire honnêtes, histoire d’être gentil, ou en tous cas pas totalement catastrophiques, et surtout la critique étant relativement dithyrambique depuis quelques saisons, la CW a désiré reconduire la série. Difficile de convaincre tout le monde de revenir, mais ce qui les a mis d’accord c’est que la nouvelle showrunneuse serait Sela Ward, ancienne assistante d’Eric Kripke et auteur sur pas mal d’épisodes. On lui faisait confiance pour tenter de perpétuer la qualité de la série – mais on ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle fasse aussi bien. Et pourtant…

Autant vous le dire tout de suite, cette sixième saison de Supernatural est juste incroyable. En reprenant la liste et les résumés de tous les épisodes, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à jeter. Scénaristiquement, la série fait vraiment très très fort. D’abord dans son histoire générale, son feuilletonnant qui court tout au long de la saison, magnifiquement écrit, bourré de twists et autres retournements de situation, servis par des épisodes proprement géniaux, par exemple l’extraordinaire The Man who would be King, écrit par Ben Edlund, un monstre de travail sur la structure et l’utilisation de la temporalité dans le scénario.

Ce même Ben Edlund est aussi à l’origine de quelques uns des épisodes plus ou moins bouclés les plus inventifs jamais fait, comme ce formidable The French Mistake ou les personnages Dean et Sam se retrouvent sur le tournage… de Supernatural, à devoir se faire passer pour les terribles et franchement mauvais acteurs Jensen Ackles et Jared Padalecki. On notera aussi l’excellent My Heart will go on, dans lequel un ange retourne dans le passé pour empêcher le Titanic de couler, tout simplement parce qu’il ne supporte pas les chansons de Celine Dion, ni le film de James Cameron. Et on pourrait en citer à la pelle, tant cette saison regorge de trouvailles, de bonnes idées et de moments inoubliables.

Alors oui, la réalisation n’est pas un grand moment de cinéma, mais reconnaissons à la série une production value qui arrive à nous faire croire à des décors différents dans tous les Etats Unis semaine après semaine… alors que le show est tourné dans des petits locaux au Canada. Et si Jensen Ackles et Jared Padalecki (faut le faire quand même ces noms!) ont un peu des gueules de gravure de mode, ils maîtrisent maintenant parfaitement leurs personnages et s’avèrent de redoutables acteurs. Entouré par un casting plus que brillant (Misha Collins en Castiel est sans doute l’un des plus incroyables comédiens de l’année), les frères Winchesters continuent d’être au top du top, et Supernatural est toujours, et de très loin, l’une des meilleures séries de ces dix dernières années.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une septième saison.
La question n’est pas de savoir si vous devriez ou non regarder cette sixième saison de Supernatural, mais plutôt si vous devriez vous farcir l’intégralité de la série. Avec cent vingt-six épisodes au compteur, c’est une vraie problématique. Et puis il faut savoir que la première saison n’a rien d’exceptionnel et que c’est seulement à la troisième que la série a vraiment gagné ses lettres de noblesse en devenant un immanquable. Méchamment intelligente et bien foutue, on est loin de la simple petite série pour ado, et bel et bien dans le show sans doute le plus désespéré de sa génération. Incroyablement efficace, regorgeant d’originalité et de trouvailles géniales, c’est tout à la fois un vrai laboratoire à expérimentation et une magistrale réflexion sur l’Homme, la religion et la famille. Et vu le cliffhanger de la saison, c’est peu dire qu’on attend avec impatience le 23 septembre pour la reprise de la série !

Pour la dix-septième partie de ce bilan de l’année, on va rigoler un peu en faisant un dernier tour d’horizon des sitcoms de l’année. De la geeksploitation bien pensée, de la twittersploitation franchement loupée, de la celibritysploitation qui manque de charme et enfin de la thirtysomethingsploitation qui arrive un peu trop tard.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

La quatrième saison de The Big Bang Theory fut le coeur d’un terrible accident qui a bien failli coûter sa vie à la série : Kaley Cuoco (Penny) s’est cassée la jambe en faisant du cheval. Du coup, le saviez-vous ?, elle est doublée dans les derniers épisodes lorsqu’on la voit marcher. Et oui. Ça vous en bouche un coin, hein ? Qui a dit que je n’avais vraiment pas grand chose à dire sur cette saison ?

Bon ok, je ne vois pas vraiment ce que je pourrai vous raconter d’incroyable sur les nouvelles aventures de Leonard, Sheldon et compagnie. La série accentue son côté féminin en ajoutant au petit groupe Priya la soeur de Raj, Bernadette la copine de Howard et une Sheldon au féminin nommée Amy que l’on trouve personnellement géniale mais qui irrite bien du monde.

A part ça, le groupe repose toujours sur la même logique, l’humour fait toujours autant appel à la science qu’aux comics et à toute la “sous-culture” comme disent encore certains grands magasines, et le rythme relativement trépidant est toujours aussi bien installée.

En fait, seule Penny semble vraiment prendre du galon et quelque peu se transformer : on en a la preuve explicite lorsqu’elle comprend des blagues de Sheldon… Les nouveaux personnages apportent un peu de vent frais mais rien de vraiment percutant. Il ne faut pas en déduire que The Big Bang Theory commence à lasser, loin de là. La série est toujours aussi efficace et addictive. Et dans un monde où les sitcoms s’enchaînent en se cassant la gueule, c’est franchement formidable.

Final Score : 4/5, série reconduite pour une cinquième saison.
The Big Bang Theory n’est peut-être pas la sitcom du siècle, mais c’est en tous cas l’une des meilleures de la décennie. Avec cette quatrième saison, on nage en plein terrain connu, mais il faut bien avouer qu’on s’y sent vraiment bien. Et les quelques nouveautés apporter par l’arrivée massive de filles ne font que du bien.

Je ne vais même pas m’embêter à écrire le titre convenablement pour vous parler de Bleep my dad says (puisque c’est ainsi qu’il faut le prononcer parait-il), nouvelle sitcom de CBS dans laquelle est allée se perdre le pauvre William Shatner, sympathique capitaine Kirk mais surtout irrésistible dans Boston Legal. Alors oui, elle est nulle mais je vais la faire : il faut sauver Willy.

Catastrophe d’exploitation gratuite sans aucune réflexion sur le produit initial, Bleep est l’adaptation du twitter de Justin Halpern qui nous faisait part des meilleures citations de son père. Oui, vous avez bien compris, ils ont fait une adaptation de twitter. Twitter bordel ! Comment peut-on penser pouvoir écrire une série à partir d’un compte twitter ?!

Réponse : c’est impossible. Du coup, Bleep devient une sitcom familiale comme tant d’autre avec un père de famille un peu irascible, un peu méchant, très amérique profonde… ouais, bon on a déjà vu ça un nombre incalculable de fois. Autour de lui, un casting de personnages relativement médiocre, en tous mal pensé pour générer des blagues.

Si on peut se laisser entraîner au début par les quelques bonnes boutades que Willy assène avec un courage qui appelle à la dévotion christique, Bleep ne tarde pas à vous endormir en rêvant des jours bénis ou notre bon vieux Shatner pilotait des vaisseaux ou buvait un verre de whisky en haut d’un immeuble de Boston. Putain, help.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Et oui, difficile de faire une bonne sitcom à partir d’un compte twitter. Comme si y avait vraiment des gens qui avaient pu y croire.

J’adore Paul Reiser depuis la bonne époque de Mad about you (Dingue de toi) en français… bon ok, peut-être parce que j’étais un peu amoureux de Helen Hunt à l’époque aussi. Bref, Paul Reiser est un grand acteur, un assez bon scénariste et surtout un vrai bon comique. Alors forcément, quand j’ai su qu’il y allait y avoir un Paul Reiser Show qui serait une sorte de fausse auto-fiction à la manière de Curb Your Enthusiasm, j’étais aux anges. Ah ah, j’étais jeune et innocent.

Parce que au final, le résultat est vraiment peu probant. Paul est entouré d’hommes qui ne sont pas vraiment ses amis mais les parents des amis de ses enfants ou les maris des copines de sa femme. Ok. Et du coup il se passe quoi après ? Ben pas grand chose. Une blague avec Larry David (de Curb Your Enthusiasm, justement), un vrai faux test pour animer un jeu télé et… c’est à peu près tout.

Pas vraiment rigolote, pas vraiment intéressante, et au final plutôt surjoué par Paul Reiser (un comble qu’on ne pardonne pas) le show ne prend jamais et laisse un sentiment d’échec total, d’inachevé, d’un concept qui n’a pas vraiment été travaillé et mit à l’antenne vraiment trop tôt. Deux épisodes et la série est annulée faute d’audience convenable. On ne critiquera pas le public américain.

Final Score : 2/5, série annulée au bout de deux épisodes.
The Paul Reiser Show est soit une trop pâle copie de Curb Your Enthusiasm, soit un Modern Family vraiment trop prétentieux. Concept pas utilisé, scénarios vraiment pauvres et un Paul Reiser pas au top de sa forme : la déception est à tous les étages…

Oh, trois couples de trentenaires qui sont amis, ça pue l’idée originale… Heureusement Perfect Couples ne se repose pas sur son concept vieux comme le monde et franchement énervant pour convaincre. Humour décalé, personnages poussés dans leur retranchement (et pas vraiment réalistes), ainsi qu’une vraie science du rythme : voici les trois points forts de la série. Est-ce suffisant pour convaincre ?

Il faut bien avouer que lors du visionnage du premier épisode, vous risquez comme tout un chacun de vous dire : oh putain encore ça, mais je l’ai pas déjà vu cent fois ? Et vous auriez bien raison. Bon, vous allez peu à peu vous laisser convaincre par les personnages, franchement décalés et qui vous rappelleront les (gros) délires de Friends. Et puis il y a ce rythme implacable qui enchaîne les blagues sans vraiment vous laisser le temps d’en rire – ce qui est toujours un point positif. Du coup, vous pourriez presque vous laisser convaincre…

Mais au bout d’un moment, la lassitude reviendrait. Oui, vous les aimez bien les membres de ce petit groupe, et ils vous font bien rire, mais si la série s’arrêtait là maintenant vous vous en foutriez royalement. Et puis vous avez des épisodes à rattraper de The Big Bang Theory et de How I Met Your Mother. Roh merde, tant pis pour Perfect Couples, que vous laissez dans un coin. C’est pas grave, la série a été annulée à la fin de sa première saison.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Perfect Couples était plutôt bien écrite, filmée et jouée. Mais elle arrive trop tard dans le monde surchargée des sitcoms sur les couples de trentenaire, et surtout elle n’a aucun concept qui apporterait une plus-value à défendre. Du coup, si on rigole bien en la regardant, on oublie tout aussi vite Perfect Couples.

On entre dans la course finale de ce bilan qui s’achèvera en beauté vendredi. Comme hier je ne vous ai parlé que de séries que j’ai abandonnées, aujourd’hui je me rattrape en vous faisant un petit best of des valeurs sûres des petits networks. Une prequel de gladiateur, un flic cowboy, une famille démerde, un auteur nymphomane, et un trio de gros gros glandeurs que même vos pires amis ne sont pas à la hauteur : c’est le programme du jour.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Imparable, la première saison de Spartacus : Blood and Sand avait su créer la surprise chez tous ceux qui avaient réussi à dépasser la production value bourrée d’effets spéciaux plutôt moches du début. L’acteur principal étant malade mais le network Starz désirant instamment une suite, les producteurs – dont l’ingénieux Sam Raimi – ont la bonne idée de tourner une prequel. L’occasion de refaire tourner les copains comme Lucy Lawless et Peter Menseah qui n’avaient pas trop l’espoir de revenir en deuxième saison. Mais heu, une bonne idée cette prequel, vraiment ?

Ce Gods of the Arena aura vraiment partagé les avis. Il y a ceux qui trouvent que le show tombe dans la surenchère au possible, ne montre plus que du cul et des combats ultra gore, et devient franchement stupide. Et il y a ceux qui adorent toute la montée politique d’Oenomaus, la transformation en femme possessive et concurrente de Lucretia, ainsi que la destinée détruite de Barca. La seule chose sur laquelle le public semble s’accorder, c’est sur le côté sympathique de voir les débuts de Crixus mais de ne pas en avoir fait pour autant le héros du show, ce qui était attendu au tournant.

Du coup, que dire vraiment sur ce Gods of the Arena si ce n’est que je fais partie de ceux qui l’ont franchement apprécié ? Certes, il y a un peu plus de personnages dénudés et les combats ne font pas dans la dentelle, mais j’adore cette Italie antique relativement sale, qui pue la sueur et dont le sable accroche les vêtements – je la trouve autrement plus sympathique que la Rome ultra stylisée de la série du même nom.

L’incursion dans la politique n’est pas flagrante de réussite, mais les arches des personnages sont – à mon avis – particulièrement travaillées et jouissives. D’ailleurs, jouissance est bien le terme qui colle le plus à la série de Starz : en la regardant on ne se sent certes pas plus intelligent, mais on éprouve un plaisir intense qui vient vous prendre aux tripes et vous donne envie de crier.

Final Score : 4/5, série reconduite pour une vraie deuxième saison !
Spartacus : Gods of the Arena partage le public des fans de Blood and Sand. Du coup, ceux qui n’avaient déjà pas aimé la première saison peuvent aisément passer leur chemin. Les autres devraient tous donner sa chance à cette prequel, au moins pour se faire un avis et voir si la direction prise par la production va leur convenir pour la suite…

L’excellente surprise de FX l’année dernière, Justified, revient pour une deuxième saison très attendue au tournant. C’est que les aventures de Raylan Givens, sorte de marshal à l’attitude très cowboy, pourraient facilement tomber dans la parodie ou le cliché ridicule. Basé sur des romans et des nouvelles d’Elmore Leonard, le show est toujours dirigé de main de maître par Graham Yost, tient-il sur la longueur ?

Toujours aussi élégant, la classe d’un Clint Eastwood jeune, Timothy Olyphant nous ravit dès les premières minutes de cette nouvelle saison. C’est donc avec une certaine joie qu’on retrouve tous les personnages complexes et magnifiquement interprétés dans de nouvelles aventures.

Mais pour cette saison, les auteurs ont choisi de beaucoup plus construire une histoire générale qui se déroule sur l’ensemble des épisodes. Ce qui commence par le simple meurtre du père d’une gamine qui fait pousser de la beuh dans un petit village va progressivement se transformer en véritable règlement de compte entre trois famille aux agissement plutôt illégaux – dont bien entendu celle de Raylan. Ajoutez à cela le retour de sa femme pour laquelle la barrière entre le bien et le mal est devenue bien flou, ainsi que des collègues de plus en plus méfiants et vous obtenez une saison bourrée de surprises, d’intensité dramatique et de moments tout simplement géniaux.

Final Score : 5/5, série reconduite pour une troisième saison.
FX, le network qui se doit d’aller loin et de secouer les habitudes, s’est trouvé son cop-show avec Justified. Un cop-show décadent, dérangeant, qui ne renie jamais ses ambitions western et qui devrait, normalement, vous laisser franchement sur le cul !

Showtime prenait un sérieux risque en diffusant Shameless, adaptation US d’une série anglaise culte, après Episodes, série qui se moque des dites adaptations. Mais à la différence de ce qui se passe dans le show ultra caricatural avec Matt Leblanc, ce Shameless s’avère franchement convaincant.

Avant tout, je me dois de préciser que je ne me souviens que très peu du show anglais dont je n’ai vu que la première saison… il y a un environ sept ans. J’en ai plutôt un agréable souvenir mais je ne saurais pas vous dire quelles têtes avaient les acteurs, par exemple ! Du coup, la comparaison avec cette version US m’est franchement impossible.

Shameless, ce sont donc les mésaventures de la famille Gallagher dont le père est alcoolique, la mère partie, et les six enfants se débattent pour s’habiller, manger, et de temps en temps s’amuser. Ok, au premier abord on pourrait penser à une comédie sur une famille un peu crasseuse, du style Roseanne ou My Name is Earl, mais en réalité Shameless s’intéresse VRAIMENT à cette classe laborieuse, qui galère pour joindre les deux bouts, et qui vit là, juste au coin de la rue.

Pas toujours réaliste dans ses situations (notamment lorsque la plus jeune de la famille vole un enfant dans un parc…), le show l’est en tout cas dans le traitement de ses personnages et s’attachent à ne jamais faire de transition psychologique abrupte ou sans explication. La logique de la famille est aussi parfaitement mise en place et on tremble vraiment pour eux lorsqu’elle est remise en question vers la fin de la saison.

Drôle et touchante, bien rythmée et magnifiquement interprétée (Emmy Rossum est juste incroyable), mais surtout particulièrement addictive, cette Shameless US est une grande réussite qui vient foutre un coup de pied magistrale au petit monde tranquille des séries familiales. A mettre entre toutes les mains.

Final Score : 5/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Curieusement, Shameless est peut-être la série qui parle le mieux de la famille à l’heure actuelle. Parfois déboussolante mais toujours juste, préparez vous à être sérieusement touché par le destin de cette famille sans équivalent.

Quatrième saison des aventures de Hank Moody dans Californication. Suite à la troisième saison, de loin la plus faible, on craignait que la série ne s’essouffle sérieusement. Le charme de David Duchovny et ses innombrables conquêtes ne serait plus suffisant pour coller le spectateur sur son fauteuil ? Peu importe, cette nouvelle saison prend un virage dans la continuation et amène peu à peu le show à son âge adulte.

En effet, l’ensemble de la saison repose sur les conséquences des actes. Hank se retrouve en plein procès pour détournement de mineur, son agent et ami Charlie et son ex femme Marcy font face à leur divorce, et Karen et Becca (l’ex et la fille de Hank) comprennent enfin qu’elles détestent plus le fameux écrivain qu’elles ne l’aiment. Du coup, c’est la débandade la plus totale, mais la série ne laisse pas ses personnages s’apitoyer sur eux-mêmes pour autant et ne renonce jamais à l’humour, toujours présent.

On est cependant bien loin des jours bénis de la femme fontaine ou du vomi sur les tableaux, pour entrer dans une ère où chaque verre bu, chaque cigarette fumée peut avoir des conséquences. Hank doit mesurer à tout moment ce qu’il fait, ne pas se laisser piéger par ses vieux démons (on vous rassure, il n’y arrivera pas !) et essayer de se réconcilier avec la femme la plus importante de sa vie, sa fille, qui ne lui fait mais alors vraiment pas de cadeaux.

Toujours aussi soignées dans sa réalisation et sa production value, le show a toujours les mêmes problèmes scénaristiques, à savoir parfois un manque de thématique claire, et une dramaturgie qui ne fonctionne pas en crescendo mais varie tranquillement, comme elle le veut : résultat des courses, on a parfois l’impression que les épisodes commencent et s’arrêtent un peu n’importe comment, et ne possèdent pas de vraie unité. C’est malheureusement un peu frustrant, surtout quand un épisode n’offre aucune conclusion et qu’on reste sérieusement sur notre faim. A part ça, l’univers est totalement cohérent, les personnages géniaux et les histoires elles-mêmes fonctionnent à merveille – et c’est bien ça qui nous fait revenir semaine après semaine malgré quelques petits défauts.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une cinquième saison.
Ceux qui s’étaient lassés de Californication lors de la saison 3 peuvent revenir : cette nouvelle saison fait un vrai bond en avant et arrive à ne répéter aucune situation des saisons précédentes. On rentre peu à peu dans une vraie maturité de la série qui ne nous fait que plus attendre l’année prochaine – surtout quand on sait que Tom Kapinos, créateur de la série, a annoncé qu’elle devrait prendre une nouvelle direction pour garder toute sa fraîcheur…

Sans doute l’une des meilleures séries que vous n’avez pas vu, Workaholics est un petit bijou de comédie, une sympathique révolution au même titre qu’un 30 Rock en son temps ou qu’un The Office. Comédie de bureau par excellence, Workaholics propose de suivre les folles aventures de trois colocataires et amis qui bossent dans une compagnie de télémarketing. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais on vous l’assure, c’est tout simplement génial.

La première force de la série, c’est de posséder une identité visuelle et sonore très forte. Les séquences sont entrecoupées de mini intermèdes qu’on aurait bien du mal à définir ici, avec une musique techno minimaliste absolument géniale.

Passé cette surprise, il reste trois vraies gueules de winner. Blake, Adam et Anders (prénoms à la fois des personnages et des trois acteurs qui les incarnent) ont ces visages typiques des gens qui vous font mourir de rire à la moindre mimique.

Et puis il y a les scénarios, totalement foutraques mais toujours formidablement construits, au rythme implacable et qui propose plus de blagues que de temps pour en rire. Bref, vous l’aurez compris, on est totalement conquis.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Difficile de décrire vraiment ce qui fait le charme de Workaholics. Un mélange entre les comédiens géniaux, les scénarios hilarants et une ambiance visuelle et sonore vraiment particulière. Une vraie victoire pour Comedy Central !

EDIT : j’ai changé les notes de Californication et de Workaholics de 5/5 à 4/5 – juste histoire de corriger une petite erreur de ma part !

On entame la dernière semaine de ce bilan série de l’année : et oui, faut bien que ça s’arrête un jour. Avant d’avoir le bilan du bilan (!) ce dimanche, on va parler aujourd’hui d’un type de série un peu spécial : celles qu’on a commencé à regarder et qu’on a abandonné en cours de route. Oui, je sais, ça se fait pas de critiquer un show dont on n’a pas vu tous les épisodes, mais que voulez-vous, parfois la vie est vraiment trop difficile…

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le gros morceau de l’année pour HBO, c’était définitivement ce Boardwalk Empire, (parfois réalisé et) produit par Martin Scorsese et l’habitué du network Mark Wahlberg. Budget considérable (50 millions de dollars pour le pilote!), casting attrayant (Michael Pitt ET Steve Buscemi ça envoie forcément), univers absolument passionnant (l’amérique de la prohibition) : il y a tout pour passer un moment inoubliable. En un sens, c’est un peu le cas…

Un des soucis de HBO, c’est qu’à force de vouloir laisser les pleins pouvoirs aux créatifs, elle en oublie qu’ils ont parfois besoin d’un retour extérieur pour savoir quand ils sont complètement en train de se planter. Ce n’est pas de la censure, encore moins une histoire de saborder la créativité de ces illustres artistes, mais bel et bien une entraide nécessaire pour que les projets atteignent leur plein potentiel.

Et c’est exactement ce qui s’est passé avec Boardwalk Empire. Si on ne peut nier son plaisir d’en prendre plein la vue grâce à une réalisation et une production value d’exception et si les acteurs sont tous plus splendides les uns que les autres, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression de voir un groupe d’élite s’amuser avec un super beau joujou – jeu duquel nous serions totalement oublié. Car scénaristiquement, Boardwalk Empire est une vraie purge dont l’histoire a été tellement triturée pour la complexifier que seul la bande à Scorsese peut vraiment y comprendre quelque chose.

Multiplication des personnages à la psychologie tellement complexe qu’on ne peut jamais les comprendre, multiplication des intrigues à un tel point qu’on en oublie totalement certaines, multiplication aussi des points de vue qui au final produit l’effet de ne jamais comprendre ce qu’on veut nous raconter, Boardwalk Empire veut trop en faire et se vautre lamentablement dans sa propre futilité à courir derrière le prix de la série la plus intelligente du siècle.

On peut, bien entendu, s’amuser à regarder le plus sérieusement du monde le show de Scorsese en faisant des pauses régulièrement et en se repassant certaines scènes pour être sûr d’avoir tout compris – mais il s’agit alors d’un pur jeu d’esprit qui devrait plaire (sans doute uniquement) à des scénaristes en mal de structure affreusement complexe. Mais  dans la majorité des cas, on se contentera d’avouer qu’on ne comprend quasiment rien et que, malgré la grande qualité visuelle de la série, on se fait chier comme en sixième pendant un cours de science naturelle.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Oui, Boardwalk Empire est beau, oui il est intelligent, mais non il n’est pas du tout agréable à regarder. Ou alors comme un tableau animé, un truc à diffuser sur un écran pendant une soirée. Suivre autant d’intrigues et de personnages (que l’on ne vous aide jamais à comprendre et auquel on empêche toute identification) est possible mais assuré de vous foutre un mal de crane comme pas permis. Un fourre-tout trop complexe qui aurait bien mérité qu’une personne compétente de chez HBO vienne donner un vrai retour sur ses scénarios.

Très légèrement inspirée par le film The Incredibles (Les Indestructibles), No Ordinary Family partait de l’idée malicieuse de mélanger une histoire de super héros avec un programme familial. Du coup, nous voici face à la famille Powell qui, suite à un terrible accident, se met à développer des super pouvoirs. Très attirante sur le papier, et du coup très attendue par les critiques, No Ordinary Family sera finalement un assez gros échec en terme d’audience et finira remisée au placard à la fin de sa première saison.

Ce n’est pas faute d’avoir mis les moyens : Michael Chiklis (le Vic Mackey de The Shield) dans le premier rôle, un budget plutôt conséquent pour assurer des effets spéciaux (pour les pouvoirs) qui ne fassent pas tarte à la crème, et une réalisation somme toute très honnête. Alors où est-ce que le show s’est cassé la gueule ? Et bien, à mon avis, sur le fait qu’il n’ait pris absolument aucun risque.

Je m’explique : si je vous dis une famille avec des super pouvoirs, essayez d’imaginer toutes les premières idées de scénario que vous pourriez avoir. Un gamin un peu bête qui deviendrait super intelligent. Un couple en perte de vitesse qui se retrouve grâce à leur pouvoir. Un sidekick rigolo pour le papa qui, disons mènerait des enquêtes. Ah, et le clou du spectacle, le super méchant qui serait à l’origine de leurs pouvoirs serait en fait quelqu’un d’assez proche… comme le patron de la maman qui serait une scientifique. Ok, vous voilà avec un joli pot d’idées – et les auteurs sont arrivés exactement avec les mêmes. Sympathique ? Pas tant que ça finalement, vu qu’on se retrouve avec aucune surprise, qu’on nage en terrain ultra connu et que du coup… ben on se fait un peu chier.

Dommage, car les scénarios en eux-mêmes sont bourrés d’humour et proposent des histoires qui tiennent plutôt bien la route. Mais on finit très vite par ne plus voir que la structure bourrée de grosses ficelles, d’imaginer à l’avance comment le feuilletonnant va avancer, et cette famille si sympathique au départ nous devient soudain terriblement artificielle. On commence alors à manquer un épisode, à se dire qu’on le verra plus tard, puis on oublie et quand la série est finalement annulée on se dit qu’après tout on a plein d’autres programmes beaucoup plus intéressants à regarder (comme finir Supernatural !)

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Sur une bonne idée, les auteurs n’ont jamais réussi à tisser quoi que ce soit d’un peu original, n’ont jamais réussi à nous surprendre. Du coup, passé la surprise de départ et l’humour général qui fait quand même vraiment sourire, on finit par se dire qu’on a vraiment trop un train d’avance pour encore s’amuser. Et No Ordinary Family devient une série terriblement ordinaire… et totalement oubliable.

Vu le succès des sitcoms du mercredi sur ABC, tout le monde se jette dans la marre et essaie de renouer avec le succès du vingt-six minutes comédie. Sur la FOX, exit le public pour deux programmes en “single camera.” Pour ce Running Wilde, la chaîne fait confiance à un trio ayant déjà fait ses preuves sur Arrested Development. Leur esprit décalé et leur humour franchement délicieux se retrouve-t-il dans cette nouvelle production ?

Je dois avouer que j’étais conquis dés le départ par le casting : Will Arnett m’a toujours fait rire et Keri Russell m’a bien manqué depuis ses débuts dans Felicity. Du coup, l’idée de retrouvailles entre un millionnaire égocentrique et son amour de jeunesse écolo (au point d’aller vivre en amazonie pour sauver des villages) n’a cessé de me titiller et j’attendais la série avec impatience.

Et ce fut, dans l’ensemble, une sacré bonne surprise. Les intrigues se permettent des dérapages franchement délirant (c’est l’avantage d’avoir parmi les personnages principaux deux millionnaires totalement excentriques et en compétition sur tout), les personnages sont des archétypes poussés dans leurs retranchements pour nous faire encore plus rire, et il faut bien avouer que la réalisation et la production value s’avère tout à fait à la hauteur.

Malheureusement, la sauce n’a pas pris avec le public américain. Trop décalée, jamais réaliste, la série n’avait pas vraiment de quoi convaincre le public de la FOX en attente du retour d’American Idol. Du coup, le network a mis la série en hiatus puis diffusé n’importe comment et le plus rapidement possible les épisodes restant. Devenue un vrai calvaire à suivre, on attendra plutôt que cette Running Wilde sorte en coffret pour la regarder dans de bonnes conditions.

Final Score : 4/5, série annulée en cours de première saison.
Très drôle mais aussi particulièrement décalée et absolument pas réaliste, Running Wilde ne plaira pas à tout le monde. Mais si Arrested Development vous avait amusé et si vous voulez retrouver un peu de son esprit décalé, n’hésitez pas à y jeter un oeil… quand la série sera disponible en coffret la rendant enfin facile à regarder !

Décriée dés son annonce, puis très attendue après la présentation de son pilote, franchement surprenante tout au long de ses premiers épisodes, enthousiasmante presque, et finalement décevante sur la fin, cette ré-imagination de la classique série des années 80, aura eu un étrange parcours pour sa première saison. On attendait un peu la seconde au tournant et autant vous dire que ça ne s’est pas pas vraiment bien passé.

On pourrait même parler de catastrophe scénaristique. Alors que la première saison (du moins au début) se présentait comme une réflexion très intéressante sur le terrorisme (et un peu la résistance française) – en posant ses personnages comme des terroristes aux yeux du public mais le dernier espoir de l’humanité en réalité – la série plonge dans le préchi-précha de la science-fiction la plus basique en basculant sur le côté “on est des lézards, on a le sang froid et on ne ressent pas d’émotions.” Alors forcément, la suite logique des choses veut qu’un lézard prouve qu’au contact des humains, vous savez ces êtres si imparfaits mais capable de s’émouvoir et d’aimer (oh god, la crise d’originalité), il peut changer. Et pis la super vilaine, elle va être perturbée par ses propres sentiments…

Très attendue dans ses scénarios, la série plonge aussi visuellement avec des effets et des décors de plus en plus moches et une réalisation qui ne se donne jamais les moyens de ses ambitions. Show de femmes par excellence, avec un magnifique combat entre la brune et la blonde, V plonge dans la superficialité la plus atroce et finit par traiter ses personnages féminins par dessus la jambe. On s’énerve face à un tel gâchis, puis on finit par s’en foutre et on zappe totalement la série. Comme le public américain.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa deuxième saison.
Débutée très intelligemment, on a cru un moment au miracle et à une ré-imagination de la série mythique qui serait au moins aussi bonne. Malheureusement, les choses n’ont pas tardé à s’aggraver jusqu’à transformer ce V 2009 en show de science-fiction poussif, sans aucune originalité et dépourvu d’intelligence. La plus grosse déception de cette année.

On termine ce petit tour d’horizon des nouvelles séries qui ont débarqué pour l’été (et on se retrouvera seulement fin juillet pour les autres nouveautés qui vont arriver maintenant au compte goutte) avec le retour d’une actrice Disney particulièrement agaçante, un duo d’avocat (mais pas en salade), un hobbit qui parle à un chien (si si, je vous jure) et une psychothérapeute face à des joueurs de foot…

Qu’on se le dise, Raven Simoné est de retour ! Si vous ne connaissez pas Raven, c’est que vous n’avez pas d’enfant et/ou que vous ne vous intéressez pas aux programmes jeunesses préparés fièrement par le groupe Disney pour nos petites têtes blondes ! Actrice, chanteuse à la carrière fulgurante (on ne se souvient déjà plus de son hit), la jeune femme revient dans State of Georgia pour montrer à tout le monde qu’elle en a encore sous le capot.

On retrouve donc Raven dans une sitcom destinée aux nouveaux mercredis comédie de ABC Family (qui tente donc de copier sa grande soeur ABC qui assure depuis deux ans des mercredis sitcom qui cartonnent). En duo avec (l’assez déprimant) Melissa & Joey, State of Georgia tentera de nous faire rire avec les aventures de Georgia, une aspirante actrice qui vient de débarquer à New York avec sa meilleure amie… en l’occurrence une science geek (la geeksploitation continue de faire des ravages). Il semblerait que par la suite l’es copain de Georgia, toujours aussi amoureux d’elle, débarque, bien décidé à la ramener à la maison, mais il ne fait aucune apparition dans le pilote.

Et ce pilote, justement, il est loin, très loin, d’être convaincant. Le duo avec Majandra Delfino, vu sporadiquement depuis ses années dans Roswell (dans laquelle elle est pourtant assez convaincante), ne fonctionne pas du tout tant Raven prend de la place, assume (trop) ses blagues et se paie la part du lion. Delfino fait toute petite, un peu perdue, sans doute décontenancée de se retrouver dans des décors criards très disneyen. L’humour est franchement éculé, les personnages sont des stéréotypes sur patte et ce n’est pas le petit passage sur “hey les filles, assumons nos formes” (certes fort sympathique) qui va faire passer la pilule. Je crois que le summum est atteint quand Raven joue une scène de sexe métaphoriquement interprétée sur le mode du “je vais te faire croquer mon bon poulet frit, monsieur qui organise le casting avec le rôle que je veux obtenir…”

Final score : 2/5
On n’attendait pas grand chose de ce State of Georgia, et pas de surprise : c’est juste pas terrible du tout. Daté, peu drôle, un poil racoleur quand Raven en fait des tonnes pour nous montrer qu’elle assume ses formes, voici une sitcom qui s’écoule en fond sonore en faisant la vaisselle, mais vous ne tiendrez pas vos vingt minutes de vélo elliptique face à ce programme beaucoup trop coloré pour quiconque a passé ses dix ans.

Sur TNT, on a lancé Franklin & Bash, legal show qui marque sa différence en faisant une large part à la comédie. Sur USA, on vient de lancer Suits, legal show lui aussi, reposant sur un duo d’avocat lui aussi, mais qui se veut beaucoup plus sérieux, intelligent et classe. Et se permet même d’être énormément feuilletonnant. Bonne idée ou programme résolument trop pompeux ?

Comme souvent avec les séries USA, on en prend plein la vue dés la première image. Production value éclatante, qui met en image un New York éblouissant, qui est de plus soutenue par une réalisation qui fait tout de suite preuve de beaucoup d’intelligence. Mais méfions nous de la forme et étudions un peu le fond.

Suits s’intéresse à Mike Ross, un jeune homme particulièrement brillant qui passe les concours (de fac) à la place des vrais étudiants contre de l’argent. A dix mille lieues de lui, Harvey Specter, un brillant avocat réputé pour être remarquablement froid et sans sentiment. Le second va faire un pari et employer le premier pour devenir son nouvel associé. Problème : Mike n’a jamais réellement passé son diplôme – et à cause du règlement de la firme, les deux hommes vont faire croire qu’il sort tout juste de Harvard. Le scénario, relativement classique dans son point de départ (deux hommes que tout sépare doivent travailler ensemble), prend par la suite des tournures franchement inattendues et ne s’attarde pas outre mesure sur les affaires légales si ce n’est pour faire réagir les personnages. Et ceux-ci, justement, s’avèrent finement ciselés et loin des stéréotypes dans lesquels ils auraient facilement pu tomber.

Mais l’autre vrai atout de la série est de faire une large part au feuilletonnant. Il ne s’agit pas d’un mystère énorme qui se résoudrait au fur et à mesure, mais plutôt de petits éléments qui rebondissent d’un épisode à l’autre (du moins dans les trois premiers !) et qui crédibilisent totalement l’univers. On est rapidement comblé par cette nouvelle série qui semble n’avoir, pour l’instant, que des points positifs et qui, au final, ne vient pas du tout faire concurrence à Franklin & Bash. Cet été serait-il le renouveau du legal show ? On reviendra dessus en septembre !

Final Score : 4/5
Difficile de mettre d’office un 5/5 alors que la série n’en est qu’à ses balbutiements. Mais Suits promet beaucoup, tellement d’ailleurs qu’on a vraiment peur d’être déçu par la suite. Ce n’est pas pour autant une raison de passer à côté !

Wilfred est beau, wilfred est joueur, wilfred est gentil et il ne mord pas ! Mais si pour tout le monde Wilfred est un joli chienchien, pour Ryan, aka Elijah Wood, aka une espèce de salle petite bestiole qui veut jeter des anneaux dans le feu, c’est un monsieur avec un costume de chien. Un monsieur qui fume, boit, vanne, et lui fait faire tout ce qu’il ne devrait pas. Oui, Wilfred, c’est avant tout un pitch de malade mental.

Bon avant que tous les fans ne s’emballent, je m’empresse de rappeler que Wilfred n’est pas une création de FX, le petit network américain qui le diffusé, mais une série australienne, dans laquelle Jason Gann interprétait déjà le fameux chien – et c’est aussi l’un des trois créateurs de cette idée merveilleuse. Car autant vous le dire tout de suite, non seulement le pitch assure, mais la série aussi ! Le pilote est incroyablement drôle et bien branlé, une vraie petite merveille qui fera rire vos amis à tous les coups (c’est donc l’occasion de briller en soirée en leur diffusant ces jouissives vingt minutes). Même Elijah est touchant, et il faut bien avouer qu’avec son regard tombant on ne sait plus si c’est lui le chien (battu) ou le Wilfred qui est en train de sodomiser un ours en peluche ou de se frotter sur la jambe d’une serveuse. Allez, barrer vous vite mater cette merveille et ne revenez qu’une fois que ce sera fait !

Final Score : 5/5
Note maximale car ce pilote est assurément un immanquable. On verra plus tard pour la suite de la série… En fait, on a qu’une envie, c’est regarder les deux saisons australienne pour voir si c’était déjà aussi génial !

On termine avec Necessary Roughness, l’histoire d’une thérapeute en plein divorce qui, pour assurer ses revenus et soutenir financièrement ses deux gosses et sa mère, se voit contrainte d’accepter un énorme contrat… avec une équipe de football américain. Deux mondes en confrontation frontale, des caractères forcément fort qui s’opposent, la série promet d’être un combat de tous les instants. Est-ce suffisant pour nous intéresser ?

Autre nouvelle série de USA (avec Suits), Necessary Roughness partage trois points communs : un personnage central très fort, une production value réussie et une réalisation franchement intelligente (mis à part dans les toutes dernières minutes du pilote, mais c’est la faute à un scénario qui tourne un peu court). Donc si votre priorité c’est que la série soit belle et bien interprétée, vous pouvez y aller franchement.

Ceux qui s’intéressent plus particulièrement au scénario seront finalement un peu le cul entre deux chaises. Certes les personnages sont finement ciselés et et Callie Thomas incarne magistralement une Dr Danielle Santino particulièrement jouissive (surtout lorsqu’elle remet en place un gros black qui fait deux fois sa taille), certes l’intrigue générale est plutôt intéressante et l’idée de voir des sportifs forcés d’aller en thérapie laisse présager du meilleur, mais c’est justement au niveau de la thérapie, de la manière dont elle est traitée relativement par dessus la jambe que le bat blesse. La résolution des conflits intérieurs est – pour l’instant – trop facile et trop rapide, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi à un moment donné le patient semble enfin accepter ses problèmes.

Final Score : 3/5
Ce pilote est beau, magistralement interprété, mais le scénario un peu bancal par moment fait frissonner pour l’avenir. On espère vraiment que la suite sera plus rassurante, mais pour l’instant Necessary Roughness reste une belle coquille un peu vide.

Pour la quatorzième partie de notre bilan de l’année, fallait bien qu’on s’intéresse d’un peu plus près aux cop-shows. Sélection.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Southland n’est définitivement pas un cop show comme les autres. Abandonnée par NBC après sa deuxième saison, la série est rachetée par TNT qui décide d’en produire une troisième fournée d’épisodes. Passer d’un gros network à un petit est toujours risqué : les coupes budgétaires sont franches et il faut forcément faire du vide dans le casting. Du coup, comment s’en est sorti Southland cette année ? Réponse tout de suite.

La première différence qui saute aux yeux par rapport aux autres cop-shows c’est que Southland est réalisée à la manière d’un mockumentary. Si la série y gagne en dynamisme et en réalisme, elle ne joue pas vraiment le jeu en incorporant des scènes de la vie privée qui ne pourraient être tournée par une équipe réalisant un documentaire. C’est heureusement un moindre défaut, vite oublié et qui ne fait  pas douter de la crédibilité du reste de l’univers.

Cette année, les “enquêtes” si on peut utiliser ce mot, sont toujours aussi rudes et crues, et il est rare qu’il y ait un vrai mystère sur le coupable. C’est plutôt la manière de l’appréhender, de faire avec les innombrables problèmes que pose la ville de Los Angeles, qui intéressent les auteurs. Et quand un personnage important se fait tuer, c’est brutal, sans emphase, si bien qu’on a même du mal à y croire pendant un moment (on se dit que non, il va revenir !) Au final, les coupes budgétaires sont parfaitement contrebalancée par une production value encore plus créative et une réalisation extrêmement intelligente – si bien que, s’il n’y avait la petite réduction de casting, on aurait du mal à croire que la série a moins d’argent.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
Assurément le cop-show le plus réaliste et le plus original encore diffusé cette année, Southland est assurément un immanquable auquel seuls quelques uns pourront reprocher parfois de très légèrement tomber dans le pathos (et encore, cette troisième saison semble résolument régler ce problème). Très intelligemment réalisée, magnifiquement interprétée, Southland est tout à la fois un bonheur pour les yeux et pour la tête. Un immanquable on vous dit !

Detroit 187 aurait sans doute voulu être la nouvelle série policière à la mode. Son idée pour se différencier est de mêler dans chaque épisode trois vraies enquêtes, trois intrigues placées au même niveau. Une structure nouvelle et plutôt intéressante…

Et surtout qui apporte un rythme terriblement efficace qui empêche totalement de décrocher. Detroit 187 est donc un vrai plaisir à regarder, d’autant plus qu’on y retrouve le très sympathique Michael Imperioli qui nous avait quelque peu manquer depuis les Sopranos.

Malheureusement, la série a aussi son lot de problème. A commencer par une production value vieillotte, qui ferait presque passer NYPD Blue pour un modèle de modernité. Quant à la réalisation, elle est tout simplement dépourvue d’idée et se contente de “faire de l’image” comme dans les vieilles séries des années 80. Et si Imperioli est plutôt bon, il ne peut s’empêcher à certains moments d’en faire des tonnes – la faute à une gestion de son personnage assez catastrophique, qui en fait le seul intervenant absolument pas réaliste du show.

Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.
Original dans sa structure, Detroit 187 perd toute modernité à cause de sa réalisation pataude et sa production value complètement à la ramasse. Le personnage d’Imperioli n’est jamais crédible et vers la fin de la saison, la série se perd dans un fil rouge qui n’a strictement rien à faire là. Dommage, le soufflé retombe totalement.

Law & Order : Los Angeles, dernière venue de la célèbre franchise qui repose sur une première partie d’enquête policière et une seconde de procès, n’a pas fini sa diffusion (le dernier épisode est programmé pour le 11 juillet) mais on peut d’ores et déjà vous donnez un avis sur cette nouvelle déclinaison. Vous l’aurez deviné, ce n’est pas bon signe.

Il faut dire qu’avec un changement de casting en plein milieu de la saison, une programmation des épisodes dans le désordre, et une certaine fatigue de la formule qui a tout de même plus de vingt ans, ce L&O : LA ne partait pas forcément sur de bonnes bases.

Et autant dire que ce n’est pas la réalisation, super datée, ou le casting, qui en fait mais alors des tonnes, qui va arranger ça ! La production value est passable, mais ne fait pas vraiment de miracles. Au final, on a juste l’impression de se retrouver face à une cinquième version de la même série, sans réelle originalité, qui se laisse regarder tard les soirs d’insomnie mais c’est tout.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
La diffusion dans le désordre n’aura pas vraiment aidé ce Law & Order : Los Angeles à dépasser ses nombreux défauts. De toutes façons, la formule est fatiguée et ne fait plus vraiment mouche. Vite fait, vite regardé, vite oublié.

Cette année, Criminal Minds s’offrait un spin off pour fêter sa sixième saison. Testé dans un épisode l’année dernière, cette série dérivée m’avait tellement motivée que je ne l’ai pas regardé. Pas vraiment un souci vu qu’elle est déjà annulée et qu’elle n’aura eut que très peu d’incidence sur la série mère. Et celle-ci, que valait-elle cette année ?

C’était la saison des départs. Adieu A.J. Cook, après le deuxième épisode, puis adieu Paget Brewster au dix-huitième. Bienvenue à Rachel Nichols, même si on sent qu’elle n’est vraiment là que pour reprendre le rôle de Cook, tant leurs personnages sont similaires. Et au final, car autant vous spoiler le cliffhanger de fin de saison le plus pourri de l’année, rebonjour A.J. Cook qui n’était donc partie que pour s’occuper de son nouveau né.

A part ça, quoi de neuf ? Et bien, en toute sincérité, rien. Rien du tout. Maîtresse en terrain conquis car seule concurrente, Criminal Minds continue de confronter des super profilers à des tueurs en série tous plus barrés les uns que les autres. Un peu plus sombre, un peu plus trash, la série fait comme elle peut pour retenir des téléspectateurs qui partent tranquillement vers d’autres horizons.

Final Score : 4/5 pour les fans, 3/5 pour les autres.
Les fans de la série ne peuvent pas manquer cette saison qui fait un point final à la trajectoire de Prentiss. Les autres n’y verront qu’un cop show de plus, plutôt bien branlé et un peu plus noir que d’habitude (à définitivement ne pas mettre entre les mains des plus jeunes) mais à part ça, rien de bien folichon.

Bon, ok, ils ont l’air un peu cruche, là, comme ça, sortant tout frais de l’eau, sur la photo, à bander leurs muscles comme pour un concours de policiers en t-shirt mouillé, mais je vous assure que les petits gars d’Hawaii Five-0 ne sont pas autant des branquignoles qu’on aurait pu le croire. Et pourtant, on s’était bien foutu de leur gueule à la présentation du show.

Remake de la célèbre série des années 70 qu’on appelait par chez nous Hawaii police d’état, cette version moderne affirme des ses premières minutes ses deux plus gros points forts : une réalisation irréprochable et une production value qui en met tellement plein la vue qu’on se souvenait pas avoir vu quelque chose d’aussi racé depuis fort longtemps. Bon, ok, j’exagère un peu, mais là où je m’attendais à voir un show relativement bidon et expédié à l’arrache, je fais face à une série dont le budget me titille à l’oreille que pour la chaîne elle est de grande envergure.

Maintenant, un cop show ça tient surtout sur ses personnages et sur ses scénarios. Du côté des membres de cette strike team de force, à laquelle la gouverneur de Hawaii donne les pleins pouvoirs pour résoudre toutes sortes d’enquête, il faut bien avouer que de prime abord on a plus l’impression d’un ramassis de clochard sans série fixe (de gauche à droite ça vient de Moonlight, Battlestar Galactica, Lost et, ah fuck, juste un spécialiste des second rôles au cinéma) que d’une vraie sélection. Et si on n’aurait pas tout à fait tort, il faut bien avouer que l’ensemble fonctionne plutôt bien, avec des personnages bien typés ayant chacun leur passé, leur points forts et faibles et leur caractère bien trempé. Mention spéciale aux petites engueulades entre les deux vrais héros (tout à gauche et à droite) qui sont juste hilarantes.

Car au niveau du scénario, les auteurs misent sur trois éléments clés : une enquête policière qui assure (et franchement, elles assurent), de l’action (hyper spectaculaire) et de l’humour. Beaucoup d’humour. Du coup, la série ne se prend jamais vraiment trop au sérieux et sait dédramatiser un moment trop tendu avec une bonne réplique cinglante. Et puis il ne faut pas oublier le feuilletonnant, assez anecdotique au début (le héros se demande comment son papa de flic est mort) mais qui devient de plus en plus passionnant au fil des épisodes. Le season finale est jouissif et le cliffhanger de fin est l’un des plus malins vu depuis fort longtemps.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Hawaii five-0 se révèle très loin de la grosse daube annoncée : drôle, intelligemment ficelé, avec des personnages très attachants, elle se permet en plus le luxe de vous en mettre plein la vue. Une excellente surprise pour ceux qui cherchent une série fun mais pas stupide pour autant.

Sept ans que ça dure ! Après plus de 150 épisodes, CSI : NY semble siffler son chant du cygne dans son season finale qui fait un dernier tour de New York. Pourtant la série est reconduite pour une huitième saison ! Gary Sinise sera-t-il toujours de la partie ? C’est la question à cent mille dollars. En attendant, jetons donc un coup d’oeil à l’année qui vient de s’achever.

Ce sera donc la première saison sans Melina Kanakaredes qui laisse sa place à Sela Ward sans que cela ne vienne vraiment changer nos habitudes. Côté intrigue un peu feuillentonnante, on retrouve Mac confronté à son ancien formateur, devenu un poil bagarreur, et à un ancien détenu fraîchement libéré alors que c’étaient eux qui l’avaient envoyé sous les verrous.

A part ça, rien de neuf. On retrouve la production value typique des CSI et une réalisation plutôt clean. Les scénarios sont plutôt bien fichus, même si on commence à sérieusement se lasser du traditionnel “c’est de l’herbe qui pousse dans cette micro région de New York”. Bref, on nage en plein terrain connu et vu le succès de la franchise il n’y a pas de raison que ça change !

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une huitième saison.
Bon, il faut bien avouer qu’on commence un peu à se lasser des CSI en tout genre. A part ça, il faut reconnaître que la qualité est toujours au rendez vous mais on aurait aimé que la série commence à prendre un peu des risques histoire de nous titiller un peu.

Aujourd’hui, c’est jeudi, une semaine avant la fête nationale, et j’ai donc envie de redonner une chance à des séries annulées (non, ne cherchez pas, il n’y a aucun rapport.) Du coup, nous allons parler d’ados dans les années 80, d’une vie inattendue, d’ados anglais passée à la moulinette MTV, d’un couple d’espions et d’un homme prêt à tout pour vous protéger. C’est parti…

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

En s’intéressant à un groupe d’étudiants qui rejoignent une fraternité plus connu pour ses soirées démiurgiques que pour le travail de ses membres, Glory Daze vient clairement jouer sur les plate bandes de Greek, série au concept énormément similaire. Pour se différencier, la série de TBS mise cependant sur un son univers assez particulier… puisqu’il s’agit des années 80.

Située en 1986, Glory Daze se fait un malin plaisir à rappeler tout ce qui faisait les années 80, de la musique aux vêtements en passant par les blockbusters de l’époque. Soignée dans sa production value et ses références, la série mise clairement sur ce point pour faire la différence et surtout s’approprier une part du public. Oui, mais lequel ? C’est bien là le problème du show : ceux qui peuvent être intéressés par les années de fac n’ont pas connu les années 80, et ceux qui ont vécu à cette période ne s’intéressent plus vraiment aux aventures un poil dévergondées d’une bande de glandeurs rejoignant une fraternité… Et puis il ne faut pas oublier la comparaison avec Greek. Les histoires, les personnages, même les fils rouges feuilletonnants font énormément penser à la série absolument mythique d’ABC Family (vous pouvez vous jetez sur les quatre saisons, toutes absolument géniales.) Mais les acteurs de Glory Daze n’ont pas le charisme de leurs aînés, le rythme est beaucoup plus artificiel et saccadé, les histoires elles-mêmes semblent moins crédibles. On ne peut s’empêcher à chaque instant faire la comparaison, et celle-ci n’est jamais en faveur du show 80′s.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison. Glory Daze aurait pu amuser s’il n’y avait pas eu Greek juste avant. Inférieure en tous points, ce n’est pas son univers années 80 qui va lui permettre de conquérir le public. Pas vraiment bien réalisée, plutôt molle et au final assez mal fichue, la nouvelle série de TBS était vraiment trop classique pour convaincre qui que ce soit.

Quand la CW se lance dans une expérience de série réaliste, on peut s’attendre à tout, surtout au pire. Pourtant, Life Unexpected apparut comme une bonne surprise lors de sa première saison : les mésaventures de Lux, jeune fille de seize ans qui retrouvent ses parents l’ayant abandonné à sa naissance pour leur demander de s’émanciper – alors qu’ils vont, bien entendu, se retrouver à devoir s’occuper d’elle – étaient plutôt passionnantes, touchantes et assez bien ancrées dans la réalité. Du coup, en ce début de deuxième saison, on avait hâte de retrouver tous ces personnages magnifiquement ciselés. Mais quelque chose s’est grippé dans la mécanique…

Cette seconde, et ultime, saison de Life Unexpected est en effet une catastrophe à tous points de vues. Les personnages, d’abord, si fins et agréables, ne tardent pas à devenir des archétypes d’eux-mêmes, presque des parodies, dont on peut prédire tous les faits et gestes plusieurs épisodes à l’avance. Les histoires, elles aussi, perdent de leur réalisme pour faire intervenir des situations ultra dramatiques et totalement artificielles (tient et si Lux sortait avec un mec un soir et que c’était son professeur ! comme s’il n’y avait pas d’autres garçons à rencontrer à Portland.) La ville, les décors, perdent eux aussi de leurs charmes et il y a surtout cette musique pop assez insipide, typique des programmes de la CW, qui fait son entrée en force pour culminer dans un magistral crossover avec One Tree Hill, ce qui achève toute crédibilité à la série. Dommage dommage car on était plutôt content de retrouver Kerr Smith (mais si, l’homosexuel de Dawson’s Creek qui sortait avec Joey !) toujours très bon, et d’avoir découvert Kristoffer Polaha et la pétillante Britt Robertson (Baze et Lux dans la série) qu’on retrouvera dans des rôles importants l’année prochaine dans deux séries… de la CW ! Quant à Shiri Appleby, on lui souhaite bien de la chance, mais pour nous elle sera toujours la petite brune de Roswell.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa deuxième saison. Life Unexpected était vraiment LA bonne surprise de l’année dernière, une série fine, délicate, remarquablement écrite et interprétée qui laissait espérer, à terme, une qualité à la hauteur de My So Called Life. Mais catastrophe, la deuxième saison prend tous les mauvais virages possibles, se termine en crossover avec la série la moins réaliste au monde et on ne versera pas une larme à son annulation. Franchement dommage.

MTV l’aurait voulue, elle n’aurait pu créer plus de buzz et de polémique enflammée autour de sa version US de la mythique Skins. Conchiée par les fans de la série anglaise avant que quoi que ce soit n’ait été fait ou diffusé (d’ailleurs la chaîne s’est servie de commentaires peu élogieux d’internautes sur ses affiches, notamment le classique : “america is such a right wing, religious lead country they just wont get it”), appelée au boycott, accusée de pornographie pédophile, abandonnée par les marques qui ont retirée leurs publicités, puis finalement délaissé par les spectateurs eux-mêmes, ce Skins aura vécu beaucoup de tourments pour ses seulement treize épisodes. Longtemps soutenue par la chaîne elle-même (MTV n’a jamais rien voulu couper ou censurer et défendait le droit de parler de problèmes de la vraie vie des ados), Skins finira par ne pas être reconduit pour une deuxième saison. Alors, dommage ou juste retour des choses ?

Pour répondre à l’opposition basique série anglaise / reprise américaine, précisons tout de suite que cette version MTV est dirigée par Bryan Elsley, l’un des deux créateurs de la version anglaise. La série se base sur les deux mêmes règles : utiliser des acteurs amateurs et de jeunes scénaristes. Pour le reste, il faut bien avouer qu’on est assez décontenancé de retrouver un premier épisode quasiment copier/coller sur la première génération anglaise, et que voir de nouveaux acteurs incarner des personnages mythiques comme Cassie, Tony, ou Sid (devenu Stanley) a tendance à faire hurler… Mais il suffit parfois d’un petit changement de personnages pour changer toute une dynamique d’histoire. Ici, Maxxie devient Tea, l’homosexuel devient une lesbienne, et cela change tout. Car Tony n’est pas insensible à son charme, ce qui va influencer sa relation avec Michelle, qui ne réagit pas comme dans la série anglaise avec Stanley, tout comme Abbud (ex Anwar), etc. On se retrouve finalement avec une série totalement différente, un excellent exercice de style de la sorte univers alternatif, mais qui repose toujours sur les mêmes concepts, la même façons racée d’aborder la réalité avec tout son cru, et la même critique acerbe d’un monde de l’adolescence absolument sans pitié. Finalement plutôt bien reçue par la critique, Skins US ne trouvera malgré tout jamais son public – comme l’avait prévu certains journalistes. Et, il faut bien l’avouer, c’est vraiment malheureux.

Final Score : 5/5, série annulée à la fin de sa première saison. MTV a peut-être toujours une mauvaise image, mais c’est pourtant la chaîne qui propose les programmes ados les plus couillus. Avec ce Skins US, elle offrait une version absolument excellente, qui atteint la qualité magistrale de la première génération anglaise. Un immanquable – encore plus pour ceux qui ont vu la version anglaise.

Bon, ça y est, on en est sûr, J.J. Abrams est surmené. C’est la seule explication valable à la catastrophique Undercovers, lamentablement diffusée cette année sur NBC et en plus annulée le jour de mes trente ans ! Remboursez moi !!!

J’imagine parfaitement ce qui a du se passer. J.J. était en pleine préparation de Super 8, son dernier film, ou alors il le tournait déjà ou peut-être qu’il était en train de le monter. Il a à mort la pression de son producteur, en l’occurrence Steven Spielberg, qui n’arrête pas de lui rappeler que lui il fait deux séries à côté pour la rentrée, et que putain il gère tout alors merde quoi. Du coup, quand NBC appelle J.J. pour lui dire qu’ils veulent une nouveau show de sa part, il n’arrive pas à refuser. Question d’ego.

Le problème, c’est que y a plus une seule nouvelle idée dans le cerveau d’Abrams. Il aurait bien un truc sur Alcatraz, mais pour l’instant la chaîne n’est pas chaude. Du coup, il va chercher dans ses vieux cartons s’il ne reste pas un truc à vendre. Et il se rappelle qu’il avait refourgué Alias à ABC alors qu’ils lui demandaient de plancher sur une nouvelle saison de Felicity. Notre bon vieux J.J., c’est un feinteux, tout le monde le sait maintenant que Lost est fini. Du coup, accrochez vous bien, il re-refourgue Alias à NBC ! Il a des grosses cojones, c’est sûr !

Bon, ok, il feinte un peu. Il met un coule au lieu d’une jeune héroïne, histoire de changer un peu les intrigues sentimentales (puis, depuis qu’il s’est marié, J.J. s’intéresse aux questions de fidélité, de confiance, de l’amour au quotidien). Et tiens, on va les faire black, histoire de dire qu’on est une série d’avenir qui ose tout. Pour le reste, on fait à l’ancienne – on copie/colle certaines intrigues d’Alias, on te cale une ou deux scènes en France ou au Québec (ouais, ils adorent ça à l’étranger), et que je te mets un mini bout de fil rouge, on verra si on s’en sert plus tard. Emballé, c’est tourné, et hop diffusé.

Finale Score : 2/5, série annulée le jour de mon anniversaire bon dieu.
Undercovers n’est pas totalement mauvaise… c’est juste une pale copie d’Alias qui est quand même terminée depuis cinq ans. Et ce nouveau show a du plomb dans l’aile. Pas innovant, pas super beau, pas vraiment bien ficelé, on ne voit pas ce qui pourrait vous pousser à le regarder – sauf si vous être vraiment, mais alors vraiment, en manque de série d’espionnage.

Deuxième adaptation en série du comics publié chez DC, Human Target a tiré sa révérence à la fin de sa deuxième saison sur la Fox. Pourtant, cette série d’action avait de quoi motiver les foules…

Pour faire une bonne série d’action, il faut en premier lieu des personnages qui donnent envie de les suivre. Et pour le coup, Human Target assure pleinement : Christopher Chance, le héros, est mystérieux à souhait et remarquablement séduisant, son gros pote noir Winston s’avère le parfait sidekick qui apporte le contrepoint comique, l’inquiétant Guerrero peut aussi bien servir les scènes d’actions plus crues que de vrais beaux moments de comédie,quant à Ames elle apporte la touche de féminité et ses talents de voleuses (et donc quelque peu de subtilité) dans l’équipe. Il n’y a que l’adjonction de Ilsa Pucci, la riche quarantenaire qui dirige maintenant le groupe, qui ne fait pas vraiment sens, vu qu’elle ne sert pas à grand chose.

A part ça, Human Target s’appuie sur des scénarios carrés, au rythme parfaitement étudié, mêlant à l’envie action et comédie et même quelques petits moments un peu plus touchants, presque philosophiques, quand on s’attache au fil rouge. Réalisation remarquable et production value splendide, la série n’est plombée que par une ambiance sonore pataude, où la musique classique très lourde devient vraiment redondante avec ce qu’on a déjà à l’écran.

Final Score : 4/5, série annulée à la fin de sa seconde saison.
Human Target est sans doute l’une des meilleures séries d’action de cette année. Il ne lui manque qu’un petit je-ne-sais-quoi qui donnerait vraiment envie de revenir chaque semaine ou qui rendrait la série vraiment indispensable. Dommage que le public n’ait pas suivi (sauf quand la série passait après American Idol !) car on aurait vraiment aimé voir quelle destination aurait pris le show l’année prochaine !

Pour la douzième partie de ce bilan de l’année, pas de thématique particulière mais plutôt un beau bordel sympathique. Du coup, on va parler de femmes de militaires, de problèmes d’éducation parentale, d’une bande de gamins qui terrorise nos écrans, et de la retraite à trente-cinq ans…

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Cela fait maintenant cinq ans que Lifetime nous propose sa propre version de Desperate Housewives mais avec des femmes de militaire. Cinq ans qu’on nous rabâche que l’armée c’est dur mais qu’il faut vivre pour ses idéaux. Entre l’absence des maris (ou de la femme pour l’un des couples) et la dure réalité de la vie sur une base militaire, Army Wives se veut une série réaliste et sans tabou. Problème : on est sur Lifetime.

So, quoi de neuf pour cette cinquième saison ? Roxy se fait construire un restaurant par son ex (et entre autre le père d’un de ses deux petits), Claudia Joy fait face à un cancer (expédié en trois épisodes), Denise se remet peu à peu de la mort de son fils sur le terrain, Roland et sa militaire de femme décident d’avoir un nouvel enfant et vont finir par adopter un petit séropositif, et Pamela ne sert à rien – comme d’habitude, alors que, je vous le donne en mille, c’est la seule rousse de l’affaire.

L’avantage avec une série Lifetime, c’est qu’on est en terrain conquis. Aucune évolution au niveau de la réalisation, toujours aussi scintillante et reconnaissable au premier coup d’oeil, tout comme la production value catastrophique qui semble se décarcasser pour trouver les décors les moins crédibles possibles. Nos cinq actrices en font toujours des tonnes, chacune dans leur propre registre (hum, moi je suis l’aguicheuse, moi je suis l’intellectuelle, moi je suis la triste, moi je suis la femme de pouvoir, moi je ne sers à rien mais je suis rousse alors ça va, hein, y a quelques années on m’aurait directement foutue sur un bûcher.) Quant aux scénarios, peut-on vraiment les considérer comme mauvais quand on voit la trame des histoires qu’ils doivent soutenir ? On reconnaîtra un certain effort sur le rythme, qui tente vainement de ne pas nous laisser nous endormir…

Et n’oublions pas la musique qui, cette année, en fait vraiment des tonnes pour vous dégoûtez à jamais de la pop sirupeuse et de la country nouvelle génération. Au final, Army Wives n’est pas la pire des catastrophes (Lifetime a déjà fait largement plus mauvais), mais à moins d’être masochiste ou de vous passionner pour la vie des militaires américains, je ne vois pas bien pourquoi vous voudriez vous lancez dans cette cinquième saison…

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une sixième et ultime (espérons le) saison.
On ne fait très clairement pas partie de la cible de Lifetime – à savoir la bonne ménagère américaine qui se gave de soap opera – et du coup Army Wives ne nous est d’aucun intérêt. Les femmes de militaires américains, elles, doivent kiffer leur race. Enfin, j’espère, parce que sinon je ne vois pas bien qui regarde cette série et lui assure le succès phénoménal qu’elle a aux Etats-Unis !

Portée à bout de bras par Jason Katims, un scénariste et show runner prolifique qui a aussi bien officié sur Roswell que sur Friday Night Lights, ainsi que sur My So Called Life (Angela 15 ans) ou encore Boston Public, Parenthood s’intéresse à une famille relativement aisée mais surtout nombreuse. La première saison avait su créer la surprise en proposant, contre toute attente, un regard assez neuf sur cette thématique vieille comme le monde, et surtout un véritable amour pour tous les personnages, tous plus soignés les uns que les autres. Qu’en est-il de cette deuxième saison ?

Et bien pour tout avouer on a un peu l’impression qu’on nous la joue on prend les mêmes et on recommence. Même qualité d’écriture, même finesse dans le traitement des personnages, même réalisation limpide mais un peu trop molle. Bien entendu, on ne s’attendait pas une révolution, la série marchant déjà sur des bases tout à fait satisfaisante, mais rien ne viendra vraiment nous surprendre. Les thématiques sont un peu plus creusées, les ados grandissent tandis que certains adultes régressent, et on se laisse tranquillement flotter au sein de la famille Braverman. Et on se demande bien que dire de plus…

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Série accrocheuse et agréable à regarder, portée par un show runner qui y croit et y met toute sa bonne volonté, Parenthood manque malheureusement vraiment de surprise pour pleinement convaincre. En fait, les fans de la première saison peuvent se jeter sur la deuxième, mais ceux qui sont passés à côté peuvent largement s’en passer. A moins d’être fan des sagas familiales (et Parenthood en est une très réussie).

Marrant de critiquer la quatorzième saison de South Park alors que la quinzième vient de faire un break ! Tout le monde connaît la série à l’humour ravageur, qui fait trembler sur leurs jambes les bien-pensants et certains intellectuels. Mais après autant d’années, les auteurs arrivent-ils toujours à se renouveler ? La saison du 200ème épisode se doit de marquer un pas pour éviter qu’on ne commence à s’ennuyer ferme…

Et autant l’avouer tout de suite, c’est bel et bien le cas. Marquée par trois grands moments, cette saison tient toutes ses promesses. Il y a d’abord le fameux double épisode 200/201, dans lequel Tom Cruise recrute deux cent célébrités pour effacer South Park de la carte – c’est aussi l’occasion pour les auteurs de revenir sur la fameuse censure de l’image du prophète musulman dans l’un de leurs vieux épisodes. On restera aussi totalement scotché par la trilogie autour du Coon (la version super héros de Cartman), qui s’allie à Cthulhu et révèle pourquoi Kenny meurt à chaque épisode. Et enfin, comment rester de marbre face à l’épisode Crème Fraiche dans lequel Randy devient obsédé par une chaîne de télévision sur la cuisine.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une quinzième saison.
Quatorze saisons que ça dure et c’est toujours aussi drôle : cette année, South Park a tout de même mis les bouchées doubles et va encore plus loin dans la critique de tous les petits travers américains. A hurler de rire mais aussi diablement intelligente, la série de Trey Parker et Matt Stone est tout simplement un immanquable.

Aussi loin que j’ai pu aller, c’est-à-dire quatre épisodes, Retired at 35 est une sitcom comme on en faisait dans le bon vieux temps, la marque de fabrique TV Land, responsable entre autre du catastrophique Happily Divorced avec Fran Drescher.

Blasé par son travail, un jeune new-yorkais décide de faire le point et de retourner vivre chez ses parents… qui habite dans une sorte d’immense résidence pour vieux. Ah ah, conflit de génération, ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, et bien entendu le héros va autant apprendre de ses parents qu’il va les guider puisqu’ils sont en pleine régression.

Pas drôle, moche et aussi dynamique que ses acteurs sexagénaires, Retired at 35 ne peut plaire qu’aux plus nostalgiques d’entre nous – et encore faut-il qu’ils aient un bien mauvais goût pour être en manque de pareille sitcom. C’est bien simple, ça ne se laisse même pas écouter en faisant autre chose, les rires enregistrés sonnant tellement faux qu’ils vous arrachent des larmes de lamentation.

Final Score : 1/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Catastrophique, mais tout à fait dans la politique de TV Land, Retired at 35 ne fera rire que… que… heu… en fait je ne vois pas dans mon entourage (et je parle famille, ami, amis d’amis, amis de la famille, bref, je fais quand même un gros gros tour) qui pourrait avoir envie de regarder cette purge monumentale. A vomir.

Onzième bilan sur un genre bien particulier : les legal show. Avec juste une petite exception à la fin.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Pour ce nouveau legal show sur un procureur qui vire avocat de la défense, NBC misait beaucoup sur la figure charismatique de Jimmy Smits, acteur ayant déjà fait ses preuves dans L.A. Law, NYPD Blue, ou encore dans The West Wing. Et curieusement, l’affaire n’a pas vraiment marché…

Il faut dire que mis à part ses acteurs plutôt sympathique, le show ne fait pas grand chose pour se démarquer. Le fait que le héros, Cyrus Garza, ait été procureur ne sert pour ainsi dire qu’à faire en sorte que tous les protagonistes des différents épisodes le connaissent pour l’avoir vu à la télé. Il y a bien aussi une petite tentative de fil rouge, avec des politicards qui ont bien envie d’envoyer Garza se faire pendre, mais le tout est tellement suggéré, effacé presque, qu’on ne peut prétendre à une vraie innovation sur ce point.

Du coup, que reste-t-il de Outlaw après les huit épisodes diffusés ? Des scénarios sympathiques, un rythme agréable et quelques répliques cinglantes amusantes. On se souviendra aussi d’une tentative de copie de Kalinda de The Good Wife malheureusement assez catastrophique. A part ça, rien du tout. On ne s’étonnera pas d’avoir totalement oublié la série d’ici l’année prochaine.

Final Score : 3/5, série annulée au bout de huit épisodes.
Outlaw n’est pas une mauvaise série, mais elle n’a rien pour se démarquer des autres legal show. Du coup, on peut tout à fait se permettre de passer à côté…

A l’opposé de Outlaw, sur ABC, chaîne des concepts bien alambiqués, on promettait une petite révolution dans le monde bien saucissonné des legal show avec The Whole Truth. Révolution tuée dans l’oeuf avec des ratings plus que désastreux.

L’idée était intéressante, son application désastreuse et fort compliquée à mettre à en place : une affaire, vue simultanément des deux côtés de la balance, c’est-à-dire du point de vue du procureur et de celui de l’avocat de la défense. Résolution du procès en fin d’épisode et seulement en conclusion une petite vidéo nous révélant toute la vérité sur ce qui s’est vraiment passé. A partir de là, les emmerdes commencent.

Car comment faire en sorte que le public s’attache aux personnages ? Il faut donc cibler UN procureur et UN avocat de la défense. Du coup, les voilà qui se retrouvent toujours opposés dans leurs affaires, ce qui fait un poil artificiel… Comme nous sommes sur ABC à une heure de grande écoute, difficile aussi de terroriser la ménagère en lui montrant des coupables qui s’en sortent ou des innocents qui sont condamnés – du coup, la petite vidéo de fin promettant la vérité ne vient jamais apporter une quelconque nouvelle information ou agir en coup de théâtre. Et puis il y a la trame même des histoires, la structure des épisodes, qui doivent réserver autant de temps aux deux partis. Du coup, que je te mets huit minutes sur la procureur, pub, huit minutes sur l’avocat de la défense, pub, et répéter jusqu’à résolution du conflit. Là aussi, vraiment trop artificiel.

Fausse bonne idée de concept, mais qui aurait pu être sauvée par d’excellents acteurs, ou une réalisation qui nous en envoie plein la figure… pas de bol, les acteurs sont aussi charismatiques que des rayonnages de pots de peinture chez Mr Bricolage, et la réalisation est aussi originale et inventive qu’un nouveau livre de Guillaume Musso.

Final Score : 2/5, série annulée au bout de quatre épisodes.
Plombée par un concept amusant mais impossible à mettre en place (en tout cas à une heure de grande écoute sur un chaîne telle qu’ABC), The Whole Truth termine de se suicider en proposant des acteurs pachydermiques et une réalisation sous éther. Patatra, j’ai envie de dire.

Troisième legal show, et troisième annulation. The Defenders, sur CBS, aura tout de même eu le mérite de durer toute une saison. Son plan pour se démarquer : faire se dérouler l’action à Las Vegas et utiliser tout ce peut apporter une telle ville (casinos, mafia, etc.) Et surtout, s’appuyer sur un duo très apprécié des spectateurs, Jim Belushi et Jerry O’Connel (roh, mais si, le petite génie de Sliders.)

On peut tout de suite reconnaître une grande qualité aux Defenders, c’est que la série est assez remarquablement belle, et on sent une production value prête à tout pour faire sortir Las Vegas sous son meilleur jour. Du côté des scénarios, les auteurs ont pris le parti de glisser beaucoup d’humour dans leur série ce qui vient apporter une certaine fraîcheur assez agréable. Du reste, les enquêtes et les procès sont plutôt intéressants, même s’ils ne viennent pas nous terrasser par leur originalité.

Alors pourquoi diable la série s’arrête-t-elle ? Et bien tout simplement car elle ne propose rien qui pousse le spectateur à revenir à chaque épisode. Pas de fil rouge, pas d’évolution des personnages (ou si peu), et un tel flou sur le passé de ceux-ci qu’on n’arrive pas à s’y intéresser (Jim Belushi passe son temps à regarder sa bague de mariage mais très franchement son divorce ne passionne guère). Du coup, The Defenders devient une série dont on apprécie de tomber dessus mais pour laquelle on ne va certainement pas courir après le travail pour ne pas manquer le début.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Jolie, drôle et plutôt bien jouée, The Defenders est une série agréable à regarder… si on tombe dessus par hasard. A part ça, y a pas de quoi se fouetter la joue gauche. Ou la droite.

Comme (presque) tous les ans, David E. Kelley, le créateur de The Practice, Ally McBeal, ou encore Boston Legal, est de retour sur sa terre promise : le legal show. Avec Harry’s Law, il mise non pas sur un concept révolutionnaire (ce n’est de toute façon pas son genre) mais sur un casting hors pair. Et avec Kathy Bates en tête d’affiche, autant dire qu’il est sur la bonne voie…

Chez E. Kelley, on fait toujours un petit peu dans la surenchère au départ, histoire de mettre de la comédie et alléger un propos finalement assez souvent grave. Du coup, la série tourne autour de Harriet Korn, une avocate à succès qui vient de se faire virer, manque de mourir plusieurs fois, se sent étonnamment vidée et un peu dépressive et qui va, par la force des choses, se retrouver à la tête d’un petit cabinet d’avocats dans un quartier un peu craignos… mais surtout dans une boutique qui vend des chaussures.

Sur cette base qui lui ressemble, notre bon vieux David nous ressort toutes ses vieilles recettes avec, forcément, son lot de personnages aux caractères bien trempés et aux névroses aussi drôles que dangereuses. Mais cette fois, il quitte son univers classique de la haute société pour s’intéresser aux “petites gens”, c’est-à-dire à un quartier profondément dangereux, mal famé et tout le toutim. Bien sûr, on sent que le bonhomme n’est pas totalement à son aise et il se permet quelques poncifs un peu trop soulignés pour être honnêtes. Malgré tout, l’ensemble prend et on se plait à découvrir les aventures de ce cabinet, une fois de plus pas comme les autres !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Harry’s Law va s’attirer la sympathie de tous ceux qui aiment déjà les séries de David E. Kelley : elle apporte vraiment quelque chose par rapport à ses anciennes créations, mais on y retrouve toujours sa patte que ce soit dans les histoires, dans l’humour des personnages ou même dans la réalisation.

Pour ne pas copier ses copines, Fairly Legal a la brillante idée de mettre en scène non pas une jeune et talentueuse avocate mais une spécialiste dans les litiges, qui s’occupe de faire la médiation entre deux partis afin d’éviter d’aller au procès. Alors, coup de génie ou fausse bonne idée qui mène au désastre ?

Le petit network USA mise toujours sur les personnages, c’en est même devenu leur tagline : character welcome. Kate Reed, l’héroïne de la série, est donc une femme forte, une femme d’action, une femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Mais c’est aussi une femme fragile, qui n’arrive pas à pleinement se séparer de son mari dont elle a pourtant divorcé, et qui aimerait comprendre quel lourd secret cache son père, fraîchement décédé. Rien de superbement original, mais on sent que les auteurs aiment leur personnage, et qu’il s’éclate avec elle. Interprétée avec brio par Sarah Shahi, impossible de ne pas aimer Kate Reed, qui pourrait bien devenir le nouveau archétype féminin de l’héroïne de série.

Mais là où Fairly Legal tape doublement juste, c’est que les histoires qui sont proposées arrivent à nettement sortir du contexte classique des séries qui se déroulent dans un tribunal. Pas de procès, ça veut dire pas de jury, pas preuve, pas d’interrogatoire – et pourtant, Kate a toujours un objectif concret : trouver ce que veulent les différentes parties, qui parfois l’ignore elle-même. Roublards et bourrés d’idées originales, les scénarios sont de plus tenus par un rythme trépidant qui vous scotche sur votre fauteuil.

Et puis il ne faut pas oublier le double feuilletonnant – la partie sentimentale et la quête du secret du père – assez bien foutu pour qu’on ait vraiment envie de revenir semaine après semaine. Au final, Fairly Legal surprend tout le monde et se fait une place de marque dans un univers un peu trop galvaudé. Il ne lui manque plus que ce petit truc indescriptible qui la sépare encore des séries immanquables.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Fairly Legal est assurément LA bonne surprise de l’année. Un concept novateur, qui surtout amène des types d’histoires comme on n’en avait pas vu avant, une actrice rafraîchissante et un personnage hors du commun : la série a tout pour vous faire renouer avec les legal shows.

On sort quelque peu du cadre du legal show pour parler de Chase, dernière production en date de Jerry Bruckheimer qui, ce jour là, aurait mieux fait de rester coucher avec une bonne rediff de ses CSI.

Chase est une catastrophe sur tous les points. Le concept, d’abord, s’intéresse à une marshal qui traque les fugitifs dangereux dans le sud du Texas. Les histoires se répètent à l’envie, le schéma narratif est tellement ENORME qu’on a l’impression qu’on nous le glisse directement sous le nez, et les ficelles utilisées pour faire rebondir l’action ont été plus souvent vues que la vidéo sexy de Paris Hilton. C’est dire si on nage dans un océan d’artificialité, face à un désert d’originalité.

Les personnages ne sont pas mieux servis. La bande à Annie Frost est aussi insipide et creuse que les acteurs qui l’interprètent. C’est bien simple, on n’arrive jamais à voir ce qui pourrait les distinguer les uns des autres, ni à avoir un quelconque sentiment pour eux. Quant à Annie, on dirait une mauvaise blague digne des pires scénarios de Tyler Perry.

La réalisation et la production value se permettent de plus de n’être pas folichonnes : un comble quand on regarde une série estampillé Bruckheimer, marque de fabrique qui assure au moins d’en prendre plein les mirettes. Ici, mis à part un petit nuage de poussière de temps en temps, rien ne viendra perturber la morne ambiance qui règne sur votre écran.

Final Score : 1/5, série annulée au cours de sa première saison.
Burckheimer devait sans doute croire qu’en récupérant Jennifer Johnson, scénariste émérite sur Lost (qui lui a valu un prix), Reunion ou encore Cold Case, il allait apposer son nom à une nouvelle petite merveille. Mais passée à la moulinette de la grosse machine du pape du cop-show, Jennifer nous pond un truc innommable, chiant comme c’est pas permis, moche et mal joué. Ça fait beaucoup.