Category: Le Gros Fourre-Tout


19ème et dernière partie de notre bilan de l’année – avant le bilan du bilan ! On termine avec quatre séries qui n’ont pas grand chose à voir les unes avec les autres. Une rencontre qui s’éternise, de jeunes chanteurs dynamiques, une bonne raison de garder l’espoir et de la pluie sur Seattle.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Il semble que le grand jeu de l’année a été de tirer sur l’ambulance How I Met Your Mother. Comme si tout le monde, subitement, trouvait que la sitcom, dans sa sixième année, était devenue extrêmement mauvaise. Shonda Rhimes, créatrice de Grey’s Anatomy, aurait-elle donc raison quand elle explique que les saisons 6 et 7 sont les plus dures à passer et qu’il faut attendre la 8 pour trouver un vrai renouvellement ?

Tout le monde connaît maintenant le concept de cette histoire d’amour à rebours, ou comment un papa raconte à ses enfants la manière dont il a rencontré leur mère… Ou plutôt, non, comment il ne leur raconte pas. Ce pitch de base n’a de toutes façons que peu d’importance et sert juste aux auteurs d’avoir la possibilité de se permettre des aller-retours temporels qui ont mis en place de nouvelles structure de comédie propres à la série, comme son incroyable manière de nous faire croire que les personnages partagent de grandes traditions depuis très longtemps alors qu’on ne les a jamais vu faire. Du coup, s’énerver parce que le show n’a toujours pas dévoilé qui est cette fameuse mère me paraît être totalement régressif et volontairement naïf : c’est comme s’énerver sur le fait de vouloir voir le père Noel - on sait tous que l’important ce sont les cadeaux (ahem…)

Après, il faut bien avouer que la sitcom de Carter Bays et Craig Thomas commence un peu à s’essouffler. On s’est largement habitué aux structures volontairement saccagées des épisodes, les répliques de Barney ne font plus aussi mouche qu’avant, et même le couple Lily/Marshall s’épuise à être toujours aussi parfait. Ok. Mais la série est-elle vraiment moins drôle pour autant ? De mon côté, je souris toujours autant et j’avoue que j’aime bien retrouver le petit gang une fois par semaine. Ils ne m’ont pas lassé et s’avère un rendez vous toujours aussi agréable. Du coup, non, je ne troquerai pour rien au monde les soirées au Mac Laren’s contre des journées avec une certaine famille moderne…

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une septième saison.

Il semble de bon ton de critiquer How I Met Your Mother en ce moment. Personnellement, je prends toujours autant de plaisir à regarder la série et à retrouver le gang au Mac Laren’s. Certes, on est en terrain conquis et ce ne sont pas les surprises qui fusent. Mais très franchement, vous en connaissez beaucoup des sitcoms qui vous surprennent tout le temps ? How I Met fait rire, et c’est déjà franchement pas si mal.

L’année dernière, la FOX prenait tout le monde de court avec sa nouvelle série comédie musicale, Glee. Le genre n’était quasiment plus présent à la télé américaine depuis Fame dan les années 80, mais c’est surtout le fait que le créateur du show soit Ryan Murphy, connu pour avoir choqué l’amérique avec Nip/Tuck, qui a vraiment surpris tout le monde. Ce serait oublier que le bonhomme s’est déjà essayé à la comédie ado (très) satyrique avec la remarquable Popular, malheureusement depuis tombée dans l’oubli.

Si le but avait été de renouveler la surprise avec cette deuxième saison des aventures de la célèbre chorale de loosers, ce serait un remarquable échec tant on sent la formule “on prend les mêmes et on recommence.” Du coup, il faut bien l’avouer, les destins de Finn, Will, Rachel et consort déjà sur-utilisé l’année dernière, ne nous font ni chaud ni froid. Le pire est sans doute atteint avec Kurt, qui nous lasse très rapidement, et dont on aimerait qu’il disparaisse lorsqu’il part dans une autre école (dont les histoires ne nous intéressent mais alors vraiment pas !) Heureusement, Ryan Murphy y a déjà pensé et aimerait mettre en place un système de roulement des personnages pour que des nouveaux puissent arriver progressivement tandis que les anciens, qui finiront tôt ou tard par quitter le lycée, partiront vivre d’autres aventures ailleurs. Du coup, le show est dramatiquement plus intéressant quand il s’intéresse à des personnages laissés en jachère l’année dernière comme Mike Chang (qui mériterait d’être encore un peu plus mis en avant…) mais surtout le duo Santanna / Brittany, totalement jouissif et parfaitement incontrôlable. C’est aussi l’occasion de révéler que Heather Morris n’est pas seulement une excellente danseuse et chorégraphe, c’est aussi une actrice assez géniale !

Alors que retenir de cette deuxième saison de Glee ? Quand la série fait dans le cynisme ou quand elle veut volontairement choquer et faire bouger les choses, elle y arrive plutôt bien. Elle est aussi très réussie quand elle parle de l’homosexualité masculine ou féminine, ou même de la découverte de la sexualité chez les adolescents. Par contre, elle se casse les dents lamentablement lorsqu’elle tente vraiment de toucher ou d’émouvoir, et retombe dans les travers de certaines des pires séries pour ados. Alors, comme la série, le spectateur a le cul entre deux chaises, intrigué par tous les passages peu conventionnels mais anéantis par les grands moments de leçon de morale. Ceux qui resteront seront ceux capable de supporter d’avoir quasiment un quart d’heure de chanson par épisode.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une troisième saison.

Glee est clairement sauvée cette année par le duo Santanna / Brittany qui apporte la dose d’humour décalé nécessaire à la série. D’un autre côté, elle ne cesse de tomber dans les pires clichés des séries pour ados, notamment avec ses romances interminables et peu crédibles. Dommage, car on aimerait vraiment retrouver la patte inimitable d’un Popular en comédie musicale.

Pour faire une bonne sitcom, il suffit parfois de pas grand chose : un concept sympathique, un casting amusant, ou tout simplement des auteurs en pleine forme qui proposent des répliques assassines. Avec juste l’une de ces trois composantes, vous pouvez déjà connaître le succès. Alors accrochez-vous, car Raising Hope possède les trois. Et bien plus encore.

Pour ses deux nouvelles sitcom, la FOX s’est entourée de deux équipes menées par d’anciens chefs armés de la comédie dérangeante. D’un côté Mitchell Hurwitz, papa de Arrested Development pour Running Wilde, qui sera malheureusement un terrible échec en terme d’audience, de l’autre Greg Garcia, papa de la plus discutable My Name is Earl, pour Raising Hope, dont le succès ne s’est jamais altéré tout au long de l’année.

On ne dévoilera pas la situation de départ, qui offre l’une des plus magistrale et ahurissante introduction pour une sitcom (si vous n’êtes pas scotchés à la fin des trois premières minutes du pilote, je ne vous comprends pas), mais sachez que la série raconte les mésaventures d’un enfulte de 23 ans, qui vit encore chez ses parents, avec sa maw-maw (son arrière grand-mère) complètement frapadingue. Et, suite à un ironique coup du sort, il se retrouve papa après un coup d’un soir, mais surtout il doit élever seul la petite fille renommée Hope (parce qu’à l’origine, elle s’appelle Princess Beyonce – véridique). Ajouter à cela une fort sympathique Sabrina dont le héros est fou amoureux et vous avez déjà de quoi faire.

Peut-on vraiment parler de point fort pour cette série ? Tout y est franchement excellent. Les histoires sont surprenantes, décalées et particulièrement inventives, le rythme ne s’essouffle jamais, les personnages sont juste fabuleux, sans compter sur une réal classe et une production value carrément à la hauteur. Et on oublie le casting, incroyable, avec une mention spéciale pour Cloris Leachman, la fameuse arrière-grand mère complètement tarée, qui assume avec une classe extraordinaire un rôle pas toujours facile.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Tout est bon dans Raising Hope. A la limite, on pourra juste lui reprocher d’être un peu traditionnelle – comprendre par là qu’elle ne fait pas trop dans l’auto-dérision ou la référence à outrance – mais pour une sitcom single caméra, c’est bien la meilleure de l’année. Du coup, allez-y, jetez vous dessus, et rattrapez vite la première saison avant que la deuxième ne commence.

N’ayant pas encore vu la fin de The Killing - qui semble avoir fait changé d’avis pas mal de spectateur sur la qualité de la série – je vous propose juste une mini critique qui sera amenée à être transformée dés que j’aurai terminé la première saison…

The Killing est adaptée d’une série danoise, mais pas par n’importe qui vu que c’est Veena Sud qui a présidé au destin des deux versions. Sorte de Twin Peaks sans David Lynch (donc sans nain ou rideau rouge en plein milieu d’une forêt), le show s’intéresse à la disparition de Rosie Larsen, une adolescente de Seattle, et aux répercussions que cela implique sur sa famille, sur la campagne électorale d’un homme politique, et sur le duo qui enquête sur son meurtre.

Jusqu’ici, la force principale de la série réside à la fois dans son histoire, très malicieusement menée – même si on sait qu’on va sans cesse nous emmener dans des fausses pistes vu qu’il faut que la série fasse treize épisodes, on se laisse porter avec une certaine joie – et dans ses scénarios eux-mêmes, extrêmement bien conçus et qui savent incroyablement mettre en valeur la psychologie des différents personnages.

Ceux-ci sont de plus défendus par des acteurs franchement hors-norme, totalement investis, comme on aimerait en voir un peu plus souvent. La réalisation, belle à se damner, va vous donner envie de visiter Seattle et saura vous faire apprécier un jour de pluie comme nulle autre. Y a-t-il une chose que je reprocherai pour l’instant au show ? Peut-être juste son utilisation un peu trop systématique de sa musique, très marquée, mais qui participe d’un autre côté totalement à l’ambiance. Bref, pour l’instant, je suis totalement conquis…

Final Score : (à l’épisode 9) 5/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Alors oui, je suis fan de The Killing à un point que je me suis retapé les huit premiers épisodes pour les faire découvrir à ma dulcinée. En contrepartie, je n’ai pas encore vu la fin qui, semble-t-il, en a désespéré plus d’un. Mais bon, même si celle-ci s’avérait vraiment pourrie, je conseillerai malgré tout le show pour tous les épisodes précédents, franchement excellents.

Non, cherchez pas, je ne ressemble pas du tout à ça. Par contre, pour la position sur le canapé et la bière, ça colle.

Fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre : j’ai pris trop de retard cette semaine sur les séries, du coup j’ai passé la journée à rattraper tout ce que je devais voir. Et je m’y suis mis à neuf heures du mat’, sachant que je me suis couché hier vers les quatre heures… pour regarder de la série. Du coup, j’ai pas vu le temps passer (ou alors je l’ai trop vu défiler à une vitesse incroyable) et me voici contraint de passer sur l’article d’analyse du vendredi. De quoi j’aurai du vous parler ? Vous le saurez la semaine prochaine quand vous trouverez enfin cet article terminé.

Un indice, quand même : ça concerne les saisons deux. Ah ben tiens, merde, je viens de m’auto-spoiler. Con de site. Comme ça m’énerve, je vais vous spoiler une info super importante : Lex Luthor, le vrai, le seul et unique Michael Rosenbaum, reviendra dans le dernier épisode de la série (Smallville). Et bam, dans vos dents.

Et voilà, nous sommes arrivés au fatidique vendredi avant le “vrai” relaunch du site. Les nouveautés depuis mercredi :

Vous trouverez en haut à gauche une case “A Propos du Site” qui va tout vous expliquer sur la nouvelle direction prise par le site. Pour les plus flemmards d’entre vous : http://spoilersinside.net/blog/about/

Je suis aussi en train de refaire les images qui accompagnent les articles sur les différents networks, afin que vous puissiez identifier d’un coup d’oeil toutes les séries qui passent sur votre chaîne préférée. Le cas ABC a été réglé, il faut encore que je fasse les autres networks, ce qui prend pas mal de temps…

Et… c’est tout. Mais c’est déjà pas si mal !

A Lundi !

Encore un petit post pour vous informer que les premiers changements sur le site arrivent :

Vous pouvez découvrir en haut du site de nouvelles pages, fixes, qui vous permettront de retrouver toutes les séries, chaînes par chaînes, qui sont diffusées cette année.

En dessous du titre (Spoilers Inside) vous trouverez les nouvelles catégories du site : Le Conseil du Lundi, L’Insolite du Mercredi, L’Analyse du Vendredi, Le Grand Jeu des Séries et Le Gros Fourre-Tout. Ca devrait déjà vous en dire un peu plus sur la manière dont le site va évoluer…

Mais je ne vous en dirai pas plus pour aujourd’hui – il faut bien que je vous réserve quelques surprises pour vendredi ! Sachez juste que la nouvelle version du site sera vraiment officialisée lundi prochain…

Bonjour à tous !

Je sais que je vous avais promis du changement pour ce lundi au pire (il y a même un moment où j’ai cru que j’aurai le temps de le faire pour le lundi de la semaine précédente !!!) mais malheureusement les aléas de la vie font que ce ne sera pas encore le cas… Je ne vous abandonne pas pour autant et je vous laisse même avec du contenu exceptionnel – en tous cas pour ceux qui comprennent l’anglais à l’oral. Une interview de Matthew Weiner (de Mad Men) et de David Simon (de Treme et The Wire), menée de main de maître par Eric Vérat et toute son équipe !

httpv://www.youtube.com/watch?v=T_lbfwS3mHg

Rendez vous mercredi soir…

Bonjour à tous,

après avoir fini le tour d’horizon des grilles de programmation des chaînes US, le site va connaître quelques petits changements et une grosse réorganisation !

Rendez vous donc mercredi pour faire le point sur tout ce qui va bouger !

J’ai beau y avoir réfléchi tout le weekend, m’être levé ce matin à 07h30 (ce qui est plutôt inhabituel pour moi), m’être cogné toute ma liste de séries, je n’ai pas trouvé d’idée vraiment percutante pour faire un article sur un quelconque show… ou du moins je n’ai pas trouvé le courage d’écrire ceux que je devrai écrire ! La faute en revient à Geoff Johns, scénariste de comics de talent, et dans une moindre mesure de série (c’est lui qui a repris Smallville cette année !) En effet, cette semaine vient de paraître aux Etats-Unis le dernier numéro de son Superman : Secret Origin qui promettait vachement. Reste à voir si toutes ces fameuses promesses ont été tenues…

Le genre de petite idée de Geoff qui me fait toujours rire.

Il n’y a pas si longtemps, alors que je discutais avec Girlfriend de son pote qui déchire tout en comics, je lui ai expliqué qu’il y a plusieurs univers/boites d’édition et que si son pote était plutôt Marvel (Spiderman, X-Men, Iron Man, etc.) j’étais pour ma part plutôt DC (Batman, Wonder Woman, Flash, etc.) J’ai longtemps suivi Marvel et j’adore toujours beaucoup leur univers, c’est juste que je suis complètement à la ramasse : les derniers numéros que j’ai lu datent de 2005… Girlfriend a soudain eu une réaction que j’ai déjà vu mille fois mais qui ne cesse de me surprendre : “ah, mais moi je déteste Superman, c’est un gros connard condescendant !” Je ne sais pas d’où viens cette (mauvaise) réputation – je pense que c’est parce que, à l’image de Captain America chez le concurrence, il incarne un peu trop les couleurs de l’Amérique – mais moi j’accroche plutôt bien à cette histoire d’extra-terrestre expatrié sur Terre, seul survivant de sa race, et donc un être éternellement unique et seul. Bon, ok, depuis il y a eu tout plein d’autres kryptoniens (la race de Superman) qui ont débarqué sur notre belle planète, mais vous voyez ce que je veux dire.

Merde quoi, il pète la classe quand même !

Geoff Johns, lui, il aime DC, ça se sent et ça se voit vu qu’il écrit une bonne dizaine de comics pour eux CHAQUE MOIS ! De quoi rendre jaloux plus d’un scénariste de BD française… Geoff aime aussi beaucoup Superman, c’est pas pour rien qu’il est allé se casser les dents sur Smallville. L’univers DC étant ce qu’il est, c’est à dire un univers en perpétuelle refonte, avec des CRISIS majeures qui viennent changer les fondements et les origines de tous les personnages, il était plus que temps de mettre à jour la mythologie fondatrice de leur personnage pilier. Une chouette occasion pour Geoff de revoir à sa façon un grand classique du comics.Voici donc Superman : Secret Origin, une mini-série en six numéros, qui nous raconte dans une version moderne les premières aventures de Superman, de son arrivée sur Terre jusqu’à sa première vraie confrontation avec Lex Luthor adulte.

Une Lois plus moderne et dynamique que jamais, ça fait toujours plaisir.

Dans notre discussion, Girlfriend me disait qu’elle n’aimait pas Superman parce que, dans les films, il se la pète tout le temps, fait deux trois trucs, mais laisse complètement à l’abandon la pauvre Lois Lane, sa fameuse promise. Ok, mais c’était dans les films, dans les années 80 et la Lois de maintenant n’a vraiment plus rien à voir avec une gentille journaliste un peu sournoise. La Lois d’aujourd’hui va sur le terrain, fait du reportage de guerre en Kahndaq, se fait tirer dessus par un sniper, gifle son père et va même presque jusqu’à tuer sa sœur (qui tentait de faire la même chose!) Geoff a donc revu et corrigé la jeune Lois pour en faire une vraie femme active, qui pousse gueulantes sur gueulantes et ne se laisse mais alors vraiment pas faire ! Une mise à jour bienvenue qui crédibilise tout à fait le personnage de la série régulière.

Le début du complexe du sauveur...

L’autre grande réussite de la série c’est le personnage de Lex Luthor. Geoff lui réinvente une jeunesse franchement amusante, nous décrivant un ado imbu de lui-même, très intelligent, particulièrement cynique et surtout déjà capable du pire pour arriver à ses fins : il n’hésite pas à se débarrasser de son père pour quitter Smallville et débarquer à Métropolis ! Quand il s’attaque au personnage adulte, Geoff Johns reprend les grandes lignes tirées par Azzarello dans l’extraordinaire mini-série Lex Luthor : Man of Steel. C’est-à-dire un Luthor atteint d’un énorme complexe du sauveur, qui veut être le nouveau messie des hommes, celui qui saura les guider vers un monde en paix dont il serait le patriarche. Geoff pousse même le bouchon un poil plus loin en présentant un Luthor qui accomplit chaque jour le rêve d’un homme parmi la masse venue le voir dans son jardin chaque matin (voir illustration ci-dessus.)

L'homme VS le mythe, mais qui est qui?

Entre Luthor et Superman, on s’en doute, ça ne va pas bien se passer. Ne serait-ce que parce que le premier est trop arrogant pour reconnaître un être plus puissant que lui, et parce que le second, en refusant de communiquer sur qui il est vraiment, se créée une image de mythe inaccessible forcément dérangeante (pour qui se prend-il, cet homme qui vole et nous regarde avec ce qui semble être de la condescendance?) Geoff arrive parfaitement a restituer cette problématique qui est la base de quelques unes des meilleures histoires de Superman ces dernières années.

Geoff, tu es un putain de fanboy qui ne peut pas s'empêcher de citer ses comics préférés.

Malheureusement, malgré toutes ces qualités, et même quand Geoff s’amuse à nous ramener la Legion des Super Héros, sans doute son autre comics préféré chez DC, le tout reste vraiment trop gentillet et propret pour pleinement convaincre. Pas gentillet et propret dans son propos mais dans les libertés que l’auteur aurait du prendre avec son sujet. Car au final on reste dans le schéma archi-classique et suranné vu et revu dans toutes les adaptions des aventures de l’homme au S sur la poitrine, que ce soit au cinéma ou dans les séries télévisées. Aucune révélation fracassante, aucun petit détour qui nous montrerait une partie – vraiment – inconnue du passé du héros, en fait aucune vraie originalité sur quelque point que ce soit. C’est sans doute une volonté de la part de DC, cette Secret Origin étant vraiment un point de départ idéal pour qui ne connaîtrait pas du tout Superman, mais cela laisse un peu sur sa faim le gros lecteur de comics que je suis.

LA question.

Et pourtant, je ne saurai que trop vous conseiller de jeter un œil sur cette mini-série, d’abord pour son final plutôt réussi (belle scène entre Lois et Superman) mais aussi et surtout pour le dessin et la mise en page de Gary Frank qui a sans doute atteint la pleine mesure de ses moyens. Les personnages sont expressifs comme jamais, la mise en scène ultra-dynamique, le cadrage toujours judicieux : c’est bien simple, il n’y a pas une case qui semble avoir été faite à la va-vite pour boucler à temps. Et puis flute, depuis que j’ai terminé le dernier numéro je n’ai qu’une envie : m’acheter ça (la troisième paire en partant de la gauche)!