Cette semaine marque la fin de quatre sitcoms de qualité variable et aux avenirs incertains. Du coup, les anglais en profitent pour nous balancer de la teenage comedy… dans la rome antique (!) et pour nous plonger dans un univers très glauque rempli de questions sans réponses.
Neighbors, the (saison 1)
C’est assurément la plus grande surprise sitcom de l’année. Vouée à un destin fatidique, The Neighbors n’avait rien pour marcher auprès du public : un sujet de science-fiction (une famille déménage dans un petit quartier de banlieue, entièrement occupé par… des extra-terrestres !), une mauvaise place à prendre dans la soirée comédie du mercredi soir sur ABC, et un casting composé entièrement de presque inconnus. Ajoutez à cela des premières critiques pas dithyrambiques et vous obtenez une catastrophe annoncée.
Sauf que, contre toute attente, The Neighbors a su peu à peu séduire son public… et la critique. Au départ simple délire qui fait nécessairement penser à Alf (ah, les belles années 80…), la sitcom imaginée par Dan Fogelman a su comprendre les leçons de ses concurrentes récentes comme Community, Suburgatory ou même Modern Family. C’est à dire que, tout en se basant sur des intrigues purement familiales, le show se permet de briser le quatrième mur, de remettre en question les fondements même de la sitcom et pousse ses personnages dans leurs pires retranchements sans craindre l’absurde mais en le revendiquant.
En résulte une série assez bien pensante, il faut l’avouer (et puis, c’est normal vu sa case horaire !), mais très originale dans son traitement et avec des personnages tellement attachants qu’on a sans cesse envie de voir leur prochaine aventure. La recette est toujours la même, mais les ingrédients ont été upgradés pour le vingt-et-unième siècle : The Neighbors est frais, et ça fait du bien.
Final Score : 8/10
Respectant les règles de la sitcom familiale, The Neighbors casse en revanche les codes au niveau des personnages et de l’univers. C’est frais, surprenant et irrésistiblement drôle.
Whitney (saison 2)
A quoi pouvait-on s’attendre de la part de Whitney Cummings, jeune comique décalée qui tente de faire le forcing pour le retour de la sitcom tournée en public – et qui a plutôt réussi son coup d’un point de vue de l’audience avec 2 Broke Girls ? Pas grand chose et, effectivement, la première saison de Whitney, son autre création déjà beaucoup plus personnelle, n’avait pas marqué les esprits.
Mais il se passe parfois des petits miracles et celui-ci a bien failli échapper à votre serviteur. Je n’attendais pas du tout cette deuxième fournée d’épisodes, j’ai d’ailleurs mis du temps pour me plonger dedans, et j’ai longtemps hésité à totalement faire l’impasse… Et j’aurai commis une bien belle boulette tant cette deuxième saison a gagné en qualité.
Les acteurs – dont la qualité est essentielle pour une sitcom en public – se sont enfin emparés de leurs personnages et sont nettement plus à l’aise. Whitney Cummings chapotte sa petite équipe avec un réel talent et sait aussi bien servir la punchline que relancer les blagues de ses petits copains. Il faut dire qu’elle est bien aidée par des scénarios beaucoup plus dynamiques et innovants qu’avant donnant – enfin ! – l’impression de ne pas re-raconter des choses déjà vu cent fois.
Mais surtout, surtout, la série est drôle et c’est d’autant plus impressionnant qu’elle ne se permet aucun artifice (à la différence de The Neighbors par exemple.) Et si cette nouvelle bande de potes n’a rien à voir avec nos bons vieux Friends, elle reste extrêmement sympathique et magistralement ancrée dans son époque. Un petit miracle, je vous dis !
Final Score : 8/10
Après une première saison mécanique, peu rodée et pas très convaincante sur l’humour, Whitney revient et se transforme pour enfin totalement nous convaincre. Une bien belle réussite.
Raising Hope (saison 3)
Toujours fun mais déjà nettement plus fatiguée que les deux années précédentes, Raising Hope ne nous aura donc clairement pas offert sa meilleure saison. L’univers foutraque et assez crade imaginé par Greg Garcia commence à ronronner, un comble pour une série qui venait foutre un grand coup de pied dans les conventions de la sitcom familiale. Et si Maw-Maw, la grand-mère lubrique et folle à lier, est toujours aussi amusante, et que le couple de parents reste résolument fascinant, le duo des jeunes (Jimmy et Sabrina) a bien du mal à se renouveler. Dommage…
Final Score : 6/10
Fatiguée, Raising Hope n’a pas trouvé cette année les moyens de se renouveler. Ça reste très amusant, mais on attend plus d’un semeur de troubles comme Greg Garcia.
1600 Penn (saison 1)
NBC n’aura pas eu beaucoup de succès avec ses nouvelles sitcoms cette année, et 1600 Penn va malheureusement rejoindre le tas de toutes celles qui ont été annulées. Pourquoi malheureusement ? Parce qu’on tenait avec elle une sympathique surprise sur laquelle soufflait un vent de fraîcheur.
Les affres de la première famille des Etats-unis (comprenez du président, de sa nouvelle femme, et de ses quatre gamins) ont effectivement bénéficié d’un soin tout particulier de la part des scénaristes en terme d’originalité et d’innovation. Le rythme, les intrigues, et même les blagues apportaient quelque chose de vraiment jamais vu grâce à la mise en place de situations originales et totalement décalées.
Alors, c’est vrai, le show tenait la quasi totalité de son potentiel comique entre les mains d’un seul personnage (Skip, le “grand” des enfants, éternel étudiant sans diplôme et au mode de raisonnement très… personnel) mais les autres auraient pu s’étoffer avec le temps, comme l’ont prouvé les derniers épisodes.
Maintenant, on ne va pas recommander une série qui s’arrête après seulement treize épisodes et qui n’a pas réussi à trouver totalement sa formule. 1600 Penn sera donc vite oubliée… comme toutes les nouveautés sitcom de NBC cette année.
Final Score : 7/10
Très sympathique mais totalement dispensable, 1600 Penn n’aura pas eu le temps de démontrer tout son potentiel. Dommage, car je suis sûr qu’il y en avait un… et un gros.
Lightfields
On va passer de l’autre côté de l’Atlantique, et passer encore plus rapidement sur Lightfields, show surnaturel en cinq épisode sur trois familles qui vivent dans la même maison, à trois périodes différentes. Maison qui est, vous l’aurez deviné, hantée.
Basée sur une série américaine qui n’a jamais été diffusée (The Oaks), et pseudo suite d’une première adaptation qui n’avait pas du tout retenu mon attention (Marchlands), Lightfields s’écoule sur un rythme infiniment lent, avec des rebondissements que l’on voit venir à des kilomètres, pour déboucher sur un final franchement affligeant. Plombé par une mise en scène antique et des comédiens à la ramasse, voici une série… qui sent le souffre.
Final Score : 3/10
Mou, déjà vu, et tout simplement chiant, Lightfields n’est à recommander… à personne.
Plebs
Bien plus fun, les anglais de ITV2 (pourtant pas très réputé pour la qualité de leurs programmes) nous prennent de court avec Plebs, sitcom à l’anglaise sur trois jeunes adultes… dans la Rome antique. Deux sont des hommes libres et bossent dans un scriptarium (où le premier fait des copies de lettres et le deuxième déchire le courrier indésirable – d’où son surnom de “shredder”) et le dernier est leur esclave au comportement plus que particulier. Quand une charmante petite blonde et sa suivante musclée débarquent dans leur “résidence”, les ennuis commencent. Car comme tous vingtenaires digne de ce nom, les trois garçons ont deux occupations : boire et tenter de mettre des filles dans leurs lits.
On pouvait craindre une grosse parodie pataude et ringarde, Plebs se révèle être assez fine et totalement en adéquation avec son temps (bien qu’elle se passe à une époque reculée !) Bon, il faut avouer que le show rappelle à l’occasion The Inbetweeners, mais comme il n’en garde que les bonnes idées on ne va pas le lui reprocher. Fun, bien rythmé, drôle et bien joué, Plebs se laisse suivre avec plaisir et on espère juste que ce niveau de qualité va se maintenir sur toute la saison.
Et bien, on peut dire qu’on l’aura attendu ce Orphan Black dont tous les sites de SF et autres conventions auront parlé bien avant sa diffusion ! Pourtant, on est en droit de se montrer réticent : voici une série canadienne de SF qui fait beaucoup parler d’elle et cela évoquera à certains le rude souvenir de Continuum, annoncée comme un tour de force autour de l’idée du voyage dans le temps et qui s’est avérée être une sombre daube. On s’approche donc lentement de Orphan Black, en lui laissant le soin de venir nous convaincre…
Et force est de constater que le premier épisode tient ses promesses. Bien sûr, il y a la prestation de Tatiana Maslany (l’actrice sur l’affiche – et oui, pour ceux qui n’auraient pas compris, c’est la même dans quatre rôles différents !), mais il y a aussi et surtout une mise en scène et une atmosphère sonore qui mettent en place une ambiance très particulière assez grisante. Le scénario en lui même est plutôt bien rythmé mais l’histoire ne se met pas encore totalement en place : ainsi, si la série parle du clonage, le mot n’a pour l’instant pas encore été prononcé… On reste pour l’instant dans une intrigue un peu plus classique, celle d’une jeune femme qui assiste au suicide d’une fille qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau et qui décide de prendre sa place. Tout se complique dans les dernières minutes de l’épisode, fort heureusement, et laisse espérer le meilleur pour la suite. Bref, Orphan Black doit encore faire ses preuves mais au moins elle démarre sur une bonne voie.
Rendez vous la semaine prochaine pour saluer l’une des plus grandes série de sa génération… et sans doute la plus injustement boudée de part chez nous !

























































