Pour la quatorzième partie de notre bilan de l’année, fallait bien qu’on s’intéresse d’un peu plus près aux cop-shows. Sélection.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Southland n’est définitivement pas un cop show comme les autres. Abandonnée par NBC après sa deuxième saison, la série est rachetée par TNT qui décide d’en produire une troisième fournée d’épisodes. Passer d’un gros network à un petit est toujours risqué : les coupes budgétaires sont franches et il faut forcément faire du vide dans le casting. Du coup, comment s’en est sorti Southland cette année ? Réponse tout de suite.

La première différence qui saute aux yeux par rapport aux autres cop-shows c’est que Southland est réalisée à la manière d’un mockumentary. Si la série y gagne en dynamisme et en réalisme, elle ne joue pas vraiment le jeu en incorporant des scènes de la vie privée qui ne pourraient être tournée par une équipe réalisant un documentaire. C’est heureusement un moindre défaut, vite oublié et qui ne fait  pas douter de la crédibilité du reste de l’univers.

Cette année, les “enquêtes” si on peut utiliser ce mot, sont toujours aussi rudes et crues, et il est rare qu’il y ait un vrai mystère sur le coupable. C’est plutôt la manière de l’appréhender, de faire avec les innombrables problèmes que pose la ville de Los Angeles, qui intéressent les auteurs. Et quand un personnage important se fait tuer, c’est brutal, sans emphase, si bien qu’on a même du mal à y croire pendant un moment (on se dit que non, il va revenir !) Au final, les coupes budgétaires sont parfaitement contrebalancée par une production value encore plus créative et une réalisation extrêmement intelligente – si bien que, s’il n’y avait la petite réduction de casting, on aurait du mal à croire que la série a moins d’argent.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
Assurément le cop-show le plus réaliste et le plus original encore diffusé cette année, Southland est assurément un immanquable auquel seuls quelques uns pourront reprocher parfois de très légèrement tomber dans le pathos (et encore, cette troisième saison semble résolument régler ce problème). Très intelligemment réalisée, magnifiquement interprétée, Southland est tout à la fois un bonheur pour les yeux et pour la tête. Un immanquable on vous dit !

Detroit 187 aurait sans doute voulu être la nouvelle série policière à la mode. Son idée pour se différencier est de mêler dans chaque épisode trois vraies enquêtes, trois intrigues placées au même niveau. Une structure nouvelle et plutôt intéressante…

Et surtout qui apporte un rythme terriblement efficace qui empêche totalement de décrocher. Detroit 187 est donc un vrai plaisir à regarder, d’autant plus qu’on y retrouve le très sympathique Michael Imperioli qui nous avait quelque peu manquer depuis les Sopranos.

Malheureusement, la série a aussi son lot de problème. A commencer par une production value vieillotte, qui ferait presque passer NYPD Blue pour un modèle de modernité. Quant à la réalisation, elle est tout simplement dépourvue d’idée et se contente de “faire de l’image” comme dans les vieilles séries des années 80. Et si Imperioli est plutôt bon, il ne peut s’empêcher à certains moments d’en faire des tonnes – la faute à une gestion de son personnage assez catastrophique, qui en fait le seul intervenant absolument pas réaliste du show.

Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.
Original dans sa structure, Detroit 187 perd toute modernité à cause de sa réalisation pataude et sa production value complètement à la ramasse. Le personnage d’Imperioli n’est jamais crédible et vers la fin de la saison, la série se perd dans un fil rouge qui n’a strictement rien à faire là. Dommage, le soufflé retombe totalement.

Law & Order : Los Angeles, dernière venue de la célèbre franchise qui repose sur une première partie d’enquête policière et une seconde de procès, n’a pas fini sa diffusion (le dernier épisode est programmé pour le 11 juillet) mais on peut d’ores et déjà vous donnez un avis sur cette nouvelle déclinaison. Vous l’aurez deviné, ce n’est pas bon signe.

Il faut dire qu’avec un changement de casting en plein milieu de la saison, une programmation des épisodes dans le désordre, et une certaine fatigue de la formule qui a tout de même plus de vingt ans, ce L&O : LA ne partait pas forcément sur de bonnes bases.

Et autant dire que ce n’est pas la réalisation, super datée, ou le casting, qui en fait mais alors des tonnes, qui va arranger ça ! La production value est passable, mais ne fait pas vraiment de miracles. Au final, on a juste l’impression de se retrouver face à une cinquième version de la même série, sans réelle originalité, qui se laisse regarder tard les soirs d’insomnie mais c’est tout.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
La diffusion dans le désordre n’aura pas vraiment aidé ce Law & Order : Los Angeles à dépasser ses nombreux défauts. De toutes façons, la formule est fatiguée et ne fait plus vraiment mouche. Vite fait, vite regardé, vite oublié.

Cette année, Criminal Minds s’offrait un spin off pour fêter sa sixième saison. Testé dans un épisode l’année dernière, cette série dérivée m’avait tellement motivée que je ne l’ai pas regardé. Pas vraiment un souci vu qu’elle est déjà annulée et qu’elle n’aura eut que très peu d’incidence sur la série mère. Et celle-ci, que valait-elle cette année ?

C’était la saison des départs. Adieu A.J. Cook, après le deuxième épisode, puis adieu Paget Brewster au dix-huitième. Bienvenue à Rachel Nichols, même si on sent qu’elle n’est vraiment là que pour reprendre le rôle de Cook, tant leurs personnages sont similaires. Et au final, car autant vous spoiler le cliffhanger de fin de saison le plus pourri de l’année, rebonjour A.J. Cook qui n’était donc partie que pour s’occuper de son nouveau né.

A part ça, quoi de neuf ? Et bien, en toute sincérité, rien. Rien du tout. Maîtresse en terrain conquis car seule concurrente, Criminal Minds continue de confronter des super profilers à des tueurs en série tous plus barrés les uns que les autres. Un peu plus sombre, un peu plus trash, la série fait comme elle peut pour retenir des téléspectateurs qui partent tranquillement vers d’autres horizons.

Final Score : 4/5 pour les fans, 3/5 pour les autres.
Les fans de la série ne peuvent pas manquer cette saison qui fait un point final à la trajectoire de Prentiss. Les autres n’y verront qu’un cop show de plus, plutôt bien branlé et un peu plus noir que d’habitude (à définitivement ne pas mettre entre les mains des plus jeunes) mais à part ça, rien de bien folichon.

Bon, ok, ils ont l’air un peu cruche, là, comme ça, sortant tout frais de l’eau, sur la photo, à bander leurs muscles comme pour un concours de policiers en t-shirt mouillé, mais je vous assure que les petits gars d’Hawaii Five-0 ne sont pas autant des branquignoles qu’on aurait pu le croire. Et pourtant, on s’était bien foutu de leur gueule à la présentation du show.

Remake de la célèbre série des années 70 qu’on appelait par chez nous Hawaii police d’état, cette version moderne affirme des ses premières minutes ses deux plus gros points forts : une réalisation irréprochable et une production value qui en met tellement plein la vue qu’on se souvenait pas avoir vu quelque chose d’aussi racé depuis fort longtemps. Bon, ok, j’exagère un peu, mais là où je m’attendais à voir un show relativement bidon et expédié à l’arrache, je fais face à une série dont le budget me titille à l’oreille que pour la chaîne elle est de grande envergure.

Maintenant, un cop show ça tient surtout sur ses personnages et sur ses scénarios. Du côté des membres de cette strike team de force, à laquelle la gouverneur de Hawaii donne les pleins pouvoirs pour résoudre toutes sortes d’enquête, il faut bien avouer que de prime abord on a plus l’impression d’un ramassis de clochard sans série fixe (de gauche à droite ça vient de Moonlight, Battlestar Galactica, Lost et, ah fuck, juste un spécialiste des second rôles au cinéma) que d’une vraie sélection. Et si on n’aurait pas tout à fait tort, il faut bien avouer que l’ensemble fonctionne plutôt bien, avec des personnages bien typés ayant chacun leur passé, leur points forts et faibles et leur caractère bien trempé. Mention spéciale aux petites engueulades entre les deux vrais héros (tout à gauche et à droite) qui sont juste hilarantes.

Car au niveau du scénario, les auteurs misent sur trois éléments clés : une enquête policière qui assure (et franchement, elles assurent), de l’action (hyper spectaculaire) et de l’humour. Beaucoup d’humour. Du coup, la série ne se prend jamais vraiment trop au sérieux et sait dédramatiser un moment trop tendu avec une bonne réplique cinglante. Et puis il ne faut pas oublier le feuilletonnant, assez anecdotique au début (le héros se demande comment son papa de flic est mort) mais qui devient de plus en plus passionnant au fil des épisodes. Le season finale est jouissif et le cliffhanger de fin est l’un des plus malins vu depuis fort longtemps.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Hawaii five-0 se révèle très loin de la grosse daube annoncée : drôle, intelligemment ficelé, avec des personnages très attachants, elle se permet en plus le luxe de vous en mettre plein la vue. Une excellente surprise pour ceux qui cherchent une série fun mais pas stupide pour autant.

Sept ans que ça dure ! Après plus de 150 épisodes, CSI : NY semble siffler son chant du cygne dans son season finale qui fait un dernier tour de New York. Pourtant la série est reconduite pour une huitième saison ! Gary Sinise sera-t-il toujours de la partie ? C’est la question à cent mille dollars. En attendant, jetons donc un coup d’oeil à l’année qui vient de s’achever.

Ce sera donc la première saison sans Melina Kanakaredes qui laisse sa place à Sela Ward sans que cela ne vienne vraiment changer nos habitudes. Côté intrigue un peu feuillentonnante, on retrouve Mac confronté à son ancien formateur, devenu un poil bagarreur, et à un ancien détenu fraîchement libéré alors que c’étaient eux qui l’avaient envoyé sous les verrous.

A part ça, rien de neuf. On retrouve la production value typique des CSI et une réalisation plutôt clean. Les scénarios sont plutôt bien fichus, même si on commence à sérieusement se lasser du traditionnel “c’est de l’herbe qui pousse dans cette micro région de New York”. Bref, on nage en plein terrain connu et vu le succès de la franchise il n’y a pas de raison que ça change !

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une huitième saison.
Bon, il faut bien avouer qu’on commence un peu à se lasser des CSI en tout genre. A part ça, il faut reconnaître que la qualité est toujours au rendez vous mais on aurait aimé que la série commence à prendre un peu des risques histoire de nous titiller un peu.

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