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Deuxième partie de cette semaine marathon de fins de saisons dans laquelle on revient sur des histoires d’ado, des comédies plutôt mal, les frères Winchester et un archer qui a le bras long.

90210-cw-season-5-2012-poster90210 (saison 5 – serie’s finale)

Bon, je pense que personne ne lira cette partie de l’article mais ce n’est pas grave : 90210, vrai-faux spin-off de la série ado du même nom autrement connue par chez nous sous le sobriquet de Beverly Hills, vient de s’achever après cinq années… dans l’indifférence générale. Après le succès surprise des premières saisons, le show a vu son audience s’écrouler pour sombrer dans des tréfonds tels qu’il était devenu impossible de défendre l’existence de la série.

La CW lui a pourtant offert une belle porte de sortie : une soirée entière consacrée au show, avec une sorte de documentaire posthume et bien entendu le dernier épisode. Concernant le docu, on se sent sérieusement tiraillé entre les beaux sourires et anecdotes sincères et amusantes de cette bande de jeunes loups comédiens, et le fait qu’ils doivent tous savoir que leur série se termine avec quasiment aucun spectateur devant leur écran.

Et force est de constater que les showrunners n’ont pas eu la même motivation que le network. Leur ultime épisode n’en est pas vraiment un, c’est juste une sympathique fin de saison qui laisse énormément de portes ouvertes : les scénaristes n’ont pas du tout revu leur copie une fois que l’annulation de la série a été confirmée. Cette conclusion laisse donc rageur car on s’est quand même tapé cinq saisons d’une série très bancale, capable de bousculer les idées reçues comme de tomber dans les pires travers matérialistes.

90210 version année 2000 n’aura donc pas eu du tout le même impact que sa grande sœur  ni la même carrière. Et nul doute que notre belle brochette de comédiens va avoir bien du mal à rebondir avec une image de marque touchée par l’échec d’un show qui n’aura, finalement, jamais vraiment marqué les esprits. Byebye Annie, Dixon et compagnie, le pire c’est que vous ne nous manquerez pas.

Final Score : 4/10

Mauvaise dernière année pour 90210 qui ne fut de toute évidence jamais une bonne série. Autant dire que seuls les fans les plus acharnés peuvent jeter un œil à l’ultime épisode – juste pour se rendre compte à quel point se ne valait pas le coup !

new girl season 2NEW GIRL (saison 2)

Zooey Deschannel partage : pour savoir si vous l’aimez, tout dépend de votre sexe, de votre dose de geekerie, et de votre capacité à supporter le cliché de la girls next door qui est officiellement moche parce qu’elle porte des lunettes. Si je ne suis pas super fan de l’actrice, je suis en revanche totalement sous le charme de la série qui l’a fait découvrir, New Girl. Diffusée sur la FOX, cette sitcom à caméra unique raconte les mésaventures de trois colocataires garçons qui voient débarquer la nouvelle habitante de leur appartement, une fille très maladroite et totalement “goofie”.

A la différence de How I Met…, New Girl évite soigneusement le pathos et la larme facile même dans son feuilletonnant basé sur des intrigues sentimentales relativement basiques. C’est que tous les personnages présentés sont de vrais “combattants” qui ne s’attardent pas sur leur sort ou passent leur temps à geindre (n’est-ce pas Ted Mosby ?) mais vont vite aller chercher des solutions… plutôt barrées.

Car en effet New Girl n’a que faire du réalisme et présente un univers crédible mais complètement décalé. A la limite du cartoon, le show se permet des embardées totalement délirante et un humour non-sensesque que je trouve délicieux mais qui ne sera clairement pas du goût de tout le monde. Je vous laisse donc le soin de découvrir cette petite perle ou cette grosse déception, selon ce que vous en penserez !

Final Score : 8/10

New Girl est pour moi l’une des meilleures sitcoms du moment et tout simplement une des meilleures séries diffusées actuellement. Mais je dois reconnaître que son humour particulier et surtout la présence de Zooey Deschannel ne sera pas du goût de tout le monde…

mindy project season 1MINDY PROJECT, the (saison 1)

The Mindy Project aura connu un début de vie difficile. Conçue par des anciens de the Office, achetée tout naturellement par le même network (NBC), le show est finalement annulé avant d’être racheté par la FOX qui y impose moult modifications pour aboutir à un pilote franchement très peu convaincant. Fort heureusement, la série a peu à peu réussi à trouver ses personnages et son identité, et les mésaventures de ce cabinet d’obstétriciens (et en particulier Mindy, son personnage principal, petite indienne bien en chair aux multiples questionnements amoureux) deviennent amusantes et intéressantes. Le problème, c’est que tout cela sent un peu le déjà-vu, avec des ficelles pas très fines et des personnages trop proches de ceux aperçus dans the Office, justement. Au final, Mindy Project est un objet sympathique et amusant mais franchement dispensable.

Final Score : 7/10

Dynamique, amusante et sympathique, the Mindy Project souffre malheureusement d’un gros manque d’originalité et traîne parfois un peu la patte sur ses intrigues amoureuses. Peut mieux faire, donc, mais c’est déjà pas mal.

golden-boy1GOLDEN BOY (saison 1 – série annulée) 

Intrigante série sur l’ascension ultra rapide (seulement sept ans) de celui qui deviendra le plus jeune commissaire de New York, Golden Boy a tout de suite déçu en révélant que ce pitch ne cachait en fait qu’un cop-show de plus. Certes, les personnages sont intéressants et dans son feuilletonnant la série pose des questions plutôt profondes sur le fonctionnement de la police et ses connexions avec la politique. Mais cela ne vient pas sauver des intrigues bouclées peu percutantes et l’impression constante que Golden Boy n’apporte rien au genre.

Final Score : 5/10

Golden Boy est bien foutue, avec des personnages intéressants et un fond intrigant. Mais ce n’est qu’un cop-show de plus, qui n’ira pas au bout de ses ambitions maintenant qu’il a été annulé par CBS. Il y a bien d’autres séries policières à regarder si vraiment vous êtes en manque.

Supernatural-Season-8SUPERNATURAL (saison 8)

On va la faire courte aussi pour Supernatural étant donné que si vous n’avez jamais vu la série vous n’allez pas plonger dedans pour la saison 8 ! Alors pour les connaisseurs, qu’a donné cette nouvelle fournée d’épisodes menée par un nouveau showrunner, Jeremy Carver ? Il est évident que le jeune homme a mis un peu de temps à s’installer derrière le volant, avec une dizaine d’épisodes pas franchement folichon en guise d’ouverture. Mais une fois qu’il s’est bien mis au boulot, Supernatural a retrouvé une certaine forme et Carver a réussi à installer tous les éléments d’un long feuilletonnant qui devrait – apparemment – le mener jusqu’à la fin de la dixième saison. Pour le reste, c’est comme d’habitude : la réalisation n’est pas formidable mais très clean, les comédiens sont pour le coup toujours aussi bons (Misha Collins est un plus qu’excellent Castiel), et toute la bonne humeur de l’équipe derrière le show se ressent à chaque épisode. Bref, ce n’est clairement pas la meilleure saison de la série, mais elle reste tout à fait honnête et devrait être indispensable vu les éléments qu’elle pose pour la suite.

Final Score : 8/10

Supernatural est un tout petit peu en baisse de forme (les épisodes ultra originaux et percutants manquent un peu à l’appel) mais le nouveau showrunner sait se reprendre sur toute la deuxième partie pour lancer un feuilletonnant qui promet de nous occuper pour les deux années à venir. Indispensable pour les fans, et les autres vous ne savez normalement même pas ce qu’est Supernatural !

arrow season 1 critiquesARROW (saison 1)

Wouhou ! Et si la série la plus fun de l’année était une série de super-héros diffusée sur la CW ? Avec Arrow, remix moderne et télévisuel de l’archer vert de la société d’édition de comics DC, le network marque un grand coup en proposant l’un des shows les plus amusants, percutants, et viscéralement attachants depuis bien des années.

C’est peu dire que l’on n’attendait strictement rien d’Arrow lors de l’annonce de sa sortie. Oliver Queen n’est pas un personnage connu du grand public, les archers n’ont pas vraiment un aspect télévisuel très moderne, et la CW nous avait plombé le moral pendant des années avec Smallville (qui s’améliorait très nettement sur la fin, il faut le reconnaître.) Quelle claque on a pris dans la figure en découvrant cette version remaniée des aventures d’un playboy coincé sur une île pendant cinq ans, qui revient dans sa ville d’origine avec une certaine expertise à l’arc et la ferme intention de la nettoyer de tous ceux (parmi les hommes de pouvoir) qui l’ont trahie (la ville !) Sévèrement burné, le show fait assez rire au début avec ses bastons à l’arc, mais elles deviennent très vite prenantes et plutôt bien foutues. Les intrigues s’enchaînent et ne se ressemblent pas, le casting s’étoffe avec des personnages de plus en plus complexes (la grande réussite autour de la famille Merlyn) et le feuilletonnant – qui s’étale sur le présent mais aussi sur le passé quand Oliver est encore sur l’île – est de plus en plus intrigant.

Alors oui, on est sur la CW et il n’y a clairement pas le budget pour faire un show qui casse visuellement la bouche – mais la réalisation se démerde plutôt bien pour mettre en avant ce qui est important (les grosses scènes d’action) et faire l’impasse sur quelques scènes dialoguées dans des décors moches ou peu crédibles. Et oui, comme on est sur la CW, la cible amoureuse de notre héros est une espère de pseudo bombasse, véritable pub sur patte pour des wonderbras qu’elle affiche telle une protubérance dans de nombreux plans de profil, devenant finalement aussi excitante qu’une sardine à l’huile qui serait tombée par terre dans la rame du métro. Et enfin oui, comme on est sur la CW, l’ambiance musical est très “djeuns” avec heureusement un score original pour compléter qui nous met nettement plus dans l’ambiance super-héros.

Mais ces rares défauts ne viennent jamais plomber le fun de la série dont les vingt-trois épisodes défilent à une rapidité incroyable. Le rythme est toujours imparable et on ne s’ennuie strictement jamais. De plus, les créateurs ont pris le parti de faire d’Oliver un super-héros “dark” dans le sens qu’il n’hésite pas à remettre la loi en question pour atteindre son but et surtout – chose déjà très rare dans les comics mais encore plus dans leurs adaptations – à tuer si c’est nécessaire. Cela n’en fait pas pour autant un show qui défend la peine de mort (les morts ne sont jamais gratuites et surtout la peine capitale n’est jamais la thématique des épisodes) mais permet par contre de véritablement crédibiliser les aventures de ce personnage qui n’est doté d’aucun super pouvoir.

Bref, il ne me reste plus qu’une chose à dire : merci la CW, et vivement la suite.

Final Score : 8/10 (et puis merde quoi, 9/10 pour les fans de super-héros)

Très clairement pas la série la plus intelligente du moment mais de loin la série la plus fun de la saison, Arrow dépasse ses quelques défauts par une ambiance prenante et des scénarios burnés et rythmés. Une sacré réussite dans son genre.

 

Rendez vous dimanche pour terminer le point sur cette semaine bien chargée !

Cette semaine, la CW passe à l’attaque en faisant sa rentrée après tout le monde. La plus petite des grosses networks, très orientée vers les ados, a-t-elle réussit à surprendre et à trouver sa place ?

La rentrée se termine et les derniers retours de série se mettent en place. A partir de dimanche dernier vous pouviez donc retrouver The Cleveland Show ; The League ; It’s Always Sunny in Philadelphia ; ainsi que les “classiques” de la CW : 90210 ; Gossip Girl (pour son ultime saison) ; et The Vampire Diaries.

Ce n’est pas parce que la CW fait sa rentrée que les autres chaînes s’arrêtent de programmer des nouveautés. NBC ouvre le bal cette semaine avec Chicago Fire, nouvelle création de Dick Wolf, le papa des interminables déclinaisons de Law and Order. Avec ce nouveau show plutôt musclé, Dick ne va pas chercher dans l’originalité puisqu’il nous met en place les aventures des pompiers (qui éteignent le feu) et des secouristes de premières urgences (qui interviennent juste après le feu.) En clair, il réadapte sa formule Law and Order à des garçons très musclés et des jeunes femmes aux courbes très généreuses, le tout en débardeur plein de sueur alors que les héros gardent toujours leur maquillage impeccable. Ça sent la testostérone jusque chez les personnages féminins (je vous le donne dans le mile : la blonde est plutôt agressive et impétueuse, du coup elle est lesbienne…) pour un casting qui a clairement été plus choisi pour ses heures passées dans la salle de sport que sur les planches d’un cours de théâtre. Difficile donc de s’intéresser à cet ensemble cast ultra stéréotypé, à ce flot d’intrigues feuilletonnantes dont on voit déjà où elles vont toute nous mener, ou encore de supporter cette musique grandiloquente et cet appui systématique sur les beaux drapeaux américains car les héros représentent toutes les belles valeurs de ce grand pays. A moins d’un sacré retournement de situation, Chicago Fire risque bel et bien de finir dans les poubelles de l’histoire de la télé américaine…

Mon Pronostic : il serait vraiment surprenant que le public américain se laisse avoir par une série qui répète tout ce qui a été fait ces vingt dernières années, sans originalité ni vrai passion. Du coup, je mise sur une annulation en cours de première saison.

L’autre catastrophe de la semaine était proposée par ABC et fait revenir sur les écrans la très sympathique Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et l’insupportable Hayden Panettiere, aka la cheerleader de Heroes qui n’a vraiment rien trouvé à faire depuis quelques années si ce n’est faire la une des tabloïds. Horreur absolue, Nashville cumule les défauts : il s’agit d’une série musicale qui veut se la jouer Glee pour les adultes (comme si Spielberg ne s’était pas déjà cassé les dents sur ce sujet l’année dernière avec Smash) ; c’est une série sur la country (oui, le genre musical, et autant vous dire que si vous ne supportez pas vous allez vous boucher les oreilles la moitié du temps) ; et c’est une série qui veut nous faire croire que Hayden est capable de jouer une méchante artiste qui a tout de même un bon fond – quand elle pleure dans un placard, on explose de rire. Voici donc l’histoire incroyablement peu intéressante d’une ancienne star de la country obligée de faire une tournée avec la petite nouvelle qui monte et qui chante des paroles débiles pour les ados. Wahou. Pour pimenter le tout, les auteurs glissent une petite intrigue politique tellement peu crédible qu’elle termine de faire sombrer Nashville dans les heures sombres de la série télé. A fuir d’urgence.

Mon Pronostic : non, franchement, il n’y a pas moyen que cette série se voit commander une deuxième saison. A la fin de la première, ABC l’annulera sans avoir à se justifier…

Les plus vieux d’entre vous se souviennent peut-être de la série Beauty and the Beast des années 80 avec Ron Perlman et Linda Hamilton (ah, Linda Hamilton…) voici la version revue et corrigée et adaptée au XXIème siècle par la CW et donc avec Kristin Kreuk et Jay Ryan qui ont le mérite d’avoir autant de charisme l’un que l’autre soit, combiné, le charisme d’une huître peu fraîche le lendemain du jour de l’an. Fort heureusement, le show ne s’appuie pas uniquement sur l’irrésistible attirance des deux héros l’un envers l’autre et va chercher une intrigue feuilletonnante bien alambiquée (à base d’expérience sur des soldats pendant la guerre en irak) pour susciter notre intérêt. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi bon reprendre une vieille série dont le charme était dans le look bien particulier du héros (qui avait une pseudo gueule de lion) pour le transformer en beau gosse avec une cicatrice qui a juste les dents qui poussent quand il se met en colère !

Mon Pronostic : un pur produit CW qui devrait arriver à toucher la cible de la chaîne – ça sent la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

C’est sans doute la nouvelle qui m’a fait le plus plaisir cette semaine : le succès phénoménal (enfin, pour la CW, hein !) de Arrow, série adaptée de l’archer vert de chez DC Comics. Et pourtant, il y avait de quoi prendre peur à la vue des premières affiches et de la gueule dépourvue d’expression de l’acteur principal. C’était sans compter sur un scénario qui prend l’intrigue de base au sérieux et va réellement chercher dans les recoins sombres de la psychologie des super-héros. Dark, bien ficelé, s’en sortant plutôt pas mal au niveau des FX, et bien entendu bourré de références pour les fans qui n’attendent que ça, le pilote est tout simplement jouissif et donne envie de voir si la suite va arriver à rester à ce niveau de qualité. Plus proche du deuxième Batman de Nolan que du Superman de Smallville, Arrow pourrait bien devenir la série de super-héros qu’on attendait.

Mon Pronostic : de tout mon coeur je vois la commande d’une deuxième saison. J’espère juste que la suite de la série ne va pas s’avérer une plantade absolue !

Le seul départ de la semaine – et pour moi le premier de la saison, même si le show a redémarré en août ! – me permet d’inaugurer un nouveau système de notation qui me paraît plus intéressant. Vous pouvez retrouver les explications ici ! Ce départ, c’est donc la fin de la deuxième saison de Hell on Wheels, qui nous plonge dans les affres de la construction d’une ligne de chemin de fer en plein western. Après une première saison intéressante mais qui se perdait dans ses multiples personnages, cette deuxième fournée d’épisodes approfondies les différentes trajectoires qui s’avèrent surprenantes et très intéressantes. Entre l’ex-prostituée partagée entre son véritable amour – noir et donc mis au bas rang de la société – et le mec un peu couillon mais au bon fond qui peut assurer la sécurité de son futur enfant, la femme de l’ouest trop intelligente pour son propre bien, les deux frères qui dirigent un bordel et un bar mais dont l’un des deux tombe amoureux de la fanatique religieuse, ou encore le héros à la psyché détruite, il y a franchement de quoi faire. Dommage que l’ultime épisode tourne au carnage longuet et assez inutile, nous laissant sur une note un peu décevante. Mais les auteurs se rattrapent à la dernière minute en nous rappelant que le sujet de la série est le conflit entre la rédemption et la vengeance, dans une séquence de pendaison absolument démentielle. Quant au dernier plan, il prouve que la réalisation a tout compris aux western. Voilà une bien belle série dont on attend avec impatience qu’AMC la renouvelle officiellement pour une troisième année.

Final Score : 7/10

RAISE HELL comme l’affirme la publicité pour cette deuxième saison de Hell on Wheels qui confirme la série comme un très bon show mais pas encore forcément comme un immanquable. Une troisième saison pourrait apporter l’ampleur qui lui manque encore un peu, alors croisons les doigts…

Rendez vous la semaine prochaine pour découvrir encore quelques nouveautés, fêter le retour d’American Horror Story, et saluer la fin de la deuxième saison de Boss !

Premier rendez vous de la semaine du 13 au 19 mai, très lourdement chargée en départ. Tellement chargée qu’elle va faire l’objet de plusieurs bilan de la semaine !

Je me suis beaucoup moqué, ici même, de celle que j’appelle “Glee pour les adultes“, en l’occurence la comédie musicale de Theresa Rebeck intitulée Smash. La créatrice et show-runner de la série connaît bien le monde assez particulier de Broadway pour y avoir beaucoup travaillé et il ne fait nul doute qu’elle a mis beaucoup de coeur à l’ouvrage pour retranscrire cet univers si particulier. Soutenue par Steven Spielberg qui, s’il a toujours produit des show télé, s’est superbement planté cette année avec Terra Nova et The River (pourtant franchement pas mal) et un peu moins avec Falling Skies (reconduite pour une saison deux qui va démarrer pendant l’été), Theresa Rebeck avait intérêt à ce que son programme séduise une majeur partie du public. C’est apparemment chose faite, vu les audiences, mais il a dû se passer quelque chose en coulisse car Rebeck, après avoir annoncé qu’elle laissait le poste de show runner à Joshua Safran (de Gossip Girl) mais restait scénariste, vient de certifier qu’elle ne reviendra pas du tout pour la deuxième saison. Bref, la réalité a largement rattrapé la fiction…

Mais alors que faut-il penser de ces seize premiers épisodes ? Que ce soit bien clair : si vous ne supportez pas les pleurnicheries braillées à tue-tête des musical américaines, pas sûr que vous puissiez vous avalez les nombreux passages chantés de la série, pourtant nettement mieux réalisés que ceux de Glee. Après, c’est à vous de voir. La série souffre de personnages stéréotypés au possible (on reconnaît bien des pattern de personnalité, mais les auteurs poussent un peu trop le bouchon pour être crédible) et est surtout portée par deux connassines qu’on a envie de frapper l’une contre l’autre au bout de dix minutes (la blonde à gros seins et la brune romantico-ghoto-pouffe). D’un autre côté, on a doit à quelques vérités bien senties sur la cruauté du show-business, sans aucune complaisance (fabuleux passage où le metteur en scène explique à une comédienne qu’elle a beau avoir bossé comme une tannée elle n’a juste pas le truc en plus de sa concurrente). Quant à la réalisation et les comédiens, il faut bien avouer qu’ils sont loin d’être mauvais.

Final Score : 3.5/5

Smash n’est pas une franche réussite, tout simplement parce que ses personnages sont totalement insupportables – mais c’est peut-être un simple ressenti personnel, et il est fort possible de tout ce qui me semble artificiel et stéréotypé s’avère en réalité tout à fait juste sur le monde de Broadway. Reste que les scénarios sont loin d’être mauvais, à la différence des chansons hystériques, et que le fil rouge de la saison s’avère agréable à suivre. Et, mis à part l’incompréhensible Ellis et la manière très particulière dont la scénariste – dans la fiction – monte l’histoire de la comédie musicale, les gros cartons rouges se font assez rare.

Bwarf ! Cette cinquième saison de Gossip Girl aura été – pour moi – celle de l’enterrement définitif de la série. Entre les personnages inconsistants, la réalisation molle et des scénarios absolument pas passionnant (non, mais c’est vrai ça, qui a eut l’idée de faire épouser le prince de Monaco à Blair ?) ces 24 épisodes auront plus tenu du calvaire que de la réjouissante bouffée de fraicheur que la série entretenait à ses débuts. Chuck Bass ne manigance plus rien alors que c’était le personnage le plus fourbe de la télévision, Ivy et Charlie ne servent à rien, quant à Elizabeth Hurley, récemment débarquée, elle fait tout simplement peur à voir. Toute la critique de ce monde où l’ambition est la seule valeur qui compte s’est effondrée au profit d’un affairisme bien pensant.

Final Score : 2/5

Aïe : Gossip Girl n’en finit plus de chuter et va finir par se scratcher au sol. Ouf, la prochaine saison sera la dernière – il est temps. Elles ont l’air gourde, comme ça, les filles de MIOBI (Make It Or Break It) mais en vrai elles assurent. Ces trois jeunes gymnastes vont-elles réussi à obtenir leur place pour les J.O. de Londres ? C’est le pitch de cette troisième saison qui se débarrasse donc de l’énervante Emily Kmetko qui était au début la vraie héroïne du programme. Pas franchement marquante d’un point de vue de la réalisation ou du jeu – assez forcé – des actrices, MIOBI puise sa force dans ses scénarios qui n’hésitent pas à s’attaquer à la complexité et la difficulté du sport à haut niveau. Le problème, c’est que cette critique assez cynique s’enrobe d’intrigues romantiques ridicules ainsi que d’une certaine chape morale qui veut que le karma régisse tout ce sympathique petit monde. La série s’est conclue sur un finale pas franchement décevant mais extrêmement attendu. Dommage, on aurait bien aimé être surpris une dernière fois.

Final Score : 2.5/5

Make it or break it était une série assez moyenne mais qui cachait d’excellentes idées et un sens du rythme plutôt convaincant. Elle ne restera pas dans l’histoire des séries, mais était certainement l’un des meilleurs programmes d’ABC Family… On sentait la série fatiguée, cette septième saison de How I Met Your Mother nous l’a confirmé : la série est dans cette mauvaise phase que tous les shows qui durent presque une décennie doivent traverser. En attendant la saison du renouveau ou de la fin, qui sera donc la huitième, fallait-il faire l’impasse sur les 24 épisodes de cette année ? Le feuilletonnant n’était en tous cas pas particulièrement réjouissant, et les différentes intrigues sentimentales manquaient sérieusement de punch pour convaincre. HIMYM est même devenue bavarde et fatigante à l’image de ces jeunes mères qui ne peuvent que parler d’enfant (et là, on nous bassine avec le bébé de Marshall et Lily au point d’avoir envie de les frapper…) Reste Barney, toujours aussi drôle et efficace quand les auteurs n’essaient pas de le rentre outrancièrement (et donc artificiellement) humain. C’est donc là que réside la bonne surprise, vers la fin de la saison, dans son histoire assez étonnante avec une très amusante stripteaseuse.

Final Score : 3.5/5

On pourra vite oublier cette saison de How I Met Your Mother, pas franchement mauvaise mais loin d’être aussi drôle que les précédentes. La série passe par un passage à vide quasiment obligé vu sa longévité, mais elle a intérêt à rebondir l’année prochaine… Hummm, ce qu’ils sont beaux sur l’affiche les acteurs de 90210, relaunch abusif de la licence Beverly Hills. Malheureusement, la série, elle, s’avère franchement moins jolie et calibrée. La quatrième saison de ce programme hautement éducatif nous aura donc appris une chose des plus importantes : l’amour c’est ce qu’il y a de plus important. Mais bon, ça ne dure pas longtemps. Entre Annie qui tombe amoureuse d’un futur pasteur, Liam qui devient un acteur de film de SF (oh mon dieu, ce qu’on y croit), Silver qui passe de mecs en mecs en demandant qu’on l’aime (et qu’à la fin on lui fasse un enfant), Dixon qui plante sa nouvelle copine pour aller faire de la musique, ou encore l’insupportable Naomi qui découvre qu’elle a ce sale petit geek vraiment dans la peau (ouais, bon je vous spoile le dernier épisode mais sparave) : c’est à croire que tous ces jeunes gens sont encore plus stupides et stéréotypés que l’année dernière – c’est dire… Reste Ivy (tellement importante qu’elle n’est même pas sur l’affiche) qui zone en plein désespoir et ce pauvre Navid, interprété par Michael Steger, seul acteur apparemment à ce rendre compte de la vacuité de ses dialogues. Bref, 90210 c’est du grand vide, du absolument n’importe quoi, et en même temps c’est exactement ce qu’on attend de cette série.

Final Score 2.5/5

90210 est l’archétype de la série ado inconsistante, simplement là pour être consommée à la sortie des cours et fournir un sujet de conversation à de jeunes collégiens déprimés. Pour un produit de ce genre, elle mérite donc amplement la moyenne. Mais si vous avez plus de seize ans, vous pouvez sérieusement passer votre chemin (si vous avez moins aussi d’ailleurs….)

Ah il est frais mon poisson, il est frais ! Enfin, plus tellement en vérité. Avec cette cinquième saison, Private Practice, le spin-off plus “adulte” de Grey’s Anatomy s’essouffle affreusement. Si les cas médicaux s’avèrent souvent intéressants, c’est bien le feuilletonnant qui n’arrive pas à nous accrocher. Ainsi, on a que faire de la thérapie de Kate, et elle nous gonfle rapidement avec son envie d’avoir un enfant mais de garder son couple. De l’autre côté, les scénaristes abuse à outrance de la larme facile avec la pauvre Amélia qui en prend mais alors vraiment plein la gueule (elle devient accroc, elle perd son mec, découvre qu’elle est enceinte, puis que son enfant n’a pas de cerveau – non, ce n’est pas une métaphore.) Enfin, il y a Cooper qui apprend qu’il est papa et bah, sparave parce que en fait ça va toujours bien se passer pour lui. Et les autres, franchement, on s’en moque totalement. A se reposer sur ses acquis, Private Practice ne surprend plus et ennuie.

Final Score : 2/5

Celle qui, à l’époque, s’était avérée bien meilleure que sa grande soeur Grey’s Anatomy, s’avère cette année carrément plus mauvaise. Personnages aux destinées inintéressantes, scènes de bavardage intempestives et réalisation toujours en berne auront raison des meilleurs volonté. Qu’on se le dise, on s’endort tous devant Private Practice.

Après de grandes et belles vacances passées en partie à mater les affiches publicitaires pour les nouvelles séries dans les rues de San Francisco et de Los Angeles (oui, je me la raconte, mais que voulez vous, c’était trop bien !) il fallait bien rentrer un jour. Ca tombe bien, cette semaine, la CW a eut la bonne idée de faire pareil. Du coup, elle nous balance son line up pour l’année en espérant que rien ne se casse trop la gueule…

La CW est le plus petit des cinq “gros” networks, et elle mise en priorité sur un public plutôt jeune – leur coeur de cible c’est le 18-35 ans, à forte tendance féminine, et autant dire que les dirigeants de la chaine visent plutôt bien. Ne vous étonnez donc pas de ne pas retrouver dans ce line-up un pseudo Mad Men comme il va en pulluler tout au long de l’année chez la concurrence…

Le lundi, mais pas avant le 26 septembre (allez savoir pourquoi !), on retrouvera Gossip Girl à 20h00, puis Hart of Dixie, de la même équipe, à 21h00. Une soirée qui se veut glamour, pleine d’histoire d’amour et de beaux sentiments qui a intérêt à nous réserver quelques surprises croustillantes (qui a parlé de partie à trois ?) pour arriver à titiller notre attention…

Le mardi, on retrouve nos petits jeunes de 90210 à 20h00, qui vont devoir sérieusement se secouer les fesses s’ils ne veulent pas nous endormir profondément comme ils l’ont fait l’année dernière. A 21h00, c’est LE retour de l’année, avec Sarah Michelle Gellar dans un double rôle pour Ringer. La critique américaine était mitigée, la critique française beaucoup plus assassine, on vous donnera notre avis sur le pilote la semaine prochaine. La seule chose qui est sûre, c’est que question audience était plus qu’à la hauteur avec un score de +72% par rapport à l’année dernière (pour le début de la saison 2 de Life Unexpected sur la même tranche horaire.)

Le mercredi, on laisse tomber les séries pour cracher sur les stars dans H8R, animé par le bonhomme en plastique qu’est Mario Lopez, mais oui, le Slater de Sauvé par le gong qui n’a pas changé d’un pouce et dont le sourire super bright éblouirait le plus aveugle d’entre nous. A 21h00, c’est le retour de America’s Next Top Model. Nuff said.

Le jeudi, double ration de Kevin Williamson avec la suite des Vampire Diaries dont on pense toujours beaucoup de bien, malgré tous ceux qui disent s’être lassés pendant la deuxième saison (mais qu’est-ce qu’il vous faut ?!), et l’arrivée du nouveau Secret Circle, lui aussi adapté de romans de L.J. Smith qui datent quelque peu (1992)… Le showrunner saura-t-il réitérer son succès ? Les audiences d’hier soir semblent aller dans cette voie…

Enfin, le vendredi (à partir du 23 septembre) on se partagera entre le pire, avec Nikita à 20h00, vrai plaisir malsain pour les fêlés de la tête, et le retour de Supernatural à 21h00, juste la meilleure série de la saison dernière.

Tout ça nous fait donc un joli petit lineup, qui a le mérite de reposer sur une vraie réflexion de programmation. Franchement, on voit mal comment une série pourrait vraiment se casser la gueule au milieu de tout ça, mais il faudra bien que quelqu’un laisse sa place à One Tree Hill en janvier. Et oui, l’increvable show de Caroline du Nord revient pour une ultime saison. Ultime ? Mais bien sûr.

Deuxième fournée de reviews des séries diffusées cette année. Deux séries pour ados, deux nouvelles sitcoms et un cop show pas tout à fait comme les autres…

Pour la première partie, c’est ici !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont riches (pour la plupart) et ils ont un putain de flare sur la gueule tellement le soleil brille en Californie : ce sont bien sûr les héros de 90210, relance de la mythique licence Beverly Hills, 90210 (vous noterez la simplification du titre pour les ados du XXIème siècle). Après les problèmes d’alcoolisme d’Annie, le cancer de la maman de Silver, le viol de Naomi et la rechute dans la drogue d’Adrianna, que pouvait donc nous apporter de nouveau cette troisième saison ? Réponse : pas grand chose…

Quelques nouvelles idées : la surprenante révélation de l’homosexualité d’un des personnages, la croissance infinie du charisme de Navid (les filles se moquaient de lui en première saison, maintenant elles se battent pour l’avoir dans leur lit, allez savoir pourquoi), et la Geeksploitation indispensable aujourd’hui pour les séries pour ados (ah Naomi qui tombe amoureuse d’un geek à lunette qui parle klingon, c’est encore moins crédible que de la neige à Noel à Los Angeles…) Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence. Silver va encore avoir des problèmes psychologiques, Naomi des problèmes avec sa réputation, Annie aura des problèmes d’argent (mais dans ce cas déménage sale petite conne !), et oh mon dieu Adrianna est vraiment, mais alors vraiment, très très méchante. Les garçons sont toujours aussi mous et dotés d’une psychologie d’huître en fin de vie et les adultes passent leur temps à se bécoter, à boire du vin rouge et à fumer des pétards (mais attention les jeunes, vous-même ne fumez pas – enfin sauf si vous avez un cancer). Rien de bien nouveau donc sous le soleil de Beverly Hills, si ce n’est la nette disparition de toute référence à la vieille série (exit la grosse Kelly, casse toi Brenda et ne reviens pas, bye bye Nat et son Peach Pit totalement inutile).

Réalisation toujours aussi peu imaginative, scénaristes fatigués, musique insipide, il n’y a bien que les acteurs qui semblent encore beaucoup s’amuser. Et comment pourrait-il en être autrement : les filles y gagnent des gardes robes proprement infinies et les garçons peuvent glander autour de la piscine (c’est pas comme s’ils avaient beaucoup de scènes à tourner). Coiffures parfaites, maquillage sur mesure, il ne manque qu’un buffet digne de ce nom – si on pèse les quatre filles ensembles, elles ne doivent presque pas dépasser les cent kilos. C’est d’ailleurs la vraie menace qui pèse sur la série (et non pas une éventuelle annulation tant les audiences sont à la hauteur) : une mini tornade (chez nous on appelle ça des vents un peu violents ou tout simplement du mistral) et les actrices s’envolent. Du coup, il paraît que les techniciens les accrochent avec des cordes à des piquets. Je vous jure.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une quatrième saison.

Pas imaginative pour deux sous, 90210 remplit à peine son contrat de série qui doit faire rêver les ados. Jolis vêtements, coiffures et maquillages : ok. Scénario, réalisation, musique : boarf… Mais si vraiment vous avez du temps à perdre, ou si vous cherchez un fond sonore pendant que vous surfez sur internet, pourquoi pas…

Quatrième saison pour Gossip Girl, série sur les gros riches de New York (l’Upper East Side, comme disent les initiés.) Sur quasiment le même concept que 90210, avec un décalage géographique sur la côte est, la série de Josh Schwartz et Stephanie Savage prouve qu’il y avait vraiment matière à faire une bonne série pour ados sur la base de la lutte des classes. S’éloignant très rapidement de la série de livres de Cecily Von Ziegesar (un nom pareil, ça ne s’invente pas), les deux cerveaux derrière la déjà plus qu’honorable The O.C. (précurseur de la geeksploitation à venir) signent sans doute leur saison la moins convaincante. Est-ce une raison pour s’en passer ?

Je crois que ce qu’il y a eu de plus amusant cette année dans Gossip Girl, c’est sa vision magique de Paris. La capitale française est tellement bien filmée – et retouchée au travers de filtres et de colorisation plus éclatante des murs des immeubles – qu’on a juste envie de la visiter à son tour. Même quand on y vit. La France est d’ailleurs à l’honneur tout au long de la saison avec la présence d’un certain Louis, censé être prince de Monaco. Ok, on a un peu du mal à avaler la pilule, mais pourquoi pas (en plus, il est jeune, beau, séduisant, super intelligent, romantique – comme tous les français quoi).

Une grosse part de la saison tourne autour d’un mystère (comme d’habitude), celui qui entoure le personnage de Juliet Sharp, une sémillante jeune femme qui semble vouloir détruire la vie de Serena. Va-t-elle y parvenir et pourquoi est-elle aussi méchante ? On le serait à moins, tant cette fichue Serena mérite de paires de baffes ! On notera aussi l’éviction, petit à petit, de l’effrontée Jenny Humphrey, interprétée par la tornade Taylor Momsen qui est partie en réalité faire de la “musique” avec son groupe. Comprendre par là qu’elle tourne des clips en sous-vêtements, se goinfre de coke, et se fait détester par l’ensemble du casting de la série tant elle est insupportable.

Cela va s’en dire, la force de la série réside encore dans son fascinant couple Blair Waldorf / Chuck Bass, deux personnages d’exception qui tirent toujours la série vers le haut. On notera aussi un effort remarquable de la part des scénaristes pour jouer les situations et ne pas simplement les décrire après coup, comme c’est trop souvent le cas dans les séries pour ados, ainsi qu’une vraie envie d’éviter les tirades à rallonge avec explications sentimentales à deux balles. Et au final, on se surprend à jouer aussi facilement le jeu et à avoir envie de voir la suite.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une cinquième saison.

Gossip Girl reste une série pour ados, avec toutes les limites que ce terme sous-entend. Malgré tout, le tandem Blair/Chuck, sans doute deux des personnages les plus fascinants du moment, fonctionne toujours aussi bien et nous entraîne avec une remarquable facilité dans les intrigues à tiroir de l’uper east side. C’est aussi l’occasion de voir New York du côté des riches, des très très riches. Une bien jolie ville, une bien sympathique série.

Aie aie aie… Cette année, CBS n’a pas hésité à nous proposer sa sitcom sur des couples de trentenaires, Mad Love. Contrairement à ce qu’indique l’affiche, il n’y a vraiment rien de “new” dans cette série à la situation de départ tellement éculée qu’on en a presque vomit sur le pitch. Le premier épisode confirmait d’ailleurs tous nos doutes. Mais une série, ce n’est pas uniquement son concept, c’est aussi son traitement. Et sur ce point, Mad Love a su révéler quelques surprises…

Quatre new-yorkais dans leurs trentaines, Kate et Ben sortent ensemble, Kate est la meilleure amie de Connie, Ben est le meilleur ami de Larry et Connie et Larry se détestent. Voilà pour la situation de départ. Bien entendu, l’ensemble des épisodes s’intéressent à l’évolution d’une histoire d’amour, comment Kate et Ben vont passer du simple on se fait un bisou au plus sérieux on s’installe ensemble – l’occasion de revisiter des thématiques déjà vu mille fois et qui commencent sérieusement à nous fatiguer.

Du coup, c’est du côté du duo Connie /Larry qu’on se tourne pour trouver un peu d’humour. Et là, surprise, ça marche. Enfin, pas au début, hein, il faut attendre quelques épisodes que le couple se mette en place, que les auteurs trouvent le bon type de blagues, mais ensuite difficile de résister à la voix off et aux règles de vie proprement stupides de Larry, ainsi qu’à la mauvaise foi et la méchanceté inégalée de Connie. Leurs joutes verbales deviennent le seul moment qu’on attend et ça ne manquent jamais de nous faire rire.

Jusqu’au tragique season finale où, oh mon dieu quelle originalité, les deux se rendent compte qu’en vrai, ils s’aiment. Ouf, la série est finalement annulée, on n’aura donc pas à subir la chute dans les anales de la médiocrité de ce qui s’est finalement avéré être un sympathique petit moment.

Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.

Sur un pitch juste tout pourri et des situations déjà vues mille fois, les auteurs ont sauvé leur série grâce à un duo Larry / Connie qui s’avère terriblement drôle et efficace. Dommage que tout le reste doive passer à la poubelle !

Mike & Molly pose un sérieux problème. Nouvelle sitcom produite (et non créée, mais sérieusement surveillée) par Chuck Lorre, le papa de Dharma et Greg, Two and a half men, et plus récemment de The Big Bang Theory, cette histoire d’amour entre deux personnes obèses n’a pas grand chose dans son concept pour attirer le chaland. Il y a ceux qui se lassent des histoires de couple dans les sitcom, et ceux, carrément plus assassins, comme une certaine blogueuse du Marie-Claire US, qui sont carrément dégoûtés de voir deux gros s’embrasser (véridique, mais ça va, la jeune femme est loin d’être une parfaite idiote.) La seule vraie force de la série était-elle d’être diffusée après Two and a half men, et juste avant la remorque à audience Hawaii Five-O ?

Pendant les premiers épisodes, je dois bien avouer que c’était bel et bien tout le mal que je pensais de Mike & Molly. Personnages inintéressants, réalisation désastreuse, choix esthétiques plus que hasardeux – rien ne venait contrebalancer le plus gros problème d’une sitcom : la série n’était pas drôle. Certes, on peut être touché pendant un moment par ces deux êtres grassouillets – non ok, carrément obèses – obsédés par leurs poids et qui, surtout, n’ont quasiment jamais connu l’amour. Mais le copain flic black ultra caricaturale, la mère de Mike ultra castratrice et la mère de Molly juste obsédée par le fait d’être une MILF ne venaient pas apporter beaucoup de sentiments positifs pour les personnages. Du coup, j’étais sur le point de laisser tomber quand…

Les scénaristes ont enfin réalisé qu’il leur fallait un personnage vraiment excessif pour servir de contrepoint comique, et qu’il fallait dans le même temps pousser leurs personnages jusqu’au bout. Du coup, Mike et Molly deviennent les deux seuls personnages un peu sérieux de la série, tandis que les autres deviennent de vrais clowns, ultra enfoncés dans leurs idées et leurs problèmes. Mais la grosse réussite vient du personnage de Victoria, interprétée par l’inégalable Katy Mixon, la soeur de Molly constamment défoncée et en décalage total avec le reste de son univers (à titre d’information, elle est maquilleuse… de cadavres.) Servant de pivot central à quelques scènes absolument mémorables, c’est bien elle qui nous fait revenir semaine après semaine.

Final Score : 3/5 , série renouvelée pour une deuxième saison.

Sur un concept peu attirant et limite repoussant pour certains, Mike & Molly est sauvée par le casting qui entoure les personnages principaux et notamment celui de Victoria, une vraie perle d’humour, seule et unique raison de revenir semaine après semaine. Ça fait peu, il faut bien l’avouer.

Body of Proof voudrait ne pas être qu’une simple série policière de plus. Le docteur Megan Hunt, chirurgien de renom, a un problème de main suite à un évènement terrifiant qu’on ne peut pas vous révéler maintenant. Du coup, elle devient médecin légiste. Et comme elle est obstinée, droite dans ses bottes et qu’elle ne doute de rien (en un mot : insupportable), elle fait chier les flics qui viennent régulièrement la voir pour mener l’enquête à leur place. Tant et si bien qu’au bout du troisième épisode ils ont bien compris que c’est elle l’héroïne et que c’est elle qui a toujours raison. Alors, vous trouver que ce pitch fait de Body of Proof un cop show comme les autres ?

Bon, je vois qu’il y a encore deux trois garçons qui ne sont pas convaincus dans la salle. Du coup, sachez que le cabinet médical dans lequel notre héroïne officie est tout simplement un repaire à MILF. De la quarantenaire ultra bien foutue, dans des robes plus moulantes les unes que les autres, je t’en propose en rousse, en blonde et – je croise les doigts pour l’année prochaine – en brune !

Quoi, ça ne te suffis pas ? Alors, heu… un peu de geeksploitation à travers un personnage de jeune assistant scientifique ? Ah oui, et tiens je te mets un gros noir rigolo, on va dire que c’est le chef de Megan, mais elle fait rien qu’à le considérer comme un sous-fifre, ah oui, c’est marrant ça ! Et attends, mais oui, je te mets un mec, blond à gros nez mais encore assez séduisant, qui va accompagner Megan partout. Un flic ? Oh, non, on en a déjà trop. Un médecin ? Merde, on vient de boucler l’équipe. Bon on va juste le mettre là pour l’instant et on verra bien après ce qu’il peut faire. Oh wait, super idée : un medicolegal investigator ? Ça tape comme nom !

A part ça, on va juste s’entourer de super bons scénaristes pour faire des intrigues policières bétons. Non, je m’en fous qu’ils soient nuls en dialogue ou pour faire un feuilletonnant absolument ridicule sur Megan, sa fille et son ex-mari, tu sais pourquoi ? Parce que ça ne servira à rien. Les gens ils viennent parce que les enquêtes elles sont nickelles et que Megan leur fait penser à House en femme fatale de quarante ans. C’est du lourd coco, c’est du lourd.

Final Score : 3/5 , série renouvelée pour une deuxième saison.

Malgré ses prétentions, Body of Proof ne vient pas renouveler le cop show. Elle offre juste un casting sympathique, met en scène des femmes fortes (ce qui ravira certains), et s’appuie sur des intrigues parfaitement ciselée. C’est propre, clean, mais froid comme un cadavre.

Petit exercice d’imagination : l’année dernière, en bon jeune auteur que tu es mais surtout grâce  à ton incomparable talent, tu as été remarqué par un producteur de série, un de ces gars qui bosse pour les gros studios et qui est habitué à avoir quatre show dans les gros networks, et il t’a acheté ton pitch de série. Bon ok, au début c’était l’histoire de cinq jeunes adultes qui travaillent dans un centre de rétention (hum… volez pas cette idée, je connais déjà quelqu’un qui est dessus, je vous fais confiance !) et c’est devenu un truc ultra violent, bourré de sexe, qui se passe au XIXème siècle dans une Honolulu envahie par des zombies, mais c’était pour un petit network du cable et ça a plutôt bien marché. T’as tissé des destins de personnages intéressants, t’es allé au bout de tes histoires, tu t’es donné comme un malade pour faire des épisodes qui surprennent tout le temps – heureusement qu’on t’avait calé des auteurs confirmés qui ont bossé sur Buffy, CSI ou encore Grey’s Anatomy. Une bien belle aventure, mais là tu es crevé et tu profite de ton chèque avec ton/ta chéri(e) ou ton animal de compagnie préféré (qui a subitement arrêté de vomir n’importe où depuis que t’es revenu.) Seulement voilà, ton boss vient de t’appeler pour te dire : hey coco, on va commander une saison deux. Et là, c’est la merde.

Bon, si à la limite t’avais une série formule, comme CSI, t’aurais rien eu à faire. Juste à reprendre ta team d’auteurs, leur dire allez les gars, faites moi de nouvelles histoires, et c’était réglé. Tu t’en fous, les personnages évoluent pas, la formule doit pas bouger d’un pouce, et ta structure est assez calée pour qu’elle fonctionne pendant dix ans.

A la limite, si t’étais dans une série ado comme 90210, t’aurais juste eu à te débarrasser d’un personnage encombrant (il est déjà sorti avec toutes les filles), en rajouter deux ou trois autres et juste faire tourner les couples sur l’ensemble de la saison. Et tu gardes la même structure qu’avant, hein, on bouge pas une équipe qui gagne.

Mais il y a un peu de fantastique dans ta série. Tu peux essayer de recopier Fringe, en incluant des éléments carrément nouveaux qui permettent de faire complètement changer la formule du show. Mais pour cela il aurait fallu que tu mettes un super cliffhanger dans ton dernier épisode de la saison précédente et que tu abandonnes des pistes mystérieuses pour lesquelles tu n’as plus trop de réponses…

Après, comme tu es sur une série du cable, tu peux aussi refaire toujours le même épisode. Ca a marché pour Big Love, non? Tu prends tes persos dans l’état où ils sont, tu fais croire que des évènements vont les changer, mais en fait non. Facile à écrire et en plus les critiques adorent.

Si jamais t’avais vraiment l’inspiration, tu ferais une intro à la Justified dans le premier épisode de la saison deux, et tu t’embarquerai dans un truc un peu fou – au risque de perdre un peu tes spectateurs au début – mais qui te botterai tellement que ça roxerait du poney à l’écran.

Si t’avais écrit la meilleure série de l’année dernière, c’est à dire The Good Wife, t’aurais même pas à te prendre la tête là dessus : t’aurais juste à continuer de tirer toutes les ficelles que t’as mise en place l’année d’avant, et à faire confiance à tes persos qui sont juste incroyables.

Mais malheureusement tu as fait une série avec des zombies au XIXème siècle à Hawaii. Bonne chance mon ami. Et ne t’inquiète pas, ton problème ne durera pas longtemps. Car comme très souvent, tu te feras annuler en plein cours de la diffusion de ta saison deux.

Avec Coloc, on s’est moqué pendant tout l’été du fait qu’on nous sortait du gros réchauffé pour la rentrée avec Hawaii Five-O : quoi, ils vont refaire la vieille série des samedis après-midi interminables sur TF1 ? On a encore tous en tête la petite musique du générique et les affreuses coupes de cheveux de ces héros qu’on n’a jamais vraiment aimés. Et puis on s’est demandé ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, les projets vraiment originaux et emballant n’étant pas  légion en cette rentrée 2010/2011. Ils fut un temps où au moins une quinzaine de pilotes nous faisaient rêver et nous prenaient vraiment par surpris. Serait-ce la crise des idées ?

J'espère que cette image va me ramener quelques lecteurs...

A l’instar donc de Hawaii Five-O, les projets de remakes modernes des séries ayant cartonnées dans les années 90 (voir avant…) pullulent depuis quelques temps, avec plus ou moins de succès. La faute, sans doute, au remake de Battlestar Galactica, qui a tout écrasé sur son passage pour devenir, à mon avis, la meilleure série de SF jamais créée. Les scénaristes ont su très intelligemment actualiser le récit et s’affranchir de tout ce qui aurait pu ringardiser le projet, tout en reprenant les plus importants codes graphiques des anciennes séries (par exemple le look des cylons, ou la technologie toute relative du vaisseau principal…) Mais cette intelligence ne touchera pas tout le monde, et certainement pas les auteurs du “nouveau” Melrose Place, sans doute la plus grosse catastrophe de l’année dernière. A trop vouloir faire plaisir aux anciens spectateurs en accumulant les guest de l’ancienne série, les scénaristes ont perdu le nouveau public qui n’en a strictement rien à faire (et pour qui Heather Locklear est juste une hasbeen en plastique.) 90210, peudo remake du Beverly Hills de mon adolescence, s’en sort mieux mais fait quasiment totalement abstraction de l’ancienne série pour devenir un show pour ado somme toute assez classique. Mais cette année, c’est bien Nikita, remake de la série La femme Nikita, elle-même adaptée du film du gros Luc, qui prend tout le monde par surprise. Remarquablement intelligent, le pilote nous sert un twist final (qui deviendra aussitôt le vrai pitch de la série) franchement inattendu et ne garde de ses grandes soeurs que les personnages à la psychologie complexe et l’ambiance assez morbide. Le tout en misant à fond sur le fun que ne devrait jamais oublier les séries d’espionnage. Enfin, Hawaii Five-O, dont on parlait tout à l’heure, mise sur un duo franchement drôle et attachant pour s’élever au-dessus du marasme des innombrables séries policières et mérite largement son succès. Comme quoi, remake ne veut pas forcément dire série poubelle…

La seule série qui peut se passer d'un casting fort... ou pas.

L’autre grosse solution trouvée pour palier au manque d’idées fraîches, c’est de transformer sa série en licence. C’est-à-dire de multiplier les spin-off (séries dérivées) tout en gardant la même formule. Le champion en la matière, c’est Dick Wolfe avec son Law and order, dérivé en Special Victim Unit, Criminal Intent, Trial by Jury, UK (oui, oui!) et cette année Los Angeles. Des changements mineurs à chaque fois pour une recette qui repose sur la coopération (ou non) entre la police et le tribunal de justice… On ne peut pas non plus ignorer nos charmants CSI, CSI : Miami, et CSI : New York, tous sortis de l’écurie Bruckheimer et dont les variations se basent uniquement sur la ville dans laquelle l’action se déroule. NCIS, elle-même spin-off du JAG, s’offre NCIS : Los Angeles l’année dernière et s’assure un carton plein. Pour un peu plus tard dans l’année, on nous annonce Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de… Criminal Minds ! A croire qu’il ne reste plus beaucoup d’idées de cop-show pour remplir les cases…

Ca me donne envie de boire de la vodka-pomme, allez savoir pourquoi.

Cette année, une nouvelle idée a germé dans la tête des producteurs, une idée qui n’est pas sans rappeler un phénomène assez couru dans les comics : faire des prequel, c’est-à-dire des séries dérivées qui se déroulent avant la série mère. Première venue (du moins récemment), Caprica nous décrit la lente construction des cylons de Battlestar Galactica. Mais encore une fois, les créateurs prennent tout le monde de cours en créant ce qui peut être considéré comme la première série FAMILIALE de science-fiction ! Caprica s’avère donc loin d’être une simple resucée de la série mère et regorge d’idées proprement fabuleuses. De son côté, Spartacus, la bonne surprise de l’année dernière chez Starz, ne pouvant enchaîner sur une saison deux à cause de problèmes de santé de l’acteur principal, s’offre une prequel dont on ne sait pour l’instant quasiment rien. A surveiller, donc…

Tellement mignons qu'on a envie de tous les abattre.

Enfin, l’ultime solution que nos confrères outre-atlantique ont trouvé, c’est tout simplement de racheter des séries à l’étranger et de les adapter pour leur pays. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas mais Modern Family, la sitcom qui a décroché tout plein d’Emmy cette année, n’est ni plus ni moins qu’un remake de Fais pas ci, fais pas ça, une des rares très bonnes séries françaises. Bon, mis à part la thématique de la famille et la manière de filmer façon documentaire, il n’y a pas beaucoup de points communs, ne serait-ce que la qualité, Modern Family ayant fini par profondément me gaver avec sa double dose de bons sentiments. La récemment décapitée My Generation était un remake du pilote d’une série suédoise, Scoundrels - qui n’aura duré qu’une saison – était un remake d’une série néo-zélandaise, et que dire du futur Skins version MTV remake de la célèbre série anglaise… Le phénomène n’est pas tout récent : souvenez vous de Ugly Betty, remake d’une telenovela colombienne qui a disparu sans laisser de traces. A croire que les américains feraient mieux de se trouver leurs propres idées !

Nuff said

Au final, ce n’est pas tant la propension des américains à faire du neuf avec du vieux qui pourrait poser problème, mais bien la lassitude des spectateurs à se voir proposer toujours un peu la même chose. Qu’on se le dise, cette année s’avère difficile pour la plupart des chaînes avec des audiences franchement en berne par rapport à l’année dernière. Les succès sont rares, les annulations s’accumulent et beaucoup de série ont vu leur développement arrêté, c’est-à-dire que les chaînes n’ont pas commander de nouveaux épisodes en plus de ceux déjà produits. L’âge d’or des séries serait-il fini ? Laissons l’année passer pour en avoir le coeur net…

Je me souviens d’un temps où la seule série dont je connaissais le nom de la ville dans laquelle elle se déroule était Les Simpson et la ville en question était Springfield. Mais il faut bien constater que ces dernières années ont vu la donnée géographique devenir de plus en plus importante pour les shows américains : qu’il s’agisse de réussir à représenter visuellement une grande cité, d’arriver à faire “vivre” l’état d’esprit d’un état, ou carrément de décortiquer tout le fonctionnement d’une ville, de plus en plus de séries semblent vouloir se créer une vraie identité en fonction de leur localisation. Petit tour d’horizon des tentatives les plus récentes.

Les Origines du phénomène : The Wire et Baltimore.

Ne vous faites pas avoir : ceci n'est pas un cop show !

L’une des premières séries a ouvertement assumer sa localisation et à vouloir en décrire tous le fonctionnement est assurément The Wire. Certes, d’autres séries plus anciennes se sont sûrement prises d’affection pour les villes dans lesquelles elles se déroulent, mais jamais on avait vu autant d’ardeur et de volonté dans la description de tous les systèmes qui font fonctionner une ville. A chacune de ses saisons, The Wire s’intéresse à un autre aspect de la ville : les ghettos de la saison 1 laissent place aux docks de la saison 2 avant que la série ne s’intéresse au système d’éducation, aux journalistes ou à la politique. Baltimore y devient le vrai personnage principal et fait dépasser la série du simple statut de cop-show pour devenir une vraie représentation de la ville américaine.

De la ville à l’état : de la Nouvelle-Orléans (Treme) à la Louisiane (True Blood).

Peu importe les problèmes tant qu'on a la musique !

David Simon, le principal cerveau derrière The Wire, ne pouvait pas s’arrêter là. Quelques années plus tard, le voici donc qui nous pond Treme, une série sur un quartier particulièrement pauvre de la Nouvelle-Orléans et qui a subit de plein fouet l’ouragan Katrina. Moins réussie que son précédent show, Treme s’impose tout de même comme une relativement passionnante étude d’un quartier à l’identité forte, où chacun tente de survivre et de se reconstruire, le tout en musique bien entendu ! Si les personnages viennent de milieux sociaux-professionnels différents, tentant en cela de représenter la diversité d’une telle ville, les auteurs peinent tout de même à vraiment montrer les ressorts des différents systèmes qui font vivre la Nouvelle-Orléans. En effet, le discours politique sur les causes de la catastrophe Katrina et la mauvaise gestion de la crise après le passage de l’ouragan est tellement répété et partagé par tous les personnages que l’on sent un peu trop les opinions politiques des auteurs quand on aurait aimé une vraie étude objective de la situation.

La Louisiane dans toute sa splendeur...

La Louisiane avait déjà intéressée un autre grand nom de HBO (Alan Ball, le créateur de Six Feet Under) il y a quelques années avec le lancement de True Blood, une série de vampires annoncée comme vraiment différente, et inspirée d’une série de livres (La Communauté du Sud) de Charlaine Harris. Si la série est bien différente, ce n’est pas tant par son traitement des vampires – finalement assez classique, avec son bar gothique, ses canines acérées et le teint pâle des “monstres” en question – mais par l’univers dans lequel elle se déroule : la Louisiane. Dés le générique, tout simplement splendide, on est véritablement plongé dans l’ambiance d’un État trop peu souvent représenté dans les séries, avec sa végétation si particulière, son accent à couper au couteau et ses innombrables noms français qui ne cessent de nous faire sourire. On pourrait presque sentir l’odeur d’une cuisine qui n’a rien à voir avec le reste des États-Unis !

Faire vivre un État d’esprit : le Texas (Friday Night Lights) et le Kentucky (Justified)

Dark Days in Texas

Deux ans avant True Blood, une autre série s’escrimait à représenter à la perfection la plastique et l’état d’esprit d’un État. Friday Night Lights, inspirée d’un film lui-même inspiré d’un livre, décrit le quotidien de l’équipe de football (us) du lycée de la petite ville de Dillon, au Texas. Une ville qui ne vit que par et pour son équipe de foot – ce qui ne fait qu’ajouter à la pression que peut ressentir le coach Taylor qui vient tout juste de reprendre les rênes de l’équipe. Très rapidement, ce qui fera la vraie réussite de la série, c’est sa capacité à faire vivre le Texas, à nous y transporter comme si on y avait toujours vécu. On peut presque palper la chaleur étouffante, on apprivoise facilement l’accent mâché des différents personnages, on deviendrait presque, nous aussi, des habitants de Dillon. Sans doute la seule série qui pourra vous faire aimer le Texas !

Remarquer le charmant petit drapeau à l'arrière plan...

Cette année, c’est Justified qui a tenté de nous faire aimer un État relativement peu connu mais pourtant réputé pour son poulet fris : le Kentucky. Inspiré par un personnage (et l’ambiance) de romans de Elmore Leonard, un auteur spécialisé dans le polar, la série s’intéresse à Raylan Givens, un Marshall à la gâchette facile et au tempérament particulièrement impétueux, de retour dans sa ville natale de Lexington dans le Kentucky. Au fil des épisodes, on passe des Rednecks néo-nazis aux entrepreneurs immobilier véreux en passant par un juge versé dans les clubs de strip-tease : une vision plutôt cynique d’une ville où le cow-boy fait encore la loi (le western était la première passion de Elmore Leonard) et où c’est celui qui tire le plus vite qui s’en sort toujours !

New-York, New-York : de Gossip Girl à How to Make it in America en passant par CSI : NY.

Un petit loft à la vue sympathique...

Comment vraiment se démarquer quand on est une série pour ado de plus ? Gossip Girl a sans doute trouvé la solution en s’offrant la possibilité de décrire le New-York de l’Upper East Side, c’est-à-dire le quartier des habitants les plus riches de la ville. Situé sur l’île de Manhattan, entre Central Park et l’East River, ce coin offre de magnifiques décors qui ont fait la renommée de la série – tout comme ses immeubles fastueux, ses appartements richement décorés, ainsi que ses innombrables boutiques de luxe. Une vision certes élitiste de New-York mais qui a au moins le mérite de faire rêver : n’est-ce pas le but de toute bonne série pour ado?

Quatre garçons plein d'avenir...

How to Make It in America tente de prendre le parti inverse en s’intéressant à deux pauvres garçons qui veulent fonder leur propre collection de jeans et enfin s’accrocher à une part de leur rêve américain. Malheureusement la série peine à convaincre sur le niveau de vie de ses deux protagonistes qui, avec leurs appartements de cent mètres carrés et leurs soirées où l’alcool et la drogue coulent à flot, paraissent rapidement bien moins pauvre qu’ils ne le devraient ! Voici donc un New-York un peu bobo, dans laquelle on peut s’incruster tous les soirs à un nouveau vernissage et où tout le monde travaille dans l’art ou la mode…

Oui, les CSI ont le droit de tirer dans la rue !

Quant à CSI : NY, magnifiquement renommée Les Experts : Manhattan par chez nous (pourtant les héros sortent assez souvent de l’île et se déplacent dans toute la ville!), ce cop-show de la célèbre licence ne prétend pas vouloir décrire quoi que ce soit sur la ville mais utilise son côté melting-pot pour offrir un casting de personnages aux origines diverses et variées : grecque, irlandais, italiens et même une fille du Montana s’y côtoient comme dans la réalité !

Los Angeles : a failure to make it live (90210, NCIS L.A.)

Nice, but so classic !

De l’autre côté des États-Unis, la pauvre Los Angeles est loin de recevoir le même traitement que New-York. Pourtant le cadre de nombreuses séries, LA sert surtout à montrer des jolies filles sous un soleil de plomb dans des cop-shows comme NCIS Los Angeles. 90210, qui se déroule à Beverly Hills, une ville du comté de Los Angeles, tente – dans le cadre de la série ado – de faire de Los Angeles ce que Gossip Girl a fait de New-York mais le résultat est encore loin d’être là. Cadre archi-utilisé, cette belle ville de Californie n’est plus qu’un support à séries où ce qui importe c’est d’avoir du soleil toute l’année…

Un tour à l’étranger (sic!) : Paris, version glam grâce à Gossip Girl.

Aaaahhhhhhh... Paris.......... !

Gossip Girl avait déjà déclaré plusieurs fois son amour de Paris en en faisant la ville la plus agréable à vivre (ah, l’imaginaire des américains… remarque, bon nombre de parisiens pensent que c’est New-York la ville la plus agréable au monde!) Cette année, le show passe un cap en nous promettant carrément des aventures complètes dans la capitale de la France ! Alors bien sûr, tout n’est que strass et paillette, boutique de luxe et boulangerie raffinée, on croise même un membre de la famille Grimaldi (la famille royale de Monaco) dans un musée face à un tableau de Monet. A la fin de l’épisode, j’avais moi aussi envie de vivre à Paris ! Et pourtant, j’y vis déjà…

Un tour dans le temps : Rome et Caprica.

Difficile de parler d’une série que l’on a quasiment pas vu : je ne m’étendrai donc pas sur Rome, que je n’avais pas du tout apprécié à l’époque de sa diffusion mais que je tenterai peut-être de regarde en entier plus tard. Il fallait tout de même la citer dans cet article tant la série semble avoir voulu décrire un moment de la capitale décadente de l’empire romain.

Le futur sera en images de synthèse ou ne sera pas.

Dans Caprica, prequel (série qui se déroule avant les événements d’une autre série) de Battlestar Galactica, on peut déjà sentir une vraie ville fonctionner, avec ses parias et son élite, ses problèmes de religions et de terrorisme. La série est encore jeune pour faire pleinement croire à une ville inventée de A à Z, mais les premiers épisodes laissent présager du meilleur…

Et Hawaï Five-O dans tout ça ?

Une série qui se mouille ! (pardon.)

Et si la prochaine série à prendre le pouls d’une ville et à parfaitement le restituer était Hawaï Five-O, la reprise de la (très) vieille Hawaii : Police d’État ? Si vous avez vu le trailer vous en doutez sûrement fortement, mais sait-on jamais… En tous cas, j’espère que ce petit panel aura pu vous convaincre que la ville, ou du moins l’emplacement géographique d’une série, est de plus en plus important et devient une vraie composante d’un show, dictant sa photographie, son ambiance musicale et son ambiance générale. A quand la même chose en France ?! (qui a dit Plus Belle la Vie ?)

Pour tout vous dire, suite à une petite soirée Caprica (le spin-off de Battlestar Galactica) et à la lecture de cet article de girlfriend, j’avais vraiment envie de vous parler de l’univers dépeint avec soin dans la nouvelle série de SyFy.

Regarde bien en haut à gauche, girlfriend, c'est un dirigeable ! Et y en a plein d'autres dans la ville !

Le problème, c’est que dans ce cas j’aurai du regarder la fin de la première saison ce matin, alors que mon coloc et mon fidèle Pote-de-BSG sont encore en train de dormir. Une trahison que je ne peux vraiment pas me permettre – avec Pote-de-BSG on a vu TOUS les épisodes de Battlestar ensemble! Voici donc encore un article qui sera remis à plus tard. En toute logique, je me suis tourné vers la seule série que je me sentais le courage de finir ce matin, avec un peu la gueule dans le cul et la fatigue qui te harcèle. 90210 saison 2, à toi l’honneur.

Dans le générique, cette fille qui fait le poirier est sensée symboliser le 1 de 90210. Moi je dis, on a les idées qu'on mérite.

Vous vous en doutez si vous avez lu quelques articles sur ce site, j’adore aimer ce que tout le monde déteste. Je n’en suis pas fier, loin de là, mais j’avoue que tout au fond de moi j’apprécie sincèrement les innombrables séries pour ado que je me bouffe chaque année. Quand la rumeur courait, il y a un peu plus de deux ans, qu’un remake de Beverly Hills allait être fait, j’étais aux anges. Bien entendu, j’attendais le retour de Kelly, Brandon, Donna et tous les autres, mais surtout du seul et unique Dylan, l’incroyable Luke Perry, perdu de vue depuis John From Cincinnatti.

Oh cool, le retour de Kyle de Melrose Place ! Ah, ben non en fait...

La petite surprise de départ fut qu’aucun des anciens acteurs n’allaient faire leur apparition avant un petit moment. Il y avait bien le retour de Rob Estes (mon idole depuis sa mort dans Les Dessous de Palm Beach) qui nous avait fait rêver dans Melrose Place, spin-off de Beverly Hills. Mais curieusement, il ne récupère pas son vieux rôle de Kyle McBride et incarne cette fois Harry Wilson, le papa sympathique des deux héros de départ, qui fait aussi office de principal dans le lycée où se déroulent la plupart de leurs aventures. On fermera les yeux sur ce choix étrange (qui discrédite quelque peu l’univers) et on fera comme si ça ne changeait rien. De toutes façons, les arrivées fracassantes, coup sur coup, de Kelly (qui restera le plus longtemps dans cette version moderne), Brenda (oui, oui, la même Shannen Doherty qui avait claqué la porte de la série à l’époque), ou Donna ne viendront que vous confirmer une chose : oui, vous êtes vieux, et elles aussi, et surtout elles font peur. Les scénaristes l’ont bien compris et vont du coup les éjecter pour cette deuxième saison. Et on ne va pas s’en plaindre tant elles ne servaient absolument à rien…

Pour le coup, cette fois, ils auront du mal à nous faire croire que c'est des jumeaux !

En fait, cette saison tend un peu plus à prouver ce qu’on avait commencé à entrevoir : malgré le pitch de départ quasi identique (une famille plutôt pauvre s’installe à Beverly Hills et leurs deux enfants vont découvrir tout un monde nouveau, fait de fastes et de trahisons), ce 90210 est bien plus une nouvelle génération qu’un simple remake. Avec le départ des anciens persos, les scénaristes installent confortablement leur nouveau groupe de teenagers et leurs problématiques très années 2000. Exit les réflexions pseudos religieuses de Donna qui ne veut pas faire du sexe avant le mariage ou le conformisme de Brandon qui reproche à sa sœur de fumer des cigarettes, ici on parle harcèlement sexuel de la part d’un prof, de l’addiction à la drogue (cocaïne, mais c’est pas très original) et au jeu (déjà carrément moins vu!), et de SDF renversé par une nana trop bourrée. On guérit sa dépression en buvant de la vodka et on fait des bêtises avec des filles ou des garçons qu’on ne devrait plus fréquenter. Même les parents ne sont plus le couple modèle à la Walsh (la famille de Brandon et Brenda), mais luttent pour retrouver l’étincelle d’amour qui pourrait les pousser à ne pas se séparer.

La control freak dans toute sa splendeur, qui fête sa victoire sur sa sœur avec une coupe de champagne.

Au final, la vraie thématique de ces ados pourris gâtés des années 2000 semble être le contrôle qu’ils aiment tous avoir les uns sur les autres. Entre ceux qui mentent pour garder leur petit(e) ami(e), ceux qui manigancent pour se débarrasser de leur famille ou tout simplement ceux qui volent carrément leurs parents pour atteindre leur but, tout le monde semble vouloir contrôler tout le monde. Les coups fourrés pleuvent et les (pseudos) rebondissements psychologiques sont légions. Dans ce monde de manipulations intensives, il n’y en a qu’un qui sort un peu du lot et qui se fait tout le temps avoir, c’est Ryan Matthews, le prof super attachant qui en chie grave !

Si je vous dis que, là, il n'a pas encore appris qu'il a mis une fille enceinte et qu'elle compte aller au tribunal pour lui faire enlever tous ses droits paternels, vous me croyez?

Cette saison aura eu aussi le mérite de nous montrer que toute l’équipe qui s’occupe de la série veut bien faire et ne prend pas le programme à la légère. La réalisation, si elle ne redouble pas d’idées incroyables, reste toujours propre – même si certains persos passent leur temps à faire toujours la même chose, à l’image de Liam qui passe deux plombes à peindre cinq centimètres carrés de son bateau ! On sent qu’il y a des moyens, entre les décors plutôt crédibles et les extérieurs souvent magnifiques. Rebecca Sinclair, la show-runner de la série, a avoué vouloir faire de L.A. dans 90210 ce que Gossip Girl a fait de New York : si le résultat n’est pour l’instant pas totalement convaincant, on s’en approche grandement.

Un exemple type de décor sympa mais pas encore mis en valeur par la réal.

Au final, 90210 reste du Beverly Hills : une série ado sympathique mais qui ne va pas bien loin non plus. Avec son final ultra-tiré par les cheveux, cette saison 2 se termine sur une vraie note de mauvais goût qui vient un peu entacher les bonnes idées des derniers épisodes. Dommage car avec ses personnages variés autant dans leurs origines sociales que dans leurs psychologie, la série aurait pu offrir un vrai snapshot de la jeunesse (plutôt friquée) de 2010, secouée par un monde dans lequel tout s’obtient rapidement mais où tout se perd aussi vite.

Et puis merde, quand je me rends compte que même Dylan ne me manque pas, c’est plutôt un bon signe, non?!