Tag Archive: ABC Family


L’été, c’est la période où les gros network redonnent une minuscule chance aux spectateurs de voir la fin de séries qui ont été annulées dans la douleur au cours du reste de l’année. On peut ainsi désormais retrouver dans la case assassine du samedi soir la suite de Zero Hour, 666 Park Avenue, et dès la semaine prochaine de la plus grosse catastrophe d’audience de ces vingts dernières années Do No Harm. Mais pour tous ceux qui sont avides de nouveautés, voici de quoi vous mettre quelques petits trucs sous la main. Et dans le lot, il y a quand même quelques très bonnes surprises…

reef doctorsREEF DOCTORS

Grosse catastrophe pour une chaîne australienne qui ne se porte déjà pas très bien (Network Ten), Reef Doctors fut longtemps repoussée pour des problèmes de production. C’est peu de dire que la déception est grande au niveau du retour sur investissement tant le pilote s’est cassé la gueule.

Il faut bien avouer qu’il n’y a pas grand chose de vraiment enthousiasmant dans ces aventures d’un groupe de médecins qui s’occupe d’une clinique perdue sur une petite île. Dix ans trop tard, les australiens tentent de copier Grey’s Anatomy et décale l’action vers un coin vachement plus ensoleillé pour montrer les jolis muscles de leurs comédiens et les formes (pas franchement généreuses) de leurs actrices. Le scénario de ce premier épisode arrive parfois à faire sourire grâce un (très) léger décalage au niveau de certains personnages mais fait surtout soupirer vu son manque d’ambition et d’originalité.

Quant à la réalisation, elle s’avère au moins aussi pataude que le cast, pas franchement à l’aise avec un concept très daté. Pour un peu, on aurait l’impression de faire face à une VIEILLE série française ! Bref, vous l’aurez compris, Reef Doctors a intérêt à cacher des trésors d’imagination dans la suite de ses épisodes pour se montrer un tant soit peu intéressante. Mais j’ai comme un gros gros doute.

package dealPACKAGE DEAL

On fait maintenant un tour du côté du Canada qui ne fait pas bien mieux avec Package Deal, copie peu inspirée de sitcom américaine des années 90 (c’est vraiment la crise de l’originalité en ce moment !)

Voici donc les aventures d’une jeune femme et de son amoureux qu’elle doit prendre avec tout le package qui l’accompagne, à savoir ses deux frères dont l’un est dépressif après son divorce et l’autre est juste un gros péquenaud dégueulasse. On va faire vite : ce n’est pas drôle, c’est plutôt mou, et c’est bourré de cliché. Package Deal rejoint donc ma poubelle à sitcom qui est déjà bien remplie…

TEMPLATEWHITE QUEEN, the

C’est donc bien du côté de l’Angleterre qu’il faut se tourner pour trouver une étrange coproduction entre la BBC et le network américain Starz (sur lequel sont diffusés Spartacus, Da Vinci’s Demons ou encore Magic City) avec la visuellement très réussie the White Queen. Car oui, autant en parler tout de suite, le show est d’une grande beauté, avec certes des décors et des costumes vraiment réussis, mais aussi et surtout une réalisation bluffante qui vient toujours soutenir la narration.

Basée sur une série de romans de Phillipa Gregory (eux mêmes basés sur des faits historiques), the White Queen raconte – pour l’instant – l’ascension au pouvoir de la jeune Elizabeth Woodwill dans une Angleterre encore partagée après la guerre des Roses. Je dis pour l’instant car le site de la série précise qu’il s’agit ensuite de la lutte épique entre trois femmes, Elizabeth mais aussi Margaret Beaufort et Anne Neville, que l’histoire a retenues comme les femmes de l’ombre qui ont changé (à cette période) la face de l’Angleterre. Et moi, un pitch comme ça, ça m’accroche bien.

Au delà de la qualité narrative et de la réalisation, le pilote bluffe aussi par ses comédiens totalement inspirés – dont un James Frain (aperçu dans les Tudors et True Blood) toujours aussi inquiétant et intrigant. C’est donc pour l’instant un vrai sans faute et j’attend de voir la suite avec une réelle impatience…

(et puisque c’est assez rare, autant le souligner : une grande partie du show a été tournée… en Belgique ! A Bruges et Gand qui remplacent Londres. Et pourtant, on y croit tout du long !)

king & maxwell s1KING & MAXWELL

Les Etats-Unis ne font pas franchement dans l’originalité en nous proposant en guise de nouveauté un énième cop-show sur TNT avec King & Maxwell. Le twist de ce duo d’enquêteur ? Ce sont deux détectives privés qui ont appartenu aux services secrets. Est-ce que ça change grand chose ? Ben pas vraiment. Tout au plus le pilote se fait plaisir en mettant en scène un gros complot et des agents du FBI. A part ça, la réalisation est datée, les acteurs pas super convaincant et tout cela reste bien bien mou. Bref, à part les fans extrêmes qui regardent toutes les séries policières, King & Maxwell aura bien du mal à intéresser qui que ce soit.

twistedTWISTED

On rigole déjà beaucoup plus avec Twisted, nouveau show pour ado diffusé sur ABC Family et qui s’attire assez curieusement pas mal de louanges de la part des critiques. Il faut dire que le point de départ est assez original : Danny, le héros garçon du trio de protagonistes, a-t-il réellement tué sa tante avec une corde à sauter quand il était enfant ? Revenu dans la ville où il a grandit maintenant qu’il a seize ans, le voilà confronté à ses deux anciennes meilleures amies, la société des ados qui le traite de psycho, la société des adultes qui le voit toujours comme coupable et surtout un nouveau meurtre qui va lui valoir bien des soucis.

Toute l’originalité de Twisted repose donc sur ce personnage hautement ambigu et assez fascinant, sorte de version soft / ado du héros de Rectify. On ne cesse de se demander s’il n’y a pas un sens caché dans chacune de ses répliques, chacun de ses gestes. Le jeune Avan Jogia, acteur plutôt inspiré, lui donne d’ailleurs un look et un charisme assez hors du commun et tout aussi fascinant. Croisons les doigts pour que le show ne tombe pas dans une suite d’aventures sentimentales à deux balles mais qu’il arrive à rester sur le fil du rasoir de cette angoisse raffinée. Twisted, c’est anxiogène à mort, et c’est justement pour ça que c’est génial.

dates-DATES

On termine ces nouveautés de la semaine avec l’exceptionnelle Dates, dernière création de Bryan Elsley, le papa de Skins, diffusée sur la chaîne anglaise Channel 4. L’idée est très simple : chaque épisode raconte une “date”, une rencontre entre deux personnes. Vont-ils repartir ensemble, vont-ils tomber amoureux, vont-ils se détester ? Si le pitch de base peut paraître un peu léger, le show s’avère remarquable. Les scénarios sont magistralement mené, avec un sens du rythme incroyable pour une série qui ne se passe que dans deux ou trois décors différents. Les dialogues y sont pour beaucoup, ciselés avec précision pour offrir des échanges inoubliables. Et tout le reste atteint la même qualité : les acteurs sont franchement très bons, l’ambiance musicale absolument unique et la réalisation est un pur chef-d’oeuvre d’imagination (là où la plupart des réalisateurs se seraient contentés de champ/contrechamp basiques et faciles.) Vertigineux, Dates est assurément l’immanquable de cet été.

 

Rendez vous jeudi pour la suite de ce bilan de la semaine, et cette fois on dira bye-bye à quelques shows américains !

Suite à une petite semaine de vacances (enfin, je me comprends) au festival d’Annecy, nous voici tout décalé pour parler de nos chères séries ! Le retard sera rattrapé la semaine prochaine vu le peu de news dont j’ai à vous faire part pour les semaines suivantes… (enfin, je suis le seul qui me comprends !)

Cette semaine, on fait donc le bilan de trois nouveautés et de quatre départs, ou pourquoi la révolution selon Da Vinci ne se fera pas vraiment avant l’année prochaine…

Mistresses-us-s1MISTRESSES (nouveauté)

On va commencer par les nouveautés, de la pire à la meilleure. Et avec Mistresses, adaptation US d’une série anglaise qui connu un certain succès entre 2008 et 2010, on atteint le pire de ce qui peut se faire. Autant vous le dire tout de suite, les aventures (extra)maritales de ces quatre copines ont autant d’intérêt que mettre sa main à tour de rôle dans une carafe remplie de glaçons pour voir qui va tenir le plus longtemps : ça fait mal, c’est ridicule, et on a envie d’oublier tout ça le lendemain matin.

Déjà, qui en veut à ce point à la pauvre Alyssa Milano ? Boursouflée, affligée d’un étrange bouton (pustule ?) sur la joue, l’air extrêmement fatiguée, celle qui fit les beaux jours de Who’s the Boss ? (Madame est servie) et de Charmed est de plus filmée sous une lumière écrasante, selon des cadrages qui ne cherchent vraiment pas à la mettre en valeur. Sous sa couche de maquillage aussi épaisse qu’une tranche de pain de hamburger, l’actrice atteint des sommets de nullité en terme de jeu, annonçant un peu plus à chaque plan son chant du cygne avant d’aller rejoindre les oubliés de la télé US.

Et cette descente aux enfers est à l’image du reste du pilote : personnages stéréotypés, actrices inutiles (et on parle même pas des mecs, tout juste bon à vendre des barres de protéines), scénario aseptisé / karcherisé (il faut voir la gueule qu’on fait les scénaristes anglais face à cette “adaptation” qu’on pourrait mieux qualifier de régurgitation dégueulasse), mise en scène tellement affreuse qu’on aurait préféré que le réalisateur ne tente strictement rien.

Mistresses est une insulte au bon goût, une claque en plein estomac, le remède idéal à toute envie de gerber.

the fosters s1FOSTERS, the (nouveauté)

Avec the Fosters, ABC Family cherche une nouvelle série pour accompagner sa florissante Switched at birth (qu’on ne saurait que trop vous recommander si vous vous intéressez à la problématique des ados sourds.) Sur le même sujet, la France nous a pondu Famille d’accueil, programme rassurant et gentillet où tous les problèmes se règle en 90 minutes. ABC Family préfère mettre en scène un couple de lesbienne, l’enfant génétique de l’une d’elle, des jumeaux mexicains adoptés dont l’un souffre d’ADD (Attention Deficit Disorder) et l’autre est accroc aux pilules, et enfin une gamine qui sort tout juste de taule et qui va tout faire dans le pilote pour récupérer son frère et le sortir des griffes d’un père abusif. Oui, c’est pas tout à fait le même ton !

Cela fait déjà plusieurs années qu’ABC Family nous a habitué à décaper l’image de la famille américaine classique pour s’intéresser aux logiques de famille recomposée ou même de famille sans lien de sang. La chaîne ne cherche pas à choquer mais bien à faire évoluer les mentalités sur de nombreux sujets sensibles (enfin, surtout aux Etats Unis) et the Fosters s’inscrit une fois de plus dans cette continuité. Après, il faut bien avouer que la série souffre de tous les défauts des shows de la chaîne : un scénario qui manque un peu de rythme, une réalisation à la ramasse et qui n’arrive pas à se défaire d’un budget très limité, ainsi que des comédiens qui ont des bonnes bouilles mais pas franchement exceptionnels. The Fosters est donc plus que recommandable pour un public ado (ou en famille) mais vous intéressera franchement moins si vous avez passé la vingtaine…

graceland s1GRACELAND (nouveauté)

On termine les nouveautés de la semaine avec Graceland, copshow boosté aux hormones diffusé sur USA, mettant en scène en scène une villa dans laquelle opère des agents secrets issus des différentes agences américaines (DEA, FBI, ICE…) La bonne surprise, c’est que le scénario de ce pilote n’est pas tourné vers l’action rébarbative et gratuite mais prend un ton résolument réaliste (et oui, malgré ce point de départ hautement improbable mais qui serait soit-disant tout à fait réel !) et franchement intrigant. Les personnages sont assez nuancés pour être intéressants, la réalisation est tout à fait honnête, et le twist final donne assez envie de voir la suite. Difficile en tous cas de préjuger de la qualité du reste de la série tant ce pilote ne fait que mettre la situation de départ en place (mais il le fait de fort belle manière) – Graceland sera-t-elle une catastrophe ou une réelle bonne surprise ? On vous en dira plus à la fin de l’été !

The-Secret-Life-finaleSECRET LIFE OF THE AMERICAN TEENAGER, the (saison 5 – fin de série)

Je ne pouvais pas passer sous silence la fin de the Secret Life of the American Teenager, catastrophe hautement imbitable commise par Brenda Hampton, le “cerveau” derrière la famille mauvais trip qui agissait dans l’effroyable 7th Heaven (Sept à la Maison.) Vomitive à tous les niveaux (la réalisation qui fera tourner les estomacs pendant longtemps, les acteurs qui font un combat de qui sortira le plus mal sa réplique, ou encore les scénarios où tout est dit, rien n’est montré, et dans lesquels on règle quasiment tous les problèmes avec une demande en mariage), la série était bien l’une des dernières catastrophes à être diffusée sur ABC Family, dont les dirigeants ne sont pas fâchés d’être enfin débarrassés.

Et pourtant, pourtant !, le show fut un énorme succès aux Etats Unis et dans de nombreux autres pays. Fort heureusement, l’audience s’est peu à peu effondrée et le couperet final est enfin tombé. Que penser de cet ultime épisode – qui fait preuve d’un bon sens économique en nous offrant plus que de 90% de réutilisations de plans déjà vus dans la série ? Le scénario s’intéresse tour à tour à chaque personnage et nous refait son parcours jusqu’à maintenant, sans offrir de réelle conclusion. Dernier crachat à la gueule des rares ados qui auraient eut le courage de rester jusqu’au bout, cette fin de série est à la hauteur du reste : à chier.

Final Score : 1/10

Sans doute la pire série diffusée depuis cinq ans, the Secret Life of the American Teenager ne peut même pas être un plaisir coupable tant elle véhicule des idées dépassées et limite dangereuses. Une bouse infâme qu’on ne regrettera assurément pas.

men at workMEN AT WORK (saison 2)

J’avais été très déçu par la première saison de Men at Work, sitcom hautement caricatural sur quatre copains bossant pour un mensuel masculin, qui offrait pourtant le privilège rare de retrouver le sympathique Michael Cassidy (un abonné des seconds rôles pour la CW) et Danny Masterson, le très drôle Steven Hyde de That ’70s Show. Cette deuxième saison, bien loin de corriger le problème, l’assume totalement, le pousse à fond (on rentre dans la caricature totale et dans un univers qui n’est plus du tout réaliste), et finalement le transforme en vraie qualité. Le show trouve ainsi une identité certes curieuse mais totalement unique.

Et il faut reconnaître que l’ensemble de l’écriture fait un net bon en avant. Les blagues sont beaucoup plus drôles, les scénarios plus rocambolesques et inattendus, et du coup les personnages s’affirment vraiment. Notre quatuor d’acteurs a enfin quelque chose à défendre et ces quatre gaillards s’en donnent à cœur joie. Alors que Masterson était assez pathétique dans le rôle du héros looser de la saison 1, il a enfin de quoi donner de l’épaisseur à son rôle et commence à aussi bien l’incarner que lorsqu’il jouait Hyde. Alors certes, ce n’est pas la plus grande sitcom de la décennie (ni de la saison, tout simplement), mais elle reste bougrement sympathique. Enfin… pour les garçons !

Final Score : 7/10

Belle hausse de qualité pour cette deuxième saison de Men at Work, sitcom qui reste malgré tout très masculine mais qui saura (enfin !) ravir ceux qui était fan de Steven Hyde.

da vincis demons - s1DA VINCI’S DEMONS (saison 1)

Elle en aura fait couler de l’encre et délié les langues, cette Da Vinci’s Demons atypique, création farfelue de David S. Goyer, le scénariste des Batman de Nolan, et de beaucoup de très bons comics. C’est que le monsieur ne s’embarrasse pas trop de la vérité historique – bien qu’il y ait peu d’éléments vraiment anachroniques – et préfère faire du célèbre artiste un pur super héros qui aurait tout à fait sa place parmi les personnages de Marvel ou DC.

Une fois fait l’impasse sur la coiffure toujours impeccable et savamment laquée du héros, ainsi que d’une réalisation et d’une production value aux partis pris radicaux mais pas toujours percutants (les décors de Florence ne cesseront de partager ceux qui les trouvent immondes de ceux qui les trouvent assez réussis), il reste un scénario hautement improbable, à base d’artefact mythique, de voyage dans le temps et même de personnages légendaires tel Dracula (si si…) Alors forcément, si vous n’êtes pas à prêt à décoller pour un voyage délirant, typique des comics actuels, vous risquez d’être choqués. Les méchants sont immondes, retords et particulièrement ambiguës ; les gentils ont chacun leur faiblesse mais savent tous faire valoir la justice dans le moindre de leurs actes. Quant à certains rebondissements, ils sont sérieusement capilo-tractés et la série est bien obligée de s’en jouer dans le dernier épisode, dans une discussion assez foutraque entre Da Vinci et le turque qui semble connaître déjà son destin incroyable.

Que l’on apprécie ou pas ce parti pris “comics” (moi j’adore, mais je comprends tout à fait que de nombreuses personnes n’adhère absolument pas), il est à noter que Goyer ne fait quand même pas n’importe quoi avec Da Vinci. Pour m’être longtemps intéressé à ce personnage iconoclaste qui est très loin de l’image pleine de sagesse qu’on s’en fait en pensant à l’auto-portrait avec la grosse barbe blanche, je trouve que le scénariste a su tout à fait retrouver la folie qui fait la quintessence de l’artiste dans sa jeunesse. La manière de raisonner, son goût pour tester tout ce que la vie a à offrir (entre autre au niveau sexuel), la manière dont la prison a faillit le détruire, le dégoût des hommes d’église assoiffé de pouvoir, sa passion pour Florence : tout y est de manière indiscutable. Et pourquoi pas y mêler une histoire de voyage dans le temps ? le vrai Da Vinci a bel et bien passé une bonne part de sa vie à étudier cette fameuse dimension qu’il comparait au cours de l’eau. Goyer met même en place la thématique de la mère au cœur de son personnage – figure mythique et constante de l’énigme Da Vinci. En clair, s’il se joue de la réalité historique, Goyer ne se joue pas de son personnage et propose donc un vibrant hommage à la jeunesse méconnue de l’artiste. Rien que pour ça, il mérite tout mon respect.

Final Score : 8/10 pour les fans de comics, 6/10 pour les autres.

Da Vinci’s Demons partage et c’est bien naturel : loin d’une série historique, on se retrouve face à un pur délire de comics (mainstream) américain avec toutes les qualités et les écueils que cela comportent. Mais reconnaissons lui l’étrange qualité d’être fidèle au vrai tempérament de l’artiste lorsqu’il était jeune même si peu de spectateurs pourront s’en apercevoir.

revolution s1REVOLUTION (saison 1)

On termine cette semaine par la série qui porte bien mal son nom, Revolution, vu qu’elle n’en a pas du tout été une. Série de SF se déroulant dans un monde privé d’électricité, elle devait être le Lost de NBC mais ne sera pour l’instant qu’une tentative de plus de reprendre le flambeau du show de J.J. Abrams. Pourtant, il est bien au générique notre cher J.J., accompagné de Jon Favreau (le réalisateur des deux premiers Iron Man) mais aussi et surtout de l’excellent Eric Kripke, scénariste, créateur et showrunner des bonnes années de Supernatural.

Toute la première partie de la saison s’articule autour de la recherche du frère de l’héroïne et donne lieu à la désormais classique formule du “monstre de la semaine” en faisant avancer un tout petit peu les héros et les confrontant à chaque épisode à des méchants très très méchants dans un monde très très dur. Entre ses personnages peu crédibles, son héroïne lénifiante, et son manque d’envergure par rapport à l’univers proposé, les douze premiers épisodes sont franchement très moyens. Ce n’est pas médiocre, loin de là, mais pas franchement excitant.

Sur la deuxième partie, Eric Kripke semble avoir repris les manettes et pouvoir imposer sa patte. Il a bien lu tout ce qui s’est dit sur la série sur le net et a décidé de corriger tous les défauts. Oui, TOUS. Et un peu vite. Du coup, pas mal de personnages prennent la porte de sortie, le feuilletonnant fait son retour en masse et la série prend un tournant dark. Très dark. Très très dark. Au point qu’on passe d’une série de SF à une satyre sur la guerre, une critique massive de l’Amérique d’aujourd’hui. Les innocents finissent par terre, les utopistes trahissent leurs idéaux, les militaires sont débordés par le pouvoir. La guerre fait rage, dans le sang, les tripes et la douleur. Et la série assène parfois des retournements de situation qui font passer ses personnages pour des crétins tant elle veut démontrer l’horreur de la guerre. C’est clairement too much mais finalement assez fascinant : à trop vouloir bien faire et aller dans le sens de ses spectateurs, Revolution se ramasse à nouveau la gueule.

Reste le dernier épisode. Bien ficelé, il est enthousiasmant tout du long et donne une certaine idée de ce que pourrait êtrela série si elle arrivait à maintenir ce niveau de qualité en permanence. Et vu comme le cliffhanger est sympathique, je vais lui laisser sa chance pour la saison deux. Mais Eric Kripke, si tu m’entends, tu n’a pas intérêt à me décevoir à nouveau…

Final Score : 7/10

Loin d’être une catastrophe, Revolution déçoit plus que d’autres séries car son pitch et son univers de départ sont particulièrement excitants et que le show n’arrive jamais à être à la hauteur… sauf dans le dernier épisode. Vous pouvez à la limite regarder le pilote, sauter à l’épisode douze et regardez la deuxième partie de la série, assez déconcertante par sa noirceur…

 

Allez, rendez vous la semaine prochaine pour faire le point sur DEUX semaines de nouveautés et de départs !

(et pour les fans, sachez que la troisième saison de Teen Wolf a démarré et qu’elle est pour l’instant particulièrement géniale !)

 

Si on a été plutôt bien servi question nouveautés cette semaine, force est de constater que les séries qui nous ont quitté ne laisseront pas un souvenir impérissable… quand elles ne se sont pas tout simplement vautrées dans la facilité déconcertante. Le point, donc, sur six séries qui ne feront pas de vieux os dans notre mémoire.

wpc 56 WPC 56

A tout seigneur tout honneur – non, ne cherchez pas, ça ne veut rien dire, je ne savais juste pas comment commencer cette critique – et débutons donc en beauté avec une nouvelle production BBC diffusée cinq soirs d’affilée, en l’occurrence WPC 56, qui s’intéresse à Gina Dawson, la première femme à rejoindre les rangs des forces de police en 1956. Attention, il ne s’agit en rien d’un personnage historique mais bel et bien d’une pure invention / trouvaille scénaristique pour traiter du sujet des femmes dans des métiers d’homme, où la misogynie règne en force.

L’actrice est mignonne (allez hop, on commence par une remarque limite sexiste), la réalisation tire profit du talent des anglais pour les shows historiques, et les dialogues sont plutôt soignés, mais il faut bien avouer que l’intrigue générale qui gouverne ces cinq épisodes est loin d’être franchement convaincante. En gros, il y a deux fils tirés en parallèle, une enquête sur un cadavre d’enfant retrouvé dans une mine et une autre sur un violeur en série qui attaque des femmes blondes dans un parc. Il est rapidement évident que les deux intrigues vont se rejoindre et vous aurez sans doute résolu l’affaire bien avant les protagonistes principaux. Quant aux petites affaires bouclées qui viennent ponctuer les épisodes, elles ne sont pas non plus d’une grande originalité : pour sa première affaire, notre héroïne se voit confier la recherche d’une personne disparue… en fait un chien. Oui, on voit le truc venir à des kilomètres.

Fort heureusement, le show met en scène une galerie de personnages profonds et attachants, dont on suit les enjeux (familiaux, personnels ou de travail) avec un réel plaisir. Et surtout, la série ne se plante pas sur son principal sujet, les difficultés pour une femme d’être acceptée dans un métier dit d’homme, et met très bien en avant comment certains préceptes et idées préconçues de l’époque n’ont toujours pas disparu de nos jours. On reste donc sur un avis mi-figue mi-raisin, avec un show qui tape juste sur son sujet de prédilection mais qui se plante sur une grosse partie du reste…

Final Score : 6/10

Sympathique à regarder mais malheureusement très attendue, WPC 56 pourra vous tenir en haleine pendant ses cinq épisodes mais il est fort probable que vous aurez oublié son existence d’ici quelques mois… deception Deception

Non, je ne vais pas faire la blague pourrie à laquelle tout le monde s’attend vu le titre de cette série, mais il faut bien avouer que les auteurs l’ont cherché en nommant leur show Deception - qui ne veut absolument pas dire la même chose en anglais et en français. Il s’agit en effet d’une “tromperie” dans la langue de Shakespeare, titre plutôt adéquat donc quand on sait que la série nous raconte comment une jeune flic s’infiltre dans une famille de riches pour découvrir qui a tué leur fille, son ancienne meilleure amie.

Surfant ouvertement sur le succès de Revenge, NBC n’aura pas trouvé avec cette création de Liz Heldens (qui avait pourtant connu son heure de gloire sur Friday Night Lights) le prime time soap qu’il lui faut. Pas encore officiellement annulé, le show n’a clairement pas trouvé son public au vu de ses scores particulièrement décevant. Il faut dire que ce sont pas les acteurs de seconde zone ou la terrifiante réalisation qui pourra attirer qui que ce soit. Dommage pour Victor Garber et Tate Donovan, excellents sur d’autres séries, mais qui sont ici complètement à la ramasse. Au moins, comme ça, ils sont raccords avec un scénario capilotracté de haut vol, typique de ce genre de saga, où les méchants se révèlent gentils et où les personnages les plus sympathiques au début s’avèrent être de véritables enfoirés à la fin.

Le problème, c’est que pour qu’on puisse accrocher à ce genre de projet nettement vu et revu, il faut un personnage principal identifiant, aux enjeux et objectifs très forts : l’Emilie Thorne de Revenge  est en ce sens une parfaite réussite alors que la pauvre Johanna Locasto de Deception vous donnera, au mieux, envie de la baffer si elle arrive déjà à attirer votre attention. Et vous vous retrouverez vite à vous demander pourquoi diable vous devriez vous intéressez à son sort, croisant les doigts pour qu’elle se fasse assassiner à chaque fin d’épisode.

Final Score : 3/10

Déjà, il faut aimer le genre du prime time soap (de la saga, comme on dit par chez nous !) – mais là, franchement, c’est tellement mal foutu dès le départ que je vous met au défi de regarder tous les épisodes sans vous endormir. PLL 3 halloween Pretty Little Liars

C’est sans doute le plus grand plaisir coupable depuis trois ans : Pretty Little Liars est assurément un mauvais show, qui cumule les défauts (une réalisation antique, des comédiennes sacrément mauvaises, des scénarios totalement outranciers), mais la série ne se prend tellement pas au sérieux et se permet des rebondissements tellement ahurissant qu’elle en devient absolument géniale. Non, bon ok, pas géniale, mais très sympathique à regarder.

Pour cette troisième saison, on savait dès le début que ce n’est pas une seule personne qui se cache derrière le pseudonyme psychopathe et omniprésent A, mais toute une bande dont on va découvrir peu à peu différents membre. Se fendant d’un special Halloween en milieu de saison qui voit nos héroïnes persécutées dans un train lancé à fond, le show rebondit par la suite en s’amusant à détruire avec beaucoup d’acharnement le personnage de Spencer, l’intello de base qui va carrément finir en asile psychiatrique. Et puis, comme chaque année, il y a le cliffhanger de fin, une fois de plus sublime. Vivement le mois de juin, que la saison 4 démarre !

Final Score : 0/10 ou 3/10

Le voici le plaisir coupable qui mérite son beau 0/10, rendant du coup la série hautement indispensable. Il faut bien avouer que le genre de délire dans lequel est entré PLL (pour les intimes) ne se retrouve absolument nulle part ailleurs, même pas quand le même network (ABC Family) tente de copier la recette avec une autre série inspirée elle aussi par des livres de la même romancière ! PLL est unique et c’est pour ça qu’on l’aime – ou qu’on s’en contrefiche. workaholics Workaholics

Assurément l’une des comédies les plus débiles (et revendiquée comme telle) de la télé américaine, Workaholics vient d’achever sa troisième année sur un tel succès que Comedy Central a d’ores-et-déjà commandé une quatrième et une cinquième saison ! Mais alors comment expliquer l’engouement général pour les aventures de ces trois crétins de télémarketteurs qui vivent en colocation et dont les deux obsessions principales sont les filles et la drogue ?

Il faut déjà reconnaître aux quatre créateurs (Blake Anderson, Adam DeVine et Anders Holm – sans oublier Kyle Newacheck  sans doute moins connu car il incarne un beaucoup plus petit rôle que les trois autres) qu’ils ne se laissent pas impressionner facilement et ne reculent devant rien pour la blague. Le monde de l’entreprise en prend pour son grade, la série démontrant un peu plus à chaque fois comment un job stupide peut rendre encore plus stupide la personne censée le faire. C’est que nos quatre chers comiques revendiquent une idée pas très américaine : le droit à la paresse, à ne pas être extraordinaire, et à ne surtout pas en vouloir “plus”. Se contenter de ce qu’on a et d’en profiter, voilà donc le leitmotiv au coeur de ces ahurissantes aventures à l’humour souvent très dégueulasse. Ceux qui ne seront pas rebutés par des kilos de vomi, les sandwichs au sperme ou autre réplique qui vise clairement sous la ceinture, pourront découvrir quelques scènes vraiment touchantes lorsque nos héros se retrouvent sur le toit de leur maison, au coucher du soleil, pour parler de la vie… et vider un pack de bières avant de tenter une énième connerie.

Final Score : 7/10

Assurément pas indispensable, Workaholics est en tous cas une très sympathique comédie qui profite de l’espace de liberté offert par Comedy Central pour repousser au maximum les barrières du bon goût. Vous l’aurez compris, on n’est pas dans une vieille sitcom à maman, mais bien dans de la joyeuse régression. Newsreaders Adult Swim Newsreaders

Parodie d’émission de news imaginée par les créateurs des formidables Children’s Hospital et NTSF:SD:SUV::, Newsreaders propose donc à chaque épisode une enquête totalement délirante (par exemple un camp de scouts clairement organisé comme un camp de concentration…) et quelques commentaires sur la vie de Skip Reming – un vieux républicain excessif – mais qui ne sont clairement pas le point fort du programme. Comme d’habitude pour ce genre d’émission, l’intérêt varie fortement si le sujet du jour vous fait rire ou non. Mais reconnaissons une certaine qualité générale et un sens du rythme qui rend le programme très agréable à regarder. Rien de plus, rien de moins.

Final Score : 7/10

Très amusante mais pour le coup totalement dispensable, NewsReaders est une série courte (13 minutes) suffisamment amusante pour que vous puissiez y jeter un oeil. Girls season 2 poster resolutions Girls

Mais quel est le problème avec Girls ? La première saison avait marqué par son traitement réaliste et original de quatre personnages féminins en nette rupture avec l’image surannée des femmes (à l’époque) modernes de Sex and the City. Les garçons, eux, en prenaient pour leur grade avec une (petite) galerie de stéréotypes peu crédibles mais assez amusants pour qu’on accepte de les suivre. Au final, Girls première saison arrivait à manier avec talent des intrigues légères avec des dialogues percutants et un sens du réalisme assez déconcertant mais très appréciable.

Le souci, c’est que dès le début de cette deuxième saison, les clichés et travers évités auparavant viennent s’accumuler en force. Le meilleur ami gay, le petit copain noir aux idées politiques différentes (inséré de force dans la série pour répondre à la polémique selon laquelle le show ne met en scène que des blancs), le geek devenu un king, l’éternel gamin qui ne s’en sort pas, et surtout l’ineffable bad guy dont l’héroïne est amoureuse : en avant les effets racoleurs et les vieilles idées préconçues reprises par les magazines féminins pseudo-moderne ! Girls fait le tour d’horizon de tout ce dont elle avait réussi à s’éloigner pour plonger avec un manque évident d’autocritique dans la facilité décevante.

Reste, pendant un temps, des dialogues savoureux et quelques situations de comédie hautement jouissive. Mais Dunham et Appatow, qui en ont donc fini avec l’humour, décident de nous arracher des larmes sur les deux derniers épisodes, révélant les TOC de l’héroïne dans une suite de séquences indigestes et mal foutues. Les trajectoires des autres personnages s’obscurcissent soudainement sans que l’on comprenne où les deux auteurs veulent en venir, révélant au final l’effroyable gouffre de non-sens et d’absence totale de thématique dans lequel la série a sombré.

La troisième saison, déjà commandée, pourra-t-elle sauver les meubles ? Il faudra pour cela que les créateurs tout-puissants acceptent enfin qu’ils peuvent avoir tort et se planter. Du coup, c’est pas gagné.

Final Score : 4/10

Autrefois réjouissante et farfelue, doublée d’une étude de moeurs particulièrement réussi sur quatre jeunes femme ayant la vingtaine, Girls sombre cette année dans tous les clichés de la série auteurisante racoleuse qui ne se rend pas compte qu’elle reproduit le schéma qu’elle avait élégamment dépassé. Plus qu’une déception, un massacre.

 

Rendez vous d’ici quelques jours pour faire le point sur toute une plâtrée de sitcoms qui nous quittent !

Il y a des semaines, comme ça, où tout se passe bien. Questions nouveautés, on a eut de quoi vraiment se faire plaisir à se mettre sous les yeux après une première moitié de saison pas franchement excitante. Alors quelles sont ces petites perles qui risquent peut-être de nous décevoir d’ici quelques mois ? C’est le bilan de la semaine spécial nouveautés !

Meet_the_cast_of_Youngers

Youngers 

Première nouveauté de la semaine, Youngers nous vient tout droit d’Angleterre où elle est diffusée sur la chaîne E4, pas forcément réputée pour la qualité de ses productions mais qui a au moins le mérite d’offrir des programmes assez rentre-dedans aux ados. Youngers fait donc partie de ce genre assez particulier et nous conte les aventures d’une bande d’ados (presque des jeunes adultes) qui vont tout faire pour devenir le prochain hit musical.

Si ce pilote semble avoir été écrit, réalisé et joué avec beaucoup de sincérité et de cœur, difficile cependant de s’attacher à ces destins un peu trop stéréotypés ou du moins largement déjà vus dans la télé anglaise. Que ce soit la vision de la banlieue de Londres, les personnages qui oscillent autour des héros, ou tout simplement le traitement de l’intrigue, rien ne viendra bousculer vos attentes – alors que c’est justement ce que la série voudrait faire.

Reste à voir si l’ascension dans le monde de la musique va se révéler intéressante ou être tout aussi clichée que le reste. Le sujet est difficile à traiter et peut vite tourner au désastre. On va croiser les doigts pour les adolescents d’Angleterre, mais j’ai comme un gros gros doute…

 in the flesh

In the Flesh 

Autre nouveauté venue d’Angleterre, In the Flesh s’avère par contre une très sympathique surprise. Les zombies ont donc enfin envahi la BBC 3 et le twist promis par la chaîne depuis qu’elle communique sur le show s’avère – pour l’instant – à la hauteur.

A savoir qu’on ne parle pas, dans la série, de zombies, mais de Partially Deceased Syndrome : oui, les zombies sont considérés comme des êtres humains souffrant d’une maladie ! Sur cette idée amusante, les auteurs tissent la trajectoire de Kieren, ado-zombie en voie de guérison, qui est renvoyé vivre dans sa famille. Et la, problème numéro un : sa sœur, à laquelle il tient énormément, fait partie de l’armée de défense des humains. Problème numéro deux : sa famille vit toujours à Roarton, le village où les “anti-zombies” sont encore nombreux et n’hésitent pas à les éliminer sans autre forme de procès.

Scénario intelligent souligné par une réalisation séduisante et intelligente : difficile de ne pas être séduit par ce pilote qui cumule les bonnes idées et sait provoquer quelques émotions fortes. Malheureusement, refroidi récemment par les bons démarrages et les chutes désespérantes d’Utopia ou Black Mirror, je ne peux m’empêcher de craindre que In the Flesh ne finisse par être tout autant décevante. Il faut bien avouer qu’au terme de ce pilote, on ne voit pas encore vraiment où les auteurs veulent en venir : ils ont posé un univers très intéressant et des personnages qu’on apprécie de suivre, mais il manque encore un élément capital pour nous lancer dans une trajectoire.

L’espoir fait vire, espérons qu’on ne terminera pas zombifié.

 Bates motel montage

Bates Motel

Et les bonnes surprises se cumulent cette semaine : alors qu’on s’attendait à une bouse assez informe, la courageuse (ou profiteuse selon les avis) Bates Motel se révèle être une relecture (plus qu’une simple prequel) particulièrement intéressante des origines de Norman Bates, le célèbre tueur de Psycho.

Réactualisé à notre époque, le pilote nous présente donc la relation hyper dérangeante mais délicieusement angoissante entre Norman et sa mère qui, après que le père soit décédé, tente de refaire sa vie et achète un motel. Toute la réussite du projet tient au scénario qui réussit à être simultanément surprenant et extrêmement bien ficelé. Chaque scène est magistralement structurée et les dialogues sont précis comme des lames de rasoir. Bref, à ce niveau c’est l’une des meilleures réussites vue depuis longtemps.

La réalisation et les acteurs, par contre, ne sont pas particulièrement au top. On sent le jeune Freddie Highmore encore un peu effrayé par son rôle, alors que Vera Farmiga, qui joue sa mère, en fait un peu trop pour être crédible. De quoi sapper le bon travail du scénario ? Définitivement pas : malgré ces quelques “légéretés”, le plus important, c’est-à-dire l’ambiance, est bel et bien au rendez-vous.

Formidable succès d’Audimat, on ne peut qu’espérer que Bates Motel se révèle au fil des épisodes toujours à la hauteur de ce pilote qui donne vraiment envie de voir la suite. Si vous n’avez pas trop l’âme sensible, vous devez définitivement y jeter un œil.

 top of the lake

Top of the Lake

Et on continue avec les bonnes surprises avec l’excellente (du moins pour les deux premiers épisodes diffusés) Top of the Lake, coproduction anglaise, américaine et surtout australienne, menée de main de maître par Gerard Lee et surtout Jane Campion dont la touche inimitable se retrouve à absolument tous les niveaux.

Ca pourrait être une sorte de The Killing bis car ça parle essentiellement d’une flic qui enquête sur une gamine qui s’est retrouvée enceinte avant de disparaître, mais Top of the Lake se révèle totalement différent que ce soit dans la manière de raconter l’histoire, dans les personnages, l’univers, etc. Instantanément fascinant, le show fait montre d’une réalisation époustouflante et totalement en accord avec son sujet, ainsi que d’un scénario au rythme totalement maîtrisé et aux personnages intrigants. Réussite magistrale, ces deux premiers épisodes laissent présager du meilleur pour la suite. Vivement mardi prochain !

 twisted promo

Twisted (Special Presentation)

Et on terminera sur une plutôt bonne surprise – vu le genre de programme dont il s’agit – avec une présentation spéciale du pilote de Twisted, série qui ne démarrera réellement que vers le mois de Juin – et qui a bien failli ne jamais voir le jour suite à la fusillade de Sandy Hook. Diffusée sur ABC Family, elle aura la rude tache de confirmer l’intérêt du public de la chaîne pour ses shows gentillets et paranoïaques, aux mystères qui défient tellement l’entendement qu’on se contrefiche de les résoudre.

Nous voici donc avec la rigolote Jo dont l’enfance a été traumatisée lorsque son meilleur ami, Desai, a étranglé sa tante avec une corde à sauter rouge. Libéré de prison, celui-ci débarque dans son collège où tout le monde le traite de psycho. Jo lui en veut – à cause de tout ça, c’est une outcast et elle a perdu son autre meilleure amie – mais va finir peu à peu par le comprendre. Et quand une adolescente va mourir – après avoir envoyé un texto à Desai dans lequel elle lui dit qu’elle sait pourquoi il a tué sa tante – Jo va prendre la défense de son ami, alors que c’est son propre père, un flic, qui vient l’arrêter. Et je vous parle même pas du climax de ce pilote qui rend le tout encore un poil plus compliqué.

Dans la droite lignée des productions ABC Family, le show est assez moche – on sent que le budget est réduit mais c’est surtout que le network insiste toujours autant pour mettre sa touche pas franchement glorieuse – et les comédiens sont au mieux efficaces, au pire catastrophiques. C’est grave docteur ? Non, pas vraiment, car l’intérêt se trouve justement dans cette image de série B dérisoire qui ne se prend pas vraiment au sérieux et accumule les rebondissements pour mieux combler les précipices qui tiennent place de psychologie de personnages. Très amusant, donc, mais totalement anecdotique.

 

Rendez vous d’ici quelques jours pour faire le point sur les séries qui nous ont quitté cette semaine – et on vous dira enfin tout sur la deuxième saison de Girls !

Beaucoup de départs cette semaine et une seule nouveauté (toute pourrie !) : le temps des adieux a bel et bien commencé.

Mr. Selfridge poster

Mr Selfridge (saison 1)  

Adapté d’une bonne biographie sur l’extravagant Harry Gordon Selfridge, créateur des grands magasins qui portent toujours son nom, Mr Selfridge est donc un show historique dont la première saison s’intéresse principalement à la manière dont l’entrepreneur américain va changer la face du shopping à Londres grâce à ses idées novatrices.

Très classique dans sa réalisation – qui reste tout à fait impeccable mais ne prend absolument jamais de risque – et tout aussi réussi, mais tout autant frileux, dans son casting, le show aurait pu manquer le coche avec des scénarios dont les intrigues secondaires amoureuses ont déjà été vues dans toutes les autres séries historiques anglaises. Fort heureusement, il y a Selfridge, magnifique personne principal à la trajectoire percutante, intrigante et fondamentalement originale.

Tous ceux qui se sont un tant soit peu intéressé à l’Angleterre du début du XXème siècle y trouveront leur compte tant les références à  (et parfois carrément les interventions) des personnages et des évènements importants de l’époque viennent cadencer le rythme implacable du show. On découvre ainsi Sir Arthur Conan Doyle qui vient faire une séance mystique, le démarrage du mouvement des suffragettes ou encore, carrément, la venue du roi Eward VII.

Je ne sais absolument pas ce qui est crédible au niveau historique, mais il est sûr que le show n’a pas sacrifié ses thématiques, son rythme, sa dramaturgie générale au profit de la réalité. On se laisse donc facilement embarquer dans cette magistrale fresque dont le dernier épisode pourrait arracher des larmes aux plus cyniques d’entre nous.

ITV a depuis confirmé que la série reviendrait pour une deuxième saison, et il faut avouer qu’on a bien hâte de retrouver ce charmant mr Selfridge…

Final Score : 8/10 

Très classique dans la forme, mais malgré tout très réussie, Mr Selfridge trouve son originalité et ses réelles qualités dans le personnage principale haut en couleur et sa trajectoire fascinante. Une sympathique réussite.

 Shetland

Shetland (mini, mais vraiment mini série) 

Toute petite mini-série (seulement deux épisodes), Shetland est adaptée du roman Red Bones d’Anne Cleeves, apparemment très connu en Angleterre. Petit cours de géographie pour commencer à comprendre le truc, les îles Shetland forment un archipel de l’écosse, situé au nord-est de l’Angleterre. Traduction : il s’agit d’un coin hautement paumé, sans grand magasin, avec une connexion internet pourrie, un accent à couper au couteau, et surtout des paysages magnifiques qui justifient à eux seuls de regarder cette mini-série.

S’intéressera-t-on pour autant à cette étrange histoire autour du meurtre d’une vieille dame qui avait autorisé des fouilles archéologiques sur son terrain ? Il faut bien l’avouer, ce n’est pas le rythme – franchement mou – ni l’enquête – définitivement trop complexe pour être traitée en moins de deux heures – qui vont entraîner le spectateur.

Mais tous ceux pour qui la forme prime sur le fond doivent absolument y jeter un œil. La réalisation est assez sublime, les acteurs sont excellents (et les personnages franchement originaux) et l’ambiance générale délicieusement envoûtante. Le seul souci étant de résister au sommeil qui vient alors délicatement nous chercher devant notre écran.

Final Score : 7/10 

Les îles Shetland ne peuvent pas rêver meilleur publicité pour attirer des visiteurs. La télé anglaise pouvait par contre rêver d’un meilleur polar…

 the lying game

Lying Game, the (saison 2)  

Si vous êtes vraiment fan de Profit et que vous ne voulez pas vous brûler les yeux (et si vous avez en plus réussi à faire l’impasse sur Heroes), alors ne regardez surtout pas The Lying Game, dans lequel le héros de votre adolescence, Adrian Pasdar, incarne un papa vraiment très vilain et manipulateur mais pas si méchant que ça finalement…

Ok, revenons en arrière deux minutes. Forte du succès de Pretty Little Liars, la chaîne ABC Family décide, il y a deux ans, de lancer un autre show basé sur une série de romans signés par Sara Shepard. L’aventure est confié à Charles Pratt Jr, un vieux de la vieille dont vous avez forcément vu le nom passer sur un générique (Beverly Hills, Melrose Place, Ugly Betty, etc.)

Nous voici donc lancé à suivre les aventures de Sutton et Emma, deux jumelles séparées à la naissance, qui se retrouvent et décident de partir à la recherche de leur mère naturelle. Et puis comme il faut quand même qu’il y ait un petit twist, rapidement Emma va prendre la place de Sutton au sein de sa famille qui ne se rend compte de rien. Ce qui est tout de même assez surprenant, Emma étant une sainte-nitouche exaspérante et Sutton une mini pouffe assumée.

Cette deuxième saison tire toujours les fils d’un secret tellement complexe qu’on n’y comprend absolument plus rien, mais dont en toute sincérité on se contrefiche totalement. Des meurtres, des révélations fracassantes, mais surtout des histoires d’amour viennent scander ces terrifiants dix épisodes qui vous paraîtront en durer une cinquantaine.

Final Score : 4/10 

Incroyable mais vrai : on pouvait faire plus moche et moins bien joué que Pretty Little Liars ! Mais en plus, là où PLL s’avère assez drôle et jouissive, The Lying Game s’avère pompeuse et ennuyante. Zappez messieurs dames, zappez.

 banshee

Banshee (saison 1)  

Une fois tous les deux ou trois ans, une nouvelle série débarque de nulle part et pose les jalons d’un genre qui sera par la suite recopié à outrance. C’est un peu le cas avec Banshee, série noire, très noire, à l’ambiance “européenne” pour les américains, c’est-à-dire sans concession sur la noirceur des personnages.

Diffusées sur Cinemax, les aventures de cet ancien voleur / arnaqueur qui se fait passer pour le nouveau shérif d’une petite ville nommée Banshee en laisseront plus d’un sur le carreau au cours des premiers épisodes. Il faut dire que si la réalisation est assez réussie (et surtout totalement en accord avec son genre), la gueule de l’acteur principal (Antony Starr, aussi expressif que la cellule de prison dont sort son personnage) fait un peu peur et surtout le scénario part absolument dans tous les sens sans qu’on arrive à déterminer de quoi il s’agit réellement.

Et là, toute la dichotomie de Banshee s’installe. Entre séquences nerveuses et angoissantes (notamment sur l’étrange communauté amish qui entoure la ville), et baston dégueulasse rappelant ouvertement des catastrophes telles que le Transporteur (les films, heureusement, et pas la série !), le show plonge régulièrement son spectateur dans la consternation la plus totale avant de le réveiller avec un coup de fouet qu’il n’oubliera pas de si tôt.

Et une fois l’univers installé (compter trois épisodes sur les dix), les auteurs peuvent commencer à s’amuser mettre en branle leur train lancé à trois cent kilomètres/heure vers un mur de brique. Totalement outrancière, l’intrigue se permet des pétages de plomb hallucinant à travers des retournements de situation aussi fin qu’une découpe de carcasse de porc à la hache. Les délires vont jusqu’à proposer plus de trente minutes de baston (et il s’agit d’une seule et même baston) dans l’antépénultième épisode et le pire c’est qu’on reste complètement scotché !

Le seul vrai reproche qu’on pourrait faire à ce pot pourri de roman noir reste le bout d’intrigue sur les indiens et le nouveau casino, définitivement pas traité à la hauteur de ce qu’il méritait. Mais pour ceux qui apprécient de voir des méchants russes se foutre sur la gueule, des gunfights qui se terminent au bazooka, et des familles dérangées et dérangeantes, il y a vraiment de quoi s’amuser.

Et on sait qu’on fait face à un programme génial quand, après avoir vu les toutes dernières minutes de cette première saison (celles après le générique de fin), on a envie de voir la suite. Tout de suite. Maintenant. Sinon je fais tout péter.

Final Score : 8/10 

Rigoureusement inutile et donc totalement indispensable, Banshee ne ressemble à rien de ce qui est diffusé actuellement et mérite donc tout notre respect rien que pour ça. Âmes sensibles s’abstenir, fans de romans noirs jetez vous dessus.

(et oui, j’ai réussi à parler de Banshee sans citer Alan Ball, qui n’officie en réalité sur la série qu’en tant que très lointain executive producer…)

 young_justice_invasion

Young Justice : Invasion (saison 2)  

C’était le dessin animé de super-héros le plus fun de sa génération. Young Justice : Invasion a réussi le paris de faire du feuilletonnant sur vingt épisodes, de raconter une belle saga faisant intervenir un nombre incalculable de personnages et qu’on comprenne tout ; bref de ne pas prendre ses spectateurs pour des ahuris ou des gamins de trois ans incapables réfléchir.

Pas toujours réussie dans sa réalisation et son animation, la série s’en sort donc haut la main question scénario – même pour les plus réfractaires à l’univers DC. Malheureusement, l’Audimat n’a pas été totalement au rendez-vous et on sait que le show est d’ores-et-déjà annulé. Mais est-ce pour le remplacer totalement ou donner un autre nom à sa suite, le mystère reste entier !

Final Score : 8/10 

Assurément l’un des meilleurs dessins animés pour ados vu depuis longtemps, Young Justice : Invasion prouve qu’on peut raconter une saga même quand celle-ci est diffusée le samedi matin !

 the-mimic-channel-4

The Mimic (nouveauté - UK)  

Je dois l’avouer, je n’ai rien compris à The Mimic. Non pas que l’intrigue soit compliquée, elle tient sur une serviette en papier (un homme qui a un métier pourri et cache en réalité un immense talent d’imitateur apprend qu’il pourrait être le père d’un adolescent…), mais je ne vois pas comment quelqu’un a pu se dire : hey, et si on faisait une série sur un imitateur, ça plait ça les imitateurs ?

Alors autant vous dire que nous, en France, on est totalement largué vu qu’on ne connaît aucune des voix que le monsieur imite. Quant à l’intrigue en elle-même, qui se conclue alors que le monsieur imite son patron sur un haut parleur pour l’humilier face à toute sa boite, elle est foutrement ridicule. Bref, la nouvelle sitcom de Channel 4 a bien du mal à passer. La suite saura-t-elle nous convaincre ? Rien n’est moins sûr…

 

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour une pléthore de nouveautés dont la très intrigante série de Jane Campion…

C’est une révolution et elle risque bien de changer la donne pour la télé US : Revolution, la série, fait un carton d’audimat sur les supports additionnels, culminant à près de cinq millions de spectateur de plus par semaine. Idem pour Elementary, avec trois millions et demi de spectateurs en plus, ou encore pour Vegas avec presque trois millions, alors que ces deux séries ne s’en sortent pas si bien lors de leur diffusion originale. On dirait bien que cette année, le succès ne se fait plus uniquement à la télé…

Au rayon des retours de nos chères séries, on pouvait noter cette semaine celui de la décérébrée Level Up, qui fait plus de mal aux jeux vidéo que tous les articles que les Cahiers du Cinéma ont pu leur consacrer. La sitcom Happy Endings revient nous amuser avec son lot de pseudo-Friends décalés et résolument XXIème siècle. Enfin, on retrouvait avec le sourire avec la si magnifiquement nommée Don’t trust the b**** in appartment 23 qui s’amusait avec deux guests d’exception en plus de James Van der Beek toujours dans son propre rôle.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle aura partagée le public cette première série de la BBC America. Avec Copper, la chaîne s’offrait un cop-show historique, la série s’intéressant à un jeune flic de New York… en 1864. Les problèmes sont assez nombreux : des ambitions démesurées en comparaison d’un budget plutôt riquiqui, quelques acteurs un peu trop excessifs, des personnages assez caricaturaux dans leurs différents rôles (la brute, le médecin légiste, le vrai-faux truand) et surtout l’impression très vite que le show n’est qu’un cop-show de plus, avec ses enquêtes qui se finissent à chaque épisode. Ce serait oublier le feuilletonnant tout en finesse au début (sans doute beaucoup trop puisqu’on ne le ressent quasiment plus) qui s’avère franchement convaincant dans les derniers épisodes, notamment lorsqu’il s’intéresse à la politique, au devoir, et à la vengeance. Et puis Copper présente au moins un personnage d’exception, celui de la petite Annie, interprétée avec un talent inouï pour son âge par la (très) jeune Kiara Glasco. On attendait sans doute mieux de ce bon vieux Tom Fontana, show-runner et scénariste de génie, mais ceux qui sauront pardonner les errances du milieu de la série se souviendront longtemps de toute la deuxième partie de la série, avec ses intrigues délirantes et ses rebondissements franchement malins.

Final Score : 07/10

Ceux qui détestent les séries policières se détourneront bien vite de Copper, malgré son démarrage très réussi et à cause de sa suite moins concluante. Dommage, car ils vont passer à côté des vraies qualités d’une série franchement originale et déroutantes, surtout dans sa deuxième partie.

On attendait franchement pas beaucoup de Alphas, l’année dernière, nouvelle itération post-Heroes sur des personnes qui se découvrent des super pouvoirs dans un monde trop humain. Syfy avait su surprendre avec une série franchement intelligente et particulièrement maligne dans sa manière de gérer son petit budget tout en restant une vraie série fantastique. Cette saison deux s’ouvrait sur une grosse déception, les scénaristes ne tardant pas à trouver une feinte pour sérieusement diminuer l’impact du cliffhanger précédent – l’humanité ne sera donc pas au courant très longtemps que des Alphas traînent parmi elle, ou du moins elle s’en moque complètement. La suite s’est progressivement avérée de plus en plus convaincante, notamment par la mise en place et l’exploitation du duo entre le “chef des gentils” et le “chef des méchants” qui n’est pas sans rappeler l’opposition entre Xavier et Magnéto de chez les X-Men. Les personnages gagnent en profondeur, la noirceur gagne peu à peu une série un peu trop colorée auparavant, et surtout les scénarios révèlent quelques perles d’inventivité qui resteront dans les anales. Alphas reste donc la vraie-fausse série de super-héros la plus convaincante à ce jour, enfonçant un peu plus dans les oubliettes un Heroes qui ne lui arrive pas à la cheville.

Final Score : 07/10

Mené par un scénario intelligent et très malin quant au budget de la série, Alphas confirme dans cette saison deux son titre d’excellente série fantastique. Mais tous ceux que les super-héros insupportent auront bien du mal à adhérer même le temps d’un épisode…

Ce qui est amusant avec Switched at Birth, c’est de voir à quel point la série vend mal son concept. Certes, les deux héroïnes adolescentes ont bien été échangées à la naissance, mais cela ne sert tout au plus que de minime fil rouge au show, le sujet étant de toute manière assez vite traité (il n’y a pas non plus des masses à dire dessus.) En réalité, le programme créé par Lizzi Weiss pour ABC Family s’intéresse beaucoup plus profondément au problème de la surdité et surtout l’impact que cet handicap peut avoir lorsqu’une famille se retrouve à devoir vivre avec une adolescente qui en est atteinte. Plutôt touchante dans sa manière de traiter le sujet, n’hésitant par exemple pas une seconde à faire de longues séquences en langage des signes sous-titré, le show se retrouve malheureusement sacrément handicapé par les mêmes problèmes que la plupart des séries ABC Family, à savoir un budget plutôt minable – et donc une réalisation et une production value en conséquence – ainsi qu’une sacro sainte volonté de parler à toute la famille et donc à éviter certains sujets polémiques ou seulement les effleurer (le père génétique de la petite brune étant un sans papier, on aurait pu s’attendre à ce que son problème soit traité… mais il est vite réglé d’un coup de mariage magique !) La série tient cependant plutôt bien la route le long de ses trente épisodes et elle peut même se recommander chaudement pour les spectateurs les plus jeunes (les collégiens devraient pouvoir accrocher.)

Final Score : 05/10

Switched at Birth est une petite série, mais qui tente de faire bien les choses. Les plus jeunes ados apprécieront, ceux qui s’intéressent aux problèmes liés à l’handicape de la surdité aussi, mais les autres auront bien du mal à dépasser une réalisation catastrophique et un fil rouge mou du genou.

Pas la peine de s’épancher longuement sur World Without End, la pseudo-suite de The Pillars of the Earth, deux romans de Ken Follett adaptés en mini-série. En effet, malgré le changement d’équipe, c’est un peu on prend les mêmes et on recommence ! En clair, les fans d’histoire anglaise se régaleront et les autres bailleront à plusieurs reprises face à cette vaste fresque quelque peu fatigante dans sa volonté d’exhaustivité. Le gros souci reste les personnages auxquels on a bien du mal à s’accrocher (il faut dire qu’il y en a presque plus que dans Game of Thrones !) Après, il faut bien avouer qu’il y a un réel regard sur l’époque, un discours plutôt malin sur le pouvoir de la religion, sur les sacrifices à faire pour la liberté, ou encore tout simplement sur l’amour (celui entre un homme et une femme comme celui entre un parent et un enfant) mais attention, ce n’est pas joué dans la finesse !

Final Score : 06/10

World Without End est intéressante à bien des égards, notamment sur sa manière d’appréhender l’Histoire, mais le tout ne sera pas réputé pour sa grande finesse… Une série lourde, terriblement lourde, mais malgré tout attachante pour qui saura faire le tri dans la masse infernale de personnages à l’écran.

Mockingbird Lane, la seule nouveauté de la semaine n’en est pas vraiment une pour deux raisons. La première c’est que la série n’existera (sans doute) jamais et que NBC a juste décidé de diffuser le pilote pour Halloween (la chaîne se garde le droit de commander une saison selon les rapports officiels, mais officieusement c’est cuit pour tout le monde.) La seconde, c’est qu’il s’agit d’une réinvention du sitcom The Munsters, concurrent dans les années 60 de The Adams Family, et jouant sur le même terrain : l’horreur comique. Nous voici donc avec une famille dont la seule personne à peu près normale est la charmante Marilyn, entourée du papa à la monstre de Frankenstein, de la maman sorcière ? vampire ? reine des araignées ?, du grand-père qui se transforme en goule et du petit garçon qui découvre qu’il est un loup garou. On pouvait sincèrement s’inquiéter du passage du 26 minutes au 52, mais c’était sans compte sur le talent de Bryan Fuller, entre autre créateur de Dead Like Me ou Pushing Daisies, qui sait créer des univers colorés et joue d’un humour corrosif souvent méchant et toujours très fin. Ce pilote rappelle forcément les bonnes heures de Tim Burton (celui d’il y a vingt ans…) et donne vraiment envie de voir la suite – ne serait-ce que pour savoir ce que les auteurs ont bien pu imaginer dans cet univers complètement barré. Alors si à Halloween vous vous retrouvez en manque de film, ou si vous avez 42 minutes à tuer en attendant vos invités, n’hésitez pas, vous allez vous payez une bonne tranche de rire.

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour parler des dix séries qu’il faut regarder en ce moment !

La fin de la saison arrive à grand pas et les présentations des nouvelles séries qui viendront défiler sur nos écrans dans quelques semaines s’enchaînent sans discontinuer. Mais ne nous emballons pas pour autant et continuons le bilan d’un été qui aura été particulièrement plus convaincant que la saison peu réjouissante qu’il conclue.

Pour sa première création originale, autant dire que BBC America a mis les petits plats dans les grands avec Copper, cop show situé à New York… en 1864. Avec Barry Levinson à la production et surtout le grand Tom Fontanna en guise de show-runner, on pouvait s’attendre à du lourd, du très très lourd. Et on était encore bien loin du compte. Servi par une réalisation sublime et une production design aux petits oignons, le show peut de plus compter sur un scénario (du moins dans ce pilote) des plus réjouissants. Extrêmement bien construit, il nous fait découvrir cette bande de flic d’une autre époque, confronté à la réalité d’une Amérique en pleine guerre de sécession, où la pauvreté et la lutte des classes conduit à d’effrayants faits divers. Brillant, tout simplement.

L’autre nouveauté de la semaine n’en est pas vraiment une puisqu’il s’agit d’une adaptation d’une célèbre série anglaise à la sauce MTV, The Inbetweeners. La chaîne musicale n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle nous avait déjà proposé une version revue et corrigée de la première saison de Skins, qui était indéniablement d’une très grande qualité mais qui n’a pas su trouver son public. Avec cette comédie sur quatre adolescents en quête de sexe et d’alcool, MTV ne cherche une fois de plus pas du tout à édulcorer le projet initial mais bien à l’adapter à l’imagerie et aux codes de vie US. Le pilote est franchement très amusant quoi qu’assez peu original, et les jeunes acteurs se débrouillent franchement bien dans leurs rôles taillés à la serpe. Amusant, mais j’attends de voir la suite pour me faire un vrai avis (d’autant plus que je sais que les fans de version anglaise sont tous particulièrement hystériques dès qu’ils en parlent !)

Le premier départ de la semaine, c’est celui de la précédemment très controversée Falling Skies. Produite par tonton Spielberg (qui n’aura à côté connu que des échecs cuisants), ce show sur des résistants humains après une invasion extra-terrestre n’avait franchement pas convaincu lors de sa première saison plutôt lourde et poussive, mais qui s’améliorait dans les tous derniers épisodes. La saison deux s’avère bien meilleure, notamment parce qu’elle renoue avec un thème cher à Steven, l’enfance, l’adolescence, le passage à l’âge adulte. Ainsi, ces dix nouveaux épisodes posent-ils beaucoup de questions autour de l’enfance, que ce soit par les ados “possédés” par les extra-terrestre qui en font leurs esclaves comme ceux qui servent dans la résistance et qui apprennent trop tôt à faire des cartons avec des armes à feu. Les adultes sont aussi beaucoup plus fins (Noah Wilde ne fait plus sans arrêt des références historiques…) alors que l’univers se développe et gagne en crédibilité. Quant au final, ces fameuses cinq dernières minutes qu’on nous vend depuis un moment, je dois bien avouer que je ne les avais pas vu venir… mais je me demande comment ça va bien pouvoir faire rebondir la série l’année prochaine !

Final Score : 4/5

Falling Skies ne conviendra définitivement pas à tout le monde, et nombreux sont les déçus de la première saison qui ne lui laisseront pas sa chance. C’est dommage, car ces dix nouveaux épisodes oscille entre le moyen/bon et le franchement excellent, et posent un regard très intéressant sur la place de l’enfance en temps de guerre.

Attendue comme LA série politique de l’année et sans doute comme l’une des meilleures séries de l’été, Political Animals avait sérieusement la pression avant même la diffusion de son pilote. Menée par une Sigourney Weaver apparemment en pleine forme, la série de Greg Berlanti, qui avait déjà officié dans la politique avec Jack & Bobby, n’a malheureusement pas réussi à atteindre ses attentes. Sans être mauvais, le show reste bien trop ancré sur les rouages d’une famille à la dérive et ne rentre pas assez dans les magouilles politisantes pour arriver à convaincre. Le scénario reste toujours en surface, effleurant des sujets graves et passionnants pour laisser de la place à la sempiternelle histoire du jeune gay dépressif, de la femme trophée anorexique ou de l’idéaliste qui va trahir sa famille. La seule surprise vient du personnage du père, fondamentalement inspiré par Bill Clinton (et c’est l’ensemble de la série qui cherche à décoder le clan de l’ancien président sans jamais prononcer son nom), personnage mémorable et franchement rare. Quant à la partie sur les journalistes, elle reste là encore très gentillette même si elle rentre un peu plus dans le nerf de la guerre – mais on a tout de même l’impression que les auteurs se trompent de sujet lorsqu’ils opposent le “vrai” journalisme et l’alignement des dépêches sur twitter.

Final Score : 3.5/5

La note est rude, mais à l’image de la déception suscité par la série après l’attente qui avait été générée. Political Animals est une très intéressante série sur la famille, elle l’est beaucoup moins au niveau de la politique. Dommage, mais peut-être que la saison deux saura trouver le juste milieu. La PLUS GROSSE SURPRISE de cet été, et même de cette année, c’est Bunheads, la nouvelle série d’Amy Sherman-Palladino, créatrice de la cultissime Gilmore Girls, sur laquelle elle a officié pendant les bonnes années. L’histoire, vous allez vous en rendre compte, n’a pas grand chose pour retenir notre attention : une danseuse de cabaret à Las Vegas en a marre de rater ses auditions, elle décide d’accepter la demande en mariage d’un mec qui est fou amoureux d’elle, elle va vivre chez lui dans une petite ville des Etats-Unis, découvre qu’il vit chez sa mère, que cette mère tient une école de danse, et là bam, le mec meurt dans un accident de voiture. En parallèle, on va suivre quatre ados danseuses dans leur découverte des premiers émois amoureux. Avec une réalisation franchement légère et surtout des moyens plus que serré, la série ne fait pas non plus dans le visuel accrocheur. En clair, Bunheads avait tout pour passer totalement inaperçue… Mais c’était sans compter sur le talent des actrices d’une part (mention spéciale à la plus grande – en taille – des gamines qui est particulièrement à l’aise dans son rôle), mais aussi aux talents de scénaristes de toute la bande à Amy Sherman-Palladino. Situations cultes, répliques implacables, et une vraie connaissance de la structure du gag : Bunheads est assurément l’un des shows les plus drôles du moment. Pour le côté tragique, on se référera aux dernières minutes de cette première saison, avec quelque chose de très rare : une blague vraiment drôle qui simultanément, de part sa signification, fera couler vos larmes. Bien joué.

Final Score : 4.5/5

Raaaaahhhh ! Si seulement Bunheads ne passait pas sur ABC Family, si seulement elle avait un budget digne de ce nom, si seulement la production pouvait faire de la vraie production value, bref si Bunheads était agréable à regarder, elle serait juste un immanquable. A cause de ça et de son sujet (une école de ballet), vous allez être nombreux à vous décourager dès le pilote. Dommage, car voici l’une des séries les mieux écrites depuis fort longtemps, et l’un des plus beaux season finale que j’ai jamais vu. Merci Amy.

RAAAAHHH, il n’y a rien de plus énervant q’un season finale loupé par rapport au reste de la série ! C’est le cas avec Suits qui avait fait un véritable sans faute tout au long de la première partie de cette saison deux (une suite ayant vite été commandée vu le succès. Casting impeccable, réalisation imparable, mais surtout des scénarios de haute volée, et un sens du rythme qui fait qu’on ne s’ennuyait jamais : le show avait tout pour atteindre la note parfaite, pour être ma principale recommandation de l’année. Mais voilà, les choses s’effondrent dans les dix dernières minutes, alors que les auteurs font tout pour conclure tous les fils d’intrigues qu’on aurait préféré laisser dans leur complexité. L’ultime séquence est juste archi déjà-vue et laisse sur un sentiment franchement amer. Comme quoi, un chef d’oeuvre, ça se tient jusqu’au bout. Fail.

Final Score : 4.5/5

A deux doigts d’être la série de l’année, Suits se ramasse sur un season finale de grand-père particulièrement décevant. Faut-il pour autant se passer de l’un des shows les plus classe, intelligent et beau de ces dernières années ? A vous de voir.Que dire aujourd’hui sur la sixième saison de Burn Notice ? Si vous n’avez pas suivi depuis le début, vous ne risquez pas de vous lancer dans la sixième saison de cette série d’espionnage. Pour les autres, il faut savoir qu’il s’agit, à mon sens, de la saison à partir de laquelle on voit que la série vieillit et qu’elle cherche à rentrer dans son âge adulte. Moins fun et décalée que les autres, cette saison s’attachent à des problématiques beaucoup plus dures et va chercher encore plus loin dans la psychologie des différents personnages. On retrouve toujours la petite voix off de Michael et ses conseils d’espionnage fort amusants, mais le reste est clairement marqué par une ambiance beaucoup plus sombre que précédemment. Le chant du cygne a déjà commencé.

Final Score : 4/5 (uniquement pour les fans)

Qu’on se le dise, cette sixième saison est uniquement à destination des fans de la première heure – ne pensez pas découvrir la saison en démarrant maintenant ou vous allez être particulièrement déçu. Plus sombre et plus mature, cette première partie de saison annonce clairement que c’est bientôt la fin. Ce serait donc dommage pour les fans de s’en priver !

Allez, rendez vous la semaine prochaine pour parler des dernières séries qui tirent leur révérence avant la rentrée !

Cette semaine, la résolution du meurtre de Rosie Larsen s’est fait tirer la bourre par un groupe de jeunes filles pendant qu’on s’assassinait à tour de bras chez les Borgias. Bref, c’était la dernière semaine de transition avant que tous les programmes de l’été ne se mettent en place. Et l’occasion de découvrir que les acteurs québécois commencent à envahir les programmes US…

Au rayon des petites news, on notera la fin du duo Nurse Jackie & The Big C qui ne semble pas plus avoir enchanté la critique que le public. Les deux séries seraient-elles fatiguées ? A vous de me le dire… On ne regrettera pas, en revanche, le départ de l’ultra-timorée The Client List qui voyait Jennifer Love Hewitt interpréter une prostituée capable de résoudre les problèmes de tous les couples en crise (sans même avoir à coucher avec ses clients !), ou de l’effroyable How to be a Gentleman, sitcom purement honteuse dont la chaîne se débarrassait des derniers épisodes dans la case maudite du samedi soir.

C’est plutôt du côté des retours qu’il y avait quelques bonnes surprises. On passera sur The Exes, qui malgré son lot d’acteurs sympathiques, s’avère être une sitcom lourdingue et peu drôle, et on se penchera du côté de Wilfred, l’homme chien qui parle à Frodon (tout un concept !) A noter aussi le retour de Futurama, qu’on ne présente plus, ainsi que de Falling Skies, la série présentant de fiers américains luttant pour survivre après une invasion extra-terrestre. La première saison était franchement décevante, la deuxième démarre assez fort pour nous y faire croire à nouveau…

Aie aie aie ! Difficile d’être convaincu par la première nouveauté de la semaine, Hollywood Heights. Bon, il faut préciser qu’il s’agit d’un programme un peu particulier, non seulement car c’est une des très rares séries live à être diffusée sur Nickelodeon (dans la partie Nick at Nite), chaîne autrement spécialisée dans les programmes pour enfants ; mais aussi car il s’agit d’un soap, d’un vrai – comprendre par là qu’à la différence de Dallas ou Desperate Housewives, Hollywood Heights est diffusée tous les soirs de la semaine, pour un totale de 90 épisodes pour cette première saison. C’est donc plus à rapprocher d’une sorte de Plus Belle la Vie à Hollywood, ou même – pour les connaisseurs – à une vraie telenovela (la série est d’ailleurs adaptée d’une d’entre elles.) Le gros, gros, gros problème d’Hollywood Heights est qu’il est totalement impossible de s’identifier à l’un des personnages. Entre le chanteur beau-gosse mais con comme la lune, l’acteur dépravé (ah ben si, il met de la vodka dans son jus d’orange), la top model en pleine crise amoureuse, la blondasse stupide qui fait rien qu’à dire à son père que d’abord elle fait ce qu’elle veut, ou encore les deux héroïnes qui forment le tandem classique de l’hystéro sans talent qui accompagne la jeune fille sage super douée, on fait face à une galerie de clichés, d’archétypes préhistoriques, mais pas à de vrais personnages en plusieurs dimensions. Du coup, autant vous l’avouer, je n’ai pas eu le courage de regarder plus loin que le premier épisode. Il faut dire que, comme pour tous les vrais soaps, le programme ne peut pas trop compter sur sa réalisation sans le sou ou ses scénarios ultra bavards pour tenter de rattraper le coup. Nickelodeon joue beaucoup en programmant ce show d’un autre genre, tente une expérience culottée… mais malheureusement de mon côté, je dirai simplement stop.

La deuxième nouveauté de la semaine n’a en réalité pas grand chose de nouveau. Avec The Soul Man, Cedric the Entertainer, célèbre acteur de comédie black, propose une sitcom à l’ancienne, extrêmement communautariste et au final franchement désespérante. Fallait-il en attendre plus d’un spin-off de Hot in Cleveland, autre sitcom diffusée sur TV Land, et qui ne fera rire que… heu… non je trouve pas. L’histoire de ce chanteur de R’n’B qui devient pasteur et qui découvre que c’est dur parfois mais heureusement toute sa famille est là pour l’entourer – barfff, ça y est je me suis endormi. Oui, bon, à l’extrême limite, y a des scènes de gospel pour ceux qui adoreraient vraiment ça… mais franchement…

Ok, ok, c’est vrai, on avait bien envie de se moquer de la troisième (et dernière) nouveauté de la semaine. Il faut dire qu’avec son titre très culcul, Baby Daddy ne laissait pas espérer grand chose, d’autant plus qu’il s’agit d’une sitcom pour ABC Family, chaîne pas vraiment spécialisée dans ce format ou alors plutôt propice à nous vendre des programmes franchement pas folichon (si vous avez le courage, jetez un oeil à Melissa and Joey pour comprendre.) Première surprise : on retrouve dans le rôle principal Jean-Luc Bilodeau, un acteur québécois qui a déjà à son actif une série diffusée sur les ondes US puisqu’il interprétait le rôle du petit frère dans Kyle XY. Jean-Luc nous faisait déjà rire à l’époque et il faut avouer qu’il fait preuve d’un certain talent pour la comédie lors de ce pilote. C’est aussi l’occasion de retrouver Chelsea Kane, sympathique petite actrice qui a surtout fait des seconds rôles dans des séries Disney et a apporté une touche de méchanceté dans la dernière saison de One Tree Hill. Alors certes, impossible de ne pas la comparer à Kaley Cuoco de The Big Bang Theory tant leurs rôles sont – en apparence – proche, mais la petite Chelsea s’en sort finalement pas si mal.

Non seulement contente d’avoir des acteurs investis et franchement à la hauteur, Baby Daddy raconte aussi une histoire plutôt touchante, celle d’un jeune homme qui découvre un beau matin qu’il est papa alors que la mère de sa petite fille lui abandonne le bébé sur le pas de sa porte. Ça pourrait être lourd et poussif, tirer la larme facile, ça la joue au final plutôt Jude Apatow, avec ses qualités et ses faiblesses. Ainsi, l’interminable scène où le héros tente de faire manger sa fille est assez inutile, mais la mise en place des différentes relations entre tous les personnages s’avère plutôt sensible et maligne. Au final, ce pilote s’avère franchement réussi et, si on le compare aux autres pilotes de sitcom lancées ces dernières années, fait partie du très haut du panier. Mais comme avec toutes les sitcoms, c’est sur la durée que Baby Daddy doit prouver son intérêt. En tous cas, moi, je lui souhaite bonne chance.

Ah là là, on s’est bien étripé chez les Borgias cette année ! Coucheries, manipulations, trahisons, meurtres, complots politiques et grosses batailles rangées font toujours le charme de cette série historique dans la droite lignée des Tudors (il s’agit d’ailleurs de quasiment la même équipe aux manettes, à l’exception notable du showrunner.) Si Jérémy Irons se montre toujours autant en demi teinte dans le rôle du pape Rodrigo Borgia, la petite Holliday Grainger s’affirme nettement en Lucrecia (nul doute qu’elle va faire tourner les têtes après la série), tout comme François Arnaud (Cesare), un petit québécois (un autre donc !) qui fait son bout de chemin. Mais la palme revient indubitablement à l’excellent Michel Muller, terrifiant et dégueulasse Charles VIII absolument génial. Au niveau du scénario et de la réalisation, la série reste dans la droite lignée des bases posées l’année dernière – ce n’est donc pas forcément exceptionnel mais le tout reste d’un bon niveau. Bref, les amoureux de programmes historiques pourront se régaler, ainsi que tous ceux qui apprécient les histoires de quête du pouvoir.

Final Score : 4/5

Honnête jusqu’au bout des ongles, The Borgias ne révolutionnera pas la télé mais offre un programme suffisamment de qualité pour enchanter tous ceux qui se laisseront embarquer par cette famille franchement particulière !

S’il y en a qui ont secoué l’Amérique dans le paysage audiovisuel ces derniers temps, c’est bien les filles de Girls, et notamment Lena Dunham, nouvelle it-girl du scénario qui vole ainsi la place de Diablo Cody. En France, les critiques sur la série sont pour l’instant plus mitigée. Pourquoi ? Il me semble que tout est une question de cible. Si, en France, on cherche à produire des programmes qui parlent au plus grand nombre, qui peuvent rassembler un maximum de personnes, les américains, eux, misent depuis longtemps sur une segmentation du public et cherchent à toucher en priorité une certaine cible. Girls en est, à mon avis, une figure exemplaire : si la plupart des filles de vingt à trente ans que je connais se sont senties immédiatement touchées par la série, les garçons restent plus dubitatif, tout comme les tranches d’âge supérieures qui ne semblent pas se reconnaître dans la série. Il faut dire que si les quatre héroïnes principales sont plutôt bien conçues et réfléchies, les personnages secondaires – en particulier les garçons – sont franchement taillés à la serpe et ont bien du mal à sortir des stéréotypes dans lesquels Lena Dunham semble les ranger (le gay, l’artiste incompris, le bouffon de service, le gentil garçon en crise bad guy.) Les scénarios eux-mêmes regorgent de trouvailles, de scènes franchement réussies, de dialogues percutants, mais le tout ne s’inscrit quasiment jamais dans une quelconque dramaturgie ce qui, certes, donne une impression de réalisme, mais laisse sur le bord de la route toutes celles et ceux qui ne se font pas uniquement embarquer par les personnages. Soyons clair malgré tout : Girls reste une très bonne série, magnifiée par une réalisation et une mise en scène quasiment toujours parfaite. Pour sa cible, elle sera immanquable, pour les autres elle nécessitera certainement plus d’effort pour aller jusqu’au bout.

Final Score : 5/5 pour la cible (les filles de 18 à 35 ans je pense !), 3.5/5 pour les autres.

Girls est, à mon sens, un pur produit de cible qui atteint totalement ses objectifs, toucher les jeunes femmes. Mais sa protagoniste principale plutôt insupportable et ses scénarios mou de la structure viendront sabrer le bonheur des autres. Tout est là, à mon sens : êtes-vous touché par le personnage de Lena Dunham ? Si oui, vous serez conquis, sinon il vous restera quand même une série magnifiquement réalisée et quelques scènes de comédie absolument jouissive.

La question n’est plus de savoir si le “remake” est aussi bon que l’originale danoise : cette version US de The Killing se pose comme étant – de loin – la meilleure série de cette année. Cette deuxième saison, qui creuse plus en avant dans les complexités politiques de la ville, garde toutes les qualités de la première, à savoir une réalisation irréprochable, des acteurs excellents, et surtout des personnages terriblement attachants et complexes qui font tout le sel de la série. Car si la découverte du meurtrier de Rosie Larsen reste la question centrale, c’est bien la trajectoire des différents protagonistes qui est véritablement hypnotique. Ainsi, même lorsque les scénaristes se permettent une sortie de route d’un épisode pendant lequel l’enquête n’avance absolument pas, on ne se sent pas du tout lésé car l’évolution des personnages, elle, est bien réelle. Plus une plongée dans l’âme humaine qu’une spectaculaire enquête policière, The Killing pose sans cesse la question non pas du meutrier mais bien de notre potentiel au mal, de la capacité de chacun à tomber dans les pires travers. Et s’offre, dans le tour de force final, une extatique réponse qui fait froid dans le dos.

Final Score : 5/5, voir un peu plus.

Absolument implacable, cette deuxième saison de The Killing fait de la série un évènement immanquable, avec une étude de personnages la plus riche vue depuis fort longtemps. Sachant toujours rester simple et accessible, le show prend le risque de ne pas chercher l’innovation ou la différence et s’appuie simplement sur des scénarios excellemment construits, une mise en scène et des comédiens formidables. Alors qu’on ne sait toujours pas si AMC va commander une troisième saison, on peut se tourner vers la version danoise dont la deuxième saison proposait une nouvelle enquête, alors que la troisième – elle aussi sur une autre affaire – va bientôt démarrer. Et si vous n’avez pas encore vu l’incroyable voyage de Murielle Enos et Joel Kinnaman, je vous laisse tranquille pour 26 épisodes qui risquent de vous marquer pour longtemps.

Allez, à la semaine prochaine, avec le retour très attendu de la série la plus AWKWARDDDD….

Pour le coup, cette quarantième semaine de la saison 2011/2012 marque vraiment l’entrée dans les programmes estivaux. On dit donc encore au-revoir à quelques séries, mais on en accueille de nouvelles, on en retrouve d’autres, et on vit même l’incroyable résurrection d’un univers impitoyable. Une bien belle semaine en perspective !

Du côté des news rapidos, on sait que cette semaine va faire de la peine à beaucoup d’entre vous puisqu’elle signe la fin de la cinquième saison de Mad Men. Pas vu, pas pris, j’essaierai peut-être de la rattraper au cours de l’été vu les louanges que tout mon entourage ne cesse d’allouer à la série. Du côté de chez HBO on en profite pour ressortir le gros canon qu’est Alan Ball avec la cinquième saison de True Blood dont tout le monde espère qu’elle sera bien meilleure que la précédente, apparemment catastrophique. Je me suis remis à cette série qui ne m’avait jamais vraiment enthousiasmé et je dois avouer… que je n’ai pas encore vraiment changé d’avis. La fin de la première saison est franchement mauvaise, le début de la deuxième peu convaincant. On verra bien. ABC Family nous propose de retrouver les ados de The Secret Life of the American Teenager pour une cinquième saison (décidément), alors que la quatrième s’est achevée… la semaine dernière ! Merci pour l’offre, mais franchement on s’en passera… Pour retrouver le sourire on se tournera donc chez USA avec la sixième saison de Burn Notice, série d’espionnage apparemment bas de plafond mais en réalité absolument jouissive, ainsi que la très remarquable Suits, legal show intelligent et original… et fier de l’être.

On ouvre les adieux avec la fin de la première fournée d’épisodes de Veep, dont HBO a d’ores-et-déjà commandé une deuxième saison. Comédie satyrique sur le monde de la politique, filmé selon les codes du cinéma-vérité, Veep conte les mésaventures de Sélina Meyer, la vice présidente des Etats-Unis. Pour vous la faire courte, la série est dirigée par Armando Lanucci qui a déjà produit le même genre de programme en Angleterre, avec énormément de succès. Du coup, j’avais bien envie de voir pourquoi le sieur était autant encensé… mais pour tout vous dire, je ne comprends pas. Je ne comprends pas la série, je ne comprends pas les personnages, je ne comprends pas si tout ceci est comique ou désespérant (la série flirte en permanence entre un mode comédie et un mode sérieux). J’ai essayé, j’ai tout regardé, mais même à la fin du huitième épisode je me suis encore senti totalement en dehors du show. Comme s’il était réservé à une sorte d’élite de la satyre politique qui aurait oublié de nous inviter dans leur monde. Dommage, il y a là un énorme potentiel, et des comédiens (Julia Louis-Freyfus en tête) absolument fabuleux.

Final Score : 2/5

En nous laissant à la porte, en ne nous emmenant pas avec ses personnages, Veep manque totalement le coche malgré de nombreuses qualités. On reste devant le show comme deux ronds de flanc, à ne pas comprendre ce qu’on nous a raconté. Dommage – mais peut-être que c’est juste le genre de série auquel je n’accroche pas !

Elle nous a aussi dit au-revoir (et attend encore de savoir si elle reviendra nous voir l’année prochaine), c’est la sympathique Sarah Shahi, aka Kate Reed de Fairly Legal. Pour sa deuxième saison, la série ne change pas une formule gagnante, à savoir du legal show (quasiment) sans avocat en passant par le prisme d’une médiateur qui essaie d’arranger les choses pour que tout le monde soit content. Si les intrigues bouclées dans chaque épisode sont l’occasion de nombreux moments de bravoure et de sympathiques piques de comédie, c’est bien le feuilletonnant, qui développe d’avantage des personnages autrefois un peu artificiels, qui fait toute la saveur du show. En refusant de traiter avec facilité la tumultueuse vie amoureuse de l’héroïne qui a bien du mal à savoir ce qu’elle veut, la série trouve un souffle romantique de qualité, quelque chose qu’on n’avait pas vu depuis un sacré moment. Dommage, cependant, que le personnage de Léo (pourtant le plus réussi) passe quelque peu à la trappe, et que la réalisation peine encore à se trouver une identité.

Final Score : 3.5/5

Sans doute l’un des legal shows les plus sympathiques du moment, Fairly Legal brille par sa simplicité d’exécution, sa finesse dans le traitement des histoires d’amour et le dynamisme de son actrice principale. Reste un show qui ne changera pas la face de la terre et qui s’assume en tant que sympathique petit divertissement.

Dernier départ de la semaine, le dessin animé qui va réveiller l’enfant qui est en vous (enfin si vous êtes né au début des années 80), la version 2011 des Thundercats (ou les Cosmocats chez nous). L’occasion trop belle de retrouver Lion-O (Starlion), Snarf, Tygra, Panthro, Cheetara (Felibelle) dans leur lutte contre le terrible Mumm-Ra, sorte de momie bien dégueulasse qui a du en faire cauchemarder plus d’un !  On sent les créateurs très inspiré par le modèle japonais, et ils n’hésitent pas à créer une grande aventure feuilletonnante sur 25 épisodes qui se conclue de façon magistrale avec une ultime pirouette qu’on aurait bien eu du mal à voir venir. Convaincant dans le fond comme dans la forme (l’animation est tout à fait à la hauteur), ce reboot de la franchise ravira forcément les grands enfants, les ados, et tous ceux qui ont encore l’âme à crier THUNDER-OOO !!!

Final Score : 4.5/5

C’est franchement une belle réussite que nous propose Cartoon Network avec ce reboot des Thundercats. Et peu importe que tout cela serve un plan mercantile pour vendre des jouets, la série est faite avec un amour certain et une volonté affichée de ne pas décevoir le public. En tout cas, moi, je suis conquis.

Chez ABC Family aussi on sort les gros canons pour fidéliser son public d’été. Avec Amy Sherman-Palladino (la créatrice de Gilmore Girls, série pour ado ayant marquée la critique américaine) aux manettes, Bunheads s’offre un déluge de bons commentaires de la part de la presse spécialisée… américaine. Car il faut bien avouer que, si on reconnait la qualité des dialogues et un ton assez surprenant, l’histoire de cette ancienne ballerine, reconvertie en showgirl à Las Vegas, qui plaque tout pour épouser un homme (qu’elle n’aime pas) et se retrouver dans une petite ville où elle va apprendre le ballet à des jeunes filles avec sa belle-mère, cette histoire donc n’est pas franchement fascinante et risque de déboucher rapidement sur des situations vue mille fois et un feuilletonnant des plus ridicules. Et puis il ne faut pas oublier cette réalisation désuète (on sent qu’on est chez ABC Family et que les moyens sont très restreints) et ces comédiens peu convaincants, qui en font des caisses pour montrer l’ampleur de leur registre d’émotions. Bref, malgré quelques répliques bien senties et, il est vrai, une manière d’aborder les relations sentimentales plutôt juste, honnête et originale, Bunheads ressemble à un radeau perdu en pleine mer qui ne sait définitivement pas où aller pour s’en sortir.

Chez Disney XD, la version plus âgée de Disney Channel, on nous propose une sympathique petite nouveauté avec Gravity Falls, dessin animé ultra dynamique sur deux gamins envoyés chez leur oncle étrange par leurs parents. Ils se retrouvent donc dans la fameuse ville de Gravity Falls où le garçon ne tarde pas à découvrir un vieux journal lui révélant que la région est envahie de créatures étranges, tandis que sa soeur cherche désespérément l’amour dans les bras de tous les garçons qui passent à ses côtés ! Très drôle, très pêchu et doté d’un mini feuilletonnant dont on attend de voir où il va nous mener après ce pilote, ce dessin animé au look très marqué (comme toutes les créations originales de la chaîne) s’avère pour l’instant une vraie petite réussite, un pur petit moment de bonheur absolument hilarant !

C’est du côté de l’Angleterre et de la chaîne BBC 3 que nous vient le programme le plus décalé de la semaine avec Dead Boss, sitcom limite cartoon dans laquelle une femme se retrouve en prison, accusée du meurtre de son patron, crime qu’elle n’a bien entendu pas commis. Au delà de l’enquête pour trouver le réel coupable, qui ne semble pas plus que ça intéresser les auteurs, c’est bien la galerie de personnages loufoques mis en scène qui est le point fort de ce show déjanté dans lequel les situations improbables ne cessent de se succéder. On pourrait craindre que la série ne tombe dans un absurde lassant, mais au terme de ses deux premiers épisodes elle réussit à poser les bases d’un univers malgré tout cohérent et irrésistiblement drôle. Très, très, très anglais mais ceux qui apprécient ce genre d’humour devrait instantanément tomber sous le charme (d’autant plus que c’est l’occasion de retrouver l’incroyable Jennifer Saunders en directrice de prison absolument impayable)…

On terminera sur la série qui a fait le plus couler d’encre, cette semaine, aux Etats-Unis comme en France : je parle bien entendu du retour de Dallas, car ce n’est ni un reboot, ni un remake, mais bel et bien une suite vingt-et-un an plus tard (si on fait abstraction des deux téléfilms de la fin des années 90.) Avec plus de six millions de spectateurs au compteur, le show est une réussite en terme d’audience, mais tout cela est-il bien justifié ? Et bien la réponse est un OUI franc et massif tant les deux épisodes qui ont été diffusés m’ont enchanté. Cynthia Cidre, nouvelle show-runner du programme, connait clairement toutes les ficelles du prime-time soap et sait ménager des retournements de situations et des surprises qui, même lorsqu’ils ne sont pas crédibles, sont tellement jouissifs qu’on les accepte quand même. Et puis Dallas 2012, c’est aussi la revanche des vieux, c’est le troisième âge qui fait de la résistance et prouve qu’on peut s’intéresser à des papis croulants quand ils ont la gueule de Larry Hagman (incroyable JR), de Patrick Duffy (fatigué, mais heureux de retrouver la bonne conscience de Bobby) ou encore de Linda Grey sorte de version plastifiée de Sue Ellen. C’est fun, drôle, plutôt bien réalisé, ça ne se prend pas au sérieux, bref c’est ce qu’on peut faire de mieux en prime-time soap. Après, si vous n’aimez pas le genre…

C’est tout – et c’est déjà pas mal ! – pour cette semaine, on se retrouve lundi prochain pour, entre autre, résoudre le mystère de la mort de Rosie Larson !

Ça n’arrive pas qu’en France : hier soir, la chaîne ABC Family a sacrifié la très mauvaise State Of Georgia en l’abandonnant aux rares vautours capables de s’enfiler quatre épisodes d’affilée, soit près de deux heures de Raven… Après les séries françaises diffusées très discrètement le samedi soir par paquet de trois épisodes (pour ne surtout pas établir un rendez vous avec le spectateur mais financer un “coût de case” assez peu concret), les networks américains auraient donc trouvé le moyen de tuer leurs programmes qui ne marchent pas sans passer pour des ordures aux yeux des fans : on diffuse tout, mais le plus vite possible. Allez, hop, à la poubelle !

Sur une notre nettement plus réjouissante, l’avant dernier épisode de Franklin & Bash, série judiciaire se portant volontiers à la comédie, réunissait deux légendes des séries pour ados. D’un côté Mark Paul Gooselaar, le Zack Morris début 90′s de Saved by the bell, de l’autre James van der Beek, le Dawson fin 90′s de Dawson’s Creeck. Deux figures mythiques de ma jeunesse (un peu tardive) qui plongent dans la comédie pour faire oublier qu’ils ont pris un sacré coup de vieux !