Tag Archive: Awkward


Coucou toi, oui , toi qui fuit le Noel et les élucubrations bruyantes des enfants pour chercher fébrilement sur ton PC une série à regarder histoire de faire passer au plus vite ces terrifiantes fêtes de fin d’année ! Pour toi (et toi seulement) on s’est dépêché de regarder la fin de pas moins de dix séries pour te donner des idées de choses à regarder. Ne me remercie pas, c’est mon cadeau à moi.

comedy bang bang - season 2COMEDY BANG ! BANG ! (saison 2)

Faux talk-show mais vraie comédie d’une vingtaine de minutes, Comedy Bang Bang ! s’affirme avec cette deuxième saison comme l’un des programmes les plus drôles diffusé sur la télé US. Il faut dire que les deux créateurs, Scott Aukermann et Reggie Watts, rivalisent d’idées surprenantes pour toujours prendre le spectateur de court. Pour exemple, cette fausse toute première émission qui n’a jamais été mise à l’antenne ; la fois où l’émission prend deux tournant totalement différents selon que Scott rate ou non son bus pour aller au studio d’enregistrement ; ou encore ce délicieux ripp-off d’un conte de Noel diffusé… en plein été. Drôle, dynamique, et jamais totalement creuse, voilà bien la série comique la plus étrange et totalement indispensable de la télé US. Couplée avec une bonne saison de Childrens Hospital et la 17ème de South Park, vous tenez des heures de barre de rire.

Final Score : 8/10

south park - season 17SOUTH PARK (saison 17)

Curieusement, ce n’est pas la pourtant très excellente trilogie sur Game of Thrones et la guerre des consoles (et le black friday !) que l’on retiendra de cette dix-septième saison de South Park, mais bel et bien la conclusion de son ultime épisode qui fait délicieusement froid dans le dos. Car plus que tout autre dessin animé à destination des adultes et des adolescents, South Park est tout aussi intelligente que drôle et pose des questions fondamentales sur la société d’aujourd’hui. Ce n’est pas juste un plaisir coupable, à regarder en douce loin des yeux et des oreilles chastes, mais un programme nécessaire, foutrement intelligent, et incroyablement en prise avec l’actualité. Bref, c’est bien simple, cette série devrait être obligatoire dès la seconde (la classe de lycée). Je te mettrai ça en épreuve du bac moi, si j’était président.

Final Score : 9/10

awkward - s3AWKWARD. (saison 3 / partie 2)

Dernière saison menée par la créatrice de la série (Lauren Lungerich), cette troisième fournée d’épisodes de Awkward. ne fut malheureusement pas forcément la plus convaincante. Il faut dire que le show pour ado diffusé sur MTV a déjà cassé quasiment tous les codes et taboux de ce genre de programme et il est tout naturel qu’elle peine maintenant à se renouveler. Faut-il pour autant se priver des mésaventures de Jenna Hamilton (la toujours aussi sympathique Ashley Rickards) et de sa voix off assassine ? Si les fans de la première heure seront forcément un peu déçu, il serait malgré tout dommage d’abandonner cette clique totalement surréaliste mais qui fait toujours face à des problèmes bien ancrés dans la réalité. Reste à savoir si la série pourra survivre au départ de sa showrunner et à la nouvelle direction que veut lui faire prendre MTV – car c’est bien pour cette raison que Lungerich a décidé d’abandonner le bébé…

Final Score : 7/10

witches of east end - s1 - promo posterWITCHES OF EAST END (saison 1)

Houlàlà dis donc, mais ça serait pas bien mauvais ça, Witches of East End ? Comme le laisse suggérer l’assez honteux jeu de mot de la tagline qui accompagne cette affiche, le show de Lifetime, adapté d’une série de romans déjà pas terrible, s’avère assez catastrophique. Non pas qu’il véhicule des idées dégueulasses ou qu’il soit moralement abject, mais tout simplement parce qu’il est aussi creux qu’un puits de pétrole vide (ou que les trous de l’Emmental.) Moche non seulement dans ses effets spéciaux mais aussi dans sa réalisation ou ses décors, la série “met en scène” (c’est un bien grand mot vu la réal du truc) une famille de sorcières au destin maudit, qui se réincarnent à chaque génération sans espoir pour leur avenir. Si cette idée de départ pouvait être amusante, les scénarios sont pourris par des intrigues sentimentales épouvantables, un fil d’enquête (sur un tueur qui peut changer d’apparence) absolument lamentable, et des dialogues particulièrement mous. Le tout est joué par des comédiennes qui soit ne savent pas ce qu’elles foutent là, soit en font des caisses pour prouver qu’elles savent jouer (ah Jenna Dewan-Tatum et sa poitrine opulente, qui joue presque aussi bien que son mari – je vous laisse deviner de qui il s’agit…) Non, franchement, on aura bien du mal à trouver quoi que ce soit à sauver dans ce programme à réserver à vos séances de sport : si voir ça, ne vous donne pas envie de courir loin, alors là je ne peux plus vous aider !

Final Score : 3/10

ripper street - s2RIPPER STREET (saison 2)

Je voulais l’aimer, moi, cette deuxième saison de Ripper Street, show anglais sur les bas-fond de Londres au début du XXième siècle. Malheureusement, je dois reconnaître qu’aucun épisode n’aura su retenir mon attention en entier… Serait-ce la durée (une bonne heure par épisode) qui est trop longue ? Le rythme un peu trop mou ? Ou tout simplement le fait que l’on n’arrive plus à s’attacher à ces personnages aux problèmes quelque peu déjà vu dans ce genre de programmes ? Catastrophe : le show manque de charisme, de punch, de passion et tombe dans tous les travers des séries policières historiques. On baille, on se gratte la tête, on lance une appli sur son téléphone… mais la vérité c’est qu’on ne regarde plus vraiment cette série qu’on avait pourtant vraiment apprécié l’année dernière. A réserver aux purs fans de Whitechapel.

Final Score : 5/10

mob city - s1 - autre posterMOB CITY (saison 1)

On est forcément un peu sous le charme de Mob City quand on s’intéresse à la création de Las Vegas ou à la pègre dans le Los Angeles des années 40. Traitement réaliste, scénarios qui ne cèdent jamais à la scène d’action facile, le show de Darabont touche juste… d’un point de vue historique. Car il faut bien avouer que le rythme plutôt mou et la réalisation pas forcément exceptionnelle viennent quelque peu plomber un projet pourtant particulièrement intéressant. Dommage, mais pas de quoi dégoûter les fans du genre. Bref, voilà six épisodes assez agréables à regarder mais qu’on aura tôt fait d’oublier après les fêtes. Maintenant, si vous n’avez vraiment plus rien à vous mettre sous la dent, n’hésitez pas…

Final Score : 7/10

Homeland - season 3HOMELAND (saison 3)

Cette troisième saison d’Homeland aura donc été celle de la rupture. Combien de personnes autour de moi ont lâché les aventures de Brody et Carrie cette année, dégoûté par le manque d’unité de la série et fatigué des rebondissements peu crédibles qui apparaissent au kilo ? Combien se sont moqués de cette scène catastrophique où Brody combat en trois semaines une addiction à l’héroïne… en courant avec ses copains les militaires américains ? Combien ont rigolé en voyant Claire Danes tout faire pour se retenir de pleurer pendant toute la saison, l’air d’avoir botoxé son menton pour qu’il arrête de bouger ? Et Mandy Patinkin qui s’inquiète de savoir où va le scénario et qui n’arrive plus à tenir un rôle qu’il a pourtant créer de toute pièces ? On passera sur les passages inutiles à propos de la famille de Brody, histoire de ne pas enfoncer le clou…

Oui, cette saison était catastrophique… et pourtant. Merde quoi, ce foutu dernier épisode. A l’inverse d’un the Killing qui plombait une saison magnifique avec un final ultra-décevant, Homeland plombe un épisode ultra-courageux par une saison de merde. Car peu de série ose aller autant au bout des choses que ce season finale sans concession, qui traîne des séquences insupportables pour amener un malaise… totalement délicieux. Le show retrouve tout son sens dans les dernières minutes et arrive à se (re)poser comme l’une des réflexions les plus intéressantes qui soit sur la paranoïa étatique et l’une des seules séries à questionner profondément le bien fondé des agences de renseignements. Mais merde, s’il faut pour cela se taper onze épisodes poubelle, qui ne savent pas quoi raconter ni où aller, c’est un peu cher payé.

Renouvelée pour une quatrième saison (officiellement, et les saisons 5 et 6 officieusement), le show doit maintenant prendre une nouvelle direction et saura peut-être retrouver sa qualité originale. Moralité : malgré tout le mal qu’on en a dit, on reviendra pour la suite.

Final Score : 6/10

Haven - S4HAVEN (saison 4)

Les années passent et Haven se maintient. Série fantastique diffusée sur Syfy, elle s’intéresse à l’histoire complexe d’une petite ville et de ses habitants, dont certains, surnommés Trouble, se retrouvent avec des pouvoirs qu’ils ne maîtrisent pas. Fuyant toutes les possibilités de tomber dans les schémas narratifs des comics de super-héros, cette adaptation très libre du Colorado Kid de Stephen King a su créer au fil du temps sa propre mythologie mais surtout son propre genre. Haven ne ressemble à rien d’autre qu’à elle-même et assume de manière libérée ses artifices, son budget riquiqui ou encore sa réalisation pas toujours formidable. Devenue une pure série de fans, qui ne s’adresse qu’à ses fans et qui se contrefout du reste, c’est l’un des shows les plus amusants qui soit… à condition d’avoir tout suivi depuis le début. Cette quatrième saison ravira donc les fans de la première heure avec son lot de révélations et de retournements de situation totalement inattendus – elle laissera sur le carreau tous les autres qui ne comprendront rien à ce délire où l’actrice principale semble incarner pas moins de trois personnages différents.

Final Score : 7/10 pour les fans ; 5/10 pour les autres.

the tunnelthe TUNNEL (saison 1)

Enième adaptation de Bron/Broen (soit “Le Pont”), cette version dont le titre a changé pour The Tunnel nous intéresse tout particulièrement car il s’agit d’une coproduction franco-anglaise. L’idée de départ repose sur un meurtre qui a lieu sur la frontière entre deux pays – du coup, il s’agit d’un pont pour le Danemark et la Suède ou pour les Etats-Unis et le Mexique… et du tunnel sous la Manche pour nous. Vous aimez les séries anglaises, mais vous avez peur du côté français ? Vous êtes saoulé par les productions Canal que vous trouvez trop racoleuse ? Vous n’êtes définitivement pas attiré par ce projet ? Et bien vous avez sans doute tort…

Parce que oui, the Tunnel s’avère être une belle réussite. Du côté des mauvais point, on peut noter quelques dialogues pas terrible, certains acteurs assez à côté de la plaque (et malheureusement c’est une nouvelle fois du côté français que ça craint – bien que la palme de l’échec revienne à l’acteur anglais qui joue le journaliste et dont je ne vais pas me casser les pieds à chercher le nom, il ne mérite pas !), et quelques épisodes à la réalisation douteuse. Mais c’est tout.

Et niveau points forts, le show se pose là. A commencer par Clémence Poesy qui fait la nique à Diane Kruger (pour la version US) et offre vraisemblablement la plus belle interprétation de ce rôle de femme flic autiste, qui va peu à peu s’ouvrir à une belle histoire d’amitié. Elle est soutenue par Stephen Dilliane, particulièrement inspiré, et délicieusement charismatique. Les scénarios se permettent quelques libertés plutôt intelligentes et arrivent à coller parfaitement à l’univers particulier de la France et de l’Angleterre. Bercé par des décors magnifiques, la série offre parfois une réalisation splendide et intelligente qui sait jouer avec les nerfs du spectateur.

Bon, que l’on s’entende bien : the Tunnel est loin d’être parfaite. Mais elle est basée sur une série policière assez bancale, dont certains points clés du scénario sont particulièrement tirés par les cheveux – et il faut reconnaître que cette version franco-anglaise tente comme elle peut de corriger le tir. Et si l’ensemble paraît au final un peu creux, un peu vain, il n’en demeure pas moins qu’on tient là une série policière foutrement bien foutue et intrigante. Et putain, ça fait du bien dans le PAF.

Final Score : 8/10

masters of sexMASTERS OF SEX (saison 1)

Si on doit encore vous dire que vous DEVEZ regarder Masters of Sex, alors là je vois pas ce qu’on peut faire pour vous. Assurément la meilleure série de ce premier trimestre de la saison 2013/2014, la série ne souffre que d’un final un peu mou du genou et dont on attendait un poil plus d’originalité. A part ça, nada. Les acteurs sont formidables, la réalisation irréprochable, et les scénarios vous vaudront beaucoup de discussions véhémentes avec vos amis – tout le monde a toujours quelque chose à reprocher à chaque épisode mais jamais le même truc… et finalement tout le monde adore la série. Donc, on va pas débattre des heures ici sur les micro-détails du scénario et juste vous dire de regarder la série. Comme ça, quand on se recroise, on pourra en parler pendant des heures !

Final Score : 9/10

 

Allez, on essaie de se retrouver pour la fin de l’année, et faire un vrai bilan de ce premier trimestre. En attendant, bon visionnage à tous et évitez les crises de foie.

Suite du bilan des deux semaines précédentes, ce post s’intéresse aujourd’hui aux séries qui viennent de filer hors de notre écran. Et on en profite pour répondre à la question qui brûle de nombreuses lèvres : le retour de Gillian Anderson est-il réussi ?

save me s1SAVE ME (saison 1 – série annulée)

On commence avec Save Me, petite sitcom diffusée sur NBC, relativement charcutée par une diffusion à la va-vite et une commande de seulement sept épisodes sur les treize prévus au départ. Il s’agit de l’histoire de Beth Harper (Anne Heche en toute petite forme), ancienne alcoolique bourrée de défauts, qui manque de s’étouffer avec un sandwich et se met à entendre la voix de Dieu après ce stupide accident. Du coup, elle change du tout au tout et va tenter de faire le bien autour d’elle tout en suivant les étranges préceptes de cette fameuse voix.

Le résultat est loin d’être probant. Certes, les scénarios sont assez surprenants et originaux mais l’humour a bien du mal à passer. C’est que les personnages sont relativement creux, manque cruellement de personnalité et de travers, et s’avèrent finalement aussi lisse que du papier glacé.  Incarnés par une brochette d’acteurs qui ne font que servir la soupe à Anne Heche, ils sont finalement peu crédibles et plombent les rares bonnes trouvailles de la série.

Du côté de la réalisation, c’est pas vraiment ça non plus. On est sur une sitcom à caméra unique, ce qui permet des décors variés et sensiblement plus réalistes, mais les plans choisis, la lumière mise en place, ou même le montage sont bien loin d’être convaincants. Tout ça sent la facilité, le programme boursouflé fait en quatrième vitesse pour boucher les trous d’une programmation NBC plus que défaillante cette année.

Final Score : 4/10

Il n’y a vraiment pas grand chose à retenir de ce Save Me vite vu, vite oublié. NBC ne tient toujours pas sa nouvelle grande sitcom !

awkward s3AWKWARD (saison 3 – première partie) 

L’autre sitcom qui se fait la malle (mais reviendra en septembre), c’est l’incroyable Awkward, qui fait les beaux jours de MTV avec ses scénarios grisants, son rythme implacable et surtout sa bande de jeunes comédiens absolument imparables. On suit donc encore les aventures de Jenna Hamilton, adolescente maladroite qui commence à être célèbre dans son lycée depuis qu’elle sort avec le beau gosse de service. Mais voilà, Jenna est une jeune femme compliquée, qui se pose toutes sortes de questions et qui ne peut définitivement pas rester dans ce statu quo. C’est parti pour dix épisodes absolument désopilant et particulièrement sensible dans leur traitement des troubles de l’adolescences. Avec son ton assumé (de nombreux bip viennent censurer des dialogues plutôt cash) et ses scénarios qui osent aller là où les autres séries pour ado ne vont pas, Awkward reste avec cette troisième saison une évidente réussite. Simplement génial.

Final Score : 9/10

Awkward est toujours aussi sympathique et réussie : c’est bien simple, il s’agit d’une des meilleures séries pour ado du moment. MTV a le vent en poupe en ce moment, et ça fait bien plaisir…

the borgias s3BORGIAS, the (saison 3)

Si vous n’en pouvez plus des séries historiques, alors c’est sûr les Borgias américains ne sont pas faits pour vous. Pourtant ce serait dommage de se priver de cette troisième saison de haute qualité, qui repose sur des événements majeurs et va au bout des thématiques posées sur les différents personnages. Quel ravissement de voir Lucrétia assumer sa soif de pouvoir et utiliser ses charmes pour obtenir ce qu’elle veut ; la lente reprise du Vatican par le pape est tout aussi passionnante ; et la manière dont Cesare prend les armes et créer son armée emballera n’importe quel spectateur. Ajoutez à tout cela la suite de l’étrange relation amoureuse entre Cesare et Lucretia et vous obtenez une saison indispensable au niveau du scénario.

Quel dommage alors que la réalisation ne soit pas aussi soignée que les histoires ! Toujours aussi limitée par un budget peu florissant, elle manque furieusement de bon sens et n’arrive pas à faire ressentir le côté épique de certaines batailles. Beaucoup plus à l’aise dans les scènes de sexe ou de séduction, ce n’est que dans ses moments là qu’elle arrive à pleinement convaincre (on se souviendra longtemps de la scène où Lucrétia couche avec son maris sous les yeux de son frère…)

Final Score : 7/10 (et 8/10 pour les fans d’histoire !)

Cette troisième saison des Borgias est l’aboutissement logique et attendu des deux premières. Les scénarios sont toujours aussi soignés mais la réalisation toujours aussi bancale. A recommander à ceux qui ont vu le début et à tous les passionnés d’Histoire !

hannibal s01HANNIBAL (saison 1)

La très attendue Hannibal, adaptée des romans de Thomas Harris mettant en scène le terrifiant Hannibal Lecter, a enfin été renouvelée pour une deuxième saison après une longue hésitation de la part de NBC. Il faut dire que les résultats d’audimat sont loin d’être fabuleux, le show perdant un nombre considérable de spectateurs au fil du temps.

Car oui, le souci principal est que la série a du mal à tenir sur la longueur. Le spectateur a clairement un coup d’avance sur les personnages en sachant que le mystérieux tueur en série traqué par les héros est nul autre qu’Hannibal, qui fait partie de l’équipe. Si les scénarios avaient clairement choisi de raconter l’histoire de son point de vue, on aurait pu se laisser entraîner dans l’aventure et frissonner pour le bon docteur à chaque fois qu’il manque de se faire attraper. Mais la série s’oriente nettement plus du point de vue de Will Graham, agent du FBI qui traque le tueur… qui est juste à côté de lui. Difficile d’être passionné par son enquête dont on connait dès le début la solution : dès lors le show a bien du mal à maintenir un réel intérêt.

Reste la lente plongée aux enfers psychiatriques du pauvre Will dont les visions donnent lieu à des scènes oniriques de toute beauté et qui suffisent à elles seules à rendre le show intéressant. La réalisation est aussi soignée et généreuse dans les nombreuses séquences où Hannibal fait la cuisine ou sert de merveilleux plats (dont on ne cesse de se demander s’ils sont à base d’êtres humains…) C’est peu mais on peut espérer que la deuxième saison saura régler les problèmes du scénario pour offrir enfin la merveilleuse série que mérite les romans de Thomas Harris.

Final Score : 7/10

Bouffée par un concept qui pose de sérieux problèmes au niveau des scénarios, Hannibal propose quand même une réalisation merveilleuse à certains moments ainsi que des comédiens étourdis par leurs personnages. Voici un show particulièrement étrange, qu’on ne saura réellement recommander mais qu’on poussera à essayer !

The-Fall-BBC-2-posterFALL, the

The Fall, c’est le succès surprise en Angleterre, avec des résultats d’audience dépassant aisément les quatre millions de spectateurs. Mais que vaut vraiment ce cop-show très noir et remettant sur le devant de la scène la délicieuse Gillian Anderson ?

Au niveau du scénario, c’est plutôt bien ficelé mais extrêmement glauque. Assez curieusement, the Fall s’en sort avec le même concept qui plonge Hannibal dans la merde, c’est à dire que l’on suit en parallèle la flic et le tueur en série qu’elle traque. Mais dans the Fall, on est pris aux tripes par le destin de ce conseiller en deuil qui ne peut s’empêcher de tuer et on prend régulièrement peur pour lui quand il manque de se faire attraper. Le personnage de Gillian Anderson n’a de plus pas qu’un seul objectif : elle doit certes traquer le tueur mais aussi et surtout se faire une place dans un monde d’hommes avec qui elle se montre rigoureusement intransigeante. Ces deux personnages sont rigoureusement pris à l’envers de n’importe quelle série. On aime le tueur en série et on est refroidie par la flic – jusqu’à ce que naturellement l’horreur des meurtres commis par notre pseudo-héros vienne se réveiller dans notre figure et que l’on réalise enfin que le personnage d’Anderson n’a pas vraiment le choix dans sa manière d’être pour mener sa barque. Seul regret : la série s’étant vu commandé très rapidement une deuxième saison, cette première fournée d’épisodes ne se conclue vraiment pas et nous laisse salement sur notre faim…

Fort heureusement, cet excellent scénario est mis en image par des acteurs vraiment impliqués dans leurs rôles, et par une mise en scène soignée qui évite la fioriture au profit du sens. L’ambiance est terriblement dark et ne plaira pas à tout le monde, d’autant plus que le rythme sait jouer avec nos nerfs et peut se révéler parfois un petit peu crispant. Reste un paysage sonore un peu vide et que l’on espère plus convaincant sur la suite.

Final Score : 8/10

Assez convaincante, the Fall manque malgré tout le coche en offrant pas de conclusion digne de ce nom. Son ambiance et son rythme très particuliers n’en font pas non plus une série pour tout le monde. Très recommandable, donc, mais ne vous étonnez pas si vos ami(e)s n’accrochent pas vraiment !

 

Rendez vous dimanche pour un niveau bilan de la semaine où on parlera du fameux dome de Stephen King et Bryan K. Vaughan !

Cette deuxième semaine de la rentrée télé US la joue encore relativement tranquille par rapport à tout ce qui va tomber la semaine prochaine. Profitons en pour dire au-revoir à quatre sympathiques petites séries, avant la grosse fournée de nouveautés.

Au rayon des news de cette semaine, on va essayer de faire vite ! Alors, depuis dimanche dernier vous pouvez retrouver sur les écrans US la diaboliquement compliquée Boardwalk Empire, en route pour une troisième saison. Pour rigoler, tournez vous donc plutôt vers les retours de The Office et Parks & Recreations, accompagnées de leurs petites soeurs Saturday Night Live Weekend Update Thursday (ce n’est pas tout à fait une série, mais bon, comme c’est bien, autant vous en glisser un mot !) et Up All Night qui fait un retour des plus réjouissants (Christina Applegate + Will Arnett = que du bonheur.) La Fox nous propose de reprendre les aventures de Bones - mais vu que je ne regarde pas, je n’ai rien à en dire ! Et enfin, Syfy nous fait plaisir avec le retour de Haven, série devenue tellement compliquée que le previously du pilote dure presque quatre minutes !

C’est marrant, mais le départ définitif de Weeds n’a pas fait pleurer beaucoup dans les chaumières… La saison deux de Wilfred m’a tout l’air d’être passée totalement inaperçue… et qui se souvient encore de Royal Pains (à part les spectateurs américains ?!)

Comme chaque année, Leverage se fait une petite pause au milieu de sa saison (ah les plaisirs des séries diffusées sur TNT…) Et comme chaque année, on me demande si vraiment ça vaut le coup de regarder… “ça.” Du coup, il est peut-être temps de faire un petit point : Leverage est une série sur des arnaqueurs qui aident les pauvres et s’en prennent aux riches. En gros, c’est Robin des Bois dans Ocean’s Eleven. Il n’y a quasiment pas de feuilletonnant, pas de high concept, c’est un vrai formula avec des codes scénaristiques qui se répètent, et ce n’est pas spécialement beau. En revanche, les personnages sont géniaux et fabuleusement complémentaires, les acteurs sont franchement à l’aise dans leurs rôles, les scénarios sont très inventifs et malicieusement roublards et c’est vraiment rare de s’ennuyer au cours d’un épisode. Cette cinquième saison ne change pas la formule et reste toujours aussi bien ficelée – la seule prise de risque étant de mettre sur le devant de la scène des personnages autrefois un peu plus en retrait auparavant (Eliot et Parker principalement.)

Final Score : 3.5/5

Leverage ne changera pas votre vie, c’est sûr, mais voici une série suffisamment bien foutue pour pouvoir la regarder avec n’importe qui à n’importe quel moment. Et pour tous les auteurs, jetez un oeil à la complémentarité des personnages, c’est une vraie leçon !

Vous vous souvenez de Rachael Leigh Cook ? Mais si, l’héroïne de magnifique film Elle est trop bien et de… heu… oui, bon, ok, elle n’a pas eu la plus grande carrière du monde, mais ce n’est pas une raison pour bouder son retour dans une série policière à concept puisque le héros s’avère être un schizophrène paranoïaque qui voit des personnes qui n’existent pas. Ça vous en bouche un coin, hein ? Ah, vous sentez le coup fourré, genre ce mec est prof dans une fac mais assez curieusement il va toujours se retrouver à bosser pour le FBI et son histoire d’amour avec Rachael ne va jamais être assumée parce que de toutes façons il aime une autre femme dont on sent qu’elle a disparu ? Oui, bon ok, vous avez raison. Est-ce une raison pour bouder Perception ? Et bien… oui. La série propose un pilote relativement réussi et un deux épisodes de fin qui approfondissent le personnage. Au milieu, on aura brassé pas mal de vent, sans grande qualité. Ma perception de Perception ? Re-regardez plutôt Elle est trop bien (ou les épisodes de Dawson’s Creeck avec Rachael…)

Final Score : 2/5

Les acharnés regarderont le pilote et les deux derniers épisodes, histoire de voir comment on traite la schizophrénie paranoïaque à la télé US. Les autres passeront leurs chemins. Les fans de Rachael Leigh Coock se poseront sans cesse des questions sur ce petit bout de femme qui a l’air construit tout bizarrement. Mais personne ne devrait vraiment être accroc à ce cop show de plus.

C’est déjà la fin de la première partie de la quatrième saison de White Collar, série dont on ne pouvait prévoir la longévité au vu de son concept délicieusement ringard : un voleur et faussaire travaille pour un service spécial du FBI histoire de racheter sa peine. Et pourtant, il faut bien avouer qu’avec ses acteurs sympathiques, sa mise en scène léchée, et ses scénarios assez tordus, le show fait toujours mouche. Cette année, les scénaristes s’intéressent au passé de leur héros et creusent le mystère de ses origines. Alors oui, on perd en crédibilité ce que l’on gagne en fun, mais au final White Collar s’avère toujours aussi agréable à regarder… A-t-on vraiment besoin d’en dire plus ?

Final Score : 3/5

White Collar n’est pas qu’un cop show parmi les autres, c’est le cop show le plus classe et le mieux sapé. On ne va pas faire démarrer à la quatrième saison ceux qui n’ont jamais regardé, mais les autres peuvent regarder sans souci cette quatrième saison qui s’avère, pour l’instant, des plus amusantes.

Le dernier départ de la semaine, c’est celui de la délicieuse Awkward, série ado estampillée MTV typique de la programmation culottée de la chaîne ces dernières années. Pour cette deuxième saison, le sujet principal de la série reste l’amour mais cette fois sous l’angle de quel garçon choisir… Une situation qui ne nous est pas forcément arrivé à tous mais qui reste traitée de manière absolument hilarante par des scénaristes qui n’hésitent pas à pousser jusqu’au bout la logique (parfois absurde) des situations. Les acteurs surjouent un peu, mais Ashley Rickards porte la série à bout de bras et assure comme une reine chaque passage comique. Son personnage est un peu tête à claque parfois et on a envie de la baffer par moment cette petite brune renfermée sur elle-même alors qu’elle a tout pour être heureuse, mais cool, les scénaristes s’en chargent pour nous. Et du coup, encore une fois, on est totalement conquis.

Final Score : 4/5

Si vous n’avez pas vu la saison 1 d’Awkward, courez la regarder. Si vous n’avez pas encore vu la 2, vous savez ce qui vous reste à faire. Et si vous êtes absolument, totalement, définitivement réfractaire à la comédie et/ou aux séries pour ados, qu’est-ce que vous faites encore ici à lire cette critique ?

La première nouveauté de la semaine, c’est donc The Mob Doctor, diffusée sur la Fox. Adapté d’un récit autobiographique italien d’un vrai chirurgien qui travaillait pour la mafia, la série nous fait d’office l’affront de nous mettre la très mignonne Jordana Spiro dans le rôle titre ce qui, certes ravi les yeux, mais donne déjà un grand coup dans la crédibilité de l’ensemble. Il est d’ailleurs assez marrant de reconnaître, tout au long du pilote, des têtes de seconds rôles souvent vus, comme si la série était allée faire la poubelle de ses concurrentes pour trouver ses comédiens… Et il faut bien avouer que ce premier épisode n’a pas grand chose pour nous prendre aux tripes : les intrigues à l’hôpital sont assez clichées et lassantes, et toute la partie mafia se veut tellement intelligente et originale qu’elle en devient totalement irréaliste. Bref, pour l’instant, vous pouvez franchement vous en passer.

Mon Pronostic : la série n’est pas géniale, le concept n’est pas super fort, et de toute façon le show est diffusé sur la Fox : la série sera annulée avant la fin de sa première saison !

L’autre nouveauté de la semaine, c’est pas de la gnognote mon bonhomme. C’est une série qui va t’en mettre dans la gueule avec J.J. Abrams à la prod, Eric Kripke (Supernatural) au scénario, et Jon Favreau (Iron Man) à la réalisation. Et en plus, y a deux héros bien gaulé – une fille et un mec – qui aiment tirer à l’arc parce que depuis Hunger Games c’est redevenu à la mode. Alors voilà, je te fais le topo, d’un coup dans le monde entier y a plus d’électricité, tous les appareils ils s’arrêtent, mais y a un mec qui l’avait prévu. Après zou, je te saute quinze ans dans le futur, et là le mec il s’occupe d’un bled, mais y a les méchants de la milice qui viennent le chercher pour lui poser des questions. Tu sais qu’ils sont méchants parce qu’ils ont volé les lunettes et la veste de Néo de Matrix, vu qu’il s’en sert plus. Après, le mec il veut pas suivre les méchants, alors son fils il intervient, après ça se bat, après les méchants ils tuent le mec, ils prennent son fils, et pendant ce temps sa fille qui est l’héroïne bien gaulée dont je te parlais, elle arrive et elle est triste. Alors elle va aller chercher son père correction (merci Cédric) : son frère, vu que son père, ben il est mort, mais d’abord elle va chercher son oncle qui est le patron d’un bar mais aussi un ninja de la mort qui tue que t’y croyais pas parce qu’il avait l’air toujours bourré le mec. Ah ouais, et aussi, la mère de la fille, ben c’est Juliette de Lost, mais bon là elle est morte. Et puis y a un barbu, avant il était millionnaire et il avait un hélicoptère parce que tu vois il travaillait pour Google mais maintenant ça sert plus à rien et les enfants ils savent même pas ce que c’était internet. Ah ah ! C’est drôle hein ?! Bon alors, vu comment ils y ont mis le paquet, tu y crois que ça va devenir la série à suivre, Revolution ? Réponse : non.

Mon Pronostic : après l’embrouille Alcatraz l’année dernière, et même si je veux bien croire à tout le talent de Eric Kripke, je ne crois pas que public va se faire avoir une nouvelle fois. Revolution a bien démarré mais je mise sur un effondrement tout au long de la saison et une annulation à la fin de l’année. Parce que même NBC ne pourra pas soutenir un tel projet jusqu’au bout, si ?

PS : après avoir vu le deuxième épisode, je sais exactement à quoi sert Revolution : vous occuper pendant une session de sport. Même si vous avez la tête ailleurs, si vous parlez à votre voisin ou si vous vous focalisez à battre votre record, vous ne vous perdrez jamais dans cette série dont on attend tranquillement que les rebondissements, prévus à l’avance, arrivent, tout en sachant qu’il n’y aura pas de vraie surprise avant… pfiou… la fin de la saison.

Exceptionnellement, vu le programme particulièrement chargé de la semaine prochaine, on se retrouve une première fois jeudi soir (si tout va bien) puis à nouveau dimanche soir pour parler au total de trois fins de saison et de pas moins de onze nouvelles séries ! Ca y est, la rentrée démarre !

Les choses se calment enfin un peu sur les écrans US et on ne compte cette semaine, en terme de séries, que deux nouveautés, trois retours et deux départs. Et la question qui nous brûle les lèvres est qui, de Aaron Sorkin ou de Charlie Sheen a réussi le mieux son comeback ?

Mais d’abord, quelques news ! Alors qu’en France certains pleurent l’annonce de l’arrêt de Bref à la fin de la première saison (ce qui a donné lieu à ce commentaire twitter : Bref n’aura duré qu’un Bref moment…), aux Etats-Unis, les femmes de militaires reprennent du service avec la suite de la sixième saison d’Army Wives. Un programme dont on se serait facilement passé… quoi que, en cas de manque d’infos à faire partager, je pourrais toujours puiser dedans pour vous trouver quelques screenshot bien rigolos.

Et d’ailleurs, ouf, en parlant de comédie, on pourra noter le retour du très inégal Louie, dont les sortes de sketchs n’arrivent pas toujours à me faire décrocher un sourire, mais dont les passages “stand-up” s’avèrent nettement plus convaincants. Oui, je sais que je vais me faire conspuer par les connaisseurs en disant ça, mais que voulez-vous, je ne suis pas plus que ça attendri par les déboires d’un comique new-yorkais.

Sans doute parce qu’au fond moi, je reste un éternel ado : ceci expliquerait du moins ma fascination pour les séries de MTV dont la qualité, il me semble, ne fait que s’améliorer. Ainsi, j’ai un véritable coup de coeur pour la reprise de Awkward, comédie noire sur les affres de l’adolescence, menée de main de maître par Lauren Lungerish qui n’a pourtant pas fait grand chose d’autre. Un seul conseil, jetez un oeil à la première saison, absolument sublime !

Et ben voilà, à cause de vous, Eagleheart c’est fini. Comme indiqué ici, la série devait obtenir plus de “like” sur facebook que sa concurrente Franklin & Bash avant la fin de la saison 2 pour espérer revenir. C’est donc mort. Argh ! Trêve de plaisanterie, la série produite par Conan O’ Brien tire bien sa révérence pour cette deuxième saison mais on ignore encore si les grands délires cartoonesques seront de retour l’année prochaine. Vu le succès critique et public, on croise les doigts pour revoir le marshal Chris Monsanto arrêter des trafiquants en drogue (oui en, car ils sont fait en coke), des hippies qui font l’amour avec des arbres, ou encore un animateur d’émission pour enfants voleur d’organes. Que dire de plus, si ce n’est qu’Eagleheart, c’est toujours onze minutes de pur bonheur ?

Final Score : 4.5/5

Série comique magnifiquement décalée et totalement foutraque, Eagleheart s’impose comme le délire non-sensique ultime… avec NTFS:SD:SUV et Children’s Hospital !

Sitcom adaptée du film du même nom avec Jack Nicholson et Adam Sandler, Anger Management a cassé la baraque en devenant le meilleur démarrage pour une série comique sur la chaîne FX. Le problème ? Ce n’est pas drôle. Si je reste sensible au charme de Charlie Sheen et surtout à celui de Selma Blair (qui nous manquait depuis un petit moment), difficile d’être convaincu par ces deux premiers épisodes poussifs, réalisés avec les pieds et interprété avec autant d’ambition que lorsque Elie Semoun doit faire la voix d’une moule. Le ton hésite entre l’irrévérencieux caractéristique de FX – sans jamais tomber dedans – et un humour plus traditionnel sans doute hérité des origines du projet qui cherchait à se placer sur un grand network. Du coup, on ne va pas s’éterniser sur le problème, même si son souhaite un bon retour à Charlie Sheen qui a assurément réussi son comeback d’un point de vue de l’audimat, et on va passer au gros morceau de la semaine…

C’est donc la question qui a fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis ces dernières semaines : Aaron Sorkin a-t-il encore ce qu’il faut pour réveiller la télé ? Après des premières reviews américaines peu convaincues à la fois par le pitch et par le traitement, The Newsroom démarrait fébrilement dimanche dernier, récupérant la case de Game of Thrones et s’attirant ainsi, forcément, les foudres des fans médiévaux les plus frénétiques.La raison du retard de ce post ? Il me fallait bien deux épisodes pour commencer à me faire un avis sur la question.

En effet, de prime abord, tout n’est pas merveilleux dans la nouvelle série de Sorkin : l’histoire avance plus par des dialogues que par des actions, les nombreuses répliques utilisent un jargon peu évident à comprendre (vous avez intérêt à vite faire la différence entre le E.P. et le senior producer), la réalisation à l’ancienne nous rejoue le coup des échanges verbeux dans les couloirs avec une sorte de caméra embarquée… Au deuxième épisode, il devient évident que la qualité de la mise en scène va énormément varier selon les réalisateurs (si le pilote était un ballet magnifiquement orchestré, la suite est déjà beaucoup moins maîtrisée), la musique gonflée est gonflante, et les histoires sentimentales, qui prennent le dessus, souffrent d’un sérieux manque d’originalité. Doit-on pour autant se priver d’une série sur les coulisses de la télévision, presque quinze ans après la magnifique Sports Night, déjà drivée par Sorkin ?

Le point fort de la série est curieusement lié à son point faible : oui, ça parle beaucoup, énormément, à la folie ; ça parle tellement en fait que chaque moment de silence devient un vrai plaisir, une respiration salvatrice. Et c’est justement là que Sorkin,  après avoir révolutionné le monde des dialogues sur The West Wing, trouve son “truc en plus” en redonnant le pouvoir au silence dans The Newsroom. Car chaque silence, chaque pause dans ces interminables joutes verbales, met en avant une émotion, une avancée du plot narratif, un regard sur le développement des personnages. Ces moments impactants font alors ressortir l’incroyable qualité de traitement de la psychologie des différents protagonistes, la crédibilité de l’univers qui nous est représenté (quoi qu’en pense certains journalistes boudeurs américains et clairement pris en cible par Sorkin…) et surtout l’efficacité des intrigues principales.

Que penser du concept, qui repose sur de vraies informations mais qui datent d’il y a deux ans (2010) ? De nombreux critiques américains ont trouvé que ceci tuait l’idée dans l’oeuf car, comme on connaît la suite des évènements et les erreurs qui ont été faites dans leur manière de les traiter, il n’y a aucune surprise à attendre. Mais c’est faire abstraction des personnages, plus que jamais moteur des intrigues, et du traitement, justement, de ces news : on peut très bien apprécier une histoire pour la manière dont elle est traitée, même si on la connaît déjà (Roméo et Juliette, ça vous dit quelque chose ? …) Du coup, si je dois bien reconnaître que le concept est casse-gueule, je trouve que pour l’instant les scénaristes s’en sont plutôt bien tirés.

Reste la question du parti pris politique. Car même si Sorkin s’en défend et assure qu’il cherche à montrer les ambivalences des politiques de tout bord avec le monde des informations, les républicains en prennent sérieusement plus sur la tronche que les démocrates. Pour deux critiques sur Obama (et encore, Sorkin trouve le moyen de placer un personnage qui va le défendre), on assiste à une descente en règle de Sarah Palin (même si elle le mérite !) et de “ces conservateurs qui sont les seuls à regarder les news et ne veulent pas voir d’autres point de vue que le leur”. Si je trouve effectivement énervant que le créateur défende l’égalité politique dans son show alors que ce n’est clairement pas le cas, je trouve tout aussi énervant ces nombreux critiques qui l’accusent de faire circuler ses idées gauchistes puisque personne n’est dupe des opinions politiques de notre cher Sorkin et ce depuis plus de quinze ans. S’en est-on un jour pris avec autant de verve contre David E. Kelley pourtant tout aussi progressiste (voir carrément plus dans son magnifique Boston Legal) ?

Au final, The Newsroom se perd dans des intrigues sentimentales peu originales (mais dont le traitement permet de ne pas s’ennuyer pour autant), une mise en scène dont le coup de main va être difficile à choper par les futurs réalisateurs et qui peut vite s’avérer catastrophique, ainsi qu’une bande originale absolument effrayante – la symphonie barbare à la Le Dernier des Mohicans passe mal dans une série résolument moderne sur la télévision ! De plus, le show est difficile à suivre : le rythme est beaucoup trop nerveux, les répliques fusent au point qu’il est quasiment impossible de lire des sous-titres s’ils n’ont pas été adaptés, et l’ensemble est très clairement élitiste – dans le sens où il n’y a absolument aucune volonté de se rendre facilement compréhensible. Mais bon, on est chez HBO, il serait tout de même drôle de commencer à entendre les défenseurs de la chaîne de se plaindre de ça (on se souvient encore avec frisson d’un Boardwalk Empire encensé par la critique et presque totalement incompréhensible !) Enfin, le show est extrêmement bavard – c’est la marque de fabrique de Sorkin qui peut en fatiguer plus d’un. Et pourtant, malgré tous ces “défauts”, j’ai rarement autant été excité par un pilote. Un peu moins par le deuxième épisode, il faut bien l’avouer, mais je suis tout de même convaincu que sur le long terme The Newsroom va s’avérer un des meilleurs show de l’année. Alors, s’il te plait Aaron, ne te plante pas. Et, du moins pour l’instant, oui tu as réussi ton comeback à la télévision.

Allez, à la semaine prochaine pour le retour de deux scénaristes anglais à Hollywood, d’une thérapeute sur le web, et pour découvrir comment CBS pense se débarrasser en douce de la catastrophe produite par Robert de Niro !

Coup double pour les amateurs de comédie : le mardi 19 juillet, MTV lançait une nouvelle comédie ado et Showtime rachetait les droits d’une charmante web série pour la remonter et la diffuser sur son antenne. Deux fois plus de rire pour cet été ? C’est ce qu’on va voir.

Mon premier coup de coeur pour Awkward a démarré dés que j’ai vu que le rôle principal était incarné par Ashley Rickards, sans doute la seule et unique actrice a avoir un jour été fondamentalement géniale. La retrouver dans le rôle d’une ado dont la vie bascule quelque peu le jour où une suite d’accidents stupides la font passer pour une suicidaire aux yeux de sa famille, de sa conseillère de classe et de tous les autres lycéens me paraissait forcément jouissif.

MTV s’est relancée depuis quelque temps dans la série pour ado et c’est tant mieux car elle le fait bien. Après les très bonnes surprises que furent The Hard Times of RJ Berger et la version US de Skins, Awkward récupère le ton pathétique et le discours sur les problèmes de l’image de soi de la première, et le grain de folie et quelques répliques assez crues de la seconde.

La grande force du pilote tient donc dans cette alchimie presque magique, qui oscille constamment entre la comédie pure et de vrais moments de tendresse comme on pouvait n’en voir que dans My So Called Life. L’univers des lycées américains est un peu moins stéréotypé que d’habitude (mention géniale pour la pompom girl particulièrement grassouillette qui achète l’amitié à coup de répliques cyniques… et grâce à son compte en banque), Ashley Rickards est absolument parfaite, et on se laisse happer dans ses vingt minutes qui passent à une vitesse incroyable. Vivement la suite !

Final Score : 4/5
Ce pilote est drôle, dynamique, magistralement interprété et furieusement addictif. Il manque encore la petite touche qui va faire de Awkward un indispensable, mais nul doute qu’elle va apparaître dans les prochains épisodes. En tout cas, nous, on mise vraiment dessus.

Lisa Kudrow ne recule devant rien. Après avoir créé et lancé l’étonnante mais aussi assez glauque The Comeback, qui n’attirera quasiment aucun spectateur, elle prend sa revanche sur le net en lançant une web série, la bien nommée Web Therapy. L’histoire d’une psychanaliste qui décide de faire des sessions de cinq minutes car il n’y a au fond que cinq minutes d’utile dans les sessions qui en dure cinquante, alors autant se jeter dans le vif du sujet…

Et autant vous le dire tout de suite, Showtime ne s’est pas trompée en rachetant les droits et en faisant tourner quelques séquences supplémentaires pour transformer ce projet étrange en vraie comédie pour la télé. Sorte de In Treatment version comédie, la version télé propose plusieurs cas qui s’alternent et qui reposent tous sur des bases assez folichonnes.

Le seul petit souci, c’est que tout le show repose sur Lisa Kudrow et son humour assez spécial. Adorant se tourner en dérision, elle joue ici une thérapeute plus obsédée par ses propres problèmes que par ceux de ses patients. Ses méthodes de travail sont tout à la fois illogiques et complètement pathétiques et ne feront définitivement pas rire tout le monde. Du coup, on ne peut que vous conseiller de tester par vous-même, car Web Therapy, c’est un peu comme The Comeback : c’est très drôle, mais ça ne s’explique pas.

Final Score : 4/5, mais pas pour tout le monde.
Si vous aimez Lisa Kudrow, si elle n’est pas pour vous “que” Phoebe de Friends, si vous adhérez à son humour basé une ambiance plutôt pathétique, bref, si vous avez aimé The Comeback, jetez vous sur Web Therapy. Pour tous les autres, faites donc un bout d’essai, voilà un show qui peut bien vous surprendre.

Il paraîtrait que Frank Darabont, showrunner, producteur, scénariste et réalisateur du premier épisode, de la série The Walking Dead aurait été rétrogradé pour la deuxième saison. Simple auteur, toujours showrunner ? Ce qui est sûr, c’est qu’il ne fait plus partie de ces fameux executive producer qui ont la main mise sur l’esthétisme d’une série. Alors oui, c’est assez méchant de faire un article juste  pour préciser QUE CA NE PEUT PAS FAIRE DE MAL VU LA PIETRE QUALITE DE LA PREMIERE SAISON, mais bon, c’est mercredi, c’est ravioli.

A part ça, True Blood enterre la concurrence en faisant plus du double d’audience que sa principale ennemie Falling Skies ; et le papa héros de The Nanny (Une nounou d’enfer) rejoindra Fran Drescher pour le season finale de Happily Divorced. Purée, voilà une information qui m’en bouche un coin.

Heureusement que Awkward a commencé la semaine dernière…