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Ca y est, l’été est présent et le programme télé US se calme un peu avec les fins de saison… ou les fins de série tout court. Et on se réjouit de voir de nouveaux programmes arriver sur les écrans. Enfin, on se réjouit, ça dépend des fois…

Autant vous l’avouez tout de suite, non je ne dirai rien sur le finale de Game of Thrones et on ne s’étendra pas sur la série qui, de toutes façons, n’a pas besoin de mon avis pour s’attirer les faveurs du public. Je ne vais pas revenir non plus sur la fin des pitoyables Hot in Cleveland (mais comment diable cette sitcom dépassée peut plaire aux critiques américains ?) et Happily Divorced, tout comme il sera de bon temps de s’abstenir de critiquer la quatrième saison de l’effrayante The Secret Life of the American Teenager… qui en plus enchaîne directe sur sa cinquième saison dés la semaine prochaine.

Pretty Little Liars : notez le A en lettre de sang qui fait très très peur...

Je vais juste rapidement vous prévenir du retour de Pretty Little Liars, avec une reprise ma fois assez réussie et qui – on s’en doutait – complexifie à outrance la fameuse question centrale de la série, à savoir qui se cache sous le pseudonyme de A et s’amuse à effrayer ainsi nos petites héroïnes ? La solution donnée à la fin de la saison précédente est donc sacrément remise en question… Reprise aussi de Jane By Design, série très bof bof sur l’enfer de la mode ou comment une jeune lycéenne se fait embaucher par une terrible styliste qui la prend pour une adulte. Mou du genou et très consensuel, c’est un show pour les après-midi où il fait trop chaud, afin de s’endormir tranquillement après un saut dans la piscine (si vous pouvez faire ça, vous êtes vraiment des veinards.) On saluera le retour très réussi de Breckin Meyer et Mark-Paul Gosselaar (Zack de Sauvé par le gong, combien de fois faudra-t-il vous le redire ?!) dans Franklin & Bash qui reste le legal show le plus drôle du moment pour l’instant. Enfin, le concept de concierge medicine (fallait le trouver celui-là) continue son bout de chemin dans la quatrième saison de la très oubliable Royal Pains ou les aventures mirobolantes d’un médecin qui n’a rien à envier à McGyver. Par contre, on n’oubliera pas de jeter un oeil au retour de l’intrigante Necessary Roughness, série très inégale (comprendre parfois géniale et parfois totalement soporifique) sur une thérapeute qui pratique l’amour vache.

Forte d’une très bonne première saison en terme d’audience, mais aussi de critiques finalement enthousiastes (alors que le tout premier pilote avait été jugé comme le pire pilote présenté cette année là !), Teen Wolf revient en grande pompe sur MTV, s’offrant deux épisodes pour bien nous lancer dans l’action, mais aussi un nouveau générique… absolument magnifique. Une reprise fort sympathique qui creuse un peu plus les différences avec la grande soeur spirituelle qu’est The Vampire Diaries pour se concentrer sur un mode plus sombre, plus réaliste (oui, même avec des loup-garous !) et qui délaisse au maximum les intrigues romantiques. Bref, ça sent l’ado qui a les poils qui poussent et qui veut pisser partout pour marquer son territoire, et ça traite ce sujet de manière plutôt sympathique. Un indispensable de l’été à mon avis, surtout au vu de ce qui est diffusé à côté.

Aïe, attention ça fait mal et ça pique longtemps. J’attendais Longmire pour le retour sur nos écrans de Katee Sackhoff, inoubliable Starbuck de Battlestar Galactica, et certainement pas pour la série de romans policiers dont le show est inspiré. Et d’ailleurs l’inspiration, c’est bien ça le problème, tant Longmire ressemble à énormément de série policière sans aucune originalité. Cette fois, le cadre et l’attitude très western sont censés faire la différence, mais au final cela à revient à avoir un personnage de flic droit dans ses bottes aidé par son ami indien et sa jeune flicette bagarreuse - et oui, c’est presque le trio de Walker Texas Ranger ! Bon, je suis méchant, mais il faut avouer que le côté western est déjà joué – et avec un talent absolument imparable – dans Justified ; quant à Sackhoff, elle rigole comme une bêtasse et se montre particulièrement peu investie par ce rôle au demeurant déplorable. Enfin, la palme revient à Robert Taylor qui, dans le rôle titre, en fait carrément trop pour être crédible. Bref, c’était un pilote long, chiant, et tellement banal qu’on se demande bien comment la suite pourrait relever la pente. Ah, c’est dans ces moments là que Starbuck nous manque le plus !

Je ne suis pas un fin connaisseur de l’univers de Tron, du coup je me suis renseigné mais j’espère quand même que je ne vais pas trop dire de conneries. Apparemment, Tron : Uprising, cette version animée, qui vient de démarrer sa diffusion sur Disney XD (la version bad-ass de Disney Channel !) se déroule entre les deux films histoire de situer à peu près temporellement le schmilblick. C’est donc l’histoire de Beck, mais pas le groupe de musique, il s’agit ici d’un programme jeune et plein de vie, mécanicien, qui va peu à peu s’opposer au régime totalitaire que met en place le méchant Clu et qui va devenir le prochain Tron, c’est-à-dire la personna de la résistance. Ça a l’air compliqué comme ça, mais en réalité c’est très simple et suffisamment bien écrit dans les deux premiers épisodes pour qu’on puisse vite accrocher à cet univers sympathique et à ces personnages fortement charismatiques. Il faut dire que la série a une patte graphique vraiment très particulière qui souffre seulement du “syndrome du vide”, à savoir un net problème de foule lorsqu’il est censé y avoir du monde dans les parages. La musique est assurée par l’arrangeur des Daft Punk et on retrouve tout à fait l’esprit de la BO du film récent – pour ma part, j’ai bien cru au début que c’était les Daft Punk eux-mêmes qui étaient aux manettes. Au niveau des voix, on retrouve tout de même Elijah Wood, Mandy Moore, Emanuelle Chiriqui, le magistral Lance Henriksen (mais si, le protagoniste de la série Millenium de Chris Carter) et l’excellente Tricia Helfer (forever number six), bref du beau monde qui se prend totalement au jeu. C’est donc tout à fait réjouissant et on verra sur le long terme si c’est absolument génial…

Mon histoire avec Saving Hope est un peu particulière. La première fois que j’ai regardé le pilote, je rentrai d’une soirée plutôt très arrosé, un appétit de T-Rex dans mon ventre et le cerveau aussi fonctionnel  qu’une tablette tactile pour écrire un roman (allez-y, essayez…) Je me souviens que j’étais incapable de comprendre qui était l’héroïne, que je confondais quasiment tous les médecins et que je me demandais pourquoi la série se focalisait autant sur ce pauvre mec en costard et noeud papillon qui semble attendre désespérément qu’il se passe quelque chose. Et pour tout avouer, je n’avais même pas reconnu la sémillante Erica Durance, la Lois Lane transfuge de Smallville. Du coup, deux jours après, je m’y attelle à nouveau pour découvrir un show particulièrement propre… et particulièrement peu imaginatif. Saving Hope, puisque maintenant je peux le raconter, c’est donc l’histoire d’un couple de chirurgiens qui est sur le point de se marier mais qui ont un accident de voiture. Du coup, le monsieur devient un fantôme dans l’hôpital où celle qui aurait dû être sa femme continue d’officier. Enfin, un fantôme… plus ou moins vu qu’il est “seulement” dans le coma mais qu’il n’est pas encore mort. Alors oui, comme ça, ça peut paraître un poil original (mais ça a déjà été fait cette année, à l’envers, dans la pas très reluisante A Gifted Man), mais en réalité on fait face à un medical show de plus, avec des personnages bien creusés, une bonne ambiance visuelle, des intrigues secondaires poignantes (et bien morales), en clair quelque chose de déjà vu cent fois mais qui est fait dans les règles de l’art. Pas chiant, pas débile, pas condescendant, et pas original pour deux sous. La suite me fera peut-être changer d’avis, en attendant je crois que j’ai trouvé le show parfait à regarder quand tu fais du vélo elliptique.

Pour terminer, un petit mot rapide sur The Runaway, série anglaise enfin diffusée aux US sur la chaîne Ovation, un tout petit network qui “essaie” de faire dans la qualité. The Runaway date de 2011, est basé sur un roman de Martina Cole et apparemment cette mini-série de six épisodes, qui conte une romance maudite entre deux petits londoniens dans les années 60 et 70, serait une vraie bonne surprise. Qui sait, au vu du peu de programmes suffisamment intéressants diffusé cet été, il est possible que j’y jette un oeil et que je vous en parle un peu plus longuement une prochaine fois !

Allez, à la semaine prochaine avec… oh mon dieu, mais oui c’est eux, Bobby Ewing et J.R. ! Dallas, le comeback du siècle ? (de la décennie ? de cette année ? de cet été ?) Réponse dans une petite semaine !

18ème et avant-dernière partie de notre bilan de l’année. Pour faire plaisir à tous ceux qui aiment le fantastique et/ou la SF, on va parler aujourd’hui d’un ex-futur super héros, de sciences de l’étrange, de zombies , de la famille et des robots, et enfin de deux frères qui viennent comme chaque année nous en mettre plein la vue.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le 16 octobre 2001, fort d’un accord un peu tendu passé avec la société d’édition de comics DC, la WB (ancien nom de la CW) diffusait le pilote d’une petite série fantastique basée sur le personnage de Superman et portant le titre de Smallville. La licence est forte, certes, mais personne n’attend vraiment au tournant ce petit programme avant tout destiné aux ados. Sans le savoir, Miles Millar et Alfred Gough viennent d’en prendre pour dix ans… et de faire un bout d’Histoire !

Car il faut bien se dire que les séries qui durent dix ans, ça se compte sur les doigts de la main. X-Files, E.R., Friends… il y en a d’autres, mais bon vous m’avez compris : quand ça dure dix ans, on se rappelle du show pendant longtemps. Du coup oui, même si vous n’aimez pas et malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire, Smallville se fait une petite place dans la grande Histoire des séries télé.

C’est qu’il fallait les tenir ces dix ans sans collants ni vol, ce qui était la volonté première des créateurs. Un superman sans sa cape et incapable de voler, what, ce n’est pas Superman ! Pour les fans du comics, la grande force de la série a été de ne pas plagier ce qu’ils avaient déjà lu mais bel et bien de tout réinventer – au point d’ailleurs que DC a incorporé des personnages de la série (comme Chloé) dans ses comics ! Et autant vous dire que ces deux dernières années, les auteurs s’en sont donnés à coeur joie en ré-imaginant Green Arrow, toute la JSA ou encore la Legion of Super-Heroes. Un peu comme si quelqu’un avait dit : c’est bon les gars, on arrête bientôt, alors allez-y lâchez vous, faites ce que vous voulez. Résultat des courses, voilà deux ans qu’on s’éclate à regarder Smallville, qui pousse toujours le bouchon un peu plus loin, se déride complètement, ne se prend jamais au sérieux mais ne déconne pas pour autant avec la matériel de base. Le tout finir dans un BANG énorme, un double épisode final absolument jouissif, tellement fun et tellement bien incarné par Tom Welling qu’on lui pardonne toutes ses années passées à se débattre avec ses quatre expressions pour jouer Clark Kent.

Alors oui, Smallville ne s’est jamais remis de ses défauts. A commencer par une plastique assez cheap, avec des effets spéciaux pas toujours très réussis (comprendre très moche la plupart du temps), des décors qui tournent en boucle (tient, on dirait bien qu’on a déjà vu cet appartement une bonne dizaine de fois), mais surtout une structure qui plombe les scénarios avec huit minutes de vide à la fin des épisodes – enfin, de vide, dans les yeux des acteurs, qui doivent lancer de grandes tirades sur la vie, l’amour, l’héroïsme alors qu’on attend avec impatience le putain de cliffhanger de fin !

Magistrale en tout point, cette ultime saison de Smallville tourne donc une vraie page d’histoire. Le gamin né en 1990, qui avait dix ans au début de la série et qui a grandi avec elle, ne pourra s’empêcher de verser une petite larme. Nous, les grands, on a un petit pincement au coeur mais on se retient – merde, c’est Smallville quand même, les autres vont se foutre de notre gueule. Et pourtant, rah, quelle jouissance que ces deux dernières minutes, ce dernier plan, qui ferait juste hurler : up, up and away !

Final Score : 5/5 pour les fans, 2/5 pour les autres
Smallville, il faut avoir grandit avec pour l’aimer. Du coup, si vous n’êtes pas déjà fan, pas la peine de vous prendre la tête – à la limite, vous pouvez jeter un coup d’oeil au double épisode final, histoire de voir comment ça se termine. Les fans, eux, ont déjà regardé. Et tous ceux qui aiment encore la CW croisent les doigts pour que la série soit remplacé par quelque chose de potable l’année prochaine. Hein, quoi ? On me souffle dans l’oreillette “le retour de Sarah Michelle Gellar”. Si si.

Imaginée il y a trois ans par J.J. Abrams, Fringe est aussi la fille de Alex Kurtzman et Roberto Orci, deux cerveaux magnifiques que le magasine Forbes a crédité en tant que “l’arme secrète d’Hollywood, la force tranquille derrière le box office à 3 billions de dollars. Souvent dans l’ombre de J.J., ils peaufinent certains scénarios et en écrivent d’autres. Côté télé, ils étaient là sur Alias, et sont responsables de la surprenante mais réussie modernisation de Hawaii Five-0. J.J. parti vers d’autres cieux, les deux compères allaient-ils réussir à sauver un show en pleine perte d’audience ?

La bonne idée, ce fut d’abord de ne pas changer les deux showrunners (Pinkner et Wyman), deux hommes ayant fait leurs preuves sur d’autres séries de J.J. et qui savent s’embarquer dans des délires assez fous. Laissés comme deux ronds de flans après le cliffhanger de la deuxième saison, il fallait bien toute leur capacité d’innovation pour faire repartir Fringe sur de bonnes bases. Et autant dire que leur idée pour diversifier et faire rebondir la série est absolument géniale… mais on n’en parlera pas ici, au cas où certains d’entre vous ne l’auraient pas encore vu.

Du côté de la production value et de la réalisation, la série continue d’affirmer son identité visuelle relativement classe, qui sait minimiser les effets spéciaux pour mieux les valoriser. La musique nous plonge toujours aussi facilement dans cette ambiance si particulière et le tout regorge d’idées pour arriver à faire vivre un univers parfois diablement complexe.

Si les intrigues “bouclées” des épisodes s’avèrent tout à fait à la hauteur mais un poil répétitives par rapport à ce qu’on a déjà vu, c’est bien entendu au niveau du feuilletonnant que Fringe révèle tout son talent. Ne crachant sur aucun retournement de situation, même – parfois – les plus artificiels, le show se veut surprenant et particulièrement ludique, incitant toujours le spectateur à essayer d’en savoir plus, à comprendre avant les personnages ce qui est en train de se passer. La saison est pour le coup magnifiquement construite, et chaque petit élément mis en place aura son importance dans le grand déballage des trois derniers épisodes. Et comme à chaque fois, on est soufflé par le cliffhanger de fin qui ne nous rend que d’autant plus impatient de voir la suite.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. La série est en pleine chute d’audience et, pour faire plus de place à American Idol, la FOX a déplacé le show au vendredi soir. Une soirée déjà connue pour être la case du suicide de série (ou du meurtre de série, selon le point de vue), mais qui plaçait en plus Fringe face à Supernatural, autre show fantastique qui attire exactement le même type de spectateurs. Mais, ouf !, la communauté de fans de Fringe est très active et a amplement soutenu le show qui a réussi, semaine après semaine, à maintenir des scores plus qu’honorable dans cette case horaire. Une bataille de gagnée, mais la guerre reprend le 23 septembre.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
On aurait pu se lasser de Fringe, avec des épisodes bouclés un peu redondants, s’il n’y avait le feuilletonnant remarquable, qui sait prendre tous les virages – même les plus insensés. Impossible de rester de marbre face à son final bluffant, à moins que vous ne soyez totalement réfractaire aux séries fantastiques. Vivement la suite.

Attendue comme le loup blanc, The Walking Dead était l’improbable série de zombies diffusées sur AMC, la chaîne de Breaking Bad et autre Mad Men (avant de devenir le network de The Killing, dont on parlera demain.) Adaptée d’un comics à succès de Robert Kirkman, le show se concentre sur un groupe de survivants mené Rick Grimes, un ancien shérif. Six épisodes plus tard, l’adaptation de Frank Darabont, showrunner de la série, nous a-t-elle convaincu ?

La vraie force de The Walking Dead, c’est très clairement ses personnages, qui évitent tous le monolithisme habituel des histoires de zombies. Chacun d’entre eux est singulièrement travaillé, psychologiquement approfondi, et on passe à travers les couches successives des personnalités au fur et à mesure des épisodes. Tous dotés d’un destin particulier, difficile de ne pas s’attacher à ce groupe de survivants pour qui les vraies questions sur l’humanité et le besoin de survivre en tant qu’espèce se posent quotidiennement.

On notera aussi une production value assez intéressante, qui sait nous faire croire à ses décors apocalyptiques et créer une ambiance vraiment prenante… du moins dans les premiers épisodes. Dommage que la réalisation, franchement pauvre, ne vienne pas transcender le tout mais s’enferme peu à peu dans la simple production d’images, sans réelle réflexion derrière.

Mais le gros du problème se situe au niveau du scénario (un comble quand on sait que la tagline d’AMC est story matters here). En effet, les épisodes souffrent d’une structure totalement catastrophique, d’un rythme franchement poussif et l’histoire avance par à coup improbables. On ne note aucune unité dans la série qui part dans tous les sens mais sans jamais savoir où elle veut aller, et on termine sur un season finale faussement claustro, mais surtout totalement raté, qui laisse sur une conclusion désarmante.

Si l’on ajoute à ça le fait que les acteurs sont franchement à la limite de l’insupportable (mention spéciale à Sarah Wayne Callies, transfuge de Prison Break, qui croit nous émouvoir en faisant les gros yeux toutes les cinq secondes), on comprendra aisément que ce Walking Dead pourtant démarré sur les meilleurs auspices nous laisse complètement pantois sur le long terme. Pas la pire des séries, ok, mais l’une des plus grosses déceptions de l’année.

Final Score : 3/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Franchement, à la vue des deux derniers épisodes, j’ai hésité à mettre un 2/5. Puis je me suis souvenu des trois premiers et de l’excitation remarquable que me provoquait cette série. Du coup, on va dire que seulement la moitié de la saison est loupée, et qu’elle mérite une note médiane. Bref, vous l’aurez compris, The Walking Dead a encore du chemin à faire avant d’être une série aussi extraordinaire que beaucoup l’ont prétendu. Parce que sur la fin, ce n’était même plus un divertissement – juste un putain de calvaire.

Ah, Caprica ! Comment parler de la nouvelle série de Ronald D. Moore et Remi Aubuchon sans lancer un débat enflammé avec les fans de Battlestar Galactica ? C’est que Caprica s’est avant tout présentée comme une prequel qui expliquerait comment les cylons ont été inventés. Le truc, c’est qu’il y a mensonge sur la marchandise…

Car Caprica est loin d’être seulement un prequel, mais a une ambition tout autre : être la première série sur la famille… dans un monde de SF. Ronald D. Moore avait pourtant prévenu, tout dans le show serait fait pour ne pas répéter ce qui a été dit dans BSG. Exit les batailles spatiales et l’opposition entre les militaires et les civils, exit les réflexions sur l’extinction de la race humaine, exit aussi le mysticisme religieux halluciné des personnages vers la fin de la série. Caprica se penche avant tout sur un couple de parents incapable de faire face à la perte de leur fille, et sur la question essentielle de la résurrection. Un avatar numérique peut-il devenir l’âme d’une personne ? Toute la première partie de la série ne cesse de se poser la question tout en développant peu à peu, certes, la construction du premier cylon – il faut bien un peu de fan service que diable.

Particulièrement convaincante jusqu’à son dixième épisode, la série amorce ensuite un virage plutôt dangereux en remettant en place les intrigues politiques (mais toujours liées à la religion) chères aux créateurs de BSG. Et c’est là que le truc ne prend plus, du moins pour beaucoup de spectateurs, car on entre dans une autre série, qui serait plus un show politique mâtiné d’enquête complexe où quasiment toute forme de SF disparaît peu à peu. Enfin, si ce n’était le développement d’un monde artificiel qui peinera jusqu’à la fin à convaincre, la faute à une production value relativement déplorable dés qu’il s’agit de faire vivre un monde en 3D.

Plus lente, pas toujours bien construite, et surtout trop éloignée des attentes des fans de la première heure, cette seconde partie de la série l’aura conduite à son échec commercial et à l’annulation par Syfy. Le network s’est tout de même arrangé pour permettre aux auteurs d’offrir une vraie conclusion à la série qui renoue totalement avec son univers de base dans le dernier épisode. Mais il faudra tout de même se farcir quelques unes des séquences en image de synthèse les plus moches jamais vu à ce jour – au point qu’on en aurait presque de la peine pour la personne qui a dû boucler le show avec un budget que l’on sent ridicule.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison (mais avec une vraie conclusion).
Que reste-t-il de Caprica ? Des idées courageuses, une vraie liaison sympathique avec BSG, et un univers extrêmement sympathique. Mais à trop vouloir jouer des arches différentes, le show perd son identité dans sa deuxième moitié pour offrir quelque chose qui aurait pu plaire à certains, mais certainement pas aux fans de la première heure. Caprica est un échec, mais malgré tout un magnifique échec.

Supernatural aurait du s’arrêter l’année dernière, à la fin du run de cinq ans d’Eric Kripke, créateur du show, qui affirmait avoir dit tout ce qu’il avait à dire sur la série. Mais les audiences étant… on va dire honnêtes, histoire d’être gentil, ou en tous cas pas totalement catastrophiques, et surtout la critique étant relativement dithyrambique depuis quelques saisons, la CW a désiré reconduire la série. Difficile de convaincre tout le monde de revenir, mais ce qui les a mis d’accord c’est que la nouvelle showrunneuse serait Sela Ward, ancienne assistante d’Eric Kripke et auteur sur pas mal d’épisodes. On lui faisait confiance pour tenter de perpétuer la qualité de la série – mais on ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle fasse aussi bien. Et pourtant…

Autant vous le dire tout de suite, cette sixième saison de Supernatural est juste incroyable. En reprenant la liste et les résumés de tous les épisodes, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à jeter. Scénaristiquement, la série fait vraiment très très fort. D’abord dans son histoire générale, son feuilletonnant qui court tout au long de la saison, magnifiquement écrit, bourré de twists et autres retournements de situation, servis par des épisodes proprement géniaux, par exemple l’extraordinaire The Man who would be King, écrit par Ben Edlund, un monstre de travail sur la structure et l’utilisation de la temporalité dans le scénario.

Ce même Ben Edlund est aussi à l’origine de quelques uns des épisodes plus ou moins bouclés les plus inventifs jamais fait, comme ce formidable The French Mistake ou les personnages Dean et Sam se retrouvent sur le tournage… de Supernatural, à devoir se faire passer pour les terribles et franchement mauvais acteurs Jensen Ackles et Jared Padalecki. On notera aussi l’excellent My Heart will go on, dans lequel un ange retourne dans le passé pour empêcher le Titanic de couler, tout simplement parce qu’il ne supporte pas les chansons de Celine Dion, ni le film de James Cameron. Et on pourrait en citer à la pelle, tant cette saison regorge de trouvailles, de bonnes idées et de moments inoubliables.

Alors oui, la réalisation n’est pas un grand moment de cinéma, mais reconnaissons à la série une production value qui arrive à nous faire croire à des décors différents dans tous les Etats Unis semaine après semaine… alors que le show est tourné dans des petits locaux au Canada. Et si Jensen Ackles et Jared Padalecki (faut le faire quand même ces noms!) ont un peu des gueules de gravure de mode, ils maîtrisent maintenant parfaitement leurs personnages et s’avèrent de redoutables acteurs. Entouré par un casting plus que brillant (Misha Collins en Castiel est sans doute l’un des plus incroyables comédiens de l’année), les frères Winchesters continuent d’être au top du top, et Supernatural est toujours, et de très loin, l’une des meilleures séries de ces dix dernières années.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une septième saison.
La question n’est pas de savoir si vous devriez ou non regarder cette sixième saison de Supernatural, mais plutôt si vous devriez vous farcir l’intégralité de la série. Avec cent vingt-six épisodes au compteur, c’est une vraie problématique. Et puis il faut savoir que la première saison n’a rien d’exceptionnel et que c’est seulement à la troisième que la série a vraiment gagné ses lettres de noblesse en devenant un immanquable. Méchamment intelligente et bien foutue, on est loin de la simple petite série pour ado, et bel et bien dans le show sans doute le plus désespéré de sa génération. Incroyablement efficace, regorgeant d’originalité et de trouvailles géniales, c’est tout à la fois un vrai laboratoire à expérimentation et une magistrale réflexion sur l’Homme, la religion et la famille. Et vu le cliffhanger de la saison, c’est peu dire qu’on attend avec impatience le 23 septembre pour la reprise de la série !

Pour la quatorzième partie de notre bilan de l’année, fallait bien qu’on s’intéresse d’un peu plus près aux cop-shows. Sélection.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Southland n’est définitivement pas un cop show comme les autres. Abandonnée par NBC après sa deuxième saison, la série est rachetée par TNT qui décide d’en produire une troisième fournée d’épisodes. Passer d’un gros network à un petit est toujours risqué : les coupes budgétaires sont franches et il faut forcément faire du vide dans le casting. Du coup, comment s’en est sorti Southland cette année ? Réponse tout de suite.

La première différence qui saute aux yeux par rapport aux autres cop-shows c’est que Southland est réalisée à la manière d’un mockumentary. Si la série y gagne en dynamisme et en réalisme, elle ne joue pas vraiment le jeu en incorporant des scènes de la vie privée qui ne pourraient être tournée par une équipe réalisant un documentaire. C’est heureusement un moindre défaut, vite oublié et qui ne fait  pas douter de la crédibilité du reste de l’univers.

Cette année, les “enquêtes” si on peut utiliser ce mot, sont toujours aussi rudes et crues, et il est rare qu’il y ait un vrai mystère sur le coupable. C’est plutôt la manière de l’appréhender, de faire avec les innombrables problèmes que pose la ville de Los Angeles, qui intéressent les auteurs. Et quand un personnage important se fait tuer, c’est brutal, sans emphase, si bien qu’on a même du mal à y croire pendant un moment (on se dit que non, il va revenir !) Au final, les coupes budgétaires sont parfaitement contrebalancée par une production value encore plus créative et une réalisation extrêmement intelligente – si bien que, s’il n’y avait la petite réduction de casting, on aurait du mal à croire que la série a moins d’argent.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
Assurément le cop-show le plus réaliste et le plus original encore diffusé cette année, Southland est assurément un immanquable auquel seuls quelques uns pourront reprocher parfois de très légèrement tomber dans le pathos (et encore, cette troisième saison semble résolument régler ce problème). Très intelligemment réalisée, magnifiquement interprétée, Southland est tout à la fois un bonheur pour les yeux et pour la tête. Un immanquable on vous dit !

Detroit 187 aurait sans doute voulu être la nouvelle série policière à la mode. Son idée pour se différencier est de mêler dans chaque épisode trois vraies enquêtes, trois intrigues placées au même niveau. Une structure nouvelle et plutôt intéressante…

Et surtout qui apporte un rythme terriblement efficace qui empêche totalement de décrocher. Detroit 187 est donc un vrai plaisir à regarder, d’autant plus qu’on y retrouve le très sympathique Michael Imperioli qui nous avait quelque peu manquer depuis les Sopranos.

Malheureusement, la série a aussi son lot de problème. A commencer par une production value vieillotte, qui ferait presque passer NYPD Blue pour un modèle de modernité. Quant à la réalisation, elle est tout simplement dépourvue d’idée et se contente de “faire de l’image” comme dans les vieilles séries des années 80. Et si Imperioli est plutôt bon, il ne peut s’empêcher à certains moments d’en faire des tonnes – la faute à une gestion de son personnage assez catastrophique, qui en fait le seul intervenant absolument pas réaliste du show.

Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.
Original dans sa structure, Detroit 187 perd toute modernité à cause de sa réalisation pataude et sa production value complètement à la ramasse. Le personnage d’Imperioli n’est jamais crédible et vers la fin de la saison, la série se perd dans un fil rouge qui n’a strictement rien à faire là. Dommage, le soufflé retombe totalement.

Law & Order : Los Angeles, dernière venue de la célèbre franchise qui repose sur une première partie d’enquête policière et une seconde de procès, n’a pas fini sa diffusion (le dernier épisode est programmé pour le 11 juillet) mais on peut d’ores et déjà vous donnez un avis sur cette nouvelle déclinaison. Vous l’aurez deviné, ce n’est pas bon signe.

Il faut dire qu’avec un changement de casting en plein milieu de la saison, une programmation des épisodes dans le désordre, et une certaine fatigue de la formule qui a tout de même plus de vingt ans, ce L&O : LA ne partait pas forcément sur de bonnes bases.

Et autant dire que ce n’est pas la réalisation, super datée, ou le casting, qui en fait mais alors des tonnes, qui va arranger ça ! La production value est passable, mais ne fait pas vraiment de miracles. Au final, on a juste l’impression de se retrouver face à une cinquième version de la même série, sans réelle originalité, qui se laisse regarder tard les soirs d’insomnie mais c’est tout.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
La diffusion dans le désordre n’aura pas vraiment aidé ce Law & Order : Los Angeles à dépasser ses nombreux défauts. De toutes façons, la formule est fatiguée et ne fait plus vraiment mouche. Vite fait, vite regardé, vite oublié.

Cette année, Criminal Minds s’offrait un spin off pour fêter sa sixième saison. Testé dans un épisode l’année dernière, cette série dérivée m’avait tellement motivée que je ne l’ai pas regardé. Pas vraiment un souci vu qu’elle est déjà annulée et qu’elle n’aura eut que très peu d’incidence sur la série mère. Et celle-ci, que valait-elle cette année ?

C’était la saison des départs. Adieu A.J. Cook, après le deuxième épisode, puis adieu Paget Brewster au dix-huitième. Bienvenue à Rachel Nichols, même si on sent qu’elle n’est vraiment là que pour reprendre le rôle de Cook, tant leurs personnages sont similaires. Et au final, car autant vous spoiler le cliffhanger de fin de saison le plus pourri de l’année, rebonjour A.J. Cook qui n’était donc partie que pour s’occuper de son nouveau né.

A part ça, quoi de neuf ? Et bien, en toute sincérité, rien. Rien du tout. Maîtresse en terrain conquis car seule concurrente, Criminal Minds continue de confronter des super profilers à des tueurs en série tous plus barrés les uns que les autres. Un peu plus sombre, un peu plus trash, la série fait comme elle peut pour retenir des téléspectateurs qui partent tranquillement vers d’autres horizons.

Final Score : 4/5 pour les fans, 3/5 pour les autres.
Les fans de la série ne peuvent pas manquer cette saison qui fait un point final à la trajectoire de Prentiss. Les autres n’y verront qu’un cop show de plus, plutôt bien branlé et un peu plus noir que d’habitude (à définitivement ne pas mettre entre les mains des plus jeunes) mais à part ça, rien de bien folichon.

Bon, ok, ils ont l’air un peu cruche, là, comme ça, sortant tout frais de l’eau, sur la photo, à bander leurs muscles comme pour un concours de policiers en t-shirt mouillé, mais je vous assure que les petits gars d’Hawaii Five-0 ne sont pas autant des branquignoles qu’on aurait pu le croire. Et pourtant, on s’était bien foutu de leur gueule à la présentation du show.

Remake de la célèbre série des années 70 qu’on appelait par chez nous Hawaii police d’état, cette version moderne affirme des ses premières minutes ses deux plus gros points forts : une réalisation irréprochable et une production value qui en met tellement plein la vue qu’on se souvenait pas avoir vu quelque chose d’aussi racé depuis fort longtemps. Bon, ok, j’exagère un peu, mais là où je m’attendais à voir un show relativement bidon et expédié à l’arrache, je fais face à une série dont le budget me titille à l’oreille que pour la chaîne elle est de grande envergure.

Maintenant, un cop show ça tient surtout sur ses personnages et sur ses scénarios. Du côté des membres de cette strike team de force, à laquelle la gouverneur de Hawaii donne les pleins pouvoirs pour résoudre toutes sortes d’enquête, il faut bien avouer que de prime abord on a plus l’impression d’un ramassis de clochard sans série fixe (de gauche à droite ça vient de Moonlight, Battlestar Galactica, Lost et, ah fuck, juste un spécialiste des second rôles au cinéma) que d’une vraie sélection. Et si on n’aurait pas tout à fait tort, il faut bien avouer que l’ensemble fonctionne plutôt bien, avec des personnages bien typés ayant chacun leur passé, leur points forts et faibles et leur caractère bien trempé. Mention spéciale aux petites engueulades entre les deux vrais héros (tout à gauche et à droite) qui sont juste hilarantes.

Car au niveau du scénario, les auteurs misent sur trois éléments clés : une enquête policière qui assure (et franchement, elles assurent), de l’action (hyper spectaculaire) et de l’humour. Beaucoup d’humour. Du coup, la série ne se prend jamais vraiment trop au sérieux et sait dédramatiser un moment trop tendu avec une bonne réplique cinglante. Et puis il ne faut pas oublier le feuilletonnant, assez anecdotique au début (le héros se demande comment son papa de flic est mort) mais qui devient de plus en plus passionnant au fil des épisodes. Le season finale est jouissif et le cliffhanger de fin est l’un des plus malins vu depuis fort longtemps.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Hawaii five-0 se révèle très loin de la grosse daube annoncée : drôle, intelligemment ficelé, avec des personnages très attachants, elle se permet en plus le luxe de vous en mettre plein la vue. Une excellente surprise pour ceux qui cherchent une série fun mais pas stupide pour autant.

Sept ans que ça dure ! Après plus de 150 épisodes, CSI : NY semble siffler son chant du cygne dans son season finale qui fait un dernier tour de New York. Pourtant la série est reconduite pour une huitième saison ! Gary Sinise sera-t-il toujours de la partie ? C’est la question à cent mille dollars. En attendant, jetons donc un coup d’oeil à l’année qui vient de s’achever.

Ce sera donc la première saison sans Melina Kanakaredes qui laisse sa place à Sela Ward sans que cela ne vienne vraiment changer nos habitudes. Côté intrigue un peu feuillentonnante, on retrouve Mac confronté à son ancien formateur, devenu un poil bagarreur, et à un ancien détenu fraîchement libéré alors que c’étaient eux qui l’avaient envoyé sous les verrous.

A part ça, rien de neuf. On retrouve la production value typique des CSI et une réalisation plutôt clean. Les scénarios sont plutôt bien fichus, même si on commence à sérieusement se lasser du traditionnel “c’est de l’herbe qui pousse dans cette micro région de New York”. Bref, on nage en plein terrain connu et vu le succès de la franchise il n’y a pas de raison que ça change !

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une huitième saison.
Bon, il faut bien avouer qu’on commence un peu à se lasser des CSI en tout genre. A part ça, il faut reconnaître que la qualité est toujours au rendez vous mais on aurait aimé que la série commence à prendre un peu des risques histoire de nous titiller un peu.

Neuvième bilan, où on va (enfin) parler fantastique et SF ! Un bar bien spécial, des colocataires étranges, un sanctuaire pour les anormaux, une école mystérieuse, et la dernière version d’une franchise bien connue. C’est parti !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Bar Karma sort tout droit du cerveau de Will Wright, le mec qui assassine par millier les esprits de ces jeunes gens qui se laissent aller à jouer pour de vrai à ses Sims (oui, ceux qui ne passent pas leur temps à chercher différentes manières de tuer ces foutus personnages.) Willy est particulièrement malin : tout comme il ne vous vendait pas un vrai jeu mais un simple bac à sable, il ne vous vend pas une série mais un programme que les internautes devront écrire. Bien joué Willy, toi tu n’as pas besoin d’être sauvé.

Le problème quand on laisse les internautes écrire, et même si on utilise des professionnels pour lisser le tout, c’est que la plupart d’entre eux ne sont pas des scénaristes et ne connaissent quasiment rien à la dramaturgie… Et cela se fait fortement ressentir sur les scénarios de la série : si les idées sont généralement sympathiques (à défaut d’être bonnes !), le traitement est quasiment toujours absolument catastrophique, avec encore moins d’action qu’un épisode de Plus Belle la Vie et encore plus de dialogues explicatifs bidons.

Petit rappel tout de même pour ceux qui ne connaîtrait pas le concept : le bar Karma est un endroit à part de l’univers où vous pouvez voir les conséquences de vos actions, dans le présent et le futur, avant de décider comment agir, voir de retourner dans le passé pour tenter de tout changer. L’idée est séduisante donc – encore plus quand Willy se décide à glisser son grain de sel dans les derniers épisodes et à mettre un peu de feuilletonnant pour développer son univers.

Mais à part ça, c’est quand même le désastre du point de vue de la réalisation, de la production value (et de ses deux décors en studio), et des acteurs – une vraie et constante bataille pour prouver qu’ils jouent tous plus mal les uns que les autres. Sans ramage ni plumage, il ne reste qu’une sympathique idée de départ. C’est peu.

Final Score : 2/5, série en hiatus.
Participer à l’écriture de Bar Karma a peut-être été amusant pour certains internautes, mais le résultat est un vrai calvaire pour les spectateurs. Et vu que le reste est tout aussi à la ramasse, difficile de trouver un point positif à la série de Will Wright. Même les fans des Sims ferait mieux de retourner voir comment leur dernière création s’affame en essayant de sortir d’une piscine vide dépourvue d’échelle plutôt que de s’infliger ça.

Les amateurs de séries anglaises sont souvent très critiques avec leurs homologues américaines, encore plus quand celle-ci ne sont “que” des remake de leurs shows préférés. Du coup, Being Human US s’était fait une assez sale réputation avant sa diffusion sur Syfy. Essayons de voir vraiment ce qu’il en est.

Je dois commencer par vous avouer que je n’ai vu que le début de la série anglaise (une dizaine d’épisodes) lors de sa diffusion, il y a donc un peu plus de trois ans. Du coup, j’en avais un souvenir assez fugace mais plutôt positif, mis à part un casting qui ne m’avait pas particulièrement convaincu.

Face à cette version US, les souvenirs affluent tant les scénarios se ressemblent (les fans pourraient vérifier s’il ne s’agit pas de simples copier/coller). Le casting n’est guère plus convaincant, même si les acteurs semblent vraiment prendre du plaisir.

Being Human, c’est donc la vie en colocation d’un vampire, d’un loup-garou et d’un fantôme. Loin des intrigues à tiroir de The Vampire Diaries et beaucoup plus adulte dans ses thématiques qu’un Teen Wolf (heureusement, les personnages ont une trentaine d’années… ok, à part le vampire !), la série voudrait s’interroger sur ce qui fait de nous des êtres humains ou des monstres mais manque un peu le coche sur le sujet. En fait, l’histoire est juste fun et agréable à suivre et c’est déjà vraiment pas si mal.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Je ne pourrai vous dire si cette version US est meilleure ou pire que l’anglaise (qui va tout de même entamer sa cinquième saison) mais je peux vous assurer que ce Being Human est fort sympathique à suivre. Si vous chercher un show intéressant et fun, mais qui ne vous fera pas plus réfléchir que ça, vous pouvez sérieusement y jeter un oeil ! (Quant à tous les fans de la série anglaise, si vous détester cette version US merci de me dire pourquoi et peut-être que je ferai un comparatif entre les deux !)

Au premier abord, Sanctuary, avec ses effets spéciaux à la ramasse et ses faux décors en 3D pas franchement réussis, a tout pour rebuter même le plus hardcore fan de SF. Ce serait pourtant dommage de passer à côté de cette série qui réserve quelques moments magistraux… mais souffre aussi parfois de petits accidents industriels !

Car oui, c’est bien là tout le problème de Sanctuary : proposer à la fois des scénarios géniaux (notamment sur tout le passé de l’héroïne, Magnus, alliée de l’homme invisible, du docteur Watson, de Nicolas Tesla – un vampire – et de Jack l’éventreur !) et des quelques histoires franchement catastrophiques (oh, flûte, une grosse baleine a décidé de faire péter la planète) !

L’idée de départ permet de toutes façons plein de possibilités : le docteur Hélène Magnus dirige un Sanctuaire dans lequel tous les anormaux (comprendre toutes les bestioles et les êtres mythiques) peuvent être accueillis. Sur cette base relativement simple, les auteurs arrivent à tisser toute sorte d’intrigues et, peu à peu, installent un univers crédible et relativement jouissif.

Dommage que la technique ne suive pas et que certains décors en 3D soient juste à se vomir dessus. Dommage aussi que les acteurs ne soient pas tout le temps à leur maximum, on sent quelque peu un certain laisser-faire, comme s’ils ne prenaient pas totalement la série au sérieux. Mais c’est aussi ce qui fait la force de Sanctuary : ne jamais chercher à péter plus haut que son cul et juste proposer (la plupart du temps) de sympathiques épisodes.

Final Score : 3,5/5
Mettre un 3 serait cruel, mettre un 4 serait trop généreux… Sanctuary oscille vraiment entre des passages fabuleux qui vous donnent absolument envie de voir la suite, et des bourdes difficiles à pardonner ! Pour ceux qui sont en manque de SF ou de fantastique, voici un parfait palliatif qui pourrait tout à fait vous combler. Les autres passeront leur chemin !

Pas de méprise : Tower Prep était la première série live de Cartoon Network et se destinait clairement à un public d’adolescents de dix à quatorze ans – donc inutile de vous plaindre, si vous vous laissiez tenter à regarder le show, qu’il est un peu trop gamin. Avec cette notion bien en tête, que penser de cette nouvelle création de Paul Dini (un célèbre auteur de comics) et de Glen Morgan (un ancien de chez X-Files) ?

En pleine partie de jeu vidéo, Ian Archer se met à entendre un bruit strident et s’effondre au sol. Il se réveille à Tower Prep, une école bien mystérieuse, sans aucune idée de la manière dont il est arrivé là. Paniqué, il tente de s’échapper, mais des créatures étranges peuplent le bois qui entoure le bâtiment principal. Et Ian ne va pas tarder à découvrir que la fameuse école abrite en réalité uniquement des adolescents possédant des facultés extraordinaires…

Du mystère dans des questions dont les réponses ne révèlent qu’encore plus de mystères, voilà bien le leitmotiv de la série qui joue à 200% la carte du gros complot paranoïaque. Si les histoires sont amusantes et les scénarios plutôt bien rythmés, c’est bien le casting, choupinou et fort sympathique, qui accroche définitivement le spectateur. Par contre, ce dernier devra prendre sur lui pour oublier une réalisation assez déplorable (surtout dans les séquences de combats qui font penser à du Power Ranger ou n’importe quel sentai japonais), accablée par une production value strictement sans aucun moyen.

La série s’arrête malheureusement sans nous révéler tous ses secrets, mais surtout sur un gros cliffhanger bien stressant et c’est donc avec une certaine rage qu’on a appris son annulation par Cartoon Network. Dommage dommage, car tout ceci était franchement très rafraîchissant !

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Réalisation déplorable et production value sans moyen ne viennent pas entacher la fraîcheur et le dynamisme de Tower Prep, sympathique petite série à mystères destinée aux plus jeunes. Comme quoi, avec de bons scénarios et une histoire bien préparée, on peut quasiment convaincre tout le monde !

Le plus gros défaut de Stargate Universe, c’est sans doute de faire partie de la licence Stargate. Un vrai souci quand on sait que la direction prise par la série n’a pas convaincu les fans, ce qui a vraisemblablement mené à l’annulation de la série par Syfy. C’est aussi un problème pour tous les gens qui, comme moi, n’ont jamais accroché à la porte des étoiles et qui ne penserait jamais donner une chance à cette quatrième déclinaison en série. Reste une question : en tant que programme à part entière, que vaut ce SGU pour les fans de SF ?

De prime abord, pas grand chose – et ce pour la simple et bonne raison que Battlestar Galactica est passée par là et que le casting de SGU ressemble un peu trop à celui du mythique show avec Starbuck. Rush fait inévitablement penser à Baltar, le commandant Young rappelle un peu trop notre bon vieux Adama (mais sans la moustache…), et on retrouve même, au départ, la “bataille” entre les politiciens et les militaires. Sans oublier le concept lui-même : SGU voit un équipage de vaisseau condamné à errer dans l’espace en quête d’un moyen de retourner sur Terre. Ça vous rappelle forcément quelque chose…

Et pourtant, SGU mérite quand même toute votre attention. Pourquoi ? Parce que par ses histoires variées qui partent dans tous les directions, le show se fait le point de départ d’un nombre incalculables de réflexions autour de la SF, bien plus que ne le faisait un BSG qui avait tendance à s’enfermer dans ses délires religieux et son questionnement sur la nature humaine. Ne vous méprenez pas pour autant : Stargate Universe est loin d’égaler la série de Ronald D. Moore, tout simplement parce que si elle évoque une foule de thématiques, elle peine toujours à les traiter (ce que, au contraire, faisait parfaitement BSG). Du coup, impossible de ne pas ressentir une petite frustration face à des scénarios qu’on souhaiterait aller voir plus loin, alors qu’ils vont juste se contenter de nous titiller les neurones.

Le casting ne cesse de s’améliorer, tous les personnages prenant une certaine épaisseur, même le petit geek insupportable censé être le héros de la série au début (ce qui sent bon la geeksploitation bien calibrée)… Si on aimera tous la complexité d’un Rush (Robert Calyle, qui a rarement été aussi bon), on appréciera tout autant l’évolution du trio de scientifiques, ou le destin compliqué de la petite Chloé. La réalisation n’est pas en reste, souvent très imaginative et qui pallie grandement à une production design qui souffre de décors un peu trop récurrents (pas évident quand l’action est censée se dérouler sur différentes planètes.)

Sans tout vous spoiler, la série se termine sur deux sourires : celui sur l’écran et celui qu’il y aura sur votre visage.

Final Score : 4/5, série annulée à la fin de sa deuxième saison.
Stargate Universe souffre de faire partie de la licence Stargate et de passer après Battlestar Galactica. Elle n’en reste pas moins une série de grande qualité, qui évoque pléthores de sujets de SF mais peine parfois à les traiter. Un plus qu’agréable moment qui devrait ravir tous les fans de SF qui oserait se tenter à l’aventure.

Pour le premier post de 2011, je me suis longtemps demandé quelle serait la première série dont je parlerai. Force est de constater qu’à ce jour, aucun show n’aura été aussi puissant, magistral et inoubliable que Battlestar Galactica. Après avoir revu la quatrième (et dernière) saison en moins de trois jours, je sais qu’aucune autre série ne saura autant me faire voyager, réfléchir, pleurer, me poser des questions sur la nature même de l’humanité ou encore me faire siffloter des chants pseudo irlandais comme cette immense série de SF. Alors à tous ceux qui ne jurent que par The Sopranos ou The Wire, voici mon conseil du jour : laissez vous tentez par Battlestar Galactica. Une chose est sûre, vous n’en sortirez pas indemne.

Première affiche...

Pour ceux qui n’ont pas le temps de refaire le monde en regardant l’une des meilleures séries de tous les temps mais qui cherchent une petite série passée quasi inaperçue qu’ils pourront recommander dans les soirées huppées de la capitale, mon conseil sera de vous penchez sur Men of a certain age. Cette petite série de TNT, créée en partie par Ray Romano alias l’insupportable Raymond de Everybody loves Raymond, conte les mésaventures de trois hommes d’un certain âge (on va dire qu’ils sont plus proche de la cinquantaine que de la quarantaine) qui vivotent dans une espèce de petite banlieue assez morne. Men of a certain age partage un curieux point commun avec Battlestar : si la série de SF compte dans ses rangs Dean Stockwell, alias Al de la série Quantum Leap (Code Quantum), le show de TNT propose de (re)découvrir Scott Bakula, l’autre héros de Quantum Leap, qui n’a pas si mal vieilli…

Hummm.. deuxième affiche...

Men of a certain age n’est certainement pas la série qui va tout révolutionner ou dont vous vous souviendrez encore dans quinze ans, mais c’est sans doute la meilleure série à conseiller à toutes ces personnes qui ne regarde pas de séries car le cinéma c’est tellement mieux. Vous connaissez forcément une personne comme ça, qui se moque de l’histoire car elle préfère les silences des personnages entre deux plans, la poésie limpide d’une image de voiture qui s’éloigne, la douce brise de savants dialogues qui se heurtent dans la réalité de notre monde… Bref, vous voyez l’idée.

Mouais... y a pas comme un motif qui se répète là?

Vous voilà donc pourvu d’un excellent conseil pour briller en société en ce début d’année 2011. Au cas (très rare) où vous tomberiez sur quelqu’un qui a déjà vu la première saison (la deuxième venant de débuter en décembre) rigolez donc quand elle vous parlera du super vendeur de voiture black et d’un sourire étincelant répliquez : “mais faut bien avouer qu’il n’a eut que ce qu’il mérite à la fin. Il était vraiment trop pédant !” N’oubliez pas de lancer quelques : “ce Scott Bakula, il est vraiment pas mal. Un acteur qui joue un acteur aussi bien… quelle magnifique mise en abyme.” Sans oublier de conclure sur : “non, le seul problème, c’est Ray Romano. Il faut absolument faire quelque chose pour sa manière de parler.” Et là, vous verrez, vous serez le phoenix de la magnifique soirée dans laquelle vous vous trouvez.

Ce dimanche, accablé par ce beau temps qui s’abat sur la capitale depuis bientôt deux semaines, Binnie et moi-même décidons d’un commun accord que, puisque la météo ne veut pas de nous dehors, on restera à l’intérieur. Le seul souci étant que nous n’avons pas de DVD de The Wire sous la main, que nous avons déjà vu tous les Walking Dead sortis, et que le dimanche de M6 pourrait flinguer notre cerveau avec ses trois heures de Diner Presque Parfait. Soudain, l’illumination : j’ai bien apporté la troisième saison de Battlestar Galactica il y a quelques jours ! L’occasion de me replonger avec délice dans l’ère New Caprica et de revoir cette charmante scène : [kaltura-widget uiconfid="534" entryid="1_so9ro6r7" width="400" height="255" addpermission="" editpermission="" /]

Une telle introduction devrait logiquement vous poussez à vous lancer à corps perdu dans cette grande saga de SF, mais à vrai dire si vous ne l’avez pas déjà vu je ne peux que vous plaindre. Bon, vous me direz, il y a encore des gens qui n’ont pas vu l’intégrale de The Wire… Mais alors quid du conseil du jour ? Et bien, en pensant à une série passée qui se déroule dans le futur, je me suis remis dans la tête ceci :

Le Futur, c'est plus ce que c'était (aka : whoo, un hoverboard!)

Comme la vie est bien faite et que tout a un sens, il fallait que je regarde aujourd’hui l’épisode 6 de la deuxième saison de The Good Wife…  dans laquelle, accrochez-vous, Michael J. Fox vient faire son guest star en incarnant un avocat handicapé par une maladie nerveuse. On pourrait craindre le gros laïus médical et larmoyant, du mélo soutenu par une musique au piano, du gros truc massif qui vient nous rappeler que même nos stars d’Hollywood peuvent être malades. Connaissant la série, je m’attendais tout de même à ce que les choses n’aillent pas si loin : je voyais bien Alicia, la fameuse Good Wife du titre, écraser ce pauvre avocat de la défense et se poser des questions de morale à la fin de l’épisode. C’était mal connaître les scénaristes de ce show décidément bien roublard.

La preuve par l'image : Michael J. Fox est toujours petit.

Louis Canning, le fameux avocat incarné par Michael J. Fox, la joue carrément dirty et use et abuse de sa maladie pour amadouer le jury. S’amusant de la naïveté de l’héroïne, il la manipule dans tous les sens, sans qu’aucun jugement moral ne soit fait sur ce personnage décidément fascinant. Le héros de notre enfance s’amuse avec sa maladie de Parkinson, se moque de lui-même et du monde (faussement) condescendant qui l’entoure. Une réussite qui vaut absolument le coup d’œil – vous pouvez voir l’épisode sans avoir vu le reste de la série, vous comprendrez tout à deux ou trois détails près.

httpv://www.youtube.com/watch?v=K0-XmOepfkA

Sinon, sachez que vous passerez Noel sans J.J. Abrams – à moins de continuer à regarder Fringe. Undercovers, sa dernière et extrêmement décevante co-création vient de se prendre un coup de hache en pleine figure. Et dire qu’ils ont terminé sur une scène qui fait rebondir le feuilletonnant lancé dans le pilote : y en a vraiment qui y croit à mort…

J’aurai pu totalement passer à côté mais, heureusement, coloc est là pour veiller à toute l’intense activité du net et des séries et m’informait hier que ce mercredi 13 octobre se déroule l’international suit up day. Cet hommage au Barney Stinson de How I Met Your Mother s’avère être un beau produit dérivé de la série puisqu’il ne vend rien d’autre que le fait de rendre honneur au célèbre dragueur. Mais il ne faut pas croire que les petits gars du marketting des gros studios qui fabriquent les shows sont des branquignols : au contraire, ils ont déjà réussi à nous refourguer des produits dérivés bien surprenants…

Vous ne voudrez plus jamais faire de la route après ça...

Un peu commun de commencer par un simple CD ? Pas tant que ça quand on sait que ce “Road Mix” fait partie intégrante de l’histoire de la série : il s’agit purement et simplement de la compile préparée par l’un des personnages dans un épisode clé de la série One Tree Hill. Un show, d’ailleurs, qui s’est beaucoup consacré à la musique. Trois OST mettant en avant des groupes assez peu connus, un déluge de “live” au fil des épisodes, et même des personnages de chanteurs qui sont de vrais musiciens en réalité, One Tree Hill a toujours eu une grande volonté musicale… et pas toujours les moyens de ses ambitions ! Malgré tout, on ne peut que les applaudir d’avoir réussi à organiser une vraie tournée pour Bethany Joy Galeotti, l’une des principales actrices de la série, dont le personnage était au même moment… en pleine tournée !

Prix de l'originalité pour la couverture...

Les américains sont profondément tarés : après la série Castle, qui met en scène un romancier de thriller qui coopère avec la police pour résoudre des enquêtes, voici… les romans de ce même Castle. Ecrit par un être assez généreux pour ne pas révéler son nom et faire vivre la légende, ce premier thriller avait même réussi à faire jouer le jeu à des critiques importantes qui avaient fait comme si Richard Castle existait vraiment et qu’il avait déjà écrit plusieurs autres romans. Aucune idée de ce que ça vaut vraiment par contre. Si quelqu’un veut bien se dévouer pour le lire…

Suit Up !

A tout seigneur, tout honneur, on ne pouvait passer à côté du fameux “Bro Code” de Barney Stinson ou les mille et un conseils pour choper une fille. Là encore, on fait vivre la légende du personnage avec sans doute plusieurs auteurs qui se cachent derrière son nom et qui n’ont ainsi pas besoin d’assumer toutes leurs blagues. Un livre qui a finalement tourné au vrai phénomène de monde, repris par un nombre incalculable de sites internet et de nombreux magazines masculins. Et pendant ce temps, il y en a qui ignore encore que tout ça, c’est la faute au docteur Doogie

Made my whish list...

Enfin, voici le toaster cylon, déjà vu dans un épisode de The Big Bang Theory. Je crois que là, il n’y a vraiment plus rien à rajouter.

Avec Coloc, on s’est moqué pendant tout l’été du fait qu’on nous sortait du gros réchauffé pour la rentrée avec Hawaii Five-O : quoi, ils vont refaire la vieille série des samedis après-midi interminables sur TF1 ? On a encore tous en tête la petite musique du générique et les affreuses coupes de cheveux de ces héros qu’on n’a jamais vraiment aimés. Et puis on s’est demandé ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, les projets vraiment originaux et emballant n’étant pas  légion en cette rentrée 2010/2011. Ils fut un temps où au moins une quinzaine de pilotes nous faisaient rêver et nous prenaient vraiment par surpris. Serait-ce la crise des idées ?

J'espère que cette image va me ramener quelques lecteurs...

A l’instar donc de Hawaii Five-O, les projets de remakes modernes des séries ayant cartonnées dans les années 90 (voir avant…) pullulent depuis quelques temps, avec plus ou moins de succès. La faute, sans doute, au remake de Battlestar Galactica, qui a tout écrasé sur son passage pour devenir, à mon avis, la meilleure série de SF jamais créée. Les scénaristes ont su très intelligemment actualiser le récit et s’affranchir de tout ce qui aurait pu ringardiser le projet, tout en reprenant les plus importants codes graphiques des anciennes séries (par exemple le look des cylons, ou la technologie toute relative du vaisseau principal…) Mais cette intelligence ne touchera pas tout le monde, et certainement pas les auteurs du “nouveau” Melrose Place, sans doute la plus grosse catastrophe de l’année dernière. A trop vouloir faire plaisir aux anciens spectateurs en accumulant les guest de l’ancienne série, les scénaristes ont perdu le nouveau public qui n’en a strictement rien à faire (et pour qui Heather Locklear est juste une hasbeen en plastique.) 90210, peudo remake du Beverly Hills de mon adolescence, s’en sort mieux mais fait quasiment totalement abstraction de l’ancienne série pour devenir un show pour ado somme toute assez classique. Mais cette année, c’est bien Nikita, remake de la série La femme Nikita, elle-même adaptée du film du gros Luc, qui prend tout le monde par surprise. Remarquablement intelligent, le pilote nous sert un twist final (qui deviendra aussitôt le vrai pitch de la série) franchement inattendu et ne garde de ses grandes soeurs que les personnages à la psychologie complexe et l’ambiance assez morbide. Le tout en misant à fond sur le fun que ne devrait jamais oublier les séries d’espionnage. Enfin, Hawaii Five-O, dont on parlait tout à l’heure, mise sur un duo franchement drôle et attachant pour s’élever au-dessus du marasme des innombrables séries policières et mérite largement son succès. Comme quoi, remake ne veut pas forcément dire série poubelle…

La seule série qui peut se passer d'un casting fort... ou pas.

L’autre grosse solution trouvée pour palier au manque d’idées fraîches, c’est de transformer sa série en licence. C’est-à-dire de multiplier les spin-off (séries dérivées) tout en gardant la même formule. Le champion en la matière, c’est Dick Wolfe avec son Law and order, dérivé en Special Victim Unit, Criminal Intent, Trial by Jury, UK (oui, oui!) et cette année Los Angeles. Des changements mineurs à chaque fois pour une recette qui repose sur la coopération (ou non) entre la police et le tribunal de justice… On ne peut pas non plus ignorer nos charmants CSI, CSI : Miami, et CSI : New York, tous sortis de l’écurie Bruckheimer et dont les variations se basent uniquement sur la ville dans laquelle l’action se déroule. NCIS, elle-même spin-off du JAG, s’offre NCIS : Los Angeles l’année dernière et s’assure un carton plein. Pour un peu plus tard dans l’année, on nous annonce Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de… Criminal Minds ! A croire qu’il ne reste plus beaucoup d’idées de cop-show pour remplir les cases…

Ca me donne envie de boire de la vodka-pomme, allez savoir pourquoi.

Cette année, une nouvelle idée a germé dans la tête des producteurs, une idée qui n’est pas sans rappeler un phénomène assez couru dans les comics : faire des prequel, c’est-à-dire des séries dérivées qui se déroulent avant la série mère. Première venue (du moins récemment), Caprica nous décrit la lente construction des cylons de Battlestar Galactica. Mais encore une fois, les créateurs prennent tout le monde de cours en créant ce qui peut être considéré comme la première série FAMILIALE de science-fiction ! Caprica s’avère donc loin d’être une simple resucée de la série mère et regorge d’idées proprement fabuleuses. De son côté, Spartacus, la bonne surprise de l’année dernière chez Starz, ne pouvant enchaîner sur une saison deux à cause de problèmes de santé de l’acteur principal, s’offre une prequel dont on ne sait pour l’instant quasiment rien. A surveiller, donc…

Tellement mignons qu'on a envie de tous les abattre.

Enfin, l’ultime solution que nos confrères outre-atlantique ont trouvé, c’est tout simplement de racheter des séries à l’étranger et de les adapter pour leur pays. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas mais Modern Family, la sitcom qui a décroché tout plein d’Emmy cette année, n’est ni plus ni moins qu’un remake de Fais pas ci, fais pas ça, une des rares très bonnes séries françaises. Bon, mis à part la thématique de la famille et la manière de filmer façon documentaire, il n’y a pas beaucoup de points communs, ne serait-ce que la qualité, Modern Family ayant fini par profondément me gaver avec sa double dose de bons sentiments. La récemment décapitée My Generation était un remake du pilote d’une série suédoise, Scoundrels - qui n’aura duré qu’une saison – était un remake d’une série néo-zélandaise, et que dire du futur Skins version MTV remake de la célèbre série anglaise… Le phénomène n’est pas tout récent : souvenez vous de Ugly Betty, remake d’une telenovela colombienne qui a disparu sans laisser de traces. A croire que les américains feraient mieux de se trouver leurs propres idées !

Nuff said

Au final, ce n’est pas tant la propension des américains à faire du neuf avec du vieux qui pourrait poser problème, mais bien la lassitude des spectateurs à se voir proposer toujours un peu la même chose. Qu’on se le dise, cette année s’avère difficile pour la plupart des chaînes avec des audiences franchement en berne par rapport à l’année dernière. Les succès sont rares, les annulations s’accumulent et beaucoup de série ont vu leur développement arrêté, c’est-à-dire que les chaînes n’ont pas commander de nouveaux épisodes en plus de ceux déjà produits. L’âge d’or des séries serait-il fini ? Laissons l’année passer pour en avoir le coeur net…