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Curieuse semaine que celle qui vient de se dérouler. En effet, si on assiste au retour attendu de Stephen King sur nos écrans, ainsi qu’à la copie de Desperate Housewives, c’est aussi l’heure de tester une série (presque) française sur un grand network américain. Est-ce que tout cela valait le coup ? c’est le bilan de la semaine.

satisfaction-ctv-s1SATISFACTION (nouveauté – Canada)

On commence la semaine avec une nouveauté sitcom venue du Canada – c’est apparemment le nouveau genre à la mode là-bas si on compte le nombre de nouvelles comédies 26 minutes qui viennent d’être lancées. Avec Satisfaction, on tient fort heureusement un programme un poil plus convaincant que ceux fort affligeants de la semaine dernière. L’idée repose sur la cohabitation un peu particulière entre un couple et leur meilleur ami avec qui ils n’ont quasiment aucune inhibition. Ce trio de personnages assez barrés permet de lancer une intrigue franchement farfelue dans le pilote (le meilleur ami passe sa journée à chercher des glaçons…) et met une ambiance décalée dans un show autrement très sage. La réalisation ne casse pas trois pattes à un canard, les acteurs sont loin d’être exceptionnels et les blagues oscillent entre un niveau moyen et quelques belles trouvailles. Pas franchement convaincant, donc, mais pas détestable non plus. On attendra d’avoir vu quelques épisodes de plus histoire de se faire un vrai avis…

devious maids s1DEVIOUS MAIDS (nouveauté)

Avec Devious Maids, adaptation américaine d’une telenovelas, le network ABC en a pris plein la figure. Les critiques reprochent en effet à la série de ne mettre en scène que des femmes de ménage hispaniques, qui ne servent que des couples de blanc : raciste, le nouveau show de Marc Cherry (aka le papa de Desperate Housewives) ? Franchement, l’inverse aurait été radicalement pire – au moins le show ne ment-il pas sur la réalité d’une certaine ségrégation de l’amérique d’aujourd’hui. De plus, si les quatre femmes de ménage sont toutes bourrées de qualités (et de quelques défauts), les riches blancs sont eux passablement dégueulasses… Quant à ceux qui s’offusquent de ne pas voir d’asiatique ou de black parmi les femmes de ménage, on leur répondra que le show s’intéresse avant tout à la communauté hispanique et ne cherche en aucun cas à être représentative du melting pot américain.

Alors non, Devious Maids ne me semble pas raciste. Mais est-ce une série qui vaut le coup pour autant ? Ceux qui étaient fans des premières saisons (enfin, des premiers épisodes) franchement décalés de Desperate Housewives se retrouveront en terrain conquis : le nouveau show de Marc Cherry ressemble à un vrai décalquage avec ses quatre protagonistes et son meurtre inexpliqués en ouverture. Et si on retrouve les mêmes défauts, on retrouve aussi les mêmes qualités, avec un sens du rythme très pêchu, des situations abusives mais drôles, et quelques répliques vraiment bien senties. Après, rien ne laisse espérer que le show soit plus qu’une telenovelas avec un peu d’humour… Du coup, on se gardera bien de recommander ce pilote à tout le monde. Mais  pour passer un petit moment au frais dans le salon, entre deux plongeons à la piscine, là il faut bien avouer que ça pourrait peut-être vous convenir…

Under_The_Dome_1UNDER THE DOME (nouveauté)

Under the Dome, c’est avant tout un roman de Stephen King sorti en 2009, réputé assez inadaptable au cinéma. Du coup, c’est sur le network CBS que le bouquin se voit transformé en série. Et on peut dire que la chaîne a mis les gros moyens : Stephen King himself à la prod, sous la houlette de Steven Spielberg, et surtout le formidable scénariste Brian K. Vaughan aux manettes (si vous ne connaissez pas ses comics Y : the last man on earth, Ex Machina,  ou le plus récent Saga, vous DEVEZ y jeter un oeil.)

Avec une telle brochette pour diriger le show, force est de constater que le pilote déçoit un peu (on en attendait sûrement trop.) Le principe est déjà vu : une petite ville des Etats-Unis se retrouve subitement enfermée et coupée du reste du monde sous un dôme impossible à franchir. Comment les habitants vont-ils pouvoir s’en sortir ? Là où le scénario s’en sort, c’est sur ses personnages qui vont tous se révéler plutôt négatifs, déroulant ainsi la vision sombre de King sur son propre pays. Vaughan sait apporter du rythme à l’ensemble, ménager quelques bonnes surprises et surtout mettre de la vie dans ses dialogues. Dommage alors que la réalisation soit si terne, presque sans ambition, comme si le réal avait voulu nettement se mettre en retrait…

Allez, on attend là aussi la suite avant de se faire un vrai avis, mais on croise les doigts pour que Vaughan ne nous déçoive pas !

CrossingLinesKA_PCROSSING LINE (nouveauté – US / FR)

La dernière nouveauté de la semaine vient de chez nous ! Cocorico ! Sauf qu’en fait, même si elle a au départ été commandée par TF1, Crossing Lines est dirigée par une armée de scénaristes américains, en tête desquels se trouve Ed Bernero, entre autre créateur de New York 911… Pourtant, le principal souci de ce double épisode d’exposition se situe bien au niveau du scénario : c’est tout de même un comble qu’une enquête, dans une série policière, ne se résolve pas sur de réels indices mais sur l’utilisation d’une machine tout à fait imaginaire !

Mais cette histoire pas super réussie mis à part, Crossing Lines tient bien la route face à ses concurrentes. Le casting est assez réussis, avec un Marc Lavoine franchouillard des plus convaincants. Les personnages sont assez complexes pour qu’on ait envie de les suivre et l’équipe se complète finalement très bien. La réalisation reste tout à fait à la hauteur de tous les copshows qui pullulent sur les écrans US – c’est à dire que c’est déjà bien mieux que ce à quoi on est habitué en France !

A la vue de ce pilote, nul doute que les fans de séries policières pourront donner sa chance à la série qui, si elle ne propose pas un scénario assez convaincant dans ce double épisode, a les moyens de ses ambitions. Mais ceux qui sont lassés des super équipes de flics peuvent déjà zapper…

BRAD GARRETT, ELIZABETH PERKINS, ORLANDO JONES, REBECCA DELGADO SMITH, JON DORE, RACHEL EGGLESTON, SARAH CHALKEHOW TO LIVE WITH YOUR PARENTS FOR THE REST OF YOUR LIFE (série annulée)

C’est donc au tour de How to live with your parents (for the rest of your life) de rejoindre le cimetière des sitcoms lancées cette année. Dommage, car le show mettant en scène la délicieuse Sarah Chalke avait fini par me faire rire, passé les deux épisodes du début pas très convaincants. Toute la qualité de la série tenait dans la folie totale des personnages, en particulier des parents de l’héroïne, absolument délicieux. Mais le côté très gentillet et un peu moralisateur toujours imposé par ABC commence à devenir assez insupportable et plombe totalement les fins d’épisodes, laissant le spectateur sur une nette impression de ratage. Tant que les choses ne bougeront pas à ce niveau, les sitcoms ABC continueront de se casser la gueule…

Final Score : 6/10

Sympathique mais plombée par les bons sentiments imposés par la chaîne, How to live… ne restera pas dans les mémoires. Allez zou, au cimetière.

Veep-tvVEEP (saison 2)

J’avais eu du mal à accrocher à la première saison de Veep, dont les personnages par trop évanescent et le côté extrêmement foutraque m’agaçait quelque peu. Mais force est de constater que cette deuxième fournée d’épisodes sur la vice présidente des Etats Unis et son équipe de bras cassés a su corriger le tir et s’affirmer comme l’une des séries courtes les plus drôles du moment. Intelligente, rythmée, portée par Julia Louis-Dreyfus décidément très en forme, Veep est un pur petit régal… qui se mérite. Les scénarios sont loin d’être simples et il faut parfois sérieusement s’accrocher pour comprendre les enjeux mis en place. Mais pour ceux qui sauront se prendre un peu la tête, le show révélera sans doute les meilleurs moments de comédie de l’année.

Final Score : 8/10

Pas facile de se plonger dans Veep et ses scénarios parfois franchement complexes… mais faite un petit effort et vous y trouverez l’une des meilleures comédies de l’année !

 

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir la nouveauté la plus étrange de l’année… et peut-être de la décennie.

Un nouveau cop-show, sur CBS, tente de se faire une place dans cet univers surchargé. Y arrivera-t-il ? Rien n’est moins sûr. Et en attendant, Comedy Central et la télé anglaise tentent de nous faire rire… sans grand succès non plus. Retour sur cinq nouveautés dont on peut tout à fait se passer (oui, je sais, c’est pas ce genre d’intro qui va vous passer à aller lire la suite !)

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Golden Boy

Décidément, la télé US n’en finit plus de chercher de nouvelles idées pour révolutionner les cop-shows. Dernière création issue de cette quête impossible, Golden Boy s’intéresse à l’ascension fulgurante de Walter, un jeune flic qui est subitement promu au service des homicides (alors qu’il n’en a vraiment pas l’expérience). Par des flash-forward pas forcément très malins ni très fins, on découvre aussi que seulement sept ans plus tard il est devenu le plus jeune commissaire de police de l’histoire du département de New York. Comment en est-il arrivé là, lui demande un journaliste ? Regrette-t-il certaines des ses actions ? Il évoque même un suicide et des morts suspectes… Bref, attention spectateur, à toi de découvrir la manière dont ce jeune arriviste est arrivé au sommet !

Tout le problème est qu’il faudrait déjà qu’on suive un arriviste pour que le projet soit un peu intéressant. En réalité, Walter se révèle être un bon gars, qui était là au bon moment au bon endroit. Il a du flair et de l’intelligence, son seul défaut c’est de manquer d’expérience. Et quand il joue avec les limites de la loi, c’est pour faire le bien et jamais pour son propre compte. Un gentil à qui tout va réussir, ça vous motive vous ? Oui, moi non plus.

D’autant plus qu’à la vision du pilote, la série semble bien s’axer sur une formule pas franchement percutante. Un peu de flash-forward en début et fin d’épisode histoire de poser une thématique, puis retour au présent pour une enquête. Et pour l’instant on a bien du mal à voir ce qui va différencier ces enquêtes de celles de tous les autres cop-shows.

Au final, ce Golden Boy file à trois kilomètres au-dessus de la tête du spectateur qui luttera pour ne pas s’endormir devant ce programme qui ronronne terriblement. Catastrophe en terme d’audience (enfin, dix millions, n’importe quelle chaîne s’en accommoderait, mais pour CBS, la reine des séries policières, c’est une piètre performance), la série va devoir sacrément lutter puisqu’elle est là pour remplacer CSI:NY dans la case assassine du vendredi soir…

EDIT : CBS hésite et la série est pour l’instant programmée à nouveau le mardi soir. Golden Boy tiendra-t-elle le cap finalement ? C’est bien le seul vrai mystère de la série !

Mon Pronostic : le cas est complexe. Une série policière sur CBS ça ne s’annule pas si facilement que ça. Pour la peine je vais miser sur une deuxième saison…

ben show et nathan

Nathan for You

Dans le cadre de sa nouvelle soirée comédie, la chaîne Comedy Central propose deux nouveaux programmes assez curieux. Le premier, dont on parle ici, flirte avec la réalité au point que certains journalistes américains dénoncent le fait que le network est allé trop loin ! Le concept de ce Nathan For You a effectivement de quoi faire peur : titulaire d’un diplôme d’école de commerce au canada, le comique Nathan Fielder décide de venir en aide à des petits business qui ont un problème.

Le truc c’est que, bien entendu, Nathan a des idées complètement débiles. Pour faire venir du monde dans une boutique de glaces au yaourt, il invente un nouveau parfum : caca. A une pizzeria, il propose de garantir la livraison en huit minutes (ce qui est impossible) et d’offrir une pizza si le livreur est en retard… L’idée étant que la pizza offerte est absolument minuscule. Nathan Fielder donne même des conseils pour passer des entretiens d’embauche et assure que la victoire est à portée de main à partir du moment où on a confiance en soit. Pour preuve, dans plusieurs entretiens tests, il va n’utiliser que les mots de ses complices qui sont respectivement un gamin de dix ans, un comique agressif et une tortue. Oui, une tortue.

Le tout donne une émission fort étrange, très drôle à certains moments mais totalement dispensable. Sans histoire, sans progression, le show ne pose pas vraiment de questions sur la manière dont la télévision effrite de plus en plus les frontières avec le réel – ce n’est là qu’une question que se posent les journalistes, mais en aucun cas Nathan Fielder qui est juste là pour nous faire rire.  On est dans la pure parodie de la télé “enseignante” qui a envahi les cases de M6 dans notre cher pays avec ces émissions qui veulent nous apprendre tout et n’importe quoi. Ni plus, ni moins.

Mon Pronostic : Comedy Central n’a peur de rien. Je mise sur la commande d’une saison deux !

 

Ben Show

L’autre programme qui accompagne la nouvelle soirée comédie de Comedy Central se nomme The Ben Show et se révèle être le show de Ben Hoffman et… c’est à peu près tout. En totale roue libre, le comique enchaîne les pseudos sketchs de son invention et surtout l’auto-apitoiement sur un show qu’il estime lui-même complètement à la ramasse.

Comme Nathan Fielder, Ben Hoffman joue avec les frontières du réel, ne précisant jamais si ses invités sont des personnes réelles ou des acteurs. Mais là aussi, on s’en fout. L’important étant simplement de voir Ben réaliser une “grande et belle” aventure (insérer ironie ici). Dans le pilote, il achète un pistolet. Et on nous promet par la suite qu’il va monter un groupe de musique, trouver une religion ou encore auditionner pour une télé réalité. De notre côté, on va lui laisser un peu de temps pour arriver à nous convaincre, mais franchement c’est pas encore totalement gagné…

Mon Pronostic : on vous a déjà dit que Comedy Central n’a peur de rien ? Bien sûr que je mise sur la commande d’une deuxième saison !

lightfields

Lightfields (UK)

Les anglais semblent bien aimer les histoires de fantômes en ce moment : ça doit être la troisième ou quatrième mini-série UK que je vois avec des revenants en deux ans. Bref, Lightfields ne fait pas vraiment dans l’originalité en nous proposant une histoire autour d’une ferme sur trois générations, avec un meurtre originel qui va avoir des répercussions à toutes les époques et dont on ne connaîtra les causes qu’à la toute fin…

Et ce n’est pas les personnages relativement clichés, les acteurs pas forcément super impliqués ou la réalisation datée qui vont arriver à nous scotcher sur notre écran. Malgré toute la bonne volonté des personnes derrière ce pur produit télévisuel, le fait est qu’on s’ennuie ferme et qu’aucune des surprises prévues par le scénario ne fonctionne réellement. Et entre deux bâillements, il nous prend soudain l’idée d’aller chercher un bon bouquin fantastique…

heading out

Heading Out (UK)

Les aventures d’une vétérinaire lesbienne à la drôle de tête peuvent-elles nous faire rire ? Sans doute, mais ce n’est pas franchement le cas avec Heading Out, sitcom UK qui se veut innovante, maligne et percutante mais qui se révèle au final particulièrement déjà vu. Le pilote présente des personnages creux, une intrigue désespérante d’ennui et une ambiance générale vraiment peu attrayante. La télé US nous a habitué à ses nombreuses sitcoms pourries, il semblerait que la télé anglaise ait aussi trouvé les siennes…

 

Allez, rendez-vous très bientôt pour une nouvelle semaine en deux parties où on parlera enfin de l’autre série qui a secoué le web, la très politique House of Cards

Après des vacances plus ou moins forcées, le bilan de la semaine est enfin de retour. Il faut dire que du côté des Etats-Unis, les chaînes viennent de subir quatre semaines plutôt mouvementées entre un ouragan nommé Sandy, des élections présidentielles et… les premières vraies décisions de programmation pour la saison. Du coup, il a fallut pas mal se tourner du côté de l’Angleterre pour découvrir quelques nouveautés. Mais avant,un petit bilan des victimes de la hache de l’annulation.

Ah, ça fait les fiers sur la photo mais en vrai le casting de Last Resort fait plutôt la gueule. La nouvelle série de Shawn Ryan vient en effet d’être annulée par ABC suite à des audiences plutôt défaillantes. Reste que la chaîne n’éjecte pas le programme dans les limbes de l’oubli mais permet à toute l’équipe de terminer tranquillement le tournage des treize épisodes commandés en début d’année, qui seront tous diffusés d’ici la fin décembre. Et assez curieusement, ABC applique le même principe à la sympathique mais pas très convaincante 666 Park Avenue, série horrifique sur un étrange vieux bâtiment new-yorkais. De son côté, CBS annule l’assez pitoyable sitcom Partners. Et chez NBC c’est l’un peu trop dérangée du cerveau Animal Practice qui passe à moulinette. Ces deux sitcoms reviendront sûrement vers les vacances de Noel pour terminer la diffusion des épisodes qui ont été tournés, on en reparlera donc à cette période !

Ah, ça, il est mignon et drôle notre petit Ultimate Spider-Man entouré de sa bande de potes dirigé par le Shield ! Dessin animé diffusé sur Disney XD, Ultimate Spider-Man achève sa première saison avec des noms plutôt connus des fans de comics au rayon des scénaristes : Paul Dini, Joe Casey, mais aussi l’incroyable Bryan Michael Bendis. Le résultat est d’abord franchement réjouissant, les idées visuelles pleuvant, l’humour se mêlant à l’aventure avec une vraie grande classe. La série finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’épisodes lorsque les auteurs, en mal d’inspiration, commence à cumuler les guests de l’univers Marvel sans grande originalité. Fort heureusement, le triplé d’épisodes de fin recadre les choses pour offrir un final tout simplement époustouflant. Les amoureux du tisseur peuvent donc y aller les yeux fermés, ils ne risquent pas d’être déçus.

Final Score : 7/10

Ultimate Spider-Man étant un dessin animé, de super-héros de surcroît, la série ne plaira pas à tout le monde. Peu importe, ce sont clairement les fans de l’homme araignée qui sont visés, et eux devraient être ravis de la qualité générale. Pour une fois qu’un tel produit n’a pas été conçu à l’arrache par des gens qui n’y connaissent rien mais par de grands professionnels du comics, on aurait tort de se priver…

Covert Affairs nous quitte à nouveau, mais cette fois c’est bel et bien la fin de la troisième saison et le temps est venu de faire un bilan sur cette étrange série d’espionnage. Pourquoi étrange ? Parce que l’idée de départ était de faire une série romantique avec des espions : les histoires d’amour étaient vraiment au coeur de toutes les relations entre les personnages. Trois ans plus tard, il fallait bien évoluer et recentrer les choses. Cette saison fut donc l’occasion pour les auteurs de corser un peu le personnage d’Annie, l’héroïne, de virer les boulets qui l’entourent (comme sa soeur) et de la pousser dans ses retranchements d’espionne. Annie se fait manipuler par une espionne encore plus maligne qu’elle, mettre en taule en russie, abandonner par ses supérieurs, tirer dessus, trahir par son meilleur ami, etc. Le tout tourne, encore, autour d’une histoire d’amour et de vengeance, mais celle-ci est franchement originale et amène des rebondissements auxquels on ne s’attendait franchement pas. Le show nous fait par ailleurs toujours voyager aux quatre coins du monde (avec un superbe final à Amsterdam), mais la réalisation et la production design reste toujours assez pauvres. Peu importe, le pari est réussi : alors qu’à la fin de la première saison je ne pouvais plus saquer cette sale petite espionne blonde, j’attend aujourd’hui avec impatience la suite des mésaventures d’Annie. La quatrième saison a intérêt à continuer sur cette bonne lancée.

Final Score : 6/10

Série d’espionnage peu flatteuse visuellement et dont les interprètes ne sont pas franchement des acteurs inoubliables, Covert Affairs remonte malgré tout dans mon estime grâce à ses scénarios originaux et qui osent enfin aller creuser dans les travers des personnages. Ce n’est pas une grande série, mais c’est déjà un show fichtrement intéressant.

C’est déjà la fin des aventures de nos quatre petites sorcières de Camden qui officiaient dans la sympathique première saison de Switch, diffusée en Angleterre sur iTV2. Il n’y a pas grand chose à dire sur cette comédie aux personnages un peu trop caricaturaux et à la réalisation pataude mais dont les dialogues (assassins) suffisent pour nous entraîner dans les épisodes. Ce n’est pas du grand art, loin de là, mais on rigole beaucoup et c’est sans doute le plus important pour une série comique !

Final Score : 5/10

Switch pourra vous faire sourire un dimanche soir avant de reprendre le boulot, mais vous pouvez plus vraisemblablement la refiler à votre petite soeur qui, elle, s’amusera franchement dans cette version so british de Charmed… avec un ton nettement plus proche de Skins !

C’est marrant comme on peut avoir des avis différents  : alors que je suis totalement sous le charme de Hunted, la série semble beaucoup moins convaincre les (rares) personnes qui l’ont regardé. Série d’espionnage inventée par le tortueux esprit de Frank Spotnitz, l’une des têtes pensantes de X-Files, le show met en place un scénario absolument machiavélique dans une réalisation sobre et terriblement efficace. Les personnages sont soignés et intrigants, les révélations finales convaincantes, et l’ambiance franchement glaçante. Bref, c’est une pure réussite pour qui apprécie le genre, mis à part lorsque le show nous sert des flashbacks plutôt honteux pour dévoiler petit à petit le mystère qui entoure le personnage principal. C’est d’autant plus embêtant qu’on ne s’intéresse pas du tout à cette intrigue sauf dans le tout dernier épisode qui met en place les bases d’une suite qui aurait pu s’avérer absolument géniale. Problème : la BBC vient d’annuler la série, et Cinemax, qui coproduit le show aux Etats-Unis est en relation avec Spotnitz pour rebooter la série qui s’avère beaucoup trop chère pour eux tout seul. Saurons nous un jour qui est cette personne au doigt coupée ? La réponse se trouve quelque part dans l’avenir.

Final Score : 8/10

J’ai personnellement adoré Hunted malgré ses quelques minuscules défauts. Le problème vient plus du genre (l’espionnage) qui ne convaincra pas forcément tout le monde d’y jeter un oeil. Mais si vous appréciez les personnages et les scénarios alambiqués, vous feriez bien de vous plonger dans l’univers de Sam Hunter,

La première nouveauté de ces quatre dernières semaines, c’est Malibu Country, sitcom diffusée par ABC dans le vendredi de la mort. Pour les américains, c’est le grand retour de Reba (c’est même marqué sur l’affiche), chanteuse de country ultra populaire et héroïne de la sitcom Reba pendant sept ans – un succès quoi. Le pitch rapidos : une ancienne chanteuse de country qui a abandonné sa carrière pour ses enfants et son mari découvre que celui-ci la trompe. Ni une, ni deux, elle quitte Nashville et déménage en Californie (dans une maison de son ex mari) pour refaire sa vie et relancer sa carrière. Ça paraît nul comme ça… et ça l’est à peu de choses près. Car il faut bien avouer que le pilote sait faire preuve de beaucoup d’humour et innove en cherchant à décoincer un peu l’image de son actrice principale. Reba se moque donc d’elle-même en campant une femme de la campagne aux idées un peu trop archaïques pour survivre en Californie. Face à sa fille qui s’enferme dans une chambre avec son ami gay (avec qui elle s’entraîne à rouler des pelles), son fils qui se rend compte qu’il n’est plus le beau gosse du coin et qu’il n’a donc plus d’identité, ou encore la grand-mère qui force sur le whisky tout en découvrant les joies des sucettes au cannabis, notre héroïne aura de quoi faire. La série se veut tellement progressiste d’ailleurs que je me suis dit qu’elle allait tout de suite se casser la gueule. Grosse erreur puisque le pilote s’est offert un audimat tout simplement jamais vu dans la terrible case du vendredi soir. Le show s’assurerait-il d’office un succès ? Pas vraiment non plus, l’audience s’effondrant lors des deuxièmes et troisièmes épisodes (que je n’ai pour l’instant pas vu, donc j’ignore si la qualité s’effondre avec l’audimat !)

Mon Pronostic : Reba a encore le pouvoir de séduire une Amérique qui semble apprécier la country comme le prouve le succès de Nashville, ridicule série musicale diffusée actuellement. ABC n’a de toutes façons rien d’autre à diffuser le vendredi, du coup je mise sur une commande de saison deux à la fin de l’année.

LA grosse bonne surprise de ces dernières semaines, c’est assurément la comédie (en 42 minutes) Wedding Band diffusée sur TBS. Comme l’affiche et le nom l’indique, il s’agit des mésaventures (à tendances romantiques) d’un groupe de mariage fan de rock… bon ok, de vieux rock à papa, un peu mou, genre Scorpion, U2 et compagnie. Menée par LE David Silver de Beverly Hills (ou un putain de bad guy dans Terminator : The Sarah Connor Chronicles), la série met aussi en scène ce bon vieux black de Lost qui ne servait à rien ou encore le seul mec à s’être fait viré de NCIS : Los Angeles. Bref, sur ce casting pas très folichon se dresse un show à l’humour irrésistible, extrêmement dynamique et fondamentalement bien conçu. Oh, certes, on ne court pas à l’originalité à tout prix mais bien à une vraie quête de fun… et de rock ‘n’ roll.

Mon Pronostic : une comédie sur TBS qui profite des rediffusions de The Big Bang Theory diffusées juste avant, a tout ce qu’il lui faut pour cartonner… sauf si elle est diffusée un samedi. Je sens que Wedding Band, malgré ses qualités, ne va pas rester longtemps sur nos écrans : annulation à la fin de la première saison.

De l’autre côté de l’atlantique, la BBC3 (la chaîne la plus “jeune” du groupe) nous propose Some Girls, une série résolument très british sur un groupe de copines qui… fait du foot. Oui, du soccer. Entre deux parties (généralement perdues) elles parlent de fellation, de rupture, tuent des hamsters, prennent toutes sortes de cachetons, gardent leurs petits frères et soeurs, fument des spliff dans des maisons pour enfant, et envoient chier leur belle-mère. Bref, c’est méchant, corrosif, parfois un peu vulgaire, pas du tout crédible mais tout à fait dans l’esprit de ce que les anglais pensent de leurs ados. Ceux qui sont largués par Skins peuvent y jeter un oeil, ceux qui veulent voir des adolescentes totalement délurées peuvent aussi y jeter un oeil, ceux qui s’attendaient à la révolution des séries ados peuvent totalement passer leurs chemins.

Autre série surprise anglaise, Nick Nickleby est l’adaptation contemporaine d’un célèbre roman de Dickens. Le budget est riquiqui, les comédiens semblent sortis d’un soap opéra, et la vieille censée nous tirer la larme s’avère exaspérante au bout d’environ trois minutes. Maniéré dans son fond comme dans sa forme, cette mini-série qui a fait un passage éclair sur la BBC One (un épisode par jour pendant une semaine), n’aura pas su me convaincre de dépasser le pilote.

Enfin, Secret State, diffusée sur Channel 4, fera s’arracher les cheveux à ceux qui trouvait Boss déjà bien compliquée ! Adapté d’un roman écrit par un politicien anglais dans les années 80, lui-même déjà adapté en mini-série culte aux multiples récompenses en 88 (sous le titre original A Very British Coup), le show met d’emblée dans l’ambiance avec un Gabriel Byrne exceptionnel et – chose très rare – un format scope (c’est à dire que vous allez avoir des bandes noires même sur vos superbes télé 16/9) qui fait éclater littéralement la mise en scène impeccable. Alors oui, il faut s’accrocher pour suivre les aventures de cet homme politique qui se retrouve propulsé premier ministre suite à la mort de son prédécesseur dans un accident d’avion. Entre enquête sur les circonstances étranges de cet accident, magouille politique pour faire avouer un industriel qu’il est à la source d’une explosion qui a ravagé une ville, ou encore négociations compliquées avec les Etats-Unis, le scénario s’avère massif et complexe. Pour autant, on ne perd jamais de vue les personnages, leurs états d’âme et leurs objectifs. Une grande et belle série commence… reste à voir où elle va nous emmener.

Allez, à la semaine prochaine (si, si, promis !) pour parler de… vous verrez bien !

Voilà donc la suite du bilan de la semaine, avec pas moins de cinq nouveautés et deux départs. Quand on vous dit que la rentrée commence vraiment, on ne vous ment  pas !

Allez, j’ai décidé d’être un peu mois fainéant pour cette suite que pour la première partie, alors je vous laisse avec la liste de toutes les séries qui ont repris cette semaine…

Treme ; Hawai Five-O ; How I Met Your Mother ; 2 Broke Girls ; Mike & Molly ; NCIS ; NCIS : LA ; Private practice ; New Girl ; Call me Fitz ; Criminal Minds ; Revenge (enfin plus ou moins car il s’agit d’un épisode récapitulatif de la saison passée…) ; The Middle ; Modern Family ; South Park ; Law & Order : SUV ; CSI ; Grey’s Anatomy ; Person of Interest ; Scandal ; The Big Bang Theory ; Two and a half men ; CSI : NY ; Blue Bloods ; et enfin la dernière saison de Fringe ! Ouf !

On en avait déjà parlé pendant l’été, lorsque NBC avait diffusé le pilote histoire de tester un peu la série, mais il est bon de revenir sur Animal Practice dont la vraie diffusion a enfin démarrer. Il s’agit donc toujours d’une sitcom sur un hôpital dédié aux animaux, avec un humour particulièrement absurde et un singe parmi les rôles principaux (ben oui, quoi, un singe.) Le seul souci, c’est que tout ici fait penser à une application de la recette inventée par Community, sans forcément en comprendre tous les fonctionnements. Humour décalé, hommages appuyés aux geeks, personnages stéréotypés à outrance, et même le petit jeu amoureux entre le couple frontal : impossible de ne pas penser aux aventures se déroulant à Greendale. Pour autant, sur ses deux premiers épisodes, Animal Practice arrive à rester drôle et accrocheuse : malgré ses quelques défauts, on ne s’ennuie pas, on sourit, on rit même parfois, et en ces temps de disette de bonnes sitcoms (alors qu’on nous en balance plein la gueule !) ça fait du bien. On croise les doigts pour la suite ?

Mon Pronostic : il y a quand même peu de chance que ce programme décalé fonctionne : trop décalé pour les américains traditionnels, pas assez et surtout arrivant après Community pour les autres, Animal Practice aura du mal à trouver son public. Je mise donc sur une annulation en cours de saison (même de la part de NBC…)

Vous savez les gars, nous aux Etats-Unis, on remet tout en question. Ouais, même notre bonne vieille armée maintenant qu’on a compris qu’on s’était bien fait niqué pendant plusieurs guerres. Du coup, y a des gens qui se sont dit que fallait en parler, tu vois. Alors ils y sont allés, parce que bon, Last Resort, c’est quand même une série de militaires, alors on pose les coucougnettes sur la table. Je te le fais rapide : y a quelqu’un aux Etats Unis il veut bombarder le Pakistan. Y a nos héros ils sont dans un sous marin nucléaire et ils reçoivent l’ordre. Mais bon ils ont un doute, alors ils le font pas. Après ça vire à la mutinerie. Et au final, on essaie de les torpiller pendant que simultanément les mecs de la maison blanche ils balancent des nuke sur le Pakistan. Alors les mecs du sous-marin ils investissent une île, et ils se déclarent indépendant. Honor in Defiance mon gars.

Bon après c’est vrai que les personnages, ils ont pas été trop bossé et que le casting il fait un peu de la peine. Et puis le pilote il est mou du cul et il montre pas du tout ce que sera la série par la suite. Et puis on a pris des réalisateurs au rabais parce que bon faut pas déconner non plus, le budget il est pas illimité (on s’appelle pas Revolution nous…) Alors voilà, en vrai pour l’instant, on peut pas en dire grand chose de notre série, parce qu’on a aucune idée de où ça va aller. Tu sais comment ça s’appelle ça ? Un pilote bien raté.

Mon Pronostic : allez, ça va le faire au moins pour une saison. ABC ne commandera pas la deuxième par contre, trop cher en drapeau américain…

Je n’y croyais pas du tout, mais il faut bien avouer que pour – du moins pour le pilote – Lucy Liu en guise de Docteur Watson, ça marche ! Car oui, Elementary est bien une énième déclinaison de Sherlock Holmes. S’éloignant des films récents en choisissant l’époque contemporaine, et s’éloignant totalement de la série anglaise en détournant le couple crypto-gay, cette nouvelle version américaine n’avait de prime abord pas grand chose à apporter. Et pourtant ce cher Sherlock est une nouvelle fois adapté, transformé (en ex-addict sur le chemin de la rédemption pour cette fois) et les auteurs ont eu la bonne idée de ne pas le jouer irascible et cruel – ce qui n’en aurait fait qu’un Gregory House bis (lui-même étant inspiré de Sherlock !) – mais plein de fissures, de doutes, et quand même de mauvaise foi. La suite de la série est censée être une bromance entre un homme et une femme, et promet que les enjeux amoureux ne seront jamais posé sur Sherlock et Watson… mais on attend de voir. En tous cas, le pilote est très plaisant et nous laisse sur cette question pas si évidente : Elementary ne sera-t-elle qu’une série policière de plus ou tiendra-t-elle ses promesses ? La réponse, cette saison.

Mon Pronostic : j’ai du mal à croire que ce show pourrait totalement se casser la gueule. Je vais donc miser sur la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

Imaginez tout un pays qui s’enthousiasme depuis quatre ou cinq ans pour ses pires ploucs, et se met à faire l’apologie d’une certaine bêtise humaine mais avec un vrai bon fond et une morale familiale à l’extrême. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis où le New Jersey prend sa revanche à base de télé-réalité bas de gamme et autre concert de pétasses vulgaires affirmant leurs convictions politiques tout en se recalant le string en direct à la télé. Assez curieusement, quelqu’un a eut l’idée de mélanger ceci avec The Good Wife, soit prenons deux extrêmes, mixons tout ça dans un grand pot et voyons ce que ça donne. La réponse se nomme Made In Jersey et obtient haut la main le titre de la série la moins inventive et surprenante de l’année. Voici donc les aventures d’une avocate venue du New Jersey, qui bosse chez des riches New-Yorkais et qui va s’avérer super forte. Legally Blonde sans Reese Witherspoon, l’humour ou encore l’analyse du personnage : c’est la débâcle. C’est bien simple, j’avais beau faire du vélo en regardant Made In Jersey, j’ai bien failli m’endormir. A garder uniquement pour les nuits d’insomnie.

Mon Pronostic : c’est typiquement le genre de série qui malgré tous ses défauts peut durer dans le temps (n’est-ce pas Blue Bloods ?), du coup je mise sur la commande d’une deuxième saison…

Elles nous quittent et nous reviennent régulièrement, voici donc la troisième itération animée des Teenage Mutant Ninja Turtles, connues chez nous sous le simple sobriquet de Tortues Ninjas. Alors que j’avais très peur du look full 3D mode peluche des affiches et des trailers, il faut bien avouer que en action, sur un double épisode de départ, ça marche plutôt bien. Les auteurs l’ont bien compris, la force de la série réside dans la complémentarité entre les quatre protagonistes qui sont ainsi encore plus poussés dans leurs différents retranchements. April est transformée pour l’occasion en adolescente fille d’un scientifique qui s’est fait enlevée par les terribles Kraaank, et Shredder fait vraiment flipper lors de son apparition finale. De l’aventure, du ninja, un peu de geekerie scientifique, et surtout beaucoup, beaucoup, beaucoup d’humour, avec en prime un feuilletonnant qui peut s’avérer très sympa. Bref, c’est tout comme avant, mais en mieux, et parfois je regrette de ne pas avoir dix ans en 2012. Qu’importe, je regarderai quand même la série, idéale pour les dimanches après-midi de gueule de bois.

Mon Pronostic : c’est les TMNT, il y aura forcément une deuxième saison !

Du côté des séries qui terminent leur année, c’est la fin de la troisième saison de Louie, soit les aventures douces-amères du double sans le s mais avec un e du comique Louis C.K. Oscillant constamment entre humour et grincement de dents, la série se présente comme une suite de scènes de vie dérisoires entrecoupées (parfois) d’extrait de stand-up. Force est de reconnaître qu’il y a beaucoup de moments touchants ou de séquences dans lesquelles le comédiens/réalisateur/scénariste/producteur touche juste, mais il est parfois fatigant lorsqu’il s’apitoie un peu trop sur son sort. Le pire est atteint quand il sort les violons pour accompagner la chute de son personnage dans le dernier épisode, que je prends comme un véritable aveu de faiblesse sur la réalisation. C’est d’autant plus rageant que cette saison est de très loin la meilleure et que le destin de Louie devient vraiment très intéressant et dépasse le strict cadre de la chronique pour commencer à s’emparer d’un beau sujet, autour des dessous du monde de l’humour. Mais bam, catastrophe, ce dernier épisode vient en remettre une (mauvaise) couche dans les dix dernières minutes, proprement affligeantes et dont on se demanderait presque si elle ne sont pas une tentative de l’homme pour suicider sa série. Allez Louis, va prendre des vacances et revient nous en forme.

Final Score : 3.5/5

Franchement, tout le début de la saison mérite au moins un 4, si ce n’est un 4.5, mais je me sens obligé de condamner ce dernier épisode qui m’a fait plusieurs fois me vomir dans la bouche. Louie, ou la série que j’aime bien, mais qui a vraiment su me mettre en colère.

Pour sa deuxième saison, le petit show canadien qui fonctionne pas si mal que ça aux Etats-Unis, The L.A. Complex, plonge plus en profondeur dans son sujet, soit la quête de la réussite dans les milieux artistiques à Los Angeles. Exit la bimbo blonde qui se frayait un chemin dans l’univers du porno, sans doute plus parce que les auteurs n’avaient plus grand chose que par peur d’une quelconque censure. Exit aussi le petit musicien gay pour se concentrer sur son ex, un rappeur musclé qui permet de traiter de l’acceptation de soi-même plus que du coming-out. Les intrigues fleurissent et ne se ressemblent pas, la série s’attaquant à toute sorte de sujet en y allant franchement, notamment lorsqu’elle s’intéresse à l’église de la scientologie, sans la citer, mais en rentrant profondément dans ses mécanismes. On y parle aussi du sacrifice de son identité pour un autre (la grande soeur et le petit frère), des méthodes radicales de la télé-réalité mais surtout de comment ceux qui en sont les acteurs en profitent tout autant que les producteurs, de parties à trois, du manque de travail, de la surcharge de travail, du mensonge sous toutes ses formes, un peu d’amour et au final beaucoup d’amitié. Malgré son petit budget, The L.A. Complex frappe fort, très fort.

Final Score : 4.5/5

Pas loin d’être la meilleure série de l’été, et vraisemblablement l’un des shows les mieux écrits du moment, The L.A. Complex ne souffre que de son budget ridicule et de comédiens pas franchement tous à la hauteur. Ce n’est pas une raison pour se refuser LE show sur L.A. !

La semaine prochaine, les choses se calment ! On en profitera donc pour faire le point sur ce qu’on a vu de pire et de meilleur dans ce début de saison…

Cette troisième semaine de rentrée est tellement riche en nouveauté, que j’ai été obligé de la découper en deux ! Voici donc la première partie de ce bilan de la semaine qui annonce un peu mieux comment l’année va se dérouler…

Je ne vais pas vous faire la liste de toutes les séries qui ont repris, ce serait franchement trop long. Et puis, si vous suivez une série, vous devriez savoir si elle a repris ou non ! On passe donc directement aux nouveautés de la semaine…

Hey, tu te souviens quand on a créé Will & Grace et qu’on a eu un énorme succès pendant huit ans ? Si on retentait le coup dix ans plus tard ? On n’aurait pas grand chose à changer, on prendrait juste des acteurs récemment au chômage suite à l’annulation de leurs séries (Ugly Betty et One Tree Hill) histoire de les payer encore moins cher. Alors voilà, on met un couple de gay, un couple d’hétéro, et puis y a un gay et un hétéro qui sont amis. Passionnant, hein ? Non ? C’est pas grave, on va mettre des blagues… Oui, je sais, on sait pas les écrire, mais bon on aura qu’à fouiller dans les vieilles sitcoms des années 90 pour trouver des répliques rigolotes. Mais si, je t’assure qu’on va pouvoir le vendre quelque part, sans doute sur CBS, ils sont tellement en rade de sitcom qu’ils prendraient n’importe quoi. Un titre ? Bah, pourquoi pas Partners, avec un S bien marqué histoire de suggérer que tu vois y a quatre amis et trois couples. Tient, on va en faire la tagline. Allez, je te rappelle lundi et on se tourne un pilote.

Mon Pronostic : s’il te plait dieu de la télévision, fait en sorte que cette sitcom soit annulée avant la fin de sa première saison. Merci, je te revaudrai ça.

Vegas, c’est avant tout l’histoire de deux acteurs. Le premiers, Dennis Quaid, a été plus ou moins oublié ces dernières années, et il veut renouer avec le public familial américain en jouant les cowboys burnés, ceux qui ne s’en laisse pas conter. Le deuxième, c’est Michael Chiklis, qui a beaucoup mangé au KFC depuis l’arrêt de The Shield et qui s’est compromis dans des choses difficilement défendables ces dernières années. Lui, il veut renouer avec le public pseudo intello américain en jouant les ordures de premières, un ponte de la mafia dur mais juste et très intelligent. Les deux se rencontrent autour d’une table de poker à Las Vegas, parlent du désert aux alentours et de tombent d’accord sur le fait qu’ils ne comprennent pas pourquoi Mad Men marche autant. Et soudain, ils ont la révélation : Vegas + Mad Men + leurs personnages = l’histoire d’un flic cowboy et d’un mafieux dur mais juste dans Las Vegas au début des années 60. Ils sont tellement content de leur idée qu’ils veulent le produire eux-mêmes et faire enfin LEUR show. Mais bon, comme ils veulent quand même un gros chèque chacun (faut pas déconner avec l’argent les gars), ils signent avec un gros network, CBS en l’occurrence. Et c’est pas grave si la chaîne est réputée pour faire sombrer les meilleures idées dans les pires formula, l’important c’est qu’ils soient tous les deux en haut de l’affiche avec un paquet de bifetons dans les poches. Et le pilote au final ? Bah, mis à part l’étrange beauté éternelle de Carrie-Anne Moss, on n’en retiendra pas grand chose.

Mon Pronostic : c’est un cop show sur CBS, les gars, avec deux grosses têtes d’affiche. Vous croyez vraiment que ça sera annulé ? Pour moi, une saison 2 est presque d’ores-et-déjà commandée.

Parmi la tripotée de pilote de sitcoms qu’on nous a balancé ces dernières semaines, Ben and Kate est curieusement l’un de ceux qui m’a le plus réjouit. Pourquoi curieusement ? Parce qu’il n’y a pas de stars parmi les acteurs, pas de noms connus à la production ou à l’écriture, et même pas un concept particulièrement excitant. Peut-être que ce qui m’a vraiment accroché, c’est la thématique de la série, assez peu vue ces derniers temps. C’est donc l’histoire d’un frère et de sa soeur. Lui vagabonde dans le monde entier, elle est une jeune mère célibataire qui galère avec sa vie. Les deux finissent par décider de vivre ensemble et de se soutenir comme ils le faisaient quand ils étaient enfants et que leurs parents se disputaient. On ne peut pas dire que cette base soit forcément très motivante, et pourtant… franchement drôle et adorablement sincère, Ben and Kate ne cherche pas à choquer ou à jouer les originales pour sortir du lot. Elle sait se faire sensible, touchante, et surtout mise juste sur la relation frère-soeur. Tous ceux qui se sont retrouvés dans cette configuration familiale (bref, tous ceux qui ont une soeur et toutes celles qui ont un frère !) se retrouveront forcément dans cet étude de caractère pour l’instant très réussie. Et au final, c’est sans doute pour ça que la série fait mouche…

Mon Pronostic : Ben and Kate propose assurément un très joli pilote, mais il est difficile de croire qu’une telle sitcom, sur la Fox de surcroît, puisse vraiment attirer le public américain. C”est donc avec regret que je mise sur une annulation avant la fin de la première saison.

Oups… A cause de sa sympathique petite bouille et pour toutes ses années passées à me faire rire dans The Office, j’avoue que j’ai un petit faible pour la sympathique Mindy Kaling. Mais sa sitcom, The Mindy Project, qu’elle a créée et dans laquelle elle joue, a bien du mal à convaincre avec son pilote mal fichu. Bourré de mauvaises idées volées à droite et à gauche (comme l’obsession de l’héroïne pour les comédies romantiques, montré dans un montage déjà vu cent fois au début de l’épisode), cet épisode n’arrive pas à présenter les ressorts de la série, à nous mettre sur la voie de ce que le show va raconter. Le personnage principal n’est de plus pas particulièrement attachant, alors que le reste du cast reste quasiment invisible et sans profondeur. Le projet a sûrement perdu de son identité en passant de NBC (ou Mindy Kaling a ses entrées) à la Fox, c’est du moins la seule explication que je trouve pour justifier ce sacré foutoir de 26 minutes. On verra comment se passe la suite…

Mon Pronostic : un projet mal démarré, diffusé sur la Fox ? On peut lui dire au-revoir dans quelques mois au plus tard…

Dépêchez vous de jeter un coup d’oeil à The Neighbors, sitcom déjà mort-née malgré sa diffusion entre les deux poids lourds d’ABC que sont The Middle et Modern Family. Cette histoire d’une famille qui emménage dans une petite communauté d’extra-terrestre fait quelque peu penser à 3rd Rock from the Sun, mais s’en éloigne sur de nombreux points. Absurde, ridicule, complètement débile en fait, The Neighbors a tout du programme réjouissant qui ne va absolument pas attirer le grand public. Saurez vous donner sa chance à cet OVNI (oui, il fallait que je la fasse !) ?

Mon Pronostic : l’annulation ne devrait pas tarder à être annoncée…

Note de tricheur : les premiers résultats d’audience sont tombés ce matin. Finalement The Neighbors a été diffusé après Modern Family… et c’est plutôt un succès avec une très bonne rétention du public (c’est à dire que The Neighbors a réussi à garder suffisamment de spectateurs de Modern Family sur ABC.) Serait-ce le show surprise de l’année ? Je m’en étonne encore…

La dernière nouveauté de cette première partie du bilan de semaine, c’est donc Brickleberry, un nouveau dessin animé pour adulte à l’humour très corrosif, diffusé sur Comedy Central. Le show a malheureusement beaucoup de mal à se distancer des ses  (très) lourdes influences. Ainsi le petit ourson sort tout droit d’une série de Seth Macfarlane, le côté ultra-gore fait clairement penser à Happy Tree Friends (notamment parce que les principales victimes sont des animaux), quant au ton, il lorgne très lourdement du côté de South Park. Au final, et contrairement aux dernières créations animées pour adulte vu ces derniers temps (comme Black Dynamite ou encore Bob’s Burger), Brickleberry n’arrive pas à trouver sa patte, sa différence, une vraie raison d’être et, pour le public, de la regarder. Sympathique, mais très vite oubliée.

Mon Pronostic : Comedy Central n’a pas pour politique d’annuler ses séries pendant la diffusion, je mise donc sur une saison complète mais pas de renouvellement.

Côté départ, on va attendre la deuxième partie de ce bilan pour parler de l’incroyable The L.A. Complex, pour se concentrer aujourd’hui sur un show particulièrement étrange…

On aura rarement vu une série aussi étrangement foutu que ce Sinbad, venu tout droit d’Angleterre avec pour ambition, au départ, d’être aussi mystérieux que Lost et aussi mouvementé que 24 ! Toute la dualité de la série tient dans le fait que ses six premiers épisodes sont proprement catastrophiques, avec des combats qui font passer les pires épisodes de Bioman pour des chef d’oeuvres de John Woo et des intrigues plus creuses que le pire des Oui Oui. Ajoutez à cela des comédiens qui ne semblent pas vraiment comprendre ce qui se passe autour d’eux et des effets spéciaux totalement à la ramasse et on obtient un show tellement ridicule qu’il en devient drôle au quatrième degrés. On oubliera ainsi jamais ces méchants cannibales déguisés en schtroumpfs…

Puis, au début du septième épisode, changement de casting, changement de ligne directrice et surtout changement total de manière de réaliser la série. Les personnages s’affirment, le groupe se met à réellement fonctionner, les acteurs s’imprègnent de leur rôles et même les scénarios commencent à devenir malins et intéressants. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer ? La réponse se trouve peut-être dans l’étrange et non divulgué problème qu’a connu le show lors de sa préparation et qui a causé le report de sa diffusion de plus d’un an.

Alors que faut-il penser au final de cette série d’aventure ? Si vous êtes fan de séries anglaises et que vous êtes capable de faire l’impasse sur des effets spéciaux à la hauteur de leur minuscule budget, vous pouvez faire partie de la cible, sinon passez déjà votre chemin. Après, c’est surtout une question de patience et d’engouement pour les projets catastrophiques : il faut arriver à en rire pendant six épisodes avant de se laisser embarquer avec un réel plaisir pour la suite. Au final, moi, j’attends avec impatience une saison deux, ne serait-ce que pour les personnages du cuistot chinois et de Wolf, deux très belles créations…

Final Score : 2.5/5

Sinbad ne s’explique pas, et surtout ne se conseille pas. Fans de séries UK étranges, jetez un oeil au premier épisode, si vous n’accrochez pas tentez donc le septième. Ensuite, c’est vraiment à vous de voir !

Rendez vous dimanche soir ou lundi matin pour la suite de cette semaine folle de nouveautés !

Cette semaine, on fait le bilan de plusieurs semaines de fin de saison et on va donc sûrement se retrouver tous les jours ! Mais commençons tranquillement… par la reine des séries de l’année dernière.

Aie ! Nous voici face au problème épineux posé par ce qui est sans doute la meilleure série de CBS : la troisième saison de the good wife valait-elle vraiment le coup ? Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, la série créée par Robert et Michelle King, et produite par les frères Scott (Ridley et Tony, pas ceux de One Tree Hill…) est un procedural (show mettant en scène des avocats) dont l’héroïne est une femme d’une quarantaine d’années, bafouée et trahie par son mari. Cette troisième saison se voulait celle de l’éclosion de notre chère Alicia Florrick (Julianna Margulies, toujours aussi impeccable) qui retrouve la femme fatale qui est en elle tandis que son mari se refait la main dans l’univers politique. Malheureusement, cette “nouvelle” voie prise par les scénaristes ne semblent pas les avoir particulièrement excité ou inspiré : la saison est bourrée de faux rebondissements importants annulés deux épisodes plus loin et les scénarios rament dès qu’il s’agit de mettre en scène la vie de famille. Du côté des cas traités dans les tribunaux, c’est là aussi une réelle déception avec peu d’idées originales, même si on se réjouit toujours de retrouver Michael J. Fox. Pour autant, faut-il bouder cette série qui s’avère – de très loin – faire partie de ce qui se fait de mieux en ce moment ? Ce serait oublier le casting irréprochable, la réalisation remarquablement efficace et les dialogues finement lissés.

Final Score : 4.5/5

Parce qu’on ne peut pas lui mettre la même note que l’année dernière, parce que cette saison est vraiment décevante, The Good Wife n’atteint pas le 5/5. La série reste impossible à bouder tant elle s’avère agréable à suivre, on attend juste qu’elle nous cloue à nouveau le bec comme lors de la première année.

Difficile d’être convaincu à la vue du pilote de 2 Broke Girls, la nouvelle sitcom d’un des plus importants scénaristes de Sex and the City (Michael Patrick King) et de Whitney Cummings, qu’on pouvait aussi retrouver cette année dans le programme la mettant en scène, Whitney. Difficile d’être convaincu parce que malgré la qualité de ces deux grands noms de la comédie, la série se veut une sitcom à l’ancienne, soit dans des décors peu crédibles, avec des rires, et un schéma narratif purement old school (pas de rétro-flahsback à la How I Met Your Mother, donc.) De plus, l’histoire de ces deux filles sans le sou qui tentent de monter un commerce de pâtisserie ne propose pas particulièrement un pitch des plus enthousiasmants. Et pourtant… S’il fallait choisir une série vraiment appréciable sur la durée, ce serait bien 2 Broke Girls. Car sous ses airs de vieille sitcom démodée se cachent de vrais talents d’écriture, que ce soit dans les scénarios qui rebondissent là où on ne les attend pas, les personnages plus barrés les uns que les autres, mais aussi et surtout des répliques vraiment drôles, et franchement ça fait un moment que ça n’était pas arrivé. Servie par deux actrices qui commencent bas mais se révèlent progressivement pour s’avérer plus que convaincantes (Kat Dennings et Beth Behrs), la sitcom trouve peu à peu son identité et adopte un ton résolument provocateur. Et au final, qu’on aime ou pas, impossible de ne pas saluer cet étrange mélange de modernité (dans le ton) et de tradition (dans la forme).

Final Score : 4/5

Ne vous fiez pas aux premiers épisodes et laissez vous entraîner par Kat Dennings et son franc parler : vous ne regretterez pas, au final, d’avoir regardé les 24 épisodes de cette première saison de 2 Broke Girls. La série peut encore faire bien mieux, mais au moins elle est déjà sur le bon chemin !

L’idée n’est pas forcément très originale : Breakout Kings met en scène des criminels qui tentent de diminuer leur peine de prison en attrapant d’autres prisonniers qui viennent de s’évader. Si ce pitch ne fait pas dans la dentelle, donc, la série, elle, s’évertue à à briser les codes des séries policières et s’attaque constamment à un schéma narratif autrement cousu de fil blanc. Car oui, Breakout Kings est certainement l’une des séries les plus raffraichîssantes et originales dans ce genre archi-surpeuplé. Sa force se trouve dans ses personnages qui, s’ils apparaissaient au premier abord assez décousus, s’avèrent en fait finement construits et proposent un sacré travail sur les névroses liées à l’enfermement et à la culpabilité. Pour cette seconde saison, les scénaristes n’ont pas hésité à pousser d’un cran le curseur du feuilletonnant, élaborant une dramaturgie forte et efficace qui nous entraîne tout au long de la saison. Impossible cependant d’en dire plus, car ce serait spoiler le premier épisode qui restera une perle dans le monde de la série policière. N’oublions pas non plus de tirer notre chapeau à Jimmi Simpsons, autrement habitué aux seconds rôles récurrents, et qui démontre ici tout son talent. Bref, on était plus qu’impatient d’attendre la suite mais à cause de l’effondrement de l’audience par rapport à la première année, A&E a finalement décidé d’annuler la série. Dommage, c’était sans doute le meilleur cop show du moment.

Final Score : 4/5

Plus qu’un excellent cop show, Breakout Kings était une excellente série qui poussait scénaristiquement le genre dans ses limites et offrait des personnages complexes et solidement travaillés. On s’arrêtera donc sur un finale plutôt réussi et on se demandera toujours ce que les scénaristes avaient prévu à la suite de ce cliffhanger sans ménagement.

Assez curieusement, on pourrait presque dire la même chose de cette ultime saison de In Plain Sight : les scénarios sont plutôt originaux pour le genre (il faut dire que le pitch repose sur le programme de protection des témoins, pas de meurtre à élucider donc !), les personnages sympathiquement construits et l’ensemble repose beaucoup sur le caractère assez particulier – qui ferait rêver nombre de psychiatre – de sa protagoniste principale, Mary Shanon (Mary McCormack qui, si elle a bien changé physiquement au fil des saisons, s’est toujours avéré en accord avec son rôle.) Ajoutez à cela un second rôle exemplaire, tant au niveau du personnage que de l’acteur (le très curieux Fred Weller) et vous obtenez un bon petit show qui aura su faire son bout de chemin. Dommage que la réalisation tant sur le plan des images que de la musique soit de si mauvais goût, faisant définitivement baisser d’un cran la qualité de l’ensemble…

Final Score : 3/5

Plutôt honnête, In Plain Sight était un bon petit show policier avec une vraie touche d’originalité et des acteurs assez investis. Fallait-il pour autant nous infliger une mise en scène aussi pauvre ? Pas sûr que les moins courageux aient pu survivre à un seul épisode…

Enfin, cette semaine, on disait aussi adieu à GCB, la catastrophe ambulante post-Desperate Housewives qu’ABC a lâchement tenté d’installer pour remplacer son “prime-time soap”. GCB, c’est donc une grosse farce sur des femmes désespérées qui vivent au Texas et se retrouvent à l’occasion de la messe du dimanche (d’où le titre original Good Christian Bitches, redevenu Good Christian Belles vu le courage des gens de chaîne…) Dés les premières minutes on sent qu’on fait face à un produit mal calibré, préparé à la va-vite pour remplacer une autre série qui a su s’installer durablement auprès des spectateurs. Mais ce serait négliger le travail des scénaristes que de s’arrêter là. Car oui, GCB était plus que ça : c’était avant tout une parodie méchante et cynique, bourrée de second degré et qui n’hésitait pas à carrément vriller dans de l’humour cartoon à certains moments (par exemple lorsqu’une des héroïnes coupe la branche d’un arbre… avec un fusil à pompe !) Mais toute cette bonne volonté s’est trouvé enfermé dans un carcan de “positive attitude” absolument abjecte, une volonté effrénée de vouloir racheter tout le monde et ne jamais être méchant (alors qu’on sent que les auteurs ont copieusement envie d’envoyer chier leurs personnages). Tout ce qui pourrait être bien est minimisé pour obtenir une espère de show glacé et épouvantablement énervant. Une catastrophe.

Final Score : 2/5

On ne pourra pas mettre la plus mauvaise note à GCB qui cache dans ses recoins quelques très bonnes blagues (souvent quand la série sombre dans un délire cartoon.) Show sabré par les volontés mercantiles et apaisantes de la chaîne, il était impossible qu’il puisse prendre aussi rapidement la place de Desperate Housewives. Personne ne s’y est trompé : la série a été annulée à la fin de cette première saison !

Comme vous avez pu le constater, le site a été un peu mis en pause pendant plusieurs semaines… Mais le voici de retour avec la suite des “bilans de la semaine” qui vont devenir assez particulier puisqu’on atteint la fin de la saison 2011/2012. Du coup, plein de séries tirent leurs révérences pendant que d’autres – nettement moins nombreuses – viennent s’installer pour l’été. Alors que fallait-il voir cette année et que faudra-t-il regarder cet été ? La réponse commence déjà ici…

Et autant commencer par du lourd, du massif, du potentiellement très excitant  : ces deux dernières semaines, HBO a commencé à diffuser deux nouvelles séries d’une demi-heure, plus ou moins sur le ton de la comédie. La première, Girls, s’intéresse comme son nom le laisse suggérer à un groupe de quatre sympathiques jeunes filles en pleine fleur de l’âge. Elles terminent leurs études ou commencent à travailler, ont des problèmes d’argent, des problèmes d’image, et surtout des problèmes de cul. Produit par Judd Apatow, on pouvait craindre de sentir un peu trop sa “marque” mais il semblerait que la (très) jeune Lena Dunham, scénariste, réalisatrice, productrice et même actrice (elle incarne le premier rôle) soit suffisamment maline pour arriver à ses fins sans que personne ne vienne trop s’interposer dans son petit monde. Alors comme d’habitude, on peut reconnaître à HBO cette grande capacité à faire confiance à des créateurs et à leur confier les pleins pouvoirs. Mais comme d’habitude, le résultat reste assez mitigé : si l’univers proposé par Lena Dunham est potentiellement intéressant, il aurait énormément gagné à être moins nombriliste et fait craindre que l’ego apparemment sur-dimensionné de miss Dunham ne vienne saborder son généreux travail. En clair, la série a du potentiel mais elle a encore beaucoup de choses à prouver.

L’autre série proposée par HBO nous fait retrouver l’excellente Julia Louis-Dreyfus dans Veep, un programme aux origines fort compliquées… Imaginez un scénariste écossais (qui fait aussi comédien et plein d’autres trucs, mais bon je vous la fait courte) qui lance une série en Angleterre sur les coulisses du gouvernement. Ca s’appelle The Thick of It, et c’est un énorme carton (au point qu’il existe un spin-off… en film !) Du coup, ça intéresse les américains qui achètent les droits, confient le tout au créateur de Arrested Development, et commandent un pilote… tellement horrible que tout le monde s’en éloigne et qu’il n’est pas choisi par la chaîne. Cinq ans plus tard, voici Veep, sur les coulisses de la politique américaine (le personnage de Julia Louis-Dreyfus est vice président), filmé de la même manière et avec le même ton dans les dialogues. Sauf que, apparemment, personne n’a pensé que les trois quarts du public n’aurait jamais vu The Thick of It, ne serait pas habitué au jargon politique, ne comprendrait pas les ressorts d’une telle administration et se retrouverait du coup complètement largué par l’histoire de ce premier épisode. L’humour (dans les rares moments où on peut le comprendre) ne fonctionne pas et le tout s’effondre tel un château de sable en Bretagne. La suite risque d’être très dure à regarder, mais promis on va faire un effort…

Ca ressemble à du Grey’s Anatomy, mais ça se passe chez les flics : là, vous vous dites que vous connaissez, que ça s’appelle Rookie Blue et que vous regardez déjà ça pendant l’été parce que franchement, ça fait partie de ce qui est le moins mauvais parmi ce qui est diffusé. Sauf que Rookie Blue est canadien et que Toronto c’est quand même moins bien que New York. Du coup, CBS a pensé à vous et vous propose NYC 22, soit exactement la même chose mais dans la Big Apple. Et puis, ils ont mis le paquet derrière : De Niro à la production (enfin, vous affolez pas quand même, je suppose qu’il a donné son nom au truc mais je le vois pas spécialement faire grand chose !), Adam Goldberg et Leelee Sobiesky au casting, et des surnoms sympas à chacun des membres de l’équipe. Bref, on est en plein terrain connu, mais ça marche toujours aussi bien. A surveiller si, sur le long terme, la série peut trouver son petit truc en plus qui la fera durer.

A notre grand malheur, Raising Hope fait partie des premières séries à se faire la malle cette année pour partir en vacance. Que dire de plus sur cette sitcom fort sympathique, quoi qu’un peu répétitive dans son schéma narratif, si ce n’est qu’elle continue à nous faire rire et nous a offert une très belle saison ? La seule vraie grosse déception concerne le dernier épisode qui aurait pu rompre avec tous les codes de la série mais remet en place le statut quo par une entourloupe des plus faciles.

Final Score : 4/5

Alors oui, Raising Hope n’est pas LA série qu’il ne faut absolument pas manquer, ce n’est même pas une très bonne série, c’est juste dans le haut du panier de ce qui se fait en ce moment en terme de comédie. Très classique mais avec juste la vraie pointe d’irrévérence qu’il faut (et là je tacle directement l’ultra traditionaliste Modern Family) c’est un petit moment de plaisir qui se savoure à raison d’une dose par semaine.

Sarah Michelle Gellar pouvait-elle faire un comeback sans chasser de vampire (quoi que, vous noterez qu’on n’a même plus besoin d’écrire son nom sur les affiches…) ? La réponse est clairement non, du moins pas en jouant deux rôles dans une sorte de soap policier sans queue ni tête à base de magouille financière et de soeurs qui veulent s’entretuer. Si les intrigues à tiroir et les imbroglios dépassant l’entendement vous fascine, alors oui, Ringer est fait pour vous. Mais il faudra outrepasser une réalisation mollasonne (quand elle n’est pas hideuse), des rebondissements aberrants et surtout des acteurs encore plus à la ramasse que le spectateur : on a vraiment l’impression qu’ils ne comprennent rien à l’histoire dans laquelle ils jouent ! La série a été annulée à la fin de sa diffusion – mais cela ne veut pas dire qu’il reste des mystères à résoudre, celui pseudo-balancé dans la toute dernière séquence étant déjà passablement réglé et de toutes façons totalement inintéressant.

Final Score : 2/5

Ringer, une bouse ? On aurait vraiment aimé dire le contraire, supporté le retour de Sarah Michelle, défendre les valeurs savamment cachée au sein d’un programme de bas étage… mais non, définitivement, il n’y a rien à sauver. Vite la CW, repropose nous quelque chose avec Sarah Michelle !

C’est tout pour cette semaine, mais le site revient très bientôt pour faire le point sur cinq autres séries qui partent en vacances !

Jeudi12, vendredi 13 et dimanche 15 mai, une première fournée de séries nous offrait leur season finale (ou tout simplement leur dernier épisode pour celles qui n’ont pas été renouvelées.) L’occasion de faire le point sur les shows que nous avons regardé pour mieux vous conseiller…

Une petite explication s’impose au niveau des notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

C’était l’un des show les plus controversés dés sa sortie, provocant des réactions épidermiques de la part des internautes dont certains appelaient au boycott avant même la diffusion du pilote – sous le prétexte, plutôt fallacieux, que la sitcom donne une mauvais image des indiens. Le season finale ayant été diffusé le jeudi 12 mai, on peut enfin donner un avis concret sur ce programme plutôt atypique, auquel NBC ne concédera finalement pas de seconde saison…

Outsourced, c’est donc l’histoire de Todd Dempsy, un jeune américain venu du Kansas, qui se retrouve muté en inde pour s’occuper d’un call center à Mumbai. La sitcom va principalement jouer la carte des différences de culture, ne s’épargnant aucun cliché aussi bien sur les indiens (dont la bouffe peut tuer n’importe quel blanc-bec) que les américains (représentés ici par un imposant gaillard qui se contrefout de la culture indienne et dont la principale passion est la chasse.) Ce n’est clairement pas le point fort de la série – on se lasse très vite de ces préjugés gonflés à bloc pour tenter de nous faire rire. La réussite du show se situe plutôt dans le casting qui propose, de loin, le plus grand nombre de tarés jamais vu – de Gupta, gros attention-whore qui ne cesse jamais de parler, à Rajiv, le patron indien à la moustache limite hitlérienne, en passant par l’ultra-timide Madhuri que pratiquement personne ne remarque. Un casting extrêmement sympathique, auquel on adhère immédiatement et dont on a vraiment envie de suivre les mésaventures.

Mais là où Outsourced se plante complètement, c’est en voulant intégrer un feuilletonnant romantique dont on se contrefiche royalement – et qui n’est en fait qu’une scorie, un reste, du film du même nom sur lequel est basée la série. Du coup, il faut bien l’avouer, quelques épisodes sont franchement à la ramasse, mélange d’ennui implacable mêlé à quelques blagues qui n’arrivent pas à faire mouche.

FINAL SCORE : 3/5 ; série annulée à la fin de sa première saison.

Outsourced ou la sitcom au casting implacable, mais plombée par un feuilletonnant sentimental à la limite de faire gerber les plus romantiques d’entre nous. La série n’a pas réussi à choisir entre le délire complet et le réalisme et du coup se limite dans tous les sens. Dommage.

LA bonne surprise de l’année dernière, the Vampire Diaries se devait d’offrir une deuxième saison digne de ce nom si elle ne voulait pas rapidement devenir la petite soeur pour ado pré-pubère de True Blood. Pour le coup, j’ai toujours trouvé que la série de la CW avait au moins un gros avantage sur sa concurrente de HBO, c’est qu’on aime ses héros, tous ses héros, et quasiment tous les personnages (oui, oui, même Damon, le soit-disant “gentil” frère.)  A contrario, si vous me trouvez une personne qui supporte Sookie et/ou Bill, faites moi signe : pour ma part, ils m’ont tellement gâché la première saison que je ne suis pas encore allé plus loin.

L’autre point fort de la série de Julie Plec et Kevin Williamson (qui, rappelons le, fut aussi le créateur de Dawson’s Creek et le scénariste de tous les Scream, à l’exception du troisième qu’il se contentera de produire…) c’est de ne jamais se reposer sur son concept de base. Ainsi, ne vous attendez pas à retrouver les personnages toujours dans la même situation psychologique ou dans le même rôle scénaristique (les méchants ne le restent jamais très longtemps, les gentils encore moins, mais c’est pour mieux nous surprendre avec une autre révélation !) Le nombre de décès par saison se compte aisément sur les doigts des deux mains (et limite aussi ceux de vos pieds) et les scénaristes n’hésitent pas à utiliser ce qui pourrait être un bon cliffhanger de fin de saison en plein milieu de cette même saison.

Pour sa deuxième année, il faut bien avouer qu’après un démarrage haut en couleur les auteurs se sont un peu essoufflés par la suite. Mais il me semble que ce n’était que pour reprendre des forces et nous offrir une tripotée de scénarios irréprochables menant à la fatidique conclusion… qui a lieu dans l’avant-dernier épisode ! Et pour le coup, le season finale se veut beaucoup moins convaincant. Du moins dans ses vingt premières minutes, avant de nous asséner les séquences finales qui promettent de faire repartir la série sur des bases neuves et encore plus surprenantes qu’avant.

Après ce déballage de points positifs, il faut tout de même avouer que the Vampire Diaries n’est pas percutante partout : acteurs parfois en berne (trop jeunes pour jouer certains sentiments ?), réalisation pas vraiment foudroyante d’inventivité, quelques longueurs musicales avec des personnages qui regardent dans le vide (une vraie spécialité de la CW – qui vend à tour de bras des OST de ses différents shows), viennent quelque peu plomber l’ensemble. Mais se priver de cette série qui cherche toujours à surprendre (et y parvient la plupart du temps) serait comme se priver d’une bonne glace au chocolat en plein cagnard alors qu’on n’a pas mangé depuis plusieurs jours : une abérration.

FINAL SCORE : 4/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

The Vampire Diaries ne se distingue pas par son casting, par sa réalisation ou par ses choix musicaux discutables, mais bel et bien par son équipe de scénaristes qui tente toujours l’impossible pour surprendre le spectateur et l’emmener définitivement là où il ne s’attendait pas. Pas un indispensable, mais sans conteste l’une des séries les plus fun du moment.

Attendue comme la plus grosse plantade de l’année avant sa diffusion, Nikita, remake de la série du même nom, elle-même inspirée par le film de Luc Besson, aura su convaincre le public de la CW et s’offre un retour en deuxième saison grâce à des audiences plus que confortables. Alors, faut-il vraiment s’intéresser un peu plus à cette série d’espionnage qui nous promet que “Looks do kill” ?

Il faut bien l’avouer, il y a un peu mensonge sur la marchandise avec cette tagline. Car on se serait très franchement passé des poses pseudos langoureuses de Maggie Q qui aura bien du mal à nous faire croire qu’elle a l’âge de son personnage (et pas une bonne dizaine d’années de plus.) Épaisse comme une feuille de papier Canson, la pauvre actrice a bien du mal à effectuer ses scènes de baston au cours desquelles on ne cesse de se demander combien de fois son partenaire lui a péter les genoux, les phalanges et l’ensemble des os de son corps (qui ne semble pas bien solide…) Et quand on lui met dans les mains n’importe quel flingue, autant vous dire que ce n’est pas mieux : la pauvre a bien du mal à porter une arme alors imaginez, faire semblant de viser avec…

Vous l’aurez compris, le principal problème de Nikita, c’est bien l’actrice qui incarne le personnage éponyme et qui à elle seule justifie amplement le fait de ne pas regarder la série. Ce qui est vraiment dommage tant le reste du casting se débat pour arriver à convaincre – et ce n’est pas simple quand on demande à la plupart de jouer des personnages qui ressentent des émotions fortes mais ne les laisse pas voir. J’aimerai vous y voir…

Nikita, c’est donc l’histoire d’une ancienne agent d’une division secrète du gouvernement américain, forte heureusement appelée Division, qui oeuvre en réalité pour son propre compte. Nikita est bien décidée à les faire couler et elle dispose pour cela d’une arme maîtresse en la personne d’Alex, nouvelle recrue de Division, agent double pour son compte. Voilà pour le pitch de départ, qui ne tient que pour les cinq/six premiers épisodes avant que les scénaristes ne se décident à compliquer le tout avec de nouvelles informations. Et plus la série va évoluer, plus les coups d’éclats, les révélations et les retournements de situations vont se cumuler pour atteindre un délire paroxysmique dans le season finale qui ne s’épargne absolument rien… pour notre plus grand plaisir pervers !

Final Score : 0/5 pour ceux qui partent dans le délire ; 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une deuxième saison.

Réalisation catastrophique dans les scènes de baston, pas folichonne dans les gunfight, et plutôt pauvre le reste du temps + über fail du casting du personnage principal + scénario aberrant mais absolument jouissif dans son délire = une série qui vous demandera beaucoup de second degrés mais qui vous le rendra bien.

Attendue au tournant par toute la communauté (arf arf) de fans pour sa saison deux, Community a faillit perdre toute crédibilité à cause de premiers épisodes cherchant à réinstaurer un feuilletonnant plus que dispensable et un schéma d’utilisation des personnages de plus en plus visibles et donc moins surprenants…

Heureusement, les auteurs n’auront pas mis trop longtemps à se réveiller et à se rappeler que, déjà l’année dernière, c’est quand ils ont commencé à partir dans des délires surréalistes que la série a commencé à se faire un nom. Du coup, exit les scénarios montrant à quel point Jeff aime aider les autres malgré ce qu’il raconte, et retour dans le bon vieux non-sens, l’auto-dérision à outrance, et l’humour de référence au kilo.

La force de Community, c’est toujours à la fois son casting (il n’y a pas un personnage, même secondaire, que j’arrive à ne pas aimer !) et le fait de proposer, plusieurs fois dans la saison, des épisodes tellement inoubliables qu’on ne se souvient plus que d’eux. Qui a dit le trampoline, l’attaque de zombie ou encore le final en deux parties qui se paie le luxe d’être largement à la hauteur du premier épisode “paintball” ?

Final Score : 4/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

Seulement 4 parce que faut pas déconner, cette année y a quand même eu une tripotée d’épisodes inutiles et pas drôles. Mais bon, ça reste un immanquable et une vraie perle d’humour.

Avec Robin Green et Mitchell Burgess aux manettes, deux des cerveaux derrière les Sopranos, on ne pouvait qu’attendre beaucoup de Blue Bloods, cop show peu ordinaire qui s’intéresse à une famille de flic à New York au même titre que les Sopranos s’intéressait à une famille de mafieux. Autant dire que la déception fut grande.

Blue Bloods suit donc les aventures de la famille Reagan, dans laquelle on est flic de père en fils. On a donc l’arrière grand-père à la retraite, le grand-père Magnum (interprété par Tom Selleck) qui est commissaire, un aîné récemment décédé (oui, donc lui on ne suit pas beaucoup ses aventures, j’en conviens), un deuxième qui est une sorte de super flic (Donnie Wahlberg), une fille devenue assistante du procureur et enfin le petit dernier qui a fait des études de droit à Harvard mais qui s’est subitement décidé à suivre la tradition familiale – c’est donc un rookie, un bleu parmi les flics. Ajouter à cela une tripotée de petits enfants, enrober le tout de dîner familial du dimanche, de grandes discussions sur le sens de la justice, saupoudrer d’un zest de religion protestante et d’une bonne dose d’esprit républicain et vous obtenez cette charmante famille, confrontée au fil des épisodes à des enquêtes policières sacrément coriaces…

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un sacré effort a été fait de la part de CBS concernant le casting, nettement irréprochable, et la réalisation de haute volée qui magnifie New York à coup d’ambiances crépusculaires qui font rêver. Malheureusement, côté scénario, c’est un peu la débandade. Le problème est tout simple : dés le pilote, les auteurs mettent en place une intrigue feuilletonnante concernant les Blue Templars, sorte de police des polices devenue un repaire à ripoux, qui pourrait être responsable de la mort du fils aîné. Une intrigue qui se devait de faire trembler toute la famille Reagan sur ses fondations, nous montrer l’envers du décors de ce petit groupe qui vit en autarcie. Grosse déception : l’enquête n’avance pas de toute la saison et les Reagan restent éternellement des anges protecteurs de New York à qui on ne peut décidément rien reprocher. Quant aux Blue Templars, ils sont balayés d’un revers de la main dans le season finale, proprement ridicule et qui achève dans le sang la crédibilité de la série.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Pour un cop show, c’est un très bon (et surtout très beau) cop show. Par rapport à ce que l’on était en droit d’attendre de la part de deux des cerveaux des Sopranos, c’est une honte. La plus grande déception de cette année ne mérite pas – pour l’instant – que vous vous attardiez dessus.

Deuxième saison pour The Cleveland Show, dessin animé amorçant les dimanches soirs de la Fox. Seth MacFarlane est aux commandes et on pouvait craindre qu’il ne copie à l’envie ses propres bonnes idées de American Dad ou Family Guy (dont Cleveland Show est un spin-off.) Craintes totalement avérées… mais est-ce vraiment un problème ?

Certes, on ne peut pas dire que The Cleveland Show fasse dans la grande originalité. Son casting rappelle celui de Family Guy, déjà copié/collé dans American Dad et la comédie repose toujours principalement sur de l’humour de référence et des blagues plutôt grasses. La seule nouveauté du show, c’est de jouer à plein pot la carte de la sitcom – jusqu’à faire apparaître les personnages dans une sorte de faux documentaire sur le tournage de la série.

Cette deuxième saison n’a pas fait de grande prouesse, à l’exception notable du season finale se déroulant en plein Comic Con de San Diego et qui se paie le luxe d’avoir en guest Emily Deschannel, Eliza Dushku, Mark Hamill, Robert Rodriguez et même Kathee Sackhoff. Une explosion de joie pour tous les geeks qui se respectent. A part ça, rien de particulièrement extraordinaire, mais rien à jeter non plus. Du coup, les fans de Seth MacFarlane s’y retrouveront, les autres pourront passer leur chemin.

Final Score : 3/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

Que dire de The Cleveland Show ? Si vous aimez déjà Family Guy et/ou American Dad vous y retrouverez tous les ingrédients qui vous font rire. Sinon, l’humour vous passera totalement à côté. Pour moi, c’est juste un sympathique petit show amusant du dimanche soir.

Contre toute attente, et alors que, je l’avoue, je n’ai pas encore vu le pilote de Not Ordinary Family, je pense déjà pouvoir vous dire quel est la série qui me paraît la plus prometteuse à en juger par son pilote. Et surprise, il s’agit du dernier pilote que j’ai vu, celui de la série Blue Bloods.

C'est bon, on compris, ça sera bleu !

Pourtant, au départ, il n’y avait pas grand chose pour donner envie de regarder ce cop-show, comme il en pullule sur CBS. Mis à part le fait que les deux créateurs sont des anciens des Sopranos, les arguments contre-productifs arrivaient en masse : un casting mené par un Tom Selleck (oui, oui, Magnum!) vieillissant, une ville déjà sur-utilisée (New York), et un titre qui fait inévitablement penser au mythique NYPD Blues… Mais alors pourquoi diable suis-je en train de vous dire qu’il faut ABSOLUMENT voir ce pilote ?

Oldies but goodies

Et bien tout simplement car ce Blue Bloods ne ressemble à aucun autre cop-show. Et ce, grâce à son concept relativement compliqué qui mélange le cop-show réaliste (à la NYPD Blues, justement), le legal show limite féministe (à la The Good Wife), la série familiale politisée (à la Brothers and Sisters) et la série à mystère (à la Lost, sans le fantastique). Une bien belle brochette d’influences… Sautant constamment d’un genre à l’autre, le pilote ne cesse de surprendre et de faire plaisir, d’autant plus que la réalisation reste très honnête (même si on regrette que New York soit réduite à un seul quartier) et que le casting, s’il n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière, s’avère plutôt convaincant.

New York presque aussi belle que le Paris de Gossip Girl !

Malheureusement, tout n’est pas parfait non plus. On nous refait le coup de l’ancien militaire traumatisé par la guerre en Irak. On nous refait le coup de l’intrigue policière qui se boucle miraculeusement en moins d’une journée. Et on nous refait le coup du fils disparu trop tôt et du père veuf qui voudrait refaire sa vie. Mais tout ceci serait presque obligatoire vu le genre de la série. Mais il y a aussi la trame feuilletonnante (une histoire de complot et de société secrète au sein de la police)qui  est amenée avec autant de finesse qu’un nouvel ennemi dans épisode de Smallville. Et Tom Selleck avec la moustache qui, même vieux, fait encore vraiment trop penser à Magnum !

Incroyable ce qu'on fait subir aux toilettes de nos jours.

Pourtant, ce Blue Bloods reste la série la plus prometteuse de cette rentrée car c’est l’un des rares pilotes à prendre des risques, à s’essayer à faire quelque chose de nouveau. Bon, ok, y avait bien Lone Star qui était au moins aussi couillue, mais la série n’a duré que deux épisodes avant d’être annulée. Enfin et surtout, Blue Bloods fait partie des rares pilotes à la fin desquels je me suis dit : hum, vivement la suite… Et si ça, c’est pas prometteur !

Ça y est : comme chaque année, la hache de l’annulation a frappé. Et à cette période là de l’année, on ne peut même plus parler de hache, on ne peut que parler de…

I WILL KILL ALL YOUR SHOWS !!!

Une petite explication s’impose. Aux Etats-Unis, en Septembre, les différentes chaînes (du moins les cinq gros Network que sont ABC, CBS, NBC, FOX et The CW) lancent leurs nouvelles séries. Celles-ci ont plus ou moins de temps pour s’imposer – normalement jusqu’en novembre à peu près, date des premiers sweeps, c’est-à-dire le premier moment où les chaînes vont refaire leurs grilles de programmation pour mettre en valeur tel ou tel show, le décaler d’une concurrence trop forte ou tout simplement l’annuler. Dans ce dernier cas, on parle de “axe”, la fameuse hache de l’annulation qui tranche les pattes à une série qui n’aura pas su trouver son public. Mais depuis quelques années, cette hache se transforme en vraie tronçonneuse quand les chaînes décident d’annuler une série après seulement deux épisodes.

Never Forget. Never Forgive.

L’année dernière, la tronçonneuse s’est abattue comme une masse sur The Beautiful Life, une série dont vous n’avez probablement jamais entendu parler puisqu’elle n’aura vécu que deux épisodes. Pourtant, la CW, la chaîne qui diffusait le show, voulait y croire : casting mené par Mischa Barton (l’ex héroïne de The O.C. aka Newport Beach chez nous), concept accrocheur (la vraie vie de jeunes mannequins, avec son lot de drogues et d’anorexiques), et une campagne d’affichage massive (avec les protagonistes… complètement nus.) Le résultat ? Une plantade pharaonique, qui a valu à la série de s’arrêter avant même que les autres chaînes n’aient fait leur rentrée ! Un échec unique en son genre… Unique ? Pas si sûr que ça…

Bonjour tout le monde, et surtout adieu !

Cette année, alors que toutes les nouvelles séries viennent à peine d’être lancée (No Ordinary Family, par exemple, a débuté il y a deux jours), la tronçonneuse vient de décapiter Lone Star, pourtant l’une des séries les plus prometteuses de cette rentrée. J’en avais déjà parlé dans un autre article mais, quitte à me répéter, le site Metacritic annonçait que si ce n’était pas le meilleur pilote de la saison, celui de Lone Star n’en était vraiment pas loin. Et après avoir vu ce fameux pilote, je peux vous avouer que j’étais moi aussi franchement convaincu.

Oui, y en a qui ont la belle vie...

Le concept, prometteur, était de nous parler de Robert Allen, un arnaqueur professionnel qui mène une double vie, avec deux femmes qu’il aime éperdument mais qu’il a séduites dans le but de vider leurs comptes en banque et ceux de leurs familles et amis. Un concept qui, la Fox aurait du s’en rendre compte tout de suite, collait plus à une petite chaîne du câble comme FX ou Showtime, voir HBO, qu’à un network détenu par des républicains et plutôt conservateur dans ses idées et ses spectateurs. Ceux-ci sont peut-être venus pour jeter un œil à la série, mais à mon avis dés qu’ils ont compris que le héros avait deux femmes et que ce n’était même pas décrit comme quelque chose d’absolument horrible, ils ont zappé sur The Event ou même Gossip Girl. Résultat : you lose et tu ne passes même pas par la case départ. Bye bye au show le plus prometteur de cette année.

Ca en jette quand même plus que la promo de Masterchef.

En attendant, les grands gagnants du lundi soir, ce sont eux, les héros de Hawaii Five O, qui ont tout raflé face à Castle et Chase, le nouveau Bruckheimer. Et, pour avoir vu le pilote, je peux vous dire que ce n’est pas tout à fait démérité. Mais on reparlera dans un prochain post !