La fin de la saison approche à grand pas pour laisser la place aux séries de l’été. Voici donc cinq départs US, avec en prime la GRANDE question : alors qu’est-ce que ça vaut Community sans Dan Harmon ?
Adaptation de la série néerlandaise Penoza, Red Widow raconte comment une femme au foyer de San Francisco, Martha Walraven, voit sa vie bouleversée lors de l’assassinat de son mari… parrain de la drogue qui voulait quitter le business, et fut sans doute éliminé par son rival, le terrible Nicolae Schiller. Martha se voit rapidement contrainte de reprendre le business de son mari pour protéger sa famille, tout en cherchant comment elle va bien pouvoir se venger de celui qui lui a tout prix…
Bien plus convaincante que la déplorable the Mob Doctor, diffusée plus tôt dans l’année, ce show créé par Melissa Rosenberg (surtout connue pour avoir signé les scripts des différentes adaptations ciné de Twilight – oui, ça n’a strictement rien à voir ! – et pour sa participation couronnée de nominations à Dexter) prend le parti de faire une plongée réaliste et sans concession dans la mafia… russe. Et il faut bien reconnaître que ça nous change de la traditionnelle famille italienne pour nous emmener dans un univers original, assez fascinant par ses codes que l’on connaît peu, et fondamentalement porteur d’histoire. Rosenberg n’est pas tendre avec ses personnages, et s’attache vraiment à garantir une certaine crédibilité (sauf pour le point de départ) refusant ainsi des facilités et des travers dans lesquels d’autres séries sur la mafia plongent allègrement (encore une fois the Mob Doctor ou la toute récente Rogue.)
Le problème, c’est que du coup le show manque d’ampleur. Si l’on suit avec plaisir les aventures de Martha, difficile de trouver quelle est la thématique qui se cache derrière tout ça. Rosenberg veut-elle parler de la famille, des sacrifices que l’on doit faire pour survivre, de la justice ? A ne pas vouloir choisir pour rester sur du réalisme brut, la showrunner manque malheureusement le coche. D’autant plus que si les personnages sont intéressants, il est difficile de se rattacher à l’un d’entre eux – même à l’héroïne, dont les problématiques dépassent celles de tout spectateur. Ainsi, Red Widow s’éloigne de son public, n’arrive pas à le prendre aux tripes, mais lui offre tout de même l’une des visions les plus originales et intéressantes sur la mafia depuis bien longtemps. Dommage.
Final Score : 7/10
D’un point de vue documentaire, Red Widow me semble toucher juste : son univers est crédible et intrigant. Mais en tant que pure série, il lui manque des personnages auxquels se raccrocher et une vraie thématique pour arriver à totalement convaincre.
Certains diront que c’était couru d’avance, que cette quatrième saison serait encore plus pourrie que les autres, mais moi je voulais y croire. J’étais sûr que le show de Ryan Murphy pouvait remonter la pente après une troisième année catastrophique, sûr qu’avec de bonnes idées la série pouvait retrouver le brin de cynisme et de délire décalé de ses débuts. Mais force est de constater que le phénix n’a pas resurgit de ses cendres : Glee saison 4, c’était juste horrible.
Mais pourquoi ? Passons sur les chansons, dont le mauvais goût affiché ne se discute plus. Passons sur les chorégraphies qui ont bien du mal à se réinventer. Passons même sur cette réalisation aux couleurs trop éclatantes, mais qui souffre simultanément d’une certaine morosité suite aux coupures de budget. Non, si Glee ne fonctionne plus du tout, c’est bien parce que les scénaristes se sont magistralement plantés. Il fallait faire un choix : continuer les aventures de Rachel et consort après le lycée, suivre leur dure plongée dans la vie active, ou dire définitivement byebye aux “grands” pour accueillir les petits nouveaux du glee club. Suivre les deux options n’a fait que cumuler les personnages qui en deviennent tellement nombreux qu’il est impossible de leur construire des arches narratives un tant soit peu intéressantes.
Car, putain, on a souffert ! Rachel dans une grande école de danse à New York passe son temps à se repoudrer le nez, se convaincre qu’elle est belle et talentueuse, et hésite entre deux amours. Oui, exactement comme avant. De plus en plus énervante, on en vient à avoir envie de claquer cette insupportable gueule d’anchois qu’est Lea Michele (l’actrice) et on se retiendra en se souvenant que chez nous, Rachelle Bery c’est une chaîne d’épicerie santé (j’aurai préféré de la charcuterie, mais bon.) A côté de ça, le terrifiant couple gay formé par Kurt et Blaine ne fait que ressasser des clichés sur l’homosexualité plongeant le show dans une ringardise pathétique et totalement indéfendable. Et que dire du reste de la clique des anciens élèves qui ne cesse de revenir au lycée pour donner un coup de main et nique ainsi le peu de crédibilité de la série : merde, si vous ne vouliez pas vous séparer de vos acteurs, il fallait trouver un autre concept !
C’est d’autant plus honteux que les nouveaux personnages auraient sans doute quelque chose à défendre si on leur en laissait la place. Mais la pauvre Marley est renvoyée à un clone (heureusement plus sympathique) de Rachel, le nouveau Puckermann reste dans l’ombre de son frère, Kitty n’est qu’une pompom-girl de plus et Ryder… ne sert à rien. Génération sacrifiée ? Espérons que non, car la Fox vient de signer à nouveau le show pour deux ans. On prie les dieux du bon goût pour qu’il se passe un miracle.
Final Score : 3/10
Catastrophe éhontée, cette quatrième saison de Glee a sans doute offert un ou deux bons épisodes, mais sincèrement, perdu dans le miasme du reste, on ne s’en souvient déjà plus. Si vous voulez assister à un naufrage, c’est l’occasion.
Et ben voilà, c’en est déjà fini de Vegas, série pourtant fortement attendue en début d’année et mettant en scène Michael Chiklis (le Vic Mackey de The Shield) et Dennis Quaid dans un affrontement au sommet entre le patron d’un casino et le shérif de la célèbre ville en plein milieu des années 60.
On peut dire que le show s’est lui-même tiré une sérieuse balle dans le pied en se présentant, lors des premiers épisodes, comme un formula de plus, comme une énième série policière dont le cadre pourtant hors norme n’était quasiment pas exploité. Le public s’en est vite rendu compte et il s’est fait la malle pour aller voir ce qui se passait ailleurs – la suite ne fut qu’une lente descente aux enfers, atteignant des scores d’audimat que CBS n’avait jamais vu aussi petits.
Et franchement, c’est vraiment dommage. Car dans sa deuxième moitié, Vegas se montre nettement plus intelligente qu’elle n’y paraissait au premier abord. C’est l’univers, d’abord, qui s’approfondit avec une réelle utilisation du feuilletonnant et des intrigues “bouclées” nettement moins mises en avant. Les personnage s’étoffent et les acteurs s’installent enfin : entre Chiklis et Quaid, on sent monter la connivence et les deux vieux roublards commencent à nous mettre dans leurs poches. Mais ils se font malgré tout voler la vedette par l’incroyable Sarah Jones, délicieuse Mia Rizzo qui fait les comptes du casino, qui nous avait pourtant fait vomir l’année dernière dans Alcatraz. Un beau gâchis, à cause d’un mauvais début. La leçon est à retenir.
Final Score : 7/10
Mais pourquoi diable a-t-il fallu que Vegas se plante autant sur ses dix premiers épisodes ? On a failli passer à côté d’un show vraiment intelligent, bien réalisé et bien mené. Le public américain, lui, est passé totalement à côté. Et CBS l’a achevé sans pitié.
Touch, c’était ma petite série chouchou, non seulement car elle nous donnait des nouvelles de Kiefer Sutherland (moins musclé que dans 24, mais toujours aussi dynamique et en train de courir partout) et de monsieur “j’ai des concepts mais j’ai pas de série” Tim Kring (qui avait marqué la télé avec la catastrophe Heroes.) C’est donc l’histoire d’un enfant autiste qui ne parle pas et ne supporte pas d’être touché, et de son père, ancien journaliste, qui sont plongés malgré eux (et surtout dans la deuxième saison) dans un complot qui les dépasse. Fort heureusement, le gamin est super doué avec les chiffres, voit des probabilités de fou, et guide son père à travers une série de numéros qui vont finalement composer une suite numérique capable de sauver ou détruire le monde. Vous suivez ?
Si non, c’est pas bien grave. Touch est fort sympathique, mais elle se termine en eau de boudin, sans que Tim Kring ait pu répondre à la moitié des interrogations qu’il aura posées au fil de la série. On regrettera juste Saxon Sharbino, formidable Amelia (une autre gamine qui voit les probabilités) mais gageons qu’un mec un peu intelligent va la mettre dans une autre série.
Final Score : 6/10
Touch est amusante mais est surtout symptomatique des problèmes scénaristiques de Tim Kring. Une fois qu’il a posé un univers et des mystères, il ne sait plus trop quoi faire. Et du coup, il laisse tranquillement ses séries mourir et attend de se faire virer. Bien joué mon salop.
Pour sa première saison sans Dan Harmon aux manettes, le showrunner s’étant fait viré l’année dernière pour une multitude de problèmes, Community n’a finalement pas beaucoup changé. Les auteurs ont pris soin de se moquer de tout ce que les internautes prévoyaient comme changements, ils ont encore construit des arches qui ne tiennent pas la route sur les personnages secondaires (Dean et Chang…), ont parfois eu des éclairs de génie (l’épisode en huis clos et en temps réel avec le méchant prof) et se sont parfois pris de violentes mandales (le dernier épisode qui tombe toujours juste à côté du truc génial.) Bref, ceux qui apprécient la série depuis ses débuts peuvent continuer de la regarder sans rougir ; les fans acharnés trouveront tout ce qu’il leur faut de fausses excuses pour râler sur le départ d’Harmon ; et ceux qui n’ont jamais compris pourquoi cette série faisait couler autant d’encre n’y comprendront pas grand chose de plus maintenant.
Final Score : 7/10
Dans ses coups de génie, Community est absolument indispensable. Mais quand elle tape à côté de la plaque, ça sent le souffre. Partagé entre moments magiques et plantade désolante, le show a au moins le mérite d’arriver à toujours nous surprendre. Moi, je reprendrai bien d’une saison 5.
Je ne connais rien au rap. Je ne connais rien au rap français, je ne connais rien au rap US, et à plus forte raison je ne connais rien au rap anglais. Il m’est donc particulièrement difficile de juger de la qualité de la musique présentée dans Youngers, série ado anglaise sur un trio qui veut se faire une place dans le monde très particulier des battle de hip hop. Par contre, je peux quand même vous dire pourquoi ce petit show (qui a drainé plus de 450 000 spectateurs en Angleterre, un record pour la chaîne E4) mérite vraiment le coup d’oeil.
Il y a bien évidemment la qualité d’une réalisation sans fioriture, qui offre un vrai regard, crédible (et non pas conciliant ou faussement effrayant) sur la vie dans les grandes tours de banlieue. Il y a aussi trois petits acteurs qui se démerdent plutôt pas mal, et une foule de personnages secondaires hyper attachants (comme la bande qui ne lâche pas son banc ou le gros patron du khebab du coin…) Mais la série tient surtout par son scénario terriblement sincère, qui ne plonge vers aucune facilité de dramatisation à outrance mais sait malgré tout raconter une vraie histoire (là où beaucoup d’autres se seraient contentés d’une chronique pépère.) Porté par un positivisme profond, par une volonté de montrer que si la vie n’est pas facile tous les jours, ce n’est pas un calvaire non plus, Youngers encourage une jeune génération à se prendre en main et à courir après ses rêves d’une manière réellement enthousiasmante. Loin des clichés morbides parfois énervants de Skins, et loin de la décérébration mentale d’un 90210, Youngers touche juste – et c’est assez rare pour être souligné.
Final Score : 8/10
Réellement convaincante, cette première saison de Youngers ne ravira pas que les ados et les amateurs de rap. Si vous êtes encore un tant soit peu capable de vous souvenir de votre état d’esprit à la sortie du lycée, vous pouvez vous plonger à corps perdu dans cette très intéressante plongée adolescente.
POLITICIAN’S HUSBAND, the (mini-série, UK)
Les mini séries anglaises se suivent et ne se ressemblent pas… du moins dans le ton, car dans la forme la dernière diffusion en date, the Politician’s Husband, reprend et confirme la formule des 3×52 minutes proposés par la BBC. Il s’agit cette fois de la chute d’un homme politique, de l’ascension de sa femme dans le même milieu alors qu’il est contraint de devenir père au foyer, et – vous vous en doutez car on est en Angleterre – de la lente vengeance et du retour sur scène de cet homme.
Plutôt bien réalisée et bien interprétée (une fois de plus, on retrouve un David Tennant impeccable – mais qui méritera bien des vacances à la fin de l’année), le show reste très classique dans son écriture. C’est à dire que s’il aurait épaté il y a encore quelques années, il passe maintenant derrière Boss, House of Cards, ou même pour faire une comparaison plus juste avec une autre mini série anglaise, Secret State. Du coup, on voit un peu chaque événement venir et le cynisme de l’ensemble sonne déjà comme déjà-vu. La bonne idée à utiliser maintenant serait-elle de faire une série enthousiasmante sur le monde de la politique ? Heu…
Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir. The Politician’s Husband est extrêmement bien construite, repose sur un rythme toujours entraînant et la conclusion est absolument magistrale. Vous pouvez y aller, voici trois petits épisodes qui ne seront pas du temps perdu.
Rendez vous tout au long de la semaine prochaine car il va nous falloir parler de pas moins 18 séries qui tirent leur révérence ! Sortez les mouchoirs !

























































