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Et oui, cette semaine plusieurs “vieilles” séries se sont fait la malle et ont prouvé qu’elles en avaient encore dans le coffre. Quant à la seule nouveauté qui vient d’achever sa première saison, il faut bien reconnaître que là, c’était la grosse déception. GROSSE. On en pleurerait presque.

Hello LadiesHELLO LADIES (saison 1)

Car oui, on attendait beaucoup plus de Hello Ladies, création originale pour HBO de Stephen Merchant, un des cerveaux derrière The Office (UK) ou encore Extras. Bon, il avait déjà montré ses limites avec le pas très drôle Ricky Gervais Show (ça c’est histoire de vous donner mes références en terme d’humour – oui je trouve que ce pseudo talk show est loin d’être marrant), mais on espérait qu’il se passe un déclic absurde, foutraque, décalé, bref un coup du sort sur cette histoire d’un trentenaire anglais qui cherche l’amour à Los Angeles. On était loin du compte.

Ce qui choque tout de suite, c’est à quel point le personnage principal est détestable. Certes, il est tout à fait possible de s’identifier à un looser qui n’a pas beaucoup de qualités, mais le personnage de Merchant est juste un gros con bouffi d’égo, dépourvu de culture, qui n’hésite pas à écraser ses potes pour gagner des points auprès de la gente féminine – bref quelqu’un qu’on aurait plaisir à détester si Merchant ne tentait pas de nous faire chialer sur son sort à chaque fin d’épisode. Ce côté ultra faux-cul qui n’assume pas pleinement les travers de son personnage semble vouloir dire, en creux, qu’on a tous le droit d’être des connards à partir du moment où on galère à pécho de la meuf. Ouaich gros, voilà un message auquel je vais avoir bien du mal à adhérer.

D’autant plus que les intrigues en elles-mêmes ne cassent pas trois pattes à un canard. Très attendu, le feuilletonnant se déroule à un rythme plus que pépère, avec des rebondissements qu’on n’avait pas vu sur HBO depuis… ben depuis Sex in the City je dirai. Les vannes tombent à l’eau, le comique de situation ne prend pas, et les personnages secondaires sont tout aussi détestables que le protagoniste. Quant à la conclusion du dernier épisode, elle est tout simplement à gerber de bons sentiments, rappelant du coup le dérapage inconsidéré et limite vulgaire du dernier épisode de la saison 3 de Louie. Bref, à moins de vouloir défendre à tout prix toutes les séries HBO ou d’être un fan inconsidéré (et donc pas du tout critique) de Merchant, vous pouvez sérieusement laisser Hello Ladies dans la vacuité sans fond dans laquelle elle se trouve.

Final Score : 3/10

Franchement détestable, cette comédie de “malaise” rate constamment le coche en offrant un personnage qu’on aurait aimé détester mais que les scénarios cherchent toujours à récupérer, ainsi qu’une trame déjà vue cent fois et qui ferait passer une saison de Grey’s Anatomy pour un bonheur de cynisme. Faux bonbon acidulé, mais vraie soupe à la guimauve, Hello Ladies ne reviendra pas chez moi en saison 2.

the league - season 5THE LEAGUE (saison 5)

Les années passent et les choses ne changent pas : the League est toujours la série comique la plus dégueulasse de chez FX (FXX maintenant…) mais aussi l’une des plus amusantes. Si les différents acteurs font chacun leur trou dans d’autres sitcoms plus familiales et diffusées sur des gros network, la bande semble encore ravie de se retrouver pour incarner ces personnages furieusement décalés qui ne vivent que par et pour une fantasy league de football américain. Peu importe qu’on ne comprenne pas toutes les références, le show est déjà bien assez drôle en soit. Mais attention, c’est définitivement à réserver aux plus grands… et à ceux qui ont l’estomac bien accroché. Bref, pas question de mater ça avec sa chérie au coin du feu.

Final Score : 7/10

Oui, the League est toujours aussi crade mais aussi toujours aussi décalée et imaginative. Défoulant, amusant, réjouissant.

childrens hospital - season 5CHILDRENS HOSPITAL (saison 5)

Fraîchement récompensée d’un deuxième Emmy bien mérité, Childrens Hospital nous a offert avec cette cinquième saison le retournement de situation le plus absurde et indéfendable qui soit : toute l’équipe voit les portes de l’hôpital fermer… et se retrouve mutée dans une base militaire située au Japon. Sur ce point de départ totalement incongru (et assumé jusqu’au dernier épisode) se construit une nouvelle série d’épisodes toujours aussi impressionnante d’inventivité. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un show de 13 minutes, qui se présente comme la version condensée d’une série médicale qui existerait depuis les années 70. Oui, tout à fait. Entre les previously qui font avancer à tout berzingue l’histoire ou les morts / résurrections au kilo, il y a de quoi s’amuser. Et j’oubliais de vous dire, l’un des personnages principaux est un clown, qui guérit les gens avec le pouvoir de l’humour. Et y a Michael Cera en voix off uniquement. Qu’est-ce que vous attendez pour aller vous faire les cinq saisons ?!

Final Score : 9/10

Childrens Hospital est tout simplement la série comique dont la télé US a besoin. Et nous aussi. Après cinq ans, c’est toujours aussi immanquable !

ultimate spider-man - season 2ULTIMATE SPIDER-MAN (saison 2)

L’anime Ultimate Spider-Man vient d’achever sa deuxième saison et à moins d’être un fan acharné de la Marvel (ou d’avoir entre huit et treize ans) vous n’en avez strictement rien à faire. Le show a perdu en rythme et en humour et ne ressemble plus trop à la jolie surprise qui nous avait fait sourire l’année dernière. Dommage…

Final Score : 5/10

covert affairs - season 4COVERT AFFAIRS (saison 4)

Arrivée confortablement à sa quatrième saison, Covert Affairs, série d’espionnage dans laquelle les affaires de cœur ont une importance capitale (d’où le jeu de mot du titre), s’amuse à prendre un gros tournant histoire de se réveiller de la routine dans laquelle elle commençait à s’installer. Et c’est peu de dire que le résultat est à la hauteur : débarrassée de ses quiproquos amoureux et de son jeu de placard à amants, la série laisse le temps à une intrigue touffue et complexe de se mettre en place, avec deux parties distinctes : l’enquête puis la vengeance. Visuellement, c’est un tour du monde plutôt réussi puisque le show évite le studio pour tourner en décor naturel – ce qui semble avoir posé quelques soucis lors de scène où l’on sent que les cadreurs et le reste de l’équipe ne sont pas particulièrement à l’aise ! Piper Perabo laisse sa blondeur candide pour assumer (enfin !) son rôle de femme forte qui sort de la chrysalide de l’assez chiante jeune nouvelle de la CIA. Difficile cependant de recommander la série à qui n’aura pas vu les saisons précédentes, l’intrigue jouant énormément sur la manière dont chaque personnage révèle peu à peu une autre part de lui-même. Un peu comme Annie qui met au placard son identité pour devenir la réjouissante Jessica Matthews. Allez, on croise les doigts pour que la saison 5 qui arrivera l’été prochain continue sur cette bonne lancée.

Final Score : 7/10

Assurément la meilleure saison de Covert Affairs, mais qu’on aura du mal à recommander à ceux qui n’ont jamais vu cette (désormais) dynamique et voyageuse série d’espionnage.

Almost Human - season 1ALMOST HUMAN (nouveauté)

Seule nouveauté de la semaine, Almost Human a été annoncée à grand renfort de publicité et s’est même offert deux soirée d’affilée de lancement sur la Fox. Conçue par J. H. Wyman, l’un des showrunner de Fringe, et produite par tonton J.J. (Abrams), c’est peu de dire qu’on attendait se cop-show de SF au tournant. Le résultat ? A des milliers d’années de nos attentes. Là où on attendait un show brillant offrant une belle réflexion sur les droits de l’homme et de la machine, on se retrouve avec un buddy movie entre un flic pas très humain et un robot beaucoup trop humain, qui se font des blagues dans la voiture (oh tient, ça serait pas pompé sur Hawaii Five-O ça ?), et mènent des enquêtes aussi passionnantes qu’une session shopping avec la petite nièce de votre copine. On se demande bien ce que Micheal Ealy (Sleeper Cell) vient foutre dans cette galère ou encore d’où sort Karl Urban (ouais, des films de Peter Jackson), pâle copie de Manu Bennett (Crixus dans Spartacus) sans aucun charisme. Au secours !

Serangoon road - season 1SERANGOON ROAD (saison 1)

Allez, je vous ai gardé le meilleur pour la fin ! L’un des (très) rares nouveautés de la saison franchement recommandable, Serangoon Road est le fruit d’une curieuse association entre l’Australie et Singapour pour le compte d’ABC (le plus gros network australien, pas l’américain) et HBO Asia. Le résultat est une oeuvre assez inimaginable en dehors de ce contexte très particulier : un polar noir à base d’agence de détective privé, dans Singapour, au milieu des années 60 alors que les révoltes communistes surgissent dans les pays frontaliers. Si le show sait en permanence faire vivre son univers historiquement chargé, il n’en oublie pas qu’il est là avant tout pour nous raconter les mésaventures de Sam Callaghan, le privé australien donc, et de ses enquêtes parfois sérieusement tordues. Accompagnés d’un double fil feuilletonnant (autour de deux intrigues romantiques pour une fois vraiment intéressantes, l’une entre Sam et une femme mariée, l’autre entre une jeune locale et un agent de la CIA ; ainsi que la mort suspecte d’un proche de Sam…), les scénarios sont dynamiques et entraînants.

Au niveau des comédiens, par contre, il faut reconnaître que ça oscille entre du très bon (Pamely Chee incarne avec grâce et majesté la très taquine Su Ling), du moyen (Don Hany n’est malheureusement pas toujours ultra convaincant dans le rôle principal) et de l’assez mauvais (en particulier sur les rôles de personnages plus âgés qui sont censés avoir le pouvoir.) Idem au niveau de la réalisation qui fait un peu avec les moyens du bord et qui, si elle peut parfois trouver de vrais moments de grâce ultra convaincants, se perd dès qu’il s’agit de mettre en place une grosse scène d’action. Ça ne suffit cependant pas à nous faire bouder notre plaisir et la joie de découvrir une série radicalement différente de tout ce qu’on a vu ces dernières années. Rien que pour ce souffle de nouveauté, Serangoon Road mérite que vous y jetiez un oeil.

Final Score : 8/10

Assez remarquable dans son écriture (on passe aisément sur quelques errances capilotractées), mais moins convaincante au niveau de la réalisation et des comédiens, Serangoon Road reste suffisamment novatrice et débordante d’énergie pour que vous puissiez vous y intéresser. Et de toutes façons, vu la qualité des nouveautés de cette année, vous n’avez pas vraiment le choix.

 

Rendez vous très bientôt pour faire un point sur le premier trimestre d’une saison où les nouveautés se sont effondrées mais où plusieurs anciennes séries ont retrouvé un souffle…

Ouf, enfin une semaine un peu détendue au niveau des départs et des nouveautés. Concernant les news, on notera le décès soudain de Cory Monteith, jeune acteur qui s’est fait connaître dans Glee. Après Gandolfini et Frank Geney (un jeune acteur français qui jouait dans Le Groupe et plus récemment dans les pubs MacDo), c’est un peu l’hécatombe en ce mois de juillet…

Newsroom_S2_Poster.inddMais passons sur une note plus sympathique avec le retour de trois séries d’été. La première, quasiment tout le monde s’en fout et pourtant : Covert Affairs, série alambiquée sur les déboires (souvent amoureux) d’agents secrets, nous offre son meilleur épisode depuis fort longtemps et lance ce qui pourrait bien être la meilleure saison du show. Les fans d’avocats qui ont la classe se tourneront eux vers la suite de Suits, qui démarre elle aussi plutôt bien avec un premier cliffhanger qui sait nous donner envie de voir la suite. Mais c’est surtout le retour de the Newsroom qui va faire jaser. Aaron Sorkin a en effet fait peau neuve et offert un nouveau générique à son précieux petit show. Il essaie (mais n’y arrive pas totalement) de faire des séquences un peu moins bavarde et limite sérieusement le nombre de grands speechs profonds mais absolument pas crédibles que balancent ses personnages. Il est aussi un peu moins tendre avec eux et commence donc à faire une vraie série et plus une simple dissertation très orientée. On attend de voir la suite mais ça fait toujours plaisir quand un showrunner fait ce qu’il peut pour améliorer sa série !

Hollywood Game NightAu rayon des nouveautés, je voulais vous glisser rapidement un mot sur Hollywood Game Night, qui n’est pas une série mais un jeu plutôt amusant. En gros, six célébrités viennent soutenir deux vrais participants dans des épreuves de pseudo jeu de société (du mime, des charades, ce genre de conneries.) Ce qui est intéressant, c’est de voir à quel point ces célébrités américaines (et il y a dans le lot de sacré pointures) savent jouer de leur image et rire d’elles-mêmes. Jane Lynch (la coach hystérique de Glee) s’amuse à jouer les vraies-fausses méchantes et à balancer des vannes parfois bien cruelles. Bourré de références et d’auto-dérision (comme ce moment où Jane Lynch se met à chanter une chanson que ses joueurs ont reconnu à la première note et balance : “on a payé les droits une fortune, j’essaie de rentabiliser”), voici un show totalement inutile mais terriblement drôle. Et vu l’ego surdimensionné de nos stars à nous, pauvres français, on se dit que ce genre d’humour ne trouverait jamais sa place sur notre petit écran.

cedar cove - piloteImaginez : c’est l’été, il fait chaud et vous êtes en vacances dans une maison avec piscine. Vous avez mangé une bonne petite salade et vous prenez tranquillement le café. Les enfants foutent le bordel à la piscine alors vous n’avez pas vraiment envie d’y aller tout de suite. Vous allumez la télé et vous tombez sur le début du téléfilm M6 de l’après midi. Et bien Cedar Cove c’est à peu près ça.

Le nouveau show de Hallmark, inspiré d’une série de romans, raconte les déboires d’une juge dans la petite ville de Cedar Cove. Tout le monde a un cour gros comme ça là bas, et les conflits se résolvent dans la détente et la discussion. Personne ne crie plus fort qu’un autre. C’est calme, plat, rassurant. Pas fatigant. Pas emballant non plus. Ce qui fait qu’on reste malgré tout scotché au petit écran pendant cette heure vingt d’introduction ? Le network a mis les moyens et ça se voit. La réalisation est soignée (mais sans aucune originalité), et une belle brochette d’acteurs entourent Andie MacDowell. On ne nous prend pas pour des prunes.

Mais que ça ne vous empêche pas d’aller plonger dans la piscine avant la fin de l’épisode, hein, c’est pas comme si c’était vraiment intéressant. (Ne serait-ce qu’un tout petit peu.)

run - season 1Mais la vraie nouveauté de la semaine, c’est Run, mini série anglaise en quatre épisodes (déjà tous) diffusés sur Channel 4. Attention : au royaume de la déprime, les anglais sont rois. Run c’est donc le destin croisé de quatre individus dont les vies interfèrent les unes sur les autres sans qu’ils ne le sachent. Chaque épisode est consacré à l’un de ces personnages et à son problème… et c’est là que la série commence à sérieusement nous saper le moral. Le premier épisode met en scène une mère de famille qui découvre que ses deux couillons de fils ont tué un mec par inadvertance ! Le deuxième raconte les déboires d’une jeune asiatique illégale qui doit payer son passeur. On passe ensuite à un toxico qui tente comme il peut de décrocher mais que la vie a décidé de bien enfoncer. Et on termine sur une fille de l’est dont le mari est mort et l’a laissée criblé de dette – elle reprend donc son “trafic” de mariages blancs. 

Il y a peu d’espoir dans ces différentes intrigues. Très peu. En fait, c’est tout simplement édifiant et Run donne sans doute un visage tronqué de l’Angleterre. Mais en s’attaquant à des sujets sérieux et contemporains, en ne se permettant aucune complaisance dans le déroulé de ses histoires, en ne jugeant jamais ses personnages ni les situations dans lesquelles ils se retrouvent, Run se pose très clairement comme l’une des séries les plus en phase avec son temps et qui pousse le plus à réfléchir. Il faudra seulement dépasser le premier épisode, nettement moins bon que les autres, qui se foire complètement en refusant de faire appel à une dramaturgie solide.

Au niveau de la forme, c’est une pure réussite : les acteurs sont plus que convaincants, la réalisation est soignée et exemplaire (on sent que les réalisateurs anglais AIMENT faire de la télévision…), et l’ambiance sonore termine de donner une réelle identité à la série. Si bien qu’au terme des quatre épisodes, malgré cette impression qu’on vit dans un monde de merde, on a juste envie d’imaginer ce que pourrait une donner une deuxième saison du show le plus déprimant de l’année !

Final Score : 8/10

Soignée, racée, gracieuse, Run est une pure réussite – à l’exception notable du premier épisode, franchement trop mou. Mais ceux qui sauront passer outre et qui n’auront pas peur de se faire saper le moral s’offriront trois fois quarante minutes absolument exemplaires.

 

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour le top 5 des séries à regarder pendant l’été !

Après des vacances plus ou moins forcées, le bilan de la semaine est enfin de retour. Il faut dire que du côté des Etats-Unis, les chaînes viennent de subir quatre semaines plutôt mouvementées entre un ouragan nommé Sandy, des élections présidentielles et… les premières vraies décisions de programmation pour la saison. Du coup, il a fallut pas mal se tourner du côté de l’Angleterre pour découvrir quelques nouveautés. Mais avant,un petit bilan des victimes de la hache de l’annulation.

Ah, ça fait les fiers sur la photo mais en vrai le casting de Last Resort fait plutôt la gueule. La nouvelle série de Shawn Ryan vient en effet d’être annulée par ABC suite à des audiences plutôt défaillantes. Reste que la chaîne n’éjecte pas le programme dans les limbes de l’oubli mais permet à toute l’équipe de terminer tranquillement le tournage des treize épisodes commandés en début d’année, qui seront tous diffusés d’ici la fin décembre. Et assez curieusement, ABC applique le même principe à la sympathique mais pas très convaincante 666 Park Avenue, série horrifique sur un étrange vieux bâtiment new-yorkais. De son côté, CBS annule l’assez pitoyable sitcom Partners. Et chez NBC c’est l’un peu trop dérangée du cerveau Animal Practice qui passe à moulinette. Ces deux sitcoms reviendront sûrement vers les vacances de Noel pour terminer la diffusion des épisodes qui ont été tournés, on en reparlera donc à cette période !

Ah, ça, il est mignon et drôle notre petit Ultimate Spider-Man entouré de sa bande de potes dirigé par le Shield ! Dessin animé diffusé sur Disney XD, Ultimate Spider-Man achève sa première saison avec des noms plutôt connus des fans de comics au rayon des scénaristes : Paul Dini, Joe Casey, mais aussi l’incroyable Bryan Michael Bendis. Le résultat est d’abord franchement réjouissant, les idées visuelles pleuvant, l’humour se mêlant à l’aventure avec une vraie grande classe. La série finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’épisodes lorsque les auteurs, en mal d’inspiration, commence à cumuler les guests de l’univers Marvel sans grande originalité. Fort heureusement, le triplé d’épisodes de fin recadre les choses pour offrir un final tout simplement époustouflant. Les amoureux du tisseur peuvent donc y aller les yeux fermés, ils ne risquent pas d’être déçus.

Final Score : 7/10

Ultimate Spider-Man étant un dessin animé, de super-héros de surcroît, la série ne plaira pas à tout le monde. Peu importe, ce sont clairement les fans de l’homme araignée qui sont visés, et eux devraient être ravis de la qualité générale. Pour une fois qu’un tel produit n’a pas été conçu à l’arrache par des gens qui n’y connaissent rien mais par de grands professionnels du comics, on aurait tort de se priver…

Covert Affairs nous quitte à nouveau, mais cette fois c’est bel et bien la fin de la troisième saison et le temps est venu de faire un bilan sur cette étrange série d’espionnage. Pourquoi étrange ? Parce que l’idée de départ était de faire une série romantique avec des espions : les histoires d’amour étaient vraiment au coeur de toutes les relations entre les personnages. Trois ans plus tard, il fallait bien évoluer et recentrer les choses. Cette saison fut donc l’occasion pour les auteurs de corser un peu le personnage d’Annie, l’héroïne, de virer les boulets qui l’entourent (comme sa soeur) et de la pousser dans ses retranchements d’espionne. Annie se fait manipuler par une espionne encore plus maligne qu’elle, mettre en taule en russie, abandonner par ses supérieurs, tirer dessus, trahir par son meilleur ami, etc. Le tout tourne, encore, autour d’une histoire d’amour et de vengeance, mais celle-ci est franchement originale et amène des rebondissements auxquels on ne s’attendait franchement pas. Le show nous fait par ailleurs toujours voyager aux quatre coins du monde (avec un superbe final à Amsterdam), mais la réalisation et la production design reste toujours assez pauvres. Peu importe, le pari est réussi : alors qu’à la fin de la première saison je ne pouvais plus saquer cette sale petite espionne blonde, j’attend aujourd’hui avec impatience la suite des mésaventures d’Annie. La quatrième saison a intérêt à continuer sur cette bonne lancée.

Final Score : 6/10

Série d’espionnage peu flatteuse visuellement et dont les interprètes ne sont pas franchement des acteurs inoubliables, Covert Affairs remonte malgré tout dans mon estime grâce à ses scénarios originaux et qui osent enfin aller creuser dans les travers des personnages. Ce n’est pas une grande série, mais c’est déjà un show fichtrement intéressant.

C’est déjà la fin des aventures de nos quatre petites sorcières de Camden qui officiaient dans la sympathique première saison de Switch, diffusée en Angleterre sur iTV2. Il n’y a pas grand chose à dire sur cette comédie aux personnages un peu trop caricaturaux et à la réalisation pataude mais dont les dialogues (assassins) suffisent pour nous entraîner dans les épisodes. Ce n’est pas du grand art, loin de là, mais on rigole beaucoup et c’est sans doute le plus important pour une série comique !

Final Score : 5/10

Switch pourra vous faire sourire un dimanche soir avant de reprendre le boulot, mais vous pouvez plus vraisemblablement la refiler à votre petite soeur qui, elle, s’amusera franchement dans cette version so british de Charmed… avec un ton nettement plus proche de Skins !

C’est marrant comme on peut avoir des avis différents  : alors que je suis totalement sous le charme de Hunted, la série semble beaucoup moins convaincre les (rares) personnes qui l’ont regardé. Série d’espionnage inventée par le tortueux esprit de Frank Spotnitz, l’une des têtes pensantes de X-Files, le show met en place un scénario absolument machiavélique dans une réalisation sobre et terriblement efficace. Les personnages sont soignés et intrigants, les révélations finales convaincantes, et l’ambiance franchement glaçante. Bref, c’est une pure réussite pour qui apprécie le genre, mis à part lorsque le show nous sert des flashbacks plutôt honteux pour dévoiler petit à petit le mystère qui entoure le personnage principal. C’est d’autant plus embêtant qu’on ne s’intéresse pas du tout à cette intrigue sauf dans le tout dernier épisode qui met en place les bases d’une suite qui aurait pu s’avérer absolument géniale. Problème : la BBC vient d’annuler la série, et Cinemax, qui coproduit le show aux Etats-Unis est en relation avec Spotnitz pour rebooter la série qui s’avère beaucoup trop chère pour eux tout seul. Saurons nous un jour qui est cette personne au doigt coupée ? La réponse se trouve quelque part dans l’avenir.

Final Score : 8/10

J’ai personnellement adoré Hunted malgré ses quelques minuscules défauts. Le problème vient plus du genre (l’espionnage) qui ne convaincra pas forcément tout le monde d’y jeter un oeil. Mais si vous appréciez les personnages et les scénarios alambiqués, vous feriez bien de vous plonger dans l’univers de Sam Hunter,

La première nouveauté de ces quatre dernières semaines, c’est Malibu Country, sitcom diffusée par ABC dans le vendredi de la mort. Pour les américains, c’est le grand retour de Reba (c’est même marqué sur l’affiche), chanteuse de country ultra populaire et héroïne de la sitcom Reba pendant sept ans – un succès quoi. Le pitch rapidos : une ancienne chanteuse de country qui a abandonné sa carrière pour ses enfants et son mari découvre que celui-ci la trompe. Ni une, ni deux, elle quitte Nashville et déménage en Californie (dans une maison de son ex mari) pour refaire sa vie et relancer sa carrière. Ça paraît nul comme ça… et ça l’est à peu de choses près. Car il faut bien avouer que le pilote sait faire preuve de beaucoup d’humour et innove en cherchant à décoincer un peu l’image de son actrice principale. Reba se moque donc d’elle-même en campant une femme de la campagne aux idées un peu trop archaïques pour survivre en Californie. Face à sa fille qui s’enferme dans une chambre avec son ami gay (avec qui elle s’entraîne à rouler des pelles), son fils qui se rend compte qu’il n’est plus le beau gosse du coin et qu’il n’a donc plus d’identité, ou encore la grand-mère qui force sur le whisky tout en découvrant les joies des sucettes au cannabis, notre héroïne aura de quoi faire. La série se veut tellement progressiste d’ailleurs que je me suis dit qu’elle allait tout de suite se casser la gueule. Grosse erreur puisque le pilote s’est offert un audimat tout simplement jamais vu dans la terrible case du vendredi soir. Le show s’assurerait-il d’office un succès ? Pas vraiment non plus, l’audience s’effondrant lors des deuxièmes et troisièmes épisodes (que je n’ai pour l’instant pas vu, donc j’ignore si la qualité s’effondre avec l’audimat !)

Mon Pronostic : Reba a encore le pouvoir de séduire une Amérique qui semble apprécier la country comme le prouve le succès de Nashville, ridicule série musicale diffusée actuellement. ABC n’a de toutes façons rien d’autre à diffuser le vendredi, du coup je mise sur une commande de saison deux à la fin de l’année.

LA grosse bonne surprise de ces dernières semaines, c’est assurément la comédie (en 42 minutes) Wedding Band diffusée sur TBS. Comme l’affiche et le nom l’indique, il s’agit des mésaventures (à tendances romantiques) d’un groupe de mariage fan de rock… bon ok, de vieux rock à papa, un peu mou, genre Scorpion, U2 et compagnie. Menée par LE David Silver de Beverly Hills (ou un putain de bad guy dans Terminator : The Sarah Connor Chronicles), la série met aussi en scène ce bon vieux black de Lost qui ne servait à rien ou encore le seul mec à s’être fait viré de NCIS : Los Angeles. Bref, sur ce casting pas très folichon se dresse un show à l’humour irrésistible, extrêmement dynamique et fondamentalement bien conçu. Oh, certes, on ne court pas à l’originalité à tout prix mais bien à une vraie quête de fun… et de rock ‘n’ roll.

Mon Pronostic : une comédie sur TBS qui profite des rediffusions de The Big Bang Theory diffusées juste avant, a tout ce qu’il lui faut pour cartonner… sauf si elle est diffusée un samedi. Je sens que Wedding Band, malgré ses qualités, ne va pas rester longtemps sur nos écrans : annulation à la fin de la première saison.

De l’autre côté de l’atlantique, la BBC3 (la chaîne la plus “jeune” du groupe) nous propose Some Girls, une série résolument très british sur un groupe de copines qui… fait du foot. Oui, du soccer. Entre deux parties (généralement perdues) elles parlent de fellation, de rupture, tuent des hamsters, prennent toutes sortes de cachetons, gardent leurs petits frères et soeurs, fument des spliff dans des maisons pour enfant, et envoient chier leur belle-mère. Bref, c’est méchant, corrosif, parfois un peu vulgaire, pas du tout crédible mais tout à fait dans l’esprit de ce que les anglais pensent de leurs ados. Ceux qui sont largués par Skins peuvent y jeter un oeil, ceux qui veulent voir des adolescentes totalement délurées peuvent aussi y jeter un oeil, ceux qui s’attendaient à la révolution des séries ados peuvent totalement passer leurs chemins.

Autre série surprise anglaise, Nick Nickleby est l’adaptation contemporaine d’un célèbre roman de Dickens. Le budget est riquiqui, les comédiens semblent sortis d’un soap opéra, et la vieille censée nous tirer la larme s’avère exaspérante au bout d’environ trois minutes. Maniéré dans son fond comme dans sa forme, cette mini-série qui a fait un passage éclair sur la BBC One (un épisode par jour pendant une semaine), n’aura pas su me convaincre de dépasser le pilote.

Enfin, Secret State, diffusée sur Channel 4, fera s’arracher les cheveux à ceux qui trouvait Boss déjà bien compliquée ! Adapté d’un roman écrit par un politicien anglais dans les années 80, lui-même déjà adapté en mini-série culte aux multiples récompenses en 88 (sous le titre original A Very British Coup), le show met d’emblée dans l’ambiance avec un Gabriel Byrne exceptionnel et – chose très rare – un format scope (c’est à dire que vous allez avoir des bandes noires même sur vos superbes télé 16/9) qui fait éclater littéralement la mise en scène impeccable. Alors oui, il faut s’accrocher pour suivre les aventures de cet homme politique qui se retrouve propulsé premier ministre suite à la mort de son prédécesseur dans un accident d’avion. Entre enquête sur les circonstances étranges de cet accident, magouille politique pour faire avouer un industriel qu’il est à la source d’une explosion qui a ravagé une ville, ou encore négociations compliquées avec les Etats-Unis, le scénario s’avère massif et complexe. Pour autant, on ne perd jamais de vue les personnages, leurs états d’âme et leurs objectifs. Une grande et belle série commence… reste à voir où elle va nous emmener.

Allez, à la semaine prochaine (si, si, promis !) pour parler de… vous verrez bien !

Dimanche 14 octobre 2012, The Walking Dead détruit tout sur son passage en culminant comme le nouveau record d’audience pour un programme du câble. Lundi 15 octobre 2012, Revolution devient la série attirant le plus de personne en +7, soit en comptant tous les modes de diffusion après la première d’un épisode, culminant à un exorbitant 4.9 millions de spectateur en plus. C’est la semaine des records, mais il nous reste encore quelques nouveautés à découvrir…

Cette semaine, on fêtait donc le retour de The Walking Dead avec une troisième saison qui démarre très fort. Mais on retrouvait aussi Covert Affairs (pour la deuxième partie de la saison 3) ; la saison 2 de la sitcom Suburgatory qui vient compléter la soirée comédie de ABC le mercredi soir ; la troisième saison de l’espionne musclée Nikita ; ainsi que le reboot de American Horror Story qui s’intéresse donc à un tout nouveau panel de personnages…

Ils vous énervent déjà sur cette photo profondément irritante ? Et bien les comédiens de See Dad Run ne vont pas plus vous convaincre dans cette nouvelle sitcom diffusée sur Nickelodeon dans les programmes du soir, et donc (il faut bien l’avouer) destiné en priorité à la toute la famille (américaine traditionnaliste.) Le pitch : un célèbre acteur qui a incarné le rôle d’un père pendant dix ans dans une sitcom à succès se retire du petit écran pour éduquer ses vrais enfants. Sauf que tout ne se passe pas dans la vraie vie comme dans une série télé… L’idée est franchement intéressante et la série pourrait être très drôle… sauf qu’elle ne l’est pas ! Tout ce qu’elle critique dans les sitcoms familiales, elle le refait au centuple – malgré quelques tentatives pour changer la donne (comme l’adolescente qui lance à son père en fin d’épisode qu’elle ne va pas se réconcilier avec lui en vingt-six minutes… avant de le prendre dans ses bras sous les murmures touchés du public !) Les comédiens sont outrancièrement mauvais (en particulier cette saleté de petit garçon qu’on croyait définitivement enterré avec la fin de One Tree Hill), la réalisation tout juste abominable et les blagues tombent toute à l’eau. Masochiste de tout poil, voilà votre nouvel outil de torture !

Mon Pronostic : heu, là, franchement je ne sais pas du tout. Du coup, on va dire une annulation à la fin de la diffusion de cette première saison ?

La deuxième nouveauté de la semaine, c’est la très attendue Emily Owens M.D. sur la CW qui s’était attiré beaucoup de bonnes critiques sur son pilote. Ayant enfin pu voir celui-ci, il faut bien avouer que la sympathique Mamie Gummer incarne avec une vraie sincérité l’amusante Emily Owens, une jeune médecin peu sûre d’elle et atrocement maladroite. On sourit beaucoup aux blagues assez convenues mais qui arrivent parfois à surprendre, on s’émeut assez peu des situations médicales déjà vues sans fois, et on soupire parfois lorsqu’on voit les grosses ficelles du feuilletonnant arriver. En clair : rien de neuf à l’horizon, mais ça respire le travail bien fait. Il faudra voir si la suite va nous surprendre ou juste nous décevoir.

Mon Pronostic : Emily Owens M.D. a tout pour attirer le public de la CW et surtout pour le conserver malgré son certain classicisme. Je mise donc sur une commande de saison deux à la fin de l’année !

MTV aime les jeunes qui le lui rendent bien, vu le succès des nouvelles séries de la chaîne sur cette cible particulière depuis quelques années. Et comme on ne va pas changer une formule qui gagne, voici Underemployed, un show sur cinq jeunes vingtenaires, tout juste sortis de l’école, et qui vont galérer pour trouver du boulot et survivre dans cette Amérique en pleine crise économique. Le show fait penser à beaucoup d’autres séries MTV que ce soit dans la composition de son casting, son ambiance newyorkaise vue du côté des galériens, ou encore son humour corrosif et sa volonté de traiter frontalement les sujets classiques des séries pour ados. C’est donc en soit une bonne chose, vu que les autres séries de la chaîne se sont souvent avérées très convaincantes, mais en même temps on commence à ressentir une certaine lassitude et à voir trois coups à l’avance les rebondissements qu’on va nous servir. Underemployed est sympa mais sent un peu le réchauffé…

Mon Pronostic : MTV a plutôt tendance à aider ses séries à s’installer, je miserai donc sur la commande d’une deuxième saison à la fin de la diffusion de celle-ci…

Fausse saison 2 mais vraie nouvelle série, American Horror Story : Asylum méritait bien qu’on s’attarde un peu sur son sort. L’anthologie d’horreur inventée par Brad Falchuck et Ryan Murphy change de lieu et d’époque mais garde une partie de son casting (dans des nouveaux rôles) et surtout son ambiance parfaitement morbide mais capable tout à la fois de faire hurler de rire et hurler tout court. Amusant et décalé pour les uns, outranciers et ridiculement sous-scénarisé pour les autres, AHS : Asylum va encore plus séparer le public que la saison précédente. On passe d’une série familiale à une série (d’horreur) sur le monde du travail (selon Brad Falchuck) et il faut bien avouer que les scénaristes ne s’épargnent aucun cliché. Après, à mon avis, ils arrivent à les magnifier en les tordant dans tous les sens ou en allant bien plus loin que ce qu’on a vu jusqu’ici. Les amateurs d’horreur se régaleront, les autres soupireront et passeront leur chemin.

Mon Pronostic : mais bien sûr qu’il y aura une troisième saison ! Toute la question est de savoir où elle se déroulera…

La dernière nouveauté de la semaine nous vient de la bien étrange Angleterre ou ITV 2 nous présente une série aussi au moins aussi étrange. Switch présente les aventures de quatre jeunes femmes de vingt-deux ans qui forment un coven de sorcières, mais qui veulent s’éloigner des traditions ancestrales de leurs familles pour pouvoir vivre leur vie à Londres. Le truc, c’est qu’avec des sorcières on s’attend à des intrigues de fin du monde, d’esprit vengeur ou ce genre de chose… et dans ce pilote, nos joyeuses amies fabriquent un filtre d’amour, tente de faire oublier à la patronne d’une d’entre elle qu’elle l’a viré, ou encore une autre qui règle ses comptes avec sa mère. De l’ultra quotidien légèrement transformé par la magie, après tout pourquoi pas. Mais il y a un petit truc qui ne marche pas, comme si la série cherchait à trop bien faire pour arriver à convaincre, comme si sa quête d’originalité la condamnait à des situations assez artificielles et au final assez peu intéressantes. Ce premier épisode se termine cependant sur une note assez étrange, laissant suggérer que la série va pas mal évoluer. Wait and see, donc, mais pour l’instant je ne suis pas vraiment sous le charme…

Mon Pronostic : je vois bien la série marcher en Angleterre, du coup je mise sur la commande d’une deuxième saison !

Ca y est, la première annulation de l’année a eut lieu et la série ayant la tête coupée n’est nulle autre que Made in Jersey, qui confirme que la case du vendredi soir est bel et bien un véritable abattoir où l’on laisse les vaches mourir. Ces dernières années, quand une série été annulée au bout de seulement deux épisodes (comme c’est le cas ici), vous pouviez être sûr qu’il s’agissait d’un excellent concept qui n’avait pas su trouver son public. Cette année, on est rassuré : Made in Jersey était juste un énième legal show, fatigué et fatigant, avec une mise en scène peu flatteuse et une actrice principale complètement à la ramasse. Y a-t-il vraiment autre chose à dire ou à retenir sur ce show ? Non.

Final Score : 2/10

Made in Jersey était mauvaise et sera vite oubliée. Tient, et si on n’en parlait même plus ?

Satan, your kingdom must come down… Cette petite ritournelle qui fait office de générique, vous l’aurez dans la tête longtemps après avoir vu la fin de cette deuxième saison de Boss, qui confirme triomphalement son statut de meilleure série depuis le début de sa diffusion. Magistrale aussi bien dans son écriture, finement ciselée, faisant preuve d’une science certaine pour les paiements (ces moments où une information donnée avant est utilisée pour faire rebondir l’histoire), que dans sa réalisation, sublime mais qui n’oublie jamais qu’elle est là avant tout pour servir l’histoire, ainsi que dans le jeu des comédiens (des seconds couteaux ou d’anciens has-been – à part Kelsey Grammer), Boss est un vrai régal d’autant plus jouissif que la série n’est jamais lente ou ennuyeuse (contrairement à d’autres grands shows qui plongent parfois dans un rythme plus ou moins soporifique.) Le Boss de Chicago vous attend, ne refusez pas la main qu’il vous tend, vous pourriez bien le regretter.

Final Score : 9/10.

Boss est un putain de chef-d’oeuvre. C’est tout.

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour discuter de la fin de la première et assez étrange série de la BBC America…

Après le petit râté de la semaine dernière (trop de boulot mais surtout pas assez de news !), le bilan de la semaine revient sur quatorze jours… pas vraiment riches en évènement. En fait, pour trouver un peu de nouveauté, il a fallu se tourner vers l’Angleterre ou vers les premières diffusions de ces mêmes séries anglaises aux USA sur BBC America. Alors est-ce que les anglais vont gagner la bataille télévisuelle de l’été ? La réponse dans ces quelques lignes !

Mais commençons par un petit récapitulatif des séries qui sont revenues nous faire coucou au cours de ces deux dernières semaines. Episodes revient pour une deuxième saison déjà bien entamée en Angleterre où la diffusion a commencé il y a presque deux mois ! Les deux premiers épisodes sont vraiment encourageant, la série semble prendre un tournant plus crédible sans pour autant abandonner la comédie. Il faut dire que l’année dernière la série ne m’avait pas totalement convaincue, notamment à cause de son traitement limite hystérique du fonctionnement de la télé américaine (c’était vraiment la valse des clichés !)

Du côté de chez USA, on fêtait le retour de Covert Affairs et deWhite Collars. La première est une série d’espionnage pas franchement inoubliable, la seconde est une série policière se déroulant dans le monde de l’art et des faussaires, déjà nettement plus réjouissante. La bonne nouvelle, c’est que les deux pilotes présentés semblent emmener les deux séries sur de nouveaux chemins et surprendront les fans de la première heure. Une prise de risque franchement agréable dans un monde où les saisons se suivent et font tout pour se ressembler. Enfin, chez TNT, les derniers épisodes de The Closer ont démarré. Il faudra bientôt dire définitivement au revoir à Brenda Johnson !

Mais le retour qui m’a fait définitivement le plus plaisir, c’est celui de Glenn Close et Rose Byrne pour l’ultime saison de Damages qui mettra enfin en scène l’affrontement tant attendu de ces deux femmes de pouvoir. La grosse surprise, c’est de retrouver Ryan Phillippe et Jenna Elfmann au casting, deux acteurs qu’on avait totalement oublié depuis plusieurs années ! Un double duel au sommet qui se doit d’être exceptionnel !

Seule nouveauté américaine en quinze jours, Perception ne va pas pour autant rester dans les anales. On aurait voulu y croire à cause du personnage principal, un spécialiste en neurologie qui remet en cause la réalité… car il a lui-même de sérieux problème avec sa perception du monde réel (en gros, il voit et parle à des gens qui ne sont pas là.) Malheureusement, et on voit le truc arriver gros comme un camion, ce cher Dr Pierce va être recruté par le FBI pour venir leur donner un coup de main sur une affaire délicate. La série se révèle alors être un cop-show de plus avec un personnage doté d’une capacité exceptionnelle… Même la scène finale, qui est censé nous en mettre plein la vue et montrer à quel point les scénaristes sont malins, s’avère courue d’avance et prévisible à des kilomètres. Ce n’est pas mauvais pour autant, juste absolument inconsistant !

C’est donc du côté de l’Angleterre qu’il faudra chercher pour trouver un peu d’originalité. Avec Line of Duty, la BBC Two se lance dans un étrange polar sur la corruption dans la police. Et en vient même à poser la question d’où commence la corruption, où s’arrête le travail des policiers, ce qu’il faut accepter pour avoir le minimum de réussite et ce qu’il faut absolument condamner. On l’aura compris, le show de Jed Mercurio est loin, très loin, d’être manichéen et s’amuse avec nos nerfs nous réservant d’intenses surprises à chaque épisode. Bien rythmée, magnifiquement interprétée et plutôt pas mal réalisée, cette Line of Duty place la barre très haut dans le genre…

Avec seulement trois petits épisodes d’une heure, Blackout, diffusée sur BBC One, se défend comme une trilogie viscérale sur la lente rédemption d’un alcoolique qui est persuadé d’avoir tué son patron lors d’une soirée de beuverie dont il a bien du mal à se souvenir. Scénaristiquement grisante, la série pêche plus largement par facilité au niveau de la réalisation qui s’amuse à flouter de large partie de quasiment tous les plans pour sans cesse nous rappeler que son héros vit dans un monde flou, aux limites difficilement visibles. Les acteurs sont plutôt convaincants mais c’est vraiment la conclusion qui justifiera, ou non, de regarder cette trilogie ambitieuse…

Hit & Miss est déjà sortie en DVD en Angleterre, mais la série vient à peine de commencer sa diffusion aux USA. Suivant ce rythme de diffusion, je n’ai donc vu que le premier épisode de ce show éminemment controversé sur un transsexuel tueur à gages qui retrouve les enfants de son ex-femme, ainsi que son propre fils, et décide de les élever. Sur ce pitch sacrément couillu (désolé), Paul Abbott – célèbre scénariste anglais – et sa bande tissent un premier épisode qui donne envie, malgré quelques facilités dans l’utilisation libératrice de la violence. Mais j’attend de voir la suite pour savoir vraiment sur quel pied danser tant on sent que la série se veut une réflexion brutale sur de nombreux sujets tabous. Et puis, oui, Chloé Sévigny est magistrale.

Y a-t-il vraiment quelque chose à dire sur Men at Work ? Petite sitcom sans grandes ambitions, le show présente les mésaventures de quatre amis qui travaillent ensemble pour un magazine masculin. Allons-y pour les clichés, il y a le black musclé photographe qui séduit toutes les mannequins qu’il shoote, le geek de service (lunettes à l’appui histoire de bien marquer le coup) mais qui est aussi le seul à être en couple, le beau gosse chef de meute qui n’arrive pas à être en prise avec ses sentiments, et l’éternel romantique qui vient de se faire larguer au début de la saison et qui sert de personnage référent, celui auquel nous les hommes on est censé s’identifier. Aussi passionnant que de se retaper l’intégrale de Sex in the City en buvant du jus de papaye, Men at Work ne brille jamais par une quelconque qualité. C’est tour à tour machiste, naïf, absolument ridicule et malgré tout quelques trop rares fois franchement drôle. Pas la honte de l’année – on a vu bien pire – mais sans doute la seule série à te faire ressentir devant ton poste de télé ce que tu peux ressentir en lisant FHM quand t’as six heures de train à faire et plus de batterie dans ton portable.

Final Score : 2/5

Men at Work n’est pas une catastrophe mais n’en demeure pas moins un programme absolument inutile, qui serait déjà plus agréable si on pouvait le consommer aux toilettes. En tous cas, si vous n’avez pas encore vu les dix épisodes de cette première saison, vous n’avez franchement aucune raison de vous y mettre !

Allez, à la semaine prochaine, où on parlera (enfin !) de The Firm, et où on découvrira de sympathiques nouveautés comme la version animée de Back Dynamite. Si, si, ils ont osé.

Quand on parle de séries, il y a quelques noms qui font rêver. JJ Abrahms, par exemple, j’attends toujours qu’il me remette une claque comme il l’avait fait en lançant Alias ou Lost. Aaron Sorkin, dont le très attendu Social Network vient de sortir au cinéma, m’a fait fantasmer avec des scénarios aux petits oignons. Et puis il y a le père Bruckheimer, Jerry de son prénom, qui, après avoir tout fracassé au cinéma, a changé le monde du cop show avec son CSI. Qu’on se comprenne bien, Jerry est un producteur de série, pas un créateur ou un scénariste, mais voici quelqu’un qui a toujours bien su s’entourer et qui dont le nom est synonyme de succès. Enfin, jusqu’à il y a peu…

Belle affiche, bad show.

Les ennuis ont sérieusement commencé l’année dernière pour le pauvre Jerry. On vient de lui annuler Without a trace (FBI, portés disparus), Cold Case, et même Close to Home : trois cop-show portant la marque de fabrique du bonhomme et qui avaient fait leurs petits bouts de chemin. On attendait donc son grand retour, après le très oubliable The Forgotten (encore un cop show.) Car la recette Bruckheimer fut pendant très longtemps inattaquable : prenez une bande de flics, mais donnez leur une spécialité histoire de changer un peu la donne. CSI, c’était la police scientifique ; Without a Trace, l’équipe chargé de retrouver des personnes disparues ; Cold Case, l’équipe chargée des affaires classées depuis plusieurs années, The Forgotten s’intéressait à un réseau de personnes qui tente d’identifier des cadavres inconnus.

Sometimes, surgeons are just not enough.

Son retour, donc, Jerry le signe avec Miami Medical, qui prend tout le monde de court. Pour une fois, nous n’avons pas à faire à un cop show mais bel et bien à une série médicale. Le monde à l’envers? Et bien non, car en réalité, si le fond est un tout petit peu différent, la forme est toujours la même. Miami Medical s’intéresse à une équipe bien particulière de chirurgien : les meilleurs des Etats-Unis. Leur hôpital, c’est celui de la dernière heure : s’il vous reste une heure à vivre, c’est là que vous allez. Malheureusement pour Jerry, les gens sont un peu fatigués de sa formule et délaissent très rapidement le show – de plus meurtri par des personnages tous plus fades les uns que les autres. Un premier échec cuisant…

Les spectateurs ne lui courent pas après...

Cette année, donc, Jerry revient à ses premières amours avec un nouveau cop show : Chase. Cette fois, on s’intéresse à une équipe de marshalls qui poursuivent les criminels les plus recherchés des Etats-Unis. Mais la formule est encore une fois la même et la série devient fatigante dés le premier épisode. Personnages plutôt creux (l’héroïne est casse-cou car son père était lui-même un criminel recherché, ah ah ah…), intrigues rigides et peu convaincantes, réalisation dépassée : malgré un trailer qui donnait plutôt envie, la série se casse la figure à une rapidité déconcertante. Deuxième échec… (la série sera sans doute annulée d’ici la fin de l’année.)

Let them fight alone.

Ah ah, mais cette fois, Jerry a prévu le coup et a débarqué avec une autre série, cette fois franchement originale : The Whole Truth. Arpentant les dangereux sentiers du legal show (autrement dit les séries de tribunal), Jerry nous propose un concept intéressant en opposant une procureur et un avocat de la défense qui sont tous les deux les héros de la série. En effet, on alterne au fil de l’épisode entre le point de vue de l’un et de l’autre, pour nous donner tous les éléments d’une affaire… dont on ne saura toute la vérité que dans la séquence finale. Hum… qui a senti la fausse bonne idée ? Et oui, le problème ici c’est qu’on ne s’attache à aucun personnage et que l’ensemble paraît un peu trop artificiel, mécanique, pour vraiment convaincre. A la limite, si la série en entier avait reposé sur une seule et complexe affaire, pourquoi pas, mais là tenter de faire le jour complet sur un cas en seulement quarante-deux minutes, c’est mission impossible. Et encore une fois, les spectateurs ne s’y sont pas trompés et délaissent la série. Troisième échec…

J'ai pas trouvé l'affiche très bleue.

Alors que reste-t-il à Jerry ? Son avenir semble mieux se dérouler sur les petits network. Dark Blue, diffusée sur TNT, reviendra sûrement pour une troisième saison. Cette série sur des flics (encore) qui font de l’infiltration change quelque peu de la formule établie par CSI en proposant des intrigues plus complexes et surtout beaucoup plus sombres, ainsi qu’un feuilletonnant relativement important. Depuis cet été, Jerry propose sur USA, la petite série Covert Affairs, plaisante mais pas passionnante série d’espionnage dans laquelle se greffe pas mal d’éléments sentimentaux. Enfin, Jerry était en développement pour HBO en 2008 / 2009 pour une série intitulée Cocaïne Cowboys et qui devait raconter comment le trafic de cocaïne s’est installé à Miami… malheureusement, depuis, plus aucune nouvelle. Alors, certes, c’est plutôt une mauvaise année pour Jerry pour l’instant, mais ne l’enterrons pas trop vite. L’homme sait y faire, et je suis sûr qu’il va nous revenir en pleine forme. Tôt ou tard.