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Suite de cette grosse semaine de fin de saison avec de l’humour, des flics, et des médecins…

La reine actuelle des séries médicales, Grey’s Anatomy croulait sous un casting plus qu’imposant pour cette huitième saison. En effet, quand il faut tracer des trajectoires pour pas moins d’une grosse quinzaine de personnages, il faut sacrément se retrousser les manches. Le pari est à moitié réussi avec quelques belles trouvailles (comme les avancées surprenante de Jackson ou Karev) et des protagonistes qui disparaissent quasiment de l’écran ou qui ne sont là que pour venir balancer un bon mot de temps en temps (Lexie et Callie). Si ce n’est certainement pas la saison de la nouveauté, les auteurs ont pris soin d’essayer d’éviter le pathos larmoyant tout en gardant des rebondissements sacrément musclés. Mention spéciale au season finale, dans lequel Shonda Rhimes se refuse à jouer avec la mort d’un personnage la rendant d’autant plus abrupte et amère – d’ailleurs, une partie des fans est en colère et demande le retour de fameux personnage l’année prochaine… Quant à Ellen Pompeo, elle semble être à l’aise dans les bottes de Meredith qui revient quelque peu sur le devant de la scène. Mais la grande gagnante de cette saison, c’est clairement Sandra Oh, franchement convaincante dans son rôle de Christina Yang, et qui assume pleinement les ambivalences de son personnage.

Final Score : 4/5

Cette saison 8 est certainement l’une des meilleures de Grey’s Anatomy – du moins elle renoue avec la qualité et la surprise des premières saisons. Alors certes, la série se perd dans son nombre important de protagonistes et gagnerait à se recentrer sur moins de personnages, mais les scénarios et les comédiens se sont avérés franchement réjouissants. Reste la réalisation, carrée, à l’épreuve des balles, mais pas franchement imaginative. Mais qui voilà ?! Mais c’est bien sûr, le poids lourd de la série policière depuis sept ans, à savoir les profilers de Criminal Minds. Après l’arrêt brutal du (très mauvais) spin-off lancé l’année dernière, la série spécialisée sur les tueurs en série se devait d’offrir une saison irréprochable. C’est chose faite avec des scénarios convaincants, une réalisation à filer la frousse à Jason Statham, et des comédiens qui roulent. Pas de grande surprise, mais pas non plus de vraie déception quoi qu’on ait pu attendre du season finale un peu pépère.

Final Score : 3.5/5

Série tranquille qui ravira tous ceux qui s’intéressent aux tueurs en série et tous ceux qui apprécient un bon cop show, Criminal Minds reste sur ses rails bien huilés pour offrir une septième saison tout à fait honnête. Maintenant, il faut l’avouer, un peu d’originalité et de prise de risque serait tout de même les bienvenues… Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon ce pauvre Gregory Poirier serait mort une bonne dizaine de fois lors de la diffusion de sa dernière création, Missing. Le scénaristes, qui n’est ni français ni canadien comme certains le laissaient entendre – c’est un américain né à Hawaii – a commis ce qui se fait de pire dans le genre du thriller d’espionnage. Car on sent la volonté de faire quelque chose de frais, péchu, dynamique alors que le résultat est mou, fatigué et passablement ringard. Ashley Judd en mère de famille qui cherche son fils et qui s’avère être en réalité une ancienne agent de la CIA, déjà on n’y croit pas. Mais quand viennent se mêler à tout ça des agents d’Interpol ou encore un père pas vraiment mort dans un attentat à la bombe il y a dix ans et on commence à rigoler. Le pire est atteint (heureusement) dans le dernier épisode lors d’une discussion hallucinante entre l’héroïne et le vilain méchant pas beau que de toutes façons il aimait pas son fils parce qu’il aime personne. Lorsqu’Ashley Judd parle de la noirceur qu’elle a découvert en elle, on pouffe de rire. Lorsqu’elle apparaît en silhouette à contre-jour et qu’elle lâche son pistolet pour bien symboliser que cette fois son combat est fini, on pleure de rire. Et comme s’il fallait en rajouter, Grégory nous pond un ultime rebondissement : Ashley Judd se fait enlever et cette fois c’est son fils qui va la chercher. On rigole, on rigole, mais heureusement que la série a été annulée quand même.

Final Score : 1/5

Série hautement ridicule, Missing ne vaut le coup que pour ses paysages européens variés (on fait un tour en France, à Vienne et en Italie si je me souviens bien) et pour son ridicule qui confine à une parodie du genre. Ah, si tout ça ne se prenait pas aussi au sérieux… Ah finalement, elle nous aura bien surpris cette satané Shonda Rhimes. Par ailleurs effondrée sur Private Practice et nettement plus en forme sur Grey’s Anatomy, elle abandonne le milieu médical pour se lancer dans… la politique. Quoi ? Mais on pensait à la vue du pilote que Scandal allait être une sorte de Grey’s Anatomy avec des avocats ! Qu’est-ce qu’il s’est donc passé ? La réponse est assez simple : Shonda Rhimes a du regarder The Good Wife, Damages et Boss (oui, ok, c’était pas diffusé à l’époque mais bon…) et elle a fait un gros mix. Comme elle est pas stupide et qu’elle connaît pas forcément très bien le fonctionnement de la maison blanche, elle est allée chercher Judy Smith, qui était “administration press aide” pour Georges Bush… Alors oui, on s’est bien fait avoir par le pilote pas franchement palpitant, mais qui nous titillait juste assez pour voir la suite (et sans doute se moquer des efforts de Shonda – on n’a pas oublié la catastrophe Off the Map). Sauf que là où on attendait des nouveaux cas à chaque épisode, on découvre une série qui met rapidement en place son feuilletonnant et se débarrasse du reste très rapidement. Les personnages sont loin d’être les stéréotypes lisses auxquels on s’attendait et la réalisation prouve au fur et à mesure qu’elle a des choses à dire. Même les passages à la maison blanche semblent crédible – mention spéciale au couple présidentiel, qui fait froid dans le dos. Et à la fin de la saison, on reste comme deux ronds de flanc sur son canapé à réclamer la suite.

Final Score : 4/5

Ah, s’il n’y avait pas la “touche” Shonda Rhimes au niveau de la musique et des effets scénaristiques un peu trop choc par moment, Scandal pourrait être une excellente série. C’est déjà pas loin d’être un immanquable tant les programmes à ce point réjouissants nous ont manqué cette année. Excellemment menée, l’intrigue principale balaie tout sur son passage. C’est déjà une réussite.

On ne va pas s’attarder sur le problème du lynchage de Dan Harmon, show runner et créateur du show, viré comme un malpropre il y a une petite semaine, mais bien revenir sur les épisodes de cette troisième saison de Community. Si les personnages sont toujours aussi attachants, si l’univers de la série est toujours aussi barré et imprévisible, et si la réalisation continue de tenir toutes ses promesses, force est de constater que les scénarios sont, eux, très inégaux. Ainsi, on peut tomber sur de magnifiques perles d’humour (le faux épisode flashback avec nos héros chez un psy, le faux épisode documentaire sur la guerre entre Troy et Abed…) comme sur de belles idées malheureusement mal traitée (l’épisode jeu vidéo, particulièrement décevant) et parfois sur de vrais plantages pas drôle pour un sou. C’est qu’il en faut des idées de génie pour tenir un tel programme et nul doute que la prochaine saison, avec l’éviction de Dan Harmon et la mise au placard de la diffusion le vendredi soir, s’auto-annéantira dans les larmes des fans.

Final Score : 4/5

Community est certainement la sitcom la plus attirante du moment grâce à son ton décalé et unique ainsi qu’à des idées d’univers absolument géniales. Dommage que l’ensemble ne tienne pas si bien la route que ça : les déceptions sont nombreuses – au moins autant que les grandes réussites. Bref, c’est à vous de voir, mais il faut avouer qu’il serait tout de même un peu con de se priver d’un programme pour une fois original.

Pour la quatorzième partie de notre bilan de l’année, fallait bien qu’on s’intéresse d’un peu plus près aux cop-shows. Sélection.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Southland n’est définitivement pas un cop show comme les autres. Abandonnée par NBC après sa deuxième saison, la série est rachetée par TNT qui décide d’en produire une troisième fournée d’épisodes. Passer d’un gros network à un petit est toujours risqué : les coupes budgétaires sont franches et il faut forcément faire du vide dans le casting. Du coup, comment s’en est sorti Southland cette année ? Réponse tout de suite.

La première différence qui saute aux yeux par rapport aux autres cop-shows c’est que Southland est réalisée à la manière d’un mockumentary. Si la série y gagne en dynamisme et en réalisme, elle ne joue pas vraiment le jeu en incorporant des scènes de la vie privée qui ne pourraient être tournée par une équipe réalisant un documentaire. C’est heureusement un moindre défaut, vite oublié et qui ne fait  pas douter de la crédibilité du reste de l’univers.

Cette année, les “enquêtes” si on peut utiliser ce mot, sont toujours aussi rudes et crues, et il est rare qu’il y ait un vrai mystère sur le coupable. C’est plutôt la manière de l’appréhender, de faire avec les innombrables problèmes que pose la ville de Los Angeles, qui intéressent les auteurs. Et quand un personnage important se fait tuer, c’est brutal, sans emphase, si bien qu’on a même du mal à y croire pendant un moment (on se dit que non, il va revenir !) Au final, les coupes budgétaires sont parfaitement contrebalancée par une production value encore plus créative et une réalisation extrêmement intelligente – si bien que, s’il n’y avait la petite réduction de casting, on aurait du mal à croire que la série a moins d’argent.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
Assurément le cop-show le plus réaliste et le plus original encore diffusé cette année, Southland est assurément un immanquable auquel seuls quelques uns pourront reprocher parfois de très légèrement tomber dans le pathos (et encore, cette troisième saison semble résolument régler ce problème). Très intelligemment réalisée, magnifiquement interprétée, Southland est tout à la fois un bonheur pour les yeux et pour la tête. Un immanquable on vous dit !

Detroit 187 aurait sans doute voulu être la nouvelle série policière à la mode. Son idée pour se différencier est de mêler dans chaque épisode trois vraies enquêtes, trois intrigues placées au même niveau. Une structure nouvelle et plutôt intéressante…

Et surtout qui apporte un rythme terriblement efficace qui empêche totalement de décrocher. Detroit 187 est donc un vrai plaisir à regarder, d’autant plus qu’on y retrouve le très sympathique Michael Imperioli qui nous avait quelque peu manquer depuis les Sopranos.

Malheureusement, la série a aussi son lot de problème. A commencer par une production value vieillotte, qui ferait presque passer NYPD Blue pour un modèle de modernité. Quant à la réalisation, elle est tout simplement dépourvue d’idée et se contente de “faire de l’image” comme dans les vieilles séries des années 80. Et si Imperioli est plutôt bon, il ne peut s’empêcher à certains moments d’en faire des tonnes – la faute à une gestion de son personnage assez catastrophique, qui en fait le seul intervenant absolument pas réaliste du show.

Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.
Original dans sa structure, Detroit 187 perd toute modernité à cause de sa réalisation pataude et sa production value complètement à la ramasse. Le personnage d’Imperioli n’est jamais crédible et vers la fin de la saison, la série se perd dans un fil rouge qui n’a strictement rien à faire là. Dommage, le soufflé retombe totalement.

Law & Order : Los Angeles, dernière venue de la célèbre franchise qui repose sur une première partie d’enquête policière et une seconde de procès, n’a pas fini sa diffusion (le dernier épisode est programmé pour le 11 juillet) mais on peut d’ores et déjà vous donnez un avis sur cette nouvelle déclinaison. Vous l’aurez deviné, ce n’est pas bon signe.

Il faut dire qu’avec un changement de casting en plein milieu de la saison, une programmation des épisodes dans le désordre, et une certaine fatigue de la formule qui a tout de même plus de vingt ans, ce L&O : LA ne partait pas forcément sur de bonnes bases.

Et autant dire que ce n’est pas la réalisation, super datée, ou le casting, qui en fait mais alors des tonnes, qui va arranger ça ! La production value est passable, mais ne fait pas vraiment de miracles. Au final, on a juste l’impression de se retrouver face à une cinquième version de la même série, sans réelle originalité, qui se laisse regarder tard les soirs d’insomnie mais c’est tout.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
La diffusion dans le désordre n’aura pas vraiment aidé ce Law & Order : Los Angeles à dépasser ses nombreux défauts. De toutes façons, la formule est fatiguée et ne fait plus vraiment mouche. Vite fait, vite regardé, vite oublié.

Cette année, Criminal Minds s’offrait un spin off pour fêter sa sixième saison. Testé dans un épisode l’année dernière, cette série dérivée m’avait tellement motivée que je ne l’ai pas regardé. Pas vraiment un souci vu qu’elle est déjà annulée et qu’elle n’aura eut que très peu d’incidence sur la série mère. Et celle-ci, que valait-elle cette année ?

C’était la saison des départs. Adieu A.J. Cook, après le deuxième épisode, puis adieu Paget Brewster au dix-huitième. Bienvenue à Rachel Nichols, même si on sent qu’elle n’est vraiment là que pour reprendre le rôle de Cook, tant leurs personnages sont similaires. Et au final, car autant vous spoiler le cliffhanger de fin de saison le plus pourri de l’année, rebonjour A.J. Cook qui n’était donc partie que pour s’occuper de son nouveau né.

A part ça, quoi de neuf ? Et bien, en toute sincérité, rien. Rien du tout. Maîtresse en terrain conquis car seule concurrente, Criminal Minds continue de confronter des super profilers à des tueurs en série tous plus barrés les uns que les autres. Un peu plus sombre, un peu plus trash, la série fait comme elle peut pour retenir des téléspectateurs qui partent tranquillement vers d’autres horizons.

Final Score : 4/5 pour les fans, 3/5 pour les autres.
Les fans de la série ne peuvent pas manquer cette saison qui fait un point final à la trajectoire de Prentiss. Les autres n’y verront qu’un cop show de plus, plutôt bien branlé et un peu plus noir que d’habitude (à définitivement ne pas mettre entre les mains des plus jeunes) mais à part ça, rien de bien folichon.

Bon, ok, ils ont l’air un peu cruche, là, comme ça, sortant tout frais de l’eau, sur la photo, à bander leurs muscles comme pour un concours de policiers en t-shirt mouillé, mais je vous assure que les petits gars d’Hawaii Five-0 ne sont pas autant des branquignoles qu’on aurait pu le croire. Et pourtant, on s’était bien foutu de leur gueule à la présentation du show.

Remake de la célèbre série des années 70 qu’on appelait par chez nous Hawaii police d’état, cette version moderne affirme des ses premières minutes ses deux plus gros points forts : une réalisation irréprochable et une production value qui en met tellement plein la vue qu’on se souvenait pas avoir vu quelque chose d’aussi racé depuis fort longtemps. Bon, ok, j’exagère un peu, mais là où je m’attendais à voir un show relativement bidon et expédié à l’arrache, je fais face à une série dont le budget me titille à l’oreille que pour la chaîne elle est de grande envergure.

Maintenant, un cop show ça tient surtout sur ses personnages et sur ses scénarios. Du côté des membres de cette strike team de force, à laquelle la gouverneur de Hawaii donne les pleins pouvoirs pour résoudre toutes sortes d’enquête, il faut bien avouer que de prime abord on a plus l’impression d’un ramassis de clochard sans série fixe (de gauche à droite ça vient de Moonlight, Battlestar Galactica, Lost et, ah fuck, juste un spécialiste des second rôles au cinéma) que d’une vraie sélection. Et si on n’aurait pas tout à fait tort, il faut bien avouer que l’ensemble fonctionne plutôt bien, avec des personnages bien typés ayant chacun leur passé, leur points forts et faibles et leur caractère bien trempé. Mention spéciale aux petites engueulades entre les deux vrais héros (tout à gauche et à droite) qui sont juste hilarantes.

Car au niveau du scénario, les auteurs misent sur trois éléments clés : une enquête policière qui assure (et franchement, elles assurent), de l’action (hyper spectaculaire) et de l’humour. Beaucoup d’humour. Du coup, la série ne se prend jamais vraiment trop au sérieux et sait dédramatiser un moment trop tendu avec une bonne réplique cinglante. Et puis il ne faut pas oublier le feuilletonnant, assez anecdotique au début (le héros se demande comment son papa de flic est mort) mais qui devient de plus en plus passionnant au fil des épisodes. Le season finale est jouissif et le cliffhanger de fin est l’un des plus malins vu depuis fort longtemps.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Hawaii five-0 se révèle très loin de la grosse daube annoncée : drôle, intelligemment ficelé, avec des personnages très attachants, elle se permet en plus le luxe de vous en mettre plein la vue. Une excellente surprise pour ceux qui cherchent une série fun mais pas stupide pour autant.

Sept ans que ça dure ! Après plus de 150 épisodes, CSI : NY semble siffler son chant du cygne dans son season finale qui fait un dernier tour de New York. Pourtant la série est reconduite pour une huitième saison ! Gary Sinise sera-t-il toujours de la partie ? C’est la question à cent mille dollars. En attendant, jetons donc un coup d’oeil à l’année qui vient de s’achever.

Ce sera donc la première saison sans Melina Kanakaredes qui laisse sa place à Sela Ward sans que cela ne vienne vraiment changer nos habitudes. Côté intrigue un peu feuillentonnante, on retrouve Mac confronté à son ancien formateur, devenu un poil bagarreur, et à un ancien détenu fraîchement libéré alors que c’étaient eux qui l’avaient envoyé sous les verrous.

A part ça, rien de neuf. On retrouve la production value typique des CSI et une réalisation plutôt clean. Les scénarios sont plutôt bien fichus, même si on commence à sérieusement se lasser du traditionnel “c’est de l’herbe qui pousse dans cette micro région de New York”. Bref, on nage en plein terrain connu et vu le succès de la franchise il n’y a pas de raison que ça change !

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une huitième saison.
Bon, il faut bien avouer qu’on commence un peu à se lasser des CSI en tout genre. A part ça, il faut reconnaître que la qualité est toujours au rendez vous mais on aurait aimé que la série commence à prendre un peu des risques histoire de nous titiller un peu.

Avec Coloc, on s’est moqué pendant tout l’été du fait qu’on nous sortait du gros réchauffé pour la rentrée avec Hawaii Five-O : quoi, ils vont refaire la vieille série des samedis après-midi interminables sur TF1 ? On a encore tous en tête la petite musique du générique et les affreuses coupes de cheveux de ces héros qu’on n’a jamais vraiment aimés. Et puis on s’est demandé ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, les projets vraiment originaux et emballant n’étant pas  légion en cette rentrée 2010/2011. Ils fut un temps où au moins une quinzaine de pilotes nous faisaient rêver et nous prenaient vraiment par surpris. Serait-ce la crise des idées ?

J'espère que cette image va me ramener quelques lecteurs...

A l’instar donc de Hawaii Five-O, les projets de remakes modernes des séries ayant cartonnées dans les années 90 (voir avant…) pullulent depuis quelques temps, avec plus ou moins de succès. La faute, sans doute, au remake de Battlestar Galactica, qui a tout écrasé sur son passage pour devenir, à mon avis, la meilleure série de SF jamais créée. Les scénaristes ont su très intelligemment actualiser le récit et s’affranchir de tout ce qui aurait pu ringardiser le projet, tout en reprenant les plus importants codes graphiques des anciennes séries (par exemple le look des cylons, ou la technologie toute relative du vaisseau principal…) Mais cette intelligence ne touchera pas tout le monde, et certainement pas les auteurs du “nouveau” Melrose Place, sans doute la plus grosse catastrophe de l’année dernière. A trop vouloir faire plaisir aux anciens spectateurs en accumulant les guest de l’ancienne série, les scénaristes ont perdu le nouveau public qui n’en a strictement rien à faire (et pour qui Heather Locklear est juste une hasbeen en plastique.) 90210, peudo remake du Beverly Hills de mon adolescence, s’en sort mieux mais fait quasiment totalement abstraction de l’ancienne série pour devenir un show pour ado somme toute assez classique. Mais cette année, c’est bien Nikita, remake de la série La femme Nikita, elle-même adaptée du film du gros Luc, qui prend tout le monde par surprise. Remarquablement intelligent, le pilote nous sert un twist final (qui deviendra aussitôt le vrai pitch de la série) franchement inattendu et ne garde de ses grandes soeurs que les personnages à la psychologie complexe et l’ambiance assez morbide. Le tout en misant à fond sur le fun que ne devrait jamais oublier les séries d’espionnage. Enfin, Hawaii Five-O, dont on parlait tout à l’heure, mise sur un duo franchement drôle et attachant pour s’élever au-dessus du marasme des innombrables séries policières et mérite largement son succès. Comme quoi, remake ne veut pas forcément dire série poubelle…

La seule série qui peut se passer d'un casting fort... ou pas.

L’autre grosse solution trouvée pour palier au manque d’idées fraîches, c’est de transformer sa série en licence. C’est-à-dire de multiplier les spin-off (séries dérivées) tout en gardant la même formule. Le champion en la matière, c’est Dick Wolfe avec son Law and order, dérivé en Special Victim Unit, Criminal Intent, Trial by Jury, UK (oui, oui!) et cette année Los Angeles. Des changements mineurs à chaque fois pour une recette qui repose sur la coopération (ou non) entre la police et le tribunal de justice… On ne peut pas non plus ignorer nos charmants CSI, CSI : Miami, et CSI : New York, tous sortis de l’écurie Bruckheimer et dont les variations se basent uniquement sur la ville dans laquelle l’action se déroule. NCIS, elle-même spin-off du JAG, s’offre NCIS : Los Angeles l’année dernière et s’assure un carton plein. Pour un peu plus tard dans l’année, on nous annonce Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de… Criminal Minds ! A croire qu’il ne reste plus beaucoup d’idées de cop-show pour remplir les cases…

Ca me donne envie de boire de la vodka-pomme, allez savoir pourquoi.

Cette année, une nouvelle idée a germé dans la tête des producteurs, une idée qui n’est pas sans rappeler un phénomène assez couru dans les comics : faire des prequel, c’est-à-dire des séries dérivées qui se déroulent avant la série mère. Première venue (du moins récemment), Caprica nous décrit la lente construction des cylons de Battlestar Galactica. Mais encore une fois, les créateurs prennent tout le monde de cours en créant ce qui peut être considéré comme la première série FAMILIALE de science-fiction ! Caprica s’avère donc loin d’être une simple resucée de la série mère et regorge d’idées proprement fabuleuses. De son côté, Spartacus, la bonne surprise de l’année dernière chez Starz, ne pouvant enchaîner sur une saison deux à cause de problèmes de santé de l’acteur principal, s’offre une prequel dont on ne sait pour l’instant quasiment rien. A surveiller, donc…

Tellement mignons qu'on a envie de tous les abattre.

Enfin, l’ultime solution que nos confrères outre-atlantique ont trouvé, c’est tout simplement de racheter des séries à l’étranger et de les adapter pour leur pays. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas mais Modern Family, la sitcom qui a décroché tout plein d’Emmy cette année, n’est ni plus ni moins qu’un remake de Fais pas ci, fais pas ça, une des rares très bonnes séries françaises. Bon, mis à part la thématique de la famille et la manière de filmer façon documentaire, il n’y a pas beaucoup de points communs, ne serait-ce que la qualité, Modern Family ayant fini par profondément me gaver avec sa double dose de bons sentiments. La récemment décapitée My Generation était un remake du pilote d’une série suédoise, Scoundrels - qui n’aura duré qu’une saison – était un remake d’une série néo-zélandaise, et que dire du futur Skins version MTV remake de la célèbre série anglaise… Le phénomène n’est pas tout récent : souvenez vous de Ugly Betty, remake d’une telenovela colombienne qui a disparu sans laisser de traces. A croire que les américains feraient mieux de se trouver leurs propres idées !

Nuff said

Au final, ce n’est pas tant la propension des américains à faire du neuf avec du vieux qui pourrait poser problème, mais bien la lassitude des spectateurs à se voir proposer toujours un peu la même chose. Qu’on se le dise, cette année s’avère difficile pour la plupart des chaînes avec des audiences franchement en berne par rapport à l’année dernière. Les succès sont rares, les annulations s’accumulent et beaucoup de série ont vu leur développement arrêté, c’est-à-dire que les chaînes n’ont pas commander de nouveaux épisodes en plus de ceux déjà produits. L’âge d’or des séries serait-il fini ? Laissons l’année passer pour en avoir le coeur net…