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Les affaires reprennent : la première moitié de l’été est passée et certaines séries prennent déjà des vacances pas forcément super méritées. Cette semaine, c’est donc surtout l’occasion de faire le point sur trois shows qui sont plus ou moins passés inaperçus, et de découvrir trois nouveautés qui s’incrustent sur nos écrans…

the millAmis fans de Dickens et autres horribles histoires sur des gamins des rues qui vivent dans la misère et la crasse, réjouissez vous ! The Mill, mini-série anglaise diffusée sur Channel 4, racontent la vie réelle d’une bande d’enfants qui travaillent dans un moulin en 1833. Je dis “réelle” car les auteurs se sont basés sur de nombreux récits de l’époque et expliquent de manière très pédagogique sur le site du show ce qui tient de la fiction et ce qui tient du fait historique. C’est donc parti pour se balader à l’heure bénite où on faisait bosser en moyenne ces sales gosses douze heures par jour, où les accidents mécaniques font presque partie du quotidien, et où l’on sert la nourriture dans la main (pas d’assiette), se lave au puit, et se réveille au son du clocher.

Malgré un scénario sympathique et surtout particulièrement dynamique (là où on aurait pu avoir un truc pantouflard par souci de “réalisme”), ainsi qu’une mise en scène sublime et des comédiens plutôt convaincants, the Mill ne conviendra définitivement pas à tout le monde tant son traitement et son ambiance aride peuvent démoraliser. La révolte étouffée dans l’œuf, la tentative de viol présentée comme un simple aléas de la vie de tous les jours, la violence et la cruauté qui règnent dans cet univers où elles sont tout à fait acceptées et acceptables, présentent un pan d’histoire rarement évoqué qui fait franchement froid dans le dos. Ce n’est clairement pas la série à regarder tranquillement après un bon repas sur la terrasse de tatie Germaine qui vous a prêté sa maison sur la côte Basque, mais si vous êtes encore coincé au boulot et que vous en voulez au monde entier, ça peut peut-être vous aider à vous calmer !

axe copIl est fort, il a une belle moustache, des lunettes de soleil et surtout une hache. C’est un flic. C’est Axe Cop ! A l’origine un web-comics créé par un enfant de cinq ans et son frère de vingt-neuf (véridique !), Axe Cop raconte les histoires toutes plus absurdes les unes que les autres de ce flic qui sauve constamment la galaxie avec son sous-fifre Flute-Cop. La version animée a su (en tout cas dans le pilote) garder tout le côté décalé, débile, et fondamentalement drôle de ces histoires imaginées par un gamin de cinq ans qui n’a que faire de la dramaturgie, de la crédibilité, ou de donner un sens à son récit. Du gros n’importe quoi, qui soulagera n’importe quel cerveau prêt à s’abandonner au non-sens le plus total.

CaptureQuand ils veulent jouer à cache-cache, les américains savent mettent les petits plats dans les grands. Avec Capture, ils signent une nouvelle télé-réalité, pour la CW, qui fait désespérément penser à Hunger Games et nous laissent songer que dans pas longtemps on pourra effectivement voir des idiots s’entre-tuer pour quelques milliers de dollars. En l’occurrence, ici, une équipe de chasseurs doit attraper une des autres équipes (les proies) à l’aide d’un gros trucs qui fait bip bip et une lumière rouge quand on l’allume. Pour atteindre leur but, tous les coups sont permis… vu qu’il n’y a aucune règle. Après quatre heures de chasse, l’équipe attrapée est envoyée en prison. Au bout de deux chasses, les candidats votent pour éliminer l’une de deux teams : soit les deux équipes proies qui ont été attrapées, soit une équipe proie et l’équipe de chasseurs s’ils n’ont attrapé qu’une seule équipe. Et si les chasseurs n’ont rien pris, ils sont immédiatement éjectés du jeu. En gros cache-cache version moderne avec des caméras embarquées.

Si le premier épisode reste très gentil avec son équipe de chasseurs adeptes du Parkour (le mot américain pour dire Yamakazi !), le rapide montage de fin – qui présente ce qui va se passer dans les prochains épisodes – donne l’eau à la bouche… à condition d’avoir un humour très noir sur ce genre de programme. En effet, on sent que dans ce pilote les équipes n’ont pas encore bien compris le côté “il n’y a pas de règles” mais elles vont s’en donner à cœur joie par la suite. En clair, vol de couverture (alors qu’il fait très froid), fracassage de nourriture pour que personne ne puisse reprendre de forces, alliance pour poser des pièges, j’en passe et des meilleures. Bref, cet été, les rednecks américains se courent après et ça me fait bien rire.

A_Place_to_Call_Home_01Ah, l’Australie, terre de passions et d’aventure, des koalas et des kangourous, terre de liberté et de massacre des indigènes… Mais je m’égare. Avec A Place to Call Home, le network Seven a marqué un grand coup en réunissant un immense panel de spectateurs devant leur écran pour suivre les aventures mélodramatiques d’une famille dans les années 50. Ouvertement pompée sur Downton Abbey, dont elle occupe le même créneau horaire, A Place… en utilise tous les artifices et ressorts scénaristiques, avec une classique opposition entre les riches et leur quête de pouvoir et les pauvres et leur quête de survie. L’originalité vient donc bien du contexte, à la fois historique et géographique : on n’avait rarement vu de série se déroulant dans l’Australie des années 50 (pour ne pas dire tout simplement jamais), mais il s’agit en plus d’un contexte peu connu du grand public européen ou américain. Nous sommes donc curieusement surpris de découvrir l’opposition forte entre juif, chrétien, et protestant qui secoue un pays qui semble presque ne pas avoir vécu la même guerre que nous.

Forte d’une réalisation plutôt efficace et maligne (car il est clair que les australiens n’ont pas des moyens démesurés pour leur show) et d’une troupe d’acteurs plutôt sympathiques, A Place to Call Home réussit là où tout un tas de feuilleton et de soap se plantent magistralement : nous faire aimer ses personnages, tous ses personnages, et nous faire nous attacher profondément à leurs destins. On est donc tout autant bouleversé quand l’héroïne principale se fait mettre à la porte de chez elle ou se fait traiter de sale juive par des dames de bonne famille, que quand une jeune adulte aux hormones en émoi rend visite à sa tante pour se renseigner sur les moyens de contraception ou plus tard sur l’avortement.

Calme et délicate, la série peine tout de même quelque peu à trouver un rythme et tombe dans quelques travers du feuilleton historique, notamment lorsqu’elle nous sort de grand cliffhanger de fin d’épisode qui sont annulés dès le début du suivant. Tous ceux qui n’aiment pas les plans de coupe à base de balade à cheval, de baignade dans la rivière, ou de réunion thé sous le porche de la maison, auront aussi de quoi grogner. Une chose est sûre : A Place to Call Home ne vient pas révolutionner son genre, mais elle en est certainement l’une des plus dignes représentantes.

Final Score : 7/10

C’est du feuilleton historique (dans la veine de Downton Abbey) : si vous n’êtes pas accroc au genre, pas la peine d’aller plus loin. Mais si vous avez envie de voir comment on perçoit les relations entre riche et pauvre de l’autre côté de la terre, A Place to Call Home pourrait certainement vous titiller…

Zero-HourAh, le voilà enfin le plaisir coupable de la saison ! Avec Zero Hour, on atteint les tréfonds de la série de genre – et c’est justement parce que c’est si mauvais que c’est si bon ! Au moins, l’affiche ne ment pas et on peut effectivement résumer toute l’intrigue à “break the code, save the world.” Sauf que le scénario est délicieusement foutraque et incohérent. Je vais essayer de vous faire la version courte du résumé, mais c’est assez compliqué… Donc, le directeur d’un journal très sceptique sur tous les trucs un peu mystérieux, achète une horloge avec sa femme, provoquant ainsi la furie d’un mec aux yeux bizarre qui va enlever la dite femme. Commence alors une traque pour comprendre la signification de cette horloge qui fait en réalité partie d’un lot de douze. Tout se complique quand notre héros découvre son propre cadavre au fond d’un sous-marin nazi. Et encore, je ne vous parle pas d’à quoi mène les horloges (allez si, la croix du christ), ni du grand plan qui se cache derrière tout ça. Sachez juste que ça va vous faire hurler de rire et que le dernier épisode vaut son pesant de cacahuètes arrosées d’urine.

Gros pétage de plomb scénaristique malheureusement annihilé par une réalisation médiocre et des comédiens qui ne comprennent strictement jamais ce qu’ils font ici, Zero Hour accumule sans rougir les clichés et les scènes manquées. Comment ne pas s’étouffer avec sa bolognaise (ah ouais, parce que cette série se regarde uniquement en mangeant) quand la femme du héros raconte son passé de jeune catholique fervente qui va sauver des petits étrangers dans un orphelinat ? Comment ne pas recracher son flan au chocolat (et en foutre partout dans la pièce) lorsqu’on découvre que l’horloge cache un mécanisme qui cache un diamant qui cache une carte qui cache… une horloge ? Et comment ne pas sourire, plein de fierté d’être allé jusqu’au bout de ce pot pourri de délires vraiment pourris, lorsque le méchant et le gamin rendent visite à la mère du prochain Jésus dans les toutes dernières minutes ? Ah oui, tient, j’ai grave spoilé là…

Final Score : 0/10, amplement mérité.

Zero Hour, créée par le papa de Prison Break et co-produite par notre Pierre Morel national, est une pure aberration tellement mauvaise qu’elle en devient définitivement jouissive. Tous ceux qui ont du temps à perdre (mais vraiment à perdre) savent ce qu’ils doivent faire !

Hemlock-Grove-keyartIl fallait vraiment s’appeler Eli Roth pour arriver à faire passer pour calme et condescendante la série la plus punk de la saison, Teen Wolf. En effet, grâce à cette séance de rattrapage de Hemlock Grove, création uniquement en VOD sur le réseau Netflix, le réalisateur de Hostel s’allie à l’auteur du bouquin de départ pour offrir une série fantastique qui met mal à l’aise à la fois le cerveau et l’estomac. Il s’agit donc une fois de plus d’une étude autour des loups-garous et autres montres du genre, mais pris sous un angle résolument “pays de l’est”, ce qui offre quelques twists délicieux à un univers autrement pas mal galvaudé.

L’ensemble de la saison repose sur la traque d’un garou qui serait devenu fou et qui se met à tuer des gens. En guise de héros, Peter, un gipsy loup-garou à l’attitude de rebelle, et Roman, le futur héritier de l’empire Godfrey, qui se fait sucer dans sa voiture lors de la séquence le présentant. Autour d’eux se noue une foule de personnages secondaires décalés, à la fois fascinants et dégoûtants, à l’image de la fantastique Famke Jensen en mère castratrice et pourtant toujours immaculée (elle ne s’habille qu’en blanc) qui a une véritable obsession pour la viande… Si l’intrigue peine à se dérouler (posant parfois quelques problèmes de rythme et l’impression d’étirement tout au long des treize épisodes), les scénarios parviennent toujours à s’en sortir par l’utilisation habile de tous ces personnages dont on ne cesse de découvrir les motivations et autres problèmes.

Côté réalisation, les avis sont franchement séparés.  Si la plupart s’accorde à dire que la série offre l’une des plus belles transformations d’homme en loup qui n’ai jamais été faite, ça coince déjà un peu plus au niveau du casting. Personnellement, je suis plutôt convaincus par la galerie d’acteurs ; mais il faut accepter que leur jeu soit naturellement décalé, jamais réaliste, pour être en accord avec l’univers. C’est la même chose d’un point de vue visuel. Alternant les purs tableaux inoubliables (le plan du chaudron dans la vieille ascierie) et les traquenards jeunistes (Roth et sa bande ont une façon toute personnelle de filmer l’adolescence et ses émois amoureux / sexuels), le show peut tout à la fois fasciner comme rebuter. A essayer, donc, mais prenez soin d’avoir bien digéré avant de vous lancer dans l’aventure.

Final Score : 8/10

Si vous n’êtes pas rebuté par les atmosphères étranges, les scènes glauques ou particulièrement gores, les personnages ambivalents, un rythme lent dans un univers oppressant, venez donc découvrir une création très originale comme seule Netflix pouvait en faire. Hemlock Grove, ou les loups-garous façon traquenard à la russe, ça ne conviendra définitivement pas à tout le monde !

 

 

Et la perle de la semaine revient à Devious Maids (décidément nettement plus drôle que ce à quoi je m’attendais) avec cette pensée sur laquelle je vais vous laisser méditer : “It’s ironic. My life sucks… but my vacuum doesn’t.”

A la semaine prochaine.

C’est avec beaucoup de retard que l’on se retrouve pour la dernière partie de notre bilan concernant la semaine dernière. Je vous passe toutes les bonnes raisons qui expliquent ce retard parce que dans le fond, on s’en fout ! Ce qui est important, c’est qu’on parle aujourd’hui de six séries sur lesquelles le public n’a pas forcément de bons à-priori alors qu’elles sont tout à fait honnêtes. Des séries pas si pourries, c’est le bilan de la semaine.

Beauty-and-the-Beast-S1-Poster-1BEAUTY AND THE BEAST (saison 1)

Célèbre série des années 80 mettant en scène Ron Perlman dans le rôle de la Bête (et co-écrite par Georges R.R. Martin, le papa de Game of Thrones), Beauty and the Beast revient dans une version contemporaine sur la CW. Et mieux vaut vite oublier la série de base tant les différences sur le traitement et les thématiques sont nombreuses. Une fois le deuil fait du maquillage barbu de Perlman, on peut enfin se concentrer vraiment sur cette nouvelle itération des aventures de la jolie flic Catherine Chandler, qui rencontre un certain Vincent Keller qui, dans cette version, est un ancien soldat sur lequel on a fait des expériences génétiques et qui peut se “transformer” en monstre lors des coups de stress.

Enfin, en monstre, c’est vite dit. La CW désirant vendre la série comme un show romantique avant tout, elle n’a pas l’intention d’abîmer le visage de son acteur principal tout droit sorti d’un catalogue de maillot de bain. Vincent a donc les ongles qui poussent (mais restent propres), les yeux qui brillent, et sa cicatrice qui s’agrandit un peu. Sa voix devient aussi un peu plus rauque et vu comme elle est normalement on se demande comment c’est possible. On est donc bien loin des poils et froufous de la version originale.

Kristin Kreuk, ancienne miss Rose de Smallville (la seule couleur qu’elle portait), s’en tire plutôt pas mal dans le rôle de Catherine et sait minauder quand il faut pour faire pleurer sur le sort mystérieux de sa mère. C’est en effet là que se trouve l’intrigue feuilletonnante, celle-ci faisant sûrement partie des médecins et du consortium qui ont transformé Vincent en monstre. Le reste de la série repose sur quelques intrigues semi-policière avec quasiment toujours un enjeux amoureux : on est dans de la romance, pas dans une série policière !

Le résultat est quelque peu étrange, entre consternation totale sur certains épisodes chiants et sans intérêts, et ravissement quand le show prend des tournures inattendues et arrive  à dire quelque chose d’original sur l’amour (surtout sur la fin de la saison.) Question audience, ce ne fut pas la panacée. Mais la CW est un network où il fait bon de se poser car elle ne s’appesantit pas sur les chiffres et préfère créer des fanbase solides et aller chercher les bonnes critiques en allant toujours dans le sens de ce que semble souhaiter ces fameux fans. Du coup Beauty and the Beast n’est pas annulée (alors que partout ailleurs ça n’aurait pas fait long feu) mais va être “retoolée”, c’est à dire réarrangée, remaniée, pour une deuxième saison qui promet donc d’être assez différente.

Et pour ma part, je lui laisserai sa chance.

Final Score : 6/10

Pas franchement grandiose, Beauty and the Beast propose pourtant quelques très bons moments qui justifient à eux seuls une suite réaménagée. A conseiller aux adolescentes (qui y trouveront un palliatif beaucoup moins cucul que les autres séries romantiques pour ado) et à ceux qui sont nostalgiques de Kristin Kreuk.

vampire-diaries-season-4VAMPIRE DIARIES (saison 4)

Diffusée en accompagnement de Beauty and the Beast, le show aux dents longues le plus improbables qui soit a confirmé cette année tout le bien qu’on en pensait et marche tellement bien (enfin pour un petit network comme la CW) que la chaîne va lui donner une petite soeur. Vampire Diaries ou comment prendre une série de mauvais bouquins et en faire un vrai tour de force.

Alors oui, pour les détracteurs de la série, il s’agit bien d’un trio amoureux entre deux frères et une petite brune perdue dans ses sentiments – Twilight n’est pas bien loin… Mais au fil des saisons, la série s’est largement épaissie et on ne compte plus le nombre d’êtres surnaturels à vadrouiller dans les rues de Mystic Falls. Loup-Garous, sorciers, hybrides, fantômes, “originals” (la première famille de vampires, qui va donc avoir sa propre série l’année prochaine), sans compter tous les chasseurs : ça commence à faire du monde. Et d’ailleurs, la fin de cette saison leur rend hommage avec une entourloupe maligne pour faire revenir, le temps d’un épisode ou deux, une bonne partie des personnages qui ont été tués précédemment histoire de leur permettre de prendre leur revanche.

Car il faut bien avouer que question décès, Vampire Diaries se pose là. Décidée à ne jamais se reposer sur une formule, le show est constamment tiré dans tous les sens pour arriver à surprendre le spectateur. Ainsi, les scénaristes n’hésitent pas à éliminer un personnage, même s’il est très apprécié, ou à changer radicalement la psychologie d’un protagoniste. Cette année, on a ainsi pu voir Elena, l’héroïne, s’acclimater à son nouveau rôle de vampire, avant de devenir la pire peste qui soit quand elle décide de switcher ses sentiments. C’est parti pour un run d’une dizaine d’épisodes foutrement délirants dans lesquels les deux frangins normalement héros de la série apparaissent comme deux gros crétins faciles à manipuler et complètement obnubilés par l’envie de se taper cette pauvre Elena.

Alors oui, on peut se lasser un peu de ce rollercoaster de rebondissements et il faut bien reconnaître que le tout est parfois un peu vain, un peu creux. Mais dans ses grands moments (et ils ne sont pas rares), Vampire Diaries touche généralement juste et nous fait bondir de notre fauteuil avec un twist que l’on n’avait pas vu venir. Vampiriquement fun.

Final Score : 8/10

C’est une série de genre et donc bien évidemment elle ne parlera pas à tout le monde. Mais tous ceux qui sont un minimum fan de fantastique et qui cherchent une série qui ne se repose jamais sur ses lauriers sauront apprécier cette tonne de rebondissements et de twists irrémédiablement fun qu’est Vampire Diaries.

Grey's_anatomy_cast_photo_season_9GREY’S ANATOMY (saison 9)

Déjà neuf saisons de Grey’s Anatomy ! On ne va donc pas se leurrer, si vous lisez cet article c’est sans doute que vous êtes fan de la série et que vous voulez juste savoir ce que j’ai à en dire ou que vous avez décroché l’année dernière et que vous voulez savoir si ça vaut le coup de vous lancer dans ces vingt-quatre nouveaux épisodes. Pour la faire courte : oui, ça vaut le coup.

Après s’être tirée une sérieuse balle dans le pied en supprimant deux des personnages les plus appréciés du public, Grey’s se devait de trouver des idées percutantes et surtout des fils rouges suffisamment intéressants et originaux pour nous tenir en haleine. Du côté pas très original, on a eut la galerie de petits nouveaux étudiants – mais il faut reconnaître que ceux-ci sont plutôt réussis et changent de la troupe habituel. Moins beaux, moins glamours, moins doués (sacrément moins doués !), ils arrivent à être très vite attachants (ils ont intérêts vu que la série ne va pas s’éterniser encore très longtemps…) La petite Jo (Camilla Luddington, qui a prêté ses traits à la nouvelle Lara Croft dans la dernière version vidéo-ludique de Tomb Raider) aura même une histoire surprenante et originale avec ce bougre de Karev qui s’avère toujours intrigant après neuf saisons – il faut le faire !

Plus original, il y a tout le fil rouge sur les répercussions de l’accident d’avion survenu l’année dernière. Alors oui, il y a l’amputée de la jambe, les décès, et tout le traumatisme, mais ce n’est pas le plus important (marrant non ?!) Car le fait est que c’est bien l’hôpital qui est responsable et comme on est aux Etat-Unis, il va devoir payer une petite fortune aux survivants de cette tragédie. Cool pour Mérédith et compagnie ? Pas tout à fait. Car ça veut dire aussi que Seattle Grace n’est plus rentable… et qu’il va devoir fermer ses portes. A moins d’un rachat par un grand groupe, ce qui provoque moult problèmes d’organisations. A moins que… mais bon là, je vous laisse découvrir, c’est ce qui fait tout le sel de la deuxième partie de la saison et c’était plutôt sympa.

Question intrigues amoureuses, on est par contre dans de l’ultra traditionnel même si ce sont plutôt les nouveaux personnages qui vont vivre quelques remous. Ben oui, les auteurs ne peuvent plus faire bouger grand chose autour de Meredith qui apparaît donc cette année un peu plus comme le coeur, l’âme de la série mais plus du tout son protagoniste principal. Ellen Pompeo semble le prendre plutôt bien et apparaît nettement plus en forme que les autres années – c’est bien la première fois qu’elle semble enfin faire son âge !

Final Score : 7/10

C’était plutôt une bonne année pour Grey’s Anatomy, donc si vous avez tout vu jusque là ce n’est pas la saison à laquelle il faut arrêter ! Plus sociale et moins outrancière dans les intrigues amoureuses, cette saison marque définitivement le passage à l’âge adulte pour la série. Il était temps !

scandal - season 2SCANDAL (saison 2)

Avec Scandal, Shonda Rhimes avait purement pour but de faire à la série politique ce qu’elle a fait à la série médicale avec Grey’s Anatomy, à savoir y glisser du soap et un certain dynamisme des scénarios (en dépit du réalisme, auquel la scénariste semble vraiment peu s’accrocher !) Elle était loin de se douter qu’elle tenait entre ses mains une pure bombe à retardement qui a explosé sur l’Amérique cette année, avec des scores d’audimat inhabituels pour une série diffusée à 22:00.

Il s’agit donc des mésaventures d’une avocate super forte (et de son équipe) qui fut auparavant la conseillère du Président des Etats-Unis – avec qui elle a une relation amoureuse alors que le bougre est marié à une femme pas dénuée d’ambitions. Ouais, dit comme ça, c’est pas très emballant. Mais la série a su rapidement rebondir en éliminant les intrigues bouclées pour se contenter de mettre en place un feuilletonnant explosif, tout à fait dans le style d’un show comme The Killing.

Et Scandal se permet tout. Entre un discours édifiant sur l’absence de réelle démocratie aux Etats Unis, ou sur ce qu’elle fait faire à ses personnages (torture, manipulation, mensonge et trahisons), elle secoue tous les codes jusqu’à faire de son héroïne le personnage le plus inquiétant du show. Si la réalisation est un peu pauvre et ne fait que répéter les trois bonnes idées plantées dès le pilote, elle n’enlève rien à la qualité générale des comédiens qui font pleinement vivre ses intrigues over-the-top et délicieusement retorses. Le seul bémol concernera le dernier épisode de cette saison, pas très heureux dans le traitement de certaines séquences, et dans lequel Shonda Rhimes (qui s’est décidée à l’écrire, mauvaise idée !) abuse des grandes tirages grandiloquentes. Mais le reste de l’année était tout simplement ahurissant.

Final Score : 8/10

Scandal se pose comme le seul political-soap à ce jour et, malgré sa réalisation mitigée et quelques facilités à la toute fin de la saison, comme un show absolument jouissif car il se permet tout. Un sacré plaisir.

elementary season 1ELEMENTARY (saison 1)

Il fallait oser : non seulement Elementary est une nouvelle version moderne de Sherlock Holmes, alors que le revival au cinéma avec Downey Jr. cartonne et que la série anglaise (Sherlock) secoue les foules, mais en plus elle repose sur une idée particulièrement étrange – faire jouer Watson par Lucy Liu. Pour sa première création et sa première série en tant que showrunner, Robert Doherty (scénariste et producteur sur d’autres séries auparavant), a donc décidé de jouer le tout pour le tout, et d’assumer dès le début de la saison qu’il NE ferait PAS d’histoire d’amour entre Sherlock et Watson.

Et le bougre a tenu sa promesse. Certes, il fait beaucoup de trahison à l’oeuvre de Conan Doyle – la première étant que Sherlock manipule Watson (au début) pour en faire son “élève” et accessoirement sa remplaçante, la deuxième étant de déplacer l’action à New York – mais il me semble qu’il a totalement saisit l’idée derrière les romans et les nouvelles et réussit à reproduire l’impact qu’ils pouvaient avoir à l’époque sur notre monde actuel. Il faut dire que Jonny Lee Miller est tout simplement excellent dans le rôle titre et donne immédiatement envie de suivre ce “surhomme” désespérément asocial et énervant. Quant à Lucy Liu, elle assume avec culot d’enfiler les bottes de Watson et s’empare très rapidement du personnage pour en faire sa propre création.

Alors oui, les personnages sont géniaux, mais les enquêtes en elles-mêmes sont bien évidemment l’un des éléments les plus importants d’une série policière. Alors que valent celles de cette première saison ? Là aussi, c’est plutôt une très bonne surprise. Malignes, inventives, sortant des sentiers battus et du classique “le premier innocenté s’avère être le coupable”, elles sont parfois un peu tirées par les cheveux mais s’avèrent toujours surprenantes. Ça fait donc plaisir de se retrouver face à des enquêtes où on ne sait pas forcément vingt minutes à l’avance qui est le coupable !

Enfin, ajoutez à cela un feuilletonnant très sympathique mais malheureusement trop court (on espère que la saison deux le mettra nettement plus en avant) et vous obtenez très clairement la révolution de la série policière que l’on attendait depuis… CSI. Ni plus, ni moins.

Final Score : 8/10

Oui, ça y est, enfin : la série policière américaine a trouvé son renouveau avec cet Elementary limite choquant au début avec ses choix très particuliers, mais qui s’avèrent au final tous de très bonnes idées. Si vous aimez les cop-shows, ne passez surtout pas à côté.

Nikita S3NIKITA (saison 3)

A l’insu de pas mal de monde, Nikita est tranquillement en train de faire son bout de chemin et de monter une fan-base de plus en plus puissante. Les critiques commencent à s’intéresser à un show bien plus malin et intelligent qu’il n’y parait au premier abord (et surtout par rapport à ses débuts assez catastrophiques !)

Oui, il s’agit bel et bien d’une nouvelle version de la série dérivée du film de Luc Besson, sur une agent secret / assassin travaillant pour un section spéciale des services secrets américains nommée Division qui va s’avérer avoir son propre agenda qui n’a rien de vertueux. Là où cette itération du network CW s’éloigne de tout ce qui  a été fait avant, c’est que – comme pour beaucoup de shows de la chaîne (Vampire Diaries…) – la série ne cesse de se remettre en question, de changer sa base, son fonctionnement, son principe même, pour toujours surprendre et ne jamais se reposer sur une formule évidente.

Cette troisième saison n’échappe pas à la règle (!) et switch au moins trois fois de concept en seulement une vingtaine d’épisodes ! Question thématique, on entre aussi dans quelque chose de plus intéressant quand certains agents tentent de refaire leur vie, quand Nikita et consort doivent occuper la place de leurs anciens ennemis, ou encore quand l’héroïne est confrontée à sa créatrice dans un jeu du chat et de la souris aux accents oedipiens particulièrement malsains.

Très clairement, la série a su évoluer et s’améliorer sur de nombreux points. Les scénarios proposent un feuilletonnant diversifié et intrigant, mais aussi des intrigues pseudo bouclées qui n’hésitent pas à mettre les personnages face à leurs propres limites et incohérences. Parfois extrêmement malins (tout l’épisode sur la jeunesse d’Amanda – la “méchante” – est à ce titre purement exceptionnel), ils restent confinés dans le genre de l’espionnage musclé et en ce sens misent toujours plus sur le dynamisme que la crédibilité. Les acteurs sont plus à l’aise – et même notre VieillePeau préférée, Maggie Q, semble enfin assumer son âge – et la réalisation fait ce qu’elle a à faire, avec pas mal de bonnes idées pour rester dans le budget tout en gardant un visuel parfois assez impressionnant. Et au final, il faut bien le reconnaître : on a beaucoup rit et on s’est beaucoup moqué de Nikita, mais cette année la série s’est clairement achetée ses lettres de noblesse.

Final Score : 8/10

C’est à croire que les séries de la CW, de manière évidente le network qui fait le plus confiance à ses créateurs et qui s’en contrefout des chiffres, sont en odeur de sainteté cette année. Après la très bonne surprise qu’est Arrow, voici que Nikita se transforme et se révèle pour devenir un show d’une évidente qualité. Dommage qu’il faille se taper les deux premières saisons – nettement moins bonnes – pour pouvoir comprendre !

The Big Bang Theory S6 iTunesBIG BANG THEORY (saison 6)

On termine cette semaine musclé de fins de saison avec the Big Bang Theory et sa sixième saison, semblable à toutes les autres. Ni en progression, ni en déclin, le show très controversé sur une bande de geeks / nerds (je vous laisse choisir le terme qui vous convient) et leurs petites amies (soit actrice bonnasse, soit scientifiques farfelues) reste dans sa droite lignée et semble ne pas du tout se préoccuper des critiques, négatives ou positives, faites à son égard. Alors oui, le show se moque toujours autant de cette communauté (au contraire de Community qui joue avec ses codes) mais reste sincère et jamais gratuit (contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre.) Bref, quelque soit votre opinion sur la série, ce n’est pas cette saison qui vous fera changer d’avis !

Final Score : 7/10

Amusante mais un peu trop ancrée sur ses acquis, the Big Bang Theory ne change pas sa formule. Hater, détestez ; fan, adorez. Et tous ceux qui sont au milieu peuvent toujours trouver cette sitcom assez amusante…

bill-hader-announces-hard-decision-to-quit-snlSATURDAY NIGHT LIVE

Un petit mot de conclusion pour vous dire que l’événement émotion de la semaine, c’est le dernier Saturday Night Live de Bill Hader, qui fera sortir les mouchoirs aux connaisseurs… Byebye Bill, et on espère te retrouver dans de bonnes choses sur le petit ou le grand écran !

Rendez vous jeudi pour la première partie d’une autre semaine bien chargée en fin de saisons ! (et on vous fera aussi découvrir quelques nouveautés et séries anglaise…)

Pour cette semaine chargée qui se voit donc une fois de plus découpée en deux articles, on s’intéressera en premier à six fins de saisons dans des univers très différents. Des consultants aux chirurgiens, en passant par un auteur bourré, des ados dans les années 80 et des vampires qui font copains avec des loup-garous et des fantômes, voici une semaine qui vous fera pleurer pour une bonne raison : il est l’heure de dire au-revoir aux Gallagher.

House-Of-Lies-Season-2-Cast

House of Lies (saison 2)

Remarquée l’année dernière pour son ton irrévérencieux et (surtout) sa plastique originale et avantageuse, House of Lies avait su prouver que l’on peut intéresser les spectateurs à des personnages dont on ne comprend pas le métier. En l’occurrence, une bande de consultants qui assument : si on comprenait ce qu’ils font, ça voudrait dire qu’ils le font mal. Avec ses personnages un poil caricaturaux mais diablement attachants, et surtout une vraie maîtrise du scénario sur la durée, la première saison nous avait laissé sur une très bonne impression mais laissait sérieusement circonspect quant à la validité de la série sur le long terme.

Fort heureusement, cette deuxième saison nous a pris de cours. Exit les délires visuels, les arrêts sur image, et les leçons au spectateur : le show estime que l’on est maintenant dans la confidence et il n’y aura que de très rares regards caméras de Don Cheadle pour nous rappeler que l’on fait partie de son équipe, que l’on est dans son camp. En se privant de tous ces artifices qui faisait autrefois sa touche, le show doit se recentrer sur ses autres qualités : des dialogues acérés et des intrigues finement développées, le but étant une fois de plus d’arriver à une conclusion inévitable mais qui sert tout le propos de la saison. Touchdown  ! : si on excepte quelques facilités sur Doug, personnage souffre-douleur dont on voit un peu trop vite la ficelle qui l’anime, les treize épisodes s’avèrent plus que convaincants au niveau du scénario. Et le final est magistral, avec une toute dernière réplique qui résume l’ensemble de la saison – un réel tour de force.

Et puis il ne faut pas oublier que, même sans les délires visuels, la réalisation reste de toute beauté. Pas besoin de mouvements de caméra dans tous les sens, d’effets spéciaux improbables ou de split-screen pseudo modernes : en revenant aux sources, la réalisation se veut plus posée, plus réfléchie et a finalement beaucoup plus de sens. Quant aux comédiens, ils sont tous relativement bons mais tirons notre chapeau à Don Cheadle qui assume avec une carrure remarquable d’avoir le poids du show sur ses épaules. Et ceux qui étaient fans de Veronica Mars seront toujours contents de retrouver Kristen Bell (l’entendre faire la voix de Gossip Girl n’était vraiment pas suffisant !), qui assure plutôt pas mal un rôle de beauté froide et grinçante bien loin de l’intrépide ado qu’elle incarnait auparavant.

Final Score : 8.5/10

Sans doute l’une des meilleurs séries “courtes” (compter quand même pas loin d’une demi-heure par épisode, comme pour Californication), House of Lies prouve avec cette deuxième saison qu’elle n’a pas besoin d’artifice pour s’avérer toujours aussi passionnante. Après nous avoir séduit par son physique, elle nous retient par son intelligence. Vivement la suite.

californication s6Californication (saison 6)

Il faut le reconnaître, l’année dernière on commençait un peu à se lasser des aventures de Hank Moody, l’indéboulonnable queutard, buveur de whisky et consommateur de drogue, et accessoirement romancier, héros de la série Californication. Tom Kapinos, le créateur du show, avait annoncé que la série devait se renouveler mais malgré un bon dans le futur de deux ans et demi, il n’avait pas vraiment réussi à nous entraîner dans un nouveau monde avec sa vision très stéréotypée d’Hollywood.

Cette sixième saison s’intéresse cette fois au monde de la musique et voit Hank obligé de travailler avec une étrange star du rock pour adapter son roman en comédie musicale. Bien sûr, le monsieur est un habitué de la coke, des putes, et autres soirées totalement débordantes : rien de bien original pour Californication, donc !

Heureusement pour nous, il y a le personnage de Faith, charismatique muse qui va faire chanceler notre doux Hank et presque remettre en question sa longue (non)histoire d’amour avec son ex. Autre bon point, la relation entre Hank et sa fille, qui décide de suivre les traces de son père en devenant romancière et qui veut pour cela expérimenter tout un tas de truc : Hank mis face à ses propres contradictions, voilà un sujet qui intéresse et amuse particulièrement Duchovny qui y trouve ses meilleures scènes (il faut dire qu’on l’a trop vu jouer le mec bourré ou défoncé pour être encore surpris par sa prestation générale.)

A part ça, Californication reste Californication. Amusante mais un peu creuse, se permettant tout mais fantasmant son univers plus que lui rendant hommage, décalée mais résolument pantouflarde : le show de Tom Kapinos convaincra toujours ceux qui ont suivi jusque là les aventures de Hank, même s’ils se sentiront en terrain largement conquis. Allez, s’il vous plait, essayer un peu de nous réveiller tout ça l’année prochaine.

Final Score : 7/10

Californication est assurément une bonne série – ne serait-ce que parce qu’aucun autre show ne lui ressemble à l’heure actuelle. Mais c’est aussi un programme qui ronronne sérieusement et qui se contente d’une ou deux surprises pour faire tenir sa saison. C’est peu.

carrie diaries

Carrie Diaries (saison 1)

Oh mais qu’est-ce qu’elle est mignonne cette AnnaSophia Robb, semblent s’extasier les magazines de mode pour ado. Sauf que non, elle est pas mignonne du tout et elle a même une tête à claque qui rend tout simplement impossible de supporter un épisode entier de the Carrie Diaries, prequel très CW de Sex and the City, elle aussi inspirée des romans de Candace Bushnell.

Dommage, car bien que la série se déroule dans les années 80, elle reste assez moderne sur certains points qui auraient pu lui valoir un véritable coup de coeur. Ainsi, le personnage de la petite soeur de 14 ans, Dorrit et son hyper-sexualisation qui va à l’encontre de son aînée, permettent de traiter la thématique de la désormais classique première fois sous un jour assez original. Tout comme la lente descente aux enfers de sa meilleure amie Maggie, sarcastique bout en train qui cache une évidente abyme.

Mais pour voir tout cela, encore faudra-t-il supporter la très ringarde histoire d’amour entre l’héroïne (une jeune Cassie Bradshaw qui a au moins le mérite d’être aussi détestable que sa version adulte) et son blondinet de service, ainsi que des intrigues autour du monde de la mode plutôt vomitives. Au vu des audiences mitigées, il semble que les ados américains ne s’y soient pas trompés. Mais diffusée sur un network qui a toute les peines du monde à installer de nouvelles séries, the Carrie Diaries pourrait bien être renouvelée pour l’année prochaine. Espérons que dans ce cas elle saura saisir cette seconde chance.

Final Score : 4/10

Pas catastrophique mais pas intéressante pour deux sous, the Carrie Diaries est surtout plombée par une actrice principale horripilante et des intrigues sur l’amour et la mode franchement dépassées. Même les fans les plus acharnés de Candace Bushnell peuvent passer leur chemin.

being human s3Being Human (US – saison 3)

Sympathique succès d’estime pour Syfy, Being Human est l’adaptation américaine de la série anglaise du même nom. Ou comment un vampire, un loup-garou et une fantôme se retrouvent à vivre ensemble – et toutes les complications que cela implique sur leur quotidien.

Cette troisième saison reste dans la droite lignée des deux premières. On retrouve donc des acteurs sympathiques mais pas extraordinaires, une réalisation limitée par les moyens du bord, et des scénarios qui vadrouillent un peu dans tous les sens. On sent d’ailleurs que les auteurs commencent sérieusement à se demander comment ils vont arriver à renouveler la série et on a du coup droit pour cette saison à une petite transition fantôme -> zombie tout ça pour revenir au point de départ dans le dernier épisode.

Et c’est bien le problème de Being Human : si le show est vraiment agréable à suivre, impossible de ne pas se questionner sur sa vacuité. Vous ne serez pas bouleversé d’émotions, vous ne vous rongerez jamais les sangs en attendant le prochain épisode, et vous finirez forcément par vous demander si vous allez regarder la suite ou si vous ne préféreriez pas aller boire une bonne pinte.

Final Score : 6/10

Being Human a un gros potentiel de sympathie et on aurait vraiment envie de lui mettre une meilleure note. Mais il faut faire face à la réalité : si le show disparaissait de nos écrans du jour au lendemain, il n’est même pas sûr que l’on s’en apercevrait. Uniquement pour les purs fans de vampires, loup-garous et fantômes !

Monday-Mornings-Poster-Saison1-2Monday Mornings (saison 1)

La première question que je me suis posé en voyant cette série, c’est : mais qu’est-ce que c’est que ce titre ?! Le “monday morning” est la réunion hebdomadaire dans un hôpital au cours de laquelle les chirurgiens peuvent recevoir des louanges pour leurs accomplissements ou de sérieuses remises en question et critiques pour leurs erreurs. Le show est donc entièrement construit autour de cette fameuse réunion qui peut servir de point de départ d’un épisode mais est en général utilisée en conclusion pour mettre à jour la thématique du moment. Oui, un peu à la manière des séries de tribunaux…

Et ce n’est pas un hasard. Car le cerveau derrière Monday Mornings, n’est nul autre que David E. Kelley, grand habitué du legal show, papa d‘Ally McBeal, The Practice, ou encore Boston Legal. Spécialiste de la recette, il l’applique au monde de la série médicale – mais se permet tout de même un vrai procès pour le dernier épisode, on sent que ça lui manque…

Le problème, c’est que monsieur Kelly est bien gentil mais qu’il commence à vivre dans un autre temps. Déjà un peu ringard dans les années 2000, où son Boston Legal était sauvé par des personnages percutants et deux acteurs en super forme, il fait vraiment figure d’antiquité avec ce show qui sent bon la naphtaline. Les habitués de l’auteur sauront voir les trajectoires des personnages dès le pilote, et ne devraient s’attendre à aucune surprise dans les épisodes. La réalisation est elle aussi particulièrement datée (oh, les ralentis à l’image saccadée…) et les acteurs se prennent définitivement trop au sérieux pour être crédibles.

Bref, à part pour les nostalgiques des années 90, vous pouvez passer votre chemin.

Final Score : 5/10

Pas fondamentalement mauvaise, Monday Mornings fait juste partie d’un autre temps. Seuls les fans de Kelley peuvent apprécier, mais ce sont aussi les fans du bonhomme qui verront toutes ses ficelles faciles se mettent en place.

Shameless season 3Shameless (US – saison 3)

L’un de mes plus grands regrets et de ne pas avoir continué à regarder Shameless, version anglaise. Alors que la série s’achève en ce moment en Angleterre avec pas loin de onze saisons (en neuf ans) d’aventures, la version américaine s’affirme un peu plus d’avantage comme l’un des beaux succès du network Showtime.

Menée de main de maître par John Wells, la série bénéficie aussi de la participation (sacrément importante !) de Paul Abbott, le créateur du show original. Ensemble, ils ont réussi à batailler ferme pour imposer leur situation de base : parler de ces galériens qui vivent juste à côté de nous, que l’on côtoie tous les jours, des spécialistes du système D qui doivent tirer sur toutes les ficelles que la société leur tend pour aller au bout de la journée.

Voici donc la famille Gallagher, six enfants et un père, Frank, alcoolique notoire incapable de s’occuper de son clan qui ne reste fonctionnel que grâce à la poigne de fer de Fiona, l’aînée. La réussite du show tient dans le fait que les Gallagher font face à de réels problèmes, pris très au sérieux, mais le tout traité avec beaucoup de comédie et un sens de l’espoir et de l’entraide rarement vu ailleurs. Sans jamais tomber dans les travers des bons sentiments ou de morales alarmistes, Shameless n’a qu’un seul réel défaut : son penchant pour quelques gags / situations un peu trop crades ou abusées pour être crédibles (comme, par exemple dans cette troisième saison, quand une jeune fille dans le coma se réveille suite… à un cunnilingus.)

La plus grande force du show reste assurément les scénarios, extrêmement dynamiques (malgré la durée de près d’une heure des épisodes) et des arches narratives fines mais puissantes, qui se révèlent toujours bouleversantes dans les derniers épisodes – cette saison le prouve encore avec une scène magistrale où le petit Carl vient raser les cheveux de son père… La réalisation est elle aussi franchement très réussie, évitant tout fioriture inutile pour se concentrer sur l’humain et nous mettre au plus proche des personnages. Et les acteurs ? Voici une formidable bande de comédiens plus talentueux les uns que les autres – mention spéciale tout de même pour William H. Macy qui incarne un Frank détestable et attachant, et Emmy Rossum, assurément la meilleure actrice de sa génération à la télévision en ce moment.

Final Score : 9/10

En passe de devenir l’une des meilleures séries du moment, Shameless US réussit ce que tout le monde disait impossible : faire une adaptation US d’une série UK au moins aussi bien que l’originale. Si vous ne connaissez pas, jetez-y un oeil. Je suis sûr qu’en moins de cinq épisodes vous voudrez, vous aussi, faire partie du clan Gallagher.

 

Rendez-vous dans deux jours pour dire adieu au plus grand des gladiateurs…

Entre les grosses déceptions et les bonnes petites surprises, cette semaine fut chargée en émotions fortes. Retour sur quatre départs et deux arrivées. Avec presque une semaine de retard.

Robot Chicken season 6“Dit papa, à quoi on reconnaît une bonne série comique ? C’est tout simple fiston, si tu vois qu’à la sixième saison ça te fait toujours rire, alors c’est que c’est de la bonne came.” Robot Chicken fait partie de ces programmes atypiques comme seule Adult Swim (la version adulte de Cartoon Network, exclusivement diffusée le soir) sait en faire. Parodie de tout et n’importe quoi mais avec pour seule contrainte de le faire avec des jouets, le show se permet de grands délires, comme notamment l’ouverture avec un spécial DC Comics cette saison – effectivement sponsorisé par le géant du comics américain qui prouve qu’il sait rire de lui-même.

Magistral sur les vingt épisodes de la saison, Robot Chicken nous fait comme chaque année un énorme cadeau pour le dernier épisode et nous joue la désormais classique blague où les auteurs du show se suicident (ou se font trucider) après avoir appris que leur série est annulée. Je vous rassure tout de suite, ils reviennent bien pour une septième saison l’année prochaine.

Final Score : 9/10

Oui, Robot Chicken est un peu potache parfois, mais on lui pardonne. Voici l’une des rares séries qui arrive à continuer de nous faire rire après déjà six années, et c’est un exploit pas si courant que ça… Necessary-Roughness-season 2 Connue chez nous sous le titre improbable “La Diva du Divan” (il faudra un jour qu’on m’explique ce qu’ils prennent les mecs qui traduisent les titres de séries), Necessary Roughness vient d’achever sa saison 2 sur USA… sans grand chose à bouffer dans le dernier épisode. Autant vous le dire tout de suite, voici l’un des cliffhangers les plus mous, injustifiés et inintéressants que j’ai vu – et pourtant j’en ai vu des fins de saison ratées.

Pour ceux qui auraient raté le début, Necessary Roughness s’intéresse à une psychiatre (mais attention, à l’américaine, pas sûr que chez nous elle ait vraiment le droit de pratiquer, hein…) qui aide plus spécifiquement des “stars” (sportifs, musiciens, écrivains…) à résoudre le problème qui les bloque. Le feuilletonnant repose sur l’interaction de notre héroïne avec une équipe de football américain dont la star est en pleine crise existentielle. Cette deuxième saison nous conte comment ce fameux quaterback va s’enfoncer puis travailler pour faire un comeback fracassant. Quant au docteur Danielle Santino, elle va longtemps se prendre la tête sur différents mecs qu’elle verrait bien dans son existence…

Après une première saison plutôt moche et pas franchement bien jouée, mais assez originale et bien écrite, Necessary Roughness revient avec les mêmes défauts… mais sans ses qualités. Les scénarios sont mous, la formule vieillit très vite et le feuilletonnant s’avère excessivement culcul sur la vie privée de Santino et peu crédible – voir complètement débile – sur la destinée de TJ, le quaterback. Bref, USA nous a pondu une grosse déception dont on a du mal à se remettre. Mais attendez, ils ont fait pire – c’est la prochaine série dont on parle, là, juste en dessous.

Final Score : 5/10

A regarder en famille ou un dimanche de pluie quand vous n’avez plus que ça sous la main. Mais Necessary Roughness ne fait définitivement pas partie de mon ordonnance pour vous mettre à jour en série. suits seaon 2C’est le carnage de l’année : USA a non seulement enfoncée Necessary Roughness, mais elle a surtout trucidé sa série “soeur” (comprendre qu’elles sont diffusées l’une à la suite de l’autre), la pourtant extrêmement réjouissante Suits. La première saison offrait un vrai twist sur la série d’avocat, avec des personnages au charisme incroyable, des situations jouissives, une mise en scène hyper classe, et surtout une narration de toute beauté !

La suite des aventures de ce faux avocat mais réel tricheur s’avèrent nettement moins satisfaisante. A force de tirer sur son côté “classe”, la série en fait un poncif, une blague, un réel élément de ridicule – certaines tenues des jeunes femmes plutôt charmantes du show en attestent. Le feuilletonnant est beaucoup moins malin, certains personnages sont en roue libre et évoluent de manière peu crédible (ah, toute la fin sur Louis qui devient tout mignon tout gentil…), alors que d’autres sont dans une boucle dont ils n’arrivent pas à sortir (Harvey, Donna, Jessica…) Même l’intrigue amoureuse tombe dans de grandes facilités, pour offrir un final franchement décevant…

Voilà, ma verve a coulé, mais il faut quand même replacer les choses dans leur contexte : oui, Suits saison 2 est l’une des plus grosses déceptions de l’année, mais elle reste l’une des meilleures séries diffusées en ce moment. La réalisation est toujours nettement au-dessus du lot, les acteurs sont tous très bons (ce sont leurs personnages qui le sont un peu moins) et malgré tous leurs défauts, les scénarios restent très accrocheurs. C’est juste dommage d’avoir un show simplement bon, voir excellent par moment, alors qu’il avait le potentiel de devenir un chef d’oeuvre.

Final Score : 8/10

Malgré la réelle déception que représente cette deuxième saison, Suits reste l’une des meilleures séries actuelles. Avec son ton unique et sa plastique si charismatique, voici l’un des show les plus innovants de ces dernières années. utopia-channel-4 Mais la plus grosse déception de l’année, et je sens que je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup, c’est la virale Utopia, qui a fait le tour du web plus vite que n’importe quel sex-tape d’une ancienne star de série Disney. Tout le monde parle de ce show anglais à la plastique très marquée avec ses couleurs explosives et son ambiance sonore absolument incroyable. Il n’y a pas à dire, on n’avait pas vu de série avec une identité aussi forte depuis très longtemps. En plus, le pilote mettait en place les éléments d’un scénario paranoïaque hautement surprenant, avec des personnages innovants et très charismatiques. Et puis la conclusion de ce premier épisode avait de quoi véritablement intriguer…

Le problème, c’est que Dennis Kelly, créateur et unique scénariste de la série, a bien du mal à tenir la distance. Sur un micro bout d’idée – les raisons de la conspiration – il a su tirer un premier épisode génial, un deuxième honnête, et il s’effondre dès le troisième épisode pour ne jamais réussir à remonter la pente. Pourquoi ? Parce que cette idée n’est pas franchement innovante, et surtout l’auteur n’arrive à en donner qu’un point de vue facile et extrêmement superficiel. Du coup, les révélations sont soient très attendues, soient peu crédibles (toute la justification finale pour dire que si, c’était vraiment XXX le fameux Rabbit en est vraiment la preuve.) L’utilisation du manuscrit est médiocre, les trajectoires de certains personnages ne fonctionnent pas (la rébellion de Wilson Wilson est à vomir…) et tout est dilué dans un flot de paroles et d’attitudes totalement artificielles (les membres du Network et leur tueur à gage sont intrigants au départ mais s’avèrent ridicules au final.) Et surtout, l’intrigue fait penser à un mauvais comics sans fond – dommage pour une série qui utilise ce médium comme point principal de son scénario. Au final, Utopia porte bien son nom : tout semblait parfait, mais les fondements étaient en réalité complètement pourris.

Final Score : 6/10

Parce qu’une série ce n’est pas que son scénario mais aussi son ambiance visuelle et sonore, Utopia mérite que vous vous intéressiez à elle. Mais parce qu’une série c’est aussi son scénario, Utopia ne mérite certainement pas toutes les éloges qui lui ont été faite. Espérons que si la série revient pour une deuxième saison (et il serait bizarre que ce ne soit pas le cas), Dennis Kelly saura s’entourer d’autres auteurs pour arriver à construire une intrigue intéressante…

mr and mrs murderL’étrange découvert de la semaine, c’est Mr & Mrs Murder, série australienne se définissant elle-même comme “light” sur un couple qui possède un business de nettoyage industriel (ils nettoient les scènes de crimes) et qui va mener des enquêtes à la place de la police. C’est mignon tout plein, le duo principal fonctionne, les comédiens sont sympathiques, la comédie est bien présente et l’intrigue policière du pilote s’avère plutôt maligne. Mais toute la limite est là : agréable à regarder après une rude journée à se prendre la tête, Mr & Mrs Murder ne vous fera en revanche jamais vous lever dans la nuit pour aller voir la suite ou vous demander quand le prochain épisode est diffusé. Un programme remarquablement exécuté, mais d’une vacuité absolument évidente.

Mon Pronostic : c’est le genre de programme qui peut se casser rapidement la gueule ou squatter sur les écrans pendant des années. Je vais miser sur la deuxième possibilité et lui prédire la commande d’une deuxième saison !   cultOn l’aura attendu ce Cult, show réputé impitchable, inracontable, véritable prise de risque pour la CW, peu habituée à changer les habitudes de ses spectateurs. En confiant sa nouvelle série à Rockne S. O’Bannon, le network savait pourtant à quoi s’attendre, le monsieur étant capable du meilleur (les bonnes saisons de Farscape) comme du pire (hummm, Seaquest !) mais toujours dans un registre particulièrement barré. Mais alors, de quoi ça parle cette série inracontable ?

C’est l’histoire d’une agent du FBI qui cherche à faire tomber le boss d’une secte, dont elle faisait partie dans le passé. Et il aurait enlevé sa soeur, son beau-frère et son neveu, du coup elle compte bien les retrouver. Mais tout ça, ça n’est que Cult, une série diffusée sur la CW, et qui commence à avoir une fanbase un peu extrême. Et il y a un des fans qui pense avoir décrypté les messages codés de la série et avoir trouvé un moyen de “les” contacter. Suite à quoi il est tout flippé, appelle son frère qui est journaliste, mais celui-ci ne le croit pas. Ce même journaliste commence à comprendre qu’il y a anguille sous roche quand son frère (le fan de la série, donc) disparaît mystérieusement. Il va donc essayer d’en parler au créateur du show, persuadé qu’il y a un lien, mais impossible de rencontrer celui-ci – d’ailleurs quasiment personne ne l’a jamais vu. Du coup, il s’allie à une petite stagiaire du plateau de tournage, très intriguée elle aussi par tous ces sites de fan ultra glauques, pour mener l’enquête et retrouver son frère…

C’est donc effectivement difficile à raconter en quelques mots (si ce n’est : c’est une série avec une série dans la série, qui parle de séries, le tout mélangé avec une secte ultra glauque), mais le concept a le mérite d’être original et d’attirer l’attention. Le scénario du pilote reste assez malin quoi qu’un peu grossier dans son déroulement – rien de bien surprenant quand on sait la galère que ce doit être d’arriver à mettre en place tous les éléments d’une telle aventure.

Après, on est sur la CW. Alors autant ne pas vous attendre à une réalisation originale ou percutante, ni à une bande son singulière. Le show souffre de cette absence d’identité formelle typique de toutes les séries de la chaîne. Mais si les comédiens ne font pas partie de la crème d’Hollywood, il faut tout de même reconnaître que Robert Kneeper (l’homme à la poche de Prison Break…) a quelque chose d’absolument terrifiant et en même temps de fascinant. Attention : cauchemar à prévoir pour les âmes sensibles.

Il faudra donc voir sur la durée si Cult est juste une espiègle machine à sensations fortes ou s’il y a un vrai scénario derrière. Pour l’instant, tout est encore possible.

Mon Pronostic : j’ai vraiment un doute sur le fait que le public de la CW adhère à ce genre de série expérimentale. On a déjà vu ce genre de show créer la surprise, il est vrai… mais le doute est trop fort, donc je mise sur une annulation à la fin de cette première saison.

 

Voilà, ça suffira pour cette semaine, donc rendez vous très bientôt pour saluer encore quelques départs… (et cette fois, promis, j’essaierai de ne pas avoir quasiment une semaine de retard !)

Cette semaine, on vire un docteur pour engager tout un hôpital, on s’essaie à une série venue du pays des kiwis, on s’interroge sur une vraie fausse bonne idée pour renouveler les séries policière, et on rigole (ou pas) avec une comédie qui repose sur les mêmes bases que Starbuck (le film, pas la chaîne de café.) Ah oui, et on fait aussi un tour au spa, histoire de se reposer. Une semaine bien chargée, quoi.

Emily-Owens-M.D.

 

Elle était sympa Emily, mais elle n’aura pas fait long feu sur nos écrans. Etrange création imaginée pour la CW, la chaîne des ados cool, Emily Owens, M.D. était un mélange étrange entre une comédie acide anglaise, des intrigues médicales à la Grey’s Anatomy, et de la romance fatiguée à la… n’importe quelle série pour ado qui aurait au moins vingt ans. Poussiéreuse, Emily ? Il faut bien avouer que la voir hésiter pendant treize épisodes entre deux beaux garçons, dont le premier sort avec sa pire ennemie et le second est son supérieur, n’a pas franchement grand chose d’excitant. Malgré les petites répliques en voix off parfois assez drôles et cyniques, les aventures médicales et amoureuses de cette jeune médecin sont toujours restées bien pensante, extrêmement classiques et furieusement mollassonnes. Au pays de la série médicale, Emily aura fait un petit tour qu’on aura tôt fait d’oublier.

Final Score : 3/10

Pas du tout intéressante, que ce soit sur le fond ou sur la forme, Emily Owens, M.D. ne sera franchement pas regrettée par grand monde. Une série “poubelle”, sans personnalité, dont on a peu parlé et dont on ne parlera sans doute plus jamais. Monday MorningsDécidément, rien n’arrête David E. Kelley. Le créateur de Ally McBeal ou de Boston Legal voit quasiment chaque année sa dernière création se faire annuler, mais il revient dès la rentrée suivante avec un nouveau programme. Cette fois, il s’agit de Monday Mornings, ou l’Hôpital où ne voulez vraiment pas atterrir.

Kelley sait bien faire deux choses : créer des personnages et des situations totalement délirantes (et absolument pas crédibles) pour ses séries basées sur la comédie, et plomber le moral du spectateur en posant des questions morales dérangeante et en s’acharnant sur ses pauvres protagonistes dans ses séries plus sérieuses. Vous l’aurez peut-être deviné, on est ici dans le deuxième cas. Le pilote commence par la mort d’un patient puis par le passage sur le grill du chirurgien chargé de son cas, qui doit expliquer devant tous ses collègues comment et pourquoi il s’est totalement planté. Il est d’ailleurs surnommé 007… pour le permis de tuer.

Mais si vous croyez qu’il s’agit du seul médecin à problème du show, vous vous foutez le doigt dans l’oeil. Absolument tous les protagonistes sont confrontés à des situations très ambiguës. Je ne crois pas qu’il y ait le moindre patient qui s’en sorte à peu près bien, et l’hôpital lui-même paraît avoir de graves problèmes de fonctionnement. Bref, on est loin de Grey’s Anatomy, Kelley ayant vraisemblablement décidé de faire subir à la série médicale le même traitement qu’il avait fait à la série sur l’école avec Boston Public.

Plutôt bien écrite, cette nouvelle production Kelley tient encore une fois beaucoup à la qualité du jeu des acteurs et à une vraie humanité des personnages. La réalisation, par contre, reste toujours aussi plate ou du moins particulièrement déjà vue. Du coup, on conseillera Monday Mornings à tous ceux qui sont fans de Kelley, qu’ils retrouveront particulièrement en forme. Mais ceux qui n’ont jamais accroché à sa touche bien particulière peuvent tout de suite oublier l’existence du show !

Mon Pronostic : Kelley sur une petite chaine du cable ? Je miserai bien sur la commande d’une deuxième saison…

the blue rose

Dites donc, vous seriez pas en manque de The Killing ? Les nouveaux-zélandais si, et c’est pour ça qu’ils nous proposent The Blue Rose, ou l’histoire de deux femmes qui doivent s’allier pour découvrir qui a pu tuer Rose, la meilleur amie de l’une d’elle et dont l’autre est la remplaçante au travail. Apparemment, le show repose sur toute une équipe, mais à la fin du pilote on est encore loin du compte, donc il y a de fortes chances pour que les prochains épisodes se révèlent très différent de ce que laisse imaginer ce premier épisode.

C’est que tout, dans ces premières quarante-cinq minutes, fait penser à The Killing. Un meurtre inexpliqué, une ambiance très étrange, de multiples personnages qui ont tous des agendas secrets, de la politique, des avocats, des affaires de famille : à première vue, The Blue Rose nous rejoue le coup de la disparition de Rosie Wilson. Mais là où le show nouveau zélandais prend ses distances, c’est dans un traitement nettement mis en avant des rapports de force au travail, entre les riches et les pauvres et entre les femmes et les hommes. Nos deux héroïnes vont s’attaquer à beaucoup plus gros qu’elles, et peu importe si on essaie constamment de les rabaisser.

Un peu trop légère sur les personnages qui ressemblent pour l’instant à de gros archétypes, The Blue Rose n’a donc pas la classe de The Killing. Mais que ce soit dans son mystère, son traitement des séquences, sa réalisation plutôt maligne – bref tout ce qui forme l’identité du show – cette nouvelle série parvient plutôt bien à convaincre. Et au final, elle touche parfaitement à son but : donner envie de revenir pour la suite, et lever un peu plus le voile sur le mystère de Rose.

Mon Pronostic : je ne connais rien à la télévision nouvelle-zélandaise, du coup je vais dire une saison complète ?

motiveLes canadiens sont rigolos. Après avoir tenté de révolutionner la série de SF avec Continuum, série boursouflée de défauts et au final franchement insupportable, ils tentent d’apporter un peu de souffle à la série policière avec Motive et son concept très particulier. A savoir que l’épisode commence en présentant la victime, mais aussi et surtout le coupable. Le but n’étant pas de trouver qui a tué, mais pourquoi. D’où le titre, Motive. Malin, hein ?

Peut-être. Mais la vérité c’est que Motive reste une série policière comme les autres. L’héroïne est aussi malléable et creuse que la plupart des enquêteurs qui pullulent sur nos écrans, la réalisation ne fait copier les codes actuels, et il est bien difficile d’arriver à rester réveiller jusqu’à la fin du pilote. Bref, si vous cherchez des enquêtes, allez plutôt jetez un coup d’oeil du côté d’Elementary.

Mon Pronostic : une saison, et ça suffira, merci.

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Petite série canadienne sans intérêt, Seed n’aura retenu l’attention de certains que par son pitch étrangement proche de celui du film Starbuck. Il s’agit en effet des mésaventures d’un barman qui voit un jour débarquer dans sa vie deux enfants dont il est le père génétique – en gros c’est le donneur de sperme. Ajoutez à cela une pauvre cruche qui veut elle aussi profiter de la semence du bonhomme, mixer le tout avec trois grammes de comédie de situation pas vraiment drôle et surtout des comédiens à la ramasse et vous obtenez une belle petite bouse devant laquelle vous passerez plus de temps à jouer avec votre dernière appli iphone qu’à rigoler.

Mon Pronostic : une saison, et ça suffira, merci. (Ca va devenir un truc, non ?)

The+SpaLes anglais sont rigolos, tout le monde le sait. Et le truc cool, c’est qu’ils adorent raconter n’importe quoi, faire n’importe quoi, montrer n’importe quoi. C’est le cas avec The Spa, série ridiculement peu crédible mais plutôt drôle sur… un spa, tenu par une bande de branquignoles que doit guider une pauvre quarantenaire limite déprimée. On reconnaît un peu la logique de Kaamelott et de pas mal de comédie où un personnage sain d’esprit doit s’occuper de protagonistes secondaires tous plus tarés les uns que les autres, et The Spa l’assume carrément. Le pilote se révèle donc franchement amusant, quoi qu’un peu creux. Mais bon, terminer en montrant une vieille qui se jette d’un toit a forcément quelque chose d’attrayant. A suivre…

Mon Pronostic : une saison et puis s’en va, comme la plupart des comédies anglaises !

La semaine prochaine, on parlera ENCORE de nouvelles séries policières, et on fêtera le grand retour de  Black Mirror !

Chers lecteurs,

Aujourd’hui plus que jamais il est temps de pleurer nos récents disparus. Alors que les semaines s’enchaînaient à coup de bêtisiers ou autres célébrations magnifiées par de grands feux d’artifice, dans l’ombre le tueur à la hache rodait autour de quelques séries que l’on ne peut plus, désormais, que pleurer. On se gavait de foie gras, il assassinait une chirurgien qui bosse pour la mafia. On se racontait nos histoires d’amour avec les cousins, il décapitait cette fille aux ragots faciles. On se battait autour d’une partie de Mario Kart, il supprimait toute une équipe qui se battait pour les opprimés. On voulait profiter de la vie, il mettait un terme à celle d’une bande de jeunes perdus face à leur avenir. Et le pire, c’est que le carnage va continuer au fil des prochaines semaines.

Mob Doctor - chirurgienne pas credible

Ah, mais c’est qu’elle nous aura bien fait marré la Mob Doctor ! Oui, on veut bien croire qu’un chirurgien soit une jeune femme jolie et sympathique, mais il ne faut pas pousser le bouchon : maquillée à outrance, toujours habillée pour faire apparaître en transparence son push-up du jour, Jordana Spiro déambule dans les couloirs de l’hôpital le regard perdu, avec l’air de se demander ce qu’elle peut bien foutre là. Question crédibilité du personnage, on repassera. Mais qui a bien pu avoir l’idée de mélanger Urgence et Un Flic dans la mafia en pensant que ça fonctionnerait ?

Basé sur un récit bien réel d’un chirurgien qui bossait pour un ponte de la mafia italienne, la série raconte les mésaventures de Grace Devlin, contrainte et forcée par l’ancien mafieux qui dirigeait le quartier où elle a grandit de lui rendre de menus services comme retirer des balles, soigner un cancer de la prostate ou encore faire débander un cheval (véridique.)

Mal foutue, mal réalisée, mal jouée, la série atteint son pire avec les retournements de fin du scénario qui ose nous dévoiler comme une énorme révélation ce qu’on savait depuis le premier épisode (et qui ne tient pas du tout la route) : le vieux mafieux est bel et bien le père de notre héroïne. Quant à l’entourloupe des dernières minutes, tournées à l’arrache pour apporter une conclusion à la série après l’annonce de son annulation, elle terminera de faire vomir les plus téméraires d’entre vous.

Final Score : 2/10.

On peut le dire, The Mob Doctor ne manquera à personne. Et certainement pas à la Fox qui y a trouvé son plus gros bide depuis fort longtemps. underemployed sur le toitNettement moins mauvaise, on regrettera donc largement plus l’annulation de UnderEmployed, petite série estampillée MTV sur le destin de cinq jeunes confrontés à la réalité du monde du travail après avoir rêvé sur les bancs du lycée et de la fac. La série n’est toujours pas officiellement annulée, mais la diffusion de ses derniers épisodes le samedi soir vers 23:00, c’est à dire quand son public est occupé à faire la fête, ne laisse pas vraiment de place au doute.

Que retiendra-t-on de cette énième show autour d’un groupe de personnages en devenir ? Des petites scénettes comiques très réussies, des acteurs frais et plutôt sympathiques, et surtout une grosse patate dans le rythme qui ne retombe jamais. Malgré tout, comment ne pas se lasser des intrigues un peu tirées par les cheveux, des raccourcis psychologiques pas très fins, ou encore de certaines situations tellement vues et revues qu’on les sent arriver dix minutes avant qu’elles ne soient jouées ? C’est bien là toute la faille de UnderEmployed : ne pas avoir compris que le public MTV connaît par cœur tous les codes des séries, et qu’il allait se lasser faute d’innovation. Au final, malgré toute la bonne volonté de l’équipe derrière le show, force est de constater qu’une fois la série finie, on n’en retiendra pas grand chose.

Final Score : 5/10.

Par manque d’ambitions, d’idées, UnderEmployed fait une fausse route malencontreuse, ce qui est d’autant plus dommage qu’elle sait manier la comédie comme on l’a rarement vu. Chez MTV, on continuera donc à chercher un autre grand show à succès pour accompagner Teen Wolf. leverage s5-2 Holy Shit, ça y est, ils l’ont annulée !

Malgré un succès critique et une fan base plutôt forte, Leverage a toujours été au bord de l’annulation, sa rentabilité n’étant pas forcément à la hauteur des attentes de la chaîne TNT. Après cinq ans de bons et loyaux service, le network a décidé, en accord avec les deux show-runners, de partir sur un coup d’éclat avec un double épisode diffusé le 25 décembre et qui conclue la série tel que ça a toujours été prévu. On regrettera franchement cette équipe de cinq personnages totalement complémentaires et forcément jouissifs.

Pourtant la série partait sur un pitch pas franchement folichon. Quatre anciens voleurs et l’homme qui les traquait pour une grande compagnie d’assurance décident de s’allier pour aider les “petits” contre les “grands” en leur apportant de quoi obtenir ce qu’ils veulent. Extrêmement dynamique et franchement maligne dans la manière de raconter ses histoires, la série souffrait quand même d’un certain manque d’ambition due à son côté “formule” qui s’adaptait mal aux quelques tentatives de feuilletonnant souvent décevantes.

Leverage n’était donc pas l’un des meilleurs shows de sa génération mais sans doute l’un de ceux qui nous aura le plus séduit par ses personnages et on regrettera vraiment de ne plus voir leurs jolies frimousses en plein milieu d’un énième cambriolage alambiqué.

Final Score : 7/10.

Grâce à ses personnages immédiatement touchants et ses intrigues plutôt malignes, Leverage savait gagner notre sympathie. Dommage que le show n’ait jamais réussi à décoller de sa formule et soit resté si terre à terre.

gossip-girl-season-6-poster Six ans plus tard, peut-on y voir un peu plus sur le phénomène Gossip Girl ?

On doit au minimum lui accorder un coup d’éclat peu commun : avoir réussi à garder le secret sur l’identité de la blogueuse / twitteuse pendant toutes ces années. Certaines mauvaises langues pourraient arguer que les auteurs ne savaient sans doute pas dès le début qui serait ce “coupable” peu commun, mais le fait que cette ultime révélation soit totalement en accord avec le slogan de la toute première saison reste tout de même plutôt convaincant. Et puis nos chers showrunners ont bien préparé le terrain en répondant dans le dernier épisode à presque toutes les questions que l’on pourrait se poser sur certaines incohérences.

Ok, mais est-ce que la série mérite pour autant de rester dans les anales de la série pour ado, et de la série tout court ? Difficile de s’en souvenir maintenant, surtout depuis que le show a sombré lors d’une cinquième saison inintéressante au possible, mais Gossip Girl a quand même fait exploser bien des barrières sur un grand network pas franchement réputé pour vouloir choquer. Cocaïne, prostitution, partie à trois, comportement à risques… la série s’est intéressée à tout ce qu’il y avait de croustillant et de fantasmant dans la vie de ces jeunes gosses de riche. Mais elle fut aussi extrêmement matérialiste, n’a jamais reculé devant un plan pub agressif, ou véhiculé certaines idées franchement limites…

En fait, on détestait Gossip Girl tout autant qu’on l’appréciait. Remuante mais vulgaire, intelligente mais sans âme, maligne mais racoleuse, voilà une série qui n’aura pas laissé indifférent. Alors mérite-t-elle qu’on se souvienne d’elle ? Pour l’instant oui, surtout pour ses premières saisons. Mais seul l’avenir nous dira si, dix ans plus tard, on se rappellera les mésaventures de Serena van der Woodsen (oui, j’avais envie d’écrire ce nom !)

Final Score : 7/10 (pour l’ensemble des saisons, la série ayant oscillé entre le meilleur et le catastrophique.) 

XOXO, Gossip Girl  !

 

Allez, rendez vous dans quelque jours pour retrouver le sourire avec les quelques nouveautés qui se sont déjà glissées sur les écrans US.

Dimanche 14 octobre 2012, The Walking Dead détruit tout sur son passage en culminant comme le nouveau record d’audience pour un programme du câble. Lundi 15 octobre 2012, Revolution devient la série attirant le plus de personne en +7, soit en comptant tous les modes de diffusion après la première d’un épisode, culminant à un exorbitant 4.9 millions de spectateur en plus. C’est la semaine des records, mais il nous reste encore quelques nouveautés à découvrir…

Cette semaine, on fêtait donc le retour de The Walking Dead avec une troisième saison qui démarre très fort. Mais on retrouvait aussi Covert Affairs (pour la deuxième partie de la saison 3) ; la saison 2 de la sitcom Suburgatory qui vient compléter la soirée comédie de ABC le mercredi soir ; la troisième saison de l’espionne musclée Nikita ; ainsi que le reboot de American Horror Story qui s’intéresse donc à un tout nouveau panel de personnages…

Ils vous énervent déjà sur cette photo profondément irritante ? Et bien les comédiens de See Dad Run ne vont pas plus vous convaincre dans cette nouvelle sitcom diffusée sur Nickelodeon dans les programmes du soir, et donc (il faut bien l’avouer) destiné en priorité à la toute la famille (américaine traditionnaliste.) Le pitch : un célèbre acteur qui a incarné le rôle d’un père pendant dix ans dans une sitcom à succès se retire du petit écran pour éduquer ses vrais enfants. Sauf que tout ne se passe pas dans la vraie vie comme dans une série télé… L’idée est franchement intéressante et la série pourrait être très drôle… sauf qu’elle ne l’est pas ! Tout ce qu’elle critique dans les sitcoms familiales, elle le refait au centuple – malgré quelques tentatives pour changer la donne (comme l’adolescente qui lance à son père en fin d’épisode qu’elle ne va pas se réconcilier avec lui en vingt-six minutes… avant de le prendre dans ses bras sous les murmures touchés du public !) Les comédiens sont outrancièrement mauvais (en particulier cette saleté de petit garçon qu’on croyait définitivement enterré avec la fin de One Tree Hill), la réalisation tout juste abominable et les blagues tombent toute à l’eau. Masochiste de tout poil, voilà votre nouvel outil de torture !

Mon Pronostic : heu, là, franchement je ne sais pas du tout. Du coup, on va dire une annulation à la fin de la diffusion de cette première saison ?

La deuxième nouveauté de la semaine, c’est la très attendue Emily Owens M.D. sur la CW qui s’était attiré beaucoup de bonnes critiques sur son pilote. Ayant enfin pu voir celui-ci, il faut bien avouer que la sympathique Mamie Gummer incarne avec une vraie sincérité l’amusante Emily Owens, une jeune médecin peu sûre d’elle et atrocement maladroite. On sourit beaucoup aux blagues assez convenues mais qui arrivent parfois à surprendre, on s’émeut assez peu des situations médicales déjà vues sans fois, et on soupire parfois lorsqu’on voit les grosses ficelles du feuilletonnant arriver. En clair : rien de neuf à l’horizon, mais ça respire le travail bien fait. Il faudra voir si la suite va nous surprendre ou juste nous décevoir.

Mon Pronostic : Emily Owens M.D. a tout pour attirer le public de la CW et surtout pour le conserver malgré son certain classicisme. Je mise donc sur une commande de saison deux à la fin de l’année !

MTV aime les jeunes qui le lui rendent bien, vu le succès des nouvelles séries de la chaîne sur cette cible particulière depuis quelques années. Et comme on ne va pas changer une formule qui gagne, voici Underemployed, un show sur cinq jeunes vingtenaires, tout juste sortis de l’école, et qui vont galérer pour trouver du boulot et survivre dans cette Amérique en pleine crise économique. Le show fait penser à beaucoup d’autres séries MTV que ce soit dans la composition de son casting, son ambiance newyorkaise vue du côté des galériens, ou encore son humour corrosif et sa volonté de traiter frontalement les sujets classiques des séries pour ados. C’est donc en soit une bonne chose, vu que les autres séries de la chaîne se sont souvent avérées très convaincantes, mais en même temps on commence à ressentir une certaine lassitude et à voir trois coups à l’avance les rebondissements qu’on va nous servir. Underemployed est sympa mais sent un peu le réchauffé…

Mon Pronostic : MTV a plutôt tendance à aider ses séries à s’installer, je miserai donc sur la commande d’une deuxième saison à la fin de la diffusion de celle-ci…

Fausse saison 2 mais vraie nouvelle série, American Horror Story : Asylum méritait bien qu’on s’attarde un peu sur son sort. L’anthologie d’horreur inventée par Brad Falchuck et Ryan Murphy change de lieu et d’époque mais garde une partie de son casting (dans des nouveaux rôles) et surtout son ambiance parfaitement morbide mais capable tout à la fois de faire hurler de rire et hurler tout court. Amusant et décalé pour les uns, outranciers et ridiculement sous-scénarisé pour les autres, AHS : Asylum va encore plus séparer le public que la saison précédente. On passe d’une série familiale à une série (d’horreur) sur le monde du travail (selon Brad Falchuck) et il faut bien avouer que les scénaristes ne s’épargnent aucun cliché. Après, à mon avis, ils arrivent à les magnifier en les tordant dans tous les sens ou en allant bien plus loin que ce qu’on a vu jusqu’ici. Les amateurs d’horreur se régaleront, les autres soupireront et passeront leur chemin.

Mon Pronostic : mais bien sûr qu’il y aura une troisième saison ! Toute la question est de savoir où elle se déroulera…

La dernière nouveauté de la semaine nous vient de la bien étrange Angleterre ou ITV 2 nous présente une série aussi au moins aussi étrange. Switch présente les aventures de quatre jeunes femmes de vingt-deux ans qui forment un coven de sorcières, mais qui veulent s’éloigner des traditions ancestrales de leurs familles pour pouvoir vivre leur vie à Londres. Le truc, c’est qu’avec des sorcières on s’attend à des intrigues de fin du monde, d’esprit vengeur ou ce genre de chose… et dans ce pilote, nos joyeuses amies fabriquent un filtre d’amour, tente de faire oublier à la patronne d’une d’entre elle qu’elle l’a viré, ou encore une autre qui règle ses comptes avec sa mère. De l’ultra quotidien légèrement transformé par la magie, après tout pourquoi pas. Mais il y a un petit truc qui ne marche pas, comme si la série cherchait à trop bien faire pour arriver à convaincre, comme si sa quête d’originalité la condamnait à des situations assez artificielles et au final assez peu intéressantes. Ce premier épisode se termine cependant sur une note assez étrange, laissant suggérer que la série va pas mal évoluer. Wait and see, donc, mais pour l’instant je ne suis pas vraiment sous le charme…

Mon Pronostic : je vois bien la série marcher en Angleterre, du coup je mise sur la commande d’une deuxième saison !

Ca y est, la première annulation de l’année a eut lieu et la série ayant la tête coupée n’est nulle autre que Made in Jersey, qui confirme que la case du vendredi soir est bel et bien un véritable abattoir où l’on laisse les vaches mourir. Ces dernières années, quand une série été annulée au bout de seulement deux épisodes (comme c’est le cas ici), vous pouviez être sûr qu’il s’agissait d’un excellent concept qui n’avait pas su trouver son public. Cette année, on est rassuré : Made in Jersey était juste un énième legal show, fatigué et fatigant, avec une mise en scène peu flatteuse et une actrice principale complètement à la ramasse. Y a-t-il vraiment autre chose à dire ou à retenir sur ce show ? Non.

Final Score : 2/10

Made in Jersey était mauvaise et sera vite oubliée. Tient, et si on n’en parlait même plus ?

Satan, your kingdom must come down… Cette petite ritournelle qui fait office de générique, vous l’aurez dans la tête longtemps après avoir vu la fin de cette deuxième saison de Boss, qui confirme triomphalement son statut de meilleure série depuis le début de sa diffusion. Magistrale aussi bien dans son écriture, finement ciselée, faisant preuve d’une science certaine pour les paiements (ces moments où une information donnée avant est utilisée pour faire rebondir l’histoire), que dans sa réalisation, sublime mais qui n’oublie jamais qu’elle est là avant tout pour servir l’histoire, ainsi que dans le jeu des comédiens (des seconds couteaux ou d’anciens has-been – à part Kelsey Grammer), Boss est un vrai régal d’autant plus jouissif que la série n’est jamais lente ou ennuyeuse (contrairement à d’autres grands shows qui plongent parfois dans un rythme plus ou moins soporifique.) Le Boss de Chicago vous attend, ne refusez pas la main qu’il vous tend, vous pourriez bien le regretter.

Final Score : 9/10.

Boss est un putain de chef-d’oeuvre. C’est tout.

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour discuter de la fin de la première et assez étrange série de la BBC America…

Cette semaine, la CW passe à l’attaque en faisant sa rentrée après tout le monde. La plus petite des grosses networks, très orientée vers les ados, a-t-elle réussit à surprendre et à trouver sa place ?

La rentrée se termine et les derniers retours de série se mettent en place. A partir de dimanche dernier vous pouviez donc retrouver The Cleveland Show ; The League ; It’s Always Sunny in Philadelphia ; ainsi que les “classiques” de la CW : 90210 ; Gossip Girl (pour son ultime saison) ; et The Vampire Diaries.

Ce n’est pas parce que la CW fait sa rentrée que les autres chaînes s’arrêtent de programmer des nouveautés. NBC ouvre le bal cette semaine avec Chicago Fire, nouvelle création de Dick Wolf, le papa des interminables déclinaisons de Law and Order. Avec ce nouveau show plutôt musclé, Dick ne va pas chercher dans l’originalité puisqu’il nous met en place les aventures des pompiers (qui éteignent le feu) et des secouristes de premières urgences (qui interviennent juste après le feu.) En clair, il réadapte sa formule Law and Order à des garçons très musclés et des jeunes femmes aux courbes très généreuses, le tout en débardeur plein de sueur alors que les héros gardent toujours leur maquillage impeccable. Ça sent la testostérone jusque chez les personnages féminins (je vous le donne dans le mile : la blonde est plutôt agressive et impétueuse, du coup elle est lesbienne…) pour un casting qui a clairement été plus choisi pour ses heures passées dans la salle de sport que sur les planches d’un cours de théâtre. Difficile donc de s’intéresser à cet ensemble cast ultra stéréotypé, à ce flot d’intrigues feuilletonnantes dont on voit déjà où elles vont toute nous mener, ou encore de supporter cette musique grandiloquente et cet appui systématique sur les beaux drapeaux américains car les héros représentent toutes les belles valeurs de ce grand pays. A moins d’un sacré retournement de situation, Chicago Fire risque bel et bien de finir dans les poubelles de l’histoire de la télé américaine…

Mon Pronostic : il serait vraiment surprenant que le public américain se laisse avoir par une série qui répète tout ce qui a été fait ces vingt dernières années, sans originalité ni vrai passion. Du coup, je mise sur une annulation en cours de première saison.

L’autre catastrophe de la semaine était proposée par ABC et fait revenir sur les écrans la très sympathique Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et l’insupportable Hayden Panettiere, aka la cheerleader de Heroes qui n’a vraiment rien trouvé à faire depuis quelques années si ce n’est faire la une des tabloïds. Horreur absolue, Nashville cumule les défauts : il s’agit d’une série musicale qui veut se la jouer Glee pour les adultes (comme si Spielberg ne s’était pas déjà cassé les dents sur ce sujet l’année dernière avec Smash) ; c’est une série sur la country (oui, le genre musical, et autant vous dire que si vous ne supportez pas vous allez vous boucher les oreilles la moitié du temps) ; et c’est une série qui veut nous faire croire que Hayden est capable de jouer une méchante artiste qui a tout de même un bon fond – quand elle pleure dans un placard, on explose de rire. Voici donc l’histoire incroyablement peu intéressante d’une ancienne star de la country obligée de faire une tournée avec la petite nouvelle qui monte et qui chante des paroles débiles pour les ados. Wahou. Pour pimenter le tout, les auteurs glissent une petite intrigue politique tellement peu crédible qu’elle termine de faire sombrer Nashville dans les heures sombres de la série télé. A fuir d’urgence.

Mon Pronostic : non, franchement, il n’y a pas moyen que cette série se voit commander une deuxième saison. A la fin de la première, ABC l’annulera sans avoir à se justifier…

Les plus vieux d’entre vous se souviennent peut-être de la série Beauty and the Beast des années 80 avec Ron Perlman et Linda Hamilton (ah, Linda Hamilton…) voici la version revue et corrigée et adaptée au XXIème siècle par la CW et donc avec Kristin Kreuk et Jay Ryan qui ont le mérite d’avoir autant de charisme l’un que l’autre soit, combiné, le charisme d’une huître peu fraîche le lendemain du jour de l’an. Fort heureusement, le show ne s’appuie pas uniquement sur l’irrésistible attirance des deux héros l’un envers l’autre et va chercher une intrigue feuilletonnante bien alambiquée (à base d’expérience sur des soldats pendant la guerre en irak) pour susciter notre intérêt. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi bon reprendre une vieille série dont le charme était dans le look bien particulier du héros (qui avait une pseudo gueule de lion) pour le transformer en beau gosse avec une cicatrice qui a juste les dents qui poussent quand il se met en colère !

Mon Pronostic : un pur produit CW qui devrait arriver à toucher la cible de la chaîne – ça sent la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

C’est sans doute la nouvelle qui m’a fait le plus plaisir cette semaine : le succès phénoménal (enfin, pour la CW, hein !) de Arrow, série adaptée de l’archer vert de chez DC Comics. Et pourtant, il y avait de quoi prendre peur à la vue des premières affiches et de la gueule dépourvue d’expression de l’acteur principal. C’était sans compter sur un scénario qui prend l’intrigue de base au sérieux et va réellement chercher dans les recoins sombres de la psychologie des super-héros. Dark, bien ficelé, s’en sortant plutôt pas mal au niveau des FX, et bien entendu bourré de références pour les fans qui n’attendent que ça, le pilote est tout simplement jouissif et donne envie de voir si la suite va arriver à rester à ce niveau de qualité. Plus proche du deuxième Batman de Nolan que du Superman de Smallville, Arrow pourrait bien devenir la série de super-héros qu’on attendait.

Mon Pronostic : de tout mon coeur je vois la commande d’une deuxième saison. J’espère juste que la suite de la série ne va pas s’avérer une plantade absolue !

Le seul départ de la semaine – et pour moi le premier de la saison, même si le show a redémarré en août ! – me permet d’inaugurer un nouveau système de notation qui me paraît plus intéressant. Vous pouvez retrouver les explications ici ! Ce départ, c’est donc la fin de la deuxième saison de Hell on Wheels, qui nous plonge dans les affres de la construction d’une ligne de chemin de fer en plein western. Après une première saison intéressante mais qui se perdait dans ses multiples personnages, cette deuxième fournée d’épisodes approfondies les différentes trajectoires qui s’avèrent surprenantes et très intéressantes. Entre l’ex-prostituée partagée entre son véritable amour – noir et donc mis au bas rang de la société – et le mec un peu couillon mais au bon fond qui peut assurer la sécurité de son futur enfant, la femme de l’ouest trop intelligente pour son propre bien, les deux frères qui dirigent un bordel et un bar mais dont l’un des deux tombe amoureux de la fanatique religieuse, ou encore le héros à la psyché détruite, il y a franchement de quoi faire. Dommage que l’ultime épisode tourne au carnage longuet et assez inutile, nous laissant sur une note un peu décevante. Mais les auteurs se rattrapent à la dernière minute en nous rappelant que le sujet de la série est le conflit entre la rédemption et la vengeance, dans une séquence de pendaison absolument démentielle. Quant au dernier plan, il prouve que la réalisation a tout compris aux western. Voilà une bien belle série dont on attend avec impatience qu’AMC la renouvelle officiellement pour une troisième année.

Final Score : 7/10

RAISE HELL comme l’affirme la publicité pour cette deuxième saison de Hell on Wheels qui confirme la série comme un très bon show mais pas encore forcément comme un immanquable. Une troisième saison pourrait apporter l’ampleur qui lui manque encore un peu, alors croisons les doigts…

Rendez vous la semaine prochaine pour découvrir encore quelques nouveautés, fêter le retour d’American Horror Story, et saluer la fin de la deuxième saison de Boss !

La semaine n’aura pas particulièrement été riche en émotion : on sent qu’on est en plein coeur de l’été et que les programmateurs US nous refourguent au kilo jeux et autres télé-réalités atteignant leur énième saison sur des concepts qui n’ont pas vraiment changé. L’Angleterre en profite un peu, mais reste obnubilée par les prochains J.O. qui donnent lieu à des épisodes spéciaux de séries morts-vivantes (qui a dit Absolutely Fabulous ?) Et en France, c’est un certain Inquisitio qui est sorti du lot en écrasant sa Spielbergienne concurrente (oui, j’ose !), la pas terrible Smash. Bref, c’est l’été.

Très peu de news cette semaine, mais on se réjouira du retour de Leverage, série qui tire jusqu’à la moelle le principe du film de cambriolage puisqu’à chaque épisode l’équipe doit voler quelque chose. C’est même devenu la blague de départ, lorsque par exemple le chef balance qu’ils vont devoir voler une école maternelle. La nouvelle saison démarre plutôt bien mais reste dans le cadre tout tracé des années précédentes, avec le retour de tous les personnages, chacun dans un rôle bien précis, une intrigue principale béton et pleine de rebondissement, et un début de feuilletonnant totalement tiré par les cheveux. Les fans seront comblés !

Autre retour d’autant plus intéressant qu’il est très inattendu, c’est celui de The L.A. Complex, petite série canadienne assez brutale sur des jeunes qui veulent réussir à L.A. Diffusée aux US sur la CW, la série ne colle pourtant pas vraiment à l’image de la chaîne… et c’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que ce début de saison 2 voit l’éviction de deux personnages : le petit gay qui fait de la musique, et la porn-star qui s’assume. A moins que tout cela ne soit qu’une feinte scénaristique car il faut bien avouer que les intrigues s’avèrent toujours surprenante et ne nous emmènent jamais là où on pensait aller…

Enfin, pour tous les fans, et ils sont très nombreux, IFC nous offre un épisode spécial de Portlandia. Je n’ai pas encore vu ce Brunch Special mais je me régale déjà à l’avance !

Cette semaine, c’était donc la fin de la trilogie Blackout, série anglaise diffusée sur la BBC et pas mal encensée par la critique locale. L’intrigue repose sur un fameux “trou noir”, une soirée oubliée par le personnage principal, alcoolique. Serait-ce donc un show à mystère dont la résolution va venir nous en mettre plein la figure ? Pas du tout. Car on saura très rapidement ce qu’il s’est passé cette fameuse nuit – le but de la série étant en réalité de s’intéresser à un personnage en pleine rédemption. Plutôt bien écrite et interprétée, la série se casse les doigts sur la réalisation qui se veut moderne, dynamique et innovante et qui au final peine à faire passer l’émotion. Du coup, il faut vraiment s’impliquer en tant que spectateur pour arriver à être touché par ce programme qui ne cesse de vous glisser entre les doigts.

Final Score : 4/5

Si vous avez le courage de vous accrocher pour suivre ce Blackout plutôt glacial visuellement, vous y découvrirez une petite perle scénaristique sur la rédemption. Le problème, c’est qu’on est en été et qu’on n’a pas forcément envie de réfléchir aux méfaits de l’alcool – on a plutôt envie de boire une bière à côté de la piscine. Vous pouvez donc attendre la rentrée, histoire de vous mettre dans l’ambiance !

Que les plus acharnés d’entre vous ne crie pas au scandale : je sais que The Firm ne s’est pas terminée cette semaine mais un peu avant. Allez savoir pourquoi, je n’ai pas réussi à me résoudre à regarder le dernier épisode en temps et en heure. Peut-être parce qu’après avoir subit la vingtaine d’épisodes d’une série passablement fatiguée, datée et profondément maniérée, je n’ai pas eu envie de tout de suite savoir comment toute cette affaire allait se conclure. Sauf que, surprise, les scénaristes non plus ! Je ne sais pas qui à la production a cru que la série serait reconduite pour une deuxième saison, mais en tout cas la série se termine en petit boudin, avec des réponses mais pas pour tout et un cliffhanger qui ne nous aurait de toutes façons jamais donné envie de voir la suite.

Final Score : 2/5

Après un démarrage curieux mais intéressant, The Firm s’est effondrée sur ses personnages stéréotypés et maniérés, sur sa réalisation dépassée et ses scénarios sortis du fond d’un tiroir de David E. Kelley. John Grisham s’en fout, il sourit en regardant son compte en banque. Comme quoi, vendre les droits de ses romans, c’est vraiment un métier.

Oui, c’est vrai, je triche encore une fois en ne vous parlant que maintenant de Sinbad, série anglaise diffusée sur Sky One, alors que la diffusion en est déjà à son deuxième épisode. Comme le laisse suggérer cette belle affiche, Sinbad est une série d’aventures de haut vol qui vient lorgner du côté de Game of Thrones pour une certaine part de fantasy. Basée sur les fameuses aventures du marin, la série s’en éloigne pour nous offrir… comment dire… une sorte de pot pourri de ce qu’on aime le plus dans la télévision à petit budget. Ainsi, Sinbad fait des sauts comme les sentai (Bioman et cie), les effets spéciaux sont digne de ceux de la série Mortal Kombat, et  la direction artistique prend des décisions particulièrement arbitraires ce qui mène tout de même dans l’épisode 2 à voir nos héros confrontés à une vraie bande de schtroumpf… Amusant en buvant un mug de café, un dimanche matin, pour se remettre de la gueule de bois de la veille.

Vraie nouveauté de la semaine, cette fois, Sullivan & Son est une sitcom tournée en public pour TBS et assurée par Rob Long, un scénariste à la carrière déjà bien longue. C’est donc l’histoire d’un avocat qui surprend sa famille en décidant de tout plaquer à New York pour reprendre leur bar qui est une vraie tradition familiale. Il n’y a pas grand chose de remarquable dans la série qui présente beaucoup de personnages déjà vus et revus mais qui arrive tout de même à faire sourire par quelques répliques bien senties. En fait, le vrai ressort comique du show est le personnage de la mère du héros, une vietnamienne ultra stéréotypée – le genre de personnage que l’on ne voit vraiment pas souvent. Sur ce point là, il est vrai, Sullivan & Son innove un peu. Mais est-ce suffisant pour nous tenir en haleine toute une saison ?

Enfin, la vraie nouveauté de la semaine, celle qu’il ne fallait pas manquer, on la doit encore à ces sacripants de Adult Swim qui nous propose une version animée des aventures de Black Dynamite. Film absolument délirant sorti en 2009, vraie parodie pleine d’amour tout en étant une grosse critique satyrique de la blaxploitation, Black Dynamite avait surpris tout le monde par son ton résolument provocateur. La série animée ne perd pas cette qualité scénaristique, s’offrant un pilote assez grandiose dans lequel on découvre comment se passait vraiment la jeunesse des Jackson 5 et surtout grâce auquel on a enfin l’explication de la passion de Michael pour les enfants. Certes, c’est facile de tirer sur les morts mais vachement moins quand il s’agit de se servir intelligemment d’une légende. Fichtrement bien animée et réalisée, la série se pose d’emblée comme une nouvelle référence de l’animation pour adulte. Adult Swim nous a encore cassé la bouche !

Allez, à la semaine prochaine (mais sans doute en retard, parce que comme la télé US je prends des vacances…) où, faute de nouveauté, on parlera chiffons sur les costumes de Saving Hope, les malheurs fait au jeu vidéo dans Continuum, ou encore les raccords dans l’axe de Dallas. Oui, je sais, ça promet.

Les programmes de l’été commencent à s’installer sur les écrans US prenant peu à peu la place de séries qui nous quittent à jamais ou se prennent juste un peu de vacance. Cette semaine, on reviendra donc sur quatre départs temporaires, deux définitifs, et une petite nouveauté… canadienne.

Alors, oui, c’est vrai qu’on pourrait aussi parler du retour plus qu’incompréhensible de la terrifiante Single Ladies, de la non moins désespérante Mélissa and Joey ou encore de la sympathique (mais bas de plafond) Workaholics… mais bon, on ne peut parler de tout tout le temps !

On va commencer avec un départ définitif des plus regrettables, celui de Harry’s Law, dernière création en date du très volubile David E. Kelley (Ally McBeal, The Practice, Boston Legal…) Alors oui une fois de plus c’était un legal show, oui une fois de plus il y avait des personnages complètement barrés, oui une fois de plus les affaires n’étaient pas crédibles, oui une fois de plus les intrigues amoureuses étaient relativement pitoyables et oui une fois de plus le tout était profondément marqué politiquement. Mais que voulez-vous, David E. Kelley sait apporter juste ce qu’il faut de nouveauté à sa formule pour qu’elle fonctionne à chaque fois et reste dans l’air du temps. Car malgré sa réalisation un peu dépassée, Harry’s Law s’affirme tout à fait comme une oeuvre très contemporaine, qui se prend l’Amérique réactionnaire en frontal pour mieux la démonter. Et si la formidable Kathy Bates n’atteint jamais le potentiel faramineux du duo James Spader & William Shatner de la très regrettée Boston Legal, elle n’en demeure pas moins la clé de voûte de ce programme qui aurait bien mérité une petite troisième saison.

Final Score : 3.5/5

David E. Kelley a une vraie science du legal show et il sait toujours viser juste – du moins en terme de qualité de programme, pas vraiment en terme d’audimat. A trop s’en prendre aux idées bien-pensantes qui secouent l’Amérique, il s’est sans doute mis une partie de son public à dos, à moins que ce ne soit la mise en scène quelque peu surannée (surtout en regard des séries contemporaines) qui ait fait fuir les spectateurs. Reste qu’Harry’s Law était un programme vraiment sympathique et fondamentalement jamais décevant.

Curieux programme que ce The L.A. Complex, série purement canadienne qui se déroule pourtant aux Etats-Unis et dont la diffusion dans son pays d’origine fut saluée par les critiques alors qu’elle se perdit dans la masse lors de son passage sur la CW. De quoi s’agit-il donc ? Grosso merdo de la vie de cinq jeunes adultes qui en sont tous à un niveau différent de leurs carrières mais qui rêve tous de réussir à Los Angeles (en tant que comédien, que danseuse, dans la musique ou en faisant du stand up). La plupart vit dans un fameux “complex” d’appartement et forcément ils vont s’aimer, se déchirer, se détester et se serrer les coudes. Rien de bien original là dedans ? C’est sans compter sur les scénaristes, directement issu de Degrassi, la série ado canadienne connue pour son traitement brutal de sujets épineux et sa volonté affichée de réalisme (son ancêtre était connu chez nous sous le nom de Les Années Collège… et oui, ça vous fait tilt maintenant !) Et il faut bien avouer que ce L.A. Complex s’avère justement fort complexe et traite avec force le désespoir, la lâcheté, la perte de soi, l’ironie de la célébrité et de la réussite, que provoque cette ville du rêve qui n’hésite pas à dévorer les milliers de jeune qui y débarquent chaque année pour “réussir”. C’est peut-être limite un peu trop cruel pour être tout à fait réaliste, mais ça donne un programme vraiment surprenant et qui secoue les habitudes des séries ados gentillettes.

Final Score : 4/5

Ne vous fiez pas à l’affiche quelque peu racoleuse, The L.A. Complex est sans conteste l’une des meilleures nouveautés de la saison. Son traitement brutal et sans appel fait passer un vent de fraîcheur sur une industrie de la série pour ado (ou jeune adulte) quelque peu boursouflée. D’ailleurs, The L.A. Complex s’adresse carrément à tous ceux qui se sont un jour intéressé aux milieux artistiques – une réussite, qui ne verra malheureusement sans doute sa suite diffusée qu’au canada…

Cougar Town ou le recyclage par l’absurde de toutes le bonnes idées de Scrubs - les prises de tête de J.D. en moins, les passages tristounets passant eux aussi à la trappe. Pur cour de récréation pour Bill Lawrence (le créateur) ainsi que toute la bande qui entoure Courtney Cox, Cougar Town ne s’explique pas et surtout ne se défend pas. Impossible de trouver une réelle raison à ce qui fait rire (ou non) dans ce show totalement n’importe quoi, qui secoue twitter en demandant au début d’un épisode si les spectateurs seraient intéressé par une série judiciaire… sur des cochons (#pigtrials). Bref, tout ce beau monde s’éclate et ce n’est pas la transition chez TBS (petit chaîne du câble) pour la quatrième saison qui va vraisemblablement casser leur moral (même si le budget risque d’en prendre un petit coup).

Final Score : 4.5/5 pour ceux que ça fait rire, 1/5 pour ceux que ça laisse froid.

Difficile de faire une série qui partage plus (du moins dans mon entourage) que ce Cougar Town absurde et hautement superficiel. Moi, j’adore, vous, pas forcément. C’est pas grave, on peut rester quand même ami

Voilà un bien curieux programme que ce Touch proposé par Tim Kring, le papa des Heroes, avec Kiefer Sutherland (LE mec de 24) dans le premier rôle. Et comme le tout est diffusé sur la Fox, de prime abord on s’attend à un gros show d’action fantastique qui en balance plein la gueule, ce qui n’est pas tout à fait le cas… En effet, Touch repose sur un étrange trio composé d’un gamin autiste, qui “parle” aux chiffres mais ne dit jamais un mot ; d’un papa totalement dépourvu ; et d’une aide sociale (plus ou moins) qui est là pour les aider tous les deux. Mais la grande idée derrière tout ça, c’est que le monde entier est interconnecté et que le battement d’aile d’un papillon… bref, vous m’avez compris. Du coup, les épisodes reposent sur deux, trois voir quatre niveaux d’intrigue qui vont se croiser, mais pas forcément à la fin, créant ainsi quelques surprises réjouissantes. La base de la série n’est donc déjà pas si mal, mais il faut y adjoindre un feuilletonnant très “calme”, qui sait bien se planquer comme un renard mais qui s’avère franchement prenant et qui vous entraîne avec la banane dans le double épisode de fin. La réalisation est quant à elle plus qu’honnête et les acteur, Sutherland en tête, semble vraiment aimer le programme et donc vouloir donner leur maximum. Reste la grande inconnue : c’est du Tim Kring, et on sait à quel point son Heroes est rapidement parti en sucette. Avec seulement treize épisodes au compteur, Touch a de quoi convaincre, mais saura-t-elle toujours autant nous enthousiasmer l’année prochaine ? Les auteurs peuvent-ils faire plus que treize épisodes et rester bons sur une telle base ? C’est ce qu’on verra…

Final Score : 4.5/5

Peu ou pas du tout attendue, Touch s’avère une excellente surprise : bien conçue, préparée avec un amour certain, elle ne cherche jamais à provoquer ou à se différencier et, en cela, trouve sa propre identité ! Alors oui, si les happy endings vous font vomir, vous risquez de vous énerver devant la dernière production de Tim Kring. Mais si un certain optimiste ne vous dérange pas, et surtout si vous aimer le travail vraiment bien fait, alors Touch peut être un vrai bon moment à passer. En tout cas, moi, je suis sous le charme !

Énième copie casse-gueule de Mad Men ? Il est très rapidement évident que non :  si les deux séries se déroulent à peu près à la même époque, Magic City ne s’intéresse pas du tout aux mêmes thématiques ni ne propose des personnages similaires. C’est donc l’histoire d’un hôtel, le Miramar Playa de Miami, ou comment son gérant en vient à devoir s’allier avec un boss de la pègre pour arriver à ses fins. Pas la peine de courir faire une réservation sur internet après avoir vu l’endroit dans la série, le fameux hôtel est une pure fiction, sorte de mélange de plusieurs autres hôtels que Mitch Glazer, le concepteur de la série, a longtemps étudié au cours de sa vie. On ne peut donc pas lui reprocher un manque de réalisme dans son approche. Tout comme on trouvera difficilement quoi que ce soit à redire à la réalisation, aux comédiens, ou à l’ensemble de la production value, tous absolument impeccable. Magic City, un immanquable donc ? Malheureusement non. Car le gros souci de la série se résume en une phrase : on s’attend à tout ce qui va se passer. Si les scénarios sont franchement bien écrits (les structures sont solides, les enjeux dramatiques forts) ils souffrent d’un manque d’originalité cuisant – surtout lorsqu’on sait que la série passe sur Starz, la chaîne à qui on doit tout de même le très radical Spartacus. Du coup, au lieu de nous tenir accroché à notre fauteuil, Magic City nous berce tendrement. Mais elle le fait avec un panache tellement agréable…

Final Score : 4/5

Magic City aurait pu être une très grande série si elle avait su nous surprendre à certains moments. Elle reste un programme d’exception, aux nombreuses qualités. Bref, j’attend quand même la suite avec impatience !

Pouvait-on vraiment s’enthousiasmer pour Best Friends Forever, sitcom très “originale” sur la colocation entre deux filles que tout oppose mais qui sont les meilleures amies du monde (et accessoirement le mec de la brune qui vit avec elle) ? La réponse est fatidique : non. Et même si les personnages sont un peu plus décalés que d’ordinaire (merci Community), même si les situations prêtes à sourire, et même si la réalisation s’avère à peu près potable, rien ne viendra sauver cette énième sitcom des affres de l’oubli. De toutes façons, avec seulement six épisodes tout rond au compteur avant son annulation, il y a pas de quoi y passer une journée.

Final Score : 2.5/5

Tout juste la moyenne pour cette sitcom légèrement amusante mais franchement dispensable, qu’on aura déjà oublié dans moins de six mois. Mieux vaut passer une soirée avec ses amis que devant Best Friends Forever.

Enfin, voici la GROSSE nouveauté venue du canada qui a, sur son territoire, tout explosé sur son passage. Continuum, c’est donc une série de SF dans laquelle la sémillante Rachel Nicols (qu’on est assez content de retrouver) se voit propulsé du futur à notre époque à cause d’un groupe de terroristes qui ont l’air très très méchant. Ce qui est amusant, c’est qu’ils luttent contre le système des corporations et veulent rétablir une démocratie, tandis que notre héroïne est une bonne flic droit dans ses bottes, qui fait respecter la loi et ne se pose pas vraiment de question sur le reste (sauf sur sa famille, qui va bien lui manquer.) Bref, c’est là le vrai point original et intéressant de la série : l’héroïne est un soldat des “méchants” (selon tout bon récit de SF qui s’oppose aux dictatures) tandis que les méchants sont de vrais terroristes qui n’hésitent pas à tuer… mais avec de bonnes intentions. Seulement voilà, on ne sait pas trop quel est vraiment le point de vue des auteurs de la série et on se demande bien quel est réellement le discours sous-jacent de tout ceci. Mais bon, pour ça, il va falloir regarder la suite…

Allez, rendez-vous lundi pour le retour à la normale du bilan de la semaine (ce qui veut dire enfin en temps et en heure !)