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Au royaume de la série américaine, il y a des pans entiers de programmes oubliés. Passés tel des étoiles filantes, ils ne nous poussent qu’à faire le voeu qu’ils ne reviendront pas. Bon, non, ok, on force le trait car dans les huit séries qu’on a testé pour vous, il y a quand même quelques perles.

La bonne nouvelle, parce que y a quand même eu des bonnes nouvelles, c’est que Netflix nous a tout balancé la saison 2 de House of Cards (enfin, pas pour nous les français, mais bon) et que 2% des utilisateurs du service de vidéo à la demande aurait déjà fini de regarder les treize épisodes. On revient dessus très bientôt, mais nous on est plutôt convaincu. A noter aussi le retour de l’excellente Line of Duty, série anglaise qui avait fait un véritable carton l’année dernière, et qui nous a offert un premier épisode franchement jouissif. Une sorte de The Killing version police des polices foutrement bien écrite et au sens du rythme parfaitement maîtrisé…

HOSTAGESHOSTAGES (saison 1 – série terminée)

Série au passé bizarre, adaptation d’un programme israélien qui ne sera diffusé qu’après la version américaine, Hostages raconte la douloureuse mésaventure d’une famille prise en otage par des mecs très bizarres qui veulent que la maman tue le président des Etats-Unis. La maman en question, une Toni Collette mortifère à qui on aimerait bien pouvoir donner à manger, est en effet la chirurgienne qui doit s’occuper de l’homme le plus important du monde libre (ah ah ah.) Et croyez le zou non, mais il y a un twist car le chef des preneurs d’otage, le séduisant mais définitivement perdu Dylan McDermott, est en réalité un agent du FBI. Ah ouais, ça vous la coupe.

Feuilleton sans grand intérêt aux rebondissements patauds et excessifs, Hostages se veut une réflexion cinglante sur la cellule familiale, dans laquelle on devrait se sentir en sécurité mais qui est boursouflée de secrets. Le discours est asséné au kilo (papa trompe maman, la grande soeur est enceinte, le fiston vend de la drogue) et manque clairement de finesse pour toucher le spectateur. Bon, ok, on n’aurait pas du en attendre plus d’une production Bruckheimer pour CBS, mais reconnaissons lui au moins le mérite d’avoir pour un temps abandonné le formula à la papa (les CSI et cie) pour tenter le feuilletonnant. Vu la claque qu’il s’est ramassé en terme d’audimat, je doute quand même qu’il remette ça l’année prochaine.

Final Score : 5/10

Spoils of BabylonSPOILS OF BABYLON (saison 1 – série terminée)

C’est peu dire qu’on attendait beaucoup de The Spoils of Babylon depuis la découverte de son incroyable trailer (voir plus bas.) Forte d’un casting phénoménal et d’une pléthore d’auteurs géniaux, cette vraie fausse saga imaginée en tant qu’hommage à cinquante ans de cinéma américain devait casser la baraque. La vérité, c’est que la quasi intégralité des blagues sont contenues dans cette bande annonce et que le show, au final plutôt prétentieux, se perd dans des circonvolutions purement esthétiques qui ne feront sourire que les plus calés d’entre nous en septième art. Ca aurait pu être un délirant joujou inventé par une bande d’étudiants en histoire du cinéma, c’est au final une blague d’initiés, une immense private joke, mais certainement pas la comédie géniale et intelligente qu’on attendait.

Final Score : 5/10

DraculaDRACULA (saison 1 – en hiatus)

On aurait bien aimé vous dire que Dracula c’est absolument génial. Déjà parce que c’est l’occasion de retrouver Jonathan Rhys Meyer, et qu’il s’éclate dans le rôle du conte aux dents acérés. Mais aussi parce que le showrunner n’est nul autre que Daniel Knauf, le créateur de la regrettée Carnivale. Sauf que le résultat est loin, très loin, d’être à la hauteur. Passons sur la réalisation poussiéreuse et les effets spéciaux ultra cheap, passons sur l’interprétation scandaleusement outrancière de Jonathan et sur les seconds rôles pas franchement à l’aise, le problème reste que les auteurs ont plus voulu reprendre Le Conte de Monte-Cristo que de s’attaquer à la légende du prince des vampires. Ce micmac donne au final une intrigue de vengeance ultra complexe et mal fichue, mélangée à un univers fantastique mal dégrossi, mal présenté et régulièrement incohérent. Il y a quelques idées absolument géniales (comme la lutte pour le contrôle de l’énergie et de l’électricité dans l’Angleterre du XIXème) et il faut bien avouer que la démesure du projet a quelque chose de fascinant, mais le tout laisse le spectateur sur le carreau. Un peu comme un vampire nous aurait hypnotisé pour nous forcer à regarder ce machin mais qu’au final on n’y comprenait strictement rien. Dommage.

Final Score : 6/10

RavenswoodRAVENSWOOD (saison 1 – série annulée)

C’était le plaisir coupable de la saison, mais elle a malheureusement déjà été annulée : Ravenswood, spin-off de la déjà très excessive Pretty Little Liars, est une série fantastique foutrement incompréhensible sur cinq gamins voués à mourir à cause d’une malédiction posée sur un village pour ne pas avoir à perdre ses habitants dans la guerre (enfin je crois.) Sauf que dès le début, y en a une qui meurt et revient en fantôme, et qu’elle est la réincarnation de la première gamine à avoir été sacrifiée – et son amoureux de l’époque était Caleb, le personnage transfuge de PLL, et qui a l’air de ne jamais comprendre dans quoi il a foutu les pieds. Catastrophe scénaristique assumée jusqu’au bout, Ravenswood peut se targuer de nous avoir servi le casting le plus inadéquat vu à ce jour et vraisemblablement le plus démuni de talent. C’est une spirale infernale fascinante… mais pas trop quand même, vu qu’on s’en lasse vite.

Final Score : 0/10 pour tout le monde, 6/10 sur les fans de PLL qui veulent voir comment les auteurs ont charcuté ce pauvre Caleb.

Sleepy-Hollow-Season-1-Poster-4SLEEPY HOLLOW (saison 1 – série renouvelée)

Chérie, ils ont refait X-Files, mais avec les cavaliers de l’apocalypse, des démons venus de l’enfer, et un ancien soldat de la guerre d’indépendance qui se réveille à notre époque. Ah oui, et le cavalier sans tête, parce qu’il fallait bien justifier le titre de cette série fantastique made in Fox, conçue pour remplacer Fringe par des auteurs de Fringe (mais sans JJ, trop occupé à aller fricoter avec le monde du cinéma.) Si les scénarios sont quelque peu attendus et les comédiens pas inoubliables, si la réalisation fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a et que l’ambiance gagnerait à être plus prégnante (mais elle s’améliore au fil de la saison), il faut bien reconnaître que le résultat est ni plus ni moins que ce que l’on attendait. On pardonne donc aisément les grosses ficelles (oh tient, il y a un réseau de tunnel qui parcourt la ville et dans lequel on va pouvoir trouver la solution aux trois quarts des mystères rencontrés…) et on prend avec le sourire les nombreux clins d’œils à d’autres séries ou films du genre.  Kurtzman et Orci, les showrunners, ont de plus une vraie science du dialogue et de l’utilisation d’un duo de héros, ce qui rend l’affaire bigrement dynamique et sympathique. Bref, on est loin de la série de l’année, mais voilà un show suffisamment fun pour occuper vos vendredi soirs de perdition.

Final Score : 7/10

 betrayalBETRAYAL (saison 1 – série annulée)

C’est ma série mal aimée de l’année. Soap chargé de la lourde tache d’accompagner Revenge, Betrayal nous plonge dans les affres de la trahison, de la tromperie et du mensonge. Une jeune photographe, mère de famille heureuse et mariée à un procureur de génie, tombe amoureuse d’un avocat aux contacts douteux, marié et père de famille heureux. Ils se repoussent, ne veulent pas céder à la tentation mais finissent par le faire (bah oui parce que sinon y a pas de série.) Et là, badaboum, y a un meurtre et tout se complique : le procureur et l’avocat chargé de l’affaire, ben c’est les deux mecs… Plombée par une intrigue policière foutraque et mal maîtrisée, Betrayal touche par contre plutôt juste quand elle s’intéresse à la déliquescence d’un couple, à l’attraction fatale entre deux êtres, aux promesses impossibles à tenir. Mal foutue dans son ensemble, le show est capable de quelques trouvailles et de scènes vraiment touchantes (il y a d’ailleurs toute une métaphore visuelle sur les trains et les gares assez géniale.) Une fois arrivé au bout, difficile de bouder son plaisir et de se moquer d’une série qui ne manque pourtant pas de points faibles. La vérité, c’est que Betrayal a suffisamment de moments de grâce pour rester dans votre cœur. Mais jamais, au grand jamais, vous n’en parlerez à vos amis. Et encore moins sur un blog…

Final Score : 7/10

american horror story covenAMERICAN HORROR STORY : COVEN (saison 3 – série renouvelée.) 

On ne va pas faire durer le suspense : oui, cette troisième itération de American Horror Story est bien la meilleure. On craignait le pire avec cette histoire de sorcières adolescentes dont la présentation est quelque peu archétypale ; mais en réalité le show offre les personnages féminins les plus intrigants, fouillés, et crédibles qu’on ait vu depuis fort longtemps. Servi de main de maître par des réalisateurs qui s’éclatent avec ce joujou où tout est permis (et même sérieusement recommandé), le casting atteint des sommets avec notamment une Jessica Lange qui mériterait amplement de recevoir tous les prix de la terre. Et si le scénario se perd une nouvelle fois dans des détours qui ne seront jamais expliqués, peu importe : c’est la marque de fabrique de la série. Le dernier épisode recadre la thématique de la saison et démontre que la trame générale a été pensée avec tout un discours en tête. Alors si vous n’avez pas peur de voir des jeunes filles s’enterrer, se démembrer, se recoudre, se faire manger des trucs dégueulasse et surtout, surtout, lutter pour le pouvoir, jetez vous sur Coven et sa bande son impossible à oublier.

Final Score : 8/10

eagleheart - paradise risingEAGLEHEART (saison 3 – série en hiatus mais probablement terminée)

Le problème avec Eagleheart, c’est qu’on se demande toujours à qui le recommander. Parodie explosive de Walker Texas Ranger, ce show absurde et décalé ne fait pas dans la dentelle. Avec cette troisième saison conçue comme une saga de conclusion (et surnommée Paradise Rising), la série atteint des sommets de comédie absolument jouissifs… mais qui ne feront certainement pas rire tout le monde. Pour ma part, c’est l’un de mes shows préférés, et comme une bonne vidéo vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse avec le trailer.

Final Score : 9/10

 

Et à la demande générale d’une personne qui se reconnaîtra, on vous informe que le 24 février c’est le retour de notre soap préféré, le merveilleux Dallas, pour sa troisième saison version XXIème siècle. On vous laisse avec le trailer et on se donne rendez-vous dans quelques jours…

Lorsque les auteurs de soap se dépassent et lorsque les “grands” auteurs déçoivent, on passe forcément une semaine un peu étrange. Il va quand même y en avoir pour tous les goûts, avec de la SF, du pétrole, le diable, et même de la comédie décalée.

Defiance-season-1-2013-Syfy-poster_595_slogoDEFIANCE (nouveauté)

Defiance, le show le plus cher de l’histoire de Syfy, proposé en sortie mondiale, adapté d’un jeu vidéo en ligne sorti simultanément, a donc enfin été diffusé. Que penser de ce pilote d’une heure-vingt qui nous raconte les mésaventures d’une petite ville futuriste après que la terre ait accueillie huit races extra-terrestre au terme d’une longue guerre ?

Et bien pas grand chose. S’il faut reconnaître que le budget semble bien encaissé dans des scènes en images de synthèse parfois bluffantes, les postiches censés faire passer des comédiens pour des extra-terrestres sont en revanche beaucoup moins convaincantes. Tout comme l’univers de la série, très bordélique pour l’instant, sans doute idéal pour un jeu en ligne mais inutilement compliqué pour une série.

Le scénario reste donc le principal problème de ce pilote. L’exposition est compliquée et lourdingue, les personnages sont tous déjà-vus, et l’intrigue ne révèle aucune réelle surprise (non, même pas la scène finale qui paraît plus artificielle qu’étonnante). La suite remontera peut-être le niveau mais une chose est déjà sûre : on ne tient pas là le prochain Battlestar Galactica

your-pretty-face-page-headerYOUR PRETTY FACE IS GOING TO HELL (nouveauté)

On aura bien du mal à être convaincu par le pilote de Your Pretty Face is Going To Hell, nouvelle comédie de format court (13 minutes) diffusées sur la pourtant très excellente chaîne Adult Swim. En effet, ces premières mésaventures sur un employé de l’enfer et son stagiaire s’avèrent ridiculement kitch au niveau de la réalisation (mais ça, encore, on est habitué sur ce network) et surtout très peu drôle. Les blagues sur le monde du travail tombent à côté de la plaque, les acteurs ne sont pas terribles et au final on ne rigole absolument jamais. Bref, c’est l’enfer sur terre.

dallas saison 2

DALLAS (saison 2)

Ca me fait toujours aussi étrange d’écrire “Dallas saison 2″ étant donné qu’il ne s’agit pas d’un reboot mais d’une vraie suite à la série originale, mais bon… Après 14 saisons (soit 357 épisodes !) ainsi que deux téléfilms (en 1996 et en 1998), TNT rappelait tout le monde quatorze ans plus tard pour donner une suite au plus célèbre des primetime-soap et (entre autre) inventeur du cliffhanger de fin de saison. Connu surtout pour la médiatisation sans précédent autour de la tentative d’assassinat de J.R. (si vous vous ne vous en souvenez pas, demandez à vos parents !) le show est encore considéré comme une vraie mine d’information sur l’état d’esprit de l’Amérique des années 80 et reste, à ce jour, le plus étudié de part le monde.

Faire une suite était donc un véritable casse-pipe, d’autant plus qu’elle fut confiée à une scénariste presque inconnue au bataillon, Cynthia Cidre, auteur de quelques films, mais qui avait quand même su montrer son talent à parler de familles plus ou moins mafieuses, du moins très liées au monde des affaires, avec la série Cane sur le business du rhum et du sucre de canne. La première chose que fit la showrunner fut justement de mettre à jour le business des Ewing en opposant les progressistes (incarnés par Bobby et Christopher, les “gentils”) qui travaillent sur les nouvelles énergies et les traditionnalistes (J.R. et John Ross, son fils, les méchants ou plutôt les prêts-à-tout pour réussir) qui veulent maintenir l’emprise de la société familiale sur le monde du pétrole. Une belle manière d’actualiser les conflits d’autrefois et de faire entrer de plein pied la série dans les années 2010.

Difficile de passer après une première saison exemplaire. Et marquée par la mort de Lary Hagman, le terrifiant J.R., en plein tournage, cette deuxième saison avait toutes les raisons du monde de s’avérer décevante. Mais Cynthia Cidre et son équipe de scénaristes ont su parfaitement rebondir et trouver une idée de génie pour faire face aux aléas du destin : J.R. est mort, certes, mais il a laissé sa masterpiece se mettre en place. Toute la deuxième partie de la saison (après un épisode hommage sacrément réussi car ni larmoyant ni pathétique) laisse donc le spectateur (et la plupart des personnages) se triturer le cerveau pour savoir quel fut le plan ultime du plus célèbre méchant de l’histoire de la télévision US… mais aussi et surtout l’épisode pose à nouveau l’éternelle question : qui a tué sur J.R. ? (et a, cette fois, réussi à l’abattre !)

On s’en doute un peu rapidement, “the only one who could take down J.R. was J.R.” Toute la question reste de savoir pourquoi et comment. Et c’est ici que se trouve la grande réussite du show. En effet, un bon primetime soap se doit d’avoir des personnages attachants même si leur objectif est négatif (Emily Thorne de Revenge) et surtout doit savoir manier ses rebondissements avec une certaine aisance (l’exemple contraire serait donc Deception qui n’arrive jamais à surprendre.) Cynthia Cidre et son équipe utilisent tous les ressorts à leurs dispositions et n’hésitent devant rien pour prendre le spectateur de cours : ainsi lorsqu’un homme d’affaire crapuleux doit faire exploser une bombe sur la plateforme où se trouvent nos héros, mais que sa fille est parmi eux… il va quand même la faire sauter ! Les personnages cachent tous un double-jeu et des faux-semblants, mais au final aucun ne trahi sa psychologie de base – un “méchant” restera toujours un méchant, un gentil finira toujours par se faire avoir avant de prendre sa revanche.

Véritable chef-d’oeuvre dans son genre, ce Dallas 2012 met clairement tous les autre primetime-soap à l’amende. Certes, on peut parfois avoir l’impression d’être plus dans une maison de retraite que dans une série récente, mais les papis (et les mamies, Sue Ellen en tête, incroyable Linda Gray) font de la résistance et tiennent la route face à la bande de jeunots qui semble à chaque épisode en apprendre beaucoup sur le métier de comédiens grâce à ces vieux briscards. La réalisation reste tout à fait honorable pour ce type de programme, mais c’est bien évidemment la qualité de ses scénarios, le rythme implacable et les (vraies) surprises des rebondissements qui font tout le sel de la série. Et, une fois de plus, Cynthia Cidre montre sa maîtrise dans le cliffhanger de fin, presque impossible à voir venir mais pourtant tellement évident, qui nous fait trépigner d’impatience pour la suite.

Final Score : 8/10

Dallas mériterait amplement un 9 si ce n’était pas un simple primetime-soap, avec les écueils que tout cela comporte (scénarios à tiroir mais peu réalistes, réalisation pas forcément géniale.) Dans son genre, c’est juste la masterpiece, égalée uniquement par celle de J.R., le plan le plus improbable qui soit et sans doute la meilleure idée de cette deuxième saison. Adieu Lary Hagman, mais ne t’inquiète pas, le destin de tes enfants terribles est entre de bonnes mains.

top of the lakeTOP OF THE LAKE (saison 1)

Attendue comme le messie suite à sa diffusion au festival de Sundance puis au festival de Venise (c’était dans les deux cas la première fois qu’une série était présentée), Top of the Lake jouit de l’aura de Jane Campion, auteur affirmée, première femme a avoir obtenu une palme d’or à Cannes pour La Leçon de Piano. Qu’on aime ou pas son style, force est de reconnaître qu’il transparaît dans chaque plan du show, et ce dès le premier épisode. Ambiance étrange, fascinante pour l’histoire de cette jeune flic (Elisabeth Moss, totalement transformée depuis son rôle de secrétaire dans Mad Men) qui enquête sur le cas étrange d’une adolescente de douze ans qui est tombée enceinte. On comprendra plus tard que tout ceci fait écho au trouble passé de l’héroïne qui veut à tout prix retrouver le violeur de la gamine…

Si l’essentiel du show est absolument réussi, avec une construction dramatique intelligente, une mise en scène magnifique et des acteurs franchement exceptionnels, il faut bien avouer que ce genre de programme tient aussi beaucoup à sa conclusion. Et là, c’est un peu la débâcle… Alors que le show cernait avec une précision rare l’horreur quotidienne, restant dans un réalisme crasseux malgré quelques personnages hors-norme, les deux derniers épisodes accumulent les rebondissements excentriques et les révélations capilotractées. Ainsi, les vraies origines de Robin n’ont aucun intérêt et plombent même sérieusement la crédibilité de la série avec ce tour de passe-passe juste là pour gonfler artificiellement la tension dramatique.

Quant à l’ultime rebondissement – c’est à dire ce qui se cache réellement derrière toute cette affaire – il souffre de deux problèmes. Le premier, c’est qu’on le voit venir un peu trop tôt alors qu’on sent que les auteurs cherchent à le ménager comme une énorme surprise. Pas de bol, l’effet est totalement manqué. Le second, c’est que s’il s’agit d’une idée absolument géniale, elle n’est jamais traitée dans toute la série (alors qu’il y aurait vraiment matière à le faire) et qu’elle tombe donc comme un cheveu sur la soupe. Du coup, c’est bien toute la thématique de la série, le sens de son histoire qui en prend un coup sur la figure. De quoi Jane Campion et son co-auteur voulaient-ils vraiment parler ? Avaient-ils vraiment une idée en tête ? Tout ceci a-t-il bien un sens ?

Alors forcément, lorsque le générique de fin démarre, on se dit qu’on a rarement été aussi déçu.

Final Score : 7/10

Envoûtante, incroyablement belle et magistralement interprétée, Top of the Lake  a beaucoup de qualité. Mais le show repose aussi beaucoup sur son enquête et son réalisme – deux éléments jetés aux orties dans les derniers épisodes, nous laissant forcément sur une impression de raté franchement décevante. Quel dommage !

Southland-poster-quad-Season-5SOUTHLAND (saison 5)

Série désespérée d’un cynisme absolu, Southland se veut une plongée ultra-réaliste dans l’univers glauque du sud de Los Angeles, là où les lumières d’Hollywood ne brillent plus et où règnent les gangs, la drogue, et le “petit” crime du quotidien. D’abord diffusée sur NBC, la série sera annulée puis récupérée par TNT où, même avec des moyens sérieusement amoindris, John Wells et Christopher Chulack continuent de faire vivre la création assez originale de Ann Biderman.

Cette cinquième saison fut l’occasion d’aborder l’autre côté du crime, celui commis par les flics, que ce soit pour protéger leurs intérêts, pour (se) faire justice, ou tout simplement parce que, poussés à bout, ils perdent le fil de la réalité et plonge de plein pied dans les obsessions morbides de ceux qu’ils arrêtent tous les jours. Terrifiante de réalisme dans le traitement psychologique sans concession de ses personnages, la série perd malgré tout de sa crédibilité en enchaînant les rebondissements un peu trop énormes et certains coups d’éclat qui sonnent faux.

Dés lors, Southland manque son but car elle ne nous laisse plus croire au réalisme de son traitement (valorisé depuis le début par une réalisation faisant écho à la télé-réalité Cops) mais plonge dans les ressorts parfois artificiels de la dramaturgie. Elle n’est plus un vrai faux-documentaire édifiant sur la police mais une fausse vraie-série qui ne se permet pas tous les écarts autorisés par la fiction.

Il serait pour autant assez glacial de ne pas être touché par les arches narratives de John Cooper, flic homosexuel, droit dans ses bottes, ancien instructeur, qui va brutalement glisser vers une absence d’humanité, ou encore de Ben Sherman (Benjamin McKenzie, qui n’a cessé de s’améliorer depuis ses piètres performances dans The O.C.) dont la passion pour les femmes et la valeur qu’il donne à l’amitié vont mettre à mal ses relations avec la justice. Quant aux deux seuls détectives (c’est à dire les seuls réels enquêteurs) ils viennent apporter un peu de souffle à des épisodes pas toujours très reposant.

Final Score : 7/10

En moins bonne forme que les autres années, Southland déçoit quelque peu cette année par quelques facilités qui l’éloigne de l’ultra-réalisme de ses débuts. Et puis noir, c’est noir, mais c’est surtout il n’y a plus d’espoir et le show se montre parfois un peu épuisant. Il serait malgré tout dommage de passer à côté de cet OVNI télévisuel qui ne doit franchement pas réjouir l’office du tourisme de Los Angeles…

suburgatorySUBURGATORY (saison 2)

Bien plus excitante que la très moyenne The Middle, et bien plus incisive que la très conventionnelle Modern Family (qui, à mon avis, ne fait que véhiculer de vieux poncifs sur les bonnes valeurs d’une grande famille américaine), Suburgatory est assurément la deuxième meilleure sitcom de la soirée comédie du mercredi sur ABC, derrière The Neighbors. Et ce ne sont pas les nouveautés sitcom affligeantes qui ont débarqué ces dernières semaines qui vont lui subtiliser sa place…

Avec ses stéréotypes volontairement assumés, l’histoire de cette adolescente qui vit seule avec son père et déménage de son fier New York pour se retrouver dans la plus artificielle des banlieues avait de quoi décontenancer de prime abord. Les ficelles sont grosses, l’univers est tout sauf réaliste et, encore une fois, les personnages sont plus des artifices que de réelles personnalités. Pourtant, avec son ton sarcastique, sa voix off insolente, ses scénarios malins et son humour indélicat, la première saison avait su nous convaincre sur le long terme. Que vaut donc cette deuxième année à Chatswin ?

Et bien c’était plutôt pas mal. Si les personnages ne quittent pas leurs rôles de simulacres légèrement attardés, ils s’affinent pour laisser entrevoir de vraies problématiques. La série se donne alors enfin les moyens d’aller bien plus loin que ses concurrentes dans la critique d’une Amérique soit ouvertement trop bien pensante, soit ouvertement cynique sur son propre sort, en tous cas incapable de faire la part des choses sur sa propre situation. Ainsi, la relation très ambiguë entre Dalia (incroyable Carly Chaikin, capable de monosylaber sur un ton monocorde tout en faisant passer des émotions qui secouerait le plus insensible d’entre nous – comme dans la dernière scène de l’ultime épisode) et son pseudo beau-père George (le fameux papa qui a déménagé de New York) se révèle être une excellente représentation de la rencontre de ces deux mondes qui n’ont en réalité rien à s’apprendre mais tout à faire pour s’accepter.

On se laisse en définitive facilement embarquer dans l’aventure, suivant avec délice les moults rebondissements d’arches narratives parfois un peu désuètes mais plutôt bien menées, où c’est (encore une fois) l’amour qui dirige chaque fait d’arme car le feuilletonnant se révèle avoir une part très importante dans la série. Suburgatory a donc le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers et de vraiment “gêner” le spectateur qui aurait manqué un épisode – il se précipitera le rattraper au plus vite. Voilà une chose plutôt rare dans le monde des sitcoms, et rien que pour ça, le show mérite toute votre attention.

Final Score : 8/10

Sans conteste l’une des meilleures sitcom du moment, Suburgatory saura convaincre le plus grand monde malgré ses allures de de série familiale. Sous ses stéréotypes évidents et revendiqués le show cache en effet une vraie science de la narration et l’une des plus acerbes critiques de la société américaine actuelle ou – pour une fois – absolument tout le monde en prend pour son grade. Réjouissant.

ben show et nathanTHE BEN SHOW / NATHAN FOR YOU (saisons 1)

Pas vraiment des séries, le nouveau duo de show de Comedy Central vient foutre un sérieux coup de pied dans le réel. En effet, The Ben Show et Nathan For You s’appuient sur une idée toute bête pour faire rire, étonner et s’interroger : dans les différents segments qu’ils présentent, qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui est du pur ressort de la narration comique ?

Dans The Ben Show, Ben Hoffman se lance des minis défis et va rencontrer tout un tas de guests qui doivent l’aider à réaliser son projet. Ainsi, lorsqu’il cherche à organiser une fête, il va contacter une sosie de Whoopy Goldberg, demander à une mannequin de se faire passer pour sa copine, ou encore tout simplement demander des conseils à son père. Le show est entrecoupé de quelques vrais mini-sketchs plus ou moins drôles, qui viennent malgré tout alléger l’ensemble.

Dans Nathan For You, Nathan Fielder va aider de petites entreprises avec des idées totalement saugrenues (un goût “caca” pour faire venir des gens dans une boutique de glaces, une fausse vidéo virale pour un zoo, et même carrément se créer une fausse télé-réalité à la The Bachelor pour s’aider lui-même à dépasser sa peur des filles…) Là encore, tout marche sur la personnalité du présentateur, à la posture étrange et au débit décontenançant, ainsi qu’au fait qu’on se demande constamment si ce sont des vraies personnes qu’il aide ou si tout est bidon.

Si les deux shows ne sont absolument pas indispensables, ils ont le mérite de sacrément secouer les codes de la télé du réel et de remettre le spectateur en question face à ce qu’il croit voir. La télé-réalité avait bien besoin qu’on rigole d’elle de manière intelligente, c’est chose faite.

Final Score : 7/10

Totalement dispensables, The Ben Show et Nathan for You restent deux shows qui secouent le réel et s’avèrent bigrement drôles. A vous de voir !

 

Allez, rendez-vous Dimanche pour une nouvelle semaine chargée de nouveautés en tout genre ! Il y aura même des loups-garous pour remplacer House of Cards ?!

C’est sans doute la nouvelle la plus triste de la semaine : Larry Hagman, immense J.R. dans Dallas, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi.

Je vous renvoie à l’exceptionnel article de IO9 sur le monsieur, une légende, tout simplement.

Alors que l’été nous tombe dessus, implacable avec son lot de soirées qui s’enchaînent, ne perdons pas de vue nos petites séries qui nous accompagnent doucement le soir, à l’heure d’aller se coucher (ou de se faire à manger à l’arrache car on a subitement très faim…) Retour sur une semaine qui voit cinq séries nous quitter, alors que Matthew Perry tente son énième come-back et que les deux comédies les plus drôles du moment font leur grand retour.

La vraie grande bonne nouvelle c’est donc le retour des deux séries jumelles NTFS:SD:SUV et Childrens Hospital, deux perles d’humour décalé comme on en voit malheureusement trop peu sur nos écrans. La première est une parodie de tous les cop-shows du moment (avec quelques attaques incisives mais pleine d’amour sur Battlestar Galactica) et la seconde une vision totalement absurde des medical shows aux rebondissements plus aberrants les uns que les autres. Bref, deux immanquables que vous vous devez absolument de regarder.

On fera par contre l’impasse sur la fin de NYC 22, la série policière produite par Robert de Niro qui est allée droit dans le mur tout simplement parce qu’elle existe déjà sous le nom de Rookie Blue. Better luck next time, bobby.

Et on attaque le débrieff de la semaine avec la fin de la série canadienne qui a fait le plus jaser ces derniers temps : Continuum. Show fantastique plus que de science-fiction sur l’arrivée à notre époque d’une flic du futur, Continuum a cassé la baraque dès la diffusion de son pilote avec des audiences quasiment jamais vues et surtout qui ne se sont pas écrasées par la suite. Pourtant, il faut bien avouer que passé la petite surprise du pilote, il n’y a pas grand chose à sauver. Les intrigues sont plates, les comédiens pas vraiment au top (même la sympathique Rachel Nichols), la réalisation sans imagination, les effets spéciaux à la ramasse et surtout le fil rouge est totalement casse-gueule car il met en scène de méchants terroristes qui se rebellent contre des grandes sociétés – que notre fière héroïne se fera un devoir de protéger. Le climax censé nous faire nous ronger les ongles en attendant la saison deux est couru d’avance et on regretterait presque que les auteurs ne se soient pas motivé à caler une balle dans la tête du personnage principal.

Final Score : 2/5

On aurait voulu y croire, on aurait voulu qu’une petite série sans gros budget casse la baraque à la fois en terme d’audience et de qualité. Malheureusement, Continuum est une abysse totale, un creux dans du vide, bref une assez grosse catastrophe.

Avec Dallas - la suite des aventures de l’ancienne série (et non pas un quelconque remake ou reboot) – TNT a prouvé que c’est encore dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures… ou pour le coup les meilleurs primetime soap. Grosse claque à toutes ses concurrentes, cette suite est une vraie perle scénaristique dans son genre, avec des personnages tous plus retors les uns que les autres, des retournements de situations improbables mais jouissifs, et une science incroyable de la mise en scène qui souligne chaque situation (c’est-à-dire qu’on est très loin de la finesse d’un Mad Men par exemple.) Cette première saison se permet d’enchaîner les coups de théâtre pour son climax, avec le tout dernier qui est juste proprement génial.

Final Score : 4/5 (dans son genre !)

Les papis se rebellent et prouvent qu’on peut faire de bonnes séries avec des acteurs ayant largement dépassé la soixantaine. La guerre entre JR et Bobby n’a jamais été aussi drôle, méchante et cynique que maintenant. Dans son genre – et c’est vrai qu’il faut pouvoir aimer ces intrigues à tiroir qui sont tout sauf réalistes – Dallas casse la baraque et s’impose comme le meilleur primetime soap depuis très longtemps. Vive les sourcils de Larry Hagman !

Basée sur le concept sur-déjà-vu du buddy movie avec deux flics que tout opposent mais qui vont devoir se supporter pour mener leurs enquêtes, Common Law ne fait pas vraiment dans l’originalité. Même le fait que les deux héros doivent suivre une thérapie de couple ne viendra jamais nous enlever cette impression de resucée qui plane sur la série. Heureusement pour le show, les deux acteurs principaux (Michael Ealy, vu dans la génialissime Sleeper Cell, et Warren Kole) s’en donnent à coeur joie pour secouer un peu des scénarios souvent mou du genou. Et comme souvent, le dernier épisode, censé nous révéler les choses affreuses qui se sont passés entre les deux compères pour qu’ils en viennent à se détester, est franchement décevant.

Final Score : 2.5/5

Tout juste la moyenne pour ce Common Law à garder pour les dimanches pluvieux quand vous n’avez vraiment plus rien à vous mettre sous la dent. Ou alors pour les aspirants acteurs vu la qualité d’interprétation des deux personnages principaux. Mais c’est tout…

Enfin, la dernière série à nous quitter, ComedyBang Bang, est un peu spéciale puisqu’il s’agit d’un mélange assez curieux entre un show et une vraie série. C’est donc un vrai show, avec deux animateurs et des invités (tous plus classes les uns que les autres) mais où tout est écrit à l’avance et qui part régulièrement en grand n’importe quoi. Dans le dernier épisode, par exemple, on apprend que tout est filmé sur fond vert et que les invités ne sont pas les vrais mais d’autres acteurs qui les incarnent dans des tenues vertes totalement fermées. Oui, je sais, c’est n’importe quoi. Et encore, c’est rien à côté de ce qui se passe dans les trois dernières minutes, avec une intervention musicale de Tenacious D (le groupe de Jack Black et Kyle Gass).

Final Score : 4.5/5

Nuff said, c’est juste absolument génial. Ma seule recommandation, c’est de ne pas le regarder quand vous voulez dormir parce que ça va vous donner un peu trop la pêche !

On en vient donc à la nouveauté de la semaine, Go On ou l’énième comeback raté de Matthew Perry. C’est donc une sitcom quatre murs sur un commentateur sportif de radio qui est obligé d’aller dans un groupe de thérapie suite à la mort de sa femme. Avec ses personnages barrés et ses situations improbables, la série lorgne clairement du côté de Community sans jamais en atteindre la once de qualité. Le pilote est fastidieux, mou du genou, la résolution est dégoulinante de bons sentiments et on sort de là avec l’impression que décidément Matthew ne va toujours pas trouver chaussure à son pied. Il serait d’ailleurs bien curieux que le show survive à cette première saison diffusée au bout de l’été et face à des programmes d’une toute autre envergure.

Allez, rendez vous la semaine prochaine avec pas mal de nouveautés et le retour du plus célèbre train du far west !

Pour le coup, cette quarantième semaine de la saison 2011/2012 marque vraiment l’entrée dans les programmes estivaux. On dit donc encore au-revoir à quelques séries, mais on en accueille de nouvelles, on en retrouve d’autres, et on vit même l’incroyable résurrection d’un univers impitoyable. Une bien belle semaine en perspective !

Du côté des news rapidos, on sait que cette semaine va faire de la peine à beaucoup d’entre vous puisqu’elle signe la fin de la cinquième saison de Mad Men. Pas vu, pas pris, j’essaierai peut-être de la rattraper au cours de l’été vu les louanges que tout mon entourage ne cesse d’allouer à la série. Du côté de chez HBO on en profite pour ressortir le gros canon qu’est Alan Ball avec la cinquième saison de True Blood dont tout le monde espère qu’elle sera bien meilleure que la précédente, apparemment catastrophique. Je me suis remis à cette série qui ne m’avait jamais vraiment enthousiasmé et je dois avouer… que je n’ai pas encore vraiment changé d’avis. La fin de la première saison est franchement mauvaise, le début de la deuxième peu convaincant. On verra bien. ABC Family nous propose de retrouver les ados de The Secret Life of the American Teenager pour une cinquième saison (décidément), alors que la quatrième s’est achevée… la semaine dernière ! Merci pour l’offre, mais franchement on s’en passera… Pour retrouver le sourire on se tournera donc chez USA avec la sixième saison de Burn Notice, série d’espionnage apparemment bas de plafond mais en réalité absolument jouissive, ainsi que la très remarquable Suits, legal show intelligent et original… et fier de l’être.

On ouvre les adieux avec la fin de la première fournée d’épisodes de Veep, dont HBO a d’ores-et-déjà commandé une deuxième saison. Comédie satyrique sur le monde de la politique, filmé selon les codes du cinéma-vérité, Veep conte les mésaventures de Sélina Meyer, la vice présidente des Etats-Unis. Pour vous la faire courte, la série est dirigée par Armando Lanucci qui a déjà produit le même genre de programme en Angleterre, avec énormément de succès. Du coup, j’avais bien envie de voir pourquoi le sieur était autant encensé… mais pour tout vous dire, je ne comprends pas. Je ne comprends pas la série, je ne comprends pas les personnages, je ne comprends pas si tout ceci est comique ou désespérant (la série flirte en permanence entre un mode comédie et un mode sérieux). J’ai essayé, j’ai tout regardé, mais même à la fin du huitième épisode je me suis encore senti totalement en dehors du show. Comme s’il était réservé à une sorte d’élite de la satyre politique qui aurait oublié de nous inviter dans leur monde. Dommage, il y a là un énorme potentiel, et des comédiens (Julia Louis-Freyfus en tête) absolument fabuleux.

Final Score : 2/5

En nous laissant à la porte, en ne nous emmenant pas avec ses personnages, Veep manque totalement le coche malgré de nombreuses qualités. On reste devant le show comme deux ronds de flanc, à ne pas comprendre ce qu’on nous a raconté. Dommage – mais peut-être que c’est juste le genre de série auquel je n’accroche pas !

Elle nous a aussi dit au-revoir (et attend encore de savoir si elle reviendra nous voir l’année prochaine), c’est la sympathique Sarah Shahi, aka Kate Reed de Fairly Legal. Pour sa deuxième saison, la série ne change pas une formule gagnante, à savoir du legal show (quasiment) sans avocat en passant par le prisme d’une médiateur qui essaie d’arranger les choses pour que tout le monde soit content. Si les intrigues bouclées dans chaque épisode sont l’occasion de nombreux moments de bravoure et de sympathiques piques de comédie, c’est bien le feuilletonnant, qui développe d’avantage des personnages autrefois un peu artificiels, qui fait toute la saveur du show. En refusant de traiter avec facilité la tumultueuse vie amoureuse de l’héroïne qui a bien du mal à savoir ce qu’elle veut, la série trouve un souffle romantique de qualité, quelque chose qu’on n’avait pas vu depuis un sacré moment. Dommage, cependant, que le personnage de Léo (pourtant le plus réussi) passe quelque peu à la trappe, et que la réalisation peine encore à se trouver une identité.

Final Score : 3.5/5

Sans doute l’un des legal shows les plus sympathiques du moment, Fairly Legal brille par sa simplicité d’exécution, sa finesse dans le traitement des histoires d’amour et le dynamisme de son actrice principale. Reste un show qui ne changera pas la face de la terre et qui s’assume en tant que sympathique petit divertissement.

Dernier départ de la semaine, le dessin animé qui va réveiller l’enfant qui est en vous (enfin si vous êtes né au début des années 80), la version 2011 des Thundercats (ou les Cosmocats chez nous). L’occasion trop belle de retrouver Lion-O (Starlion), Snarf, Tygra, Panthro, Cheetara (Felibelle) dans leur lutte contre le terrible Mumm-Ra, sorte de momie bien dégueulasse qui a du en faire cauchemarder plus d’un !  On sent les créateurs très inspiré par le modèle japonais, et ils n’hésitent pas à créer une grande aventure feuilletonnante sur 25 épisodes qui se conclue de façon magistrale avec une ultime pirouette qu’on aurait bien eu du mal à voir venir. Convaincant dans le fond comme dans la forme (l’animation est tout à fait à la hauteur), ce reboot de la franchise ravira forcément les grands enfants, les ados, et tous ceux qui ont encore l’âme à crier THUNDER-OOO !!!

Final Score : 4.5/5

C’est franchement une belle réussite que nous propose Cartoon Network avec ce reboot des Thundercats. Et peu importe que tout cela serve un plan mercantile pour vendre des jouets, la série est faite avec un amour certain et une volonté affichée de ne pas décevoir le public. En tout cas, moi, je suis conquis.

Chez ABC Family aussi on sort les gros canons pour fidéliser son public d’été. Avec Amy Sherman-Palladino (la créatrice de Gilmore Girls, série pour ado ayant marquée la critique américaine) aux manettes, Bunheads s’offre un déluge de bons commentaires de la part de la presse spécialisée… américaine. Car il faut bien avouer que, si on reconnait la qualité des dialogues et un ton assez surprenant, l’histoire de cette ancienne ballerine, reconvertie en showgirl à Las Vegas, qui plaque tout pour épouser un homme (qu’elle n’aime pas) et se retrouver dans une petite ville où elle va apprendre le ballet à des jeunes filles avec sa belle-mère, cette histoire donc n’est pas franchement fascinante et risque de déboucher rapidement sur des situations vue mille fois et un feuilletonnant des plus ridicules. Et puis il ne faut pas oublier cette réalisation désuète (on sent qu’on est chez ABC Family et que les moyens sont très restreints) et ces comédiens peu convaincants, qui en font des caisses pour montrer l’ampleur de leur registre d’émotions. Bref, malgré quelques répliques bien senties et, il est vrai, une manière d’aborder les relations sentimentales plutôt juste, honnête et originale, Bunheads ressemble à un radeau perdu en pleine mer qui ne sait définitivement pas où aller pour s’en sortir.

Chez Disney XD, la version plus âgée de Disney Channel, on nous propose une sympathique petite nouveauté avec Gravity Falls, dessin animé ultra dynamique sur deux gamins envoyés chez leur oncle étrange par leurs parents. Ils se retrouvent donc dans la fameuse ville de Gravity Falls où le garçon ne tarde pas à découvrir un vieux journal lui révélant que la région est envahie de créatures étranges, tandis que sa soeur cherche désespérément l’amour dans les bras de tous les garçons qui passent à ses côtés ! Très drôle, très pêchu et doté d’un mini feuilletonnant dont on attend de voir où il va nous mener après ce pilote, ce dessin animé au look très marqué (comme toutes les créations originales de la chaîne) s’avère pour l’instant une vraie petite réussite, un pur petit moment de bonheur absolument hilarant !

C’est du côté de l’Angleterre et de la chaîne BBC 3 que nous vient le programme le plus décalé de la semaine avec Dead Boss, sitcom limite cartoon dans laquelle une femme se retrouve en prison, accusée du meurtre de son patron, crime qu’elle n’a bien entendu pas commis. Au delà de l’enquête pour trouver le réel coupable, qui ne semble pas plus que ça intéresser les auteurs, c’est bien la galerie de personnages loufoques mis en scène qui est le point fort de ce show déjanté dans lequel les situations improbables ne cessent de se succéder. On pourrait craindre que la série ne tombe dans un absurde lassant, mais au terme de ses deux premiers épisodes elle réussit à poser les bases d’un univers malgré tout cohérent et irrésistiblement drôle. Très, très, très anglais mais ceux qui apprécient ce genre d’humour devrait instantanément tomber sous le charme (d’autant plus que c’est l’occasion de retrouver l’incroyable Jennifer Saunders en directrice de prison absolument impayable)…

On terminera sur la série qui a fait le plus couler d’encre, cette semaine, aux Etats-Unis comme en France : je parle bien entendu du retour de Dallas, car ce n’est ni un reboot, ni un remake, mais bel et bien une suite vingt-et-un an plus tard (si on fait abstraction des deux téléfilms de la fin des années 90.) Avec plus de six millions de spectateurs au compteur, le show est une réussite en terme d’audience, mais tout cela est-il bien justifié ? Et bien la réponse est un OUI franc et massif tant les deux épisodes qui ont été diffusés m’ont enchanté. Cynthia Cidre, nouvelle show-runner du programme, connait clairement toutes les ficelles du prime-time soap et sait ménager des retournements de situations et des surprises qui, même lorsqu’ils ne sont pas crédibles, sont tellement jouissifs qu’on les accepte quand même. Et puis Dallas 2012, c’est aussi la revanche des vieux, c’est le troisième âge qui fait de la résistance et prouve qu’on peut s’intéresser à des papis croulants quand ils ont la gueule de Larry Hagman (incroyable JR), de Patrick Duffy (fatigué, mais heureux de retrouver la bonne conscience de Bobby) ou encore de Linda Grey sorte de version plastifiée de Sue Ellen. C’est fun, drôle, plutôt bien réalisé, ça ne se prend pas au sérieux, bref c’est ce qu’on peut faire de mieux en prime-time soap. Après, si vous n’aimez pas le genre…

C’est tout – et c’est déjà pas mal ! – pour cette semaine, on se retrouve lundi prochain pour, entre autre, résoudre le mystère de la mort de Rosie Larson !

Ca y est, l’été est présent et le programme télé US se calme un peu avec les fins de saison… ou les fins de série tout court. Et on se réjouit de voir de nouveaux programmes arriver sur les écrans. Enfin, on se réjouit, ça dépend des fois…

Autant vous l’avouez tout de suite, non je ne dirai rien sur le finale de Game of Thrones et on ne s’étendra pas sur la série qui, de toutes façons, n’a pas besoin de mon avis pour s’attirer les faveurs du public. Je ne vais pas revenir non plus sur la fin des pitoyables Hot in Cleveland (mais comment diable cette sitcom dépassée peut plaire aux critiques américains ?) et Happily Divorced, tout comme il sera de bon temps de s’abstenir de critiquer la quatrième saison de l’effrayante The Secret Life of the American Teenager… qui en plus enchaîne directe sur sa cinquième saison dés la semaine prochaine.

Pretty Little Liars : notez le A en lettre de sang qui fait très très peur...

Je vais juste rapidement vous prévenir du retour de Pretty Little Liars, avec une reprise ma fois assez réussie et qui – on s’en doutait – complexifie à outrance la fameuse question centrale de la série, à savoir qui se cache sous le pseudonyme de A et s’amuse à effrayer ainsi nos petites héroïnes ? La solution donnée à la fin de la saison précédente est donc sacrément remise en question… Reprise aussi de Jane By Design, série très bof bof sur l’enfer de la mode ou comment une jeune lycéenne se fait embaucher par une terrible styliste qui la prend pour une adulte. Mou du genou et très consensuel, c’est un show pour les après-midi où il fait trop chaud, afin de s’endormir tranquillement après un saut dans la piscine (si vous pouvez faire ça, vous êtes vraiment des veinards.) On saluera le retour très réussi de Breckin Meyer et Mark-Paul Gosselaar (Zack de Sauvé par le gong, combien de fois faudra-t-il vous le redire ?!) dans Franklin & Bash qui reste le legal show le plus drôle du moment pour l’instant. Enfin, le concept de concierge medicine (fallait le trouver celui-là) continue son bout de chemin dans la quatrième saison de la très oubliable Royal Pains ou les aventures mirobolantes d’un médecin qui n’a rien à envier à McGyver. Par contre, on n’oubliera pas de jeter un oeil au retour de l’intrigante Necessary Roughness, série très inégale (comprendre parfois géniale et parfois totalement soporifique) sur une thérapeute qui pratique l’amour vache.

Forte d’une très bonne première saison en terme d’audience, mais aussi de critiques finalement enthousiastes (alors que le tout premier pilote avait été jugé comme le pire pilote présenté cette année là !), Teen Wolf revient en grande pompe sur MTV, s’offrant deux épisodes pour bien nous lancer dans l’action, mais aussi un nouveau générique… absolument magnifique. Une reprise fort sympathique qui creuse un peu plus les différences avec la grande soeur spirituelle qu’est The Vampire Diaries pour se concentrer sur un mode plus sombre, plus réaliste (oui, même avec des loup-garous !) et qui délaisse au maximum les intrigues romantiques. Bref, ça sent l’ado qui a les poils qui poussent et qui veut pisser partout pour marquer son territoire, et ça traite ce sujet de manière plutôt sympathique. Un indispensable de l’été à mon avis, surtout au vu de ce qui est diffusé à côté.

Aïe, attention ça fait mal et ça pique longtemps. J’attendais Longmire pour le retour sur nos écrans de Katee Sackhoff, inoubliable Starbuck de Battlestar Galactica, et certainement pas pour la série de romans policiers dont le show est inspiré. Et d’ailleurs l’inspiration, c’est bien ça le problème, tant Longmire ressemble à énormément de série policière sans aucune originalité. Cette fois, le cadre et l’attitude très western sont censés faire la différence, mais au final cela à revient à avoir un personnage de flic droit dans ses bottes aidé par son ami indien et sa jeune flicette bagarreuse - et oui, c’est presque le trio de Walker Texas Ranger ! Bon, je suis méchant, mais il faut avouer que le côté western est déjà joué – et avec un talent absolument imparable – dans Justified ; quant à Sackhoff, elle rigole comme une bêtasse et se montre particulièrement peu investie par ce rôle au demeurant déplorable. Enfin, la palme revient à Robert Taylor qui, dans le rôle titre, en fait carrément trop pour être crédible. Bref, c’était un pilote long, chiant, et tellement banal qu’on se demande bien comment la suite pourrait relever la pente. Ah, c’est dans ces moments là que Starbuck nous manque le plus !

Je ne suis pas un fin connaisseur de l’univers de Tron, du coup je me suis renseigné mais j’espère quand même que je ne vais pas trop dire de conneries. Apparemment, Tron : Uprising, cette version animée, qui vient de démarrer sa diffusion sur Disney XD (la version bad-ass de Disney Channel !) se déroule entre les deux films histoire de situer à peu près temporellement le schmilblick. C’est donc l’histoire de Beck, mais pas le groupe de musique, il s’agit ici d’un programme jeune et plein de vie, mécanicien, qui va peu à peu s’opposer au régime totalitaire que met en place le méchant Clu et qui va devenir le prochain Tron, c’est-à-dire la personna de la résistance. Ça a l’air compliqué comme ça, mais en réalité c’est très simple et suffisamment bien écrit dans les deux premiers épisodes pour qu’on puisse vite accrocher à cet univers sympathique et à ces personnages fortement charismatiques. Il faut dire que la série a une patte graphique vraiment très particulière qui souffre seulement du “syndrome du vide”, à savoir un net problème de foule lorsqu’il est censé y avoir du monde dans les parages. La musique est assurée par l’arrangeur des Daft Punk et on retrouve tout à fait l’esprit de la BO du film récent – pour ma part, j’ai bien cru au début que c’était les Daft Punk eux-mêmes qui étaient aux manettes. Au niveau des voix, on retrouve tout de même Elijah Wood, Mandy Moore, Emanuelle Chiriqui, le magistral Lance Henriksen (mais si, le protagoniste de la série Millenium de Chris Carter) et l’excellente Tricia Helfer (forever number six), bref du beau monde qui se prend totalement au jeu. C’est donc tout à fait réjouissant et on verra sur le long terme si c’est absolument génial…

Mon histoire avec Saving Hope est un peu particulière. La première fois que j’ai regardé le pilote, je rentrai d’une soirée plutôt très arrosé, un appétit de T-Rex dans mon ventre et le cerveau aussi fonctionnel  qu’une tablette tactile pour écrire un roman (allez-y, essayez…) Je me souviens que j’étais incapable de comprendre qui était l’héroïne, que je confondais quasiment tous les médecins et que je me demandais pourquoi la série se focalisait autant sur ce pauvre mec en costard et noeud papillon qui semble attendre désespérément qu’il se passe quelque chose. Et pour tout avouer, je n’avais même pas reconnu la sémillante Erica Durance, la Lois Lane transfuge de Smallville. Du coup, deux jours après, je m’y attelle à nouveau pour découvrir un show particulièrement propre… et particulièrement peu imaginatif. Saving Hope, puisque maintenant je peux le raconter, c’est donc l’histoire d’un couple de chirurgiens qui est sur le point de se marier mais qui ont un accident de voiture. Du coup, le monsieur devient un fantôme dans l’hôpital où celle qui aurait dû être sa femme continue d’officier. Enfin, un fantôme… plus ou moins vu qu’il est “seulement” dans le coma mais qu’il n’est pas encore mort. Alors oui, comme ça, ça peut paraître un poil original (mais ça a déjà été fait cette année, à l’envers, dans la pas très reluisante A Gifted Man), mais en réalité on fait face à un medical show de plus, avec des personnages bien creusés, une bonne ambiance visuelle, des intrigues secondaires poignantes (et bien morales), en clair quelque chose de déjà vu cent fois mais qui est fait dans les règles de l’art. Pas chiant, pas débile, pas condescendant, et pas original pour deux sous. La suite me fera peut-être changer d’avis, en attendant je crois que j’ai trouvé le show parfait à regarder quand tu fais du vélo elliptique.

Pour terminer, un petit mot rapide sur The Runaway, série anglaise enfin diffusée aux US sur la chaîne Ovation, un tout petit network qui “essaie” de faire dans la qualité. The Runaway date de 2011, est basé sur un roman de Martina Cole et apparemment cette mini-série de six épisodes, qui conte une romance maudite entre deux petits londoniens dans les années 60 et 70, serait une vraie bonne surprise. Qui sait, au vu du peu de programmes suffisamment intéressants diffusé cet été, il est possible que j’y jette un oeil et que je vous en parle un peu plus longuement une prochaine fois !

Allez, à la semaine prochaine avec… oh mon dieu, mais oui c’est eux, Bobby Ewing et J.R. ! Dallas, le comeback du siècle ? (de la décennie ? de cette année ? de cet été ?) Réponse dans une petite semaine !