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Au royaume de la série américaine, il y a des pans entiers de programmes oubliés. Passés tel des étoiles filantes, ils ne nous poussent qu’à faire le voeu qu’ils ne reviendront pas. Bon, non, ok, on force le trait car dans les huit séries qu’on a testé pour vous, il y a quand même quelques perles.

La bonne nouvelle, parce que y a quand même eu des bonnes nouvelles, c’est que Netflix nous a tout balancé la saison 2 de House of Cards (enfin, pas pour nous les français, mais bon) et que 2% des utilisateurs du service de vidéo à la demande aurait déjà fini de regarder les treize épisodes. On revient dessus très bientôt, mais nous on est plutôt convaincu. A noter aussi le retour de l’excellente Line of Duty, série anglaise qui avait fait un véritable carton l’année dernière, et qui nous a offert un premier épisode franchement jouissif. Une sorte de The Killing version police des polices foutrement bien écrite et au sens du rythme parfaitement maîtrisé…

HOSTAGESHOSTAGES (saison 1 – série terminée)

Série au passé bizarre, adaptation d’un programme israélien qui ne sera diffusé qu’après la version américaine, Hostages raconte la douloureuse mésaventure d’une famille prise en otage par des mecs très bizarres qui veulent que la maman tue le président des Etats-Unis. La maman en question, une Toni Collette mortifère à qui on aimerait bien pouvoir donner à manger, est en effet la chirurgienne qui doit s’occuper de l’homme le plus important du monde libre (ah ah ah.) Et croyez le zou non, mais il y a un twist car le chef des preneurs d’otage, le séduisant mais définitivement perdu Dylan McDermott, est en réalité un agent du FBI. Ah ouais, ça vous la coupe.

Feuilleton sans grand intérêt aux rebondissements patauds et excessifs, Hostages se veut une réflexion cinglante sur la cellule familiale, dans laquelle on devrait se sentir en sécurité mais qui est boursouflée de secrets. Le discours est asséné au kilo (papa trompe maman, la grande soeur est enceinte, le fiston vend de la drogue) et manque clairement de finesse pour toucher le spectateur. Bon, ok, on n’aurait pas du en attendre plus d’une production Bruckheimer pour CBS, mais reconnaissons lui au moins le mérite d’avoir pour un temps abandonné le formula à la papa (les CSI et cie) pour tenter le feuilletonnant. Vu la claque qu’il s’est ramassé en terme d’audimat, je doute quand même qu’il remette ça l’année prochaine.

Final Score : 5/10

Spoils of BabylonSPOILS OF BABYLON (saison 1 – série terminée)

C’est peu dire qu’on attendait beaucoup de The Spoils of Babylon depuis la découverte de son incroyable trailer (voir plus bas.) Forte d’un casting phénoménal et d’une pléthore d’auteurs géniaux, cette vraie fausse saga imaginée en tant qu’hommage à cinquante ans de cinéma américain devait casser la baraque. La vérité, c’est que la quasi intégralité des blagues sont contenues dans cette bande annonce et que le show, au final plutôt prétentieux, se perd dans des circonvolutions purement esthétiques qui ne feront sourire que les plus calés d’entre nous en septième art. Ca aurait pu être un délirant joujou inventé par une bande d’étudiants en histoire du cinéma, c’est au final une blague d’initiés, une immense private joke, mais certainement pas la comédie géniale et intelligente qu’on attendait.

Final Score : 5/10

DraculaDRACULA (saison 1 – en hiatus)

On aurait bien aimé vous dire que Dracula c’est absolument génial. Déjà parce que c’est l’occasion de retrouver Jonathan Rhys Meyer, et qu’il s’éclate dans le rôle du conte aux dents acérés. Mais aussi parce que le showrunner n’est nul autre que Daniel Knauf, le créateur de la regrettée Carnivale. Sauf que le résultat est loin, très loin, d’être à la hauteur. Passons sur la réalisation poussiéreuse et les effets spéciaux ultra cheap, passons sur l’interprétation scandaleusement outrancière de Jonathan et sur les seconds rôles pas franchement à l’aise, le problème reste que les auteurs ont plus voulu reprendre Le Conte de Monte-Cristo que de s’attaquer à la légende du prince des vampires. Ce micmac donne au final une intrigue de vengeance ultra complexe et mal fichue, mélangée à un univers fantastique mal dégrossi, mal présenté et régulièrement incohérent. Il y a quelques idées absolument géniales (comme la lutte pour le contrôle de l’énergie et de l’électricité dans l’Angleterre du XIXème) et il faut bien avouer que la démesure du projet a quelque chose de fascinant, mais le tout laisse le spectateur sur le carreau. Un peu comme un vampire nous aurait hypnotisé pour nous forcer à regarder ce machin mais qu’au final on n’y comprenait strictement rien. Dommage.

Final Score : 6/10

RavenswoodRAVENSWOOD (saison 1 – série annulée)

C’était le plaisir coupable de la saison, mais elle a malheureusement déjà été annulée : Ravenswood, spin-off de la déjà très excessive Pretty Little Liars, est une série fantastique foutrement incompréhensible sur cinq gamins voués à mourir à cause d’une malédiction posée sur un village pour ne pas avoir à perdre ses habitants dans la guerre (enfin je crois.) Sauf que dès le début, y en a une qui meurt et revient en fantôme, et qu’elle est la réincarnation de la première gamine à avoir été sacrifiée – et son amoureux de l’époque était Caleb, le personnage transfuge de PLL, et qui a l’air de ne jamais comprendre dans quoi il a foutu les pieds. Catastrophe scénaristique assumée jusqu’au bout, Ravenswood peut se targuer de nous avoir servi le casting le plus inadéquat vu à ce jour et vraisemblablement le plus démuni de talent. C’est une spirale infernale fascinante… mais pas trop quand même, vu qu’on s’en lasse vite.

Final Score : 0/10 pour tout le monde, 6/10 sur les fans de PLL qui veulent voir comment les auteurs ont charcuté ce pauvre Caleb.

Sleepy-Hollow-Season-1-Poster-4SLEEPY HOLLOW (saison 1 – série renouvelée)

Chérie, ils ont refait X-Files, mais avec les cavaliers de l’apocalypse, des démons venus de l’enfer, et un ancien soldat de la guerre d’indépendance qui se réveille à notre époque. Ah oui, et le cavalier sans tête, parce qu’il fallait bien justifier le titre de cette série fantastique made in Fox, conçue pour remplacer Fringe par des auteurs de Fringe (mais sans JJ, trop occupé à aller fricoter avec le monde du cinéma.) Si les scénarios sont quelque peu attendus et les comédiens pas inoubliables, si la réalisation fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a et que l’ambiance gagnerait à être plus prégnante (mais elle s’améliore au fil de la saison), il faut bien reconnaître que le résultat est ni plus ni moins que ce que l’on attendait. On pardonne donc aisément les grosses ficelles (oh tient, il y a un réseau de tunnel qui parcourt la ville et dans lequel on va pouvoir trouver la solution aux trois quarts des mystères rencontrés…) et on prend avec le sourire les nombreux clins d’œils à d’autres séries ou films du genre.  Kurtzman et Orci, les showrunners, ont de plus une vraie science du dialogue et de l’utilisation d’un duo de héros, ce qui rend l’affaire bigrement dynamique et sympathique. Bref, on est loin de la série de l’année, mais voilà un show suffisamment fun pour occuper vos vendredi soirs de perdition.

Final Score : 7/10

 betrayalBETRAYAL (saison 1 – série annulée)

C’est ma série mal aimée de l’année. Soap chargé de la lourde tache d’accompagner Revenge, Betrayal nous plonge dans les affres de la trahison, de la tromperie et du mensonge. Une jeune photographe, mère de famille heureuse et mariée à un procureur de génie, tombe amoureuse d’un avocat aux contacts douteux, marié et père de famille heureux. Ils se repoussent, ne veulent pas céder à la tentation mais finissent par le faire (bah oui parce que sinon y a pas de série.) Et là, badaboum, y a un meurtre et tout se complique : le procureur et l’avocat chargé de l’affaire, ben c’est les deux mecs… Plombée par une intrigue policière foutraque et mal maîtrisée, Betrayal touche par contre plutôt juste quand elle s’intéresse à la déliquescence d’un couple, à l’attraction fatale entre deux êtres, aux promesses impossibles à tenir. Mal foutue dans son ensemble, le show est capable de quelques trouvailles et de scènes vraiment touchantes (il y a d’ailleurs toute une métaphore visuelle sur les trains et les gares assez géniale.) Une fois arrivé au bout, difficile de bouder son plaisir et de se moquer d’une série qui ne manque pourtant pas de points faibles. La vérité, c’est que Betrayal a suffisamment de moments de grâce pour rester dans votre cœur. Mais jamais, au grand jamais, vous n’en parlerez à vos amis. Et encore moins sur un blog…

Final Score : 7/10

american horror story covenAMERICAN HORROR STORY : COVEN (saison 3 – série renouvelée.) 

On ne va pas faire durer le suspense : oui, cette troisième itération de American Horror Story est bien la meilleure. On craignait le pire avec cette histoire de sorcières adolescentes dont la présentation est quelque peu archétypale ; mais en réalité le show offre les personnages féminins les plus intrigants, fouillés, et crédibles qu’on ait vu depuis fort longtemps. Servi de main de maître par des réalisateurs qui s’éclatent avec ce joujou où tout est permis (et même sérieusement recommandé), le casting atteint des sommets avec notamment une Jessica Lange qui mériterait amplement de recevoir tous les prix de la terre. Et si le scénario se perd une nouvelle fois dans des détours qui ne seront jamais expliqués, peu importe : c’est la marque de fabrique de la série. Le dernier épisode recadre la thématique de la saison et démontre que la trame générale a été pensée avec tout un discours en tête. Alors si vous n’avez pas peur de voir des jeunes filles s’enterrer, se démembrer, se recoudre, se faire manger des trucs dégueulasse et surtout, surtout, lutter pour le pouvoir, jetez vous sur Coven et sa bande son impossible à oublier.

Final Score : 8/10

eagleheart - paradise risingEAGLEHEART (saison 3 – série en hiatus mais probablement terminée)

Le problème avec Eagleheart, c’est qu’on se demande toujours à qui le recommander. Parodie explosive de Walker Texas Ranger, ce show absurde et décalé ne fait pas dans la dentelle. Avec cette troisième saison conçue comme une saga de conclusion (et surnommée Paradise Rising), la série atteint des sommets de comédie absolument jouissifs… mais qui ne feront certainement pas rire tout le monde. Pour ma part, c’est l’un de mes shows préférés, et comme une bonne vidéo vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse avec le trailer.

Final Score : 9/10

 

Et à la demande générale d’une personne qui se reconnaîtra, on vous informe que le 24 février c’est le retour de notre soap préféré, le merveilleux Dallas, pour sa troisième saison version XXIème siècle. On vous laisse avec le trailer et on se donne rendez-vous dans quelques jours…

Les choses se calment enfin un peu sur les écrans US et on ne compte cette semaine, en terme de séries, que deux nouveautés, trois retours et deux départs. Et la question qui nous brûle les lèvres est qui, de Aaron Sorkin ou de Charlie Sheen a réussi le mieux son comeback ?

Mais d’abord, quelques news ! Alors qu’en France certains pleurent l’annonce de l’arrêt de Bref à la fin de la première saison (ce qui a donné lieu à ce commentaire twitter : Bref n’aura duré qu’un Bref moment…), aux Etats-Unis, les femmes de militaires reprennent du service avec la suite de la sixième saison d’Army Wives. Un programme dont on se serait facilement passé… quoi que, en cas de manque d’infos à faire partager, je pourrais toujours puiser dedans pour vous trouver quelques screenshot bien rigolos.

Et d’ailleurs, ouf, en parlant de comédie, on pourra noter le retour du très inégal Louie, dont les sortes de sketchs n’arrivent pas toujours à me faire décrocher un sourire, mais dont les passages “stand-up” s’avèrent nettement plus convaincants. Oui, je sais que je vais me faire conspuer par les connaisseurs en disant ça, mais que voulez-vous, je ne suis pas plus que ça attendri par les déboires d’un comique new-yorkais.

Sans doute parce qu’au fond moi, je reste un éternel ado : ceci expliquerait du moins ma fascination pour les séries de MTV dont la qualité, il me semble, ne fait que s’améliorer. Ainsi, j’ai un véritable coup de coeur pour la reprise de Awkward, comédie noire sur les affres de l’adolescence, menée de main de maître par Lauren Lungerish qui n’a pourtant pas fait grand chose d’autre. Un seul conseil, jetez un oeil à la première saison, absolument sublime !

Et ben voilà, à cause de vous, Eagleheart c’est fini. Comme indiqué ici, la série devait obtenir plus de “like” sur facebook que sa concurrente Franklin & Bash avant la fin de la saison 2 pour espérer revenir. C’est donc mort. Argh ! Trêve de plaisanterie, la série produite par Conan O’ Brien tire bien sa révérence pour cette deuxième saison mais on ignore encore si les grands délires cartoonesques seront de retour l’année prochaine. Vu le succès critique et public, on croise les doigts pour revoir le marshal Chris Monsanto arrêter des trafiquants en drogue (oui en, car ils sont fait en coke), des hippies qui font l’amour avec des arbres, ou encore un animateur d’émission pour enfants voleur d’organes. Que dire de plus, si ce n’est qu’Eagleheart, c’est toujours onze minutes de pur bonheur ?

Final Score : 4.5/5

Série comique magnifiquement décalée et totalement foutraque, Eagleheart s’impose comme le délire non-sensique ultime… avec NTFS:SD:SUV et Children’s Hospital !

Sitcom adaptée du film du même nom avec Jack Nicholson et Adam Sandler, Anger Management a cassé la baraque en devenant le meilleur démarrage pour une série comique sur la chaîne FX. Le problème ? Ce n’est pas drôle. Si je reste sensible au charme de Charlie Sheen et surtout à celui de Selma Blair (qui nous manquait depuis un petit moment), difficile d’être convaincu par ces deux premiers épisodes poussifs, réalisés avec les pieds et interprété avec autant d’ambition que lorsque Elie Semoun doit faire la voix d’une moule. Le ton hésite entre l’irrévérencieux caractéristique de FX – sans jamais tomber dedans – et un humour plus traditionnel sans doute hérité des origines du projet qui cherchait à se placer sur un grand network. Du coup, on ne va pas s’éterniser sur le problème, même si son souhaite un bon retour à Charlie Sheen qui a assurément réussi son comeback d’un point de vue de l’audimat, et on va passer au gros morceau de la semaine…

C’est donc la question qui a fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis ces dernières semaines : Aaron Sorkin a-t-il encore ce qu’il faut pour réveiller la télé ? Après des premières reviews américaines peu convaincues à la fois par le pitch et par le traitement, The Newsroom démarrait fébrilement dimanche dernier, récupérant la case de Game of Thrones et s’attirant ainsi, forcément, les foudres des fans médiévaux les plus frénétiques.La raison du retard de ce post ? Il me fallait bien deux épisodes pour commencer à me faire un avis sur la question.

En effet, de prime abord, tout n’est pas merveilleux dans la nouvelle série de Sorkin : l’histoire avance plus par des dialogues que par des actions, les nombreuses répliques utilisent un jargon peu évident à comprendre (vous avez intérêt à vite faire la différence entre le E.P. et le senior producer), la réalisation à l’ancienne nous rejoue le coup des échanges verbeux dans les couloirs avec une sorte de caméra embarquée… Au deuxième épisode, il devient évident que la qualité de la mise en scène va énormément varier selon les réalisateurs (si le pilote était un ballet magnifiquement orchestré, la suite est déjà beaucoup moins maîtrisée), la musique gonflée est gonflante, et les histoires sentimentales, qui prennent le dessus, souffrent d’un sérieux manque d’originalité. Doit-on pour autant se priver d’une série sur les coulisses de la télévision, presque quinze ans après la magnifique Sports Night, déjà drivée par Sorkin ?

Le point fort de la série est curieusement lié à son point faible : oui, ça parle beaucoup, énormément, à la folie ; ça parle tellement en fait que chaque moment de silence devient un vrai plaisir, une respiration salvatrice. Et c’est justement là que Sorkin,  après avoir révolutionné le monde des dialogues sur The West Wing, trouve son “truc en plus” en redonnant le pouvoir au silence dans The Newsroom. Car chaque silence, chaque pause dans ces interminables joutes verbales, met en avant une émotion, une avancée du plot narratif, un regard sur le développement des personnages. Ces moments impactants font alors ressortir l’incroyable qualité de traitement de la psychologie des différents protagonistes, la crédibilité de l’univers qui nous est représenté (quoi qu’en pense certains journalistes boudeurs américains et clairement pris en cible par Sorkin…) et surtout l’efficacité des intrigues principales.

Que penser du concept, qui repose sur de vraies informations mais qui datent d’il y a deux ans (2010) ? De nombreux critiques américains ont trouvé que ceci tuait l’idée dans l’oeuf car, comme on connaît la suite des évènements et les erreurs qui ont été faites dans leur manière de les traiter, il n’y a aucune surprise à attendre. Mais c’est faire abstraction des personnages, plus que jamais moteur des intrigues, et du traitement, justement, de ces news : on peut très bien apprécier une histoire pour la manière dont elle est traitée, même si on la connaît déjà (Roméo et Juliette, ça vous dit quelque chose ? …) Du coup, si je dois bien reconnaître que le concept est casse-gueule, je trouve que pour l’instant les scénaristes s’en sont plutôt bien tirés.

Reste la question du parti pris politique. Car même si Sorkin s’en défend et assure qu’il cherche à montrer les ambivalences des politiques de tout bord avec le monde des informations, les républicains en prennent sérieusement plus sur la tronche que les démocrates. Pour deux critiques sur Obama (et encore, Sorkin trouve le moyen de placer un personnage qui va le défendre), on assiste à une descente en règle de Sarah Palin (même si elle le mérite !) et de “ces conservateurs qui sont les seuls à regarder les news et ne veulent pas voir d’autres point de vue que le leur”. Si je trouve effectivement énervant que le créateur défende l’égalité politique dans son show alors que ce n’est clairement pas le cas, je trouve tout aussi énervant ces nombreux critiques qui l’accusent de faire circuler ses idées gauchistes puisque personne n’est dupe des opinions politiques de notre cher Sorkin et ce depuis plus de quinze ans. S’en est-on un jour pris avec autant de verve contre David E. Kelley pourtant tout aussi progressiste (voir carrément plus dans son magnifique Boston Legal) ?

Au final, The Newsroom se perd dans des intrigues sentimentales peu originales (mais dont le traitement permet de ne pas s’ennuyer pour autant), une mise en scène dont le coup de main va être difficile à choper par les futurs réalisateurs et qui peut vite s’avérer catastrophique, ainsi qu’une bande originale absolument effrayante – la symphonie barbare à la Le Dernier des Mohicans passe mal dans une série résolument moderne sur la télévision ! De plus, le show est difficile à suivre : le rythme est beaucoup trop nerveux, les répliques fusent au point qu’il est quasiment impossible de lire des sous-titres s’ils n’ont pas été adaptés, et l’ensemble est très clairement élitiste – dans le sens où il n’y a absolument aucune volonté de se rendre facilement compréhensible. Mais bon, on est chez HBO, il serait tout de même drôle de commencer à entendre les défenseurs de la chaîne de se plaindre de ça (on se souvient encore avec frisson d’un Boardwalk Empire encensé par la critique et presque totalement incompréhensible !) Enfin, le show est extrêmement bavard – c’est la marque de fabrique de Sorkin qui peut en fatiguer plus d’un. Et pourtant, malgré tous ces “défauts”, j’ai rarement autant été excité par un pilote. Un peu moins par le deuxième épisode, il faut bien l’avouer, mais je suis tout de même convaincu que sur le long terme The Newsroom va s’avérer un des meilleurs show de l’année. Alors, s’il te plait Aaron, ne te plante pas. Et, du moins pour l’instant, oui tu as réussi ton comeback à la télévision.

Allez, à la semaine prochaine pour le retour de deux scénaristes anglais à Hollywood, d’une thérapeute sur le web, et pour découvrir comment CBS pense se débarrasser en douce de la catastrophe produite par Robert de Niro !

Il faut bien l’avouer : c’est la lutte pour arriver à rattraper le retard cumulé pour les bilans de la semaine. C’est que l’on est rentré dans cette période charnière où certaines séries complètes leur saison et désespère de recevoir le fameux coup de fil leur annonçant qu’elles sont renouvelées l’année prochaine ; tandis que les “valeurs sûres” viennent tranquillement compléter une année difficile et que quelques nouveautés tentent de se faire une place au soleil. Mais autant être le plus clair possible : ce qui m’a vraiment achevé, ce n’est pas le boulot ou le fait de regarder quinze épisodes par jour, non… c’est le retour de Bonbon Sucré !

Bonbon Sucré, aka Jennifer Love Hewitt, est sans doute la plus grande actrice de sa génération, ou du moins la plus convaincue de l’étendue des émotions qu’elle est capable d’interpréter. Il faut bien avouer que son happy face est au moins aussi émouvante que sa sad face, que ses larmes coulent toujours au bon moment, que sa colère part du fond des tripes… Pas étonnant que des millions d’américains l’adorent : Bonbon Sucré ne joue pas la comédie, elle ressent de l’intérieur chaque phrase qu’elle prononce. Le problème, c’est que son monde n’est définitivement pas le notre. C’est un monde de plastique où tous les garçons sont beaux mais où seule Jennifer est mignonne (ou du moins pas obèse), où les “méchants” ne le sont jamais vraiment, et où chaque problème se règle avec une petite crise de larme – et oui, quoi qu’il arrive, Jennifer pleure même quand l’affaire ne la touche absolument pas.

Et dire qu’avec tout ça, on n’a toujours pas parlé de sa nouvelle série ! C’est que dans l’image, la réalisation, la dramaturgie, le jeu des acteurs, bref absolument tout, la curieuse The Client List ressemble comme deux gouttes d’eau à la bien trop longue Ghost Whisperer. Remplacez les fantômes par des hommes venus chercher un “happy ending” dans un salon de massage, et ne changez rien au reste : il y a donc toujours Bonbon Sucré au milieu qui règle les problèmes de tout le monde, surtout quand on ne lui a rien demandé. Mais pourtant, Bonbon Sucré qui joue une pute (ben oui, appelons un chat un chat) ça devrait ne pas coller du tout avec l’esprit plein de gentillesse de Ghost Whisperer ? Et bien, en fait non. Ses clients sont tous très gentils, très beaux et très riches et au final Bonbon Sucré arrive systématiquement à les convaincre de parler plutôt que de faire plaisir… Comme elle le dit si bien : si un homme a tout ce qu’il faut à la maison, il n’ira pas chercher ailleurs. Moralité, c’est bien toujours la faute de la femme si un homme va voir les putes, mais heureusement Bonbon Sucré est là pour sauver son couple. Du coup, ne vous attendez pas à voir une quelconque scène un peu osée, tout ce que vous aurez à vous mettre sous la dent, c’est Jennifer en nuisette – un gimmick auquel elle nous a habitué depuis fort longtemps. Bref, The Client List est une horreur abominable quand on prend en compte son sujet et la manière dont il est traité, mais c’est aussi et avant tout une série estampillée Bonbon Sucré, comme seule notre sympathique Jennifer sait y faire. Et il faut bien avouer qu’on aura toujours du mal à lui en vouloir, malgré toute la merde qu’elle nous aura refourgué sur nos écrans.

Bonbon Sucré vient de dire à une femme que son mari l'aime toujours. Ca l'émeut dis donc.

L’autre nouveauté de la semaine nous a permis de retrouver l’un de nos acteur fétiche, l’immense James Van Der Beek (mais oui, Dawson !) qui interprète pour le coup son propre rôle dans Don’t trust the b—- in appartment 23. Sous ce titre des plus improbables se cache une sitcom fort sympathique sur deux jeunes femmes obligées de partager un appartement. Hum… attendez, ce ne serait pas le sujet de 2 Broke Girls, l’autre sitcom à succès de cette année ? Certes, mais les ressemblances s’arrêtent là. L’humour n’est pas le même, les personnages sont résolument différents, et là où 2 Broke Girls affirme son amour de la sitcom à l’ancienne (avec rires et décors trois murs), Don’t trust… joue à fond la carte de la modernité. James est tout simplement extraordinaire dans son propre rôle, un peu comme lorsqu’il se moquait de lui-même dans les vidéos qu’il avait tourné pour le net. Reste qu’il est difficile de se prononcer sur un pilote : celui de 2 Broke Girls ne m’avait pas convaincu et pourtant la série, à terme, s’est avérée une remarquable surprise. James et ses deux copines peuvent-ils nous faire rire pendant douze épisodes ? C’est tout ce qu’on leur souhaite…

Ok, How I Met nous a déjà fait le coup de la vidéo de jeunesse, mais il faut bien avouer que ça marche toujours...

Cette semaine, deux séries terminaient en fanfare leur saison. La première, c’est la décidément très inégale Being Human qui conclue sa deuxième saison avec un climax plus qu’explosif et qui fait un peu tache face en conclusion d’une saison un peu molle. Adaptée d’une série anglaise qui vient d’achever sa quatrième année, Being Human raconte la collocation entre un vampire, un loup-garou et un fantôme… sur un ton vraiment très particulier. Loin de la grandiloquence d’un Vampire Diaries ou de la sophistication outrancière de True Blood, Being Human s’attache à des personnages en quête de leur humanité. Le sujet est toujours d’actualité dans cette deuxième saison, il est même tellement poussé à bout qu’on se demande sur quoi les auteurs vont pouvoir rebondir l’année prochaine. Si les comédiens et la réalisation tiennent toujours la route, c’est bien au niveau du scénario que l’on constatera des errances parfois très ennuyeuses (les flash-back sur la vie du vampire) tout comme des idées tellement originales et sympathiques qu’elles justifient à elles seules de regarder toute la série (notamment tout le traitement des fantômes, franchement malin). Du coup, si vous êtes en manque de série un peu fantastique, n’hésitez pas une seconde, le jeu en vaut la chandelle. Les réfractaires à ce genre feraient mieux de passer leur chemin, même si on n’avait pas vu de série aussi bien parler de l’humanité depuis un moment !

Un fantôme et un loup-garou qui discutent de la manière dont ils vont commettre un meurtre...

On disait donc aussi au-revoir à Justified… avec une grosse larme sur la joue, tant cette saison s’est avérée exceptionnelle. La série est tout simplement en train de s’acheter ses lettres de noblesse et de rentrer dans le petit top de ces shows inoubliables. Dommage donc que personne ne semble vouloir y jeter un oeil ! Servie par un Elmore Leonard et ses confrères en forme olympique, cette vraie fausse série de flic plonge de plus en plus dans les fonctionnements erratiques du Kentucky, à travers des personnages et des scénarios d’une intensité incroyable. Difficile d’en dire plus sans rentrer dans des détails incompréhensibles pour qui n’a pas vu la série – faites moi juste confiance et plongez dans l’univers impitoyable de Raylan Givens, le personnage le plus classe de la télé US.

Sauras-tu deviner ce qui se cache dans le cochon ?!

Cette semaine fut aussi l’occasion de célébrer le retour de The Borgias, la version américaine de Neil Jordan et non pas celle de Canal +. Si on sent toujours la touche The Tudors (toute l’équipe vient de cette série), ce début de saison laisse entrevoir de nouveaux personnages à la destinée tragique, et arrive à faire rebondir la dynamique familiale des personnages éponymes qui s’était un peu embourbée l’année dernière. On démarre sur de bonnes bases, reste à voir si cette saison arrivera à rester sur ces rails…

La maîtresse du Pape qui fait des leçons de maths aux vieux arnaqueurs...

Enfin, la meilleure nouvelle de la semaine, c’était évidemment le retour de Eagleheart, la série déjantée et totalement absurde de Cartoon Network pour Adult Swim. L’entrée en matière est fabuleuse, nous racontant comment le grand Chris Monsanto et son équipe sont devenus des marshalls. Bref, c’est juste immanquable pour tous ceux qui adorent les gros, gros, délires.

Chris Monsanto deviendra-t-il le plus grand des marshalls ?

A la semaine prochaine, ou plus tôt si on y arrive ! (et oui, on fera l’impasse sur Body of Proof, Psych et Up all night vu qu’on ne les a pas vraiment regardés…)

Dixième bilan, nouvelle semaine, on s’intéresse aujourd’hui au sort de comédies un peu particulières… Un agent secret bien animé, une vision énergique des université américaines, un certain ennui, une façon de réussir, du football fantasy, de mauvaises décisions, Joey dans son propre rôle et enfin un shérif avec un coeur gros comme ça !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Chez FX, on n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle. Du coup, quand le petit network s’achète un dessin animé, autant vous dire que ce n’est pas pour que vous vous éclatiez en famille avec vos enfants. Créée par Adam Reed, un habitué de chez AdultSwim, Archer raconte les déboires d’un agent secret… pas vraiment ordinaire.

C’est que Sterling Archer, notre fameux héros, est quelque peu hyper sexualisé et souvent mis dans des positions plutôt délicates… La situation se complique encore plus quand on sait qu’il bosse au sein de l’agence ISIS (Intenational Secret Intelligence Service) avec son ex copine et que son boss est sa propre mère ! Entouré d’une pléthore de personnages tous plus barrés les uns que les autres (dont un savant fou absolument génial), les aventures de Archer prennent toujours des virages auxquels on ne s’attendait pas et vous réserve beaucoup de surprises et de fous rires.

Mais si les scénarios et les personnages sont franchement réussis, la série assume aussi avec brio son parti pris d’animation, mélange de photo, de 3D et de technologie flash, pour aboutir sur quelque chose de très étrange mais auquel on finit facilement par adhérer. Et que dire des voix, toutes de haute volée, que l’on doit à des acteurs vraiment convaincus et qui ont l’air par ailleurs de franchement s’éclater ?

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Bon, ok, Archer n’est pas la série qui va changer votre vie ou vous faire évoluer psychologiquement (quoi que…) mais dans son cadre de comédie dynamique, à l’humour assez outrancier, elle s’impose comme l’une des meilleures réussites depuis très longtemps. Il ne lui manque que la critique acide de notre société de South Park pour devenir vraiment un indispensable. En attendant, jetez vous déjà dessus, au moins pour dire : ah mais, moi, Archer, je regarde depuis le début !

Ouh là, Blue Mountain State est un sacré morceau à défendre. Assez bête, très franchement porté sur le sexe, presque effrayante dans sa manière de traiter l’alcool et les drogues, BMS était déjà une série pleine de “défauts” dans sa première saison. La deuxième décide d’aller encore plus loin dans la déconne absurde. Et ça ne surprendra pas ceux qui me connaissent bien : j’ai tout simplement adoré !

J’étais en train de me dire que j’allais défendre une série profondément machiste, quand j’ai soudain réalisé que, bien au contraire, les seuls personnages forts, qui obtiennent ce qu’ils veulent, sont des femmes. Ainsi la charmante Mary Jo (Frankie Shaw), qui fait renouer le héros avec ses sentiments les plus profonds et lui fait enfin accepter l’amour. BMS serait donc une série romantique ?

Bon ok, c’est aller un peu loin dans le délire. BMS est avant tout une série fun, qui se permet tous les délires d’un dessin animé cartoon mais en live. Et pour justifier tout ça, quoi de mieux que de montrer que les personnages passent leur temps à boire et à fumer ? C’est que BMS repose sur un concept pas franchement glorieux ou exemplaire pour les jeunes : Alex Moran (Darin Brooks, impeccable) veut profiter des privilèges d’être quaterback remplaçant, tout en s’arrangeant pour ne jamais jouer. Car son vrai but dans la vie, c’est de ne rien faire. Un vrai glandeur qui est forcément obligé d’être hyper actif pour être tranquille. Et moi, rien que ça, ça me fait rire.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Blue Mountain State a le très grand mérite d’exister et de foutre un énorme coup de pied dans la marre tranquille des sitcom live. Affichant un humour abusé comme on en retrouve que dans certains dessins animés, le show pourra tout à la fois vous effrayer si vous le prenez au sérieux ou vous faire hurler de rire si vous le considérez comme un American Pie plus âgé, plus abusé, et franchement sous acide. Félicitations aux scénaristes qui arrivent à aller toujours plus loin et à imaginer des histoires toujours plus barrées alors qu’on se dit à chaque fois que là, ils ne feront jamais mieux !

En revoyant cette affiche de Bored to Death, je réalise que chérie adore Jason Schwartzman (je ne sais plus dans quoi) mais n’a jamais regardé LA série dans laquelle il excelle. Quoi, un programme HBO que j’apprécierai ? Oui, mais avec toutes ses limites tout de même…

La première saison de Bored to death était loin de m’avoir convaincu. Sur le papier, l’idée est intéressante : un jeune romancier à la vie sexuelle déclinante et à l’inspiration absente décide de proposer ses services en tant que détective privé. Malheureusement, Jonathan Ames, le créateur du show, en fait rapidement une sorte d’auto-fiction (le héros s’appelle Jonathan Ames) ennuyeuse comme la mort, reposant sur un humour maniéré, basé sur l’auto dépréciation, et déjà vu cent mille fois. Restait des personnages secondaires assez intéressants mais relativement inutiles dans des intrigues tout simplement bidons.

Du coup, j’ai démarré cette seconde saison sans vraiment trop y croire et, en réalité, pour retrouver Ted Danson qui est un de mes acteurs préférés. Et là, surprise : les auteurs jouent enfin le concept ! Jonathan Ames mène de vraies (mini) enquêtes, et ça suffit pour suffisamment booster les histoires et que les scénarios ne soient plus d’un insipide ennui. En fait, c’est toute une vraie dramaturgie qui se met en place, sans pour autant renoncer aux problèmes du quotidien et à l’auto dépréciation. Du coup, Bored to Death devient vraiment agréable à regarder, fun à souhait et donne enfin envie d’y revenir.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Après une première saison assez piteuse, les auteurs décident de jouer vraiment le concept et y gagnent beaucoup en dramaturgie. Drôle, cynique et sympathiquement foutue, Bored to Death saison 2 devient une série vraiment agréable à regarder (et pas un programme nombriliste et insupportable d’auto dépréciation.) Les fans de Jason Schwartzman, de toutes façons, sont déjà conquis.

Produit par la même équipe que Entourage, How to make it in America se voulait une plongée fun et amusante dans la culture undergroud de New York, un carrefour de personnages venus d’horizon divers qui se rencontrent et l’histoire d’une ascension sociale. En gros, une grande réflexion sur les différentes couches de la société de la côte est. Dommage dans ce cas que la série paraisse aussi peu crédible.

Car tout le problème est là : on essaie de nous faire croire que Ben et Cameron sont deux pauvres new-yorkais sans le sous, mais vous avez vu la gueule de leurs appartements ? Vous avez vu les fêtes pleine de C organisées par leurs amis ? Leur look branché, soigneusement étudié ? Rien de rien, dans la production design, ne laisse supposer deux vrais galériens… alors que c’est pourtant le point de départ de la série. Du coup, le show perd d’office toute crédibilité et s’affiche instantanément comme une espèce de version mystifiée, purement imaginaire, de New York – un peu de la même manière dont Gossip Girl présentait Paris.

Le point de départ foiré, la série reste malgré tout relativement agréable à regarder. L’histoire réserve quelques belles surprises, même si les scénarios font état d’un sens du rythme proprement désastreux. Les acteurs sont loin d’être mauvais – dommage que leurs personnages soient aussi peu crédibles. Et puis il y a la réalisation, qui vient franchement sauver la série en vous donnant rapidement envie de prendre un avion pour rejoindre la célèbre ville.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
How to make it in America est largement sauvée par sa réalisation formidable qui créée une ambiance fort agréable. Plombée par une haute estime de soit alors que le show abat stéréotype sur stéréotype, la série peine à convaincre sur tous les autres points. Du coup on a le cul entre deux chaises, admiratif devant les images, désorienté par l’accumulation de clichés.

Friday Night Lights l’a prouvé : pas besoin de s’intéresser à un sujet pour aimer une série sur cette thématique. En l’occurrence le football américain. Mais The League va encore plus loin vu qu’elle s’intéresse à une ligue de fantasy football, un genre de jeu basé sur des pronostics et les résultats réels des joueurs – bref, un jeu auquel on ne comprend strictement rien. Pas grave, étant donné qu’on rigole bien quand même…

The League c’est donc les mésaventures de cinq amis qui feraient tout et n’importe quoi pour gagner leur ligue de fantasy football. A l’occasion de cette deuxième saison, deux nouveaux joueurs viennent taper l’incruste : Rufi, un espagnol qui n’y comprend rien, et Jenny, la femme d’un des cinq autres héros, qui assure grave (elle prenait déjà presque toutes les décisions à la place de son mec dans la saison précédente). Deux ajouts particulièrement judicieux, qui apportent une tonne de nouvelles possibilités et surtout deux tonnes de fous rires.

Car si le show ne fait pas de miracle en terme de réalisation ou de production value, il fait énormément rire, grâce à des scénarios bien calibré et un rythme toujours efficace, mais aussi et surtout par son casting qui assure continuellement. Du coup, on se moque très rapidement de ne pas comprendre toutes les vannes (et il y en a un sacré paquet en référence au monde du foot américain) et on a très hâte que la série revienne !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Avec The League, FX s’est offert ce qui est sans doute l’une des sitcoms les plus drôles de l’année. Incisives, mordantes et parfois totalement délirantes, les aventures de nos sept joueurs sont juste un vrai bonheur à regarder. Alors n’hésitez plus, si vous êtes en manque de bonne comédie, à vous jetez dessus !

Attention, voici une série qui va véritablement séparer le public en deux. The Increasingly Poor Decisions of Todd Margaret (putain, mais quel titre!) va énormément en amuser certains avec son ton franchement décalé, son humour plutôt british (pas étonnant vu que la sitcom est coproduite par des anglais), et ses acteurs – avouons le – remarquablement bons. Malheureusement, je ne fais pas partie de cette partie du public.

Au risque de me faire beaucoup d’ennemis, je dois avouer que j’ai trouvé Todd Margaret (on va faire court) franchement chiant. Certes, il y a plein de bonnes petites idées dans les mésaventures de cet américain envoyé en Angleterre pour y vendre des cannettes d’energy drink, mais le rythme catastrophique, avec des scènes à rallonge que le monteur ne sait jamais quand couper, vient sérieusement plomber l’ambiance. Les vannes sont loin de toutes faire mouche, et les différences entre anglais et américains sont trop caricaturales pour faire vraiment rire.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
S’il y a bien une chose que je déteste, c’est m’ennuyer pendant un programme censé être drôle. The Increasingly Poor Decisions of Todd Margaret, malgré ses quelques moments de haute volée, s’avère dans l’ensemble vraiment trop chiant pour que je le recommande à qui que ce soit. Si vous êtes un fan hardcore des comédies anglaises, vous pouvez peut-être tester, mais je doute que vous y retrouverez totalement le ton que vous adorez.

Matt Leblanc dans son propre rôle, dans une série qui parle des séries, crée par David Crane (le cerveau derrière Friends) : on avait de quoi attendre avec impatience Episodes qui mit tout de même un petit temps avant de débarquer sur les écrans de Showtime. Pas de bol, le résultat est loin d’être à la hauteur.

Episodes se veut l’histoire de deux auteurs anglais qui partent aux Etats-Unis pour adapter leur sitcom à succès. Premier souci, on leur impose Matt Leblanc pour reprendre un rôle de vieux professeur. Ce n’est que le début du désastre et de multiples problèmes qui vont achever la qualité du pilote à tourner… Un pitch de départ relativement génial et plutôt original.

Mais à trop vouloir taper sur la télé américaine, Episodes vire à la critique idiote et sans intérêt. Matt Leblanc est, la plupart du temps, d’une bêtise et d’une méchanceté à se damner, et strictement tous les gens qui travaillent dans le monde de la télévision sont d’une connerie crasse. A croire que pour arriver à leurs postes il faut ranger son cerveau. D’un autre côté, grande apologie de l’Angleterre et de l’humour raffiné et intelligent de ses habitants. A la limite d’un certain racisme, Episodes ne tarde pas à gonfler quand elle se la joue auto-critique aussi bête que les personnes qu’elle critique.

Du coup, difficile de croire à l’univers qui nous est dépeint et à l’histoire qui n’est pas dépourvue de qualité. Heureusement qu’il y a quelques vrais moments très drôles pour faire passer le tout, et des acteurs qui ont l’air de franchement s’éclater (même Matt Leblanc, c’est dire !) Réalisation  et production value honnêtes, la série ne tire pas non plus son épingle du jeu sur ce point. Au final, Episodes est une sympathique petite sitcom sans réel intérêt si ce n’est nous faire sourire. C’est quand même bien peu par rapport à ce qu’on attendait.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Énormément attendue, la nouvelle série de David Crane manque le coche en devenant au moins aussi bêtement crasse que ceux qu’elle voulait critiquer. Reste une petite sitcom amusante qui se laisse facilement regarder.

On termine cette session sitcom avec le programme qui nous a fait le plus rire cette année : l’énormissime EagleHeart.

Parodie extrême des vieux shows policiers avec Chuck Norris, Eagleheart raconte les aventures du marshal Chris Mansanto, fin limier disposant (entre autre) du pouvoir de tuer avec ses mains. Impossible de raconter les scénarios délirants au possible, qui partent dans toutes les décisions et font rire en permanence. Du bout de ses onze petites minutes, Eagleheart fait toujours mouche et est bien aidée en cela par ses acteurs magistraux, qui joue à fond le coup de la parodie et du détournement. Un vrai petit moment de grâce sur lequel on ne va pas s’appesantir – au lieu de lire cet article vous devriez foncer regarder la série !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Du grand n’importe quoi extrêmement bien fait, avec humour et amour pour le genre. EagleHeart est juste une magnifique réussite !

Vous moquez pas, tous les enfants en veulent...

Vendredi fut un sale échec : c’était la première fois depuis longtemps que je n’ai pas pu entretenir ce blog. Non pas que je n’ai pas eu le temps, c’est juste que j’ai oublié. Allez savoir pourquoi. A cause de la folie Ninjago dans laquelle je viens de plonger ? Ces nouveaux Lego mâtiné de Beyblade (il s’agit d’un système de combat à base de toupies et de cartes) sont en tous cas en train de faire des ravages auprès des plus jeunes – il n’y a qu’à voir l’engouement généré par la diffusion du “film” sur TFou, vous savez le programme jeunesse de TF1 (et pourtant, c’était à 07h30 du matin…)

Vous n'oublierez jamais ce logo.

Pour les adultes, une autre série au moins aussi intelligente pourrait faire des ravages, si seulement elle n’était pas diffusée sur Adultswim, la chaîne qui prend le relais de Cartoon Network tard le soir aux Etats Unis et qui nous a déjà servi des petits miracles d’humour comme Harvey Birdman ou encore The Venture Bros. Préparez vous donc à découvrir Eagleheart, petit show par sa durée d’une dizaine de minutes, mais grand par la force de son humour.

Le poing de la mort qui fait exploser les gens. Oui, seriously.

Pour le concept, imaginez une sorte de parodie de Walker Texas Ranger remarquablement trash (dans le sens gore) et qui rivalise de connerie avec le show de Chuck Norris au niveau des histoires. En fait, j’ai bien l’impression que les auteurs se retrouvent pour se bourrer la gueule toute l’après-midi, notent leurs pires idées, organisent un vote pour éliminer les idées qui ne sont définitivement pas les pires, se retrouvent le lendemain pour essayer de les aggraver d’avantage, puis donnent le tout à un petit chinois analphabète et lui demande de compiler ces fameuses idées dans un pseudo fichier excel qui va calculer automatiquement le coût de l’épisode et supprimer encore des trucs pour que le tout reste faisable avec un budget quasiment équivalent à l’argent de poche d’un gamin de sept ans (qui a d’ailleurs déjà tout dépensé dans ses Légo Ninjago.)

httpv://www.youtube.com/watch?v=ThzeWv1cmgo&feature=player_embedded

Bref, Eagleheart n’a aucun sens, s’embranche dans des directions toutes plus ridicules les unes que les autres, se fout de la gueule de tout et surtout d’elle-même et au final nous fait franchement rire pendant dix minutes. Ok, il faut pouvoir mettre son cerveau en mode macaque – redneck – texan, mais ça les garçons savent quasiment tous le faire (même les pires hypsters, s’ils cherchaient un peu au fond de leur âme – heu, wait… les hypsters ont une âme ?)

httpv://www.youtube.com/watch?v=9SEZJZSAbjQ&feature=player_embedded

C’est donc tout naturellement ma recommandation en ce fier lundi 14 mars qui annonce une semaine pleine de rebondissements dans la vie de tout le monde : il y a tellement peu de séries qui ont été diffusée la semaine dernière qu’on a tous trop de temps libre. Allez, on se mate un Eagleheart et on part se saouler dans un bar – après tout, c’est bien ce à quoi Adultswim s’emploie à nous convaincre de faire (vas-y essaie de lire cette phrase quand t’es bourré.)