Pour cette avant dernière semaine de la saison (toujours selon mes calculs), vous vous en doutez on va surtout parler de départ. C’est donc cinq séries qui tirent leurs révérences afin de laisser la place aux nouveaux programmes de la rentrée. En vrac, on parler tournage, journal télé, slasher, bébé et psychanalyse sportive…
Mais commençons par faire le tour des news de la semaine, puisqu’il y a beaucoup d’autres départs sur lesquels on ne s’attardera pas. Ainsi, les vampires de True Blood terminent (apparemment) en beauté avec une audience toujours en bonne forme. La très mauvaise sitcom Retired at 35, et la non moins exécrable Melissa and Joey concluent toutes les deux leurs secondes saisons. On s’en serait bien passé vu son machisme effroyable – encore plus terrifiant quand on sait que ce sont des femmes qui sont aux manettes – mais non, on a eut droit à une deuxième saison de Single Ladies, et on fermera les yeux sur la probable troisième saison l’année prochaine. Enfin, The Secret Life of the American Teenager se fait une petite pause et on ne va pas s’en plaindre.
Fichtre, ça fait longtemps qu’une série n’a pas autant partagé le public que The Newsroom, la dernière création d’Aaron Sorkin pour HBO. Le scénariste n’en est pas à son coup d’essai pour parler de la télévision puisqu’il avait déjà créé il y a déjà presque quinze ans la très amusante Sports Night sur les coulisses d’une émission sur le sport. Cette fois, il cherche à s’attaquer à la manière dont les journalistes traitent la politique – ou plutôt à la manière dont il ne la traite pas. Le vrai discours de Sorkin est totalement assumé dans son dernier épisode : si les journalistes faisaient leur métier, le Tea Party n’aurait jamais réussi à s’implanter aux Etats Unis. Discours courageux s’il en est, mais qui fait quelque peu basculer la série dans le pur message politique et non dans la critique subversive annoncée au départ.
Reste qu’on peut se demander pourquoi la série partage autant le public. Ce n’est pas à mon sens ce fameux message politique – on est tous assez grand pour en faire abstraction dans notre avis. Non, ce qui fait la force et la faiblesse de la série c’est son traitement très “sorkinien”, très apprécié par les uns et débectés par les autres. A savoir un constant mélange d’intrigues plutôt sérieuses avec des histoires sentimentales plutôt faiblardes, la volonté de tout – mais absolument TOUT – dire dans les dialogues (il n’y a pas de sous-texte chez Sorkin, et quand il y en a, il va être dit dans la séquence suivante), et un jeu constant entre réalisme pur et fable totalement décalée (on ne compte plus les rebondissements absolument pas crédibles.) Dans ce délire irréaliste, la palme est atteinte par le triangle amoureux des “jeunes” dans lequel on essaie de nous faire croire que deux mecs peuvent être à fond d’une petite blonde au visage (et au front) proprement effrayants…
Le truc, c’est que The Newsroom se veut une série moderne et dynamique alors qu’elle a tous les ressorts d’une série de grand-père. En 1998, la série aurait été un vrai tour de force, une révélation totale ; mais là elle assume presque quinze ans de retard avec ces walk & talk fatigués et ses comédiens au jeu suranné. Du coup, on passerait presque à côté du véritable exploit réalisé par la bande de scénaristes : une gestion du temps très particulière puisqu’il s’écoule plus de deux ans entre le premier épisode et la fin de cette première saison ! Après seulement dix épisodes, il est vrai qu’on a l’impression de connaître les personnages comme si on les avait suivi dans plus de cinquante aventures d’une heure. Et c’est là, à mon avis, que Sorkin prouve qu’il en a encore sous le coude.
Final Score : INCLASSABLE.
Il est trop difficile de donner une note à The Newsroom tant les points positifs et négatifs se succèdent. Vraie révolution mais pas là où on l’attendait, la série de Sorkin est à la fois novatrice et vieux jeu, ultra fine et catastrophiquement concrète, dynamique et totalement pantouflarde. Couper la poire en deux et lui donner un 2.5 n’aurait pas du tout été représentatif de la valeur du show de HBO – je vais donc, pour la première fois, m’abstenir de noter.
Pretty Little Liars ou comment tirer les fils d’une intrigue à slasher depuis déjà trois saisons. Au pic de son délire paranoïaque, la série sur ces quatre adolescentes persécutées par une mystérieuse A fait cette année dans l’amnésie partielle. Ainsi, nos chères petites menteuses découvrent la tombe de leur amie profanée et surtout qu’elles sont les premières suspectes, l’une d’entre elle ne se souvenant plus du tout de ce qu’elle a fait. Cette saison ne viendra pas surprendre les habitués, avec ses coups de théâtre réguliers, ses nouveaux personnages tous plus angoissants les uns que les autres, et son ambiance si particulière entre froufrou et serial killer. Le tour de force des scénaristes reste de nous révéler, dans les dernières minutes de l’ultime épisode, qui se cache(nt) vraiment derrière A lançant la deuxième partie de la saison (prévue cet hiver) sur de nouvelles règles…
Final Score : 3/5
Oui, on peut tout à fait se passer de Pretty Litlle Liars, dont les actrices arrivent parfois à être encore moins convaincantes que les décors ou la réalisation, mais on peut aussi tout à fait s’amuser avec tant les scénaristes poussent leurs délires dans les pires retranchements. En clair, c’est à ne surtout pas prendre au sérieux.
Après une première saison plutôt décevante à cause de son côté “tous les américains sont des gros cons”, Episodes revient pour une deuxième fournée d’épisodes nettement plus convaincants. Rien n’a changé au niveau du casting, qui était déjà impeccable, ni au niveau de la réalisation assez plaisante. La vraie amélioration vient donc des scénarios, beaucoup plus fins et subtils, qui attaquent cette fois de manière nettement plus intelligente les travers de la télévision américaine. Les situations sont vraiment très drôles, les rebondissements assez jouissifs, et on ne se rend même pas compte qu’on a déjà fini les neuf petits épisodes proposés. Le seul truc qui va rester en travers de la gorge, c’est la fin de la saison qui n’offre pas vraiment de solution plaisante pour une possible troisième année. Parce qu’en faisant ce qu’ils ont fait, les scénaristes viennent d’avouer qu’ils ont dit tout ce qu’ils avaient à dire sur leurs personnages…
Final Score : 4/5
Comédie affreusement grotesque dans sa première saison, Episodes devient une jolie étude des travers de la télévision américaine ainsi qu’une belle réflexion sur l’après rupture. Une réussite sympathique mais pas follement indispensable.
Y a-t-il grand chose à dire sur Babdy Daddy, sitcom au petit budget sur un jeune homme d’une vingtaine d’années qui voit l’une de ses exs lui confier son bébé (dont il est le père, hein) ? La réponse n’est pas une surprise, c’est non. Personnages stéréotypés, scénarios courus d’avance, acteurs particulièrement débutants, mise en scène quasi inexistante et bande son tout simplement atroce, il n’y a pas grand chose à sauver dans ce programme qui m’avait pourtant fait bonne impression lors de la diffusion de son pilote. On s’en tiendra là, donc.
Final Score : 2/5
Baby Daddy n’est pas une catastrophe, mais ne mérite clairement pas la moyenne. Le principal problème, c’est que le show est rarement drôle, un comble pour une sitcom ! Personne ne vous en voudra si vous ne voulez pas regarder les dix épisodes de la saison donc !
Bonne surprise de l’année dernière, Necessary Roughness propose ce qui est sans doute la deuxième saison la plus décevante jamais conçue ! L’idée est pourtant porteuse : il s’agit des aléas d’une psychanaliste qui se fait embaucher par une grosse équipe de football américain et dont les autres clients sont principalement des sportifs avec des problèmes qui les empêchent de réussir. Alors que la première saison reposait sur un feuilletonnant de qualité et franchement prenant, cette deuxième année délaisse les problèmes de fond pour nous infliger de pénibles aventures amoureuses qui font en plus du climax de la saison le pire moment vu depuis fort longtemps. Les personnages perdent en crédibilité, notre héroïne devient tête à claque et les pseudos mystères sur le dirigeant du groupe tombent à l’eau faute de bonne idée. On sort de ces treize épisodes avec l’impression d’un sacré ratage.
Final Score : 2/5
Gros gros gros FAIL pour cette deuxième saison de Necessary Roughness qui n’a repris de la première année que les mauvais côtés et délaisser tout ce qui était intéressant. Quand je vous dit que c’est la plus grosse déception de l’année !
Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour la cinquante-deuxième mais pas la dernière semaine de la saison !!!






























