Vendredi soir, début très difficile en terme d’audience pour la nouvelle série de CBS, Chaos, une comédie sur les black ops de la CIA sur laquelle on reviendra la semaine prochaine -mais autant affronter de suite la réalité : ce show risque de ne pas faire long feu… Mais il y a aussi des séries, comme ça, qui sont infatigables et qui continuent à être diffusée, allant contre tout bon sens humain. The Secret Life of The American Teenager, que l’on va appeler SLAT pour faire plus court (et oui, aussi pour la similitude avec ce mot américain qui colle parfaitement à l’héroïne de la série !) fait partie de ces aberrations, de ces shows monstrueux dont on se demande à qui ils peuvent bien s’adresser si on oublie les nombreux fans qui se délectent du programme avec second degrés… voir seize millième degrés.
Il faut croire qu’il y a des dirigeants bicéphales chez ABC Family, la seule chaîne capable de proposer à la fois du SLAT, pur produit Brenda Hampton pour famille catho coincée dans des traditions millénaristes, et Greek, la très hautement improbable série sur les fraternités dont le seul leitmotiv est que tout problème se règle avec de l’alcool – ou du moins s’oublie suffisamment longtemps pour faire du bien ! Mais qui est Brenda Hampton ? C’est cette charmant dame en plastique, née au début des années 50, qui est surtout connue pour avoir créé, produit et écrit 7th Heaven (Sept à la maison), aka les aventures de la famille mauvais-trip, dans laquelle un pasteur, sa femme, et leurs nombreux gamins (oui, parce que quand y en a qui partent, ils se mettent à en adopter de nouveau, voyez vous…) Déjà totalement déraisonnable à l’époque, 7th Heaven reste aujourd’hui un must-have du kitch, le fer-de-lance de la série moralisatrice et culpabilisante qui affirme avec force qu’il vaut mieux espionner ses enfants (ou les faire s’espionner les uns les autres) que de les choper à embrasser le sexe opposé avant le mariage. J’ai ce souvenir charmant de cet épisode dans lequel le plus jeune des gamins, pour pouvoir enfin tirer son coup, décide d’épouser sa petite amie – ils ont seize ans chacun et, accrochez vous, leur décision, si elle n’est d’abord pas approuvée par tout le monde, finira par convaincre le reste de la famille. Moralité : marie toi, frérot, faut vraiment que t’éjacule. Brr.
Pourtant, les choses n’avaient pas si mal commencé. Bon, il faut se remettre dans le contexte : Juno venait de cartonner au cinéma, Hampton jurait ses grands dieux qu’on ne l’y prendrait plus à faire une série comme 7th Heaven (mais personne ne saura vraiment ce qu’elle voulait dire par là) et ABC Family était en odeur de sainteté avec une programmation vraiment surprenante et différente… pour une chaîne très familiale. Du coup, l’affiche de la première saison nous vendait plutôt bien le concept : une jeune adolescente tombe enceinte alors que sa famille la croit prude et coincée. On s’attend à des répercussions sympathiques et la série tiendrait presque la route (scénaristiquement) dans les premiers épisodes, la très religieuse Brenda Hampton ne reculant devant rien et en tout cas pas devant l’évocation de l’avortement, chose encore assez rare dans les programmes américains. Le reste sentait un peu le souffre : décors en toc, acteurs absolument insignifiants (à croire qu’ils ont fait un concours pour savoir lequel a le moins de charisme), réalisation soporifique – sans parler d’une musique à vous van-goghiser l’oreille.

La très cruelle mais sincère affiche de la saison 3. Le cast le plus affligeant de ces vingt dernières années.
Petit saut dans le temps : après avoir tout de même regarder la première et le début de la deuxième saison, je fais l’impasse quelque temps sur cet incroyable show pour retomber dessus il y a quelques jours, à l’occasion de la diffusion de la deuxième partie de la troisième saison. Pour le coup, surprise pendant la previously : les choses n’ont pas stagné, on peut même dire qu’elle sont allées très très vite. Le jeune puceau pseudo héros a couché avec la pétasse de service – du coup elle est tombée enceinte (à croire que les gentils américains qui attendent le grand amour ont forcément des gosses quand ils couchent pour la première fois – je sais pas vous, mais moi ça m’appellerait à avoir une sexualité complètement débridée !) ; l’héroïne s’est remis avec sex-offender de boyfriend ; l’ultra-catho se sent des tourbillons dans la culotte depuis qu’elle sort avec un nouveau garçon (du coup, elle demande à sa maman l’autorisation d’avoir des rapports sexuels… ) ; et puis il y a ce petit mongolien que j’avais totalement oublié, au caractère de merde, qui postillonne plus qu’il ne parle, et qui est dans le fond tellement insupportable qu’il ferait voter n’importe qui pour l’euthanasie des handicapés. Quarante deux minutes plus tard, je reste toujours aussi choqué par l’absence totale de modernité de cette série qui aurait déjà été démodée du temps de 21 Jump Street. Mais voilà qu’en plus les scénarios sont devenus terriblement lourds, sans aucune once de sens du rythme, auquel se rajoute une bande son dépourvue de musique mais aussi d’ambiance plongeant le tout dans l’artificialité la plus totale et qui n’a d’égale que celle des décors. Pourtant, c’est bel et bien un succès aux States, où la série fait les meilleurs audiences de la chaîne et se permet même, parfois, de battre Gossip Girl (qui ne joue pourtant pas du tout dans la même cour…) Mon conseil du lundi : fuyez vite !
Allez, pour se faire du bien, un petit trailer des Thundercats nouvelle version, que j’attends avec toujours plus d’impatience… hum, Félibelle !
httpv://www.youtube.com/watch?v=GrBmWKAyPk8&feature=player_embedded




















































