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La fleur, le pollen, l'abeille... OMG mais allons-nous parler de sexe ?

Vendredi soir, début très difficile en terme d’audience pour la nouvelle série de CBS, Chaos, une comédie sur les black ops de la CIA sur laquelle on reviendra la semaine prochaine -mais autant affronter de suite la réalité : ce show risque de ne pas faire long feu… Mais il y a aussi des séries, comme ça, qui sont infatigables et qui continuent à être diffusée, allant contre tout bon sens humain. The Secret Life of The American Teenager, que l’on va appeler SLAT pour faire plus court (et oui, aussi pour la similitude avec ce mot américain qui colle parfaitement à l’héroïne de la série !) fait partie de ces aberrations, de ces shows monstrueux dont on se demande à qui ils peuvent bien s’adresser si on oublie les nombreux fans qui se délectent du programme avec second degrés… voir seize millième degrés.

Puisqu'on ne lui confierait pas ses enfants, pourquoi la laisser écrire des séries pour ados ?

Il faut croire qu’il y a des dirigeants bicéphales chez ABC Family, la seule chaîne capable de proposer à la fois du SLAT, pur produit Brenda Hampton pour famille catho coincée dans des traditions millénaristes, et Greek, la très hautement improbable série sur les fraternités dont le seul leitmotiv est que tout problème se règle avec de l’alcool – ou du moins s’oublie suffisamment longtemps pour faire du bien ! Mais qui est Brenda Hampton ? C’est cette charmant dame en plastique, née au début des années 50, qui est surtout connue pour avoir créé, produit et écrit 7th Heaven (Sept à la maison), aka les aventures de la famille mauvais-trip, dans laquelle un pasteur, sa femme, et leurs nombreux gamins (oui, parce que quand y en a qui partent, ils se mettent à en adopter de nouveau, voyez vous…) Déjà totalement déraisonnable à l’époque, 7th Heaven reste aujourd’hui un must-have du kitch, le fer-de-lance de la série moralisatrice et culpabilisante qui affirme avec force qu’il vaut mieux espionner ses enfants (ou les faire s’espionner les uns les autres) que de les choper à embrasser le sexe opposé avant le mariage. J’ai ce souvenir charmant de cet épisode dans lequel le plus jeune des gamins, pour pouvoir enfin tirer son coup, décide d’épouser sa petite amie – ils ont seize ans chacun et, accrochez vous, leur décision, si elle n’est d’abord pas approuvée par tout le monde, finira par convaincre le reste de la famille. Moralité : marie toi, frérot, faut vraiment que t’éjacule. Brr.

L'affiche mensongère de la première saison.

Pourtant, les choses n’avaient pas si mal commencé. Bon, il faut se remettre dans le contexte : Juno venait de cartonner au cinéma, Hampton jurait ses grands dieux qu’on ne l’y prendrait plus à faire une série comme 7th Heaven (mais personne ne saura vraiment ce qu’elle voulait dire par là) et ABC Family était en odeur de sainteté avec une programmation vraiment surprenante et différente… pour une chaîne très familiale. Du coup, l’affiche de la première saison nous vendait plutôt bien le concept : une jeune adolescente tombe enceinte alors que sa famille la croit prude et coincée. On s’attend à des répercussions sympathiques et la série tiendrait presque la route (scénaristiquement) dans les premiers épisodes, la très religieuse Brenda Hampton ne reculant devant rien et en tout cas pas devant l’évocation de l’avortement, chose encore assez rare dans les programmes américains. Le reste sentait un peu le souffre : décors en toc, acteurs absolument insignifiants (à croire qu’ils ont fait un concours pour savoir lequel a le moins de charisme), réalisation soporifique – sans parler d’une musique à vous van-goghiser l’oreille.

La très cruelle mais sincère affiche de la saison 3. Le cast le plus affligeant de ces vingt dernières années.

Petit saut dans le temps : après avoir tout de même regarder la première et le début de la deuxième saison, je fais l’impasse quelque temps sur cet incroyable show pour retomber dessus il y a quelques jours, à l’occasion de la diffusion de la deuxième partie de la troisième saison. Pour le coup, surprise pendant la previously : les choses n’ont pas stagné, on peut même dire qu’elle sont allées très très vite. Le jeune puceau pseudo héros a couché avec la pétasse de service – du coup elle est tombée enceinte (à croire que les gentils américains qui attendent le grand amour ont forcément des gosses quand ils couchent pour la première fois – je sais pas vous, mais moi ça m’appellerait à avoir une sexualité complètement débridée !) ; l’héroïne s’est remis avec sex-offender de boyfriend ; l’ultra-catho se sent des tourbillons dans la culotte depuis qu’elle sort avec un nouveau garçon (du coup, elle demande à sa maman l’autorisation d’avoir des rapports sexuels… ) ; et puis il y a ce petit mongolien que j’avais totalement oublié, au caractère de merde, qui postillonne plus qu’il ne parle, et qui est dans le fond tellement insupportable qu’il ferait voter n’importe qui pour l’euthanasie des handicapés. Quarante deux minutes plus tard, je reste toujours aussi choqué par l’absence totale de modernité de cette série qui aurait déjà été démodée du temps de 21 Jump Street. Mais voilà qu’en plus les scénarios sont devenus terriblement lourds, sans aucune once de sens du rythme, auquel se rajoute une bande son dépourvue de musique mais aussi d’ambiance plongeant le tout dans l’artificialité la plus totale et qui n’a d’égale que celle des décors. Pourtant, c’est bel et bien un succès aux States, où la série fait les meilleurs audiences de la chaîne et se permet même, parfois, de battre Gossip Girl (qui ne joue pourtant pas du tout dans la même cour…) Mon conseil du lundi : fuyez vite !

Allez, pour se faire du bien, un petit trailer des Thundercats nouvelle version, que j’attends avec toujours plus d’impatience… hum, Félibelle !

httpv://www.youtube.com/watch?v=GrBmWKAyPk8&feature=player_embedded

Aie ma tête. Attention, ce post va vous faire réfléchir. Beaucoup et de manière totalement inutile. Donc, il y a deux jours, je découvre ceci dans un épisode récent de Smallville (vous savez, la série sur Superman avant qu’il soit Superman) : Loïs trouve une vieille VHS de sa maman et là, attention les dégâts…

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Seulement voilà, miss Teri Hatcher est aussi une Desperate Housewives, mais c’est surtout Loïs de Loïs and Clark. So what? Loïs regarde sa mère, mais sa mère c’est Loïs? Donc en fait, Loïs est sa propre mère et vit à Wisteria Lane? Mais si Loïs est sa propre mère, peut-elle un jour avoir une fille?

Oui, je sais, je me pose vraiment des questions à la con. Mais comme le dirait Binnie en pleine réflexion Battlestar Galactica : pendant ce temps, dans le vaisseau des Cylon, Xena porte un débardeur à paillette.

De l’art de se poser les vraies questions.

Petit rappel des faits : après avoir commis les scénarios de Forever Young (mais si, souvenez vous, le film avec Mel Gibson) et de Gone Fishin’ (j’avais oublié que c’était à cause de cette comédie que je ne supporte plus Joe Pesci), J. J. Abrams fait vraiment son trou à la télé en (co)créant des séries “mythiques” comme Felicity, Alias, Lost, Fringe, ou tout récemment Undercovers. Le succès et la grâce n’auront jamais touché cette dernière qui vient de terminer sa diffusion dans le désintérêt général. En fait, les aventures de ce couple d’espions qui reprennent du service n’auront servi qu’à une chose : prouver une fois de plus que J.J. est fan de la France. Il ne peut définitivement pas s’empêcher de faire des scènes dans un faux Paris super kitch, ou de caler entre deux répliques une référence à un voyage en Provence. Mais il atteint sans le savoir la pointe de son talent (humoristique) quand il nous sert une rencontre entre nos héros qui se font passer pour des québécois et des agents de la frontière de la Corée du Nord. Tendez bien l’oreille : oui, oui, c’est du français…

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La petite news du jour c’est que Syfy va diffuser les cinq derniers épisodes de Caprica à la suite le 04 Janvier. La Fox profite des vacances de Noel pour terminer la diffusion de Running Wilde. ABC a finalement décidé de passer les deux derniers épisodes de Undercovers à la même période. Comme quoi, cette année, même quand c’est mort, c’est pas encore mort.

Quand on parle de séries, il y a quelques noms qui font rêver. JJ Abrahms, par exemple, j’attends toujours qu’il me remette une claque comme il l’avait fait en lançant Alias ou Lost. Aaron Sorkin, dont le très attendu Social Network vient de sortir au cinéma, m’a fait fantasmer avec des scénarios aux petits oignons. Et puis il y a le père Bruckheimer, Jerry de son prénom, qui, après avoir tout fracassé au cinéma, a changé le monde du cop show avec son CSI. Qu’on se comprenne bien, Jerry est un producteur de série, pas un créateur ou un scénariste, mais voici quelqu’un qui a toujours bien su s’entourer et qui dont le nom est synonyme de succès. Enfin, jusqu’à il y a peu…

Belle affiche, bad show.

Les ennuis ont sérieusement commencé l’année dernière pour le pauvre Jerry. On vient de lui annuler Without a trace (FBI, portés disparus), Cold Case, et même Close to Home : trois cop-show portant la marque de fabrique du bonhomme et qui avaient fait leurs petits bouts de chemin. On attendait donc son grand retour, après le très oubliable The Forgotten (encore un cop show.) Car la recette Bruckheimer fut pendant très longtemps inattaquable : prenez une bande de flics, mais donnez leur une spécialité histoire de changer un peu la donne. CSI, c’était la police scientifique ; Without a Trace, l’équipe chargé de retrouver des personnes disparues ; Cold Case, l’équipe chargée des affaires classées depuis plusieurs années, The Forgotten s’intéressait à un réseau de personnes qui tente d’identifier des cadavres inconnus.

Sometimes, surgeons are just not enough.

Son retour, donc, Jerry le signe avec Miami Medical, qui prend tout le monde de court. Pour une fois, nous n’avons pas à faire à un cop show mais bel et bien à une série médicale. Le monde à l’envers? Et bien non, car en réalité, si le fond est un tout petit peu différent, la forme est toujours la même. Miami Medical s’intéresse à une équipe bien particulière de chirurgien : les meilleurs des Etats-Unis. Leur hôpital, c’est celui de la dernière heure : s’il vous reste une heure à vivre, c’est là que vous allez. Malheureusement pour Jerry, les gens sont un peu fatigués de sa formule et délaissent très rapidement le show – de plus meurtri par des personnages tous plus fades les uns que les autres. Un premier échec cuisant…

Les spectateurs ne lui courent pas après...

Cette année, donc, Jerry revient à ses premières amours avec un nouveau cop show : Chase. Cette fois, on s’intéresse à une équipe de marshalls qui poursuivent les criminels les plus recherchés des Etats-Unis. Mais la formule est encore une fois la même et la série devient fatigante dés le premier épisode. Personnages plutôt creux (l’héroïne est casse-cou car son père était lui-même un criminel recherché, ah ah ah…), intrigues rigides et peu convaincantes, réalisation dépassée : malgré un trailer qui donnait plutôt envie, la série se casse la figure à une rapidité déconcertante. Deuxième échec… (la série sera sans doute annulée d’ici la fin de l’année.)

Let them fight alone.

Ah ah, mais cette fois, Jerry a prévu le coup et a débarqué avec une autre série, cette fois franchement originale : The Whole Truth. Arpentant les dangereux sentiers du legal show (autrement dit les séries de tribunal), Jerry nous propose un concept intéressant en opposant une procureur et un avocat de la défense qui sont tous les deux les héros de la série. En effet, on alterne au fil de l’épisode entre le point de vue de l’un et de l’autre, pour nous donner tous les éléments d’une affaire… dont on ne saura toute la vérité que dans la séquence finale. Hum… qui a senti la fausse bonne idée ? Et oui, le problème ici c’est qu’on ne s’attache à aucun personnage et que l’ensemble paraît un peu trop artificiel, mécanique, pour vraiment convaincre. A la limite, si la série en entier avait reposé sur une seule et complexe affaire, pourquoi pas, mais là tenter de faire le jour complet sur un cas en seulement quarante-deux minutes, c’est mission impossible. Et encore une fois, les spectateurs ne s’y sont pas trompés et délaissent la série. Troisième échec…

J'ai pas trouvé l'affiche très bleue.

Alors que reste-t-il à Jerry ? Son avenir semble mieux se dérouler sur les petits network. Dark Blue, diffusée sur TNT, reviendra sûrement pour une troisième saison. Cette série sur des flics (encore) qui font de l’infiltration change quelque peu de la formule établie par CSI en proposant des intrigues plus complexes et surtout beaucoup plus sombres, ainsi qu’un feuilletonnant relativement important. Depuis cet été, Jerry propose sur USA, la petite série Covert Affairs, plaisante mais pas passionnante série d’espionnage dans laquelle se greffe pas mal d’éléments sentimentaux. Enfin, Jerry était en développement pour HBO en 2008 / 2009 pour une série intitulée Cocaïne Cowboys et qui devait raconter comment le trafic de cocaïne s’est installé à Miami… malheureusement, depuis, plus aucune nouvelle. Alors, certes, c’est plutôt une mauvaise année pour Jerry pour l’instant, mais ne l’enterrons pas trop vite. L’homme sait y faire, et je suis sûr qu’il va nous revenir en pleine forme. Tôt ou tard.

Avec Coloc, on s’est moqué pendant tout l’été du fait qu’on nous sortait du gros réchauffé pour la rentrée avec Hawaii Five-O : quoi, ils vont refaire la vieille série des samedis après-midi interminables sur TF1 ? On a encore tous en tête la petite musique du générique et les affreuses coupes de cheveux de ces héros qu’on n’a jamais vraiment aimés. Et puis on s’est demandé ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, les projets vraiment originaux et emballant n’étant pas  légion en cette rentrée 2010/2011. Ils fut un temps où au moins une quinzaine de pilotes nous faisaient rêver et nous prenaient vraiment par surpris. Serait-ce la crise des idées ?

J'espère que cette image va me ramener quelques lecteurs...

A l’instar donc de Hawaii Five-O, les projets de remakes modernes des séries ayant cartonnées dans les années 90 (voir avant…) pullulent depuis quelques temps, avec plus ou moins de succès. La faute, sans doute, au remake de Battlestar Galactica, qui a tout écrasé sur son passage pour devenir, à mon avis, la meilleure série de SF jamais créée. Les scénaristes ont su très intelligemment actualiser le récit et s’affranchir de tout ce qui aurait pu ringardiser le projet, tout en reprenant les plus importants codes graphiques des anciennes séries (par exemple le look des cylons, ou la technologie toute relative du vaisseau principal…) Mais cette intelligence ne touchera pas tout le monde, et certainement pas les auteurs du “nouveau” Melrose Place, sans doute la plus grosse catastrophe de l’année dernière. A trop vouloir faire plaisir aux anciens spectateurs en accumulant les guest de l’ancienne série, les scénaristes ont perdu le nouveau public qui n’en a strictement rien à faire (et pour qui Heather Locklear est juste une hasbeen en plastique.) 90210, peudo remake du Beverly Hills de mon adolescence, s’en sort mieux mais fait quasiment totalement abstraction de l’ancienne série pour devenir un show pour ado somme toute assez classique. Mais cette année, c’est bien Nikita, remake de la série La femme Nikita, elle-même adaptée du film du gros Luc, qui prend tout le monde par surprise. Remarquablement intelligent, le pilote nous sert un twist final (qui deviendra aussitôt le vrai pitch de la série) franchement inattendu et ne garde de ses grandes soeurs que les personnages à la psychologie complexe et l’ambiance assez morbide. Le tout en misant à fond sur le fun que ne devrait jamais oublier les séries d’espionnage. Enfin, Hawaii Five-O, dont on parlait tout à l’heure, mise sur un duo franchement drôle et attachant pour s’élever au-dessus du marasme des innombrables séries policières et mérite largement son succès. Comme quoi, remake ne veut pas forcément dire série poubelle…

La seule série qui peut se passer d'un casting fort... ou pas.

L’autre grosse solution trouvée pour palier au manque d’idées fraîches, c’est de transformer sa série en licence. C’est-à-dire de multiplier les spin-off (séries dérivées) tout en gardant la même formule. Le champion en la matière, c’est Dick Wolfe avec son Law and order, dérivé en Special Victim Unit, Criminal Intent, Trial by Jury, UK (oui, oui!) et cette année Los Angeles. Des changements mineurs à chaque fois pour une recette qui repose sur la coopération (ou non) entre la police et le tribunal de justice… On ne peut pas non plus ignorer nos charmants CSI, CSI : Miami, et CSI : New York, tous sortis de l’écurie Bruckheimer et dont les variations se basent uniquement sur la ville dans laquelle l’action se déroule. NCIS, elle-même spin-off du JAG, s’offre NCIS : Los Angeles l’année dernière et s’assure un carton plein. Pour un peu plus tard dans l’année, on nous annonce Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de… Criminal Minds ! A croire qu’il ne reste plus beaucoup d’idées de cop-show pour remplir les cases…

Ca me donne envie de boire de la vodka-pomme, allez savoir pourquoi.

Cette année, une nouvelle idée a germé dans la tête des producteurs, une idée qui n’est pas sans rappeler un phénomène assez couru dans les comics : faire des prequel, c’est-à-dire des séries dérivées qui se déroulent avant la série mère. Première venue (du moins récemment), Caprica nous décrit la lente construction des cylons de Battlestar Galactica. Mais encore une fois, les créateurs prennent tout le monde de cours en créant ce qui peut être considéré comme la première série FAMILIALE de science-fiction ! Caprica s’avère donc loin d’être une simple resucée de la série mère et regorge d’idées proprement fabuleuses. De son côté, Spartacus, la bonne surprise de l’année dernière chez Starz, ne pouvant enchaîner sur une saison deux à cause de problèmes de santé de l’acteur principal, s’offre une prequel dont on ne sait pour l’instant quasiment rien. A surveiller, donc…

Tellement mignons qu'on a envie de tous les abattre.

Enfin, l’ultime solution que nos confrères outre-atlantique ont trouvé, c’est tout simplement de racheter des séries à l’étranger et de les adapter pour leur pays. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas mais Modern Family, la sitcom qui a décroché tout plein d’Emmy cette année, n’est ni plus ni moins qu’un remake de Fais pas ci, fais pas ça, une des rares très bonnes séries françaises. Bon, mis à part la thématique de la famille et la manière de filmer façon documentaire, il n’y a pas beaucoup de points communs, ne serait-ce que la qualité, Modern Family ayant fini par profondément me gaver avec sa double dose de bons sentiments. La récemment décapitée My Generation était un remake du pilote d’une série suédoise, Scoundrels - qui n’aura duré qu’une saison – était un remake d’une série néo-zélandaise, et que dire du futur Skins version MTV remake de la célèbre série anglaise… Le phénomène n’est pas tout récent : souvenez vous de Ugly Betty, remake d’une telenovela colombienne qui a disparu sans laisser de traces. A croire que les américains feraient mieux de se trouver leurs propres idées !

Nuff said

Au final, ce n’est pas tant la propension des américains à faire du neuf avec du vieux qui pourrait poser problème, mais bien la lassitude des spectateurs à se voir proposer toujours un peu la même chose. Qu’on se le dise, cette année s’avère difficile pour la plupart des chaînes avec des audiences franchement en berne par rapport à l’année dernière. Les succès sont rares, les annulations s’accumulent et beaucoup de série ont vu leur développement arrêté, c’est-à-dire que les chaînes n’ont pas commander de nouveaux épisodes en plus de ceux déjà produits. L’âge d’or des séries serait-il fini ? Laissons l’année passer pour en avoir le coeur net…

Je vous annonçai vendredi que le pilote de la série la plus prometteuse cette année était pour moi Blue Bloods. Et depuis, j’ai reçu un déluge  de réponses (enfin seulement deux) me disant combien j’avais tort. Tout le monde semble s’accorder sur la grande qualité de Boardwalk Empire, que j’ai vu contrairement à ce que raconte certaines mauvaises langues dans leur commentaire (n’est-ce pas Alex ?!) et je ne peux que confirmer ces avis. Oui, cette nouvelle série dont le pilote est réalisé par Scorsese himself est impressionnant et donne furieusement envie de voir la suite, mais je trouve que la série ressemble un peu trop à ce que diffuse la chaîne, qu’elle manque d’une pointe d’originalité pour vraiment être la série la plus prometteuse. On m’a aussi parlé de My Generation, vraisemblablement très attendue par les nouveaux amis de notre collègue parti s’exiler aux Etats-Unis. Mais, comme je lui faisais remarquer, à la vision du pilote, j’avais l’impression que la série ne pourrait pas aller bien loin ou que, du moins, son concept ne pourrait pas survivre à une deuxième saison. Et il semblerait que pour une fois j’avais raison puisque quelqu’un est déjà revenu pour confirmer mes dires. Il s’agit de…

He's Back et les meurtres de nouvelles séries ne font que commencer !

Et oui, il s’agit bien du retour de la tronçonneuse de l’annulation qui vient de décapiter My Generation, le nouveau show du jeudi de ABC, censé accompagner Grey’s Anatomy et Private Practice, et qui n’aura survécu que deux épisodes. Basé sur le premier épisode d’une série suédoise, My Generation proposait de suivre en parallèle un groupe de personnages en 2000 lorsqu’ils terminent le lycée puis en 2010 alors qu’ils atteignent la trentaine. Le tout sous la forme du mockumentary, c’est-à-dire d’un faux documentaire, puisqu’une équipe de télévision tourne un reportage sur la vie de ces charmants jeunes gens. On pouvait donc s’attendre, comme l’affirmait la chaîne, à voir un tout nouveau type de série – si seulement l’idée n’avait pas déjà été prise il y a quelques années (qui a dit Southland ?)

Elle louche sur la photo à gauche ou c'est moi?

Et depuis son annonce, au début de l’été dernier, la série a généré un certain buzz parmi les aficionados de la télévision. Le premier trailer donnait franchement envie et laissait entrevoir une utilisation des nouvelles technologies (facebook, twitter, un système de vidéos dans les vidéos qui fait penser à youtube, etc.) plutôt fascinante. Une série en prise avec son temps, qui prend des gros risques dans sa construction dramaturgique, et qui se veut une vraie analyse des années 2000 aux Etats-Unis.

Heu... je crois que j'ai déjà vu ce cast, non?

So… what happened? Et bien tout simplement, My Generation n’est qu’une série de forme, comprenez par là qu’il n’y a que la forme qui importe et qui est originale dedans. Ok, c’est toujours amusant de voir une petite timeline en bas de l’écran nous indiquer en quelle année on se trouve, de jouer avec les images d’archives ou de faire des comparaisons entre les espoirs d’ados et la dure réalité des adultes, mais au final on se retrouve ni plus ni moins que face à une série de trentenaires sans réel discours, sans réel concept de fond. Brothers and Sisters s’appuie sur une critique de la vision étriquée de la politique par une grande et complexe famille ; Parenthood s’intéresse principalement à l’éducation des enfants ; et même une série comme Bored to Death s’intéresse aux conséquences de l’ennui profond que peut ressentir une bande de loosers. My Generation, a trop vouloir parler de tout, ne parle finalement de rien, ne trouve jamais un angle d’attaque vraiment convaincant.

No Boobs for you ! (on reste une série familiale...)

Et les américains ne s’y sont pas trompés. Les audiences catastrophiques ont fini par convaincre ABC de vite remplacer la série par… quelque chose d’autre qui sera annoncé dans les prochains jours. Avec des résultats proches de Lone Star, l’autre série décapitée cette année, on ne pouvait pas espérer beaucoup mieux. Heureusement que Grey’s Anatomy cartonne à nouveau et que Private Practice se bat fièrement contre The Mentalist, sinon on aurait pu commencer à prendre peur pour les jeudi de ABC. Maintenant, j’ai juste hâte de savoir ce qui va passer le jeudi soir à 20h00 sur le gros network…

alors que Blue Bloods, elle, cartonne encore le vendredi soir ! (niark, vengeance !!!)

Ça y est : comme chaque année, la hache de l’annulation a frappé. Et à cette période là de l’année, on ne peut même plus parler de hache, on ne peut que parler de…

I WILL KILL ALL YOUR SHOWS !!!

Une petite explication s’impose. Aux Etats-Unis, en Septembre, les différentes chaînes (du moins les cinq gros Network que sont ABC, CBS, NBC, FOX et The CW) lancent leurs nouvelles séries. Celles-ci ont plus ou moins de temps pour s’imposer – normalement jusqu’en novembre à peu près, date des premiers sweeps, c’est-à-dire le premier moment où les chaînes vont refaire leurs grilles de programmation pour mettre en valeur tel ou tel show, le décaler d’une concurrence trop forte ou tout simplement l’annuler. Dans ce dernier cas, on parle de “axe”, la fameuse hache de l’annulation qui tranche les pattes à une série qui n’aura pas su trouver son public. Mais depuis quelques années, cette hache se transforme en vraie tronçonneuse quand les chaînes décident d’annuler une série après seulement deux épisodes.

Never Forget. Never Forgive.

L’année dernière, la tronçonneuse s’est abattue comme une masse sur The Beautiful Life, une série dont vous n’avez probablement jamais entendu parler puisqu’elle n’aura vécu que deux épisodes. Pourtant, la CW, la chaîne qui diffusait le show, voulait y croire : casting mené par Mischa Barton (l’ex héroïne de The O.C. aka Newport Beach chez nous), concept accrocheur (la vraie vie de jeunes mannequins, avec son lot de drogues et d’anorexiques), et une campagne d’affichage massive (avec les protagonistes… complètement nus.) Le résultat ? Une plantade pharaonique, qui a valu à la série de s’arrêter avant même que les autres chaînes n’aient fait leur rentrée ! Un échec unique en son genre… Unique ? Pas si sûr que ça…

Bonjour tout le monde, et surtout adieu !

Cette année, alors que toutes les nouvelles séries viennent à peine d’être lancée (No Ordinary Family, par exemple, a débuté il y a deux jours), la tronçonneuse vient de décapiter Lone Star, pourtant l’une des séries les plus prometteuses de cette rentrée. J’en avais déjà parlé dans un autre article mais, quitte à me répéter, le site Metacritic annonçait que si ce n’était pas le meilleur pilote de la saison, celui de Lone Star n’en était vraiment pas loin. Et après avoir vu ce fameux pilote, je peux vous avouer que j’étais moi aussi franchement convaincu.

Oui, y en a qui ont la belle vie...

Le concept, prometteur, était de nous parler de Robert Allen, un arnaqueur professionnel qui mène une double vie, avec deux femmes qu’il aime éperdument mais qu’il a séduites dans le but de vider leurs comptes en banque et ceux de leurs familles et amis. Un concept qui, la Fox aurait du s’en rendre compte tout de suite, collait plus à une petite chaîne du câble comme FX ou Showtime, voir HBO, qu’à un network détenu par des républicains et plutôt conservateur dans ses idées et ses spectateurs. Ceux-ci sont peut-être venus pour jeter un œil à la série, mais à mon avis dés qu’ils ont compris que le héros avait deux femmes et que ce n’était même pas décrit comme quelque chose d’absolument horrible, ils ont zappé sur The Event ou même Gossip Girl. Résultat : you lose et tu ne passes même pas par la case départ. Bye bye au show le plus prometteur de cette année.

Ca en jette quand même plus que la promo de Masterchef.

En attendant, les grands gagnants du lundi soir, ce sont eux, les héros de Hawaii Five O, qui ont tout raflé face à Castle et Chase, le nouveau Bruckheimer. Et, pour avoir vu le pilote, je peux vous dire que ce n’est pas tout à fait démérité. Mais on reparlera dans un prochain post !

Samedi, alors que l’hiver, le froid et le temps pourri s’abattent sur la capitale, Girlfriend et moi décidons d’aller faire un tour au cinéma. Après moult galères pour obtenir des billets pour la même salle, nous pouvons enfin nous délecter du Dernier Exorcisme, petit film d’horreur dont l’affiche avait beaucoup plu à Binnie.

"La peur, la vraie" ? Le bruit du métro qui passait sous nos sièges était plus flippant !

Et on va dire que pendant 90% du temps, nous n’avons pas regretté notre choix. Loin du film d’horreur classique, ce Dernier Exorcisme, filmé sous la forme d’un faux documentaire qui fait inévitablement penser à Blair Witch Project, se veut une relativement intéressante réflexion sur le pouvoir de la foi, et sur comment ceux qui savent l’utiliser prennent l’ascendant sur ceux qui veulent croire. Le souci, c’est que les dix dernières minutes du film sont un assortiment incohérent et peu crédibles de scènes d’horreur complètement cheap, qui plonge le film dans un pseudo fantastique absurde et ridicule. Le comble est atteint quand un démon sort des grosses flammes numériques d’un bûcher et se met à parler avec une grosse voix. Bref, un bon gros FAIL en bonne et due forme qui vient atomiser un projet intéressant qui restera à tout jamais dans l’ombre de tous les autres films d’horreur. Et c’est à ce moment là que je me suis dis que, finalement, il en faut peu pour foirer un film… et encore moins pour foirer une série !

Garder ses (bonnes) idées pour la fin :

Même quand elle sourit, elle chiale.

Un ami scénariste ne cesse de me le répéter : si on fait un projet qu’on arrive à vendre, il faut tout donner dés le premier épisode et ensuite il faut toujours arriver à se dépasser. Chez Bonbon Sucré, aka Ghost Whisperer, la seule série dans laquelle l’héroïne pleure à la fin de tous (et je dis bien TOUS) les épisodes, on a eut un peu la démarche inverse. C’est-à-dire ne jamais rien dévoiler sur le (petit) feuilletonnant de la série et tout se garder pour les deux-trois derniers épisodes. Autant dire que la série ne m’a jamais convaincu sur le long terme et qu’elle m’a totalement dérouté sur sa fin – enfin, juste avant que les scénaristes ne résolvent cinq ans de mystères d’un coup de baguette magique avec des enfants qui brillent. Qui brillent !

S’intéresser à ses personnages trop tard :

Quelqu'un pourra expliquer au cadreur que ce n'est pas parce qu'il n'aime pas Blondie qu'elle doit être floue?

Un peu dans le même ordre d’idée, Miami Medical (dont on a déjà parlé) ne s’intéresse vraiment à ses personnages qu’au bout de six ou sept épisodes. Subitement, ces gros archétypes sans âmes auxquels on avait bien du mal à s’intéresser, dévoilent des sentiments un peu plus complexes, de réels passés, et des vrais caractères. Dommage, car la moitié du public a déjà déserté la série, considérée (presque à tort) comme une énième série médicale sans personnalité…

Ne vraiment pas avoir de personnalité :

La seule chose dont je me souviendrai encore dans deux ans, c'est sans doute le nom de la série : on le voit écrit partout.

Car dans le lot de la série médicale sans personnalité, on pourra acclamer la magnifique Three Rivers, série au potentiel franchement surévalué par les critiques en début d’année dernière et dont on ne retiendra… pas grand chose en fait. Un hôpital, des médecins, des questions de vie ou de mort et… c’est tout. Rien ne vient différencier Three Rivers de n’importe quelle autre série médicale, que ce soit dans son concept, ses personnages ou même sa réalisation. Un manque de créativité qui n’a d’égal que le manque de prise de décisions et de risques des créateurs.

Ne pas choisir de ton :

Encore une série qui se noie (mon humour aussi.)

Gravity, petite série de Starz, la chaîne qui a bluffé quasiment tout le monde avec son Spartacus, avait de quoi promettre avec un pitch plutôt surprenant : une série comique sur un groupe de suicidants rescapés. Mais là aussi, le manque de décisions des créateurs fait sombrer la série. En effet, Gravity hésite toujours entre la comédie de situation, l’humour noir et la série franchement glauque, ce qui fait qu’au final on ne comprend vraiment pas où les auteurs veulent en venir. Lâché sur le pas de la porte, on hésite à jeter un coup d’œil par la fenêtre, mais on ne participe jamais à la fête qui se déroule à l’intérieur. Et oui, je pense que c’est sans doute ma métaphore la plus ridicule de l’année.

Louper son cast :

Dire que les personnages ont autant l'air de se faire chier que nous...

Après un petit détour, on en revient à la composante principale d’une série : ses personnages. Ces dernières années nous ont bien prouvé qu’un bon pitch ne sauvera jamais un show dont les protagonistes n’intéressent personne. Souvenez vous des naufragés apparus subitement pendant la saison 3 de Lost, ils ont fini enterré comme des merdes parce qu’ils n’intéressaient personne. Maintenant, là où c’est plus problématique, comme dans Flashforward par exemple, c’est lorsque le destin d’aucun personnage ne nous intéresse. Pourtant, avec son flash qui fait voir à la quasi totalité de la population mondiale quelques minutes de son futur, Flashforward disposait d’un pitch particulièrement couillu ! Et qui ne s’est pas profondément ennuyé (voir endormi) au fil des épisodes, déconnecté des trajectoires de personnages plus brouillons les uns que les autres?

Se faire bouffer par son propre succès :

Yatta no more.

Enfin, il y a une règle d’or à laquelle il faut toujours faire attention, c’est ne pas se laisser bouffer par son propre succès. Malgré tout le bien qu’on veut en penser, on se souvient tous encore de quelques sales années de Friends… Plus récemment, Heroes s’est terminé en eau de boudin à sa saison quatre, alors que l’année de son lancement on lui prévoyait dix ans (voir plus) de bons et loyaux services. Le succès, et la demande de la chaîne aux auteurs de fournir toujours plus d’épisodes, a transformé la première vraie série-comics en soap Plus-belle-la-vie-esque qui a fait vomir le plus fanboy d’entre nous. Qu’on se le dise, Yatta ! s’est éteint le 08 février 2010 dans l’indifférence générale. RIP.

You should know it, kids, parfois la vie n’est vraiment pas juste. Que ce soit lorsque vous faites trois stations de métro pour aller chercher du poisson et que vous découvrez sur place qu’il n’y a plus que des vieilles crevettes dégueulasses, que ce soit lorsque vous vous dévouez pour aller chercher des clopes alors que vous n’avez pas de monnaie et que le vendeur vous informe qu’il ne prend la carte qu’à partir de 24 euros, ou que ce soit lorsque vous emmenez pour la première fois votre chérie dans un de vos bars préférés mais que ça tombe pile poil le seul soir où ce fameux bar est plein à craquer et qu’il est impossible de commander une bière, la vie est parfois vraiment injuste. Et dans l’industrie de l’audiovisuel, c’est encore pire.

Les fans ont tué ma série de SF préférée.

Le premier qui dit que ce vaisseau ressemble à un gros pénis sort de ce blog.

J’aime bien les fanboys. J’en suis un moi-même pour tout ce qui touche de près ou de loin à Warren Ellis, l’un des meilleurs scénaristes de comics (et auteur d’un très amusant roman) que le vingtième siècle nous ait offert. Dés que j’entends une critique sur THE man, mes poils se hérissent, mon t-shirt se déchire, et tous mes muscles s’atrophient de deviennent verts. Mais qu’il se plante sur un truc, qu’il rate une page de comics, et je lui tombe dessus comme les sept plaies d’Égypte sur… l’Égypte tient.

Vraiment les gars? Vous deviez VRAIMENT faire revenir MacGyver?

Bref, tout ça pour en venir au fait que je ne suis pas du tout un fanboy de l’univers Stargate. Pour tout vous dire, je trouve même que le film à l’origine de toute cette mascarade pseudo SF est une grosse bouse sans intérêt – et encore je ne vous parle pas du flipper qui en avait été adapté et qui m’a fait perdre plus d’un genou en essayant de le défoncer. Quand SyFy a lancé Stargate Universe, comme tout un chacun je me suis mis à rigoler, puis à m’inquiéter sur la santé mentale de personnes qui s’obstinent à faire vivre une telle licence. Et puis, comme je suis un gros autiste de la série qui veut absolument voir un épisode de chaque show, j’ai regardé le pilote. Et le deuxième épisode. Et semaine après semaine, j’ai regardé la suite. Et je me suis fait avoir. WTF : qui l’aurait cru, Stargate Universe est en fait la suite de Battlestar Galactica !!!

Personne n'y croit à vos vaisseaux en forme de pyramide, PERSONNE !

Et c’est avec une certaine douceur que je glisse tranquillement vers la fin, n’ayant plus que trois petits épisodes à regarder… Mais là, surprise, à l’épisode 18, les auteurs signent le retour de Richard Dean Anderson, notre bon vieux MacGyver reconverti en soldat américain hautement fier de sa nation. Mauvais signe? Oui, très mauvais signe, confirmé par un rapide tour sur le net. Comme je m’en doutais, les fans de la licence Stargate déteste SGU, comme ils l’appellent, et les scénaristes ont été rappelés à l’ordre pour mieux intégrer cette ultime déclinaison dans l’univers de la licence. Revoilà donc la technologie égyptienne et les putains de vaisseaux en forme de pyramide, les décors en carton-pâte et les méchants extra-terrestre qui veulent envahir la Terre. Flash-back dix ans en arrière dans ta gueule. Les fans sont en train de me tuer la dernière série SF un peu convaincante. La vie est injuste.

Bataille de “season finale.”

Désolé les gars, on ne verra plus jamais ce joli trio.

C’est dur pour une série de mourir de sa belle mort. Mercy, sympathique show autour d’un trio d’infirmières dans un hôpital du New Jersey, ne coupe pas à la tradition et se termine assez salement avec tout plein de cliffhangers qui ne seront jamais résolus. Non pas qu’ils auraient vraiment convaincu si la série avait pu continuer (marre de l’accident de voiture qui survient dans les dernières secondes !) Le dernier épisode tourne, en grande partie, autour d’un terrible accident qui risque de coûter sa jambe à un patient, un petit garçon coincé dans des décombres avec l’une des héroïnes, avec une scène d’amputation haute en couleurs. Bref, un finale sympathique qui aurait pu rester dans les mémoires si…

Non, Grégory, je ne te donnerai pas mon foi. Mais arrête de me regarder avec ces grands yeux...

… il n’y avait pas eu le season finale de House. Pour clore la saison 6, les scénaristes nous coincent notre médecin antipathique préféré dans des décombres, avec une patiente qui risque de perdre sa jambe et une scène d’amputation haute en couleurs. Ça vous rappelle quelque chose ? Et oui, à peu de choses près, le final de House et le final de Mercy racontent la même histoire. Mais chez House, pas de cliffhanger ridicule à la fin (mais une déclaration d’amour comme vous n’en avez jamais vue !), pas d’acteur de seconde zone qui peine à assurer les dernières heures de son personnage, et surtout une vraie mise en scène toujours intelligente, qui vous plonge totalement dans l’histoire et qui vous en fait ressortir lessivé, le cœur serré, mais heureux. J’aurai vraiment aimé que Mercy arrive à finir avec les honneurs, mais avec une telle concurrence, c’était perdu d’avance. Que voulez-vous, parfois la vie est injuste.

On a les émissions d’humour qu’on mérite.

Oui, c'est le fils de Patrick.

En France, pour bien rigoler dans l’après-midi, on a Patrick Sébastien et surtout Olivier, son fils, (ex) futur animateur télé et, si la vie fait bien les choses, futur de la télévision française tout entière. Ce qui en dit long sur notre avenir… Les deux hommes nous proposent des espèces de best-of des innombrables émissions du papa, nous replongeons à loisir dans les grands sketchs des plus grands comiques qui ont émerveillé au moins deux générations. Bon, ok, je suis un peu méchant, pour l’humour on a aussi Groland, Action Discrète, le SAV des émissions, les Guignols ou même Le Petit Journal de Yann Barthès. Que des programmes qui passent sur Canal +, dis donc… les autres chaînes seraient-elles encore un peu frileuses à l’idée de diffuser une émission comique qui pourrait faire de l’ombre au gouvernement ?

Non, ce n'est pas le fils de Patrick.

Les américains, eux, ont cet homme, le fabuleux, l’incroyable, l’irrésistible Jon Stewart. Oui, vous l’avez compris je suis fan. On pourrait même dire que je suis un fanboy de Stewart. Jon est l’animateur du Daily Show, l’une des rares émissions américaines quasi quotidienne (du lundi au jeudi) que vous devriez regarder (l’émission est disponible tous les jours sur le site officiel) pour tant soit peu que vous vous intéressiez à la vie politique des États-Unis et surtout à son traitement par les médias…

Le plus beau sourcil gauche de l'histoire de la télévision.

Et juste derrière, vous pouvez retrouver le Colbert Report, un spin off du Daily Show, animé par Stephen Colbert, un vrai faux journaliste républicain relativement idiot, très patriotique, et ennemi juré de Jon Stewart. Vous l’aurez compris, l’émission joue à plein tube le registre de l’auto-dérision et de l’humour cynique et s’en prend à des sujets un peu plus généraux que ceux du Daily Show. Une autre perle, donc, à regarder tous les jours (surtout si vous faites partie de tous ces gens qui vont partir à New York dans les prochains mois – mais je ne vise personne !) pendant que nous autres, petits français, nous devons subir les vannes sur internet des auteurs des Guignols… Et oui, parfois, la vie est injuste !

Alors que la sitcom peine à changer et à se renouveler (les mercredis d’ABC en sont la preuve avec le trio The Middle, Modern Family, Cougar Town) et que les “valeurs sûres” semblent s’essouffler (voir les dernières saisons de How I Met Your Mother ou The Big Bang Theory), certains arrivent avec une vraie originalité, un ton rafraichissant et une frivolité qui frôle la désinvolture sans jamais tomber dedans. Malheureusement, ces qualités sont celles de Community, dont on ne parlera pas aujourd’hui. Car, dans la grande série “mais qu’est-ce qui leur est passé par la tête pour faire ça ?”, nous nous intéressons plutôt aux deux nouvelles sitcom Romantically Challenged et 100 Questions, commises respectivement par ABC et NBC. Ou quand des diffuseurs ont pensé qu’il suffit de reprendre la recette de Friends pour faire un carton. En plus, ils l’ont fait en même temps. Pour le même résultat.

Chérie, pourquoi ils m'ont fait subir ça? Sparave Chaton, souviens toi que t'as maté Miami Medical.

J’espère que vous vous souvenez du jeu des sept erreurs qu’il y avait dans nos magazines de jeunesse. Parce qu’en regardant les deux pilotes l’un après l’autre, je me suis dit que les scénaristes nous avaient fait une petite blague du genre : attends, on va faire la même chose (à peu de choses près) pour deux chaînes différentes et on va voir si tous les gogos qui regardent encore des sitcoms n’y voient que du feu. Et puis vous pouvez aussi voir ça comme les sept erreurs à ne plus jamais commettre lorsque vous créer une sitcom. Mais soyez sympa, ne nous infligez plus jamais ça…

ERREUR N° 1 : UN CONCEPT BIEN POURRI.

Generique Killer

Que ce soit Romantically Challenged et son héroïne qui vient de divorcer et qui veut retrouver l’amour, ou 100 Questions et son héroïne qui vient de larguer un mec qui l’a demandée en mariage et qui veut retrouver l’amour (ah ah, vous commencez à voir où je veux en venir?), les deux sitcoms nous proposent de suivre un groupe d’amis, dans la petite trentaine, et leurs réflexions sur l’amitié, l’amour et le sexe. Attendez, ça me dit quelque chose… qui a dit Cheers ? (pour les incultes, sitcom de 1982, qui a duré onze ans sans compter son spin-off, et à laquelle Friends a volé un bon paquet de blagues !)

Au moins, c'est un vrai générique.

ERREUR N°2 : UNE STAR VIEILLISSANTE.

DON'T SMILE PLZ DON'T SMILE !

Rien de tel, pour faire prendre la sauce et attirer le chaland, que de faire appel à une bonne vieille star vieillissante — c’est encore mieux si elle fait un peu peur. Romantically Challenged joue la carte Alyssa Milano, la petite fille de Tony Micelli dans Madame est servie, et l’insupportable sœur Halliwell de Charmed. Sur-liftée, avec un sourire aussi figé que le chapeau de Madame de Fontenay, Milano fait vraiment peur à voir et j’avoue avoir mis tout l’épisode pour la reconnaître.

M'en fous, un jour je serai vraiment connu d'abord...

De l’autre côté, chez 100 Questions, c’est carrément Chris Moynihan, un pauvre comique qui a eu la (mal)chance de voir toutes ses apparitions dans des sitcom ne jamais être diffusées, qui assure l’un des rôles principaux et s’occupe de la direction de production. Il fait aussi appel à Sophie Winkleman, une petite anglaise que seuls les plus aguerris d’entre vous peuvent connaître mais que vous avez peut-être vu dans un nombre incroyables d’épisodes de séries anglaises. Et oui, quand on peut pas se payer une vraie star, on en prend deux plus petites.

ERREUR N°3 : UN FAUX JOEY

Hello, i'm Joey, i'm funny.

Si les créateurs de Friends ont vraiment eu UNE bonne idée (oui, parmi d’autres, parmi d’autres !) c’est celle du personnage de Joey. Le mec mignon mais un peu couillon, avec un grand cœur. Le genre de gars qui peut faire fondre tout le public féminin et faire marrer les mecs avec des vannes bien lourdes. Forcément, Romantically Challenged ne pouvait pas se passer d’un tel personnage et nous impose son Shawn, copie conforme de Joey — qui vit même en coloc avec l’autre garçon du groupe, bien qu’il paie rarement le loyer.

Hello, i'm Joey, i'm funny.

Pour 100 Questions, on aura Wayne, copie conforme de Joey — qui vit même en coloc avec l’autre garçon du groupe, bien qu’il paie rarement le loyer. Bon ok, pour sa défense, on notera un petit effort à la fin de l’épisode 2 pour montrer qu’il n’est pas complètement stupide et qu’il comprend parfaitement l’héroïne. Ils pourraient même avoir une histoire d’amour ensemble, tiens… Qui a dit Joey et Rachel ?

ERREUR N°4 : LA BLONDASSE FOLLE DE SEXE

Qui veut être un morceau de poulet frit?

Alors là, il n’y a qu’une série à blâmer pour avoir remis en place le gros cliché de la blonde folle de sexe, c’est Sex and the City. Mesdames, prenez-vous en à qui de droit et arrêtez d’accuser les scénaristes de sitcom de machisme. Donc, après nous avoir fait une première fois le coup dans Accidentally on Purpose (autre sitcom diffusée — et annulée — cette année), Romantically Challenged et 100 Questions nous offrent leurs pouffes de service. Franchement, même pas la peine d’essayer de se souvenir de leurs noms, c’est pas comme si on en avait quelque chose à faire.

Danse pour moi, vas-y danse pour moi !

ERREUR N°5 : DES BLAGUES NAZES ET DES RIRES MAL PLACES

Alyssa est vraiment choquée par la qualité des vannes de son sitcom.

C’est un grand classique mais nous autres, pauvres européens que nous sommes, nous aurons toujours du mal à nous faire aux rires enregistrés dans les sitcoms. Pas tant que ce soit des faux rires (les shows sont en général enregistrés en public, plusieurs fois, et un ingé son vient mixer le tout à la sortie), mais c’est surtout que certains rires sont juste mal calés. Une vanne vraiment naze, qui ne ferait même pas rire votre grand frère différent, mais qui provoque l’hilarité d’un public shooté au xanax : rien de tel pour vous faire vomir.

Pour de vrai, là, la blague c'est : "c'est parce que tu dois être bonne au lit."

ERREUR N°6 : LA VALEUR AJOUTÉE, L’IDÉE QUI TUE.

Quota numéro 1

C’est la leçon des sitcoms des dernières années : il faut avoir une “valeur ajoutée”, une idée qui tue et qui fera toute la différence entre votre sitcom et les autres. Les flash-back de How I Met, la geekerie de Big Bang Theory, le cadre façon docu-reportage de Modern Family, voici quelques exemples qui devraient normalement vous parler. 100 Questions a une petite idée sympathique : tous les épisodes commencent avec l’héroïne qui répond à un questionnaire de cent questions, dans une agence matrimoniale, à un black plutôt rigolo. Et forcément, pour répondre sincèrement, elle est obligée de lui raconter une anecdote qui sera le sujet de l’épisode. Une idée simple, qui ne remet pas grand chose en question, mais qui a le mérite d’être un peu originale.

Quota numéro 2

De son côté, 100 Questions propose un personnage relativement inédit : une asiatique qui… aime la mode. Je crois. Mais bon, une asiatique, bordel, on n’en voit pas tous les jours ! Surtout qu’elle ne joue même pas un rôle d’asiatique (comprendre par là qu’elle ne bosse pas dans un restau chinois et qu’on ne l’a pas encore vu faire du karaté). Ah oui, tiens, en fait, c’est juste 100 Questions qui a des valeurs ajoutées. J’en ai cherché pour Romantically Challenged mais franchement je pense que les auteurs étaient trop fatigués pour chercher une quelconque idée.

ERREUR N°7 : LES BOTTES

Regardez bien, elle a des grosses bottes.

Ça doit être la grande mode de cette année. Les héroïnes portent des bottes à talons — quand ce n’est pas carrément le sujet d’un épisode (cf le deuxième 100 Questions).

Des bottes, des bottes !

Je ne sais pas si ce sont les réalisateurs ou les scénaristes qui sont fétichistes, mais en tous cas on les voit bien les bottes. A moins que ce ne soit une conspiration des magazines de mode qui font des numéros spécial mode.

EN CONCLUSION :

Si vous devez vraiment en voir une des deux, je vous dirai de vous diriger plutôt vers 100 Questions, qui gagne de justesse avec un poil d’originalité dans ses accroches. Romantically Challenged peut être marrant cinq minutes pour se faire peur en regardant Alyssa Milano (et se dire qu’on est vieux) mais pas plus. Donc au final, victoire par KO pour toutes les séries qui sont diffusées au même moment sur les autres chaines.