Quatrième fournée de reviews des séries diffusées cette année. On revient sur le shondaland, on fait un tour dans la rome de la renaissance, et on rigole avec deux dessins animés du dimanche.
Et les liens : partie 01, partie 02, partie 03.
Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :
0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.
1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.
2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.
3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.
4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…
5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…
6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.
Septième saison pour Grey’s Anatomy, celle décrite par les experts comme la plus difficile à passer, celle qui est censée marquer la fin d’une époque avant d’en entamer une autre. Après le départ de deux de ses acteurs fondateurs il y a deux ans, la série a déjà passé le cap de la transition de personnages adolescents (dans leurs têtes) au statut d’adulte. Il fallait donc trouver une autre voie pour tenter de renouveler un peu la série qui ne cesse de s’essouffler…
La saison s’ouvre sur les répercussions du drame qui faisait office de season finale l’année dernière, à savoir une fusillade dans l’hôpital. Du coup, les auteurs tentent de jouer un bon moment sur les répercussions psychologiques d’un tel évènement. Christina abandonne la médecine, Meredith fait face (plus ou moins) à ses pulsions suicidaires, Alex prend conscience de son potentiel. Du coté des “adultes”, rien de bien nouveau à se mettre sous la dent – seul le chef va devoir faire face à la maladie d’Alzheimer qui atteint sa femme. Ça tombe bien, Meredith et son MacDreamy de mari lance une étude sur un médicament qui pourrait aider à contrer les effets néfastes de cette terrible affliction. Glop glop glop.
L’année s’est écoulée rapidement et je n’ai jamais regardé Grey’s Anatomy avec déplaisir. Pas sûr, pour autant, que j’en retienne quoi que ce soit. Le show s’est enfermé dans ses petites habitudes et est devenu une sorte de soap de luxe à tendance réaliste : fini le ballet des couples qui se font et se déchire, maintenant tout le monde cherche à construire sur du long terme… mais du coup les scénaristes sont bien en berne de trouver des évènements marquants. Et ce n’est pas l’accident de Callie, personnage dont on se contrefout royalement depuis qu’elle fait la “grande”, qui va améliorer les choses : il donne lieu à un épisode musical qui est de loin l’une des plus grosses catastrophes télévisuelles de cette année, voir des dix dernières saisons !
Final Score : 3/5 pour les fans de la première heure, 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une huitième saison.
J’ai longtemps pris le parti de Grey’s Anatomy face à ses détracteurs. Sous ses allures de medical show, c’était pour moi un show pour adolescents de haute volée, qui a tout compris de la transition de l’adolescence à l’âge adulte. Aujourd’hui, le show n’est plus que l’ombre de lui-même. Certes, on prend plaisir à suivre le destin de personnages qu’on aime toujours autant, mais on n’en retient absolument plus rien. Tel un soap haut de gamme, après le visionnage on a déjà presque tout oublié. La résurrection est prévue pour l’année prochaine, alors croisons les doigts.
Quatrième saison pour la petite soeur de Grey’s Anatomy, à savoir Private Practice. Plus adulte, le show se concentre sur une clinique privée de fertilité et n’hésite pas à aborder des thématiques beaucoup plus sombre que les aventures de Meredith Grey. Mais pour cette quatrième saison, arriver à se renouveler dans les histoires va être dur, très dur. Impossible ?
Ce qu’on retiendra principalement de cette quatrième saison, c’est le viol de Charlotte King et la manière dont il est traité. Brutal, c’est le moins que l’on puisse dire. Et c’est bien là que le show prouve toute sa force : c’est, à mon souvenir, la première fois que cette thématique est traitée avec une telle intensité, une vraie envie d’aller au bout des implications psychologiques ET physiques, et ce sans jamais jouer les pousse-aux-larmes. Un énorme point positif pour la série, qui aurait mérité quelque récompense pour ne pas avoir reculé devant la difficulté de traiter un tel sujet.
A part ça ? Et bien pas grand chose. Comme pour Grey’s Anatomy, on retrouve avec un certain plaisir les personnages, on apprécie de les voir très légèrement évoluer, mais leurs aventures s’oublient aussitôt le poste éteint. Violet écrit un livre expliquant son expérience mais met le cabinet en porte à faux. Addison révèle son histoire avec Sam et perd sa meilleure amie (qui est l’ex femme de Sam pour ceux qui l’ignorent !) mais elle veut un bébé et pas lui. Bouh. Et Sheldon… heu… ben il est là quoi. Ah oui, la soeur de MadDreamy est enfin totalement intégré au casting et de temps en temps elle a des problèmes d’alcool. Voilà. C’est peu, bien peu, trop peu, d’autant plus que les thématiques se répètent et ne sont jamais vraiment traiter. Dommage.
Final Score : 3/5 si vous suivez Grey’s Anatomy et pour le traitement du viol de Charlotte King. 2/5 pour l’ensemble de la saison. Série renouvelée pour une cinquième saison.
Private Practice marque cette année un vrai coup d’éclat avec son traitement de la thématique du viol, prise à bras le corps. Le reste se regarde sans vraiment y penser et s’oublie aussi vite. Vite, vite, de nouveaux scénaristes avec des idées.
Chapeau bas au programmeur de la FOX qui prenne un certain risque en intégrant dans leur soirée dessin animé du dimanche soir un produit estampillé ni par Matt Groening (The Simpsons, Futurama), ni par Seth MacFarlane (Family Guy, American Dad, The Cleveland Show). Ils avaient tout à y perdre, vu que les deux autres cartonnent totalement. Leur choix se porte curieusement sur Bob’s Burgers, autour d’une famille qui possède un restaurant de hamburger. Plus curieux encore, quasiment rien dans la série ne justifie le dessin animé, et le projet pourrait tout aussi bien exister en live. Du coup, on peut sérieusement se demander si le show n’est pas plombé dés le départ par un mauvais choix de production…
La première rencontre avec Bob et sa famille est un peu ardue : graphisme très particulier, voix relativement hystériques, générique à l’humour douteux – on ne se sent pas très bien et on hésite vraiment à éteindre son poste. D’ailleurs, les premiers épisodes laissent assez perplexes : certes, ce n’est pas une catastrophe, mais on ne rit pas vraiment et on ne cesse de se demander pourquoi, mais pourquoi ?
Et puis le miracle arrive enfin. Est-ce la série qui s’améliore ou nous qui nous acclimatons à cette si particulière famille ? D’un coup la lenteur amorphe de Tina nous amuse, tout comme les pets et les morceaux de musique si particulier de Gene, les deux plus grands enfants. L’hystérique maman, Linda, devient aussi adorable qu’une Marge Simpson (en bien plus trippée) et Bob nous donnerait presque envie d’avoir une moustache. Mais c’est surtout le personnage de Louise, qui adore faire des blagues et se moquer de tout le monde (elle répète à l’envie qu’elle est entourée d’idiots et n’hésite pas à exploiter des enfants pour se faire de l’argent sur leur dos !), qui fait vraiment exploser la série, qui la rend soudain irrésistible et nous donne envie encore et encore d’y revenir.
Du coup, bravo messieurs de la FOX, mission accomplie.
Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Bob’s Burgers n’est pas une série qui s’apprivoise facilement et nul doute que nombre de spectateurs ne riront jamais face à ce programme VRAIMENT atypique. Ceux qui, comme moi, aime les personnages de petite fille tyrannique, excessive, manipulatrice et profondément survoltée, tomberont forcément sous le charme de Louise puis, peu à peu, de tout le reste de la série. Et pour une fois qu’on a un programme un peu original et des gens de chaîne qui prennent des risques, on ne va pas faire la fine bouche.
Les papis de la télévision américaine, installé depuis 22 ans le dimanche soir sur la FOX, arrivent-ils encore à nous faire rire ? The Simpsons bénéficie d’un potentiel de sympathie juste énorme, mais il serait peut-être temps de donner un bon coup de pied dans la fourmilière…
Impossible de ne pas comparer The Simpsons aux autres séries animées, surtout histoire de se faire un vrai avis sur cette vingt-deuxième saison. South Park fait toujours autant dans le gore et le scato mais affine aussi sa critique du monde contemporain (voir à cette occasion l’excellent épisode sur Apple.) The Cleveland Show joue à fond la carte de la sitcom et se trouve ainsi une identité propre. American Dad et Family Guy reposent toujours sur le même humour non-sensique et de référence. Du côté du câble, Archer vient titiller ces “vieux” shows en lorgnant du côté de l’humour pour adulte propre à la chaîne Adult Swim. Et les Simpsons dans tout ça ?
Et bien ce qui fait la force de la série, à savoir sa structure qui part dans un sens pendant les premières minutes pour mieux nous amener sur un sujet qui n’a rien à voir, est toujours là et aussi efficace. Mais à part ça, on ne peut que sentir une certaine lassitude de la part des auteurs, un certain manque de nouvelles idées, bref on sent que la routine s’est fortement installée ce qui n’est jamais bon signe.
En fait, à part les introductions avec le canapé, qui s’avèrent cette année vraiment à la hauteur et savent toujours nous surprendre, le show se regarde comme on subit un vieux soap qu’on n’arriverait pas à arrêter : on aime toujours les personnages, et on se laisse plus ou moins convaincre par les histoires, mais on sent que si on était vraiment objectif on aurait bien du mal à défendre la série. Prions pour qu’un vent de nouvelles idées viennent souffler sur le cerveau des auteurs pendant l’été.
Final Score : 3/5, série renouvelée pour une vingt-troisième saison !
The Simpsons était LA série d’avant-garde à l’humour corrosif il y a encore quelques années. Aujourd’hui, si on prend toujours du plaisir à regarder les aventures de la famille la plus jaune de la télévision, force est de constater que la critique sociale, l’humour désopilant ou le ton acerbe n’est plus l’apanage de la création de Matt Groening. Fatigués, essoufflés, tout simplement vieillis, les Simpson risquent de ne plus faire recette longtemps si les auteurs n’arrivent pas à renouveler vraiment la série.
Sur Showtime, les série historiques se suivent et ne se ressemblent pas… enfin un petit peu quand même !
Après The Tudors, la chaîne continue de contribuer avec Michael Hirst, scénariste spécialisé dans l’histoire anglaise, ici seulement en tant que producteur, pour nous proposer The Borgias, sur la célèbre famille d’origine espagnole qui marqua la Renaissance d’une empreinte de sang. Mais Hirst étant occupé à écrire Camelot pour Starz, il fallait trouver un autre scénariste de renom. C’est chose faite avec Neil Jordan, auteur de plusieurs romans et scénaristes pour le cinéma, récompensé pour The Crying Game. Mais ce petit nouveau à la télé a-t-il les reins assez solides pour composer la partition des neufs épisodes de cette série ?
Des Tudors aux Borgias, on reconnaît l’amour des auteurs pour l’Histoire, mais aussi et surtout pour la manière dont les hommes de pouvoir peuvent être subjugués, obnubilés et parfois manipulés par les femmes. Il est d’ailleurs assez marrant de constater que si on mélange les trois hommes de la famille Borgias (le papale Alexandre VI, Cesare et Juan) on obtiendrai presque Henri VIII d’Angleterre !
On retrouve aussi le même type de réalisation qui camoufle de manière assez maligne quelques passages trop ambitieux pour le budget de la série. Le casting est tout aussi réussi : Jérémy Irons est certes magistral, mais il ne faudrait pas non plus oublier François Arnaud (Cesare) et surtout l’extraordinaire poupée de chiffon qui cache un redoutable dragon Holliday Grainger parfaite dans le rôle de Lucrezia. Et on n’oubliera pas de citer notre sympathique Michel Muller, proprement incroyable dans le rôle du Roi de France et qui nous fait regretter de ne pas le voir plus souvent dans des programmes français !
Pas trop curieusement, on retrouve les mêmes défauts que dans les Tudors : une certaine manie à casser le rythme avec des séquences de dialogues parfois interminables, une évolution dramaturgique pas toujours au top et des fins d’épisodes qui manquent cruellement de cliffhanger.
Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Les amateurs de séries historiques (comme moi) seront comblés, malgré quelques grossières trahison à l’Histoire avec un grand H. The Borgias prend parfois un peu trop son temps et comment des erreurs imputables à la jeunesse de la série, mais on y sent déjà tout le potentiel pour une grande saga vraiment réussie. Les acteurs sont impeccables et la réalisation franchement inventive ; l’histoire, elle, a déjà fait rentrer dans les dictionnaires les différents membres de cette famille qui ne recula devant rien pour obtenir le pouvoir.







