Cette semaine, deux nouveaux médecins, un benêt et des espions russes débarquent sur nos écrans. Mais avant tout, on dit adieu à l’une des séries animées américaines les plus ambitieuses depuis fort longtemps.
Pas la peine d’être fan de la licence pour apprécier pleinement Tron : Uprising, série animée censée se situer temporellement entre les deux films. Si l’univers pèche toujours sur les mêmes points (pourquoi faire des “programmes” si c’est pour qu’ils agissent exactement comme des humains et à peine exploiter les possibilités d’une telle idée…), la série repose sur des personnages que je trouve personnellement nettement plus charismatiques, complexes et intrigants que ceux des films. Ainsi en est-il de Beck, héros perdu dans une quête qui le dépasse et qui demande des sacrifices qu’il n’est pas forcément prêt à faire, ou encore Mara, dont l’allégeance totale au Renegade qui prépare peu à peu la révolution va être mise à rude épreuve.
L’ensemble du scénario repose sur une arche narrative assez classique mais superbement exploitée. Cette lente mise en place d’une révolution venue du peuple face à un régime autoritaire et injuste ne ménage ni ses métaphores sur la société actuelle, ni les rebondissements surprenants. Mais plus fort encore, l’adéquation entre le fond et la forme du scénario se retrouve aussi dans la réalisation, qui peut repousser au début avec ses angles forcés et sa 3D assez particulière, mais qui colle tout à fait à l’univers sur le long terme.
Dommage alors que le show n’ait pas su trouver son public. Pour l’instant, Disney XD n’a toujours pas annoncé une annulation en bonne et due forme, mais il y a fort à parier qu’il faudra se contenter de ce “premier chapitre” d’une saga qui aurait pu être vraiment fascinante. C’est la vie, comme disent les français.
Final Score : 8/10
Réalisation de prime abord repoussante mais en réalité finement pensée, scénario totalement convaincant, et voix servies par de grands acteurs qui s’éclatent : ce Tron : Uprising a tout plaire. Quel dommage que les audiences n’aient jamais été au rendez-vous !
Les médecins ont définitivement la côte à la télévision. Mais pour les scénaristes, c’est un vrai casse-tête pour arriver à renouveler le genre. Dernière idée en date, aller puiser du côté des vieux récits fantastiques (ou des contes, comme dans Grimm, qui applique la recette à la série policière) pour bousculer un peu les choses. C’est donc dans cet ordre d’idée que débarque Do No Harm, ou Dr Meredith Grey et Mister Hyde. Vous l’aurez compris, cette série diffusée sur NBC nous conte les mésaventures de Jason Cole, un chirurgien à la plastique facile, tout droit sorti de Grey’s Anatomy, qui doit s’injecter un remède à des heures bien précises pour éviter de réveiller son alter égo violent, sans morale mais surtout qui le déteste profondément et veut faire de sa vie un enfer. Bien entendu, la série commence quand le fameux remède ne fait plus d’effet et que notre bon docteur va devoir vraiment dealer avec son double maléfique.
Cette idée incongrue aurait pu donner lieu à une véritable catastrophe scénaristique, mais il faut bien reconnaître que le pilote s’en sort bien mieux que ce qu’on aurait pu craindre. Les scènes sont plutôt bien construites, le rythme est présent et les dialogues ne sonnent pas trop artificiels. Le problème, c’est que tout le reste est loin d’être aussi convaincant. L’acteur principal (Steven Pasquale, déjà vu dans la regrettée Rescue Me) ne sait pas vraiment comment faire pour interpréter ses deux rôles et appuie chaque expression par un jeu de sourcils loin d’être malin… La réalisation n’est pas beaucoup plus intelligente et on sent déjà des tics qui vont venir peu à peu pourrir l’ambiance du show.
Difficile cependant de se faire un avis définitif. La suite peut prendre une tournure surprenante si les scénarios restent à la hauteur et arrivent à faire oublier les autres problèmes. Mais au vu du pilote, on vous conseillera d’attendre un peu avant de donner une chance à cet énième docteur de télévision.
Mon Verdict : une saison de 13 épisodes, puis une annulation. Je dis ça de manière totalement gratuite, je n’ai aucune idée de comment le public va percevoir ce produit plutôt étrange !
L’autre docteur a faire son apparition sur nos écrans nous vient d’Australie et passe plus de temps à mener des enquêtes qu’à guérir des patients. Dans The Doctor Blake Mysteries, on assiste donc à un véritable cop show mettant en scène un médecin, en australie, en 1959 : est-ce suffisamment original pour nous tenir en haleine ? Malheureusement, malgré ces pointes d’originalité, le pilote reste très pépère, jamais surprenant et fondamentalement très mou. Les acteurs ne sont pas mauvais, la réalisation tient la route, mais franchement, on se fait chier. Bref, malgré toute sa bonne volonté, The Doctor Blake Mysteries n’aura pas réussi à être plus qu’un énième nouveau cop show. Nuff said.
Mon Verdict : une saison et puis bye bye ?
Derek signe le grand retour à la télévision anglaise de Ricky Gervais, autrement connu pour avoir créé The Office et avoir fait scandale lors de deux présentations des Golden Globe avec des blagues bien méchantes comme on les aime. Autant le dire tout de suite, ce comeback est loin d’être fracassant. En jouant à nouveau la carte du mockumentary (faux documentaire), Gervais s’expose forcément à une comparaison avec la série qui l’a rendu connu (The Office, pour ceux qui ne suivent pas !) d’autant plus qu’il interprète à nouveau le personnage principal et que celui-ci est féru de défauts qui cachent un véritable bon fond. L’auteur, réalisateur, acteur se prend les pieds dans un sujet compliqué, les maisons de retraite, et plombe d’emblée l’ambiance avec son héros sans doute autiste, du moins avec une intelligence très particulière, auquel on aura bien du mal à s’identifier. Il est d’autant plus difficile d’entrer dans l’univers de la série que les premières blagues ne fonctionnent pas vraiment. Et encore plus difficile de rester face à sa télé quand le show devient particulièrement complaisant sur les petits vieux, filmés sur une musique triste au piano qui tente de nous attendrir mais ne réussit qu’à nous énerver. La méchanceté gratuite et peu crédible des “méchants” qui veulent fermer la maison de retraite ne fait que diminuer la crédibilité d’un programme qui n’en avait pas besoin. Avec The Office, Gervais était méchant mais juste, avec Derek, il est juste complaisant. Complètement loupé.
Mon Verdict : Ricky Gervais a toujours la côte en Angleterre et de toutes façons Channel 4 a déjà commandé une saison complète. Mais ça ne m’étonnerait pas qu’une deuxième saison soit commandée dans la foulée.
C’est le nouveau gros show très attendu de FX et l’audience du pilote (qui se permet de faire la nique à des grands networks) n’a fait que confirmer cette attente : The Americans est d’ores-et-déjà un succès… à moins que tout ne s’effondre au fil des semaines. Fort d’un créateur ancien agent de la CIA et qui sait donc de quoi il parle, FX s’offre sa version bien à elle d’Homeland, avec cette histoire déconcertante d’un couple d’espions russes qui vivent en “sommeil” au cœur de l’Amérique des années 80 présidée par le terrifiant Reagan.
Le projet est ambitieux et franchement intrigant de prime abord. On part donc sur des préjugés plutôt positifs en commençant à regarder le pilote d’une heure dix, soit près de trente minutes de plus qu’un épisode traditionnel. Et c’est bien là que les choses s’effondrent : les auteurs n’ont clairement pas le matériel suffisant pour tenir aussi longtemps avec ce qu’ils doivent raconter dans ce premier épisode. Du coup, beaucoup de scène paraissent étirées (la scène d’action d’introduction semble clairement avoir été rajoutée à l’arrache pour combler les trous) et certains ressorts sont mis en place de manière beaucoup trop lente pour avoir l’impact espéré.
Faut-il pour autant faire l’impasse sur un show qui sort de l’ordinaire ? Malgré tous ses défauts, le pilote laisse entrevoir des pistes narratives ingénieuses et qui peuvent mettre en place des thématiques plus qu’intéressantes. Si la réalisation n’est pas exceptionnelle (et copie un peu celle d’Homeland…), les acteurs sont franchement convaincants, et on se réjouira de retrouver Keri Russell, quasiment disparue de nos écrans depuis ses années Felicity. C’est donc encore une fois sur la longueur qu’on pourra vraiment savoir si The Americans méritent toute l’attention qui lui est portée en ce moment ou s’il ne s’agira que d’un show d’espion de plus. Croisons les doigts, FX peut (et même doit) se permettre de nous choquer et nous surprendre.
Mon Verdict : un gros succès. Une deuxième saison. Une troisième même. Ouais, j’y crois.
Rendez vous très bientôt pour parler (encore) de nouvelles séries !









































