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Alors que le deuxième trimestre de la saison s’approche à grand pas (et qu’on fête déjà le retour assez réussi de Community), quelques séries s’éclipsent tout en douceur. Et juste pour info, on ne parlera pas de Treme, que l’on n’a pas vu mais dont l’ultime saison semble être tout à fait recommandable à ceux qui apprécie la série. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne vous a pas dégoté quelques perles…

Yonderland - season 1YONDERLAND (saison 1 – UK)

Après m’être bouffé un nombre considérable de pilotes de sitcoms anglaises de fort mauvaise qualité (comme quoi, il n’y a pas que les américains qui savent faire de la merde en vingt-six minutes…), autant vous dire que j’étais très moyennement motivé pour me lancer dans Yonderland, comédie dans un pseudo univers d’héroic-fantasy dont l’affiche flashy à grand renfort de marionnettes ne prédisait rien de bon. Grossière erreur vite corrigée en m’enfournant six épisodes d’affilée et en râlant que la saison n’en compte que huit. Car oui, Yonderland est une très sympathique réussite – et ses marionnettes creepy finissent par lui donner une identité visuelle au moins aussi tarée que les scénarios.

Debbie Maddox, mère au foyer de trente-trois ans, se sent inutile depuis que ses enfants sont rentrés à l’école. Elle zone chez elle, à regarder un jeu télé profondément débile. Jusqu’au jour où un elfe débarque par un portail magique qui donne sur le placard de la cuisine. Car Debby est l’élue qui doit sauver Yonderland des forces du mal qui… sont très très méchantes. Dans sa quête héroïque, la jeune femme devra jongler entre sa vie de mère au foyer et son nouveau statut d’héroïne – et elle va rencontrer un paquet de personnages bien gratinés, comme ce village d’idiots, ces mousquetaires de la politesse, les moines qui ne peuvent pas mentir ou encore ce magicien qui a perdu son mojo (qui s’avère être une petite créature qui se cache dans sa veste.)

Gros délire foutraque mais délicieusement mitonné, Yonderland offre de sacrés trouvailles dans chaque épisode sans pour autant mettre de côté le rythme et la structure. Le show reste assez familial, mais les “morales” ne sont pas assénées de manière lourdingue et toujours compensée par une bonne petite blague bien sentie. On appréciera aussi l’auto-dérision perpétuelle, notamment lorsque le show met en scène deux petites marionnettes tout droit sorti d’un soap historique, et qui n’arriveront décidément jamais à se déclarer leurs flammes.

A moins d’être totalement réfractaire à l’humour absurde anglais, on vous recommande donc chaudement cette courte série dont on espère vraiment qu’elle reviendra pour une seconde saison.

Final Score : 8/10

Atlantis - season 1ATLANTIS (saison 1 – UK)

Autre série venue de l’autre côté de la Manche, Atlantis ne donne pas vraiment envie de prime abord. Présentée comme une série d’aventure un peu toc, à base de trampoline à peine caché pour faire sauter ses personnages dans tous les sens, elle sent le produit bien commercial à plein nez, le genre de show vite produit pour amuser les ados une paire de soirées. Sauf que…

Ok, Atlantis fait un gros pot pourri de toute la mythologie grecque, se permet des trahisons ENORMES et des raccourcis encore plus ENORMES !, mais dans le fond elle me semble bien avoir tout compris à ces récits ancestraux qui avaient tout à la fois valeur de feuilleton de l’époque comme de support à des leçons de morale. A travers l’histoire de Jason, jeune scientifique du vingt-et-unième siècle fraîchement débarqué sur cette ville légendaire, et de ses deux compagnons le gros Hercule et le gringalet Pythagore (quand on vous dit que ça mélange tout…), la série arrive finalement à retrouver ce qui faisait l’essence de la plupart des contes mettant en scène des héros humains ou demi-dieux.

Mais surtout, surtout, Atlantis est drôle. Elle sait ne pas se prendre trop au sérieux et ne cherche jamais à péter plus haut que son cul. Et offre même parfois des scènes surprenantes et réjouissantes – comme lorsqu’on voit Jason prendre pour la première fois une épée et se lancer au combat contre une armée de soldat… sauf qu’au premier échange, il laisse échapper son épée, l’air penaud. Intelligemment construite sur son trio de personnages complémentaires et à la dynamique forcément comique, la série se révèle ultra pêchue et n’ennuie jamais le spectateur. Alors certes, elle ne brille pas par son originalité, mais elle sort suffisamment souvent des sentiers battus pour garder notre intérêt intact pendant treize épisodes, jusqu’à offrir une révélation finale que je n’avais sincèrement jamais envisagé.

Bref, si vous cherchez un petit show d’aventure et que vous êtes prêt à oublier des scènes de baston un peu kitch, des pirouettes très kitch, et des effets spéciaux ultra kitch, laissez donc leur chance à Jason et ses amis – ils ont bien plus à offrir qu’il n’y parait de prime abord !

Final Score : 7/10

Getting On (us) - season 1GETTING ON (saison 1)

On vous avait déjà dit tout le bien qu’on pensait de Getting On, comédie brillamment cynique sur un hôpital gériatrique (adaptée d’une sitcom anglaise déjà de très bonne qualité), et bien une fois avalé les six épisodes de la saison, on vous le confirme : c’est assez génial. Alors certes, il faut avoir l’estomac bien accroché et le moral plutôt au beau fixe, sinon vous risquez d’aller vous tirer une balle. Simple, racée, évidente, la série propose des scénarios rythmés et intrigants, servis par un casting absolument phénoménal. Ajoutez à ça une mise en scène sobre mais qui touche toujours juste et vous obtenez ce qui est sans doute l’une des meilleures comédies de HBO.

Final Score : 8.5/10

nikita - season 4NIKITA (saison 4 – fin de la série)

Toujours généreuse avec son public, la CW a permit au fan de Nikita de se gaver avec six épisodes de conclusions uniquement faits pour eux. Au pic de son grand n’importe quoi de scénario, la série présente une Nikita recherchée par toutes les polices du monde alors qu’une nouvelle menace internationale plane sur le monde. Complot de haut ville qui réunit les hommes d’affaires les plus puissants pour un projet aussi fou que le reste de la série : remplacer les personnalités qui ont le plus de pouvoir par… des doubles.

Alors, oui, reconnaissons à cette ultime saison quelques (gros) points forts, comme un cast qui maîtrise totalement ses rôles, des cascades (enfin) réussies, une vraie folie dans les coups de théâtre et un sens du rythme à toute épreuve. On retiendra longtemps l’avant-dernier épisode qui trouve une puissance émotionnelle insoupçonnée et offre la mort la plus inattendue, brutale, et foutrement injuste d’un personnage. Cadeau parmi les cadeaux, le dernier épisode se veut un retour au source et complète de manière paroxysmique l’étrange relation limite incestueuse entre Nikita et sa jeune protégée.

Bref, n’en jetons plus, vous l’aurez compris : si vous avez suivi la série jusque là, alors vous allez vous régaler avec ce qui est sans doute l’une des meilleures saisons de fanboy qui soit. Et c’est pas grave si votre copain/copine s’étonne de vous voir regarder ce qui lui paraît être une grosse bouse boursouflée qui ose nommer l’un des derniers lieux visité par les héroïnes le “Club Besson”. On a les séries qu’on mérite.

Final Score : 9/10 pour le fanboy, mais résolument 3/10 pour les autres.

 

La semaine prochaine, c’est promis, c’est enfin l’heure du bilan… et coup double, on vous présentera aussi quelques nouvelles séries qui démarrent dans les prochains jours !

 

Le premier trimestre de la saison se traîne lourdement vers un bilan pas super concluant, mais ça n’empêche pas les chaines de dégainer de nouvelles séries histoire de nous occuper pendant les prochaines vacances. Et pendant ce temps, HBO balaie en douce sous sa porte la fin de Treme (dont le finale sera diffusé entre Noel et le jour de l’an – autant dire dans un gouffre d’audimat.)

Getting On (us) - season 1GETTING ON

Fort heureusement, le network qui fait plus que de la télé nous propose aussi une adaptation plutôt réussie d’un show anglais déjà assez sympa. Getting On est une comédie ultra noire sur le service gériatrique d’un hôpital. Deux infirmières en prennent plein la gueule, que ce soit à cause des patients (parfois séniles, parfois violent,  parfois sexuellement actifs – je vous laisse deviner ce qui met le plus mal à l’aise…), des médecins ou tout simplement de la hiérarchie hospitalière pas vraiment efficace. Visuellement, le show s’en sort haut la main avec une réelle originalité dans son traitement ; mais c’est bien les comédien(ne)s qui font toute la différence. Juste, réaliste, sacrément sincère, Getting On version US est une très bonne surprise… qu’on ne vous recommandera quand même pas autour des fêtes de Noel. Parce que malgré quelques scènes qui font bien rire, l’ensemble reste particulièrement déprimant. Et j’ai pas envie d’avoir votre suicide sur la conscience en cette période festive qui vous détruit le cerveau…

Mob city - season 1MOB CITY

Adaptée du roman (et non du jeu vidéo) L.A. Noire, Mob City est une courte production de seulement six épisodes pour TNT. Conçue et (en grosse partie) réalisée par Frank Darabont, le fameux showrunner de la première saison de the Walking Dead qui s’était fait virer manu-militari, ou encore le réalisateur des Evadés, la série s’intéresse au conflit bien réel entre la police et la pègre de Los Angeles pendant toute la décennie des années 40. Si les personnages sont évidemment tout de suite fascinants, et si l’ambiance est pour beaucoup dans la réussite générale de la série, il faut reconnaître que le scénario très intimiste et peu propice à la grosse action pourra en déboussoler certains. Mais c’est surtout au niveau de la réalisation que Mob City se prend les pieds dans le tapis, Darabont se révélant nettement moins bon faiseur d’images que d’histoires. A surveiller malgré tout, sachant que la série est diffusée par duo d’épisodes pendant seulement trois semaines et qu’il y a peu de chance qu’une deuxième saison voit le jour.

Rick and Morty - season 1RICK AND MORTY

On termine par la déception de la semaine, Rick and Morty. On attendait beaucoup de ce projet d’animation adulte de Dan Harmon (le papa de Community) diffusé sur la très irrévérencieuse Adult Swim. Malheureusement, le pilote des aventures de ce jeune garçon un peu simplet et de son grand-père scientifique de génie mais totalement dégueulasse manque le coche avec un scénario plus que condescendant envers le public geek. L’humour reste ras des pâquerettes, bien loin de l’intelligence décalée d’un Archer ou de Bob’s Burger – ici on est censé rigoler parce que le gamin doit cacher des grosses graines pointues dans son anus. Ah ah… mouais. L’univers SF tout foufou sent le fan-service à plein nez, au contraire de la critique soignée, fine et réfléchie que pouvait (parfois) offrir Community. La suite sera peut-être plus convaincante (Archer a bien mis une bonne saison à devenir absolument génial), mais ce premier épisode sent le souffre à plein nez…

 

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour faire le vrai bilan de ce premier trimestre – en attendant, profitez bien d’une semaine chargée en “fall finale” !