Tag Archive: Girls


Si on a été plutôt bien servi question nouveautés cette semaine, force est de constater que les séries qui nous ont quitté ne laisseront pas un souvenir impérissable… quand elles ne se sont pas tout simplement vautrées dans la facilité déconcertante. Le point, donc, sur six séries qui ne feront pas de vieux os dans notre mémoire.

wpc 56 WPC 56

A tout seigneur tout honneur – non, ne cherchez pas, ça ne veut rien dire, je ne savais juste pas comment commencer cette critique – et débutons donc en beauté avec une nouvelle production BBC diffusée cinq soirs d’affilée, en l’occurrence WPC 56, qui s’intéresse à Gina Dawson, la première femme à rejoindre les rangs des forces de police en 1956. Attention, il ne s’agit en rien d’un personnage historique mais bel et bien d’une pure invention / trouvaille scénaristique pour traiter du sujet des femmes dans des métiers d’homme, où la misogynie règne en force.

L’actrice est mignonne (allez hop, on commence par une remarque limite sexiste), la réalisation tire profit du talent des anglais pour les shows historiques, et les dialogues sont plutôt soignés, mais il faut bien avouer que l’intrigue générale qui gouverne ces cinq épisodes est loin d’être franchement convaincante. En gros, il y a deux fils tirés en parallèle, une enquête sur un cadavre d’enfant retrouvé dans une mine et une autre sur un violeur en série qui attaque des femmes blondes dans un parc. Il est rapidement évident que les deux intrigues vont se rejoindre et vous aurez sans doute résolu l’affaire bien avant les protagonistes principaux. Quant aux petites affaires bouclées qui viennent ponctuer les épisodes, elles ne sont pas non plus d’une grande originalité : pour sa première affaire, notre héroïne se voit confier la recherche d’une personne disparue… en fait un chien. Oui, on voit le truc venir à des kilomètres.

Fort heureusement, le show met en scène une galerie de personnages profonds et attachants, dont on suit les enjeux (familiaux, personnels ou de travail) avec un réel plaisir. Et surtout, la série ne se plante pas sur son principal sujet, les difficultés pour une femme d’être acceptée dans un métier dit d’homme, et met très bien en avant comment certains préceptes et idées préconçues de l’époque n’ont toujours pas disparu de nos jours. On reste donc sur un avis mi-figue mi-raisin, avec un show qui tape juste sur son sujet de prédilection mais qui se plante sur une grosse partie du reste…

Final Score : 6/10

Sympathique à regarder mais malheureusement très attendue, WPC 56 pourra vous tenir en haleine pendant ses cinq épisodes mais il est fort probable que vous aurez oublié son existence d’ici quelques mois… deception Deception

Non, je ne vais pas faire la blague pourrie à laquelle tout le monde s’attend vu le titre de cette série, mais il faut bien avouer que les auteurs l’ont cherché en nommant leur show Deception - qui ne veut absolument pas dire la même chose en anglais et en français. Il s’agit en effet d’une “tromperie” dans la langue de Shakespeare, titre plutôt adéquat donc quand on sait que la série nous raconte comment une jeune flic s’infiltre dans une famille de riches pour découvrir qui a tué leur fille, son ancienne meilleure amie.

Surfant ouvertement sur le succès de Revenge, NBC n’aura pas trouvé avec cette création de Liz Heldens (qui avait pourtant connu son heure de gloire sur Friday Night Lights) le prime time soap qu’il lui faut. Pas encore officiellement annulé, le show n’a clairement pas trouvé son public au vu de ses scores particulièrement décevant. Il faut dire que ce sont pas les acteurs de seconde zone ou la terrifiante réalisation qui pourra attirer qui que ce soit. Dommage pour Victor Garber et Tate Donovan, excellents sur d’autres séries, mais qui sont ici complètement à la ramasse. Au moins, comme ça, ils sont raccords avec un scénario capilotracté de haut vol, typique de ce genre de saga, où les méchants se révèlent gentils et où les personnages les plus sympathiques au début s’avèrent être de véritables enfoirés à la fin.

Le problème, c’est que pour qu’on puisse accrocher à ce genre de projet nettement vu et revu, il faut un personnage principal identifiant, aux enjeux et objectifs très forts : l’Emilie Thorne de Revenge  est en ce sens une parfaite réussite alors que la pauvre Johanna Locasto de Deception vous donnera, au mieux, envie de la baffer si elle arrive déjà à attirer votre attention. Et vous vous retrouverez vite à vous demander pourquoi diable vous devriez vous intéressez à son sort, croisant les doigts pour qu’elle se fasse assassiner à chaque fin d’épisode.

Final Score : 3/10

Déjà, il faut aimer le genre du prime time soap (de la saga, comme on dit par chez nous !) – mais là, franchement, c’est tellement mal foutu dès le départ que je vous met au défi de regarder tous les épisodes sans vous endormir. PLL 3 halloween Pretty Little Liars

C’est sans doute le plus grand plaisir coupable depuis trois ans : Pretty Little Liars est assurément un mauvais show, qui cumule les défauts (une réalisation antique, des comédiennes sacrément mauvaises, des scénarios totalement outranciers), mais la série ne se prend tellement pas au sérieux et se permet des rebondissements tellement ahurissant qu’elle en devient absolument géniale. Non, bon ok, pas géniale, mais très sympathique à regarder.

Pour cette troisième saison, on savait dès le début que ce n’est pas une seule personne qui se cache derrière le pseudonyme psychopathe et omniprésent A, mais toute une bande dont on va découvrir peu à peu différents membre. Se fendant d’un special Halloween en milieu de saison qui voit nos héroïnes persécutées dans un train lancé à fond, le show rebondit par la suite en s’amusant à détruire avec beaucoup d’acharnement le personnage de Spencer, l’intello de base qui va carrément finir en asile psychiatrique. Et puis, comme chaque année, il y a le cliffhanger de fin, une fois de plus sublime. Vivement le mois de juin, que la saison 4 démarre !

Final Score : 0/10 ou 3/10

Le voici le plaisir coupable qui mérite son beau 0/10, rendant du coup la série hautement indispensable. Il faut bien avouer que le genre de délire dans lequel est entré PLL (pour les intimes) ne se retrouve absolument nulle part ailleurs, même pas quand le même network (ABC Family) tente de copier la recette avec une autre série inspirée elle aussi par des livres de la même romancière ! PLL est unique et c’est pour ça qu’on l’aime – ou qu’on s’en contrefiche. workaholics Workaholics

Assurément l’une des comédies les plus débiles (et revendiquée comme telle) de la télé américaine, Workaholics vient d’achever sa troisième année sur un tel succès que Comedy Central a d’ores-et-déjà commandé une quatrième et une cinquième saison ! Mais alors comment expliquer l’engouement général pour les aventures de ces trois crétins de télémarketteurs qui vivent en colocation et dont les deux obsessions principales sont les filles et la drogue ?

Il faut déjà reconnaître aux quatre créateurs (Blake Anderson, Adam DeVine et Anders Holm – sans oublier Kyle Newacheck  sans doute moins connu car il incarne un beaucoup plus petit rôle que les trois autres) qu’ils ne se laissent pas impressionner facilement et ne reculent devant rien pour la blague. Le monde de l’entreprise en prend pour son grade, la série démontrant un peu plus à chaque fois comment un job stupide peut rendre encore plus stupide la personne censée le faire. C’est que nos quatre chers comiques revendiquent une idée pas très américaine : le droit à la paresse, à ne pas être extraordinaire, et à ne surtout pas en vouloir “plus”. Se contenter de ce qu’on a et d’en profiter, voilà donc le leitmotiv au coeur de ces ahurissantes aventures à l’humour souvent très dégueulasse. Ceux qui ne seront pas rebutés par des kilos de vomi, les sandwichs au sperme ou autre réplique qui vise clairement sous la ceinture, pourront découvrir quelques scènes vraiment touchantes lorsque nos héros se retrouvent sur le toit de leur maison, au coucher du soleil, pour parler de la vie… et vider un pack de bières avant de tenter une énième connerie.

Final Score : 7/10

Assurément pas indispensable, Workaholics est en tous cas une très sympathique comédie qui profite de l’espace de liberté offert par Comedy Central pour repousser au maximum les barrières du bon goût. Vous l’aurez compris, on n’est pas dans une vieille sitcom à maman, mais bien dans de la joyeuse régression. Newsreaders Adult Swim Newsreaders

Parodie d’émission de news imaginée par les créateurs des formidables Children’s Hospital et NTSF:SD:SUV::, Newsreaders propose donc à chaque épisode une enquête totalement délirante (par exemple un camp de scouts clairement organisé comme un camp de concentration…) et quelques commentaires sur la vie de Skip Reming – un vieux républicain excessif – mais qui ne sont clairement pas le point fort du programme. Comme d’habitude pour ce genre d’émission, l’intérêt varie fortement si le sujet du jour vous fait rire ou non. Mais reconnaissons une certaine qualité générale et un sens du rythme qui rend le programme très agréable à regarder. Rien de plus, rien de moins.

Final Score : 7/10

Très amusante mais pour le coup totalement dispensable, NewsReaders est une série courte (13 minutes) suffisamment amusante pour que vous puissiez y jeter un oeil. Girls season 2 poster resolutions Girls

Mais quel est le problème avec Girls ? La première saison avait marqué par son traitement réaliste et original de quatre personnages féminins en nette rupture avec l’image surannée des femmes (à l’époque) modernes de Sex and the City. Les garçons, eux, en prenaient pour leur grade avec une (petite) galerie de stéréotypes peu crédibles mais assez amusants pour qu’on accepte de les suivre. Au final, Girls première saison arrivait à manier avec talent des intrigues légères avec des dialogues percutants et un sens du réalisme assez déconcertant mais très appréciable.

Le souci, c’est que dès le début de cette deuxième saison, les clichés et travers évités auparavant viennent s’accumuler en force. Le meilleur ami gay, le petit copain noir aux idées politiques différentes (inséré de force dans la série pour répondre à la polémique selon laquelle le show ne met en scène que des blancs), le geek devenu un king, l’éternel gamin qui ne s’en sort pas, et surtout l’ineffable bad guy dont l’héroïne est amoureuse : en avant les effets racoleurs et les vieilles idées préconçues reprises par les magazines féminins pseudo-moderne ! Girls fait le tour d’horizon de tout ce dont elle avait réussi à s’éloigner pour plonger avec un manque évident d’autocritique dans la facilité décevante.

Reste, pendant un temps, des dialogues savoureux et quelques situations de comédie hautement jouissive. Mais Dunham et Appatow, qui en ont donc fini avec l’humour, décident de nous arracher des larmes sur les deux derniers épisodes, révélant les TOC de l’héroïne dans une suite de séquences indigestes et mal foutues. Les trajectoires des autres personnages s’obscurcissent soudainement sans que l’on comprenne où les deux auteurs veulent en venir, révélant au final l’effroyable gouffre de non-sens et d’absence totale de thématique dans lequel la série a sombré.

La troisième saison, déjà commandée, pourra-t-elle sauver les meubles ? Il faudra pour cela que les créateurs tout-puissants acceptent enfin qu’ils peuvent avoir tort et se planter. Du coup, c’est pas gagné.

Final Score : 4/10

Autrefois réjouissante et farfelue, doublée d’une étude de moeurs particulièrement réussi sur quatre jeunes femme ayant la vingtaine, Girls sombre cette année dans tous les clichés de la série auteurisante racoleuse qui ne se rend pas compte qu’elle reproduit le schéma qu’elle avait élégamment dépassé. Plus qu’une déception, un massacre.

 

Rendez vous d’ici quelques jours pour faire le point sur toute une plâtrée de sitcoms qui nous quittent !

On passe donc aujourd’hui du côté des nouveautés qui sont venues fleurir sur les écrans anglais, américains et australiens. Des vikings, des mafieux, un détective, des militaires, deux comiques et le fameux Girls pour les garçons : il faut de tout pour faire un monde télévisuel.

vikings

Viking

Première vraie série de fiction pour la chaîne History (spécialisée dans les documentaires sur l’histoire, vous l’aurez compris…) Vikingsn’a pas été confiée à n’importe qui : son show-runner et créateur, Michael Hirst, a auparavant officié sur deux films sur le destin de la reine Elisabeth 1, ainsi que sur les séries The Tudors et The Borgias (la version américaine, donc, pas celle de Canal +.) Entouré de toute sa bande habituelle, Hirst fait-il honneur aux vikings avec ce nouveau show ?

On pouvait craindre une pâle copie de Spartacus, avec des grands mecs baraqués qui se baladent à moitié à poil et passent la plupart de leur temps à se foutre sur la gueule, mais Hirst s’intéresse nettement plus à l’envie de découverte d’un peuple rude et sauvage. Les (rares) personnages présentés dans le pilote donnent aussitôt envie de les suivre et – mis à part Gabriel Byrne un peu ridicule en roi antipathique – les acteurs ont un réel charisme et des gueules assez inoubliables.

Le show est nettement moins convaincant dans ses effets spéciaux qui rendent malgré tout hommage à toute une mythologie peu connue mais pourtant particulièrement intéressante. Les valkyries, Odin et Thor sont donc de la partie et promettent quelques scènes oniriques des plus barrées. On espère juste que les images de synthèse sauront s’améliorer au fil du temps…

Mon Pronostic : une saison entière, c’est sûr. Une deuxième ? Allez, on va dire oui, une deuxième !

 red widow

Red Widow

L’autre nouveauté américaine de la semaine, c’est Red Widow qui, après The Mob Doctor qui nous proposait de nous raconter les aventures d’une médecin dans la mafia, nous propose maintenant les aventures d’une soccer mom dans la mafia.

Adaptée d’une série hollandaise, cette version américaine est conçue par Melissa Rosenberg, autrement connue pour avoir officier sur Dexter… et écrit tous les films de la franchise Twilight. L’attendait-on au tournant pour cette histoire de mère de famille, fille d’immigrés russes, qui se retrouve à devoir travailler pour le patron de la mafia qui vient de faire tuer son mari (qui ne faisait pas qu’agir dans la légalité, il faut bien l’avouer…) ? Pas vraiment, et tant mieux tant le résultat peine à convaincre.

C’est que ce double épisode pilote traîne pas mal la jambe et tarde incroyablement à mettre tous les personnages en place. Le pire, c’est que Rosenberg passe un sacré bout de temps à nous présenter le père de famille… qui va se faire tuer et ne plus du tout revenir dans la série. Est-ce pour poser des éléments qui vont servir ensuite pour comprendre qui est son meurtrier ? Très franchement, j’en doute énormément.

Personnages clichés, réalisation datée, scénario mou du genou : le pilote de Red Widow ne donne pas particulièrement envie de revenir. D’autant plus qu’on a du mal à saisir le concept et qu’on ne cesse de se demander de quoi Rosenberg tient réellement à parler. Peut-être que la suite me donnera tort, mais pour l’instant je ne miserai pas un kopeck sur cet énième série dans la mafia.

Mon Pronostic : une seule saison, je vois mal le public accrocher à ce délire vraiment particulier.

 broadchurchweb_2494224b

Broadchurch

Du côté de l’Angleterre, on est toujours aussi fan des séries policière à la The Killing, c’est-à-dire dont l’ensemble de la saison repose sur la résolution d’un meurtre. Dans Broadchurch, il s’agit de celui d’un gamin de onze ans, dont le cadavre est retrouvé sur une plage – il aurait apparemment sauté de la falaise qui la surplombe. Bien entendu, la thèse du suicide est vite démontée et le flic récemment arrivé en ville pour mener l’enquête commence à secouer un cocotier de mensonges et de mystères.

Extrêmement classique, la série se révèle dès ce pilote être plus une étude de mœurs suite à une disparition brutale dans une petite ville qu’une vraie saga policière. C’est le genre de projet dont la qualité tient énormément à ses personnages et à ses acteurs : coup de bol, c’est l’occasion de retrouver David Tennant (un ancien Doctor Who) très intrigant dans le rôle du flic direct et peu psychologue. Quant aux différents suspects, seul l’avenir pourra nous dire s’ils s’avèrent être vraiment intéressants ou de simples marionnettes sans réelle trajectoire. Croisons les doigts, ce pilote donne en tous cas envie que la suite soit à la hauteur…

 bluestone 42

Bluestone 42

Toujours en Angleterre, on trouve la petite nouvelle Bluestone 42, comédie fort sympathique sur un sujet pas forcément très drôle : un détachement militaire en Afghanistan durant l’opération Herrick.

Ouvertement satyrique, le show ne fait rien pour se rendre réaliste ou crédible, en particulier au niveau des personnages qui sont tous plus excentriques les uns que les autres. La mort brutale d’un soldat américain – ancien agent de la CIA – dont un duo d’écossais ne va cesser de se moquer tout au long du pilote en atteste : on n’est pas ici pour parler tragédie, mais pour rire d’un sujet particulièrement controversé et/ou dérangeant.

Et il faut bien l’avouer, cette première demi-heure fonctionne plutôt bien. Le casting est réjouissant, les blagues tombent juste et on ne s’ennuie pas une seconde. Reste à voir si la suite conservera cette qualité avec son intelligente satyre ou si le show va tomber dans les travers du cynisme indigent.

 anna and katy

Anna and Katy

Anna Crilly et Katy Wix sont deux comiques anglaises qui, après avoir lutté de nombreuses années, voient enfin leur travail récompensé en obtenant leur show, Anna and Katy. Suite de sketchs plus ou moins réussis (et surtout plus ou moins compréhensibles, vu les références, pour nous autres français), le pilote se laisse regarder mais s’oublie dès le générique de fin terminé. A recommander uniquement aux plus grands fans de comédie anglaise.

 pleaselikeme1

Please like me

Enfin, c’est l’Australie qui nous offre en premier la copie que l’on n’attendait pas, c’est-à-dire, le Girls pour les garçons (plutôt gays les garçons, d’ailleurs), avec Please Like Me. Imaginée par Josh Thomas, un jeune comique apparemment extrêmement apprécié chez les kangourous, le show raconte comment ce vingtenaire au physique très particulier (il assume lui-même de ressembler à un bébé grand-père) découvre son homosexualité. Entre deux problèmes du quotidien avec son meilleur ami, son ex, ou encore la séparation brutale de ses parents (sa mère fait une tentative de suicide en découvrant que le père la trompe, puis demande le divorce), Josh est bien occupé. Malheureusement pour nous, il est un peu tout seul dans son délire et nous laisse plus ou moins sur le carreau. Certes, la plupart des scènes sont bien conçues et amusantes, mais la série repose sur des situations tellement artificielles qu’on a bien du mal à s’identifier à un quelconque personnage. Bon, au final on a quand même envie de lui donner sa chance à ce jeune Josh, mais il a intérêt à vite saisir notre intérêt, ou sinon on retournera voir Lena Duhnam. Ou pas.

Cette semaine, la résolution du meurtre de Rosie Larsen s’est fait tirer la bourre par un groupe de jeunes filles pendant qu’on s’assassinait à tour de bras chez les Borgias. Bref, c’était la dernière semaine de transition avant que tous les programmes de l’été ne se mettent en place. Et l’occasion de découvrir que les acteurs québécois commencent à envahir les programmes US…

Au rayon des petites news, on notera la fin du duo Nurse Jackie & The Big C qui ne semble pas plus avoir enchanté la critique que le public. Les deux séries seraient-elles fatiguées ? A vous de me le dire… On ne regrettera pas, en revanche, le départ de l’ultra-timorée The Client List qui voyait Jennifer Love Hewitt interpréter une prostituée capable de résoudre les problèmes de tous les couples en crise (sans même avoir à coucher avec ses clients !), ou de l’effroyable How to be a Gentleman, sitcom purement honteuse dont la chaîne se débarrassait des derniers épisodes dans la case maudite du samedi soir.

C’est plutôt du côté des retours qu’il y avait quelques bonnes surprises. On passera sur The Exes, qui malgré son lot d’acteurs sympathiques, s’avère être une sitcom lourdingue et peu drôle, et on se penchera du côté de Wilfred, l’homme chien qui parle à Frodon (tout un concept !) A noter aussi le retour de Futurama, qu’on ne présente plus, ainsi que de Falling Skies, la série présentant de fiers américains luttant pour survivre après une invasion extra-terrestre. La première saison était franchement décevante, la deuxième démarre assez fort pour nous y faire croire à nouveau…

Aie aie aie ! Difficile d’être convaincu par la première nouveauté de la semaine, Hollywood Heights. Bon, il faut préciser qu’il s’agit d’un programme un peu particulier, non seulement car c’est une des très rares séries live à être diffusée sur Nickelodeon (dans la partie Nick at Nite), chaîne autrement spécialisée dans les programmes pour enfants ; mais aussi car il s’agit d’un soap, d’un vrai – comprendre par là qu’à la différence de Dallas ou Desperate Housewives, Hollywood Heights est diffusée tous les soirs de la semaine, pour un totale de 90 épisodes pour cette première saison. C’est donc plus à rapprocher d’une sorte de Plus Belle la Vie à Hollywood, ou même – pour les connaisseurs – à une vraie telenovela (la série est d’ailleurs adaptée d’une d’entre elles.) Le gros, gros, gros problème d’Hollywood Heights est qu’il est totalement impossible de s’identifier à l’un des personnages. Entre le chanteur beau-gosse mais con comme la lune, l’acteur dépravé (ah ben si, il met de la vodka dans son jus d’orange), la top model en pleine crise amoureuse, la blondasse stupide qui fait rien qu’à dire à son père que d’abord elle fait ce qu’elle veut, ou encore les deux héroïnes qui forment le tandem classique de l’hystéro sans talent qui accompagne la jeune fille sage super douée, on fait face à une galerie de clichés, d’archétypes préhistoriques, mais pas à de vrais personnages en plusieurs dimensions. Du coup, autant vous l’avouer, je n’ai pas eu le courage de regarder plus loin que le premier épisode. Il faut dire que, comme pour tous les vrais soaps, le programme ne peut pas trop compter sur sa réalisation sans le sou ou ses scénarios ultra bavards pour tenter de rattraper le coup. Nickelodeon joue beaucoup en programmant ce show d’un autre genre, tente une expérience culottée… mais malheureusement de mon côté, je dirai simplement stop.

La deuxième nouveauté de la semaine n’a en réalité pas grand chose de nouveau. Avec The Soul Man, Cedric the Entertainer, célèbre acteur de comédie black, propose une sitcom à l’ancienne, extrêmement communautariste et au final franchement désespérante. Fallait-il en attendre plus d’un spin-off de Hot in Cleveland, autre sitcom diffusée sur TV Land, et qui ne fera rire que… heu… non je trouve pas. L’histoire de ce chanteur de R’n'B qui devient pasteur et qui découvre que c’est dur parfois mais heureusement toute sa famille est là pour l’entourer – barfff, ça y est je me suis endormi. Oui, bon, à l’extrême limite, y a des scènes de gospel pour ceux qui adoreraient vraiment ça… mais franchement…

Ok, ok, c’est vrai, on avait bien envie de se moquer de la troisième (et dernière) nouveauté de la semaine. Il faut dire qu’avec son titre très culcul, Baby Daddy ne laissait pas espérer grand chose, d’autant plus qu’il s’agit d’une sitcom pour ABC Family, chaîne pas vraiment spécialisée dans ce format ou alors plutôt propice à nous vendre des programmes franchement pas folichon (si vous avez le courage, jetez un oeil à Melissa and Joey pour comprendre.) Première surprise : on retrouve dans le rôle principal Jean-Luc Bilodeau, un acteur québécois qui a déjà à son actif une série diffusée sur les ondes US puisqu’il interprétait le rôle du petit frère dans Kyle XY. Jean-Luc nous faisait déjà rire à l’époque et il faut avouer qu’il fait preuve d’un certain talent pour la comédie lors de ce pilote. C’est aussi l’occasion de retrouver Chelsea Kane, sympathique petite actrice qui a surtout fait des seconds rôles dans des séries Disney et a apporté une touche de méchanceté dans la dernière saison de One Tree Hill. Alors certes, impossible de ne pas la comparer à Kaley Cuoco de The Big Bang Theory tant leurs rôles sont – en apparence – proche, mais la petite Chelsea s’en sort finalement pas si mal.

Non seulement contente d’avoir des acteurs investis et franchement à la hauteur, Baby Daddy raconte aussi une histoire plutôt touchante, celle d’un jeune homme qui découvre un beau matin qu’il est papa alors que la mère de sa petite fille lui abandonne le bébé sur le pas de sa porte. Ça pourrait être lourd et poussif, tirer la larme facile, ça la joue au final plutôt Jude Apatow, avec ses qualités et ses faiblesses. Ainsi, l’interminable scène où le héros tente de faire manger sa fille est assez inutile, mais la mise en place des différentes relations entre tous les personnages s’avère plutôt sensible et maligne. Au final, ce pilote s’avère franchement réussi et, si on le compare aux autres pilotes de sitcom lancées ces dernières années, fait partie du très haut du panier. Mais comme avec toutes les sitcoms, c’est sur la durée que Baby Daddy doit prouver son intérêt. En tous cas, moi, je lui souhaite bonne chance.

Ah là là, on s’est bien étripé chez les Borgias cette année ! Coucheries, manipulations, trahisons, meurtres, complots politiques et grosses batailles rangées font toujours le charme de cette série historique dans la droite lignée des Tudors (il s’agit d’ailleurs de quasiment la même équipe aux manettes, à l’exception notable du showrunner.) Si Jérémy Irons se montre toujours autant en demi teinte dans le rôle du pape Rodrigo Borgia, la petite Holliday Grainger s’affirme nettement en Lucrecia (nul doute qu’elle va faire tourner les têtes après la série), tout comme François Arnaud (Cesare), un petit québécois (un autre donc !) qui fait son bout de chemin. Mais la palme revient indubitablement à l’excellent Michel Muller, terrifiant et dégueulasse Charles VIII absolument génial. Au niveau du scénario et de la réalisation, la série reste dans la droite lignée des bases posées l’année dernière – ce n’est donc pas forcément exceptionnel mais le tout reste d’un bon niveau. Bref, les amoureux de programmes historiques pourront se régaler, ainsi que tous ceux qui apprécient les histoires de quête du pouvoir.

Final Score : 4/5

Honnête jusqu’au bout des ongles, The Borgias ne révolutionnera pas la télé mais offre un programme suffisamment de qualité pour enchanter tous ceux qui se laisseront embarquer par cette famille franchement particulière !

S’il y en a qui ont secoué l’Amérique dans le paysage audiovisuel ces derniers temps, c’est bien les filles de Girls, et notamment Lena Dunham, nouvelle it-girl du scénario qui vole ainsi la place de Diablo Cody. En France, les critiques sur la série sont pour l’instant plus mitigée. Pourquoi ? Il me semble que tout est une question de cible. Si, en France, on cherche à produire des programmes qui parlent au plus grand nombre, qui peuvent rassembler un maximum de personnes, les américains, eux, misent depuis longtemps sur une segmentation du public et cherchent à toucher en priorité une certaine cible. Girls en est, à mon avis, une figure exemplaire : si la plupart des filles de vingt à trente ans que je connais se sont senties immédiatement touchées par la série, les garçons restent plus dubitatif, tout comme les tranches d’âge supérieures qui ne semblent pas se reconnaître dans la série. Il faut dire que si les quatre héroïnes principales sont plutôt bien conçues et réfléchies, les personnages secondaires – en particulier les garçons – sont franchement taillés à la serpe et ont bien du mal à sortir des stéréotypes dans lesquels Lena Dunham semble les ranger (le gay, l’artiste incompris, le bouffon de service, le gentil garçon en crise bad guy.) Les scénarios eux-mêmes regorgent de trouvailles, de scènes franchement réussies, de dialogues percutants, mais le tout ne s’inscrit quasiment jamais dans une quelconque dramaturgie ce qui, certes, donne une impression de réalisme, mais laisse sur le bord de la route toutes celles et ceux qui ne se font pas uniquement embarquer par les personnages. Soyons clair malgré tout : Girls reste une très bonne série, magnifiée par une réalisation et une mise en scène quasiment toujours parfaite. Pour sa cible, elle sera immanquable, pour les autres elle nécessitera certainement plus d’effort pour aller jusqu’au bout.

Final Score : 5/5 pour la cible (les filles de 18 à 35 ans je pense !), 3.5/5 pour les autres.

Girls est, à mon sens, un pur produit de cible qui atteint totalement ses objectifs, toucher les jeunes femmes. Mais sa protagoniste principale plutôt insupportable et ses scénarios mou de la structure viendront sabrer le bonheur des autres. Tout est là, à mon sens : êtes-vous touché par le personnage de Lena Dunham ? Si oui, vous serez conquis, sinon il vous restera quand même une série magnifiquement réalisée et quelques scènes de comédie absolument jouissive.

La question n’est plus de savoir si le “remake” est aussi bon que l’originale danoise : cette version US de The Killing se pose comme étant – de loin – la meilleure série de cette année. Cette deuxième saison, qui creuse plus en avant dans les complexités politiques de la ville, garde toutes les qualités de la première, à savoir une réalisation irréprochable, des acteurs excellents, et surtout des personnages terriblement attachants et complexes qui font tout le sel de la série. Car si la découverte du meurtrier de Rosie Larsen reste la question centrale, c’est bien la trajectoire des différents protagonistes qui est véritablement hypnotique. Ainsi, même lorsque les scénaristes se permettent une sortie de route d’un épisode pendant lequel l’enquête n’avance absolument pas, on ne se sent pas du tout lésé car l’évolution des personnages, elle, est bien réelle. Plus une plongée dans l’âme humaine qu’une spectaculaire enquête policière, The Killing pose sans cesse la question non pas du meutrier mais bien de notre potentiel au mal, de la capacité de chacun à tomber dans les pires travers. Et s’offre, dans le tour de force final, une extatique réponse qui fait froid dans le dos.

Final Score : 5/5, voir un peu plus.

Absolument implacable, cette deuxième saison de The Killing fait de la série un évènement immanquable, avec une étude de personnages la plus riche vue depuis fort longtemps. Sachant toujours rester simple et accessible, le show prend le risque de ne pas chercher l’innovation ou la différence et s’appuie simplement sur des scénarios excellemment construits, une mise en scène et des comédiens formidables. Alors qu’on ne sait toujours pas si AMC va commander une troisième saison, on peut se tourner vers la version danoise dont la deuxième saison proposait une nouvelle enquête, alors que la troisième – elle aussi sur une autre affaire – va bientôt démarrer. Et si vous n’avez pas encore vu l’incroyable voyage de Murielle Enos et Joel Kinnaman, je vous laisse tranquille pour 26 épisodes qui risquent de vous marquer pour longtemps.

Allez, à la semaine prochaine, avec le retour très attendu de la série la plus AWKWARDDDD….

Comme vous avez pu le constater, le site a été un peu mis en pause pendant plusieurs semaines… Mais le voici de retour avec la suite des “bilans de la semaine” qui vont devenir assez particulier puisqu’on atteint la fin de la saison 2011/2012. Du coup, plein de séries tirent leurs révérences pendant que d’autres – nettement moins nombreuses – viennent s’installer pour l’été. Alors que fallait-il voir cette année et que faudra-t-il regarder cet été ? La réponse commence déjà ici…

Et autant commencer par du lourd, du massif, du potentiellement très excitant  : ces deux dernières semaines, HBO a commencé à diffuser deux nouvelles séries d’une demi-heure, plus ou moins sur le ton de la comédie. La première, Girls, s’intéresse comme son nom le laisse suggérer à un groupe de quatre sympathiques jeunes filles en pleine fleur de l’âge. Elles terminent leurs études ou commencent à travailler, ont des problèmes d’argent, des problèmes d’image, et surtout des problèmes de cul. Produit par Judd Apatow, on pouvait craindre de sentir un peu trop sa “marque” mais il semblerait que la (très) jeune Lena Dunham, scénariste, réalisatrice, productrice et même actrice (elle incarne le premier rôle) soit suffisamment maline pour arriver à ses fins sans que personne ne vienne trop s’interposer dans son petit monde. Alors comme d’habitude, on peut reconnaître à HBO cette grande capacité à faire confiance à des créateurs et à leur confier les pleins pouvoirs. Mais comme d’habitude, le résultat reste assez mitigé : si l’univers proposé par Lena Dunham est potentiellement intéressant, il aurait énormément gagné à être moins nombriliste et fait craindre que l’ego apparemment sur-dimensionné de miss Dunham ne vienne saborder son généreux travail. En clair, la série a du potentiel mais elle a encore beaucoup de choses à prouver.

L’autre série proposée par HBO nous fait retrouver l’excellente Julia Louis-Dreyfus dans Veep, un programme aux origines fort compliquées… Imaginez un scénariste écossais (qui fait aussi comédien et plein d’autres trucs, mais bon je vous la fait courte) qui lance une série en Angleterre sur les coulisses du gouvernement. Ca s’appelle The Thick of It, et c’est un énorme carton (au point qu’il existe un spin-off… en film !) Du coup, ça intéresse les américains qui achètent les droits, confient le tout au créateur de Arrested Development, et commandent un pilote… tellement horrible que tout le monde s’en éloigne et qu’il n’est pas choisi par la chaîne. Cinq ans plus tard, voici Veep, sur les coulisses de la politique américaine (le personnage de Julia Louis-Dreyfus est vice président), filmé de la même manière et avec le même ton dans les dialogues. Sauf que, apparemment, personne n’a pensé que les trois quarts du public n’aurait jamais vu The Thick of It, ne serait pas habitué au jargon politique, ne comprendrait pas les ressorts d’une telle administration et se retrouverait du coup complètement largué par l’histoire de ce premier épisode. L’humour (dans les rares moments où on peut le comprendre) ne fonctionne pas et le tout s’effondre tel un château de sable en Bretagne. La suite risque d’être très dure à regarder, mais promis on va faire un effort…

Ca ressemble à du Grey’s Anatomy, mais ça se passe chez les flics : là, vous vous dites que vous connaissez, que ça s’appelle Rookie Blue et que vous regardez déjà ça pendant l’été parce que franchement, ça fait partie de ce qui est le moins mauvais parmi ce qui est diffusé. Sauf que Rookie Blue est canadien et que Toronto c’est quand même moins bien que New York. Du coup, CBS a pensé à vous et vous propose NYC 22, soit exactement la même chose mais dans la Big Apple. Et puis, ils ont mis le paquet derrière : De Niro à la production (enfin, vous affolez pas quand même, je suppose qu’il a donné son nom au truc mais je le vois pas spécialement faire grand chose !), Adam Goldberg et Leelee Sobiesky au casting, et des surnoms sympas à chacun des membres de l’équipe. Bref, on est en plein terrain connu, mais ça marche toujours aussi bien. A surveiller si, sur le long terme, la série peut trouver son petit truc en plus qui la fera durer.

A notre grand malheur, Raising Hope fait partie des premières séries à se faire la malle cette année pour partir en vacance. Que dire de plus sur cette sitcom fort sympathique, quoi qu’un peu répétitive dans son schéma narratif, si ce n’est qu’elle continue à nous faire rire et nous a offert une très belle saison ? La seule vraie grosse déception concerne le dernier épisode qui aurait pu rompre avec tous les codes de la série mais remet en place le statut quo par une entourloupe des plus faciles.

Final Score : 4/5

Alors oui, Raising Hope n’est pas LA série qu’il ne faut absolument pas manquer, ce n’est même pas une très bonne série, c’est juste dans le haut du panier de ce qui se fait en ce moment en terme de comédie. Très classique mais avec juste la vraie pointe d’irrévérence qu’il faut (et là je tacle directement l’ultra traditionaliste Modern Family) c’est un petit moment de plaisir qui se savoure à raison d’une dose par semaine.

Sarah Michelle Gellar pouvait-elle faire un comeback sans chasser de vampire (quoi que, vous noterez qu’on n’a même plus besoin d’écrire son nom sur les affiches…) ? La réponse est clairement non, du moins pas en jouant deux rôles dans une sorte de soap policier sans queue ni tête à base de magouille financière et de soeurs qui veulent s’entretuer. Si les intrigues à tiroir et les imbroglios dépassant l’entendement vous fascine, alors oui, Ringer est fait pour vous. Mais il faudra outrepasser une réalisation mollasonne (quand elle n’est pas hideuse), des rebondissements aberrants et surtout des acteurs encore plus à la ramasse que le spectateur : on a vraiment l’impression qu’ils ne comprennent rien à l’histoire dans laquelle ils jouent ! La série a été annulée à la fin de sa diffusion – mais cela ne veut pas dire qu’il reste des mystères à résoudre, celui pseudo-balancé dans la toute dernière séquence étant déjà passablement réglé et de toutes façons totalement inintéressant.

Final Score : 2/5

Ringer, une bouse ? On aurait vraiment aimé dire le contraire, supporté le retour de Sarah Michelle, défendre les valeurs savamment cachée au sein d’un programme de bas étage… mais non, définitivement, il n’y a rien à sauver. Vite la CW, repropose nous quelque chose avec Sarah Michelle !

C’est tout pour cette semaine, mais le site revient très bientôt pour faire le point sur cinq autres séries qui partent en vacances !