Tag Archive: Gossip Girl


Chers lecteurs,

Aujourd’hui plus que jamais il est temps de pleurer nos récents disparus. Alors que les semaines s’enchaînaient à coup de bêtisiers ou autres célébrations magnifiées par de grands feux d’artifice, dans l’ombre le tueur à la hache rodait autour de quelques séries que l’on ne peut plus, désormais, que pleurer. On se gavait de foie gras, il assassinait une chirurgien qui bosse pour la mafia. On se racontait nos histoires d’amour avec les cousins, il décapitait cette fille aux ragots faciles. On se battait autour d’une partie de Mario Kart, il supprimait toute une équipe qui se battait pour les opprimés. On voulait profiter de la vie, il mettait un terme à celle d’une bande de jeunes perdus face à leur avenir. Et le pire, c’est que le carnage va continuer au fil des prochaines semaines.

Mob Doctor - chirurgienne pas credible

Ah, mais c’est qu’elle nous aura bien fait marré la Mob Doctor ! Oui, on veut bien croire qu’un chirurgien soit une jeune femme jolie et sympathique, mais il ne faut pas pousser le bouchon : maquillée à outrance, toujours habillée pour faire apparaître en transparence son push-up du jour, Jordana Spiro déambule dans les couloirs de l’hôpital le regard perdu, avec l’air de se demander ce qu’elle peut bien foutre là. Question crédibilité du personnage, on repassera. Mais qui a bien pu avoir l’idée de mélanger Urgence et Un Flic dans la mafia en pensant que ça fonctionnerait ?

Basé sur un récit bien réel d’un chirurgien qui bossait pour un ponte de la mafia italienne, la série raconte les mésaventures de Grace Devlin, contrainte et forcée par l’ancien mafieux qui dirigeait le quartier où elle a grandit de lui rendre de menus services comme retirer des balles, soigner un cancer de la prostate ou encore faire débander un cheval (véridique.)

Mal foutue, mal réalisée, mal jouée, la série atteint son pire avec les retournements de fin du scénario qui ose nous dévoiler comme une énorme révélation ce qu’on savait depuis le premier épisode (et qui ne tient pas du tout la route) : le vieux mafieux est bel et bien le père de notre héroïne. Quant à l’entourloupe des dernières minutes, tournées à l’arrache pour apporter une conclusion à la série après l’annonce de son annulation, elle terminera de faire vomir les plus téméraires d’entre vous.

Final Score : 2/10.

On peut le dire, The Mob Doctor ne manquera à personne. Et certainement pas à la Fox qui y a trouvé son plus gros bide depuis fort longtemps. underemployed sur le toitNettement moins mauvaise, on regrettera donc largement plus l’annulation de UnderEmployed, petite série estampillée MTV sur le destin de cinq jeunes confrontés à la réalité du monde du travail après avoir rêvé sur les bancs du lycée et de la fac. La série n’est toujours pas officiellement annulée, mais la diffusion de ses derniers épisodes le samedi soir vers 23:00, c’est à dire quand son public est occupé à faire la fête, ne laisse pas vraiment de place au doute.

Que retiendra-t-on de cette énième show autour d’un groupe de personnages en devenir ? Des petites scénettes comiques très réussies, des acteurs frais et plutôt sympathiques, et surtout une grosse patate dans le rythme qui ne retombe jamais. Malgré tout, comment ne pas se lasser des intrigues un peu tirées par les cheveux, des raccourcis psychologiques pas très fins, ou encore de certaines situations tellement vues et revues qu’on les sent arriver dix minutes avant qu’elles ne soient jouées ? C’est bien là toute la faille de UnderEmployed : ne pas avoir compris que le public MTV connaît par cœur tous les codes des séries, et qu’il allait se lasser faute d’innovation. Au final, malgré toute la bonne volonté de l’équipe derrière le show, force est de constater qu’une fois la série finie, on n’en retiendra pas grand chose.

Final Score : 5/10.

Par manque d’ambitions, d’idées, UnderEmployed fait une fausse route malencontreuse, ce qui est d’autant plus dommage qu’elle sait manier la comédie comme on l’a rarement vu. Chez MTV, on continuera donc à chercher un autre grand show à succès pour accompagner Teen Wolf. leverage s5-2 Holy Shit, ça y est, ils l’ont annulée !

Malgré un succès critique et une fan base plutôt forte, Leverage a toujours été au bord de l’annulation, sa rentabilité n’étant pas forcément à la hauteur des attentes de la chaîne TNT. Après cinq ans de bons et loyaux service, le network a décidé, en accord avec les deux show-runners, de partir sur un coup d’éclat avec un double épisode diffusé le 25 décembre et qui conclue la série tel que ça a toujours été prévu. On regrettera franchement cette équipe de cinq personnages totalement complémentaires et forcément jouissifs.

Pourtant la série partait sur un pitch pas franchement folichon. Quatre anciens voleurs et l’homme qui les traquait pour une grande compagnie d’assurance décident de s’allier pour aider les “petits” contre les “grands” en leur apportant de quoi obtenir ce qu’ils veulent. Extrêmement dynamique et franchement maligne dans la manière de raconter ses histoires, la série souffrait quand même d’un certain manque d’ambition due à son côté “formule” qui s’adaptait mal aux quelques tentatives de feuilletonnant souvent décevantes.

Leverage n’était donc pas l’un des meilleurs shows de sa génération mais sans doute l’un de ceux qui nous aura le plus séduit par ses personnages et on regrettera vraiment de ne plus voir leurs jolies frimousses en plein milieu d’un énième cambriolage alambiqué.

Final Score : 7/10.

Grâce à ses personnages immédiatement touchants et ses intrigues plutôt malignes, Leverage savait gagner notre sympathie. Dommage que le show n’ait jamais réussi à décoller de sa formule et soit resté si terre à terre.

gossip-girl-season-6-poster Six ans plus tard, peut-on y voir un peu plus sur le phénomène Gossip Girl ?

On doit au minimum lui accorder un coup d’éclat peu commun : avoir réussi à garder le secret sur l’identité de la blogueuse / twitteuse pendant toutes ces années. Certaines mauvaises langues pourraient arguer que les auteurs ne savaient sans doute pas dès le début qui serait ce “coupable” peu commun, mais le fait que cette ultime révélation soit totalement en accord avec le slogan de la toute première saison reste tout de même plutôt convaincant. Et puis nos chers showrunners ont bien préparé le terrain en répondant dans le dernier épisode à presque toutes les questions que l’on pourrait se poser sur certaines incohérences.

Ok, mais est-ce que la série mérite pour autant de rester dans les anales de la série pour ado, et de la série tout court ? Difficile de s’en souvenir maintenant, surtout depuis que le show a sombré lors d’une cinquième saison inintéressante au possible, mais Gossip Girl a quand même fait exploser bien des barrières sur un grand network pas franchement réputé pour vouloir choquer. Cocaïne, prostitution, partie à trois, comportement à risques… la série s’est intéressée à tout ce qu’il y avait de croustillant et de fantasmant dans la vie de ces jeunes gosses de riche. Mais elle fut aussi extrêmement matérialiste, n’a jamais reculé devant un plan pub agressif, ou véhiculé certaines idées franchement limites…

En fait, on détestait Gossip Girl tout autant qu’on l’appréciait. Remuante mais vulgaire, intelligente mais sans âme, maligne mais racoleuse, voilà une série qui n’aura pas laissé indifférent. Alors mérite-t-elle qu’on se souvienne d’elle ? Pour l’instant oui, surtout pour ses premières saisons. Mais seul l’avenir nous dira si, dix ans plus tard, on se rappellera les mésaventures de Serena van der Woodsen (oui, j’avais envie d’écrire ce nom !)

Final Score : 7/10 (pour l’ensemble des saisons, la série ayant oscillé entre le meilleur et le catastrophique.) 

XOXO, Gossip Girl  !

 

Allez, rendez vous dans quelque jours pour retrouver le sourire avec les quelques nouveautés qui se sont déjà glissées sur les écrans US.

Cette semaine, la CW passe à l’attaque en faisant sa rentrée après tout le monde. La plus petite des grosses networks, très orientée vers les ados, a-t-elle réussit à surprendre et à trouver sa place ?

La rentrée se termine et les derniers retours de série se mettent en place. A partir de dimanche dernier vous pouviez donc retrouver The Cleveland Show ; The League ; It’s Always Sunny in Philadelphia ; ainsi que les “classiques” de la CW : 90210 ; Gossip Girl (pour son ultime saison) ; et The Vampire Diaries.

Ce n’est pas parce que la CW fait sa rentrée que les autres chaînes s’arrêtent de programmer des nouveautés. NBC ouvre le bal cette semaine avec Chicago Fire, nouvelle création de Dick Wolf, le papa des interminables déclinaisons de Law and Order. Avec ce nouveau show plutôt musclé, Dick ne va pas chercher dans l’originalité puisqu’il nous met en place les aventures des pompiers (qui éteignent le feu) et des secouristes de premières urgences (qui interviennent juste après le feu.) En clair, il réadapte sa formule Law and Order à des garçons très musclés et des jeunes femmes aux courbes très généreuses, le tout en débardeur plein de sueur alors que les héros gardent toujours leur maquillage impeccable. Ça sent la testostérone jusque chez les personnages féminins (je vous le donne dans le mile : la blonde est plutôt agressive et impétueuse, du coup elle est lesbienne…) pour un casting qui a clairement été plus choisi pour ses heures passées dans la salle de sport que sur les planches d’un cours de théâtre. Difficile donc de s’intéresser à cet ensemble cast ultra stéréotypé, à ce flot d’intrigues feuilletonnantes dont on voit déjà où elles vont toute nous mener, ou encore de supporter cette musique grandiloquente et cet appui systématique sur les beaux drapeaux américains car les héros représentent toutes les belles valeurs de ce grand pays. A moins d’un sacré retournement de situation, Chicago Fire risque bel et bien de finir dans les poubelles de l’histoire de la télé américaine…

Mon Pronostic : il serait vraiment surprenant que le public américain se laisse avoir par une série qui répète tout ce qui a été fait ces vingt dernières années, sans originalité ni vrai passion. Du coup, je mise sur une annulation en cours de première saison.

L’autre catastrophe de la semaine était proposée par ABC et fait revenir sur les écrans la très sympathique Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et l’insupportable Hayden Panettiere, aka la cheerleader de Heroes qui n’a vraiment rien trouvé à faire depuis quelques années si ce n’est faire la une des tabloïds. Horreur absolue, Nashville cumule les défauts : il s’agit d’une série musicale qui veut se la jouer Glee pour les adultes (comme si Spielberg ne s’était pas déjà cassé les dents sur ce sujet l’année dernière avec Smash) ; c’est une série sur la country (oui, le genre musical, et autant vous dire que si vous ne supportez pas vous allez vous boucher les oreilles la moitié du temps) ; et c’est une série qui veut nous faire croire que Hayden est capable de jouer une méchante artiste qui a tout de même un bon fond – quand elle pleure dans un placard, on explose de rire. Voici donc l’histoire incroyablement peu intéressante d’une ancienne star de la country obligée de faire une tournée avec la petite nouvelle qui monte et qui chante des paroles débiles pour les ados. Wahou. Pour pimenter le tout, les auteurs glissent une petite intrigue politique tellement peu crédible qu’elle termine de faire sombrer Nashville dans les heures sombres de la série télé. A fuir d’urgence.

Mon Pronostic : non, franchement, il n’y a pas moyen que cette série se voit commander une deuxième saison. A la fin de la première, ABC l’annulera sans avoir à se justifier…

Les plus vieux d’entre vous se souviennent peut-être de la série Beauty and the Beast des années 80 avec Ron Perlman et Linda Hamilton (ah, Linda Hamilton…) voici la version revue et corrigée et adaptée au XXIème siècle par la CW et donc avec Kristin Kreuk et Jay Ryan qui ont le mérite d’avoir autant de charisme l’un que l’autre soit, combiné, le charisme d’une huître peu fraîche le lendemain du jour de l’an. Fort heureusement, le show ne s’appuie pas uniquement sur l’irrésistible attirance des deux héros l’un envers l’autre et va chercher une intrigue feuilletonnante bien alambiquée (à base d’expérience sur des soldats pendant la guerre en irak) pour susciter notre intérêt. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi bon reprendre une vieille série dont le charme était dans le look bien particulier du héros (qui avait une pseudo gueule de lion) pour le transformer en beau gosse avec une cicatrice qui a juste les dents qui poussent quand il se met en colère !

Mon Pronostic : un pur produit CW qui devrait arriver à toucher la cible de la chaîne – ça sent la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

C’est sans doute la nouvelle qui m’a fait le plus plaisir cette semaine : le succès phénoménal (enfin, pour la CW, hein !) de Arrow, série adaptée de l’archer vert de chez DC Comics. Et pourtant, il y avait de quoi prendre peur à la vue des premières affiches et de la gueule dépourvue d’expression de l’acteur principal. C’était sans compter sur un scénario qui prend l’intrigue de base au sérieux et va réellement chercher dans les recoins sombres de la psychologie des super-héros. Dark, bien ficelé, s’en sortant plutôt pas mal au niveau des FX, et bien entendu bourré de références pour les fans qui n’attendent que ça, le pilote est tout simplement jouissif et donne envie de voir si la suite va arriver à rester à ce niveau de qualité. Plus proche du deuxième Batman de Nolan que du Superman de Smallville, Arrow pourrait bien devenir la série de super-héros qu’on attendait.

Mon Pronostic : de tout mon coeur je vois la commande d’une deuxième saison. J’espère juste que la suite de la série ne va pas s’avérer une plantade absolue !

Le seul départ de la semaine – et pour moi le premier de la saison, même si le show a redémarré en août ! – me permet d’inaugurer un nouveau système de notation qui me paraît plus intéressant. Vous pouvez retrouver les explications ici ! Ce départ, c’est donc la fin de la deuxième saison de Hell on Wheels, qui nous plonge dans les affres de la construction d’une ligne de chemin de fer en plein western. Après une première saison intéressante mais qui se perdait dans ses multiples personnages, cette deuxième fournée d’épisodes approfondies les différentes trajectoires qui s’avèrent surprenantes et très intéressantes. Entre l’ex-prostituée partagée entre son véritable amour – noir et donc mis au bas rang de la société – et le mec un peu couillon mais au bon fond qui peut assurer la sécurité de son futur enfant, la femme de l’ouest trop intelligente pour son propre bien, les deux frères qui dirigent un bordel et un bar mais dont l’un des deux tombe amoureux de la fanatique religieuse, ou encore le héros à la psyché détruite, il y a franchement de quoi faire. Dommage que l’ultime épisode tourne au carnage longuet et assez inutile, nous laissant sur une note un peu décevante. Mais les auteurs se rattrapent à la dernière minute en nous rappelant que le sujet de la série est le conflit entre la rédemption et la vengeance, dans une séquence de pendaison absolument démentielle. Quant au dernier plan, il prouve que la réalisation a tout compris aux western. Voilà une bien belle série dont on attend avec impatience qu’AMC la renouvelle officiellement pour une troisième année.

Final Score : 7/10

RAISE HELL comme l’affirme la publicité pour cette deuxième saison de Hell on Wheels qui confirme la série comme un très bon show mais pas encore forcément comme un immanquable. Une troisième saison pourrait apporter l’ampleur qui lui manque encore un peu, alors croisons les doigts…

Rendez vous la semaine prochaine pour découvrir encore quelques nouveautés, fêter le retour d’American Horror Story, et saluer la fin de la deuxième saison de Boss !

Premier rendez vous de la semaine du 13 au 19 mai, très lourdement chargée en départ. Tellement chargée qu’elle va faire l’objet de plusieurs bilan de la semaine !

Je me suis beaucoup moqué, ici même, de celle que j’appelle “Glee pour les adultes“, en l’occurence la comédie musicale de Theresa Rebeck intitulée Smash. La créatrice et show-runner de la série connaît bien le monde assez particulier de Broadway pour y avoir beaucoup travaillé et il ne fait nul doute qu’elle a mis beaucoup de coeur à l’ouvrage pour retranscrire cet univers si particulier. Soutenue par Steven Spielberg qui, s’il a toujours produit des show télé, s’est superbement planté cette année avec Terra Nova et The River (pourtant franchement pas mal) et un peu moins avec Falling Skies (reconduite pour une saison deux qui va démarrer pendant l’été), Theresa Rebeck avait intérêt à ce que son programme séduise une majeur partie du public. C’est apparemment chose faite, vu les audiences, mais il a dû se passer quelque chose en coulisse car Rebeck, après avoir annoncé qu’elle laissait le poste de show runner à Joshua Safran (de Gossip Girl) mais restait scénariste, vient de certifier qu’elle ne reviendra pas du tout pour la deuxième saison. Bref, la réalité a largement rattrapé la fiction…

Mais alors que faut-il penser de ces seize premiers épisodes ? Que ce soit bien clair : si vous ne supportez pas les pleurnicheries braillées à tue-tête des musical américaines, pas sûr que vous puissiez vous avalez les nombreux passages chantés de la série, pourtant nettement mieux réalisés que ceux de Glee. Après, c’est à vous de voir. La série souffre de personnages stéréotypés au possible (on reconnaît bien des pattern de personnalité, mais les auteurs poussent un peu trop le bouchon pour être crédible) et est surtout portée par deux connassines qu’on a envie de frapper l’une contre l’autre au bout de dix minutes (la blonde à gros seins et la brune romantico-ghoto-pouffe). D’un autre côté, on a doit à quelques vérités bien senties sur la cruauté du show-business, sans aucune complaisance (fabuleux passage où le metteur en scène explique à une comédienne qu’elle a beau avoir bossé comme une tannée elle n’a juste pas le truc en plus de sa concurrente). Quant à la réalisation et les comédiens, il faut bien avouer qu’ils sont loin d’être mauvais.

Final Score : 3.5/5

Smash n’est pas une franche réussite, tout simplement parce que ses personnages sont totalement insupportables – mais c’est peut-être un simple ressenti personnel, et il est fort possible de tout ce qui me semble artificiel et stéréotypé s’avère en réalité tout à fait juste sur le monde de Broadway. Reste que les scénarios sont loin d’être mauvais, à la différence des chansons hystériques, et que le fil rouge de la saison s’avère agréable à suivre. Et, mis à part l’incompréhensible Ellis et la manière très particulière dont la scénariste – dans la fiction – monte l’histoire de la comédie musicale, les gros cartons rouges se font assez rare.

Bwarf ! Cette cinquième saison de Gossip Girl aura été – pour moi – celle de l’enterrement définitif de la série. Entre les personnages inconsistants, la réalisation molle et des scénarios absolument pas passionnant (non, mais c’est vrai ça, qui a eut l’idée de faire épouser le prince de Monaco à Blair ?) ces 24 épisodes auront plus tenu du calvaire que de la réjouissante bouffée de fraicheur que la série entretenait à ses débuts. Chuck Bass ne manigance plus rien alors que c’était le personnage le plus fourbe de la télévision, Ivy et Charlie ne servent à rien, quant à Elizabeth Hurley, récemment débarquée, elle fait tout simplement peur à voir. Toute la critique de ce monde où l’ambition est la seule valeur qui compte s’est effondrée au profit d’un affairisme bien pensant.

Final Score : 2/5

Aïe : Gossip Girl n’en finit plus de chuter et va finir par se scratcher au sol. Ouf, la prochaine saison sera la dernière – il est temps. Elles ont l’air gourde, comme ça, les filles de MIOBI (Make It Or Break It) mais en vrai elles assurent. Ces trois jeunes gymnastes vont-elles réussi à obtenir leur place pour les J.O. de Londres ? C’est le pitch de cette troisième saison qui se débarrasse donc de l’énervante Emily Kmetko qui était au début la vraie héroïne du programme. Pas franchement marquante d’un point de vue de la réalisation ou du jeu – assez forcé – des actrices, MIOBI puise sa force dans ses scénarios qui n’hésitent pas à s’attaquer à la complexité et la difficulté du sport à haut niveau. Le problème, c’est que cette critique assez cynique s’enrobe d’intrigues romantiques ridicules ainsi que d’une certaine chape morale qui veut que le karma régisse tout ce sympathique petit monde. La série s’est conclue sur un finale pas franchement décevant mais extrêmement attendu. Dommage, on aurait bien aimé être surpris une dernière fois.

Final Score : 2.5/5

Make it or break it était une série assez moyenne mais qui cachait d’excellentes idées et un sens du rythme plutôt convaincant. Elle ne restera pas dans l’histoire des séries, mais était certainement l’un des meilleurs programmes d’ABC Family… On sentait la série fatiguée, cette septième saison de How I Met Your Mother nous l’a confirmé : la série est dans cette mauvaise phase que tous les shows qui durent presque une décennie doivent traverser. En attendant la saison du renouveau ou de la fin, qui sera donc la huitième, fallait-il faire l’impasse sur les 24 épisodes de cette année ? Le feuilletonnant n’était en tous cas pas particulièrement réjouissant, et les différentes intrigues sentimentales manquaient sérieusement de punch pour convaincre. HIMYM est même devenue bavarde et fatigante à l’image de ces jeunes mères qui ne peuvent que parler d’enfant (et là, on nous bassine avec le bébé de Marshall et Lily au point d’avoir envie de les frapper…) Reste Barney, toujours aussi drôle et efficace quand les auteurs n’essaient pas de le rentre outrancièrement (et donc artificiellement) humain. C’est donc là que réside la bonne surprise, vers la fin de la saison, dans son histoire assez étonnante avec une très amusante stripteaseuse.

Final Score : 3.5/5

On pourra vite oublier cette saison de How I Met Your Mother, pas franchement mauvaise mais loin d’être aussi drôle que les précédentes. La série passe par un passage à vide quasiment obligé vu sa longévité, mais elle a intérêt à rebondir l’année prochaine… Hummm, ce qu’ils sont beaux sur l’affiche les acteurs de 90210, relaunch abusif de la licence Beverly Hills. Malheureusement, la série, elle, s’avère franchement moins jolie et calibrée. La quatrième saison de ce programme hautement éducatif nous aura donc appris une chose des plus importantes : l’amour c’est ce qu’il y a de plus important. Mais bon, ça ne dure pas longtemps. Entre Annie qui tombe amoureuse d’un futur pasteur, Liam qui devient un acteur de film de SF (oh mon dieu, ce qu’on y croit), Silver qui passe de mecs en mecs en demandant qu’on l’aime (et qu’à la fin on lui fasse un enfant), Dixon qui plante sa nouvelle copine pour aller faire de la musique, ou encore l’insupportable Naomi qui découvre qu’elle a ce sale petit geek vraiment dans la peau (ouais, bon je vous spoile le dernier épisode mais sparave) : c’est à croire que tous ces jeunes gens sont encore plus stupides et stéréotypés que l’année dernière – c’est dire… Reste Ivy (tellement importante qu’elle n’est même pas sur l’affiche) qui zone en plein désespoir et ce pauvre Navid, interprété par Michael Steger, seul acteur apparemment à ce rendre compte de la vacuité de ses dialogues. Bref, 90210 c’est du grand vide, du absolument n’importe quoi, et en même temps c’est exactement ce qu’on attend de cette série.

Final Score 2.5/5

90210 est l’archétype de la série ado inconsistante, simplement là pour être consommée à la sortie des cours et fournir un sujet de conversation à de jeunes collégiens déprimés. Pour un produit de ce genre, elle mérite donc amplement la moyenne. Mais si vous avez plus de seize ans, vous pouvez sérieusement passer votre chemin (si vous avez moins aussi d’ailleurs….)

Ah il est frais mon poisson, il est frais ! Enfin, plus tellement en vérité. Avec cette cinquième saison, Private Practice, le spin-off plus “adulte” de Grey’s Anatomy s’essouffle affreusement. Si les cas médicaux s’avèrent souvent intéressants, c’est bien le feuilletonnant qui n’arrive pas à nous accrocher. Ainsi, on a que faire de la thérapie de Kate, et elle nous gonfle rapidement avec son envie d’avoir un enfant mais de garder son couple. De l’autre côté, les scénaristes abuse à outrance de la larme facile avec la pauvre Amélia qui en prend mais alors vraiment plein la gueule (elle devient accroc, elle perd son mec, découvre qu’elle est enceinte, puis que son enfant n’a pas de cerveau – non, ce n’est pas une métaphore.) Enfin, il y a Cooper qui apprend qu’il est papa et bah, sparave parce que en fait ça va toujours bien se passer pour lui. Et les autres, franchement, on s’en moque totalement. A se reposer sur ses acquis, Private Practice ne surprend plus et ennuie.

Final Score : 2/5

Celle qui, à l’époque, s’était avérée bien meilleure que sa grande soeur Grey’s Anatomy, s’avère cette année carrément plus mauvaise. Personnages aux destinées inintéressantes, scènes de bavardage intempestives et réalisation toujours en berne auront raison des meilleurs volonté. Qu’on se le dise, on s’endort tous devant Private Practice.

Au fil de cette semaine placée sous le signe de la rediffusion aux Etats-Unis, on n’a pas trouvé grand chose à se mettre sous la dent en terme de série. Une semaine bien light donc, avec un arrière-goût de coca zéro.

Dimanche, c’était un peu la panique : pour la première fois depuis fort longtemps, je me retrouvait avec quasiment rien à regarder. Et puis je vais pas vous refaire un topo sur Luck ni me lancer dans une explication fastidieuse des raisons pour lesquelles je n’ai pas encore rattrapé The Walking Dead. Du coup, il ne me reste que Comic Book Men (sur AMC) à vous présenter. Alors, oui, ce n’est pas vraiment une série mais plutôt une télé réalité bien orchestrée et scénarisée (les américains appellent ça de l’unscripted serie), mais d’une c’est avec le bon gros Kevin Smith et de deux ça parle des gens qui bossent dans sa boutique de comics. Du coup, les fans de Batman et consort s’éclateront aux questions métaphysiques posée par la bande à Smith, les fans du réalisateur seront ravis d’enfin comprendre sa passion du hockey et de voir Jay passer faire sa razzia, et les autres ne comprendront strictement rien à ce programme qui ne leur est de toute façon pas du tout destiné.

Et oui, il parle de sa fille (Harley Quinn Smith) !

Lundi, comme tous les lundis, on s’est moqué de Smash

Nous aussi, mais 42 minutes c'est déjà trop long pour garder sa santé mentale face à ça...

Et on a rigolé à la belle promesse de Gossip Girl !

Et dire que c'est là dessus qu'on nous promet "a whole new world"...

Mardi, c’était la fin de la troisième saison de White Collar, sans doute l’une des dernières séries policières que j’apprécie de regarder. Bien réalisée, sans chichi ni prise de tête, cette série sur un arnaqueur forcé de travailler avec le FBI a quelque chose de vraiment attachant. Et force est de constater que leur cliffhanger de fin de saison est particulièrement efficace…

I'm happy watching you happy.

Mercredi, les scénaristes de Revenge se sont décidés à compliquer leur histoire vu qu’il leur faut encore tenir la route pour une petite dizaine d’épisodes. Alors, en vrac, on nous ramène le méchant japonais, on nous met un personnage en prison, et on présente pour la première fois de la série l’héroïne en vraie situation d’échec. Et avec tout ça, le pauvre spectateur ne sait plus du tout vers quoi se dirige ce show hautement expérimental !

Revenge : la seule série dont la voix off de fin d'épisode est encore moins compréhensible que celle de Grey's Anatomy.

Jeudi, merci NBC de nous proposer une vraie nouveauté au milieu de toutes ces rediffusions. Ainsi accueillait-on Awake avec le sourire… avant de comprendre qu’il s’agit d’un cop show de plus. De plus, vraiment ? C’est que la série repose sur un twist scénaristique fort malin, particulièrement bien intégré dans la mise en scène de ce pilote qui propose une patte visuelle évidente. Sans vous dévoiler quoi que ce soit, sachez juste que je me demande juste si ce concept est vraiment fort et saura soutenir la série ou s’il s’agit de plus mauvaise fausse bonne idée… En tous cas, le pilote est réjouissant et mérite que vous y jetiez un oeil !

Si je vous dis que ça résume très bien la série, vous me croyez ?

Enfin, vendredi, on s’amusait toujours autant avec Spartacus… mais c’est bien le retour de la Young Justice qui nous a fait rêver. Sympathique dessin animé destiné aux ados en mal d’aventure, ce show mettant en scène une sorte d’équivalent des Titans (pour la version papier) s’avère relativement bien foutu et prenant. Alors, ok, les personnages représentés ne sont pas forcément connu du grand public (à côté de Robin, on a du Aqualad, du Kid Flash, ou encore la délicieuse Zatana…) mais si les super héros à la DC vous manque, vous pouvez y jeter un oeil…

Hummm, des super héros dans la télé !

Allez, à la semaine prochaine, avec une nouveauté et le retour de deux séries tant attendues. Oh wait, Army Wives ça continue pour de vrai ?

Après de grandes et belles vacances passées en partie à mater les affiches publicitaires pour les nouvelles séries dans les rues de San Francisco et de Los Angeles (oui, je me la raconte, mais que voulez vous, c’était trop bien !) il fallait bien rentrer un jour. Ca tombe bien, cette semaine, la CW a eut la bonne idée de faire pareil. Du coup, elle nous balance son line up pour l’année en espérant que rien ne se casse trop la gueule…

La CW est le plus petit des cinq “gros” networks, et elle mise en priorité sur un public plutôt jeune – leur coeur de cible c’est le 18-35 ans, à forte tendance féminine, et autant dire que les dirigeants de la chaine visent plutôt bien. Ne vous étonnez donc pas de ne pas retrouver dans ce line-up un pseudo Mad Men comme il va en pulluler tout au long de l’année chez la concurrence…

Le lundi, mais pas avant le 26 septembre (allez savoir pourquoi !), on retrouvera Gossip Girl à 20h00, puis Hart of Dixie, de la même équipe, à 21h00. Une soirée qui se veut glamour, pleine d’histoire d’amour et de beaux sentiments qui a intérêt à nous réserver quelques surprises croustillantes (qui a parlé de partie à trois ?) pour arriver à titiller notre attention…

Le mardi, on retrouve nos petits jeunes de 90210 à 20h00, qui vont devoir sérieusement se secouer les fesses s’ils ne veulent pas nous endormir profondément comme ils l’ont fait l’année dernière. A 21h00, c’est LE retour de l’année, avec Sarah Michelle Gellar dans un double rôle pour Ringer. La critique américaine était mitigée, la critique française beaucoup plus assassine, on vous donnera notre avis sur le pilote la semaine prochaine. La seule chose qui est sûre, c’est que question audience était plus qu’à la hauteur avec un score de +72% par rapport à l’année dernière (pour le début de la saison 2 de Life Unexpected sur la même tranche horaire.)

Le mercredi, on laisse tomber les séries pour cracher sur les stars dans H8R, animé par le bonhomme en plastique qu’est Mario Lopez, mais oui, le Slater de Sauvé par le gong qui n’a pas changé d’un pouce et dont le sourire super bright éblouirait le plus aveugle d’entre nous. A 21h00, c’est le retour de America’s Next Top Model. Nuff said.

Le jeudi, double ration de Kevin Williamson avec la suite des Vampire Diaries dont on pense toujours beaucoup de bien, malgré tous ceux qui disent s’être lassés pendant la deuxième saison (mais qu’est-ce qu’il vous faut ?!), et l’arrivée du nouveau Secret Circle, lui aussi adapté de romans de L.J. Smith qui datent quelque peu (1992)… Le showrunner saura-t-il réitérer son succès ? Les audiences d’hier soir semblent aller dans cette voie…

Enfin, le vendredi (à partir du 23 septembre) on se partagera entre le pire, avec Nikita à 20h00, vrai plaisir malsain pour les fêlés de la tête, et le retour de Supernatural à 21h00, juste la meilleure série de la saison dernière.

Tout ça nous fait donc un joli petit lineup, qui a le mérite de reposer sur une vraie réflexion de programmation. Franchement, on voit mal comment une série pourrait vraiment se casser la gueule au milieu de tout ça, mais il faudra bien que quelqu’un laisse sa place à One Tree Hill en janvier. Et oui, l’increvable show de Caroline du Nord revient pour une ultime saison. Ultime ? Mais bien sûr.

Dixième bilan, nouvelle semaine, on s’intéresse aujourd’hui au sort de comédies un peu particulières… Un agent secret bien animé, une vision énergique des université américaines, un certain ennui, une façon de réussir, du football fantasy, de mauvaises décisions, Joey dans son propre rôle et enfin un shérif avec un coeur gros comme ça !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Chez FX, on n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle. Du coup, quand le petit network s’achète un dessin animé, autant vous dire que ce n’est pas pour que vous vous éclatiez en famille avec vos enfants. Créée par Adam Reed, un habitué de chez AdultSwim, Archer raconte les déboires d’un agent secret… pas vraiment ordinaire.

C’est que Sterling Archer, notre fameux héros, est quelque peu hyper sexualisé et souvent mis dans des positions plutôt délicates… La situation se complique encore plus quand on sait qu’il bosse au sein de l’agence ISIS (Intenational Secret Intelligence Service) avec son ex copine et que son boss est sa propre mère ! Entouré d’une pléthore de personnages tous plus barrés les uns que les autres (dont un savant fou absolument génial), les aventures de Archer prennent toujours des virages auxquels on ne s’attendait pas et vous réserve beaucoup de surprises et de fous rires.

Mais si les scénarios et les personnages sont franchement réussis, la série assume aussi avec brio son parti pris d’animation, mélange de photo, de 3D et de technologie flash, pour aboutir sur quelque chose de très étrange mais auquel on finit facilement par adhérer. Et que dire des voix, toutes de haute volée, que l’on doit à des acteurs vraiment convaincus et qui ont l’air par ailleurs de franchement s’éclater ?

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Bon, ok, Archer n’est pas la série qui va changer votre vie ou vous faire évoluer psychologiquement (quoi que…) mais dans son cadre de comédie dynamique, à l’humour assez outrancier, elle s’impose comme l’une des meilleures réussites depuis très longtemps. Il ne lui manque que la critique acide de notre société de South Park pour devenir vraiment un indispensable. En attendant, jetez vous déjà dessus, au moins pour dire : ah mais, moi, Archer, je regarde depuis le début !

Ouh là, Blue Mountain State est un sacré morceau à défendre. Assez bête, très franchement porté sur le sexe, presque effrayante dans sa manière de traiter l’alcool et les drogues, BMS était déjà une série pleine de “défauts” dans sa première saison. La deuxième décide d’aller encore plus loin dans la déconne absurde. Et ça ne surprendra pas ceux qui me connaissent bien : j’ai tout simplement adoré !

J’étais en train de me dire que j’allais défendre une série profondément machiste, quand j’ai soudain réalisé que, bien au contraire, les seuls personnages forts, qui obtiennent ce qu’ils veulent, sont des femmes. Ainsi la charmante Mary Jo (Frankie Shaw), qui fait renouer le héros avec ses sentiments les plus profonds et lui fait enfin accepter l’amour. BMS serait donc une série romantique ?

Bon ok, c’est aller un peu loin dans le délire. BMS est avant tout une série fun, qui se permet tous les délires d’un dessin animé cartoon mais en live. Et pour justifier tout ça, quoi de mieux que de montrer que les personnages passent leur temps à boire et à fumer ? C’est que BMS repose sur un concept pas franchement glorieux ou exemplaire pour les jeunes : Alex Moran (Darin Brooks, impeccable) veut profiter des privilèges d’être quaterback remplaçant, tout en s’arrangeant pour ne jamais jouer. Car son vrai but dans la vie, c’est de ne rien faire. Un vrai glandeur qui est forcément obligé d’être hyper actif pour être tranquille. Et moi, rien que ça, ça me fait rire.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Blue Mountain State a le très grand mérite d’exister et de foutre un énorme coup de pied dans la marre tranquille des sitcom live. Affichant un humour abusé comme on en retrouve que dans certains dessins animés, le show pourra tout à la fois vous effrayer si vous le prenez au sérieux ou vous faire hurler de rire si vous le considérez comme un American Pie plus âgé, plus abusé, et franchement sous acide. Félicitations aux scénaristes qui arrivent à aller toujours plus loin et à imaginer des histoires toujours plus barrées alors qu’on se dit à chaque fois que là, ils ne feront jamais mieux !

En revoyant cette affiche de Bored to Death, je réalise que chérie adore Jason Schwartzman (je ne sais plus dans quoi) mais n’a jamais regardé LA série dans laquelle il excelle. Quoi, un programme HBO que j’apprécierai ? Oui, mais avec toutes ses limites tout de même…

La première saison de Bored to death était loin de m’avoir convaincu. Sur le papier, l’idée est intéressante : un jeune romancier à la vie sexuelle déclinante et à l’inspiration absente décide de proposer ses services en tant que détective privé. Malheureusement, Jonathan Ames, le créateur du show, en fait rapidement une sorte d’auto-fiction (le héros s’appelle Jonathan Ames) ennuyeuse comme la mort, reposant sur un humour maniéré, basé sur l’auto dépréciation, et déjà vu cent mille fois. Restait des personnages secondaires assez intéressants mais relativement inutiles dans des intrigues tout simplement bidons.

Du coup, j’ai démarré cette seconde saison sans vraiment trop y croire et, en réalité, pour retrouver Ted Danson qui est un de mes acteurs préférés. Et là, surprise : les auteurs jouent enfin le concept ! Jonathan Ames mène de vraies (mini) enquêtes, et ça suffit pour suffisamment booster les histoires et que les scénarios ne soient plus d’un insipide ennui. En fait, c’est toute une vraie dramaturgie qui se met en place, sans pour autant renoncer aux problèmes du quotidien et à l’auto dépréciation. Du coup, Bored to Death devient vraiment agréable à regarder, fun à souhait et donne enfin envie d’y revenir.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Après une première saison assez piteuse, les auteurs décident de jouer vraiment le concept et y gagnent beaucoup en dramaturgie. Drôle, cynique et sympathiquement foutue, Bored to Death saison 2 devient une série vraiment agréable à regarder (et pas un programme nombriliste et insupportable d’auto dépréciation.) Les fans de Jason Schwartzman, de toutes façons, sont déjà conquis.

Produit par la même équipe que Entourage, How to make it in America se voulait une plongée fun et amusante dans la culture undergroud de New York, un carrefour de personnages venus d’horizon divers qui se rencontrent et l’histoire d’une ascension sociale. En gros, une grande réflexion sur les différentes couches de la société de la côte est. Dommage dans ce cas que la série paraisse aussi peu crédible.

Car tout le problème est là : on essaie de nous faire croire que Ben et Cameron sont deux pauvres new-yorkais sans le sous, mais vous avez vu la gueule de leurs appartements ? Vous avez vu les fêtes pleine de C organisées par leurs amis ? Leur look branché, soigneusement étudié ? Rien de rien, dans la production design, ne laisse supposer deux vrais galériens… alors que c’est pourtant le point de départ de la série. Du coup, le show perd d’office toute crédibilité et s’affiche instantanément comme une espèce de version mystifiée, purement imaginaire, de New York – un peu de la même manière dont Gossip Girl présentait Paris.

Le point de départ foiré, la série reste malgré tout relativement agréable à regarder. L’histoire réserve quelques belles surprises, même si les scénarios font état d’un sens du rythme proprement désastreux. Les acteurs sont loin d’être mauvais – dommage que leurs personnages soient aussi peu crédibles. Et puis il y a la réalisation, qui vient franchement sauver la série en vous donnant rapidement envie de prendre un avion pour rejoindre la célèbre ville.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
How to make it in America est largement sauvée par sa réalisation formidable qui créée une ambiance fort agréable. Plombée par une haute estime de soit alors que le show abat stéréotype sur stéréotype, la série peine à convaincre sur tous les autres points. Du coup on a le cul entre deux chaises, admiratif devant les images, désorienté par l’accumulation de clichés.

Friday Night Lights l’a prouvé : pas besoin de s’intéresser à un sujet pour aimer une série sur cette thématique. En l’occurrence le football américain. Mais The League va encore plus loin vu qu’elle s’intéresse à une ligue de fantasy football, un genre de jeu basé sur des pronostics et les résultats réels des joueurs – bref, un jeu auquel on ne comprend strictement rien. Pas grave, étant donné qu’on rigole bien quand même…

The League c’est donc les mésaventures de cinq amis qui feraient tout et n’importe quoi pour gagner leur ligue de fantasy football. A l’occasion de cette deuxième saison, deux nouveaux joueurs viennent taper l’incruste : Rufi, un espagnol qui n’y comprend rien, et Jenny, la femme d’un des cinq autres héros, qui assure grave (elle prenait déjà presque toutes les décisions à la place de son mec dans la saison précédente). Deux ajouts particulièrement judicieux, qui apportent une tonne de nouvelles possibilités et surtout deux tonnes de fous rires.

Car si le show ne fait pas de miracle en terme de réalisation ou de production value, il fait énormément rire, grâce à des scénarios bien calibré et un rythme toujours efficace, mais aussi et surtout par son casting qui assure continuellement. Du coup, on se moque très rapidement de ne pas comprendre toutes les vannes (et il y en a un sacré paquet en référence au monde du foot américain) et on a très hâte que la série revienne !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une troisième saison.
Avec The League, FX s’est offert ce qui est sans doute l’une des sitcoms les plus drôles de l’année. Incisives, mordantes et parfois totalement délirantes, les aventures de nos sept joueurs sont juste un vrai bonheur à regarder. Alors n’hésitez plus, si vous êtes en manque de bonne comédie, à vous jetez dessus !

Attention, voici une série qui va véritablement séparer le public en deux. The Increasingly Poor Decisions of Todd Margaret (putain, mais quel titre!) va énormément en amuser certains avec son ton franchement décalé, son humour plutôt british (pas étonnant vu que la sitcom est coproduite par des anglais), et ses acteurs – avouons le – remarquablement bons. Malheureusement, je ne fais pas partie de cette partie du public.

Au risque de me faire beaucoup d’ennemis, je dois avouer que j’ai trouvé Todd Margaret (on va faire court) franchement chiant. Certes, il y a plein de bonnes petites idées dans les mésaventures de cet américain envoyé en Angleterre pour y vendre des cannettes d’energy drink, mais le rythme catastrophique, avec des scènes à rallonge que le monteur ne sait jamais quand couper, vient sérieusement plomber l’ambiance. Les vannes sont loin de toutes faire mouche, et les différences entre anglais et américains sont trop caricaturales pour faire vraiment rire.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
S’il y a bien une chose que je déteste, c’est m’ennuyer pendant un programme censé être drôle. The Increasingly Poor Decisions of Todd Margaret, malgré ses quelques moments de haute volée, s’avère dans l’ensemble vraiment trop chiant pour que je le recommande à qui que ce soit. Si vous êtes un fan hardcore des comédies anglaises, vous pouvez peut-être tester, mais je doute que vous y retrouverez totalement le ton que vous adorez.

Matt Leblanc dans son propre rôle, dans une série qui parle des séries, crée par David Crane (le cerveau derrière Friends) : on avait de quoi attendre avec impatience Episodes qui mit tout de même un petit temps avant de débarquer sur les écrans de Showtime. Pas de bol, le résultat est loin d’être à la hauteur.

Episodes se veut l’histoire de deux auteurs anglais qui partent aux Etats-Unis pour adapter leur sitcom à succès. Premier souci, on leur impose Matt Leblanc pour reprendre un rôle de vieux professeur. Ce n’est que le début du désastre et de multiples problèmes qui vont achever la qualité du pilote à tourner… Un pitch de départ relativement génial et plutôt original.

Mais à trop vouloir taper sur la télé américaine, Episodes vire à la critique idiote et sans intérêt. Matt Leblanc est, la plupart du temps, d’une bêtise et d’une méchanceté à se damner, et strictement tous les gens qui travaillent dans le monde de la télévision sont d’une connerie crasse. A croire que pour arriver à leurs postes il faut ranger son cerveau. D’un autre côté, grande apologie de l’Angleterre et de l’humour raffiné et intelligent de ses habitants. A la limite d’un certain racisme, Episodes ne tarde pas à gonfler quand elle se la joue auto-critique aussi bête que les personnes qu’elle critique.

Du coup, difficile de croire à l’univers qui nous est dépeint et à l’histoire qui n’est pas dépourvue de qualité. Heureusement qu’il y a quelques vrais moments très drôles pour faire passer le tout, et des acteurs qui ont l’air de franchement s’éclater (même Matt Leblanc, c’est dire !) Réalisation  et production value honnêtes, la série ne tire pas non plus son épingle du jeu sur ce point. Au final, Episodes est une sympathique petite sitcom sans réel intérêt si ce n’est nous faire sourire. C’est quand même bien peu par rapport à ce qu’on attendait.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Énormément attendue, la nouvelle série de David Crane manque le coche en devenant au moins aussi bêtement crasse que ceux qu’elle voulait critiquer. Reste une petite sitcom amusante qui se laisse facilement regarder.

On termine cette session sitcom avec le programme qui nous a fait le plus rire cette année : l’énormissime EagleHeart.

Parodie extrême des vieux shows policiers avec Chuck Norris, Eagleheart raconte les aventures du marshal Chris Mansanto, fin limier disposant (entre autre) du pouvoir de tuer avec ses mains. Impossible de raconter les scénarios délirants au possible, qui partent dans toutes les décisions et font rire en permanence. Du bout de ses onze petites minutes, Eagleheart fait toujours mouche et est bien aidée en cela par ses acteurs magistraux, qui joue à fond le coup de la parodie et du détournement. Un vrai petit moment de grâce sur lequel on ne va pas s’appesantir – au lieu de lire cet article vous devriez foncer regarder la série !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Du grand n’importe quoi extrêmement bien fait, avec humour et amour pour le genre. EagleHeart est juste une magnifique réussite !

Troisième fournée de reviews des séries diffusées cette année. Deux séries pour ados (encore), un cop show musclé, une sitcom survoltée et l’une des meilleures séries de l’année…

Pour la première partie, c’est ici ! Pour la deuxième, c’est par !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Huitième saison pour le show (à l’origine) pour ado le plus increvable du monde. Même sans le duo majeur des premières années, One Tree Hill continue son bonhomme de chemin et raconte toujours la vie d’un groupe de personnes dans une petite ville de Caroline du Nord. Après avoir exploré à peu près toutes les possibilités de combinaison romantique possible, après avoir évoqué quasiment tous les thèmes des séries pour ado, la série a-t-elle vraiment encore quelque chose à dire ?

Il y a des shows comme ça, avec qui on partage quelque chose de spécial, d’absolument indescriptible. Pour ma part, j’ai regardé One Tree Hill depuis la diffusion du tout premier épisode et je n’en ai depuis manqué absolument aucun. Non pas que la série soit géniale ou qu’elle me corresponde parfaitement, non, c’est juste que les habitants de cette ville de Caroline du Nord sont peu à peu devenus comme une famille, ou plutôt un groupe de potes que je prends plaisir à revoir de temps en temps. J’aime apprendre les dernières nouvelles, qui a fait un bébé, qui ne peut pas en avoir, qui lutte contre l’alcoolisme, qui fait son film et comment il s’en sort, qui va une nouvelle fois monter sur scène pour jouer de la guitare, etc.

Alors oui, on pourrait critiquer la réalisation molle du genou, les innombrables voix off récitant des passages interminables de bouquins, les acteurs pas toujours au top, mais que voulez-vous, One Tree Hill est quasiment devenue une institution, une série impossible à bouger, à vraiment déranger. Les fans de la première heure s’y retrouvent toujours, les auteurs (et en particulier le show runner Mark Schwahn) ayant eut la bonne idée de vraiment faire grandir les personnages en même temps que l’audience. Les autres ne peuvent pas comprendre – et ne comprendront jamais d’ailleurs – comment on peut passer plus de cinq minutes face à ce qui leur apparaît d’une totale absurdité dépourvue d’intérêt.

Final Score : 0/5 pour les pervers, 4/5 pour les fans de la première heure, 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une neuvième (et malheureusement ultime) saison.

Snif, snif : One Tree Hill s’arrête l’année prochaine, cette fois c’est sûr, certain, promis, juré, craché. Le show qui aurait déjà du mourir deux fois tirera enfin sa révérence. Les fans vont verser une petite larme, les autres ne sont déjà plus en train de lire cette critique.

Quand Tom Welling, le mythique Clark Kent de Smallville, assure ses arrières pour ses vieux jours, il se met à produire des séries pour la CW. Et comme il est malin, il fait appel à Kevin Murphy, un scénariste connu pour son implication dans Desperate Housewives. Il ne manquait qu’un concept unique et novateur. Et là, Tom ne se refuse rien : on va mélanger Glee, The Good Wife, et One Tree Hill. Pour sûr, on n’avait jamais vu ça avant !

Hellcats c’est donc l’histoire tout à fait crédible de Marti, une jeune étudiante en droit, qui découvre un beau jour que sa mère a oublié de payer pour ses études. Du coup, elle risque de se faire virer. Et comme maman est simple serveuse dans un bar, et que de toutes façons elle n’assume rien et laisse Marti gérer tout, la pauvre n’a pas l’ombre d’une idée de la manière dont elle va bien pouvoir payer la fac. Coup de bol, elle s’engueule avec une jeune texane, Savannah (quand on vous dit que les auteurs n’ont reculé devant rien, ça concerne même les noms des personnages !) qui vient chercher sa bourse de cheerleader. Quoi, des bourses pour des putains de pompom-girls, s’énerve Marti ! Mais Savannah se défend furieusement : les cheerleader, c’est des méga athlètes je te ferai dire (refrain qui reviendra jusque dans le season finale, histoire qu’on comprenne bien que c’est pas facile facile d’être cheerleader). Et comme Marti a tout de même un super bon fond, elle s’excuse de s’être énervée et décide de rejoindre les Hellcats, le groupe de cheerleaders, pour pouvoir payer ses études.

Déjà là, vous doutez que je vous raconte vraiment la série, mais je vous jure que tout est vrai. Et ce n’est pas finir. Car croyez le ou non, Marti va s’avérer une très bonne cheerleader, mais aussi une super compétente étudiante de droit (bien qu’on se demande quand elle trouve le temps de bosser ou de réviser) qui va même participer à un vraie affaire – transformant le show en legal show. Et là coup de boule / renversement dans tes dents, on pimente l’intrigue, on la complique un peu, on montre qu’il y a des gens qui cachent des mystère et badaboum, Hellcats devient aussi un cop show.

Mais il faut aller plus loin ! Car oui, Marti va aussi se révéler une talentueuse chanteuse ! Du coup, on va pouvoir caler aussi des moments de chansons à la Glee. Et tiens, bam, on va faire en sorte qu’elle découvre que son père n’est peut-être pas mort, qu’il y a des secrets de famille, et on va pouvoir tirer un peu sur la corde One Tree Hill. Yep, c’est bon tout ça ! Mélanger, agiter, et vous obtenez Hellcats, la série la moins crédible du monde mais qui, au moins, ne se refuse rien.

Final Score : 2/5 , série annulée après sa première saison.

Grand moment de n’importe quoi, Hellcats est un fourre-tout admirable mais totalement indigeste. Une seule petite saison et la série met la clé sous la porte, pour faire de la place aux nouvelles séries des créateurs de Gossip Girl et de The Vampire Diaries. Désolé Tom Welling, il va vraiment falloir que tu trouve quelque chose à faire maintenant que Smallville est finie…

Vu les audiences pharaoniques, aux Etats Unis comme dans les pays étrangers, de NCIS, la série policière dans l’univers de l’armée, il était tout naturel que CBS cherche à décliner ce succès. Mais pour une fois la commande n’a pas été de faire un simple copier/coller dans une autre ville. Du coup, NCIS : Los Angeles, avec son équipe totalement différente et son traitement beaucoup plus “agent secret” (une bonne part des enquêtes reposent sur de l’infiltration) avait surpris en positif. Alors, le retour de Callen et Sam pour une deuxième année est-il lui aussi convaincant ?

Ne perdons pas de vue qu’on parle ici de NCIS - soit une série policière musclée, qui ne cherche pas à faire réfléchir mais simplement à divertir. Cette année encore, on retrouve la parfaite combinaison d’enquête et de comédie qui fait le sel de la série. Entre deux gunfights pas trop mal filmées, on a droit une blague (souvent un peu potache) qui nous fait sourire. Les enquêtes sont toujours aussi tordues – et souvent à la limite de la crédibilité, les gadgets sont toujours de la partie, et les explosions fracassantes viennent généralement conclure les épisodes. Bref, la recette est la même mais elle fonctionne toujours aussi bien.

Cependant, les auteurs ont voulu aller plus loin pour cette deuxième année. Et vu que CBS leur a lâché la bride, ils se sont bien amusés à mettre un peu de feuilletonnant. Du coup, la série joue encore sur le passé mystérieux de G. Callen qui ignore toujours ce que la fameuse lettre G de son nom peut bien vouloir dire ! Alors bien sûr, on y va vraiment petit à petit, cinq minutes ici, deux minutes par là, un petit flash back étrange au détour d’une intro et hop, l’affaire est dans le sac. Et on s’octroie deux épisodes de fin pour faire semblant qu’on va enfin tout révéler alors que – spoiler inside – en fait pas du tout, on va juste narguer le spectateur jusqu’à la dernière minute.

Final Score : 3/5 , série renouvelée pour une troisième saison.

Ok, un 3 peut vous paraître beaucoup mais n’oublions pas à quoi nous avons affaire : NCIS LA est une simple série de divertissement qui ne cherche pas à aller plus loin. Et dans son genre, difficile de lui reprocher quoi que ce soit. La réalisation est musclée comme il faut, les scénarios offrent un bon ratio enquête / humour et on a même un peu de feuilletonnant histoire de nous tenir en haleine. Avec une pizza et un coca, y a pas mieux pour se laver le cerveau.

Dotée d’un potentiel énorme, placée juste derrière American Idol pour faire des audiences de folie, Breaking In fut bien la plus grande déception de la Fox cette année. Malgré Christian Slater au casting (absolument impeccable) et Adam Sandler en partie derrière la production, il y avait vraiment de quoi y croire. Alors pourquoi diable le public américain n’est pas resté ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre…

Breaking In se concentre sur une équipe de génies, chacun dans sa spécialité, qui bosse dans une entreprise qui teste les systèmes de sécurité. Du coup, c’est l’occasion idéale d’avoir des scènes d’action dans une sitcom et donc de changer un peu la donne. Les auteurs vont même un peu plus loin en faisant de Oz (Christian Slater) un boss proprement hallucinant, qui sait lire sur les lèvres, faire de l’hypnose, est immunisé contre tous les poisons, etc. Les autres personnages sont poussés dans leur retranchement, avec une mention spéciale à Dutch, personnage de simplet baraqué super sympathique, interprété par le grand Michael Rosenbaum, méconnaissable depuis qu’il a des cheveux (pour info, c’était LE Alex Luthor de Smallville.) Se permettant donc allègrement d’aller dans le délire le plus total en se contrefoutant totalement du réalisme, la série fait penser à une sorte de Parker Lewis nouvelle génération, moins ado mais tout aussi délirant.

Le gros problème, il me semble, c’est que la série est sortie en pleine geeksploitation et joue à fond cette carte… un peu trop même, puisque les trois quart des blagues seront incompréhensibles pour les non-initiés. De plus, le rythme sur-trépidant (puisque les auteurs essaient tout à la fois de mélanger de vrais scénarios d’aventure/action avec des intrigues classiques de sitcom) met en avant une accumulation de blagues mais ne permet jamais de les jouer pleinement, de les utiliser à leur maximum. Résultat des courses : c’est speed, fun, on ne s’ennuie jamais, mais on reste toujours un peu sur notre faim. Et encore, quand on est un peu geek et qu’on comprend les blagues – les soccer moms doivent juste se demander ce qu’il est en train de se passer sur leur écran.

Final Score : 4/5 pour les geeks, 2/5 pour les autres, série annulée après sept épisodes.

Breaking in aurait pu faire un carton si elle avait été diffusée après The Big Bang Theory ou à la limite sur Syfy. Mais sur la Fox, après American Idol, difficile pour se programme très geek de trouver son public parmi les soccer mom totalement dépourvues face à son rythme infernale. Dommage car les acteurs sont tous parfaits et que c’était l’occasion de retrouver un univers aussi déjanté que celui de Parker Lewis.

The Good Wife, la meilleure série de l’année dernière, vraie surprise enchanteresse, revient et se doit de faire aussi bien sinon mieux. Une sacrée gageure…

Pourtant, il faut bien avouer qu’on attendait pas grand chose d’un nouveau show produit par les frères Scott (Tony et Ridley), responsables du catastrophique Numbers, série qui a dégoûté les plus scientifiques d’entre nous des mathématiques et des cop shows en quelques épisodes. Du coup, leur retour sur le marché avec une série ayant en premier rôle Julianna Margulies, sympathique dans Urgence mais pas glamour pour deux sous, avait de quoi sérieusement faire peur. D’autant qu’on savait qu’il s’agissait d’un legal show et qu’il en pullulait déjà pas mal sur nos écrans…

Mais contre toute attente, The Good Wife n’était pas qu’un legal show et Julianna Margulies pas qu’une ancienne de E.R. bonne pour les seconds rôles. La série s’intéresse à Alicia Florrick, dont le mari, Peter Florrick, un ancien procureur général, est pris dans un scandale médiatique mêlant sexe avec des prostituées et corruption en général. Pour survenir aux besoins de sa famille, et surtout de ses deux enfants, Alicia décide de reprendre son ancien métier d’avocate dans une grande firme.

La force des scénarios de la série est de reposer à la fois sur des affaires juridiques franchement fascinantes et souvent complexes – bien qu’on puisse un peu s’en lasser tant la firme d’Alicia semble ne jamais perdre ses procès ! – et sur un habile feuilletonnant autour de la reconstitution de la famille et du procès de Peter (en saison 1) puis d’une campagne électorale (en saison 2). Les deux axes de la série sont si habilement entremêlés qu’on n’imagine pas l’un sans l’autre et que rien, jamais, ne paraît artificiel.

Cette année, les grandes qualités scénaristiques découvertes en saison 1 sont donc de retour, tout comme la réalisation sobre mais diablement efficace, une production design toujours réussie et surtout un cast qui frôle la perfection absolue. Margulies est tout à la fois sublime et extrêmement touchante, Archie Panjabi (Kalinda) sait parfaitement jouer de tout le mystère qui entoure son personnage (et le ramène magnifiquement à sa condition humaine dans les derniers épisodes), Matt Czuchry exprime toute la dualité de Cary depuis qu’il s’est fait virer du cabinet d’avocats. Et on pourrait vous faire comme ça l’ensemble du cast, mais ce post n’en finirait pas :)

Un seul reproche pourra cependant être fait à cette saison : un épisode totalement absurde et loupé du début jusqu’à la fin censé mettre en scène Hugo Chavez. Une catastrophe absolue dont on ne connaîtra jamais la cause et qu’on s’empressera d’oublier…

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une troisième saison.

Les rares critiques émettant un mini avis négatif sur la série en première saison avaient peur que le show ne puisse maintenir l’intensité de son feuilletonnant sur le long terme. Avec cette deuxième saison, Robert et Michelle King, showrunners de la série et coupable de l’assez oubliable In Justice en 2006, prouvent qu’il n’y a absolument plus de souci à se faire. The Good Wife est un très grand show qui aurait déjà marqué tous les esprits s’il était diffusé sur HBO. La preuve par l’exemple (merci CBS) que les grands networks censés être plus familiaux peuvent faire aussi bien (voir mieux) que n’importe quelle chaîne un peu hype du câble (et j’espère que cette phrase va me valoir quelques commentaires bien haineux).

Deuxième fournée de reviews des séries diffusées cette année. Deux séries pour ados, deux nouvelles sitcoms et un cop show pas tout à fait comme les autres…

Pour la première partie, c’est ici !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont riches (pour la plupart) et ils ont un putain de flare sur la gueule tellement le soleil brille en Californie : ce sont bien sûr les héros de 90210, relance de la mythique licence Beverly Hills, 90210 (vous noterez la simplification du titre pour les ados du XXIème siècle). Après les problèmes d’alcoolisme d’Annie, le cancer de la maman de Silver, le viol de Naomi et la rechute dans la drogue d’Adrianna, que pouvait donc nous apporter de nouveau cette troisième saison ? Réponse : pas grand chose…

Quelques nouvelles idées : la surprenante révélation de l’homosexualité d’un des personnages, la croissance infinie du charisme de Navid (les filles se moquaient de lui en première saison, maintenant elles se battent pour l’avoir dans leur lit, allez savoir pourquoi), et la Geeksploitation indispensable aujourd’hui pour les séries pour ados (ah Naomi qui tombe amoureuse d’un geek à lunette qui parle klingon, c’est encore moins crédible que de la neige à Noel à Los Angeles…) Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence. Silver va encore avoir des problèmes psychologiques, Naomi des problèmes avec sa réputation, Annie aura des problèmes d’argent (mais dans ce cas déménage sale petite conne !), et oh mon dieu Adrianna est vraiment, mais alors vraiment, très très méchante. Les garçons sont toujours aussi mous et dotés d’une psychologie d’huître en fin de vie et les adultes passent leur temps à se bécoter, à boire du vin rouge et à fumer des pétards (mais attention les jeunes, vous-même ne fumez pas – enfin sauf si vous avez un cancer). Rien de bien nouveau donc sous le soleil de Beverly Hills, si ce n’est la nette disparition de toute référence à la vieille série (exit la grosse Kelly, casse toi Brenda et ne reviens pas, bye bye Nat et son Peach Pit totalement inutile).

Réalisation toujours aussi peu imaginative, scénaristes fatigués, musique insipide, il n’y a bien que les acteurs qui semblent encore beaucoup s’amuser. Et comment pourrait-il en être autrement : les filles y gagnent des gardes robes proprement infinies et les garçons peuvent glander autour de la piscine (c’est pas comme s’ils avaient beaucoup de scènes à tourner). Coiffures parfaites, maquillage sur mesure, il ne manque qu’un buffet digne de ce nom – si on pèse les quatre filles ensembles, elles ne doivent presque pas dépasser les cent kilos. C’est d’ailleurs la vraie menace qui pèse sur la série (et non pas une éventuelle annulation tant les audiences sont à la hauteur) : une mini tornade (chez nous on appelle ça des vents un peu violents ou tout simplement du mistral) et les actrices s’envolent. Du coup, il paraît que les techniciens les accrochent avec des cordes à des piquets. Je vous jure.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une quatrième saison.

Pas imaginative pour deux sous, 90210 remplit à peine son contrat de série qui doit faire rêver les ados. Jolis vêtements, coiffures et maquillages : ok. Scénario, réalisation, musique : boarf… Mais si vraiment vous avez du temps à perdre, ou si vous cherchez un fond sonore pendant que vous surfez sur internet, pourquoi pas…

Quatrième saison pour Gossip Girl, série sur les gros riches de New York (l’Upper East Side, comme disent les initiés.) Sur quasiment le même concept que 90210, avec un décalage géographique sur la côte est, la série de Josh Schwartz et Stephanie Savage prouve qu’il y avait vraiment matière à faire une bonne série pour ados sur la base de la lutte des classes. S’éloignant très rapidement de la série de livres de Cecily Von Ziegesar (un nom pareil, ça ne s’invente pas), les deux cerveaux derrière la déjà plus qu’honorable The O.C. (précurseur de la geeksploitation à venir) signent sans doute leur saison la moins convaincante. Est-ce une raison pour s’en passer ?

Je crois que ce qu’il y a eu de plus amusant cette année dans Gossip Girl, c’est sa vision magique de Paris. La capitale française est tellement bien filmée – et retouchée au travers de filtres et de colorisation plus éclatante des murs des immeubles – qu’on a juste envie de la visiter à son tour. Même quand on y vit. La France est d’ailleurs à l’honneur tout au long de la saison avec la présence d’un certain Louis, censé être prince de Monaco. Ok, on a un peu du mal à avaler la pilule, mais pourquoi pas (en plus, il est jeune, beau, séduisant, super intelligent, romantique – comme tous les français quoi).

Une grosse part de la saison tourne autour d’un mystère (comme d’habitude), celui qui entoure le personnage de Juliet Sharp, une sémillante jeune femme qui semble vouloir détruire la vie de Serena. Va-t-elle y parvenir et pourquoi est-elle aussi méchante ? On le serait à moins, tant cette fichue Serena mérite de paires de baffes ! On notera aussi l’éviction, petit à petit, de l’effrontée Jenny Humphrey, interprétée par la tornade Taylor Momsen qui est partie en réalité faire de la “musique” avec son groupe. Comprendre par là qu’elle tourne des clips en sous-vêtements, se goinfre de coke, et se fait détester par l’ensemble du casting de la série tant elle est insupportable.

Cela va s’en dire, la force de la série réside encore dans son fascinant couple Blair Waldorf / Chuck Bass, deux personnages d’exception qui tirent toujours la série vers le haut. On notera aussi un effort remarquable de la part des scénaristes pour jouer les situations et ne pas simplement les décrire après coup, comme c’est trop souvent le cas dans les séries pour ados, ainsi qu’une vraie envie d’éviter les tirades à rallonge avec explications sentimentales à deux balles. Et au final, on se surprend à jouer aussi facilement le jeu et à avoir envie de voir la suite.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une cinquième saison.

Gossip Girl reste une série pour ados, avec toutes les limites que ce terme sous-entend. Malgré tout, le tandem Blair/Chuck, sans doute deux des personnages les plus fascinants du moment, fonctionne toujours aussi bien et nous entraîne avec une remarquable facilité dans les intrigues à tiroir de l’uper east side. C’est aussi l’occasion de voir New York du côté des riches, des très très riches. Une bien jolie ville, une bien sympathique série.

Aie aie aie… Cette année, CBS n’a pas hésité à nous proposer sa sitcom sur des couples de trentenaires, Mad Love. Contrairement à ce qu’indique l’affiche, il n’y a vraiment rien de “new” dans cette série à la situation de départ tellement éculée qu’on en a presque vomit sur le pitch. Le premier épisode confirmait d’ailleurs tous nos doutes. Mais une série, ce n’est pas uniquement son concept, c’est aussi son traitement. Et sur ce point, Mad Love a su révéler quelques surprises…

Quatre new-yorkais dans leurs trentaines, Kate et Ben sortent ensemble, Kate est la meilleure amie de Connie, Ben est le meilleur ami de Larry et Connie et Larry se détestent. Voilà pour la situation de départ. Bien entendu, l’ensemble des épisodes s’intéressent à l’évolution d’une histoire d’amour, comment Kate et Ben vont passer du simple on se fait un bisou au plus sérieux on s’installe ensemble – l’occasion de revisiter des thématiques déjà vu mille fois et qui commencent sérieusement à nous fatiguer.

Du coup, c’est du côté du duo Connie /Larry qu’on se tourne pour trouver un peu d’humour. Et là, surprise, ça marche. Enfin, pas au début, hein, il faut attendre quelques épisodes que le couple se mette en place, que les auteurs trouvent le bon type de blagues, mais ensuite difficile de résister à la voix off et aux règles de vie proprement stupides de Larry, ainsi qu’à la mauvaise foi et la méchanceté inégalée de Connie. Leurs joutes verbales deviennent le seul moment qu’on attend et ça ne manquent jamais de nous faire rire.

Jusqu’au tragique season finale où, oh mon dieu quelle originalité, les deux se rendent compte qu’en vrai, ils s’aiment. Ouf, la série est finalement annulée, on n’aura donc pas à subir la chute dans les anales de la médiocrité de ce qui s’est finalement avéré être un sympathique petit moment.

Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.

Sur un pitch juste tout pourri et des situations déjà vues mille fois, les auteurs ont sauvé leur série grâce à un duo Larry / Connie qui s’avère terriblement drôle et efficace. Dommage que tout le reste doive passer à la poubelle !

Mike & Molly pose un sérieux problème. Nouvelle sitcom produite (et non créée, mais sérieusement surveillée) par Chuck Lorre, le papa de Dharma et Greg, Two and a half men, et plus récemment de The Big Bang Theory, cette histoire d’amour entre deux personnes obèses n’a pas grand chose dans son concept pour attirer le chaland. Il y a ceux qui se lassent des histoires de couple dans les sitcom, et ceux, carrément plus assassins, comme une certaine blogueuse du Marie-Claire US, qui sont carrément dégoûtés de voir deux gros s’embrasser (véridique, mais ça va, la jeune femme est loin d’être une parfaite idiote.) La seule vraie force de la série était-elle d’être diffusée après Two and a half men, et juste avant la remorque à audience Hawaii Five-O ?

Pendant les premiers épisodes, je dois bien avouer que c’était bel et bien tout le mal que je pensais de Mike & Molly. Personnages inintéressants, réalisation désastreuse, choix esthétiques plus que hasardeux – rien ne venait contrebalancer le plus gros problème d’une sitcom : la série n’était pas drôle. Certes, on peut être touché pendant un moment par ces deux êtres grassouillets – non ok, carrément obèses – obsédés par leurs poids et qui, surtout, n’ont quasiment jamais connu l’amour. Mais le copain flic black ultra caricaturale, la mère de Mike ultra castratrice et la mère de Molly juste obsédée par le fait d’être une MILF ne venaient pas apporter beaucoup de sentiments positifs pour les personnages. Du coup, j’étais sur le point de laisser tomber quand…

Les scénaristes ont enfin réalisé qu’il leur fallait un personnage vraiment excessif pour servir de contrepoint comique, et qu’il fallait dans le même temps pousser leurs personnages jusqu’au bout. Du coup, Mike et Molly deviennent les deux seuls personnages un peu sérieux de la série, tandis que les autres deviennent de vrais clowns, ultra enfoncés dans leurs idées et leurs problèmes. Mais la grosse réussite vient du personnage de Victoria, interprétée par l’inégalable Katy Mixon, la soeur de Molly constamment défoncée et en décalage total avec le reste de son univers (à titre d’information, elle est maquilleuse… de cadavres.) Servant de pivot central à quelques scènes absolument mémorables, c’est bien elle qui nous fait revenir semaine après semaine.

Final Score : 3/5 , série renouvelée pour une deuxième saison.

Sur un concept peu attirant et limite repoussant pour certains, Mike & Molly est sauvée par le casting qui entoure les personnages principaux et notamment celui de Victoria, une vraie perle d’humour, seule et unique raison de revenir semaine après semaine. Ça fait peu, il faut bien l’avouer.

Body of Proof voudrait ne pas être qu’une simple série policière de plus. Le docteur Megan Hunt, chirurgien de renom, a un problème de main suite à un évènement terrifiant qu’on ne peut pas vous révéler maintenant. Du coup, elle devient médecin légiste. Et comme elle est obstinée, droite dans ses bottes et qu’elle ne doute de rien (en un mot : insupportable), elle fait chier les flics qui viennent régulièrement la voir pour mener l’enquête à leur place. Tant et si bien qu’au bout du troisième épisode ils ont bien compris que c’est elle l’héroïne et que c’est elle qui a toujours raison. Alors, vous trouver que ce pitch fait de Body of Proof un cop show comme les autres ?

Bon, je vois qu’il y a encore deux trois garçons qui ne sont pas convaincus dans la salle. Du coup, sachez que le cabinet médical dans lequel notre héroïne officie est tout simplement un repaire à MILF. De la quarantenaire ultra bien foutue, dans des robes plus moulantes les unes que les autres, je t’en propose en rousse, en blonde et – je croise les doigts pour l’année prochaine – en brune !

Quoi, ça ne te suffis pas ? Alors, heu… un peu de geeksploitation à travers un personnage de jeune assistant scientifique ? Ah oui, et tiens je te mets un gros noir rigolo, on va dire que c’est le chef de Megan, mais elle fait rien qu’à le considérer comme un sous-fifre, ah oui, c’est marrant ça ! Et attends, mais oui, je te mets un mec, blond à gros nez mais encore assez séduisant, qui va accompagner Megan partout. Un flic ? Oh, non, on en a déjà trop. Un médecin ? Merde, on vient de boucler l’équipe. Bon on va juste le mettre là pour l’instant et on verra bien après ce qu’il peut faire. Oh wait, super idée : un medicolegal investigator ? Ça tape comme nom !

A part ça, on va juste s’entourer de super bons scénaristes pour faire des intrigues policières bétons. Non, je m’en fous qu’ils soient nuls en dialogue ou pour faire un feuilletonnant absolument ridicule sur Megan, sa fille et son ex-mari, tu sais pourquoi ? Parce que ça ne servira à rien. Les gens ils viennent parce que les enquêtes elles sont nickelles et que Megan leur fait penser à House en femme fatale de quarante ans. C’est du lourd coco, c’est du lourd.

Final Score : 3/5 , série renouvelée pour une deuxième saison.

Malgré ses prétentions, Body of Proof ne vient pas renouveler le cop show. Elle offre juste un casting sympathique, met en scène des femmes fortes (ce qui ravira certains), et s’appuie sur des intrigues parfaitement ciselée. C’est propre, clean, mais froid comme un cadavre.

Je reste fasciné par la capacité de la CW, la plus petite des cinq principales network américaines, à générer du produit dérivé autour de ses séries, mais aussi autour de sa propre image. En effet, cette chaîne destinée en priorité aux ados et aux jeunes adultes, qui diffuse du One Tree Hill comme du Supernatural, en passant par Gossip Girl ou Smallville, est même allée jusqu’à faire de son slogan une sorte de revendication : “TV to talk about.”

httpv://www.youtube.com/watch?v=eScXJEPJeYs

Après les OST, les posters, les guides (non)officiels, la CW profite d’être une succursale de la Warner pour se (re)lancer dans le gros film d’horreur pour ado – mais cette fois, elle met le paquet en nous balançant pour la première fois ensemble Minka Kelly de Gossip Girl, Leighton Meester de Friday Night Lights (et que la chaîne aimerait bien récupérer pour une nouvelle série), et Alyson Michalka de Hellcats. Soit un casting sur mesure pour les adolescentes (les filles sont classes) et pour les les adolescents (les filles sont jolies). Une manière assez peu subtile de leur rappeler qu’ils peuvent les retrouver les différents soirs de la semaine sur leur écran de télévision, mais aussi sur le net, la CW étant en effet la première chaîne a avoir conclu de vrais accords publicitaires pour la diffusion de ses séries sur son site.

Maintenant j’imagine bien M6 nous sortir un film avec le mec qui va te chercher un appartement superbe pour pas cher, la grosse bourrine qui te tue la déco de ton studio et la future gagnante du combat des régions d’Un Dîner presque parfait. Ah, mais attendez, France Télévision l’a fait ça, ça s’appelait le Noel des animateurs ! Allez, joyeux Noel en retard.

httpv://www.youtube.com/watch?v=qMUvGYP9k3s

EDIT : la CW vient d’annoncer qu’elle va sortir un “social climbing game / free to play” basé sur Gossip Girl et auquel on pourra jouer… sur Facebook !

Ça y est : comme chaque année, la hache de l’annulation a frappé. Et à cette période là de l’année, on ne peut même plus parler de hache, on ne peut que parler de…

I WILL KILL ALL YOUR SHOWS !!!

Une petite explication s’impose. Aux Etats-Unis, en Septembre, les différentes chaînes (du moins les cinq gros Network que sont ABC, CBS, NBC, FOX et The CW) lancent leurs nouvelles séries. Celles-ci ont plus ou moins de temps pour s’imposer – normalement jusqu’en novembre à peu près, date des premiers sweeps, c’est-à-dire le premier moment où les chaînes vont refaire leurs grilles de programmation pour mettre en valeur tel ou tel show, le décaler d’une concurrence trop forte ou tout simplement l’annuler. Dans ce dernier cas, on parle de “axe”, la fameuse hache de l’annulation qui tranche les pattes à une série qui n’aura pas su trouver son public. Mais depuis quelques années, cette hache se transforme en vraie tronçonneuse quand les chaînes décident d’annuler une série après seulement deux épisodes.

Never Forget. Never Forgive.

L’année dernière, la tronçonneuse s’est abattue comme une masse sur The Beautiful Life, une série dont vous n’avez probablement jamais entendu parler puisqu’elle n’aura vécu que deux épisodes. Pourtant, la CW, la chaîne qui diffusait le show, voulait y croire : casting mené par Mischa Barton (l’ex héroïne de The O.C. aka Newport Beach chez nous), concept accrocheur (la vraie vie de jeunes mannequins, avec son lot de drogues et d’anorexiques), et une campagne d’affichage massive (avec les protagonistes… complètement nus.) Le résultat ? Une plantade pharaonique, qui a valu à la série de s’arrêter avant même que les autres chaînes n’aient fait leur rentrée ! Un échec unique en son genre… Unique ? Pas si sûr que ça…

Bonjour tout le monde, et surtout adieu !

Cette année, alors que toutes les nouvelles séries viennent à peine d’être lancée (No Ordinary Family, par exemple, a débuté il y a deux jours), la tronçonneuse vient de décapiter Lone Star, pourtant l’une des séries les plus prometteuses de cette rentrée. J’en avais déjà parlé dans un autre article mais, quitte à me répéter, le site Metacritic annonçait que si ce n’était pas le meilleur pilote de la saison, celui de Lone Star n’en était vraiment pas loin. Et après avoir vu ce fameux pilote, je peux vous avouer que j’étais moi aussi franchement convaincu.

Oui, y en a qui ont la belle vie...

Le concept, prometteur, était de nous parler de Robert Allen, un arnaqueur professionnel qui mène une double vie, avec deux femmes qu’il aime éperdument mais qu’il a séduites dans le but de vider leurs comptes en banque et ceux de leurs familles et amis. Un concept qui, la Fox aurait du s’en rendre compte tout de suite, collait plus à une petite chaîne du câble comme FX ou Showtime, voir HBO, qu’à un network détenu par des républicains et plutôt conservateur dans ses idées et ses spectateurs. Ceux-ci sont peut-être venus pour jeter un œil à la série, mais à mon avis dés qu’ils ont compris que le héros avait deux femmes et que ce n’était même pas décrit comme quelque chose d’absolument horrible, ils ont zappé sur The Event ou même Gossip Girl. Résultat : you lose et tu ne passes même pas par la case départ. Bye bye au show le plus prometteur de cette année.

Ca en jette quand même plus que la promo de Masterchef.

En attendant, les grands gagnants du lundi soir, ce sont eux, les héros de Hawaii Five O, qui ont tout raflé face à Castle et Chase, le nouveau Bruckheimer. Et, pour avoir vu le pilote, je peux vous dire que ce n’est pas tout à fait démérité. Mais on reparlera dans un prochain post !