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C’est avec beaucoup de retard que l’on se retrouve pour la dernière partie de notre bilan concernant la semaine dernière. Je vous passe toutes les bonnes raisons qui expliquent ce retard parce que dans le fond, on s’en fout ! Ce qui est important, c’est qu’on parle aujourd’hui de six séries sur lesquelles le public n’a pas forcément de bons à-priori alors qu’elles sont tout à fait honnêtes. Des séries pas si pourries, c’est le bilan de la semaine.

Beauty-and-the-Beast-S1-Poster-1BEAUTY AND THE BEAST (saison 1)

Célèbre série des années 80 mettant en scène Ron Perlman dans le rôle de la Bête (et co-écrite par Georges R.R. Martin, le papa de Game of Thrones), Beauty and the Beast revient dans une version contemporaine sur la CW. Et mieux vaut vite oublier la série de base tant les différences sur le traitement et les thématiques sont nombreuses. Une fois le deuil fait du maquillage barbu de Perlman, on peut enfin se concentrer vraiment sur cette nouvelle itération des aventures de la jolie flic Catherine Chandler, qui rencontre un certain Vincent Keller qui, dans cette version, est un ancien soldat sur lequel on a fait des expériences génétiques et qui peut se “transformer” en monstre lors des coups de stress.

Enfin, en monstre, c’est vite dit. La CW désirant vendre la série comme un show romantique avant tout, elle n’a pas l’intention d’abîmer le visage de son acteur principal tout droit sorti d’un catalogue de maillot de bain. Vincent a donc les ongles qui poussent (mais restent propres), les yeux qui brillent, et sa cicatrice qui s’agrandit un peu. Sa voix devient aussi un peu plus rauque et vu comme elle est normalement on se demande comment c’est possible. On est donc bien loin des poils et froufous de la version originale.

Kristin Kreuk, ancienne miss Rose de Smallville (la seule couleur qu’elle portait), s’en tire plutôt pas mal dans le rôle de Catherine et sait minauder quand il faut pour faire pleurer sur le sort mystérieux de sa mère. C’est en effet là que se trouve l’intrigue feuilletonnante, celle-ci faisant sûrement partie des médecins et du consortium qui ont transformé Vincent en monstre. Le reste de la série repose sur quelques intrigues semi-policière avec quasiment toujours un enjeux amoureux : on est dans de la romance, pas dans une série policière !

Le résultat est quelque peu étrange, entre consternation totale sur certains épisodes chiants et sans intérêts, et ravissement quand le show prend des tournures inattendues et arrive  à dire quelque chose d’original sur l’amour (surtout sur la fin de la saison.) Question audience, ce ne fut pas la panacée. Mais la CW est un network où il fait bon de se poser car elle ne s’appesantit pas sur les chiffres et préfère créer des fanbase solides et aller chercher les bonnes critiques en allant toujours dans le sens de ce que semble souhaiter ces fameux fans. Du coup Beauty and the Beast n’est pas annulée (alors que partout ailleurs ça n’aurait pas fait long feu) mais va être “retoolée”, c’est à dire réarrangée, remaniée, pour une deuxième saison qui promet donc d’être assez différente.

Et pour ma part, je lui laisserai sa chance.

Final Score : 6/10

Pas franchement grandiose, Beauty and the Beast propose pourtant quelques très bons moments qui justifient à eux seuls une suite réaménagée. A conseiller aux adolescentes (qui y trouveront un palliatif beaucoup moins cucul que les autres séries romantiques pour ado) et à ceux qui sont nostalgiques de Kristin Kreuk.

vampire-diaries-season-4VAMPIRE DIARIES (saison 4)

Diffusée en accompagnement de Beauty and the Beast, le show aux dents longues le plus improbables qui soit a confirmé cette année tout le bien qu’on en pensait et marche tellement bien (enfin pour un petit network comme la CW) que la chaîne va lui donner une petite soeur. Vampire Diaries ou comment prendre une série de mauvais bouquins et en faire un vrai tour de force.

Alors oui, pour les détracteurs de la série, il s’agit bien d’un trio amoureux entre deux frères et une petite brune perdue dans ses sentiments – Twilight n’est pas bien loin… Mais au fil des saisons, la série s’est largement épaissie et on ne compte plus le nombre d’êtres surnaturels à vadrouiller dans les rues de Mystic Falls. Loup-Garous, sorciers, hybrides, fantômes, “originals” (la première famille de vampires, qui va donc avoir sa propre série l’année prochaine), sans compter tous les chasseurs : ça commence à faire du monde. Et d’ailleurs, la fin de cette saison leur rend hommage avec une entourloupe maligne pour faire revenir, le temps d’un épisode ou deux, une bonne partie des personnages qui ont été tués précédemment histoire de leur permettre de prendre leur revanche.

Car il faut bien avouer que question décès, Vampire Diaries se pose là. Décidée à ne jamais se reposer sur une formule, le show est constamment tiré dans tous les sens pour arriver à surprendre le spectateur. Ainsi, les scénaristes n’hésitent pas à éliminer un personnage, même s’il est très apprécié, ou à changer radicalement la psychologie d’un protagoniste. Cette année, on a ainsi pu voir Elena, l’héroïne, s’acclimater à son nouveau rôle de vampire, avant de devenir la pire peste qui soit quand elle décide de switcher ses sentiments. C’est parti pour un run d’une dizaine d’épisodes foutrement délirants dans lesquels les deux frangins normalement héros de la série apparaissent comme deux gros crétins faciles à manipuler et complètement obnubilés par l’envie de se taper cette pauvre Elena.

Alors oui, on peut se lasser un peu de ce rollercoaster de rebondissements et il faut bien reconnaître que le tout est parfois un peu vain, un peu creux. Mais dans ses grands moments (et ils ne sont pas rares), Vampire Diaries touche généralement juste et nous fait bondir de notre fauteuil avec un twist que l’on n’avait pas vu venir. Vampiriquement fun.

Final Score : 8/10

C’est une série de genre et donc bien évidemment elle ne parlera pas à tout le monde. Mais tous ceux qui sont un minimum fan de fantastique et qui cherchent une série qui ne se repose jamais sur ses lauriers sauront apprécier cette tonne de rebondissements et de twists irrémédiablement fun qu’est Vampire Diaries.

Grey's_anatomy_cast_photo_season_9GREY’S ANATOMY (saison 9)

Déjà neuf saisons de Grey’s Anatomy ! On ne va donc pas se leurrer, si vous lisez cet article c’est sans doute que vous êtes fan de la série et que vous voulez juste savoir ce que j’ai à en dire ou que vous avez décroché l’année dernière et que vous voulez savoir si ça vaut le coup de vous lancer dans ces vingt-quatre nouveaux épisodes. Pour la faire courte : oui, ça vaut le coup.

Après s’être tirée une sérieuse balle dans le pied en supprimant deux des personnages les plus appréciés du public, Grey’s se devait de trouver des idées percutantes et surtout des fils rouges suffisamment intéressants et originaux pour nous tenir en haleine. Du côté pas très original, on a eut la galerie de petits nouveaux étudiants – mais il faut reconnaître que ceux-ci sont plutôt réussis et changent de la troupe habituel. Moins beaux, moins glamours, moins doués (sacrément moins doués !), ils arrivent à être très vite attachants (ils ont intérêts vu que la série ne va pas s’éterniser encore très longtemps…) La petite Jo (Camilla Luddington, qui a prêté ses traits à la nouvelle Lara Croft dans la dernière version vidéo-ludique de Tomb Raider) aura même une histoire surprenante et originale avec ce bougre de Karev qui s’avère toujours intrigant après neuf saisons – il faut le faire !

Plus original, il y a tout le fil rouge sur les répercussions de l’accident d’avion survenu l’année dernière. Alors oui, il y a l’amputée de la jambe, les décès, et tout le traumatisme, mais ce n’est pas le plus important (marrant non ?!) Car le fait est que c’est bien l’hôpital qui est responsable et comme on est aux Etat-Unis, il va devoir payer une petite fortune aux survivants de cette tragédie. Cool pour Mérédith et compagnie ? Pas tout à fait. Car ça veut dire aussi que Seattle Grace n’est plus rentable… et qu’il va devoir fermer ses portes. A moins d’un rachat par un grand groupe, ce qui provoque moult problèmes d’organisations. A moins que… mais bon là, je vous laisse découvrir, c’est ce qui fait tout le sel de la deuxième partie de la saison et c’était plutôt sympa.

Question intrigues amoureuses, on est par contre dans de l’ultra traditionnel même si ce sont plutôt les nouveaux personnages qui vont vivre quelques remous. Ben oui, les auteurs ne peuvent plus faire bouger grand chose autour de Meredith qui apparaît donc cette année un peu plus comme le coeur, l’âme de la série mais plus du tout son protagoniste principal. Ellen Pompeo semble le prendre plutôt bien et apparaît nettement plus en forme que les autres années – c’est bien la première fois qu’elle semble enfin faire son âge !

Final Score : 7/10

C’était plutôt une bonne année pour Grey’s Anatomy, donc si vous avez tout vu jusque là ce n’est pas la saison à laquelle il faut arrêter ! Plus sociale et moins outrancière dans les intrigues amoureuses, cette saison marque définitivement le passage à l’âge adulte pour la série. Il était temps !

scandal - season 2SCANDAL (saison 2)

Avec Scandal, Shonda Rhimes avait purement pour but de faire à la série politique ce qu’elle a fait à la série médicale avec Grey’s Anatomy, à savoir y glisser du soap et un certain dynamisme des scénarios (en dépit du réalisme, auquel la scénariste semble vraiment peu s’accrocher !) Elle était loin de se douter qu’elle tenait entre ses mains une pure bombe à retardement qui a explosé sur l’Amérique cette année, avec des scores d’audimat inhabituels pour une série diffusée à 22:00.

Il s’agit donc des mésaventures d’une avocate super forte (et de son équipe) qui fut auparavant la conseillère du Président des Etats-Unis – avec qui elle a une relation amoureuse alors que le bougre est marié à une femme pas dénuée d’ambitions. Ouais, dit comme ça, c’est pas très emballant. Mais la série a su rapidement rebondir en éliminant les intrigues bouclées pour se contenter de mettre en place un feuilletonnant explosif, tout à fait dans le style d’un show comme The Killing.

Et Scandal se permet tout. Entre un discours édifiant sur l’absence de réelle démocratie aux Etats Unis, ou sur ce qu’elle fait faire à ses personnages (torture, manipulation, mensonge et trahisons), elle secoue tous les codes jusqu’à faire de son héroïne le personnage le plus inquiétant du show. Si la réalisation est un peu pauvre et ne fait que répéter les trois bonnes idées plantées dès le pilote, elle n’enlève rien à la qualité générale des comédiens qui font pleinement vivre ses intrigues over-the-top et délicieusement retorses. Le seul bémol concernera le dernier épisode de cette saison, pas très heureux dans le traitement de certaines séquences, et dans lequel Shonda Rhimes (qui s’est décidée à l’écrire, mauvaise idée !) abuse des grandes tirages grandiloquentes. Mais le reste de l’année était tout simplement ahurissant.

Final Score : 8/10

Scandal se pose comme le seul political-soap à ce jour et, malgré sa réalisation mitigée et quelques facilités à la toute fin de la saison, comme un show absolument jouissif car il se permet tout. Un sacré plaisir.

elementary season 1ELEMENTARY (saison 1)

Il fallait oser : non seulement Elementary est une nouvelle version moderne de Sherlock Holmes, alors que le revival au cinéma avec Downey Jr. cartonne et que la série anglaise (Sherlock) secoue les foules, mais en plus elle repose sur une idée particulièrement étrange – faire jouer Watson par Lucy Liu. Pour sa première création et sa première série en tant que showrunner, Robert Doherty (scénariste et producteur sur d’autres séries auparavant), a donc décidé de jouer le tout pour le tout, et d’assumer dès le début de la saison qu’il NE ferait PAS d’histoire d’amour entre Sherlock et Watson.

Et le bougre a tenu sa promesse. Certes, il fait beaucoup de trahison à l’oeuvre de Conan Doyle – la première étant que Sherlock manipule Watson (au début) pour en faire son “élève” et accessoirement sa remplaçante, la deuxième étant de déplacer l’action à New York – mais il me semble qu’il a totalement saisit l’idée derrière les romans et les nouvelles et réussit à reproduire l’impact qu’ils pouvaient avoir à l’époque sur notre monde actuel. Il faut dire que Jonny Lee Miller est tout simplement excellent dans le rôle titre et donne immédiatement envie de suivre ce “surhomme” désespérément asocial et énervant. Quant à Lucy Liu, elle assume avec culot d’enfiler les bottes de Watson et s’empare très rapidement du personnage pour en faire sa propre création.

Alors oui, les personnages sont géniaux, mais les enquêtes en elles-mêmes sont bien évidemment l’un des éléments les plus importants d’une série policière. Alors que valent celles de cette première saison ? Là aussi, c’est plutôt une très bonne surprise. Malignes, inventives, sortant des sentiers battus et du classique “le premier innocenté s’avère être le coupable”, elles sont parfois un peu tirées par les cheveux mais s’avèrent toujours surprenantes. Ça fait donc plaisir de se retrouver face à des enquêtes où on ne sait pas forcément vingt minutes à l’avance qui est le coupable !

Enfin, ajoutez à cela un feuilletonnant très sympathique mais malheureusement trop court (on espère que la saison deux le mettra nettement plus en avant) et vous obtenez très clairement la révolution de la série policière que l’on attendait depuis… CSI. Ni plus, ni moins.

Final Score : 8/10

Oui, ça y est, enfin : la série policière américaine a trouvé son renouveau avec cet Elementary limite choquant au début avec ses choix très particuliers, mais qui s’avèrent au final tous de très bonnes idées. Si vous aimez les cop-shows, ne passez surtout pas à côté.

Nikita S3NIKITA (saison 3)

A l’insu de pas mal de monde, Nikita est tranquillement en train de faire son bout de chemin et de monter une fan-base de plus en plus puissante. Les critiques commencent à s’intéresser à un show bien plus malin et intelligent qu’il n’y parait au premier abord (et surtout par rapport à ses débuts assez catastrophiques !)

Oui, il s’agit bel et bien d’une nouvelle version de la série dérivée du film de Luc Besson, sur une agent secret / assassin travaillant pour un section spéciale des services secrets américains nommée Division qui va s’avérer avoir son propre agenda qui n’a rien de vertueux. Là où cette itération du network CW s’éloigne de tout ce qui  a été fait avant, c’est que – comme pour beaucoup de shows de la chaîne (Vampire Diaries…) – la série ne cesse de se remettre en question, de changer sa base, son fonctionnement, son principe même, pour toujours surprendre et ne jamais se reposer sur une formule évidente.

Cette troisième saison n’échappe pas à la règle (!) et switch au moins trois fois de concept en seulement une vingtaine d’épisodes ! Question thématique, on entre aussi dans quelque chose de plus intéressant quand certains agents tentent de refaire leur vie, quand Nikita et consort doivent occuper la place de leurs anciens ennemis, ou encore quand l’héroïne est confrontée à sa créatrice dans un jeu du chat et de la souris aux accents oedipiens particulièrement malsains.

Très clairement, la série a su évoluer et s’améliorer sur de nombreux points. Les scénarios proposent un feuilletonnant diversifié et intrigant, mais aussi des intrigues pseudo bouclées qui n’hésitent pas à mettre les personnages face à leurs propres limites et incohérences. Parfois extrêmement malins (tout l’épisode sur la jeunesse d’Amanda – la “méchante” – est à ce titre purement exceptionnel), ils restent confinés dans le genre de l’espionnage musclé et en ce sens misent toujours plus sur le dynamisme que la crédibilité. Les acteurs sont plus à l’aise – et même notre VieillePeau préférée, Maggie Q, semble enfin assumer son âge – et la réalisation fait ce qu’elle a à faire, avec pas mal de bonnes idées pour rester dans le budget tout en gardant un visuel parfois assez impressionnant. Et au final, il faut bien le reconnaître : on a beaucoup rit et on s’est beaucoup moqué de Nikita, mais cette année la série s’est clairement achetée ses lettres de noblesse.

Final Score : 8/10

C’est à croire que les séries de la CW, de manière évidente le network qui fait le plus confiance à ses créateurs et qui s’en contrefout des chiffres, sont en odeur de sainteté cette année. Après la très bonne surprise qu’est Arrow, voici que Nikita se transforme et se révèle pour devenir un show d’une évidente qualité. Dommage qu’il faille se taper les deux premières saisons – nettement moins bonnes – pour pouvoir comprendre !

The Big Bang Theory S6 iTunesBIG BANG THEORY (saison 6)

On termine cette semaine musclé de fins de saison avec the Big Bang Theory et sa sixième saison, semblable à toutes les autres. Ni en progression, ni en déclin, le show très controversé sur une bande de geeks / nerds (je vous laisse choisir le terme qui vous convient) et leurs petites amies (soit actrice bonnasse, soit scientifiques farfelues) reste dans sa droite lignée et semble ne pas du tout se préoccuper des critiques, négatives ou positives, faites à son égard. Alors oui, le show se moque toujours autant de cette communauté (au contraire de Community qui joue avec ses codes) mais reste sincère et jamais gratuit (contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre.) Bref, quelque soit votre opinion sur la série, ce n’est pas cette saison qui vous fera changer d’avis !

Final Score : 7/10

Amusante mais un peu trop ancrée sur ses acquis, the Big Bang Theory ne change pas sa formule. Hater, détestez ; fan, adorez. Et tous ceux qui sont au milieu peuvent toujours trouver cette sitcom assez amusante…

bill-hader-announces-hard-decision-to-quit-snlSATURDAY NIGHT LIVE

Un petit mot de conclusion pour vous dire que l’événement émotion de la semaine, c’est le dernier Saturday Night Live de Bill Hader, qui fera sortir les mouchoirs aux connaisseurs… Byebye Bill, et on espère te retrouver dans de bonnes choses sur le petit ou le grand écran !

Rendez vous jeudi pour la première partie d’une autre semaine bien chargée en fin de saisons ! (et on vous fera aussi découvrir quelques nouveautés et séries anglaise…)

Cette semaine, on vire un docteur pour engager tout un hôpital, on s’essaie à une série venue du pays des kiwis, on s’interroge sur une vraie fausse bonne idée pour renouveler les séries policière, et on rigole (ou pas) avec une comédie qui repose sur les mêmes bases que Starbuck (le film, pas la chaîne de café.) Ah oui, et on fait aussi un tour au spa, histoire de se reposer. Une semaine bien chargée, quoi.

Emily-Owens-M.D.

 

Elle était sympa Emily, mais elle n’aura pas fait long feu sur nos écrans. Etrange création imaginée pour la CW, la chaîne des ados cool, Emily Owens, M.D. était un mélange étrange entre une comédie acide anglaise, des intrigues médicales à la Grey’s Anatomy, et de la romance fatiguée à la… n’importe quelle série pour ado qui aurait au moins vingt ans. Poussiéreuse, Emily ? Il faut bien avouer que la voir hésiter pendant treize épisodes entre deux beaux garçons, dont le premier sort avec sa pire ennemie et le second est son supérieur, n’a pas franchement grand chose d’excitant. Malgré les petites répliques en voix off parfois assez drôles et cyniques, les aventures médicales et amoureuses de cette jeune médecin sont toujours restées bien pensante, extrêmement classiques et furieusement mollassonnes. Au pays de la série médicale, Emily aura fait un petit tour qu’on aura tôt fait d’oublier.

Final Score : 3/10

Pas du tout intéressante, que ce soit sur le fond ou sur la forme, Emily Owens, M.D. ne sera franchement pas regrettée par grand monde. Une série “poubelle”, sans personnalité, dont on a peu parlé et dont on ne parlera sans doute plus jamais. Monday MorningsDécidément, rien n’arrête David E. Kelley. Le créateur de Ally McBeal ou de Boston Legal voit quasiment chaque année sa dernière création se faire annuler, mais il revient dès la rentrée suivante avec un nouveau programme. Cette fois, il s’agit de Monday Mornings, ou l’Hôpital où ne voulez vraiment pas atterrir.

Kelley sait bien faire deux choses : créer des personnages et des situations totalement délirantes (et absolument pas crédibles) pour ses séries basées sur la comédie, et plomber le moral du spectateur en posant des questions morales dérangeante et en s’acharnant sur ses pauvres protagonistes dans ses séries plus sérieuses. Vous l’aurez peut-être deviné, on est ici dans le deuxième cas. Le pilote commence par la mort d’un patient puis par le passage sur le grill du chirurgien chargé de son cas, qui doit expliquer devant tous ses collègues comment et pourquoi il s’est totalement planté. Il est d’ailleurs surnommé 007… pour le permis de tuer.

Mais si vous croyez qu’il s’agit du seul médecin à problème du show, vous vous foutez le doigt dans l’oeil. Absolument tous les protagonistes sont confrontés à des situations très ambiguës. Je ne crois pas qu’il y ait le moindre patient qui s’en sorte à peu près bien, et l’hôpital lui-même paraît avoir de graves problèmes de fonctionnement. Bref, on est loin de Grey’s Anatomy, Kelley ayant vraisemblablement décidé de faire subir à la série médicale le même traitement qu’il avait fait à la série sur l’école avec Boston Public.

Plutôt bien écrite, cette nouvelle production Kelley tient encore une fois beaucoup à la qualité du jeu des acteurs et à une vraie humanité des personnages. La réalisation, par contre, reste toujours aussi plate ou du moins particulièrement déjà vue. Du coup, on conseillera Monday Mornings à tous ceux qui sont fans de Kelley, qu’ils retrouveront particulièrement en forme. Mais ceux qui n’ont jamais accroché à sa touche bien particulière peuvent tout de suite oublier l’existence du show !

Mon Pronostic : Kelley sur une petite chaine du cable ? Je miserai bien sur la commande d’une deuxième saison…

the blue rose

Dites donc, vous seriez pas en manque de The Killing ? Les nouveaux-zélandais si, et c’est pour ça qu’ils nous proposent The Blue Rose, ou l’histoire de deux femmes qui doivent s’allier pour découvrir qui a pu tuer Rose, la meilleur amie de l’une d’elle et dont l’autre est la remplaçante au travail. Apparemment, le show repose sur toute une équipe, mais à la fin du pilote on est encore loin du compte, donc il y a de fortes chances pour que les prochains épisodes se révèlent très différent de ce que laisse imaginer ce premier épisode.

C’est que tout, dans ces premières quarante-cinq minutes, fait penser à The Killing. Un meurtre inexpliqué, une ambiance très étrange, de multiples personnages qui ont tous des agendas secrets, de la politique, des avocats, des affaires de famille : à première vue, The Blue Rose nous rejoue le coup de la disparition de Rosie Wilson. Mais là où le show nouveau zélandais prend ses distances, c’est dans un traitement nettement mis en avant des rapports de force au travail, entre les riches et les pauvres et entre les femmes et les hommes. Nos deux héroïnes vont s’attaquer à beaucoup plus gros qu’elles, et peu importe si on essaie constamment de les rabaisser.

Un peu trop légère sur les personnages qui ressemblent pour l’instant à de gros archétypes, The Blue Rose n’a donc pas la classe de The Killing. Mais que ce soit dans son mystère, son traitement des séquences, sa réalisation plutôt maligne – bref tout ce qui forme l’identité du show – cette nouvelle série parvient plutôt bien à convaincre. Et au final, elle touche parfaitement à son but : donner envie de revenir pour la suite, et lever un peu plus le voile sur le mystère de Rose.

Mon Pronostic : je ne connais rien à la télévision nouvelle-zélandaise, du coup je vais dire une saison complète ?

motiveLes canadiens sont rigolos. Après avoir tenté de révolutionner la série de SF avec Continuum, série boursouflée de défauts et au final franchement insupportable, ils tentent d’apporter un peu de souffle à la série policière avec Motive et son concept très particulier. A savoir que l’épisode commence en présentant la victime, mais aussi et surtout le coupable. Le but n’étant pas de trouver qui a tué, mais pourquoi. D’où le titre, Motive. Malin, hein ?

Peut-être. Mais la vérité c’est que Motive reste une série policière comme les autres. L’héroïne est aussi malléable et creuse que la plupart des enquêteurs qui pullulent sur nos écrans, la réalisation ne fait copier les codes actuels, et il est bien difficile d’arriver à rester réveiller jusqu’à la fin du pilote. Bref, si vous cherchez des enquêtes, allez plutôt jetez un coup d’oeil du côté d’Elementary.

Mon Pronostic : une saison, et ça suffira, merci.

Seed-Season-1_1357969106

Petite série canadienne sans intérêt, Seed n’aura retenu l’attention de certains que par son pitch étrangement proche de celui du film Starbuck. Il s’agit en effet des mésaventures d’un barman qui voit un jour débarquer dans sa vie deux enfants dont il est le père génétique – en gros c’est le donneur de sperme. Ajoutez à cela une pauvre cruche qui veut elle aussi profiter de la semence du bonhomme, mixer le tout avec trois grammes de comédie de situation pas vraiment drôle et surtout des comédiens à la ramasse et vous obtenez une belle petite bouse devant laquelle vous passerez plus de temps à jouer avec votre dernière appli iphone qu’à rigoler.

Mon Pronostic : une saison, et ça suffira, merci. (Ca va devenir un truc, non ?)

The+SpaLes anglais sont rigolos, tout le monde le sait. Et le truc cool, c’est qu’ils adorent raconter n’importe quoi, faire n’importe quoi, montrer n’importe quoi. C’est le cas avec The Spa, série ridiculement peu crédible mais plutôt drôle sur… un spa, tenu par une bande de branquignoles que doit guider une pauvre quarantenaire limite déprimée. On reconnaît un peu la logique de Kaamelott et de pas mal de comédie où un personnage sain d’esprit doit s’occuper de protagonistes secondaires tous plus tarés les uns que les autres, et The Spa l’assume carrément. Le pilote se révèle donc franchement amusant, quoi qu’un peu creux. Mais bon, terminer en montrant une vieille qui se jette d’un toit a forcément quelque chose d’attrayant. A suivre…

Mon Pronostic : une saison et puis s’en va, comme la plupart des comédies anglaises !

La semaine prochaine, on parlera ENCORE de nouvelles séries policières, et on fêtera le grand retour de  Black Mirror !

Cette semaine, deux nouveaux médecins, un benêt et des espions russes débarquent sur nos écrans. Mais avant tout, on dit adieu à l’une des séries animées américaines les plus ambitieuses depuis fort longtemps.

06 Tron Uprising

Pas la peine d’être fan de la licence pour apprécier pleinement Tron : Uprising, série animée censée se situer temporellement entre les deux films. Si l’univers pèche toujours sur les mêmes points (pourquoi faire des “programmes” si c’est pour qu’ils agissent exactement comme des humains et à peine exploiter les possibilités d’une telle idée…), la série repose sur des personnages que je trouve personnellement nettement plus charismatiques, complexes et intrigants que ceux des films. Ainsi en est-il de Beck, héros perdu dans une quête qui le dépasse et qui demande des sacrifices qu’il n’est pas forcément prêt à faire, ou encore Mara, dont l’allégeance totale au Renegade qui prépare peu à peu la révolution va être mise à rude épreuve.

L’ensemble du scénario repose sur une arche narrative assez classique mais superbement exploitée. Cette lente mise en place d’une révolution venue du peuple face à un régime autoritaire et injuste ne ménage ni ses métaphores sur la société actuelle, ni les rebondissements surprenants. Mais plus fort encore, l’adéquation entre le fond et la forme du scénario se retrouve aussi dans la réalisation, qui peut repousser au début avec ses angles forcés et sa 3D assez particulière, mais qui colle tout à fait à l’univers sur le long terme.

Dommage alors que le show n’ait pas su trouver son public. Pour l’instant, Disney XD n’a toujours pas annoncé une annulation en bonne et due forme, mais il y a fort à parier qu’il faudra se contenter de ce “premier chapitre” d’une saga qui aurait pu être vraiment fascinante. C’est la vie, comme disent les français.

Final Score : 8/10

Réalisation de prime abord repoussante mais en réalité finement pensée, scénario totalement convaincant, et voix servies par de grands acteurs qui s’éclatent : ce Tron : Uprising a tout plaire. Quel dommage que les audiences n’aient jamais été au rendez-vous !

Do No HarmLes médecins ont définitivement la côte à la télévision. Mais pour les scénaristes, c’est un vrai casse-tête pour arriver à renouveler le genre. Dernière idée en date, aller puiser du côté des vieux récits fantastiques (ou des contes, comme dans Grimm, qui applique la recette à la série policière) pour bousculer un peu les choses. C’est donc dans cet ordre d’idée que débarque Do No Harm, ou Dr Meredith Grey et Mister Hyde. Vous l’aurez compris, cette série diffusée sur NBC nous conte les mésaventures de Jason Cole, un chirurgien à la plastique facile, tout droit sorti de Grey’s Anatomy, qui doit s’injecter un remède à des heures bien précises pour éviter de réveiller son alter égo violent, sans morale mais surtout qui le déteste profondément et veut faire de sa vie un enfer. Bien entendu, la série commence quand le fameux remède ne fait plus d’effet et que notre bon docteur va devoir vraiment dealer avec son double maléfique.

Cette idée incongrue aurait pu donner lieu à une véritable catastrophe scénaristique, mais il faut bien reconnaître que le pilote s’en sort bien mieux que ce qu’on aurait pu craindre. Les scènes sont plutôt bien construites, le rythme est présent et les dialogues ne sonnent pas trop artificiels. Le problème, c’est que tout le reste est loin d’être aussi convaincant. L’acteur principal (Steven Pasquale, déjà vu dans la regrettée Rescue Me) ne sait pas vraiment comment faire pour interpréter ses deux rôles et appuie chaque expression par un jeu de sourcils loin d’être malin… La réalisation n’est pas beaucoup plus intelligente et on sent déjà des tics qui vont venir peu à peu pourrir l’ambiance du show.

Difficile cependant de se faire un avis définitif. La suite peut prendre une tournure surprenante si les scénarios restent à la hauteur et arrivent à faire oublier les autres problèmes. Mais au vu du pilote, on vous conseillera d’attendre un peu avant de donner une chance à cet énième docteur de télévision.

Mon Verdict : une saison de 13 épisodes, puis une annulation. Je dis ça de manière totalement gratuite, je n’ai aucune idée de comment le public va percevoir ce produit plutôt étrange !

doctor blake mysteries

L’autre docteur a faire son apparition sur nos écrans nous vient d’Australie et passe plus de temps à mener des enquêtes qu’à guérir des patients. Dans The Doctor Blake Mysteries, on assiste donc à un véritable cop show mettant en scène un médecin, en australie, en 1959 : est-ce suffisamment original pour nous tenir en haleine ? Malheureusement, malgré ces pointes d’originalité, le pilote reste très pépère, jamais surprenant et fondamentalement très mou. Les acteurs ne sont pas mauvais, la réalisation tient la route, mais franchement, on se fait chier. Bref, malgré toute sa bonne volonté, The Doctor Blake Mysteries n’aura pas réussi à être plus qu’un énième nouveau cop show. Nuff said.

Mon Verdict : une saison et puis bye bye ?

Ricky Gervais as DerekDerek signe le grand retour à la télévision anglaise de Ricky Gervais, autrement connu pour avoir créé The Office et avoir fait scandale lors de deux présentations des Golden Globe avec des blagues bien méchantes comme on les aime. Autant le dire tout de suite, ce comeback est loin d’être fracassant. En jouant à nouveau la carte du mockumentary (faux documentaire), Gervais s’expose forcément à une comparaison avec la série qui l’a rendu connu (The Office, pour ceux qui ne suivent pas !) d’autant plus qu’il interprète à nouveau le personnage principal et que celui-ci est féru de défauts qui cachent un véritable bon fond. L’auteur, réalisateur, acteur se prend les pieds dans un sujet compliqué, les maisons de retraite, et plombe d’emblée l’ambiance avec son héros sans doute autiste, du moins avec une intelligence très particulière, auquel on aura bien du mal à s’identifier. Il est d’autant plus difficile d’entrer dans l’univers de la série que les premières blagues ne fonctionnent pas vraiment. Et encore plus difficile de rester face à sa télé quand le show devient particulièrement complaisant sur les petits vieux, filmés sur une musique triste au piano qui tente de nous attendrir mais ne réussit qu’à nous énerver. La méchanceté gratuite et peu crédible des “méchants” qui veulent fermer la maison de retraite ne fait que diminuer la crédibilité d’un programme qui n’en avait pas besoin. Avec The Office, Gervais était méchant mais juste, avec Derek, il est juste complaisant. Complètement loupé.

Mon Verdict : Ricky Gervais a toujours la côte en Angleterre et de toutes façons Channel 4 a déjà commandé une saison complète. Mais ça ne m’étonnerait pas qu’une deuxième saison soit commandée dans la foulée.

The-Americans

 

C’est le nouveau gros show très attendu de FX et l’audience du pilote (qui se permet de faire la nique à des grands networks) n’a fait que confirmer cette attente : The Americans est d’ores-et-déjà un succès… à moins que tout ne s’effondre au fil des semaines. Fort d’un créateur ancien agent de la CIA et qui sait donc de quoi il parle, FX s’offre sa version bien à elle d’Homeland, avec cette histoire déconcertante d’un couple d’espions russes qui vivent en “sommeil” au cœur de l’Amérique des années  80 présidée par le terrifiant Reagan.

Le projet est ambitieux et franchement intrigant de prime abord. On part donc sur des préjugés plutôt positifs en commençant à regarder le pilote d’une heure dix, soit près de trente minutes de plus qu’un épisode traditionnel. Et c’est bien là que les choses s’effondrent : les auteurs n’ont clairement pas le matériel suffisant pour tenir aussi longtemps avec ce qu’ils doivent raconter dans ce premier épisode. Du coup, beaucoup de scène paraissent étirées (la scène d’action d’introduction semble clairement avoir été rajoutée à l’arrache pour combler les trous) et certains ressorts sont mis en place de manière beaucoup trop lente pour avoir l’impact espéré.

Faut-il pour autant faire l’impasse sur un show qui sort de l’ordinaire ? Malgré tous ses défauts, le pilote laisse entrevoir des pistes narratives ingénieuses et qui peuvent mettre en place des thématiques plus qu’intéressantes. Si la réalisation n’est pas exceptionnelle (et copie un peu celle d’Homeland…), les acteurs sont franchement convaincants, et on se réjouira de retrouver Keri Russell, quasiment disparue de nos écrans depuis ses années Felicity. C’est donc encore une fois sur la longueur qu’on pourra vraiment savoir si The Americans méritent toute l’attention qui lui est portée en ce moment ou s’il ne s’agira que d’un show d’espion de plus. Croisons les doigts, FX peut (et même doit) se permettre de nous choquer et nous surprendre.

Mon Verdict : un gros succès. Une deuxième saison. Une troisième même. Ouais, j’y crois.

Rendez vous très bientôt pour parler (encore) de nouvelles séries !

Cette semaine, deux familles nous disent au-revoir, une île n’aura pas le succès de Lost, l’horreur américaine nous laissera nous reposer, et un auteur se posera des questions d’auteurs sur le genre policier. Quatre départs et une nouveauté, c’est tout de suite.

the following

C’est LA nouveauté de la semaine et l’un des projets qui a fait le plus parler de lui cette saison. The Following, première vraie création de Kevin Williamson pour la télévision depuis Dawson’s Creek, se présente comme un thriller très angoissant, mettant en scène deux véritables gueules cassées, Kevin Bacon et James Purefoy, dans ce qui est annoncé comme l’un des plus gros duel jamais vu. Alors, le résultat est-il à la hauteur des attentes ?

A première vue, pas vraiment. Certes, Bacon et Purefoy s’amusent vraiment dans ce jeu du chat et de la souris entre un flic et un tueur en série, mais leurs compétences d’acteurs sont pour l’instant pas vraiment exploitées. Idem pour la réalisation et le look général de la série, qui ne nous change pas, par exemple, d’un Criminal Minds. Mais alors où diable peut se trouver l’originalité du projet ?

Tout simplement sur le scénario, qui s’appuie sur deux idées fortes. La première, c’est de jouer un tueur série à l’heure d’internet, quand la communication est tellement facilitée qu’on peut mettre en place et suivre un plan à l’autre bout du monde. La fascination du mal n’a ainsi plus de frontière, et la création d’un culte autour du personnage du tueur en série paraît tout à fait crédible… et jouissive. Notre tueur est enfermé en prison, mais ça ne l’empêche pas de pouvoir tuer !

L’autre idée forte du scénario, c’est que Kevin Williamson compte bien faire à la série policière ce qu’il a fait aux films d’horreur avec Scream, c’est à dire en révéler tous les codes, les analyser, les utiliser, puis les transcender et les briser. Les cinq dernières minutes du pilote de The Following sont ainsi particulièrement malignes dans le discours qui se met en place, autour des mécaniques d’histoire, du parcours du héros, et même de la structure. Cette idée est cependant à double tranchant : ceux qui y adhèrent mourront d’envie de voir la suite ; ceux qui trouve que ça casse la crédibilité de l’univers peuvent d’ores-et-déjà laisser tomber la série puisque Williamson a basé toute cette saison dessus.

Mais même pour ceux qui se laisseraient séduire, la question reste entière : The Following pourra-t-elle tenir sur la longueur ? Trouvera-t-elle son public ou le soufflet retombera-t-il sans panache ? Seul l’avenir peut nous apporter la réponse…

Mon Pronostic : Une saison deux ! Allez, la Fox, vous pouvez faire un effort !

Parenthood

Fin de saison quatre pour Parenthood, assurément la série ayant la famille pour thématique la plus sincère vue depuis très longtemps. Alors que NBC hésite toujours à commander une cinquième fournées d’épisodes, partagée entre l’échec public et la réussite critique, les auteurs nous ont offert une vraie résolution… ayant malgré tout un vrai potentiel pour continuer !

Parenthood, c’est donc les mésaventures de quatre frères et soeurs approchant la quarantaine, qui ont tous des enfants et une manière particulière de les gérer. Visuellement assez basique, la série est portée par des acteurs très investis qui se sont totalement emparés de leurs personnages au fil des années. Impossible de ne pas s’attacher au destin de chacun, de ne pas être touché par ces relations fraternelles où l’on s’engueule pour un rien mais on se soutient pour tout.

Dommage alors que le show reste très gentillet et se retranche souvent vers des solutions de facilités (quelques deus ex peu convaincants viennent conclure des intrigues dont les sujets pourraient devenir glauque) et cherche toujours à satisfaire l’ensemble du public familial. A force de vouloir montrer les bienfaits d’une famille soudée, le show finit parfois par épuiser…

Final Score : 6/10

Parenthood est un très bon show familial, bien meilleur que la plupart des choses qu’on a pu voir ces dernières années. Mais la limite est là : à force de vouloir plaire à toute la famille, la série ne peut traiter vraiment sérieusement certaines thématiques pourtant passionnantes. Bref, Parenthood est sympathique mais elle ne révolutionne malheureusement pas vraiment un genre déjà pas mal éculé.

private-practice-finale

Clap de fin définitif pour Private Practice ! Le spin-off de Grey’s Anatomy aura donc survécu pendant six ans, et on ne peut qu’applaudir les scénaristes d’avoir réussi à tenir aussi longtemps avec des personnages aussi lassants !

Car il faut bien reconnaître que le show de Shonda Rhimes n’a fait que baisser en qualité au fil des années. Alors qu’elle apportait un vrai souffle à un Grey’s Anatomy pour le moins fatigué, Private Practice a fini par en devenir une pâle copie puis un pur show expérimental, sans réel sujet, thématique ou profondeur. S’il est marrant de voir parfois plusieurs mois s’écouler dans un seul épisode, le destin de ces quadragénaires en permanente hésitation sur leurs vies, leurs choix, leurs envies, n’avait franchement plus grand chose d’intrigant ou d’excitant. Preuve en est cette ultime saison qui se termine dans l’anonymat général, et que vous oublierez sitôt le dernier épisode terminé.

Final Score : 4/10

A part pour les scénaristes aguerris qui s’interrogent sur la manière dont on peut gérer le temps de manière originale dans une série, cette ultime saison de Private Practice ne possède pas vraiment d’intérêt. Tant pis, on n’en attendait plus grand chose de toutes façons.

last resort bye bye

Après le lait concentré, voici la conclusion de série concentrée ! Avec cet ultime épisode qui veut apporter des réponses à toutes les questions, Last Resort épuise, fatigue, et laisse complètement dubitatif face aux coupes (extrêmes) qui ont du être faites à la dernière minute. Ou comment faire revivre un perso, gérer une mutinerie, transformer un des héros en tueur, conclure l’arche d’un couple qu’on avait oublié, et même assassiner un président, le tout en moins de quarante-deux minutes !

Au final, que restera-t-il de Last Resort ? Créée par Shawn Ryan, un auteur connu pour ses prises de positions courageuses, la série a sans doute été plombée dès le départ par le diffuseur choisi (ABC, un grand network familial) et plus encore par son heure de diffusion (20:00, soit la case dans laquelle il ne faut surtout pas choquer l’Amérique, car c’est toute la famille bien pensante qui se retrouve devant le petit écran.) Ryan n’avait sans doute pas le choix : vu l’ambition du projet, il lui fallait un budget que seul HBO ou un gros network pouvait lui offrir. On se demandera donc toujours ce qu’aurait pu faire l’auteur de cette série qui pouvait être hautement polémique si elle avait eu le droit de poser de vraies questions. Entre une critique acerbe de la politique américaine et de l’usage à des fins purement économiques de l’armée, un réel questionnement sur le patriotisme , ainsi qu’une réflexion sur l’occupation, le show aurait pu s’avérer être un programme d’exception.

Le résultat est malheureusement très loin d’être à la hauteur. On découvre avec horreur des triangles amoureux surannés, des ficelles de scénario grosse comme le poing, mais aussi des comédiens qui ne comprennent pas ce qu’ils font là et une réalisation qui se contente de filmer des hélicos, des sous-marins et des explosions nucléaires sans aucune réflexion. Bref, là où on aurait pu avoir du caviar, on a reçu du vieux pâté en croute.

Final Score : 5/10

Plombé par une diffusion la cantonnant à une série familiale, Last Resort est d’autant plus décevante qu’elle aurait pu s’avérer être une vraie grande série. Espérons qu’une telle déception ne se reproduira pas de si tôt…

03 AHS Asylum

Mais quel putain d’épisode ! Pour la fin de la deuxième histoire de leur anthologie d’horreur, les scénaristes d’American Horror Story nous ont concocté une intrigue aux petits oignons, magistralement servie par l’une des réalisations les plus inventives de cette année… voir de cette décennie. Superbe conclusion d’une saison haute en couleurs, cet ultime épisode confirme tout le bien qu’on pensait de la série si particulière de FX.

Pour les rares qui n’auraient pas compris, American Horror Story est une série d’horreur, qui joue avec tous les codes du genre, quitte à en abuser et à cumuler les effets d’annonce. Chaque saison s’intéresse à une histoire différente et, après la maison hantée, voici l’asile psychiatrique ultra flippant. Nones possédées par le diable, ex nazi qui fait des expériences sur des humains, et même quelques extra-terrestres (!) viennent, entre autre, essayer (et souvent réussir) de vous foutre la trouille.

Mais les auteurs ont bien compris que l’horreur gratuite n’a pas vraiment d’intérêt et qu’elle doit plutôt servir à traiter d’un sujet d’une manière décalée et différente. Ainsi, toute cette deuxième saison développe une thématique riche et profonde sur la place de la femme dans la société américaine des années 60, et les rapports de pouvoir qui vont se mettre en place au début des années 70. Magistralement exploitée, la thématique explose littéralement à la gueule du spectateur dans un dernier épisode totalement inattendu et incroyablement réussi.

Final Score : 9/10

Cette deuxième saison d’American Horror Story, sous-titrée Asylum, est tout simplement un putain de chef-d’oeuvre. Ne vous faites pas avoir par les quelques moments qui peuvent apparaître comme de grosses facilités dans les premiers épisodes, la série n’est absolument pas gratuite et sa conclusion est tout simplement fabuleuse. Définitivement un des immanquables de l’année.

 

Rendez-vous très bientôt pour parler espions russes dans l’Amérique des années 80. Si si.

Suite de cette grosse semaine de fin de saison avec de l’humour, des flics, et des médecins…

La reine actuelle des séries médicales, Grey’s Anatomy croulait sous un casting plus qu’imposant pour cette huitième saison. En effet, quand il faut tracer des trajectoires pour pas moins d’une grosse quinzaine de personnages, il faut sacrément se retrousser les manches. Le pari est à moitié réussi avec quelques belles trouvailles (comme les avancées surprenante de Jackson ou Karev) et des protagonistes qui disparaissent quasiment de l’écran ou qui ne sont là que pour venir balancer un bon mot de temps en temps (Lexie et Callie). Si ce n’est certainement pas la saison de la nouveauté, les auteurs ont pris soin d’essayer d’éviter le pathos larmoyant tout en gardant des rebondissements sacrément musclés. Mention spéciale au season finale, dans lequel Shonda Rhimes se refuse à jouer avec la mort d’un personnage la rendant d’autant plus abrupte et amère – d’ailleurs, une partie des fans est en colère et demande le retour de fameux personnage l’année prochaine… Quant à Ellen Pompeo, elle semble être à l’aise dans les bottes de Meredith qui revient quelque peu sur le devant de la scène. Mais la grande gagnante de cette saison, c’est clairement Sandra Oh, franchement convaincante dans son rôle de Christina Yang, et qui assume pleinement les ambivalences de son personnage.

Final Score : 4/5

Cette saison 8 est certainement l’une des meilleures de Grey’s Anatomy – du moins elle renoue avec la qualité et la surprise des premières saisons. Alors certes, la série se perd dans son nombre important de protagonistes et gagnerait à se recentrer sur moins de personnages, mais les scénarios et les comédiens se sont avérés franchement réjouissants. Reste la réalisation, carrée, à l’épreuve des balles, mais pas franchement imaginative. Mais qui voilà ?! Mais c’est bien sûr, le poids lourd de la série policière depuis sept ans, à savoir les profilers de Criminal Minds. Après l’arrêt brutal du (très mauvais) spin-off lancé l’année dernière, la série spécialisée sur les tueurs en série se devait d’offrir une saison irréprochable. C’est chose faite avec des scénarios convaincants, une réalisation à filer la frousse à Jason Statham, et des comédiens qui roulent. Pas de grande surprise, mais pas non plus de vraie déception quoi qu’on ait pu attendre du season finale un peu pépère.

Final Score : 3.5/5

Série tranquille qui ravira tous ceux qui s’intéressent aux tueurs en série et tous ceux qui apprécient un bon cop show, Criminal Minds reste sur ses rails bien huilés pour offrir une septième saison tout à fait honnête. Maintenant, il faut l’avouer, un peu d’originalité et de prise de risque serait tout de même les bienvenues… Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon ce pauvre Gregory Poirier serait mort une bonne dizaine de fois lors de la diffusion de sa dernière création, Missing. Le scénaristes, qui n’est ni français ni canadien comme certains le laissaient entendre – c’est un américain né à Hawaii – a commis ce qui se fait de pire dans le genre du thriller d’espionnage. Car on sent la volonté de faire quelque chose de frais, péchu, dynamique alors que le résultat est mou, fatigué et passablement ringard. Ashley Judd en mère de famille qui cherche son fils et qui s’avère être en réalité une ancienne agent de la CIA, déjà on n’y croit pas. Mais quand viennent se mêler à tout ça des agents d’Interpol ou encore un père pas vraiment mort dans un attentat à la bombe il y a dix ans et on commence à rigoler. Le pire est atteint (heureusement) dans le dernier épisode lors d’une discussion hallucinante entre l’héroïne et le vilain méchant pas beau que de toutes façons il aimait pas son fils parce qu’il aime personne. Lorsqu’Ashley Judd parle de la noirceur qu’elle a découvert en elle, on pouffe de rire. Lorsqu’elle apparaît en silhouette à contre-jour et qu’elle lâche son pistolet pour bien symboliser que cette fois son combat est fini, on pleure de rire. Et comme s’il fallait en rajouter, Grégory nous pond un ultime rebondissement : Ashley Judd se fait enlever et cette fois c’est son fils qui va la chercher. On rigole, on rigole, mais heureusement que la série a été annulée quand même.

Final Score : 1/5

Série hautement ridicule, Missing ne vaut le coup que pour ses paysages européens variés (on fait un tour en France, à Vienne et en Italie si je me souviens bien) et pour son ridicule qui confine à une parodie du genre. Ah, si tout ça ne se prenait pas aussi au sérieux… Ah finalement, elle nous aura bien surpris cette satané Shonda Rhimes. Par ailleurs effondrée sur Private Practice et nettement plus en forme sur Grey’s Anatomy, elle abandonne le milieu médical pour se lancer dans… la politique. Quoi ? Mais on pensait à la vue du pilote que Scandal allait être une sorte de Grey’s Anatomy avec des avocats ! Qu’est-ce qu’il s’est donc passé ? La réponse est assez simple : Shonda Rhimes a du regarder The Good Wife, Damages et Boss (oui, ok, c’était pas diffusé à l’époque mais bon…) et elle a fait un gros mix. Comme elle est pas stupide et qu’elle connaît pas forcément très bien le fonctionnement de la maison blanche, elle est allée chercher Judy Smith, qui était “administration press aide” pour Georges Bush… Alors oui, on s’est bien fait avoir par le pilote pas franchement palpitant, mais qui nous titillait juste assez pour voir la suite (et sans doute se moquer des efforts de Shonda – on n’a pas oublié la catastrophe Off the Map). Sauf que là où on attendait des nouveaux cas à chaque épisode, on découvre une série qui met rapidement en place son feuilletonnant et se débarrasse du reste très rapidement. Les personnages sont loin d’être les stéréotypes lisses auxquels on s’attendait et la réalisation prouve au fur et à mesure qu’elle a des choses à dire. Même les passages à la maison blanche semblent crédible – mention spéciale au couple présidentiel, qui fait froid dans le dos. Et à la fin de la saison, on reste comme deux ronds de flanc sur son canapé à réclamer la suite.

Final Score : 4/5

Ah, s’il n’y avait pas la “touche” Shonda Rhimes au niveau de la musique et des effets scénaristiques un peu trop choc par moment, Scandal pourrait être une excellente série. C’est déjà pas loin d’être un immanquable tant les programmes à ce point réjouissants nous ont manqué cette année. Excellemment menée, l’intrigue principale balaie tout sur son passage. C’est déjà une réussite.

On ne va pas s’attarder sur le problème du lynchage de Dan Harmon, show runner et créateur du show, viré comme un malpropre il y a une petite semaine, mais bien revenir sur les épisodes de cette troisième saison de Community. Si les personnages sont toujours aussi attachants, si l’univers de la série est toujours aussi barré et imprévisible, et si la réalisation continue de tenir toutes ses promesses, force est de constater que les scénarios sont, eux, très inégaux. Ainsi, on peut tomber sur de magnifiques perles d’humour (le faux épisode flashback avec nos héros chez un psy, le faux épisode documentaire sur la guerre entre Troy et Abed…) comme sur de belles idées malheureusement mal traitée (l’épisode jeu vidéo, particulièrement décevant) et parfois sur de vrais plantages pas drôle pour un sou. C’est qu’il en faut des idées de génie pour tenir un tel programme et nul doute que la prochaine saison, avec l’éviction de Dan Harmon et la mise au placard de la diffusion le vendredi soir, s’auto-annéantira dans les larmes des fans.

Final Score : 4/5

Community est certainement la sitcom la plus attirante du moment grâce à son ton décalé et unique ainsi qu’à des idées d’univers absolument géniales. Dommage que l’ensemble ne tienne pas si bien la route que ça : les déceptions sont nombreuses – au moins autant que les grandes réussites. Bref, c’est à vous de voir, mais il faut avouer qu’il serait tout de même un peu con de se priver d’un programme pour une fois original.

Premier rendez vous de la semaine du 13 au 19 mai, très lourdement chargée en départ. Tellement chargée qu’elle va faire l’objet de plusieurs bilan de la semaine !

Je me suis beaucoup moqué, ici même, de celle que j’appelle “Glee pour les adultes“, en l’occurence la comédie musicale de Theresa Rebeck intitulée Smash. La créatrice et show-runner de la série connaît bien le monde assez particulier de Broadway pour y avoir beaucoup travaillé et il ne fait nul doute qu’elle a mis beaucoup de coeur à l’ouvrage pour retranscrire cet univers si particulier. Soutenue par Steven Spielberg qui, s’il a toujours produit des show télé, s’est superbement planté cette année avec Terra Nova et The River (pourtant franchement pas mal) et un peu moins avec Falling Skies (reconduite pour une saison deux qui va démarrer pendant l’été), Theresa Rebeck avait intérêt à ce que son programme séduise une majeur partie du public. C’est apparemment chose faite, vu les audiences, mais il a dû se passer quelque chose en coulisse car Rebeck, après avoir annoncé qu’elle laissait le poste de show runner à Joshua Safran (de Gossip Girl) mais restait scénariste, vient de certifier qu’elle ne reviendra pas du tout pour la deuxième saison. Bref, la réalité a largement rattrapé la fiction…

Mais alors que faut-il penser de ces seize premiers épisodes ? Que ce soit bien clair : si vous ne supportez pas les pleurnicheries braillées à tue-tête des musical américaines, pas sûr que vous puissiez vous avalez les nombreux passages chantés de la série, pourtant nettement mieux réalisés que ceux de Glee. Après, c’est à vous de voir. La série souffre de personnages stéréotypés au possible (on reconnaît bien des pattern de personnalité, mais les auteurs poussent un peu trop le bouchon pour être crédible) et est surtout portée par deux connassines qu’on a envie de frapper l’une contre l’autre au bout de dix minutes (la blonde à gros seins et la brune romantico-ghoto-pouffe). D’un autre côté, on a doit à quelques vérités bien senties sur la cruauté du show-business, sans aucune complaisance (fabuleux passage où le metteur en scène explique à une comédienne qu’elle a beau avoir bossé comme une tannée elle n’a juste pas le truc en plus de sa concurrente). Quant à la réalisation et les comédiens, il faut bien avouer qu’ils sont loin d’être mauvais.

Final Score : 3.5/5

Smash n’est pas une franche réussite, tout simplement parce que ses personnages sont totalement insupportables – mais c’est peut-être un simple ressenti personnel, et il est fort possible de tout ce qui me semble artificiel et stéréotypé s’avère en réalité tout à fait juste sur le monde de Broadway. Reste que les scénarios sont loin d’être mauvais, à la différence des chansons hystériques, et que le fil rouge de la saison s’avère agréable à suivre. Et, mis à part l’incompréhensible Ellis et la manière très particulière dont la scénariste – dans la fiction – monte l’histoire de la comédie musicale, les gros cartons rouges se font assez rare.

Bwarf ! Cette cinquième saison de Gossip Girl aura été – pour moi – celle de l’enterrement définitif de la série. Entre les personnages inconsistants, la réalisation molle et des scénarios absolument pas passionnant (non, mais c’est vrai ça, qui a eut l’idée de faire épouser le prince de Monaco à Blair ?) ces 24 épisodes auront plus tenu du calvaire que de la réjouissante bouffée de fraicheur que la série entretenait à ses débuts. Chuck Bass ne manigance plus rien alors que c’était le personnage le plus fourbe de la télévision, Ivy et Charlie ne servent à rien, quant à Elizabeth Hurley, récemment débarquée, elle fait tout simplement peur à voir. Toute la critique de ce monde où l’ambition est la seule valeur qui compte s’est effondrée au profit d’un affairisme bien pensant.

Final Score : 2/5

Aïe : Gossip Girl n’en finit plus de chuter et va finir par se scratcher au sol. Ouf, la prochaine saison sera la dernière – il est temps. Elles ont l’air gourde, comme ça, les filles de MIOBI (Make It Or Break It) mais en vrai elles assurent. Ces trois jeunes gymnastes vont-elles réussi à obtenir leur place pour les J.O. de Londres ? C’est le pitch de cette troisième saison qui se débarrasse donc de l’énervante Emily Kmetko qui était au début la vraie héroïne du programme. Pas franchement marquante d’un point de vue de la réalisation ou du jeu – assez forcé – des actrices, MIOBI puise sa force dans ses scénarios qui n’hésitent pas à s’attaquer à la complexité et la difficulté du sport à haut niveau. Le problème, c’est que cette critique assez cynique s’enrobe d’intrigues romantiques ridicules ainsi que d’une certaine chape morale qui veut que le karma régisse tout ce sympathique petit monde. La série s’est conclue sur un finale pas franchement décevant mais extrêmement attendu. Dommage, on aurait bien aimé être surpris une dernière fois.

Final Score : 2.5/5

Make it or break it était une série assez moyenne mais qui cachait d’excellentes idées et un sens du rythme plutôt convaincant. Elle ne restera pas dans l’histoire des séries, mais était certainement l’un des meilleurs programmes d’ABC Family… On sentait la série fatiguée, cette septième saison de How I Met Your Mother nous l’a confirmé : la série est dans cette mauvaise phase que tous les shows qui durent presque une décennie doivent traverser. En attendant la saison du renouveau ou de la fin, qui sera donc la huitième, fallait-il faire l’impasse sur les 24 épisodes de cette année ? Le feuilletonnant n’était en tous cas pas particulièrement réjouissant, et les différentes intrigues sentimentales manquaient sérieusement de punch pour convaincre. HIMYM est même devenue bavarde et fatigante à l’image de ces jeunes mères qui ne peuvent que parler d’enfant (et là, on nous bassine avec le bébé de Marshall et Lily au point d’avoir envie de les frapper…) Reste Barney, toujours aussi drôle et efficace quand les auteurs n’essaient pas de le rentre outrancièrement (et donc artificiellement) humain. C’est donc là que réside la bonne surprise, vers la fin de la saison, dans son histoire assez étonnante avec une très amusante stripteaseuse.

Final Score : 3.5/5

On pourra vite oublier cette saison de How I Met Your Mother, pas franchement mauvaise mais loin d’être aussi drôle que les précédentes. La série passe par un passage à vide quasiment obligé vu sa longévité, mais elle a intérêt à rebondir l’année prochaine… Hummm, ce qu’ils sont beaux sur l’affiche les acteurs de 90210, relaunch abusif de la licence Beverly Hills. Malheureusement, la série, elle, s’avère franchement moins jolie et calibrée. La quatrième saison de ce programme hautement éducatif nous aura donc appris une chose des plus importantes : l’amour c’est ce qu’il y a de plus important. Mais bon, ça ne dure pas longtemps. Entre Annie qui tombe amoureuse d’un futur pasteur, Liam qui devient un acteur de film de SF (oh mon dieu, ce qu’on y croit), Silver qui passe de mecs en mecs en demandant qu’on l’aime (et qu’à la fin on lui fasse un enfant), Dixon qui plante sa nouvelle copine pour aller faire de la musique, ou encore l’insupportable Naomi qui découvre qu’elle a ce sale petit geek vraiment dans la peau (ouais, bon je vous spoile le dernier épisode mais sparave) : c’est à croire que tous ces jeunes gens sont encore plus stupides et stéréotypés que l’année dernière – c’est dire… Reste Ivy (tellement importante qu’elle n’est même pas sur l’affiche) qui zone en plein désespoir et ce pauvre Navid, interprété par Michael Steger, seul acteur apparemment à ce rendre compte de la vacuité de ses dialogues. Bref, 90210 c’est du grand vide, du absolument n’importe quoi, et en même temps c’est exactement ce qu’on attend de cette série.

Final Score 2.5/5

90210 est l’archétype de la série ado inconsistante, simplement là pour être consommée à la sortie des cours et fournir un sujet de conversation à de jeunes collégiens déprimés. Pour un produit de ce genre, elle mérite donc amplement la moyenne. Mais si vous avez plus de seize ans, vous pouvez sérieusement passer votre chemin (si vous avez moins aussi d’ailleurs….)

Ah il est frais mon poisson, il est frais ! Enfin, plus tellement en vérité. Avec cette cinquième saison, Private Practice, le spin-off plus “adulte” de Grey’s Anatomy s’essouffle affreusement. Si les cas médicaux s’avèrent souvent intéressants, c’est bien le feuilletonnant qui n’arrive pas à nous accrocher. Ainsi, on a que faire de la thérapie de Kate, et elle nous gonfle rapidement avec son envie d’avoir un enfant mais de garder son couple. De l’autre côté, les scénaristes abuse à outrance de la larme facile avec la pauvre Amélia qui en prend mais alors vraiment plein la gueule (elle devient accroc, elle perd son mec, découvre qu’elle est enceinte, puis que son enfant n’a pas de cerveau – non, ce n’est pas une métaphore.) Enfin, il y a Cooper qui apprend qu’il est papa et bah, sparave parce que en fait ça va toujours bien se passer pour lui. Et les autres, franchement, on s’en moque totalement. A se reposer sur ses acquis, Private Practice ne surprend plus et ennuie.

Final Score : 2/5

Celle qui, à l’époque, s’était avérée bien meilleure que sa grande soeur Grey’s Anatomy, s’avère cette année carrément plus mauvaise. Personnages aux destinées inintéressantes, scènes de bavardage intempestives et réalisation toujours en berne auront raison des meilleurs volonté. Qu’on se le dise, on s’endort tous devant Private Practice.

Comme vous avez pu le constater, le site a été un peu mis en pause pendant plusieurs semaines… Mais le voici de retour avec la suite des “bilans de la semaine” qui vont devenir assez particulier puisqu’on atteint la fin de la saison 2011/2012. Du coup, plein de séries tirent leurs révérences pendant que d’autres – nettement moins nombreuses – viennent s’installer pour l’été. Alors que fallait-il voir cette année et que faudra-t-il regarder cet été ? La réponse commence déjà ici…

Et autant commencer par du lourd, du massif, du potentiellement très excitant  : ces deux dernières semaines, HBO a commencé à diffuser deux nouvelles séries d’une demi-heure, plus ou moins sur le ton de la comédie. La première, Girls, s’intéresse comme son nom le laisse suggérer à un groupe de quatre sympathiques jeunes filles en pleine fleur de l’âge. Elles terminent leurs études ou commencent à travailler, ont des problèmes d’argent, des problèmes d’image, et surtout des problèmes de cul. Produit par Judd Apatow, on pouvait craindre de sentir un peu trop sa “marque” mais il semblerait que la (très) jeune Lena Dunham, scénariste, réalisatrice, productrice et même actrice (elle incarne le premier rôle) soit suffisamment maline pour arriver à ses fins sans que personne ne vienne trop s’interposer dans son petit monde. Alors comme d’habitude, on peut reconnaître à HBO cette grande capacité à faire confiance à des créateurs et à leur confier les pleins pouvoirs. Mais comme d’habitude, le résultat reste assez mitigé : si l’univers proposé par Lena Dunham est potentiellement intéressant, il aurait énormément gagné à être moins nombriliste et fait craindre que l’ego apparemment sur-dimensionné de miss Dunham ne vienne saborder son généreux travail. En clair, la série a du potentiel mais elle a encore beaucoup de choses à prouver.

L’autre série proposée par HBO nous fait retrouver l’excellente Julia Louis-Dreyfus dans Veep, un programme aux origines fort compliquées… Imaginez un scénariste écossais (qui fait aussi comédien et plein d’autres trucs, mais bon je vous la fait courte) qui lance une série en Angleterre sur les coulisses du gouvernement. Ca s’appelle The Thick of It, et c’est un énorme carton (au point qu’il existe un spin-off… en film !) Du coup, ça intéresse les américains qui achètent les droits, confient le tout au créateur de Arrested Development, et commandent un pilote… tellement horrible que tout le monde s’en éloigne et qu’il n’est pas choisi par la chaîne. Cinq ans plus tard, voici Veep, sur les coulisses de la politique américaine (le personnage de Julia Louis-Dreyfus est vice président), filmé de la même manière et avec le même ton dans les dialogues. Sauf que, apparemment, personne n’a pensé que les trois quarts du public n’aurait jamais vu The Thick of It, ne serait pas habitué au jargon politique, ne comprendrait pas les ressorts d’une telle administration et se retrouverait du coup complètement largué par l’histoire de ce premier épisode. L’humour (dans les rares moments où on peut le comprendre) ne fonctionne pas et le tout s’effondre tel un château de sable en Bretagne. La suite risque d’être très dure à regarder, mais promis on va faire un effort…

Ca ressemble à du Grey’s Anatomy, mais ça se passe chez les flics : là, vous vous dites que vous connaissez, que ça s’appelle Rookie Blue et que vous regardez déjà ça pendant l’été parce que franchement, ça fait partie de ce qui est le moins mauvais parmi ce qui est diffusé. Sauf que Rookie Blue est canadien et que Toronto c’est quand même moins bien que New York. Du coup, CBS a pensé à vous et vous propose NYC 22, soit exactement la même chose mais dans la Big Apple. Et puis, ils ont mis le paquet derrière : De Niro à la production (enfin, vous affolez pas quand même, je suppose qu’il a donné son nom au truc mais je le vois pas spécialement faire grand chose !), Adam Goldberg et Leelee Sobiesky au casting, et des surnoms sympas à chacun des membres de l’équipe. Bref, on est en plein terrain connu, mais ça marche toujours aussi bien. A surveiller si, sur le long terme, la série peut trouver son petit truc en plus qui la fera durer.

A notre grand malheur, Raising Hope fait partie des premières séries à se faire la malle cette année pour partir en vacance. Que dire de plus sur cette sitcom fort sympathique, quoi qu’un peu répétitive dans son schéma narratif, si ce n’est qu’elle continue à nous faire rire et nous a offert une très belle saison ? La seule vraie grosse déception concerne le dernier épisode qui aurait pu rompre avec tous les codes de la série mais remet en place le statut quo par une entourloupe des plus faciles.

Final Score : 4/5

Alors oui, Raising Hope n’est pas LA série qu’il ne faut absolument pas manquer, ce n’est même pas une très bonne série, c’est juste dans le haut du panier de ce qui se fait en ce moment en terme de comédie. Très classique mais avec juste la vraie pointe d’irrévérence qu’il faut (et là je tacle directement l’ultra traditionaliste Modern Family) c’est un petit moment de plaisir qui se savoure à raison d’une dose par semaine.

Sarah Michelle Gellar pouvait-elle faire un comeback sans chasser de vampire (quoi que, vous noterez qu’on n’a même plus besoin d’écrire son nom sur les affiches…) ? La réponse est clairement non, du moins pas en jouant deux rôles dans une sorte de soap policier sans queue ni tête à base de magouille financière et de soeurs qui veulent s’entretuer. Si les intrigues à tiroir et les imbroglios dépassant l’entendement vous fascine, alors oui, Ringer est fait pour vous. Mais il faudra outrepasser une réalisation mollasonne (quand elle n’est pas hideuse), des rebondissements aberrants et surtout des acteurs encore plus à la ramasse que le spectateur : on a vraiment l’impression qu’ils ne comprennent rien à l’histoire dans laquelle ils jouent ! La série a été annulée à la fin de sa diffusion – mais cela ne veut pas dire qu’il reste des mystères à résoudre, celui pseudo-balancé dans la toute dernière séquence étant déjà passablement réglé et de toutes façons totalement inintéressant.

Final Score : 2/5

Ringer, une bouse ? On aurait vraiment aimé dire le contraire, supporté le retour de Sarah Michelle, défendre les valeurs savamment cachée au sein d’un programme de bas étage… mais non, définitivement, il n’y a rien à sauver. Vite la CW, repropose nous quelque chose avec Sarah Michelle !

C’est tout pour cette semaine, mais le site revient très bientôt pour faire le point sur cinq autres séries qui partent en vacances !

Chaque lundi, je vous explique que le bilan de la semaine est un peu particulier. Cette fois, il l’est doublement. Premièrement, il sort un mercredi, et deuxièmement ce n’est pas le bilan de la semaine qui vient de passer. L’histoire d’une semaine trop riche en émotion pour qu’on puisse la boucler en un seul article…

Je pourrais passer des heures à vous expliquer que ces dernières semaines ont été très chargées en boulot, mais la raison la plus simple à ce retard s’explique tout simplement par la diffusion du dernier épisode de One Tree Hill. Oui, vous m’avez bien lu, le DERNIER épisode. La série increvable, qui a survécu déjà à deux annulations, a définitivement quitté nos écrans après neuf ans de bons et loyaux services (et un peu plus de deux cent épisodes). Pas la peine de chercher bien loin s’il fallait ou non voir ce serie’s finale : loin d’être un épisode, il s’agissait plutôt d’une sorte de fan-service absolu totalement dépourvu d’histoire. Moment magique pour ceux qui ont suivi toute la série, cet épisode de conclusion nous a cruellement rappelé qu’on était en train de perdre une maison, un lieu où l’on se sentait profondément à l’aise malgré toutes ces années. Bref, c’est une page d’histoire qui se tourne, de la toute petite histoire de la série pour ados, certes, mais une page d’histoire quand même.

Cette semaine, on quittait aussi la prison la plus célèbre de la télévision, la fameuse Alcatraz. Que retiendra-t-on de la dernière création de J.J. Abrams ? Une plantade totale, à tout point de vue. Le casting est loupé (non sérieusement, tout le monde se fait chier…), la réalisation est totalement à la ramasse et ne survit que par la fascination que l’on peut éprouver pour la prison, quant aux scénarios, ils sont tout simplement à la ramasse et nous ramène au tout début d’Alias, la surprise et l’intelligence en moins. Le pire est atteint par le cliffhanger de cette première saison, qui essaie de nous faire croire que l’héroïne – oh mon dieu ! – va mourir. Bref, J.J. s’est planté dans les grandes largeurs et il va falloir grave ramer pour rendre la prochaine saison intéressante…

Oh, mais ce serait pas le gros méchant ?!

Alors si vous avez passé votre temps sur One Tree Hill et Alcatraz, vous avez peut-être manqué la vraie bonne surprise de cette année, l’incroyable I Just Want My Pants Back. Comédie diffusée par MTV, il s’agit d’une des rares séries réussissant à rendre crédible une bande de vingtenaires en plein questionnement sur leur avenir, leur sexualité, leurs envies. C’est drôle, malin, extrêmement bien joué, d’une remarquable sensibilité au niveau de la réalisation, bref, c’est juste génial et le tout en vingt petites minutes par épisodes. Un immanquable dont on espère le retour en saison deux.

Partager un pack de bières sur les toits de New York, j'aurai rêvé de faire ça !

Quelques nouveautés sont aussi venues se frotter à notre jugement sans pitié. Passons très rapidement sur la très oubliable Best Friend Forever, comédie quatre murs (sans public et sans rire), qui peine à trouver sa dynamique, son humour, mais surtout son originalité : oui, vous l’aurez deviné, encore une série sur des trentenaires en pleine crise de vie. Vite vu, vite oublié.

La seule blague qui m'a un peu fait rire. C'est pour vous dire la qualité de l'ensemble...

Beaucoup plus marrant, et même s’il ne s’agit pas d’une série à proprement parler on ne pouvait pas la passer sous silence, la très curieuse Betty White : Off their Rockers se présente comme une sorte de caméras cachée moderne dans laquelle des vieux font chier des jeunes. Alors oui, c’est relativement crétin, mais voir un vieux qui jette du pain dur à deux jeunes filles en les prenant pour des pigeons, ça me fait rire…

Et oui, les vieux ça me fait rire !

Les fans se super-héros se jetteront sur le nouveau dessin animé à licence Marvel, le fabuleux Ultimate Spider Man, au ton singulièrement original et à la plastique des plus réussies. C’est drôle, pêchu, très inventif, et tout simplement jouissif !

En gros, c'est tout l'inverse de la série animée Avengers : moderne et beau !

Enfin, la nouvelle série de Shonda Rhimes, Scandal, m’a laissé relativement perplexe. La créatrice de Grey’s Anatomy délaisse ses histoires d’amour habituelles (et qui lui ont coûté cher avec la catastrophe Off the map) pour tenter un legal show… qui se veut original. Comprendre par là que nos héros ne cherchent pas à comprendre ce qu’il s’est passé, mais juste à défendre leur client en faisant respecter la vérité. Ainsi, un homme accusé du meurtre de sa femme est innocenté, mais on ignorera à tout jamais qui a vraiment tué la jeune victime. Si les personnages sont découpés à la hache et si Shonda Rhimes n’hésite pas à en faire trop (le Président des Etat-Unis en personnage secondaire, faut quand même le faire…), le tout reste cependant très intrigant – surtout quand on se demande, comme moi, à quel moment notre chère Shonda va retomber dans tous ses travers et nous jeter du pathos au kilo en pleine figure.

Décidément, la campagne politique s'invite partout !

Allez, à la semaine prochaine à très bientôt pour essayer de décoder la semaine 31 !!!

La semaine dernière, on ne trouvait pas grand chose de nouveau et de qualitay à se mettre sous la dent du lundi au mercredi soir. L’espoir viendrait-il de la très chargée soirée du jeudi soir, du vendredi plutôt SF et fantastique, ou dimanche à vocation familial ? Je crois, mes amis, qu’il n’y a pas beaucoup d’espoir en vue…

JEUDI SOIR :

Le topo :

A 20h00 sur ABC vous pouvez signer votre arrêt de mort. Si si, je vous assure. Rassemblez les suicidaires et les masochistes (mais violents les masochistes, on peut pas dire qu’on s’adresse à des chochottes là). Comme beaucoup de personnes qui se sont forcées à regarder le pilote en entier, je me suis moi aussi retrouvé à pleurer du sang, à sentir la mort tout autour de moi, à entendre des voix me poussant à descendre à Marseille pour exterminer toutes les cagoles (à défaut de pouvoir défenestrer les bimbos terrifiantes de L.A.), et à ne plus sentir mon corps m’appartenir. Expérience hautement traumatique (bien plus qu’un séjour en Afghanistan) prouvée scientifiquement : 90% des spectateurs souffrent de PTSD pendant plusieurs semaines après le visionnage. De quoi je parle ? Mais de Charlie’s Angels, bien entendu, le remake abrutissant des Drôles de Dames des années 70. Scénarisée par les deux scientifiques diaboliques responsables de Smallville (Miles Millar et Alfred Gough), on a l’impression qu’ils ont lavé le cerveau de Drew Barrymore (la seule solution pour qu’elle ait accepté de produire se ramassis de clichés honteux) et sans doute ceux du réalisateur et du monteur qui ont commis cette aberration de la nature. Une effroyable catastrophe sur laquelle on reviendra forcément beaucoup plus longuement dans quelques temps (enfin, si on survit au visionnage d’autres épisodes).

A 20h30, vous reprendrez bien une petite dose de show absolument horrible qui vous donne envie de mettre votre tête dans un four ? La plus que honteuse How to be a gentleman aurait déjà parut vieillotte et dépassée en 1987, vous savez l’année où a démarré 21 Jump Street ! Non seulement le discours est édifiant (tout intello a besoin d’un redneck, d’un tocard, pour apprendre à devenir un vrai homme) mais en plus les répliques ne sont pas drôles, les acteurs mauvais, les décors immondes… Un petit plaisir coupable ? Non, même pas en fait. Et ouf, soulagement, la série est annulée après deux épisodes. Il y a une justice en ce monde.

A 21h00, les choses ne s’arrangent pas tellement. Person of interest n’est pas une catastrophe atomique, mais on ne peut pas dire que la nouvelle série de J.J. Abrams (sur laquelle il n’a pas dû passer tellement de temps à notre avis) soit vraiment digne d’être regardée. Écrite par le frère de Christopher Nolan, Jonathan Nolan, on sent clairement l’ombre du succès familial sur le pitch hautement improbable de ce concept show : un ancien agent de la CIA a construit une machine qui analyse toutes les écoutes américaines pour prévoir à l’avance de futurs attentats. Mais par un retournement de situation oh combien rocambolesque, voilà que la machine fait aussi une liste de numéros de sécurité social de personnes coupables ou victimes d’un futur crime. Du coup, notre agent, le monsieur à lunettes rescapé de Lost, mais si vous savez, le chef des autres, il fait appel au mec qui reprenait le rôle du prisonnier dans le remake récent pour qu’il résolve les enquêtes. Et voilà. Un cop show de plus avec une morale à la fin du pilote plus que nauséabonde… Sur la CW, on prend l’équipe de The Vampire Diaries et on s’attaque à une autre série de romans de L.J. Smith, The Secret Circle. On passe des vampires à des sorciers, mais le reste se ressemble beaucoup… et a au moins le mérite de prouver combien The Vampire Diaries est surprenante par rapport aux scénarios très attendus du petit cercle de sorciers.

A 21h30, Whitney sur NBC tente de nous faire rire. Elle n’y arrive pas (pour l’instant).

A 22h00, la bonne surprise vient de Prime Suspect, sur NBC. Certes, c’est la énième adaptation d’une série anglaise, certes c’est encore un show policier, certes le personnage de femme forte dans la police a déjà vu et réussi dans The Closer, mais c’est indéniable : Prime Suspect opère une sorte de charme difficile à expliquer sur son spectateur.

Le gagnant :

Sans surprise, il s’agit de Prime Suspect, la seule nouvelle série du jeudi à ne pas vous endormir ou à vous faire vomir. Ce n’est pas la révélation du siècle mais assurément ce qui se fait de mieux en terme de cop show féministe à tendance réaliste. Du coup, tous ceux qui n’ont pas vu The Closer peuvent se jeter dessus. Les autres, c’est à vous de voir…

VENDREDI SOIR :

Le topo :

A 20:00, sur CBS, on tente un petit peu de nous embrouiller en nous refilant le concept de Bonbon Sucré (Ghost Whisperer partout dans le monde) en le mêlant à un show médical. Du coup, nous voici avec un neurochirurgien dont la plastique est digne de Grey’s Anatomy, le caractère lorgnant clairement vers House, qui parle aux fantômes comme Jennifer Love Hewitt. A Gifted Man n’en est pas pour autant dépourvu d’intérêt et au bout de deux épisodes je dois clairement avouer que je ne vois pas du tout, mais alors pas du tout, vers quoi le reste de la série se dirige. Pour l’instant très feuilletonnante, elle propose des scénarios qui oscillent entre des moments clichés au possible et de vraies surprises forcément très sympathiques. Du coup, j’attendrai bien la suite pour émettre un vrai jugement !

Le gagnant :

Humm… oui, le suspense est pas terrible pour le coup. Faute de concurrent, si vous tenez vraiment à voir une nouvelle série le vendredi soir, ça sera A Gifted Man. En même temps qui sait si ça ne va pas s’avérer vraiment passionnant par la suite ?

DIMANCHE SOIR :

Le topo :

A 22h00, une vraie révolution s’est installée sur Lifetime depuis tout de même une dizaine de semaines (mais bon, on va dire que c’est une nouvelle série, ok, ça m’arrange pour la suite de l’article) : leur première vraie bonne série ! Against the Wall se présente comme un cop show relativement classique, et forcément mené par deux femmes vu qu’on est sur Lifetime, la chaîne des femmes (mais celles qui ont d’habitude plutôt mauvais goût). Le truc c’est qu’elles travaillent pour les affaires internes (la police des polices quoi) alors que l’héroïne est la seule fille d’une famille de quatre enfants… dont tous les frangins et le papa sont flics. Si vous vous demandez si ça suffit à faire la différence, je peux vous affirmer que oui et que les scénarios de Against the Wall sont plutôt surprenants et changent du traditionnel meurtre/enquête/résolution avec une blague sur le temps que le coupable va passer derrière les barreaux. Après, on reste chez Lifetime. Comprendre par là que la série avance avec très peu de moyens et que malgré toute la bonne volonté de l’équipe technique on fait face à quelques moments plutôt cheap…

Sur ABC, on nous propose de nous envoler avec la Pan Am. Le casting trois étoiles ne masque pas le vide abyssal de l’intrigue du pilote, obligé de recourir à une curieuse (et très peu probable) histoire d’espion histoire de nous maintenir un peu éveillé. A surveiller malgré tout, ne serait-ce que pour le joli minois de Christina Ricci.

Enfin, sur Showtime, on peut retrouver une autre idole de notre jeunesse, Claire Danes. Femme d’action qui a l’air d’avoir un sacré grain dans la tête, elle resplendit dans ce Homeland particulièrement paranoïaque et superbement écrit. L’histoire d’une agent de la CIA persuadée que la libération d’un militaire américain disparu il y a neuf ans et maintenant acclamé en héros fait partie d’un complot d’al-Quaeda… Oui, paranoïaque, c’est bien le mot !

Le vainqueur :

C’est haut la main que Homeland devient LA nouvelle série à voir le dimanche soir… et sans doute LA nouvelle série à regarder tout court (avec American Horror Story dans un tout autre genre). Magistralement écrite, superbement réalisée et donnant enfin à Claire Danes l’occasion de resplendir comme à la bonne époque de My so called Life, Homeland vient de sauver la rentrée. Merci Showtime !

19ème et dernière partie de notre bilan de l’année – avant le bilan du bilan ! On termine avec quatre séries qui n’ont pas grand chose à voir les unes avec les autres. Une rencontre qui s’éternise, de jeunes chanteurs dynamiques, une bonne raison de garder l’espoir et de la pluie sur Seattle.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Il semble que le grand jeu de l’année a été de tirer sur l’ambulance How I Met Your Mother. Comme si tout le monde, subitement, trouvait que la sitcom, dans sa sixième année, était devenue extrêmement mauvaise. Shonda Rhimes, créatrice de Grey’s Anatomy, aurait-elle donc raison quand elle explique que les saisons 6 et 7 sont les plus dures à passer et qu’il faut attendre la 8 pour trouver un vrai renouvellement ?

Tout le monde connaît maintenant le concept de cette histoire d’amour à rebours, ou comment un papa raconte à ses enfants la manière dont il a rencontré leur mère… Ou plutôt, non, comment il ne leur raconte pas. Ce pitch de base n’a de toutes façons que peu d’importance et sert juste aux auteurs d’avoir la possibilité de se permettre des aller-retours temporels qui ont mis en place de nouvelles structure de comédie propres à la série, comme son incroyable manière de nous faire croire que les personnages partagent de grandes traditions depuis très longtemps alors qu’on ne les a jamais vu faire. Du coup, s’énerver parce que le show n’a toujours pas dévoilé qui est cette fameuse mère me paraît être totalement régressif et volontairement naïf : c’est comme s’énerver sur le fait de vouloir voir le père Noel - on sait tous que l’important ce sont les cadeaux (ahem…)

Après, il faut bien avouer que la sitcom de Carter Bays et Craig Thomas commence un peu à s’essouffler. On s’est largement habitué aux structures volontairement saccagées des épisodes, les répliques de Barney ne font plus aussi mouche qu’avant, et même le couple Lily/Marshall s’épuise à être toujours aussi parfait. Ok. Mais la série est-elle vraiment moins drôle pour autant ? De mon côté, je souris toujours autant et j’avoue que j’aime bien retrouver le petit gang une fois par semaine. Ils ne m’ont pas lassé et s’avère un rendez vous toujours aussi agréable. Du coup, non, je ne troquerai pour rien au monde les soirées au Mac Laren’s contre des journées avec une certaine famille moderne…

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une septième saison.

Il semble de bon ton de critiquer How I Met Your Mother en ce moment. Personnellement, je prends toujours autant de plaisir à regarder la série et à retrouver le gang au Mac Laren’s. Certes, on est en terrain conquis et ce ne sont pas les surprises qui fusent. Mais très franchement, vous en connaissez beaucoup des sitcoms qui vous surprennent tout le temps ? How I Met fait rire, et c’est déjà franchement pas si mal.

L’année dernière, la FOX prenait tout le monde de court avec sa nouvelle série comédie musicale, Glee. Le genre n’était quasiment plus présent à la télé américaine depuis Fame dan les années 80, mais c’est surtout le fait que le créateur du show soit Ryan Murphy, connu pour avoir choqué l’amérique avec Nip/Tuck, qui a vraiment surpris tout le monde. Ce serait oublier que le bonhomme s’est déjà essayé à la comédie ado (très) satyrique avec la remarquable Popular, malheureusement depuis tombée dans l’oubli.

Si le but avait été de renouveler la surprise avec cette deuxième saison des aventures de la célèbre chorale de loosers, ce serait un remarquable échec tant on sent la formule “on prend les mêmes et on recommence.” Du coup, il faut bien l’avouer, les destins de Finn, Will, Rachel et consort déjà sur-utilisé l’année dernière, ne nous font ni chaud ni froid. Le pire est sans doute atteint avec Kurt, qui nous lasse très rapidement, et dont on aimerait qu’il disparaisse lorsqu’il part dans une autre école (dont les histoires ne nous intéressent mais alors vraiment pas !) Heureusement, Ryan Murphy y a déjà pensé et aimerait mettre en place un système de roulement des personnages pour que des nouveaux puissent arriver progressivement tandis que les anciens, qui finiront tôt ou tard par quitter le lycée, partiront vivre d’autres aventures ailleurs. Du coup, le show est dramatiquement plus intéressant quand il s’intéresse à des personnages laissés en jachère l’année dernière comme Mike Chang (qui mériterait d’être encore un peu plus mis en avant…) mais surtout le duo Santanna / Brittany, totalement jouissif et parfaitement incontrôlable. C’est aussi l’occasion de révéler que Heather Morris n’est pas seulement une excellente danseuse et chorégraphe, c’est aussi une actrice assez géniale !

Alors que retenir de cette deuxième saison de Glee ? Quand la série fait dans le cynisme ou quand elle veut volontairement choquer et faire bouger les choses, elle y arrive plutôt bien. Elle est aussi très réussie quand elle parle de l’homosexualité masculine ou féminine, ou même de la découverte de la sexualité chez les adolescents. Par contre, elle se casse les dents lamentablement lorsqu’elle tente vraiment de toucher ou d’émouvoir, et retombe dans les travers de certaines des pires séries pour ados. Alors, comme la série, le spectateur a le cul entre deux chaises, intrigué par tous les passages peu conventionnels mais anéantis par les grands moments de leçon de morale. Ceux qui resteront seront ceux capable de supporter d’avoir quasiment un quart d’heure de chanson par épisode.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une troisième saison.

Glee est clairement sauvée cette année par le duo Santanna / Brittany qui apporte la dose d’humour décalé nécessaire à la série. D’un autre côté, elle ne cesse de tomber dans les pires clichés des séries pour ados, notamment avec ses romances interminables et peu crédibles. Dommage, car on aimerait vraiment retrouver la patte inimitable d’un Popular en comédie musicale.

Pour faire une bonne sitcom, il suffit parfois de pas grand chose : un concept sympathique, un casting amusant, ou tout simplement des auteurs en pleine forme qui proposent des répliques assassines. Avec juste l’une de ces trois composantes, vous pouvez déjà connaître le succès. Alors accrochez-vous, car Raising Hope possède les trois. Et bien plus encore.

Pour ses deux nouvelles sitcom, la FOX s’est entourée de deux équipes menées par d’anciens chefs armés de la comédie dérangeante. D’un côté Mitchell Hurwitz, papa de Arrested Development pour Running Wilde, qui sera malheureusement un terrible échec en terme d’audience, de l’autre Greg Garcia, papa de la plus discutable My Name is Earl, pour Raising Hope, dont le succès ne s’est jamais altéré tout au long de l’année.

On ne dévoilera pas la situation de départ, qui offre l’une des plus magistrale et ahurissante introduction pour une sitcom (si vous n’êtes pas scotchés à la fin des trois premières minutes du pilote, je ne vous comprends pas), mais sachez que la série raconte les mésaventures d’un enfulte de 23 ans, qui vit encore chez ses parents, avec sa maw-maw (son arrière grand-mère) complètement frapadingue. Et, suite à un ironique coup du sort, il se retrouve papa après un coup d’un soir, mais surtout il doit élever seul la petite fille renommée Hope (parce qu’à l’origine, elle s’appelle Princess Beyonce – véridique). Ajouter à cela une fort sympathique Sabrina dont le héros est fou amoureux et vous avez déjà de quoi faire.

Peut-on vraiment parler de point fort pour cette série ? Tout y est franchement excellent. Les histoires sont surprenantes, décalées et particulièrement inventives, le rythme ne s’essouffle jamais, les personnages sont juste fabuleux, sans compter sur une réal classe et une production value carrément à la hauteur. Et on oublie le casting, incroyable, avec une mention spéciale pour Cloris Leachman, la fameuse arrière-grand mère complètement tarée, qui assume avec une classe extraordinaire un rôle pas toujours facile.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Tout est bon dans Raising Hope. A la limite, on pourra juste lui reprocher d’être un peu traditionnelle – comprendre par là qu’elle ne fait pas trop dans l’auto-dérision ou la référence à outrance – mais pour une sitcom single caméra, c’est bien la meilleure de l’année. Du coup, allez-y, jetez vous dessus, et rattrapez vite la première saison avant que la deuxième ne commence.

N’ayant pas encore vu la fin de The Killing - qui semble avoir fait changé d’avis pas mal de spectateur sur la qualité de la série – je vous propose juste une mini critique qui sera amenée à être transformée dés que j’aurai terminé la première saison…

The Killing est adaptée d’une série danoise, mais pas par n’importe qui vu que c’est Veena Sud qui a présidé au destin des deux versions. Sorte de Twin Peaks sans David Lynch (donc sans nain ou rideau rouge en plein milieu d’une forêt), le show s’intéresse à la disparition de Rosie Larsen, une adolescente de Seattle, et aux répercussions que cela implique sur sa famille, sur la campagne électorale d’un homme politique, et sur le duo qui enquête sur son meurtre.

Jusqu’ici, la force principale de la série réside à la fois dans son histoire, très malicieusement menée – même si on sait qu’on va sans cesse nous emmener dans des fausses pistes vu qu’il faut que la série fasse treize épisodes, on se laisse porter avec une certaine joie – et dans ses scénarios eux-mêmes, extrêmement bien conçus et qui savent incroyablement mettre en valeur la psychologie des différents personnages.

Ceux-ci sont de plus défendus par des acteurs franchement hors-norme, totalement investis, comme on aimerait en voir un peu plus souvent. La réalisation, belle à se damner, va vous donner envie de visiter Seattle et saura vous faire apprécier un jour de pluie comme nulle autre. Y a-t-il une chose que je reprocherai pour l’instant au show ? Peut-être juste son utilisation un peu trop systématique de sa musique, très marquée, mais qui participe d’un autre côté totalement à l’ambiance. Bref, pour l’instant, je suis totalement conquis…

Final Score : (à l’épisode 9) 5/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Alors oui, je suis fan de The Killing à un point que je me suis retapé les huit premiers épisodes pour les faire découvrir à ma dulcinée. En contrepartie, je n’ai pas encore vu la fin qui, semble-t-il, en a désespéré plus d’un. Mais bon, même si celle-ci s’avérait vraiment pourrie, je conseillerai malgré tout le show pour tous les épisodes précédents, franchement excellents.