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Inconscient que j’étais la semaine dernière de croire que cette semaine allait être plus calme ! Il y a tellement à dire qu’il faut encore découper ce bilan en deux parties. Et croyez moi, il y a quelques programmes très étranges à découvrir…

Get Out AliveGET OUT ALIVE (nouveauté)

Vous connaissez Bear Grylls ? Mais si, vous savez, le taré qui se fait balancer en pleine jungle amazonienne pour montrer comment il peut y survivre (oui, en buvant son urine.) Et bien le voilà aux manettes d’une nouvelle version de Survivor / Koh Lanta nommée Get Out Alive. Pourquoi on en parle ici ? Parce que le show prend un détour assez inattendu qui démontre bien la personnalité atypique du monsieur. En effet, s’il s’agit bien d’une émission de survie et d’une compétition entre dix équipes de deux personnes, ce ne sont pas les participants qui votent pour exclure quelqu’un mais simplement Bear qui décide qui doit se casser. Il démonte ainsi toute possibilité de coup de pute, tractations dans l’ombre et alliances stratégiques qui font d’habitude le nerf de la guerre de ce genre de show. Le célèbre baroudeur n’est en effet que très peu intéressé par la compétition et tout son show est organisé autour du fait que les différents duos forment tous ensemble une véritable équipe qui doit s’entraider pour survivre (et franchement, question survie, on est loin des gentils jeux de Koh Lanta…) Très rafraîchissant et particulièrement jouissif, ce Get Out Alive est sans doute la première télé-réalité depuis longtemps qui véhicule des notions positives et simples : l’entraide, la camaraderie, le dépassement de soit – pour aider les autres.

Et en plus, dans le premier épisode, tout le monde doit boire son urine. Comme ça, c’est fait.

KEY ARTAVENGERS ASSEMBLE (nouveauté)

Après le succès maousse de leurs aventures cinéma, Marvel remet le couvert en animation et nous lance les nouvelles aventures de ses héros préférés dans Avengers Assemble. Pour ceux qui aurait vu le dessin animé de Ultimate Spider Man, c’est exactement la même chose : quand l’auteur a de l’idée, c’est sympathique ; quand il balance une intrigue poussiéreuse, c’est complètement naze. Trois épisodes ont déjà été diffusés et il faut avouer que pour l’instant les histoires ne sont pas particulièrement folichonnes. Fort heureusement, les caractères bien trempés des personnages – et notamment un vrai travail pour faire de ce Iron Man animé un aussi bon que Robert Downey JR. – permettent de mettre du rythme et quelques répliques cinglantes amusantes. Les fans du comics n’ont quand même pas un énorme intérêt à regarder ce show qui reste destiné à de jeunes ados.

room9-tv-castROOM 9 (nouveauté –  Afrique du Sud)

Il fallait bien aller chercher aussi loin qu’en Afrique du Sud pour trouver un programme aussi délicieusement étrange que Room 9. Cop-show décalé dans un univers fantastique dans lequel les monstres mythologiques sud-africains existent réellement, Room 9 met en scène une belle flic black qui se retrouve à bosser avec un vieux détective blanc et sa copine aveugle. Dans le pilote, ils sont confrontés à une sorte de nain qui parle à l’envers et porte son immense pénis autour du cou – avant d’aller violer et tuer des femmes de ménage. Vous l’aurez compris, le choc culturel est bel et bien là et ces cinquante-deux premières minutes sont plus que déroutantes. Pas seulement parce que le tout ressemble à une série amateur tournée à une époque où le numérique n’existait pas encore, mais aussi parce que les codes narratifs, la manière de parler des personnages, et tout le background de cet univers nous est totalement inconnu. Vraie expérience plutôt traumatisante, Room 9 ne conviendra définitivement pas à tout le monde, mais les plus curieux d’entre vous se doivent de se confronter à la série la plus déroutante de l’année.

family_tree_hboFAMILY TREE (saison 1)

Suite au décès de sa grande-tante, un jeune anglais se lance dans la recherche de ses origines et embarque pour un voyage qui va le mener jusqu’aux Etats-Unis : si le pitch de départ de cette Family Tree n’est pas des plus percutants, il cache en réalité un petit show tout en douceur, parfois très drôle et toujours très sensible. Cette curieuse création fut diffusée sur HBO et le sera prochainement sur la BBC 2 en Angleterre où l’on espère que la série sera aussi bien reçue.

Il faut dire que tout est charmant : la réalisation est sobre et efficace, les comédiens sont assez bons, le montage est rythmé et l’ambiance sonore sympathique. Les scénarios sont plutôt bien ficelés et alternent des scènes de fausse interviews avec des moments de vie quotidienne ou des rencontres un peu barrée (la palme revenant au moment où le héros, sa sœur et son pote rencontrent des indiens…) On a forcément droit à quelques boutades sur le choc des cultures (notamment une guerre sympathique sur l’utilisation du mot “football”…) renforcées par le fait que les personnages sont assez hors-norme (la sœur du héros porte en permanence une marionnette de singe qu’elle fait parler à sa place…) Le show réussit aussi à faire beaucoup rire les connaisseurs de séries US et UK par le biais de quelques très bonnes parodies – Sherlock Holmes : the New Frontier ou encore The Plantagenets (qui fout un sérieux coup de pied aux Tudors.)

Dommage que toutes ces qualités ne suffisent pas à nous faire surmonter la principale faiblesse du show : cette impression que c’est bien gentil tout ça, mais que ça ne sert pas à grand chose. Au final, on est certes quelque peu touché par le destin de ce héros tout en douceur, mais pas franchement emballé. Trop lisse, trop gentille, Family Tree ne déçoit pas… mais n’enthousiasme pas des masses non plus.

Final Score : 7/10

Family Tree est très sympathique et a de nombreuses qualités. Elle reste malheureusement une série très vite oubliable de part sa trop grande “gentillesse” et son manque de piquant.

kinopoisk.ruWAREHOUSE 13 (saison 4)

C’est officiel : il ne reste qu’une saison de Warehouse 13 avant que ce petit show fantastique ne nous quitte définitivement. Adulée par de nombreux fans de SF et de fantastique, la série raconte les mésaventures d’un groupe d’agents spéciaux qui traquent des artefacts utilisés à mauvais escient. Cette saison ne change pas du tout la donne et repose sur les mêmes qualités… et défauts. Ainsi, si les scénarios sont inventifs et bourrés d’humour, la réalisation ne suit clairement pas, tout comme les FX qui sont souvent complètement à la ramasse. Les comédiens sont charismatiques mais tout simplement mauvais, et l’ambiance sonore est tout simplement inexistante. Pourtant, tout cela n’empêche pas cette quatrième saison d’être toujours aussi rafraîchissante et amusante à regarder. C’est clair, on ne s’ennuie pas devant Wahehouse 13. Mais de là à dire qu’on se souvient de l’épisode deux jours plus tard… (bon ok, les épisodes beaucoup plus feuilletonnants de la fin de la saison sont plus mémorables, mais quand même !)

Final Score : 6/10

Sympathique petit show fantastique, Warehouse 13 a toujours manqué d’ambition pour se montrer suffisamment indispensable. Dommage, mais les fans sauront apprécier cette quatrième saison largement à la hauteur du reste.

Defiance-season-1-2013-Syfy-poster_595_slogoDEFIANCE (saison 1)

Defiance démarrait sous de mauvais auspices : ce nouveau show de science-fiction diffusée sur Syfy bénéficiait d’un budget colossal mais de FX peu convaincants, et il était adapté d’un jeu de rôle en ligne dont les critiques n’étaient pas particulièrement élogieuses. Le pilote n’avait qu’un point positif pour lui, une bataille finale visuellement réussie qui a du engouffrer les millions de dollars mis dans le projet. Par contre, niveau scénario, on était en pleine copie de Terra Nova, sans les dinosaures mais avec des extra-terrestres, pour un résultat tout aussi mou et peu original. En effet, Defiance démarre en mettant en scène Nolan, monsieur héros américain limite caricatural, et sa fille d’adoption Irisa, une extra-terrestre, alors qu’ils arrivent à Defiance, une ville construite sur les ruines de Saint Louis, véritable melting-pot de cultures venues de l’espace. Nolan devient le flic de la ville et va commencer à mener des enquêtes pour faire respecter la loi et l’ordre : on attendait franchement plus d’un show de SF parlant d’une terre terraformée après avoir été le lieu d’une grande guerre entre quatre races qui ont fini par faire un pacte de non-agression afin de ne pas s’autodétruire !

Pour autant, s’arrêter aux quatre / cinq premiers épisodes ne seraient pas rendre justice à la dernière création de Rockne S. O’Bannon, créateur un peu foufou de plusieurs séries bien barrées dont la récente Cult ou la nettement plus mémorable Farscape. En effet, après une longue installation de la ville à travers quelques enquêtes sans réel intérêt, le scénario de la série trouve un nouveau souffle en devenant nettement plus feuilletonnant et commence (j’insiste : commence à peine) à trouver l’ambition entomologique de Battlestar Galactica. Les rôles de la maire – humaine – et de son opposant extra-terrestre virulent s’affirment pour mettre en place une réflexion sur le pouvoir et la politique intrigante. La partie sexe, assurée par la sœur de la maire qui tient un bordel dans lequel tout le monde se rend, cherche là aussi à emprunter des sentiers nouveaux. Et si Nolan reste un peu un Big Jim sans grand intérêt, c’est bien toute l’évolution du monde autour de lui et sa manière de ne pas vraiment arriver à suivre qui se montre très intéressante.

Defiance prend donc de l’essor au fil des épisodes mais bien que son scénario sache se faire totalement addictif, le show souffre d’un vrai manque en terme de forme. La réalisation est à peine passable, les FX restent majoritairement très moches (les extra-terrestres font un peu peine à voir), et les acteurs sont loin d’être tous convaincants. On sent que toute l’équipe est un peu perdue face à un projet de trop grande envergure et dont elle ne doit pas maîtriser tous les tenants et aboutissants. Espérons que la deuxième saison saura corriger ces défauts – car le climax de cette première année donne franchement envie de voir la suite.

Final Score : 7/10

Après un début poussif et balourd, Defiance prend de l’essor et arrive à s’affirmer au niveau du scénario. Les fans de SF peuvent sincèrement y jeter un œil et y trouver beaucoup de plaisir, les autres auront abandonné dès la fin du pilote…

 

Allez, rendez vous dimanche soir ou lundi pour la deuxième partie de ce bilan de la semaine !

Chers lecteurs,

Après avoir pleuré, il y a quelques jours, de précieux disparus, nous voici à nouveau réunis mais cette fois pour fêter la naissance de plusieurs séries. Certains sont allés chercher dans le grand n’importe quoi pour essayer d’être original, mais d’autres ne se sont pas du tout pris la tête en pondant une pâle copie d’un succès d’une chaîne concurrente, ou tout simplement en faisant un prequel à une série finie depuis bien longtemps. Sans oublier, bien sûr, une petite doublette de nouveaux programmes comiques… qui ne font pas forcément mouche. Alors, toutes ces nouveautés vont-elles enfin nous refaire scotcher dans nos canapés ? Rien n’est moins sûr…

Deception-Poster-Saison1-11

 

“Mais dites donc, ça marche bien en fait le prime-time soap ?”, demanda le patron de NBC, se réveillant d’un coma télévisuel. Jetant un coup d’œil à Revenge, LA série au succès surprise (et pas franchement mérité) de l’année dernière, il se décida donc à copier le programme. “Vous voulez dire imiter ?” s’étonnèrent  ses associés. “Non, non, faites vraiment une copie. Bon camouflez le truc juste suffisamment pour qu’on ne puisse pas nous faire de procès, mettez une belle black à la place de la greluche blonde – on est une chaîne progressiste quand même – et surtout trouvez moi un nom qui claque autant que Revenge !”

Quelques mois plus tard, voilà que déboule sur nos écrans cette boulette boursouflée qu’est Deception, dont le titre fait plus référence au sentiment que vous aurez en terminant le premier épisode (et encore, pour être déçu faudrait-il en avoir attendu quelque chose) qu’à la signification américaine du mot, à savoir ce qui cache ou tord la vérité. C’est donc l’histoire d’une jeune flic bien sous tout rapport qui apprend que son amie d’enfance vient d’être retrouvée morte. Elle se décide à enquêter sur ce terrible meurtre et pour ça elle va devoir s’infiltrer dans la grande et riche famille de la victime. Et comme c’est là qu’elle a grandi, elle se retrouve à mentir à ceux qui furent, un temps, comme son père, ses frères et sœurs, etc. Bref, ceux qui ont vu Revenge peuvent déjà voir les grandes similitudes entre les deux points de départ…

Le problème, c’est que les scénaristes de Deception n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent pour faire avancer l’histoire. Voulant éviter de copier un peu plus Revenge, ils se retrouvent fort embêtés dès lors qu’il s’agit de trouver de nouvelles trames à mettre en place. Une fois le pilote et les conditions de départ de la série posées, la série fait un sacré surplace. C’est bien simple, il ne se passe strictement rien dans le deuxième épisode, à part une amusante partie de tir au fusil de chasse.

Et ce n’est pas la forme qui va récupérer ce fond désespérant. Réalisation pataude, acteurs laissés à l’abandon (et pourtant avec Victor Garber et Tate Donovan, il y a de quoi faire), production value effrayante : Deception est tout autant horrible à regarder que son scénario est affligeant. Passez votre chemin, il n’y a rien à voir ici.

carrie diaries poster season 1

Peut-on vraiment faire revivre Carrie Bradshow autant d’années après la fin de Sex and the City ? Candace Bushnell, l’auteur des livres, y croyait et a conquis l’Amérique avec sa série (de romans) préquel The Carrie Diaries. Il n’en fallait pas plus à Josh Schwartz et Stefanie Savage, tout fraîchement au chômage suite à l’arrêt de Gossip Girl, pour embarquer la scénariste Amy Harris et se remettre au boulot. Tout ce beau monde retrouve donc New York pour s’en aller conter les aventures d’une adolescente… dans les années 80.

Car c’est bien là dessus que le pilote marque des points : la mise en image de cette période peu illustrée à la télévision ou au cinéma en comparaison de la décennie précédente. Pour mieux nous plonger en 1984, toute l’équipe y a mit du sien : des vêtements aux coiffures en passant par la manière de parler ou tout simplement la musique, l’ambiance fonctionne et nous embarque.

Mais là où tout s’écoule c’est au niveau du scénario. Carrie vient d’une petite ville mais fait son “stage” à New York : la voilà séparée entre deux univers et toute la question est de savoir ce qu’elle va prendre ou garder de chacun d’entre eux. Question originalité on pourrait mieux faire… Mais en plus, le rythme est mou, les séquences assez mal construites, et les dialogues trop peu percutants pour provoquer ne serait-ce qu’un sourire. Dans ce joli cocon, on aurait vraiment apprécié de découvrir un beau papillon. On se retrouve face à une vieille chenille malade.

1600 Penn

 

“Mais dites donc, ça marche bien en fait les sitcoms familiales ?”, demanda le patron de NBC, se réveillant d’un coma télévisuel. Jetant un coup d’œil à Modern Family, LA sitcom au succès surprise (et pas franchement mérité) des années précédentes, il se décida donc à copier le programme. “Vous voulez dire imiter ?” s’étonnèrent  ses associés. “Non, non, faites vraiment une copie. Bon camouflez le truc juste suffisamment pour qu’on ne puisse pas nous faire de procès, trouvez le moyen de faire une famille encore plus recomposée et moderne – on est une chaîne progressiste quand même – et surtout trouvez moi un nom qui claque autant que Modern Family !”

Oui, chez NBC, cette année, on est un peu en mal d’idées. La chaîne qui a renouvelé la sitcom avec des programmes comme The Office ou 30 Rock (et même Friends, y a déjà un sacré paquet d’années !) a bien du mal à retrouver son statut de network innovant, sachant prendre des risques et les assumer. Voici donc 1600 Penn, énième sitcom sur une famille recomposée, avec tous les personnages classiques comme le petit frère super geek, la grande sœur coincée, le gros marrant ou encore la belle-mère qui n’est pas juste belle mais qui en a aussi dans la tête. Petite variation pour faire passer la pilule, il s’agit tout de même de la famille la plus importante des Etats-Unis, puisque c’est celle du président.

Heureusement, malgré ce manque d’originalité puissant, la série sait mettre en place des situations vraiment drôles et les dialogues s’avèrent régulièrement très drôle. Voilà une sitcom qui sait manier la comédie : c’est peut-être difficile à croire, mais c’est une qualité qui se fait de plus en plus rare ! Alors au final, force est de reconnaître que si vous cherchez une petite série pour vous endormir le dimanche soir, un programme qui ne soit pas du tout prise de tête mais qui vous permette d’oublier que demain c’est lundi, le boulot et tout ça, 1600 Penn est peut-être exactement ce que vous cherchez.

Banshee-Cinemax-season-1-2013-posterHey, vous voulez vous faire des ennemis ? Alors sachez que la chaîne Cinemax appartient à HBO et que c’est sur ce (mini) network que va être bientôt diffusée la terrifiante série adaptée des films Le Transporteur. Oui, celle que vous avez pu voir sur M6. Alors, oui, vous pouvez dire à vos amis que HBO, c’est une grande chaîne de série, vu qu’ils coproduisent le Transporteur

Pourquoi on parle de ça ? Tout simplement parce que le network aux milles récompenses envoie son scénariste chéri, Alan Ball, créateur de Six Feet Under et True Blood, superviser la série Banshee pour le compte de Cinemax. Et franchement, que penser de ce programme allègrement foutraque, qui oscille entre les meilleurs scènes de Tarantino et les plus mauvaises de Besson ?

Le pitch, déjà, est tout à la fois ridicule et fascinant : un ancien arnaqueur décidé à retrouver un pactole, mais aussi et surtout la femme qu’il aime, décide de se faire passer pour le nouveau shérif d’une petite ville contrôlée par le patron d’un abattoir et entourée par une communauté amish. Et à partir de là, autant vous dire que ça part LARGEMENT en sucette. On passe ainsi d’une ambiance à la Twin Peaks ou même à la Justified (avec laquelle la comparaison paraît inévitable tant les personnages principaux se ressemblent) pour passer à de la bonne vieille baston filmée comme dans du Walker Texas Ranger. Maniérée, hautaine, mais aussi résolument branchée et assumant tout avec un aplomb imparable, Banshee n’est ni une bonne ni une mauvaise surprise. C’est un programme curieux dont l’intérêt ne pourra se dessiner que sur la durée. Ou pas.

kroll show

Fort du succès de The League, série comique dans laquelle il interprète l’un des personnages principaux, le comique Nick Kroll se voit proposer son propre show par Comedy Central (The Kroll Show). Suite de sketchs dans lesquels il se déguise pour interpréter de nombreux personnages, la série fait immédiatement penser à Portlandia. Le problème, c’est que si l’humour assez ras des pâquerettes de Kroll s’accorde plutôt bien à l’ambiance décalée et outrancière de The League, il passe déjà beaucoup moins quand il n’y a rien d’autre pour l’accompagner. Dans le pilote, Kroll s’en prend à la téléréalité mais ne fait qu’une copie de ce genre de programme, et invite tous ses potes comiques pour se moquer de Sex and the City – il y a des cibles plus évidentes et plus d’actualité à attaquer, non ? Seul point fort : sa parodie des teenage shows canadiens reconnus pour traiter de tous les sujets de manière plutôt frontale. Il invente donc Ontario Wheels une série où un adolescent se retrouve le seul valide dans une école de personnes en chaise roulante. Une édifiante partie de curling avec les chaises roulantes à la place des palets vous décrochera forcément un sourire…

Rendez vous très bientôt pour parler d’une autre fournée de nouvelles séries !

Pour cette avant dernière semaine de la saison (toujours selon mes calculs), vous vous en doutez on va surtout parler de départ. C’est donc cinq séries qui tirent leurs révérences afin de laisser la place aux nouveaux programmes de la rentrée. En vrac, on parler tournage, journal télé, slasher, bébé et psychanalyse sportive…

Mais commençons par faire le tour des news de la semaine, puisqu’il y a beaucoup d’autres départs sur lesquels on ne s’attardera pas. Ainsi, les vampires de True Blood terminent (apparemment) en beauté avec une audience toujours en bonne forme. La très mauvaise sitcom Retired at 35, et la non moins exécrable Melissa and Joey concluent toutes les deux leurs secondes saisons. On s’en serait bien passé vu son machisme effroyable – encore plus terrifiant quand on sait que ce sont des femmes qui sont aux manettes – mais non, on a eut droit à une deuxième saison de Single Ladies, et on fermera les yeux sur la probable troisième saison l’année prochaine. Enfin, The Secret Life of the American Teenager se fait une petite pause et on ne va pas s’en plaindre. Fichtre, ça fait longtemps qu’une série n’a pas autant partagé le public que The Newsroom, la dernière création d’Aaron Sorkin pour HBO. Le scénariste n’en est pas à son coup d’essai pour parler de la télévision puisqu’il avait déjà créé il y a déjà presque quinze ans la très amusante Sports Night sur les coulisses d’une émission sur le sport. Cette fois, il cherche à s’attaquer à la manière dont les journalistes traitent la politique – ou plutôt à la manière dont il ne la traite pas. Le vrai discours de Sorkin est totalement assumé dans son dernier épisode : si les journalistes faisaient leur métier, le Tea Party n’aurait jamais réussi à s’implanter aux Etats Unis. Discours courageux s’il en est, mais qui fait quelque peu basculer la série dans le pur message politique et non dans la critique subversive annoncée au départ.

Reste qu’on peut se demander pourquoi la série partage autant le public. Ce n’est pas à mon sens ce fameux message politique – on est tous assez grand pour en faire abstraction dans notre avis. Non, ce qui fait la force et la faiblesse de la série c’est son traitement très “sorkinien”, très apprécié par les uns et débectés par les autres. A savoir un constant mélange d’intrigues plutôt sérieuses avec des histoires sentimentales plutôt faiblardes, la volonté de tout – mais absolument TOUT – dire dans les dialogues (il n’y a pas de sous-texte chez Sorkin, et quand il y en a, il va être dit dans la séquence suivante), et un jeu constant entre réalisme pur et fable totalement décalée (on ne compte plus les rebondissements absolument pas crédibles.) Dans ce délire irréaliste, la palme est atteinte par le triangle amoureux des “jeunes” dans lequel on essaie de nous faire croire que deux mecs peuvent être à fond d’une petite blonde au visage (et au front) proprement effrayants…

Le truc, c’est que The Newsroom se veut une série moderne et dynamique alors qu’elle a tous les ressorts d’une série de grand-père. En 1998, la série aurait été un vrai tour de force, une révélation totale ; mais là elle assume presque quinze ans de retard avec ces walk & talk fatigués et ses comédiens au jeu suranné. Du coup, on passerait presque à côté du véritable exploit réalisé par la bande de scénaristes : une gestion du temps très particulière puisqu’il s’écoule plus de deux ans entre le premier épisode et la fin de cette première saison ! Après seulement dix épisodes, il est vrai qu’on a l’impression de connaître les personnages comme si on les avait suivi dans plus de cinquante aventures d’une heure. Et c’est là, à mon avis, que Sorkin prouve qu’il en a encore sous le coude.

Final Score : INCLASSABLE.

Il est trop difficile de donner une note à The Newsroom tant les points positifs et négatifs se succèdent. Vraie révolution mais pas là où on l’attendait, la série de Sorkin est à la fois novatrice et vieux jeu, ultra fine et catastrophiquement concrète, dynamique et totalement pantouflarde. Couper la poire en deux et lui donner un 2.5 n’aurait pas du tout été représentatif de la valeur du show de HBO – je vais donc, pour la première fois, m’abstenir de noter.

Pretty Little Liars ou comment tirer les fils d’une intrigue à slasher depuis déjà trois saisons. Au pic de son délire paranoïaque, la série sur ces quatre adolescentes persécutées par une mystérieuse A fait cette année dans l’amnésie partielle. Ainsi, nos chères petites menteuses découvrent la tombe de leur amie profanée et surtout qu’elles sont les premières suspectes, l’une d’entre elle ne se souvenant plus du tout de ce qu’elle a fait. Cette saison ne viendra pas surprendre les habitués, avec ses coups de théâtre réguliers, ses nouveaux personnages tous plus angoissants les uns que les autres, et son ambiance si particulière entre froufrou et serial killer. Le tour de force des scénaristes reste de nous révéler, dans les dernières minutes de l’ultime épisode, qui se cache(nt) vraiment derrière A lançant la deuxième partie de la saison (prévue cet hiver) sur de nouvelles règles…

Final Score : 3/5

Oui, on peut tout à fait se passer de Pretty Litlle Liars, dont les actrices arrivent parfois à être encore moins convaincantes que les décors ou la réalisation, mais on peut aussi tout à fait s’amuser avec tant les scénaristes poussent leurs délires dans les pires retranchements. En clair, c’est à ne surtout pas prendre au sérieux.

Après une première saison plutôt décevante à cause de son côté “tous les américains sont des gros cons”, Episodes revient pour une deuxième fournée d’épisodes nettement plus convaincants. Rien n’a changé au niveau du casting, qui était déjà impeccable, ni au niveau de la réalisation assez plaisante. La vraie amélioration vient donc des scénarios, beaucoup plus fins et subtils, qui attaquent cette fois de manière nettement plus intelligente les travers de la télévision américaine. Les situations sont vraiment très drôles, les rebondissements assez jouissifs, et on ne se rend même pas compte qu’on a déjà fini les neuf petits épisodes proposés. Le seul truc qui va rester en travers de la gorge, c’est la fin de la saison qui n’offre pas vraiment de solution plaisante pour une possible troisième année. Parce qu’en faisant ce qu’ils ont fait, les scénaristes viennent d’avouer qu’ils ont dit tout ce qu’ils avaient à dire sur leurs personnages…

Final Score : 4/5

Comédie affreusement grotesque dans sa première saison, Episodes devient une jolie étude des travers de la télévision américaine ainsi qu’une belle réflexion sur l’après rupture. Une réussite sympathique mais pas follement indispensable.

Y a-t-il grand chose à dire sur Babdy Daddy, sitcom au petit budget sur un jeune homme d’une vingtaine d’années qui voit l’une de ses exs lui confier son bébé (dont il est le père, hein) ? La réponse n’est pas une surprise, c’est non. Personnages stéréotypés, scénarios courus d’avance, acteurs particulièrement débutants, mise en scène quasi inexistante et bande son tout simplement atroce, il n’y a pas grand chose à sauver dans ce programme qui m’avait pourtant fait bonne impression lors de la diffusion de son pilote. On s’en tiendra là, donc.

Final Score : 2/5

Baby Daddy n’est pas une catastrophe, mais ne mérite clairement pas la moyenne. Le principal problème, c’est que le show est rarement drôle, un comble pour une sitcom ! Personne ne vous en voudra si vous ne voulez pas regarder les dix épisodes de la saison donc !

Bonne surprise de l’année dernière, Necessary Roughness propose ce qui est sans doute la deuxième saison la plus décevante jamais conçue ! L’idée est pourtant porteuse : il s’agit des aléas d’une psychanaliste qui se fait embaucher par une grosse équipe de football américain et dont les autres clients sont principalement des sportifs avec des problèmes qui les empêchent de réussir. Alors que la première saison reposait sur un feuilletonnant de qualité et franchement prenant, cette deuxième année délaisse les problèmes de fond pour nous infliger de pénibles aventures amoureuses qui font en plus du climax de la saison le pire moment vu depuis fort longtemps. Les personnages perdent en crédibilité, notre héroïne devient tête à claque et les pseudos mystères sur le dirigeant du groupe tombent à l’eau faute de bonne idée. On sort de ces treize épisodes avec l’impression d’un sacré ratage.

Final Score : 2/5

Gros gros gros FAIL pour cette deuxième saison de Necessary Roughness qui n’a repris de la première année que les mauvais côtés et délaisser tout ce qui était intéressant. Quand je vous dit que c’est la plus grosse déception de l’année !

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour la cinquante-deuxième mais pas la dernière semaine de la saison !!!

Les choses se calment enfin un peu sur les écrans US et on ne compte cette semaine, en terme de séries, que deux nouveautés, trois retours et deux départs. Et la question qui nous brûle les lèvres est qui, de Aaron Sorkin ou de Charlie Sheen a réussi le mieux son comeback ?

Mais d’abord, quelques news ! Alors qu’en France certains pleurent l’annonce de l’arrêt de Bref à la fin de la première saison (ce qui a donné lieu à ce commentaire twitter : Bref n’aura duré qu’un Bref moment…), aux Etats-Unis, les femmes de militaires reprennent du service avec la suite de la sixième saison d’Army Wives. Un programme dont on se serait facilement passé… quoi que, en cas de manque d’infos à faire partager, je pourrais toujours puiser dedans pour vous trouver quelques screenshot bien rigolos.

Et d’ailleurs, ouf, en parlant de comédie, on pourra noter le retour du très inégal Louie, dont les sortes de sketchs n’arrivent pas toujours à me faire décrocher un sourire, mais dont les passages “stand-up” s’avèrent nettement plus convaincants. Oui, je sais que je vais me faire conspuer par les connaisseurs en disant ça, mais que voulez-vous, je ne suis pas plus que ça attendri par les déboires d’un comique new-yorkais.

Sans doute parce qu’au fond moi, je reste un éternel ado : ceci expliquerait du moins ma fascination pour les séries de MTV dont la qualité, il me semble, ne fait que s’améliorer. Ainsi, j’ai un véritable coup de coeur pour la reprise de Awkward, comédie noire sur les affres de l’adolescence, menée de main de maître par Lauren Lungerish qui n’a pourtant pas fait grand chose d’autre. Un seul conseil, jetez un oeil à la première saison, absolument sublime !

Et ben voilà, à cause de vous, Eagleheart c’est fini. Comme indiqué ici, la série devait obtenir plus de “like” sur facebook que sa concurrente Franklin & Bash avant la fin de la saison 2 pour espérer revenir. C’est donc mort. Argh ! Trêve de plaisanterie, la série produite par Conan O’ Brien tire bien sa révérence pour cette deuxième saison mais on ignore encore si les grands délires cartoonesques seront de retour l’année prochaine. Vu le succès critique et public, on croise les doigts pour revoir le marshal Chris Monsanto arrêter des trafiquants en drogue (oui en, car ils sont fait en coke), des hippies qui font l’amour avec des arbres, ou encore un animateur d’émission pour enfants voleur d’organes. Que dire de plus, si ce n’est qu’Eagleheart, c’est toujours onze minutes de pur bonheur ?

Final Score : 4.5/5

Série comique magnifiquement décalée et totalement foutraque, Eagleheart s’impose comme le délire non-sensique ultime… avec NTFS:SD:SUV et Children’s Hospital !

Sitcom adaptée du film du même nom avec Jack Nicholson et Adam Sandler, Anger Management a cassé la baraque en devenant le meilleur démarrage pour une série comique sur la chaîne FX. Le problème ? Ce n’est pas drôle. Si je reste sensible au charme de Charlie Sheen et surtout à celui de Selma Blair (qui nous manquait depuis un petit moment), difficile d’être convaincu par ces deux premiers épisodes poussifs, réalisés avec les pieds et interprété avec autant d’ambition que lorsque Elie Semoun doit faire la voix d’une moule. Le ton hésite entre l’irrévérencieux caractéristique de FX – sans jamais tomber dedans – et un humour plus traditionnel sans doute hérité des origines du projet qui cherchait à se placer sur un grand network. Du coup, on ne va pas s’éterniser sur le problème, même si son souhaite un bon retour à Charlie Sheen qui a assurément réussi son comeback d’un point de vue de l’audimat, et on va passer au gros morceau de la semaine…

C’est donc la question qui a fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis ces dernières semaines : Aaron Sorkin a-t-il encore ce qu’il faut pour réveiller la télé ? Après des premières reviews américaines peu convaincues à la fois par le pitch et par le traitement, The Newsroom démarrait fébrilement dimanche dernier, récupérant la case de Game of Thrones et s’attirant ainsi, forcément, les foudres des fans médiévaux les plus frénétiques.La raison du retard de ce post ? Il me fallait bien deux épisodes pour commencer à me faire un avis sur la question.

En effet, de prime abord, tout n’est pas merveilleux dans la nouvelle série de Sorkin : l’histoire avance plus par des dialogues que par des actions, les nombreuses répliques utilisent un jargon peu évident à comprendre (vous avez intérêt à vite faire la différence entre le E.P. et le senior producer), la réalisation à l’ancienne nous rejoue le coup des échanges verbeux dans les couloirs avec une sorte de caméra embarquée… Au deuxième épisode, il devient évident que la qualité de la mise en scène va énormément varier selon les réalisateurs (si le pilote était un ballet magnifiquement orchestré, la suite est déjà beaucoup moins maîtrisée), la musique gonflée est gonflante, et les histoires sentimentales, qui prennent le dessus, souffrent d’un sérieux manque d’originalité. Doit-on pour autant se priver d’une série sur les coulisses de la télévision, presque quinze ans après la magnifique Sports Night, déjà drivée par Sorkin ?

Le point fort de la série est curieusement lié à son point faible : oui, ça parle beaucoup, énormément, à la folie ; ça parle tellement en fait que chaque moment de silence devient un vrai plaisir, une respiration salvatrice. Et c’est justement là que Sorkin,  après avoir révolutionné le monde des dialogues sur The West Wing, trouve son “truc en plus” en redonnant le pouvoir au silence dans The Newsroom. Car chaque silence, chaque pause dans ces interminables joutes verbales, met en avant une émotion, une avancée du plot narratif, un regard sur le développement des personnages. Ces moments impactants font alors ressortir l’incroyable qualité de traitement de la psychologie des différents protagonistes, la crédibilité de l’univers qui nous est représenté (quoi qu’en pense certains journalistes boudeurs américains et clairement pris en cible par Sorkin…) et surtout l’efficacité des intrigues principales.

Que penser du concept, qui repose sur de vraies informations mais qui datent d’il y a deux ans (2010) ? De nombreux critiques américains ont trouvé que ceci tuait l’idée dans l’oeuf car, comme on connaît la suite des évènements et les erreurs qui ont été faites dans leur manière de les traiter, il n’y a aucune surprise à attendre. Mais c’est faire abstraction des personnages, plus que jamais moteur des intrigues, et du traitement, justement, de ces news : on peut très bien apprécier une histoire pour la manière dont elle est traitée, même si on la connaît déjà (Roméo et Juliette, ça vous dit quelque chose ? …) Du coup, si je dois bien reconnaître que le concept est casse-gueule, je trouve que pour l’instant les scénaristes s’en sont plutôt bien tirés.

Reste la question du parti pris politique. Car même si Sorkin s’en défend et assure qu’il cherche à montrer les ambivalences des politiques de tout bord avec le monde des informations, les républicains en prennent sérieusement plus sur la tronche que les démocrates. Pour deux critiques sur Obama (et encore, Sorkin trouve le moyen de placer un personnage qui va le défendre), on assiste à une descente en règle de Sarah Palin (même si elle le mérite !) et de “ces conservateurs qui sont les seuls à regarder les news et ne veulent pas voir d’autres point de vue que le leur”. Si je trouve effectivement énervant que le créateur défende l’égalité politique dans son show alors que ce n’est clairement pas le cas, je trouve tout aussi énervant ces nombreux critiques qui l’accusent de faire circuler ses idées gauchistes puisque personne n’est dupe des opinions politiques de notre cher Sorkin et ce depuis plus de quinze ans. S’en est-on un jour pris avec autant de verve contre David E. Kelley pourtant tout aussi progressiste (voir carrément plus dans son magnifique Boston Legal) ?

Au final, The Newsroom se perd dans des intrigues sentimentales peu originales (mais dont le traitement permet de ne pas s’ennuyer pour autant), une mise en scène dont le coup de main va être difficile à choper par les futurs réalisateurs et qui peut vite s’avérer catastrophique, ainsi qu’une bande originale absolument effrayante – la symphonie barbare à la Le Dernier des Mohicans passe mal dans une série résolument moderne sur la télévision ! De plus, le show est difficile à suivre : le rythme est beaucoup trop nerveux, les répliques fusent au point qu’il est quasiment impossible de lire des sous-titres s’ils n’ont pas été adaptés, et l’ensemble est très clairement élitiste – dans le sens où il n’y a absolument aucune volonté de se rendre facilement compréhensible. Mais bon, on est chez HBO, il serait tout de même drôle de commencer à entendre les défenseurs de la chaîne de se plaindre de ça (on se souvient encore avec frisson d’un Boardwalk Empire encensé par la critique et presque totalement incompréhensible !) Enfin, le show est extrêmement bavard – c’est la marque de fabrique de Sorkin qui peut en fatiguer plus d’un. Et pourtant, malgré tous ces “défauts”, j’ai rarement autant été excité par un pilote. Un peu moins par le deuxième épisode, il faut bien l’avouer, mais je suis tout de même convaincu que sur le long terme The Newsroom va s’avérer un des meilleurs show de l’année. Alors, s’il te plait Aaron, ne te plante pas. Et, du moins pour l’instant, oui tu as réussi ton comeback à la télévision.

Allez, à la semaine prochaine pour le retour de deux scénaristes anglais à Hollywood, d’une thérapeute sur le web, et pour découvrir comment CBS pense se débarrasser en douce de la catastrophe produite par Robert de Niro !

Cette semaine, la résolution du meurtre de Rosie Larsen s’est fait tirer la bourre par un groupe de jeunes filles pendant qu’on s’assassinait à tour de bras chez les Borgias. Bref, c’était la dernière semaine de transition avant que tous les programmes de l’été ne se mettent en place. Et l’occasion de découvrir que les acteurs québécois commencent à envahir les programmes US…

Au rayon des petites news, on notera la fin du duo Nurse Jackie & The Big C qui ne semble pas plus avoir enchanté la critique que le public. Les deux séries seraient-elles fatiguées ? A vous de me le dire… On ne regrettera pas, en revanche, le départ de l’ultra-timorée The Client List qui voyait Jennifer Love Hewitt interpréter une prostituée capable de résoudre les problèmes de tous les couples en crise (sans même avoir à coucher avec ses clients !), ou de l’effroyable How to be a Gentleman, sitcom purement honteuse dont la chaîne se débarrassait des derniers épisodes dans la case maudite du samedi soir.

C’est plutôt du côté des retours qu’il y avait quelques bonnes surprises. On passera sur The Exes, qui malgré son lot d’acteurs sympathiques, s’avère être une sitcom lourdingue et peu drôle, et on se penchera du côté de Wilfred, l’homme chien qui parle à Frodon (tout un concept !) A noter aussi le retour de Futurama, qu’on ne présente plus, ainsi que de Falling Skies, la série présentant de fiers américains luttant pour survivre après une invasion extra-terrestre. La première saison était franchement décevante, la deuxième démarre assez fort pour nous y faire croire à nouveau…

Aie aie aie ! Difficile d’être convaincu par la première nouveauté de la semaine, Hollywood Heights. Bon, il faut préciser qu’il s’agit d’un programme un peu particulier, non seulement car c’est une des très rares séries live à être diffusée sur Nickelodeon (dans la partie Nick at Nite), chaîne autrement spécialisée dans les programmes pour enfants ; mais aussi car il s’agit d’un soap, d’un vrai – comprendre par là qu’à la différence de Dallas ou Desperate Housewives, Hollywood Heights est diffusée tous les soirs de la semaine, pour un totale de 90 épisodes pour cette première saison. C’est donc plus à rapprocher d’une sorte de Plus Belle la Vie à Hollywood, ou même – pour les connaisseurs – à une vraie telenovela (la série est d’ailleurs adaptée d’une d’entre elles.) Le gros, gros, gros problème d’Hollywood Heights est qu’il est totalement impossible de s’identifier à l’un des personnages. Entre le chanteur beau-gosse mais con comme la lune, l’acteur dépravé (ah ben si, il met de la vodka dans son jus d’orange), la top model en pleine crise amoureuse, la blondasse stupide qui fait rien qu’à dire à son père que d’abord elle fait ce qu’elle veut, ou encore les deux héroïnes qui forment le tandem classique de l’hystéro sans talent qui accompagne la jeune fille sage super douée, on fait face à une galerie de clichés, d’archétypes préhistoriques, mais pas à de vrais personnages en plusieurs dimensions. Du coup, autant vous l’avouer, je n’ai pas eu le courage de regarder plus loin que le premier épisode. Il faut dire que, comme pour tous les vrais soaps, le programme ne peut pas trop compter sur sa réalisation sans le sou ou ses scénarios ultra bavards pour tenter de rattraper le coup. Nickelodeon joue beaucoup en programmant ce show d’un autre genre, tente une expérience culottée… mais malheureusement de mon côté, je dirai simplement stop.

La deuxième nouveauté de la semaine n’a en réalité pas grand chose de nouveau. Avec The Soul Man, Cedric the Entertainer, célèbre acteur de comédie black, propose une sitcom à l’ancienne, extrêmement communautariste et au final franchement désespérante. Fallait-il en attendre plus d’un spin-off de Hot in Cleveland, autre sitcom diffusée sur TV Land, et qui ne fera rire que… heu… non je trouve pas. L’histoire de ce chanteur de R’n’B qui devient pasteur et qui découvre que c’est dur parfois mais heureusement toute sa famille est là pour l’entourer – barfff, ça y est je me suis endormi. Oui, bon, à l’extrême limite, y a des scènes de gospel pour ceux qui adoreraient vraiment ça… mais franchement…

Ok, ok, c’est vrai, on avait bien envie de se moquer de la troisième (et dernière) nouveauté de la semaine. Il faut dire qu’avec son titre très culcul, Baby Daddy ne laissait pas espérer grand chose, d’autant plus qu’il s’agit d’une sitcom pour ABC Family, chaîne pas vraiment spécialisée dans ce format ou alors plutôt propice à nous vendre des programmes franchement pas folichon (si vous avez le courage, jetez un oeil à Melissa and Joey pour comprendre.) Première surprise : on retrouve dans le rôle principal Jean-Luc Bilodeau, un acteur québécois qui a déjà à son actif une série diffusée sur les ondes US puisqu’il interprétait le rôle du petit frère dans Kyle XY. Jean-Luc nous faisait déjà rire à l’époque et il faut avouer qu’il fait preuve d’un certain talent pour la comédie lors de ce pilote. C’est aussi l’occasion de retrouver Chelsea Kane, sympathique petite actrice qui a surtout fait des seconds rôles dans des séries Disney et a apporté une touche de méchanceté dans la dernière saison de One Tree Hill. Alors certes, impossible de ne pas la comparer à Kaley Cuoco de The Big Bang Theory tant leurs rôles sont – en apparence – proche, mais la petite Chelsea s’en sort finalement pas si mal.

Non seulement contente d’avoir des acteurs investis et franchement à la hauteur, Baby Daddy raconte aussi une histoire plutôt touchante, celle d’un jeune homme qui découvre un beau matin qu’il est papa alors que la mère de sa petite fille lui abandonne le bébé sur le pas de sa porte. Ça pourrait être lourd et poussif, tirer la larme facile, ça la joue au final plutôt Jude Apatow, avec ses qualités et ses faiblesses. Ainsi, l’interminable scène où le héros tente de faire manger sa fille est assez inutile, mais la mise en place des différentes relations entre tous les personnages s’avère plutôt sensible et maligne. Au final, ce pilote s’avère franchement réussi et, si on le compare aux autres pilotes de sitcom lancées ces dernières années, fait partie du très haut du panier. Mais comme avec toutes les sitcoms, c’est sur la durée que Baby Daddy doit prouver son intérêt. En tous cas, moi, je lui souhaite bonne chance.

Ah là là, on s’est bien étripé chez les Borgias cette année ! Coucheries, manipulations, trahisons, meurtres, complots politiques et grosses batailles rangées font toujours le charme de cette série historique dans la droite lignée des Tudors (il s’agit d’ailleurs de quasiment la même équipe aux manettes, à l’exception notable du showrunner.) Si Jérémy Irons se montre toujours autant en demi teinte dans le rôle du pape Rodrigo Borgia, la petite Holliday Grainger s’affirme nettement en Lucrecia (nul doute qu’elle va faire tourner les têtes après la série), tout comme François Arnaud (Cesare), un petit québécois (un autre donc !) qui fait son bout de chemin. Mais la palme revient indubitablement à l’excellent Michel Muller, terrifiant et dégueulasse Charles VIII absolument génial. Au niveau du scénario et de la réalisation, la série reste dans la droite lignée des bases posées l’année dernière – ce n’est donc pas forcément exceptionnel mais le tout reste d’un bon niveau. Bref, les amoureux de programmes historiques pourront se régaler, ainsi que tous ceux qui apprécient les histoires de quête du pouvoir.

Final Score : 4/5

Honnête jusqu’au bout des ongles, The Borgias ne révolutionnera pas la télé mais offre un programme suffisamment de qualité pour enchanter tous ceux qui se laisseront embarquer par cette famille franchement particulière !

S’il y en a qui ont secoué l’Amérique dans le paysage audiovisuel ces derniers temps, c’est bien les filles de Girls, et notamment Lena Dunham, nouvelle it-girl du scénario qui vole ainsi la place de Diablo Cody. En France, les critiques sur la série sont pour l’instant plus mitigée. Pourquoi ? Il me semble que tout est une question de cible. Si, en France, on cherche à produire des programmes qui parlent au plus grand nombre, qui peuvent rassembler un maximum de personnes, les américains, eux, misent depuis longtemps sur une segmentation du public et cherchent à toucher en priorité une certaine cible. Girls en est, à mon avis, une figure exemplaire : si la plupart des filles de vingt à trente ans que je connais se sont senties immédiatement touchées par la série, les garçons restent plus dubitatif, tout comme les tranches d’âge supérieures qui ne semblent pas se reconnaître dans la série. Il faut dire que si les quatre héroïnes principales sont plutôt bien conçues et réfléchies, les personnages secondaires – en particulier les garçons – sont franchement taillés à la serpe et ont bien du mal à sortir des stéréotypes dans lesquels Lena Dunham semble les ranger (le gay, l’artiste incompris, le bouffon de service, le gentil garçon en crise bad guy.) Les scénarios eux-mêmes regorgent de trouvailles, de scènes franchement réussies, de dialogues percutants, mais le tout ne s’inscrit quasiment jamais dans une quelconque dramaturgie ce qui, certes, donne une impression de réalisme, mais laisse sur le bord de la route toutes celles et ceux qui ne se font pas uniquement embarquer par les personnages. Soyons clair malgré tout : Girls reste une très bonne série, magnifiée par une réalisation et une mise en scène quasiment toujours parfaite. Pour sa cible, elle sera immanquable, pour les autres elle nécessitera certainement plus d’effort pour aller jusqu’au bout.

Final Score : 5/5 pour la cible (les filles de 18 à 35 ans je pense !), 3.5/5 pour les autres.

Girls est, à mon sens, un pur produit de cible qui atteint totalement ses objectifs, toucher les jeunes femmes. Mais sa protagoniste principale plutôt insupportable et ses scénarios mou de la structure viendront sabrer le bonheur des autres. Tout est là, à mon sens : êtes-vous touché par le personnage de Lena Dunham ? Si oui, vous serez conquis, sinon il vous restera quand même une série magnifiquement réalisée et quelques scènes de comédie absolument jouissive.

La question n’est plus de savoir si le “remake” est aussi bon que l’originale danoise : cette version US de The Killing se pose comme étant – de loin – la meilleure série de cette année. Cette deuxième saison, qui creuse plus en avant dans les complexités politiques de la ville, garde toutes les qualités de la première, à savoir une réalisation irréprochable, des acteurs excellents, et surtout des personnages terriblement attachants et complexes qui font tout le sel de la série. Car si la découverte du meurtrier de Rosie Larsen reste la question centrale, c’est bien la trajectoire des différents protagonistes qui est véritablement hypnotique. Ainsi, même lorsque les scénaristes se permettent une sortie de route d’un épisode pendant lequel l’enquête n’avance absolument pas, on ne se sent pas du tout lésé car l’évolution des personnages, elle, est bien réelle. Plus une plongée dans l’âme humaine qu’une spectaculaire enquête policière, The Killing pose sans cesse la question non pas du meutrier mais bien de notre potentiel au mal, de la capacité de chacun à tomber dans les pires travers. Et s’offre, dans le tour de force final, une extatique réponse qui fait froid dans le dos.

Final Score : 5/5, voir un peu plus.

Absolument implacable, cette deuxième saison de The Killing fait de la série un évènement immanquable, avec une étude de personnages la plus riche vue depuis fort longtemps. Sachant toujours rester simple et accessible, le show prend le risque de ne pas chercher l’innovation ou la différence et s’appuie simplement sur des scénarios excellemment construits, une mise en scène et des comédiens formidables. Alors qu’on ne sait toujours pas si AMC va commander une troisième saison, on peut se tourner vers la version danoise dont la deuxième saison proposait une nouvelle enquête, alors que la troisième – elle aussi sur une autre affaire – va bientôt démarrer. Et si vous n’avez pas encore vu l’incroyable voyage de Murielle Enos et Joel Kinnaman, je vous laisse tranquille pour 26 épisodes qui risquent de vous marquer pour longtemps.

Allez, à la semaine prochaine, avec le retour très attendu de la série la plus AWKWARDDDD….

Pour le coup, cette quarantième semaine de la saison 2011/2012 marque vraiment l’entrée dans les programmes estivaux. On dit donc encore au-revoir à quelques séries, mais on en accueille de nouvelles, on en retrouve d’autres, et on vit même l’incroyable résurrection d’un univers impitoyable. Une bien belle semaine en perspective !

Du côté des news rapidos, on sait que cette semaine va faire de la peine à beaucoup d’entre vous puisqu’elle signe la fin de la cinquième saison de Mad Men. Pas vu, pas pris, j’essaierai peut-être de la rattraper au cours de l’été vu les louanges que tout mon entourage ne cesse d’allouer à la série. Du côté de chez HBO on en profite pour ressortir le gros canon qu’est Alan Ball avec la cinquième saison de True Blood dont tout le monde espère qu’elle sera bien meilleure que la précédente, apparemment catastrophique. Je me suis remis à cette série qui ne m’avait jamais vraiment enthousiasmé et je dois avouer… que je n’ai pas encore vraiment changé d’avis. La fin de la première saison est franchement mauvaise, le début de la deuxième peu convaincant. On verra bien. ABC Family nous propose de retrouver les ados de The Secret Life of the American Teenager pour une cinquième saison (décidément), alors que la quatrième s’est achevée… la semaine dernière ! Merci pour l’offre, mais franchement on s’en passera… Pour retrouver le sourire on se tournera donc chez USA avec la sixième saison de Burn Notice, série d’espionnage apparemment bas de plafond mais en réalité absolument jouissive, ainsi que la très remarquable Suits, legal show intelligent et original… et fier de l’être.

On ouvre les adieux avec la fin de la première fournée d’épisodes de Veep, dont HBO a d’ores-et-déjà commandé une deuxième saison. Comédie satyrique sur le monde de la politique, filmé selon les codes du cinéma-vérité, Veep conte les mésaventures de Sélina Meyer, la vice présidente des Etats-Unis. Pour vous la faire courte, la série est dirigée par Armando Lanucci qui a déjà produit le même genre de programme en Angleterre, avec énormément de succès. Du coup, j’avais bien envie de voir pourquoi le sieur était autant encensé… mais pour tout vous dire, je ne comprends pas. Je ne comprends pas la série, je ne comprends pas les personnages, je ne comprends pas si tout ceci est comique ou désespérant (la série flirte en permanence entre un mode comédie et un mode sérieux). J’ai essayé, j’ai tout regardé, mais même à la fin du huitième épisode je me suis encore senti totalement en dehors du show. Comme s’il était réservé à une sorte d’élite de la satyre politique qui aurait oublié de nous inviter dans leur monde. Dommage, il y a là un énorme potentiel, et des comédiens (Julia Louis-Freyfus en tête) absolument fabuleux.

Final Score : 2/5

En nous laissant à la porte, en ne nous emmenant pas avec ses personnages, Veep manque totalement le coche malgré de nombreuses qualités. On reste devant le show comme deux ronds de flanc, à ne pas comprendre ce qu’on nous a raconté. Dommage – mais peut-être que c’est juste le genre de série auquel je n’accroche pas !

Elle nous a aussi dit au-revoir (et attend encore de savoir si elle reviendra nous voir l’année prochaine), c’est la sympathique Sarah Shahi, aka Kate Reed de Fairly Legal. Pour sa deuxième saison, la série ne change pas une formule gagnante, à savoir du legal show (quasiment) sans avocat en passant par le prisme d’une médiateur qui essaie d’arranger les choses pour que tout le monde soit content. Si les intrigues bouclées dans chaque épisode sont l’occasion de nombreux moments de bravoure et de sympathiques piques de comédie, c’est bien le feuilletonnant, qui développe d’avantage des personnages autrefois un peu artificiels, qui fait toute la saveur du show. En refusant de traiter avec facilité la tumultueuse vie amoureuse de l’héroïne qui a bien du mal à savoir ce qu’elle veut, la série trouve un souffle romantique de qualité, quelque chose qu’on n’avait pas vu depuis un sacré moment. Dommage, cependant, que le personnage de Léo (pourtant le plus réussi) passe quelque peu à la trappe, et que la réalisation peine encore à se trouver une identité.

Final Score : 3.5/5

Sans doute l’un des legal shows les plus sympathiques du moment, Fairly Legal brille par sa simplicité d’exécution, sa finesse dans le traitement des histoires d’amour et le dynamisme de son actrice principale. Reste un show qui ne changera pas la face de la terre et qui s’assume en tant que sympathique petit divertissement.

Dernier départ de la semaine, le dessin animé qui va réveiller l’enfant qui est en vous (enfin si vous êtes né au début des années 80), la version 2011 des Thundercats (ou les Cosmocats chez nous). L’occasion trop belle de retrouver Lion-O (Starlion), Snarf, Tygra, Panthro, Cheetara (Felibelle) dans leur lutte contre le terrible Mumm-Ra, sorte de momie bien dégueulasse qui a du en faire cauchemarder plus d’un !  On sent les créateurs très inspiré par le modèle japonais, et ils n’hésitent pas à créer une grande aventure feuilletonnante sur 25 épisodes qui se conclue de façon magistrale avec une ultime pirouette qu’on aurait bien eu du mal à voir venir. Convaincant dans le fond comme dans la forme (l’animation est tout à fait à la hauteur), ce reboot de la franchise ravira forcément les grands enfants, les ados, et tous ceux qui ont encore l’âme à crier THUNDER-OOO !!!

Final Score : 4.5/5

C’est franchement une belle réussite que nous propose Cartoon Network avec ce reboot des Thundercats. Et peu importe que tout cela serve un plan mercantile pour vendre des jouets, la série est faite avec un amour certain et une volonté affichée de ne pas décevoir le public. En tout cas, moi, je suis conquis.

Chez ABC Family aussi on sort les gros canons pour fidéliser son public d’été. Avec Amy Sherman-Palladino (la créatrice de Gilmore Girls, série pour ado ayant marquée la critique américaine) aux manettes, Bunheads s’offre un déluge de bons commentaires de la part de la presse spécialisée… américaine. Car il faut bien avouer que, si on reconnait la qualité des dialogues et un ton assez surprenant, l’histoire de cette ancienne ballerine, reconvertie en showgirl à Las Vegas, qui plaque tout pour épouser un homme (qu’elle n’aime pas) et se retrouver dans une petite ville où elle va apprendre le ballet à des jeunes filles avec sa belle-mère, cette histoire donc n’est pas franchement fascinante et risque de déboucher rapidement sur des situations vue mille fois et un feuilletonnant des plus ridicules. Et puis il ne faut pas oublier cette réalisation désuète (on sent qu’on est chez ABC Family et que les moyens sont très restreints) et ces comédiens peu convaincants, qui en font des caisses pour montrer l’ampleur de leur registre d’émotions. Bref, malgré quelques répliques bien senties et, il est vrai, une manière d’aborder les relations sentimentales plutôt juste, honnête et originale, Bunheads ressemble à un radeau perdu en pleine mer qui ne sait définitivement pas où aller pour s’en sortir.

Chez Disney XD, la version plus âgée de Disney Channel, on nous propose une sympathique petite nouveauté avec Gravity Falls, dessin animé ultra dynamique sur deux gamins envoyés chez leur oncle étrange par leurs parents. Ils se retrouvent donc dans la fameuse ville de Gravity Falls où le garçon ne tarde pas à découvrir un vieux journal lui révélant que la région est envahie de créatures étranges, tandis que sa soeur cherche désespérément l’amour dans les bras de tous les garçons qui passent à ses côtés ! Très drôle, très pêchu et doté d’un mini feuilletonnant dont on attend de voir où il va nous mener après ce pilote, ce dessin animé au look très marqué (comme toutes les créations originales de la chaîne) s’avère pour l’instant une vraie petite réussite, un pur petit moment de bonheur absolument hilarant !

C’est du côté de l’Angleterre et de la chaîne BBC 3 que nous vient le programme le plus décalé de la semaine avec Dead Boss, sitcom limite cartoon dans laquelle une femme se retrouve en prison, accusée du meurtre de son patron, crime qu’elle n’a bien entendu pas commis. Au delà de l’enquête pour trouver le réel coupable, qui ne semble pas plus que ça intéresser les auteurs, c’est bien la galerie de personnages loufoques mis en scène qui est le point fort de ce show déjanté dans lequel les situations improbables ne cessent de se succéder. On pourrait craindre que la série ne tombe dans un absurde lassant, mais au terme de ses deux premiers épisodes elle réussit à poser les bases d’un univers malgré tout cohérent et irrésistiblement drôle. Très, très, très anglais mais ceux qui apprécient ce genre d’humour devrait instantanément tomber sous le charme (d’autant plus que c’est l’occasion de retrouver l’incroyable Jennifer Saunders en directrice de prison absolument impayable)…

On terminera sur la série qui a fait le plus couler d’encre, cette semaine, aux Etats-Unis comme en France : je parle bien entendu du retour de Dallas, car ce n’est ni un reboot, ni un remake, mais bel et bien une suite vingt-et-un an plus tard (si on fait abstraction des deux téléfilms de la fin des années 90.) Avec plus de six millions de spectateurs au compteur, le show est une réussite en terme d’audience, mais tout cela est-il bien justifié ? Et bien la réponse est un OUI franc et massif tant les deux épisodes qui ont été diffusés m’ont enchanté. Cynthia Cidre, nouvelle show-runner du programme, connait clairement toutes les ficelles du prime-time soap et sait ménager des retournements de situations et des surprises qui, même lorsqu’ils ne sont pas crédibles, sont tellement jouissifs qu’on les accepte quand même. Et puis Dallas 2012, c’est aussi la revanche des vieux, c’est le troisième âge qui fait de la résistance et prouve qu’on peut s’intéresser à des papis croulants quand ils ont la gueule de Larry Hagman (incroyable JR), de Patrick Duffy (fatigué, mais heureux de retrouver la bonne conscience de Bobby) ou encore de Linda Grey sorte de version plastifiée de Sue Ellen. C’est fun, drôle, plutôt bien réalisé, ça ne se prend pas au sérieux, bref c’est ce qu’on peut faire de mieux en prime-time soap. Après, si vous n’aimez pas le genre…

C’est tout – et c’est déjà pas mal ! – pour cette semaine, on se retrouve lundi prochain pour, entre autre, résoudre le mystère de la mort de Rosie Larson !

Comme vous avez pu le constater, le site a été un peu mis en pause pendant plusieurs semaines… Mais le voici de retour avec la suite des “bilans de la semaine” qui vont devenir assez particulier puisqu’on atteint la fin de la saison 2011/2012. Du coup, plein de séries tirent leurs révérences pendant que d’autres – nettement moins nombreuses – viennent s’installer pour l’été. Alors que fallait-il voir cette année et que faudra-t-il regarder cet été ? La réponse commence déjà ici…

Et autant commencer par du lourd, du massif, du potentiellement très excitant  : ces deux dernières semaines, HBO a commencé à diffuser deux nouvelles séries d’une demi-heure, plus ou moins sur le ton de la comédie. La première, Girls, s’intéresse comme son nom le laisse suggérer à un groupe de quatre sympathiques jeunes filles en pleine fleur de l’âge. Elles terminent leurs études ou commencent à travailler, ont des problèmes d’argent, des problèmes d’image, et surtout des problèmes de cul. Produit par Judd Apatow, on pouvait craindre de sentir un peu trop sa “marque” mais il semblerait que la (très) jeune Lena Dunham, scénariste, réalisatrice, productrice et même actrice (elle incarne le premier rôle) soit suffisamment maline pour arriver à ses fins sans que personne ne vienne trop s’interposer dans son petit monde. Alors comme d’habitude, on peut reconnaître à HBO cette grande capacité à faire confiance à des créateurs et à leur confier les pleins pouvoirs. Mais comme d’habitude, le résultat reste assez mitigé : si l’univers proposé par Lena Dunham est potentiellement intéressant, il aurait énormément gagné à être moins nombriliste et fait craindre que l’ego apparemment sur-dimensionné de miss Dunham ne vienne saborder son généreux travail. En clair, la série a du potentiel mais elle a encore beaucoup de choses à prouver.

L’autre série proposée par HBO nous fait retrouver l’excellente Julia Louis-Dreyfus dans Veep, un programme aux origines fort compliquées… Imaginez un scénariste écossais (qui fait aussi comédien et plein d’autres trucs, mais bon je vous la fait courte) qui lance une série en Angleterre sur les coulisses du gouvernement. Ca s’appelle The Thick of It, et c’est un énorme carton (au point qu’il existe un spin-off… en film !) Du coup, ça intéresse les américains qui achètent les droits, confient le tout au créateur de Arrested Development, et commandent un pilote… tellement horrible que tout le monde s’en éloigne et qu’il n’est pas choisi par la chaîne. Cinq ans plus tard, voici Veep, sur les coulisses de la politique américaine (le personnage de Julia Louis-Dreyfus est vice président), filmé de la même manière et avec le même ton dans les dialogues. Sauf que, apparemment, personne n’a pensé que les trois quarts du public n’aurait jamais vu The Thick of It, ne serait pas habitué au jargon politique, ne comprendrait pas les ressorts d’une telle administration et se retrouverait du coup complètement largué par l’histoire de ce premier épisode. L’humour (dans les rares moments où on peut le comprendre) ne fonctionne pas et le tout s’effondre tel un château de sable en Bretagne. La suite risque d’être très dure à regarder, mais promis on va faire un effort…

Ca ressemble à du Grey’s Anatomy, mais ça se passe chez les flics : là, vous vous dites que vous connaissez, que ça s’appelle Rookie Blue et que vous regardez déjà ça pendant l’été parce que franchement, ça fait partie de ce qui est le moins mauvais parmi ce qui est diffusé. Sauf que Rookie Blue est canadien et que Toronto c’est quand même moins bien que New York. Du coup, CBS a pensé à vous et vous propose NYC 22, soit exactement la même chose mais dans la Big Apple. Et puis, ils ont mis le paquet derrière : De Niro à la production (enfin, vous affolez pas quand même, je suppose qu’il a donné son nom au truc mais je le vois pas spécialement faire grand chose !), Adam Goldberg et Leelee Sobiesky au casting, et des surnoms sympas à chacun des membres de l’équipe. Bref, on est en plein terrain connu, mais ça marche toujours aussi bien. A surveiller si, sur le long terme, la série peut trouver son petit truc en plus qui la fera durer.

A notre grand malheur, Raising Hope fait partie des premières séries à se faire la malle cette année pour partir en vacance. Que dire de plus sur cette sitcom fort sympathique, quoi qu’un peu répétitive dans son schéma narratif, si ce n’est qu’elle continue à nous faire rire et nous a offert une très belle saison ? La seule vraie grosse déception concerne le dernier épisode qui aurait pu rompre avec tous les codes de la série mais remet en place le statut quo par une entourloupe des plus faciles.

Final Score : 4/5

Alors oui, Raising Hope n’est pas LA série qu’il ne faut absolument pas manquer, ce n’est même pas une très bonne série, c’est juste dans le haut du panier de ce qui se fait en ce moment en terme de comédie. Très classique mais avec juste la vraie pointe d’irrévérence qu’il faut (et là je tacle directement l’ultra traditionaliste Modern Family) c’est un petit moment de plaisir qui se savoure à raison d’une dose par semaine.

Sarah Michelle Gellar pouvait-elle faire un comeback sans chasser de vampire (quoi que, vous noterez qu’on n’a même plus besoin d’écrire son nom sur les affiches…) ? La réponse est clairement non, du moins pas en jouant deux rôles dans une sorte de soap policier sans queue ni tête à base de magouille financière et de soeurs qui veulent s’entretuer. Si les intrigues à tiroir et les imbroglios dépassant l’entendement vous fascine, alors oui, Ringer est fait pour vous. Mais il faudra outrepasser une réalisation mollasonne (quand elle n’est pas hideuse), des rebondissements aberrants et surtout des acteurs encore plus à la ramasse que le spectateur : on a vraiment l’impression qu’ils ne comprennent rien à l’histoire dans laquelle ils jouent ! La série a été annulée à la fin de sa diffusion – mais cela ne veut pas dire qu’il reste des mystères à résoudre, celui pseudo-balancé dans la toute dernière séquence étant déjà passablement réglé et de toutes façons totalement inintéressant.

Final Score : 2/5

Ringer, une bouse ? On aurait vraiment aimé dire le contraire, supporté le retour de Sarah Michelle, défendre les valeurs savamment cachée au sein d’un programme de bas étage… mais non, définitivement, il n’y a rien à sauver. Vite la CW, repropose nous quelque chose avec Sarah Michelle !

C’est tout pour cette semaine, mais le site revient très bientôt pour faire le point sur cinq autres séries qui partent en vacances !

Pour le retour du site, on étrenne une nouvelle catégorie : le bilan de la semaine. Vous ne le savez sans doute pas, mais on en était la semaine dernière – selon nos comptes – à la vingt-troisième de cette fabuleuse saison 2011 / 2012. Entre coup de gueule et coup de coeur, entre mortel ennui et réelle surprise, entre déception et réjouissance, le bilan de la semaine reviendra (presque) chaque lundi matin vous raconter ce qu’il fallait voir mais aussi et surtout ce qui nous a franchement blessé les yeux !

Dimanche soir, ça fait toujours un peu mal de le dire ici, mais c’était bien sur HBO qu’il fallait se connecter. Avec son troisième épisode, la série hippique Luck décolle et arrive enfin à nous prendre véritablement aux tripes. On était déjà convaincu par sa réalisation solide – quoi que parfois un peu lourde – signée Michael Mann, ainsi que par ses comédiens, on attendait juste que les scénaristes arrivent à nous faire passer un peu d’émotion. C’est chose faite avec une séquence des plus touchantes dans laquelle un groupe de quatre pauvres gars digne du pire PMU en bas de chez vous fondent littéralement devant le cheval qu’ils viennent d’acheter. Vous aussi vous aurez bien du mal à retenir votre petite larme.

Le PMU, c'est avant tout tendre la main vers l'autre.

Lundi, c’était au tour des scénaristes de House d’essayer de nous en mettre plein la vue. Après un épisode typique de milieu de saison pour la série, c’est à dire avec une construction déstructurée et une fausse pression pour nous faire croire que cette fois tout va changer ; l’épisode du jour s’intéresse à Chase et adopte carrément son point de vue pendant quarante-deux minutes. Les auteurs ont-ils encore quelque chose à dire sur un personnage qu’ils ont créé il y a huit ans ? La réponse est oui et du coup, si vous avez fini par abandonner cette série, on ne saurait trop vous recommander de mater ces deux épisodes (saison 8, épisodes 12 et 13) qui vous suffiront pour vous remettre à jour !

Et merde, moi aussi va falloir que je passe des auditions si je veux trouver un rôle dans une autre série pour l'année prochaine...

Heureusement, pour nous détendre, on avait droit au deuxième épisode de Glee pour les adultes, autrement appelé Smash, délicieuse guimauve sur le monde impitoyable de Broadway où toute une équipe tente de monter une comédie musicale autour de la vie de Marylin Monroe. On rigole beaucoup de la série (mais pas beaucoup avec elle), notamment quand on découvre l’exceptionnelle méthode des auteurs (dans la série) qui structurent à peine l’histoire de leur musical alors que les comédiens sont déjà en train de répéter les dialogues.

No, not here, you idiot ! We allready wrote that shit, anyway.

Mardi on pouvait assister à la triste et lente mort de l’original, c’est à dire Glee. J’ai un peu l’impression que les scénaristes se sont rendus compte qu’ils détestaient tous leurs personnages (à l’exception notable de Santana, allez savoir pourquoi) et ils s’amusent donc à les rendre insupportables. C’est bien simple, on a envie de les abattre – vivement l’épisode Colombine qu’on en finisse…

Dwight saurait nous expliquer comment tous les abattre avec une seule balle.

Heureusement, on respire chez la concurrence grâce à The River, deuxième série horrifique de l’année après l’étonnante  American Horror Story. Avec son approche mockumentary très utilisée ces derniers temps dans le genre au cinéma, on aurait pu craindre le pire : que les histoires ne nous étonnent pas. Et bien, très franchement, quand on le regarde tard dans la nuit, dans une pièce bien sombre, et qu’on a décidé de jouer le jeu, il faut avouer que ça peut bien foutre la pétoche.

Vous ne vous trompez pas : il y a bien des messieurs tout nus dans la rivière.

Mercredi, c’était fatidique, mais Revenge atteint sa fin programmée, en arrivant au fameux flash forward présenté au tout début de la série. Mais que vont faire les auteurs maintenant ?

Non, franchement, Daniel, te force pas à te réveiller, t'es très bien comme ça, la gueule dans le sable.

Jeudi, c’était fatidique, mais The Firm atteint sa fin programmée, en arrivant au fameux flash forward présenté au tout début de la série. Mais que vont faire les auteurs maintenant ? (oui, c’est la saison qui veut ça…)

Et ben voilà, on est tout fort dépourvu quand le feuilletonnant tombe à l'eau.

Enfin, vendredi, c’est bien entendu Spartacus qui choquait l’amérique en remettant au goût du jour le débat sur la parité homme / femme. Toujours aussi revendicatrice et en avance sur son temps, la série de gladiateurs aux attributs bien fournis ose affirmer que la parité, pendant la Rome antique, c’est avant tout le fait pour chaque femme d’avoir le droit de se battre aux côtés de son homme. Et il faut voir la copine de Spartacus se jeter en hurlant sur les romains, le petit couteau bien affûté dans les mains, qu’elle s’amuse ensuite à planter une bonne dizaine de fois dans le cors du fameux romain et à faire tout plein d’éclaboussures virtuelles sur la caméra. Bref, vous l’aurez compris, on en redemande !

Je sais pas vous, mais moi c'est pas forcément le couple avec qui je partirai en week-end.

Allez, à la semaine prochaine !

Ok, on a souvent dit du mal de HBO dans ces colonnes, parfois excessivement, mais rarement à tort. La chaîne a toujours eut, selon nous, un vrai problème dans sa manière de porter les projets en laissant trop de liberté à ses créateurs, ou plutôt en ne les aidant pas à prendre de la distance sur leurs séries. Ainsi la complexité absurde d’un Boardwalk Empire, ou l’absence totale de dramatisation dans la première saison de Bored to Death (qui a su par la suite passer le cap et assumer son côté cartoon outrancier). Aujourd’hui, la question se pose à nouveau à propos de la nouvelle série Enlightened dont le pilote, il faut bien l’avouer, nous a méchamment fait froid dans le dos.

Série créée par Laura Dern (qui s’offre aussi le premier rôle – quand on vous dit qu’il ne faut pas laisser les acteurs s’écrire leur propre rôle !) et Mike White (scénariste et producteur sur Dawson’s Creek et Freaks and Geeks), Enligthened raconte l’histoire d’Amy Jellicoe, qui fait un mémorable pétage de plomb devant toute sa boite offrant ainsi une première séquence relativement jouissive. Amy part alors faire une sorte de séminaire new age assez étrange à Hawaii pour apprendre à gérer son stress et se reprendre en main. Le montage elliptique présentant des images de nature et volupté, ainsi que la voix off dont on ne peut que ressentir l’absence de second degrés commencent à vous faire vous poser des questions…

Ensuite, Amy retourne à L.A. où elle va s’arranger pour récupérer son boulot. Ah ! ça y est on voit enfin venir le concept de la série : Amy est super positive et se prête à merveille comme premier rôle pour une comédie sur le cynisme de l’entreprise. Sauf que non, pas tout à fait. Car Enlightened est loin d’être juste une comédie mais commence peu à peu à se dessiner comme un show sur une transformation psychologique par les bienfaits d’une méthode new age dont on pressent que les auteurs veulent nous faire partager l’amour qu’ils lui portent.

Le pilote se termine sur un passage absolument ahurissant, avec une voix off digne des pires speech des prédicateurs modernes qui hantent les écrans de télé US tard dans la nuit. Le préchi-précha n’est pas méchant (il appelle à se retourner vers sa paix intérieur, à trouve un accord avec sa propre nature) mais il fait furieusement penser à une sorte de première session de rencontre pour rentrer dans une secte. Je ne connais pas assez les préceptes de la scientologie pour savoir si il y aurait un quelconque rapport, et je me garderai bien d’affirmer qu’il y a un quelconque lien entre la fameuse église et le nouveau show de HBO, mais je dois avouer avoir ressenti un vrai gros malaise face à ce Enlightened franchement dérangeant.

On entame la dernière semaine de ce bilan série de l’année : et oui, faut bien que ça s’arrête un jour. Avant d’avoir le bilan du bilan (!) ce dimanche, on va parler aujourd’hui d’un type de série un peu spécial : celles qu’on a commencé à regarder et qu’on a abandonné en cours de route. Oui, je sais, ça se fait pas de critiquer un show dont on n’a pas vu tous les épisodes, mais que voulez-vous, parfois la vie est vraiment trop difficile…

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le gros morceau de l’année pour HBO, c’était définitivement ce Boardwalk Empire, (parfois réalisé et) produit par Martin Scorsese et l’habitué du network Mark Wahlberg. Budget considérable (50 millions de dollars pour le pilote!), casting attrayant (Michael Pitt ET Steve Buscemi ça envoie forcément), univers absolument passionnant (l’amérique de la prohibition) : il y a tout pour passer un moment inoubliable. En un sens, c’est un peu le cas…

Un des soucis de HBO, c’est qu’à force de vouloir laisser les pleins pouvoirs aux créatifs, elle en oublie qu’ils ont parfois besoin d’un retour extérieur pour savoir quand ils sont complètement en train de se planter. Ce n’est pas de la censure, encore moins une histoire de saborder la créativité de ces illustres artistes, mais bel et bien une entraide nécessaire pour que les projets atteignent leur plein potentiel.

Et c’est exactement ce qui s’est passé avec Boardwalk Empire. Si on ne peut nier son plaisir d’en prendre plein la vue grâce à une réalisation et une production value d’exception et si les acteurs sont tous plus splendides les uns que les autres, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression de voir un groupe d’élite s’amuser avec un super beau joujou – jeu duquel nous serions totalement oublié. Car scénaristiquement, Boardwalk Empire est une vraie purge dont l’histoire a été tellement triturée pour la complexifier que seul la bande à Scorsese peut vraiment y comprendre quelque chose.

Multiplication des personnages à la psychologie tellement complexe qu’on ne peut jamais les comprendre, multiplication des intrigues à un tel point qu’on en oublie totalement certaines, multiplication aussi des points de vue qui au final produit l’effet de ne jamais comprendre ce qu’on veut nous raconter, Boardwalk Empire veut trop en faire et se vautre lamentablement dans sa propre futilité à courir derrière le prix de la série la plus intelligente du siècle.

On peut, bien entendu, s’amuser à regarder le plus sérieusement du monde le show de Scorsese en faisant des pauses régulièrement et en se repassant certaines scènes pour être sûr d’avoir tout compris – mais il s’agit alors d’un pur jeu d’esprit qui devrait plaire (sans doute uniquement) à des scénaristes en mal de structure affreusement complexe. Mais  dans la majorité des cas, on se contentera d’avouer qu’on ne comprend quasiment rien et que, malgré la grande qualité visuelle de la série, on se fait chier comme en sixième pendant un cours de science naturelle.

Final Score : 2/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Oui, Boardwalk Empire est beau, oui il est intelligent, mais non il n’est pas du tout agréable à regarder. Ou alors comme un tableau animé, un truc à diffuser sur un écran pendant une soirée. Suivre autant d’intrigues et de personnages (que l’on ne vous aide jamais à comprendre et auquel on empêche toute identification) est possible mais assuré de vous foutre un mal de crane comme pas permis. Un fourre-tout trop complexe qui aurait bien mérité qu’une personne compétente de chez HBO vienne donner un vrai retour sur ses scénarios.

Très légèrement inspirée par le film The Incredibles (Les Indestructibles), No Ordinary Family partait de l’idée malicieuse de mélanger une histoire de super héros avec un programme familial. Du coup, nous voici face à la famille Powell qui, suite à un terrible accident, se met à développer des super pouvoirs. Très attirante sur le papier, et du coup très attendue par les critiques, No Ordinary Family sera finalement un assez gros échec en terme d’audience et finira remisée au placard à la fin de sa première saison.

Ce n’est pas faute d’avoir mis les moyens : Michael Chiklis (le Vic Mackey de The Shield) dans le premier rôle, un budget plutôt conséquent pour assurer des effets spéciaux (pour les pouvoirs) qui ne fassent pas tarte à la crème, et une réalisation somme toute très honnête. Alors où est-ce que le show s’est cassé la gueule ? Et bien, à mon avis, sur le fait qu’il n’ait pris absolument aucun risque.

Je m’explique : si je vous dis une famille avec des super pouvoirs, essayez d’imaginer toutes les premières idées de scénario que vous pourriez avoir. Un gamin un peu bête qui deviendrait super intelligent. Un couple en perte de vitesse qui se retrouve grâce à leur pouvoir. Un sidekick rigolo pour le papa qui, disons mènerait des enquêtes. Ah, et le clou du spectacle, le super méchant qui serait à l’origine de leurs pouvoirs serait en fait quelqu’un d’assez proche… comme le patron de la maman qui serait une scientifique. Ok, vous voilà avec un joli pot d’idées – et les auteurs sont arrivés exactement avec les mêmes. Sympathique ? Pas tant que ça finalement, vu qu’on se retrouve avec aucune surprise, qu’on nage en terrain ultra connu et que du coup… ben on se fait un peu chier.

Dommage, car les scénarios en eux-mêmes sont bourrés d’humour et proposent des histoires qui tiennent plutôt bien la route. Mais on finit très vite par ne plus voir que la structure bourrée de grosses ficelles, d’imaginer à l’avance comment le feuilletonnant va avancer, et cette famille si sympathique au départ nous devient soudain terriblement artificielle. On commence alors à manquer un épisode, à se dire qu’on le verra plus tard, puis on oublie et quand la série est finalement annulée on se dit qu’après tout on a plein d’autres programmes beaucoup plus intéressants à regarder (comme finir Supernatural !)

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Sur une bonne idée, les auteurs n’ont jamais réussi à tisser quoi que ce soit d’un peu original, n’ont jamais réussi à nous surprendre. Du coup, passé la surprise de départ et l’humour général qui fait quand même vraiment sourire, on finit par se dire qu’on a vraiment trop un train d’avance pour encore s’amuser. Et No Ordinary Family devient une série terriblement ordinaire… et totalement oubliable.

Vu le succès des sitcoms du mercredi sur ABC, tout le monde se jette dans la marre et essaie de renouer avec le succès du vingt-six minutes comédie. Sur la FOX, exit le public pour deux programmes en “single camera.” Pour ce Running Wilde, la chaîne fait confiance à un trio ayant déjà fait ses preuves sur Arrested Development. Leur esprit décalé et leur humour franchement délicieux se retrouve-t-il dans cette nouvelle production ?

Je dois avouer que j’étais conquis dés le départ par le casting : Will Arnett m’a toujours fait rire et Keri Russell m’a bien manqué depuis ses débuts dans Felicity. Du coup, l’idée de retrouvailles entre un millionnaire égocentrique et son amour de jeunesse écolo (au point d’aller vivre en amazonie pour sauver des villages) n’a cessé de me titiller et j’attendais la série avec impatience.

Et ce fut, dans l’ensemble, une sacré bonne surprise. Les intrigues se permettent des dérapages franchement délirant (c’est l’avantage d’avoir parmi les personnages principaux deux millionnaires totalement excentriques et en compétition sur tout), les personnages sont des archétypes poussés dans leurs retranchements pour nous faire encore plus rire, et il faut bien avouer que la réalisation et la production value s’avère tout à fait à la hauteur.

Malheureusement, la sauce n’a pas pris avec le public américain. Trop décalée, jamais réaliste, la série n’avait pas vraiment de quoi convaincre le public de la FOX en attente du retour d’American Idol. Du coup, le network a mis la série en hiatus puis diffusé n’importe comment et le plus rapidement possible les épisodes restant. Devenue un vrai calvaire à suivre, on attendra plutôt que cette Running Wilde sorte en coffret pour la regarder dans de bonnes conditions.

Final Score : 4/5, série annulée en cours de première saison.
Très drôle mais aussi particulièrement décalée et absolument pas réaliste, Running Wilde ne plaira pas à tout le monde. Mais si Arrested Development vous avait amusé et si vous voulez retrouver un peu de son esprit décalé, n’hésitez pas à y jeter un oeil… quand la série sera disponible en coffret la rendant enfin facile à regarder !

Décriée dés son annonce, puis très attendue après la présentation de son pilote, franchement surprenante tout au long de ses premiers épisodes, enthousiasmante presque, et finalement décevante sur la fin, cette ré-imagination de la classique série des années 80, aura eu un étrange parcours pour sa première saison. On attendait un peu la seconde au tournant et autant vous dire que ça ne s’est pas pas vraiment bien passé.

On pourrait même parler de catastrophe scénaristique. Alors que la première saison (du moins au début) se présentait comme une réflexion très intéressante sur le terrorisme (et un peu la résistance française) – en posant ses personnages comme des terroristes aux yeux du public mais le dernier espoir de l’humanité en réalité – la série plonge dans le préchi-précha de la science-fiction la plus basique en basculant sur le côté “on est des lézards, on a le sang froid et on ne ressent pas d’émotions.” Alors forcément, la suite logique des choses veut qu’un lézard prouve qu’au contact des humains, vous savez ces êtres si imparfaits mais capable de s’émouvoir et d’aimer (oh god, la crise d’originalité), il peut changer. Et pis la super vilaine, elle va être perturbée par ses propres sentiments…

Très attendue dans ses scénarios, la série plonge aussi visuellement avec des effets et des décors de plus en plus moches et une réalisation qui ne se donne jamais les moyens de ses ambitions. Show de femmes par excellence, avec un magnifique combat entre la brune et la blonde, V plonge dans la superficialité la plus atroce et finit par traiter ses personnages féminins par dessus la jambe. On s’énerve face à un tel gâchis, puis on finit par s’en foutre et on zappe totalement la série. Comme le public américain.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa deuxième saison.
Débutée très intelligemment, on a cru un moment au miracle et à une ré-imagination de la série mythique qui serait au moins aussi bonne. Malheureusement, les choses n’ont pas tardé à s’aggraver jusqu’à transformer ce V 2009 en show de science-fiction poussif, sans aucune originalité et dépourvu d’intelligence. La plus grosse déception de cette année.