Chers lecteurs,
Après avoir pleuré, il y a quelques jours, de précieux disparus, nous voici à nouveau réunis mais cette fois pour fêter la naissance de plusieurs séries. Certains sont allés chercher dans le grand n’importe quoi pour essayer d’être original, mais d’autres ne se sont pas du tout pris la tête en pondant une pâle copie d’un succès d’une chaîne concurrente, ou tout simplement en faisant un prequel à une série finie depuis bien longtemps. Sans oublier, bien sûr, une petite doublette de nouveaux programmes comiques… qui ne font pas forcément mouche. Alors, toutes ces nouveautés vont-elles enfin nous refaire scotcher dans nos canapés ? Rien n’est moins sûr…
“Mais dites donc, ça marche bien en fait le prime-time soap ?”, demanda le patron de NBC, se réveillant d’un coma télévisuel. Jetant un coup d’œil à Revenge, LA série au succès surprise (et pas franchement mérité) de l’année dernière, il se décida donc à copier le programme. “Vous voulez dire imiter ?” s’étonnèrent ses associés. “Non, non, faites vraiment une copie. Bon camouflez le truc juste suffisamment pour qu’on ne puisse pas nous faire de procès, mettez une belle black à la place de la greluche blonde – on est une chaîne progressiste quand même – et surtout trouvez moi un nom qui claque autant que Revenge !”
Quelques mois plus tard, voilà que déboule sur nos écrans cette boulette boursouflée qu’est Deception, dont le titre fait plus référence au sentiment que vous aurez en terminant le premier épisode (et encore, pour être déçu faudrait-il en avoir attendu quelque chose) qu’à la signification américaine du mot, à savoir ce qui cache ou tord la vérité. C’est donc l’histoire d’une jeune flic bien sous tout rapport qui apprend que son amie d’enfance vient d’être retrouvée morte. Elle se décide à enquêter sur ce terrible meurtre et pour ça elle va devoir s’infiltrer dans la grande et riche famille de la victime. Et comme c’est là qu’elle a grandi, elle se retrouve à mentir à ceux qui furent, un temps, comme son père, ses frères et sœurs, etc. Bref, ceux qui ont vu Revenge peuvent déjà voir les grandes similitudes entre les deux points de départ…
Le problème, c’est que les scénaristes de Deception n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent pour faire avancer l’histoire. Voulant éviter de copier un peu plus Revenge, ils se retrouvent fort embêtés dès lors qu’il s’agit de trouver de nouvelles trames à mettre en place. Une fois le pilote et les conditions de départ de la série posées, la série fait un sacré surplace. C’est bien simple, il ne se passe strictement rien dans le deuxième épisode, à part une amusante partie de tir au fusil de chasse.
Et ce n’est pas la forme qui va récupérer ce fond désespérant. Réalisation pataude, acteurs laissés à l’abandon (et pourtant avec Victor Garber et Tate Donovan, il y a de quoi faire), production value effrayante : Deception est tout autant horrible à regarder que son scénario est affligeant. Passez votre chemin, il n’y a rien à voir ici.
Peut-on vraiment faire revivre Carrie Bradshow autant d’années après la fin de Sex and the City ? Candace Bushnell, l’auteur des livres, y croyait et a conquis l’Amérique avec sa série (de romans) préquel The Carrie Diaries. Il n’en fallait pas plus à Josh Schwartz et Stefanie Savage, tout fraîchement au chômage suite à l’arrêt de Gossip Girl, pour embarquer la scénariste Amy Harris et se remettre au boulot. Tout ce beau monde retrouve donc New York pour s’en aller conter les aventures d’une adolescente… dans les années 80.
Car c’est bien là dessus que le pilote marque des points : la mise en image de cette période peu illustrée à la télévision ou au cinéma en comparaison de la décennie précédente. Pour mieux nous plonger en 1984, toute l’équipe y a mit du sien : des vêtements aux coiffures en passant par la manière de parler ou tout simplement la musique, l’ambiance fonctionne et nous embarque.
Mais là où tout s’écoule c’est au niveau du scénario. Carrie vient d’une petite ville mais fait son “stage” à New York : la voilà séparée entre deux univers et toute la question est de savoir ce qu’elle va prendre ou garder de chacun d’entre eux. Question originalité on pourrait mieux faire… Mais en plus, le rythme est mou, les séquences assez mal construites, et les dialogues trop peu percutants pour provoquer ne serait-ce qu’un sourire. Dans ce joli cocon, on aurait vraiment apprécié de découvrir un beau papillon. On se retrouve face à une vieille chenille malade.
“Mais dites donc, ça marche bien en fait les sitcoms familiales ?”, demanda le patron de NBC, se réveillant d’un coma télévisuel. Jetant un coup d’œil à Modern Family, LA sitcom au succès surprise (et pas franchement mérité) des années précédentes, il se décida donc à copier le programme. “Vous voulez dire imiter ?” s’étonnèrent ses associés. “Non, non, faites vraiment une copie. Bon camouflez le truc juste suffisamment pour qu’on ne puisse pas nous faire de procès, trouvez le moyen de faire une famille encore plus recomposée et moderne – on est une chaîne progressiste quand même – et surtout trouvez moi un nom qui claque autant que Modern Family !”
Oui, chez NBC, cette année, on est un peu en mal d’idées. La chaîne qui a renouvelé la sitcom avec des programmes comme The Office ou 30 Rock (et même Friends, y a déjà un sacré paquet d’années !) a bien du mal à retrouver son statut de network innovant, sachant prendre des risques et les assumer. Voici donc 1600 Penn, énième sitcom sur une famille recomposée, avec tous les personnages classiques comme le petit frère super geek, la grande sœur coincée, le gros marrant ou encore la belle-mère qui n’est pas juste belle mais qui en a aussi dans la tête. Petite variation pour faire passer la pilule, il s’agit tout de même de la famille la plus importante des Etats-Unis, puisque c’est celle du président.
Heureusement, malgré ce manque d’originalité puissant, la série sait mettre en place des situations vraiment drôles et les dialogues s’avèrent régulièrement très drôle. Voilà une sitcom qui sait manier la comédie : c’est peut-être difficile à croire, mais c’est une qualité qui se fait de plus en plus rare ! Alors au final, force est de reconnaître que si vous cherchez une petite série pour vous endormir le dimanche soir, un programme qui ne soit pas du tout prise de tête mais qui vous permette d’oublier que demain c’est lundi, le boulot et tout ça, 1600 Penn est peut-être exactement ce que vous cherchez.
Hey, vous voulez vous faire des ennemis ? Alors sachez que la chaîne Cinemax appartient à HBO et que c’est sur ce (mini) network que va être bientôt diffusée la terrifiante série adaptée des films Le Transporteur. Oui, celle que vous avez pu voir sur M6. Alors, oui, vous pouvez dire à vos amis que HBO, c’est une grande chaîne de série, vu qu’ils coproduisent le Transporteur…
Pourquoi on parle de ça ? Tout simplement parce que le network aux milles récompenses envoie son scénariste chéri, Alan Ball, créateur de Six Feet Under et True Blood, superviser la série Banshee pour le compte de Cinemax. Et franchement, que penser de ce programme allègrement foutraque, qui oscille entre les meilleurs scènes de Tarantino et les plus mauvaises de Besson ?
Le pitch, déjà, est tout à la fois ridicule et fascinant : un ancien arnaqueur décidé à retrouver un pactole, mais aussi et surtout la femme qu’il aime, décide de se faire passer pour le nouveau shérif d’une petite ville contrôlée par le patron d’un abattoir et entourée par une communauté amish. Et à partir de là, autant vous dire que ça part LARGEMENT en sucette. On passe ainsi d’une ambiance à la Twin Peaks ou même à la Justified (avec laquelle la comparaison paraît inévitable tant les personnages principaux se ressemblent) pour passer à de la bonne vieille baston filmée comme dans du Walker Texas Ranger. Maniérée, hautaine, mais aussi résolument branchée et assumant tout avec un aplomb imparable, Banshee n’est ni une bonne ni une mauvaise surprise. C’est un programme curieux dont l’intérêt ne pourra se dessiner que sur la durée. Ou pas.
Fort du succès de The League, série comique dans laquelle il interprète l’un des personnages principaux, le comique Nick Kroll se voit proposer son propre show par Comedy Central (The Kroll Show). Suite de sketchs dans lesquels il se déguise pour interpréter de nombreux personnages, la série fait immédiatement penser à Portlandia. Le problème, c’est que si l’humour assez ras des pâquerettes de Kroll s’accorde plutôt bien à l’ambiance décalée et outrancière de The League, il passe déjà beaucoup moins quand il n’y a rien d’autre pour l’accompagner. Dans le pilote, Kroll s’en prend à la téléréalité mais ne fait qu’une copie de ce genre de programme, et invite tous ses potes comiques pour se moquer de Sex and the City – il y a des cibles plus évidentes et plus d’actualité à attaquer, non ? Seul point fort : sa parodie des teenage shows canadiens reconnus pour traiter de tous les sujets de manière plutôt frontale. Il invente donc Ontario Wheels une série où un adolescent se retrouve le seul valide dans une école de personnes en chaise roulante. Une édifiante partie de curling avec les chaises roulantes à la place des palets vous décrochera forcément un sourire…
Rendez vous très bientôt pour parler d’une autre fournée de nouvelles séries !























































