Tag Archive: Hello Ladies


Et oui, cette semaine plusieurs “vieilles” séries se sont fait la malle et ont prouvé qu’elles en avaient encore dans le coffre. Quant à la seule nouveauté qui vient d’achever sa première saison, il faut bien reconnaître que là, c’était la grosse déception. GROSSE. On en pleurerait presque.

Hello LadiesHELLO LADIES (saison 1)

Car oui, on attendait beaucoup plus de Hello Ladies, création originale pour HBO de Stephen Merchant, un des cerveaux derrière The Office (UK) ou encore Extras. Bon, il avait déjà montré ses limites avec le pas très drôle Ricky Gervais Show (ça c’est histoire de vous donner mes références en terme d’humour – oui je trouve que ce pseudo talk show est loin d’être marrant), mais on espérait qu’il se passe un déclic absurde, foutraque, décalé, bref un coup du sort sur cette histoire d’un trentenaire anglais qui cherche l’amour à Los Angeles. On était loin du compte.

Ce qui choque tout de suite, c’est à quel point le personnage principal est détestable. Certes, il est tout à fait possible de s’identifier à un looser qui n’a pas beaucoup de qualités, mais le personnage de Merchant est juste un gros con bouffi d’égo, dépourvu de culture, qui n’hésite pas à écraser ses potes pour gagner des points auprès de la gente féminine – bref quelqu’un qu’on aurait plaisir à détester si Merchant ne tentait pas de nous faire chialer sur son sort à chaque fin d’épisode. Ce côté ultra faux-cul qui n’assume pas pleinement les travers de son personnage semble vouloir dire, en creux, qu’on a tous le droit d’être des connards à partir du moment où on galère à pécho de la meuf. Ouaich gros, voilà un message auquel je vais avoir bien du mal à adhérer.

D’autant plus que les intrigues en elles-mêmes ne cassent pas trois pattes à un canard. Très attendu, le feuilletonnant se déroule à un rythme plus que pépère, avec des rebondissements qu’on n’avait pas vu sur HBO depuis… ben depuis Sex in the City je dirai. Les vannes tombent à l’eau, le comique de situation ne prend pas, et les personnages secondaires sont tout aussi détestables que le protagoniste. Quant à la conclusion du dernier épisode, elle est tout simplement à gerber de bons sentiments, rappelant du coup le dérapage inconsidéré et limite vulgaire du dernier épisode de la saison 3 de Louie. Bref, à moins de vouloir défendre à tout prix toutes les séries HBO ou d’être un fan inconsidéré (et donc pas du tout critique) de Merchant, vous pouvez sérieusement laisser Hello Ladies dans la vacuité sans fond dans laquelle elle se trouve.

Final Score : 3/10

Franchement détestable, cette comédie de “malaise” rate constamment le coche en offrant un personnage qu’on aurait aimé détester mais que les scénarios cherchent toujours à récupérer, ainsi qu’une trame déjà vue cent fois et qui ferait passer une saison de Grey’s Anatomy pour un bonheur de cynisme. Faux bonbon acidulé, mais vraie soupe à la guimauve, Hello Ladies ne reviendra pas chez moi en saison 2.

the league - season 5THE LEAGUE (saison 5)

Les années passent et les choses ne changent pas : the League est toujours la série comique la plus dégueulasse de chez FX (FXX maintenant…) mais aussi l’une des plus amusantes. Si les différents acteurs font chacun leur trou dans d’autres sitcoms plus familiales et diffusées sur des gros network, la bande semble encore ravie de se retrouver pour incarner ces personnages furieusement décalés qui ne vivent que par et pour une fantasy league de football américain. Peu importe qu’on ne comprenne pas toutes les références, le show est déjà bien assez drôle en soit. Mais attention, c’est définitivement à réserver aux plus grands… et à ceux qui ont l’estomac bien accroché. Bref, pas question de mater ça avec sa chérie au coin du feu.

Final Score : 7/10

Oui, the League est toujours aussi crade mais aussi toujours aussi décalée et imaginative. Défoulant, amusant, réjouissant.

childrens hospital - season 5CHILDRENS HOSPITAL (saison 5)

Fraîchement récompensée d’un deuxième Emmy bien mérité, Childrens Hospital nous a offert avec cette cinquième saison le retournement de situation le plus absurde et indéfendable qui soit : toute l’équipe voit les portes de l’hôpital fermer… et se retrouve mutée dans une base militaire située au Japon. Sur ce point de départ totalement incongru (et assumé jusqu’au dernier épisode) se construit une nouvelle série d’épisodes toujours aussi impressionnante d’inventivité. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un show de 13 minutes, qui se présente comme la version condensée d’une série médicale qui existerait depuis les années 70. Oui, tout à fait. Entre les previously qui font avancer à tout berzingue l’histoire ou les morts / résurrections au kilo, il y a de quoi s’amuser. Et j’oubliais de vous dire, l’un des personnages principaux est un clown, qui guérit les gens avec le pouvoir de l’humour. Et y a Michael Cera en voix off uniquement. Qu’est-ce que vous attendez pour aller vous faire les cinq saisons ?!

Final Score : 9/10

Childrens Hospital est tout simplement la série comique dont la télé US a besoin. Et nous aussi. Après cinq ans, c’est toujours aussi immanquable !

ultimate spider-man - season 2ULTIMATE SPIDER-MAN (saison 2)

L’anime Ultimate Spider-Man vient d’achever sa deuxième saison et à moins d’être un fan acharné de la Marvel (ou d’avoir entre huit et treize ans) vous n’en avez strictement rien à faire. Le show a perdu en rythme et en humour et ne ressemble plus trop à la jolie surprise qui nous avait fait sourire l’année dernière. Dommage…

Final Score : 5/10

covert affairs - season 4COVERT AFFAIRS (saison 4)

Arrivée confortablement à sa quatrième saison, Covert Affairs, série d’espionnage dans laquelle les affaires de cœur ont une importance capitale (d’où le jeu de mot du titre), s’amuse à prendre un gros tournant histoire de se réveiller de la routine dans laquelle elle commençait à s’installer. Et c’est peu de dire que le résultat est à la hauteur : débarrassée de ses quiproquos amoureux et de son jeu de placard à amants, la série laisse le temps à une intrigue touffue et complexe de se mettre en place, avec deux parties distinctes : l’enquête puis la vengeance. Visuellement, c’est un tour du monde plutôt réussi puisque le show évite le studio pour tourner en décor naturel – ce qui semble avoir posé quelques soucis lors de scène où l’on sent que les cadreurs et le reste de l’équipe ne sont pas particulièrement à l’aise ! Piper Perabo laisse sa blondeur candide pour assumer (enfin !) son rôle de femme forte qui sort de la chrysalide de l’assez chiante jeune nouvelle de la CIA. Difficile cependant de recommander la série à qui n’aura pas vu les saisons précédentes, l’intrigue jouant énormément sur la manière dont chaque personnage révèle peu à peu une autre part de lui-même. Un peu comme Annie qui met au placard son identité pour devenir la réjouissante Jessica Matthews. Allez, on croise les doigts pour que la saison 5 qui arrivera l’été prochain continue sur cette bonne lancée.

Final Score : 7/10

Assurément la meilleure saison de Covert Affairs, mais qu’on aura du mal à recommander à ceux qui n’ont jamais vu cette (désormais) dynamique et voyageuse série d’espionnage.

Almost Human - season 1ALMOST HUMAN (nouveauté)

Seule nouveauté de la semaine, Almost Human a été annoncée à grand renfort de publicité et s’est même offert deux soirée d’affilée de lancement sur la Fox. Conçue par J. H. Wyman, l’un des showrunner de Fringe, et produite par tonton J.J. (Abrams), c’est peu de dire qu’on attendait se cop-show de SF au tournant. Le résultat ? A des milliers d’années de nos attentes. Là où on attendait un show brillant offrant une belle réflexion sur les droits de l’homme et de la machine, on se retrouve avec un buddy movie entre un flic pas très humain et un robot beaucoup trop humain, qui se font des blagues dans la voiture (oh tient, ça serait pas pompé sur Hawaii Five-O ça ?), et mènent des enquêtes aussi passionnantes qu’une session shopping avec la petite nièce de votre copine. On se demande bien ce que Micheal Ealy (Sleeper Cell) vient foutre dans cette galère ou encore d’où sort Karl Urban (ouais, des films de Peter Jackson), pâle copie de Manu Bennett (Crixus dans Spartacus) sans aucun charisme. Au secours !

Serangoon road - season 1SERANGOON ROAD (saison 1)

Allez, je vous ai gardé le meilleur pour la fin ! L’un des (très) rares nouveautés de la saison franchement recommandable, Serangoon Road est le fruit d’une curieuse association entre l’Australie et Singapour pour le compte d’ABC (le plus gros network australien, pas l’américain) et HBO Asia. Le résultat est une oeuvre assez inimaginable en dehors de ce contexte très particulier : un polar noir à base d’agence de détective privé, dans Singapour, au milieu des années 60 alors que les révoltes communistes surgissent dans les pays frontaliers. Si le show sait en permanence faire vivre son univers historiquement chargé, il n’en oublie pas qu’il est là avant tout pour nous raconter les mésaventures de Sam Callaghan, le privé australien donc, et de ses enquêtes parfois sérieusement tordues. Accompagnés d’un double fil feuilletonnant (autour de deux intrigues romantiques pour une fois vraiment intéressantes, l’une entre Sam et une femme mariée, l’autre entre une jeune locale et un agent de la CIA ; ainsi que la mort suspecte d’un proche de Sam…), les scénarios sont dynamiques et entraînants.

Au niveau des comédiens, par contre, il faut reconnaître que ça oscille entre du très bon (Pamely Chee incarne avec grâce et majesté la très taquine Su Ling), du moyen (Don Hany n’est malheureusement pas toujours ultra convaincant dans le rôle principal) et de l’assez mauvais (en particulier sur les rôles de personnages plus âgés qui sont censés avoir le pouvoir.) Idem au niveau de la réalisation qui fait un peu avec les moyens du bord et qui, si elle peut parfois trouver de vrais moments de grâce ultra convaincants, se perd dès qu’il s’agit de mettre en place une grosse scène d’action. Ça ne suffit cependant pas à nous faire bouder notre plaisir et la joie de découvrir une série radicalement différente de tout ce qu’on a vu ces dernières années. Rien que pour ce souffle de nouveauté, Serangoon Road mérite que vous y jetiez un oeil.

Final Score : 8/10

Assez remarquable dans son écriture (on passe aisément sur quelques errances capilotractées), mais moins convaincante au niveau de la réalisation et des comédiens, Serangoon Road reste suffisamment novatrice et débordante d’énergie pour que vous puissiez vous y intéresser. Et de toutes façons, vu la qualité des nouveautés de cette année, vous n’avez pas vraiment le choix.

 

Rendez vous très bientôt pour faire un point sur le premier trimestre d’une saison où les nouveautés se sont effondrées mais où plusieurs anciennes séries ont retrouvé un souffle…

Cette semaine, on se retrouve à nouveau (quasiment) tous les jours pour faire le point sur les NOUVEAUTES de la saison. Pour les séries qui font leur retour, on attendra un peu. Parce que bon, la vérité c’est qu’on a juste envie pour l’instant de savoir s’il y a de nouvelles pépites à se mettre sous la dent.

Aujourd’hui, c’est la semaine 2 de la rentrée, et ce dimanche il y avait quelques nouveautés à se mettre sous la dent. Du cul, du sexe et de la trahison. Tout un programme. (Et pendant ce temps, y avait pas de roux dans le retour de Homeland. WTF ?)

betrayalBETRAYAL (potentiel 3)

On ne l’attendait pas… et on avait bien raison. Betrayal, soap indigeste basé sur une série néerlandaise, vient rejoindre la case du dimanche soir d’ABC où Once Upon a Time et Revenge  n’ont pas franchement attiré foule. Cette sombre histoire d’un homme et une femme, tout deux mariés, qui vont entretenir une relation alors que se déroule en toile de fond un procès pour meurtre, n’a pour seul intérêt que sa phrase clé du pilote : after the first betrayal, there is no other. On regrette qu’Hannah Ware, la fille du génialissime Boss de Starz, vienne trainer ses guêtres dans ces décors moches et mal filmés, accompagnée par des acteurs qui semblent dépités par chacune de leur réplique. Catastrophe atomique en terme d’audimat, les jours de la série sont (heureusement) déjà comptés.

Hello LadiesHELLO LADIES (potentiel 3)

HBO ne faisait pas mieux avec Hello Ladies, pantalonnade ratée, l’équivalent à la série intello de ce qu’est Betrayal au soap. Soit un produit mal calibré, totalement artificiel et fondamentalement hideux (ici par la prétention qu’elle affiche à chaque scène.) Conçue et interprétée par Stephen Merchant, sympathique scénariste sur the Office (UK) et Extras, Hello Ladies raconte les déboires d’un grand et maigrichon créateur de site web pour séduire les femmes. Son égocentrisme forcené et son attitude perpétuellement opportuniste n’en font pas du tout le personnage cynique et drôle que souhaitait sans doute créer Merchant, mais plutôt une espèce d’être abject que l’on ne se souhaiterait même pas parmi ses pires ennemis. Qu’il lui arrive des malheurs (dont il est en partie responsable) ne le rend pas pour autant intéressant, et on a tôt fait de soupirer face aux interminables scènes censée jouer sur un humour de malaise et qui s’avère juste être totalement chiantes. Lena Dunham s’avérait particulièrement énervante et chiante quand elle se regardait le nombril et tenter de nous faire chialer dans les quelques mauvais épisodes de Girls, Stephen Merchant se rend détestable dès son pilote. Bref, pour l’instant, voici une grosse purge nombriliste qui a le don de m’énerver.

masters of sexMASTERS OF SEX (potentiel 8)

Totalement à l’opposé, Showtime nous offrait un pilote plutôt très convaincant avec Masters of Sex, l’histoire vraie d’un docteur et son assistante, pionners de la recherche médicale sur le sexe. Avec un tel sujet, il était facile de tomber dans la série racoleuse qui se ferait un plaisir à aligner les scènes de cul sans intérêt (on se demande par exemple ce que Starz en aurait fait…), et le résultat évite soigneusement cet écueil avec un scénario toujours sur le fil du rasoir mais parfaitement ajusté. Passé au prisme de leurs sexualités, les personnages se révèlent riches et profonds, et évoquent avec subtilité la complexité des interactions humaines. On pouvait craindre qu’un nouveau show se déroulant dans les années 60 souffre encore de la comparaison avec Mad Men, mais Masters of Sex s’en éloigne tellement que ce serait aussi judicieux que de comparer Arrow avec Homeland, tout ça parce que les deux séries se déroulent à la même époque. Brillamment interprété (Lizzy Caplan trouve enfin un rôle à sa mesure, merci Showtime !) et réalisé de manière aussi subtile qu’il est écrit, ce pilote d’une bonne heure (soit vingt minutes de plus qu’une série traditionnelle) m’a semblé particulièrement court. Et ça c’est plutôt bon signe.