Tag Archive: Homeland


Coucou toi, oui , toi qui fuit le Noel et les élucubrations bruyantes des enfants pour chercher fébrilement sur ton PC une série à regarder histoire de faire passer au plus vite ces terrifiantes fêtes de fin d’année ! Pour toi (et toi seulement) on s’est dépêché de regarder la fin de pas moins de dix séries pour te donner des idées de choses à regarder. Ne me remercie pas, c’est mon cadeau à moi.

comedy bang bang - season 2COMEDY BANG ! BANG ! (saison 2)

Faux talk-show mais vraie comédie d’une vingtaine de minutes, Comedy Bang Bang ! s’affirme avec cette deuxième saison comme l’un des programmes les plus drôles diffusé sur la télé US. Il faut dire que les deux créateurs, Scott Aukermann et Reggie Watts, rivalisent d’idées surprenantes pour toujours prendre le spectateur de court. Pour exemple, cette fausse toute première émission qui n’a jamais été mise à l’antenne ; la fois où l’émission prend deux tournant totalement différents selon que Scott rate ou non son bus pour aller au studio d’enregistrement ; ou encore ce délicieux ripp-off d’un conte de Noel diffusé… en plein été. Drôle, dynamique, et jamais totalement creuse, voilà bien la série comique la plus étrange et totalement indispensable de la télé US. Couplée avec une bonne saison de Childrens Hospital et la 17ème de South Park, vous tenez des heures de barre de rire.

Final Score : 8/10

south park - season 17SOUTH PARK (saison 17)

Curieusement, ce n’est pas la pourtant très excellente trilogie sur Game of Thrones et la guerre des consoles (et le black friday !) que l’on retiendra de cette dix-septième saison de South Park, mais bel et bien la conclusion de son ultime épisode qui fait délicieusement froid dans le dos. Car plus que tout autre dessin animé à destination des adultes et des adolescents, South Park est tout aussi intelligente que drôle et pose des questions fondamentales sur la société d’aujourd’hui. Ce n’est pas juste un plaisir coupable, à regarder en douce loin des yeux et des oreilles chastes, mais un programme nécessaire, foutrement intelligent, et incroyablement en prise avec l’actualité. Bref, c’est bien simple, cette série devrait être obligatoire dès la seconde (la classe de lycée). Je te mettrai ça en épreuve du bac moi, si j’était président.

Final Score : 9/10

awkward - s3AWKWARD. (saison 3 / partie 2)

Dernière saison menée par la créatrice de la série (Lauren Lungerich), cette troisième fournée d’épisodes de Awkward. ne fut malheureusement pas forcément la plus convaincante. Il faut dire que le show pour ado diffusé sur MTV a déjà cassé quasiment tous les codes et taboux de ce genre de programme et il est tout naturel qu’elle peine maintenant à se renouveler. Faut-il pour autant se priver des mésaventures de Jenna Hamilton (la toujours aussi sympathique Ashley Rickards) et de sa voix off assassine ? Si les fans de la première heure seront forcément un peu déçu, il serait malgré tout dommage d’abandonner cette clique totalement surréaliste mais qui fait toujours face à des problèmes bien ancrés dans la réalité. Reste à savoir si la série pourra survivre au départ de sa showrunner et à la nouvelle direction que veut lui faire prendre MTV – car c’est bien pour cette raison que Lungerich a décidé d’abandonner le bébé…

Final Score : 7/10

witches of east end - s1 - promo posterWITCHES OF EAST END (saison 1)

Houlàlà dis donc, mais ça serait pas bien mauvais ça, Witches of East End ? Comme le laisse suggérer l’assez honteux jeu de mot de la tagline qui accompagne cette affiche, le show de Lifetime, adapté d’une série de romans déjà pas terrible, s’avère assez catastrophique. Non pas qu’il véhicule des idées dégueulasses ou qu’il soit moralement abject, mais tout simplement parce qu’il est aussi creux qu’un puits de pétrole vide (ou que les trous de l’Emmental.) Moche non seulement dans ses effets spéciaux mais aussi dans sa réalisation ou ses décors, la série “met en scène” (c’est un bien grand mot vu la réal du truc) une famille de sorcières au destin maudit, qui se réincarnent à chaque génération sans espoir pour leur avenir. Si cette idée de départ pouvait être amusante, les scénarios sont pourris par des intrigues sentimentales épouvantables, un fil d’enquête (sur un tueur qui peut changer d’apparence) absolument lamentable, et des dialogues particulièrement mous. Le tout est joué par des comédiennes qui soit ne savent pas ce qu’elles foutent là, soit en font des caisses pour prouver qu’elles savent jouer (ah Jenna Dewan-Tatum et sa poitrine opulente, qui joue presque aussi bien que son mari – je vous laisse deviner de qui il s’agit…) Non, franchement, on aura bien du mal à trouver quoi que ce soit à sauver dans ce programme à réserver à vos séances de sport : si voir ça, ne vous donne pas envie de courir loin, alors là je ne peux plus vous aider !

Final Score : 3/10

ripper street - s2RIPPER STREET (saison 2)

Je voulais l’aimer, moi, cette deuxième saison de Ripper Street, show anglais sur les bas-fond de Londres au début du XXième siècle. Malheureusement, je dois reconnaître qu’aucun épisode n’aura su retenir mon attention en entier… Serait-ce la durée (une bonne heure par épisode) qui est trop longue ? Le rythme un peu trop mou ? Ou tout simplement le fait que l’on n’arrive plus à s’attacher à ces personnages aux problèmes quelque peu déjà vu dans ce genre de programmes ? Catastrophe : le show manque de charisme, de punch, de passion et tombe dans tous les travers des séries policières historiques. On baille, on se gratte la tête, on lance une appli sur son téléphone… mais la vérité c’est qu’on ne regarde plus vraiment cette série qu’on avait pourtant vraiment apprécié l’année dernière. A réserver aux purs fans de Whitechapel.

Final Score : 5/10

mob city - s1 - autre posterMOB CITY (saison 1)

On est forcément un peu sous le charme de Mob City quand on s’intéresse à la création de Las Vegas ou à la pègre dans le Los Angeles des années 40. Traitement réaliste, scénarios qui ne cèdent jamais à la scène d’action facile, le show de Darabont touche juste… d’un point de vue historique. Car il faut bien avouer que le rythme plutôt mou et la réalisation pas forcément exceptionnelle viennent quelque peu plomber un projet pourtant particulièrement intéressant. Dommage, mais pas de quoi dégoûter les fans du genre. Bref, voilà six épisodes assez agréables à regarder mais qu’on aura tôt fait d’oublier après les fêtes. Maintenant, si vous n’avez vraiment plus rien à vous mettre sous la dent, n’hésitez pas…

Final Score : 7/10

Homeland - season 3HOMELAND (saison 3)

Cette troisième saison d’Homeland aura donc été celle de la rupture. Combien de personnes autour de moi ont lâché les aventures de Brody et Carrie cette année, dégoûté par le manque d’unité de la série et fatigué des rebondissements peu crédibles qui apparaissent au kilo ? Combien se sont moqués de cette scène catastrophique où Brody combat en trois semaines une addiction à l’héroïne… en courant avec ses copains les militaires américains ? Combien ont rigolé en voyant Claire Danes tout faire pour se retenir de pleurer pendant toute la saison, l’air d’avoir botoxé son menton pour qu’il arrête de bouger ? Et Mandy Patinkin qui s’inquiète de savoir où va le scénario et qui n’arrive plus à tenir un rôle qu’il a pourtant créer de toute pièces ? On passera sur les passages inutiles à propos de la famille de Brody, histoire de ne pas enfoncer le clou…

Oui, cette saison était catastrophique… et pourtant. Merde quoi, ce foutu dernier épisode. A l’inverse d’un the Killing qui plombait une saison magnifique avec un final ultra-décevant, Homeland plombe un épisode ultra-courageux par une saison de merde. Car peu de série ose aller autant au bout des choses que ce season finale sans concession, qui traîne des séquences insupportables pour amener un malaise… totalement délicieux. Le show retrouve tout son sens dans les dernières minutes et arrive à se (re)poser comme l’une des réflexions les plus intéressantes qui soit sur la paranoïa étatique et l’une des seules séries à questionner profondément le bien fondé des agences de renseignements. Mais merde, s’il faut pour cela se taper onze épisodes poubelle, qui ne savent pas quoi raconter ni où aller, c’est un peu cher payé.

Renouvelée pour une quatrième saison (officiellement, et les saisons 5 et 6 officieusement), le show doit maintenant prendre une nouvelle direction et saura peut-être retrouver sa qualité originale. Moralité : malgré tout le mal qu’on en a dit, on reviendra pour la suite.

Final Score : 6/10

Haven - S4HAVEN (saison 4)

Les années passent et Haven se maintient. Série fantastique diffusée sur Syfy, elle s’intéresse à l’histoire complexe d’une petite ville et de ses habitants, dont certains, surnommés Trouble, se retrouvent avec des pouvoirs qu’ils ne maîtrisent pas. Fuyant toutes les possibilités de tomber dans les schémas narratifs des comics de super-héros, cette adaptation très libre du Colorado Kid de Stephen King a su créer au fil du temps sa propre mythologie mais surtout son propre genre. Haven ne ressemble à rien d’autre qu’à elle-même et assume de manière libérée ses artifices, son budget riquiqui ou encore sa réalisation pas toujours formidable. Devenue une pure série de fans, qui ne s’adresse qu’à ses fans et qui se contrefout du reste, c’est l’un des shows les plus amusants qui soit… à condition d’avoir tout suivi depuis le début. Cette quatrième saison ravira donc les fans de la première heure avec son lot de révélations et de retournements de situation totalement inattendus – elle laissera sur le carreau tous les autres qui ne comprendront rien à ce délire où l’actrice principale semble incarner pas moins de trois personnages différents.

Final Score : 7/10 pour les fans ; 5/10 pour les autres.

the tunnelthe TUNNEL (saison 1)

Enième adaptation de Bron/Broen (soit “Le Pont”), cette version dont le titre a changé pour The Tunnel nous intéresse tout particulièrement car il s’agit d’une coproduction franco-anglaise. L’idée de départ repose sur un meurtre qui a lieu sur la frontière entre deux pays – du coup, il s’agit d’un pont pour le Danemark et la Suède ou pour les Etats-Unis et le Mexique… et du tunnel sous la Manche pour nous. Vous aimez les séries anglaises, mais vous avez peur du côté français ? Vous êtes saoulé par les productions Canal que vous trouvez trop racoleuse ? Vous n’êtes définitivement pas attiré par ce projet ? Et bien vous avez sans doute tort…

Parce que oui, the Tunnel s’avère être une belle réussite. Du côté des mauvais point, on peut noter quelques dialogues pas terrible, certains acteurs assez à côté de la plaque (et malheureusement c’est une nouvelle fois du côté français que ça craint – bien que la palme de l’échec revienne à l’acteur anglais qui joue le journaliste et dont je ne vais pas me casser les pieds à chercher le nom, il ne mérite pas !), et quelques épisodes à la réalisation douteuse. Mais c’est tout.

Et niveau points forts, le show se pose là. A commencer par Clémence Poesy qui fait la nique à Diane Kruger (pour la version US) et offre vraisemblablement la plus belle interprétation de ce rôle de femme flic autiste, qui va peu à peu s’ouvrir à une belle histoire d’amitié. Elle est soutenue par Stephen Dilliane, particulièrement inspiré, et délicieusement charismatique. Les scénarios se permettent quelques libertés plutôt intelligentes et arrivent à coller parfaitement à l’univers particulier de la France et de l’Angleterre. Bercé par des décors magnifiques, la série offre parfois une réalisation splendide et intelligente qui sait jouer avec les nerfs du spectateur.

Bon, que l’on s’entende bien : the Tunnel est loin d’être parfaite. Mais elle est basée sur une série policière assez bancale, dont certains points clés du scénario sont particulièrement tirés par les cheveux – et il faut reconnaître que cette version franco-anglaise tente comme elle peut de corriger le tir. Et si l’ensemble paraît au final un peu creux, un peu vain, il n’en demeure pas moins qu’on tient là une série policière foutrement bien foutue et intrigante. Et putain, ça fait du bien dans le PAF.

Final Score : 8/10

masters of sexMASTERS OF SEX (saison 1)

Si on doit encore vous dire que vous DEVEZ regarder Masters of Sex, alors là je vois pas ce qu’on peut faire pour vous. Assurément la meilleure série de ce premier trimestre de la saison 2013/2014, la série ne souffre que d’un final un peu mou du genou et dont on attendait un poil plus d’originalité. A part ça, nada. Les acteurs sont formidables, la réalisation irréprochable, et les scénarios vous vaudront beaucoup de discussions véhémentes avec vos amis – tout le monde a toujours quelque chose à reprocher à chaque épisode mais jamais le même truc… et finalement tout le monde adore la série. Donc, on va pas débattre des heures ici sur les micro-détails du scénario et juste vous dire de regarder la série. Comme ça, quand on se recroise, on pourra en parler pendant des heures !

Final Score : 9/10

 

Allez, on essaie de se retrouver pour la fin de l’année, et faire un vrai bilan de ce premier trimestre. En attendant, bon visionnage à tous et évitez les crises de foie.

Cette semaine, deux nouveaux médecins, un benêt et des espions russes débarquent sur nos écrans. Mais avant tout, on dit adieu à l’une des séries animées américaines les plus ambitieuses depuis fort longtemps.

06 Tron Uprising

Pas la peine d’être fan de la licence pour apprécier pleinement Tron : Uprising, série animée censée se situer temporellement entre les deux films. Si l’univers pèche toujours sur les mêmes points (pourquoi faire des “programmes” si c’est pour qu’ils agissent exactement comme des humains et à peine exploiter les possibilités d’une telle idée…), la série repose sur des personnages que je trouve personnellement nettement plus charismatiques, complexes et intrigants que ceux des films. Ainsi en est-il de Beck, héros perdu dans une quête qui le dépasse et qui demande des sacrifices qu’il n’est pas forcément prêt à faire, ou encore Mara, dont l’allégeance totale au Renegade qui prépare peu à peu la révolution va être mise à rude épreuve.

L’ensemble du scénario repose sur une arche narrative assez classique mais superbement exploitée. Cette lente mise en place d’une révolution venue du peuple face à un régime autoritaire et injuste ne ménage ni ses métaphores sur la société actuelle, ni les rebondissements surprenants. Mais plus fort encore, l’adéquation entre le fond et la forme du scénario se retrouve aussi dans la réalisation, qui peut repousser au début avec ses angles forcés et sa 3D assez particulière, mais qui colle tout à fait à l’univers sur le long terme.

Dommage alors que le show n’ait pas su trouver son public. Pour l’instant, Disney XD n’a toujours pas annoncé une annulation en bonne et due forme, mais il y a fort à parier qu’il faudra se contenter de ce “premier chapitre” d’une saga qui aurait pu être vraiment fascinante. C’est la vie, comme disent les français.

Final Score : 8/10

Réalisation de prime abord repoussante mais en réalité finement pensée, scénario totalement convaincant, et voix servies par de grands acteurs qui s’éclatent : ce Tron : Uprising a tout plaire. Quel dommage que les audiences n’aient jamais été au rendez-vous !

Do No HarmLes médecins ont définitivement la côte à la télévision. Mais pour les scénaristes, c’est un vrai casse-tête pour arriver à renouveler le genre. Dernière idée en date, aller puiser du côté des vieux récits fantastiques (ou des contes, comme dans Grimm, qui applique la recette à la série policière) pour bousculer un peu les choses. C’est donc dans cet ordre d’idée que débarque Do No Harm, ou Dr Meredith Grey et Mister Hyde. Vous l’aurez compris, cette série diffusée sur NBC nous conte les mésaventures de Jason Cole, un chirurgien à la plastique facile, tout droit sorti de Grey’s Anatomy, qui doit s’injecter un remède à des heures bien précises pour éviter de réveiller son alter égo violent, sans morale mais surtout qui le déteste profondément et veut faire de sa vie un enfer. Bien entendu, la série commence quand le fameux remède ne fait plus d’effet et que notre bon docteur va devoir vraiment dealer avec son double maléfique.

Cette idée incongrue aurait pu donner lieu à une véritable catastrophe scénaristique, mais il faut bien reconnaître que le pilote s’en sort bien mieux que ce qu’on aurait pu craindre. Les scènes sont plutôt bien construites, le rythme est présent et les dialogues ne sonnent pas trop artificiels. Le problème, c’est que tout le reste est loin d’être aussi convaincant. L’acteur principal (Steven Pasquale, déjà vu dans la regrettée Rescue Me) ne sait pas vraiment comment faire pour interpréter ses deux rôles et appuie chaque expression par un jeu de sourcils loin d’être malin… La réalisation n’est pas beaucoup plus intelligente et on sent déjà des tics qui vont venir peu à peu pourrir l’ambiance du show.

Difficile cependant de se faire un avis définitif. La suite peut prendre une tournure surprenante si les scénarios restent à la hauteur et arrivent à faire oublier les autres problèmes. Mais au vu du pilote, on vous conseillera d’attendre un peu avant de donner une chance à cet énième docteur de télévision.

Mon Verdict : une saison de 13 épisodes, puis une annulation. Je dis ça de manière totalement gratuite, je n’ai aucune idée de comment le public va percevoir ce produit plutôt étrange !

doctor blake mysteries

L’autre docteur a faire son apparition sur nos écrans nous vient d’Australie et passe plus de temps à mener des enquêtes qu’à guérir des patients. Dans The Doctor Blake Mysteries, on assiste donc à un véritable cop show mettant en scène un médecin, en australie, en 1959 : est-ce suffisamment original pour nous tenir en haleine ? Malheureusement, malgré ces pointes d’originalité, le pilote reste très pépère, jamais surprenant et fondamentalement très mou. Les acteurs ne sont pas mauvais, la réalisation tient la route, mais franchement, on se fait chier. Bref, malgré toute sa bonne volonté, The Doctor Blake Mysteries n’aura pas réussi à être plus qu’un énième nouveau cop show. Nuff said.

Mon Verdict : une saison et puis bye bye ?

Ricky Gervais as DerekDerek signe le grand retour à la télévision anglaise de Ricky Gervais, autrement connu pour avoir créé The Office et avoir fait scandale lors de deux présentations des Golden Globe avec des blagues bien méchantes comme on les aime. Autant le dire tout de suite, ce comeback est loin d’être fracassant. En jouant à nouveau la carte du mockumentary (faux documentaire), Gervais s’expose forcément à une comparaison avec la série qui l’a rendu connu (The Office, pour ceux qui ne suivent pas !) d’autant plus qu’il interprète à nouveau le personnage principal et que celui-ci est féru de défauts qui cachent un véritable bon fond. L’auteur, réalisateur, acteur se prend les pieds dans un sujet compliqué, les maisons de retraite, et plombe d’emblée l’ambiance avec son héros sans doute autiste, du moins avec une intelligence très particulière, auquel on aura bien du mal à s’identifier. Il est d’autant plus difficile d’entrer dans l’univers de la série que les premières blagues ne fonctionnent pas vraiment. Et encore plus difficile de rester face à sa télé quand le show devient particulièrement complaisant sur les petits vieux, filmés sur une musique triste au piano qui tente de nous attendrir mais ne réussit qu’à nous énerver. La méchanceté gratuite et peu crédible des “méchants” qui veulent fermer la maison de retraite ne fait que diminuer la crédibilité d’un programme qui n’en avait pas besoin. Avec The Office, Gervais était méchant mais juste, avec Derek, il est juste complaisant. Complètement loupé.

Mon Verdict : Ricky Gervais a toujours la côte en Angleterre et de toutes façons Channel 4 a déjà commandé une saison complète. Mais ça ne m’étonnerait pas qu’une deuxième saison soit commandée dans la foulée.

The-Americans

 

C’est le nouveau gros show très attendu de FX et l’audience du pilote (qui se permet de faire la nique à des grands networks) n’a fait que confirmer cette attente : The Americans est d’ores-et-déjà un succès… à moins que tout ne s’effondre au fil des semaines. Fort d’un créateur ancien agent de la CIA et qui sait donc de quoi il parle, FX s’offre sa version bien à elle d’Homeland, avec cette histoire déconcertante d’un couple d’espions russes qui vivent en “sommeil” au cœur de l’Amérique des années  80 présidée par le terrifiant Reagan.

Le projet est ambitieux et franchement intrigant de prime abord. On part donc sur des préjugés plutôt positifs en commençant à regarder le pilote d’une heure dix, soit près de trente minutes de plus qu’un épisode traditionnel. Et c’est bien là que les choses s’effondrent : les auteurs n’ont clairement pas le matériel suffisant pour tenir aussi longtemps avec ce qu’ils doivent raconter dans ce premier épisode. Du coup, beaucoup de scène paraissent étirées (la scène d’action d’introduction semble clairement avoir été rajoutée à l’arrache pour combler les trous) et certains ressorts sont mis en place de manière beaucoup trop lente pour avoir l’impact espéré.

Faut-il pour autant faire l’impasse sur un show qui sort de l’ordinaire ? Malgré tous ses défauts, le pilote laisse entrevoir des pistes narratives ingénieuses et qui peuvent mettre en place des thématiques plus qu’intéressantes. Si la réalisation n’est pas exceptionnelle (et copie un peu celle d’Homeland…), les acteurs sont franchement convaincants, et on se réjouira de retrouver Keri Russell, quasiment disparue de nos écrans depuis ses années Felicity. C’est donc encore une fois sur la longueur qu’on pourra vraiment savoir si The Americans méritent toute l’attention qui lui est portée en ce moment ou s’il ne s’agira que d’un show d’espion de plus. Croisons les doigts, FX peut (et même doit) se permettre de nous choquer et nous surprendre.

Mon Verdict : un gros succès. Une deuxième saison. Une troisième même. Ouais, j’y crois.

Rendez vous très bientôt pour parler (encore) de nouvelles séries !

Ah, les vacances de Noël… L’occasion de retrouver la famille, de cocooner sur le canapé, de partager de formidables cadeaux… Ou alors l’occasion rêvée de rattraper son retard de séries. Seulement voilà, le gros dîner avec votre beau-frère ou votre grand cousin approche et vous savez déjà qu’il va tenter de vous spoiler la fin de Homeland et vous répéter quarante fois : quoi, tu n’a pas vu cette série ? Tu manques vraiment quelque chose ! Ce bilan du premier trimestre de la saison est là pour vous donner des pistes pour prendre en main cette fatidique discussion ou pour vous mettre sur la voie de ce qu’il fallait regarder . Alors, quelles sont les dix séries qui nous ont marqué sur ces trois derniers mois ? La réponse tout de suite.

Mais commençons par nommer les six recalés de l’année, dont il faut au moins avoir entendu parler pour briller en société mais qu’il n’était pas plus utile que ça de regarder. Ainsi en va-t-il de Copper, série policière située dans le New York en pleine construction de la fin du XIXème siècle dont il faut juste retenir qu’il fallait la regarder jusqu’au bout pour avoir la vraie surprise (mais qui donc a tué la petite fille du héros ? la réponse se trouve dans sa propre famille…) Haven, série fantastique diffusée sur Syfy, s’offre une troisième saison sympathique mais pas inoubliable et l’info à retenir c’est que la chaîne a repoussé la diffusion des deux derniers épisodes suite à l’actualité récente, ces épisodes présentant apparemment des scènes de violence dans un lycée…  Chicago Fire vaut bien plus que son imagerie chic et choc ne le laissait présager, vous pouvez donc expliquer à qui veut l’entendre que Dick Wolfe est vieux mais pas encore à enterrer. Mais bon, ça reste un con de show sur des pompiers. Alphas, c’est l’autre série fantastique très réussie de Syfy, mais manque encore un peu d’ampleur pour faire partie du top 10. “Ils ont compris la relation entre Magnéto et Xavier, ils l’ont bouffée, et ils l’ont magnifiée.” Elementary ? L’astuce de faire de Watson une femme change quelque peu la donne sur le couple avec Sherlock, mais il manque encore une bouffée d’oxygène dans cette sympathique série policière. Et enfin Fringe, on adore toujours, mais c’est uniquement pour les fans, les vrais.

10 Homeland

10 ) HOMELAND – saison 2

Je sens que ça rage déjà dans les familles : quoi, Homeland en dixième position ?! Et les choses ne vont pas s’améliorer quand vous allez voir qui est juste devant… Mais laissez moi défendre mon bout de gras. Après une première saison haute en couleur et vraiment convaincante, personne ne niera que cette deuxième saison est extrêmement décevante à tous les niveaux. Les scénarios s’enlisent d’un côté dans des soucis de crédibilité particulièrement agaçants, et de l’autre dans des intrigues familiales fadasses résultant du fameux paradigme : qu’est-ce que je fous avec ces putains de personnages d’adolescents que j’ai mis pour faire aimer mon héros mais qui ne servent à rien du tout en fait ? La réalisation fait preuve d’un manque d’originalité rarement vu et parfois d’un mauvais goût absolument inoubliable, mais pas dans le bon sens (ah, la scène où Carrie découvre où se cachait ce fameux terroriste…) Enfin, les comédiens deviennent parfois des parodies d’eux-mêmes presque plus drôle que le sketch du Saturday Night Live – à l’exception notable de Mandy Patinkin, auquel les scénaristes servent la soupe dans son rôle de Saul Berenson.

Mais alors si la série est autant remplie de problème, pourquoi diable la faire apparaître dans ce top 10 ? Tout simplement parce que malgré l’énorme déception générale, le show est toujours capable de coups d’éclats, de fulgurances atomiques insoupçonnables qui nous font revenir semaine après semaine avec le sourire, persuadé d’assister à l’une des meilleures séries de sa génération. Le final, diffusé dimanche dernier (le 16 décembre) laisse en tous cas espérer que le show reparte sur de bonnes bases l’année prochaine.

Revolution09 ) REVOLUTION

Et là, vous me prenez pour un maboul. Revolution devant Homeland, c’est quoi ce délire ? Autant mettre tout de suite les choses au clair : Revolution est loin, très loin du niveau de Homeland. Mais si la série se place juste devant c’est qu’elle accomplit deux choses que le show paranoïaque a raté : s’améliorer au fil du temps, et surtout constituer une vraie révolution dans le monde de la télé américaine. C’est que le show inventé par J.J. Abrams et Eric Kripke est le premier à cumuler un audimat aussi considérable sur les “seconds écrans” à savoir tous les modes de diffusion hors-chaîne. Voilà pour l’information à balancer en plein repas.

Faut-il pour autant regarder cette série qui en a dégoûté plus d’un dès ses premiers épisodes ? Si vous ne devez regarder qu’une quinzaine de série dans l’année, alors la réponse est OUI. Si vous ne devez en regarder que dix, attendez la fin de l’année qu’on y voit plus clair. Revolution a tout le potentiel pour devenir un second Lost, à savoir une série fustigée à ses débuts, puis franchement adulée (du moins regardée par tout le monde), avant d’être fustigée à nouveau, pour revenir sur le devant de la scène et se faire assassiner pour sa fin… que tout le monde aura regardé quand même. En clair, se priver de Revolution, c’est peut-être se griller l’une des séries qui fera l’actualité pour les cinq prochaines années. Eric Kripke a en tous cas fait un gros nettoyage pour amorcer sereinement une deuxième partie de saison qu’il veut nettement plus convaincante, et l’on veut y croire vu les capacités du bonhomme. Croisons les doigts…

08 the fera

 08) THE FEAR

En huitième position, on retrouve une mini série anglaise en quatre épisodes, The Fear. Certes, le pilote n’est pas des plus attachants (sauf pour ceux que ça fait toujours rire de voir un cinquantenaire musclé fracasser rageusement la gueule d’un pauvre mec en monocycle) mais met savamment en place les bases d’une édifiante chute dans la maladie d’Alzheimer. Cinglant, aride, et très lourd au niveau de l’émotion, le scénario ne se perd que dans son exploration trop effacée de l’autre sujet de la série, l’exploitation sexuelle des jeunes femmes de l’est. Visuellement très réussie, la série fait littéralement exploser le talent d’acteur de Peter Mullan. S’il n’y avait les passages un peu forcé sur la mafia de Brighton, quelques pétaraderies pompeuses et un mystère dont la résolution tombe à l’eau, The Fear serait tout simplement un chef d’oeuvre. C’est déjà une magnifique perle – et comme la série ne fait que quatre épisodes, vous n’avez aucune raison de vous en passer…

07 Don't trust

 

07) DON’T TRUST THE B**** IN APT 23 – saison 2

Avec son titre inattendu, Don’t trust… est la seule sitcom de ce petit classement.  A l’heure où les comédies se perdent dans des déclinaisons de la cellule familiale (Modern Family, The New Normal, Guys With Kids, The Middle, etc.), ce sympathique petit show nous la joue humour d’auto-référence (avec le très sympathique Dawson, aka James van der Beek), dérapages hors-fiction (comme lorsque les acteurs râlent sur la série en fin d’épisode), et situations outrancières poussées à leur paroxysme (comme lorsque la blonde fait croire à la famille de la brune qu’elle est paraplégique pour amadouer la mère qui l’a surprise quelques épisodes plus tôt en train de coucher avec le père…) Bref, le show ne fait pas du tout dans la finesse mais assume pleinement son identité très marquée qui ne plaira définitivement pas à tout le monde. Mais dans un monde où les sitcoms se ressemblent toutes et cherchent à être les plus génériques possibles, cette prise de risque est plus que souhaitable.

06 Tron Uprising06) TRON : UPRISING 

Et à la sixième place, on retrouve le seul dessin animé de ce classement, le redoutable Tron : Uprising. Je ne suis pas un fan de la licence, encore moins du premier film que du second, et je ne suis pas franchement convaincu par un univers où les programmes réagissent exactement comme des humains (après tout, c’est quoi l’intérêt d’en faire des programmes si ça ne joue absolument pas sur l’histoire ?) Mais je dois avouer avoir été séduit par ce dessin animé au look très particulier, qui assume son ambiance très synthétique et propose, chose peu courante, un vrai scénario feuilletonnant. Malheureusement, les choses semblent mal partie pour que le show soit reconduit pour une deuxième saison, étant donné que Disney XD bazarde déjà les derniers épisodes en rayon le dimanche soir à minuit. Mais si vous vous sentez séduit, n’hésitez pas à aller remplir la grande pétition pour sauver the Grid…

05 Arrow

05 ) ARROW

Après la longue agonie de Smallville, ou encore le foirage complet de Birds of Prey, y avait-il vraiment de l’espoir pour une série de super-héros reposant sur un comics ? On voulait croire à Arrow, première série post Batman de Nolan, tout en sachant pertinemment que ce serait une grosse bouse diffusée sur une chaîne qui ne s’adresse quasiment qu’aux adolescents attardés (ou du moins sourds, vu le niveau de la musique accompagnant les shows les plus regardés de la CW.) Au final, Arrow se révèle être une sacrément bonne surprise. Certes, on est très loin des derniers Batman – il faut dire que niveau budget, on est aussi très très loin. Mais la série a su prendre son personnage au sérieux (et dieu sait qu’il y avait matière à rendre ridicule un pauvre type habillé en vert qui se bat avec un arc), et s’appuyer sur un univers sombre et anti-manichéen au possible pour faire danser un scénario feuilletonnant aux rebondissements plutôt convaincants. Pour les fans du comics de DC, les nombreuses références feront toujours jaser – qu’elles fassent plaisir (Huntress) ou déçoivent profondément (Deathstroke), mais le show sait suffisamment s’appuyer sur ses propres thématiques et sa propre vision des personnages pour ne pas être qu’un “univers parallèle” de plus. Arrow n’est pas une grande série, loin de là, il lui manque un vrai esprit de réalisation et le budget d’un grand show d’action, mais elle réussit là où beaucoup se sont plantés ces dernières années : divertir et surtout donner envie de revenir.

04 Secret State04 ) SECRET STATE

C’est une autre mini série anglaise en quatre épisodes qui prend la quatrième place de ce classement. Secret State est une magnifique plongée dans les jeux du pouvoir politique, mettant en scène un politicien naïf et généreux qui se retrouve propulsé premier ministre après la mort du précédent dans un accident d’avion. La force du show, c’est assurément son scénario tortueux et passionnant mais qui ferait presque passer celui de Boss pour un simple conte de fée. Ce sont pas moins de cinq intrigues qui se déroulent simultanément sous nos yeux, avant de se recouper pour offrir une vison globale absolument passionnante. Seul le grand discours final partagera l’opinion : trop cérébral ou juste ce qu’il faut d’explicite pour mettre un coup de poing à une thématique complexe ? Pas franchement la meilleure série pour les vacances, mais tous ceux qui sont prêts à se casser un peu la tête peuvent s’y plonger avec délice…

03 AHS Asylum

03) AMERICAN HORROR STORY ASYLUM

Premier véritable immanquable de cette début de saison, American Horror Story Asylum fera cauchemarder les plus sensibles d’entre nous, rire ceux qui sauront partager son humour noir et acerbe, et surprendra tous les spectateurs par son scénario labyrinthique, qui sait faire éclater les structures temporelles et joue avec habileté d’un lieu pourtant oh combien déjà vu, à savoir un asile de fous. Menée de mains de maîtres par une équipe venue pour s’amuser et tout se permettre (Brad Falchuck et Ryan Murphy soufflent toujours de leur autre série, Glee, alors que James Wong revient à ses premières amours), le show permet à la formidable Jessica Lange de revenir sur le devant de la scène, plus sexy que jamais malgré son âge avancé. Entourée par une multitude d’autres acteurs plus convaincants que jamais (Zachary Quinto – le “méchant” Silar de Heroes – Evan Peters, Joseph Fiennes, Lily Rabe, etc.), Lange sait rendre obsédante cette terrifiante confrontation entre le bien et le mal, et plus généralement entre la foi et le désespoir. A voir, ne serait-ce que pour l’excellent double épisode avec Franka Potente qui incarne, croyez le ou non, Anne Frank.

02 Scandal02) SCANDAL – saison 2

Qui aurait pu croire, il y a quelques années, que la créatrice de Grey’s Anatomy puisse nous pondre une série qui soit juste fascinante ? C’est pourtant chose faite avec Scandal, qui m’avait déjà plutôt convaincu avec une première saison courageuse et extrêmement bien menée, et dont la deuxième saison vient confirmer tout le bien que j’en pense. Série d’avocats sans procès (et rien que ça, c’est déjà un tour de force), Scandal s’intéresse à l’équipe de Olivia Pope, ancienne chargée des relations publiques du président des Etats-Unis et prête à tout pour éviter le scandale à ses clients. On pourrait croire que l’on va voir une énième tentative de série sur des avocats qui passent régulièrement la ligne blanche, mais Scandal met aussi en place une intrigue romantique comme Shonda Rhimes sait si bien les faire et qui va avoir de sérieuses répercussions sur l’ensemble du show. On ne tarde pas, en effet, à comprendre que notre charmante héroïne était aussi la maîtresse du président lors de son élection. Une petite donnée qui peut tout faire basculer… Et pour cette deuxième saison, la série affirme son virage paranoïaque en nous plongeant dans un feuilletonnant étourdissant, orchestration savoureuse d’un véritable ballet sur tout ce qu’on ne nous dira jamais sur la maison blanche. Alors certes, la réalisation n’est pas franchement innovante (mais tout à fait à la hauteur malgré tout) et certains acteurs ont la larme un peu facile, mais rien de tout cela ne viendra gâcher ce qui se révèle, contre toute attente, être l’une des meilleures surprises de ces deux dernières années.

01 Boss01 ) BOSS – saison 2

Et enfin, ce n’est pas une surprise, la série qu’il fallait regarder lors de ce premier trimestre de la saison 2012-2013, c’est bien évidemment la saison 2 de Boss, extraordinaire show sur un maire atteint par la maladie mais qui veut toujours contrôler d’une main de fer la ville la plus corrompue des Etats Unis, Chicago. Scénario finement ciselé, réalisation d’une simplicité fascinante, acteurs profondément investis, il n’y a strictement rien à jeter dans ce programme plus qu’original de la chaîne Starz. Dommage que le public américain n’ait pas suivi, dommage aussi que la série coûte cher à la production, dommage donc que le show s’arrête après seulement deux saisons. Croisons les doigts, des discussions sont en cours pour la mise en production d’un unitaire qui viendrait conclure les dernières storylines.

 

Voilà, maintenant vous savez ce que vous devez regarder pendant vos vacances, ou du moins vous avez de quoi discuter à table si votre jeune cousin se met à parler séries US !

Rendez vous très prochainement pour faire un petit point… sur les séries françaises de ces derniers temps ! (car oui, autant vous le dire tout de suite, les épisodes de séries diffusés sur la télé US ou anglaise la semaine prochaine, ça se compte sur les doigts de la main…)

 

 

La semaine dernière, on ne trouvait pas grand chose de nouveau et de qualitay à se mettre sous la dent du lundi au mercredi soir. L’espoir viendrait-il de la très chargée soirée du jeudi soir, du vendredi plutôt SF et fantastique, ou dimanche à vocation familial ? Je crois, mes amis, qu’il n’y a pas beaucoup d’espoir en vue…

JEUDI SOIR :

Le topo :

A 20h00 sur ABC vous pouvez signer votre arrêt de mort. Si si, je vous assure. Rassemblez les suicidaires et les masochistes (mais violents les masochistes, on peut pas dire qu’on s’adresse à des chochottes là). Comme beaucoup de personnes qui se sont forcées à regarder le pilote en entier, je me suis moi aussi retrouvé à pleurer du sang, à sentir la mort tout autour de moi, à entendre des voix me poussant à descendre à Marseille pour exterminer toutes les cagoles (à défaut de pouvoir défenestrer les bimbos terrifiantes de L.A.), et à ne plus sentir mon corps m’appartenir. Expérience hautement traumatique (bien plus qu’un séjour en Afghanistan) prouvée scientifiquement : 90% des spectateurs souffrent de PTSD pendant plusieurs semaines après le visionnage. De quoi je parle ? Mais de Charlie’s Angels, bien entendu, le remake abrutissant des Drôles de Dames des années 70. Scénarisée par les deux scientifiques diaboliques responsables de Smallville (Miles Millar et Alfred Gough), on a l’impression qu’ils ont lavé le cerveau de Drew Barrymore (la seule solution pour qu’elle ait accepté de produire se ramassis de clichés honteux) et sans doute ceux du réalisateur et du monteur qui ont commis cette aberration de la nature. Une effroyable catastrophe sur laquelle on reviendra forcément beaucoup plus longuement dans quelques temps (enfin, si on survit au visionnage d’autres épisodes).

A 20h30, vous reprendrez bien une petite dose de show absolument horrible qui vous donne envie de mettre votre tête dans un four ? La plus que honteuse How to be a gentleman aurait déjà parut vieillotte et dépassée en 1987, vous savez l’année où a démarré 21 Jump Street ! Non seulement le discours est édifiant (tout intello a besoin d’un redneck, d’un tocard, pour apprendre à devenir un vrai homme) mais en plus les répliques ne sont pas drôles, les acteurs mauvais, les décors immondes… Un petit plaisir coupable ? Non, même pas en fait. Et ouf, soulagement, la série est annulée après deux épisodes. Il y a une justice en ce monde.

A 21h00, les choses ne s’arrangent pas tellement. Person of interest n’est pas une catastrophe atomique, mais on ne peut pas dire que la nouvelle série de J.J. Abrams (sur laquelle il n’a pas dû passer tellement de temps à notre avis) soit vraiment digne d’être regardée. Écrite par le frère de Christopher Nolan, Jonathan Nolan, on sent clairement l’ombre du succès familial sur le pitch hautement improbable de ce concept show : un ancien agent de la CIA a construit une machine qui analyse toutes les écoutes américaines pour prévoir à l’avance de futurs attentats. Mais par un retournement de situation oh combien rocambolesque, voilà que la machine fait aussi une liste de numéros de sécurité social de personnes coupables ou victimes d’un futur crime. Du coup, notre agent, le monsieur à lunettes rescapé de Lost, mais si vous savez, le chef des autres, il fait appel au mec qui reprenait le rôle du prisonnier dans le remake récent pour qu’il résolve les enquêtes. Et voilà. Un cop show de plus avec une morale à la fin du pilote plus que nauséabonde… Sur la CW, on prend l’équipe de The Vampire Diaries et on s’attaque à une autre série de romans de L.J. Smith, The Secret Circle. On passe des vampires à des sorciers, mais le reste se ressemble beaucoup… et a au moins le mérite de prouver combien The Vampire Diaries est surprenante par rapport aux scénarios très attendus du petit cercle de sorciers.

A 21h30, Whitney sur NBC tente de nous faire rire. Elle n’y arrive pas (pour l’instant).

A 22h00, la bonne surprise vient de Prime Suspect, sur NBC. Certes, c’est la énième adaptation d’une série anglaise, certes c’est encore un show policier, certes le personnage de femme forte dans la police a déjà vu et réussi dans The Closer, mais c’est indéniable : Prime Suspect opère une sorte de charme difficile à expliquer sur son spectateur.

Le gagnant :

Sans surprise, il s’agit de Prime Suspect, la seule nouvelle série du jeudi à ne pas vous endormir ou à vous faire vomir. Ce n’est pas la révélation du siècle mais assurément ce qui se fait de mieux en terme de cop show féministe à tendance réaliste. Du coup, tous ceux qui n’ont pas vu The Closer peuvent se jeter dessus. Les autres, c’est à vous de voir…

VENDREDI SOIR :

Le topo :

A 20:00, sur CBS, on tente un petit peu de nous embrouiller en nous refilant le concept de Bonbon Sucré (Ghost Whisperer partout dans le monde) en le mêlant à un show médical. Du coup, nous voici avec un neurochirurgien dont la plastique est digne de Grey’s Anatomy, le caractère lorgnant clairement vers House, qui parle aux fantômes comme Jennifer Love Hewitt. A Gifted Man n’en est pas pour autant dépourvu d’intérêt et au bout de deux épisodes je dois clairement avouer que je ne vois pas du tout, mais alors pas du tout, vers quoi le reste de la série se dirige. Pour l’instant très feuilletonnante, elle propose des scénarios qui oscillent entre des moments clichés au possible et de vraies surprises forcément très sympathiques. Du coup, j’attendrai bien la suite pour émettre un vrai jugement !

Le gagnant :

Humm… oui, le suspense est pas terrible pour le coup. Faute de concurrent, si vous tenez vraiment à voir une nouvelle série le vendredi soir, ça sera A Gifted Man. En même temps qui sait si ça ne va pas s’avérer vraiment passionnant par la suite ?

DIMANCHE SOIR :

Le topo :

A 22h00, une vraie révolution s’est installée sur Lifetime depuis tout de même une dizaine de semaines (mais bon, on va dire que c’est une nouvelle série, ok, ça m’arrange pour la suite de l’article) : leur première vraie bonne série ! Against the Wall se présente comme un cop show relativement classique, et forcément mené par deux femmes vu qu’on est sur Lifetime, la chaîne des femmes (mais celles qui ont d’habitude plutôt mauvais goût). Le truc c’est qu’elles travaillent pour les affaires internes (la police des polices quoi) alors que l’héroïne est la seule fille d’une famille de quatre enfants… dont tous les frangins et le papa sont flics. Si vous vous demandez si ça suffit à faire la différence, je peux vous affirmer que oui et que les scénarios de Against the Wall sont plutôt surprenants et changent du traditionnel meurtre/enquête/résolution avec une blague sur le temps que le coupable va passer derrière les barreaux. Après, on reste chez Lifetime. Comprendre par là que la série avance avec très peu de moyens et que malgré toute la bonne volonté de l’équipe technique on fait face à quelques moments plutôt cheap…

Sur ABC, on nous propose de nous envoler avec la Pan Am. Le casting trois étoiles ne masque pas le vide abyssal de l’intrigue du pilote, obligé de recourir à une curieuse (et très peu probable) histoire d’espion histoire de nous maintenir un peu éveillé. A surveiller malgré tout, ne serait-ce que pour le joli minois de Christina Ricci.

Enfin, sur Showtime, on peut retrouver une autre idole de notre jeunesse, Claire Danes. Femme d’action qui a l’air d’avoir un sacré grain dans la tête, elle resplendit dans ce Homeland particulièrement paranoïaque et superbement écrit. L’histoire d’une agent de la CIA persuadée que la libération d’un militaire américain disparu il y a neuf ans et maintenant acclamé en héros fait partie d’un complot d’al-Quaeda… Oui, paranoïaque, c’est bien le mot !

Le vainqueur :

C’est haut la main que Homeland devient LA nouvelle série à voir le dimanche soir… et sans doute LA nouvelle série à regarder tout court (avec American Horror Story dans un tout autre genre). Magistralement écrite, superbement réalisée et donnant enfin à Claire Danes l’occasion de resplendir comme à la bonne époque de My so called Life, Homeland vient de sauver la rentrée. Merci Showtime !