Tag Archive: House of Cards


Alors qu’on est plutôt enthousiasmé par la nouvelle d’un nouveau film Farscape (une vieille série de SF dont seuls quelques aficionados se souviennent…) et qu’on est plutôt atterrés par l’annonce de NBC du retour de Heroes en 2015 (avec un changement de casting), il faut bien l’avouer cette semaine c’était vraiment du grand n’importe quoi. On vous a quand même trouvé pas moins de sept nouveautés et on fait le bilan de six séries qui prennent la porte. La bonne nouvelle ? C’est qu’on va enfin vous dire s’il faut risquer un Hadopi pour House of Cards saison 2.

Quand on vous dit qu’il se passe des choses graves, on déconne pas…

EDGE OF HEAVEN (UK – Nouveauté) 

Et on commence par la gamelle de la semaine, qui nous vient d’Angleterre, avec la catastrophique Edge of Heaven à propos (et là je cite le site officiel de ITV) “d’un Bed & Breakfast à la thématique années 80.” Pour tout vous dire, je n’ai pas réussi à aller au bout du pilote. Les acteurs sont pathétiques, les décors font penser à des vieux restes de chez AB, il n’y a strictement aucun rythme, la réalisation est à la ramasse et surtout, surtout, c’est monstrueusement PAS DROLE. Une horreur bien dégueulasse qui prouve une fois de plus qu’il n’y a pas qu’en France qu’on peut pondre des grosses bouses infâmes.

 

SUSPECTS (UK – Nouveauté) 

Nettement meilleure, l’originale Suspects ne brille pas par l’ambition de son propos (c’est une série policière de plus) mais bien par sa manière de se présenter. En effet, comme on avait pu le voir en France dans Foudre ou la magistrale Ma Terminale (ah oui, je vous sort de la belle et bonne série oubliée là !), les dialogues de personnages sont improvisés par les acteurs à partir de situation pré-établies. Le tout donne effectivement une impression de réalisme rarement vue avant, mais le gros souci c’est qu’on a bien du mal à se familiariser avec les différents héros et que l’émotion fait peau de chagrin. Il faudra donc voir sur le long terme s’il s’agit d’une fausse bonne idée ou d’une vraie révolution pour le cop-show… et on espère quand même que ça sera  la deuxième solution !

 

THE SMOKE (UK – nouveauté) 

Au début, les choses commençaient mal pour The Smoke. Une bande de pompiers bien gaulés (dont le fils d’Adama, sans son gros bide mais avec des abdos) qui lutte contre le feu. On pense inévitablement à Chicago Fire, version encore plus bourrée de testostérones d’une caserne où il se passe des choses bien mouvementées. Sauf que ce show anglais n’a ni les moyens ni l’ambition de la série de Dick Wolf, et ce n’est pas une pauvre intervention dans une banlieue sinistre qui va pouvoir faire face à une explosion d’immeuble qui saccage une route qui fait se renverser un camion citerne… Alors, la messe serait-elle dite ? Et bien pas vraiment. Car The Smoke cache habilement son vrai ressort scénaristique pour ne le faire jaillir que dans les dix dernières minutes du pilote. Oh, pour sûr, on l’a senti monter, lentement, doucement – mais putain quelle scène magistrale ! En pleine réception bien chic et bien coincé du cul, au cours de laquelle notre héros doit recevoir une médaille, le voilà qui… ah mais non, ça on le garde pour nous. Si un petit peu de teasing peut vous pousser à aller regarder cet épisode en entier, alors on aura fait au moins une chose bien cette semaine…

 

DOLL & EM (UK – Nouveauté) 

Et enfin, n’oublions pas les sympathiques Emily Mortimer (vue récemment dans The Newsroom) et Dolly Wells (une habituée des petites séries télé UK), deux actrices fort sympathiques et bourrées de talent qui s’illustrent dans un mockumentary (faux documentaire) intitulé comme il se doit Doll & Em. Le pilote est amusant mais est surtout sauvé par l’interprétation et la complicité des deux femmes, car on ne peut pas dire que le scénario (ronflant) ou la mise en scène (déjà vue) fassent des étincelles. A réserver aux fans du genre et/ou des deux comédiennes, en attendant d’en voir un peu plus…

 

LOVE CHILD (AU – Nouveauté) 

Passons du côté de l’Australie pour découvrir Love Child, ambitieuse drama sur le service maternité d’un hôpital australien en 1969 soit en pleine révolution sexuelle. Le décor est intrigant, les thématiques engagées (et n’ont jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui – il y a notamment tout un discours sur la pilule que l’on ferait bien de rappeler à certains…) mais, car il y a un mais, le tout fait affreusement penser à des dizaines d’autres dramas historiques à tendance soap comme on a pu en voir en Australie ou en Angleterre. Le pilote manque de conviction et laisse le spectateur sur sa faim. Mais qui sait si la suite n’en a pas beaucoup plus dans le ventre ?

 

CLARENCE (US – Nouveauté) 

Que penser de Clarence, la nouveauté animation de Cartoon Network présentée cette semaine ? Et ben pas grand chose. Le pilote repose sur des personnages et des situations beaucoup vus ces derniers temps dans l’animation pour adulte et le concept ne percute par son originalité. Le côté “vraies aventures d’enfants” ne prend pas vraiment et on se prend à soupirer dans les dix minutes que dure le pilote. Bref, on va pas juger la série sur si peu de temps, mais vous aurez compris qu’on est loin d’être enthousiaste…

 

STAR CROSSED (US – Nouveauté)

Et enfin, la dernière nouveauté de la semaine c’est la très estampillée CW Star Crossed, vrai remake de Roméo & Juliette mais avec des extra-terrestres. Bon, on va pas vous raconter des histoires, on est dans la plus pure tradition CW, avec une galerie d’ados têtes à claque, des moyens plus que limités, une musique bien teenage et des sentiments gros comme des camions, voir des chalutiers. Ça reste très marrant à regarder et plutôt bien rythmé, ça rappellera Roswell à ceux qui étaient ados dans les années 90, et ça énervera tous ceux qui veulent de la profondeur, une réal en béton armé et des comédiens qui savent jouer. Ah oui, parce que là on sent que c’est la première fois qu’ils passent devant l’écran nos petits jeunes.

 

Michael J Fox Show - portraitSUPER FUN NIGHT ; THE MICHAEL J. FOX SHOW ; SEAN SAVES THE WORLD (US – séries annulées ou sur le point de l’être) 

C’est peu dire que cette année les nouvelles sitcoms ont été d’un niveau assez atterrant. Le public ne s’y est pas trompé et a boudé la plupart des programmes, la preuve en est avec Super Fun Night (sur ABC), The Michael J. Fox Show et Sean saves the world (sur NBC). Si Super Fun Night était mal pensée et aberrante dans son concept qui ne sera tenu par aucun des scénaristes ; J. Fox et Sean jouaient sur les vieilles recettes épuisées et fatigantes déjà sur-utilisées par la fameuse Modern Family. Alors non, on ne sauvera rien de ces trois programmes poussiéreux et fatigant qui ont dû au total nous arracher trois sourires… et beaucoup de soupirs. Bye bye.

Final Score (commun) : 3/10

 

UNCLE (UK – saison 1)

Ah je ne résiste pas à la tentation de vous mettre le trailer de Uncle, sans doute l’une des meilleures séries diffusées ces derniers mois. Un oncle musicien looser et son neveu ado qui a un balais dans le cul se retrouvent coincés ensemble pour notre plus grand plaisir.  Ne cédant jamais à la facilité ou au happy end indélicat, le show se montre d’une incroyable vérité sur les rapports adultes/enfants et prouve qu’il y a encore beaucoup à dire sur la famille. Et si ce n’était que ça, mais non ! Ajoutez un humour éclatant, un vrai rythme, des comédiens qui s’éclatent et une réal… bon ok, la réal n’est pas terrible, mais elle sait faire preuve d’idées sympathiques lors des passages “clipés” pour accompagner les chansons farfelues qui se cachent dans les différents épisodes. Allez, on vous le dit une dernière fois : Uncle, c’est génial, et vous devriez la regarder !

Final Score : 8.5/10

 

FLEMING, the man who would be Bond (UK – saison 1)

Plus dispensable, mais malgré tout foutrement sympathique, Fleming, the man who would be Bond (qui gagne instantanément le prix du titre le plus long de l’année), est plus une série amusante d’espionnage qu’un vrai biopic sur la vraie/fausse vie du créateur de 007. Acteurs impeccables, réalisation soignée (même si certains décors “numériques” font un peu cheap), musique et ambiance dans le respect et l’hommage des aventures du célèbre espion : Fleming est vraiment très agréable à regarder. Mais nous laisse un peu sur notre faim. Quel propos la série veut-elle défendre, pourquoi les auteurs nous racontent-ils cette histoire ? Il y a bien un (léger) discours sur l’homme qui voudrait être un soldat reconnu mais doit rester dans l’ombre… pas franchement palpitant ni suffisant pour nous exciter plus que ça. Ce n’est pas une raison suffisante pour bouder notre plaisir devant ces quatre épisodes au rythme implacable et que l’on recommandera aisément à la quasi totalité d’entre nous.

 

HOUSE OF CARDS (US – saison 2)

“Democracy is so overrated…” : c’est clair, House of Cards n’a rien perdu de sa verve… Mais cette deuxième saison tant attendue est-elle à la hauteur de nos espérances ? (et vu qu’elle n’a pas fait crasher les internets mondiaux comme certains le prévoyaient, on est déjà un peu triste !) La réponse, pour vous la faire courte est un grand, franc et massif : OUI. Même si vous étiez trois fois plus fan de l’extraordinaire Boss que des premières aventures de Francis Underwood. Comment, pourquoi, on vous explique tout ça.

Le seul vrai point noir de la série concerne son pilote qui nous balance quelques grosses surprises qui, même si elles sont franchement amusantes, restent des purs moments de décrédibilisation du personnage. Comment Beau Willimon, le showrunner, a pu laisser passer ça, on se le demande (en fait, la réponse est toute simple : c’est lui qui a écrit l’épisode !)

La bonne surprise du pilote – confirmée dans la suite de la série – c’est que les apartés de Franck fonctionnent nettement mieux que dans la saison précédente. Soutient des émotions des personnages ou à vocation purement pédagogique pour mieux nous faire comprendre les enjeux de certains passages un peu obscurs, elles s’intercalent définitivement mieux qu’avant dans l’univers et créent quelques dérapages qui sont autant de rebond dans un rythme déjà bien maîtrisé. La connivence avec le spectateur est du coup facilité et reste l’un des points forts de la série.

L’autre très bonne surprise, c’est que Kevin Spacey est enfin au top de sa forme. On l’avait trouvé un peu flappy et fatigué en saison 1 (où il faisait pâle figure face au Tom Kane de Kelsey Grammer, toujours dans Boss…), on le retrouve remonté à bloc et incroyablement dynamique. Sans doute parce qu’il y a du lourd, du très très lourd face à lui : la délicieuse Robin Wright prouve une fois de plus qu’elle a bien grandi depuis ses années dans Santa Barbara et incarne à merveille une Claire Underwood qui en viendrait presque à faire plus flipper que son mari.

C’est que toute la saison est construite autour de ce couple et s’affirme, en quelque sorte, comme une vraie histoire d’amour dans le milieu du pouvoir. Plus que jamais Franck n’est rien sans Claire et Claire accompagne son mari, prête à faire tous les sacrifices pour assurer sa domination. L’occasion de retrouver les scènes de cigarette où tout se joue dans un détail, une manière de parler ou de se poser, dans un regard amoureux ou un sourire en coin.

Saison plus fluide, mieux rythmée et maîtrisée tant au point de vue du scénario que de la réalisation, cette deuxième fournée d’épisodes est un pur plaisir qui ravira les fans de la première heure et devrait donc aussi convaincre ceux qui avaient été laissé sur le carreau l’année dernière. On attend maintenant avec impatience (et oui, déjà !) la troisième saison en se demandant quand même bien ce qu’elle va pouvoir raconter…

Final Score : 9.5/10

Au royaume de la série américaine, il y a des pans entiers de programmes oubliés. Passés tel des étoiles filantes, ils ne nous poussent qu’à faire le voeu qu’ils ne reviendront pas. Bon, non, ok, on force le trait car dans les huit séries qu’on a testé pour vous, il y a quand même quelques perles.

La bonne nouvelle, parce que y a quand même eu des bonnes nouvelles, c’est que Netflix nous a tout balancé la saison 2 de House of Cards (enfin, pas pour nous les français, mais bon) et que 2% des utilisateurs du service de vidéo à la demande aurait déjà fini de regarder les treize épisodes. On revient dessus très bientôt, mais nous on est plutôt convaincu. A noter aussi le retour de l’excellente Line of Duty, série anglaise qui avait fait un véritable carton l’année dernière, et qui nous a offert un premier épisode franchement jouissif. Une sorte de The Killing version police des polices foutrement bien écrite et au sens du rythme parfaitement maîtrisé…

HOSTAGESHOSTAGES (saison 1 – série terminée)

Série au passé bizarre, adaptation d’un programme israélien qui ne sera diffusé qu’après la version américaine, Hostages raconte la douloureuse mésaventure d’une famille prise en otage par des mecs très bizarres qui veulent que la maman tue le président des Etats-Unis. La maman en question, une Toni Collette mortifère à qui on aimerait bien pouvoir donner à manger, est en effet la chirurgienne qui doit s’occuper de l’homme le plus important du monde libre (ah ah ah.) Et croyez le zou non, mais il y a un twist car le chef des preneurs d’otage, le séduisant mais définitivement perdu Dylan McDermott, est en réalité un agent du FBI. Ah ouais, ça vous la coupe.

Feuilleton sans grand intérêt aux rebondissements patauds et excessifs, Hostages se veut une réflexion cinglante sur la cellule familiale, dans laquelle on devrait se sentir en sécurité mais qui est boursouflée de secrets. Le discours est asséné au kilo (papa trompe maman, la grande soeur est enceinte, le fiston vend de la drogue) et manque clairement de finesse pour toucher le spectateur. Bon, ok, on n’aurait pas du en attendre plus d’une production Bruckheimer pour CBS, mais reconnaissons lui au moins le mérite d’avoir pour un temps abandonné le formula à la papa (les CSI et cie) pour tenter le feuilletonnant. Vu la claque qu’il s’est ramassé en terme d’audimat, je doute quand même qu’il remette ça l’année prochaine.

Final Score : 5/10

Spoils of BabylonSPOILS OF BABYLON (saison 1 – série terminée)

C’est peu dire qu’on attendait beaucoup de The Spoils of Babylon depuis la découverte de son incroyable trailer (voir plus bas.) Forte d’un casting phénoménal et d’une pléthore d’auteurs géniaux, cette vraie fausse saga imaginée en tant qu’hommage à cinquante ans de cinéma américain devait casser la baraque. La vérité, c’est que la quasi intégralité des blagues sont contenues dans cette bande annonce et que le show, au final plutôt prétentieux, se perd dans des circonvolutions purement esthétiques qui ne feront sourire que les plus calés d’entre nous en septième art. Ca aurait pu être un délirant joujou inventé par une bande d’étudiants en histoire du cinéma, c’est au final une blague d’initiés, une immense private joke, mais certainement pas la comédie géniale et intelligente qu’on attendait.

Final Score : 5/10

DraculaDRACULA (saison 1 – en hiatus)

On aurait bien aimé vous dire que Dracula c’est absolument génial. Déjà parce que c’est l’occasion de retrouver Jonathan Rhys Meyer, et qu’il s’éclate dans le rôle du conte aux dents acérés. Mais aussi parce que le showrunner n’est nul autre que Daniel Knauf, le créateur de la regrettée Carnivale. Sauf que le résultat est loin, très loin, d’être à la hauteur. Passons sur la réalisation poussiéreuse et les effets spéciaux ultra cheap, passons sur l’interprétation scandaleusement outrancière de Jonathan et sur les seconds rôles pas franchement à l’aise, le problème reste que les auteurs ont plus voulu reprendre Le Conte de Monte-Cristo que de s’attaquer à la légende du prince des vampires. Ce micmac donne au final une intrigue de vengeance ultra complexe et mal fichue, mélangée à un univers fantastique mal dégrossi, mal présenté et régulièrement incohérent. Il y a quelques idées absolument géniales (comme la lutte pour le contrôle de l’énergie et de l’électricité dans l’Angleterre du XIXème) et il faut bien avouer que la démesure du projet a quelque chose de fascinant, mais le tout laisse le spectateur sur le carreau. Un peu comme un vampire nous aurait hypnotisé pour nous forcer à regarder ce machin mais qu’au final on n’y comprenait strictement rien. Dommage.

Final Score : 6/10

RavenswoodRAVENSWOOD (saison 1 – série annulée)

C’était le plaisir coupable de la saison, mais elle a malheureusement déjà été annulée : Ravenswood, spin-off de la déjà très excessive Pretty Little Liars, est une série fantastique foutrement incompréhensible sur cinq gamins voués à mourir à cause d’une malédiction posée sur un village pour ne pas avoir à perdre ses habitants dans la guerre (enfin je crois.) Sauf que dès le début, y en a une qui meurt et revient en fantôme, et qu’elle est la réincarnation de la première gamine à avoir été sacrifiée – et son amoureux de l’époque était Caleb, le personnage transfuge de PLL, et qui a l’air de ne jamais comprendre dans quoi il a foutu les pieds. Catastrophe scénaristique assumée jusqu’au bout, Ravenswood peut se targuer de nous avoir servi le casting le plus inadéquat vu à ce jour et vraisemblablement le plus démuni de talent. C’est une spirale infernale fascinante… mais pas trop quand même, vu qu’on s’en lasse vite.

Final Score : 0/10 pour tout le monde, 6/10 sur les fans de PLL qui veulent voir comment les auteurs ont charcuté ce pauvre Caleb.

Sleepy-Hollow-Season-1-Poster-4SLEEPY HOLLOW (saison 1 – série renouvelée)

Chérie, ils ont refait X-Files, mais avec les cavaliers de l’apocalypse, des démons venus de l’enfer, et un ancien soldat de la guerre d’indépendance qui se réveille à notre époque. Ah oui, et le cavalier sans tête, parce qu’il fallait bien justifier le titre de cette série fantastique made in Fox, conçue pour remplacer Fringe par des auteurs de Fringe (mais sans JJ, trop occupé à aller fricoter avec le monde du cinéma.) Si les scénarios sont quelque peu attendus et les comédiens pas inoubliables, si la réalisation fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a et que l’ambiance gagnerait à être plus prégnante (mais elle s’améliore au fil de la saison), il faut bien reconnaître que le résultat est ni plus ni moins que ce que l’on attendait. On pardonne donc aisément les grosses ficelles (oh tient, il y a un réseau de tunnel qui parcourt la ville et dans lequel on va pouvoir trouver la solution aux trois quarts des mystères rencontrés…) et on prend avec le sourire les nombreux clins d’œils à d’autres séries ou films du genre.  Kurtzman et Orci, les showrunners, ont de plus une vraie science du dialogue et de l’utilisation d’un duo de héros, ce qui rend l’affaire bigrement dynamique et sympathique. Bref, on est loin de la série de l’année, mais voilà un show suffisamment fun pour occuper vos vendredi soirs de perdition.

Final Score : 7/10

 betrayalBETRAYAL (saison 1 – série annulée)

C’est ma série mal aimée de l’année. Soap chargé de la lourde tache d’accompagner Revenge, Betrayal nous plonge dans les affres de la trahison, de la tromperie et du mensonge. Une jeune photographe, mère de famille heureuse et mariée à un procureur de génie, tombe amoureuse d’un avocat aux contacts douteux, marié et père de famille heureux. Ils se repoussent, ne veulent pas céder à la tentation mais finissent par le faire (bah oui parce que sinon y a pas de série.) Et là, badaboum, y a un meurtre et tout se complique : le procureur et l’avocat chargé de l’affaire, ben c’est les deux mecs… Plombée par une intrigue policière foutraque et mal maîtrisée, Betrayal touche par contre plutôt juste quand elle s’intéresse à la déliquescence d’un couple, à l’attraction fatale entre deux êtres, aux promesses impossibles à tenir. Mal foutue dans son ensemble, le show est capable de quelques trouvailles et de scènes vraiment touchantes (il y a d’ailleurs toute une métaphore visuelle sur les trains et les gares assez géniale.) Une fois arrivé au bout, difficile de bouder son plaisir et de se moquer d’une série qui ne manque pourtant pas de points faibles. La vérité, c’est que Betrayal a suffisamment de moments de grâce pour rester dans votre cœur. Mais jamais, au grand jamais, vous n’en parlerez à vos amis. Et encore moins sur un blog…

Final Score : 7/10

american horror story covenAMERICAN HORROR STORY : COVEN (saison 3 – série renouvelée.) 

On ne va pas faire durer le suspense : oui, cette troisième itération de American Horror Story est bien la meilleure. On craignait le pire avec cette histoire de sorcières adolescentes dont la présentation est quelque peu archétypale ; mais en réalité le show offre les personnages féminins les plus intrigants, fouillés, et crédibles qu’on ait vu depuis fort longtemps. Servi de main de maître par des réalisateurs qui s’éclatent avec ce joujou où tout est permis (et même sérieusement recommandé), le casting atteint des sommets avec notamment une Jessica Lange qui mériterait amplement de recevoir tous les prix de la terre. Et si le scénario se perd une nouvelle fois dans des détours qui ne seront jamais expliqués, peu importe : c’est la marque de fabrique de la série. Le dernier épisode recadre la thématique de la saison et démontre que la trame générale a été pensée avec tout un discours en tête. Alors si vous n’avez pas peur de voir des jeunes filles s’enterrer, se démembrer, se recoudre, se faire manger des trucs dégueulasse et surtout, surtout, lutter pour le pouvoir, jetez vous sur Coven et sa bande son impossible à oublier.

Final Score : 8/10

eagleheart - paradise risingEAGLEHEART (saison 3 – série en hiatus mais probablement terminée)

Le problème avec Eagleheart, c’est qu’on se demande toujours à qui le recommander. Parodie explosive de Walker Texas Ranger, ce show absurde et décalé ne fait pas dans la dentelle. Avec cette troisième saison conçue comme une saga de conclusion (et surnommée Paradise Rising), la série atteint des sommets de comédie absolument jouissifs… mais qui ne feront certainement pas rire tout le monde. Pour ma part, c’est l’un de mes shows préférés, et comme une bonne vidéo vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse avec le trailer.

Final Score : 9/10

 

Et à la demande générale d’une personne qui se reconnaîtra, on vous informe que le 24 février c’est le retour de notre soap préféré, le merveilleux Dallas, pour sa troisième saison version XXIème siècle. On vous laisse avec le trailer et on se donne rendez-vous dans quelques jours…

Nouvelle semaine en deux parties, et on commencera une fois de plus avec les départs. Si tout le monde veut savoir ce que vaut réellement House of Cards, la série réalisée (en partie) par David Fincher avec Kevin Spacey dans le rôle principal, on s’intéressera aussi à une série sur le monde de l’art, une parodie de la télé-réalité US, un show totalement illuminé et très inquiétant, une mini-série très anglaise, ainsi que LA catastrophe la plus retentissante de cette année, signée Ricky Gervais. 

white collar s4

White Collar (saison 4)

Dans le monde de plus en plus improbable de la série policière qui cherche à se frayer un chemin hors des sentiers battus, White Collar avait plutôt fait bonne impression il y a quatre ans avec son concept novateur et ambitieux. Ou comment un ancien faussaire va travailler pour le flic qui l’a pourchassé aux quatre coins du monde.

Une fois passée la découverte d’un monde peu vu à la télévision (celui du trafic d’art), une fois passée l’agréable surprise d’une réalisation plutôt soignée quoique franchement pas très originale, et une fois passée le sentiment d’avoir des acteurs vraiment investis dans leurs personnages, il reste que White Collar s’essouffle et donne l’impression d’avoir déjà fait le tour de tout ce qu’il était possible d’inventer autour de ce concept.

Les fans les plus acharnés resteront pour le feuilletonnant qui s’intéresse, cette fois, au passé de Neal, le héros, et en particulier à son très mystérieux père. Autant vous le dire tout de suite, les révélations ne sont pas franchement à la hauteur et même l’ultime retournement final ne vous déclenchera pas une crise cardiaque (si déjà il arrive à vous réveiller…)

La série va revenir l’année prochaine pour une cinquième saison et on espère que les producteurs auront l’intelligence d’injecter du sang neuf dans l’équipe de scénaristes – ou que du moins, ils accepteront de bousculer un peu une formule qui commence à s’endormir. Car il serait vraiment dommage d’enterrer totalement cette charmante série, de la rendre ridicule au fil des années en perpétuant des schémas qui n’ont plus lieu d’être. White Collar était innovante, il est grand temps qu’elle le redevienne.

Final Score : 6/10

White Collar fut à ses débuts l’un des cop-show à ne pas manquer. Aujourd’hui, la série s’essouffle et a besoin de renouveau. Tous ceux qui ne sont pas totalement fans peuvent vraiment faire l’impasse sur cette saison.

 kroll show

Kroll Show (saison 1)

Dans la grande lignée des comiques qui arrivent à décrocher un show qui porte leur nom, je demande Nick Kroll, trentenaire juif et décalé qui fait les beaux jours de la série The League avec le rôle de Ruxin.

Ici, Kroll s’en prend à la télé américaine avec comme cible de prédilection les innombrables télé-réalité sur des publicitaires, des dentistes, ou même tout simplement un ado obèse ou un ado débile. Seul souci, Kroll connaît tellement bien son sujet qu’il en oublie parfois d’être vraiment drôle et donne l’impression de seulement copier ce qu’il veut critiquer…

A part ça, on notera bien un ou deux sketchs amusants et une bande de comédiens qui s’éclate. De quoi passer un bon moment mais absolument rien d’extraordinaire. Bref, si la série ne revenait pas l’année prochaine, ce ne serait franchement pas un drame…

Final Score : 6/10

En fond lors d’une soirée whisky-coca avec des amis, The Kroll Show peut avoir un réel intérêt. Tout seul, à la maison, nettement moins. A vous de voir si vous avez des amis prêt à tenter l’aventure.

Enlightened season 2

Enlightened (saison 2)

S’il y a bien une série qui m’a rendu fou ces derniers temps, c’est Enlightened. Chef d’œuvre (bon ok, non, très bonne série) ou mauvais trip à vomir ? Cette série de vingt-six minutes sur une jeune femme totalement illuminée qui décide d’agir pour améliorer la société – et qui dans cette deuxième saison va s’en prendre à la boite pour laquelle elle travaille et qui cache de noirs agissements – laisse totalement perplexe.

C’est qu’on n’arrive jamais à savoir s’il s’agit d’une excellente comédie sur le pouvoir de la foi ou d’un exécrable préchi-précha religieux, simpliste et ridicule. Second degrés fin et intelligent ou premier degré balourd et moralisateur ? Alors qu’on rigole beaucoup au fil des épisodes, et qu’il faut souligner la qualité de l’ensemble du programme, il ne cesse d’y avoir des séquences qui font froid dans le dos tant on n’arrive pas à savoir si c’est du lard ou du cochon. En particulier ces passages de voix off qui hésitent tellement entre la comédie et le sérieux qu’on se demande ce que veulent réellement raconter les auteurs.

Mais au final, voici bien une des rares séries qui vous colle à la peau bien longtemps après avoir éteint votre écran…

Final Score : ???

Difficile de donner un avis définitif sur Englihtened. Je crois bien que la seule solution, c’est encore que vous regardiez un ou deux épisodes pour vous faire votre propre opinion…

Mayday

Mayday (mini-série)

C’est donc le nouveau grand trip de la BBC, la première chaîne publique anglaise : diffuser des mini-série de cinq épisodes sur cinq soir d’affilés ! Cette semaine, on avait donc droit à Mayday, polar à l’ambiance légèrement paranormal sur la disparition d’une jeune fille dans un petit village.

Pur prétexte à brosser une galerie de personnages aux trajectoires plus ou moins (mais quand même plus) intéressantes, l’enquête vous laissera forcément sur votre faim lors de sa résolution. Plutôt bien filmé et bien joué, le show peut vous accompagner tranquillement sur une petite semaine – il semble vraiment avoir été conçu pour ça. Mais y a-t-il vraiment plus à en tirer ? La réponse est tout simplement non, tant tous les éléments mis en place rappellent d’autres séries ou même certains films. Sympathique Mayday, mais vraiment pas originale. Dommage.

Final Score : 7/10

Honnête, Mayday est un programme divertissant et assez intelligent mais terriblement déjà vu. Sympathique, donc, mais pas du tout indispensable.

Ricky Gervais as Derek

Derek (saison 1)

Les amis, la télévision anglaise va mal en ce moment. Ses grands auteurs ne savent plus de quoi parler (Black Mirror), ses jeunes talents ne parlent de rien (Utopia.) On sait aujourd’hui que c’est vraiment la crise quand l’enfant terrible des écrans UK, l’infatigablement irrévérencieux Ricky Gervais, en autre créateur de la cultissime The Office, plonge dans un abyme sans fond.

Avec Derek, l’auteur aurait voulu parler de la vieillesse, de la manière terrifiante dont la société actuelle traite ses personnages âgées ; mais il tombe dans la mièvrerie irritante, avec des séquences clipées tire-larmes sur fond de musique au piano absolument abjecte. A trop vouloir nous faire aimer ses petits vieux, il nous rend le sujet désespérant et pathos à mort. Sur ce point-là, donc, c’est un échec total.

Mais Derek, c’est aussi un personnage principal rejeté par la société mainstream à cause de ses problèmes sociaux, sa manière de parler et même de son physique très ingrat. S’il paraît évident que le personnage fait écho aux problèmes liés à l’autisme, Gervais s’en défend complètement et assure que son personnage n’est pas non plus déficient mentalement. On se demande bien pourquoi il refuse de jouer le jeu tant cela n’a pas franchement d’impact sur le show. Peut-être est-ce pour contrecarrer les premières critiques sur le show, faites par des associations de défense des droits des handicapés, qui considéraient que Gervais se moquait ouvertement et méchamment. Le souci, au final, c’est que Derek est beaucoup trop gentil et innocent pour tenir le rôle principal de ce genre de comédie. Quand tous les autres personnages lui balancent des fleurs pendant le dernier épisode, c’est non seulement fatigant, mais en plus limite gerbant tant on a l’impression que c’est Gervais qui se congratule lui-même à travers le prisme de ses comédiens.

Même la réalisation, qui utilise une fois de plus le principe du mockumentary, paraît datée et laisse totalement circonspect sur ce choix qui n’apporte absolument rien au scénario. Les comédiens en font trois tonnes, et les petits vieux qui s’agitent dans le fond ont juste l’air d’être venu pour avoir un thé et des gâteaux gratos. Au final, quand le dernier épisode se termine, on est soulagé de ne plus avoir à supporter ce calvaire. Pas de chance, Gervais a assuré qu’il produirait une deuxième saison que Channel 4 en veuille ou non.

Final Score : 3/10

Pas drôle et même fondamentalement énervante et répulsive, Derek est sans doute LA catastrophe de l’année, surtout en regard de son créateur, Ricky Gervais, qui nous avait habitué à tellement mieux.

House of Cards

House of Cards (saison 1)

Il y a des séries, comme ça, qu’on voudrait ne pas aimer. Sans doute parce qu’elles font parler d’elles trop vite et trop fort, ou tout simplement parce qu’on a l’impression de faire face à un gros matraquage publicitaire. Avec ses nombreux réalisateurs connus (dont Fincher en tête de liste), et son casting imposant (Kevin Spacey, Robin Wright, ou encore Constance Zimmer), House of Cards fait partie de ce genre de projets excessifs qui attirent tout autant qu’ils repoussent. Adaptation d’un programme anglais qui a connu son heure de gloire dans les années 90, le show sent bon la récupération chic et choc. Ajouter à cela qu’il s’agit de la première série de Netflix, un service de vidéo à la demande et pas du tout une véritable chaîne, et il y avait de quoi se poser de vraies questions sur le programme…

La bonne nouvelle c’est que oui, House of Cards est une excellente série. La mauvaise, c’est qu’il faut absolument voir la première saison dans son intégralité pour vraiment en être convaincu. En effet, tout le show repose sur un personnage principal moteur de l’action (Spacey) dont on ne connaîtra véritablement les intentions – et surtout le plan furieusement complexe – que dans les derniers épisodes. Du coup, sur les sept ou huit premiers, on a l’impression que la série part un peu dans tous les sens mais sans trouver la fameuse ligne directrice qui pourrait lui donner son identité.

Si le show se laisse totalement regarder la première fois que ce soit par la qualité de sa réalisation, du jeu des acteurs, et même de la partie “bouclée” des scénarios, c’est donc vraiment rétroactivement qu’il prend toute son ampleur. Il passe alors du statut de simple (!) très bonne série, à celui de petit chef-d’œuvre. Mais qu’on se le dise, House of Cards ne fait rien pour se faire aimer et seuls ceux qui iront jusqu’au bout pourront en apprécier toute la saveur…

Mais aussi être totalement irrité (ou non, c’est une histoire de caractère) par la conclusion qui appelle définitivement une suite. Fort heureusement, vu le succès de ces treize premiers épisodes, une deuxième saison est déjà en cours de production.

Final Score : 9/10

Ne vous laissez pas avoir par tous les petits éléments qui pourraient vous faire abandonner la série : si vous allez jusqu’au bout de House of Cards, nul doute que vous ne regretterez pas d’avoir vu un show de cette qualité.

 

Allez, rendez-vous demain pour faire le point sur les nouveautés de la semaine !