Ca y est, la fin de la saison a commencé ! En route pour une semaine de folie au cours de laquelle on fera le bilan sur pas moins de 18 shows qui ont été diffusés cette année. On commence par les blockbusters ABC, un très bon dessin animé, et deux sitcoms au succès… contrasté.
Regarder Revenge, c’est comme faire un tour sur un putain de bon rollercoaster : c’est totalement inutile, mais ça vous secoue dans tous les sens et vous procure des émotions (très) fortes. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, il s’agit d’un primetime soap, c’est-à-dire d’un show à intrigues à tiroirs dont l’exemple le plus parlant est Dallas. Ici, il s’agit de l’histoire d’une jeune femme qui revient dans la ville de son enfance, sous un faux nom, pour venger son père qui a été accusé à tort d’avoir commis un acte terroriste en faisant exploser un avion.
Après l’énorme succès surprise de l’année dernière (immédiatement copié par les autres chaînes, mais sans le même résultat), cette deuxième saison commençait plutôt mal en annulant purement et simplement les gros évènements du cliffhanger précédent. Quelques réaménagement de casting, des personnages un peu plus lisse (le jeune gay qui se tape une fille pour éviter les polémiques), et une intrigue qui arrive au kilotonne avec un vilain professeur de vengeance et un nouvel amoureux qui veut lui aussi se venger des méchants Grayson.
Mais fort heureusement, c’était pour mieux cacher les rebondissements explosifs qui surviennent par la suite, avec la découverte d’un terrible groupe nommé Initiative qui semble manipuler tout ce beau monde à un point encore plus énoooorme que les Grayson ! C’est donc partie pour 22 épisodes de folie, avec tellement de retournement de situations qu’il serait bien impossible de résumer tout ce merdier en quelques lignes. Et puis il y a le double épisode de fin, semblable à un triple looping vrillé du rollercoaster, et enfin, enfin, la fameuse révélation que l’on attendait tous et qui promet tout plein de changements pour l’année prochaine.
On peut tout de même se demander pourquoi Revenge cartonne autant alors que ses copies s’effondrent les unes après les autres. C’est à mon sens que le show repose sur une recette toute simple mais imbattable. Le premier ingrédient, c’est de rester perpétuellement branché sur ce sentiment si basique mais si terriblement compréhensible qu’est l’envie de vengeance. En appelant le spectateur à se confronter à ses tripes, à ses convictions profonde, Revenge va chercher là où ça fait mal et d’où partent toutes nos obsessions. L’autre ingrédient, c’est le personnage de Emily Thorne / Amanda Clarke, protagoniste fascinante, jamais réellement héroïne, capable de commette le pire pour de très bonnes excuses mais sans que le show ne lui donne raison. C’est qu’elle serait bien fichue de damer le piont au conte de Monté-Cristo ! Quant à ce cher papa Grayson, il y a fort à parier qu’il finira aux cimetières des grands enculés de la télévision, aux côtés d’un certain J.R.
Final Score : 8/10
Oui, Revenge est totalement inutile et à ce sens fort peu recommandable. Mais dans son genre, le primetime soap, elle n’a d’égale que la rolls en la matière, Dallas. Si vous êtes prêts à vous faire secouer dans tous les sens, alors vous pouvez jeter un œil à l’un des plus grands succès publics de la télé US d’aujourd’hui.
L’autre gros succès d’ABC, Once Upon a Time, achevait sa deuxième saison le même soir que Revenge. En gros, c’est l’histoire d’une petite ville, Storybrook, dans laquelle vivent différents personnages de conte de fées. Enfin, entendons nous bien, par conte de fée, il faut entendre chez les américains tout ce qui est plus ou moins tombé dans le domaine public. Alors oui, vous retrouvez le Prince Charmant, la Belle au Bois Dormant, et l’inévitable mais insupportable Blanche Neige, mais aussi Pinocchio, Mulan (on attend tous Dumbo mais il met du temps à arriver), et puis tout l’univers d’Alice au Pays des Merveilles, et maintenant carrément celui de Peter Pan. Bref, le choix est large. Très large.
Si l’idée est intéressante et que la série fut assez convaincante dans son traitement des personnages “négatifs” lors de la première saison (la Reine Noire, le Capitaine Crochet, ou encore le méconnu Rumplestiltskin, c’est à dire chez nous le Nain Tracassin – oui c’est vachement moins classe), cette deuxième fournée d’épisodes s’avère nettement moins enthousiasmante. Produit conçu pour toute la famille, diffusée le dimanche soir à 20:00, Once Upon a Time se doit d’être passe-partout et de véhiculer de jolis messages. On tombe donc rapidement dans une suite de clichés plein de bons sentiments qui finissent par nous gaver l’estomac.
Et puis il y a cette réalisation foutrement moche, peu soutenue par des effets spéciaux qui oscillent entre le laid et le profondément vomitif – ce qui n’arrange rien à notre digestion. Quand Blanche Neige et son connard de Prince Charmant commencent à ouvrir la bouche pour pleurer sur leur sort ou nous faire part de leur très étrange arbre généalogique (qui devient d’une complexité à faire pâlir les descendants de Louis IX), notre ventre se met à faire des bruits étranges qui viennent annoncer un passage rapide à faire aux toilettes.
Vous l’aurez compris, Once Upon a Time est un gros gâteau bien indigeste, dont on reprend une part plus parce qu’on aime le sucre que pour son bon goût, mais dont on sait tout de suite qu’il va nous faire passer une sale nuit. Et vous savez quoi ? Pour l’année prochaine, ABC a pensé à nous : on aura droit à une autre friandise sous la forme d’une série dérivée. Préparez le Smecta.
Final Score : 6/10
Indigeste, Once Upon a Time est à réserver à ceux qui cherchent une série à regarder en famille. Avec des enfants. Des enfants quoi. Merde.
Au royaume du dessin animé (pseudo) familial, c’est bien Bob qui est le roi. Bob’s Burger, créé par Loren Bouchard, un comique qui n’a pas fait grand chose de marquant avant, est un dessin animé diffusé sur la FOX dans le cadre de sa soirée animation du dimanche soir (avec the Simpsons et toute la batterie de programmes de Seth MacFarlane.) Mais c’est aussi et avant tout, avec South Park et Archer, l’un des show animés les plus drôles de ces dernières années.
A quoi tient une telle réussite ? Du coté du scénario, c’est assez simple : des personnages barrés mais touchants, des intrigues toujours magistralement bien foutues, et un humour en permanence sur le fil du rasoir avec beaucoup d’éléments uniquement pour les grands mais tout ce qu’il faut pour ravir les plus jeunes (mais bon, on va dire pas avant dix ou onze ans quand même !) Une recette vieille comme le monde mais utilisée ici avec soin, mijotée aux petits oignons et toujours préparée avec beaucoup d’amour/humour. Et du côté de la réalisation, Bob’s Burger affiche un look très particulier, qui peut rebuter au début mais qui s’avère finalement plutôt malin car très identitaire et surtout très malléable à l’animation.
Et puis il y a une multitude de petites chansons (généralement reprise pour les génériques de fin, vous laissant une pêche d’enfer avec des chorégraphies sombrement débiles) et une avalanche de gags cachés dans tous les coins qui rendent le show encore plus immersif. Bref, mes burgers, je les prends chez Bob.
Final Score : 8/10
Assurément l’un des meilleurs dessin animés comiques du moment, Bob’s Burger est un régal d’aventures barrées et de personnages explosifs. Si vous êtes passé à côté pendant l’année, vous pouvez vous faire une session pour ravir vos soirées d’été !
2 Broke Girls, la sympathique création de Whitney Cummings sur deux filles que tout séparent mais qui se retrouvent à vivre ensemble, à travailler ensemble comme serveuses dans un diner, et à monter un business de cupcake ensemble, revient pour une deuxième saison que l’on attend un poil mieux foutue, avec un feuilletonnant plus excitant et encore un peu plus de vannes méchantes de la part de Kat Dennings.
Et bien on avait tout faux. Autant Whitney, l’autre sitcom de Whitney Cummings, s’est révélée en deuxième saison, autant 2 Broke Girls tombe dans tous les travers qui la menaçait. Les décors et la réalisation sont de plus en plus moches, les rires enregistrés sonnent de plus en plus faux, et Kat Dennings, seule comédienne qui sait à peu près jouer, semble de plus en plus se faire chier à balancer des vannes sur la taille de ses seins. Car que dire de l’humour plus raz que terre de ces 26 nouveaux épisodes ? A chaque réplique se colle sa contrepartie “vanne” autour du cul, selon un rythme qui en devient très évite épuisant. Les intrigues sont fades, le feuilletonnant est bidon, et il ne reste de show excentrique et provocateur qu’un truc assez crasseux et bas de gamme.
Final Score : 4/10
Après un très bon démarrage l’année dernière, 2 Broke Girls nous dépite totalement en s’appuyant sur une seule piste pour essayer de nous faire rire : le cul, le cul, le cul. Très fatigant à la longue.
HOW I MET YOUR MOTHER (saison 8)
Quand on me demande pourquoi je continue de regarder How I Met Your Mother, je réponds que vu que je me suis tapé les sept premières saisons, je vais pas m’arrêter maintenant. Je sais, c’est pas une bonne excuse, mais ça prouve au moins qu’une fois qu’on s’est attaché pendant aussi longtemps à des personnages, on a bien du mal à les laisser partir.
Mais hormis l’affect personnel que l’on peut éprouver pour la série, que valait vraiment cette huitième (et avant-dernière, c’est maintenant officiel) saison ? HIMYM s’amuse toujours autant à tenter de bousculer les structures scénaristiques, mais malheureusement ça ne nous amuse plus autant qu’avant. Le show tente aussi d’approfondir son feuilletonnant et ses personnages mais sombre régulièrement dans un certain pathos et une mièvrerie quelque peu écœurante. Bref, au niveau scénaristique, c’est pas la panacée mais reconnaissons quand même que chaque épisode possède de bons moments humoristiques et qu’il n’est pas rare d’avoir (au moins) le sourire pendant une bonne vingtaine de minutes. Les acteurs, eux, semblent continuer de s’amuser et en profitent un max avant de se dire au-revoir l’année prochaine. Au final, HIMYM reste une sitcom terriblement sincère et c’est sans doute pour ça qu’on lui pardonne (encore) ses nombreux défauts.
Final Score : 6/10
Ça sent la fin, ça sent la fatigue, mais ça respire toujours la sincérité. Si vous êtes arrivé jusque là, ça serait con de vous en priver.
Rendez vous Vendredi (si tout va bien) pour la suite de cette semaine de départs !




































