Tag Archive: J.J. Abrams


Deuxième rendez-vous pour cette semaine bien chargée en news de tout genre. Cette fois, on s’intéresse aux séries qui viennent de nous quitter ou qui n’auront même pas eut une vraie chance de squatter sur nos écrans…

Haven season 3

Tout au long de cette troisième saison de Haven, Syfy nous aura fait languir : la chaîne des séries fantastiques allait-elle oui ou non reconduire cette petite série inspirée du Colorado Kid de Stephen King pour une quatrième saison ? Les jeux ont été faits, on a tous tremblé, mais oui, Haven reviendra nous voir pour au moins encore treize épisodes.

Le truc, c’est que les scénaristes étaient eux aussi sur le qui-vive. Et tout, dans cette troisième saison, respire le “oh mon dieu, on n’a pas eut le temps de faire tout ce qu’on voulait !” Du coup, pléthore de nouveaux personnages sont introduits de manière un peu abrupte, et leurs départs le sont au moins tout autant. Les relations entre nos trois personnages principaux prennent des virages conséquents à chaque épisode, les retournements de situation ENORMES interviennent à chaque cliffhanger, et la série semble au final vouloir rouler plus vite qu’elle ne peut se le permettre.

Pour autant, on appréciera de voir les efforts fournis pour garder et/ou rendre cohérent l’univers de cette petite ville où des “trouble”, c’est à dire des gens qui se retrouvent soudainement avec des pouvoirs qu’ils ne comprennent et ne maîtrisent pas, sèment le désordre. Car c’est bien la le plus grand intérêt de la série : dans son feuilletonnant complexe et foisonnant, qui n’hésite pas à user de toutes les ficelles du genre pour offrir un mystère que l’on se délecte de voir à chaque fois un peu plus éclairci… et un peu plus compliqué !

Haven n’est clairement pas une grande série (j’avais d’ailleurs détesté le pilote… dans le tout premier article pour ce blog !), et il lui manque beaucoup de choses pour convaincre la majorité des spectateurs (de meilleurs comédiens, un budget plus conséquent, sortir de son triangle amoureux un peu bas de gamme…) Mais pour les fans de fantastiques, Haven est un vrai puits à idées et offre toujours de beaux moments de scénario. Le double épisode de fin de cette saison en est un bel exemple, même si l’on sent, une fois de plus, que l’avenir de la série était incertain… et que les scénaristes se sont ménagés une petite astuce pas forcément des plus ingénieuses pour s’en tirer.

Final Score : 07/10

Haven est une série de genre et dans ce sens ne conviendra forcément pas à ceux qui n’adhèrent pas au fantastique. Les autres devront faire outre une mise en image plutôt médiocre et quelques clichés ronflants (le triangle amoureux…) pour découvrir une pléthore de bonnes idées et un univers particulièrement riche.

wedding band 2

Série d’acteurs recalés par leurs précédents shows (le black de Lost, le psy de NCIS:LA, le dernier amoureux de Bree dans Desperate Housewives), Wedding Band nous propose de rigoler avec un groupe de mariage (comme l’indique le groupe) à qui il arrive mille et une mésaventures. La bande annonce ne ment pas : il y aura du rock, de l’amour, et toujours, toujours, un happy ending.

Marrant le temps de deux ou trois épisodes, ou parfait show à regarder lorsqu’on a une méga crève et cinquante de fièvre, Wedding Band ne restera assurément pas dans les annales. Les comédiens ont beau donner beaucoup d’eux-mêmes, la réalisation a beau tenter de faire quelques efforts, et les scénarios ont beau tenter de nous faire rire, c’est la base même de la série (ne pas se prendre la tête) qui en fait tout à la fois un programme sympathique et totalement oubliable. Doit-on, peut-on, en dire plus ?

Final Score : 4/10

Série honnêtement faite mais totalement inutile, Wedding Band ne mérite pas tout à fait la moyenne. Elle ne mérite pas votre attention non plus.

over-underPlongé dans les limbes d’un carton oublié dans un bureau, le pilote d’Over/Under a bien failli ne jamais être diffusé. Alors que tout semble bel et bien mort pour la suite, on aura quand même eut le plaisir (?) de voir ce double épisode enfin pointer le bout de son nez sur nos écrans.

Prévu pour la chaîne USA, qui met toujours l’accent sur les personnages, le show aurait du raconter l’histoire d’un boursier malade du jeu, qui perd tout, et se lance dans un business d’organisation de paris. Beaucoup trop compliqué dans son scénario, dont on ne comprend jamais les tenants et aboutissants de l’intrigue principale qui repose sur une histoire d’arnaque et de chiffres, le pilote met en place des personnages furieusement attachants et psychologiquement complexes. Mais on sent déjà, par l’ambiance et certaines thématiques abordées, que la série était trop “lourde”, trop adulte pour une chaîne comme USA, et qu’il aurait fallut sérieusement ratiboiser pour revenir à un show un tantinet plus familial… Over/Under n’était donc vraiment pas née sous une bonne étoile.


fringe-finale-poster

C’était sans doute, après Battlestar Galactica, l’une des séries de SF à la fanbase la plus développée. Née de l’imagination fertile de Alex Kurtzman, Roberto Orci et J.J. Abrams, alors en plein succès de Lost, Fringe aura donc duré cent épisodes, soit cinq saisons dont la dernière exclusivement destinée aux fans. La FOX, peu connue pour être conciliante envers ses séries, aura donc fait une vraie exception pour un show qui ne lui a jamais rapporté beaucoup de spectateurs mais qui avait le mérite de convaincre la critique geek.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, Fringe repose sur un trio peu commun (une agent du FBI, un ancien arnaqueur très intelligent et son père, véritable scientifique fou qui a tout commis au fil de sa carrière) qui enquête sur des affaires qui reposent sur les “fringe science”, qu’on pourrait traduire par les sciences marginales. Très inspirée par X-Files à ses débuts, le show trouve peu à peu une identité forte, notamment marquée par ses personnages psychologiquement très fouillés, par son humour totalement décalé, et un feuilletonnant extrêmement bien mené même s’il est capable du meilleur (fin de la première saison) comme du pire (fin de la saison quatre…) On appréciera aussi tous les efforts pour mettre le spectateur dans l’ambiance, comme un étalonnage assez particulier, ou encore les changements de générique qui ont véritablement un sens en regard du récit. Mais ce qu’on regrettera le plus, c’est évidemment Walter Bishop, le personnage le plus fou, le plus amusant, le plus touchant vu depuis de très nombreuses années.

Alors certes, cette ultime saison sent un peu le fan-service au kilo, mais elle permet aux auteurs d’apporter toutes les réponses aux questions restées en suspend. Les treize épisodes filent à un rythme beaucoup trop rapide pour qu’on puisse tout apprécier, mais le fait de voir des auteurs se faire vraiment plaisir pour satisfaire leur public reste très réjouissant. Le final en lui-même est un peu attendu, mais les derniers plans sonnent comme une ultime boutade pour nous rappeler à la réalité. Finge est morte, et ce n’est pas grave, ce n’était qu’une série. Mais franchement, ce fut un putain de plaisir.

Final Score : 9/10 (pour les fans) 7/10 (pour les autres)

Pour cette ultime saison, les auteurs ne s’adressent vraiment qu’aux fans de la première heure et viennent leur offrir ce qu’ils voulaient. Alors oui, on est assez peu surpris au final, mais peut-on vraiment leur en vouloir de répondre à toutes nos attentes ? Je ne dirai qu’une chose : merci pour ces cinq saisons. Bye bye Walter !

Rendez vous très bientôt pour fêter le retour de Kevin Williamson à la télé US !

Petite semaine au royaume de la série. On se remet tranquillement de thanksgiving et on commence à préparer les festivités pour Noel. Sur NBC, on nous présente un Saturday Night Live spécial Noel… pour fêter la mise en place du sapin du Rockfeller Center. L’occasion de revoir de nombreux vieux sketchs autour de Noel mais surtout de voir la tête de certain comiques jeunes (oui, spéciale dédicace à toi Adam Sandler.) En clair, la télé américaine nous dit d’aller acheter nos cadeaux de Noel tout en se réservant les siens pour les semaines à venir…

Il faut bien le reconnaître, peu de série arrive à conserver un certain niveau d’excellence au fil des années. Leverage, de retour pour la suite de sa cinquième saison, confirme une fois de plus son énorme potentiel de série de casse, sur un groupe d’arnaqueur qui doit voler des choses de plus en plus absurdes. Au coeur de ce grand retour, le groupe doit donc voler… un immense supermarché qui menace les petits commerces d’une charmante bourgade. Gauchiste, Leverage ? En tous cas sérieusement critique envers l’ultra-capitalisme de sa grande nation, et ça, ça fait déjà du bien !

L’autre retour de la semaine, c’est celui du duo de sitcom Hot in Cleveland et Happily Divorced, sur TV Land, deux sitcoms fondamentalement atroces, et qui pourrait faire renoncer au rire la plupart d’entre nous.

Enfin, le départ de la semaine, c’est celui de Treme qui vient d’achever sa troisième saison sur des scores totalement oubliable, alors que la série conserve ses défenseurs qui assurent que le rythme (principale faiblesse du show) s’est grandement amélioré sans pour autant sacrifier au ton très particulier. Je ne sais pas, je n’ai pas vu…

Mais LA grande bonne nouvelle de la semaine, c’est celle surprise du retour au boulot de Veena Sud, Dawn Prestwich et Nicole Yorkin, soit la showrunner et les executive producers d’un certain show nommé… The Killing. On attend toujours l’annonce officielle d’une troisième saison par AMC, mais on sait d’ores-et-déjà que Netflix a passé un accord avec le network pour financer le show…

Pour trouver un peu de nouveauté, il fallait donc se rendre de l’autre côté de l’Atlantique pour The Secret of Crickley Hall diffusée sur la BBC. Bon ok, cette mini-série a déjà démarré la semaine dernière et se conclura la semaine prochaine, mais bon quand on est à court de nouveautés, il faut bien parler de quelque chose ! Alors de quoi s’agit-il ? D’une mini-série très angoissante sur une famille qui a perdu un enfant et va vivre dans une grande et vieille maison. Pas de bol, celle-ci est hantée par des orphelins mort lors d’une inondation pendant la deuxième guerre mondiale. Et ça fait peur docteur ? Ben pas vraiment en fait. Tiré d’un roman à succès de James Herbert, le show peine à éviter les poncifs et est achevé par une réalisation qui est obsédée par filmer le vide, l’étrange absence, au point d’en perdre toute la signification première. En clair, mis à part votre grand-mère, vous aurez bien du mal à trouver quelqu’un qui sursautera à la vue de ces épisodes…

Revolution nous quitte ! Quoi ? La patate chaude de J.J. Abrams serait-elle déjà annulée ? Non, non, loin de là, la série tire juste sa révérence pour les vacances en s’offrant un “fall finale” lourdement médiatisé aux Etats-Unis. C’est que, il faut le rappeler, le show conçu par Eric Kripke (autrement énorme sur Supernatural), fait carton plein chez les américains, surtout depuis que l’audimat prend en compte tous les écrans (vod, internet et cie.) Descendue en flèche dans notre fière gaule, la série commence à s’attirer un peu les faveurs de critiques de sites geek américains qui commencent à voir se dessiner un vrai univers. Ce premier “run” de dix épisodes étaient en effet marqué par une intrigue principale un peu pourrie puisqu’il s’agissait de partir à la recherche d’un petit frère passablement énervant, donnant lieu à des épisodes dont le seul but était de savoir qui allait être le monstre de ces quarante-deux minutes. Mais après avoir tranquillement installé ses personnages, réussi à crédibiliser le côté ninja du tonton barman qui se bat à l’épée, et surtout mettre en place la genèse de son monde, Eric Kripke a maintenant les mains libres pour vraiment s’amuser et emmener la série là où on ne l’attend pas. Souvenons nous de son tour de force sur Supernatural, banale copie d’X-Files devenue le lieu de toutes les expériences scénaristiques, et croisons les doigts pour la suite de Révolution. Il serait temps que le show porte enfin bien son nom.

 Serait-on toujours plus dur avec les séries produites dans son propre pays ? Plutôt pas mal taclée par la presse anglaise, Secret State reste, selon moi, l’une des meilleures mini-séries politique à ce jour. En quatre épisodes savamment orchestrés, le show fait le tour des questions qui obsèdent ceux qui atteignent le pouvoir. Doit-on travailler pour ses électeurs ou pour ses amis ? Pour ceux qui vous ont fait élire, ou pour le peuple tout entier ? Peut-on mentir, mener un secret d’état, pour protéger une nation ? Faut-il forcément suivre les règles du jeu de la politique internationale pour faire sa place ? Quel rôle peut-on laisser à l’armée (et aux services secrets) pour assurer la sécurité de tous ? Impossible à raconter tant son scénario est complexe (on rappellera juste qu’il s’agit de l’accession au pouvoir d’un naïf homme politique suite au décès du premier ministre), Secret State déroule une intrigue obsédante dont le final sonne comme un coup d’éclat. Le tout dernier discours est peut-être un poil trop didactique, mais la série réussie ainsi à poser de vraies questions. Et ça fait longtemps qu’on ne s’était pas autant amusé dans un show qui nous fait autant réfléchir.

Allez, à la semaine prochaine, avec peut-être (enfin !) le top 10 des séries qu’il fallait regarder lors de ce premier trimestre de la saison !

Cette deuxième semaine de la rentrée télé US la joue encore relativement tranquille par rapport à tout ce qui va tomber la semaine prochaine. Profitons en pour dire au-revoir à quatre sympathiques petites séries, avant la grosse fournée de nouveautés.

Au rayon des news de cette semaine, on va essayer de faire vite ! Alors, depuis dimanche dernier vous pouvez retrouver sur les écrans US la diaboliquement compliquée Boardwalk Empire, en route pour une troisième saison. Pour rigoler, tournez vous donc plutôt vers les retours de The Office et Parks & Recreations, accompagnées de leurs petites soeurs Saturday Night Live Weekend Update Thursday (ce n’est pas tout à fait une série, mais bon, comme c’est bien, autant vous en glisser un mot !) et Up All Night qui fait un retour des plus réjouissants (Christina Applegate + Will Arnett = que du bonheur.) La Fox nous propose de reprendre les aventures de Bones - mais vu que je ne regarde pas, je n’ai rien à en dire ! Et enfin, Syfy nous fait plaisir avec le retour de Haven, série devenue tellement compliquée que le previously du pilote dure presque quatre minutes !

C’est marrant, mais le départ définitif de Weeds n’a pas fait pleurer beaucoup dans les chaumières… La saison deux de Wilfred m’a tout l’air d’être passée totalement inaperçue… et qui se souvient encore de Royal Pains (à part les spectateurs américains ?!)

Comme chaque année, Leverage se fait une petite pause au milieu de sa saison (ah les plaisirs des séries diffusées sur TNT…) Et comme chaque année, on me demande si vraiment ça vaut le coup de regarder… “ça.” Du coup, il est peut-être temps de faire un petit point : Leverage est une série sur des arnaqueurs qui aident les pauvres et s’en prennent aux riches. En gros, c’est Robin des Bois dans Ocean’s Eleven. Il n’y a quasiment pas de feuilletonnant, pas de high concept, c’est un vrai formula avec des codes scénaristiques qui se répètent, et ce n’est pas spécialement beau. En revanche, les personnages sont géniaux et fabuleusement complémentaires, les acteurs sont franchement à l’aise dans leurs rôles, les scénarios sont très inventifs et malicieusement roublards et c’est vraiment rare de s’ennuyer au cours d’un épisode. Cette cinquième saison ne change pas la formule et reste toujours aussi bien ficelée – la seule prise de risque étant de mettre sur le devant de la scène des personnages autrefois un peu plus en retrait auparavant (Eliot et Parker principalement.)

Final Score : 3.5/5

Leverage ne changera pas votre vie, c’est sûr, mais voici une série suffisamment bien foutue pour pouvoir la regarder avec n’importe qui à n’importe quel moment. Et pour tous les auteurs, jetez un oeil à la complémentarité des personnages, c’est une vraie leçon !

Vous vous souvenez de Rachael Leigh Cook ? Mais si, l’héroïne de magnifique film Elle est trop bien et de… heu… oui, bon, ok, elle n’a pas eu la plus grande carrière du monde, mais ce n’est pas une raison pour bouder son retour dans une série policière à concept puisque le héros s’avère être un schizophrène paranoïaque qui voit des personnes qui n’existent pas. Ça vous en bouche un coin, hein ? Ah, vous sentez le coup fourré, genre ce mec est prof dans une fac mais assez curieusement il va toujours se retrouver à bosser pour le FBI et son histoire d’amour avec Rachael ne va jamais être assumée parce que de toutes façons il aime une autre femme dont on sent qu’elle a disparu ? Oui, bon ok, vous avez raison. Est-ce une raison pour bouder Perception ? Et bien… oui. La série propose un pilote relativement réussi et un deux épisodes de fin qui approfondissent le personnage. Au milieu, on aura brassé pas mal de vent, sans grande qualité. Ma perception de Perception ? Re-regardez plutôt Elle est trop bien (ou les épisodes de Dawson’s Creeck avec Rachael…)

Final Score : 2/5

Les acharnés regarderont le pilote et les deux derniers épisodes, histoire de voir comment on traite la schizophrénie paranoïaque à la télé US. Les autres passeront leurs chemins. Les fans de Rachael Leigh Coock se poseront sans cesse des questions sur ce petit bout de femme qui a l’air construit tout bizarrement. Mais personne ne devrait vraiment être accroc à ce cop show de plus.

C’est déjà la fin de la première partie de la quatrième saison de White Collar, série dont on ne pouvait prévoir la longévité au vu de son concept délicieusement ringard : un voleur et faussaire travaille pour un service spécial du FBI histoire de racheter sa peine. Et pourtant, il faut bien avouer qu’avec ses acteurs sympathiques, sa mise en scène léchée, et ses scénarios assez tordus, le show fait toujours mouche. Cette année, les scénaristes s’intéressent au passé de leur héros et creusent le mystère de ses origines. Alors oui, on perd en crédibilité ce que l’on gagne en fun, mais au final White Collar s’avère toujours aussi agréable à regarder… A-t-on vraiment besoin d’en dire plus ?

Final Score : 3/5

White Collar n’est pas qu’un cop show parmi les autres, c’est le cop show le plus classe et le mieux sapé. On ne va pas faire démarrer à la quatrième saison ceux qui n’ont jamais regardé, mais les autres peuvent regarder sans souci cette quatrième saison qui s’avère, pour l’instant, des plus amusantes.

Le dernier départ de la semaine, c’est celui de la délicieuse Awkward, série ado estampillée MTV typique de la programmation culottée de la chaîne ces dernières années. Pour cette deuxième saison, le sujet principal de la série reste l’amour mais cette fois sous l’angle de quel garçon choisir… Une situation qui ne nous est pas forcément arrivé à tous mais qui reste traitée de manière absolument hilarante par des scénaristes qui n’hésitent pas à pousser jusqu’au bout la logique (parfois absurde) des situations. Les acteurs surjouent un peu, mais Ashley Rickards porte la série à bout de bras et assure comme une reine chaque passage comique. Son personnage est un peu tête à claque parfois et on a envie de la baffer par moment cette petite brune renfermée sur elle-même alors qu’elle a tout pour être heureuse, mais cool, les scénaristes s’en chargent pour nous. Et du coup, encore une fois, on est totalement conquis.

Final Score : 4/5

Si vous n’avez pas vu la saison 1 d’Awkward, courez la regarder. Si vous n’avez pas encore vu la 2, vous savez ce qui vous reste à faire. Et si vous êtes absolument, totalement, définitivement réfractaire à la comédie et/ou aux séries pour ados, qu’est-ce que vous faites encore ici à lire cette critique ?

La première nouveauté de la semaine, c’est donc The Mob Doctor, diffusée sur la Fox. Adapté d’un récit autobiographique italien d’un vrai chirurgien qui travaillait pour la mafia, la série nous fait d’office l’affront de nous mettre la très mignonne Jordana Spiro dans le rôle titre ce qui, certes ravi les yeux, mais donne déjà un grand coup dans la crédibilité de l’ensemble. Il est d’ailleurs assez marrant de reconnaître, tout au long du pilote, des têtes de seconds rôles souvent vus, comme si la série était allée faire la poubelle de ses concurrentes pour trouver ses comédiens… Et il faut bien avouer que ce premier épisode n’a pas grand chose pour nous prendre aux tripes : les intrigues à l’hôpital sont assez clichées et lassantes, et toute la partie mafia se veut tellement intelligente et originale qu’elle en devient totalement irréaliste. Bref, pour l’instant, vous pouvez franchement vous en passer.

Mon Pronostic : la série n’est pas géniale, le concept n’est pas super fort, et de toute façon le show est diffusé sur la Fox : la série sera annulée avant la fin de sa première saison !

L’autre nouveauté de la semaine, c’est pas de la gnognote mon bonhomme. C’est une série qui va t’en mettre dans la gueule avec J.J. Abrams à la prod, Eric Kripke (Supernatural) au scénario, et Jon Favreau (Iron Man) à la réalisation. Et en plus, y a deux héros bien gaulé – une fille et un mec – qui aiment tirer à l’arc parce que depuis Hunger Games c’est redevenu à la mode. Alors voilà, je te fais le topo, d’un coup dans le monde entier y a plus d’électricité, tous les appareils ils s’arrêtent, mais y a un mec qui l’avait prévu. Après zou, je te saute quinze ans dans le futur, et là le mec il s’occupe d’un bled, mais y a les méchants de la milice qui viennent le chercher pour lui poser des questions. Tu sais qu’ils sont méchants parce qu’ils ont volé les lunettes et la veste de Néo de Matrix, vu qu’il s’en sert plus. Après, le mec il veut pas suivre les méchants, alors son fils il intervient, après ça se bat, après les méchants ils tuent le mec, ils prennent son fils, et pendant ce temps sa fille qui est l’héroïne bien gaulée dont je te parlais, elle arrive et elle est triste. Alors elle va aller chercher son père correction (merci Cédric) : son frère, vu que son père, ben il est mort, mais d’abord elle va chercher son oncle qui est le patron d’un bar mais aussi un ninja de la mort qui tue que t’y croyais pas parce qu’il avait l’air toujours bourré le mec. Ah ouais, et aussi, la mère de la fille, ben c’est Juliette de Lost, mais bon là elle est morte. Et puis y a un barbu, avant il était millionnaire et il avait un hélicoptère parce que tu vois il travaillait pour Google mais maintenant ça sert plus à rien et les enfants ils savent même pas ce que c’était internet. Ah ah ! C’est drôle hein ?! Bon alors, vu comment ils y ont mis le paquet, tu y crois que ça va devenir la série à suivre, Revolution ? Réponse : non.

Mon Pronostic : après l’embrouille Alcatraz l’année dernière, et même si je veux bien croire à tout le talent de Eric Kripke, je ne crois pas que public va se faire avoir une nouvelle fois. Revolution a bien démarré mais je mise sur un effondrement tout au long de la saison et une annulation à la fin de l’année. Parce que même NBC ne pourra pas soutenir un tel projet jusqu’au bout, si ?

PS : après avoir vu le deuxième épisode, je sais exactement à quoi sert Revolution : vous occuper pendant une session de sport. Même si vous avez la tête ailleurs, si vous parlez à votre voisin ou si vous vous focalisez à battre votre record, vous ne vous perdrez jamais dans cette série dont on attend tranquillement que les rebondissements, prévus à l’avance, arrivent, tout en sachant qu’il n’y aura pas de vraie surprise avant… pfiou… la fin de la saison.

Exceptionnellement, vu le programme particulièrement chargé de la semaine prochaine, on se retrouve une première fois jeudi soir (si tout va bien) puis à nouveau dimanche soir pour parler au total de trois fins de saison et de pas moins de onze nouvelles séries ! Ca y est, la rentrée démarre !

Chaque lundi, je vous explique que le bilan de la semaine est un peu particulier. Cette fois, il l’est doublement. Premièrement, il sort un mercredi, et deuxièmement ce n’est pas le bilan de la semaine qui vient de passer. L’histoire d’une semaine trop riche en émotion pour qu’on puisse la boucler en un seul article…

Je pourrais passer des heures à vous expliquer que ces dernières semaines ont été très chargées en boulot, mais la raison la plus simple à ce retard s’explique tout simplement par la diffusion du dernier épisode de One Tree Hill. Oui, vous m’avez bien lu, le DERNIER épisode. La série increvable, qui a survécu déjà à deux annulations, a définitivement quitté nos écrans après neuf ans de bons et loyaux services (et un peu plus de deux cent épisodes). Pas la peine de chercher bien loin s’il fallait ou non voir ce serie’s finale : loin d’être un épisode, il s’agissait plutôt d’une sorte de fan-service absolu totalement dépourvu d’histoire. Moment magique pour ceux qui ont suivi toute la série, cet épisode de conclusion nous a cruellement rappelé qu’on était en train de perdre une maison, un lieu où l’on se sentait profondément à l’aise malgré toutes ces années. Bref, c’est une page d’histoire qui se tourne, de la toute petite histoire de la série pour ados, certes, mais une page d’histoire quand même.

Cette semaine, on quittait aussi la prison la plus célèbre de la télévision, la fameuse Alcatraz. Que retiendra-t-on de la dernière création de J.J. Abrams ? Une plantade totale, à tout point de vue. Le casting est loupé (non sérieusement, tout le monde se fait chier…), la réalisation est totalement à la ramasse et ne survit que par la fascination que l’on peut éprouver pour la prison, quant aux scénarios, ils sont tout simplement à la ramasse et nous ramène au tout début d’Alias, la surprise et l’intelligence en moins. Le pire est atteint par le cliffhanger de cette première saison, qui essaie de nous faire croire que l’héroïne – oh mon dieu ! – va mourir. Bref, J.J. s’est planté dans les grandes largeurs et il va falloir grave ramer pour rendre la prochaine saison intéressante…

Oh, mais ce serait pas le gros méchant ?!

Alors si vous avez passé votre temps sur One Tree Hill et Alcatraz, vous avez peut-être manqué la vraie bonne surprise de cette année, l’incroyable I Just Want My Pants Back. Comédie diffusée par MTV, il s’agit d’une des rares séries réussissant à rendre crédible une bande de vingtenaires en plein questionnement sur leur avenir, leur sexualité, leurs envies. C’est drôle, malin, extrêmement bien joué, d’une remarquable sensibilité au niveau de la réalisation, bref, c’est juste génial et le tout en vingt petites minutes par épisodes. Un immanquable dont on espère le retour en saison deux.

Partager un pack de bières sur les toits de New York, j'aurai rêvé de faire ça !

Quelques nouveautés sont aussi venues se frotter à notre jugement sans pitié. Passons très rapidement sur la très oubliable Best Friend Forever, comédie quatre murs (sans public et sans rire), qui peine à trouver sa dynamique, son humour, mais surtout son originalité : oui, vous l’aurez deviné, encore une série sur des trentenaires en pleine crise de vie. Vite vu, vite oublié.

La seule blague qui m'a un peu fait rire. C'est pour vous dire la qualité de l'ensemble...

Beaucoup plus marrant, et même s’il ne s’agit pas d’une série à proprement parler on ne pouvait pas la passer sous silence, la très curieuse Betty White : Off their Rockers se présente comme une sorte de caméras cachée moderne dans laquelle des vieux font chier des jeunes. Alors oui, c’est relativement crétin, mais voir un vieux qui jette du pain dur à deux jeunes filles en les prenant pour des pigeons, ça me fait rire…

Et oui, les vieux ça me fait rire !

Les fans se super-héros se jetteront sur le nouveau dessin animé à licence Marvel, le fabuleux Ultimate Spider Man, au ton singulièrement original et à la plastique des plus réussies. C’est drôle, pêchu, très inventif, et tout simplement jouissif !

En gros, c'est tout l'inverse de la série animée Avengers : moderne et beau !

Enfin, la nouvelle série de Shonda Rhimes, Scandal, m’a laissé relativement perplexe. La créatrice de Grey’s Anatomy délaisse ses histoires d’amour habituelles (et qui lui ont coûté cher avec la catastrophe Off the map) pour tenter un legal show… qui se veut original. Comprendre par là que nos héros ne cherchent pas à comprendre ce qu’il s’est passé, mais juste à défendre leur client en faisant respecter la vérité. Ainsi, un homme accusé du meurtre de sa femme est innocenté, mais on ignorera à tout jamais qui a vraiment tué la jeune victime. Si les personnages sont découpés à la hache et si Shonda Rhimes n’hésite pas à en faire trop (le Président des Etat-Unis en personnage secondaire, faut quand même le faire…), le tout reste cependant très intrigant – surtout quand on se demande, comme moi, à quel moment notre chère Shonda va retomber dans tous ses travers et nous jeter du pathos au kilo en pleine figure.

Décidément, la campagne politique s'invite partout !

Allez, à la semaine prochaine à très bientôt pour essayer de décoder la semaine 31 !!!

La semaine dernière, on ne trouvait pas grand chose de nouveau et de qualitay à se mettre sous la dent du lundi au mercredi soir. L’espoir viendrait-il de la très chargée soirée du jeudi soir, du vendredi plutôt SF et fantastique, ou dimanche à vocation familial ? Je crois, mes amis, qu’il n’y a pas beaucoup d’espoir en vue…

JEUDI SOIR :

Le topo :

A 20h00 sur ABC vous pouvez signer votre arrêt de mort. Si si, je vous assure. Rassemblez les suicidaires et les masochistes (mais violents les masochistes, on peut pas dire qu’on s’adresse à des chochottes là). Comme beaucoup de personnes qui se sont forcées à regarder le pilote en entier, je me suis moi aussi retrouvé à pleurer du sang, à sentir la mort tout autour de moi, à entendre des voix me poussant à descendre à Marseille pour exterminer toutes les cagoles (à défaut de pouvoir défenestrer les bimbos terrifiantes de L.A.), et à ne plus sentir mon corps m’appartenir. Expérience hautement traumatique (bien plus qu’un séjour en Afghanistan) prouvée scientifiquement : 90% des spectateurs souffrent de PTSD pendant plusieurs semaines après le visionnage. De quoi je parle ? Mais de Charlie’s Angels, bien entendu, le remake abrutissant des Drôles de Dames des années 70. Scénarisée par les deux scientifiques diaboliques responsables de Smallville (Miles Millar et Alfred Gough), on a l’impression qu’ils ont lavé le cerveau de Drew Barrymore (la seule solution pour qu’elle ait accepté de produire se ramassis de clichés honteux) et sans doute ceux du réalisateur et du monteur qui ont commis cette aberration de la nature. Une effroyable catastrophe sur laquelle on reviendra forcément beaucoup plus longuement dans quelques temps (enfin, si on survit au visionnage d’autres épisodes).

A 20h30, vous reprendrez bien une petite dose de show absolument horrible qui vous donne envie de mettre votre tête dans un four ? La plus que honteuse How to be a gentleman aurait déjà parut vieillotte et dépassée en 1987, vous savez l’année où a démarré 21 Jump Street ! Non seulement le discours est édifiant (tout intello a besoin d’un redneck, d’un tocard, pour apprendre à devenir un vrai homme) mais en plus les répliques ne sont pas drôles, les acteurs mauvais, les décors immondes… Un petit plaisir coupable ? Non, même pas en fait. Et ouf, soulagement, la série est annulée après deux épisodes. Il y a une justice en ce monde.

A 21h00, les choses ne s’arrangent pas tellement. Person of interest n’est pas une catastrophe atomique, mais on ne peut pas dire que la nouvelle série de J.J. Abrams (sur laquelle il n’a pas dû passer tellement de temps à notre avis) soit vraiment digne d’être regardée. Écrite par le frère de Christopher Nolan, Jonathan Nolan, on sent clairement l’ombre du succès familial sur le pitch hautement improbable de ce concept show : un ancien agent de la CIA a construit une machine qui analyse toutes les écoutes américaines pour prévoir à l’avance de futurs attentats. Mais par un retournement de situation oh combien rocambolesque, voilà que la machine fait aussi une liste de numéros de sécurité social de personnes coupables ou victimes d’un futur crime. Du coup, notre agent, le monsieur à lunettes rescapé de Lost, mais si vous savez, le chef des autres, il fait appel au mec qui reprenait le rôle du prisonnier dans le remake récent pour qu’il résolve les enquêtes. Et voilà. Un cop show de plus avec une morale à la fin du pilote plus que nauséabonde… Sur la CW, on prend l’équipe de The Vampire Diaries et on s’attaque à une autre série de romans de L.J. Smith, The Secret Circle. On passe des vampires à des sorciers, mais le reste se ressemble beaucoup… et a au moins le mérite de prouver combien The Vampire Diaries est surprenante par rapport aux scénarios très attendus du petit cercle de sorciers.

A 21h30, Whitney sur NBC tente de nous faire rire. Elle n’y arrive pas (pour l’instant).

A 22h00, la bonne surprise vient de Prime Suspect, sur NBC. Certes, c’est la énième adaptation d’une série anglaise, certes c’est encore un show policier, certes le personnage de femme forte dans la police a déjà vu et réussi dans The Closer, mais c’est indéniable : Prime Suspect opère une sorte de charme difficile à expliquer sur son spectateur.

Le gagnant :

Sans surprise, il s’agit de Prime Suspect, la seule nouvelle série du jeudi à ne pas vous endormir ou à vous faire vomir. Ce n’est pas la révélation du siècle mais assurément ce qui se fait de mieux en terme de cop show féministe à tendance réaliste. Du coup, tous ceux qui n’ont pas vu The Closer peuvent se jeter dessus. Les autres, c’est à vous de voir…

VENDREDI SOIR :

Le topo :

A 20:00, sur CBS, on tente un petit peu de nous embrouiller en nous refilant le concept de Bonbon Sucré (Ghost Whisperer partout dans le monde) en le mêlant à un show médical. Du coup, nous voici avec un neurochirurgien dont la plastique est digne de Grey’s Anatomy, le caractère lorgnant clairement vers House, qui parle aux fantômes comme Jennifer Love Hewitt. A Gifted Man n’en est pas pour autant dépourvu d’intérêt et au bout de deux épisodes je dois clairement avouer que je ne vois pas du tout, mais alors pas du tout, vers quoi le reste de la série se dirige. Pour l’instant très feuilletonnante, elle propose des scénarios qui oscillent entre des moments clichés au possible et de vraies surprises forcément très sympathiques. Du coup, j’attendrai bien la suite pour émettre un vrai jugement !

Le gagnant :

Humm… oui, le suspense est pas terrible pour le coup. Faute de concurrent, si vous tenez vraiment à voir une nouvelle série le vendredi soir, ça sera A Gifted Man. En même temps qui sait si ça ne va pas s’avérer vraiment passionnant par la suite ?

DIMANCHE SOIR :

Le topo :

A 22h00, une vraie révolution s’est installée sur Lifetime depuis tout de même une dizaine de semaines (mais bon, on va dire que c’est une nouvelle série, ok, ça m’arrange pour la suite de l’article) : leur première vraie bonne série ! Against the Wall se présente comme un cop show relativement classique, et forcément mené par deux femmes vu qu’on est sur Lifetime, la chaîne des femmes (mais celles qui ont d’habitude plutôt mauvais goût). Le truc c’est qu’elles travaillent pour les affaires internes (la police des polices quoi) alors que l’héroïne est la seule fille d’une famille de quatre enfants… dont tous les frangins et le papa sont flics. Si vous vous demandez si ça suffit à faire la différence, je peux vous affirmer que oui et que les scénarios de Against the Wall sont plutôt surprenants et changent du traditionnel meurtre/enquête/résolution avec une blague sur le temps que le coupable va passer derrière les barreaux. Après, on reste chez Lifetime. Comprendre par là que la série avance avec très peu de moyens et que malgré toute la bonne volonté de l’équipe technique on fait face à quelques moments plutôt cheap…

Sur ABC, on nous propose de nous envoler avec la Pan Am. Le casting trois étoiles ne masque pas le vide abyssal de l’intrigue du pilote, obligé de recourir à une curieuse (et très peu probable) histoire d’espion histoire de nous maintenir un peu éveillé. A surveiller malgré tout, ne serait-ce que pour le joli minois de Christina Ricci.

Enfin, sur Showtime, on peut retrouver une autre idole de notre jeunesse, Claire Danes. Femme d’action qui a l’air d’avoir un sacré grain dans la tête, elle resplendit dans ce Homeland particulièrement paranoïaque et superbement écrit. L’histoire d’une agent de la CIA persuadée que la libération d’un militaire américain disparu il y a neuf ans et maintenant acclamé en héros fait partie d’un complot d’al-Quaeda… Oui, paranoïaque, c’est bien le mot !

Le vainqueur :

C’est haut la main que Homeland devient LA nouvelle série à voir le dimanche soir… et sans doute LA nouvelle série à regarder tout court (avec American Horror Story dans un tout autre genre). Magistralement écrite, superbement réalisée et donnant enfin à Claire Danes l’occasion de resplendir comme à la bonne époque de My so called Life, Homeland vient de sauver la rentrée. Merci Showtime !

18ème et avant-dernière partie de notre bilan de l’année. Pour faire plaisir à tous ceux qui aiment le fantastique et/ou la SF, on va parler aujourd’hui d’un ex-futur super héros, de sciences de l’étrange, de zombies , de la famille et des robots, et enfin de deux frères qui viennent comme chaque année nous en mettre plein la vue.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le 16 octobre 2001, fort d’un accord un peu tendu passé avec la société d’édition de comics DC, la WB (ancien nom de la CW) diffusait le pilote d’une petite série fantastique basée sur le personnage de Superman et portant le titre de Smallville. La licence est forte, certes, mais personne n’attend vraiment au tournant ce petit programme avant tout destiné aux ados. Sans le savoir, Miles Millar et Alfred Gough viennent d’en prendre pour dix ans… et de faire un bout d’Histoire !

Car il faut bien se dire que les séries qui durent dix ans, ça se compte sur les doigts de la main. X-Files, E.R., Friends… il y en a d’autres, mais bon vous m’avez compris : quand ça dure dix ans, on se rappelle du show pendant longtemps. Du coup oui, même si vous n’aimez pas et malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire, Smallville se fait une petite place dans la grande Histoire des séries télé.

C’est qu’il fallait les tenir ces dix ans sans collants ni vol, ce qui était la volonté première des créateurs. Un superman sans sa cape et incapable de voler, what, ce n’est pas Superman ! Pour les fans du comics, la grande force de la série a été de ne pas plagier ce qu’ils avaient déjà lu mais bel et bien de tout réinventer – au point d’ailleurs que DC a incorporé des personnages de la série (comme Chloé) dans ses comics ! Et autant vous dire que ces deux dernières années, les auteurs s’en sont donnés à coeur joie en ré-imaginant Green Arrow, toute la JSA ou encore la Legion of Super-Heroes. Un peu comme si quelqu’un avait dit : c’est bon les gars, on arrête bientôt, alors allez-y lâchez vous, faites ce que vous voulez. Résultat des courses, voilà deux ans qu’on s’éclate à regarder Smallville, qui pousse toujours le bouchon un peu plus loin, se déride complètement, ne se prend jamais au sérieux mais ne déconne pas pour autant avec la matériel de base. Le tout finir dans un BANG énorme, un double épisode final absolument jouissif, tellement fun et tellement bien incarné par Tom Welling qu’on lui pardonne toutes ses années passées à se débattre avec ses quatre expressions pour jouer Clark Kent.

Alors oui, Smallville ne s’est jamais remis de ses défauts. A commencer par une plastique assez cheap, avec des effets spéciaux pas toujours très réussis (comprendre très moche la plupart du temps), des décors qui tournent en boucle (tient, on dirait bien qu’on a déjà vu cet appartement une bonne dizaine de fois), mais surtout une structure qui plombe les scénarios avec huit minutes de vide à la fin des épisodes – enfin, de vide, dans les yeux des acteurs, qui doivent lancer de grandes tirades sur la vie, l’amour, l’héroïsme alors qu’on attend avec impatience le putain de cliffhanger de fin !

Magistrale en tout point, cette ultime saison de Smallville tourne donc une vraie page d’histoire. Le gamin né en 1990, qui avait dix ans au début de la série et qui a grandi avec elle, ne pourra s’empêcher de verser une petite larme. Nous, les grands, on a un petit pincement au coeur mais on se retient – merde, c’est Smallville quand même, les autres vont se foutre de notre gueule. Et pourtant, rah, quelle jouissance que ces deux dernières minutes, ce dernier plan, qui ferait juste hurler : up, up and away !

Final Score : 5/5 pour les fans, 2/5 pour les autres
Smallville, il faut avoir grandit avec pour l’aimer. Du coup, si vous n’êtes pas déjà fan, pas la peine de vous prendre la tête – à la limite, vous pouvez jeter un coup d’oeil au double épisode final, histoire de voir comment ça se termine. Les fans, eux, ont déjà regardé. Et tous ceux qui aiment encore la CW croisent les doigts pour que la série soit remplacé par quelque chose de potable l’année prochaine. Hein, quoi ? On me souffle dans l’oreillette “le retour de Sarah Michelle Gellar”. Si si.

Imaginée il y a trois ans par J.J. Abrams, Fringe est aussi la fille de Alex Kurtzman et Roberto Orci, deux cerveaux magnifiques que le magasine Forbes a crédité en tant que “l’arme secrète d’Hollywood, la force tranquille derrière le box office à 3 billions de dollars. Souvent dans l’ombre de J.J., ils peaufinent certains scénarios et en écrivent d’autres. Côté télé, ils étaient là sur Alias, et sont responsables de la surprenante mais réussie modernisation de Hawaii Five-0. J.J. parti vers d’autres cieux, les deux compères allaient-ils réussir à sauver un show en pleine perte d’audience ?

La bonne idée, ce fut d’abord de ne pas changer les deux showrunners (Pinkner et Wyman), deux hommes ayant fait leurs preuves sur d’autres séries de J.J. et qui savent s’embarquer dans des délires assez fous. Laissés comme deux ronds de flans après le cliffhanger de la deuxième saison, il fallait bien toute leur capacité d’innovation pour faire repartir Fringe sur de bonnes bases. Et autant dire que leur idée pour diversifier et faire rebondir la série est absolument géniale… mais on n’en parlera pas ici, au cas où certains d’entre vous ne l’auraient pas encore vu.

Du côté de la production value et de la réalisation, la série continue d’affirmer son identité visuelle relativement classe, qui sait minimiser les effets spéciaux pour mieux les valoriser. La musique nous plonge toujours aussi facilement dans cette ambiance si particulière et le tout regorge d’idées pour arriver à faire vivre un univers parfois diablement complexe.

Si les intrigues “bouclées” des épisodes s’avèrent tout à fait à la hauteur mais un poil répétitives par rapport à ce qu’on a déjà vu, c’est bien entendu au niveau du feuilletonnant que Fringe révèle tout son talent. Ne crachant sur aucun retournement de situation, même – parfois – les plus artificiels, le show se veut surprenant et particulièrement ludique, incitant toujours le spectateur à essayer d’en savoir plus, à comprendre avant les personnages ce qui est en train de se passer. La saison est pour le coup magnifiquement construite, et chaque petit élément mis en place aura son importance dans le grand déballage des trois derniers épisodes. Et comme à chaque fois, on est soufflé par le cliffhanger de fin qui ne nous rend que d’autant plus impatient de voir la suite.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. La série est en pleine chute d’audience et, pour faire plus de place à American Idol, la FOX a déplacé le show au vendredi soir. Une soirée déjà connue pour être la case du suicide de série (ou du meurtre de série, selon le point de vue), mais qui plaçait en plus Fringe face à Supernatural, autre show fantastique qui attire exactement le même type de spectateurs. Mais, ouf !, la communauté de fans de Fringe est très active et a amplement soutenu le show qui a réussi, semaine après semaine, à maintenir des scores plus qu’honorable dans cette case horaire. Une bataille de gagnée, mais la guerre reprend le 23 septembre.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
On aurait pu se lasser de Fringe, avec des épisodes bouclés un peu redondants, s’il n’y avait le feuilletonnant remarquable, qui sait prendre tous les virages – même les plus insensés. Impossible de rester de marbre face à son final bluffant, à moins que vous ne soyez totalement réfractaire aux séries fantastiques. Vivement la suite.

Attendue comme le loup blanc, The Walking Dead était l’improbable série de zombies diffusées sur AMC, la chaîne de Breaking Bad et autre Mad Men (avant de devenir le network de The Killing, dont on parlera demain.) Adaptée d’un comics à succès de Robert Kirkman, le show se concentre sur un groupe de survivants mené Rick Grimes, un ancien shérif. Six épisodes plus tard, l’adaptation de Frank Darabont, showrunner de la série, nous a-t-elle convaincu ?

La vraie force de The Walking Dead, c’est très clairement ses personnages, qui évitent tous le monolithisme habituel des histoires de zombies. Chacun d’entre eux est singulièrement travaillé, psychologiquement approfondi, et on passe à travers les couches successives des personnalités au fur et à mesure des épisodes. Tous dotés d’un destin particulier, difficile de ne pas s’attacher à ce groupe de survivants pour qui les vraies questions sur l’humanité et le besoin de survivre en tant qu’espèce se posent quotidiennement.

On notera aussi une production value assez intéressante, qui sait nous faire croire à ses décors apocalyptiques et créer une ambiance vraiment prenante… du moins dans les premiers épisodes. Dommage que la réalisation, franchement pauvre, ne vienne pas transcender le tout mais s’enferme peu à peu dans la simple production d’images, sans réelle réflexion derrière.

Mais le gros du problème se situe au niveau du scénario (un comble quand on sait que la tagline d’AMC est story matters here). En effet, les épisodes souffrent d’une structure totalement catastrophique, d’un rythme franchement poussif et l’histoire avance par à coup improbables. On ne note aucune unité dans la série qui part dans tous les sens mais sans jamais savoir où elle veut aller, et on termine sur un season finale faussement claustro, mais surtout totalement raté, qui laisse sur une conclusion désarmante.

Si l’on ajoute à ça le fait que les acteurs sont franchement à la limite de l’insupportable (mention spéciale à Sarah Wayne Callies, transfuge de Prison Break, qui croit nous émouvoir en faisant les gros yeux toutes les cinq secondes), on comprendra aisément que ce Walking Dead pourtant démarré sur les meilleurs auspices nous laisse complètement pantois sur le long terme. Pas la pire des séries, ok, mais l’une des plus grosses déceptions de l’année.

Final Score : 3/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Franchement, à la vue des deux derniers épisodes, j’ai hésité à mettre un 2/5. Puis je me suis souvenu des trois premiers et de l’excitation remarquable que me provoquait cette série. Du coup, on va dire que seulement la moitié de la saison est loupée, et qu’elle mérite une note médiane. Bref, vous l’aurez compris, The Walking Dead a encore du chemin à faire avant d’être une série aussi extraordinaire que beaucoup l’ont prétendu. Parce que sur la fin, ce n’était même plus un divertissement – juste un putain de calvaire.

Ah, Caprica ! Comment parler de la nouvelle série de Ronald D. Moore et Remi Aubuchon sans lancer un débat enflammé avec les fans de Battlestar Galactica ? C’est que Caprica s’est avant tout présentée comme une prequel qui expliquerait comment les cylons ont été inventés. Le truc, c’est qu’il y a mensonge sur la marchandise…

Car Caprica est loin d’être seulement un prequel, mais a une ambition tout autre : être la première série sur la famille… dans un monde de SF. Ronald D. Moore avait pourtant prévenu, tout dans le show serait fait pour ne pas répéter ce qui a été dit dans BSG. Exit les batailles spatiales et l’opposition entre les militaires et les civils, exit les réflexions sur l’extinction de la race humaine, exit aussi le mysticisme religieux halluciné des personnages vers la fin de la série. Caprica se penche avant tout sur un couple de parents incapable de faire face à la perte de leur fille, et sur la question essentielle de la résurrection. Un avatar numérique peut-il devenir l’âme d’une personne ? Toute la première partie de la série ne cesse de se poser la question tout en développant peu à peu, certes, la construction du premier cylon – il faut bien un peu de fan service que diable.

Particulièrement convaincante jusqu’à son dixième épisode, la série amorce ensuite un virage plutôt dangereux en remettant en place les intrigues politiques (mais toujours liées à la religion) chères aux créateurs de BSG. Et c’est là que le truc ne prend plus, du moins pour beaucoup de spectateurs, car on entre dans une autre série, qui serait plus un show politique mâtiné d’enquête complexe où quasiment toute forme de SF disparaît peu à peu. Enfin, si ce n’était le développement d’un monde artificiel qui peinera jusqu’à la fin à convaincre, la faute à une production value relativement déplorable dés qu’il s’agit de faire vivre un monde en 3D.

Plus lente, pas toujours bien construite, et surtout trop éloignée des attentes des fans de la première heure, cette seconde partie de la série l’aura conduite à son échec commercial et à l’annulation par Syfy. Le network s’est tout de même arrangé pour permettre aux auteurs d’offrir une vraie conclusion à la série qui renoue totalement avec son univers de base dans le dernier épisode. Mais il faudra tout de même se farcir quelques unes des séquences en image de synthèse les plus moches jamais vu à ce jour – au point qu’on en aurait presque de la peine pour la personne qui a dû boucler le show avec un budget que l’on sent ridicule.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison (mais avec une vraie conclusion).
Que reste-t-il de Caprica ? Des idées courageuses, une vraie liaison sympathique avec BSG, et un univers extrêmement sympathique. Mais à trop vouloir jouer des arches différentes, le show perd son identité dans sa deuxième moitié pour offrir quelque chose qui aurait pu plaire à certains, mais certainement pas aux fans de la première heure. Caprica est un échec, mais malgré tout un magnifique échec.

Supernatural aurait du s’arrêter l’année dernière, à la fin du run de cinq ans d’Eric Kripke, créateur du show, qui affirmait avoir dit tout ce qu’il avait à dire sur la série. Mais les audiences étant… on va dire honnêtes, histoire d’être gentil, ou en tous cas pas totalement catastrophiques, et surtout la critique étant relativement dithyrambique depuis quelques saisons, la CW a désiré reconduire la série. Difficile de convaincre tout le monde de revenir, mais ce qui les a mis d’accord c’est que la nouvelle showrunneuse serait Sela Ward, ancienne assistante d’Eric Kripke et auteur sur pas mal d’épisodes. On lui faisait confiance pour tenter de perpétuer la qualité de la série – mais on ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle fasse aussi bien. Et pourtant…

Autant vous le dire tout de suite, cette sixième saison de Supernatural est juste incroyable. En reprenant la liste et les résumés de tous les épisodes, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à jeter. Scénaristiquement, la série fait vraiment très très fort. D’abord dans son histoire générale, son feuilletonnant qui court tout au long de la saison, magnifiquement écrit, bourré de twists et autres retournements de situation, servis par des épisodes proprement géniaux, par exemple l’extraordinaire The Man who would be King, écrit par Ben Edlund, un monstre de travail sur la structure et l’utilisation de la temporalité dans le scénario.

Ce même Ben Edlund est aussi à l’origine de quelques uns des épisodes plus ou moins bouclés les plus inventifs jamais fait, comme ce formidable The French Mistake ou les personnages Dean et Sam se retrouvent sur le tournage… de Supernatural, à devoir se faire passer pour les terribles et franchement mauvais acteurs Jensen Ackles et Jared Padalecki. On notera aussi l’excellent My Heart will go on, dans lequel un ange retourne dans le passé pour empêcher le Titanic de couler, tout simplement parce qu’il ne supporte pas les chansons de Celine Dion, ni le film de James Cameron. Et on pourrait en citer à la pelle, tant cette saison regorge de trouvailles, de bonnes idées et de moments inoubliables.

Alors oui, la réalisation n’est pas un grand moment de cinéma, mais reconnaissons à la série une production value qui arrive à nous faire croire à des décors différents dans tous les Etats Unis semaine après semaine… alors que le show est tourné dans des petits locaux au Canada. Et si Jensen Ackles et Jared Padalecki (faut le faire quand même ces noms!) ont un peu des gueules de gravure de mode, ils maîtrisent maintenant parfaitement leurs personnages et s’avèrent de redoutables acteurs. Entouré par un casting plus que brillant (Misha Collins en Castiel est sans doute l’un des plus incroyables comédiens de l’année), les frères Winchesters continuent d’être au top du top, et Supernatural est toujours, et de très loin, l’une des meilleures séries de ces dix dernières années.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une septième saison.
La question n’est pas de savoir si vous devriez ou non regarder cette sixième saison de Supernatural, mais plutôt si vous devriez vous farcir l’intégralité de la série. Avec cent vingt-six épisodes au compteur, c’est une vraie problématique. Et puis il faut savoir que la première saison n’a rien d’exceptionnel et que c’est seulement à la troisième que la série a vraiment gagné ses lettres de noblesse en devenant un immanquable. Méchamment intelligente et bien foutue, on est loin de la simple petite série pour ado, et bel et bien dans le show sans doute le plus désespéré de sa génération. Incroyablement efficace, regorgeant d’originalité et de trouvailles géniales, c’est tout à la fois un vrai laboratoire à expérimentation et une magistrale réflexion sur l’Homme, la religion et la famille. Et vu le cliffhanger de la saison, c’est peu dire qu’on attend avec impatience le 23 septembre pour la reprise de la série !

Aujourd’hui, c’est jeudi, une semaine avant la fête nationale, et j’ai donc envie de redonner une chance à des séries annulées (non, ne cherchez pas, il n’y a aucun rapport.) Du coup, nous allons parler d’ados dans les années 80, d’une vie inattendue, d’ados anglais passée à la moulinette MTV, d’un couple d’espions et d’un homme prêt à tout pour vous protéger. C’est parti…

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

En s’intéressant à un groupe d’étudiants qui rejoignent une fraternité plus connu pour ses soirées démiurgiques que pour le travail de ses membres, Glory Daze vient clairement jouer sur les plate bandes de Greek, série au concept énormément similaire. Pour se différencier, la série de TBS mise cependant sur un son univers assez particulier… puisqu’il s’agit des années 80.

Située en 1986, Glory Daze se fait un malin plaisir à rappeler tout ce qui faisait les années 80, de la musique aux vêtements en passant par les blockbusters de l’époque. Soignée dans sa production value et ses références, la série mise clairement sur ce point pour faire la différence et surtout s’approprier une part du public. Oui, mais lequel ? C’est bien là le problème du show : ceux qui peuvent être intéressés par les années de fac n’ont pas connu les années 80, et ceux qui ont vécu à cette période ne s’intéressent plus vraiment aux aventures un poil dévergondées d’une bande de glandeurs rejoignant une fraternité… Et puis il ne faut pas oublier la comparaison avec Greek. Les histoires, les personnages, même les fils rouges feuilletonnants font énormément penser à la série absolument mythique d’ABC Family (vous pouvez vous jetez sur les quatre saisons, toutes absolument géniales.) Mais les acteurs de Glory Daze n’ont pas le charisme de leurs aînés, le rythme est beaucoup plus artificiel et saccadé, les histoires elles-mêmes semblent moins crédibles. On ne peut s’empêcher à chaque instant faire la comparaison, et celle-ci n’est jamais en faveur du show 80′s.

Final Score : 2/5, série annulée à la fin de sa première saison. Glory Daze aurait pu amuser s’il n’y avait pas eu Greek juste avant. Inférieure en tous points, ce n’est pas son univers années 80 qui va lui permettre de conquérir le public. Pas vraiment bien réalisée, plutôt molle et au final assez mal fichue, la nouvelle série de TBS était vraiment trop classique pour convaincre qui que ce soit.

Quand la CW se lance dans une expérience de série réaliste, on peut s’attendre à tout, surtout au pire. Pourtant, Life Unexpected apparut comme une bonne surprise lors de sa première saison : les mésaventures de Lux, jeune fille de seize ans qui retrouvent ses parents l’ayant abandonné à sa naissance pour leur demander de s’émanciper – alors qu’ils vont, bien entendu, se retrouver à devoir s’occuper d’elle – étaient plutôt passionnantes, touchantes et assez bien ancrées dans la réalité. Du coup, en ce début de deuxième saison, on avait hâte de retrouver tous ces personnages magnifiquement ciselés. Mais quelque chose s’est grippé dans la mécanique…

Cette seconde, et ultime, saison de Life Unexpected est en effet une catastrophe à tous points de vues. Les personnages, d’abord, si fins et agréables, ne tardent pas à devenir des archétypes d’eux-mêmes, presque des parodies, dont on peut prédire tous les faits et gestes plusieurs épisodes à l’avance. Les histoires, elles aussi, perdent de leur réalisme pour faire intervenir des situations ultra dramatiques et totalement artificielles (tient et si Lux sortait avec un mec un soir et que c’était son professeur ! comme s’il n’y avait pas d’autres garçons à rencontrer à Portland.) La ville, les décors, perdent eux aussi de leurs charmes et il y a surtout cette musique pop assez insipide, typique des programmes de la CW, qui fait son entrée en force pour culminer dans un magistral crossover avec One Tree Hill, ce qui achève toute crédibilité à la série. Dommage dommage car on était plutôt content de retrouver Kerr Smith (mais si, l’homosexuel de Dawson’s Creek qui sortait avec Joey !) toujours très bon, et d’avoir découvert Kristoffer Polaha et la pétillante Britt Robertson (Baze et Lux dans la série) qu’on retrouvera dans des rôles importants l’année prochaine dans deux séries… de la CW ! Quant à Shiri Appleby, on lui souhaite bien de la chance, mais pour nous elle sera toujours la petite brune de Roswell.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa deuxième saison. Life Unexpected était vraiment LA bonne surprise de l’année dernière, une série fine, délicate, remarquablement écrite et interprétée qui laissait espérer, à terme, une qualité à la hauteur de My So Called Life. Mais catastrophe, la deuxième saison prend tous les mauvais virages possibles, se termine en crossover avec la série la moins réaliste au monde et on ne versera pas une larme à son annulation. Franchement dommage.

MTV l’aurait voulue, elle n’aurait pu créer plus de buzz et de polémique enflammée autour de sa version US de la mythique Skins. Conchiée par les fans de la série anglaise avant que quoi que ce soit n’ait été fait ou diffusé (d’ailleurs la chaîne s’est servie de commentaires peu élogieux d’internautes sur ses affiches, notamment le classique : “america is such a right wing, religious lead country they just wont get it”), appelée au boycott, accusée de pornographie pédophile, abandonnée par les marques qui ont retirée leurs publicités, puis finalement délaissé par les spectateurs eux-mêmes, ce Skins aura vécu beaucoup de tourments pour ses seulement treize épisodes. Longtemps soutenue par la chaîne elle-même (MTV n’a jamais rien voulu couper ou censurer et défendait le droit de parler de problèmes de la vraie vie des ados), Skins finira par ne pas être reconduit pour une deuxième saison. Alors, dommage ou juste retour des choses ?

Pour répondre à l’opposition basique série anglaise / reprise américaine, précisons tout de suite que cette version MTV est dirigée par Bryan Elsley, l’un des deux créateurs de la version anglaise. La série se base sur les deux mêmes règles : utiliser des acteurs amateurs et de jeunes scénaristes. Pour le reste, il faut bien avouer qu’on est assez décontenancé de retrouver un premier épisode quasiment copier/coller sur la première génération anglaise, et que voir de nouveaux acteurs incarner des personnages mythiques comme Cassie, Tony, ou Sid (devenu Stanley) a tendance à faire hurler… Mais il suffit parfois d’un petit changement de personnages pour changer toute une dynamique d’histoire. Ici, Maxxie devient Tea, l’homosexuel devient une lesbienne, et cela change tout. Car Tony n’est pas insensible à son charme, ce qui va influencer sa relation avec Michelle, qui ne réagit pas comme dans la série anglaise avec Stanley, tout comme Abbud (ex Anwar), etc. On se retrouve finalement avec une série totalement différente, un excellent exercice de style de la sorte univers alternatif, mais qui repose toujours sur les mêmes concepts, la même façons racée d’aborder la réalité avec tout son cru, et la même critique acerbe d’un monde de l’adolescence absolument sans pitié. Finalement plutôt bien reçue par la critique, Skins US ne trouvera malgré tout jamais son public – comme l’avait prévu certains journalistes. Et, il faut bien l’avouer, c’est vraiment malheureux.

Final Score : 5/5, série annulée à la fin de sa première saison. MTV a peut-être toujours une mauvaise image, mais c’est pourtant la chaîne qui propose les programmes ados les plus couillus. Avec ce Skins US, elle offrait une version absolument excellente, qui atteint la qualité magistrale de la première génération anglaise. Un immanquable – encore plus pour ceux qui ont vu la version anglaise.

Bon, ça y est, on en est sûr, J.J. Abrams est surmené. C’est la seule explication valable à la catastrophique Undercovers, lamentablement diffusée cette année sur NBC et en plus annulée le jour de mes trente ans ! Remboursez moi !!!

J’imagine parfaitement ce qui a du se passer. J.J. était en pleine préparation de Super 8, son dernier film, ou alors il le tournait déjà ou peut-être qu’il était en train de le monter. Il a à mort la pression de son producteur, en l’occurrence Steven Spielberg, qui n’arrête pas de lui rappeler que lui il fait deux séries à côté pour la rentrée, et que putain il gère tout alors merde quoi. Du coup, quand NBC appelle J.J. pour lui dire qu’ils veulent une nouveau show de sa part, il n’arrive pas à refuser. Question d’ego.

Le problème, c’est que y a plus une seule nouvelle idée dans le cerveau d’Abrams. Il aurait bien un truc sur Alcatraz, mais pour l’instant la chaîne n’est pas chaude. Du coup, il va chercher dans ses vieux cartons s’il ne reste pas un truc à vendre. Et il se rappelle qu’il avait refourgué Alias à ABC alors qu’ils lui demandaient de plancher sur une nouvelle saison de Felicity. Notre bon vieux J.J., c’est un feinteux, tout le monde le sait maintenant que Lost est fini. Du coup, accrochez vous bien, il re-refourgue Alias à NBC ! Il a des grosses cojones, c’est sûr !

Bon, ok, il feinte un peu. Il met un coule au lieu d’une jeune héroïne, histoire de changer un peu les intrigues sentimentales (puis, depuis qu’il s’est marié, J.J. s’intéresse aux questions de fidélité, de confiance, de l’amour au quotidien). Et tiens, on va les faire black, histoire de dire qu’on est une série d’avenir qui ose tout. Pour le reste, on fait à l’ancienne – on copie/colle certaines intrigues d’Alias, on te cale une ou deux scènes en France ou au Québec (ouais, ils adorent ça à l’étranger), et que je te mets un mini bout de fil rouge, on verra si on s’en sert plus tard. Emballé, c’est tourné, et hop diffusé.

Finale Score : 2/5, série annulée le jour de mon anniversaire bon dieu.
Undercovers n’est pas totalement mauvaise… c’est juste une pale copie d’Alias qui est quand même terminée depuis cinq ans. Et ce nouveau show a du plomb dans l’aile. Pas innovant, pas super beau, pas vraiment bien ficelé, on ne voit pas ce qui pourrait vous pousser à le regarder – sauf si vous être vraiment, mais alors vraiment, en manque de série d’espionnage.

Deuxième adaptation en série du comics publié chez DC, Human Target a tiré sa révérence à la fin de sa deuxième saison sur la Fox. Pourtant, cette série d’action avait de quoi motiver les foules…

Pour faire une bonne série d’action, il faut en premier lieu des personnages qui donnent envie de les suivre. Et pour le coup, Human Target assure pleinement : Christopher Chance, le héros, est mystérieux à souhait et remarquablement séduisant, son gros pote noir Winston s’avère le parfait sidekick qui apporte le contrepoint comique, l’inquiétant Guerrero peut aussi bien servir les scènes d’actions plus crues que de vrais beaux moments de comédie,quant à Ames elle apporte la touche de féminité et ses talents de voleuses (et donc quelque peu de subtilité) dans l’équipe. Il n’y a que l’adjonction de Ilsa Pucci, la riche quarantenaire qui dirige maintenant le groupe, qui ne fait pas vraiment sens, vu qu’elle ne sert pas à grand chose.

A part ça, Human Target s’appuie sur des scénarios carrés, au rythme parfaitement étudié, mêlant à l’envie action et comédie et même quelques petits moments un peu plus touchants, presque philosophiques, quand on s’attache au fil rouge. Réalisation remarquable et production value splendide, la série n’est plombée que par une ambiance sonore pataude, où la musique classique très lourde devient vraiment redondante avec ce qu’on a déjà à l’écran.

Final Score : 4/5, série annulée à la fin de sa seconde saison.
Human Target est sans doute l’une des meilleures séries d’action de cette année. Il ne lui manque qu’un petit je-ne-sais-quoi qui donnerait vraiment envie de revenir chaque semaine ou qui rendrait la série vraiment indispensable. Dommage que le public n’ait pas suivi (sauf quand la série passait après American Idol !) car on aurait vraiment aimé voir quelle destination aurait pris le show l’année prochaine !