Septième fournée de reviews avec le retour des producteurs de Prison Break, une nouvelle vision arthurienne, un ado avec un gros sexe, des ados qui ne pensent qu’au sexe et une toute petite sitcom !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Les producteurs de Prison Break sont de retour, pour notre plus grande angoisse… En plus, leur nouveau projet tourne encore autour de la prison : trois détenus sont employés par un marshall pour retrouver des bad boys qui viennent de s’échapper. Du coup, on ne s’attendait pas spécialement à être convaincu…

Et pourtant, malgré son générique sans doute le plus moche du monde, Breakout Kings se révèle être une sympathique surprise. La force de la série repose principalement sur son casting, qui propose des personnages aux capacités qui se répondent parfaitement. Il y a le super psychologue, le chef de gang, la fille de voleur/arnaqueur, la petite geek agoraphobe, et deux flics costauds (dont un ancien corrompu) pour chapoter le tout.

Le tour de force est d’arriver à tous les rendre sympathiques et à nous faire découvrir leurs vies, leurs problématiques profondes, par petite touches, de plus en plus grandissantes à mesure qu’on s’approche du season finale particulièrement réussi. Du coup, même si le reste n’est qu’un cop show de plus, on est suffisamment teasé par les personnages pour avoir envie de revenir chaque semaine. Et quand la série s’achève, on a hâte qu’elle reprenne l’année prochaine.

Final Score : 4/5, série en hiatus.

Breaktout Kings est sans doute l’un des meilleurs cop shows de cette année. Les intrigues sont soignées, mais ce sont surtout les personnages et la dynamique du groupe qui nous donne envie de les retrouver à chaque épisode. Une belle petite surprise – et l’occasion de retrouver quelques personnages (oui oui, personnages, pas acteurs !) de Prison Break, qui nous rappellent quand la série était encore intéressante !

Le cas Camelot est particulièrement intéressant. Prenez une chaîne (Starz) surtout connue pour avoir remis au goût du jour un personnage historique (Spartacus) et qui tente de faire de même avec la légende arthurienne. Prenez un spécialiste de l’histoire anglaise (Michael Hirst) connu pour s’intéresser aux  hommes de pouvoir, en particulier aux vieux rois anglais (The Tudors.) Miser le tout et vous obtenez… une série franchement spéciale.

C’est que Michael Hirst aime s’approprier pleinement ses sujets. Du coup, exit la dimension religieuse de la légende arthurienne, et quasiment exit la magie et autre quête du Graal. Hirst joue plein pot les deux sujets qui l’intéressent : le pouvoir et les femmes. Au point que très rapidement la série délaisse en grande partie Arthur et ses copains chevaliers – ainsi que son histoire d’amour compliquée avec Guinevere – pour ne s’intéresser plus qu’à la conquête du pouvoir par Morgane. Un choix plutôt bien vu étant donné qu’on fait face, pour une fois, à un personnage de femme active et puissante comme on en a rarement vu. Bon, ok, on pourrait peut-être reprocher à la série d’être un peu machiste en cherchant loin (Morgane est prête à tout pour être couronnée, Guinevere cède à  la tentation, quant à Ygraine elle se fait manipuler en bonne et due forme) mais ce serait à notre avis faire un mauvais procès à un show toujours fasciné par l’entêtement, par ces pulsions auxquelles on n’arrive jamais à échapper.

Du côté de la réalisation et de la production design, on sent bien que le show, comme The Tudors ou Spartacus, manque cruellement de moyen par rapport à ses ambitions. Du coup, on ne peut pas dire que visuellement ce soit vraiment une claque mais on ne peut que féliciter les bonnes idées de la production pour arriver à mener à bout le projet. Le casting, quant à lui, peine à convaincre dans les premiers épisodes mais s’avère nettement plus convaincant par la suite. Si Joseph Fiennes en fait toujours trop en Merlin, force est de reconnaître que Jamie Campbell Bower, le roi Arthur, qui faisait sérieusement douter de ses capacités avec sa petite gueule d’ange, se montre exceptionnel quand son personnage prend tout la mesure de son mythe vers la fin de la saison. Et que dire de Eva Green, formidable Morgane, tout à la fois rebutante et fascinante.

Final Score : 4/5, série en hiatus.

Camelot n’est clairement pas une série qui plaira à tout le monde. Si, comme Michael Hirst, les questions de pouvoir et de fascination vous intéresse, ou si vous voulez voir un personnage de femme forte comme vous n’en avez quasiment jamais vu, vous pouvez lui donner sa chance – la série a vraiment beaucoup à donner. Pour les autres, la pilule sera nettement plus dure à avaler.

MTV a surpris tout le monde l’année dernière en offrant ce qui s’est avéré être l’une des meilleures sitcom depuis bien longtemps. La saison deux de The Hard Times of RJ Berger était donc attendue au tournant : la série allait-elle s’adoucir, se transformer en “simple” show pour ado, ou les auteurs allaient-ils rester dans ce ton passablement subversif qui fait tout le charme des aventures de RJ ?

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le concept est relativement simple : RJ est un geek, principal victime du beau gosse et sportif du lycée. Mais au détour d’un petit problème de caleçon, toute l’école découvre son plus grand secret. Il est  pourvu d’un sexe absolument énorme !

Sur cette base se greffe des histoires d’ados relativement classiques avec une nette tendance à tourner autour du sexe. RJ veut sortir avec la plus belle pompom girl du lycée, sa copine d’enfance veut être la première à monter sur son mât, et son pote Miles veut coucher… avec tout ce qui bouge. La force de la série réside dans son ton particulièrement cru et sa manière très frontale d’affronter tous les sujets.

L’autre bonne idée, ce sont les petits encarts en animation, commandés à des studios qui ont tous une marque très différentes. Un vrai petit plaisir, d’autant plus que ces passages sont très intelligemment intégrés à l’histoire et jamais cela ne paraît artificiel.

Cette deuxième saison révèle quelques belles surprises, dont une nouvelle copine pour RJ, et conserve, voir amplifie, le ton sacrément costaud pour une série pour ado. D’autant que les auteurs s’amusent à suggérer pour en rajouter une couche, et on se souviendra tous de ce magnifique passage ou la mère de RJ prépare une courgette avant de la cuisiner…

Final Score : 4/5, série en hiatus.

The Hard Times of RJ Berger reste encore cette année l’une des meilleures sitcoms du moment. Si vous n’êtes pas réfractaires aux ados en personnages principaux, jetez vous dessus pour une grande séance de rire. Croisons les doigts pour que MTV commande une troisième saison qui devrait être assez exceptionnelle vu le climax de la fin de cette année !

Ca y est j’ai compris : The Secret Life of American Teenager est juste une vaste blague. Mais comme on dit, ce sont les plus courtes qui sont les meilleures, et là on vient tout de même de se taper 26 épisodes pour la saison 3 !

Véritable catastrophe ambulante, SLAT fait preuve d’un certain talent pour absolument tout foirer. Production design qui vous donnerait envie de vous tuer si vous deviez vivre dans de tels décors, histoires éculées et dialogues artificiels et largement trop explicites, acteurs capables de faire semblant de jouer trois émotions, musique abominable, rien, absolument rien, ne vient refaire remonter la pente.

Et pour arriver à un tel niveau de nullité, soyez en sûr, il faut avoir un sérieux talent.

Final Score : 1/5, série renouvelée pour une quatrième saison (déjà en cours de diffusion…)

Exemple type de tout ce qui peut faire haïr les séries américaines à quelqu’un, The Secret Life of American Teenager est une ambulance sur laquelle on ne va pas se mettre à tirer. Dommage que la série marche aussi bien aux Etats-Unis : ABC Family est déjà en train de diffuser la quatrième saison et ne devrait pas s’arrêter là…

Sitcom adaptée d’un programme israélien, Traffic Light était censée remplacer l’échec Running Wilde. Et pour le coup, l’adaptation de Bob Fisher (l’auteur de Wedding Crashers) ne va pas vraiment faire mieux…

Deux couples de trentenaires et leur pote éternel séducteur célibataire : on ne peut pas dire qu’on nage en plein délire d’originalité. La seule idée de la série, c’est de montrer les personnages en pleine audio-conférence, coincés dans leurs voitures sur les routes de LA. Des passages plutôt dynamiques et marrants… mais la série ne peut prétendre à aucun autre point positif. Pas vraiment drôle, pas vraiment attachante, Traffic Light essaie de faire bien mais, tel un bon élève trop appliqué, manque vraiment trop de personnalité pour convaincre. Du coup, son absence l’année prochaine ne nous fait franchement ni chaud ni froid.

Final Score : 2/5, série annulée après la première saison.

Traffic Light n’était pas un mauvais bougre, elle manquait juste trop de personnalité pour convaincre qui que ce soit. La preuve : après avoir vu tous les épisodes, je suis incapable de me rappeler un moment qui m’aurait vraiment fait rire.