C’est donc cette semaine qu’on dit bye-bye (temporairement) à Timothy Olyphant et son chapeau de cowboy. Heureusement, entre temps, NBC a su nous donner faim avec un célèbre tueur en série. Retour sur une semaine qui ne manque pas de bon goût… et en prime, on vous parle de zombies anglais ! Alors, elle est pas belle la vie ?!
ROGUE
Vendue comme une série puissante et forte, qui présente enfin la mafia sous un jour aussi “intéressant que les Sopranos” (c’est dire), Rogue, la petite dernière de Directv diffusée sur la chaîne payante Audience ne va pas franchement marquer les esprits avec son double pilote franchement peu convaincant.
Rogue raconte l’histoire de Grace, une flic sur le fil du rasoir, agent double infiltrée dans une famille de mafieux, qui va commencer à se demander si la mort de son fils (sur lequel on a tiré dans la rue) n’aurait pas été causée par ses propres actions. Se mettant toujours plus en marge de la loi, Grace n’écoute personne et surtout pas ses collègues, et reprend son rôle d’infiltrée en pensant que le boss des mafieux pourra l’aider à élucider cette affaire. Seulement voilà, lui-même a un traître dans ses rangs et il va obliger Grace à le démasquer. Et puis il y a aussi le marie et la fille de Grace qui commencent sérieusement à se demander ce qu’elle est en train de foutre.
Un peu comme le spectateur d’ailleurs. Car le gros problème de Rogue c’est que les personnages sont tellement torturés, hachés, complexifiés… qu’on n’arrive tout simplement pas à les suivre. Impossible de s’identifier à Grace dont on ne comprend pas les tenants et aboutissants. Pas plus qu’à Jimmy, le patron de la mafia, qui n’a pas (comme Tony Soprano) de problème auquel le commun des mortels peut se rattacher. C’est bien beau de vouloir faire de la série noire, mais encore faudrait-il ne pas laisser les spectateurs sur le carreau…
Et puis il y a les comédiens et la réalisation. Si ces deux éléments sont clairement mis en avant dans la communication autour du show, je n’ai pour ma part pas du tout été bluffé… au contraire. Thandie Newton en fait des tonnes, Martin Csokas est instantanément stressant et les autres acteurs font penser à une bande de sales gosses de riches qui se prennent pour des caïds car ils ont fumé un joint. Quant aux images, leur saturation extrême censée donner une identité au show ne fait que refléter l’absence de réflexion sur les positionnement de caméras.
Bref, une heure quarante plus tard, Rogue peut à la limite intriguer mais certainement pas enthousiasmer. La suite saura-t-elle remonter la pente ?
HOW TO LIVE WITH YOUR PARENTS (FOR THE REST OF YOUR LIFE)
J’assume : j’adore Sarah Chalke, inoubliable Elliot dans Scrubs et… heu… non, on va passer sur le reste de sa carrière. Bref, cette fille me fait rire. Alors forcément, j’avais envie d’y croire, moi, à How to Live with your Parents (for the Rest of your Life) – le titre le plus improbable du mois. Mais là, il va falloir que je prenne BEAUCOUP sur moi.
Complément artificiel de la soirée sitcom du mercredi soir d’ABC, How to Live vient remplacer The Neighbors et rejoint donc The Middle, Modern Family et Suburgatory. Le pitch : en pleine récession économique, une trentenaire récemment divorcée est obligée de retourner vivre chez ses parents avec sa fille. Sauf que ses parents sont des hippies et qu’ils parlent tout le temps de sexe. Et que l’héroïne a bien du mal à refaire sa vie. Excitant ?
Non, effectivement. Et le pilote ne l’est pas plus. Les blagues tombent à l’eau, le couple de parents n’est pas crédible pour deux sous, la gamine ne sait pas jouer (et en plus elle est moche, on se demande comment elle a fait pour décrocher ce rôle !), le rythme est amorphe, et Sarah Chalke se fait chier. Comme nous.
HANNIBAL
La dernière nouveauté de la semaine est particulièrement flippante (mais tout de même un peu moins dérangeante que la très grinçante Bates Motel.) En effet, dans Hannibal, on sait nous donner faim avec de magnifiques scènes de cuisine… sauf qu’il s’agit de chair humaine. Et oui, la série reprend le personnage d’Hannibal Lecter, le tueur en série le plus charismatique et le plus intelligent de la fiction américaine.
Alors je pourrais tout simplement vous dire que vous devez voir la série car Gillian Anderson y joue la psy d’Hannibal et que ça promet des échanges croustillants. Je pourrai aussi vous vanter l’aisance de la mise en scène, le subtil découpage du scénario, ou tout simplement l’ambiance générale absolument envoûtante. Mais je préfère tirer mon chapeau à Mads Mikkelsen, acteur danois vu récemment dans La Chasse, mais aussi dans Casino Royal ou encore le tonitruant Valhalla Rising, absolument magistral et qui arrive à faire instantanément oublier la prestation d’Anthony Hopkins dans le même rôle (pour Le Silence des Agneaux.)
Après, que vous dire de plus ? Au niveau du pitch, c’est tout de même sacrément gratiné. Le chef des profilers du FBI (Laurence Fishburne, mais franchement on s’en fout de lui…) envoie son agent spécial Will Graham enquêter sur un tueur en série. Will a la particularité d’être extrêmement empathique et de pouvoir se mettre dans la peau des tueurs – ce qui nous vaut quelques séquences oniriques hautement flippantes et laisse présager du pire pour la psyché de notre héros. Mais quand Will commence à galérer à trouver le coupable, Fishburne a la bonne idée de lui accoler un psychiatre hautement renommé, le docteur Hannibal Lecter. Oui, il est pas doué ce Fishburne parfois…
Alors que j’avais toutes les réticences du monde à regarder une série basée sur les (très bons) romans de Thomas Harris (inutilement sacrifiés au cinéma à l’exception du film de Jonathan Demme) je suis resté scotché devant ce pilote original, super agréable à regarder, et magnifiquement interprété. Par contre, après, j’avais envie d’un bon steak, allez savoir pourquoi…
NEW NORMAL (saison 1)
Si Ryan Murphy a plusieurs fois réussi à foutre de grands coups de pied dans un monde de séries un peu trop calmes (Nip/Tuck, American Horror Story, ou encore la délirante Popular), on ne peut pas dire qu’il ait été très inspiré en concevant The New Normal, sitcom mettant en scène un couple homosexuel, la femme qui leur sert de mère porteuse, et sa fille. Car si cette mise en bouche de personnages semblent pour le moins intéressante (surtout quand on y ajoute une grand-mère ultra conservatrice…), The New Normal tombe dans les trois grands travers des sitcom familiales : trop gentille, trop naïve, et surtout bien trop moralisatrice.
Quant à l’humour, c’est peu de dire qu’il ne fait pas souvent mouche. Quelques blagues sur le personnage de Bryan pourront faire rire ceux qui y reconnaîtront une parodie de l’auteur (Bryan est le showrunner d’une série nommée Sing, dont les points communs avec Glee sont légions…), mais dans l’ensemble Murphy ne fait que nous ressortir de vieille blague et de vieilles intrigues. Même le personnage de Jane, la grand-mère qui déteste les gay, fait ouvertement penser à la coach Sue Sylvester dont Glee a déjà bien assez usée et abusée. Et quand une sitcom n’arrive pas à nous faire rire, on sait ce qu’il nous reste à faire…
Final Score : 4/10
Non, définitivement, The New Normal ne mérite pas votre attention. Si la prémisse est intéressante, le résultat n’est qu’une sitcom familiale de plus, à l’humour vieillot et aux personnages déjà vus. Ryan Murphy sait secouer la télé, il vient de prouver qu’il sait aussi faire du programme au kilo.
IN THE FLESH (mini série)
Avec sa prémisse zombiesque plutôt originale (les zombies n’étant pas vu comme des montres mais comme des gens malades…), In The Flesh a su attirer l’attention. Mais aura-t-elle marqué les esprits avec ses trois petits épisodes ?
Il faut le reconnaître, trois épisodes c’est court, trop court même pour un concept aussi porteur. Autant le savoir dès le début, vous allez rester sur votre faim. On aurait aimé (et on peut aisément imaginer) une bonne dizaine d’épisodes supplémentaires pour creuser plus en avant cet univers si particulier et si original. D’ailleurs, certaines pistes scénaristiques restent sans réponse (le site internet…) : la BBC 3 nous se serait-elle ménagé la place pour une suite ? Peu importe, vu l’échec en terme d’audience, il y a peu d’espoir pour que celle-ci voit le jour.
Faut-il pour autant faire l’impasse sur In The Flesh ? Sous les quelques défauts déjà cités se cache une histoire vraiment intrigante et bien menée, où le surnaturel n’est là que pour permettre de parler de manière décalée d’un autre sujet (l’homosexualité dans un petit village d’Angleterre.) Les personnages sont attachants et leurs destins, parfois brisés, peuvent vraiment vous prendre aux tripes. Et si le rythme est parfois un peu mou, la réalisation aride saura toujours vous mettre dans une ambiance bien particulière.
Final Score : 7/10
Bien foutue mais définitivement trop courte, In The Flesh laisse forcément le spectateur sur sa faim. Mais vu qu’elle lui réserve aussi beaucoup de (très) bons moments, elle reste tout à fait recommandable. Et si vous aimez les zombies, alors là vous ne pouvez pas passer à côté !
JUSTIFIED (saison 4)
Avec cette quatrième saison, Grahma Yost prouve que sa série Justified est définitivement l’une des meilleures diffusées actuellement. Show à l’ambiance bien particulière, s’intéressant aux méandres entre la justice et plusieurs familles de criminels dans une petite ville du Kentucky, Justified s’offre un trio gagnant en proposant une réalisation impeccable, des comédiens tout simplement parfaits et, une fois de plus, une saison à l’arche narrative maligne et magistralement orchestrée.
Après s’être intéressée au rôle de la justice, aux limites de celle-ci, puis aux logiques familiales et à la difficulté de leur échapper, cette quatrième saison creuse encore plus la question en confrontant les deux personnages principaux (Raylan Givens, le flic, extraordinaire Timothy Olyphant ; et Boyd Crowder, le bad guy, interprété par le tout aussi fabuleux Walton Goggins) à leur incapacité de changer. Raylan voit sa compagne tomber enceinte, mais encore envoûté par son rôle de Marshall solitaire, qui fait rarement usage de son arme mais dont tous les tirs font mouche, il ne peut – volontairement et involontairement – évoluer vers le rôle de père. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si le sien, de père, est au coeur du mystère qui entoure la saison et voit son destin se confronter à un mur inébranlable. De son côté, Boyd voudrait ranger ses habits de gangster et se perdre dans la masse, profiter d’une petite vie au calme avec sa douce Ava (Joelle Carter, inoubliable.) Rattrapé par le passé (ses anciens conflits avec d’autres barons de la drogue), par son futur (une prostituée introuvable qui connait un secret qui peut envoyer Ava en prison), Boyd est coincé dans un présent angoissant, obligé de vivre au jour le jour, et de faire face à une trahison familiale exemplaire…
On l’aura compris, Justified est l’une des meilleures séries de la saison et en passe de devenir un pur petit chef-d’oeuvre. La suite ? C’est pour janvier 2014. Ca va être dur d’attendre.
Final Score : 9.5/10
Justified a suffisamment vécu pour qu’on puisse d’ores-et-déjà la qualifier de série absolument indispensable. Cette quatrième saison ne fait que le confirmer – qu’est-ce que vous attendez pour vos jeter dessus ?
Rendez vous bientôt (peut-être) pour une semaine qui a été très riche en départs…
































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