Tag Archive: NBC


 

Ray_Donovan_S1_RAY DONOVAN (nouveauté)

J’avais prévenu qu’il fallait surveiller Ann Biderman, la créatrice de l’assez excellente Southland : avec Ray Donovan, sa nouvelle série, elle vient de mettre un coup de pied à Homeland en s’offrant le plus fort démarrage de la chaîne showtime (avec 1.4 millions de téléspectateurs.) Mais cet exploit se justifie-t-il au vu de la qualité du pilote ou est-ce un pur hasard ?

Les qualités présentées dans les différentes bande-annonces se retrouvent bien dans cette première itération des aventures d’un “fixer”, un mec qui arrange les choses pour les riches et célèbres. A commencer par les comédiens, très en forme, dont le ténébreux Liev Schreiber qui s’affirme tout de suite comme le nouveau mec costaud de la télé cablée américaine, ainsi que la présence envoutante mais simultanément déroutante de John Voigt en grand-père étrange, fraîchement sorti de prison, et qui a l’air d’avoir bien des choses à se reprocher (et pas seulement prendre de la coke avec ses autres fils…) La réalisation est magistrale et restitue à merveille un univers très glauque alors que tout n’est qu’apparences brillantes. L’ambiance sonore et le montage, finement rythmé, viennent mettre le point final : sur la forme Ray Donovan est une petite merveille.

Question scénario, par contre, on est encore un peu perplexe. Si les passages où Ray va aider ses clients (un joueur de basket qui se retrouve avec une inconnue morte dans son lit, ou encore un acteur qui va bientôt tourner un film très hétéro et qui vient de se faire surprendre avec une prostituée transsexuelle) sont plutôt excellents, ses atermoiements familiaux sont nettement moins intéressants – pour l’instant. Car on sent que l’arrivée de John Voigt dans sa vie, événement qu’on attend tout au long de l’épisode, va réellement relancer la série. Le scénario de ce pilote est donc un peu raté au niveau de l’installation, trop longue, mais reste cependant suffisamment excitant pour donner envie de voir la suite. On pourrait bien tenir ici la future merveille du câble.

Siberia-NBC-season-1-2013-posterSIBERIA (nouveauté)

Hein ? Que… mais… qu’est-ce que c’est que ce truc ? Vraie fausse télé-réalité (et déjà rien que dans l’intitulé de ce genre il y a de quoi s’y perdre), Siberia se présente comme un jeu à la Survivor ou Koh Lanta, qui se déroule dans les profondeurs de Tunguska (là où ce serait crashé un vaisseau extra-terrestre en 1908 – en réalité un astéroïde ou une commette.) Et le pilote s’arrête presque là, mettant en scène un petit événement étrange dans les dix dernières minutes. Aucun intérêt ? Pourtant, il faut le reconnaître, du point de vue du scénario comme de la réalisation, l’équipe maîtrise sur le bout des doigts tous les codes de ce genre de programme. Peut-on s’attendre alors à ce que le show devienne une version complètement barrée (et réussie) de Lost ? Une chose est sûre : après avoir vu le pilote vous allez vous demander “hein, quoi, mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?” Et si vous êtes comme moi, vous allez vous le mater à nouveau deux jours plus tard. Juste pour être sûr.

 

goodwin-games-revisedGOODWIN GAMES, the (saison 1 – série annulée)

On prend les mêmes ingrédients et on recommence ! Avec the Goodwin Games c’est cette fois la FOX qui ajoute son lot au cimetière des sitcoms vite oubliées. Trois frères et sœurs sont obligés de vivre ensemble et de participer à un jeu organisé par leur père fraîchement décédé pour toucher leur héritage de plusieurs millions. Toute la comédie de la série repose sur ce trio hautement improbable, aux personnalités très différentes qui ne vont donc cesser de s’opposer. Si les comédiens sont plutôt à l’aise (c’est l’occasion de retrouver Scott Foley – tout aussi à l’aise dans le rire que dans les larmes – et la délicieuse fausse cruche Becki Newton) et que la réalisation s’avère honnête, c’est bien le manque d’ambition des scénarios et leur évidente volonté bien-pensante et familiale qui empêche la série de décoller. Amusant donc, mais franchement dispensable.

Final Score : 6/10

The Goodwin Games vous fera certainement passer un bon moment mais il faudrait vraiment avoir beaucoup de temps à perdre pour se pencher sur ces neuf épisodes. Passez votre chemin, il n’y a rien ici de vraiment remarquable.

Zach Stone - posterZACH STONE IS GONNA BE FAMOUS (saison 1 – série annulée)

C’est le premier vrai échec pour MTV depuis un moment : Zach Stone is Gonna be Famous n’a pas convaincu le public adolescent visé par la chaîne. Pourtant, comme les autres séries du network, Zach Stone… allie une vraie évolution dans l’écriture à une réalisation qui sait comment s’en sortir avec un budget riquiqui. Voici donc face aux aventures de Zach, 18 ans, qui décide de ne pas aller à la fac pour poursuivre son rêve : devenir célèbre. Pour cela, il embauche une équipe de cameramans qui vont le suivre dans ses diverses tentatives de faire exploser son nom.

Visuellement, la série fait clairement référence à tous les programmes de télé-réalité qui abreuvent les ados maintenant habitués à cette image vidéo faussement réelle. Zach s’adresse à la caméra, à l’Amérique, au public. Il créée ainsi un lien assez étrange avec le spectateur qui ne saura tout au long de la série s’il adore cette grande bringue obsédée par son rêve ou s’il déteste cet adolescent attardé qui n’a aucune conscience des réalités. C’est que le scénario se garde bien de mettre en avant ce protagoniste principal auquel beaucoup d’ados peuvent s’identifier : au contraire, il ne cesse de le casser et de le ramener sur terre, lui faisant réaliser peu à peu que la course à la célébrité est une quête sans fin et relativement sans espoir (surtout lorsqu’on n’a aucun talent à vendre.) Le twist final – avec un regard caméra glaçant – restera longtemps dans les anales, dernier grand coup de pied au cul à une génération qui voudrait être connue simplement parce qu’elle pense qu’elle le mérite.

On pouvait s’attendre à voir de vieux briscards dégoûtés par la jeunesse d’aujourd’hui derrière ce programme et c’est tout le contraire : Bo Durnham, acteur, créateur et principal scénariste de la série, a tout juste vingt-trois ans et s’est fait connaître sur le net à travers de réjouissantes vidéos. Si on sent qu’il a vraiment envie de défendre l’idée qu’il s’est construit en travaillant, Durnham révèle aussi un vrai amour pour sa génération dont il connaît tous les codes et secrets. Zach Stone… est définitivement son cri du cœur, et il est fort possible que le jeune homme ait réussi sa masterpiece à l’aube de sa carrière. Dommage, il doit déjà prendre la porte suite à l’annulation du show.

Final Score : 8/10

Certes, Zach Stone is gonna be famous est parfois un peu trop ENORME dans la manière dont elle défend le propos soutenu dans chaque épisode. Mais voilà une création vraiment originale, au ton enthousiasmant, et présentant des personnages particulièrement attachants. Cri du cœur d’un jeune homme pour sa génération, voici un show à ne pas manquer si vous voulez en savoir plus sur les vingtenaires des années 2010.

inside amy - extraitINSIDE AMY SCHUMER (saison 1)

Décalée, un peu dégueulasse et un peu cul (mais pas trop) Amy Schumer peut se targuer d’avoir fait un carton avec Inside Amy Schumer, son show diffusé sur Comedy Central. L’occasion pour nous autre petits français de découvrir une comique bourrée de talent qui sait taper là où ça fait mal. Pour le reste, on est en terrain connu : des sketchs, des parodies, des extraits de son one man et voilà. Amy n’hésite pas à s’auto-ridiculiser (comme tous ceux qui sont passés avant elle sur Comedy Central) mais ne repose pas que sur sa persona pour faire rire. Au final, son show est totalement inutile mais diablement drôle. Les petites télés françaises de la TNT devrait sérieusement s’intéresser à ce genre de programmes low-cost mais pas forcément débiles…

Final Score : 7/10

Dans son genre, le show de Amy Schumer fait clairement parti du haut du panier. Si vous avez envie de découvrir une comique américaine vraiment drôle et décalée, voici votre chance !

dates-DATES (saison 1 – Angleterre)

Pleurez pauvres mortels : c’est déjà la fin de la première saison de Dates ! Et pour l’instant, toujours aucune nouvelle concernant une saison 2. Il faut dire que le programme a été conçu pour être diffusé pendant un mois thématique “mating season” sur Channel 4 et que le network ne s’attendait sûrement pas à de telles éloges concernant le programme inventé par le trublion Bryan Elsley, entre autre créateur de Skins.

Sur un pitch des plus simples (chaque épisode repose sur un rendez-vous entre deux personnes qui se sont contactées par un site de rencontre), Elsley a su foutrement bien diriger ses scénaristes pour offrir constamment de merveilleuses histoires reposant sur des thématiques fortes et totalement exploitées. Impossible de ne pas s’attacher à ces personnages complexes et profonds, de ne pas se poser les mêmes questions qu’eux, de ne pas se laisser happer par cette turbulence scénaristique. Les dialogues sont de plus finement ciselés, n’en disant jamais plus qu’il n’en faut mais ne jouant pas non plus la carte pseudo intello du total non-dit.

Et si les scénarios sont admirables, le reste l’est tout autant. Les comédiens sont assez stupéfiants (Ben Chaplin est assez génial, mais ce sont surtout Oona Chaplin et Will Mellor qui explosent à l’écran !) et apportent une vraie sensibilité et intensité à leurs personnages. Ils sont en cela soutenus par des réalisateurs vraiment impliqués sur le projet et qui offre probablement le meilleur de leurs talents – alors que la plupart des scènes se limitent à des discussions entre deux personnes… Et que dire de l’ambiance sonore et du générique d’intro et de fin qui restera longtemps dans les mémoires !

Final Score : 9.5/10

Dates est un putain de chef-d’oeuvre qui prouve qu’on peut faire d’excellente série sans avoir besoin de beaucoup de moyens. Par contre, il faut que le network ait confiance et ose aller sur des terrains un minimum originaux… En tous cas, vous ne pouvez pas passer à côté !

 

Rendez vous la semaine prochaine – nettement plus calme. Ça va faire du bien !

Suite du bilan des deux semaines précédentes, ce post s’intéresse aujourd’hui aux séries qui viennent de filer hors de notre écran. Et on en profite pour répondre à la question qui brûle de nombreuses lèvres : le retour de Gillian Anderson est-il réussi ?

save me s1SAVE ME (saison 1 – série annulée)

On commence avec Save Me, petite sitcom diffusée sur NBC, relativement charcutée par une diffusion à la va-vite et une commande de seulement sept épisodes sur les treize prévus au départ. Il s’agit de l’histoire de Beth Harper (Anne Heche en toute petite forme), ancienne alcoolique bourrée de défauts, qui manque de s’étouffer avec un sandwich et se met à entendre la voix de Dieu après ce stupide accident. Du coup, elle change du tout au tout et va tenter de faire le bien autour d’elle tout en suivant les étranges préceptes de cette fameuse voix.

Le résultat est loin d’être probant. Certes, les scénarios sont assez surprenants et originaux mais l’humour a bien du mal à passer. C’est que les personnages sont relativement creux, manque cruellement de personnalité et de travers, et s’avèrent finalement aussi lisse que du papier glacé.  Incarnés par une brochette d’acteurs qui ne font que servir la soupe à Anne Heche, ils sont finalement peu crédibles et plombent les rares bonnes trouvailles de la série.

Du côté de la réalisation, c’est pas vraiment ça non plus. On est sur une sitcom à caméra unique, ce qui permet des décors variés et sensiblement plus réalistes, mais les plans choisis, la lumière mise en place, ou même le montage sont bien loin d’être convaincants. Tout ça sent la facilité, le programme boursouflé fait en quatrième vitesse pour boucher les trous d’une programmation NBC plus que défaillante cette année.

Final Score : 4/10

Il n’y a vraiment pas grand chose à retenir de ce Save Me vite vu, vite oublié. NBC ne tient toujours pas sa nouvelle grande sitcom !

awkward s3AWKWARD (saison 3 – première partie) 

L’autre sitcom qui se fait la malle (mais reviendra en septembre), c’est l’incroyable Awkward, qui fait les beaux jours de MTV avec ses scénarios grisants, son rythme implacable et surtout sa bande de jeunes comédiens absolument imparables. On suit donc encore les aventures de Jenna Hamilton, adolescente maladroite qui commence à être célèbre dans son lycée depuis qu’elle sort avec le beau gosse de service. Mais voilà, Jenna est une jeune femme compliquée, qui se pose toutes sortes de questions et qui ne peut définitivement pas rester dans ce statu quo. C’est parti pour dix épisodes absolument désopilant et particulièrement sensible dans leur traitement des troubles de l’adolescences. Avec son ton assumé (de nombreux bip viennent censurer des dialogues plutôt cash) et ses scénarios qui osent aller là où les autres séries pour ado ne vont pas, Awkward reste avec cette troisième saison une évidente réussite. Simplement génial.

Final Score : 9/10

Awkward est toujours aussi sympathique et réussie : c’est bien simple, il s’agit d’une des meilleures séries pour ado du moment. MTV a le vent en poupe en ce moment, et ça fait bien plaisir…

the borgias s3BORGIAS, the (saison 3)

Si vous n’en pouvez plus des séries historiques, alors c’est sûr les Borgias américains ne sont pas faits pour vous. Pourtant ce serait dommage de se priver de cette troisième saison de haute qualité, qui repose sur des événements majeurs et va au bout des thématiques posées sur les différents personnages. Quel ravissement de voir Lucrétia assumer sa soif de pouvoir et utiliser ses charmes pour obtenir ce qu’elle veut ; la lente reprise du Vatican par le pape est tout aussi passionnante ; et la manière dont Cesare prend les armes et créer son armée emballera n’importe quel spectateur. Ajoutez à tout cela la suite de l’étrange relation amoureuse entre Cesare et Lucretia et vous obtenez une saison indispensable au niveau du scénario.

Quel dommage alors que la réalisation ne soit pas aussi soignée que les histoires ! Toujours aussi limitée par un budget peu florissant, elle manque furieusement de bon sens et n’arrive pas à faire ressentir le côté épique de certaines batailles. Beaucoup plus à l’aise dans les scènes de sexe ou de séduction, ce n’est que dans ses moments là qu’elle arrive à pleinement convaincre (on se souviendra longtemps de la scène où Lucrétia couche avec son maris sous les yeux de son frère…)

Final Score : 7/10 (et 8/10 pour les fans d’histoire !)

Cette troisième saison des Borgias est l’aboutissement logique et attendu des deux premières. Les scénarios sont toujours aussi soignés mais la réalisation toujours aussi bancale. A recommander à ceux qui ont vu le début et à tous les passionnés d’Histoire !

hannibal s01HANNIBAL (saison 1)

La très attendue Hannibal, adaptée des romans de Thomas Harris mettant en scène le terrifiant Hannibal Lecter, a enfin été renouvelée pour une deuxième saison après une longue hésitation de la part de NBC. Il faut dire que les résultats d’audimat sont loin d’être fabuleux, le show perdant un nombre considérable de spectateurs au fil du temps.

Car oui, le souci principal est que la série a du mal à tenir sur la longueur. Le spectateur a clairement un coup d’avance sur les personnages en sachant que le mystérieux tueur en série traqué par les héros est nul autre qu’Hannibal, qui fait partie de l’équipe. Si les scénarios avaient clairement choisi de raconter l’histoire de son point de vue, on aurait pu se laisser entraîner dans l’aventure et frissonner pour le bon docteur à chaque fois qu’il manque de se faire attraper. Mais la série s’oriente nettement plus du point de vue de Will Graham, agent du FBI qui traque le tueur… qui est juste à côté de lui. Difficile d’être passionné par son enquête dont on connait dès le début la solution : dès lors le show a bien du mal à maintenir un réel intérêt.

Reste la lente plongée aux enfers psychiatriques du pauvre Will dont les visions donnent lieu à des scènes oniriques de toute beauté et qui suffisent à elles seules à rendre le show intéressant. La réalisation est aussi soignée et généreuse dans les nombreuses séquences où Hannibal fait la cuisine ou sert de merveilleux plats (dont on ne cesse de se demander s’ils sont à base d’êtres humains…) C’est peu mais on peut espérer que la deuxième saison saura régler les problèmes du scénario pour offrir enfin la merveilleuse série que mérite les romans de Thomas Harris.

Final Score : 7/10

Bouffée par un concept qui pose de sérieux problèmes au niveau des scénarios, Hannibal propose quand même une réalisation merveilleuse à certains moments ainsi que des comédiens étourdis par leurs personnages. Voici un show particulièrement étrange, qu’on ne saura réellement recommander mais qu’on poussera à essayer !

The-Fall-BBC-2-posterFALL, the

The Fall, c’est le succès surprise en Angleterre, avec des résultats d’audience dépassant aisément les quatre millions de spectateurs. Mais que vaut vraiment ce cop-show très noir et remettant sur le devant de la scène la délicieuse Gillian Anderson ?

Au niveau du scénario, c’est plutôt bien ficelé mais extrêmement glauque. Assez curieusement, the Fall s’en sort avec le même concept qui plonge Hannibal dans la merde, c’est à dire que l’on suit en parallèle la flic et le tueur en série qu’elle traque. Mais dans the Fall, on est pris aux tripes par le destin de ce conseiller en deuil qui ne peut s’empêcher de tuer et on prend régulièrement peur pour lui quand il manque de se faire attraper. Le personnage de Gillian Anderson n’a de plus pas qu’un seul objectif : elle doit certes traquer le tueur mais aussi et surtout se faire une place dans un monde d’hommes avec qui elle se montre rigoureusement intransigeante. Ces deux personnages sont rigoureusement pris à l’envers de n’importe quelle série. On aime le tueur en série et on est refroidie par la flic – jusqu’à ce que naturellement l’horreur des meurtres commis par notre pseudo-héros vienne se réveiller dans notre figure et que l’on réalise enfin que le personnage d’Anderson n’a pas vraiment le choix dans sa manière d’être pour mener sa barque. Seul regret : la série s’étant vu commandé très rapidement une deuxième saison, cette première fournée d’épisodes ne se conclue vraiment pas et nous laisse salement sur notre faim…

Fort heureusement, cet excellent scénario est mis en image par des acteurs vraiment impliqués dans leurs rôles, et par une mise en scène soignée qui évite la fioriture au profit du sens. L’ambiance est terriblement dark et ne plaira pas à tout le monde, d’autant plus que le rythme sait jouer avec nos nerfs et peut se révéler parfois un petit peu crispant. Reste un paysage sonore un peu vide et que l’on espère plus convaincant sur la suite.

Final Score : 8/10

Assez convaincante, the Fall manque malgré tout le coche en offrant pas de conclusion digne de ce nom. Son ambiance et son rythme très particuliers n’en font pas non plus une série pour tout le monde. Très recommandable, donc, mais ne vous étonnez pas si vos ami(e)s n’accrochent pas vraiment !

 

Rendez vous dimanche pour un niveau bilan de la semaine où on parlera du fameux dome de Stephen King et Bryan K. Vaughan !

Suite à une petite semaine de vacances (enfin, je me comprends) au festival d’Annecy, nous voici tout décalé pour parler de nos chères séries ! Le retard sera rattrapé la semaine prochaine vu le peu de news dont j’ai à vous faire part pour les semaines suivantes… (enfin, je suis le seul qui me comprends !)

Cette semaine, on fait donc le bilan de trois nouveautés et de quatre départs, ou pourquoi la révolution selon Da Vinci ne se fera pas vraiment avant l’année prochaine…

Mistresses-us-s1MISTRESSES (nouveauté)

On va commencer par les nouveautés, de la pire à la meilleure. Et avec Mistresses, adaptation US d’une série anglaise qui connu un certain succès entre 2008 et 2010, on atteint le pire de ce qui peut se faire. Autant vous le dire tout de suite, les aventures (extra)maritales de ces quatre copines ont autant d’intérêt que mettre sa main à tour de rôle dans une carafe remplie de glaçons pour voir qui va tenir le plus longtemps : ça fait mal, c’est ridicule, et on a envie d’oublier tout ça le lendemain matin.

Déjà, qui en veut à ce point à la pauvre Alyssa Milano ? Boursouflée, affligée d’un étrange bouton (pustule ?) sur la joue, l’air extrêmement fatiguée, celle qui fit les beaux jours de Who’s the Boss ? (Madame est servie) et de Charmed est de plus filmée sous une lumière écrasante, selon des cadrages qui ne cherchent vraiment pas à la mettre en valeur. Sous sa couche de maquillage aussi épaisse qu’une tranche de pain de hamburger, l’actrice atteint des sommets de nullité en terme de jeu, annonçant un peu plus à chaque plan son chant du cygne avant d’aller rejoindre les oubliés de la télé US.

Et cette descente aux enfers est à l’image du reste du pilote : personnages stéréotypés, actrices inutiles (et on parle même pas des mecs, tout juste bon à vendre des barres de protéines), scénario aseptisé / karcherisé (il faut voir la gueule qu’on fait les scénaristes anglais face à cette “adaptation” qu’on pourrait mieux qualifier de régurgitation dégueulasse), mise en scène tellement affreuse qu’on aurait préféré que le réalisateur ne tente strictement rien.

Mistresses est une insulte au bon goût, une claque en plein estomac, le remède idéal à toute envie de gerber.

the fosters s1FOSTERS, the (nouveauté)

Avec the Fosters, ABC Family cherche une nouvelle série pour accompagner sa florissante Switched at birth (qu’on ne saurait que trop vous recommander si vous vous intéressez à la problématique des ados sourds.) Sur le même sujet, la France nous a pondu Famille d’accueil, programme rassurant et gentillet où tous les problèmes se règle en 90 minutes. ABC Family préfère mettre en scène un couple de lesbienne, l’enfant génétique de l’une d’elle, des jumeaux mexicains adoptés dont l’un souffre d’ADD (Attention Deficit Disorder) et l’autre est accroc aux pilules, et enfin une gamine qui sort tout juste de taule et qui va tout faire dans le pilote pour récupérer son frère et le sortir des griffes d’un père abusif. Oui, c’est pas tout à fait le même ton !

Cela fait déjà plusieurs années qu’ABC Family nous a habitué à décaper l’image de la famille américaine classique pour s’intéresser aux logiques de famille recomposée ou même de famille sans lien de sang. La chaîne ne cherche pas à choquer mais bien à faire évoluer les mentalités sur de nombreux sujets sensibles (enfin, surtout aux Etats Unis) et the Fosters s’inscrit une fois de plus dans cette continuité. Après, il faut bien avouer que la série souffre de tous les défauts des shows de la chaîne : un scénario qui manque un peu de rythme, une réalisation à la ramasse et qui n’arrive pas à se défaire d’un budget très limité, ainsi que des comédiens qui ont des bonnes bouilles mais pas franchement exceptionnels. The Fosters est donc plus que recommandable pour un public ado (ou en famille) mais vous intéressera franchement moins si vous avez passé la vingtaine…

graceland s1GRACELAND (nouveauté)

On termine les nouveautés de la semaine avec Graceland, copshow boosté aux hormones diffusé sur USA, mettant en scène en scène une villa dans laquelle opère des agents secrets issus des différentes agences américaines (DEA, FBI, ICE…) La bonne surprise, c’est que le scénario de ce pilote n’est pas tourné vers l’action rébarbative et gratuite mais prend un ton résolument réaliste (et oui, malgré ce point de départ hautement improbable mais qui serait soit-disant tout à fait réel !) et franchement intrigant. Les personnages sont assez nuancés pour être intéressants, la réalisation est tout à fait honnête, et le twist final donne assez envie de voir la suite. Difficile en tous cas de préjuger de la qualité du reste de la série tant ce pilote ne fait que mettre la situation de départ en place (mais il le fait de fort belle manière) – Graceland sera-t-elle une catastrophe ou une réelle bonne surprise ? On vous en dira plus à la fin de l’été !

The-Secret-Life-finaleSECRET LIFE OF THE AMERICAN TEENAGER, the (saison 5 – fin de série)

Je ne pouvais pas passer sous silence la fin de the Secret Life of the American Teenager, catastrophe hautement imbitable commise par Brenda Hampton, le “cerveau” derrière la famille mauvais trip qui agissait dans l’effroyable 7th Heaven (Sept à la Maison.) Vomitive à tous les niveaux (la réalisation qui fera tourner les estomacs pendant longtemps, les acteurs qui font un combat de qui sortira le plus mal sa réplique, ou encore les scénarios où tout est dit, rien n’est montré, et dans lesquels on règle quasiment tous les problèmes avec une demande en mariage), la série était bien l’une des dernières catastrophes à être diffusée sur ABC Family, dont les dirigeants ne sont pas fâchés d’être enfin débarrassés.

Et pourtant, pourtant !, le show fut un énorme succès aux Etats Unis et dans de nombreux autres pays. Fort heureusement, l’audience s’est peu à peu effondrée et le couperet final est enfin tombé. Que penser de cet ultime épisode – qui fait preuve d’un bon sens économique en nous offrant plus que de 90% de réutilisations de plans déjà vus dans la série ? Le scénario s’intéresse tour à tour à chaque personnage et nous refait son parcours jusqu’à maintenant, sans offrir de réelle conclusion. Dernier crachat à la gueule des rares ados qui auraient eut le courage de rester jusqu’au bout, cette fin de série est à la hauteur du reste : à chier.

Final Score : 1/10

Sans doute la pire série diffusée depuis cinq ans, the Secret Life of the American Teenager ne peut même pas être un plaisir coupable tant elle véhicule des idées dépassées et limite dangereuses. Une bouse infâme qu’on ne regrettera assurément pas.

men at workMEN AT WORK (saison 2)

J’avais été très déçu par la première saison de Men at Work, sitcom hautement caricatural sur quatre copains bossant pour un mensuel masculin, qui offrait pourtant le privilège rare de retrouver le sympathique Michael Cassidy (un abonné des seconds rôles pour la CW) et Danny Masterson, le très drôle Steven Hyde de That ’70s Show. Cette deuxième saison, bien loin de corriger le problème, l’assume totalement, le pousse à fond (on rentre dans la caricature totale et dans un univers qui n’est plus du tout réaliste), et finalement le transforme en vraie qualité. Le show trouve ainsi une identité certes curieuse mais totalement unique.

Et il faut reconnaître que l’ensemble de l’écriture fait un net bon en avant. Les blagues sont beaucoup plus drôles, les scénarios plus rocambolesques et inattendus, et du coup les personnages s’affirment vraiment. Notre quatuor d’acteurs a enfin quelque chose à défendre et ces quatre gaillards s’en donnent à cœur joie. Alors que Masterson était assez pathétique dans le rôle du héros looser de la saison 1, il a enfin de quoi donner de l’épaisseur à son rôle et commence à aussi bien l’incarner que lorsqu’il jouait Hyde. Alors certes, ce n’est pas la plus grande sitcom de la décennie (ni de la saison, tout simplement), mais elle reste bougrement sympathique. Enfin… pour les garçons !

Final Score : 7/10

Belle hausse de qualité pour cette deuxième saison de Men at Work, sitcom qui reste malgré tout très masculine mais qui saura (enfin !) ravir ceux qui était fan de Steven Hyde.

da vincis demons - s1DA VINCI’S DEMONS (saison 1)

Elle en aura fait couler de l’encre et délié les langues, cette Da Vinci’s Demons atypique, création farfelue de David S. Goyer, le scénariste des Batman de Nolan, et de beaucoup de très bons comics. C’est que le monsieur ne s’embarrasse pas trop de la vérité historique – bien qu’il y ait peu d’éléments vraiment anachroniques – et préfère faire du célèbre artiste un pur super héros qui aurait tout à fait sa place parmi les personnages de Marvel ou DC.

Une fois fait l’impasse sur la coiffure toujours impeccable et savamment laquée du héros, ainsi que d’une réalisation et d’une production value aux partis pris radicaux mais pas toujours percutants (les décors de Florence ne cesseront de partager ceux qui les trouvent immondes de ceux qui les trouvent assez réussis), il reste un scénario hautement improbable, à base d’artefact mythique, de voyage dans le temps et même de personnages légendaires tel Dracula (si si…) Alors forcément, si vous n’êtes pas à prêt à décoller pour un voyage délirant, typique des comics actuels, vous risquez d’être choqués. Les méchants sont immondes, retords et particulièrement ambiguës ; les gentils ont chacun leur faiblesse mais savent tous faire valoir la justice dans le moindre de leurs actes. Quant à certains rebondissements, ils sont sérieusement capilo-tractés et la série est bien obligée de s’en jouer dans le dernier épisode, dans une discussion assez foutraque entre Da Vinci et le turque qui semble connaître déjà son destin incroyable.

Que l’on apprécie ou pas ce parti pris “comics” (moi j’adore, mais je comprends tout à fait que de nombreuses personnes n’adhère absolument pas), il est à noter que Goyer ne fait quand même pas n’importe quoi avec Da Vinci. Pour m’être longtemps intéressé à ce personnage iconoclaste qui est très loin de l’image pleine de sagesse qu’on s’en fait en pensant à l’auto-portrait avec la grosse barbe blanche, je trouve que le scénariste a su tout à fait retrouver la folie qui fait la quintessence de l’artiste dans sa jeunesse. La manière de raisonner, son goût pour tester tout ce que la vie a à offrir (entre autre au niveau sexuel), la manière dont la prison a faillit le détruire, le dégoût des hommes d’église assoiffé de pouvoir, sa passion pour Florence : tout y est de manière indiscutable. Et pourquoi pas y mêler une histoire de voyage dans le temps ? le vrai Da Vinci a bel et bien passé une bonne part de sa vie à étudier cette fameuse dimension qu’il comparait au cours de l’eau. Goyer met même en place la thématique de la mère au cœur de son personnage – figure mythique et constante de l’énigme Da Vinci. En clair, s’il se joue de la réalité historique, Goyer ne se joue pas de son personnage et propose donc un vibrant hommage à la jeunesse méconnue de l’artiste. Rien que pour ça, il mérite tout mon respect.

Final Score : 8/10 pour les fans de comics, 6/10 pour les autres.

Da Vinci’s Demons partage et c’est bien naturel : loin d’une série historique, on se retrouve face à un pur délire de comics (mainstream) américain avec toutes les qualités et les écueils que cela comportent. Mais reconnaissons lui l’étrange qualité d’être fidèle au vrai tempérament de l’artiste lorsqu’il était jeune même si peu de spectateurs pourront s’en apercevoir.

revolution s1REVOLUTION (saison 1)

On termine cette semaine par la série qui porte bien mal son nom, Revolution, vu qu’elle n’en a pas du tout été une. Série de SF se déroulant dans un monde privé d’électricité, elle devait être le Lost de NBC mais ne sera pour l’instant qu’une tentative de plus de reprendre le flambeau du show de J.J. Abrams. Pourtant, il est bien au générique notre cher J.J., accompagné de Jon Favreau (le réalisateur des deux premiers Iron Man) mais aussi et surtout de l’excellent Eric Kripke, scénariste, créateur et showrunner des bonnes années de Supernatural.

Toute la première partie de la saison s’articule autour de la recherche du frère de l’héroïne et donne lieu à la désormais classique formule du “monstre de la semaine” en faisant avancer un tout petit peu les héros et les confrontant à chaque épisode à des méchants très très méchants dans un monde très très dur. Entre ses personnages peu crédibles, son héroïne lénifiante, et son manque d’envergure par rapport à l’univers proposé, les douze premiers épisodes sont franchement très moyens. Ce n’est pas médiocre, loin de là, mais pas franchement excitant.

Sur la deuxième partie, Eric Kripke semble avoir repris les manettes et pouvoir imposer sa patte. Il a bien lu tout ce qui s’est dit sur la série sur le net et a décidé de corriger tous les défauts. Oui, TOUS. Et un peu vite. Du coup, pas mal de personnages prennent la porte de sortie, le feuilletonnant fait son retour en masse et la série prend un tournant dark. Très dark. Très très dark. Au point qu’on passe d’une série de SF à une satyre sur la guerre, une critique massive de l’Amérique d’aujourd’hui. Les innocents finissent par terre, les utopistes trahissent leurs idéaux, les militaires sont débordés par le pouvoir. La guerre fait rage, dans le sang, les tripes et la douleur. Et la série assène parfois des retournements de situation qui font passer ses personnages pour des crétins tant elle veut démontrer l’horreur de la guerre. C’est clairement too much mais finalement assez fascinant : à trop vouloir bien faire et aller dans le sens de ses spectateurs, Revolution se ramasse à nouveau la gueule.

Reste le dernier épisode. Bien ficelé, il est enthousiasmant tout du long et donne une certaine idée de ce que pourrait êtrela série si elle arrivait à maintenir ce niveau de qualité en permanence. Et vu comme le cliffhanger est sympathique, je vais lui laisser sa chance pour la saison deux. Mais Eric Kripke, si tu m’entends, tu n’a pas intérêt à me décevoir à nouveau…

Final Score : 7/10

Loin d’être une catastrophe, Revolution déçoit plus que d’autres séries car son pitch et son univers de départ sont particulièrement excitants et que le show n’arrive jamais à être à la hauteur… sauf dans le dernier épisode. Vous pouvez à la limite regarder le pilote, sauter à l’épisode douze et regardez la deuxième partie de la série, assez déconcertante par sa noirceur…

 

Allez, rendez vous la semaine prochaine pour faire le point sur DEUX semaines de nouveautés et de départs !

(et pour les fans, sachez que la troisième saison de Teen Wolf a démarré et qu’elle est pour l’instant particulièrement géniale !)

 

Si on a été plutôt bien servi question nouveautés cette semaine, force est de constater que les séries qui nous ont quitté ne laisseront pas un souvenir impérissable… quand elles ne se sont pas tout simplement vautrées dans la facilité déconcertante. Le point, donc, sur six séries qui ne feront pas de vieux os dans notre mémoire.

wpc 56 WPC 56

A tout seigneur tout honneur – non, ne cherchez pas, ça ne veut rien dire, je ne savais juste pas comment commencer cette critique – et débutons donc en beauté avec une nouvelle production BBC diffusée cinq soirs d’affilée, en l’occurrence WPC 56, qui s’intéresse à Gina Dawson, la première femme à rejoindre les rangs des forces de police en 1956. Attention, il ne s’agit en rien d’un personnage historique mais bel et bien d’une pure invention / trouvaille scénaristique pour traiter du sujet des femmes dans des métiers d’homme, où la misogynie règne en force.

L’actrice est mignonne (allez hop, on commence par une remarque limite sexiste), la réalisation tire profit du talent des anglais pour les shows historiques, et les dialogues sont plutôt soignés, mais il faut bien avouer que l’intrigue générale qui gouverne ces cinq épisodes est loin d’être franchement convaincante. En gros, il y a deux fils tirés en parallèle, une enquête sur un cadavre d’enfant retrouvé dans une mine et une autre sur un violeur en série qui attaque des femmes blondes dans un parc. Il est rapidement évident que les deux intrigues vont se rejoindre et vous aurez sans doute résolu l’affaire bien avant les protagonistes principaux. Quant aux petites affaires bouclées qui viennent ponctuer les épisodes, elles ne sont pas non plus d’une grande originalité : pour sa première affaire, notre héroïne se voit confier la recherche d’une personne disparue… en fait un chien. Oui, on voit le truc venir à des kilomètres.

Fort heureusement, le show met en scène une galerie de personnages profonds et attachants, dont on suit les enjeux (familiaux, personnels ou de travail) avec un réel plaisir. Et surtout, la série ne se plante pas sur son principal sujet, les difficultés pour une femme d’être acceptée dans un métier dit d’homme, et met très bien en avant comment certains préceptes et idées préconçues de l’époque n’ont toujours pas disparu de nos jours. On reste donc sur un avis mi-figue mi-raisin, avec un show qui tape juste sur son sujet de prédilection mais qui se plante sur une grosse partie du reste…

Final Score : 6/10

Sympathique à regarder mais malheureusement très attendue, WPC 56 pourra vous tenir en haleine pendant ses cinq épisodes mais il est fort probable que vous aurez oublié son existence d’ici quelques mois… deception Deception

Non, je ne vais pas faire la blague pourrie à laquelle tout le monde s’attend vu le titre de cette série, mais il faut bien avouer que les auteurs l’ont cherché en nommant leur show Deception - qui ne veut absolument pas dire la même chose en anglais et en français. Il s’agit en effet d’une “tromperie” dans la langue de Shakespeare, titre plutôt adéquat donc quand on sait que la série nous raconte comment une jeune flic s’infiltre dans une famille de riches pour découvrir qui a tué leur fille, son ancienne meilleure amie.

Surfant ouvertement sur le succès de Revenge, NBC n’aura pas trouvé avec cette création de Liz Heldens (qui avait pourtant connu son heure de gloire sur Friday Night Lights) le prime time soap qu’il lui faut. Pas encore officiellement annulé, le show n’a clairement pas trouvé son public au vu de ses scores particulièrement décevant. Il faut dire que ce sont pas les acteurs de seconde zone ou la terrifiante réalisation qui pourra attirer qui que ce soit. Dommage pour Victor Garber et Tate Donovan, excellents sur d’autres séries, mais qui sont ici complètement à la ramasse. Au moins, comme ça, ils sont raccords avec un scénario capilotracté de haut vol, typique de ce genre de saga, où les méchants se révèlent gentils et où les personnages les plus sympathiques au début s’avèrent être de véritables enfoirés à la fin.

Le problème, c’est que pour qu’on puisse accrocher à ce genre de projet nettement vu et revu, il faut un personnage principal identifiant, aux enjeux et objectifs très forts : l’Emilie Thorne de Revenge  est en ce sens une parfaite réussite alors que la pauvre Johanna Locasto de Deception vous donnera, au mieux, envie de la baffer si elle arrive déjà à attirer votre attention. Et vous vous retrouverez vite à vous demander pourquoi diable vous devriez vous intéressez à son sort, croisant les doigts pour qu’elle se fasse assassiner à chaque fin d’épisode.

Final Score : 3/10

Déjà, il faut aimer le genre du prime time soap (de la saga, comme on dit par chez nous !) – mais là, franchement, c’est tellement mal foutu dès le départ que je vous met au défi de regarder tous les épisodes sans vous endormir. PLL 3 halloween Pretty Little Liars

C’est sans doute le plus grand plaisir coupable depuis trois ans : Pretty Little Liars est assurément un mauvais show, qui cumule les défauts (une réalisation antique, des comédiennes sacrément mauvaises, des scénarios totalement outranciers), mais la série ne se prend tellement pas au sérieux et se permet des rebondissements tellement ahurissant qu’elle en devient absolument géniale. Non, bon ok, pas géniale, mais très sympathique à regarder.

Pour cette troisième saison, on savait dès le début que ce n’est pas une seule personne qui se cache derrière le pseudonyme psychopathe et omniprésent A, mais toute une bande dont on va découvrir peu à peu différents membre. Se fendant d’un special Halloween en milieu de saison qui voit nos héroïnes persécutées dans un train lancé à fond, le show rebondit par la suite en s’amusant à détruire avec beaucoup d’acharnement le personnage de Spencer, l’intello de base qui va carrément finir en asile psychiatrique. Et puis, comme chaque année, il y a le cliffhanger de fin, une fois de plus sublime. Vivement le mois de juin, que la saison 4 démarre !

Final Score : 0/10 ou 3/10

Le voici le plaisir coupable qui mérite son beau 0/10, rendant du coup la série hautement indispensable. Il faut bien avouer que le genre de délire dans lequel est entré PLL (pour les intimes) ne se retrouve absolument nulle part ailleurs, même pas quand le même network (ABC Family) tente de copier la recette avec une autre série inspirée elle aussi par des livres de la même romancière ! PLL est unique et c’est pour ça qu’on l’aime – ou qu’on s’en contrefiche. workaholics Workaholics

Assurément l’une des comédies les plus débiles (et revendiquée comme telle) de la télé américaine, Workaholics vient d’achever sa troisième année sur un tel succès que Comedy Central a d’ores-et-déjà commandé une quatrième et une cinquième saison ! Mais alors comment expliquer l’engouement général pour les aventures de ces trois crétins de télémarketteurs qui vivent en colocation et dont les deux obsessions principales sont les filles et la drogue ?

Il faut déjà reconnaître aux quatre créateurs (Blake Anderson, Adam DeVine et Anders Holm – sans oublier Kyle Newacheck  sans doute moins connu car il incarne un beaucoup plus petit rôle que les trois autres) qu’ils ne se laissent pas impressionner facilement et ne reculent devant rien pour la blague. Le monde de l’entreprise en prend pour son grade, la série démontrant un peu plus à chaque fois comment un job stupide peut rendre encore plus stupide la personne censée le faire. C’est que nos quatre chers comiques revendiquent une idée pas très américaine : le droit à la paresse, à ne pas être extraordinaire, et à ne surtout pas en vouloir “plus”. Se contenter de ce qu’on a et d’en profiter, voilà donc le leitmotiv au coeur de ces ahurissantes aventures à l’humour souvent très dégueulasse. Ceux qui ne seront pas rebutés par des kilos de vomi, les sandwichs au sperme ou autre réplique qui vise clairement sous la ceinture, pourront découvrir quelques scènes vraiment touchantes lorsque nos héros se retrouvent sur le toit de leur maison, au coucher du soleil, pour parler de la vie… et vider un pack de bières avant de tenter une énième connerie.

Final Score : 7/10

Assurément pas indispensable, Workaholics est en tous cas une très sympathique comédie qui profite de l’espace de liberté offert par Comedy Central pour repousser au maximum les barrières du bon goût. Vous l’aurez compris, on n’est pas dans une vieille sitcom à maman, mais bien dans de la joyeuse régression. Newsreaders Adult Swim Newsreaders

Parodie d’émission de news imaginée par les créateurs des formidables Children’s Hospital et NTSF:SD:SUV::, Newsreaders propose donc à chaque épisode une enquête totalement délirante (par exemple un camp de scouts clairement organisé comme un camp de concentration…) et quelques commentaires sur la vie de Skip Reming – un vieux républicain excessif – mais qui ne sont clairement pas le point fort du programme. Comme d’habitude pour ce genre d’émission, l’intérêt varie fortement si le sujet du jour vous fait rire ou non. Mais reconnaissons une certaine qualité générale et un sens du rythme qui rend le programme très agréable à regarder. Rien de plus, rien de moins.

Final Score : 7/10

Très amusante mais pour le coup totalement dispensable, NewsReaders est une série courte (13 minutes) suffisamment amusante pour que vous puissiez y jeter un oeil. Girls season 2 poster resolutions Girls

Mais quel est le problème avec Girls ? La première saison avait marqué par son traitement réaliste et original de quatre personnages féminins en nette rupture avec l’image surannée des femmes (à l’époque) modernes de Sex and the City. Les garçons, eux, en prenaient pour leur grade avec une (petite) galerie de stéréotypes peu crédibles mais assez amusants pour qu’on accepte de les suivre. Au final, Girls première saison arrivait à manier avec talent des intrigues légères avec des dialogues percutants et un sens du réalisme assez déconcertant mais très appréciable.

Le souci, c’est que dès le début de cette deuxième saison, les clichés et travers évités auparavant viennent s’accumuler en force. Le meilleur ami gay, le petit copain noir aux idées politiques différentes (inséré de force dans la série pour répondre à la polémique selon laquelle le show ne met en scène que des blancs), le geek devenu un king, l’éternel gamin qui ne s’en sort pas, et surtout l’ineffable bad guy dont l’héroïne est amoureuse : en avant les effets racoleurs et les vieilles idées préconçues reprises par les magazines féminins pseudo-moderne ! Girls fait le tour d’horizon de tout ce dont elle avait réussi à s’éloigner pour plonger avec un manque évident d’autocritique dans la facilité décevante.

Reste, pendant un temps, des dialogues savoureux et quelques situations de comédie hautement jouissive. Mais Dunham et Appatow, qui en ont donc fini avec l’humour, décident de nous arracher des larmes sur les deux derniers épisodes, révélant les TOC de l’héroïne dans une suite de séquences indigestes et mal foutues. Les trajectoires des autres personnages s’obscurcissent soudainement sans que l’on comprenne où les deux auteurs veulent en venir, révélant au final l’effroyable gouffre de non-sens et d’absence totale de thématique dans lequel la série a sombré.

La troisième saison, déjà commandée, pourra-t-elle sauver les meubles ? Il faudra pour cela que les créateurs tout-puissants acceptent enfin qu’ils peuvent avoir tort et se planter. Du coup, c’est pas gagné.

Final Score : 4/10

Autrefois réjouissante et farfelue, doublée d’une étude de moeurs particulièrement réussi sur quatre jeunes femme ayant la vingtaine, Girls sombre cette année dans tous les clichés de la série auteurisante racoleuse qui ne se rend pas compte qu’elle reproduit le schéma qu’elle avait élégamment dépassé. Plus qu’une déception, un massacre.

 

Rendez vous d’ici quelques jours pour faire le point sur toute une plâtrée de sitcoms qui nous quittent !

Cette semaine, deux nouveaux médecins, un benêt et des espions russes débarquent sur nos écrans. Mais avant tout, on dit adieu à l’une des séries animées américaines les plus ambitieuses depuis fort longtemps.

06 Tron Uprising

Pas la peine d’être fan de la licence pour apprécier pleinement Tron : Uprising, série animée censée se situer temporellement entre les deux films. Si l’univers pèche toujours sur les mêmes points (pourquoi faire des “programmes” si c’est pour qu’ils agissent exactement comme des humains et à peine exploiter les possibilités d’une telle idée…), la série repose sur des personnages que je trouve personnellement nettement plus charismatiques, complexes et intrigants que ceux des films. Ainsi en est-il de Beck, héros perdu dans une quête qui le dépasse et qui demande des sacrifices qu’il n’est pas forcément prêt à faire, ou encore Mara, dont l’allégeance totale au Renegade qui prépare peu à peu la révolution va être mise à rude épreuve.

L’ensemble du scénario repose sur une arche narrative assez classique mais superbement exploitée. Cette lente mise en place d’une révolution venue du peuple face à un régime autoritaire et injuste ne ménage ni ses métaphores sur la société actuelle, ni les rebondissements surprenants. Mais plus fort encore, l’adéquation entre le fond et la forme du scénario se retrouve aussi dans la réalisation, qui peut repousser au début avec ses angles forcés et sa 3D assez particulière, mais qui colle tout à fait à l’univers sur le long terme.

Dommage alors que le show n’ait pas su trouver son public. Pour l’instant, Disney XD n’a toujours pas annoncé une annulation en bonne et due forme, mais il y a fort à parier qu’il faudra se contenter de ce “premier chapitre” d’une saga qui aurait pu être vraiment fascinante. C’est la vie, comme disent les français.

Final Score : 8/10

Réalisation de prime abord repoussante mais en réalité finement pensée, scénario totalement convaincant, et voix servies par de grands acteurs qui s’éclatent : ce Tron : Uprising a tout plaire. Quel dommage que les audiences n’aient jamais été au rendez-vous !

Do No HarmLes médecins ont définitivement la côte à la télévision. Mais pour les scénaristes, c’est un vrai casse-tête pour arriver à renouveler le genre. Dernière idée en date, aller puiser du côté des vieux récits fantastiques (ou des contes, comme dans Grimm, qui applique la recette à la série policière) pour bousculer un peu les choses. C’est donc dans cet ordre d’idée que débarque Do No Harm, ou Dr Meredith Grey et Mister Hyde. Vous l’aurez compris, cette série diffusée sur NBC nous conte les mésaventures de Jason Cole, un chirurgien à la plastique facile, tout droit sorti de Grey’s Anatomy, qui doit s’injecter un remède à des heures bien précises pour éviter de réveiller son alter égo violent, sans morale mais surtout qui le déteste profondément et veut faire de sa vie un enfer. Bien entendu, la série commence quand le fameux remède ne fait plus d’effet et que notre bon docteur va devoir vraiment dealer avec son double maléfique.

Cette idée incongrue aurait pu donner lieu à une véritable catastrophe scénaristique, mais il faut bien reconnaître que le pilote s’en sort bien mieux que ce qu’on aurait pu craindre. Les scènes sont plutôt bien construites, le rythme est présent et les dialogues ne sonnent pas trop artificiels. Le problème, c’est que tout le reste est loin d’être aussi convaincant. L’acteur principal (Steven Pasquale, déjà vu dans la regrettée Rescue Me) ne sait pas vraiment comment faire pour interpréter ses deux rôles et appuie chaque expression par un jeu de sourcils loin d’être malin… La réalisation n’est pas beaucoup plus intelligente et on sent déjà des tics qui vont venir peu à peu pourrir l’ambiance du show.

Difficile cependant de se faire un avis définitif. La suite peut prendre une tournure surprenante si les scénarios restent à la hauteur et arrivent à faire oublier les autres problèmes. Mais au vu du pilote, on vous conseillera d’attendre un peu avant de donner une chance à cet énième docteur de télévision.

Mon Verdict : une saison de 13 épisodes, puis une annulation. Je dis ça de manière totalement gratuite, je n’ai aucune idée de comment le public va percevoir ce produit plutôt étrange !

doctor blake mysteries

L’autre docteur a faire son apparition sur nos écrans nous vient d’Australie et passe plus de temps à mener des enquêtes qu’à guérir des patients. Dans The Doctor Blake Mysteries, on assiste donc à un véritable cop show mettant en scène un médecin, en australie, en 1959 : est-ce suffisamment original pour nous tenir en haleine ? Malheureusement, malgré ces pointes d’originalité, le pilote reste très pépère, jamais surprenant et fondamentalement très mou. Les acteurs ne sont pas mauvais, la réalisation tient la route, mais franchement, on se fait chier. Bref, malgré toute sa bonne volonté, The Doctor Blake Mysteries n’aura pas réussi à être plus qu’un énième nouveau cop show. Nuff said.

Mon Verdict : une saison et puis bye bye ?

Ricky Gervais as DerekDerek signe le grand retour à la télévision anglaise de Ricky Gervais, autrement connu pour avoir créé The Office et avoir fait scandale lors de deux présentations des Golden Globe avec des blagues bien méchantes comme on les aime. Autant le dire tout de suite, ce comeback est loin d’être fracassant. En jouant à nouveau la carte du mockumentary (faux documentaire), Gervais s’expose forcément à une comparaison avec la série qui l’a rendu connu (The Office, pour ceux qui ne suivent pas !) d’autant plus qu’il interprète à nouveau le personnage principal et que celui-ci est féru de défauts qui cachent un véritable bon fond. L’auteur, réalisateur, acteur se prend les pieds dans un sujet compliqué, les maisons de retraite, et plombe d’emblée l’ambiance avec son héros sans doute autiste, du moins avec une intelligence très particulière, auquel on aura bien du mal à s’identifier. Il est d’autant plus difficile d’entrer dans l’univers de la série que les premières blagues ne fonctionnent pas vraiment. Et encore plus difficile de rester face à sa télé quand le show devient particulièrement complaisant sur les petits vieux, filmés sur une musique triste au piano qui tente de nous attendrir mais ne réussit qu’à nous énerver. La méchanceté gratuite et peu crédible des “méchants” qui veulent fermer la maison de retraite ne fait que diminuer la crédibilité d’un programme qui n’en avait pas besoin. Avec The Office, Gervais était méchant mais juste, avec Derek, il est juste complaisant. Complètement loupé.

Mon Verdict : Ricky Gervais a toujours la côte en Angleterre et de toutes façons Channel 4 a déjà commandé une saison complète. Mais ça ne m’étonnerait pas qu’une deuxième saison soit commandée dans la foulée.

The-Americans

 

C’est le nouveau gros show très attendu de FX et l’audience du pilote (qui se permet de faire la nique à des grands networks) n’a fait que confirmer cette attente : The Americans est d’ores-et-déjà un succès… à moins que tout ne s’effondre au fil des semaines. Fort d’un créateur ancien agent de la CIA et qui sait donc de quoi il parle, FX s’offre sa version bien à elle d’Homeland, avec cette histoire déconcertante d’un couple d’espions russes qui vivent en “sommeil” au cœur de l’Amérique des années  80 présidée par le terrifiant Reagan.

Le projet est ambitieux et franchement intrigant de prime abord. On part donc sur des préjugés plutôt positifs en commençant à regarder le pilote d’une heure dix, soit près de trente minutes de plus qu’un épisode traditionnel. Et c’est bien là que les choses s’effondrent : les auteurs n’ont clairement pas le matériel suffisant pour tenir aussi longtemps avec ce qu’ils doivent raconter dans ce premier épisode. Du coup, beaucoup de scène paraissent étirées (la scène d’action d’introduction semble clairement avoir été rajoutée à l’arrache pour combler les trous) et certains ressorts sont mis en place de manière beaucoup trop lente pour avoir l’impact espéré.

Faut-il pour autant faire l’impasse sur un show qui sort de l’ordinaire ? Malgré tous ses défauts, le pilote laisse entrevoir des pistes narratives ingénieuses et qui peuvent mettre en place des thématiques plus qu’intéressantes. Si la réalisation n’est pas exceptionnelle (et copie un peu celle d’Homeland…), les acteurs sont franchement convaincants, et on se réjouira de retrouver Keri Russell, quasiment disparue de nos écrans depuis ses années Felicity. C’est donc encore une fois sur la longueur qu’on pourra vraiment savoir si The Americans méritent toute l’attention qui lui est portée en ce moment ou s’il ne s’agira que d’un show d’espion de plus. Croisons les doigts, FX peut (et même doit) se permettre de nous choquer et nous surprendre.

Mon Verdict : un gros succès. Une deuxième saison. Une troisième même. Ouais, j’y crois.

Rendez vous très bientôt pour parler (encore) de nouvelles séries !

Cette semaine, deux familles nous disent au-revoir, une île n’aura pas le succès de Lost, l’horreur américaine nous laissera nous reposer, et un auteur se posera des questions d’auteurs sur le genre policier. Quatre départs et une nouveauté, c’est tout de suite.

the following

C’est LA nouveauté de la semaine et l’un des projets qui a fait le plus parler de lui cette saison. The Following, première vraie création de Kevin Williamson pour la télévision depuis Dawson’s Creek, se présente comme un thriller très angoissant, mettant en scène deux véritables gueules cassées, Kevin Bacon et James Purefoy, dans ce qui est annoncé comme l’un des plus gros duel jamais vu. Alors, le résultat est-il à la hauteur des attentes ?

A première vue, pas vraiment. Certes, Bacon et Purefoy s’amusent vraiment dans ce jeu du chat et de la souris entre un flic et un tueur en série, mais leurs compétences d’acteurs sont pour l’instant pas vraiment exploitées. Idem pour la réalisation et le look général de la série, qui ne nous change pas, par exemple, d’un Criminal Minds. Mais alors où diable peut se trouver l’originalité du projet ?

Tout simplement sur le scénario, qui s’appuie sur deux idées fortes. La première, c’est de jouer un tueur série à l’heure d’internet, quand la communication est tellement facilitée qu’on peut mettre en place et suivre un plan à l’autre bout du monde. La fascination du mal n’a ainsi plus de frontière, et la création d’un culte autour du personnage du tueur en série paraît tout à fait crédible… et jouissive. Notre tueur est enfermé en prison, mais ça ne l’empêche pas de pouvoir tuer !

L’autre idée forte du scénario, c’est que Kevin Williamson compte bien faire à la série policière ce qu’il a fait aux films d’horreur avec Scream, c’est à dire en révéler tous les codes, les analyser, les utiliser, puis les transcender et les briser. Les cinq dernières minutes du pilote de The Following sont ainsi particulièrement malignes dans le discours qui se met en place, autour des mécaniques d’histoire, du parcours du héros, et même de la structure. Cette idée est cependant à double tranchant : ceux qui y adhèrent mourront d’envie de voir la suite ; ceux qui trouve que ça casse la crédibilité de l’univers peuvent d’ores-et-déjà laisser tomber la série puisque Williamson a basé toute cette saison dessus.

Mais même pour ceux qui se laisseraient séduire, la question reste entière : The Following pourra-t-elle tenir sur la longueur ? Trouvera-t-elle son public ou le soufflet retombera-t-il sans panache ? Seul l’avenir peut nous apporter la réponse…

Mon Pronostic : Une saison deux ! Allez, la Fox, vous pouvez faire un effort !

Parenthood

Fin de saison quatre pour Parenthood, assurément la série ayant la famille pour thématique la plus sincère vue depuis très longtemps. Alors que NBC hésite toujours à commander une cinquième fournées d’épisodes, partagée entre l’échec public et la réussite critique, les auteurs nous ont offert une vraie résolution… ayant malgré tout un vrai potentiel pour continuer !

Parenthood, c’est donc les mésaventures de quatre frères et soeurs approchant la quarantaine, qui ont tous des enfants et une manière particulière de les gérer. Visuellement assez basique, la série est portée par des acteurs très investis qui se sont totalement emparés de leurs personnages au fil des années. Impossible de ne pas s’attacher au destin de chacun, de ne pas être touché par ces relations fraternelles où l’on s’engueule pour un rien mais on se soutient pour tout.

Dommage alors que le show reste très gentillet et se retranche souvent vers des solutions de facilités (quelques deus ex peu convaincants viennent conclure des intrigues dont les sujets pourraient devenir glauque) et cherche toujours à satisfaire l’ensemble du public familial. A force de vouloir montrer les bienfaits d’une famille soudée, le show finit parfois par épuiser…

Final Score : 6/10

Parenthood est un très bon show familial, bien meilleur que la plupart des choses qu’on a pu voir ces dernières années. Mais la limite est là : à force de vouloir plaire à toute la famille, la série ne peut traiter vraiment sérieusement certaines thématiques pourtant passionnantes. Bref, Parenthood est sympathique mais elle ne révolutionne malheureusement pas vraiment un genre déjà pas mal éculé.

private-practice-finale

Clap de fin définitif pour Private Practice ! Le spin-off de Grey’s Anatomy aura donc survécu pendant six ans, et on ne peut qu’applaudir les scénaristes d’avoir réussi à tenir aussi longtemps avec des personnages aussi lassants !

Car il faut bien reconnaître que le show de Shonda Rhimes n’a fait que baisser en qualité au fil des années. Alors qu’elle apportait un vrai souffle à un Grey’s Anatomy pour le moins fatigué, Private Practice a fini par en devenir une pâle copie puis un pur show expérimental, sans réel sujet, thématique ou profondeur. S’il est marrant de voir parfois plusieurs mois s’écouler dans un seul épisode, le destin de ces quadragénaires en permanente hésitation sur leurs vies, leurs choix, leurs envies, n’avait franchement plus grand chose d’intrigant ou d’excitant. Preuve en est cette ultime saison qui se termine dans l’anonymat général, et que vous oublierez sitôt le dernier épisode terminé.

Final Score : 4/10

A part pour les scénaristes aguerris qui s’interrogent sur la manière dont on peut gérer le temps de manière originale dans une série, cette ultime saison de Private Practice ne possède pas vraiment d’intérêt. Tant pis, on n’en attendait plus grand chose de toutes façons.

last resort bye bye

Après le lait concentré, voici la conclusion de série concentrée ! Avec cet ultime épisode qui veut apporter des réponses à toutes les questions, Last Resort épuise, fatigue, et laisse complètement dubitatif face aux coupes (extrêmes) qui ont du être faites à la dernière minute. Ou comment faire revivre un perso, gérer une mutinerie, transformer un des héros en tueur, conclure l’arche d’un couple qu’on avait oublié, et même assassiner un président, le tout en moins de quarante-deux minutes !

Au final, que restera-t-il de Last Resort ? Créée par Shawn Ryan, un auteur connu pour ses prises de positions courageuses, la série a sans doute été plombée dès le départ par le diffuseur choisi (ABC, un grand network familial) et plus encore par son heure de diffusion (20:00, soit la case dans laquelle il ne faut surtout pas choquer l’Amérique, car c’est toute la famille bien pensante qui se retrouve devant le petit écran.) Ryan n’avait sans doute pas le choix : vu l’ambition du projet, il lui fallait un budget que seul HBO ou un gros network pouvait lui offrir. On se demandera donc toujours ce qu’aurait pu faire l’auteur de cette série qui pouvait être hautement polémique si elle avait eu le droit de poser de vraies questions. Entre une critique acerbe de la politique américaine et de l’usage à des fins purement économiques de l’armée, un réel questionnement sur le patriotisme , ainsi qu’une réflexion sur l’occupation, le show aurait pu s’avérer être un programme d’exception.

Le résultat est malheureusement très loin d’être à la hauteur. On découvre avec horreur des triangles amoureux surannés, des ficelles de scénario grosse comme le poing, mais aussi des comédiens qui ne comprennent pas ce qu’ils font là et une réalisation qui se contente de filmer des hélicos, des sous-marins et des explosions nucléaires sans aucune réflexion. Bref, là où on aurait pu avoir du caviar, on a reçu du vieux pâté en croute.

Final Score : 5/10

Plombé par une diffusion la cantonnant à une série familiale, Last Resort est d’autant plus décevante qu’elle aurait pu s’avérer être une vraie grande série. Espérons qu’une telle déception ne se reproduira pas de si tôt…

03 AHS Asylum

Mais quel putain d’épisode ! Pour la fin de la deuxième histoire de leur anthologie d’horreur, les scénaristes d’American Horror Story nous ont concocté une intrigue aux petits oignons, magistralement servie par l’une des réalisations les plus inventives de cette année… voir de cette décennie. Superbe conclusion d’une saison haute en couleurs, cet ultime épisode confirme tout le bien qu’on pensait de la série si particulière de FX.

Pour les rares qui n’auraient pas compris, American Horror Story est une série d’horreur, qui joue avec tous les codes du genre, quitte à en abuser et à cumuler les effets d’annonce. Chaque saison s’intéresse à une histoire différente et, après la maison hantée, voici l’asile psychiatrique ultra flippant. Nones possédées par le diable, ex nazi qui fait des expériences sur des humains, et même quelques extra-terrestres (!) viennent, entre autre, essayer (et souvent réussir) de vous foutre la trouille.

Mais les auteurs ont bien compris que l’horreur gratuite n’a pas vraiment d’intérêt et qu’elle doit plutôt servir à traiter d’un sujet d’une manière décalée et différente. Ainsi, toute cette deuxième saison développe une thématique riche et profonde sur la place de la femme dans la société américaine des années 60, et les rapports de pouvoir qui vont se mettre en place au début des années 70. Magistralement exploitée, la thématique explose littéralement à la gueule du spectateur dans un dernier épisode totalement inattendu et incroyablement réussi.

Final Score : 9/10

Cette deuxième saison d’American Horror Story, sous-titrée Asylum, est tout simplement un putain de chef-d’oeuvre. Ne vous faites pas avoir par les quelques moments qui peuvent apparaître comme de grosses facilités dans les premiers épisodes, la série n’est absolument pas gratuite et sa conclusion est tout simplement fabuleuse. Définitivement un des immanquables de l’année.

 

Rendez-vous très bientôt pour parler espions russes dans l’Amérique des années 80. Si si.

Après des vacances plus ou moins forcées, le bilan de la semaine est enfin de retour. Il faut dire que du côté des Etats-Unis, les chaînes viennent de subir quatre semaines plutôt mouvementées entre un ouragan nommé Sandy, des élections présidentielles et… les premières vraies décisions de programmation pour la saison. Du coup, il a fallut pas mal se tourner du côté de l’Angleterre pour découvrir quelques nouveautés. Mais avant,un petit bilan des victimes de la hache de l’annulation.

Ah, ça fait les fiers sur la photo mais en vrai le casting de Last Resort fait plutôt la gueule. La nouvelle série de Shawn Ryan vient en effet d’être annulée par ABC suite à des audiences plutôt défaillantes. Reste que la chaîne n’éjecte pas le programme dans les limbes de l’oubli mais permet à toute l’équipe de terminer tranquillement le tournage des treize épisodes commandés en début d’année, qui seront tous diffusés d’ici la fin décembre. Et assez curieusement, ABC applique le même principe à la sympathique mais pas très convaincante 666 Park Avenue, série horrifique sur un étrange vieux bâtiment new-yorkais. De son côté, CBS annule l’assez pitoyable sitcom Partners. Et chez NBC c’est l’un peu trop dérangée du cerveau Animal Practice qui passe à moulinette. Ces deux sitcoms reviendront sûrement vers les vacances de Noel pour terminer la diffusion des épisodes qui ont été tournés, on en reparlera donc à cette période !

Ah, ça, il est mignon et drôle notre petit Ultimate Spider-Man entouré de sa bande de potes dirigé par le Shield ! Dessin animé diffusé sur Disney XD, Ultimate Spider-Man achève sa première saison avec des noms plutôt connus des fans de comics au rayon des scénaristes : Paul Dini, Joe Casey, mais aussi l’incroyable Bryan Michael Bendis. Le résultat est d’abord franchement réjouissant, les idées visuelles pleuvant, l’humour se mêlant à l’aventure avec une vraie grande classe. La série finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’épisodes lorsque les auteurs, en mal d’inspiration, commence à cumuler les guests de l’univers Marvel sans grande originalité. Fort heureusement, le triplé d’épisodes de fin recadre les choses pour offrir un final tout simplement époustouflant. Les amoureux du tisseur peuvent donc y aller les yeux fermés, ils ne risquent pas d’être déçus.

Final Score : 7/10

Ultimate Spider-Man étant un dessin animé, de super-héros de surcroît, la série ne plaira pas à tout le monde. Peu importe, ce sont clairement les fans de l’homme araignée qui sont visés, et eux devraient être ravis de la qualité générale. Pour une fois qu’un tel produit n’a pas été conçu à l’arrache par des gens qui n’y connaissent rien mais par de grands professionnels du comics, on aurait tort de se priver…

Covert Affairs nous quitte à nouveau, mais cette fois c’est bel et bien la fin de la troisième saison et le temps est venu de faire un bilan sur cette étrange série d’espionnage. Pourquoi étrange ? Parce que l’idée de départ était de faire une série romantique avec des espions : les histoires d’amour étaient vraiment au coeur de toutes les relations entre les personnages. Trois ans plus tard, il fallait bien évoluer et recentrer les choses. Cette saison fut donc l’occasion pour les auteurs de corser un peu le personnage d’Annie, l’héroïne, de virer les boulets qui l’entourent (comme sa soeur) et de la pousser dans ses retranchements d’espionne. Annie se fait manipuler par une espionne encore plus maligne qu’elle, mettre en taule en russie, abandonner par ses supérieurs, tirer dessus, trahir par son meilleur ami, etc. Le tout tourne, encore, autour d’une histoire d’amour et de vengeance, mais celle-ci est franchement originale et amène des rebondissements auxquels on ne s’attendait franchement pas. Le show nous fait par ailleurs toujours voyager aux quatre coins du monde (avec un superbe final à Amsterdam), mais la réalisation et la production design reste toujours assez pauvres. Peu importe, le pari est réussi : alors qu’à la fin de la première saison je ne pouvais plus saquer cette sale petite espionne blonde, j’attend aujourd’hui avec impatience la suite des mésaventures d’Annie. La quatrième saison a intérêt à continuer sur cette bonne lancée.

Final Score : 6/10

Série d’espionnage peu flatteuse visuellement et dont les interprètes ne sont pas franchement des acteurs inoubliables, Covert Affairs remonte malgré tout dans mon estime grâce à ses scénarios originaux et qui osent enfin aller creuser dans les travers des personnages. Ce n’est pas une grande série, mais c’est déjà un show fichtrement intéressant.

C’est déjà la fin des aventures de nos quatre petites sorcières de Camden qui officiaient dans la sympathique première saison de Switch, diffusée en Angleterre sur iTV2. Il n’y a pas grand chose à dire sur cette comédie aux personnages un peu trop caricaturaux et à la réalisation pataude mais dont les dialogues (assassins) suffisent pour nous entraîner dans les épisodes. Ce n’est pas du grand art, loin de là, mais on rigole beaucoup et c’est sans doute le plus important pour une série comique !

Final Score : 5/10

Switch pourra vous faire sourire un dimanche soir avant de reprendre le boulot, mais vous pouvez plus vraisemblablement la refiler à votre petite soeur qui, elle, s’amusera franchement dans cette version so british de Charmed… avec un ton nettement plus proche de Skins !

C’est marrant comme on peut avoir des avis différents  : alors que je suis totalement sous le charme de Hunted, la série semble beaucoup moins convaincre les (rares) personnes qui l’ont regardé. Série d’espionnage inventée par le tortueux esprit de Frank Spotnitz, l’une des têtes pensantes de X-Files, le show met en place un scénario absolument machiavélique dans une réalisation sobre et terriblement efficace. Les personnages sont soignés et intrigants, les révélations finales convaincantes, et l’ambiance franchement glaçante. Bref, c’est une pure réussite pour qui apprécie le genre, mis à part lorsque le show nous sert des flashbacks plutôt honteux pour dévoiler petit à petit le mystère qui entoure le personnage principal. C’est d’autant plus embêtant qu’on ne s’intéresse pas du tout à cette intrigue sauf dans le tout dernier épisode qui met en place les bases d’une suite qui aurait pu s’avérer absolument géniale. Problème : la BBC vient d’annuler la série, et Cinemax, qui coproduit le show aux Etats-Unis est en relation avec Spotnitz pour rebooter la série qui s’avère beaucoup trop chère pour eux tout seul. Saurons nous un jour qui est cette personne au doigt coupée ? La réponse se trouve quelque part dans l’avenir.

Final Score : 8/10

J’ai personnellement adoré Hunted malgré ses quelques minuscules défauts. Le problème vient plus du genre (l’espionnage) qui ne convaincra pas forcément tout le monde d’y jeter un oeil. Mais si vous appréciez les personnages et les scénarios alambiqués, vous feriez bien de vous plonger dans l’univers de Sam Hunter,

La première nouveauté de ces quatre dernières semaines, c’est Malibu Country, sitcom diffusée par ABC dans le vendredi de la mort. Pour les américains, c’est le grand retour de Reba (c’est même marqué sur l’affiche), chanteuse de country ultra populaire et héroïne de la sitcom Reba pendant sept ans – un succès quoi. Le pitch rapidos : une ancienne chanteuse de country qui a abandonné sa carrière pour ses enfants et son mari découvre que celui-ci la trompe. Ni une, ni deux, elle quitte Nashville et déménage en Californie (dans une maison de son ex mari) pour refaire sa vie et relancer sa carrière. Ça paraît nul comme ça… et ça l’est à peu de choses près. Car il faut bien avouer que le pilote sait faire preuve de beaucoup d’humour et innove en cherchant à décoincer un peu l’image de son actrice principale. Reba se moque donc d’elle-même en campant une femme de la campagne aux idées un peu trop archaïques pour survivre en Californie. Face à sa fille qui s’enferme dans une chambre avec son ami gay (avec qui elle s’entraîne à rouler des pelles), son fils qui se rend compte qu’il n’est plus le beau gosse du coin et qu’il n’a donc plus d’identité, ou encore la grand-mère qui force sur le whisky tout en découvrant les joies des sucettes au cannabis, notre héroïne aura de quoi faire. La série se veut tellement progressiste d’ailleurs que je me suis dit qu’elle allait tout de suite se casser la gueule. Grosse erreur puisque le pilote s’est offert un audimat tout simplement jamais vu dans la terrible case du vendredi soir. Le show s’assurerait-il d’office un succès ? Pas vraiment non plus, l’audience s’effondrant lors des deuxièmes et troisièmes épisodes (que je n’ai pour l’instant pas vu, donc j’ignore si la qualité s’effondre avec l’audimat !)

Mon Pronostic : Reba a encore le pouvoir de séduire une Amérique qui semble apprécier la country comme le prouve le succès de Nashville, ridicule série musicale diffusée actuellement. ABC n’a de toutes façons rien d’autre à diffuser le vendredi, du coup je mise sur une commande de saison deux à la fin de l’année.

LA grosse bonne surprise de ces dernières semaines, c’est assurément la comédie (en 42 minutes) Wedding Band diffusée sur TBS. Comme l’affiche et le nom l’indique, il s’agit des mésaventures (à tendances romantiques) d’un groupe de mariage fan de rock… bon ok, de vieux rock à papa, un peu mou, genre Scorpion, U2 et compagnie. Menée par LE David Silver de Beverly Hills (ou un putain de bad guy dans Terminator : The Sarah Connor Chronicles), la série met aussi en scène ce bon vieux black de Lost qui ne servait à rien ou encore le seul mec à s’être fait viré de NCIS : Los Angeles. Bref, sur ce casting pas très folichon se dresse un show à l’humour irrésistible, extrêmement dynamique et fondamentalement bien conçu. Oh, certes, on ne court pas à l’originalité à tout prix mais bien à une vraie quête de fun… et de rock ‘n’ roll.

Mon Pronostic : une comédie sur TBS qui profite des rediffusions de The Big Bang Theory diffusées juste avant, a tout ce qu’il lui faut pour cartonner… sauf si elle est diffusée un samedi. Je sens que Wedding Band, malgré ses qualités, ne va pas rester longtemps sur nos écrans : annulation à la fin de la première saison.

De l’autre côté de l’atlantique, la BBC3 (la chaîne la plus “jeune” du groupe) nous propose Some Girls, une série résolument très british sur un groupe de copines qui… fait du foot. Oui, du soccer. Entre deux parties (généralement perdues) elles parlent de fellation, de rupture, tuent des hamsters, prennent toutes sortes de cachetons, gardent leurs petits frères et soeurs, fument des spliff dans des maisons pour enfant, et envoient chier leur belle-mère. Bref, c’est méchant, corrosif, parfois un peu vulgaire, pas du tout crédible mais tout à fait dans l’esprit de ce que les anglais pensent de leurs ados. Ceux qui sont largués par Skins peuvent y jeter un oeil, ceux qui veulent voir des adolescentes totalement délurées peuvent aussi y jeter un oeil, ceux qui s’attendaient à la révolution des séries ados peuvent totalement passer leurs chemins.

Autre série surprise anglaise, Nick Nickleby est l’adaptation contemporaine d’un célèbre roman de Dickens. Le budget est riquiqui, les comédiens semblent sortis d’un soap opéra, et la vieille censée nous tirer la larme s’avère exaspérante au bout d’environ trois minutes. Maniéré dans son fond comme dans sa forme, cette mini-série qui a fait un passage éclair sur la BBC One (un épisode par jour pendant une semaine), n’aura pas su me convaincre de dépasser le pilote.

Enfin, Secret State, diffusée sur Channel 4, fera s’arracher les cheveux à ceux qui trouvait Boss déjà bien compliquée ! Adapté d’un roman écrit par un politicien anglais dans les années 80, lui-même déjà adapté en mini-série culte aux multiples récompenses en 88 (sous le titre original A Very British Coup), le show met d’emblée dans l’ambiance avec un Gabriel Byrne exceptionnel et – chose très rare – un format scope (c’est à dire que vous allez avoir des bandes noires même sur vos superbes télé 16/9) qui fait éclater littéralement la mise en scène impeccable. Alors oui, il faut s’accrocher pour suivre les aventures de cet homme politique qui se retrouve propulsé premier ministre suite à la mort de son prédécesseur dans un accident d’avion. Entre enquête sur les circonstances étranges de cet accident, magouille politique pour faire avouer un industriel qu’il est à la source d’une explosion qui a ravagé une ville, ou encore négociations compliquées avec les Etats-Unis, le scénario s’avère massif et complexe. Pour autant, on ne perd jamais de vue les personnages, leurs états d’âme et leurs objectifs. Une grande et belle série commence… reste à voir où elle va nous emmener.

Allez, à la semaine prochaine (si, si, promis !) pour parler de… vous verrez bien !

C’est une révolution et elle risque bien de changer la donne pour la télé US : Revolution, la série, fait un carton d’audimat sur les supports additionnels, culminant à près de cinq millions de spectateur de plus par semaine. Idem pour Elementary, avec trois millions et demi de spectateurs en plus, ou encore pour Vegas avec presque trois millions, alors que ces deux séries ne s’en sortent pas si bien lors de leur diffusion originale. On dirait bien que cette année, le succès ne se fait plus uniquement à la télé…

Au rayon des retours de nos chères séries, on pouvait noter cette semaine celui de la décérébrée Level Up, qui fait plus de mal aux jeux vidéo que tous les articles que les Cahiers du Cinéma ont pu leur consacrer. La sitcom Happy Endings revient nous amuser avec son lot de pseudo-Friends décalés et résolument XXIème siècle. Enfin, on retrouvait avec le sourire avec la si magnifiquement nommée Don’t trust the b**** in appartment 23 qui s’amusait avec deux guests d’exception en plus de James Van der Beek toujours dans son propre rôle.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle aura partagée le public cette première série de la BBC America. Avec Copper, la chaîne s’offrait un cop-show historique, la série s’intéressant à un jeune flic de New York… en 1864. Les problèmes sont assez nombreux : des ambitions démesurées en comparaison d’un budget plutôt riquiqui, quelques acteurs un peu trop excessifs, des personnages assez caricaturaux dans leurs différents rôles (la brute, le médecin légiste, le vrai-faux truand) et surtout l’impression très vite que le show n’est qu’un cop-show de plus, avec ses enquêtes qui se finissent à chaque épisode. Ce serait oublier le feuilletonnant tout en finesse au début (sans doute beaucoup trop puisqu’on ne le ressent quasiment plus) qui s’avère franchement convaincant dans les derniers épisodes, notamment lorsqu’il s’intéresse à la politique, au devoir, et à la vengeance. Et puis Copper présente au moins un personnage d’exception, celui de la petite Annie, interprétée avec un talent inouï pour son âge par la (très) jeune Kiara Glasco. On attendait sans doute mieux de ce bon vieux Tom Fontana, show-runner et scénariste de génie, mais ceux qui sauront pardonner les errances du milieu de la série se souviendront longtemps de toute la deuxième partie de la série, avec ses intrigues délirantes et ses rebondissements franchement malins.

Final Score : 07/10

Ceux qui détestent les séries policières se détourneront bien vite de Copper, malgré son démarrage très réussi et à cause de sa suite moins concluante. Dommage, car ils vont passer à côté des vraies qualités d’une série franchement originale et déroutantes, surtout dans sa deuxième partie.

On attendait franchement pas beaucoup de Alphas, l’année dernière, nouvelle itération post-Heroes sur des personnes qui se découvrent des super pouvoirs dans un monde trop humain. Syfy avait su surprendre avec une série franchement intelligente et particulièrement maligne dans sa manière de gérer son petit budget tout en restant une vraie série fantastique. Cette saison deux s’ouvrait sur une grosse déception, les scénaristes ne tardant pas à trouver une feinte pour sérieusement diminuer l’impact du cliffhanger précédent – l’humanité ne sera donc pas au courant très longtemps que des Alphas traînent parmi elle, ou du moins elle s’en moque complètement. La suite s’est progressivement avérée de plus en plus convaincante, notamment par la mise en place et l’exploitation du duo entre le “chef des gentils” et le “chef des méchants” qui n’est pas sans rappeler l’opposition entre Xavier et Magnéto de chez les X-Men. Les personnages gagnent en profondeur, la noirceur gagne peu à peu une série un peu trop colorée auparavant, et surtout les scénarios révèlent quelques perles d’inventivité qui resteront dans les anales. Alphas reste donc la vraie-fausse série de super-héros la plus convaincante à ce jour, enfonçant un peu plus dans les oubliettes un Heroes qui ne lui arrive pas à la cheville.

Final Score : 07/10

Mené par un scénario intelligent et très malin quant au budget de la série, Alphas confirme dans cette saison deux son titre d’excellente série fantastique. Mais tous ceux que les super-héros insupportent auront bien du mal à adhérer même le temps d’un épisode…

Ce qui est amusant avec Switched at Birth, c’est de voir à quel point la série vend mal son concept. Certes, les deux héroïnes adolescentes ont bien été échangées à la naissance, mais cela ne sert tout au plus que de minime fil rouge au show, le sujet étant de toute manière assez vite traité (il n’y a pas non plus des masses à dire dessus.) En réalité, le programme créé par Lizzi Weiss pour ABC Family s’intéresse beaucoup plus profondément au problème de la surdité et surtout l’impact que cet handicap peut avoir lorsqu’une famille se retrouve à devoir vivre avec une adolescente qui en est atteinte. Plutôt touchante dans sa manière de traiter le sujet, n’hésitant par exemple pas une seconde à faire de longues séquences en langage des signes sous-titré, le show se retrouve malheureusement sacrément handicapé par les mêmes problèmes que la plupart des séries ABC Family, à savoir un budget plutôt minable – et donc une réalisation et une production value en conséquence – ainsi qu’une sacro sainte volonté de parler à toute la famille et donc à éviter certains sujets polémiques ou seulement les effleurer (le père génétique de la petite brune étant un sans papier, on aurait pu s’attendre à ce que son problème soit traité… mais il est vite réglé d’un coup de mariage magique !) La série tient cependant plutôt bien la route le long de ses trente épisodes et elle peut même se recommander chaudement pour les spectateurs les plus jeunes (les collégiens devraient pouvoir accrocher.)

Final Score : 05/10

Switched at Birth est une petite série, mais qui tente de faire bien les choses. Les plus jeunes ados apprécieront, ceux qui s’intéressent aux problèmes liés à l’handicape de la surdité aussi, mais les autres auront bien du mal à dépasser une réalisation catastrophique et un fil rouge mou du genou.

Pas la peine de s’épancher longuement sur World Without End, la pseudo-suite de The Pillars of the Earth, deux romans de Ken Follett adaptés en mini-série. En effet, malgré le changement d’équipe, c’est un peu on prend les mêmes et on recommence ! En clair, les fans d’histoire anglaise se régaleront et les autres bailleront à plusieurs reprises face à cette vaste fresque quelque peu fatigante dans sa volonté d’exhaustivité. Le gros souci reste les personnages auxquels on a bien du mal à s’accrocher (il faut dire qu’il y en a presque plus que dans Game of Thrones !) Après, il faut bien avouer qu’il y a un réel regard sur l’époque, un discours plutôt malin sur le pouvoir de la religion, sur les sacrifices à faire pour la liberté, ou encore tout simplement sur l’amour (celui entre un homme et une femme comme celui entre un parent et un enfant) mais attention, ce n’est pas joué dans la finesse !

Final Score : 06/10

World Without End est intéressante à bien des égards, notamment sur sa manière d’appréhender l’Histoire, mais le tout ne sera pas réputé pour sa grande finesse… Une série lourde, terriblement lourde, mais malgré tout attachante pour qui saura faire le tri dans la masse infernale de personnages à l’écran.

Mockingbird Lane, la seule nouveauté de la semaine n’en est pas vraiment une pour deux raisons. La première c’est que la série n’existera (sans doute) jamais et que NBC a juste décidé de diffuser le pilote pour Halloween (la chaîne se garde le droit de commander une saison selon les rapports officiels, mais officieusement c’est cuit pour tout le monde.) La seconde, c’est qu’il s’agit d’une réinvention du sitcom The Munsters, concurrent dans les années 60 de The Adams Family, et jouant sur le même terrain : l’horreur comique. Nous voici donc avec une famille dont la seule personne à peu près normale est la charmante Marilyn, entourée du papa à la monstre de Frankenstein, de la maman sorcière ? vampire ? reine des araignées ?, du grand-père qui se transforme en goule et du petit garçon qui découvre qu’il est un loup garou. On pouvait sincèrement s’inquiéter du passage du 26 minutes au 52, mais c’était sans compte sur le talent de Bryan Fuller, entre autre créateur de Dead Like Me ou Pushing Daisies, qui sait créer des univers colorés et joue d’un humour corrosif souvent méchant et toujours très fin. Ce pilote rappelle forcément les bonnes heures de Tim Burton (celui d’il y a vingt ans…) et donne vraiment envie de voir la suite – ne serait-ce que pour savoir ce que les auteurs ont bien pu imaginer dans cet univers complètement barré. Alors si à Halloween vous vous retrouvez en manque de film, ou si vous avez 42 minutes à tuer en attendant vos invités, n’hésitez pas, vous allez vous payez une bonne tranche de rire.

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour parler des dix séries qu’il faut regarder en ce moment !

Cette semaine, la CW passe à l’attaque en faisant sa rentrée après tout le monde. La plus petite des grosses networks, très orientée vers les ados, a-t-elle réussit à surprendre et à trouver sa place ?

La rentrée se termine et les derniers retours de série se mettent en place. A partir de dimanche dernier vous pouviez donc retrouver The Cleveland Show ; The League ; It’s Always Sunny in Philadelphia ; ainsi que les “classiques” de la CW : 90210 ; Gossip Girl (pour son ultime saison) ; et The Vampire Diaries.

Ce n’est pas parce que la CW fait sa rentrée que les autres chaînes s’arrêtent de programmer des nouveautés. NBC ouvre le bal cette semaine avec Chicago Fire, nouvelle création de Dick Wolf, le papa des interminables déclinaisons de Law and Order. Avec ce nouveau show plutôt musclé, Dick ne va pas chercher dans l’originalité puisqu’il nous met en place les aventures des pompiers (qui éteignent le feu) et des secouristes de premières urgences (qui interviennent juste après le feu.) En clair, il réadapte sa formule Law and Order à des garçons très musclés et des jeunes femmes aux courbes très généreuses, le tout en débardeur plein de sueur alors que les héros gardent toujours leur maquillage impeccable. Ça sent la testostérone jusque chez les personnages féminins (je vous le donne dans le mile : la blonde est plutôt agressive et impétueuse, du coup elle est lesbienne…) pour un casting qui a clairement été plus choisi pour ses heures passées dans la salle de sport que sur les planches d’un cours de théâtre. Difficile donc de s’intéresser à cet ensemble cast ultra stéréotypé, à ce flot d’intrigues feuilletonnantes dont on voit déjà où elles vont toute nous mener, ou encore de supporter cette musique grandiloquente et cet appui systématique sur les beaux drapeaux américains car les héros représentent toutes les belles valeurs de ce grand pays. A moins d’un sacré retournement de situation, Chicago Fire risque bel et bien de finir dans les poubelles de l’histoire de la télé américaine…

Mon Pronostic : il serait vraiment surprenant que le public américain se laisse avoir par une série qui répète tout ce qui a été fait ces vingt dernières années, sans originalité ni vrai passion. Du coup, je mise sur une annulation en cours de première saison.

L’autre catastrophe de la semaine était proposée par ABC et fait revenir sur les écrans la très sympathique Connie Britton (Friday Night Lights, American Horror Story) et l’insupportable Hayden Panettiere, aka la cheerleader de Heroes qui n’a vraiment rien trouvé à faire depuis quelques années si ce n’est faire la une des tabloïds. Horreur absolue, Nashville cumule les défauts : il s’agit d’une série musicale qui veut se la jouer Glee pour les adultes (comme si Spielberg ne s’était pas déjà cassé les dents sur ce sujet l’année dernière avec Smash) ; c’est une série sur la country (oui, le genre musical, et autant vous dire que si vous ne supportez pas vous allez vous boucher les oreilles la moitié du temps) ; et c’est une série qui veut nous faire croire que Hayden est capable de jouer une méchante artiste qui a tout de même un bon fond – quand elle pleure dans un placard, on explose de rire. Voici donc l’histoire incroyablement peu intéressante d’une ancienne star de la country obligée de faire une tournée avec la petite nouvelle qui monte et qui chante des paroles débiles pour les ados. Wahou. Pour pimenter le tout, les auteurs glissent une petite intrigue politique tellement peu crédible qu’elle termine de faire sombrer Nashville dans les heures sombres de la série télé. A fuir d’urgence.

Mon Pronostic : non, franchement, il n’y a pas moyen que cette série se voit commander une deuxième saison. A la fin de la première, ABC l’annulera sans avoir à se justifier…

Les plus vieux d’entre vous se souviennent peut-être de la série Beauty and the Beast des années 80 avec Ron Perlman et Linda Hamilton (ah, Linda Hamilton…) voici la version revue et corrigée et adaptée au XXIème siècle par la CW et donc avec Kristin Kreuk et Jay Ryan qui ont le mérite d’avoir autant de charisme l’un que l’autre soit, combiné, le charisme d’une huître peu fraîche le lendemain du jour de l’an. Fort heureusement, le show ne s’appuie pas uniquement sur l’irrésistible attirance des deux héros l’un envers l’autre et va chercher une intrigue feuilletonnante bien alambiquée (à base d’expérience sur des soldats pendant la guerre en irak) pour susciter notre intérêt. Malgré tout, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi bon reprendre une vieille série dont le charme était dans le look bien particulier du héros (qui avait une pseudo gueule de lion) pour le transformer en beau gosse avec une cicatrice qui a juste les dents qui poussent quand il se met en colère !

Mon Pronostic : un pur produit CW qui devrait arriver à toucher la cible de la chaîne – ça sent la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

C’est sans doute la nouvelle qui m’a fait le plus plaisir cette semaine : le succès phénoménal (enfin, pour la CW, hein !) de Arrow, série adaptée de l’archer vert de chez DC Comics. Et pourtant, il y avait de quoi prendre peur à la vue des premières affiches et de la gueule dépourvue d’expression de l’acteur principal. C’était sans compter sur un scénario qui prend l’intrigue de base au sérieux et va réellement chercher dans les recoins sombres de la psychologie des super-héros. Dark, bien ficelé, s’en sortant plutôt pas mal au niveau des FX, et bien entendu bourré de références pour les fans qui n’attendent que ça, le pilote est tout simplement jouissif et donne envie de voir si la suite va arriver à rester à ce niveau de qualité. Plus proche du deuxième Batman de Nolan que du Superman de Smallville, Arrow pourrait bien devenir la série de super-héros qu’on attendait.

Mon Pronostic : de tout mon coeur je vois la commande d’une deuxième saison. J’espère juste que la suite de la série ne va pas s’avérer une plantade absolue !

Le seul départ de la semaine – et pour moi le premier de la saison, même si le show a redémarré en août ! – me permet d’inaugurer un nouveau système de notation qui me paraît plus intéressant. Vous pouvez retrouver les explications ici ! Ce départ, c’est donc la fin de la deuxième saison de Hell on Wheels, qui nous plonge dans les affres de la construction d’une ligne de chemin de fer en plein western. Après une première saison intéressante mais qui se perdait dans ses multiples personnages, cette deuxième fournée d’épisodes approfondies les différentes trajectoires qui s’avèrent surprenantes et très intéressantes. Entre l’ex-prostituée partagée entre son véritable amour – noir et donc mis au bas rang de la société – et le mec un peu couillon mais au bon fond qui peut assurer la sécurité de son futur enfant, la femme de l’ouest trop intelligente pour son propre bien, les deux frères qui dirigent un bordel et un bar mais dont l’un des deux tombe amoureux de la fanatique religieuse, ou encore le héros à la psyché détruite, il y a franchement de quoi faire. Dommage que l’ultime épisode tourne au carnage longuet et assez inutile, nous laissant sur une note un peu décevante. Mais les auteurs se rattrapent à la dernière minute en nous rappelant que le sujet de la série est le conflit entre la rédemption et la vengeance, dans une séquence de pendaison absolument démentielle. Quant au dernier plan, il prouve que la réalisation a tout compris aux western. Voilà une bien belle série dont on attend avec impatience qu’AMC la renouvelle officiellement pour une troisième année.

Final Score : 7/10

RAISE HELL comme l’affirme la publicité pour cette deuxième saison de Hell on Wheels qui confirme la série comme un très bon show mais pas encore forcément comme un immanquable. Une troisième saison pourrait apporter l’ampleur qui lui manque encore un peu, alors croisons les doigts…

Rendez vous la semaine prochaine pour découvrir encore quelques nouveautés, fêter le retour d’American Horror Story, et saluer la fin de la deuxième saison de Boss !

Voilà donc la suite du bilan de la semaine, avec pas moins de cinq nouveautés et deux départs. Quand on vous dit que la rentrée commence vraiment, on ne vous ment  pas !

Allez, j’ai décidé d’être un peu mois fainéant pour cette suite que pour la première partie, alors je vous laisse avec la liste de toutes les séries qui ont repris cette semaine…

Treme ; Hawai Five-O ; How I Met Your Mother ; 2 Broke Girls ; Mike & Molly ; NCIS ; NCIS : LA ; Private practice ; New Girl ; Call me Fitz ; Criminal Minds ; Revenge (enfin plus ou moins car il s’agit d’un épisode récapitulatif de la saison passée…) ; The Middle ; Modern Family ; South Park ; Law & Order : SUV ; CSI ; Grey’s Anatomy ; Person of Interest ; Scandal ; The Big Bang Theory ; Two and a half men ; CSI : NY ; Blue Bloods ; et enfin la dernière saison de Fringe ! Ouf !

On en avait déjà parlé pendant l’été, lorsque NBC avait diffusé le pilote histoire de tester un peu la série, mais il est bon de revenir sur Animal Practice dont la vraie diffusion a enfin démarrer. Il s’agit donc toujours d’une sitcom sur un hôpital dédié aux animaux, avec un humour particulièrement absurde et un singe parmi les rôles principaux (ben oui, quoi, un singe.) Le seul souci, c’est que tout ici fait penser à une application de la recette inventée par Community, sans forcément en comprendre tous les fonctionnements. Humour décalé, hommages appuyés aux geeks, personnages stéréotypés à outrance, et même le petit jeu amoureux entre le couple frontal : impossible de ne pas penser aux aventures se déroulant à Greendale. Pour autant, sur ses deux premiers épisodes, Animal Practice arrive à rester drôle et accrocheuse : malgré ses quelques défauts, on ne s’ennuie pas, on sourit, on rit même parfois, et en ces temps de disette de bonnes sitcoms (alors qu’on nous en balance plein la gueule !) ça fait du bien. On croise les doigts pour la suite ?

Mon Pronostic : il y a quand même peu de chance que ce programme décalé fonctionne : trop décalé pour les américains traditionnels, pas assez et surtout arrivant après Community pour les autres, Animal Practice aura du mal à trouver son public. Je mise donc sur une annulation en cours de saison (même de la part de NBC…)

Vous savez les gars, nous aux Etats-Unis, on remet tout en question. Ouais, même notre bonne vieille armée maintenant qu’on a compris qu’on s’était bien fait niqué pendant plusieurs guerres. Du coup, y a des gens qui se sont dit que fallait en parler, tu vois. Alors ils y sont allés, parce que bon, Last Resort, c’est quand même une série de militaires, alors on pose les coucougnettes sur la table. Je te le fais rapide : y a quelqu’un aux Etats Unis il veut bombarder le Pakistan. Y a nos héros ils sont dans un sous marin nucléaire et ils reçoivent l’ordre. Mais bon ils ont un doute, alors ils le font pas. Après ça vire à la mutinerie. Et au final, on essaie de les torpiller pendant que simultanément les mecs de la maison blanche ils balancent des nuke sur le Pakistan. Alors les mecs du sous-marin ils investissent une île, et ils se déclarent indépendant. Honor in Defiance mon gars.

Bon après c’est vrai que les personnages, ils ont pas été trop bossé et que le casting il fait un peu de la peine. Et puis le pilote il est mou du cul et il montre pas du tout ce que sera la série par la suite. Et puis on a pris des réalisateurs au rabais parce que bon faut pas déconner non plus, le budget il est pas illimité (on s’appelle pas Revolution nous…) Alors voilà, en vrai pour l’instant, on peut pas en dire grand chose de notre série, parce qu’on a aucune idée de où ça va aller. Tu sais comment ça s’appelle ça ? Un pilote bien raté.

Mon Pronostic : allez, ça va le faire au moins pour une saison. ABC ne commandera pas la deuxième par contre, trop cher en drapeau américain…

Je n’y croyais pas du tout, mais il faut bien avouer que pour – du moins pour le pilote – Lucy Liu en guise de Docteur Watson, ça marche ! Car oui, Elementary est bien une énième déclinaison de Sherlock Holmes. S’éloignant des films récents en choisissant l’époque contemporaine, et s’éloignant totalement de la série anglaise en détournant le couple crypto-gay, cette nouvelle version américaine n’avait de prime abord pas grand chose à apporter. Et pourtant ce cher Sherlock est une nouvelle fois adapté, transformé (en ex-addict sur le chemin de la rédemption pour cette fois) et les auteurs ont eu la bonne idée de ne pas le jouer irascible et cruel – ce qui n’en aurait fait qu’un Gregory House bis (lui-même étant inspiré de Sherlock !) – mais plein de fissures, de doutes, et quand même de mauvaise foi. La suite de la série est censée être une bromance entre un homme et une femme, et promet que les enjeux amoureux ne seront jamais posé sur Sherlock et Watson… mais on attend de voir. En tous cas, le pilote est très plaisant et nous laisse sur cette question pas si évidente : Elementary ne sera-t-elle qu’une série policière de plus ou tiendra-t-elle ses promesses ? La réponse, cette saison.

Mon Pronostic : j’ai du mal à croire que ce show pourrait totalement se casser la gueule. Je vais donc miser sur la commande d’une deuxième saison à la fin de l’année.

Imaginez tout un pays qui s’enthousiasme depuis quatre ou cinq ans pour ses pires ploucs, et se met à faire l’apologie d’une certaine bêtise humaine mais avec un vrai bon fond et une morale familiale à l’extrême. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis où le New Jersey prend sa revanche à base de télé-réalité bas de gamme et autre concert de pétasses vulgaires affirmant leurs convictions politiques tout en se recalant le string en direct à la télé. Assez curieusement, quelqu’un a eut l’idée de mélanger ceci avec The Good Wife, soit prenons deux extrêmes, mixons tout ça dans un grand pot et voyons ce que ça donne. La réponse se nomme Made In Jersey et obtient haut la main le titre de la série la moins inventive et surprenante de l’année. Voici donc les aventures d’une avocate venue du New Jersey, qui bosse chez des riches New-Yorkais et qui va s’avérer super forte. Legally Blonde sans Reese Witherspoon, l’humour ou encore l’analyse du personnage : c’est la débâcle. C’est bien simple, j’avais beau faire du vélo en regardant Made In Jersey, j’ai bien failli m’endormir. A garder uniquement pour les nuits d’insomnie.

Mon Pronostic : c’est typiquement le genre de série qui malgré tous ses défauts peut durer dans le temps (n’est-ce pas Blue Bloods ?), du coup je mise sur la commande d’une deuxième saison…

Elles nous quittent et nous reviennent régulièrement, voici donc la troisième itération animée des Teenage Mutant Ninja Turtles, connues chez nous sous le simple sobriquet de Tortues Ninjas. Alors que j’avais très peur du look full 3D mode peluche des affiches et des trailers, il faut bien avouer que en action, sur un double épisode de départ, ça marche plutôt bien. Les auteurs l’ont bien compris, la force de la série réside dans la complémentarité entre les quatre protagonistes qui sont ainsi encore plus poussés dans leurs différents retranchements. April est transformée pour l’occasion en adolescente fille d’un scientifique qui s’est fait enlevée par les terribles Kraaank, et Shredder fait vraiment flipper lors de son apparition finale. De l’aventure, du ninja, un peu de geekerie scientifique, et surtout beaucoup, beaucoup, beaucoup d’humour, avec en prime un feuilletonnant qui peut s’avérer très sympa. Bref, c’est tout comme avant, mais en mieux, et parfois je regrette de ne pas avoir dix ans en 2012. Qu’importe, je regarderai quand même la série, idéale pour les dimanches après-midi de gueule de bois.

Mon Pronostic : c’est les TMNT, il y aura forcément une deuxième saison !

Du côté des séries qui terminent leur année, c’est la fin de la troisième saison de Louie, soit les aventures douces-amères du double sans le s mais avec un e du comique Louis C.K. Oscillant constamment entre humour et grincement de dents, la série se présente comme une suite de scènes de vie dérisoires entrecoupées (parfois) d’extrait de stand-up. Force est de reconnaître qu’il y a beaucoup de moments touchants ou de séquences dans lesquelles le comédiens/réalisateur/scénariste/producteur touche juste, mais il est parfois fatigant lorsqu’il s’apitoie un peu trop sur son sort. Le pire est atteint quand il sort les violons pour accompagner la chute de son personnage dans le dernier épisode, que je prends comme un véritable aveu de faiblesse sur la réalisation. C’est d’autant plus rageant que cette saison est de très loin la meilleure et que le destin de Louie devient vraiment très intéressant et dépasse le strict cadre de la chronique pour commencer à s’emparer d’un beau sujet, autour des dessous du monde de l’humour. Mais bam, catastrophe, ce dernier épisode vient en remettre une (mauvaise) couche dans les dix dernières minutes, proprement affligeantes et dont on se demanderait presque si elle ne sont pas une tentative de l’homme pour suicider sa série. Allez Louis, va prendre des vacances et revient nous en forme.

Final Score : 3.5/5

Franchement, tout le début de la saison mérite au moins un 4, si ce n’est un 4.5, mais je me sens obligé de condamner ce dernier épisode qui m’a fait plusieurs fois me vomir dans la bouche. Louie, ou la série que j’aime bien, mais qui a vraiment su me mettre en colère.

Pour sa deuxième saison, le petit show canadien qui fonctionne pas si mal que ça aux Etats-Unis, The L.A. Complex, plonge plus en profondeur dans son sujet, soit la quête de la réussite dans les milieux artistiques à Los Angeles. Exit la bimbo blonde qui se frayait un chemin dans l’univers du porno, sans doute plus parce que les auteurs n’avaient plus grand chose que par peur d’une quelconque censure. Exit aussi le petit musicien gay pour se concentrer sur son ex, un rappeur musclé qui permet de traiter de l’acceptation de soi-même plus que du coming-out. Les intrigues fleurissent et ne se ressemblent pas, la série s’attaquant à toute sorte de sujet en y allant franchement, notamment lorsqu’elle s’intéresse à l’église de la scientologie, sans la citer, mais en rentrant profondément dans ses mécanismes. On y parle aussi du sacrifice de son identité pour un autre (la grande soeur et le petit frère), des méthodes radicales de la télé-réalité mais surtout de comment ceux qui en sont les acteurs en profitent tout autant que les producteurs, de parties à trois, du manque de travail, de la surcharge de travail, du mensonge sous toutes ses formes, un peu d’amour et au final beaucoup d’amitié. Malgré son petit budget, The L.A. Complex frappe fort, très fort.

Final Score : 4.5/5

Pas loin d’être la meilleure série de l’été, et vraisemblablement l’un des shows les mieux écrits du moment, The L.A. Complex ne souffre que de son budget ridicule et de comédiens pas franchement tous à la hauteur. Ce n’est pas une raison pour se refuser LE show sur L.A. !

La semaine prochaine, les choses se calment ! On en profitera donc pour faire le point sur ce qu’on a vu de pire et de meilleur dans ce début de saison…