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Alors que le deuxième trimestre de la saison s’approche à grand pas (et qu’on fête déjà le retour assez réussi de Community), quelques séries s’éclipsent tout en douceur. Et juste pour info, on ne parlera pas de Treme, que l’on n’a pas vu mais dont l’ultime saison semble être tout à fait recommandable à ceux qui apprécie la série. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne vous a pas dégoté quelques perles…

Yonderland - season 1YONDERLAND (saison 1 – UK)

Après m’être bouffé un nombre considérable de pilotes de sitcoms anglaises de fort mauvaise qualité (comme quoi, il n’y a pas que les américains qui savent faire de la merde en vingt-six minutes…), autant vous dire que j’étais très moyennement motivé pour me lancer dans Yonderland, comédie dans un pseudo univers d’héroic-fantasy dont l’affiche flashy à grand renfort de marionnettes ne prédisait rien de bon. Grossière erreur vite corrigée en m’enfournant six épisodes d’affilée et en râlant que la saison n’en compte que huit. Car oui, Yonderland est une très sympathique réussite – et ses marionnettes creepy finissent par lui donner une identité visuelle au moins aussi tarée que les scénarios.

Debbie Maddox, mère au foyer de trente-trois ans, se sent inutile depuis que ses enfants sont rentrés à l’école. Elle zone chez elle, à regarder un jeu télé profondément débile. Jusqu’au jour où un elfe débarque par un portail magique qui donne sur le placard de la cuisine. Car Debby est l’élue qui doit sauver Yonderland des forces du mal qui… sont très très méchantes. Dans sa quête héroïque, la jeune femme devra jongler entre sa vie de mère au foyer et son nouveau statut d’héroïne – et elle va rencontrer un paquet de personnages bien gratinés, comme ce village d’idiots, ces mousquetaires de la politesse, les moines qui ne peuvent pas mentir ou encore ce magicien qui a perdu son mojo (qui s’avère être une petite créature qui se cache dans sa veste.)

Gros délire foutraque mais délicieusement mitonné, Yonderland offre de sacrés trouvailles dans chaque épisode sans pour autant mettre de côté le rythme et la structure. Le show reste assez familial, mais les “morales” ne sont pas assénées de manière lourdingue et toujours compensée par une bonne petite blague bien sentie. On appréciera aussi l’auto-dérision perpétuelle, notamment lorsque le show met en scène deux petites marionnettes tout droit sorti d’un soap historique, et qui n’arriveront décidément jamais à se déclarer leurs flammes.

A moins d’être totalement réfractaire à l’humour absurde anglais, on vous recommande donc chaudement cette courte série dont on espère vraiment qu’elle reviendra pour une seconde saison.

Final Score : 8/10

Atlantis - season 1ATLANTIS (saison 1 – UK)

Autre série venue de l’autre côté de la Manche, Atlantis ne donne pas vraiment envie de prime abord. Présentée comme une série d’aventure un peu toc, à base de trampoline à peine caché pour faire sauter ses personnages dans tous les sens, elle sent le produit bien commercial à plein nez, le genre de show vite produit pour amuser les ados une paire de soirées. Sauf que…

Ok, Atlantis fait un gros pot pourri de toute la mythologie grecque, se permet des trahisons ENORMES et des raccourcis encore plus ENORMES !, mais dans le fond elle me semble bien avoir tout compris à ces récits ancestraux qui avaient tout à la fois valeur de feuilleton de l’époque comme de support à des leçons de morale. A travers l’histoire de Jason, jeune scientifique du vingt-et-unième siècle fraîchement débarqué sur cette ville légendaire, et de ses deux compagnons le gros Hercule et le gringalet Pythagore (quand on vous dit que ça mélange tout…), la série arrive finalement à retrouver ce qui faisait l’essence de la plupart des contes mettant en scène des héros humains ou demi-dieux.

Mais surtout, surtout, Atlantis est drôle. Elle sait ne pas se prendre trop au sérieux et ne cherche jamais à péter plus haut que son cul. Et offre même parfois des scènes surprenantes et réjouissantes – comme lorsqu’on voit Jason prendre pour la première fois une épée et se lancer au combat contre une armée de soldat… sauf qu’au premier échange, il laisse échapper son épée, l’air penaud. Intelligemment construite sur son trio de personnages complémentaires et à la dynamique forcément comique, la série se révèle ultra pêchue et n’ennuie jamais le spectateur. Alors certes, elle ne brille pas par son originalité, mais elle sort suffisamment souvent des sentiers battus pour garder notre intérêt intact pendant treize épisodes, jusqu’à offrir une révélation finale que je n’avais sincèrement jamais envisagé.

Bref, si vous cherchez un petit show d’aventure et que vous êtes prêt à oublier des scènes de baston un peu kitch, des pirouettes très kitch, et des effets spéciaux ultra kitch, laissez donc leur chance à Jason et ses amis – ils ont bien plus à offrir qu’il n’y parait de prime abord !

Final Score : 7/10

Getting On (us) - season 1GETTING ON (saison 1)

On vous avait déjà dit tout le bien qu’on pensait de Getting On, comédie brillamment cynique sur un hôpital gériatrique (adaptée d’une sitcom anglaise déjà de très bonne qualité), et bien une fois avalé les six épisodes de la saison, on vous le confirme : c’est assez génial. Alors certes, il faut avoir l’estomac bien accroché et le moral plutôt au beau fixe, sinon vous risquez d’aller vous tirer une balle. Simple, racée, évidente, la série propose des scénarios rythmés et intrigants, servis par un casting absolument phénoménal. Ajoutez à ça une mise en scène sobre mais qui touche toujours juste et vous obtenez ce qui est sans doute l’une des meilleures comédies de HBO.

Final Score : 8.5/10

nikita - season 4NIKITA (saison 4 – fin de la série)

Toujours généreuse avec son public, la CW a permit au fan de Nikita de se gaver avec six épisodes de conclusions uniquement faits pour eux. Au pic de son grand n’importe quoi de scénario, la série présente une Nikita recherchée par toutes les polices du monde alors qu’une nouvelle menace internationale plane sur le monde. Complot de haut ville qui réunit les hommes d’affaires les plus puissants pour un projet aussi fou que le reste de la série : remplacer les personnalités qui ont le plus de pouvoir par… des doubles.

Alors, oui, reconnaissons à cette ultime saison quelques (gros) points forts, comme un cast qui maîtrise totalement ses rôles, des cascades (enfin) réussies, une vraie folie dans les coups de théâtre et un sens du rythme à toute épreuve. On retiendra longtemps l’avant-dernier épisode qui trouve une puissance émotionnelle insoupçonnée et offre la mort la plus inattendue, brutale, et foutrement injuste d’un personnage. Cadeau parmi les cadeaux, le dernier épisode se veut un retour au source et complète de manière paroxysmique l’étrange relation limite incestueuse entre Nikita et sa jeune protégée.

Bref, n’en jetons plus, vous l’aurez compris : si vous avez suivi la série jusque là, alors vous allez vous régaler avec ce qui est sans doute l’une des meilleures saisons de fanboy qui soit. Et c’est pas grave si votre copain/copine s’étonne de vous voir regarder ce qui lui paraît être une grosse bouse boursouflée qui ose nommer l’un des derniers lieux visité par les héroïnes le “Club Besson”. On a les séries qu’on mérite.

Final Score : 9/10 pour le fanboy, mais résolument 3/10 pour les autres.

 

La semaine prochaine, c’est promis, c’est enfin l’heure du bilan… et coup double, on vous présentera aussi quelques nouvelles séries qui démarrent dans les prochains jours !

 

C’est avec beaucoup de retard que l’on se retrouve pour la dernière partie de notre bilan concernant la semaine dernière. Je vous passe toutes les bonnes raisons qui expliquent ce retard parce que dans le fond, on s’en fout ! Ce qui est important, c’est qu’on parle aujourd’hui de six séries sur lesquelles le public n’a pas forcément de bons à-priori alors qu’elles sont tout à fait honnêtes. Des séries pas si pourries, c’est le bilan de la semaine.

Beauty-and-the-Beast-S1-Poster-1BEAUTY AND THE BEAST (saison 1)

Célèbre série des années 80 mettant en scène Ron Perlman dans le rôle de la Bête (et co-écrite par Georges R.R. Martin, le papa de Game of Thrones), Beauty and the Beast revient dans une version contemporaine sur la CW. Et mieux vaut vite oublier la série de base tant les différences sur le traitement et les thématiques sont nombreuses. Une fois le deuil fait du maquillage barbu de Perlman, on peut enfin se concentrer vraiment sur cette nouvelle itération des aventures de la jolie flic Catherine Chandler, qui rencontre un certain Vincent Keller qui, dans cette version, est un ancien soldat sur lequel on a fait des expériences génétiques et qui peut se “transformer” en monstre lors des coups de stress.

Enfin, en monstre, c’est vite dit. La CW désirant vendre la série comme un show romantique avant tout, elle n’a pas l’intention d’abîmer le visage de son acteur principal tout droit sorti d’un catalogue de maillot de bain. Vincent a donc les ongles qui poussent (mais restent propres), les yeux qui brillent, et sa cicatrice qui s’agrandit un peu. Sa voix devient aussi un peu plus rauque et vu comme elle est normalement on se demande comment c’est possible. On est donc bien loin des poils et froufous de la version originale.

Kristin Kreuk, ancienne miss Rose de Smallville (la seule couleur qu’elle portait), s’en tire plutôt pas mal dans le rôle de Catherine et sait minauder quand il faut pour faire pleurer sur le sort mystérieux de sa mère. C’est en effet là que se trouve l’intrigue feuilletonnante, celle-ci faisant sûrement partie des médecins et du consortium qui ont transformé Vincent en monstre. Le reste de la série repose sur quelques intrigues semi-policière avec quasiment toujours un enjeux amoureux : on est dans de la romance, pas dans une série policière !

Le résultat est quelque peu étrange, entre consternation totale sur certains épisodes chiants et sans intérêts, et ravissement quand le show prend des tournures inattendues et arrive  à dire quelque chose d’original sur l’amour (surtout sur la fin de la saison.) Question audience, ce ne fut pas la panacée. Mais la CW est un network où il fait bon de se poser car elle ne s’appesantit pas sur les chiffres et préfère créer des fanbase solides et aller chercher les bonnes critiques en allant toujours dans le sens de ce que semble souhaiter ces fameux fans. Du coup Beauty and the Beast n’est pas annulée (alors que partout ailleurs ça n’aurait pas fait long feu) mais va être “retoolée”, c’est à dire réarrangée, remaniée, pour une deuxième saison qui promet donc d’être assez différente.

Et pour ma part, je lui laisserai sa chance.

Final Score : 6/10

Pas franchement grandiose, Beauty and the Beast propose pourtant quelques très bons moments qui justifient à eux seuls une suite réaménagée. A conseiller aux adolescentes (qui y trouveront un palliatif beaucoup moins cucul que les autres séries romantiques pour ado) et à ceux qui sont nostalgiques de Kristin Kreuk.

vampire-diaries-season-4VAMPIRE DIARIES (saison 4)

Diffusée en accompagnement de Beauty and the Beast, le show aux dents longues le plus improbables qui soit a confirmé cette année tout le bien qu’on en pensait et marche tellement bien (enfin pour un petit network comme la CW) que la chaîne va lui donner une petite soeur. Vampire Diaries ou comment prendre une série de mauvais bouquins et en faire un vrai tour de force.

Alors oui, pour les détracteurs de la série, il s’agit bien d’un trio amoureux entre deux frères et une petite brune perdue dans ses sentiments – Twilight n’est pas bien loin… Mais au fil des saisons, la série s’est largement épaissie et on ne compte plus le nombre d’êtres surnaturels à vadrouiller dans les rues de Mystic Falls. Loup-Garous, sorciers, hybrides, fantômes, “originals” (la première famille de vampires, qui va donc avoir sa propre série l’année prochaine), sans compter tous les chasseurs : ça commence à faire du monde. Et d’ailleurs, la fin de cette saison leur rend hommage avec une entourloupe maligne pour faire revenir, le temps d’un épisode ou deux, une bonne partie des personnages qui ont été tués précédemment histoire de leur permettre de prendre leur revanche.

Car il faut bien avouer que question décès, Vampire Diaries se pose là. Décidée à ne jamais se reposer sur une formule, le show est constamment tiré dans tous les sens pour arriver à surprendre le spectateur. Ainsi, les scénaristes n’hésitent pas à éliminer un personnage, même s’il est très apprécié, ou à changer radicalement la psychologie d’un protagoniste. Cette année, on a ainsi pu voir Elena, l’héroïne, s’acclimater à son nouveau rôle de vampire, avant de devenir la pire peste qui soit quand elle décide de switcher ses sentiments. C’est parti pour un run d’une dizaine d’épisodes foutrement délirants dans lesquels les deux frangins normalement héros de la série apparaissent comme deux gros crétins faciles à manipuler et complètement obnubilés par l’envie de se taper cette pauvre Elena.

Alors oui, on peut se lasser un peu de ce rollercoaster de rebondissements et il faut bien reconnaître que le tout est parfois un peu vain, un peu creux. Mais dans ses grands moments (et ils ne sont pas rares), Vampire Diaries touche généralement juste et nous fait bondir de notre fauteuil avec un twist que l’on n’avait pas vu venir. Vampiriquement fun.

Final Score : 8/10

C’est une série de genre et donc bien évidemment elle ne parlera pas à tout le monde. Mais tous ceux qui sont un minimum fan de fantastique et qui cherchent une série qui ne se repose jamais sur ses lauriers sauront apprécier cette tonne de rebondissements et de twists irrémédiablement fun qu’est Vampire Diaries.

Grey's_anatomy_cast_photo_season_9GREY’S ANATOMY (saison 9)

Déjà neuf saisons de Grey’s Anatomy ! On ne va donc pas se leurrer, si vous lisez cet article c’est sans doute que vous êtes fan de la série et que vous voulez juste savoir ce que j’ai à en dire ou que vous avez décroché l’année dernière et que vous voulez savoir si ça vaut le coup de vous lancer dans ces vingt-quatre nouveaux épisodes. Pour la faire courte : oui, ça vaut le coup.

Après s’être tirée une sérieuse balle dans le pied en supprimant deux des personnages les plus appréciés du public, Grey’s se devait de trouver des idées percutantes et surtout des fils rouges suffisamment intéressants et originaux pour nous tenir en haleine. Du côté pas très original, on a eut la galerie de petits nouveaux étudiants – mais il faut reconnaître que ceux-ci sont plutôt réussis et changent de la troupe habituel. Moins beaux, moins glamours, moins doués (sacrément moins doués !), ils arrivent à être très vite attachants (ils ont intérêts vu que la série ne va pas s’éterniser encore très longtemps…) La petite Jo (Camilla Luddington, qui a prêté ses traits à la nouvelle Lara Croft dans la dernière version vidéo-ludique de Tomb Raider) aura même une histoire surprenante et originale avec ce bougre de Karev qui s’avère toujours intrigant après neuf saisons – il faut le faire !

Plus original, il y a tout le fil rouge sur les répercussions de l’accident d’avion survenu l’année dernière. Alors oui, il y a l’amputée de la jambe, les décès, et tout le traumatisme, mais ce n’est pas le plus important (marrant non ?!) Car le fait est que c’est bien l’hôpital qui est responsable et comme on est aux Etat-Unis, il va devoir payer une petite fortune aux survivants de cette tragédie. Cool pour Mérédith et compagnie ? Pas tout à fait. Car ça veut dire aussi que Seattle Grace n’est plus rentable… et qu’il va devoir fermer ses portes. A moins d’un rachat par un grand groupe, ce qui provoque moult problèmes d’organisations. A moins que… mais bon là, je vous laisse découvrir, c’est ce qui fait tout le sel de la deuxième partie de la saison et c’était plutôt sympa.

Question intrigues amoureuses, on est par contre dans de l’ultra traditionnel même si ce sont plutôt les nouveaux personnages qui vont vivre quelques remous. Ben oui, les auteurs ne peuvent plus faire bouger grand chose autour de Meredith qui apparaît donc cette année un peu plus comme le coeur, l’âme de la série mais plus du tout son protagoniste principal. Ellen Pompeo semble le prendre plutôt bien et apparaît nettement plus en forme que les autres années – c’est bien la première fois qu’elle semble enfin faire son âge !

Final Score : 7/10

C’était plutôt une bonne année pour Grey’s Anatomy, donc si vous avez tout vu jusque là ce n’est pas la saison à laquelle il faut arrêter ! Plus sociale et moins outrancière dans les intrigues amoureuses, cette saison marque définitivement le passage à l’âge adulte pour la série. Il était temps !

scandal - season 2SCANDAL (saison 2)

Avec Scandal, Shonda Rhimes avait purement pour but de faire à la série politique ce qu’elle a fait à la série médicale avec Grey’s Anatomy, à savoir y glisser du soap et un certain dynamisme des scénarios (en dépit du réalisme, auquel la scénariste semble vraiment peu s’accrocher !) Elle était loin de se douter qu’elle tenait entre ses mains une pure bombe à retardement qui a explosé sur l’Amérique cette année, avec des scores d’audimat inhabituels pour une série diffusée à 22:00.

Il s’agit donc des mésaventures d’une avocate super forte (et de son équipe) qui fut auparavant la conseillère du Président des Etats-Unis – avec qui elle a une relation amoureuse alors que le bougre est marié à une femme pas dénuée d’ambitions. Ouais, dit comme ça, c’est pas très emballant. Mais la série a su rapidement rebondir en éliminant les intrigues bouclées pour se contenter de mettre en place un feuilletonnant explosif, tout à fait dans le style d’un show comme The Killing.

Et Scandal se permet tout. Entre un discours édifiant sur l’absence de réelle démocratie aux Etats Unis, ou sur ce qu’elle fait faire à ses personnages (torture, manipulation, mensonge et trahisons), elle secoue tous les codes jusqu’à faire de son héroïne le personnage le plus inquiétant du show. Si la réalisation est un peu pauvre et ne fait que répéter les trois bonnes idées plantées dès le pilote, elle n’enlève rien à la qualité générale des comédiens qui font pleinement vivre ses intrigues over-the-top et délicieusement retorses. Le seul bémol concernera le dernier épisode de cette saison, pas très heureux dans le traitement de certaines séquences, et dans lequel Shonda Rhimes (qui s’est décidée à l’écrire, mauvaise idée !) abuse des grandes tirages grandiloquentes. Mais le reste de l’année était tout simplement ahurissant.

Final Score : 8/10

Scandal se pose comme le seul political-soap à ce jour et, malgré sa réalisation mitigée et quelques facilités à la toute fin de la saison, comme un show absolument jouissif car il se permet tout. Un sacré plaisir.

elementary season 1ELEMENTARY (saison 1)

Il fallait oser : non seulement Elementary est une nouvelle version moderne de Sherlock Holmes, alors que le revival au cinéma avec Downey Jr. cartonne et que la série anglaise (Sherlock) secoue les foules, mais en plus elle repose sur une idée particulièrement étrange – faire jouer Watson par Lucy Liu. Pour sa première création et sa première série en tant que showrunner, Robert Doherty (scénariste et producteur sur d’autres séries auparavant), a donc décidé de jouer le tout pour le tout, et d’assumer dès le début de la saison qu’il NE ferait PAS d’histoire d’amour entre Sherlock et Watson.

Et le bougre a tenu sa promesse. Certes, il fait beaucoup de trahison à l’oeuvre de Conan Doyle – la première étant que Sherlock manipule Watson (au début) pour en faire son “élève” et accessoirement sa remplaçante, la deuxième étant de déplacer l’action à New York – mais il me semble qu’il a totalement saisit l’idée derrière les romans et les nouvelles et réussit à reproduire l’impact qu’ils pouvaient avoir à l’époque sur notre monde actuel. Il faut dire que Jonny Lee Miller est tout simplement excellent dans le rôle titre et donne immédiatement envie de suivre ce “surhomme” désespérément asocial et énervant. Quant à Lucy Liu, elle assume avec culot d’enfiler les bottes de Watson et s’empare très rapidement du personnage pour en faire sa propre création.

Alors oui, les personnages sont géniaux, mais les enquêtes en elles-mêmes sont bien évidemment l’un des éléments les plus importants d’une série policière. Alors que valent celles de cette première saison ? Là aussi, c’est plutôt une très bonne surprise. Malignes, inventives, sortant des sentiers battus et du classique “le premier innocenté s’avère être le coupable”, elles sont parfois un peu tirées par les cheveux mais s’avèrent toujours surprenantes. Ça fait donc plaisir de se retrouver face à des enquêtes où on ne sait pas forcément vingt minutes à l’avance qui est le coupable !

Enfin, ajoutez à cela un feuilletonnant très sympathique mais malheureusement trop court (on espère que la saison deux le mettra nettement plus en avant) et vous obtenez très clairement la révolution de la série policière que l’on attendait depuis… CSI. Ni plus, ni moins.

Final Score : 8/10

Oui, ça y est, enfin : la série policière américaine a trouvé son renouveau avec cet Elementary limite choquant au début avec ses choix très particuliers, mais qui s’avèrent au final tous de très bonnes idées. Si vous aimez les cop-shows, ne passez surtout pas à côté.

Nikita S3NIKITA (saison 3)

A l’insu de pas mal de monde, Nikita est tranquillement en train de faire son bout de chemin et de monter une fan-base de plus en plus puissante. Les critiques commencent à s’intéresser à un show bien plus malin et intelligent qu’il n’y parait au premier abord (et surtout par rapport à ses débuts assez catastrophiques !)

Oui, il s’agit bel et bien d’une nouvelle version de la série dérivée du film de Luc Besson, sur une agent secret / assassin travaillant pour un section spéciale des services secrets américains nommée Division qui va s’avérer avoir son propre agenda qui n’a rien de vertueux. Là où cette itération du network CW s’éloigne de tout ce qui  a été fait avant, c’est que – comme pour beaucoup de shows de la chaîne (Vampire Diaries…) – la série ne cesse de se remettre en question, de changer sa base, son fonctionnement, son principe même, pour toujours surprendre et ne jamais se reposer sur une formule évidente.

Cette troisième saison n’échappe pas à la règle (!) et switch au moins trois fois de concept en seulement une vingtaine d’épisodes ! Question thématique, on entre aussi dans quelque chose de plus intéressant quand certains agents tentent de refaire leur vie, quand Nikita et consort doivent occuper la place de leurs anciens ennemis, ou encore quand l’héroïne est confrontée à sa créatrice dans un jeu du chat et de la souris aux accents oedipiens particulièrement malsains.

Très clairement, la série a su évoluer et s’améliorer sur de nombreux points. Les scénarios proposent un feuilletonnant diversifié et intrigant, mais aussi des intrigues pseudo bouclées qui n’hésitent pas à mettre les personnages face à leurs propres limites et incohérences. Parfois extrêmement malins (tout l’épisode sur la jeunesse d’Amanda – la “méchante” – est à ce titre purement exceptionnel), ils restent confinés dans le genre de l’espionnage musclé et en ce sens misent toujours plus sur le dynamisme que la crédibilité. Les acteurs sont plus à l’aise – et même notre VieillePeau préférée, Maggie Q, semble enfin assumer son âge – et la réalisation fait ce qu’elle a à faire, avec pas mal de bonnes idées pour rester dans le budget tout en gardant un visuel parfois assez impressionnant. Et au final, il faut bien le reconnaître : on a beaucoup rit et on s’est beaucoup moqué de Nikita, mais cette année la série s’est clairement achetée ses lettres de noblesse.

Final Score : 8/10

C’est à croire que les séries de la CW, de manière évidente le network qui fait le plus confiance à ses créateurs et qui s’en contrefout des chiffres, sont en odeur de sainteté cette année. Après la très bonne surprise qu’est Arrow, voici que Nikita se transforme et se révèle pour devenir un show d’une évidente qualité. Dommage qu’il faille se taper les deux premières saisons – nettement moins bonnes – pour pouvoir comprendre !

The Big Bang Theory S6 iTunesBIG BANG THEORY (saison 6)

On termine cette semaine musclé de fins de saison avec the Big Bang Theory et sa sixième saison, semblable à toutes les autres. Ni en progression, ni en déclin, le show très controversé sur une bande de geeks / nerds (je vous laisse choisir le terme qui vous convient) et leurs petites amies (soit actrice bonnasse, soit scientifiques farfelues) reste dans sa droite lignée et semble ne pas du tout se préoccuper des critiques, négatives ou positives, faites à son égard. Alors oui, le show se moque toujours autant de cette communauté (au contraire de Community qui joue avec ses codes) mais reste sincère et jamais gratuit (contrairement à ce que j’ai pu lire ou entendre.) Bref, quelque soit votre opinion sur la série, ce n’est pas cette saison qui vous fera changer d’avis !

Final Score : 7/10

Amusante mais un peu trop ancrée sur ses acquis, the Big Bang Theory ne change pas sa formule. Hater, détestez ; fan, adorez. Et tous ceux qui sont au milieu peuvent toujours trouver cette sitcom assez amusante…

bill-hader-announces-hard-decision-to-quit-snlSATURDAY NIGHT LIVE

Un petit mot de conclusion pour vous dire que l’événement émotion de la semaine, c’est le dernier Saturday Night Live de Bill Hader, qui fera sortir les mouchoirs aux connaisseurs… Byebye Bill, et on espère te retrouver dans de bonnes choses sur le petit ou le grand écran !

Rendez vous jeudi pour la première partie d’une autre semaine bien chargée en fin de saisons ! (et on vous fera aussi découvrir quelques nouveautés et séries anglaise…)

Dimanche 14 octobre 2012, The Walking Dead détruit tout sur son passage en culminant comme le nouveau record d’audience pour un programme du câble. Lundi 15 octobre 2012, Revolution devient la série attirant le plus de personne en +7, soit en comptant tous les modes de diffusion après la première d’un épisode, culminant à un exorbitant 4.9 millions de spectateur en plus. C’est la semaine des records, mais il nous reste encore quelques nouveautés à découvrir…

Cette semaine, on fêtait donc le retour de The Walking Dead avec une troisième saison qui démarre très fort. Mais on retrouvait aussi Covert Affairs (pour la deuxième partie de la saison 3) ; la saison 2 de la sitcom Suburgatory qui vient compléter la soirée comédie de ABC le mercredi soir ; la troisième saison de l’espionne musclée Nikita ; ainsi que le reboot de American Horror Story qui s’intéresse donc à un tout nouveau panel de personnages…

Ils vous énervent déjà sur cette photo profondément irritante ? Et bien les comédiens de See Dad Run ne vont pas plus vous convaincre dans cette nouvelle sitcom diffusée sur Nickelodeon dans les programmes du soir, et donc (il faut bien l’avouer) destiné en priorité à la toute la famille (américaine traditionnaliste.) Le pitch : un célèbre acteur qui a incarné le rôle d’un père pendant dix ans dans une sitcom à succès se retire du petit écran pour éduquer ses vrais enfants. Sauf que tout ne se passe pas dans la vraie vie comme dans une série télé… L’idée est franchement intéressante et la série pourrait être très drôle… sauf qu’elle ne l’est pas ! Tout ce qu’elle critique dans les sitcoms familiales, elle le refait au centuple – malgré quelques tentatives pour changer la donne (comme l’adolescente qui lance à son père en fin d’épisode qu’elle ne va pas se réconcilier avec lui en vingt-six minutes… avant de le prendre dans ses bras sous les murmures touchés du public !) Les comédiens sont outrancièrement mauvais (en particulier cette saleté de petit garçon qu’on croyait définitivement enterré avec la fin de One Tree Hill), la réalisation tout juste abominable et les blagues tombent toute à l’eau. Masochiste de tout poil, voilà votre nouvel outil de torture !

Mon Pronostic : heu, là, franchement je ne sais pas du tout. Du coup, on va dire une annulation à la fin de la diffusion de cette première saison ?

La deuxième nouveauté de la semaine, c’est la très attendue Emily Owens M.D. sur la CW qui s’était attiré beaucoup de bonnes critiques sur son pilote. Ayant enfin pu voir celui-ci, il faut bien avouer que la sympathique Mamie Gummer incarne avec une vraie sincérité l’amusante Emily Owens, une jeune médecin peu sûre d’elle et atrocement maladroite. On sourit beaucoup aux blagues assez convenues mais qui arrivent parfois à surprendre, on s’émeut assez peu des situations médicales déjà vues sans fois, et on soupire parfois lorsqu’on voit les grosses ficelles du feuilletonnant arriver. En clair : rien de neuf à l’horizon, mais ça respire le travail bien fait. Il faudra voir si la suite va nous surprendre ou juste nous décevoir.

Mon Pronostic : Emily Owens M.D. a tout pour attirer le public de la CW et surtout pour le conserver malgré son certain classicisme. Je mise donc sur une commande de saison deux à la fin de l’année !

MTV aime les jeunes qui le lui rendent bien, vu le succès des nouvelles séries de la chaîne sur cette cible particulière depuis quelques années. Et comme on ne va pas changer une formule qui gagne, voici Underemployed, un show sur cinq jeunes vingtenaires, tout juste sortis de l’école, et qui vont galérer pour trouver du boulot et survivre dans cette Amérique en pleine crise économique. Le show fait penser à beaucoup d’autres séries MTV que ce soit dans la composition de son casting, son ambiance newyorkaise vue du côté des galériens, ou encore son humour corrosif et sa volonté de traiter frontalement les sujets classiques des séries pour ados. C’est donc en soit une bonne chose, vu que les autres séries de la chaîne se sont souvent avérées très convaincantes, mais en même temps on commence à ressentir une certaine lassitude et à voir trois coups à l’avance les rebondissements qu’on va nous servir. Underemployed est sympa mais sent un peu le réchauffé…

Mon Pronostic : MTV a plutôt tendance à aider ses séries à s’installer, je miserai donc sur la commande d’une deuxième saison à la fin de la diffusion de celle-ci…

Fausse saison 2 mais vraie nouvelle série, American Horror Story : Asylum méritait bien qu’on s’attarde un peu sur son sort. L’anthologie d’horreur inventée par Brad Falchuck et Ryan Murphy change de lieu et d’époque mais garde une partie de son casting (dans des nouveaux rôles) et surtout son ambiance parfaitement morbide mais capable tout à la fois de faire hurler de rire et hurler tout court. Amusant et décalé pour les uns, outranciers et ridiculement sous-scénarisé pour les autres, AHS : Asylum va encore plus séparer le public que la saison précédente. On passe d’une série familiale à une série (d’horreur) sur le monde du travail (selon Brad Falchuck) et il faut bien avouer que les scénaristes ne s’épargnent aucun cliché. Après, à mon avis, ils arrivent à les magnifier en les tordant dans tous les sens ou en allant bien plus loin que ce qu’on a vu jusqu’ici. Les amateurs d’horreur se régaleront, les autres soupireront et passeront leur chemin.

Mon Pronostic : mais bien sûr qu’il y aura une troisième saison ! Toute la question est de savoir où elle se déroulera…

La dernière nouveauté de la semaine nous vient de la bien étrange Angleterre ou ITV 2 nous présente une série aussi au moins aussi étrange. Switch présente les aventures de quatre jeunes femmes de vingt-deux ans qui forment un coven de sorcières, mais qui veulent s’éloigner des traditions ancestrales de leurs familles pour pouvoir vivre leur vie à Londres. Le truc, c’est qu’avec des sorcières on s’attend à des intrigues de fin du monde, d’esprit vengeur ou ce genre de chose… et dans ce pilote, nos joyeuses amies fabriquent un filtre d’amour, tente de faire oublier à la patronne d’une d’entre elle qu’elle l’a viré, ou encore une autre qui règle ses comptes avec sa mère. De l’ultra quotidien légèrement transformé par la magie, après tout pourquoi pas. Mais il y a un petit truc qui ne marche pas, comme si la série cherchait à trop bien faire pour arriver à convaincre, comme si sa quête d’originalité la condamnait à des situations assez artificielles et au final assez peu intéressantes. Ce premier épisode se termine cependant sur une note assez étrange, laissant suggérer que la série va pas mal évoluer. Wait and see, donc, mais pour l’instant je ne suis pas vraiment sous le charme…

Mon Pronostic : je vois bien la série marcher en Angleterre, du coup je mise sur la commande d’une deuxième saison !

Ca y est, la première annulation de l’année a eut lieu et la série ayant la tête coupée n’est nulle autre que Made in Jersey, qui confirme que la case du vendredi soir est bel et bien un véritable abattoir où l’on laisse les vaches mourir. Ces dernières années, quand une série été annulée au bout de seulement deux épisodes (comme c’est le cas ici), vous pouviez être sûr qu’il s’agissait d’un excellent concept qui n’avait pas su trouver son public. Cette année, on est rassuré : Made in Jersey était juste un énième legal show, fatigué et fatigant, avec une mise en scène peu flatteuse et une actrice principale complètement à la ramasse. Y a-t-il vraiment autre chose à dire ou à retenir sur ce show ? Non.

Final Score : 2/10

Made in Jersey était mauvaise et sera vite oubliée. Tient, et si on n’en parlait même plus ?

Satan, your kingdom must come down… Cette petite ritournelle qui fait office de générique, vous l’aurez dans la tête longtemps après avoir vu la fin de cette deuxième saison de Boss, qui confirme triomphalement son statut de meilleure série depuis le début de sa diffusion. Magistrale aussi bien dans son écriture, finement ciselée, faisant preuve d’une science certaine pour les paiements (ces moments où une information donnée avant est utilisée pour faire rebondir l’histoire), que dans sa réalisation, sublime mais qui n’oublie jamais qu’elle est là avant tout pour servir l’histoire, ainsi que dans le jeu des comédiens (des seconds couteaux ou d’anciens has-been – à part Kelsey Grammer), Boss est un vrai régal d’autant plus jouissif que la série n’est jamais lente ou ennuyeuse (contrairement à d’autres grands shows qui plongent parfois dans un rythme plus ou moins soporifique.) Le Boss de Chicago vous attend, ne refusez pas la main qu’il vous tend, vous pourriez bien le regretter.

Final Score : 9/10.

Boss est un putain de chef-d’oeuvre. C’est tout.

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour discuter de la fin de la première et assez étrange série de la BBC America…

Troisième et dernière partie de cette semaine forte en fin de saison. Cette fois, on fait dans l’animation et le surnaturel…

Autant ABC est connue pour ses mercredis comédie (avec, entre autre, Modern Family ou plus récemment la réjouissante Dont Trust the b**** in appartment 23), autant FOX l’est pour ses dimanches animation. A côté des poids lourds que sont American Dad ou Family Guy, la chaîne a connu une belle déception avec Napoleon Dynamite mais s’offre toujours trois petits shows bien sympathiques dont on va parler tout de suite…

C’est indéniable : quand Seth MacFarlane tient une formule, il l’exploite à outrance. Après Family Guy et American Dad, il décline une fois de plus son humour corrosif, extrêmement autocritique et bourré de gags plus ou moins en dessous de la ceinture. Pourquoi regarder plus The Cleveland Show que ses deux autres séries ? Il n’y a aucune raison. En fait, les trois shows se valent et l’appréciation qu’on en a tient plus à si on les a suivi depuis le début ou non. Cette saison, Cleveland ne nous aura pas surpris mais ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande. Il est resté le même et c’est peut-être ce qui est le plus important.

Final Score : 3/5

Amusant, sympathique et passablement potache, The Cleveland Show ne cherche pas à surprendre ou à casser la baraque. C’est juste une petite série d’animation fun et c’est tout ce qu’on lui demande.

Loren Bouchard est un mec passablement tripé. Après avoir créé plusieurs séries pour la phénoménale Adult Swim (la version adulte de Cartoon Network) il débarque chez la Fox avec ce programme surprenant autour d’une famille dont le père tient un restaurant de burger : Bob’s Burger. Ce n’est pas les graphismes décalés – auxquels la Fox nous a habitué lors de sa soirée du dimanche – ni son univers foutraque – idem – mais bien la logique familiale totalement étrange et superbement exploitée qui font de ce programme une vraie réussite. Bien plus que les Simpsons, les Belchers forment une vraie famille dont les aventures font interagir tous les membres. Et puis, on ne va pas se leurrer, la petite Louise a vraiment le potentiel formidable d’un Bart Simpson. Cette deuxième saison, quoi qu’un peu courte (seulement neuf épisodes) aura été une vraie réussite : jamais lassante, toujours surprenante, Bob’s Burger nous a encore une fois conquis.

Final Score : 4/5

Très bonne (mais trop courte) deuxième saison pour Bob’s Burger qui confirme son statut d’oeuvre animée franchement à part. On reste sur la voie tracée par les autres séries de la Fox, mais on s’intéresse pour de vrai à une logique familiale trop souvent abstraite ou mal exploitée dans les autres shows.

Un film et 23 saisons plus tard (soit plus de 500 épisodes) que valent encore les Simpsons ? Et bien, ils ont été en bien meilleure forme que l’année dernière. La formule a tendance à se renouveler, les auteurs ont encore trouvé des choses à nous révéler sur les personnages (ah, formidable épisode sur Bart face à l’avenir et qui décide… de faire croire, lors d’une croisière, que les états-unis ont été attaqués par un virus !) et la réalisation continue de s’affiner. Toujours aussi beaux, toujours aussi jouissifs, toujours aussi amusant, Homer et compagnie ne sont pas prêt de quitter nos postes de télévision. Et c’est tant mieux.

Final Score : 4/5

Après la saison très “fatiguée” de l’année dernière, The Simpsons revient plus en forme que jamais. Certes, le 500ème épisode n’était pas la perle tant attendu, mais le reste de la saison avait tout pour nous convaincre !

Quand on se prend un peu au moins au sérieux, qu’on peaufine les dialogues et qu’on laisse aux acteurs les moyens d’incarner leurs rôles, les choses se passent tout de suite mieux. C’est donc un sacré grand écart que fait Nikita entre sa première et sa deuxième saison. Les scénaristes commencent à nettement plus se lâcher sur l’humour qui manquait cruellement l’année dernière, sans doute car ils peuvent enfin exploiter le personnage de Birkhoff, geek hackeur qui devrait faire rire les spécialistes et qui fera de toutes façons rire les spectateur par son ton désinvolte, son fétichisme nutritionnel et ses remarques acerbes. Maggie Q aka Vieillepô retrouve sa jeunesse et en fait un peu moins sur le côté séductrice (malgré l’affiche ci-dessus) tandis que la petite Lyndsy Fonseca (quel nom improbable) commence à s’amuser à incarner Alex lorsque celle-ci se retrouve seule et part dans une quête vengeresse très personnelle. Le feuilletonnant est nettement mieux mené, et très clairement beaucoup plus pensé en amont, amenant à une conclusion qui m’a pour le coup particulièrement surprise (la mort d’un personnage dont je pensais que les auteurs ne pourraient jamais le tuer.) La réalisation s’avère enfin à la hauteur lors de certaines scènes d’action mais reste toujours aussi plate lors des parades amoureuses dont on se moque totalement (ah, l’histoire d’Alex avec XXX totalement ridicule !)

Final Score : 3.5/5 normalement ; 4/5 pour une série d’action

Nikita fait parfaitement ce qu’on lui demande, à savoir mettre en scène des séquences d’action virevoltante et nous faire plonger dans un scénario outrancièrement paranoïaque aux rebondissements parfois improbables mais toujours amusants. Avec la touche d’humour qui lui manquait l’année dernière, la série trouve véritablement son ton et s’affirme comme un divertissement de qualité. Mais soyons clair : un simple divertissement, au même titre qu’un bon burger dans un vrai restaurant.

Les scénaristes de Supernatural étaient pas dans la merde en promulguant un de leurs personnages… dieu ! Coup d’éclat du season finale de l’année dernière, cette nouvelle fracassante les met bien dans l’embarras pour le démarrage de cette septième saison qui s’est très vite avérée la moins bonne de la série (quoi que, il faudrait comparer avec les deux premières qu’on a finalement bien vite oublié). Il faut dire que la précédente saison était pour le moins imparable : les épisodes mythiques se sont écoulés les uns après les autres, les auteurs faisant preuve d’une imagination absolument débordante. Tentant de se recentrer sur une intrigue principale plus forte, cette septième saison oublie parfois ce qui fait le charme particulier de la série, à savoir le côté fun et ouvertement décalé d’un projet autrement purement fantastique. La mise au placard de Misha Collins pendant plusieurs (beaucoup trop) d’épisodes est ainsi une vraie débâcle tant son personnage – et l’acteur, absolument fabuleux – avait marqué le programme de son empreinte. Du coup, on s’ennuie un peu avec cette histoire de Leviathan, énième nouvelle race surnaturelle décidée à envahir le monde, même si leur projet, qui passe par abrutir les gens en utilisant leur faiblesse pour la junk food, reste une idée amusante. Quand aux problèmes de Sam avec Lucifer, bien décidé à lui pourrir ses journées en lui chantant constamment des trucs dans la tête, et à ceux de Bobby dont on ne parlera pas ici, ils ne sont pas assez exploités pour être vraiment convaincants. Le season finale viendra nous achever avec son classicisme extrême et une chute… qui tombe à l’eau.

Final Score : 3/5

On est sans doute un peu dur avec Supernatural qui perd deux points par rapport à l’année dernière, mais c’est parce qu’on aime profondément cette série qui s’est toujours avérée être un vrai laboratoire d’expérimentations scénaristiques. Alors forcément, quand on nous balance une saison mollassonne et si peu inventive, on est très déçu. Et on espère que tout le monde va se réveiller l’année prochaine et que la série ne va pas tomber dans un âge sombre peu reluisant…

Véritable catastrophe lors de la diffusion de son pilote, on n’attendait plus grand chose de Grimm, la série du sympathique David Greenwalt, autrement connu pour avoir bossé sur Buffy et Profit. La faute revenait aux effets spéciaux décevants, aux acteurs profondément anti-charismatiques, et à un concept mort-né, une fausse bonne idée comme on en fait plus. A savoir un détective qui découvre qu’il est un descendant des frères Grimm et qu’il peut voir les créatures surnaturelles qui vivent autour de nous – autant vous dire que dés qu’il voit la bouille d’un bonhomme se transformer, on sait qui est le coupable. Le souci, c’est que la série se présente avant tout comme un cop-show : quand on sait qui est le coupable, il faut tenir une enquête des plus magistrales pour faire rester le spectateur (à l’image d’un Colombo) et certainement pas dévoiler au héros qui est son ennemi !

Mais tout ceci n’était qu’une erreur de jeunesse. La série cherchait à installer un univers complexe et plutôt inventif et elle avait trouvé ce cadre de cop show comme solution – ce qui était, une fois de plus, une mauvaise idée. Mais dés lors qu’elle se met à jouer de cet univers, qu’elle commence à mettre en place des intrigues sur plusieurs niveaux, qu’elle plonge ses personnages dans des problèmes autrement plus complexes que simplement découvrir qui est le coupable, elle trouve une certaine qualité. Le season finale s’avérant des plus convaincants, on attend que la série prolonge son identité et s’engouffre vers des chemins originaux l’année prochaine.

Final Score : 3/5

Il n’y a qu’une seule bonne raison de regarder Grimm : espérer que la série continue son avancée qualitative l’année prochaine et devienne dans un avenir proche un véritable immanquable. Pour l’instant, il y a de l’idée, du potentiel, mais malheureusement aussi trop de problèmes (du moins dans la première partie de la saison) pour la confirmer comme série convaincante. Croisons les doigts pour la suite !

Après de grandes et belles vacances passées en partie à mater les affiches publicitaires pour les nouvelles séries dans les rues de San Francisco et de Los Angeles (oui, je me la raconte, mais que voulez vous, c’était trop bien !) il fallait bien rentrer un jour. Ca tombe bien, cette semaine, la CW a eut la bonne idée de faire pareil. Du coup, elle nous balance son line up pour l’année en espérant que rien ne se casse trop la gueule…

La CW est le plus petit des cinq “gros” networks, et elle mise en priorité sur un public plutôt jeune – leur coeur de cible c’est le 18-35 ans, à forte tendance féminine, et autant dire que les dirigeants de la chaine visent plutôt bien. Ne vous étonnez donc pas de ne pas retrouver dans ce line-up un pseudo Mad Men comme il va en pulluler tout au long de l’année chez la concurrence…

Le lundi, mais pas avant le 26 septembre (allez savoir pourquoi !), on retrouvera Gossip Girl à 20h00, puis Hart of Dixie, de la même équipe, à 21h00. Une soirée qui se veut glamour, pleine d’histoire d’amour et de beaux sentiments qui a intérêt à nous réserver quelques surprises croustillantes (qui a parlé de partie à trois ?) pour arriver à titiller notre attention…

Le mardi, on retrouve nos petits jeunes de 90210 à 20h00, qui vont devoir sérieusement se secouer les fesses s’ils ne veulent pas nous endormir profondément comme ils l’ont fait l’année dernière. A 21h00, c’est LE retour de l’année, avec Sarah Michelle Gellar dans un double rôle pour Ringer. La critique américaine était mitigée, la critique française beaucoup plus assassine, on vous donnera notre avis sur le pilote la semaine prochaine. La seule chose qui est sûre, c’est que question audience était plus qu’à la hauteur avec un score de +72% par rapport à l’année dernière (pour le début de la saison 2 de Life Unexpected sur la même tranche horaire.)

Le mercredi, on laisse tomber les séries pour cracher sur les stars dans H8R, animé par le bonhomme en plastique qu’est Mario Lopez, mais oui, le Slater de Sauvé par le gong qui n’a pas changé d’un pouce et dont le sourire super bright éblouirait le plus aveugle d’entre nous. A 21h00, c’est le retour de America’s Next Top Model. Nuff said.

Le jeudi, double ration de Kevin Williamson avec la suite des Vampire Diaries dont on pense toujours beaucoup de bien, malgré tous ceux qui disent s’être lassés pendant la deuxième saison (mais qu’est-ce qu’il vous faut ?!), et l’arrivée du nouveau Secret Circle, lui aussi adapté de romans de L.J. Smith qui datent quelque peu (1992)… Le showrunner saura-t-il réitérer son succès ? Les audiences d’hier soir semblent aller dans cette voie…

Enfin, le vendredi (à partir du 23 septembre) on se partagera entre le pire, avec Nikita à 20h00, vrai plaisir malsain pour les fêlés de la tête, et le retour de Supernatural à 21h00, juste la meilleure série de la saison dernière.

Tout ça nous fait donc un joli petit lineup, qui a le mérite de reposer sur une vraie réflexion de programmation. Franchement, on voit mal comment une série pourrait vraiment se casser la gueule au milieu de tout ça, mais il faudra bien que quelqu’un laisse sa place à One Tree Hill en janvier. Et oui, l’increvable show de Caroline du Nord revient pour une ultime saison. Ultime ? Mais bien sûr.

Jeudi12, vendredi 13 et dimanche 15 mai, une première fournée de séries nous offrait leur season finale (ou tout simplement leur dernier épisode pour celles qui n’ont pas été renouvelées.) L’occasion de faire le point sur les shows que nous avons regardé pour mieux vous conseiller…

Une petite explication s’impose au niveau des notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

C’était l’un des show les plus controversés dés sa sortie, provocant des réactions épidermiques de la part des internautes dont certains appelaient au boycott avant même la diffusion du pilote – sous le prétexte, plutôt fallacieux, que la sitcom donne une mauvais image des indiens. Le season finale ayant été diffusé le jeudi 12 mai, on peut enfin donner un avis concret sur ce programme plutôt atypique, auquel NBC ne concédera finalement pas de seconde saison…

Outsourced, c’est donc l’histoire de Todd Dempsy, un jeune américain venu du Kansas, qui se retrouve muté en inde pour s’occuper d’un call center à Mumbai. La sitcom va principalement jouer la carte des différences de culture, ne s’épargnant aucun cliché aussi bien sur les indiens (dont la bouffe peut tuer n’importe quel blanc-bec) que les américains (représentés ici par un imposant gaillard qui se contrefout de la culture indienne et dont la principale passion est la chasse.) Ce n’est clairement pas le point fort de la série – on se lasse très vite de ces préjugés gonflés à bloc pour tenter de nous faire rire. La réussite du show se situe plutôt dans le casting qui propose, de loin, le plus grand nombre de tarés jamais vu – de Gupta, gros attention-whore qui ne cesse jamais de parler, à Rajiv, le patron indien à la moustache limite hitlérienne, en passant par l’ultra-timide Madhuri que pratiquement personne ne remarque. Un casting extrêmement sympathique, auquel on adhère immédiatement et dont on a vraiment envie de suivre les mésaventures.

Mais là où Outsourced se plante complètement, c’est en voulant intégrer un feuilletonnant romantique dont on se contrefiche royalement – et qui n’est en fait qu’une scorie, un reste, du film du même nom sur lequel est basée la série. Du coup, il faut bien l’avouer, quelques épisodes sont franchement à la ramasse, mélange d’ennui implacable mêlé à quelques blagues qui n’arrivent pas à faire mouche.

FINAL SCORE : 3/5 ; série annulée à la fin de sa première saison.

Outsourced ou la sitcom au casting implacable, mais plombée par un feuilletonnant sentimental à la limite de faire gerber les plus romantiques d’entre nous. La série n’a pas réussi à choisir entre le délire complet et le réalisme et du coup se limite dans tous les sens. Dommage.

LA bonne surprise de l’année dernière, the Vampire Diaries se devait d’offrir une deuxième saison digne de ce nom si elle ne voulait pas rapidement devenir la petite soeur pour ado pré-pubère de True Blood. Pour le coup, j’ai toujours trouvé que la série de la CW avait au moins un gros avantage sur sa concurrente de HBO, c’est qu’on aime ses héros, tous ses héros, et quasiment tous les personnages (oui, oui, même Damon, le soit-disant “gentil” frère.)  A contrario, si vous me trouvez une personne qui supporte Sookie et/ou Bill, faites moi signe : pour ma part, ils m’ont tellement gâché la première saison que je ne suis pas encore allé plus loin.

L’autre point fort de la série de Julie Plec et Kevin Williamson (qui, rappelons le, fut aussi le créateur de Dawson’s Creek et le scénariste de tous les Scream, à l’exception du troisième qu’il se contentera de produire…) c’est de ne jamais se reposer sur son concept de base. Ainsi, ne vous attendez pas à retrouver les personnages toujours dans la même situation psychologique ou dans le même rôle scénaristique (les méchants ne le restent jamais très longtemps, les gentils encore moins, mais c’est pour mieux nous surprendre avec une autre révélation !) Le nombre de décès par saison se compte aisément sur les doigts des deux mains (et limite aussi ceux de vos pieds) et les scénaristes n’hésitent pas à utiliser ce qui pourrait être un bon cliffhanger de fin de saison en plein milieu de cette même saison.

Pour sa deuxième année, il faut bien avouer qu’après un démarrage haut en couleur les auteurs se sont un peu essoufflés par la suite. Mais il me semble que ce n’était que pour reprendre des forces et nous offrir une tripotée de scénarios irréprochables menant à la fatidique conclusion… qui a lieu dans l’avant-dernier épisode ! Et pour le coup, le season finale se veut beaucoup moins convaincant. Du moins dans ses vingt premières minutes, avant de nous asséner les séquences finales qui promettent de faire repartir la série sur des bases neuves et encore plus surprenantes qu’avant.

Après ce déballage de points positifs, il faut tout de même avouer que the Vampire Diaries n’est pas percutante partout : acteurs parfois en berne (trop jeunes pour jouer certains sentiments ?), réalisation pas vraiment foudroyante d’inventivité, quelques longueurs musicales avec des personnages qui regardent dans le vide (une vraie spécialité de la CW – qui vend à tour de bras des OST de ses différents shows), viennent quelque peu plomber l’ensemble. Mais se priver de cette série qui cherche toujours à surprendre (et y parvient la plupart du temps) serait comme se priver d’une bonne glace au chocolat en plein cagnard alors qu’on n’a pas mangé depuis plusieurs jours : une abérration.

FINAL SCORE : 4/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

The Vampire Diaries ne se distingue pas par son casting, par sa réalisation ou par ses choix musicaux discutables, mais bel et bien par son équipe de scénaristes qui tente toujours l’impossible pour surprendre le spectateur et l’emmener définitivement là où il ne s’attendait pas. Pas un indispensable, mais sans conteste l’une des séries les plus fun du moment.

Attendue comme la plus grosse plantade de l’année avant sa diffusion, Nikita, remake de la série du même nom, elle-même inspirée par le film de Luc Besson, aura su convaincre le public de la CW et s’offre un retour en deuxième saison grâce à des audiences plus que confortables. Alors, faut-il vraiment s’intéresser un peu plus à cette série d’espionnage qui nous promet que “Looks do kill” ?

Il faut bien l’avouer, il y a un peu mensonge sur la marchandise avec cette tagline. Car on se serait très franchement passé des poses pseudos langoureuses de Maggie Q qui aura bien du mal à nous faire croire qu’elle a l’âge de son personnage (et pas une bonne dizaine d’années de plus.) Épaisse comme une feuille de papier Canson, la pauvre actrice a bien du mal à effectuer ses scènes de baston au cours desquelles on ne cesse de se demander combien de fois son partenaire lui a péter les genoux, les phalanges et l’ensemble des os de son corps (qui ne semble pas bien solide…) Et quand on lui met dans les mains n’importe quel flingue, autant vous dire que ce n’est pas mieux : la pauvre a bien du mal à porter une arme alors imaginez, faire semblant de viser avec…

Vous l’aurez compris, le principal problème de Nikita, c’est bien l’actrice qui incarne le personnage éponyme et qui à elle seule justifie amplement le fait de ne pas regarder la série. Ce qui est vraiment dommage tant le reste du casting se débat pour arriver à convaincre – et ce n’est pas simple quand on demande à la plupart de jouer des personnages qui ressentent des émotions fortes mais ne les laisse pas voir. J’aimerai vous y voir…

Nikita, c’est donc l’histoire d’une ancienne agent d’une division secrète du gouvernement américain, forte heureusement appelée Division, qui oeuvre en réalité pour son propre compte. Nikita est bien décidée à les faire couler et elle dispose pour cela d’une arme maîtresse en la personne d’Alex, nouvelle recrue de Division, agent double pour son compte. Voilà pour le pitch de départ, qui ne tient que pour les cinq/six premiers épisodes avant que les scénaristes ne se décident à compliquer le tout avec de nouvelles informations. Et plus la série va évoluer, plus les coups d’éclats, les révélations et les retournements de situations vont se cumuler pour atteindre un délire paroxysmique dans le season finale qui ne s’épargne absolument rien… pour notre plus grand plaisir pervers !

Final Score : 0/5 pour ceux qui partent dans le délire ; 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une deuxième saison.

Réalisation catastrophique dans les scènes de baston, pas folichonne dans les gunfight, et plutôt pauvre le reste du temps + über fail du casting du personnage principal + scénario aberrant mais absolument jouissif dans son délire = une série qui vous demandera beaucoup de second degrés mais qui vous le rendra bien.

Attendue au tournant par toute la communauté (arf arf) de fans pour sa saison deux, Community a faillit perdre toute crédibilité à cause de premiers épisodes cherchant à réinstaurer un feuilletonnant plus que dispensable et un schéma d’utilisation des personnages de plus en plus visibles et donc moins surprenants…

Heureusement, les auteurs n’auront pas mis trop longtemps à se réveiller et à se rappeler que, déjà l’année dernière, c’est quand ils ont commencé à partir dans des délires surréalistes que la série a commencé à se faire un nom. Du coup, exit les scénarios montrant à quel point Jeff aime aider les autres malgré ce qu’il raconte, et retour dans le bon vieux non-sens, l’auto-dérision à outrance, et l’humour de référence au kilo.

La force de Community, c’est toujours à la fois son casting (il n’y a pas un personnage, même secondaire, que j’arrive à ne pas aimer !) et le fait de proposer, plusieurs fois dans la saison, des épisodes tellement inoubliables qu’on ne se souvient plus que d’eux. Qui a dit le trampoline, l’attaque de zombie ou encore le final en deux parties qui se paie le luxe d’être largement à la hauteur du premier épisode “paintball” ?

Final Score : 4/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

Seulement 4 parce que faut pas déconner, cette année y a quand même eu une tripotée d’épisodes inutiles et pas drôles. Mais bon, ça reste un immanquable et une vraie perle d’humour.

Avec Robin Green et Mitchell Burgess aux manettes, deux des cerveaux derrière les Sopranos, on ne pouvait qu’attendre beaucoup de Blue Bloods, cop show peu ordinaire qui s’intéresse à une famille de flic à New York au même titre que les Sopranos s’intéressait à une famille de mafieux. Autant dire que la déception fut grande.

Blue Bloods suit donc les aventures de la famille Reagan, dans laquelle on est flic de père en fils. On a donc l’arrière grand-père à la retraite, le grand-père Magnum (interprété par Tom Selleck) qui est commissaire, un aîné récemment décédé (oui, donc lui on ne suit pas beaucoup ses aventures, j’en conviens), un deuxième qui est une sorte de super flic (Donnie Wahlberg), une fille devenue assistante du procureur et enfin le petit dernier qui a fait des études de droit à Harvard mais qui s’est subitement décidé à suivre la tradition familiale – c’est donc un rookie, un bleu parmi les flics. Ajouter à cela une tripotée de petits enfants, enrober le tout de dîner familial du dimanche, de grandes discussions sur le sens de la justice, saupoudrer d’un zest de religion protestante et d’une bonne dose d’esprit républicain et vous obtenez cette charmante famille, confrontée au fil des épisodes à des enquêtes policières sacrément coriaces…

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’un sacré effort a été fait de la part de CBS concernant le casting, nettement irréprochable, et la réalisation de haute volée qui magnifie New York à coup d’ambiances crépusculaires qui font rêver. Malheureusement, côté scénario, c’est un peu la débandade. Le problème est tout simple : dés le pilote, les auteurs mettent en place une intrigue feuilletonnante concernant les Blue Templars, sorte de police des polices devenue un repaire à ripoux, qui pourrait être responsable de la mort du fils aîné. Une intrigue qui se devait de faire trembler toute la famille Reagan sur ses fondations, nous montrer l’envers du décors de ce petit groupe qui vit en autarcie. Grosse déception : l’enquête n’avance pas de toute la saison et les Reagan restent éternellement des anges protecteurs de New York à qui on ne peut décidément rien reprocher. Quant aux Blue Templars, ils sont balayés d’un revers de la main dans le season finale, proprement ridicule et qui achève dans le sang la crédibilité de la série.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Pour un cop show, c’est un très bon (et surtout très beau) cop show. Par rapport à ce que l’on était en droit d’attendre de la part de deux des cerveaux des Sopranos, c’est une honte. La plus grande déception de cette année ne mérite pas – pour l’instant – que vous vous attardiez dessus.

Deuxième saison pour The Cleveland Show, dessin animé amorçant les dimanches soirs de la Fox. Seth MacFarlane est aux commandes et on pouvait craindre qu’il ne copie à l’envie ses propres bonnes idées de American Dad ou Family Guy (dont Cleveland Show est un spin-off.) Craintes totalement avérées… mais est-ce vraiment un problème ?

Certes, on ne peut pas dire que The Cleveland Show fasse dans la grande originalité. Son casting rappelle celui de Family Guy, déjà copié/collé dans American Dad et la comédie repose toujours principalement sur de l’humour de référence et des blagues plutôt grasses. La seule nouveauté du show, c’est de jouer à plein pot la carte de la sitcom – jusqu’à faire apparaître les personnages dans une sorte de faux documentaire sur le tournage de la série.

Cette deuxième saison n’a pas fait de grande prouesse, à l’exception notable du season finale se déroulant en plein Comic Con de San Diego et qui se paie le luxe d’avoir en guest Emily Deschannel, Eliza Dushku, Mark Hamill, Robert Rodriguez et même Kathee Sackhoff. Une explosion de joie pour tous les geeks qui se respectent. A part ça, rien de particulièrement extraordinaire, mais rien à jeter non plus. Du coup, les fans de Seth MacFarlane s’y retrouveront, les autres pourront passer leur chemin.

Final Score : 3/5 ; série renouvelée pour une troisième saison.

Que dire de The Cleveland Show ? Si vous aimez déjà Family Guy et/ou American Dad vous y retrouverez tous les ingrédients qui vous font rire. Sinon, l’humour vous passera totalement à côté. Pour moi, c’est juste un sympathique petit show amusant du dimanche soir.

Hypsters Précurseurs.

Parfois, la vie nous joue de sacrés tours. Qui aurait pu croire, en effet, qu’une oeuvre de Luc Besson transcende le temps et l’espace en étant toujours culte… aux Etats Unis ? Nikita, puisque c’est de ce film qu’il s’agit, jouit d’une sorte de curieuse aura qui lui vaut encore les louanges de certains programmateurs de télévision. Preuve en est la série “La Femme Nikita” qui fit les beaux jours de USA entre 1997 et 2001, et qui était la série du câble la plus cotée et la plus regardée lors de sa deuxième saison – un comble quand on sait qu’elle est passée quasiment inaperçue chez nous ! Bon, il faut bien avouer que Roy Dupuis et Peta Wilson, les deux acteurs principaux, étaient aussi expressifs que des truites qui viennent d’être vidée par un jeune poissonnier de chez Lidl… Mais Nikita n’a pas dit son dernier mot et fait son comeback outre atlantique via une nouvelle série diffusée sur la CW, sur laquelle les spectateurs lui ont fait un très bel accueil. La plus secrète des agents secrets / assassins saura-t-elle enfin convaincre son pays d’origine ? Rien n’est moins sûr…

Le nouveau logo. Si, si, je vous assure.

La nouvelle série s’attarde au départ sur les aventures de Vieillepô, un ex-agent d’une division des services secrets tellement secrète qu’elle n’existe pas et qui porte le nom très originale de <ahem> Division. Ayant découvert qu’elle bossait pour le compte de vrais petits salopards qui prétendent seulement défendre l’Oncle Sam mais défendent en réalité leurs terribles intérêts mercantiles en assassinant à tour de bras, Vieillepô, dont on aura définitivement du mal à croire qu’elle a une vingtaine d’année (hey, Maggie Q, tu n’as peut-être que trente-deux ans mais tu fais bien plus ! ), décide de contrecarrer leur plan en niquant adroitement toutes les missions sur lesquelles Division envoie de pauvres agents qui n’avaient rien demandé.

Alex, dans un épisode plutôt calme.

Le twist de cette nouvelle version, c’est que cette fois, Vieillepô n’aura pas à agir seule. Elle trouve une jeune alliée en la personne d’Alex, une vraie fausse nouvelle recrue de Division qui travaille pour son compte au sein de Division (vous suivez ?) Mais attention, hein, au début de la série, elle n’est qu’une pauvre “élève” attendant de se retrouver sur le terrain, de devenir un vrai agent. Du coup, elle apprend à torturer, à tuer, et à prendre de la drogue, des activités somme toutes très classique pour une jeune fille de vingt ans. Comme en plus, il règne une bonne ambiance d’enculeur de mouche – au moins la moitié des élèves de Division sont prêts à s’entretuer pour devenir le chouchou du prof, autant vous dire qu’Alex s’éclate grave. Du coup, on finit par se demander pourquoi diable elle vient donner un tel coup de main à Nikita.

Les méchants - moins hypsters, plus froids que jamais.

Et là, les choses s’embrouillent encore plus. Car Alex, figurez vous, est une ancienne junkie (et hop, on raccorde au film de Besson) mais pas que. Accrochez vous car on a jamais vu ça dans une série : l’héroïne de la série est en réalité une gosse de riche russe, fille d’un puissant magnat qui contrôle du pétrole, des chaînes de télé, et plein d’autres trucs qui sont plus ou moins liés à la mafia (mais bon, comme on le découvre dans le show, en Russie impossible de faire des affaires sans passer par la mafia locale). Vous êtes prêts pour la suite ? Alors Alex a assisté au meurtre de son papa, s’est échappée de l’immeuble en feu après avoir récupéré la montre de papa sur son cadavre calciné – genre vers dix ans. Ensuite elle a été protégée par un mec chelou qui travaillait pour son père – oui, la série fait clairement référence au mythe d’Anastasia qu’on a tous découvert avec le super dessin animé tout moche de 1997. Mais comme le mec ne pouvait pas éternellement s’occuper d’elle, il l’a vendu à un trafiquant d’esclaves sexuels. Rien que ça. Grosso merdo, à dix-huit ans, Alex est une sans-papier junkie prostituée orpheline. Moi je dis, un perso comme ça, ça donne forcément envie de voir la série.

Maggie ne sait pas jouer...

Bon ok, Maggie Q n’est pas la seule erreur de casting. Ou peut-être qu’il n’y a pas d’erreur de casting, mais une volonté générale de se prendre tellement au sérieux que la série frôle souvent le ridicule. Des personnages plus glaciales qu’un mister freeze qui serait encore dans le congélateur, une réalisation plus froide qu’un bâtonnet Croustibat, et des histoires où les seuls sentiments sont la haine / la vengeance / le dur apprentissage que la vie c’est de la merde et que ça ne fait qu’empirer. Entre deux tentatives délicates de faire faire un peu de sport à Maggie Q, Nikita reste la série la plus déprimante et la plus dérangeante du moment. Un truc à part, qui ne saura convaincre quasiment personne mais contentera ses fans. Tant mieux, ils sont nombreux aux Etats Unis.

Et en France, je pense que l’oeuvre de Besson va encore prendre un bide.

Après les regrettables “nouveautés” de la rentrée sur les gros networks (c’est ici que j’ai longtemps pleuré) les bonnes nouvelles arrivent enfin concernant des séries qui ont déjà fait un petit bout de chemin. Donc, ouf ! , je suis enfin rassuré concernant l’avenir de Vampire Diaries et de Nikita (oui, je sais, je suis le seul français à m’inquiéter de l’avenir de Nikita mais que voulez-vous, on ne se refait pas) : les audiences pour les reprises de ces deux séries sont très réjouissantes avec des “best performances” sur les adultes de 18 à 34 ans – soit le coeur de cible de la CW. Moins réjouissant (quoi que, on pourrait bien se marrer) l’annonce d’une énième version moderne d’un ancien show : Charlie’s Angels (Drôles de dames) pourrait bien débarquer sur ABC à la rentrée prochaine. Et mon sang ne fait qu’un tour, et j’ai envie de tuer du romain quand j’apprend que Spartacus : Gods of the Arena fait un très bon démarrage avec 2.8 millions de spectateurs ! Kill them all, comme dirait l’autre ! Enfin, la nouvelle la plus rassurante de la semaine c’est que Fringe a bel et bien fait son trou dans la soirée maudite du vendredi soir en devenant le show le plus regardé ce jour là pour deux vendredi consécutifs. On respire, cela pourrait vouloir dire que la Fox ne va pas tuer la série à la fin de l’année. Et d’ailleurs, Fringe, c’est le conseil du jour.

Show créé, en partie, par le célèbre J.J. Abrams, plus connu pour ses dérives scénaristiques de Lost que pour sa science du cliffhanger foireux sur Alias, Fringe est sans doute sa meilleure série jusqu’ici. Au premier abord, il s’agit d’une sorte de revamping de X-Files, moins les extra-terrestres. Une héroïne qui, dixit les amis de Binnie, a moins de poitrine que Scully ; un héros moins salace et moins tripé que Mulder ; et le trio des Lone Gunmen raccourci à un personnage de savant fou : il n’en faut pas moins pour crier au scandale tous les fans de la série de Chris Carter qui a fait les beaux jours de M6. Cependant, ce serait vraiment une insulte faite à l’intelligence de tous les scénaristes qui se sont débattus sur Fringe que de réduire ce sympathique show à cet état de fait.

En effet, Fringe, c’est aussi une vache et c’est ça qui fait toute la différence. Comprendre par là qu’il y a une certaine dose d’humour, de second degré et d’auto-dérision dans la création de J.J. dont X-Files était tout de même relativement dépourvue (du moins pendant les premières saisons.) Quel plaisir de voir le scientifique du groupe se réjouir de devoir synthétiser du LSD pour mener à bien une expérience encore plus farfelue que les vaisseaux en forme pyramidale de Stargate ! Quelle joie de voir Peter Bishop, dés le pilote, prévenir un suspect qu’il va compter jusqu’à un avant de lui détruire les doigts de la main ! Et comment ne pas rire à l’humour décalé et cynique d’Olivia Dunham… heu, non, là je m’embourbe complètement.

Fringe marque aussi par son esthétisme léché, comme la manière dont sont affichés les noms des endroits où l’action se déroule (ils sont “incrustés” en 3D dans le paysage), ou encore les différents petits inserts mystérieux – comme ceux que vous pouvez voir sur l’affiche ci-dessus – qui viennent nous surprendre avant la pub. Il y aurait même un code Fringe dont je vous dévoile tous les secrets avec l’image ci-dessous.

Vous l’aurez compris (ou non), Fringe soigne ses spectateurs et s’adonne à beaucoup de fan service. Est-ce pour autant une mauvaise série ? Loin de là. Car si à trop vouloir en faire elle se perd parfois dans des conjectures assez étranges, Fringe a au moins le mérite de constamment surprendre, de prendre le spectateur à son propre piège en choisissant d’éluder certains mystères du départ (qui se souvient du fameux Pattern ?) pour nous emmener toujours plus loin dans le délire fantastique et le secret caché dans un mystère caché dans une question cachée dans une machine à écrire. Bref, amis intellectuels qui ne supportent que les séries hautement prise de melon de HBO, passez votre chemin : Fringe ne révolutionne pas la télé, ne changera pas votre manière de pensée et ne vous fera pas vous creusez les méninges outre mesure. A moins que vous décidiez de jouer le jeu, de plonger avec un certain délice dans des mystères à outrance et considérer que parfois une bonne série, c’est juste une série fun. Et Fringe est bel et bien la série la plus fun du moment.

Votre futur boss ?

Dans l’enfer de la télévision américaine, il est dur de se faire un nom. Si on retient encore aujourd’hui les JJ Abrams ou autre Jerry Bruckheimer, qui se souvient encore de Tim Kring (le showrunner de Heroes) ou de Silvio Horta (celui de Ulgy betty) ? Mais depuis quelques années, un petit nouveau met progressivement en place son propre petit empire, surtout en tant que executive producer et se gardant bien de se mettre en avant en tant que showrunner. Alors qu’il était surtout connu pour sa version moderne au cinéma des Chalie’s Angels (Drôles de Dames), c’est bien à la télé qu’il est en train de cartonner. Son nom ? Joseph McGinty Nichol, alias McG.

Après Fastlane (2002), une première tentative vouée à l’échec mais qui mettait déjà à jour l’une des grandes passions du bonhomme, c’est à dire les belles voitures, McG réalise un véritable carton avec The O.C. (Newport Beach), de 2003 à 2007, série adolescente à laquelle il apportera une petite touche geek bien avant que ça devienne une véritable mode. Dans la même série, il n’hésite pas non plus à valider des scripts qui font preuve de beaucoup d’auto-dérision et il s’amuse des multiples codes des séries pour ados.

Une autre bourde un peu plus tard, The Mountain en 2004, qui ne survivra que quelques épisodes avant de se perdre (et pour cause) dans les limbes de l’oubli, McG mise, en 2005, sur une nouvelle série fantastique… Supernatural. Il va y apporter sa passion des voitures (mais cette fois plutôt les vieilles voitures que les nouvelles cylindrées) et appuiera constamment la bande son très vieux rock’n roll alors que la série est diffusée sur une chaîne pour les ados, qui diffuse de la musique pour ado. McG va aussi laisser libre court à toutes les idées du créateur, Eric Kripke, dés lors que la WB (devenue depuis la CW) est satisfaite des résultats d’audience à la première saison. En fin de compte, le voici prod exe de l’une des meilleures séries depuis cinq ans…

Tout en se lançant dans de la télé-réalité (The Search for the next Pussicat Doll, par exemple, c’est lui), il continue dans les séries en s’occupant dés 2007 de Chuck, la série qui va véritablement prouver que les geek ont la côte avec les spectateurs. Sorte de Alias en beaucoup plus comique et se prenant carrément moins au sérieux, ce petit show auquel personne ne croyait est encore diffusé à l’heure actuelle…

En 2010, McG rajoute deux nouvelles séries à son écurie, en l’occurrence Human Target, grosse série d’action mâtinée de comédie, adapté d’un comics de chez DC, et Nikita, la reprise de la série des années 90, elle-même reprise du film de Luc Besson. Deux licences fortes qui sont déjà reconduites pour toute la saison (et seront sûrement pour l’année prochaine.)

Avec quatre séries à l’écran, c’est sûr McG n’est pas encore le boss d’un empire aussi énorme que celui de Bruckheimer. Il s’oriente clairement vers des séries aux univers plus marqués, sans doute plus geek et donc touche un public plus restreint que celui des CSI et autres Cold Case… Mais en grattant petit à petit, il pourrait bien, dans les prochaines années, devenir l’une des principales valeurs sur laquelle compter dans le petit monde de l’audiovisuel américain…

Avec Coloc, on s’est moqué pendant tout l’été du fait qu’on nous sortait du gros réchauffé pour la rentrée avec Hawaii Five-O : quoi, ils vont refaire la vieille série des samedis après-midi interminables sur TF1 ? On a encore tous en tête la petite musique du générique et les affreuses coupes de cheveux de ces héros qu’on n’a jamais vraiment aimés. Et puis on s’est demandé ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, les projets vraiment originaux et emballant n’étant pas  légion en cette rentrée 2010/2011. Ils fut un temps où au moins une quinzaine de pilotes nous faisaient rêver et nous prenaient vraiment par surpris. Serait-ce la crise des idées ?

J'espère que cette image va me ramener quelques lecteurs...

A l’instar donc de Hawaii Five-O, les projets de remakes modernes des séries ayant cartonnées dans les années 90 (voir avant…) pullulent depuis quelques temps, avec plus ou moins de succès. La faute, sans doute, au remake de Battlestar Galactica, qui a tout écrasé sur son passage pour devenir, à mon avis, la meilleure série de SF jamais créée. Les scénaristes ont su très intelligemment actualiser le récit et s’affranchir de tout ce qui aurait pu ringardiser le projet, tout en reprenant les plus importants codes graphiques des anciennes séries (par exemple le look des cylons, ou la technologie toute relative du vaisseau principal…) Mais cette intelligence ne touchera pas tout le monde, et certainement pas les auteurs du “nouveau” Melrose Place, sans doute la plus grosse catastrophe de l’année dernière. A trop vouloir faire plaisir aux anciens spectateurs en accumulant les guest de l’ancienne série, les scénaristes ont perdu le nouveau public qui n’en a strictement rien à faire (et pour qui Heather Locklear est juste une hasbeen en plastique.) 90210, peudo remake du Beverly Hills de mon adolescence, s’en sort mieux mais fait quasiment totalement abstraction de l’ancienne série pour devenir un show pour ado somme toute assez classique. Mais cette année, c’est bien Nikita, remake de la série La femme Nikita, elle-même adaptée du film du gros Luc, qui prend tout le monde par surprise. Remarquablement intelligent, le pilote nous sert un twist final (qui deviendra aussitôt le vrai pitch de la série) franchement inattendu et ne garde de ses grandes soeurs que les personnages à la psychologie complexe et l’ambiance assez morbide. Le tout en misant à fond sur le fun que ne devrait jamais oublier les séries d’espionnage. Enfin, Hawaii Five-O, dont on parlait tout à l’heure, mise sur un duo franchement drôle et attachant pour s’élever au-dessus du marasme des innombrables séries policières et mérite largement son succès. Comme quoi, remake ne veut pas forcément dire série poubelle…

La seule série qui peut se passer d'un casting fort... ou pas.

L’autre grosse solution trouvée pour palier au manque d’idées fraîches, c’est de transformer sa série en licence. C’est-à-dire de multiplier les spin-off (séries dérivées) tout en gardant la même formule. Le champion en la matière, c’est Dick Wolfe avec son Law and order, dérivé en Special Victim Unit, Criminal Intent, Trial by Jury, UK (oui, oui!) et cette année Los Angeles. Des changements mineurs à chaque fois pour une recette qui repose sur la coopération (ou non) entre la police et le tribunal de justice… On ne peut pas non plus ignorer nos charmants CSI, CSI : Miami, et CSI : New York, tous sortis de l’écurie Bruckheimer et dont les variations se basent uniquement sur la ville dans laquelle l’action se déroule. NCIS, elle-même spin-off du JAG, s’offre NCIS : Los Angeles l’année dernière et s’assure un carton plein. Pour un peu plus tard dans l’année, on nous annonce Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de… Criminal Minds ! A croire qu’il ne reste plus beaucoup d’idées de cop-show pour remplir les cases…

Ca me donne envie de boire de la vodka-pomme, allez savoir pourquoi.

Cette année, une nouvelle idée a germé dans la tête des producteurs, une idée qui n’est pas sans rappeler un phénomène assez couru dans les comics : faire des prequel, c’est-à-dire des séries dérivées qui se déroulent avant la série mère. Première venue (du moins récemment), Caprica nous décrit la lente construction des cylons de Battlestar Galactica. Mais encore une fois, les créateurs prennent tout le monde de cours en créant ce qui peut être considéré comme la première série FAMILIALE de science-fiction ! Caprica s’avère donc loin d’être une simple resucée de la série mère et regorge d’idées proprement fabuleuses. De son côté, Spartacus, la bonne surprise de l’année dernière chez Starz, ne pouvant enchaîner sur une saison deux à cause de problèmes de santé de l’acteur principal, s’offre une prequel dont on ne sait pour l’instant quasiment rien. A surveiller, donc…

Tellement mignons qu'on a envie de tous les abattre.

Enfin, l’ultime solution que nos confrères outre-atlantique ont trouvé, c’est tout simplement de racheter des séries à l’étranger et de les adapter pour leur pays. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas mais Modern Family, la sitcom qui a décroché tout plein d’Emmy cette année, n’est ni plus ni moins qu’un remake de Fais pas ci, fais pas ça, une des rares très bonnes séries françaises. Bon, mis à part la thématique de la famille et la manière de filmer façon documentaire, il n’y a pas beaucoup de points communs, ne serait-ce que la qualité, Modern Family ayant fini par profondément me gaver avec sa double dose de bons sentiments. La récemment décapitée My Generation était un remake du pilote d’une série suédoise, Scoundrels - qui n’aura duré qu’une saison – était un remake d’une série néo-zélandaise, et que dire du futur Skins version MTV remake de la célèbre série anglaise… Le phénomène n’est pas tout récent : souvenez vous de Ugly Betty, remake d’une telenovela colombienne qui a disparu sans laisser de traces. A croire que les américains feraient mieux de se trouver leurs propres idées !

Nuff said

Au final, ce n’est pas tant la propension des américains à faire du neuf avec du vieux qui pourrait poser problème, mais bien la lassitude des spectateurs à se voir proposer toujours un peu la même chose. Qu’on se le dise, cette année s’avère difficile pour la plupart des chaînes avec des audiences franchement en berne par rapport à l’année dernière. Les succès sont rares, les annulations s’accumulent et beaucoup de série ont vu leur développement arrêté, c’est-à-dire que les chaînes n’ont pas commander de nouveaux épisodes en plus de ceux déjà produits. L’âge d’or des séries serait-il fini ? Laissons l’année passer pour en avoir le coeur net…