Tag Archive: Pilote


Avec Coloc, la soirée qu’on préfère, c’est celle où on s’enchaîne du Glee pour la musique, du Smallville parce qu’on est un peu des fanboys (même s’il dira sûrement le contraire), du Fringe parce que les savants fous nous font marrer, du CSI New York parce que ce sont les seuls experts qui valent le coup, et du Supernatural parce que c’est juste l’une des meilleures séries depuis six ans. Mais il nous manquait un petit quelque chose pour parfaire cette soirée, une bonne série familiale et un peu fantastique, qui comblerait en même temps notre besoin de super-héros, tout en n’oubliant jamais d’être drôle et de ne pas trop se prendre au sérieux. Alors oui, on l’a attendue cette fameuse…

Avant-dernier pilote à être présenté cette année (Law and Order : Los Angeles ayant démarré le lendemain) No Ordinary Family aura su se faire désirer, d’autant plus qu’ABC a mis le paquet niveau communication pour nous convaincre que c’était la meilleure nouvelle série de l’année. Le buzz s’est tranquillement installé sur le net et à travers plusieurs vidéos nous avons pu découvrir cette famille pas du tout ordinaire puisque, suite à un accident d’avion, les parents et les enfants se retrouvent avec des pouvoirs dignes des plus grands héros DC ou Marvel. Une famille, de l’humour, des pouvoirs, et surtout Michael Chiklis qui avait déjà enfilé le costume de La Chose, ça nous rappellerait pas un petit peu Les Quatre Fantastiques ? Je vous rassure tout de suite, la série tient plus du comics que des deux piètres films ayant ternis nos écrans de cinéma…

Plus effrayant que dans Sept à la Maison, c'est dire...

Ce qui est relativement amusant dans cette nouvelle série, c’est le casting de quelques personnages. En premier, il faut quand même avoir de grosses coucougnettes pour récupérer le Vick Mackey de The Shield et le transformer en papa poule un peu grassouillet, franchement benêt et incapable de faire du mal à une mouche. J’avoue que j’ai encore l’espoir de le voir prostituer sa femme et vendre sa fille à un marchand d’armes en cours de saison, mais je doute qu’ABC se lance là dedans… Au casting, on retrouve aussi Stephen Collins, le papa pasteur de Seven Heaven (Sept à la maison en france) en méchant très mystérieux. J’ai hâte qu’il interdisse aux enfants de Chiklis d’avoir des relations sexuelles avant le mariage. Enfin, on notera la présence du quatrième asiatique masculin (pour rappel, le premier est celui de Lost, le deuxième celui de Flashforward, le troisième celui de The Event.) Bon, c’est un peu l’asiatique de secours, celui qui a une tête qui fait peur et qui ne peut jouer que des méchants, mais ça fait toujours plaisir de le voir.

Je commence à me demande si ABC - après Lost - n'est pas décidée à couler l'aviation américaine.

Bon alors, au final que penser de ce pilote ? Et bien… c’est fun, amusant, ça coule tout seul et… c’est tout. On devine facilement à l’avance les différents pouvoirs des personnages (encore plus si vous avez vu quelques trailers), l’intrigue est plate comme un tapis de souris, et le début de feuilletonnant est amené avec toute la finesse d’un Bruckheimer qui vend un nouveau cop-show. Bref, rien de surprenant à l’horizon mais quand même un bon moment de passé : si vous avez quarante-deux minutes à perdre ou si vous revenez crevé de votre boulot et que vous voulez regarder un truc rigolo en buvant votre whisky à dix euros la bouteille (ouais, parce que ça vaut pas le coup de prendre du bon whisky, quand même) No Ordinary Family est fait pour vous.

La série s'écrasera-t-elle aussi fort que ses personnages?

Et comme je suis en petite forme, ce post n’aura décidément pas de conclusion.

Contre toute attente, et alors que, je l’avoue, je n’ai pas encore vu le pilote de Not Ordinary Family, je pense déjà pouvoir vous dire quel est la série qui me paraît la plus prometteuse à en juger par son pilote. Et surprise, il s’agit du dernier pilote que j’ai vu, celui de la série Blue Bloods.

C'est bon, on compris, ça sera bleu !

Pourtant, au départ, il n’y avait pas grand chose pour donner envie de regarder ce cop-show, comme il en pullule sur CBS. Mis à part le fait que les deux créateurs sont des anciens des Sopranos, les arguments contre-productifs arrivaient en masse : un casting mené par un Tom Selleck (oui, oui, Magnum!) vieillissant, une ville déjà sur-utilisée (New York), et un titre qui fait inévitablement penser au mythique NYPD Blues… Mais alors pourquoi diable suis-je en train de vous dire qu’il faut ABSOLUMENT voir ce pilote ?

Oldies but goodies

Et bien tout simplement car ce Blue Bloods ne ressemble à aucun autre cop-show. Et ce, grâce à son concept relativement compliqué qui mélange le cop-show réaliste (à la NYPD Blues, justement), le legal show limite féministe (à la The Good Wife), la série familiale politisée (à la Brothers and Sisters) et la série à mystère (à la Lost, sans le fantastique). Une bien belle brochette d’influences… Sautant constamment d’un genre à l’autre, le pilote ne cesse de surprendre et de faire plaisir, d’autant plus que la réalisation reste très honnête (même si on regrette que New York soit réduite à un seul quartier) et que le casting, s’il n’a pas encore trouvé sa vitesse de croisière, s’avère plutôt convaincant.

New York presque aussi belle que le Paris de Gossip Girl !

Malheureusement, tout n’est pas parfait non plus. On nous refait le coup de l’ancien militaire traumatisé par la guerre en Irak. On nous refait le coup de l’intrigue policière qui se boucle miraculeusement en moins d’une journée. Et on nous refait le coup du fils disparu trop tôt et du père veuf qui voudrait refaire sa vie. Mais tout ceci serait presque obligatoire vu le genre de la série. Mais il y a aussi la trame feuilletonnante (une histoire de complot et de société secrète au sein de la police)qui  est amenée avec autant de finesse qu’un nouvel ennemi dans épisode de Smallville. Et Tom Selleck avec la moustache qui, même vieux, fait encore vraiment trop penser à Magnum !

Incroyable ce qu'on fait subir aux toilettes de nos jours.

Pourtant, ce Blue Bloods reste la série la plus prometteuse de cette rentrée car c’est l’un des rares pilotes à prendre des risques, à s’essayer à faire quelque chose de nouveau. Bon, ok, y avait bien Lone Star qui était au moins aussi couillue, mais la série n’a duré que deux épisodes avant d’être annulée. Enfin et surtout, Blue Bloods fait partie des rares pilotes à la fin desquels je me suis dit : hum, vivement la suite… Et si ça, c’est pas prometteur !

Ça y est : comme chaque année, la hache de l’annulation a frappé. Et à cette période là de l’année, on ne peut même plus parler de hache, on ne peut que parler de…

I WILL KILL ALL YOUR SHOWS !!!

Une petite explication s’impose. Aux Etats-Unis, en Septembre, les différentes chaînes (du moins les cinq gros Network que sont ABC, CBS, NBC, FOX et The CW) lancent leurs nouvelles séries. Celles-ci ont plus ou moins de temps pour s’imposer – normalement jusqu’en novembre à peu près, date des premiers sweeps, c’est-à-dire le premier moment où les chaînes vont refaire leurs grilles de programmation pour mettre en valeur tel ou tel show, le décaler d’une concurrence trop forte ou tout simplement l’annuler. Dans ce dernier cas, on parle de “axe”, la fameuse hache de l’annulation qui tranche les pattes à une série qui n’aura pas su trouver son public. Mais depuis quelques années, cette hache se transforme en vraie tronçonneuse quand les chaînes décident d’annuler une série après seulement deux épisodes.

Never Forget. Never Forgive.

L’année dernière, la tronçonneuse s’est abattue comme une masse sur The Beautiful Life, une série dont vous n’avez probablement jamais entendu parler puisqu’elle n’aura vécu que deux épisodes. Pourtant, la CW, la chaîne qui diffusait le show, voulait y croire : casting mené par Mischa Barton (l’ex héroïne de The O.C. aka Newport Beach chez nous), concept accrocheur (la vraie vie de jeunes mannequins, avec son lot de drogues et d’anorexiques), et une campagne d’affichage massive (avec les protagonistes… complètement nus.) Le résultat ? Une plantade pharaonique, qui a valu à la série de s’arrêter avant même que les autres chaînes n’aient fait leur rentrée ! Un échec unique en son genre… Unique ? Pas si sûr que ça…

Bonjour tout le monde, et surtout adieu !

Cette année, alors que toutes les nouvelles séries viennent à peine d’être lancée (No Ordinary Family, par exemple, a débuté il y a deux jours), la tronçonneuse vient de décapiter Lone Star, pourtant l’une des séries les plus prometteuses de cette rentrée. J’en avais déjà parlé dans un autre article mais, quitte à me répéter, le site Metacritic annonçait que si ce n’était pas le meilleur pilote de la saison, celui de Lone Star n’en était vraiment pas loin. Et après avoir vu ce fameux pilote, je peux vous avouer que j’étais moi aussi franchement convaincu.

Oui, y en a qui ont la belle vie...

Le concept, prometteur, était de nous parler de Robert Allen, un arnaqueur professionnel qui mène une double vie, avec deux femmes qu’il aime éperdument mais qu’il a séduites dans le but de vider leurs comptes en banque et ceux de leurs familles et amis. Un concept qui, la Fox aurait du s’en rendre compte tout de suite, collait plus à une petite chaîne du câble comme FX ou Showtime, voir HBO, qu’à un network détenu par des républicains et plutôt conservateur dans ses idées et ses spectateurs. Ceux-ci sont peut-être venus pour jeter un œil à la série, mais à mon avis dés qu’ils ont compris que le héros avait deux femmes et que ce n’était même pas décrit comme quelque chose d’absolument horrible, ils ont zappé sur The Event ou même Gossip Girl. Résultat : you lose et tu ne passes même pas par la case départ. Bye bye au show le plus prometteur de cette année.

Ca en jette quand même plus que la promo de Masterchef.

En attendant, les grands gagnants du lundi soir, ce sont eux, les héros de Hawaii Five O, qui ont tout raflé face à Castle et Chase, le nouveau Bruckheimer. Et, pour avoir vu le pilote, je peux vous dire que ce n’est pas tout à fait démérité. Mais on reparlera dans un prochain post !

Alors que la sitcom peine à changer et à se renouveler (les mercredis d’ABC en sont la preuve avec le trio The Middle, Modern Family, Cougar Town) et que les “valeurs sûres” semblent s’essouffler (voir les dernières saisons de How I Met Your Mother ou The Big Bang Theory), certains arrivent avec une vraie originalité, un ton rafraichissant et une frivolité qui frôle la désinvolture sans jamais tomber dedans. Malheureusement, ces qualités sont celles de Community, dont on ne parlera pas aujourd’hui. Car, dans la grande série “mais qu’est-ce qui leur est passé par la tête pour faire ça ?”, nous nous intéressons plutôt aux deux nouvelles sitcom Romantically Challenged et 100 Questions, commises respectivement par ABC et NBC. Ou quand des diffuseurs ont pensé qu’il suffit de reprendre la recette de Friends pour faire un carton. En plus, ils l’ont fait en même temps. Pour le même résultat.

Chérie, pourquoi ils m'ont fait subir ça? Sparave Chaton, souviens toi que t'as maté Miami Medical.

J’espère que vous vous souvenez du jeu des sept erreurs qu’il y avait dans nos magazines de jeunesse. Parce qu’en regardant les deux pilotes l’un après l’autre, je me suis dit que les scénaristes nous avaient fait une petite blague du genre : attends, on va faire la même chose (à peu de choses près) pour deux chaînes différentes et on va voir si tous les gogos qui regardent encore des sitcoms n’y voient que du feu. Et puis vous pouvez aussi voir ça comme les sept erreurs à ne plus jamais commettre lorsque vous créer une sitcom. Mais soyez sympa, ne nous infligez plus jamais ça…

ERREUR N° 1 : UN CONCEPT BIEN POURRI.

Generique Killer

Que ce soit Romantically Challenged et son héroïne qui vient de divorcer et qui veut retrouver l’amour, ou 100 Questions et son héroïne qui vient de larguer un mec qui l’a demandée en mariage et qui veut retrouver l’amour (ah ah, vous commencez à voir où je veux en venir?), les deux sitcoms nous proposent de suivre un groupe d’amis, dans la petite trentaine, et leurs réflexions sur l’amitié, l’amour et le sexe. Attendez, ça me dit quelque chose… qui a dit Cheers ? (pour les incultes, sitcom de 1982, qui a duré onze ans sans compter son spin-off, et à laquelle Friends a volé un bon paquet de blagues !)

Au moins, c'est un vrai générique.

ERREUR N°2 : UNE STAR VIEILLISSANTE.

DON'T SMILE PLZ DON'T SMILE !

Rien de tel, pour faire prendre la sauce et attirer le chaland, que de faire appel à une bonne vieille star vieillissante — c’est encore mieux si elle fait un peu peur. Romantically Challenged joue la carte Alyssa Milano, la petite fille de Tony Micelli dans Madame est servie, et l’insupportable sœur Halliwell de Charmed. Sur-liftée, avec un sourire aussi figé que le chapeau de Madame de Fontenay, Milano fait vraiment peur à voir et j’avoue avoir mis tout l’épisode pour la reconnaître.

M'en fous, un jour je serai vraiment connu d'abord...

De l’autre côté, chez 100 Questions, c’est carrément Chris Moynihan, un pauvre comique qui a eu la (mal)chance de voir toutes ses apparitions dans des sitcom ne jamais être diffusées, qui assure l’un des rôles principaux et s’occupe de la direction de production. Il fait aussi appel à Sophie Winkleman, une petite anglaise que seuls les plus aguerris d’entre vous peuvent connaître mais que vous avez peut-être vu dans un nombre incroyables d’épisodes de séries anglaises. Et oui, quand on peut pas se payer une vraie star, on en prend deux plus petites.

ERREUR N°3 : UN FAUX JOEY

Hello, i'm Joey, i'm funny.

Si les créateurs de Friends ont vraiment eu UNE bonne idée (oui, parmi d’autres, parmi d’autres !) c’est celle du personnage de Joey. Le mec mignon mais un peu couillon, avec un grand cœur. Le genre de gars qui peut faire fondre tout le public féminin et faire marrer les mecs avec des vannes bien lourdes. Forcément, Romantically Challenged ne pouvait pas se passer d’un tel personnage et nous impose son Shawn, copie conforme de Joey — qui vit même en coloc avec l’autre garçon du groupe, bien qu’il paie rarement le loyer.

Hello, i'm Joey, i'm funny.

Pour 100 Questions, on aura Wayne, copie conforme de Joey — qui vit même en coloc avec l’autre garçon du groupe, bien qu’il paie rarement le loyer. Bon ok, pour sa défense, on notera un petit effort à la fin de l’épisode 2 pour montrer qu’il n’est pas complètement stupide et qu’il comprend parfaitement l’héroïne. Ils pourraient même avoir une histoire d’amour ensemble, tiens… Qui a dit Joey et Rachel ?

ERREUR N°4 : LA BLONDASSE FOLLE DE SEXE

Qui veut être un morceau de poulet frit?

Alors là, il n’y a qu’une série à blâmer pour avoir remis en place le gros cliché de la blonde folle de sexe, c’est Sex and the City. Mesdames, prenez-vous en à qui de droit et arrêtez d’accuser les scénaristes de sitcom de machisme. Donc, après nous avoir fait une première fois le coup dans Accidentally on Purpose (autre sitcom diffusée — et annulée — cette année), Romantically Challenged et 100 Questions nous offrent leurs pouffes de service. Franchement, même pas la peine d’essayer de se souvenir de leurs noms, c’est pas comme si on en avait quelque chose à faire.

Danse pour moi, vas-y danse pour moi !

ERREUR N°5 : DES BLAGUES NAZES ET DES RIRES MAL PLACES

Alyssa est vraiment choquée par la qualité des vannes de son sitcom.

C’est un grand classique mais nous autres, pauvres européens que nous sommes, nous aurons toujours du mal à nous faire aux rires enregistrés dans les sitcoms. Pas tant que ce soit des faux rires (les shows sont en général enregistrés en public, plusieurs fois, et un ingé son vient mixer le tout à la sortie), mais c’est surtout que certains rires sont juste mal calés. Une vanne vraiment naze, qui ne ferait même pas rire votre grand frère différent, mais qui provoque l’hilarité d’un public shooté au xanax : rien de tel pour vous faire vomir.

Pour de vrai, là, la blague c'est : "c'est parce que tu dois être bonne au lit."

ERREUR N°6 : LA VALEUR AJOUTÉE, L’IDÉE QUI TUE.

Quota numéro 1

C’est la leçon des sitcoms des dernières années : il faut avoir une “valeur ajoutée”, une idée qui tue et qui fera toute la différence entre votre sitcom et les autres. Les flash-back de How I Met, la geekerie de Big Bang Theory, le cadre façon docu-reportage de Modern Family, voici quelques exemples qui devraient normalement vous parler. 100 Questions a une petite idée sympathique : tous les épisodes commencent avec l’héroïne qui répond à un questionnaire de cent questions, dans une agence matrimoniale, à un black plutôt rigolo. Et forcément, pour répondre sincèrement, elle est obligée de lui raconter une anecdote qui sera le sujet de l’épisode. Une idée simple, qui ne remet pas grand chose en question, mais qui a le mérite d’être un peu originale.

Quota numéro 2

De son côté, 100 Questions propose un personnage relativement inédit : une asiatique qui… aime la mode. Je crois. Mais bon, une asiatique, bordel, on n’en voit pas tous les jours ! Surtout qu’elle ne joue même pas un rôle d’asiatique (comprendre par là qu’elle ne bosse pas dans un restau chinois et qu’on ne l’a pas encore vu faire du karaté). Ah oui, tiens, en fait, c’est juste 100 Questions qui a des valeurs ajoutées. J’en ai cherché pour Romantically Challenged mais franchement je pense que les auteurs étaient trop fatigués pour chercher une quelconque idée.

ERREUR N°7 : LES BOTTES

Regardez bien, elle a des grosses bottes.

Ça doit être la grande mode de cette année. Les héroïnes portent des bottes à talons — quand ce n’est pas carrément le sujet d’un épisode (cf le deuxième 100 Questions).

Des bottes, des bottes !

Je ne sais pas si ce sont les réalisateurs ou les scénaristes qui sont fétichistes, mais en tous cas on les voit bien les bottes. A moins que ce ne soit une conspiration des magazines de mode qui font des numéros spécial mode.

EN CONCLUSION :

Si vous devez vraiment en voir une des deux, je vous dirai de vous diriger plutôt vers 100 Questions, qui gagne de justesse avec un poil d’originalité dans ses accroches. Romantically Challenged peut être marrant cinq minutes pour se faire peur en regardant Alyssa Milano (et se dire qu’on est vieux) mais pas plus. Donc au final, victoire par KO pour toutes les séries qui sont diffusées au même moment sur les autres chaines.

Tweeter, Tumblr et maintenant ce blog : il faut le reconnaître, B. a parfaitement su me convaincre de me lancer dans le monde merveilleux du social networking (un peu sa passion officielle depuis 2002.) Quand elle vient dormir à la maison, je me propose donc de lui faire découvrir le monde merveilleux des séries télés (un peu ma passion officielle depuis… pffiouuu, Dr Doogie ?) Le problème, c’est qu’en cette période de disette estivale – et étant donné que j’ai pas vraiment le courage de reprendre une série qui ne m’aurait pas particulièrement convaincue depuis le premier épisode – je n’ai vraiment pas grand chose sous la main. Un rapide tour d’horizon sur les nouveautés me fait que m’atterrer : cop show, cop show, cop show et… tiens une série tirée d’un roman de Stephen King (Colorado Kid) qui pourrait être sympa. D’autant plus qu’on a passé l’après-midi à jouer à Alan Wake et qu’on est donc déjà plutôt bien dans l’ambiance.

Désolé, mais là je dis NON pour le logo.

Désolé, mais là je dis NON pour le logo.

Je mise pourtant sur des valeurs sûres : la série passe sur Syfy, sans doute la chaine qui m’a le plus surpris ces dernières années, l’introduction met en place une agent du FBI qui est “ouverte aux possibilités” (comprendre qu’elle croit au surnaturel) et la petite ville qui nous est présentée ensuite a tout de la bourgade américaine dans laquelle il va se passer quelque chose de très sale (genre un gros brouillard qui tue les gens.)

Tu l'as voulu ton brouillard tout moche en 3D parce qu'on n'a pas d'argent, tu l'as !

Le problème c’est que les choses vont vite se gâter. Syfy n’a clairement plus d’argent à mettre dans de nouvelles séries (il faut dire qu’ils vont diffuser cette tuerie sans nom qu’est Sharktopus) et lorsque les premiers effets spéciaux arrivent on se prend dans la gueule une grosse dose de laideur assez exceptionnelle, un peu comme un syndrome de Stendahl inversé. Le scénario -ultra classique – ne vient pas arranger les choses : notre agent du FBI qui veut y croire se retrouve à enquêter avec un policier qui trouve des explications rationnelles à tout, alors qu’il ne ressent aucune douleur et qu’il se passe tout de même pas mal de trucs cheloux avec la météo. Je vous le donne dans le mille, la solution c’est qu’une des habitantes de la ville est assez conne pour se faire manipuler par les hommes qui l’entourent et lui volent son fric et qu’elle contrôle le temps qu’il va faire sans s’en rendre compte (d’où tempête de grêle et autre rafale de vent insupportable.) B. me fait même remarquer que c’est bizarre que la banquière de la dite bonne femme donne deux millions en cash à son manipulateur de boyfriend, mais je lui rétorque que ça va, on sait pas comment ça se passe vraiment aux Etats Unis (mon excuse ultime.)

Je suis assez fier d’avoir cloué la bouche de notre blogueuse experte en lui annonçant au fur et à mesure le déroulement des huit dernières minutes du pilote – avec l’aide précieuse de mon coloc. La petite agent du FBI trouve une bonne raison de rester dans le bled (oh là là, en fait je suis orpheline mais je trouve une vieille photo dans le journal local avec une femme qui me ressemble dessus.)

Qui trouve que la fille de gauche ressemble à la fille de droite?

Il faut aussi lancer un épais mystère qui va faire office de fil rouge pendant toute la saison, alors là on nous cale un coup de fil avec le boss de l’héroïne. Et comme on a déjà vu avant qu’il était filmé en gros plan et avec peu de profondeur de champ pour qu’on ne situe pas l’endroit où il se trouve, on devine aisément qu’il est dans la ville et qu’il surveille notre championne.

Je suis le méchant mystérieux AKA le boss de l'héroïne.

On s’est juste planté sur la phrase de fin : il raccroche, compose un autre numéro (mystérieux lui aussi parce que bon faut qu’il y ait plein de mystères), on pensait qu’il allait dire “she knows” alors qu’en fait il dit “she’s staying.” Petite erreur pas fatale pour deux sous vu qu’on était bien fatigué.

Tellement fatigué d’ailleurs que B. s’était déjà endormie et ressemblait à une peluche de lapin rose dans son sweat tout doux de American Apparel venu du Canada. Alors que mon coloc et sa copine se décident à regarder le deuxième épisode, j’avoue que j’hésite un bon moment – une clope complète, histoire d’au moins regarder l’intro. L’histoire semble tourner autour d’une grosse boule de pierre qui défonce un bar, un point de départ rigolo mais qui ne me fait pas fantasmer outre mesure.

Tiens, une grosse boule.

Je décide donc de réveiller B. et de l’envoyer se coucher. Mais comme elle veut me prouver qu’elle peut s’intéresser aux séries, elle me demande de lui mettre autre chose. Ok ma grande, cette fois je te sors du lourd : Five Daughters, petite série anglaise en trois épisode que j’ai pas mis tout à l’heure parce que ça a l’air d’être glauque et de faire peur et que la copine de mon coloc, si elle voit ça, elle va pas en dormir pendant trois jours.

Mais comme ce post est déjà trop long, vous allez attendre demain pour savoir si cette fois j’ai réussi à convaincre B. que les séries, ça déchire.