Entre les grosses déceptions et les bonnes petites surprises, cette semaine fut chargée en émotions fortes. Retour sur quatre départs et deux arrivées. Avec presque une semaine de retard.
“Dit papa, à quoi on reconnaît une bonne série comique ? C’est tout simple fiston, si tu vois qu’à la sixième saison ça te fait toujours rire, alors c’est que c’est de la bonne came.” Robot Chicken fait partie de ces programmes atypiques comme seule Adult Swim (la version adulte de Cartoon Network, exclusivement diffusée le soir) sait en faire. Parodie de tout et n’importe quoi mais avec pour seule contrainte de le faire avec des jouets, le show se permet de grands délires, comme notamment l’ouverture avec un spécial DC Comics cette saison – effectivement sponsorisé par le géant du comics américain qui prouve qu’il sait rire de lui-même.
Magistral sur les vingt épisodes de la saison, Robot Chicken nous fait comme chaque année un énorme cadeau pour le dernier épisode et nous joue la désormais classique blague où les auteurs du show se suicident (ou se font trucider) après avoir appris que leur série est annulée. Je vous rassure tout de suite, ils reviennent bien pour une septième saison l’année prochaine.
Final Score : 9/10
Oui, Robot Chicken est un peu potache parfois, mais on lui pardonne. Voici l’une des rares séries qui arrive à continuer de nous faire rire après déjà six années, et c’est un exploit pas si courant que ça…
Connue chez nous sous le titre improbable “La Diva du Divan” (il faudra un jour qu’on m’explique ce qu’ils prennent les mecs qui traduisent les titres de séries), Necessary Roughness vient d’achever sa saison 2 sur USA… sans grand chose à bouffer dans le dernier épisode. Autant vous le dire tout de suite, voici l’un des cliffhangers les plus mous, injustifiés et inintéressants que j’ai vu – et pourtant j’en ai vu des fins de saison ratées.
Pour ceux qui auraient raté le début, Necessary Roughness s’intéresse à une psychiatre (mais attention, à l’américaine, pas sûr que chez nous elle ait vraiment le droit de pratiquer, hein…) qui aide plus spécifiquement des “stars” (sportifs, musiciens, écrivains…) à résoudre le problème qui les bloque. Le feuilletonnant repose sur l’interaction de notre héroïne avec une équipe de football américain dont la star est en pleine crise existentielle. Cette deuxième saison nous conte comment ce fameux quaterback va s’enfoncer puis travailler pour faire un comeback fracassant. Quant au docteur Danielle Santino, elle va longtemps se prendre la tête sur différents mecs qu’elle verrait bien dans son existence…
Après une première saison plutôt moche et pas franchement bien jouée, mais assez originale et bien écrite, Necessary Roughness revient avec les mêmes défauts… mais sans ses qualités. Les scénarios sont mous, la formule vieillit très vite et le feuilletonnant s’avère excessivement culcul sur la vie privée de Santino et peu crédible – voir complètement débile – sur la destinée de TJ, le quaterback. Bref, USA nous a pondu une grosse déception dont on a du mal à se remettre. Mais attendez, ils ont fait pire – c’est la prochaine série dont on parle, là, juste en dessous.
Final Score : 5/10
A regarder en famille ou un dimanche de pluie quand vous n’avez plus que ça sous la main. Mais Necessary Roughness ne fait définitivement pas partie de mon ordonnance pour vous mettre à jour en série.
C’est le carnage de l’année : USA a non seulement enfoncée Necessary Roughness, mais elle a surtout trucidé sa série “soeur” (comprendre qu’elles sont diffusées l’une à la suite de l’autre), la pourtant extrêmement réjouissante Suits. La première saison offrait un vrai twist sur la série d’avocat, avec des personnages au charisme incroyable, des situations jouissives, une mise en scène hyper classe, et surtout une narration de toute beauté !
La suite des aventures de ce faux avocat mais réel tricheur s’avèrent nettement moins satisfaisante. A force de tirer sur son côté “classe”, la série en fait un poncif, une blague, un réel élément de ridicule – certaines tenues des jeunes femmes plutôt charmantes du show en attestent. Le feuilletonnant est beaucoup moins malin, certains personnages sont en roue libre et évoluent de manière peu crédible (ah, toute la fin sur Louis qui devient tout mignon tout gentil…), alors que d’autres sont dans une boucle dont ils n’arrivent pas à sortir (Harvey, Donna, Jessica…) Même l’intrigue amoureuse tombe dans de grandes facilités, pour offrir un final franchement décevant…
Voilà, ma verve a coulé, mais il faut quand même replacer les choses dans leur contexte : oui, Suits saison 2 est l’une des plus grosses déceptions de l’année, mais elle reste l’une des meilleures séries diffusées en ce moment. La réalisation est toujours nettement au-dessus du lot, les acteurs sont tous très bons (ce sont leurs personnages qui le sont un peu moins) et malgré tous leurs défauts, les scénarios restent très accrocheurs. C’est juste dommage d’avoir un show simplement bon, voir excellent par moment, alors qu’il avait le potentiel de devenir un chef d’oeuvre.
Final Score : 8/10
Malgré la réelle déception que représente cette deuxième saison, Suits reste l’une des meilleures séries actuelles. Avec son ton unique et sa plastique si charismatique, voici l’un des show les plus innovants de ces dernières années.
Mais la plus grosse déception de l’année, et je sens que je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup, c’est la virale Utopia, qui a fait le tour du web plus vite que n’importe quel sex-tape d’une ancienne star de série Disney. Tout le monde parle de ce show anglais à la plastique très marquée avec ses couleurs explosives et son ambiance sonore absolument incroyable. Il n’y a pas à dire, on n’avait pas vu de série avec une identité aussi forte depuis très longtemps. En plus, le pilote mettait en place les éléments d’un scénario paranoïaque hautement surprenant, avec des personnages innovants et très charismatiques. Et puis la conclusion de ce premier épisode avait de quoi véritablement intriguer…
Le problème, c’est que Dennis Kelly, créateur et unique scénariste de la série, a bien du mal à tenir la distance. Sur un micro bout d’idée – les raisons de la conspiration – il a su tirer un premier épisode génial, un deuxième honnête, et il s’effondre dès le troisième épisode pour ne jamais réussir à remonter la pente. Pourquoi ? Parce que cette idée n’est pas franchement innovante, et surtout l’auteur n’arrive à en donner qu’un point de vue facile et extrêmement superficiel. Du coup, les révélations sont soient très attendues, soient peu crédibles (toute la justification finale pour dire que si, c’était vraiment XXX le fameux Rabbit en est vraiment la preuve.) L’utilisation du manuscrit est médiocre, les trajectoires de certains personnages ne fonctionnent pas (la rébellion de Wilson Wilson est à vomir…) et tout est dilué dans un flot de paroles et d’attitudes totalement artificielles (les membres du Network et leur tueur à gage sont intrigants au départ mais s’avèrent ridicules au final.) Et surtout, l’intrigue fait penser à un mauvais comics sans fond – dommage pour une série qui utilise ce médium comme point principal de son scénario. Au final, Utopia porte bien son nom : tout semblait parfait, mais les fondements étaient en réalité complètement pourris.
Final Score : 6/10
Parce qu’une série ce n’est pas que son scénario mais aussi son ambiance visuelle et sonore, Utopia mérite que vous vous intéressiez à elle. Mais parce qu’une série c’est aussi son scénario, Utopia ne mérite certainement pas toutes les éloges qui lui ont été faite. Espérons que si la série revient pour une deuxième saison (et il serait bizarre que ce ne soit pas le cas), Dennis Kelly saura s’entourer d’autres auteurs pour arriver à construire une intrigue intéressante…
L’étrange découvert de la semaine, c’est Mr & Mrs Murder, série australienne se définissant elle-même comme “light” sur un couple qui possède un business de nettoyage industriel (ils nettoient les scènes de crimes) et qui va mener des enquêtes à la place de la police. C’est mignon tout plein, le duo principal fonctionne, les comédiens sont sympathiques, la comédie est bien présente et l’intrigue policière du pilote s’avère plutôt maligne. Mais toute la limite est là : agréable à regarder après une rude journée à se prendre la tête, Mr & Mrs Murder ne vous fera en revanche jamais vous lever dans la nuit pour aller voir la suite ou vous demander quand le prochain épisode est diffusé. Un programme remarquablement exécuté, mais d’une vacuité absolument évidente.
Mon Pronostic : c’est le genre de programme qui peut se casser rapidement la gueule ou squatter sur les écrans pendant des années. Je vais miser sur la deuxième possibilité et lui prédire la commande d’une deuxième saison !
On l’aura attendu ce Cult, show réputé impitchable, inracontable, véritable prise de risque pour la CW, peu habituée à changer les habitudes de ses spectateurs. En confiant sa nouvelle série à Rockne S. O’Bannon, le network savait pourtant à quoi s’attendre, le monsieur étant capable du meilleur (les bonnes saisons de Farscape) comme du pire (hummm, Seaquest !) mais toujours dans un registre particulièrement barré. Mais alors, de quoi ça parle cette série inracontable ?
C’est l’histoire d’une agent du FBI qui cherche à faire tomber le boss d’une secte, dont elle faisait partie dans le passé. Et il aurait enlevé sa soeur, son beau-frère et son neveu, du coup elle compte bien les retrouver. Mais tout ça, ça n’est que Cult, une série diffusée sur la CW, et qui commence à avoir une fanbase un peu extrême. Et il y a un des fans qui pense avoir décrypté les messages codés de la série et avoir trouvé un moyen de “les” contacter. Suite à quoi il est tout flippé, appelle son frère qui est journaliste, mais celui-ci ne le croit pas. Ce même journaliste commence à comprendre qu’il y a anguille sous roche quand son frère (le fan de la série, donc) disparaît mystérieusement. Il va donc essayer d’en parler au créateur du show, persuadé qu’il y a un lien, mais impossible de rencontrer celui-ci – d’ailleurs quasiment personne ne l’a jamais vu. Du coup, il s’allie à une petite stagiaire du plateau de tournage, très intriguée elle aussi par tous ces sites de fan ultra glauques, pour mener l’enquête et retrouver son frère…
C’est donc effectivement difficile à raconter en quelques mots (si ce n’est : c’est une série avec une série dans la série, qui parle de séries, le tout mélangé avec une secte ultra glauque), mais le concept a le mérite d’être original et d’attirer l’attention. Le scénario du pilote reste assez malin quoi qu’un peu grossier dans son déroulement – rien de bien surprenant quand on sait la galère que ce doit être d’arriver à mettre en place tous les éléments d’une telle aventure.
Après, on est sur la CW. Alors autant ne pas vous attendre à une réalisation originale ou percutante, ni à une bande son singulière. Le show souffre de cette absence d’identité formelle typique de toutes les séries de la chaîne. Mais si les comédiens ne font pas partie de la crème d’Hollywood, il faut tout de même reconnaître que Robert Kneeper (l’homme à la poche de Prison Break…) a quelque chose d’absolument terrifiant et en même temps de fascinant. Attention : cauchemar à prévoir pour les âmes sensibles.
Il faudra donc voir sur la durée si Cult est juste une espiègle machine à sensations fortes ou s’il y a un vrai scénario derrière. Pour l’instant, tout est encore possible.
Mon Pronostic : j’ai vraiment un doute sur le fait que le public de la CW adhère à ce genre de série expérimentale. On a déjà vu ce genre de show créer la surprise, il est vrai… mais le doute est trop fort, donc je mise sur une annulation à la fin de cette première saison.
Voilà, ça suffira pour cette semaine, donc rendez vous très bientôt pour saluer encore quelques départs… (et cette fois, promis, j’essaierai de ne pas avoir quasiment une semaine de retard !)
















