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Entre les grosses déceptions et les bonnes petites surprises, cette semaine fut chargée en émotions fortes. Retour sur quatre départs et deux arrivées. Avec presque une semaine de retard.

Robot Chicken season 6“Dit papa, à quoi on reconnaît une bonne série comique ? C’est tout simple fiston, si tu vois qu’à la sixième saison ça te fait toujours rire, alors c’est que c’est de la bonne came.” Robot Chicken fait partie de ces programmes atypiques comme seule Adult Swim (la version adulte de Cartoon Network, exclusivement diffusée le soir) sait en faire. Parodie de tout et n’importe quoi mais avec pour seule contrainte de le faire avec des jouets, le show se permet de grands délires, comme notamment l’ouverture avec un spécial DC Comics cette saison – effectivement sponsorisé par le géant du comics américain qui prouve qu’il sait rire de lui-même.

Magistral sur les vingt épisodes de la saison, Robot Chicken nous fait comme chaque année un énorme cadeau pour le dernier épisode et nous joue la désormais classique blague où les auteurs du show se suicident (ou se font trucider) après avoir appris que leur série est annulée. Je vous rassure tout de suite, ils reviennent bien pour une septième saison l’année prochaine.

Final Score : 9/10

Oui, Robot Chicken est un peu potache parfois, mais on lui pardonne. Voici l’une des rares séries qui arrive à continuer de nous faire rire après déjà six années, et c’est un exploit pas si courant que ça… Necessary-Roughness-season 2 Connue chez nous sous le titre improbable “La Diva du Divan” (il faudra un jour qu’on m’explique ce qu’ils prennent les mecs qui traduisent les titres de séries), Necessary Roughness vient d’achever sa saison 2 sur USA… sans grand chose à bouffer dans le dernier épisode. Autant vous le dire tout de suite, voici l’un des cliffhangers les plus mous, injustifiés et inintéressants que j’ai vu – et pourtant j’en ai vu des fins de saison ratées.

Pour ceux qui auraient raté le début, Necessary Roughness s’intéresse à une psychiatre (mais attention, à l’américaine, pas sûr que chez nous elle ait vraiment le droit de pratiquer, hein…) qui aide plus spécifiquement des “stars” (sportifs, musiciens, écrivains…) à résoudre le problème qui les bloque. Le feuilletonnant repose sur l’interaction de notre héroïne avec une équipe de football américain dont la star est en pleine crise existentielle. Cette deuxième saison nous conte comment ce fameux quaterback va s’enfoncer puis travailler pour faire un comeback fracassant. Quant au docteur Danielle Santino, elle va longtemps se prendre la tête sur différents mecs qu’elle verrait bien dans son existence…

Après une première saison plutôt moche et pas franchement bien jouée, mais assez originale et bien écrite, Necessary Roughness revient avec les mêmes défauts… mais sans ses qualités. Les scénarios sont mous, la formule vieillit très vite et le feuilletonnant s’avère excessivement culcul sur la vie privée de Santino et peu crédible – voir complètement débile – sur la destinée de TJ, le quaterback. Bref, USA nous a pondu une grosse déception dont on a du mal à se remettre. Mais attendez, ils ont fait pire – c’est la prochaine série dont on parle, là, juste en dessous.

Final Score : 5/10

A regarder en famille ou un dimanche de pluie quand vous n’avez plus que ça sous la main. Mais Necessary Roughness ne fait définitivement pas partie de mon ordonnance pour vous mettre à jour en série. suits seaon 2C’est le carnage de l’année : USA a non seulement enfoncée Necessary Roughness, mais elle a surtout trucidé sa série “soeur” (comprendre qu’elles sont diffusées l’une à la suite de l’autre), la pourtant extrêmement réjouissante Suits. La première saison offrait un vrai twist sur la série d’avocat, avec des personnages au charisme incroyable, des situations jouissives, une mise en scène hyper classe, et surtout une narration de toute beauté !

La suite des aventures de ce faux avocat mais réel tricheur s’avèrent nettement moins satisfaisante. A force de tirer sur son côté “classe”, la série en fait un poncif, une blague, un réel élément de ridicule – certaines tenues des jeunes femmes plutôt charmantes du show en attestent. Le feuilletonnant est beaucoup moins malin, certains personnages sont en roue libre et évoluent de manière peu crédible (ah, toute la fin sur Louis qui devient tout mignon tout gentil…), alors que d’autres sont dans une boucle dont ils n’arrivent pas à sortir (Harvey, Donna, Jessica…) Même l’intrigue amoureuse tombe dans de grandes facilités, pour offrir un final franchement décevant…

Voilà, ma verve a coulé, mais il faut quand même replacer les choses dans leur contexte : oui, Suits saison 2 est l’une des plus grosses déceptions de l’année, mais elle reste l’une des meilleures séries diffusées en ce moment. La réalisation est toujours nettement au-dessus du lot, les acteurs sont tous très bons (ce sont leurs personnages qui le sont un peu moins) et malgré tous leurs défauts, les scénarios restent très accrocheurs. C’est juste dommage d’avoir un show simplement bon, voir excellent par moment, alors qu’il avait le potentiel de devenir un chef d’oeuvre.

Final Score : 8/10

Malgré la réelle déception que représente cette deuxième saison, Suits reste l’une des meilleures séries actuelles. Avec son ton unique et sa plastique si charismatique, voici l’un des show les plus innovants de ces dernières années. utopia-channel-4 Mais la plus grosse déception de l’année, et je sens que je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup, c’est la virale Utopia, qui a fait le tour du web plus vite que n’importe quel sex-tape d’une ancienne star de série Disney. Tout le monde parle de ce show anglais à la plastique très marquée avec ses couleurs explosives et son ambiance sonore absolument incroyable. Il n’y a pas à dire, on n’avait pas vu de série avec une identité aussi forte depuis très longtemps. En plus, le pilote mettait en place les éléments d’un scénario paranoïaque hautement surprenant, avec des personnages innovants et très charismatiques. Et puis la conclusion de ce premier épisode avait de quoi véritablement intriguer…

Le problème, c’est que Dennis Kelly, créateur et unique scénariste de la série, a bien du mal à tenir la distance. Sur un micro bout d’idée – les raisons de la conspiration – il a su tirer un premier épisode génial, un deuxième honnête, et il s’effondre dès le troisième épisode pour ne jamais réussir à remonter la pente. Pourquoi ? Parce que cette idée n’est pas franchement innovante, et surtout l’auteur n’arrive à en donner qu’un point de vue facile et extrêmement superficiel. Du coup, les révélations sont soient très attendues, soient peu crédibles (toute la justification finale pour dire que si, c’était vraiment XXX le fameux Rabbit en est vraiment la preuve.) L’utilisation du manuscrit est médiocre, les trajectoires de certains personnages ne fonctionnent pas (la rébellion de Wilson Wilson est à vomir…) et tout est dilué dans un flot de paroles et d’attitudes totalement artificielles (les membres du Network et leur tueur à gage sont intrigants au départ mais s’avèrent ridicules au final.) Et surtout, l’intrigue fait penser à un mauvais comics sans fond – dommage pour une série qui utilise ce médium comme point principal de son scénario. Au final, Utopia porte bien son nom : tout semblait parfait, mais les fondements étaient en réalité complètement pourris.

Final Score : 6/10

Parce qu’une série ce n’est pas que son scénario mais aussi son ambiance visuelle et sonore, Utopia mérite que vous vous intéressiez à elle. Mais parce qu’une série c’est aussi son scénario, Utopia ne mérite certainement pas toutes les éloges qui lui ont été faite. Espérons que si la série revient pour une deuxième saison (et il serait bizarre que ce ne soit pas le cas), Dennis Kelly saura s’entourer d’autres auteurs pour arriver à construire une intrigue intéressante…

mr and mrs murderL’étrange découvert de la semaine, c’est Mr & Mrs Murder, série australienne se définissant elle-même comme “light” sur un couple qui possède un business de nettoyage industriel (ils nettoient les scènes de crimes) et qui va mener des enquêtes à la place de la police. C’est mignon tout plein, le duo principal fonctionne, les comédiens sont sympathiques, la comédie est bien présente et l’intrigue policière du pilote s’avère plutôt maligne. Mais toute la limite est là : agréable à regarder après une rude journée à se prendre la tête, Mr & Mrs Murder ne vous fera en revanche jamais vous lever dans la nuit pour aller voir la suite ou vous demander quand le prochain épisode est diffusé. Un programme remarquablement exécuté, mais d’une vacuité absolument évidente.

Mon Pronostic : c’est le genre de programme qui peut se casser rapidement la gueule ou squatter sur les écrans pendant des années. Je vais miser sur la deuxième possibilité et lui prédire la commande d’une deuxième saison !   cultOn l’aura attendu ce Cult, show réputé impitchable, inracontable, véritable prise de risque pour la CW, peu habituée à changer les habitudes de ses spectateurs. En confiant sa nouvelle série à Rockne S. O’Bannon, le network savait pourtant à quoi s’attendre, le monsieur étant capable du meilleur (les bonnes saisons de Farscape) comme du pire (hummm, Seaquest !) mais toujours dans un registre particulièrement barré. Mais alors, de quoi ça parle cette série inracontable ?

C’est l’histoire d’une agent du FBI qui cherche à faire tomber le boss d’une secte, dont elle faisait partie dans le passé. Et il aurait enlevé sa soeur, son beau-frère et son neveu, du coup elle compte bien les retrouver. Mais tout ça, ça n’est que Cult, une série diffusée sur la CW, et qui commence à avoir une fanbase un peu extrême. Et il y a un des fans qui pense avoir décrypté les messages codés de la série et avoir trouvé un moyen de “les” contacter. Suite à quoi il est tout flippé, appelle son frère qui est journaliste, mais celui-ci ne le croit pas. Ce même journaliste commence à comprendre qu’il y a anguille sous roche quand son frère (le fan de la série, donc) disparaît mystérieusement. Il va donc essayer d’en parler au créateur du show, persuadé qu’il y a un lien, mais impossible de rencontrer celui-ci – d’ailleurs quasiment personne ne l’a jamais vu. Du coup, il s’allie à une petite stagiaire du plateau de tournage, très intriguée elle aussi par tous ces sites de fan ultra glauques, pour mener l’enquête et retrouver son frère…

C’est donc effectivement difficile à raconter en quelques mots (si ce n’est : c’est une série avec une série dans la série, qui parle de séries, le tout mélangé avec une secte ultra glauque), mais le concept a le mérite d’être original et d’attirer l’attention. Le scénario du pilote reste assez malin quoi qu’un peu grossier dans son déroulement – rien de bien surprenant quand on sait la galère que ce doit être d’arriver à mettre en place tous les éléments d’une telle aventure.

Après, on est sur la CW. Alors autant ne pas vous attendre à une réalisation originale ou percutante, ni à une bande son singulière. Le show souffre de cette absence d’identité formelle typique de toutes les séries de la chaîne. Mais si les comédiens ne font pas partie de la crème d’Hollywood, il faut tout de même reconnaître que Robert Kneeper (l’homme à la poche de Prison Break…) a quelque chose d’absolument terrifiant et en même temps de fascinant. Attention : cauchemar à prévoir pour les âmes sensibles.

Il faudra donc voir sur la durée si Cult est juste une espiègle machine à sensations fortes ou s’il y a un vrai scénario derrière. Pour l’instant, tout est encore possible.

Mon Pronostic : j’ai vraiment un doute sur le fait que le public de la CW adhère à ce genre de série expérimentale. On a déjà vu ce genre de show créer la surprise, il est vrai… mais le doute est trop fort, donc je mise sur une annulation à la fin de cette première saison.

 

Voilà, ça suffira pour cette semaine, donc rendez vous très bientôt pour saluer encore quelques départs… (et cette fois, promis, j’essaierai de ne pas avoir quasiment une semaine de retard !)

Fautes de vraies news cette semaine (une seule nouvelle série a fait son apparition sur les écrans US), je vous invite à découvrir malgré tout les hauts et les bas de sept jours de série.

Zero-HourLa nouveauté de la semaine : c’est la hautement catastrophique Zero Hour, née du cerveau malade de Paul Scheuring (le créateur de Prison Break) et réalisée à la Besson par son fidèle soldat Pierre Morel (entre autre responsable de Banlieue 13 et Taken.) Alors attention, voilà le mélange : le héros de Urgences (oui, c’est Mark Greene sur l’affiche) + des méchants nazis + un gentil nazi + des rosicruciens (une société secrète qui protège le monde) + un pseudo fils du diable aux yeux blancs = une course poursuite pour retrouver la femme du héros, enlevée parce qu’elle a acheté sur le marché une vieille horloge, horloge qui contient un diamant, diamant qui contient un plan, plan qui n’indique pas un lieu mais une personne. Ouf ! Ce pot pourri du Da Vinci Code et de toutes les copies qui lui ont succédé a le mérite de tellement se prendre au sérieux qu’il en devient particulièrement jouissif. Comment ne pas être subjugué par cette accumulation de personnages clichés, par ces acteurs qui semblent ne même pas savoir que les caméras sont en train de tourner, par cette réalisation qui se permet tout mais n’arrive à rien, par ces dialogues qui sonnent toujours creux, mais surtout par ce scénario survolté qui confond rapidité avec rythme et construction dramaturgique avec enchaînement de péripéties sans queue ni tête. En clair, c’est nul, mais à un tel point que ça pourrait presque en devenir génial. Définitivement le plaisir inavouable de l’année.

Mon pronostic : une saison… mais ça n’ira clairement pas plus loin ! black mirrorLe retour de la semaine : c’est celui de la très attendue saison 2 de Black Mirror, la création dérangée sur la manière dont les écrans nous bouffent la vie, inventée par Charlie Brooker. Cette année encore, nous auront droit à trois épisodes qui n’auront aucun lien entre eux, si ce n’est cette intéressante thématique. On attendait fortement Charlie Brooker au tournant après son histoire de premier ministre qui doit enculer un cochon, mais force est de constater que sa proposition pour ouvrir cette nouvelle trilogie est furieusement décevant. A travers l’histoire de cette femme qui n’arrive pas à se remettre du décès de son amoureux et qui le reconstruit peu à peu grâce tout ce qu’il a laissé sur le net, Brooker aurait pu raconter quelque chose d’original, d’étrangement morbide ou décalé. Au final, l’épisode tombe dans tous les poncifs auxquels on pense dès l’idée énoncée, pour se conclure sur deux ultimes scènes (la falaise puis le grenier) incroyablement clichées et décevantes. Ses co-auteurs s’étant fait la malle, Brooker est tout seul pour assurer la saison, espérons qu’il sera en meilleur forme pour la suite. (EDIT : après avoir vu le deuxième épisode, je confirme que ça sent mauvais. La réalisation est toujours là, mais le scénario est d’une vacuité incroyable…)

touch-season-2

La série oubliée, c’est Touch, petit show du vendredi soir inventé par Tim Kring qui nous avait laissé sur le carreau avec la mésaventure Heroes. A première vue, cette série sur un ancien journaliste, père célibataire qui s’occupe de son fils autiste, n’avait rien de bien percutant pour nous accrocher si ce n’est de retrouver Kiefer Sutherland, le héros de 24. C’était sans compter l’imagination débordante de Kring qui s’intéresse tout au long de la première saison à tous ces petits liens qui nous réunissent, d’un bout à l’autre du monde. Notre héros suivait donc les intuitions mathématiques de son fils (tout se base toujours sur une série de chiffres) pour pseudo réparer le destin de différents guests. Malgré la formule évidente et une certaine facilité dans les résolutions des épisodes, Touch avait quelque chose de touchant et de mystérieusement attirant. Alors lorsque Kring a commencé à se permettre d’installer un feuilletonnant et un univers plutôt barré, on a commencé à se dire qu’il y avait là un vrai potentiel !

Celui-ci se confirme avec les premiers épisodes de la saison 2 qui sort totalement du schéma instauré auparavant pour s’intéresser à une histoire purement feuilletonnante. Certes, on reconnaît la fascination de Kring pour les personnages d’exception, limite avec des pouvoirs, mais on retrouve surtout sa manière très fine de mélanger les fils des intrigues et de ne jamais trop (ou pas assez) en dévoiler. Si Heroes avait coulé car il n’avait pas grand chose sous le coude, Kring semble avoir beaucoup plus réfléchi à ce qu’il voulait faire avec Touch. On croise donc les doigts pour que la série continue sur cette bonne lancée…

Spartacus: War Of The Damned 2013La déception de la semaine, c’est évidemment la troisième saison de Spartacus (sous-titrée War of the Damned) qui a bien du mal à renouer avec le souffle épique des précédents épisodes. Plus d’arène, des personnages de gladiateurs qui n’ont plus grand chose à accomplir (et donc des arches narratives assez pauvres), une réalisation qui commence à s’essouffler : il n’y a bien que l’arrive de Jules César qui puisse nous faire tripper un peu. Mais c’est vraiment trop peu.

05 ArrowLa bonne idée de la semaine : est en lien avec la déception ! Il s’agit de l’arrivé dans Arrow de Manu Benett, le Crixus de Spartacus, pour incarner le terrifiant Slade Wilson, aka Deathstroke, un personnage culte du comics. Benett ne ressemble pas vraiment physiquement au personnage, mais il incarne à la perfection toute la puissance et la violence enfouie de cet étrange spécialiste du sabre à la psychologie infiniment particulière. Benett a l’air parti pour rester un petit moment sur la série, et franchement on ne va pas s’en plaindre.

the-neighbors-reviewEt enfin, la réplique de la semaine nous vient de The Neighbors :

This is real life kids ! It’s not TV! We are a family of aliens living amongst humans. And every week, we tackle a new problem together and learn that, while we may be from different backgrounds, even planets, family dynamics are, in fact, universal. It’s real life, kids, it’s not TV !

 

Sur cette note, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine…

 

 

18ème et avant-dernière partie de notre bilan de l’année. Pour faire plaisir à tous ceux qui aiment le fantastique et/ou la SF, on va parler aujourd’hui d’un ex-futur super héros, de sciences de l’étrange, de zombies , de la famille et des robots, et enfin de deux frères qui viennent comme chaque année nous en mettre plein la vue.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le 16 octobre 2001, fort d’un accord un peu tendu passé avec la société d’édition de comics DC, la WB (ancien nom de la CW) diffusait le pilote d’une petite série fantastique basée sur le personnage de Superman et portant le titre de Smallville. La licence est forte, certes, mais personne n’attend vraiment au tournant ce petit programme avant tout destiné aux ados. Sans le savoir, Miles Millar et Alfred Gough viennent d’en prendre pour dix ans… et de faire un bout d’Histoire !

Car il faut bien se dire que les séries qui durent dix ans, ça se compte sur les doigts de la main. X-Files, E.R., Friends… il y en a d’autres, mais bon vous m’avez compris : quand ça dure dix ans, on se rappelle du show pendant longtemps. Du coup oui, même si vous n’aimez pas et malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire, Smallville se fait une petite place dans la grande Histoire des séries télé.

C’est qu’il fallait les tenir ces dix ans sans collants ni vol, ce qui était la volonté première des créateurs. Un superman sans sa cape et incapable de voler, what, ce n’est pas Superman ! Pour les fans du comics, la grande force de la série a été de ne pas plagier ce qu’ils avaient déjà lu mais bel et bien de tout réinventer – au point d’ailleurs que DC a incorporé des personnages de la série (comme Chloé) dans ses comics ! Et autant vous dire que ces deux dernières années, les auteurs s’en sont donnés à coeur joie en ré-imaginant Green Arrow, toute la JSA ou encore la Legion of Super-Heroes. Un peu comme si quelqu’un avait dit : c’est bon les gars, on arrête bientôt, alors allez-y lâchez vous, faites ce que vous voulez. Résultat des courses, voilà deux ans qu’on s’éclate à regarder Smallville, qui pousse toujours le bouchon un peu plus loin, se déride complètement, ne se prend jamais au sérieux mais ne déconne pas pour autant avec la matériel de base. Le tout finir dans un BANG énorme, un double épisode final absolument jouissif, tellement fun et tellement bien incarné par Tom Welling qu’on lui pardonne toutes ses années passées à se débattre avec ses quatre expressions pour jouer Clark Kent.

Alors oui, Smallville ne s’est jamais remis de ses défauts. A commencer par une plastique assez cheap, avec des effets spéciaux pas toujours très réussis (comprendre très moche la plupart du temps), des décors qui tournent en boucle (tient, on dirait bien qu’on a déjà vu cet appartement une bonne dizaine de fois), mais surtout une structure qui plombe les scénarios avec huit minutes de vide à la fin des épisodes – enfin, de vide, dans les yeux des acteurs, qui doivent lancer de grandes tirades sur la vie, l’amour, l’héroïsme alors qu’on attend avec impatience le putain de cliffhanger de fin !

Magistrale en tout point, cette ultime saison de Smallville tourne donc une vraie page d’histoire. Le gamin né en 1990, qui avait dix ans au début de la série et qui a grandi avec elle, ne pourra s’empêcher de verser une petite larme. Nous, les grands, on a un petit pincement au coeur mais on se retient – merde, c’est Smallville quand même, les autres vont se foutre de notre gueule. Et pourtant, rah, quelle jouissance que ces deux dernières minutes, ce dernier plan, qui ferait juste hurler : up, up and away !

Final Score : 5/5 pour les fans, 2/5 pour les autres
Smallville, il faut avoir grandit avec pour l’aimer. Du coup, si vous n’êtes pas déjà fan, pas la peine de vous prendre la tête – à la limite, vous pouvez jeter un coup d’oeil au double épisode final, histoire de voir comment ça se termine. Les fans, eux, ont déjà regardé. Et tous ceux qui aiment encore la CW croisent les doigts pour que la série soit remplacé par quelque chose de potable l’année prochaine. Hein, quoi ? On me souffle dans l’oreillette “le retour de Sarah Michelle Gellar”. Si si.

Imaginée il y a trois ans par J.J. Abrams, Fringe est aussi la fille de Alex Kurtzman et Roberto Orci, deux cerveaux magnifiques que le magasine Forbes a crédité en tant que “l’arme secrète d’Hollywood, la force tranquille derrière le box office à 3 billions de dollars. Souvent dans l’ombre de J.J., ils peaufinent certains scénarios et en écrivent d’autres. Côté télé, ils étaient là sur Alias, et sont responsables de la surprenante mais réussie modernisation de Hawaii Five-0. J.J. parti vers d’autres cieux, les deux compères allaient-ils réussir à sauver un show en pleine perte d’audience ?

La bonne idée, ce fut d’abord de ne pas changer les deux showrunners (Pinkner et Wyman), deux hommes ayant fait leurs preuves sur d’autres séries de J.J. et qui savent s’embarquer dans des délires assez fous. Laissés comme deux ronds de flans après le cliffhanger de la deuxième saison, il fallait bien toute leur capacité d’innovation pour faire repartir Fringe sur de bonnes bases. Et autant dire que leur idée pour diversifier et faire rebondir la série est absolument géniale… mais on n’en parlera pas ici, au cas où certains d’entre vous ne l’auraient pas encore vu.

Du côté de la production value et de la réalisation, la série continue d’affirmer son identité visuelle relativement classe, qui sait minimiser les effets spéciaux pour mieux les valoriser. La musique nous plonge toujours aussi facilement dans cette ambiance si particulière et le tout regorge d’idées pour arriver à faire vivre un univers parfois diablement complexe.

Si les intrigues “bouclées” des épisodes s’avèrent tout à fait à la hauteur mais un poil répétitives par rapport à ce qu’on a déjà vu, c’est bien entendu au niveau du feuilletonnant que Fringe révèle tout son talent. Ne crachant sur aucun retournement de situation, même – parfois – les plus artificiels, le show se veut surprenant et particulièrement ludique, incitant toujours le spectateur à essayer d’en savoir plus, à comprendre avant les personnages ce qui est en train de se passer. La saison est pour le coup magnifiquement construite, et chaque petit élément mis en place aura son importance dans le grand déballage des trois derniers épisodes. Et comme à chaque fois, on est soufflé par le cliffhanger de fin qui ne nous rend que d’autant plus impatient de voir la suite.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. La série est en pleine chute d’audience et, pour faire plus de place à American Idol, la FOX a déplacé le show au vendredi soir. Une soirée déjà connue pour être la case du suicide de série (ou du meurtre de série, selon le point de vue), mais qui plaçait en plus Fringe face à Supernatural, autre show fantastique qui attire exactement le même type de spectateurs. Mais, ouf !, la communauté de fans de Fringe est très active et a amplement soutenu le show qui a réussi, semaine après semaine, à maintenir des scores plus qu’honorable dans cette case horaire. Une bataille de gagnée, mais la guerre reprend le 23 septembre.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
On aurait pu se lasser de Fringe, avec des épisodes bouclés un peu redondants, s’il n’y avait le feuilletonnant remarquable, qui sait prendre tous les virages – même les plus insensés. Impossible de rester de marbre face à son final bluffant, à moins que vous ne soyez totalement réfractaire aux séries fantastiques. Vivement la suite.

Attendue comme le loup blanc, The Walking Dead était l’improbable série de zombies diffusées sur AMC, la chaîne de Breaking Bad et autre Mad Men (avant de devenir le network de The Killing, dont on parlera demain.) Adaptée d’un comics à succès de Robert Kirkman, le show se concentre sur un groupe de survivants mené Rick Grimes, un ancien shérif. Six épisodes plus tard, l’adaptation de Frank Darabont, showrunner de la série, nous a-t-elle convaincu ?

La vraie force de The Walking Dead, c’est très clairement ses personnages, qui évitent tous le monolithisme habituel des histoires de zombies. Chacun d’entre eux est singulièrement travaillé, psychologiquement approfondi, et on passe à travers les couches successives des personnalités au fur et à mesure des épisodes. Tous dotés d’un destin particulier, difficile de ne pas s’attacher à ce groupe de survivants pour qui les vraies questions sur l’humanité et le besoin de survivre en tant qu’espèce se posent quotidiennement.

On notera aussi une production value assez intéressante, qui sait nous faire croire à ses décors apocalyptiques et créer une ambiance vraiment prenante… du moins dans les premiers épisodes. Dommage que la réalisation, franchement pauvre, ne vienne pas transcender le tout mais s’enferme peu à peu dans la simple production d’images, sans réelle réflexion derrière.

Mais le gros du problème se situe au niveau du scénario (un comble quand on sait que la tagline d’AMC est story matters here). En effet, les épisodes souffrent d’une structure totalement catastrophique, d’un rythme franchement poussif et l’histoire avance par à coup improbables. On ne note aucune unité dans la série qui part dans tous les sens mais sans jamais savoir où elle veut aller, et on termine sur un season finale faussement claustro, mais surtout totalement raté, qui laisse sur une conclusion désarmante.

Si l’on ajoute à ça le fait que les acteurs sont franchement à la limite de l’insupportable (mention spéciale à Sarah Wayne Callies, transfuge de Prison Break, qui croit nous émouvoir en faisant les gros yeux toutes les cinq secondes), on comprendra aisément que ce Walking Dead pourtant démarré sur les meilleurs auspices nous laisse complètement pantois sur le long terme. Pas la pire des séries, ok, mais l’une des plus grosses déceptions de l’année.

Final Score : 3/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Franchement, à la vue des deux derniers épisodes, j’ai hésité à mettre un 2/5. Puis je me suis souvenu des trois premiers et de l’excitation remarquable que me provoquait cette série. Du coup, on va dire que seulement la moitié de la saison est loupée, et qu’elle mérite une note médiane. Bref, vous l’aurez compris, The Walking Dead a encore du chemin à faire avant d’être une série aussi extraordinaire que beaucoup l’ont prétendu. Parce que sur la fin, ce n’était même plus un divertissement – juste un putain de calvaire.

Ah, Caprica ! Comment parler de la nouvelle série de Ronald D. Moore et Remi Aubuchon sans lancer un débat enflammé avec les fans de Battlestar Galactica ? C’est que Caprica s’est avant tout présentée comme une prequel qui expliquerait comment les cylons ont été inventés. Le truc, c’est qu’il y a mensonge sur la marchandise…

Car Caprica est loin d’être seulement un prequel, mais a une ambition tout autre : être la première série sur la famille… dans un monde de SF. Ronald D. Moore avait pourtant prévenu, tout dans le show serait fait pour ne pas répéter ce qui a été dit dans BSG. Exit les batailles spatiales et l’opposition entre les militaires et les civils, exit les réflexions sur l’extinction de la race humaine, exit aussi le mysticisme religieux halluciné des personnages vers la fin de la série. Caprica se penche avant tout sur un couple de parents incapable de faire face à la perte de leur fille, et sur la question essentielle de la résurrection. Un avatar numérique peut-il devenir l’âme d’une personne ? Toute la première partie de la série ne cesse de se poser la question tout en développant peu à peu, certes, la construction du premier cylon – il faut bien un peu de fan service que diable.

Particulièrement convaincante jusqu’à son dixième épisode, la série amorce ensuite un virage plutôt dangereux en remettant en place les intrigues politiques (mais toujours liées à la religion) chères aux créateurs de BSG. Et c’est là que le truc ne prend plus, du moins pour beaucoup de spectateurs, car on entre dans une autre série, qui serait plus un show politique mâtiné d’enquête complexe où quasiment toute forme de SF disparaît peu à peu. Enfin, si ce n’était le développement d’un monde artificiel qui peinera jusqu’à la fin à convaincre, la faute à une production value relativement déplorable dés qu’il s’agit de faire vivre un monde en 3D.

Plus lente, pas toujours bien construite, et surtout trop éloignée des attentes des fans de la première heure, cette seconde partie de la série l’aura conduite à son échec commercial et à l’annulation par Syfy. Le network s’est tout de même arrangé pour permettre aux auteurs d’offrir une vraie conclusion à la série qui renoue totalement avec son univers de base dans le dernier épisode. Mais il faudra tout de même se farcir quelques unes des séquences en image de synthèse les plus moches jamais vu à ce jour – au point qu’on en aurait presque de la peine pour la personne qui a dû boucler le show avec un budget que l’on sent ridicule.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison (mais avec une vraie conclusion).
Que reste-t-il de Caprica ? Des idées courageuses, une vraie liaison sympathique avec BSG, et un univers extrêmement sympathique. Mais à trop vouloir jouer des arches différentes, le show perd son identité dans sa deuxième moitié pour offrir quelque chose qui aurait pu plaire à certains, mais certainement pas aux fans de la première heure. Caprica est un échec, mais malgré tout un magnifique échec.

Supernatural aurait du s’arrêter l’année dernière, à la fin du run de cinq ans d’Eric Kripke, créateur du show, qui affirmait avoir dit tout ce qu’il avait à dire sur la série. Mais les audiences étant… on va dire honnêtes, histoire d’être gentil, ou en tous cas pas totalement catastrophiques, et surtout la critique étant relativement dithyrambique depuis quelques saisons, la CW a désiré reconduire la série. Difficile de convaincre tout le monde de revenir, mais ce qui les a mis d’accord c’est que la nouvelle showrunneuse serait Sela Ward, ancienne assistante d’Eric Kripke et auteur sur pas mal d’épisodes. On lui faisait confiance pour tenter de perpétuer la qualité de la série – mais on ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle fasse aussi bien. Et pourtant…

Autant vous le dire tout de suite, cette sixième saison de Supernatural est juste incroyable. En reprenant la liste et les résumés de tous les épisodes, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à jeter. Scénaristiquement, la série fait vraiment très très fort. D’abord dans son histoire générale, son feuilletonnant qui court tout au long de la saison, magnifiquement écrit, bourré de twists et autres retournements de situation, servis par des épisodes proprement géniaux, par exemple l’extraordinaire The Man who would be King, écrit par Ben Edlund, un monstre de travail sur la structure et l’utilisation de la temporalité dans le scénario.

Ce même Ben Edlund est aussi à l’origine de quelques uns des épisodes plus ou moins bouclés les plus inventifs jamais fait, comme ce formidable The French Mistake ou les personnages Dean et Sam se retrouvent sur le tournage… de Supernatural, à devoir se faire passer pour les terribles et franchement mauvais acteurs Jensen Ackles et Jared Padalecki. On notera aussi l’excellent My Heart will go on, dans lequel un ange retourne dans le passé pour empêcher le Titanic de couler, tout simplement parce qu’il ne supporte pas les chansons de Celine Dion, ni le film de James Cameron. Et on pourrait en citer à la pelle, tant cette saison regorge de trouvailles, de bonnes idées et de moments inoubliables.

Alors oui, la réalisation n’est pas un grand moment de cinéma, mais reconnaissons à la série une production value qui arrive à nous faire croire à des décors différents dans tous les Etats Unis semaine après semaine… alors que le show est tourné dans des petits locaux au Canada. Et si Jensen Ackles et Jared Padalecki (faut le faire quand même ces noms!) ont un peu des gueules de gravure de mode, ils maîtrisent maintenant parfaitement leurs personnages et s’avèrent de redoutables acteurs. Entouré par un casting plus que brillant (Misha Collins en Castiel est sans doute l’un des plus incroyables comédiens de l’année), les frères Winchesters continuent d’être au top du top, et Supernatural est toujours, et de très loin, l’une des meilleures séries de ces dix dernières années.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une septième saison.
La question n’est pas de savoir si vous devriez ou non regarder cette sixième saison de Supernatural, mais plutôt si vous devriez vous farcir l’intégralité de la série. Avec cent vingt-six épisodes au compteur, c’est une vraie problématique. Et puis il faut savoir que la première saison n’a rien d’exceptionnel et que c’est seulement à la troisième que la série a vraiment gagné ses lettres de noblesse en devenant un immanquable. Méchamment intelligente et bien foutue, on est loin de la simple petite série pour ado, et bel et bien dans le show sans doute le plus désespéré de sa génération. Incroyablement efficace, regorgeant d’originalité et de trouvailles géniales, c’est tout à la fois un vrai laboratoire à expérimentation et une magistrale réflexion sur l’Homme, la religion et la famille. Et vu le cliffhanger de la saison, c’est peu dire qu’on attend avec impatience le 23 septembre pour la reprise de la série !

Septième fournée de reviews avec le retour des producteurs de Prison Break, une nouvelle vision arthurienne, un ado avec un gros sexe, des ados qui ne pensent qu’au sexe et une toute petite sitcom !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Les producteurs de Prison Break sont de retour, pour notre plus grande angoisse… En plus, leur nouveau projet tourne encore autour de la prison : trois détenus sont employés par un marshall pour retrouver des bad boys qui viennent de s’échapper. Du coup, on ne s’attendait pas spécialement à être convaincu…

Et pourtant, malgré son générique sans doute le plus moche du monde, Breakout Kings se révèle être une sympathique surprise. La force de la série repose principalement sur son casting, qui propose des personnages aux capacités qui se répondent parfaitement. Il y a le super psychologue, le chef de gang, la fille de voleur/arnaqueur, la petite geek agoraphobe, et deux flics costauds (dont un ancien corrompu) pour chapoter le tout.

Le tour de force est d’arriver à tous les rendre sympathiques et à nous faire découvrir leurs vies, leurs problématiques profondes, par petite touches, de plus en plus grandissantes à mesure qu’on s’approche du season finale particulièrement réussi. Du coup, même si le reste n’est qu’un cop show de plus, on est suffisamment teasé par les personnages pour avoir envie de revenir chaque semaine. Et quand la série s’achève, on a hâte qu’elle reprenne l’année prochaine.

Final Score : 4/5, série en hiatus.

Breaktout Kings est sans doute l’un des meilleurs cop shows de cette année. Les intrigues sont soignées, mais ce sont surtout les personnages et la dynamique du groupe qui nous donne envie de les retrouver à chaque épisode. Une belle petite surprise – et l’occasion de retrouver quelques personnages (oui oui, personnages, pas acteurs !) de Prison Break, qui nous rappellent quand la série était encore intéressante !

Le cas Camelot est particulièrement intéressant. Prenez une chaîne (Starz) surtout connue pour avoir remis au goût du jour un personnage historique (Spartacus) et qui tente de faire de même avec la légende arthurienne. Prenez un spécialiste de l’histoire anglaise (Michael Hirst) connu pour s’intéresser aux  hommes de pouvoir, en particulier aux vieux rois anglais (The Tudors.) Miser le tout et vous obtenez… une série franchement spéciale.

C’est que Michael Hirst aime s’approprier pleinement ses sujets. Du coup, exit la dimension religieuse de la légende arthurienne, et quasiment exit la magie et autre quête du Graal. Hirst joue plein pot les deux sujets qui l’intéressent : le pouvoir et les femmes. Au point que très rapidement la série délaisse en grande partie Arthur et ses copains chevaliers – ainsi que son histoire d’amour compliquée avec Guinevere – pour ne s’intéresser plus qu’à la conquête du pouvoir par Morgane. Un choix plutôt bien vu étant donné qu’on fait face, pour une fois, à un personnage de femme active et puissante comme on en a rarement vu. Bon, ok, on pourrait peut-être reprocher à la série d’être un peu machiste en cherchant loin (Morgane est prête à tout pour être couronnée, Guinevere cède à  la tentation, quant à Ygraine elle se fait manipuler en bonne et due forme) mais ce serait à notre avis faire un mauvais procès à un show toujours fasciné par l’entêtement, par ces pulsions auxquelles on n’arrive jamais à échapper.

Du côté de la réalisation et de la production design, on sent bien que le show, comme The Tudors ou Spartacus, manque cruellement de moyen par rapport à ses ambitions. Du coup, on ne peut pas dire que visuellement ce soit vraiment une claque mais on ne peut que féliciter les bonnes idées de la production pour arriver à mener à bout le projet. Le casting, quant à lui, peine à convaincre dans les premiers épisodes mais s’avère nettement plus convaincant par la suite. Si Joseph Fiennes en fait toujours trop en Merlin, force est de reconnaître que Jamie Campbell Bower, le roi Arthur, qui faisait sérieusement douter de ses capacités avec sa petite gueule d’ange, se montre exceptionnel quand son personnage prend tout la mesure de son mythe vers la fin de la saison. Et que dire de Eva Green, formidable Morgane, tout à la fois rebutante et fascinante.

Final Score : 4/5, série en hiatus.

Camelot n’est clairement pas une série qui plaira à tout le monde. Si, comme Michael Hirst, les questions de pouvoir et de fascination vous intéresse, ou si vous voulez voir un personnage de femme forte comme vous n’en avez quasiment jamais vu, vous pouvez lui donner sa chance – la série a vraiment beaucoup à donner. Pour les autres, la pilule sera nettement plus dure à avaler.

MTV a surpris tout le monde l’année dernière en offrant ce qui s’est avéré être l’une des meilleures sitcom depuis bien longtemps. La saison deux de The Hard Times of RJ Berger était donc attendue au tournant : la série allait-elle s’adoucir, se transformer en “simple” show pour ado, ou les auteurs allaient-ils rester dans ce ton passablement subversif qui fait tout le charme des aventures de RJ ?

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le concept est relativement simple : RJ est un geek, principal victime du beau gosse et sportif du lycée. Mais au détour d’un petit problème de caleçon, toute l’école découvre son plus grand secret. Il est  pourvu d’un sexe absolument énorme !

Sur cette base se greffe des histoires d’ados relativement classiques avec une nette tendance à tourner autour du sexe. RJ veut sortir avec la plus belle pompom girl du lycée, sa copine d’enfance veut être la première à monter sur son mât, et son pote Miles veut coucher… avec tout ce qui bouge. La force de la série réside dans son ton particulièrement cru et sa manière très frontale d’affronter tous les sujets.

L’autre bonne idée, ce sont les petits encarts en animation, commandés à des studios qui ont tous une marque très différentes. Un vrai petit plaisir, d’autant plus que ces passages sont très intelligemment intégrés à l’histoire et jamais cela ne paraît artificiel.

Cette deuxième saison révèle quelques belles surprises, dont une nouvelle copine pour RJ, et conserve, voir amplifie, le ton sacrément costaud pour une série pour ado. D’autant que les auteurs s’amusent à suggérer pour en rajouter une couche, et on se souviendra tous de ce magnifique passage ou la mère de RJ prépare une courgette avant de la cuisiner…

Final Score : 4/5, série en hiatus.

The Hard Times of RJ Berger reste encore cette année l’une des meilleures sitcoms du moment. Si vous n’êtes pas réfractaires aux ados en personnages principaux, jetez vous dessus pour une grande séance de rire. Croisons les doigts pour que MTV commande une troisième saison qui devrait être assez exceptionnelle vu le climax de la fin de cette année !

Ca y est j’ai compris : The Secret Life of American Teenager est juste une vaste blague. Mais comme on dit, ce sont les plus courtes qui sont les meilleures, et là on vient tout de même de se taper 26 épisodes pour la saison 3 !

Véritable catastrophe ambulante, SLAT fait preuve d’un certain talent pour absolument tout foirer. Production design qui vous donnerait envie de vous tuer si vous deviez vivre dans de tels décors, histoires éculées et dialogues artificiels et largement trop explicites, acteurs capables de faire semblant de jouer trois émotions, musique abominable, rien, absolument rien, ne vient refaire remonter la pente.

Et pour arriver à un tel niveau de nullité, soyez en sûr, il faut avoir un sérieux talent.

Final Score : 1/5, série renouvelée pour une quatrième saison (déjà en cours de diffusion…)

Exemple type de tout ce qui peut faire haïr les séries américaines à quelqu’un, The Secret Life of American Teenager est une ambulance sur laquelle on ne va pas se mettre à tirer. Dommage que la série marche aussi bien aux Etats-Unis : ABC Family est déjà en train de diffuser la quatrième saison et ne devrait pas s’arrêter là…

Sitcom adaptée d’un programme israélien, Traffic Light était censée remplacer l’échec Running Wilde. Et pour le coup, l’adaptation de Bob Fisher (l’auteur de Wedding Crashers) ne va pas vraiment faire mieux…

Deux couples de trentenaires et leur pote éternel séducteur célibataire : on ne peut pas dire qu’on nage en plein délire d’originalité. La seule idée de la série, c’est de montrer les personnages en pleine audio-conférence, coincés dans leurs voitures sur les routes de LA. Des passages plutôt dynamiques et marrants… mais la série ne peut prétendre à aucun autre point positif. Pas vraiment drôle, pas vraiment attachante, Traffic Light essaie de faire bien mais, tel un bon élève trop appliqué, manque vraiment trop de personnalité pour convaincre. Du coup, son absence l’année prochaine ne nous fait franchement ni chaud ni froid.

Final Score : 2/5, série annulée après la première saison.

Traffic Light n’était pas un mauvais bougre, elle manquait juste trop de personnalité pour convaincre qui que ce soit. La preuve : après avoir vu tous les épisodes, je suis incapable de me rappeler un moment qui m’aurait vraiment fait rire.