Cette semaine, deux familles nous disent au-revoir, une île n’aura pas le succès de Lost, l’horreur américaine nous laissera nous reposer, et un auteur se posera des questions d’auteurs sur le genre policier. Quatre départs et une nouveauté, c’est tout de suite.
C’est LA nouveauté de la semaine et l’un des projets qui a fait le plus parler de lui cette saison. The Following, première vraie création de Kevin Williamson pour la télévision depuis Dawson’s Creek, se présente comme un thriller très angoissant, mettant en scène deux véritables gueules cassées, Kevin Bacon et James Purefoy, dans ce qui est annoncé comme l’un des plus gros duel jamais vu. Alors, le résultat est-il à la hauteur des attentes ?
A première vue, pas vraiment. Certes, Bacon et Purefoy s’amusent vraiment dans ce jeu du chat et de la souris entre un flic et un tueur en série, mais leurs compétences d’acteurs sont pour l’instant pas vraiment exploitées. Idem pour la réalisation et le look général de la série, qui ne nous change pas, par exemple, d’un Criminal Minds. Mais alors où diable peut se trouver l’originalité du projet ?
Tout simplement sur le scénario, qui s’appuie sur deux idées fortes. La première, c’est de jouer un tueur série à l’heure d’internet, quand la communication est tellement facilitée qu’on peut mettre en place et suivre un plan à l’autre bout du monde. La fascination du mal n’a ainsi plus de frontière, et la création d’un culte autour du personnage du tueur en série paraît tout à fait crédible… et jouissive. Notre tueur est enfermé en prison, mais ça ne l’empêche pas de pouvoir tuer !
L’autre idée forte du scénario, c’est que Kevin Williamson compte bien faire à la série policière ce qu’il a fait aux films d’horreur avec Scream, c’est à dire en révéler tous les codes, les analyser, les utiliser, puis les transcender et les briser. Les cinq dernières minutes du pilote de The Following sont ainsi particulièrement malignes dans le discours qui se met en place, autour des mécaniques d’histoire, du parcours du héros, et même de la structure. Cette idée est cependant à double tranchant : ceux qui y adhèrent mourront d’envie de voir la suite ; ceux qui trouve que ça casse la crédibilité de l’univers peuvent d’ores-et-déjà laisser tomber la série puisque Williamson a basé toute cette saison dessus.
Mais même pour ceux qui se laisseraient séduire, la question reste entière : The Following pourra-t-elle tenir sur la longueur ? Trouvera-t-elle son public ou le soufflet retombera-t-il sans panache ? Seul l’avenir peut nous apporter la réponse…
Mon Pronostic : Une saison deux ! Allez, la Fox, vous pouvez faire un effort !
Fin de saison quatre pour Parenthood, assurément la série ayant la famille pour thématique la plus sincère vue depuis très longtemps. Alors que NBC hésite toujours à commander une cinquième fournées d’épisodes, partagée entre l’échec public et la réussite critique, les auteurs nous ont offert une vraie résolution… ayant malgré tout un vrai potentiel pour continuer !
Parenthood, c’est donc les mésaventures de quatre frères et soeurs approchant la quarantaine, qui ont tous des enfants et une manière particulière de les gérer. Visuellement assez basique, la série est portée par des acteurs très investis qui se sont totalement emparés de leurs personnages au fil des années. Impossible de ne pas s’attacher au destin de chacun, de ne pas être touché par ces relations fraternelles où l’on s’engueule pour un rien mais on se soutient pour tout.
Dommage alors que le show reste très gentillet et se retranche souvent vers des solutions de facilités (quelques deus ex peu convaincants viennent conclure des intrigues dont les sujets pourraient devenir glauque) et cherche toujours à satisfaire l’ensemble du public familial. A force de vouloir montrer les bienfaits d’une famille soudée, le show finit parfois par épuiser…
Final Score : 6/10
Parenthood est un très bon show familial, bien meilleur que la plupart des choses qu’on a pu voir ces dernières années. Mais la limite est là : à force de vouloir plaire à toute la famille, la série ne peut traiter vraiment sérieusement certaines thématiques pourtant passionnantes. Bref, Parenthood est sympathique mais elle ne révolutionne malheureusement pas vraiment un genre déjà pas mal éculé.
Clap de fin définitif pour Private Practice ! Le spin-off de Grey’s Anatomy aura donc survécu pendant six ans, et on ne peut qu’applaudir les scénaristes d’avoir réussi à tenir aussi longtemps avec des personnages aussi lassants !
Car il faut bien reconnaître que le show de Shonda Rhimes n’a fait que baisser en qualité au fil des années. Alors qu’elle apportait un vrai souffle à un Grey’s Anatomy pour le moins fatigué, Private Practice a fini par en devenir une pâle copie puis un pur show expérimental, sans réel sujet, thématique ou profondeur. S’il est marrant de voir parfois plusieurs mois s’écouler dans un seul épisode, le destin de ces quadragénaires en permanente hésitation sur leurs vies, leurs choix, leurs envies, n’avait franchement plus grand chose d’intrigant ou d’excitant. Preuve en est cette ultime saison qui se termine dans l’anonymat général, et que vous oublierez sitôt le dernier épisode terminé.
Final Score : 4/10
A part pour les scénaristes aguerris qui s’interrogent sur la manière dont on peut gérer le temps de manière originale dans une série, cette ultime saison de Private Practice ne possède pas vraiment d’intérêt. Tant pis, on n’en attendait plus grand chose de toutes façons.
Après le lait concentré, voici la conclusion de série concentrée ! Avec cet ultime épisode qui veut apporter des réponses à toutes les questions, Last Resort épuise, fatigue, et laisse complètement dubitatif face aux coupes (extrêmes) qui ont du être faites à la dernière minute. Ou comment faire revivre un perso, gérer une mutinerie, transformer un des héros en tueur, conclure l’arche d’un couple qu’on avait oublié, et même assassiner un président, le tout en moins de quarante-deux minutes !
Au final, que restera-t-il de Last Resort ? Créée par Shawn Ryan, un auteur connu pour ses prises de positions courageuses, la série a sans doute été plombée dès le départ par le diffuseur choisi (ABC, un grand network familial) et plus encore par son heure de diffusion (20:00, soit la case dans laquelle il ne faut surtout pas choquer l’Amérique, car c’est toute la famille bien pensante qui se retrouve devant le petit écran.) Ryan n’avait sans doute pas le choix : vu l’ambition du projet, il lui fallait un budget que seul HBO ou un gros network pouvait lui offrir. On se demandera donc toujours ce qu’aurait pu faire l’auteur de cette série qui pouvait être hautement polémique si elle avait eu le droit de poser de vraies questions. Entre une critique acerbe de la politique américaine et de l’usage à des fins purement économiques de l’armée, un réel questionnement sur le patriotisme , ainsi qu’une réflexion sur l’occupation, le show aurait pu s’avérer être un programme d’exception.
Le résultat est malheureusement très loin d’être à la hauteur. On découvre avec horreur des triangles amoureux surannés, des ficelles de scénario grosse comme le poing, mais aussi des comédiens qui ne comprennent pas ce qu’ils font là et une réalisation qui se contente de filmer des hélicos, des sous-marins et des explosions nucléaires sans aucune réflexion. Bref, là où on aurait pu avoir du caviar, on a reçu du vieux pâté en croute.
Final Score : 5/10
Plombé par une diffusion la cantonnant à une série familiale, Last Resort est d’autant plus décevante qu’elle aurait pu s’avérer être une vraie grande série. Espérons qu’une telle déception ne se reproduira pas de si tôt…
Mais quel putain d’épisode ! Pour la fin de la deuxième histoire de leur anthologie d’horreur, les scénaristes d’American Horror Story nous ont concocté une intrigue aux petits oignons, magistralement servie par l’une des réalisations les plus inventives de cette année… voir de cette décennie. Superbe conclusion d’une saison haute en couleurs, cet ultime épisode confirme tout le bien qu’on pensait de la série si particulière de FX.
Pour les rares qui n’auraient pas compris, American Horror Story est une série d’horreur, qui joue avec tous les codes du genre, quitte à en abuser et à cumuler les effets d’annonce. Chaque saison s’intéresse à une histoire différente et, après la maison hantée, voici l’asile psychiatrique ultra flippant. Nones possédées par le diable, ex nazi qui fait des expériences sur des humains, et même quelques extra-terrestres (!) viennent, entre autre, essayer (et souvent réussir) de vous foutre la trouille.
Mais les auteurs ont bien compris que l’horreur gratuite n’a pas vraiment d’intérêt et qu’elle doit plutôt servir à traiter d’un sujet d’une manière décalée et différente. Ainsi, toute cette deuxième saison développe une thématique riche et profonde sur la place de la femme dans la société américaine des années 60, et les rapports de pouvoir qui vont se mettre en place au début des années 70. Magistralement exploitée, la thématique explose littéralement à la gueule du spectateur dans un dernier épisode totalement inattendu et incroyablement réussi.
Final Score : 9/10
Cette deuxième saison d’American Horror Story, sous-titrée Asylum, est tout simplement un putain de chef-d’oeuvre. Ne vous faites pas avoir par les quelques moments qui peuvent apparaître comme de grosses facilités dans les premiers épisodes, la série n’est absolument pas gratuite et sa conclusion est tout simplement fabuleuse. Définitivement un des immanquables de l’année.
Rendez-vous très bientôt pour parler espions russes dans l’Amérique des années 80. Si si.























