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Cette semaine, deux familles nous disent au-revoir, une île n’aura pas le succès de Lost, l’horreur américaine nous laissera nous reposer, et un auteur se posera des questions d’auteurs sur le genre policier. Quatre départs et une nouveauté, c’est tout de suite.

the following

C’est LA nouveauté de la semaine et l’un des projets qui a fait le plus parler de lui cette saison. The Following, première vraie création de Kevin Williamson pour la télévision depuis Dawson’s Creek, se présente comme un thriller très angoissant, mettant en scène deux véritables gueules cassées, Kevin Bacon et James Purefoy, dans ce qui est annoncé comme l’un des plus gros duel jamais vu. Alors, le résultat est-il à la hauteur des attentes ?

A première vue, pas vraiment. Certes, Bacon et Purefoy s’amusent vraiment dans ce jeu du chat et de la souris entre un flic et un tueur en série, mais leurs compétences d’acteurs sont pour l’instant pas vraiment exploitées. Idem pour la réalisation et le look général de la série, qui ne nous change pas, par exemple, d’un Criminal Minds. Mais alors où diable peut se trouver l’originalité du projet ?

Tout simplement sur le scénario, qui s’appuie sur deux idées fortes. La première, c’est de jouer un tueur série à l’heure d’internet, quand la communication est tellement facilitée qu’on peut mettre en place et suivre un plan à l’autre bout du monde. La fascination du mal n’a ainsi plus de frontière, et la création d’un culte autour du personnage du tueur en série paraît tout à fait crédible… et jouissive. Notre tueur est enfermé en prison, mais ça ne l’empêche pas de pouvoir tuer !

L’autre idée forte du scénario, c’est que Kevin Williamson compte bien faire à la série policière ce qu’il a fait aux films d’horreur avec Scream, c’est à dire en révéler tous les codes, les analyser, les utiliser, puis les transcender et les briser. Les cinq dernières minutes du pilote de The Following sont ainsi particulièrement malignes dans le discours qui se met en place, autour des mécaniques d’histoire, du parcours du héros, et même de la structure. Cette idée est cependant à double tranchant : ceux qui y adhèrent mourront d’envie de voir la suite ; ceux qui trouve que ça casse la crédibilité de l’univers peuvent d’ores-et-déjà laisser tomber la série puisque Williamson a basé toute cette saison dessus.

Mais même pour ceux qui se laisseraient séduire, la question reste entière : The Following pourra-t-elle tenir sur la longueur ? Trouvera-t-elle son public ou le soufflet retombera-t-il sans panache ? Seul l’avenir peut nous apporter la réponse…

Mon Pronostic : Une saison deux ! Allez, la Fox, vous pouvez faire un effort !

Parenthood

Fin de saison quatre pour Parenthood, assurément la série ayant la famille pour thématique la plus sincère vue depuis très longtemps. Alors que NBC hésite toujours à commander une cinquième fournées d’épisodes, partagée entre l’échec public et la réussite critique, les auteurs nous ont offert une vraie résolution… ayant malgré tout un vrai potentiel pour continuer !

Parenthood, c’est donc les mésaventures de quatre frères et soeurs approchant la quarantaine, qui ont tous des enfants et une manière particulière de les gérer. Visuellement assez basique, la série est portée par des acteurs très investis qui se sont totalement emparés de leurs personnages au fil des années. Impossible de ne pas s’attacher au destin de chacun, de ne pas être touché par ces relations fraternelles où l’on s’engueule pour un rien mais on se soutient pour tout.

Dommage alors que le show reste très gentillet et se retranche souvent vers des solutions de facilités (quelques deus ex peu convaincants viennent conclure des intrigues dont les sujets pourraient devenir glauque) et cherche toujours à satisfaire l’ensemble du public familial. A force de vouloir montrer les bienfaits d’une famille soudée, le show finit parfois par épuiser…

Final Score : 6/10

Parenthood est un très bon show familial, bien meilleur que la plupart des choses qu’on a pu voir ces dernières années. Mais la limite est là : à force de vouloir plaire à toute la famille, la série ne peut traiter vraiment sérieusement certaines thématiques pourtant passionnantes. Bref, Parenthood est sympathique mais elle ne révolutionne malheureusement pas vraiment un genre déjà pas mal éculé.

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Clap de fin définitif pour Private Practice ! Le spin-off de Grey’s Anatomy aura donc survécu pendant six ans, et on ne peut qu’applaudir les scénaristes d’avoir réussi à tenir aussi longtemps avec des personnages aussi lassants !

Car il faut bien reconnaître que le show de Shonda Rhimes n’a fait que baisser en qualité au fil des années. Alors qu’elle apportait un vrai souffle à un Grey’s Anatomy pour le moins fatigué, Private Practice a fini par en devenir une pâle copie puis un pur show expérimental, sans réel sujet, thématique ou profondeur. S’il est marrant de voir parfois plusieurs mois s’écouler dans un seul épisode, le destin de ces quadragénaires en permanente hésitation sur leurs vies, leurs choix, leurs envies, n’avait franchement plus grand chose d’intrigant ou d’excitant. Preuve en est cette ultime saison qui se termine dans l’anonymat général, et que vous oublierez sitôt le dernier épisode terminé.

Final Score : 4/10

A part pour les scénaristes aguerris qui s’interrogent sur la manière dont on peut gérer le temps de manière originale dans une série, cette ultime saison de Private Practice ne possède pas vraiment d’intérêt. Tant pis, on n’en attendait plus grand chose de toutes façons.

last resort bye bye

Après le lait concentré, voici la conclusion de série concentrée ! Avec cet ultime épisode qui veut apporter des réponses à toutes les questions, Last Resort épuise, fatigue, et laisse complètement dubitatif face aux coupes (extrêmes) qui ont du être faites à la dernière minute. Ou comment faire revivre un perso, gérer une mutinerie, transformer un des héros en tueur, conclure l’arche d’un couple qu’on avait oublié, et même assassiner un président, le tout en moins de quarante-deux minutes !

Au final, que restera-t-il de Last Resort ? Créée par Shawn Ryan, un auteur connu pour ses prises de positions courageuses, la série a sans doute été plombée dès le départ par le diffuseur choisi (ABC, un grand network familial) et plus encore par son heure de diffusion (20:00, soit la case dans laquelle il ne faut surtout pas choquer l’Amérique, car c’est toute la famille bien pensante qui se retrouve devant le petit écran.) Ryan n’avait sans doute pas le choix : vu l’ambition du projet, il lui fallait un budget que seul HBO ou un gros network pouvait lui offrir. On se demandera donc toujours ce qu’aurait pu faire l’auteur de cette série qui pouvait être hautement polémique si elle avait eu le droit de poser de vraies questions. Entre une critique acerbe de la politique américaine et de l’usage à des fins purement économiques de l’armée, un réel questionnement sur le patriotisme , ainsi qu’une réflexion sur l’occupation, le show aurait pu s’avérer être un programme d’exception.

Le résultat est malheureusement très loin d’être à la hauteur. On découvre avec horreur des triangles amoureux surannés, des ficelles de scénario grosse comme le poing, mais aussi des comédiens qui ne comprennent pas ce qu’ils font là et une réalisation qui se contente de filmer des hélicos, des sous-marins et des explosions nucléaires sans aucune réflexion. Bref, là où on aurait pu avoir du caviar, on a reçu du vieux pâté en croute.

Final Score : 5/10

Plombé par une diffusion la cantonnant à une série familiale, Last Resort est d’autant plus décevante qu’elle aurait pu s’avérer être une vraie grande série. Espérons qu’une telle déception ne se reproduira pas de si tôt…

03 AHS Asylum

Mais quel putain d’épisode ! Pour la fin de la deuxième histoire de leur anthologie d’horreur, les scénaristes d’American Horror Story nous ont concocté une intrigue aux petits oignons, magistralement servie par l’une des réalisations les plus inventives de cette année… voir de cette décennie. Superbe conclusion d’une saison haute en couleurs, cet ultime épisode confirme tout le bien qu’on pensait de la série si particulière de FX.

Pour les rares qui n’auraient pas compris, American Horror Story est une série d’horreur, qui joue avec tous les codes du genre, quitte à en abuser et à cumuler les effets d’annonce. Chaque saison s’intéresse à une histoire différente et, après la maison hantée, voici l’asile psychiatrique ultra flippant. Nones possédées par le diable, ex nazi qui fait des expériences sur des humains, et même quelques extra-terrestres (!) viennent, entre autre, essayer (et souvent réussir) de vous foutre la trouille.

Mais les auteurs ont bien compris que l’horreur gratuite n’a pas vraiment d’intérêt et qu’elle doit plutôt servir à traiter d’un sujet d’une manière décalée et différente. Ainsi, toute cette deuxième saison développe une thématique riche et profonde sur la place de la femme dans la société américaine des années 60, et les rapports de pouvoir qui vont se mettre en place au début des années 70. Magistralement exploitée, la thématique explose littéralement à la gueule du spectateur dans un dernier épisode totalement inattendu et incroyablement réussi.

Final Score : 9/10

Cette deuxième saison d’American Horror Story, sous-titrée Asylum, est tout simplement un putain de chef-d’oeuvre. Ne vous faites pas avoir par les quelques moments qui peuvent apparaître comme de grosses facilités dans les premiers épisodes, la série n’est absolument pas gratuite et sa conclusion est tout simplement fabuleuse. Définitivement un des immanquables de l’année.

 

Rendez-vous très bientôt pour parler espions russes dans l’Amérique des années 80. Si si.

Premier rendez vous de la semaine du 13 au 19 mai, très lourdement chargée en départ. Tellement chargée qu’elle va faire l’objet de plusieurs bilan de la semaine !

Je me suis beaucoup moqué, ici même, de celle que j’appelle “Glee pour les adultes“, en l’occurence la comédie musicale de Theresa Rebeck intitulée Smash. La créatrice et show-runner de la série connaît bien le monde assez particulier de Broadway pour y avoir beaucoup travaillé et il ne fait nul doute qu’elle a mis beaucoup de coeur à l’ouvrage pour retranscrire cet univers si particulier. Soutenue par Steven Spielberg qui, s’il a toujours produit des show télé, s’est superbement planté cette année avec Terra Nova et The River (pourtant franchement pas mal) et un peu moins avec Falling Skies (reconduite pour une saison deux qui va démarrer pendant l’été), Theresa Rebeck avait intérêt à ce que son programme séduise une majeur partie du public. C’est apparemment chose faite, vu les audiences, mais il a dû se passer quelque chose en coulisse car Rebeck, après avoir annoncé qu’elle laissait le poste de show runner à Joshua Safran (de Gossip Girl) mais restait scénariste, vient de certifier qu’elle ne reviendra pas du tout pour la deuxième saison. Bref, la réalité a largement rattrapé la fiction…

Mais alors que faut-il penser de ces seize premiers épisodes ? Que ce soit bien clair : si vous ne supportez pas les pleurnicheries braillées à tue-tête des musical américaines, pas sûr que vous puissiez vous avalez les nombreux passages chantés de la série, pourtant nettement mieux réalisés que ceux de Glee. Après, c’est à vous de voir. La série souffre de personnages stéréotypés au possible (on reconnaît bien des pattern de personnalité, mais les auteurs poussent un peu trop le bouchon pour être crédible) et est surtout portée par deux connassines qu’on a envie de frapper l’une contre l’autre au bout de dix minutes (la blonde à gros seins et la brune romantico-ghoto-pouffe). D’un autre côté, on a doit à quelques vérités bien senties sur la cruauté du show-business, sans aucune complaisance (fabuleux passage où le metteur en scène explique à une comédienne qu’elle a beau avoir bossé comme une tannée elle n’a juste pas le truc en plus de sa concurrente). Quant à la réalisation et les comédiens, il faut bien avouer qu’ils sont loin d’être mauvais.

Final Score : 3.5/5

Smash n’est pas une franche réussite, tout simplement parce que ses personnages sont totalement insupportables – mais c’est peut-être un simple ressenti personnel, et il est fort possible de tout ce qui me semble artificiel et stéréotypé s’avère en réalité tout à fait juste sur le monde de Broadway. Reste que les scénarios sont loin d’être mauvais, à la différence des chansons hystériques, et que le fil rouge de la saison s’avère agréable à suivre. Et, mis à part l’incompréhensible Ellis et la manière très particulière dont la scénariste – dans la fiction – monte l’histoire de la comédie musicale, les gros cartons rouges se font assez rare.

Bwarf ! Cette cinquième saison de Gossip Girl aura été – pour moi – celle de l’enterrement définitif de la série. Entre les personnages inconsistants, la réalisation molle et des scénarios absolument pas passionnant (non, mais c’est vrai ça, qui a eut l’idée de faire épouser le prince de Monaco à Blair ?) ces 24 épisodes auront plus tenu du calvaire que de la réjouissante bouffée de fraicheur que la série entretenait à ses débuts. Chuck Bass ne manigance plus rien alors que c’était le personnage le plus fourbe de la télévision, Ivy et Charlie ne servent à rien, quant à Elizabeth Hurley, récemment débarquée, elle fait tout simplement peur à voir. Toute la critique de ce monde où l’ambition est la seule valeur qui compte s’est effondrée au profit d’un affairisme bien pensant.

Final Score : 2/5

Aïe : Gossip Girl n’en finit plus de chuter et va finir par se scratcher au sol. Ouf, la prochaine saison sera la dernière – il est temps. Elles ont l’air gourde, comme ça, les filles de MIOBI (Make It Or Break It) mais en vrai elles assurent. Ces trois jeunes gymnastes vont-elles réussi à obtenir leur place pour les J.O. de Londres ? C’est le pitch de cette troisième saison qui se débarrasse donc de l’énervante Emily Kmetko qui était au début la vraie héroïne du programme. Pas franchement marquante d’un point de vue de la réalisation ou du jeu – assez forcé – des actrices, MIOBI puise sa force dans ses scénarios qui n’hésitent pas à s’attaquer à la complexité et la difficulté du sport à haut niveau. Le problème, c’est que cette critique assez cynique s’enrobe d’intrigues romantiques ridicules ainsi que d’une certaine chape morale qui veut que le karma régisse tout ce sympathique petit monde. La série s’est conclue sur un finale pas franchement décevant mais extrêmement attendu. Dommage, on aurait bien aimé être surpris une dernière fois.

Final Score : 2.5/5

Make it or break it était une série assez moyenne mais qui cachait d’excellentes idées et un sens du rythme plutôt convaincant. Elle ne restera pas dans l’histoire des séries, mais était certainement l’un des meilleurs programmes d’ABC Family… On sentait la série fatiguée, cette septième saison de How I Met Your Mother nous l’a confirmé : la série est dans cette mauvaise phase que tous les shows qui durent presque une décennie doivent traverser. En attendant la saison du renouveau ou de la fin, qui sera donc la huitième, fallait-il faire l’impasse sur les 24 épisodes de cette année ? Le feuilletonnant n’était en tous cas pas particulièrement réjouissant, et les différentes intrigues sentimentales manquaient sérieusement de punch pour convaincre. HIMYM est même devenue bavarde et fatigante à l’image de ces jeunes mères qui ne peuvent que parler d’enfant (et là, on nous bassine avec le bébé de Marshall et Lily au point d’avoir envie de les frapper…) Reste Barney, toujours aussi drôle et efficace quand les auteurs n’essaient pas de le rentre outrancièrement (et donc artificiellement) humain. C’est donc là que réside la bonne surprise, vers la fin de la saison, dans son histoire assez étonnante avec une très amusante stripteaseuse.

Final Score : 3.5/5

On pourra vite oublier cette saison de How I Met Your Mother, pas franchement mauvaise mais loin d’être aussi drôle que les précédentes. La série passe par un passage à vide quasiment obligé vu sa longévité, mais elle a intérêt à rebondir l’année prochaine… Hummm, ce qu’ils sont beaux sur l’affiche les acteurs de 90210, relaunch abusif de la licence Beverly Hills. Malheureusement, la série, elle, s’avère franchement moins jolie et calibrée. La quatrième saison de ce programme hautement éducatif nous aura donc appris une chose des plus importantes : l’amour c’est ce qu’il y a de plus important. Mais bon, ça ne dure pas longtemps. Entre Annie qui tombe amoureuse d’un futur pasteur, Liam qui devient un acteur de film de SF (oh mon dieu, ce qu’on y croit), Silver qui passe de mecs en mecs en demandant qu’on l’aime (et qu’à la fin on lui fasse un enfant), Dixon qui plante sa nouvelle copine pour aller faire de la musique, ou encore l’insupportable Naomi qui découvre qu’elle a ce sale petit geek vraiment dans la peau (ouais, bon je vous spoile le dernier épisode mais sparave) : c’est à croire que tous ces jeunes gens sont encore plus stupides et stéréotypés que l’année dernière – c’est dire… Reste Ivy (tellement importante qu’elle n’est même pas sur l’affiche) qui zone en plein désespoir et ce pauvre Navid, interprété par Michael Steger, seul acteur apparemment à ce rendre compte de la vacuité de ses dialogues. Bref, 90210 c’est du grand vide, du absolument n’importe quoi, et en même temps c’est exactement ce qu’on attend de cette série.

Final Score 2.5/5

90210 est l’archétype de la série ado inconsistante, simplement là pour être consommée à la sortie des cours et fournir un sujet de conversation à de jeunes collégiens déprimés. Pour un produit de ce genre, elle mérite donc amplement la moyenne. Mais si vous avez plus de seize ans, vous pouvez sérieusement passer votre chemin (si vous avez moins aussi d’ailleurs….)

Ah il est frais mon poisson, il est frais ! Enfin, plus tellement en vérité. Avec cette cinquième saison, Private Practice, le spin-off plus “adulte” de Grey’s Anatomy s’essouffle affreusement. Si les cas médicaux s’avèrent souvent intéressants, c’est bien le feuilletonnant qui n’arrive pas à nous accrocher. Ainsi, on a que faire de la thérapie de Kate, et elle nous gonfle rapidement avec son envie d’avoir un enfant mais de garder son couple. De l’autre côté, les scénaristes abuse à outrance de la larme facile avec la pauvre Amélia qui en prend mais alors vraiment plein la gueule (elle devient accroc, elle perd son mec, découvre qu’elle est enceinte, puis que son enfant n’a pas de cerveau – non, ce n’est pas une métaphore.) Enfin, il y a Cooper qui apprend qu’il est papa et bah, sparave parce que en fait ça va toujours bien se passer pour lui. Et les autres, franchement, on s’en moque totalement. A se reposer sur ses acquis, Private Practice ne surprend plus et ennuie.

Final Score : 2/5

Celle qui, à l’époque, s’était avérée bien meilleure que sa grande soeur Grey’s Anatomy, s’avère cette année carrément plus mauvaise. Personnages aux destinées inintéressantes, scènes de bavardage intempestives et réalisation toujours en berne auront raison des meilleurs volonté. Qu’on se le dise, on s’endort tous devant Private Practice.

Quatrième fournée de reviews des séries diffusées cette année. On revient sur le shondaland, on fait un tour dans la rome de la renaissance, et on rigole avec deux dessins animés du dimanche.

Et les liens : partie 01, partie 02, partie 03.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Septième saison pour Grey’s Anatomy, celle décrite par les experts comme la plus difficile à passer, celle qui est censée marquer la fin d’une époque avant d’en entamer une autre. Après le départ de deux de ses acteurs fondateurs il y a deux ans, la série a déjà passé le cap de la transition de personnages adolescents (dans leurs têtes) au statut d’adulte. Il fallait donc trouver une autre voie pour tenter de renouveler un peu la série qui ne cesse de s’essouffler…

La saison s’ouvre sur les répercussions du drame qui faisait office de season finale l’année dernière, à savoir une fusillade dans l’hôpital. Du coup, les auteurs tentent de jouer un bon moment sur les répercussions psychologiques d’un tel évènement. Christina abandonne la médecine, Meredith fait face (plus ou moins) à ses pulsions suicidaires, Alex prend conscience de son potentiel. Du coté des “adultes”, rien de bien nouveau à se mettre sous la dent – seul le chef va devoir faire face à la maladie d’Alzheimer qui atteint sa femme. Ça tombe bien, Meredith et son MacDreamy de mari lance une étude sur un médicament qui pourrait aider à contrer les effets néfastes de cette terrible affliction. Glop glop glop.

L’année s’est écoulée rapidement et je n’ai jamais regardé Grey’s Anatomy avec déplaisir. Pas sûr, pour autant, que j’en retienne quoi que ce soit. Le show s’est enfermé dans ses petites habitudes et est devenu une sorte de soap de luxe à tendance réaliste : fini le ballet des couples qui se font et se déchire, maintenant tout le monde cherche à construire sur du long terme… mais du coup les scénaristes sont bien en berne de trouver des évènements marquants. Et ce n’est pas l’accident de Callie, personnage dont on se contrefout royalement depuis qu’elle fait la “grande”, qui va améliorer les choses : il donne lieu à un épisode musical qui est de loin l’une des plus grosses catastrophes télévisuelles de cette année, voir des dix dernières saisons !

Final Score : 3/5 pour les fans de la première heure, 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une huitième saison.

J’ai longtemps pris le parti de Grey’s Anatomy face à ses détracteurs. Sous ses allures de medical show, c’était pour moi un show pour adolescents de haute volée, qui a tout compris de la transition de l’adolescence à l’âge adulte. Aujourd’hui, le show n’est plus que l’ombre de lui-même. Certes, on prend plaisir à suivre le destin de personnages qu’on aime toujours autant, mais on n’en retient absolument plus rien. Tel un soap haut de gamme, après le visionnage on a déjà presque tout oublié. La résurrection est prévue pour l’année prochaine, alors croisons les doigts.

Quatrième saison pour la petite soeur de Grey’s Anatomy, à savoir Private Practice. Plus adulte, le show se concentre sur une clinique privée de fertilité et n’hésite pas à aborder des thématiques beaucoup plus sombre que les aventures de Meredith Grey. Mais pour cette quatrième saison, arriver à se renouveler dans les histoires va être dur, très dur. Impossible ?

Ce qu’on retiendra principalement de cette quatrième saison, c’est le viol de Charlotte King et la manière dont il est traité. Brutal, c’est le moins que l’on puisse dire. Et c’est bien là que le show prouve toute sa force : c’est, à mon souvenir, la première fois que cette thématique est traitée avec une telle intensité, une vraie envie d’aller au bout des implications psychologiques ET physiques, et ce sans jamais jouer les pousse-aux-larmes. Un énorme point positif pour la série, qui aurait mérité quelque récompense pour ne pas avoir reculé devant la difficulté de traiter un tel sujet.

A part ça ? Et bien pas grand chose. Comme pour Grey’s Anatomy, on retrouve avec un certain plaisir les personnages, on apprécie de les voir très légèrement évoluer, mais leurs aventures s’oublient aussitôt le poste éteint. Violet écrit un livre expliquant son expérience mais met le cabinet en porte à faux. Addison révèle son histoire avec Sam et perd sa meilleure amie (qui est l’ex femme de Sam pour ceux qui l’ignorent !) mais elle veut un bébé et pas lui. Bouh. Et Sheldon… heu… ben il est là quoi. Ah oui, la soeur de MadDreamy est enfin totalement intégré au casting et de temps en temps elle a des problèmes d’alcool. Voilà. C’est peu, bien peu, trop peu, d’autant plus que les thématiques se répètent et ne sont jamais vraiment traiter. Dommage.

Final Score : 3/5 si vous suivez Grey’s Anatomy et pour le traitement du viol de Charlotte King. 2/5 pour l’ensemble de la saison. Série renouvelée pour une cinquième saison.

Private Practice marque cette année un vrai coup d’éclat avec son traitement de la thématique du viol, prise à bras le corps. Le reste se regarde sans vraiment y penser et s’oublie aussi vite. Vite, vite, de nouveaux scénaristes avec des idées.

Chapeau bas au programmeur de la FOX qui prenne un certain risque en intégrant dans leur soirée dessin animé du dimanche soir un produit estampillé ni par Matt Groening (The Simpsons, Futurama), ni par Seth MacFarlane (Family Guy, American Dad, The Cleveland Show). Ils avaient tout à y perdre, vu que les deux autres cartonnent totalement. Leur choix se porte curieusement sur Bob’s Burgers, autour d’une famille qui possède un restaurant de hamburger. Plus curieux encore, quasiment rien dans la série ne justifie le dessin animé, et le projet pourrait tout aussi bien exister en live. Du coup, on peut sérieusement se demander si le show n’est pas plombé dés le départ par un mauvais choix de production…

La première rencontre avec Bob et sa famille est un peu ardue : graphisme très particulier, voix relativement hystériques, générique à l’humour douteux – on ne se sent pas très bien et on hésite vraiment à éteindre son poste. D’ailleurs, les premiers épisodes laissent assez perplexes : certes, ce n’est pas une catastrophe, mais on ne rit pas vraiment et on ne cesse de se demander pourquoi, mais pourquoi ?

Et puis le miracle arrive enfin. Est-ce la série qui s’améliore ou nous qui nous acclimatons à cette si particulière famille ? D’un coup la lenteur amorphe de Tina nous amuse, tout comme les pets et les morceaux de musique si particulier de Gene, les deux plus grands enfants. L’hystérique maman, Linda, devient aussi adorable qu’une Marge Simpson (en bien plus trippée) et Bob nous donnerait presque envie d’avoir une moustache. Mais c’est surtout le personnage de Louise, qui adore faire des blagues et se moquer de tout le monde (elle répète à l’envie qu’elle est entourée d’idiots et n’hésite pas à exploiter des enfants pour se faire de l’argent sur leur dos !), qui fait vraiment exploser la série, qui la rend soudain irrésistible et nous donne envie encore et encore d’y revenir.

Du coup, bravo messieurs de la FOX, mission accomplie.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Bob’s Burgers n’est pas une série qui s’apprivoise facilement et nul doute que nombre de spectateurs ne riront jamais face à ce programme VRAIMENT atypique. Ceux qui, comme moi, aime les personnages de petite fille tyrannique, excessive, manipulatrice et profondément survoltée, tomberont forcément sous le charme de Louise puis, peu à peu, de tout le reste de la série. Et pour une fois qu’on a un programme un peu original et des gens de chaîne qui prennent des risques, on ne va pas faire la fine bouche.

Les papis de la télévision américaine, installé depuis 22 ans le dimanche soir sur la FOX, arrivent-ils encore à nous faire rire ? The Simpsons bénéficie d’un potentiel de sympathie juste énorme, mais il serait peut-être temps de donner un bon coup de pied dans la fourmilière…

Impossible de ne pas comparer The Simpsons aux autres séries animées, surtout histoire de se faire un vrai avis sur cette vingt-deuxième saison. South Park fait toujours autant dans le gore et le scato mais affine aussi sa critique du monde contemporain (voir à cette occasion l’excellent épisode sur Apple.) The Cleveland Show joue à fond la carte de la sitcom et se trouve ainsi une identité propre. American Dad et Family Guy reposent toujours sur le même humour non-sensique et de référence. Du côté du câble, Archer vient titiller ces “vieux” shows en lorgnant du côté de l’humour pour adulte propre à la chaîne Adult Swim. Et les Simpsons dans tout ça ?

Et bien ce qui fait la force de la série, à savoir sa structure qui part dans un sens pendant les premières minutes pour mieux nous amener sur un sujet qui n’a rien à voir, est toujours là et aussi efficace. Mais à part ça, on ne peut que sentir une certaine lassitude de la part des auteurs, un certain manque de nouvelles idées, bref on sent que la routine s’est fortement installée ce qui n’est jamais bon signe.

En fait, à part les introductions avec le canapé, qui s’avèrent cette année vraiment à la hauteur et savent toujours nous surprendre, le show se regarde comme on subit un vieux soap qu’on n’arriverait pas à arrêter : on aime toujours les personnages, et on se laisse plus ou moins convaincre par les histoires, mais on sent que si on était vraiment objectif on aurait bien du mal à défendre la série. Prions pour qu’un vent de nouvelles idées viennent souffler sur le cerveau des auteurs pendant l’été.

Final Score : 3/5, série renouvelée pour une vingt-troisième saison !

The Simpsons était LA série d’avant-garde à l’humour corrosif il y a encore quelques années. Aujourd’hui, si on prend toujours du plaisir à regarder les aventures de la famille la plus jaune de la télévision, force est de constater que la critique sociale, l’humour désopilant ou le ton acerbe n’est plus l’apanage de la création de Matt Groening. Fatigués, essoufflés, tout simplement vieillis, les Simpson risquent de ne plus faire recette longtemps si les auteurs n’arrivent pas à renouveler vraiment la série.

Sur Showtime, les série historiques se suivent et ne se ressemblent pas… enfin un petit peu quand même !
Après The Tudors, la chaîne continue de contribuer avec Michael Hirst, scénariste spécialisé dans l’histoire anglaise, ici seulement en tant que producteur, pour nous proposer The Borgias, sur la célèbre famille d’origine espagnole qui marqua la Renaissance d’une empreinte de sang. Mais Hirst étant occupé à écrire Camelot pour Starz, il fallait trouver un autre scénariste de renom. C’est chose faite avec Neil Jordan, auteur de plusieurs romans et scénaristes pour le cinéma, récompensé pour The Crying Game. Mais ce petit nouveau à la télé a-t-il les reins assez solides pour composer la partition des neufs épisodes de cette série ?

Des Tudors aux Borgias, on reconnaît l’amour des auteurs pour l’Histoire, mais aussi et surtout pour la manière dont les hommes de pouvoir peuvent être subjugués, obnubilés et parfois manipulés par les femmes. Il est d’ailleurs assez marrant de constater que si on mélange les trois hommes de la famille Borgias (le papale Alexandre VI, Cesare et Juan) on obtiendrai presque Henri VIII d’Angleterre !

On retrouve aussi le même type de réalisation qui camoufle de manière assez maligne quelques passages trop ambitieux pour le budget de la série. Le casting est tout aussi réussi : Jérémy Irons est certes magistral, mais il ne faudrait pas non plus oublier François Arnaud (Cesare) et surtout l’extraordinaire poupée de chiffon qui cache un redoutable dragon Holliday Grainger parfaite dans le rôle de Lucrezia. Et on n’oubliera pas de citer notre sympathique Michel Muller, proprement incroyable dans le rôle du Roi de France et qui nous fait regretter de ne pas le voir plus souvent dans des programmes français !

Pas trop curieusement, on retrouve les mêmes défauts que dans les Tudors : une certaine manie à casser le rythme avec des séquences de dialogues parfois interminables, une évolution dramaturgique pas toujours au top et des fins d’épisodes qui manquent cruellement de cliffhanger.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.

Les amateurs de séries historiques (comme moi) seront comblés, malgré quelques grossières trahison à l’Histoire avec un grand H. The Borgias prend parfois un peu trop son temps et comment des erreurs imputables à la jeunesse de la série, mais on y sent déjà tout le potentiel pour une grande saga vraiment réussie. Les acteurs sont impeccables et la réalisation franchement inventive ; l’histoire, elle, a déjà fait rentrer dans les dictionnaires les différents membres de cette famille qui ne recula devant rien pour obtenir le pouvoir.

Still the best.

La fin de la semaine dernière aura été une suite de déceptions télévisuelles dont je vous ferai part vendredi prochain. J’en profite pour m’excuser de n’avoir pu poster vendredi dernier (le 21.01.11) mais un petit Léon m’a retenu toute la journée ! Toujours est-il qu’il me fallait quelques bonnes nouvelles pour débuter la semaine, au risque de ne plus avoir la moindre foi en le beau système télévisuel américain. Première nouvelle réconfortante : The Big Bang Theory tient la dragée haute à LA télé-réalité qui écrase tout sur son passage, American Idol. Les américains ont choisi leur camp et, ouf, c’est celui de la geekerie et non de la recherche de la nouvelle star à tout prix !

httpv://www.youtube.com/watch?v=Ou2TvLK9jzg

Au rayon des autres bonnes nouvelles, notons l’arrivée d’une série-podcast sobrement intitulée The Podcast, dérivée de l’univers de The Office sur le site de NBC – exclusivement pour les fans. Les fans de comics peuvent se réjouir (ou non) du pré-achat et donc du passage au pilote pour le Wonder Woman de David E. Kelley… aka le papa de l’insupportable Ally Mc Beal, mais aussi de l’incomparable Boston Legal. Son tout nouveau show, Harry’s Law a démarré très fort mardi dernier, NBC lui refait donc confiance. Enfin, ceux qui aiment faire tomber la pluie se sont sans doute déjà rués sur Spartacus : Gods of the Arena, la fameuse préquelle de l’excellente série barbare et jouissive qui a surpris tout le monde l’année dernière.

httpv://www.youtube.com/watch?v=Y_AoVc4RJ-k&feature=related

Et là vous vous dîtes : ok, ok, Francis, c’est bien beau tout ça, mais on est Lundi on est venu pour que tu nous donnes un bon conseil série ! Pas de problème, les gars. Mais pour la première fois, je ne vais pas vous conseiller de regarder une série soit parce qu’elle est bien, soit parce que vous aimez ceci ou cela. Non, je vais vous conseiller de regarder le trailer ci-dessus. Soit trente secondes de Off the Map, la nouvelle série made in Shondaland, le pays de Grey’s Anatomy et Private Practice. Allez, regardez le. Si, si. Je vous attends juste à la ligne d’après.

Alors ? Vous vous demandez pourquoi je vous ai fait faire ça ? Vous m’en voulez ? Un petit peu quand même, non ? Bon, dîtes vous que je viens de vous faire gagner quarante et une minute et trente secondes. Vous pouvez en toute bonne foi dire que vous avez vu le pilote de Off the map. Maintenant, à chacun de se faire son avis…

(Je suis quand même un mec en or, je vous ai épargné le trailer de deux minutes.)

Le jeudi chez ABC on se frotte les mains. En effet, c’est la soirée de Grey’s Anatomy et de Private Practice, les deux séries médicales sorties de l’esprit de Shonda Rhimes, qui forment un duo cohérent et efficace malgré des audiences un peu en berne cette année. L’occasion pour nous de revenir sur les sixième et troisième saisons respectivement, avant leur retour le jeudi 23 septembre.

WTF : pourquoi supprimer le générique?

Ceux qui me connaissent le savent, pendant les cinq premières saison de Grey’s Anatomy je n’ai jamais vraiment considéré la série comme un drama medical mais bien plus comme une série pour ado tant la thématique du passage de l’enfance à l’âge adulte y était importante. Sortis de leur internat, en phase de devenir de vrais chirurgiens, pour la plupart dans des relations sérieuses (sous-entendu qui ne durent pas deux épisodes avant de s’écrouler), les personnages avaient semble-t-il un peu tous achevé leurs transformations et on pouvait vraiment craindre ce qui allait se passer en ce début de saison 6.

She's so happy... for now.

Shonda Rhimes a trouvé la bonne idée pour relancer sa série : la faire passer de la série ado à la série pseudo sociale. La crise économique frappe de plein fouet les Etats Unis et elle n’épargne pas le Seattle Grace Hospital qui se voit contraint et forcé, pour tenir financièrement, de fusionner avec un autre hôpital. On s’imagine bien que le directeur ne peut pas garder tout le monde et toute une première partie de la saison s’intéresse à l’impact de ce problème sur les différents protagonistes : les nouveaux se donnent à fond pour gagner leur place, les anciens essaient de gratter auprès de leurs supérieurs, et certains hésitent à se sacrifier pour aider les autres. Vraie réflexion plutôt réussie autour de la crise économique globale, en ce sens qu’elle a détruit l’avenir tout tracé que certains pensaient avoir (que ce soit ceux qui ont tout investi dans les fonds Madoff ou ceux qui se retrouvent sans emploi du jour au lendemain), cette première partie nous entraine loin des sentiers battus de la série et offre même un beau départ à Izzie Stevens (Katherine Heigl).

Comment ne pas aimer cette série : y a un panda et une grenouille qui font des câlins!

Mais chassez le naturel, il revient au galop et Grey’s revient vite à ses premières amours, c’est-à-dire les intrigues sentimentales et les situations explosives au pathos sur-dimensionné. Peu importe : Shonda Rhimes et ses scénaristes ont bien compris qu’ils devaient se prendre un peu moins au sérieux et que pour toute tentative de faire pleurer la ménagère devant son écran de télévision, il faut au moins la faire rire par trois fois. Car c’est bien ce qui fait l’une des forces de cette saison, l’humour envers et contre tout, l’humour même dans les situations les plus graves, l’humour pour encore mieux surprendre, choquer, bouleverser. A part ça, la recette reste la même. Des émotions fortes qui laissent de côté le raisonnement, dans le seul but de faire ressentir quelque chose au spectateur. Shonda connaît son boulot et assure son show jusqu’à la dernière minute…

We're not in Seattle anymore...

ABC enchaine donc chaque épisode de Grey’s Anatomy avec son spin-off, Private Practice. Centré autour du personnage d’Addison Montgomery (l’ex femme de Mc Dreamy), la série s’intéresse à un cabinet médical privé spécialisé (du moins au départ) dans les problèmes de fertilité. Le “pilote”, en réalité un épisode un peu spécial de Grey’s Anatomy, avait eu bien du mal à me convaincre notamment à cause du choix du cadre, Los Angeles, bien loin de la grisaille de Seattle qui colle parfaitement à l’ambiance de Grey’s. Pourtant, dés la première saison mes doutes ont tout simplement disparu. Shonda Rhimes ne cherchait pas à refaire Grey’s un peu plus loin, mais a bel et bien créé un vrai nouveau show, à l’ambiance et aux ambitions totalement différentes.

Une belle brochette d'adultes... ça change.

La première différence est tout de suite visible : le cast est composé entièrement d’adultes entre trente et quarante ans, le seul “jeune” ayant déjà dans les vingt-cinq ans et étant père d’une petite fille. Les problématiques des personnages sont donc radicalement différentes de celles de Meredith et des autres médecins de Seattle. Cette troisième saison va plutôt loin dans l’étude des relations parents-enfants : il y a une mère qui abandonne son bébé, le père qui le récupère et va l’élever avec une autre femme, un autre père qui s’inquiète de perdre la garde de sa fille au profit de son ex-copine qui fut accroc à l’héroïne, ou encore un couple qui se déchire quand ils apprennent que leur adolescente de fille vient de tomber enceinte. Toutes ces thématiques sont construites, analysées, décortiquées, sur plusieurs épisodes et aucune n’est traitée à la légère. Il en résulte un sentiment totalement inverse de Grey’s. Ici on ne fait point dans le pathos et le sentimentalisme à outrance mais on cherche à explorer et à comprendre la totalité d’un problème donné. Et du coup, un léger souci fait son apparition : on s’attache un peu moins aux différents personnages.

Allez savoir pourquoi Derek l'a quitté pour Meredith. Y a des trucs qui s'expliquent pas, même en scénario.

Si le final de cette troisième saison de Private Practice ne peut qu’être décevant (les personnages avouent eux-mêmes se retrouver dans la même situation que l’année dernière!), c’est peut-être pour laisser la place au double season finale de Grey’s Anatomy qui met les petits pots dans les grands pour nous scotcher à notre fauteuil. Imaginez donc : un homme débarque dans l’hôpital et se met à dézinguer à tour de bras, en commençant par quelques nouveaux personnages qu’on avait pourtant appris à aimer ! De plus, son but est d’aller tuer Derek (Mc Dreamy), la sœur de Meredith et l’ancien directeur de l’hôpital. Autant vous dire que question sang, sensation forte et OVER-PATHOS on en prend plein la figure. Et comme les deux séries sont extrêmement liées, Shonda Rhimes réussi ce qu’ABC lui a sûrement demandé : faire en sorte qu’on ait envie de revenir l’année prochaine, tous les jeudi soirs.

Et l’année prochaine, c’est dans dix jours !