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Au royaume de la série américaine, il y a des pans entiers de programmes oubliés. Passés tel des étoiles filantes, ils ne nous poussent qu’à faire le voeu qu’ils ne reviendront pas. Bon, non, ok, on force le trait car dans les huit séries qu’on a testé pour vous, il y a quand même quelques perles.

La bonne nouvelle, parce que y a quand même eu des bonnes nouvelles, c’est que Netflix nous a tout balancé la saison 2 de House of Cards (enfin, pas pour nous les français, mais bon) et que 2% des utilisateurs du service de vidéo à la demande aurait déjà fini de regarder les treize épisodes. On revient dessus très bientôt, mais nous on est plutôt convaincu. A noter aussi le retour de l’excellente Line of Duty, série anglaise qui avait fait un véritable carton l’année dernière, et qui nous a offert un premier épisode franchement jouissif. Une sorte de The Killing version police des polices foutrement bien écrite et au sens du rythme parfaitement maîtrisé…

HOSTAGESHOSTAGES (saison 1 – série terminée)

Série au passé bizarre, adaptation d’un programme israélien qui ne sera diffusé qu’après la version américaine, Hostages raconte la douloureuse mésaventure d’une famille prise en otage par des mecs très bizarres qui veulent que la maman tue le président des Etats-Unis. La maman en question, une Toni Collette mortifère à qui on aimerait bien pouvoir donner à manger, est en effet la chirurgienne qui doit s’occuper de l’homme le plus important du monde libre (ah ah ah.) Et croyez le zou non, mais il y a un twist car le chef des preneurs d’otage, le séduisant mais définitivement perdu Dylan McDermott, est en réalité un agent du FBI. Ah ouais, ça vous la coupe.

Feuilleton sans grand intérêt aux rebondissements patauds et excessifs, Hostages se veut une réflexion cinglante sur la cellule familiale, dans laquelle on devrait se sentir en sécurité mais qui est boursouflée de secrets. Le discours est asséné au kilo (papa trompe maman, la grande soeur est enceinte, le fiston vend de la drogue) et manque clairement de finesse pour toucher le spectateur. Bon, ok, on n’aurait pas du en attendre plus d’une production Bruckheimer pour CBS, mais reconnaissons lui au moins le mérite d’avoir pour un temps abandonné le formula à la papa (les CSI et cie) pour tenter le feuilletonnant. Vu la claque qu’il s’est ramassé en terme d’audimat, je doute quand même qu’il remette ça l’année prochaine.

Final Score : 5/10

Spoils of BabylonSPOILS OF BABYLON (saison 1 – série terminée)

C’est peu dire qu’on attendait beaucoup de The Spoils of Babylon depuis la découverte de son incroyable trailer (voir plus bas.) Forte d’un casting phénoménal et d’une pléthore d’auteurs géniaux, cette vraie fausse saga imaginée en tant qu’hommage à cinquante ans de cinéma américain devait casser la baraque. La vérité, c’est que la quasi intégralité des blagues sont contenues dans cette bande annonce et que le show, au final plutôt prétentieux, se perd dans des circonvolutions purement esthétiques qui ne feront sourire que les plus calés d’entre nous en septième art. Ca aurait pu être un délirant joujou inventé par une bande d’étudiants en histoire du cinéma, c’est au final une blague d’initiés, une immense private joke, mais certainement pas la comédie géniale et intelligente qu’on attendait.

Final Score : 5/10

DraculaDRACULA (saison 1 – en hiatus)

On aurait bien aimé vous dire que Dracula c’est absolument génial. Déjà parce que c’est l’occasion de retrouver Jonathan Rhys Meyer, et qu’il s’éclate dans le rôle du conte aux dents acérés. Mais aussi parce que le showrunner n’est nul autre que Daniel Knauf, le créateur de la regrettée Carnivale. Sauf que le résultat est loin, très loin, d’être à la hauteur. Passons sur la réalisation poussiéreuse et les effets spéciaux ultra cheap, passons sur l’interprétation scandaleusement outrancière de Jonathan et sur les seconds rôles pas franchement à l’aise, le problème reste que les auteurs ont plus voulu reprendre Le Conte de Monte-Cristo que de s’attaquer à la légende du prince des vampires. Ce micmac donne au final une intrigue de vengeance ultra complexe et mal fichue, mélangée à un univers fantastique mal dégrossi, mal présenté et régulièrement incohérent. Il y a quelques idées absolument géniales (comme la lutte pour le contrôle de l’énergie et de l’électricité dans l’Angleterre du XIXème) et il faut bien avouer que la démesure du projet a quelque chose de fascinant, mais le tout laisse le spectateur sur le carreau. Un peu comme un vampire nous aurait hypnotisé pour nous forcer à regarder ce machin mais qu’au final on n’y comprenait strictement rien. Dommage.

Final Score : 6/10

RavenswoodRAVENSWOOD (saison 1 – série annulée)

C’était le plaisir coupable de la saison, mais elle a malheureusement déjà été annulée : Ravenswood, spin-off de la déjà très excessive Pretty Little Liars, est une série fantastique foutrement incompréhensible sur cinq gamins voués à mourir à cause d’une malédiction posée sur un village pour ne pas avoir à perdre ses habitants dans la guerre (enfin je crois.) Sauf que dès le début, y en a une qui meurt et revient en fantôme, et qu’elle est la réincarnation de la première gamine à avoir été sacrifiée – et son amoureux de l’époque était Caleb, le personnage transfuge de PLL, et qui a l’air de ne jamais comprendre dans quoi il a foutu les pieds. Catastrophe scénaristique assumée jusqu’au bout, Ravenswood peut se targuer de nous avoir servi le casting le plus inadéquat vu à ce jour et vraisemblablement le plus démuni de talent. C’est une spirale infernale fascinante… mais pas trop quand même, vu qu’on s’en lasse vite.

Final Score : 0/10 pour tout le monde, 6/10 sur les fans de PLL qui veulent voir comment les auteurs ont charcuté ce pauvre Caleb.

Sleepy-Hollow-Season-1-Poster-4SLEEPY HOLLOW (saison 1 – série renouvelée)

Chérie, ils ont refait X-Files, mais avec les cavaliers de l’apocalypse, des démons venus de l’enfer, et un ancien soldat de la guerre d’indépendance qui se réveille à notre époque. Ah oui, et le cavalier sans tête, parce qu’il fallait bien justifier le titre de cette série fantastique made in Fox, conçue pour remplacer Fringe par des auteurs de Fringe (mais sans JJ, trop occupé à aller fricoter avec le monde du cinéma.) Si les scénarios sont quelque peu attendus et les comédiens pas inoubliables, si la réalisation fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a et que l’ambiance gagnerait à être plus prégnante (mais elle s’améliore au fil de la saison), il faut bien reconnaître que le résultat est ni plus ni moins que ce que l’on attendait. On pardonne donc aisément les grosses ficelles (oh tient, il y a un réseau de tunnel qui parcourt la ville et dans lequel on va pouvoir trouver la solution aux trois quarts des mystères rencontrés…) et on prend avec le sourire les nombreux clins d’œils à d’autres séries ou films du genre.  Kurtzman et Orci, les showrunners, ont de plus une vraie science du dialogue et de l’utilisation d’un duo de héros, ce qui rend l’affaire bigrement dynamique et sympathique. Bref, on est loin de la série de l’année, mais voilà un show suffisamment fun pour occuper vos vendredi soirs de perdition.

Final Score : 7/10

 betrayalBETRAYAL (saison 1 – série annulée)

C’est ma série mal aimée de l’année. Soap chargé de la lourde tache d’accompagner Revenge, Betrayal nous plonge dans les affres de la trahison, de la tromperie et du mensonge. Une jeune photographe, mère de famille heureuse et mariée à un procureur de génie, tombe amoureuse d’un avocat aux contacts douteux, marié et père de famille heureux. Ils se repoussent, ne veulent pas céder à la tentation mais finissent par le faire (bah oui parce que sinon y a pas de série.) Et là, badaboum, y a un meurtre et tout se complique : le procureur et l’avocat chargé de l’affaire, ben c’est les deux mecs… Plombée par une intrigue policière foutraque et mal maîtrisée, Betrayal touche par contre plutôt juste quand elle s’intéresse à la déliquescence d’un couple, à l’attraction fatale entre deux êtres, aux promesses impossibles à tenir. Mal foutue dans son ensemble, le show est capable de quelques trouvailles et de scènes vraiment touchantes (il y a d’ailleurs toute une métaphore visuelle sur les trains et les gares assez géniale.) Une fois arrivé au bout, difficile de bouder son plaisir et de se moquer d’une série qui ne manque pourtant pas de points faibles. La vérité, c’est que Betrayal a suffisamment de moments de grâce pour rester dans votre cœur. Mais jamais, au grand jamais, vous n’en parlerez à vos amis. Et encore moins sur un blog…

Final Score : 7/10

american horror story covenAMERICAN HORROR STORY : COVEN (saison 3 – série renouvelée.) 

On ne va pas faire durer le suspense : oui, cette troisième itération de American Horror Story est bien la meilleure. On craignait le pire avec cette histoire de sorcières adolescentes dont la présentation est quelque peu archétypale ; mais en réalité le show offre les personnages féminins les plus intrigants, fouillés, et crédibles qu’on ait vu depuis fort longtemps. Servi de main de maître par des réalisateurs qui s’éclatent avec ce joujou où tout est permis (et même sérieusement recommandé), le casting atteint des sommets avec notamment une Jessica Lange qui mériterait amplement de recevoir tous les prix de la terre. Et si le scénario se perd une nouvelle fois dans des détours qui ne seront jamais expliqués, peu importe : c’est la marque de fabrique de la série. Le dernier épisode recadre la thématique de la saison et démontre que la trame générale a été pensée avec tout un discours en tête. Alors si vous n’avez pas peur de voir des jeunes filles s’enterrer, se démembrer, se recoudre, se faire manger des trucs dégueulasse et surtout, surtout, lutter pour le pouvoir, jetez vous sur Coven et sa bande son impossible à oublier.

Final Score : 8/10

eagleheart - paradise risingEAGLEHEART (saison 3 – série en hiatus mais probablement terminée)

Le problème avec Eagleheart, c’est qu’on se demande toujours à qui le recommander. Parodie explosive de Walker Texas Ranger, ce show absurde et décalé ne fait pas dans la dentelle. Avec cette troisième saison conçue comme une saga de conclusion (et surnommée Paradise Rising), la série atteint des sommets de comédie absolument jouissifs… mais qui ne feront certainement pas rire tout le monde. Pour ma part, c’est l’un de mes shows préférés, et comme une bonne vidéo vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse avec le trailer.

Final Score : 9/10

 

Et à la demande générale d’une personne qui se reconnaîtra, on vous informe que le 24 février c’est le retour de notre soap préféré, le merveilleux Dallas, pour sa troisième saison version XXIème siècle. On vous laisse avec le trailer et on se donne rendez-vous dans quelques jours…

Ah, ça c’est dur de suivre la rentrée. Et encore plus d’en faire le bilan semaine après semaine. Parce qu’en plus y avait des vacances voyez-vous. Pis plein de trucs à faire. Bref, vous avez attendu un petit moment, mais vous allez pouvoir vous mettre quelques nouvelles séries sous le coude. A condition, bien sûr, de ne pas être super exigeant…

toast of londonOn ouvre le bal avec la déconcertante Toast of London, sitcom anglaise sur la vie mouvementée et particulièrement décalée de Steven Toast, l’un des plus mauvais acteurs anglais, qui passe plus de temps à régler ses problèmes hors scène qu’à jouer dessus (dixit le résumé…) Il faut le reconnaître, malgré une réalisation assez plate et un manque de moyen très clair, ce programme imaginé et interprété par Matt Berry peut convaincre si on aime l’humour non-sens bien anglais et les histoires qui frôlent le grand n’importe quoi. C’est donc très très particulier et à ne recommander qu’aux connaisseurs…

Ground FloorPlus commune, Ground Floor est la nouvelle création de Bill Lawrence, le papa de Scrubs et Cougar Town. Pour l’occasion, le célèbre showrunner quitte la sitcom à caméra unique pour se replonger dans de la bonne vieille multi caméra avec décors en toc et rires du public. Comme d’hab, le pitch de départ est totalement oubliable et ne représente en rien le potentiel de la série (il s’agit ici d’un jeune loup de la finance – qui travaille en haut d’un immeuble – qui tombe amoureux d’une sémillante et percutante it-girl qui bosse au premier étage – le fameux Ground Floor, occupé par de sacrés personnalités.) Bon, il est assez dur de se faire au retour de la sitcom à papa, qui tient largement plus du théâtre filmé que de la vraie série, mais Lawrence arrive une fois de plus à séduire avec des personnages incisifs et assez originaux, un réel sens du rythme et des surprises à toute épreuve, ainsi qu’un casting réjouissant (John C. McGinley – le fameux Perry Cox de Scrubs – est toujours aussi fabuleux !) Bref, dans la tonne de sitcoms qui nous ont été servies cette année, voilà bien l’une des rares qui ait réussie à me faire rire…

DraculaMais si ce que vous voulez voir, c’est un acteur qui s’éclate, alors jetez vous sur la nouvelle adaptation de Dracula, avec Jonathan Rhys Meyers qui semble aussi heureux qu’un bambin fraîchement débarqué dans un jardin d’enfant où tous les jouets lui auraient été réservés. Bon ok, le show tient plus du Conte de Monté-Cristo que du roman de Bram Stoker – notamment à cause de son fil feuilletonnant sur la vengeance TERRIBLEEEEE ! du héros – et il faut bien reconnaître que les intrigues partent dans des directions assez peu probables (chasseurs de vampires VS hommes d’affaire VS technologie steampunk VS romance VS lutte des classes, j’en passe et des meilleures…) mais ce melting-pot assez inconcevable finit par donner un gloubi-boulga plutôt réjouissant. Absolument dispensable mais franchement amusant. Surtout quand on voit à quel point notre petit Rhys Meyer s’éclate – c’est simple, on l’avait pas vu aussi foufou depuis la première saison des Tudors quand il baisait à tout va et s’amusait à décapiter ses femmes.

ravenswoodEnfin, on termine sur la série que 95% d’entre vous ne regarderons JAMAIS, et pour cause vu qu’il s’agit du spin-off de Pretty Little Liars, la série la plus compliquée (scénaristiquement parlant) jamais conçue : Ravenswood. A croire que ABC Family s’est demandé comment tirer sur la corde de son succès sans trop étouffer son public et a eut l’idée de faire ce spin-off diffusé en alternance avec la série mère, histoire qu’on ait de quoi se foutre (très gentiment) la trouille durant toute l’année. Allez,  j’essaie quand même de vous pitcher le schmilblick : Caleb se rend à Ravenswood avec ses petites copines qui pourchassent toujours le mec qui les persécute (et découvre que leur copine n’est pas morte…) mais chemin faisant il fait la connaissance de Miranda, avec qui il sympathise. Et comme ensemble ils trouvent des tombes à leurs effigies, ils décident de rester sur place pour démerdouiller ce truc étrange. Pendant leur enquête, ils se font trois potos tous plus dérangés les uns que les autres, et ensemble ils ont un accident de voiture. Et là, croyez le zou non, mais l’héroïne, Miranda, meurt. Ouais. Et en fait, elle revient en fantôme et le groupe découvre qu’ils sont maintenant les sujets d’une malédiction qui frappe la ville depuis des lustres. Bref, c’est du grand n’importe quoi qui ravira les fans de PLL… comme moi. Et oui, on a le mauvais goût qu’on mérite !

 

Allez, gros bisous à tous, et on se retrouve en cours de semaine pour faire un bilan spécial séries étrangères qui sont déjà finies.