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Suite d’une semaine bien chargée en fins de saison ! On s’intéresse aujourd’hui à trois séries comiques bien décalées, on fête l’arrivée du plus célèbre artiste de la Renaissance et on dit définitivement adieu au(x) plus grand(s) des gladiateurs.

go on season 1GO ON (saison 1)

Décidément, huit ans après la fin de Friends, Matthew Perry n’aura toujours pas réussi à renouer avec le succès. On ne connaît pas encore le sort que subira Go On, la dernière sitcom dans laquelle il incarne le rôle principal, mais au vu des audiences qui n’ont cessé de s’effondrer il serait surprenant que même un network aussi bienveillant que NBC commande une deuxième saison.

Go On s’intéresse à un chroniqueur sportif qui anime l’une des émissions radio les plus populaires des Etats-Unis quand sa femme décède. Quelques mois plus tard, ses patrons le force à rejoindre un groupe de thérapie sur le deuil pour qu’il redevienne l’homme qu’il était. Le seul problème, c’est que les différents patients du groupe sont tous plus ou moins barrés (et certains, comme Mr. K, élément comique qui assure à lui tout seul l’essentiel des vannes de la série, sont complètement tarés) et que la thérapeute n’est pas vraiment au top non plus.

Faire une comédie sur le deuil, voilà une idée intéressante. Malheureusement, le show va mettre longtemps à trouver ses marques et à se mettre sur des rails qui fonctionnent à peu près. Ainsi, il faudra dépasser une bonne dizaines d’épisodes assez peu drôles et franchement lourds au niveau du traitement des thématiques pour déboucher sur une formule qui commence à prendre. C’est que la série se devait de mettre avant tout à l’honneur Matthew Perry et qu’il aura fallu du temps avant que les auteurs (et sans doute le network) comprennent que c’est en développant les personnages secondaires, en les dotant de vraies personnalités et en arrêtant de les traiter comme de simples faire-valoir, que la sauce pourrait enfin prendre.

Dés que les rôles sont mieux posés, Perry incarnant alors un personnage à la Alexandre Astier, c’est à dire qu’il est l’un des seuls à avoir les pieds sur terre mais en même temps le plus de problèmes à gérer – et qui sert surtout à faire fonctionner les principes humoristiques de ses collègues, Go On prend de l’ampleur et arrive à faire rire. Le rythme se met en place, la réalisation s’affine et les comédiens ont enfin quelque chose à défendre. Le problème, c’est qu’on est déjà à largement plus de la moitié de la saison et que les spectateurs, eux, sont partis depuis longtemps.

NBC aurait-elle donc raison de donner à nouveau sa chance à Go On pour une deuxième saison ? On aimerait effectivement bien voir si le show va réussir à terminer de trouver son identité – et il se pourrait même alors qu’il devienne l’une des sitcoms les plus réussies du moment. Mais en l’état, il y a fort à parier qu’une fois de plus Matthew Perry va se retrouver sans boulot pour le mois de septembre.

Final Score : 6/10

Peu convaincante au début (très peu même), Go On s’affine avec le temps pour devenir plutôt pas mal. A recommander aux plus patients d’entre vous donc !

archer season 4ARCHER (saison 4)

S’il y en a parmi vous qui sont fan d’animation et de comédie et qui ne regardent pas encore Archer, arrêtez immédiatement de lire cet article et foncez vous procurer les quatre saisons de cet improbable show sur une agence d’espionnage et son héros parodiant ouvertement James Bond. Intelligente, rythmée, de plus en plus réussie techniquement, mais surtout drôle, drôle, drôle, Archer est tout simplement une petite bombe qui secoue allègrement tous les codes narratifs du genre.

Cette saison est tout simplement immanquable, incluant un cross-over de génie avec Bob’s Burgers, autre série animée (diffusée par contre sur la Fox – ce qui rend tout simplement improbable ce coup d’éclat) ou encore la participation de Timothy Olyphant (l’exceptionnel cowboy de Justified) dans le rôle d’un ancien ami d’Archer…

Allez, pas la peine de vous en dire plus, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Final Score : 9/10

Archer reste pour moi, de manière évidente, la série animée de comédie la plus réussie du moment (oui, même meilleure que South Park…) Un immanquable, tout simplement.

Legit-Season-1-Poster-FXLEGIT (saison 1)

Le combat, s’il doit avoir lieu, peut enfin être lancé : deux comédiens de stand-up, deux séries sur FX, deux personnalités qui mettent en scène leur propre rôle. D’un côté Louis C.K., avec son show Louie, qui nous plonge dans les affres d’un quarantenaire newyorkais, un peu bobo, mal dans sa peau, se moquant de lui-même pour mieux cacher ses angoisses. De l’autre Legit, mené par Jim Jefferies, australien récemment immigré aux Etats-Unis, beau parleur plein d’assurance, un peu couillon, sans état d’âme et sans manière, qui se moque de lui-même comme il se moque de tout le monde. C’est donc lui qui nous intéresse aujourd’hui.

Le premier choc est visuel : Jefferies est assurément moins bon réalisateur que Louis C.K. ou du moins se moque-t-il quelque peu de la qualité des images de son show. Il n’a de plus visiblement pas les mêmes moyens. Sa série fait crade, un peu à l’arrache et quand on y ajoute son accent à couper à couteau, le show commence à faire peur.

D’autant plus que débarque alors le deuxième personnage principal, un mec en chaise roulante (interprété par DJ Qualls, qui démontre ici tout son talent.) Le sujet du pilote : Jefferies et son pote, le frère du mec handicapé (il souffre de dystrophie musculaire et peut à peine bouger), décide d’emmener ce dernier… aux putes, pour qu’il puisse baiser au moins une fois dans sa vie avant de mourir. Ça vous fait peur ? Vous trouvez ça un peu trop cash ? Et bien vous n’êtes pas au bout de vos peines…

Pourtant c’est bien là que Jefferies marque des points. Car son show n’est jamais consensuel ni gratuitement provocateur. Jefferies parle des handicapés comme il parle de tout un chacun et montre un panel de psychologies et de comportements agréablement varié – bien loin des poncifs que l’on a l’habitude de voir. L’auteur étant d’ailleurs allé assez loin dans le “non-traitement” du sujet, il avait peur de choquer la communauté des personnes handicapées… et elles furent au contraire parmi les premières à soutenir la série.

Car celle-ci ne manque pas de qualité. Il y a bien entendu les acteurs, tous excellents, faisant parfois appels à de vraies personnes handicapées (mais comme le dit Jefferies, jamais pour donner une bonne image du show, juste parce qu’ils avaient réussi leur audition !) mais aussi et surtout des scénarios extrêmement bien ficelé et un feuilletonnant étonnamment passionnant. A l’inverse de Louie, Legit fait l’impasse sur les passages de stand-up et sur les mini-sketchs pour se rapprocher d’une série plus classique (mais pas du tout plus conventionnelle…)

Louie ou Legit, c’est donc avant tout une affaire de goût. Louis C.K. est un excellent faiseur d’image, un comique extrêmement drôle, un homme intelligent mais qui parle beaucoup de lui-même et qui se plaint pas mal. Jefferies est franchement plus bas de plafond, pas intéressé par le look de son show, un comique plutôt drôle, et surtout un homme qui parle beaucoup des autres et qui veut toujours garder une attitude positive envers la vie. Faites votre choix… ou pas. Les deux séries sont tout simplement excellentes.

Final Score : 9/10

Sous ses allures de comédie cradingue et foutraque, Legit cache l’oeuvre d’un comique de grande qualité qui parle comme jamais auparavant des handicapés. Bien loin de la coulante mielleuse que nous avait pondu Ricky Gervais avec la gerbante Derek, voici une série positive et malgré tout extrêmement réaliste. A voir, ne serait-ce que pour se faire une idée.

DVD Ad Template_020513.inddDA VINCI’S DEMONS (nouveauté)

Après les Tudors, les Borgias, Vikings, ou même Spartacus, vous reprendrez bien un petit peu de série historique ? Quoi que, dans ce cas, vous risquez d’être sacrément secoué…

Starz avait besoin de trouver une remplaçante pour Spartacus, fraîchement terminée, et il lui fallait pour cela un projet d’envergure, mené par quelqu’un ayant une fanbase au moins aussi imposante que celle de l’équipe de Sam Raimi (producteur sur Spartacus), avec un sujet qui saurait immédiatement attirer l’attention. Et pour le coup, le network n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en se payant carrément David S. Goyer, co-scénariste des trois derniers Batman (mais aussi de Dark City…) et auteur de comics vénérable et vénéré. L’envergure se trouve dans l’époque et les moyens mis à l’image : une Florence de la Renaissance fantasmée, presque directement issue des jeux Assassin’s Creed, aux couleurs éclatantes dans un faste omniprésent. Enfin, pour le sujet, quoi de plus attirant que de s’attaquer à l’un des artistes les plus complexes et les plus connus au monde : Leonardo Da Vinci.

Mais si vous venez pour une leçon d’histoire, comme je vous le disais vous risquez d’être particulièrement déçu. Goyer se permet d’entrée de jeux quelques raccourcis historiques et arrangements avec l’histoire (exit les Sforza par exemple.) C’est que le showrunner va faire ce qu’il sait faire de mieux : du pur comics, en transformant Da Vinci en sorte de super-héros moderne, mélange d’Indiana Jones, de James Bond, du dernier Sherlock Holmes au cinéma (celui incarné par Robert Downey Jr.), le tout avec des touches du Batman de Nolan, bien entendu.

Da Vinci’s Demons est donc un pur récit d’aventure, où les mystères s’empilent les uns sur les autres et ne peuvent être décodés que par un esprit aussi acéré que celui du jeune artiste. La réalisation vient régulièrement souligner les traits de génie du héros en superposant des crayonnés animés à l’image (un peu comme sur l’affiche ci-dessus), le tout étant parfois très réussi et parfois un peu artificiel.

Avec sa galerie de personnages hauts en couleur (mais qui, il est vrai, s’affirme véritablement seulement dans le deuxième épisode, le premier étant un poil décevant), Da Vinci’s Demons donnent instantanément envie de suivre ce destin d’exception. Et même si Léonardo aime un peu trop les femmes pour coller à la réalité (on sent particulièrement ici l’arrangement avec l’histoire pour ne pas perdre de spectateurs…), la série arrive pour l’instant parfaitement à retranscrire l’esprit de l’artiste en perpétuel réflexion, questionnant la nature, la religion et l’histoire, remettant tout en cause, prêt à se lancer dans toutes les aventures, commençant tout mais ne finissant rien. Et rien que pour ça, le nouveau show de Starz mérite le coup d’oeil.

(A noter pour les fans de comics que la série est déjà reconduite pour une deuxième saison et que deux auteurs viendront renforcer l’équipe : Jonathan Hickman et Matt Fraction, deux poids lourds de ces dernières années.)

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SPARTACUS (saison 3 – fin de série)

Après trois saisons et une prequel, que reste-t-il de Spartacus ? Si l’on peut lui reprocher beaucoup de ses choix (utilisation abusive du gore et du cul en ligne de mire principale de ses détracteurs), quasiment tout le monde s’accorde à dire qu’au moins le show ne ressemblait à aucun autre – et pour l’instant, les copies ne se bousculent pas au portillon. Il faut dire que la série se devait de marquer le coup pour Starz, tout petit network plutôt spécialisé dans la diffusion de films, qui voulait concurrencer HBO et Showtime sur le terrain de la série. Spartacus ne fut pas leur coup d’essai, mais ce fut leur première vraie série d’environ une heure, et elle a ouvert le terrain à une nouvelle grille de programmation osée et novatrice (la magistrale Boss, Da Vinci’s Demons, Magic City, The White Queen, ou encore en 2014 Black Sails.) Le show de Sam Raimi et ses amis a donc ouvert une brèche et donné une nouvelle identité à une chaîne autrefois méconnue et aujourd’hui surveillée par tous : rien que pour ça, Spartacus mérite sa place dans l’histoire des séries.

Mais le show en lui-même, que vaut-il réellement ? se demandent les rares spectateurs qui ne s’y sont pas encore intéressés. Et bien si vous êtes capable de dépasser une réalisation plutôt tape à l’oeil, qui se démène comme elle peut faute de moyens (du moins au cours des premières saisons), vous pourrez y déceler un scénario grandiloquent, épique, entraînant, fichtrement bien foutu et qui va provoquer des pics de testostérones chez tous les garçons, notamment lorsque le héros va faire “tomber la pluie”. Et sous leurs allures de grosse bourrinades musclées, les deux premières saisons (soit en réalité la première et la prequel) camouflent des intrigues politiques pas piquées des hannetons…

La deuxième saison (la troisième donc si vous suivez l’affaire) souffrira énormément du changement d’acteur principal, Lyam McIntyre reprenant le rôle d’Andy Whitfield, décédé d’un cancer en 2011. Que ce soit clair, malgré tous ses efforts (et dieu sait qu’il s’est donné le bougre), McIntyre n’arrivera jamais à la cheville de son prédécesseur, dont le charisme est tout simplement inégalable. Ce sera l’occasion pour deux rôles secondaires d’éclater au grand jour, avec Manu Benett sous les traits de Crixus, et Dustin Clare qui reprend son rôle de Gannicus – le gladiateur de la prequel. C’est le début du périple de Spartacus et de ses rebelles, la série change donc de ton et de système narratif mais saura rester fidèle aux origines sans doute par l’utilisation maligne des personnages vus auparavant.

La troisième saison (oui, c’est ça, la quatrième), celle qui nous intéresse donc plus particulièrement aujourd’hui, sera la seule à laisser pas mal de spectateurs sur le carreau. Il faut dire qu’il ne reste plus beaucoup de personnages du début et que le show commence à tourner en rond autour du trio Spartacus / Crixus / Gannicus qui ont l’air d’avoir chacun leurs intrigues et personnages secondaires. Le show se perd dans quelques répétitions et des palabres épuisantes alors que le choc des combats de l’arène commence à cruellement manquer. Et puis le nouveau “méchant” de l’histoire (Crassus, secondé par un Jules César sympathique mais encore trop loin de sa gloire politique pour se révéler vraiment intéressant) est franchement un cran en dessous des terrifiants Batiatus et Ashur…

Mais il s’agit de la dernière saison est le plus important reste la manière dont se termine la série. L’ultime épisode vaut-il le coup de se farcir une saison vraiment moins bonne que le reste ? La réponse est assurément oui, tant cette conclusion résume à elle seule toutes les qualités de la série. Dans une bataille homérique, chaque personnage verra sa trajectoire achevée et toutes les thématiques se résoudront avec un panache comme rarement on a pu en voir. Spartacus révèle toute sa complexité dans un dialogue purement artificiel mais absolument essentiel et fascinant entre l’ancien esclave et son nouvel ennemi, justifiant à elle seul le temps passé par la série à construire ses intrigues amoureuses. Et puis l’homme qui ne lâchera pas sa petite larme sur les dernières images peut définitivement assumer qu’il a un coeur de pierre. Tous les autres se lèveront et crieront : I AM SPARTACUS !

Final Score : 7/10 pour la saison ; 9/10 pour l’ensemble de la série. 

Qu’on soit dégoûté par son abus de scène de cul et de gore, ou que l’on soit emballé par cette quête épique impossible, il est indéniable que Spartacus a marqué la télévision américaine. Elle fait partie de l’histoire de la série télé, comme certains programmes qui arrivent – et qui lui doivent beaucoup – en atteste.

 

Rendez vous dans quelques jours pour dire adieu au “méchant” le plus célèbre de la télévision américaine. Un indice : son univers était vraiment impitoyable… !

On passe donc aujourd’hui du côté des nouveautés qui sont venues fleurir sur les écrans anglais, américains et australiens. Des vikings, des mafieux, un détective, des militaires, deux comiques et le fameux Girls pour les garçons : il faut de tout pour faire un monde télévisuel.

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Viking

Première vraie série de fiction pour la chaîne History (spécialisée dans les documentaires sur l’histoire, vous l’aurez compris…) Vikingsn’a pas été confiée à n’importe qui : son show-runner et créateur, Michael Hirst, a auparavant officié sur deux films sur le destin de la reine Elisabeth 1, ainsi que sur les séries The Tudors et The Borgias (la version américaine, donc, pas celle de Canal +.) Entouré de toute sa bande habituelle, Hirst fait-il honneur aux vikings avec ce nouveau show ?

On pouvait craindre une pâle copie de Spartacus, avec des grands mecs baraqués qui se baladent à moitié à poil et passent la plupart de leur temps à se foutre sur la gueule, mais Hirst s’intéresse nettement plus à l’envie de découverte d’un peuple rude et sauvage. Les (rares) personnages présentés dans le pilote donnent aussitôt envie de les suivre et – mis à part Gabriel Byrne un peu ridicule en roi antipathique – les acteurs ont un réel charisme et des gueules assez inoubliables.

Le show est nettement moins convaincant dans ses effets spéciaux qui rendent malgré tout hommage à toute une mythologie peu connue mais pourtant particulièrement intéressante. Les valkyries, Odin et Thor sont donc de la partie et promettent quelques scènes oniriques des plus barrées. On espère juste que les images de synthèse sauront s’améliorer au fil du temps…

Mon Pronostic : une saison entière, c’est sûr. Une deuxième ? Allez, on va dire oui, une deuxième !

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Red Widow

L’autre nouveauté américaine de la semaine, c’est Red Widow qui, après The Mob Doctor qui nous proposait de nous raconter les aventures d’une médecin dans la mafia, nous propose maintenant les aventures d’une soccer mom dans la mafia.

Adaptée d’une série hollandaise, cette version américaine est conçue par Melissa Rosenberg, autrement connue pour avoir officier sur Dexter… et écrit tous les films de la franchise Twilight. L’attendait-on au tournant pour cette histoire de mère de famille, fille d’immigrés russes, qui se retrouve à devoir travailler pour le patron de la mafia qui vient de faire tuer son mari (qui ne faisait pas qu’agir dans la légalité, il faut bien l’avouer…) ? Pas vraiment, et tant mieux tant le résultat peine à convaincre.

C’est que ce double épisode pilote traîne pas mal la jambe et tarde incroyablement à mettre tous les personnages en place. Le pire, c’est que Rosenberg passe un sacré bout de temps à nous présenter le père de famille… qui va se faire tuer et ne plus du tout revenir dans la série. Est-ce pour poser des éléments qui vont servir ensuite pour comprendre qui est son meurtrier ? Très franchement, j’en doute énormément.

Personnages clichés, réalisation datée, scénario mou du genou : le pilote de Red Widow ne donne pas particulièrement envie de revenir. D’autant plus qu’on a du mal à saisir le concept et qu’on ne cesse de se demander de quoi Rosenberg tient réellement à parler. Peut-être que la suite me donnera tort, mais pour l’instant je ne miserai pas un kopeck sur cet énième série dans la mafia.

Mon Pronostic : une seule saison, je vois mal le public accrocher à ce délire vraiment particulier.

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Broadchurch

Du côté de l’Angleterre, on est toujours aussi fan des séries policière à la The Killing, c’est-à-dire dont l’ensemble de la saison repose sur la résolution d’un meurtre. Dans Broadchurch, il s’agit de celui d’un gamin de onze ans, dont le cadavre est retrouvé sur une plage – il aurait apparemment sauté de la falaise qui la surplombe. Bien entendu, la thèse du suicide est vite démontée et le flic récemment arrivé en ville pour mener l’enquête commence à secouer un cocotier de mensonges et de mystères.

Extrêmement classique, la série se révèle dès ce pilote être plus une étude de mœurs suite à une disparition brutale dans une petite ville qu’une vraie saga policière. C’est le genre de projet dont la qualité tient énormément à ses personnages et à ses acteurs : coup de bol, c’est l’occasion de retrouver David Tennant (un ancien Doctor Who) très intrigant dans le rôle du flic direct et peu psychologue. Quant aux différents suspects, seul l’avenir pourra nous dire s’ils s’avèrent être vraiment intéressants ou de simples marionnettes sans réelle trajectoire. Croisons les doigts, ce pilote donne en tous cas envie que la suite soit à la hauteur…

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Bluestone 42

Toujours en Angleterre, on trouve la petite nouvelle Bluestone 42, comédie fort sympathique sur un sujet pas forcément très drôle : un détachement militaire en Afghanistan durant l’opération Herrick.

Ouvertement satyrique, le show ne fait rien pour se rendre réaliste ou crédible, en particulier au niveau des personnages qui sont tous plus excentriques les uns que les autres. La mort brutale d’un soldat américain – ancien agent de la CIA – dont un duo d’écossais ne va cesser de se moquer tout au long du pilote en atteste : on n’est pas ici pour parler tragédie, mais pour rire d’un sujet particulièrement controversé et/ou dérangeant.

Et il faut bien l’avouer, cette première demi-heure fonctionne plutôt bien. Le casting est réjouissant, les blagues tombent juste et on ne s’ennuie pas une seconde. Reste à voir si la suite conservera cette qualité avec son intelligente satyre ou si le show va tomber dans les travers du cynisme indigent.

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Anna and Katy

Anna Crilly et Katy Wix sont deux comiques anglaises qui, après avoir lutté de nombreuses années, voient enfin leur travail récompensé en obtenant leur show, Anna and Katy. Suite de sketchs plus ou moins réussis (et surtout plus ou moins compréhensibles, vu les références, pour nous autres français), le pilote se laisse regarder mais s’oublie dès le générique de fin terminé. A recommander uniquement aux plus grands fans de comédie anglaise.

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Please like me

Enfin, c’est l’Australie qui nous offre en premier la copie que l’on n’attendait pas, c’est-à-dire, le Girls pour les garçons (plutôt gays les garçons, d’ailleurs), avec Please Like Me. Imaginée par Josh Thomas, un jeune comique apparemment extrêmement apprécié chez les kangourous, le show raconte comment ce vingtenaire au physique très particulier (il assume lui-même de ressembler à un bébé grand-père) découvre son homosexualité. Entre deux problèmes du quotidien avec son meilleur ami, son ex, ou encore la séparation brutale de ses parents (sa mère fait une tentative de suicide en découvrant que le père la trompe, puis demande le divorce), Josh est bien occupé. Malheureusement pour nous, il est un peu tout seul dans son délire et nous laisse plus ou moins sur le carreau. Certes, la plupart des scènes sont bien conçues et amusantes, mais la série repose sur des situations tellement artificielles qu’on a bien du mal à s’identifier à un quelconque personnage. Bon, au final on a quand même envie de lui donner sa chance à ce jeune Josh, mais il a intérêt à vite saisir notre intérêt, ou sinon on retournera voir Lena Duhnam. Ou pas.

Fautes de vraies news cette semaine (une seule nouvelle série a fait son apparition sur les écrans US), je vous invite à découvrir malgré tout les hauts et les bas de sept jours de série.

Zero-HourLa nouveauté de la semaine : c’est la hautement catastrophique Zero Hour, née du cerveau malade de Paul Scheuring (le créateur de Prison Break) et réalisée à la Besson par son fidèle soldat Pierre Morel (entre autre responsable de Banlieue 13 et Taken.) Alors attention, voilà le mélange : le héros de Urgences (oui, c’est Mark Greene sur l’affiche) + des méchants nazis + un gentil nazi + des rosicruciens (une société secrète qui protège le monde) + un pseudo fils du diable aux yeux blancs = une course poursuite pour retrouver la femme du héros, enlevée parce qu’elle a acheté sur le marché une vieille horloge, horloge qui contient un diamant, diamant qui contient un plan, plan qui n’indique pas un lieu mais une personne. Ouf ! Ce pot pourri du Da Vinci Code et de toutes les copies qui lui ont succédé a le mérite de tellement se prendre au sérieux qu’il en devient particulièrement jouissif. Comment ne pas être subjugué par cette accumulation de personnages clichés, par ces acteurs qui semblent ne même pas savoir que les caméras sont en train de tourner, par cette réalisation qui se permet tout mais n’arrive à rien, par ces dialogues qui sonnent toujours creux, mais surtout par ce scénario survolté qui confond rapidité avec rythme et construction dramaturgique avec enchaînement de péripéties sans queue ni tête. En clair, c’est nul, mais à un tel point que ça pourrait presque en devenir génial. Définitivement le plaisir inavouable de l’année.

Mon pronostic : une saison… mais ça n’ira clairement pas plus loin ! black mirrorLe retour de la semaine : c’est celui de la très attendue saison 2 de Black Mirror, la création dérangée sur la manière dont les écrans nous bouffent la vie, inventée par Charlie Brooker. Cette année encore, nous auront droit à trois épisodes qui n’auront aucun lien entre eux, si ce n’est cette intéressante thématique. On attendait fortement Charlie Brooker au tournant après son histoire de premier ministre qui doit enculer un cochon, mais force est de constater que sa proposition pour ouvrir cette nouvelle trilogie est furieusement décevant. A travers l’histoire de cette femme qui n’arrive pas à se remettre du décès de son amoureux et qui le reconstruit peu à peu grâce tout ce qu’il a laissé sur le net, Brooker aurait pu raconter quelque chose d’original, d’étrangement morbide ou décalé. Au final, l’épisode tombe dans tous les poncifs auxquels on pense dès l’idée énoncée, pour se conclure sur deux ultimes scènes (la falaise puis le grenier) incroyablement clichées et décevantes. Ses co-auteurs s’étant fait la malle, Brooker est tout seul pour assurer la saison, espérons qu’il sera en meilleur forme pour la suite. (EDIT : après avoir vu le deuxième épisode, je confirme que ça sent mauvais. La réalisation est toujours là, mais le scénario est d’une vacuité incroyable…)

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La série oubliée, c’est Touch, petit show du vendredi soir inventé par Tim Kring qui nous avait laissé sur le carreau avec la mésaventure Heroes. A première vue, cette série sur un ancien journaliste, père célibataire qui s’occupe de son fils autiste, n’avait rien de bien percutant pour nous accrocher si ce n’est de retrouver Kiefer Sutherland, le héros de 24. C’était sans compter l’imagination débordante de Kring qui s’intéresse tout au long de la première saison à tous ces petits liens qui nous réunissent, d’un bout à l’autre du monde. Notre héros suivait donc les intuitions mathématiques de son fils (tout se base toujours sur une série de chiffres) pour pseudo réparer le destin de différents guests. Malgré la formule évidente et une certaine facilité dans les résolutions des épisodes, Touch avait quelque chose de touchant et de mystérieusement attirant. Alors lorsque Kring a commencé à se permettre d’installer un feuilletonnant et un univers plutôt barré, on a commencé à se dire qu’il y avait là un vrai potentiel !

Celui-ci se confirme avec les premiers épisodes de la saison 2 qui sort totalement du schéma instauré auparavant pour s’intéresser à une histoire purement feuilletonnante. Certes, on reconnaît la fascination de Kring pour les personnages d’exception, limite avec des pouvoirs, mais on retrouve surtout sa manière très fine de mélanger les fils des intrigues et de ne jamais trop (ou pas assez) en dévoiler. Si Heroes avait coulé car il n’avait pas grand chose sous le coude, Kring semble avoir beaucoup plus réfléchi à ce qu’il voulait faire avec Touch. On croise donc les doigts pour que la série continue sur cette bonne lancée…

Spartacus: War Of The Damned 2013La déception de la semaine, c’est évidemment la troisième saison de Spartacus (sous-titrée War of the Damned) qui a bien du mal à renouer avec le souffle épique des précédents épisodes. Plus d’arène, des personnages de gladiateurs qui n’ont plus grand chose à accomplir (et donc des arches narratives assez pauvres), une réalisation qui commence à s’essouffler : il n’y a bien que l’arrive de Jules César qui puisse nous faire tripper un peu. Mais c’est vraiment trop peu.

05 ArrowLa bonne idée de la semaine : est en lien avec la déception ! Il s’agit de l’arrivé dans Arrow de Manu Benett, le Crixus de Spartacus, pour incarner le terrifiant Slade Wilson, aka Deathstroke, un personnage culte du comics. Benett ne ressemble pas vraiment physiquement au personnage, mais il incarne à la perfection toute la puissance et la violence enfouie de cet étrange spécialiste du sabre à la psychologie infiniment particulière. Benett a l’air parti pour rester un petit moment sur la série, et franchement on ne va pas s’en plaindre.

the-neighbors-reviewEt enfin, la réplique de la semaine nous vient de The Neighbors :

This is real life kids ! It’s not TV! We are a family of aliens living amongst humans. And every week, we tackle a new problem together and learn that, while we may be from different backgrounds, even planets, family dynamics are, in fact, universal. It’s real life, kids, it’s not TV !

 

Sur cette note, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine…

 

 

Les programmes de l’été commencent à s’installer sur les écrans US prenant peu à peu la place de séries qui nous quittent à jamais ou se prennent juste un peu de vacance. Cette semaine, on reviendra donc sur quatre départs temporaires, deux définitifs, et une petite nouveauté… canadienne.

Alors, oui, c’est vrai qu’on pourrait aussi parler du retour plus qu’incompréhensible de la terrifiante Single Ladies, de la non moins désespérante Mélissa and Joey ou encore de la sympathique (mais bas de plafond) Workaholics… mais bon, on ne peut parler de tout tout le temps !

On va commencer avec un départ définitif des plus regrettables, celui de Harry’s Law, dernière création en date du très volubile David E. Kelley (Ally McBeal, The Practice, Boston Legal…) Alors oui une fois de plus c’était un legal show, oui une fois de plus il y avait des personnages complètement barrés, oui une fois de plus les affaires n’étaient pas crédibles, oui une fois de plus les intrigues amoureuses étaient relativement pitoyables et oui une fois de plus le tout était profondément marqué politiquement. Mais que voulez-vous, David E. Kelley sait apporter juste ce qu’il faut de nouveauté à sa formule pour qu’elle fonctionne à chaque fois et reste dans l’air du temps. Car malgré sa réalisation un peu dépassée, Harry’s Law s’affirme tout à fait comme une oeuvre très contemporaine, qui se prend l’Amérique réactionnaire en frontal pour mieux la démonter. Et si la formidable Kathy Bates n’atteint jamais le potentiel faramineux du duo James Spader & William Shatner de la très regrettée Boston Legal, elle n’en demeure pas moins la clé de voûte de ce programme qui aurait bien mérité une petite troisième saison.

Final Score : 3.5/5

David E. Kelley a une vraie science du legal show et il sait toujours viser juste – du moins en terme de qualité de programme, pas vraiment en terme d’audimat. A trop s’en prendre aux idées bien-pensantes qui secouent l’Amérique, il s’est sans doute mis une partie de son public à dos, à moins que ce ne soit la mise en scène quelque peu surannée (surtout en regard des séries contemporaines) qui ait fait fuir les spectateurs. Reste qu’Harry’s Law était un programme vraiment sympathique et fondamentalement jamais décevant.

Curieux programme que ce The L.A. Complex, série purement canadienne qui se déroule pourtant aux Etats-Unis et dont la diffusion dans son pays d’origine fut saluée par les critiques alors qu’elle se perdit dans la masse lors de son passage sur la CW. De quoi s’agit-il donc ? Grosso merdo de la vie de cinq jeunes adultes qui en sont tous à un niveau différent de leurs carrières mais qui rêve tous de réussir à Los Angeles (en tant que comédien, que danseuse, dans la musique ou en faisant du stand up). La plupart vit dans un fameux “complex” d’appartement et forcément ils vont s’aimer, se déchirer, se détester et se serrer les coudes. Rien de bien original là dedans ? C’est sans compter sur les scénaristes, directement issu de Degrassi, la série ado canadienne connue pour son traitement brutal de sujets épineux et sa volonté affichée de réalisme (son ancêtre était connu chez nous sous le nom de Les Années Collège… et oui, ça vous fait tilt maintenant !) Et il faut bien avouer que ce L.A. Complex s’avère justement fort complexe et traite avec force le désespoir, la lâcheté, la perte de soi, l’ironie de la célébrité et de la réussite, que provoque cette ville du rêve qui n’hésite pas à dévorer les milliers de jeune qui y débarquent chaque année pour “réussir”. C’est peut-être limite un peu trop cruel pour être tout à fait réaliste, mais ça donne un programme vraiment surprenant et qui secoue les habitudes des séries ados gentillettes.

Final Score : 4/5

Ne vous fiez pas à l’affiche quelque peu racoleuse, The L.A. Complex est sans conteste l’une des meilleures nouveautés de la saison. Son traitement brutal et sans appel fait passer un vent de fraîcheur sur une industrie de la série pour ado (ou jeune adulte) quelque peu boursouflée. D’ailleurs, The L.A. Complex s’adresse carrément à tous ceux qui se sont un jour intéressé aux milieux artistiques – une réussite, qui ne verra malheureusement sans doute sa suite diffusée qu’au canada…

Cougar Town ou le recyclage par l’absurde de toutes le bonnes idées de Scrubs - les prises de tête de J.D. en moins, les passages tristounets passant eux aussi à la trappe. Pur cour de récréation pour Bill Lawrence (le créateur) ainsi que toute la bande qui entoure Courtney Cox, Cougar Town ne s’explique pas et surtout ne se défend pas. Impossible de trouver une réelle raison à ce qui fait rire (ou non) dans ce show totalement n’importe quoi, qui secoue twitter en demandant au début d’un épisode si les spectateurs seraient intéressé par une série judiciaire… sur des cochons (#pigtrials). Bref, tout ce beau monde s’éclate et ce n’est pas la transition chez TBS (petit chaîne du câble) pour la quatrième saison qui va vraisemblablement casser leur moral (même si le budget risque d’en prendre un petit coup).

Final Score : 4.5/5 pour ceux que ça fait rire, 1/5 pour ceux que ça laisse froid.

Difficile de faire une série qui partage plus (du moins dans mon entourage) que ce Cougar Town absurde et hautement superficiel. Moi, j’adore, vous, pas forcément. C’est pas grave, on peut rester quand même ami

Voilà un bien curieux programme que ce Touch proposé par Tim Kring, le papa des Heroes, avec Kiefer Sutherland (LE mec de 24) dans le premier rôle. Et comme le tout est diffusé sur la Fox, de prime abord on s’attend à un gros show d’action fantastique qui en balance plein la gueule, ce qui n’est pas tout à fait le cas… En effet, Touch repose sur un étrange trio composé d’un gamin autiste, qui “parle” aux chiffres mais ne dit jamais un mot ; d’un papa totalement dépourvu ; et d’une aide sociale (plus ou moins) qui est là pour les aider tous les deux. Mais la grande idée derrière tout ça, c’est que le monde entier est interconnecté et que le battement d’aile d’un papillon… bref, vous m’avez compris. Du coup, les épisodes reposent sur deux, trois voir quatre niveaux d’intrigue qui vont se croiser, mais pas forcément à la fin, créant ainsi quelques surprises réjouissantes. La base de la série n’est donc déjà pas si mal, mais il faut y adjoindre un feuilletonnant très “calme”, qui sait bien se planquer comme un renard mais qui s’avère franchement prenant et qui vous entraîne avec la banane dans le double épisode de fin. La réalisation est quant à elle plus qu’honnête et les acteur, Sutherland en tête, semble vraiment aimer le programme et donc vouloir donner leur maximum. Reste la grande inconnue : c’est du Tim Kring, et on sait à quel point son Heroes est rapidement parti en sucette. Avec seulement treize épisodes au compteur, Touch a de quoi convaincre, mais saura-t-elle toujours autant nous enthousiasmer l’année prochaine ? Les auteurs peuvent-ils faire plus que treize épisodes et rester bons sur une telle base ? C’est ce qu’on verra…

Final Score : 4.5/5

Peu ou pas du tout attendue, Touch s’avère une excellente surprise : bien conçue, préparée avec un amour certain, elle ne cherche jamais à provoquer ou à se différencier et, en cela, trouve sa propre identité ! Alors oui, si les happy endings vous font vomir, vous risquez de vous énerver devant la dernière production de Tim Kring. Mais si un certain optimiste ne vous dérange pas, et surtout si vous aimer le travail vraiment bien fait, alors Touch peut être un vrai bon moment à passer. En tout cas, moi, je suis sous le charme !

Énième copie casse-gueule de Mad Men ? Il est très rapidement évident que non :  si les deux séries se déroulent à peu près à la même époque, Magic City ne s’intéresse pas du tout aux mêmes thématiques ni ne propose des personnages similaires. C’est donc l’histoire d’un hôtel, le Miramar Playa de Miami, ou comment son gérant en vient à devoir s’allier avec un boss de la pègre pour arriver à ses fins. Pas la peine de courir faire une réservation sur internet après avoir vu l’endroit dans la série, le fameux hôtel est une pure fiction, sorte de mélange de plusieurs autres hôtels que Mitch Glazer, le concepteur de la série, a longtemps étudié au cours de sa vie. On ne peut donc pas lui reprocher un manque de réalisme dans son approche. Tout comme on trouvera difficilement quoi que ce soit à redire à la réalisation, aux comédiens, ou à l’ensemble de la production value, tous absolument impeccable. Magic City, un immanquable donc ? Malheureusement non. Car le gros souci de la série se résume en une phrase : on s’attend à tout ce qui va se passer. Si les scénarios sont franchement bien écrits (les structures sont solides, les enjeux dramatiques forts) ils souffrent d’un manque d’originalité cuisant – surtout lorsqu’on sait que la série passe sur Starz, la chaîne à qui on doit tout de même le très radical Spartacus. Du coup, au lieu de nous tenir accroché à notre fauteuil, Magic City nous berce tendrement. Mais elle le fait avec un panache tellement agréable…

Final Score : 4/5

Magic City aurait pu être une très grande série si elle avait su nous surprendre à certains moments. Elle reste un programme d’exception, aux nombreuses qualités. Bref, j’attend quand même la suite avec impatience !

Pouvait-on vraiment s’enthousiasmer pour Best Friends Forever, sitcom très “originale” sur la colocation entre deux filles que tout oppose mais qui sont les meilleures amies du monde (et accessoirement le mec de la brune qui vit avec elle) ? La réponse est fatidique : non. Et même si les personnages sont un peu plus décalés que d’ordinaire (merci Community), même si les situations prêtes à sourire, et même si la réalisation s’avère à peu près potable, rien ne viendra sauver cette énième sitcom des affres de l’oubli. De toutes façons, avec seulement six épisodes tout rond au compteur avant son annulation, il y a pas de quoi y passer une journée.

Final Score : 2.5/5

Tout juste la moyenne pour cette sitcom légèrement amusante mais franchement dispensable, qu’on aura déjà oublié dans moins de six mois. Mieux vaut passer une soirée avec ses amis que devant Best Friends Forever.

Enfin, voici la GROSSE nouveauté venue du canada qui a, sur son territoire, tout explosé sur son passage. Continuum, c’est donc une série de SF dans laquelle la sémillante Rachel Nicols (qu’on est assez content de retrouver) se voit propulsé du futur à notre époque à cause d’un groupe de terroristes qui ont l’air très très méchant. Ce qui est amusant, c’est qu’ils luttent contre le système des corporations et veulent rétablir une démocratie, tandis que notre héroïne est une bonne flic droit dans ses bottes, qui fait respecter la loi et ne se pose pas vraiment de question sur le reste (sauf sur sa famille, qui va bien lui manquer.) Bref, c’est là le vrai point original et intéressant de la série : l’héroïne est un soldat des “méchants” (selon tout bon récit de SF qui s’oppose aux dictatures) tandis que les méchants sont de vrais terroristes qui n’hésitent pas à tuer… mais avec de bonnes intentions. Seulement voilà, on ne sait pas trop quel est vraiment le point de vue des auteurs de la série et on se demande bien quel est réellement le discours sous-jacent de tout ceci. Mais bon, pour ça, il va falloir regarder la suite…

Allez, rendez-vous lundi pour le retour à la normale du bilan de la semaine (ce qui veut dire enfin en temps et en heure !)

Pour le retour du site, on étrenne une nouvelle catégorie : le bilan de la semaine. Vous ne le savez sans doute pas, mais on en était la semaine dernière – selon nos comptes – à la vingt-troisième de cette fabuleuse saison 2011 / 2012. Entre coup de gueule et coup de coeur, entre mortel ennui et réelle surprise, entre déception et réjouissance, le bilan de la semaine reviendra (presque) chaque lundi matin vous raconter ce qu’il fallait voir mais aussi et surtout ce qui nous a franchement blessé les yeux !

Dimanche soir, ça fait toujours un peu mal de le dire ici, mais c’était bien sur HBO qu’il fallait se connecter. Avec son troisième épisode, la série hippique Luck décolle et arrive enfin à nous prendre véritablement aux tripes. On était déjà convaincu par sa réalisation solide – quoi que parfois un peu lourde – signée Michael Mann, ainsi que par ses comédiens, on attendait juste que les scénaristes arrivent à nous faire passer un peu d’émotion. C’est chose faite avec une séquence des plus touchantes dans laquelle un groupe de quatre pauvres gars digne du pire PMU en bas de chez vous fondent littéralement devant le cheval qu’ils viennent d’acheter. Vous aussi vous aurez bien du mal à retenir votre petite larme.

Le PMU, c'est avant tout tendre la main vers l'autre.

Lundi, c’était au tour des scénaristes de House d’essayer de nous en mettre plein la vue. Après un épisode typique de milieu de saison pour la série, c’est à dire avec une construction déstructurée et une fausse pression pour nous faire croire que cette fois tout va changer ; l’épisode du jour s’intéresse à Chase et adopte carrément son point de vue pendant quarante-deux minutes. Les auteurs ont-ils encore quelque chose à dire sur un personnage qu’ils ont créé il y a huit ans ? La réponse est oui et du coup, si vous avez fini par abandonner cette série, on ne saurait trop vous recommander de mater ces deux épisodes (saison 8, épisodes 12 et 13) qui vous suffiront pour vous remettre à jour !

Et merde, moi aussi va falloir que je passe des auditions si je veux trouver un rôle dans une autre série pour l'année prochaine...

Heureusement, pour nous détendre, on avait droit au deuxième épisode de Glee pour les adultes, autrement appelé Smash, délicieuse guimauve sur le monde impitoyable de Broadway où toute une équipe tente de monter une comédie musicale autour de la vie de Marylin Monroe. On rigole beaucoup de la série (mais pas beaucoup avec elle), notamment quand on découvre l’exceptionnelle méthode des auteurs (dans la série) qui structurent à peine l’histoire de leur musical alors que les comédiens sont déjà en train de répéter les dialogues.

No, not here, you idiot ! We allready wrote that shit, anyway.

Mardi on pouvait assister à la triste et lente mort de l’original, c’est à dire Glee. J’ai un peu l’impression que les scénaristes se sont rendus compte qu’ils détestaient tous leurs personnages (à l’exception notable de Santana, allez savoir pourquoi) et ils s’amusent donc à les rendre insupportables. C’est bien simple, on a envie de les abattre – vivement l’épisode Colombine qu’on en finisse…

Dwight saurait nous expliquer comment tous les abattre avec une seule balle.

Heureusement, on respire chez la concurrence grâce à The River, deuxième série horrifique de l’année après l’étonnante  American Horror Story. Avec son approche mockumentary très utilisée ces derniers temps dans le genre au cinéma, on aurait pu craindre le pire : que les histoires ne nous étonnent pas. Et bien, très franchement, quand on le regarde tard dans la nuit, dans une pièce bien sombre, et qu’on a décidé de jouer le jeu, il faut avouer que ça peut bien foutre la pétoche.

Vous ne vous trompez pas : il y a bien des messieurs tout nus dans la rivière.

Mercredi, c’était fatidique, mais Revenge atteint sa fin programmée, en arrivant au fameux flash forward présenté au tout début de la série. Mais que vont faire les auteurs maintenant ?

Non, franchement, Daniel, te force pas à te réveiller, t'es très bien comme ça, la gueule dans le sable.

Jeudi, c’était fatidique, mais The Firm atteint sa fin programmée, en arrivant au fameux flash forward présenté au tout début de la série. Mais que vont faire les auteurs maintenant ? (oui, c’est la saison qui veut ça…)

Et ben voilà, on est tout fort dépourvu quand le feuilletonnant tombe à l'eau.

Enfin, vendredi, c’est bien entendu Spartacus qui choquait l’amérique en remettant au goût du jour le débat sur la parité homme / femme. Toujours aussi revendicatrice et en avance sur son temps, la série de gladiateurs aux attributs bien fournis ose affirmer que la parité, pendant la Rome antique, c’est avant tout le fait pour chaque femme d’avoir le droit de se battre aux côtés de son homme. Et il faut voir la copine de Spartacus se jeter en hurlant sur les romains, le petit couteau bien affûté dans les mains, qu’elle s’amuse ensuite à planter une bonne dizaine de fois dans le cors du fameux romain et à faire tout plein d’éclaboussures virtuelles sur la caméra. Bref, vous l’aurez compris, on en redemande !

Je sais pas vous, mais moi c'est pas forcément le couple avec qui je partirai en week-end.

Allez, à la semaine prochaine !

Septième fournée de reviews avec le retour des producteurs de Prison Break, une nouvelle vision arthurienne, un ado avec un gros sexe, des ados qui ne pensent qu’au sexe et une toute petite sitcom !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Les producteurs de Prison Break sont de retour, pour notre plus grande angoisse… En plus, leur nouveau projet tourne encore autour de la prison : trois détenus sont employés par un marshall pour retrouver des bad boys qui viennent de s’échapper. Du coup, on ne s’attendait pas spécialement à être convaincu…

Et pourtant, malgré son générique sans doute le plus moche du monde, Breakout Kings se révèle être une sympathique surprise. La force de la série repose principalement sur son casting, qui propose des personnages aux capacités qui se répondent parfaitement. Il y a le super psychologue, le chef de gang, la fille de voleur/arnaqueur, la petite geek agoraphobe, et deux flics costauds (dont un ancien corrompu) pour chapoter le tout.

Le tour de force est d’arriver à tous les rendre sympathiques et à nous faire découvrir leurs vies, leurs problématiques profondes, par petite touches, de plus en plus grandissantes à mesure qu’on s’approche du season finale particulièrement réussi. Du coup, même si le reste n’est qu’un cop show de plus, on est suffisamment teasé par les personnages pour avoir envie de revenir chaque semaine. Et quand la série s’achève, on a hâte qu’elle reprenne l’année prochaine.

Final Score : 4/5, série en hiatus.

Breaktout Kings est sans doute l’un des meilleurs cop shows de cette année. Les intrigues sont soignées, mais ce sont surtout les personnages et la dynamique du groupe qui nous donne envie de les retrouver à chaque épisode. Une belle petite surprise – et l’occasion de retrouver quelques personnages (oui oui, personnages, pas acteurs !) de Prison Break, qui nous rappellent quand la série était encore intéressante !

Le cas Camelot est particulièrement intéressant. Prenez une chaîne (Starz) surtout connue pour avoir remis au goût du jour un personnage historique (Spartacus) et qui tente de faire de même avec la légende arthurienne. Prenez un spécialiste de l’histoire anglaise (Michael Hirst) connu pour s’intéresser aux  hommes de pouvoir, en particulier aux vieux rois anglais (The Tudors.) Miser le tout et vous obtenez… une série franchement spéciale.

C’est que Michael Hirst aime s’approprier pleinement ses sujets. Du coup, exit la dimension religieuse de la légende arthurienne, et quasiment exit la magie et autre quête du Graal. Hirst joue plein pot les deux sujets qui l’intéressent : le pouvoir et les femmes. Au point que très rapidement la série délaisse en grande partie Arthur et ses copains chevaliers – ainsi que son histoire d’amour compliquée avec Guinevere – pour ne s’intéresser plus qu’à la conquête du pouvoir par Morgane. Un choix plutôt bien vu étant donné qu’on fait face, pour une fois, à un personnage de femme active et puissante comme on en a rarement vu. Bon, ok, on pourrait peut-être reprocher à la série d’être un peu machiste en cherchant loin (Morgane est prête à tout pour être couronnée, Guinevere cède à  la tentation, quant à Ygraine elle se fait manipuler en bonne et due forme) mais ce serait à notre avis faire un mauvais procès à un show toujours fasciné par l’entêtement, par ces pulsions auxquelles on n’arrive jamais à échapper.

Du côté de la réalisation et de la production design, on sent bien que le show, comme The Tudors ou Spartacus, manque cruellement de moyen par rapport à ses ambitions. Du coup, on ne peut pas dire que visuellement ce soit vraiment une claque mais on ne peut que féliciter les bonnes idées de la production pour arriver à mener à bout le projet. Le casting, quant à lui, peine à convaincre dans les premiers épisodes mais s’avère nettement plus convaincant par la suite. Si Joseph Fiennes en fait toujours trop en Merlin, force est de reconnaître que Jamie Campbell Bower, le roi Arthur, qui faisait sérieusement douter de ses capacités avec sa petite gueule d’ange, se montre exceptionnel quand son personnage prend tout la mesure de son mythe vers la fin de la saison. Et que dire de Eva Green, formidable Morgane, tout à la fois rebutante et fascinante.

Final Score : 4/5, série en hiatus.

Camelot n’est clairement pas une série qui plaira à tout le monde. Si, comme Michael Hirst, les questions de pouvoir et de fascination vous intéresse, ou si vous voulez voir un personnage de femme forte comme vous n’en avez quasiment jamais vu, vous pouvez lui donner sa chance – la série a vraiment beaucoup à donner. Pour les autres, la pilule sera nettement plus dure à avaler.

MTV a surpris tout le monde l’année dernière en offrant ce qui s’est avéré être l’une des meilleures sitcom depuis bien longtemps. La saison deux de The Hard Times of RJ Berger était donc attendue au tournant : la série allait-elle s’adoucir, se transformer en “simple” show pour ado, ou les auteurs allaient-ils rester dans ce ton passablement subversif qui fait tout le charme des aventures de RJ ?

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le concept est relativement simple : RJ est un geek, principal victime du beau gosse et sportif du lycée. Mais au détour d’un petit problème de caleçon, toute l’école découvre son plus grand secret. Il est  pourvu d’un sexe absolument énorme !

Sur cette base se greffe des histoires d’ados relativement classiques avec une nette tendance à tourner autour du sexe. RJ veut sortir avec la plus belle pompom girl du lycée, sa copine d’enfance veut être la première à monter sur son mât, et son pote Miles veut coucher… avec tout ce qui bouge. La force de la série réside dans son ton particulièrement cru et sa manière très frontale d’affronter tous les sujets.

L’autre bonne idée, ce sont les petits encarts en animation, commandés à des studios qui ont tous une marque très différentes. Un vrai petit plaisir, d’autant plus que ces passages sont très intelligemment intégrés à l’histoire et jamais cela ne paraît artificiel.

Cette deuxième saison révèle quelques belles surprises, dont une nouvelle copine pour RJ, et conserve, voir amplifie, le ton sacrément costaud pour une série pour ado. D’autant que les auteurs s’amusent à suggérer pour en rajouter une couche, et on se souviendra tous de ce magnifique passage ou la mère de RJ prépare une courgette avant de la cuisiner…

Final Score : 4/5, série en hiatus.

The Hard Times of RJ Berger reste encore cette année l’une des meilleures sitcoms du moment. Si vous n’êtes pas réfractaires aux ados en personnages principaux, jetez vous dessus pour une grande séance de rire. Croisons les doigts pour que MTV commande une troisième saison qui devrait être assez exceptionnelle vu le climax de la fin de cette année !

Ca y est j’ai compris : The Secret Life of American Teenager est juste une vaste blague. Mais comme on dit, ce sont les plus courtes qui sont les meilleures, et là on vient tout de même de se taper 26 épisodes pour la saison 3 !

Véritable catastrophe ambulante, SLAT fait preuve d’un certain talent pour absolument tout foirer. Production design qui vous donnerait envie de vous tuer si vous deviez vivre dans de tels décors, histoires éculées et dialogues artificiels et largement trop explicites, acteurs capables de faire semblant de jouer trois émotions, musique abominable, rien, absolument rien, ne vient refaire remonter la pente.

Et pour arriver à un tel niveau de nullité, soyez en sûr, il faut avoir un sérieux talent.

Final Score : 1/5, série renouvelée pour une quatrième saison (déjà en cours de diffusion…)

Exemple type de tout ce qui peut faire haïr les séries américaines à quelqu’un, The Secret Life of American Teenager est une ambulance sur laquelle on ne va pas se mettre à tirer. Dommage que la série marche aussi bien aux Etats-Unis : ABC Family est déjà en train de diffuser la quatrième saison et ne devrait pas s’arrêter là…

Sitcom adaptée d’un programme israélien, Traffic Light était censée remplacer l’échec Running Wilde. Et pour le coup, l’adaptation de Bob Fisher (l’auteur de Wedding Crashers) ne va pas vraiment faire mieux…

Deux couples de trentenaires et leur pote éternel séducteur célibataire : on ne peut pas dire qu’on nage en plein délire d’originalité. La seule idée de la série, c’est de montrer les personnages en pleine audio-conférence, coincés dans leurs voitures sur les routes de LA. Des passages plutôt dynamiques et marrants… mais la série ne peut prétendre à aucun autre point positif. Pas vraiment drôle, pas vraiment attachante, Traffic Light essaie de faire bien mais, tel un bon élève trop appliqué, manque vraiment trop de personnalité pour convaincre. Du coup, son absence l’année prochaine ne nous fait franchement ni chaud ni froid.

Final Score : 2/5, série annulée après la première saison.

Traffic Light n’était pas un mauvais bougre, elle manquait juste trop de personnalité pour convaincre qui que ce soit. La preuve : après avoir vu tous les épisodes, je suis incapable de me rappeler un moment qui m’aurait vraiment fait rire.

httpv://www.youtube.com/watch?v=Fb3_AyOplQw&feature=related

Depuis l’arrivée de Camelot vendredi dernier, je me suis demandé pourquoi j’étais subitement super excité par cette série, pourquoi je l’attendais avec impatience depuis quelques mois. Force est de constater qu’en ce moment les shows “historiques” ont le vent en poupe. Petit tour d’horizon de ce qui s’est fait, est à refaire et n’est plus à faire.

Empreintes Criminelles - le futur de la série française ?

Commençons par notre doux pays, la France, mais passons rapidement sur les innombrables téléfilm “de prestige” comprendre par là ceux qui ont coûté un bras et rapporteront nib – il en pleut sur France télévision autant qu’il y a de jours de pluie sur Bretz. Il y a quelques années, nous avions eu droit à un triste remake des Rois Maudits, dont le jeu des acteurs n’avait pour égal que la superficialité des décors, une vraie catastrophe qu’on préférera vite oublier. Il y a aussi le petit Nicolas Le Floch, policier du XVIIIème siècle, qui a eut l’honneur d’une série en six épisodes que j’ai malheureusement (?) manqué. J’attends aussi beaucoup de Empreintes Criminelles, diffusée les vendredi 25 mars et 1er avril, sur la première équipe de police scientifique… et pas uniquement parce que des amis ont écrits dessus !

Merlin a beau tendre la main, il ne fera pas d'ombre à Camelot !

Du côté de l’angleterre, je n’ai pas fait le tour complet, mais la série qui semble marquer les esprits, c’est Merlin, sur la jeunesse du fameux magicien, dont la quatrième saison ne saurait trop tarder. Pour avoir vu le début, j’avoue ne pas avoir été particulièrement convaincu – en particulier par les effets spéciaux qui font passer Xena pour une oeuvre de James Cameron, mais aussi par l’acteur principal aussi inspiré et expressif qu’un caillou en bord de rivière (les plus tristes de tous les cailloux.)

Une image, un concept

C’est bien du côté des séries US que je prends mon pied. Je pleure encore la fin des Tudors, série emblématique qui avait à l’époque le mérite de ne ressembler à rien d’autre et qui a ouvert une voie royale aux intrigues sexuelles pour tous les autres shows. Le seul problème restant les innombrables décapitations qui font trop peur à ma chérie pour qu’elle accepte de regarder cette oeuvre magistrale même si elle s’est un peu perdue vers la fin.

Vous aussi, vous allez crier.

Comment vous parler de Spartacus si ce n’est en vous disant qu’un de mes amis, s’étant lancé dans la série un soir triste à Montpellier, m’a appelé en plein milieu de la nuit pour me dire “il a fait tomber la pluie !” La série la plus jouissive du moment, celle qui vous fait bondir sur votre canapé, qui vous donne envie de hurler comme un gros beauf et surtout qui vous fait voir Xena d’un autre oeil (comprenez par là qu’on la voit toute nue et que ça fait un sacré choc.)

Moi je vote : Arthur est un poil creepy !

Du coup, l’arrivée de Camelot et très prochainement de Game of thrones m’excite sérieusement. Maintenant que des gens ont prouvé qu’on pouvait faire des séries “historiques” de qualité, c’est à dire des shows dans lesquels les décors ne puent pas la médiocrité et où les histoires ne se contentent pas de fracassage de dragons et d’allusions lesbiennes, on attend avec impatience la prochaine grosse claque qui saura nous rendre l’histoire (imaginaire ou non) encore plus fun.

Did you really had to kill the cylon?

Maintenant, c’est sûr qu’il y en aura toujours pour vous dire : ouais, ok, mais c’est nul, y a pas de robot… (quoi que, une série de robot au moyen age ça pourrait être sympa… mais je suis sûr que les japonais ont déjà fait ça en animation !)

Chose promise, chose due : voici donc mon top 5 des séries de l’année dernière, c’est-à-dire diffusée pendant la saison 2009-2010 aux Etats-Unis. Pour info, je n’ai pas pu tout voir et donc certaines séries sont passées à la trappe directement. Ainsi, pas la peine de me faire des remontrances parce que je n’ai pas inclus Mad Men, Dexter, ou Lost, Damages, Friday Night Lights, etc. Et oui, malgré mon acharnement, certaines saisons récentes ne sont pas encore passées sous mes yeux sévères et critiques. Mais d’abord, petit tour des séries qui n’ont pas obtenue mes faveurs alors qu’elles avaient du potentiel.

Justified, la série très sympathique de FX qui nous propose un héros à mi-chemin entre le western et le polar pur et dur, rate le coche de peu, la faute à un démarrage un peu long et surtout un pilote pas loin d’être catastrophique. Je vous la recommande pourtant chaudement tant la série prend son envol dés le milieu de la saison, et j’attends beaucoup de la reprise en février. Pas non plus au classement la pourtant très courageuse Stargate Universe, qui tente le pari de s’éloigner de la franchise pour se frotter avec la mystique Battlestar Galactica. Mais certains personnages un peu creux (comme le geek de service) et le retour de MacGyver en fin de saison viennent plomber une pourtant belle réussite. La quatrième saison des Tudors, l’une de mes séries préférées, est vraiment trop fatiguée pour rentrer dans ce top 5, avec des personnages vieillissants qui ne servent qu’à faire plaisir aux fans purs et durs (dont je fais partie). The Pacific manque elle aussi le coche tout simplement parce qu’elle nous perd avec ses innombrables personnages auxquels on peine à s’attacher – mais c’est là aussi une série que je vous recommande malgré tout. Caprica, la prequel de Battlestar Galactica, aurait du faire partie du top 5… mais les auteurs nous refont le coup de la saison coupée en deux, donc je m’insurge et je déclasse. Enfin, Trauma, énorme surprise de l’année dernière, n’est pas retenue car la série s’est arrêtée trop abruptement et nous laisse sur notre faim. Ce n’est pas une surprise, la première série à faire son entrée dans mon top 5, c’est Spartacus, Blood and Sands, l’énorme claque que nous infligée Starz. On peut lui reprocher ses effets spéciaux souvent ratés, quelques errances sans intérêt (la fameuse pit qui n’aura finalement servie à rien), et un côté gay franchement poussé parfois, mais on ne peut nier son bonheur pendant les épiques moments de bravoure et les combats ultra gore. Et puis qui ne s’est pas levé sur son canapé pour crier “Je veux faire tomber la pluie !” Belle surprise que ce Community, qui démarrait pourtant mal et faisait face à une rude concurrence en terme de sitcom avec les nouveautés de ABC. Mais entre The Middle, Modern Family ou encore Cougar Town et Community, il n’y a pas photo. Community est drôle, furieusement bien menée, et surtout particulièrement originale dans son humour. Auto-dérision, références en pagaille, et surtout le personnage de Abed termineront définitivement de vous convaincre. Comme le disait un de mes amis disparu à New York : tous les gens censés que je connais ont vu tous les épisodes de Community en deux jours !Ne vous faites pas avoir : Vampire Diaries n’a rien à voir avec Twilight, si ce n’est de mettre en scène des vampires et une histoire d’amour (comme True Blood par exemple.) Ce qui fait vraiment la réussite de cette nouvelle saga signée Kevin Williamson (le papa de Dawson’s Creek) c’est qu’elle ne reste jamais longtemps sur les mêmes bases : les personnages évoluent constamment, les situations ne restent jamais bloquées et les morts pleuvent. Toujours surprenante, jamais ringarde, la série ne pèche que par une réalisation assez pauvre et quelques facilités dans le jeu de certains acteurs. Mais en terme de scénario, c’est sans doute ce qui s’est fait de plus couillu, désarçonnant et inventif depuis plusieurs années. En plus, la saison 2 nous a déjà offert quelques épisodes assez exceptionnels. Le miracle non attendu qui a clairement sauvé CBS en terme de qualité (pas d’audimat), c’est The Good Wife, LA série qui va vous faire renouer avec les legal-shows (série juridique.) L’histoire de cette femme à l’honneur bafoué par un mari volage pris dans un scandale sexuel et politique vous chope à la gorge dés son pilote pour ne plus jamais vous lâcher. Le feuilletonnant se déroule avec une intelligence rare, tout en offrant des affaires juridiques toutes plus intéressantes les unes que les autres. Mention spéciale à Julianna Margulies, que je consacre meilleure actrice de cette saison, toutes chaînes et toutes séries confondues. Un MONUMENT que vous ne devez pas laisser passer ! Enfin, impossible de passer sous silence Supernatural, cinquième saison, seule série à ne pas être une nouveauté à faire partie de mon top 5. Chant d’honneur du créateur Eric Kripke, cette cinquième saison comble toutes mes attentes de fanboy. Fan d’anges, de démons et tous les monstres qui vous viennent dans la tête, fan de metal et de vieilles voitures, fan d’humour, d’auto-dérision et d’épisodes complètement tripés, si vous n’avez encore commencé à regarder Supernatural sachez que vous avez de la chance : vous n’avez pas encore vu la meilleure série fantastique des années 2000.

Rendez vous dés lundi pour deux semaines d’analyse, chaîne par chaîne, de six semaines de rentrée !

Avec Coloc, on s’est moqué pendant tout l’été du fait qu’on nous sortait du gros réchauffé pour la rentrée avec Hawaii Five-O : quoi, ils vont refaire la vieille série des samedis après-midi interminables sur TF1 ? On a encore tous en tête la petite musique du générique et les affreuses coupes de cheveux de ces héros qu’on n’a jamais vraiment aimés. Et puis on s’est demandé ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, les projets vraiment originaux et emballant n’étant pas  légion en cette rentrée 2010/2011. Ils fut un temps où au moins une quinzaine de pilotes nous faisaient rêver et nous prenaient vraiment par surpris. Serait-ce la crise des idées ?

J'espère que cette image va me ramener quelques lecteurs...

A l’instar donc de Hawaii Five-O, les projets de remakes modernes des séries ayant cartonnées dans les années 90 (voir avant…) pullulent depuis quelques temps, avec plus ou moins de succès. La faute, sans doute, au remake de Battlestar Galactica, qui a tout écrasé sur son passage pour devenir, à mon avis, la meilleure série de SF jamais créée. Les scénaristes ont su très intelligemment actualiser le récit et s’affranchir de tout ce qui aurait pu ringardiser le projet, tout en reprenant les plus importants codes graphiques des anciennes séries (par exemple le look des cylons, ou la technologie toute relative du vaisseau principal…) Mais cette intelligence ne touchera pas tout le monde, et certainement pas les auteurs du “nouveau” Melrose Place, sans doute la plus grosse catastrophe de l’année dernière. A trop vouloir faire plaisir aux anciens spectateurs en accumulant les guest de l’ancienne série, les scénaristes ont perdu le nouveau public qui n’en a strictement rien à faire (et pour qui Heather Locklear est juste une hasbeen en plastique.) 90210, peudo remake du Beverly Hills de mon adolescence, s’en sort mieux mais fait quasiment totalement abstraction de l’ancienne série pour devenir un show pour ado somme toute assez classique. Mais cette année, c’est bien Nikita, remake de la série La femme Nikita, elle-même adaptée du film du gros Luc, qui prend tout le monde par surprise. Remarquablement intelligent, le pilote nous sert un twist final (qui deviendra aussitôt le vrai pitch de la série) franchement inattendu et ne garde de ses grandes soeurs que les personnages à la psychologie complexe et l’ambiance assez morbide. Le tout en misant à fond sur le fun que ne devrait jamais oublier les séries d’espionnage. Enfin, Hawaii Five-O, dont on parlait tout à l’heure, mise sur un duo franchement drôle et attachant pour s’élever au-dessus du marasme des innombrables séries policières et mérite largement son succès. Comme quoi, remake ne veut pas forcément dire série poubelle…

La seule série qui peut se passer d'un casting fort... ou pas.

L’autre grosse solution trouvée pour palier au manque d’idées fraîches, c’est de transformer sa série en licence. C’est-à-dire de multiplier les spin-off (séries dérivées) tout en gardant la même formule. Le champion en la matière, c’est Dick Wolfe avec son Law and order, dérivé en Special Victim Unit, Criminal Intent, Trial by Jury, UK (oui, oui!) et cette année Los Angeles. Des changements mineurs à chaque fois pour une recette qui repose sur la coopération (ou non) entre la police et le tribunal de justice… On ne peut pas non plus ignorer nos charmants CSI, CSI : Miami, et CSI : New York, tous sortis de l’écurie Bruckheimer et dont les variations se basent uniquement sur la ville dans laquelle l’action se déroule. NCIS, elle-même spin-off du JAG, s’offre NCIS : Los Angeles l’année dernière et s’assure un carton plein. Pour un peu plus tard dans l’année, on nous annonce Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de… Criminal Minds ! A croire qu’il ne reste plus beaucoup d’idées de cop-show pour remplir les cases…

Ca me donne envie de boire de la vodka-pomme, allez savoir pourquoi.

Cette année, une nouvelle idée a germé dans la tête des producteurs, une idée qui n’est pas sans rappeler un phénomène assez couru dans les comics : faire des prequel, c’est-à-dire des séries dérivées qui se déroulent avant la série mère. Première venue (du moins récemment), Caprica nous décrit la lente construction des cylons de Battlestar Galactica. Mais encore une fois, les créateurs prennent tout le monde de cours en créant ce qui peut être considéré comme la première série FAMILIALE de science-fiction ! Caprica s’avère donc loin d’être une simple resucée de la série mère et regorge d’idées proprement fabuleuses. De son côté, Spartacus, la bonne surprise de l’année dernière chez Starz, ne pouvant enchaîner sur une saison deux à cause de problèmes de santé de l’acteur principal, s’offre une prequel dont on ne sait pour l’instant quasiment rien. A surveiller, donc…

Tellement mignons qu'on a envie de tous les abattre.

Enfin, l’ultime solution que nos confrères outre-atlantique ont trouvé, c’est tout simplement de racheter des séries à l’étranger et de les adapter pour leur pays. Ainsi, vous ne le savez peut-être pas mais Modern Family, la sitcom qui a décroché tout plein d’Emmy cette année, n’est ni plus ni moins qu’un remake de Fais pas ci, fais pas ça, une des rares très bonnes séries françaises. Bon, mis à part la thématique de la famille et la manière de filmer façon documentaire, il n’y a pas beaucoup de points communs, ne serait-ce que la qualité, Modern Family ayant fini par profondément me gaver avec sa double dose de bons sentiments. La récemment décapitée My Generation était un remake du pilote d’une série suédoise, Scoundrels - qui n’aura duré qu’une saison – était un remake d’une série néo-zélandaise, et que dire du futur Skins version MTV remake de la célèbre série anglaise… Le phénomène n’est pas tout récent : souvenez vous de Ugly Betty, remake d’une telenovela colombienne qui a disparu sans laisser de traces. A croire que les américains feraient mieux de se trouver leurs propres idées !

Nuff said

Au final, ce n’est pas tant la propension des américains à faire du neuf avec du vieux qui pourrait poser problème, mais bien la lassitude des spectateurs à se voir proposer toujours un peu la même chose. Qu’on se le dise, cette année s’avère difficile pour la plupart des chaînes avec des audiences franchement en berne par rapport à l’année dernière. Les succès sont rares, les annulations s’accumulent et beaucoup de série ont vu leur développement arrêté, c’est-à-dire que les chaînes n’ont pas commander de nouveaux épisodes en plus de ceux déjà produits. L’âge d’or des séries serait-il fini ? Laissons l’année passer pour en avoir le coeur net…