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Inconscient que j’étais la semaine dernière de croire que cette semaine allait être plus calme ! Il y a tellement à dire qu’il faut encore découper ce bilan en deux parties. Et croyez moi, il y a quelques programmes très étranges à découvrir…

Get Out AliveGET OUT ALIVE (nouveauté)

Vous connaissez Bear Grylls ? Mais si, vous savez, le taré qui se fait balancer en pleine jungle amazonienne pour montrer comment il peut y survivre (oui, en buvant son urine.) Et bien le voilà aux manettes d’une nouvelle version de Survivor / Koh Lanta nommée Get Out Alive. Pourquoi on en parle ici ? Parce que le show prend un détour assez inattendu qui démontre bien la personnalité atypique du monsieur. En effet, s’il s’agit bien d’une émission de survie et d’une compétition entre dix équipes de deux personnes, ce ne sont pas les participants qui votent pour exclure quelqu’un mais simplement Bear qui décide qui doit se casser. Il démonte ainsi toute possibilité de coup de pute, tractations dans l’ombre et alliances stratégiques qui font d’habitude le nerf de la guerre de ce genre de show. Le célèbre baroudeur n’est en effet que très peu intéressé par la compétition et tout son show est organisé autour du fait que les différents duos forment tous ensemble une véritable équipe qui doit s’entraider pour survivre (et franchement, question survie, on est loin des gentils jeux de Koh Lanta…) Très rafraîchissant et particulièrement jouissif, ce Get Out Alive est sans doute la première télé-réalité depuis longtemps qui véhicule des notions positives et simples : l’entraide, la camaraderie, le dépassement de soit – pour aider les autres.

Et en plus, dans le premier épisode, tout le monde doit boire son urine. Comme ça, c’est fait.

KEY ARTAVENGERS ASSEMBLE (nouveauté)

Après le succès maousse de leurs aventures cinéma, Marvel remet le couvert en animation et nous lance les nouvelles aventures de ses héros préférés dans Avengers Assemble. Pour ceux qui aurait vu le dessin animé de Ultimate Spider Man, c’est exactement la même chose : quand l’auteur a de l’idée, c’est sympathique ; quand il balance une intrigue poussiéreuse, c’est complètement naze. Trois épisodes ont déjà été diffusés et il faut avouer que pour l’instant les histoires ne sont pas particulièrement folichonnes. Fort heureusement, les caractères bien trempés des personnages – et notamment un vrai travail pour faire de ce Iron Man animé un aussi bon que Robert Downey JR. – permettent de mettre du rythme et quelques répliques cinglantes amusantes. Les fans du comics n’ont quand même pas un énorme intérêt à regarder ce show qui reste destiné à de jeunes ados.

room9-tv-castROOM 9 (nouveauté –  Afrique du Sud)

Il fallait bien aller chercher aussi loin qu’en Afrique du Sud pour trouver un programme aussi délicieusement étrange que Room 9. Cop-show décalé dans un univers fantastique dans lequel les monstres mythologiques sud-africains existent réellement, Room 9 met en scène une belle flic black qui se retrouve à bosser avec un vieux détective blanc et sa copine aveugle. Dans le pilote, ils sont confrontés à une sorte de nain qui parle à l’envers et porte son immense pénis autour du cou – avant d’aller violer et tuer des femmes de ménage. Vous l’aurez compris, le choc culturel est bel et bien là et ces cinquante-deux premières minutes sont plus que déroutantes. Pas seulement parce que le tout ressemble à une série amateur tournée à une époque où le numérique n’existait pas encore, mais aussi parce que les codes narratifs, la manière de parler des personnages, et tout le background de cet univers nous est totalement inconnu. Vraie expérience plutôt traumatisante, Room 9 ne conviendra définitivement pas à tout le monde, mais les plus curieux d’entre vous se doivent de se confronter à la série la plus déroutante de l’année.

family_tree_hboFAMILY TREE (saison 1)

Suite au décès de sa grande-tante, un jeune anglais se lance dans la recherche de ses origines et embarque pour un voyage qui va le mener jusqu’aux Etats-Unis : si le pitch de départ de cette Family Tree n’est pas des plus percutants, il cache en réalité un petit show tout en douceur, parfois très drôle et toujours très sensible. Cette curieuse création fut diffusée sur HBO et le sera prochainement sur la BBC 2 en Angleterre où l’on espère que la série sera aussi bien reçue.

Il faut dire que tout est charmant : la réalisation est sobre et efficace, les comédiens sont assez bons, le montage est rythmé et l’ambiance sonore sympathique. Les scénarios sont plutôt bien ficelés et alternent des scènes de fausse interviews avec des moments de vie quotidienne ou des rencontres un peu barrée (la palme revenant au moment où le héros, sa sœur et son pote rencontrent des indiens…) On a forcément droit à quelques boutades sur le choc des cultures (notamment une guerre sympathique sur l’utilisation du mot “football”…) renforcées par le fait que les personnages sont assez hors-norme (la sœur du héros porte en permanence une marionnette de singe qu’elle fait parler à sa place…) Le show réussit aussi à faire beaucoup rire les connaisseurs de séries US et UK par le biais de quelques très bonnes parodies – Sherlock Holmes : the New Frontier ou encore The Plantagenets (qui fout un sérieux coup de pied aux Tudors.)

Dommage que toutes ces qualités ne suffisent pas à nous faire surmonter la principale faiblesse du show : cette impression que c’est bien gentil tout ça, mais que ça ne sert pas à grand chose. Au final, on est certes quelque peu touché par le destin de ce héros tout en douceur, mais pas franchement emballé. Trop lisse, trop gentille, Family Tree ne déçoit pas… mais n’enthousiasme pas des masses non plus.

Final Score : 7/10

Family Tree est très sympathique et a de nombreuses qualités. Elle reste malheureusement une série très vite oubliable de part sa trop grande “gentillesse” et son manque de piquant.

kinopoisk.ruWAREHOUSE 13 (saison 4)

C’est officiel : il ne reste qu’une saison de Warehouse 13 avant que ce petit show fantastique ne nous quitte définitivement. Adulée par de nombreux fans de SF et de fantastique, la série raconte les mésaventures d’un groupe d’agents spéciaux qui traquent des artefacts utilisés à mauvais escient. Cette saison ne change pas du tout la donne et repose sur les mêmes qualités… et défauts. Ainsi, si les scénarios sont inventifs et bourrés d’humour, la réalisation ne suit clairement pas, tout comme les FX qui sont souvent complètement à la ramasse. Les comédiens sont charismatiques mais tout simplement mauvais, et l’ambiance sonore est tout simplement inexistante. Pourtant, tout cela n’empêche pas cette quatrième saison d’être toujours aussi rafraîchissante et amusante à regarder. C’est clair, on ne s’ennuie pas devant Wahehouse 13. Mais de là à dire qu’on se souvient de l’épisode deux jours plus tard… (bon ok, les épisodes beaucoup plus feuilletonnants de la fin de la saison sont plus mémorables, mais quand même !)

Final Score : 6/10

Sympathique petit show fantastique, Warehouse 13 a toujours manqué d’ambition pour se montrer suffisamment indispensable. Dommage, mais les fans sauront apprécier cette quatrième saison largement à la hauteur du reste.

Defiance-season-1-2013-Syfy-poster_595_slogoDEFIANCE (saison 1)

Defiance démarrait sous de mauvais auspices : ce nouveau show de science-fiction diffusée sur Syfy bénéficiait d’un budget colossal mais de FX peu convaincants, et il était adapté d’un jeu de rôle en ligne dont les critiques n’étaient pas particulièrement élogieuses. Le pilote n’avait qu’un point positif pour lui, une bataille finale visuellement réussie qui a du engouffrer les millions de dollars mis dans le projet. Par contre, niveau scénario, on était en pleine copie de Terra Nova, sans les dinosaures mais avec des extra-terrestres, pour un résultat tout aussi mou et peu original. En effet, Defiance démarre en mettant en scène Nolan, monsieur héros américain limite caricatural, et sa fille d’adoption Irisa, une extra-terrestre, alors qu’ils arrivent à Defiance, une ville construite sur les ruines de Saint Louis, véritable melting-pot de cultures venues de l’espace. Nolan devient le flic de la ville et va commencer à mener des enquêtes pour faire respecter la loi et l’ordre : on attendait franchement plus d’un show de SF parlant d’une terre terraformée après avoir été le lieu d’une grande guerre entre quatre races qui ont fini par faire un pacte de non-agression afin de ne pas s’autodétruire !

Pour autant, s’arrêter aux quatre / cinq premiers épisodes ne seraient pas rendre justice à la dernière création de Rockne S. O’Bannon, créateur un peu foufou de plusieurs séries bien barrées dont la récente Cult ou la nettement plus mémorable Farscape. En effet, après une longue installation de la ville à travers quelques enquêtes sans réel intérêt, le scénario de la série trouve un nouveau souffle en devenant nettement plus feuilletonnant et commence (j’insiste : commence à peine) à trouver l’ambition entomologique de Battlestar Galactica. Les rôles de la maire – humaine – et de son opposant extra-terrestre virulent s’affirment pour mettre en place une réflexion sur le pouvoir et la politique intrigante. La partie sexe, assurée par la sœur de la maire qui tient un bordel dans lequel tout le monde se rend, cherche là aussi à emprunter des sentiers nouveaux. Et si Nolan reste un peu un Big Jim sans grand intérêt, c’est bien toute l’évolution du monde autour de lui et sa manière de ne pas vraiment arriver à suivre qui se montre très intéressante.

Defiance prend donc de l’essor au fil des épisodes mais bien que son scénario sache se faire totalement addictif, le show souffre d’un vrai manque en terme de forme. La réalisation est à peine passable, les FX restent majoritairement très moches (les extra-terrestres font un peu peine à voir), et les acteurs sont loin d’être tous convaincants. On sent que toute l’équipe est un peu perdue face à un projet de trop grande envergure et dont elle ne doit pas maîtriser tous les tenants et aboutissants. Espérons que la deuxième saison saura corriger ces défauts – car le climax de cette première année donne franchement envie de voir la suite.

Final Score : 7/10

Après un début poussif et balourd, Defiance prend de l’essor et arrive à s’affirmer au niveau du scénario. Les fans de SF peuvent sincèrement y jeter un œil et y trouver beaucoup de plaisir, les autres auront abandonné dès la fin du pilote…

 

Allez, rendez vous dimanche soir ou lundi pour la deuxième partie de ce bilan de la semaine !

Lorsque les auteurs de soap se dépassent et lorsque les “grands” auteurs déçoivent, on passe forcément une semaine un peu étrange. Il va quand même y en avoir pour tous les goûts, avec de la SF, du pétrole, le diable, et même de la comédie décalée.

Defiance-season-1-2013-Syfy-poster_595_slogoDEFIANCE (nouveauté)

Defiance, le show le plus cher de l’histoire de Syfy, proposé en sortie mondiale, adapté d’un jeu vidéo en ligne sorti simultanément, a donc enfin été diffusé. Que penser de ce pilote d’une heure-vingt qui nous raconte les mésaventures d’une petite ville futuriste après que la terre ait accueillie huit races extra-terrestre au terme d’une longue guerre ?

Et bien pas grand chose. S’il faut reconnaître que le budget semble bien encaissé dans des scènes en images de synthèse parfois bluffantes, les postiches censés faire passer des comédiens pour des extra-terrestres sont en revanche beaucoup moins convaincantes. Tout comme l’univers de la série, très bordélique pour l’instant, sans doute idéal pour un jeu en ligne mais inutilement compliqué pour une série.

Le scénario reste donc le principal problème de ce pilote. L’exposition est compliquée et lourdingue, les personnages sont tous déjà-vus, et l’intrigue ne révèle aucune réelle surprise (non, même pas la scène finale qui paraît plus artificielle qu’étonnante). La suite remontera peut-être le niveau mais une chose est déjà sûre : on ne tient pas là le prochain Battlestar Galactica

your-pretty-face-page-headerYOUR PRETTY FACE IS GOING TO HELL (nouveauté)

On aura bien du mal à être convaincu par le pilote de Your Pretty Face is Going To Hell, nouvelle comédie de format court (13 minutes) diffusées sur la pourtant très excellente chaîne Adult Swim. En effet, ces premières mésaventures sur un employé de l’enfer et son stagiaire s’avèrent ridiculement kitch au niveau de la réalisation (mais ça, encore, on est habitué sur ce network) et surtout très peu drôle. Les blagues sur le monde du travail tombent à côté de la plaque, les acteurs ne sont pas terribles et au final on ne rigole absolument jamais. Bref, c’est l’enfer sur terre.

dallas saison 2

DALLAS (saison 2)

Ca me fait toujours aussi étrange d’écrire “Dallas saison 2″ étant donné qu’il ne s’agit pas d’un reboot mais d’une vraie suite à la série originale, mais bon… Après 14 saisons (soit 357 épisodes !) ainsi que deux téléfilms (en 1996 et en 1998), TNT rappelait tout le monde quatorze ans plus tard pour donner une suite au plus célèbre des primetime-soap et (entre autre) inventeur du cliffhanger de fin de saison. Connu surtout pour la médiatisation sans précédent autour de la tentative d’assassinat de J.R. (si vous vous ne vous en souvenez pas, demandez à vos parents !) le show est encore considéré comme une vraie mine d’information sur l’état d’esprit de l’Amérique des années 80 et reste, à ce jour, le plus étudié de part le monde.

Faire une suite était donc un véritable casse-pipe, d’autant plus qu’elle fut confiée à une scénariste presque inconnue au bataillon, Cynthia Cidre, auteur de quelques films, mais qui avait quand même su montrer son talent à parler de familles plus ou moins mafieuses, du moins très liées au monde des affaires, avec la série Cane sur le business du rhum et du sucre de canne. La première chose que fit la showrunner fut justement de mettre à jour le business des Ewing en opposant les progressistes (incarnés par Bobby et Christopher, les “gentils”) qui travaillent sur les nouvelles énergies et les traditionnalistes (J.R. et John Ross, son fils, les méchants ou plutôt les prêts-à-tout pour réussir) qui veulent maintenir l’emprise de la société familiale sur le monde du pétrole. Une belle manière d’actualiser les conflits d’autrefois et de faire entrer de plein pied la série dans les années 2010.

Difficile de passer après une première saison exemplaire. Et marquée par la mort de Lary Hagman, le terrifiant J.R., en plein tournage, cette deuxième saison avait toutes les raisons du monde de s’avérer décevante. Mais Cynthia Cidre et son équipe de scénaristes ont su parfaitement rebondir et trouver une idée de génie pour faire face aux aléas du destin : J.R. est mort, certes, mais il a laissé sa masterpiece se mettre en place. Toute la deuxième partie de la saison (après un épisode hommage sacrément réussi car ni larmoyant ni pathétique) laisse donc le spectateur (et la plupart des personnages) se triturer le cerveau pour savoir quel fut le plan ultime du plus célèbre méchant de l’histoire de la télévision US… mais aussi et surtout l’épisode pose à nouveau l’éternelle question : qui a tué sur J.R. ? (et a, cette fois, réussi à l’abattre !)

On s’en doute un peu rapidement, “the only one who could take down J.R. was J.R.” Toute la question reste de savoir pourquoi et comment. Et c’est ici que se trouve la grande réussite du show. En effet, un bon primetime soap se doit d’avoir des personnages attachants même si leur objectif est négatif (Emily Thorne de Revenge) et surtout doit savoir manier ses rebondissements avec une certaine aisance (l’exemple contraire serait donc Deception qui n’arrive jamais à surprendre.) Cynthia Cidre et son équipe utilisent tous les ressorts à leurs dispositions et n’hésitent devant rien pour prendre le spectateur de cours : ainsi lorsqu’un homme d’affaire crapuleux doit faire exploser une bombe sur la plateforme où se trouvent nos héros, mais que sa fille est parmi eux… il va quand même la faire sauter ! Les personnages cachent tous un double-jeu et des faux-semblants, mais au final aucun ne trahi sa psychologie de base – un “méchant” restera toujours un méchant, un gentil finira toujours par se faire avoir avant de prendre sa revanche.

Véritable chef-d’oeuvre dans son genre, ce Dallas 2012 met clairement tous les autre primetime-soap à l’amende. Certes, on peut parfois avoir l’impression d’être plus dans une maison de retraite que dans une série récente, mais les papis (et les mamies, Sue Ellen en tête, incroyable Linda Gray) font de la résistance et tiennent la route face à la bande de jeunots qui semble à chaque épisode en apprendre beaucoup sur le métier de comédiens grâce à ces vieux briscards. La réalisation reste tout à fait honorable pour ce type de programme, mais c’est bien évidemment la qualité de ses scénarios, le rythme implacable et les (vraies) surprises des rebondissements qui font tout le sel de la série. Et, une fois de plus, Cynthia Cidre montre sa maîtrise dans le cliffhanger de fin, presque impossible à voir venir mais pourtant tellement évident, qui nous fait trépigner d’impatience pour la suite.

Final Score : 8/10

Dallas mériterait amplement un 9 si ce n’était pas un simple primetime-soap, avec les écueils que tout cela comporte (scénarios à tiroir mais peu réalistes, réalisation pas forcément géniale.) Dans son genre, c’est juste la masterpiece, égalée uniquement par celle de J.R., le plan le plus improbable qui soit et sans doute la meilleure idée de cette deuxième saison. Adieu Lary Hagman, mais ne t’inquiète pas, le destin de tes enfants terribles est entre de bonnes mains.

top of the lakeTOP OF THE LAKE (saison 1)

Attendue comme le messie suite à sa diffusion au festival de Sundance puis au festival de Venise (c’était dans les deux cas la première fois qu’une série était présentée), Top of the Lake jouit de l’aura de Jane Campion, auteur affirmée, première femme a avoir obtenu une palme d’or à Cannes pour La Leçon de Piano. Qu’on aime ou pas son style, force est de reconnaître qu’il transparaît dans chaque plan du show, et ce dès le premier épisode. Ambiance étrange, fascinante pour l’histoire de cette jeune flic (Elisabeth Moss, totalement transformée depuis son rôle de secrétaire dans Mad Men) qui enquête sur le cas étrange d’une adolescente de douze ans qui est tombée enceinte. On comprendra plus tard que tout ceci fait écho au trouble passé de l’héroïne qui veut à tout prix retrouver le violeur de la gamine…

Si l’essentiel du show est absolument réussi, avec une construction dramatique intelligente, une mise en scène magnifique et des acteurs franchement exceptionnels, il faut bien avouer que ce genre de programme tient aussi beaucoup à sa conclusion. Et là, c’est un peu la débâcle… Alors que le show cernait avec une précision rare l’horreur quotidienne, restant dans un réalisme crasseux malgré quelques personnages hors-norme, les deux derniers épisodes accumulent les rebondissements excentriques et les révélations capilotractées. Ainsi, les vraies origines de Robin n’ont aucun intérêt et plombent même sérieusement la crédibilité de la série avec ce tour de passe-passe juste là pour gonfler artificiellement la tension dramatique.

Quant à l’ultime rebondissement – c’est à dire ce qui se cache réellement derrière toute cette affaire – il souffre de deux problèmes. Le premier, c’est qu’on le voit venir un peu trop tôt alors qu’on sent que les auteurs cherchent à le ménager comme une énorme surprise. Pas de bol, l’effet est totalement manqué. Le second, c’est que s’il s’agit d’une idée absolument géniale, elle n’est jamais traitée dans toute la série (alors qu’il y aurait vraiment matière à le faire) et qu’elle tombe donc comme un cheveu sur la soupe. Du coup, c’est bien toute la thématique de la série, le sens de son histoire qui en prend un coup sur la figure. De quoi Jane Campion et son co-auteur voulaient-ils vraiment parler ? Avaient-ils vraiment une idée en tête ? Tout ceci a-t-il bien un sens ?

Alors forcément, lorsque le générique de fin démarre, on se dit qu’on a rarement été aussi déçu.

Final Score : 7/10

Envoûtante, incroyablement belle et magistralement interprétée, Top of the Lake  a beaucoup de qualité. Mais le show repose aussi beaucoup sur son enquête et son réalisme – deux éléments jetés aux orties dans les derniers épisodes, nous laissant forcément sur une impression de raté franchement décevante. Quel dommage !

Southland-poster-quad-Season-5SOUTHLAND (saison 5)

Série désespérée d’un cynisme absolu, Southland se veut une plongée ultra-réaliste dans l’univers glauque du sud de Los Angeles, là où les lumières d’Hollywood ne brillent plus et où règnent les gangs, la drogue, et le “petit” crime du quotidien. D’abord diffusée sur NBC, la série sera annulée puis récupérée par TNT où, même avec des moyens sérieusement amoindris, John Wells et Christopher Chulack continuent de faire vivre la création assez originale de Ann Biderman.

Cette cinquième saison fut l’occasion d’aborder l’autre côté du crime, celui commis par les flics, que ce soit pour protéger leurs intérêts, pour (se) faire justice, ou tout simplement parce que, poussés à bout, ils perdent le fil de la réalité et plonge de plein pied dans les obsessions morbides de ceux qu’ils arrêtent tous les jours. Terrifiante de réalisme dans le traitement psychologique sans concession de ses personnages, la série perd malgré tout de sa crédibilité en enchaînant les rebondissements un peu trop énormes et certains coups d’éclat qui sonnent faux.

Dés lors, Southland manque son but car elle ne nous laisse plus croire au réalisme de son traitement (valorisé depuis le début par une réalisation faisant écho à la télé-réalité Cops) mais plonge dans les ressorts parfois artificiels de la dramaturgie. Elle n’est plus un vrai faux-documentaire édifiant sur la police mais une fausse vraie-série qui ne se permet pas tous les écarts autorisés par la fiction.

Il serait pour autant assez glacial de ne pas être touché par les arches narratives de John Cooper, flic homosexuel, droit dans ses bottes, ancien instructeur, qui va brutalement glisser vers une absence d’humanité, ou encore de Ben Sherman (Benjamin McKenzie, qui n’a cessé de s’améliorer depuis ses piètres performances dans The O.C.) dont la passion pour les femmes et la valeur qu’il donne à l’amitié vont mettre à mal ses relations avec la justice. Quant aux deux seuls détectives (c’est à dire les seuls réels enquêteurs) ils viennent apporter un peu de souffle à des épisodes pas toujours très reposant.

Final Score : 7/10

En moins bonne forme que les autres années, Southland déçoit quelque peu cette année par quelques facilités qui l’éloigne de l’ultra-réalisme de ses débuts. Et puis noir, c’est noir, mais c’est surtout il n’y a plus d’espoir et le show se montre parfois un peu épuisant. Il serait malgré tout dommage de passer à côté de cet OVNI télévisuel qui ne doit franchement pas réjouir l’office du tourisme de Los Angeles…

suburgatorySUBURGATORY (saison 2)

Bien plus excitante que la très moyenne The Middle, et bien plus incisive que la très conventionnelle Modern Family (qui, à mon avis, ne fait que véhiculer de vieux poncifs sur les bonnes valeurs d’une grande famille américaine), Suburgatory est assurément la deuxième meilleure sitcom de la soirée comédie du mercredi sur ABC, derrière The Neighbors. Et ce ne sont pas les nouveautés sitcom affligeantes qui ont débarqué ces dernières semaines qui vont lui subtiliser sa place…

Avec ses stéréotypes volontairement assumés, l’histoire de cette adolescente qui vit seule avec son père et déménage de son fier New York pour se retrouver dans la plus artificielle des banlieues avait de quoi décontenancer de prime abord. Les ficelles sont grosses, l’univers est tout sauf réaliste et, encore une fois, les personnages sont plus des artifices que de réelles personnalités. Pourtant, avec son ton sarcastique, sa voix off insolente, ses scénarios malins et son humour indélicat, la première saison avait su nous convaincre sur le long terme. Que vaut donc cette deuxième année à Chatswin ?

Et bien c’était plutôt pas mal. Si les personnages ne quittent pas leurs rôles de simulacres légèrement attardés, ils s’affinent pour laisser entrevoir de vraies problématiques. La série se donne alors enfin les moyens d’aller bien plus loin que ses concurrentes dans la critique d’une Amérique soit ouvertement trop bien pensante, soit ouvertement cynique sur son propre sort, en tous cas incapable de faire la part des choses sur sa propre situation. Ainsi, la relation très ambiguë entre Dalia (incroyable Carly Chaikin, capable de monosylaber sur un ton monocorde tout en faisant passer des émotions qui secouerait le plus insensible d’entre nous – comme dans la dernière scène de l’ultime épisode) et son pseudo beau-père George (le fameux papa qui a déménagé de New York) se révèle être une excellente représentation de la rencontre de ces deux mondes qui n’ont en réalité rien à s’apprendre mais tout à faire pour s’accepter.

On se laisse en définitive facilement embarquer dans l’aventure, suivant avec délice les moults rebondissements d’arches narratives parfois un peu désuètes mais plutôt bien menées, où c’est (encore une fois) l’amour qui dirige chaque fait d’arme car le feuilletonnant se révèle avoir une part très importante dans la série. Suburgatory a donc le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers et de vraiment “gêner” le spectateur qui aurait manqué un épisode – il se précipitera le rattraper au plus vite. Voilà une chose plutôt rare dans le monde des sitcoms, et rien que pour ça, le show mérite toute votre attention.

Final Score : 8/10

Sans conteste l’une des meilleures sitcom du moment, Suburgatory saura convaincre le plus grand monde malgré ses allures de de série familiale. Sous ses stéréotypes évidents et revendiqués le show cache en effet une vraie science de la narration et l’une des plus acerbes critiques de la société américaine actuelle ou – pour une fois – absolument tout le monde en prend pour son grade. Réjouissant.

ben show et nathanTHE BEN SHOW / NATHAN FOR YOU (saisons 1)

Pas vraiment des séries, le nouveau duo de show de Comedy Central vient foutre un sérieux coup de pied dans le réel. En effet, The Ben Show et Nathan For You s’appuient sur une idée toute bête pour faire rire, étonner et s’interroger : dans les différents segments qu’ils présentent, qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui est du pur ressort de la narration comique ?

Dans The Ben Show, Ben Hoffman se lance des minis défis et va rencontrer tout un tas de guests qui doivent l’aider à réaliser son projet. Ainsi, lorsqu’il cherche à organiser une fête, il va contacter une sosie de Whoopy Goldberg, demander à une mannequin de se faire passer pour sa copine, ou encore tout simplement demander des conseils à son père. Le show est entrecoupé de quelques vrais mini-sketchs plus ou moins drôles, qui viennent malgré tout alléger l’ensemble.

Dans Nathan For You, Nathan Fielder va aider de petites entreprises avec des idées totalement saugrenues (un goût “caca” pour faire venir des gens dans une boutique de glaces, une fausse vidéo virale pour un zoo, et même carrément se créer une fausse télé-réalité à la The Bachelor pour s’aider lui-même à dépasser sa peur des filles…) Là encore, tout marche sur la personnalité du présentateur, à la posture étrange et au débit décontenançant, ainsi qu’au fait qu’on se demande constamment si ce sont des vraies personnes qu’il aide ou si tout est bidon.

Si les deux shows ne sont absolument pas indispensables, ils ont le mérite de sacrément secouer les codes de la télé du réel et de remettre le spectateur en question face à ce qu’il croit voir. La télé-réalité avait bien besoin qu’on rigole d’elle de manière intelligente, c’est chose faite.

Final Score : 7/10

Totalement dispensables, The Ben Show et Nathan for You restent deux shows qui secouent le réel et s’avèrent bigrement drôles. A vous de voir !

 

Allez, rendez-vous Dimanche pour une nouvelle semaine chargée de nouveautés en tout genre ! Il y aura même des loups-garous pour remplacer House of Cards ?!

Pour cette semaine chargée qui se voit donc une fois de plus découpée en deux articles, on s’intéressera en premier à six fins de saisons dans des univers très différents. Des consultants aux chirurgiens, en passant par un auteur bourré, des ados dans les années 80 et des vampires qui font copains avec des loup-garous et des fantômes, voici une semaine qui vous fera pleurer pour une bonne raison : il est l’heure de dire au-revoir aux Gallagher.

House-Of-Lies-Season-2-Cast

House of Lies (saison 2)

Remarquée l’année dernière pour son ton irrévérencieux et (surtout) sa plastique originale et avantageuse, House of Lies avait su prouver que l’on peut intéresser les spectateurs à des personnages dont on ne comprend pas le métier. En l’occurrence, une bande de consultants qui assument : si on comprenait ce qu’ils font, ça voudrait dire qu’ils le font mal. Avec ses personnages un poil caricaturaux mais diablement attachants, et surtout une vraie maîtrise du scénario sur la durée, la première saison nous avait laissé sur une très bonne impression mais laissait sérieusement circonspect quant à la validité de la série sur le long terme.

Fort heureusement, cette deuxième saison nous a pris de cours. Exit les délires visuels, les arrêts sur image, et les leçons au spectateur : le show estime que l’on est maintenant dans la confidence et il n’y aura que de très rares regards caméras de Don Cheadle pour nous rappeler que l’on fait partie de son équipe, que l’on est dans son camp. En se privant de tous ces artifices qui faisait autrefois sa touche, le show doit se recentrer sur ses autres qualités : des dialogues acérés et des intrigues finement développées, le but étant une fois de plus d’arriver à une conclusion inévitable mais qui sert tout le propos de la saison. Touchdown  ! : si on excepte quelques facilités sur Doug, personnage souffre-douleur dont on voit un peu trop vite la ficelle qui l’anime, les treize épisodes s’avèrent plus que convaincants au niveau du scénario. Et le final est magistral, avec une toute dernière réplique qui résume l’ensemble de la saison – un réel tour de force.

Et puis il ne faut pas oublier que, même sans les délires visuels, la réalisation reste de toute beauté. Pas besoin de mouvements de caméra dans tous les sens, d’effets spéciaux improbables ou de split-screen pseudo modernes : en revenant aux sources, la réalisation se veut plus posée, plus réfléchie et a finalement beaucoup plus de sens. Quant aux comédiens, ils sont tous relativement bons mais tirons notre chapeau à Don Cheadle qui assume avec une carrure remarquable d’avoir le poids du show sur ses épaules. Et ceux qui étaient fans de Veronica Mars seront toujours contents de retrouver Kristen Bell (l’entendre faire la voix de Gossip Girl n’était vraiment pas suffisant !), qui assure plutôt pas mal un rôle de beauté froide et grinçante bien loin de l’intrépide ado qu’elle incarnait auparavant.

Final Score : 8.5/10

Sans doute l’une des meilleurs séries “courtes” (compter quand même pas loin d’une demi-heure par épisode, comme pour Californication), House of Lies prouve avec cette deuxième saison qu’elle n’a pas besoin d’artifice pour s’avérer toujours aussi passionnante. Après nous avoir séduit par son physique, elle nous retient par son intelligence. Vivement la suite.

californication s6Californication (saison 6)

Il faut le reconnaître, l’année dernière on commençait un peu à se lasser des aventures de Hank Moody, l’indéboulonnable queutard, buveur de whisky et consommateur de drogue, et accessoirement romancier, héros de la série Californication. Tom Kapinos, le créateur du show, avait annoncé que la série devait se renouveler mais malgré un bon dans le futur de deux ans et demi, il n’avait pas vraiment réussi à nous entraîner dans un nouveau monde avec sa vision très stéréotypée d’Hollywood.

Cette sixième saison s’intéresse cette fois au monde de la musique et voit Hank obligé de travailler avec une étrange star du rock pour adapter son roman en comédie musicale. Bien sûr, le monsieur est un habitué de la coke, des putes, et autres soirées totalement débordantes : rien de bien original pour Californication, donc !

Heureusement pour nous, il y a le personnage de Faith, charismatique muse qui va faire chanceler notre doux Hank et presque remettre en question sa longue (non)histoire d’amour avec son ex. Autre bon point, la relation entre Hank et sa fille, qui décide de suivre les traces de son père en devenant romancière et qui veut pour cela expérimenter tout un tas de truc : Hank mis face à ses propres contradictions, voilà un sujet qui intéresse et amuse particulièrement Duchovny qui y trouve ses meilleures scènes (il faut dire qu’on l’a trop vu jouer le mec bourré ou défoncé pour être encore surpris par sa prestation générale.)

A part ça, Californication reste Californication. Amusante mais un peu creuse, se permettant tout mais fantasmant son univers plus que lui rendant hommage, décalée mais résolument pantouflarde : le show de Tom Kapinos convaincra toujours ceux qui ont suivi jusque là les aventures de Hank, même s’ils se sentiront en terrain largement conquis. Allez, s’il vous plait, essayer un peu de nous réveiller tout ça l’année prochaine.

Final Score : 7/10

Californication est assurément une bonne série – ne serait-ce que parce qu’aucun autre show ne lui ressemble à l’heure actuelle. Mais c’est aussi un programme qui ronronne sérieusement et qui se contente d’une ou deux surprises pour faire tenir sa saison. C’est peu.

carrie diaries

Carrie Diaries (saison 1)

Oh mais qu’est-ce qu’elle est mignonne cette AnnaSophia Robb, semblent s’extasier les magazines de mode pour ado. Sauf que non, elle est pas mignonne du tout et elle a même une tête à claque qui rend tout simplement impossible de supporter un épisode entier de the Carrie Diaries, prequel très CW de Sex and the City, elle aussi inspirée des romans de Candace Bushnell.

Dommage, car bien que la série se déroule dans les années 80, elle reste assez moderne sur certains points qui auraient pu lui valoir un véritable coup de coeur. Ainsi, le personnage de la petite soeur de 14 ans, Dorrit et son hyper-sexualisation qui va à l’encontre de son aînée, permettent de traiter la thématique de la désormais classique première fois sous un jour assez original. Tout comme la lente descente aux enfers de sa meilleure amie Maggie, sarcastique bout en train qui cache une évidente abyme.

Mais pour voir tout cela, encore faudra-t-il supporter la très ringarde histoire d’amour entre l’héroïne (une jeune Cassie Bradshaw qui a au moins le mérite d’être aussi détestable que sa version adulte) et son blondinet de service, ainsi que des intrigues autour du monde de la mode plutôt vomitives. Au vu des audiences mitigées, il semble que les ados américains ne s’y soient pas trompés. Mais diffusée sur un network qui a toute les peines du monde à installer de nouvelles séries, the Carrie Diaries pourrait bien être renouvelée pour l’année prochaine. Espérons que dans ce cas elle saura saisir cette seconde chance.

Final Score : 4/10

Pas catastrophique mais pas intéressante pour deux sous, the Carrie Diaries est surtout plombée par une actrice principale horripilante et des intrigues sur l’amour et la mode franchement dépassées. Même les fans les plus acharnés de Candace Bushnell peuvent passer leur chemin.

being human s3Being Human (US – saison 3)

Sympathique succès d’estime pour Syfy, Being Human est l’adaptation américaine de la série anglaise du même nom. Ou comment un vampire, un loup-garou et une fantôme se retrouvent à vivre ensemble – et toutes les complications que cela implique sur leur quotidien.

Cette troisième saison reste dans la droite lignée des deux premières. On retrouve donc des acteurs sympathiques mais pas extraordinaires, une réalisation limitée par les moyens du bord, et des scénarios qui vadrouillent un peu dans tous les sens. On sent d’ailleurs que les auteurs commencent sérieusement à se demander comment ils vont arriver à renouveler la série et on a du coup droit pour cette saison à une petite transition fantôme -> zombie tout ça pour revenir au point de départ dans le dernier épisode.

Et c’est bien le problème de Being Human : si le show est vraiment agréable à suivre, impossible de ne pas se questionner sur sa vacuité. Vous ne serez pas bouleversé d’émotions, vous ne vous rongerez jamais les sangs en attendant le prochain épisode, et vous finirez forcément par vous demander si vous allez regarder la suite ou si vous ne préféreriez pas aller boire une bonne pinte.

Final Score : 6/10

Being Human a un gros potentiel de sympathie et on aurait vraiment envie de lui mettre une meilleure note. Mais il faut faire face à la réalité : si le show disparaissait de nos écrans du jour au lendemain, il n’est même pas sûr que l’on s’en apercevrait. Uniquement pour les purs fans de vampires, loup-garous et fantômes !

Monday-Mornings-Poster-Saison1-2Monday Mornings (saison 1)

La première question que je me suis posé en voyant cette série, c’est : mais qu’est-ce que c’est que ce titre ?! Le “monday morning” est la réunion hebdomadaire dans un hôpital au cours de laquelle les chirurgiens peuvent recevoir des louanges pour leurs accomplissements ou de sérieuses remises en question et critiques pour leurs erreurs. Le show est donc entièrement construit autour de cette fameuse réunion qui peut servir de point de départ d’un épisode mais est en général utilisée en conclusion pour mettre à jour la thématique du moment. Oui, un peu à la manière des séries de tribunaux…

Et ce n’est pas un hasard. Car le cerveau derrière Monday Mornings, n’est nul autre que David E. Kelley, grand habitué du legal show, papa d‘Ally McBeal, The Practice, ou encore Boston Legal. Spécialiste de la recette, il l’applique au monde de la série médicale – mais se permet tout de même un vrai procès pour le dernier épisode, on sent que ça lui manque…

Le problème, c’est que monsieur Kelly est bien gentil mais qu’il commence à vivre dans un autre temps. Déjà un peu ringard dans les années 2000, où son Boston Legal était sauvé par des personnages percutants et deux acteurs en super forme, il fait vraiment figure d’antiquité avec ce show qui sent bon la naphtaline. Les habitués de l’auteur sauront voir les trajectoires des personnages dès le pilote, et ne devraient s’attendre à aucune surprise dans les épisodes. La réalisation est elle aussi particulièrement datée (oh, les ralentis à l’image saccadée…) et les acteurs se prennent définitivement trop au sérieux pour être crédibles.

Bref, à part pour les nostalgiques des années 90, vous pouvez passer votre chemin.

Final Score : 5/10

Pas fondamentalement mauvaise, Monday Mornings fait juste partie d’un autre temps. Seuls les fans de Kelley peuvent apprécier, mais ce sont aussi les fans du bonhomme qui verront toutes ses ficelles faciles se mettent en place.

Shameless season 3Shameless (US – saison 3)

L’un de mes plus grands regrets et de ne pas avoir continué à regarder Shameless, version anglaise. Alors que la série s’achève en ce moment en Angleterre avec pas loin de onze saisons (en neuf ans) d’aventures, la version américaine s’affirme un peu plus d’avantage comme l’un des beaux succès du network Showtime.

Menée de main de maître par John Wells, la série bénéficie aussi de la participation (sacrément importante !) de Paul Abbott, le créateur du show original. Ensemble, ils ont réussi à batailler ferme pour imposer leur situation de base : parler de ces galériens qui vivent juste à côté de nous, que l’on côtoie tous les jours, des spécialistes du système D qui doivent tirer sur toutes les ficelles que la société leur tend pour aller au bout de la journée.

Voici donc la famille Gallagher, six enfants et un père, Frank, alcoolique notoire incapable de s’occuper de son clan qui ne reste fonctionnel que grâce à la poigne de fer de Fiona, l’aînée. La réussite du show tient dans le fait que les Gallagher font face à de réels problèmes, pris très au sérieux, mais le tout traité avec beaucoup de comédie et un sens de l’espoir et de l’entraide rarement vu ailleurs. Sans jamais tomber dans les travers des bons sentiments ou de morales alarmistes, Shameless n’a qu’un seul réel défaut : son penchant pour quelques gags / situations un peu trop crades ou abusées pour être crédibles (comme, par exemple dans cette troisième saison, quand une jeune fille dans le coma se réveille suite… à un cunnilingus.)

La plus grande force du show reste assurément les scénarios, extrêmement dynamiques (malgré la durée de près d’une heure des épisodes) et des arches narratives fines mais puissantes, qui se révèlent toujours bouleversantes dans les derniers épisodes – cette saison le prouve encore avec une scène magistrale où le petit Carl vient raser les cheveux de son père… La réalisation est elle aussi franchement très réussie, évitant tout fioriture inutile pour se concentrer sur l’humain et nous mettre au plus proche des personnages. Et les acteurs ? Voici une formidable bande de comédiens plus talentueux les uns que les autres – mention spéciale tout de même pour William H. Macy qui incarne un Frank détestable et attachant, et Emmy Rossum, assurément la meilleure actrice de sa génération à la télévision en ce moment.

Final Score : 9/10

En passe de devenir l’une des meilleures séries du moment, Shameless US réussit ce que tout le monde disait impossible : faire une adaptation US d’une série UK au moins aussi bien que l’originale. Si vous ne connaissez pas, jetez-y un oeil. Je suis sûr qu’en moins de cinq épisodes vous voudrez, vous aussi, faire partie du clan Gallagher.

 

Rendez-vous dans deux jours pour dire adieu au plus grand des gladiateurs…

Deuxième rendez-vous pour cette semaine bien chargée en news de tout genre. Cette fois, on s’intéresse aux séries qui viennent de nous quitter ou qui n’auront même pas eut une vraie chance de squatter sur nos écrans…

Haven season 3

Tout au long de cette troisième saison de Haven, Syfy nous aura fait languir : la chaîne des séries fantastiques allait-elle oui ou non reconduire cette petite série inspirée du Colorado Kid de Stephen King pour une quatrième saison ? Les jeux ont été faits, on a tous tremblé, mais oui, Haven reviendra nous voir pour au moins encore treize épisodes.

Le truc, c’est que les scénaristes étaient eux aussi sur le qui-vive. Et tout, dans cette troisième saison, respire le “oh mon dieu, on n’a pas eut le temps de faire tout ce qu’on voulait !” Du coup, pléthore de nouveaux personnages sont introduits de manière un peu abrupte, et leurs départs le sont au moins tout autant. Les relations entre nos trois personnages principaux prennent des virages conséquents à chaque épisode, les retournements de situation ENORMES interviennent à chaque cliffhanger, et la série semble au final vouloir rouler plus vite qu’elle ne peut se le permettre.

Pour autant, on appréciera de voir les efforts fournis pour garder et/ou rendre cohérent l’univers de cette petite ville où des “trouble”, c’est à dire des gens qui se retrouvent soudainement avec des pouvoirs qu’ils ne comprennent et ne maîtrisent pas, sèment le désordre. Car c’est bien la le plus grand intérêt de la série : dans son feuilletonnant complexe et foisonnant, qui n’hésite pas à user de toutes les ficelles du genre pour offrir un mystère que l’on se délecte de voir à chaque fois un peu plus éclairci… et un peu plus compliqué !

Haven n’est clairement pas une grande série (j’avais d’ailleurs détesté le pilote… dans le tout premier article pour ce blog !), et il lui manque beaucoup de choses pour convaincre la majorité des spectateurs (de meilleurs comédiens, un budget plus conséquent, sortir de son triangle amoureux un peu bas de gamme…) Mais pour les fans de fantastiques, Haven est un vrai puits à idées et offre toujours de beaux moments de scénario. Le double épisode de fin de cette saison en est un bel exemple, même si l’on sent, une fois de plus, que l’avenir de la série était incertain… et que les scénaristes se sont ménagés une petite astuce pas forcément des plus ingénieuses pour s’en tirer.

Final Score : 07/10

Haven est une série de genre et dans ce sens ne conviendra forcément pas à ceux qui n’adhèrent pas au fantastique. Les autres devront faire outre une mise en image plutôt médiocre et quelques clichés ronflants (le triangle amoureux…) pour découvrir une pléthore de bonnes idées et un univers particulièrement riche.

wedding band 2

Série d’acteurs recalés par leurs précédents shows (le black de Lost, le psy de NCIS:LA, le dernier amoureux de Bree dans Desperate Housewives), Wedding Band nous propose de rigoler avec un groupe de mariage (comme l’indique le groupe) à qui il arrive mille et une mésaventures. La bande annonce ne ment pas : il y aura du rock, de l’amour, et toujours, toujours, un happy ending.

Marrant le temps de deux ou trois épisodes, ou parfait show à regarder lorsqu’on a une méga crève et cinquante de fièvre, Wedding Band ne restera assurément pas dans les annales. Les comédiens ont beau donner beaucoup d’eux-mêmes, la réalisation a beau tenter de faire quelques efforts, et les scénarios ont beau tenter de nous faire rire, c’est la base même de la série (ne pas se prendre la tête) qui en fait tout à la fois un programme sympathique et totalement oubliable. Doit-on, peut-on, en dire plus ?

Final Score : 4/10

Série honnêtement faite mais totalement inutile, Wedding Band ne mérite pas tout à fait la moyenne. Elle ne mérite pas votre attention non plus.

over-underPlongé dans les limbes d’un carton oublié dans un bureau, le pilote d’Over/Under a bien failli ne jamais être diffusé. Alors que tout semble bel et bien mort pour la suite, on aura quand même eut le plaisir (?) de voir ce double épisode enfin pointer le bout de son nez sur nos écrans.

Prévu pour la chaîne USA, qui met toujours l’accent sur les personnages, le show aurait du raconter l’histoire d’un boursier malade du jeu, qui perd tout, et se lance dans un business d’organisation de paris. Beaucoup trop compliqué dans son scénario, dont on ne comprend jamais les tenants et aboutissants de l’intrigue principale qui repose sur une histoire d’arnaque et de chiffres, le pilote met en place des personnages furieusement attachants et psychologiquement complexes. Mais on sent déjà, par l’ambiance et certaines thématiques abordées, que la série était trop “lourde”, trop adulte pour une chaîne comme USA, et qu’il aurait fallut sérieusement ratiboiser pour revenir à un show un tantinet plus familial… Over/Under n’était donc vraiment pas née sous une bonne étoile.


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C’était sans doute, après Battlestar Galactica, l’une des séries de SF à la fanbase la plus développée. Née de l’imagination fertile de Alex Kurtzman, Roberto Orci et J.J. Abrams, alors en plein succès de Lost, Fringe aura donc duré cent épisodes, soit cinq saisons dont la dernière exclusivement destinée aux fans. La FOX, peu connue pour être conciliante envers ses séries, aura donc fait une vraie exception pour un show qui ne lui a jamais rapporté beaucoup de spectateurs mais qui avait le mérite de convaincre la critique geek.

Pour ceux qui ne connaitraient pas, Fringe repose sur un trio peu commun (une agent du FBI, un ancien arnaqueur très intelligent et son père, véritable scientifique fou qui a tout commis au fil de sa carrière) qui enquête sur des affaires qui reposent sur les “fringe science”, qu’on pourrait traduire par les sciences marginales. Très inspirée par X-Files à ses débuts, le show trouve peu à peu une identité forte, notamment marquée par ses personnages psychologiquement très fouillés, par son humour totalement décalé, et un feuilletonnant extrêmement bien mené même s’il est capable du meilleur (fin de la première saison) comme du pire (fin de la saison quatre…) On appréciera aussi tous les efforts pour mettre le spectateur dans l’ambiance, comme un étalonnage assez particulier, ou encore les changements de générique qui ont véritablement un sens en regard du récit. Mais ce qu’on regrettera le plus, c’est évidemment Walter Bishop, le personnage le plus fou, le plus amusant, le plus touchant vu depuis de très nombreuses années.

Alors certes, cette ultime saison sent un peu le fan-service au kilo, mais elle permet aux auteurs d’apporter toutes les réponses aux questions restées en suspend. Les treize épisodes filent à un rythme beaucoup trop rapide pour qu’on puisse tout apprécier, mais le fait de voir des auteurs se faire vraiment plaisir pour satisfaire leur public reste très réjouissant. Le final en lui-même est un peu attendu, mais les derniers plans sonnent comme une ultime boutade pour nous rappeler à la réalité. Finge est morte, et ce n’est pas grave, ce n’était qu’une série. Mais franchement, ce fut un putain de plaisir.

Final Score : 9/10 (pour les fans) 7/10 (pour les autres)

Pour cette ultime saison, les auteurs ne s’adressent vraiment qu’aux fans de la première heure et viennent leur offrir ce qu’ils voulaient. Alors oui, on est assez peu surpris au final, mais peut-on vraiment leur en vouloir de répondre à toutes nos attentes ? Je ne dirai qu’une chose : merci pour ces cinq saisons. Bye bye Walter !

Rendez vous très bientôt pour fêter le retour de Kevin Williamson à la télé US !

C’est une révolution et elle risque bien de changer la donne pour la télé US : Revolution, la série, fait un carton d’audimat sur les supports additionnels, culminant à près de cinq millions de spectateur de plus par semaine. Idem pour Elementary, avec trois millions et demi de spectateurs en plus, ou encore pour Vegas avec presque trois millions, alors que ces deux séries ne s’en sortent pas si bien lors de leur diffusion originale. On dirait bien que cette année, le succès ne se fait plus uniquement à la télé…

Au rayon des retours de nos chères séries, on pouvait noter cette semaine celui de la décérébrée Level Up, qui fait plus de mal aux jeux vidéo que tous les articles que les Cahiers du Cinéma ont pu leur consacrer. La sitcom Happy Endings revient nous amuser avec son lot de pseudo-Friends décalés et résolument XXIème siècle. Enfin, on retrouvait avec le sourire avec la si magnifiquement nommée Don’t trust the b**** in appartment 23 qui s’amusait avec deux guests d’exception en plus de James Van der Beek toujours dans son propre rôle.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle aura partagée le public cette première série de la BBC America. Avec Copper, la chaîne s’offrait un cop-show historique, la série s’intéressant à un jeune flic de New York… en 1864. Les problèmes sont assez nombreux : des ambitions démesurées en comparaison d’un budget plutôt riquiqui, quelques acteurs un peu trop excessifs, des personnages assez caricaturaux dans leurs différents rôles (la brute, le médecin légiste, le vrai-faux truand) et surtout l’impression très vite que le show n’est qu’un cop-show de plus, avec ses enquêtes qui se finissent à chaque épisode. Ce serait oublier le feuilletonnant tout en finesse au début (sans doute beaucoup trop puisqu’on ne le ressent quasiment plus) qui s’avère franchement convaincant dans les derniers épisodes, notamment lorsqu’il s’intéresse à la politique, au devoir, et à la vengeance. Et puis Copper présente au moins un personnage d’exception, celui de la petite Annie, interprétée avec un talent inouï pour son âge par la (très) jeune Kiara Glasco. On attendait sans doute mieux de ce bon vieux Tom Fontana, show-runner et scénariste de génie, mais ceux qui sauront pardonner les errances du milieu de la série se souviendront longtemps de toute la deuxième partie de la série, avec ses intrigues délirantes et ses rebondissements franchement malins.

Final Score : 07/10

Ceux qui détestent les séries policières se détourneront bien vite de Copper, malgré son démarrage très réussi et à cause de sa suite moins concluante. Dommage, car ils vont passer à côté des vraies qualités d’une série franchement originale et déroutantes, surtout dans sa deuxième partie.

On attendait franchement pas beaucoup de Alphas, l’année dernière, nouvelle itération post-Heroes sur des personnes qui se découvrent des super pouvoirs dans un monde trop humain. Syfy avait su surprendre avec une série franchement intelligente et particulièrement maligne dans sa manière de gérer son petit budget tout en restant une vraie série fantastique. Cette saison deux s’ouvrait sur une grosse déception, les scénaristes ne tardant pas à trouver une feinte pour sérieusement diminuer l’impact du cliffhanger précédent – l’humanité ne sera donc pas au courant très longtemps que des Alphas traînent parmi elle, ou du moins elle s’en moque complètement. La suite s’est progressivement avérée de plus en plus convaincante, notamment par la mise en place et l’exploitation du duo entre le “chef des gentils” et le “chef des méchants” qui n’est pas sans rappeler l’opposition entre Xavier et Magnéto de chez les X-Men. Les personnages gagnent en profondeur, la noirceur gagne peu à peu une série un peu trop colorée auparavant, et surtout les scénarios révèlent quelques perles d’inventivité qui resteront dans les anales. Alphas reste donc la vraie-fausse série de super-héros la plus convaincante à ce jour, enfonçant un peu plus dans les oubliettes un Heroes qui ne lui arrive pas à la cheville.

Final Score : 07/10

Mené par un scénario intelligent et très malin quant au budget de la série, Alphas confirme dans cette saison deux son titre d’excellente série fantastique. Mais tous ceux que les super-héros insupportent auront bien du mal à adhérer même le temps d’un épisode…

Ce qui est amusant avec Switched at Birth, c’est de voir à quel point la série vend mal son concept. Certes, les deux héroïnes adolescentes ont bien été échangées à la naissance, mais cela ne sert tout au plus que de minime fil rouge au show, le sujet étant de toute manière assez vite traité (il n’y a pas non plus des masses à dire dessus.) En réalité, le programme créé par Lizzi Weiss pour ABC Family s’intéresse beaucoup plus profondément au problème de la surdité et surtout l’impact que cet handicap peut avoir lorsqu’une famille se retrouve à devoir vivre avec une adolescente qui en est atteinte. Plutôt touchante dans sa manière de traiter le sujet, n’hésitant par exemple pas une seconde à faire de longues séquences en langage des signes sous-titré, le show se retrouve malheureusement sacrément handicapé par les mêmes problèmes que la plupart des séries ABC Family, à savoir un budget plutôt minable – et donc une réalisation et une production value en conséquence – ainsi qu’une sacro sainte volonté de parler à toute la famille et donc à éviter certains sujets polémiques ou seulement les effleurer (le père génétique de la petite brune étant un sans papier, on aurait pu s’attendre à ce que son problème soit traité… mais il est vite réglé d’un coup de mariage magique !) La série tient cependant plutôt bien la route le long de ses trente épisodes et elle peut même se recommander chaudement pour les spectateurs les plus jeunes (les collégiens devraient pouvoir accrocher.)

Final Score : 05/10

Switched at Birth est une petite série, mais qui tente de faire bien les choses. Les plus jeunes ados apprécieront, ceux qui s’intéressent aux problèmes liés à l’handicape de la surdité aussi, mais les autres auront bien du mal à dépasser une réalisation catastrophique et un fil rouge mou du genou.

Pas la peine de s’épancher longuement sur World Without End, la pseudo-suite de The Pillars of the Earth, deux romans de Ken Follett adaptés en mini-série. En effet, malgré le changement d’équipe, c’est un peu on prend les mêmes et on recommence ! En clair, les fans d’histoire anglaise se régaleront et les autres bailleront à plusieurs reprises face à cette vaste fresque quelque peu fatigante dans sa volonté d’exhaustivité. Le gros souci reste les personnages auxquels on a bien du mal à s’accrocher (il faut dire qu’il y en a presque plus que dans Game of Thrones !) Après, il faut bien avouer qu’il y a un réel regard sur l’époque, un discours plutôt malin sur le pouvoir de la religion, sur les sacrifices à faire pour la liberté, ou encore tout simplement sur l’amour (celui entre un homme et une femme comme celui entre un parent et un enfant) mais attention, ce n’est pas joué dans la finesse !

Final Score : 06/10

World Without End est intéressante à bien des égards, notamment sur sa manière d’appréhender l’Histoire, mais le tout ne sera pas réputé pour sa grande finesse… Une série lourde, terriblement lourde, mais malgré tout attachante pour qui saura faire le tri dans la masse infernale de personnages à l’écran.

Mockingbird Lane, la seule nouveauté de la semaine n’en est pas vraiment une pour deux raisons. La première c’est que la série n’existera (sans doute) jamais et que NBC a juste décidé de diffuser le pilote pour Halloween (la chaîne se garde le droit de commander une saison selon les rapports officiels, mais officieusement c’est cuit pour tout le monde.) La seconde, c’est qu’il s’agit d’une réinvention du sitcom The Munsters, concurrent dans les années 60 de The Adams Family, et jouant sur le même terrain : l’horreur comique. Nous voici donc avec une famille dont la seule personne à peu près normale est la charmante Marilyn, entourée du papa à la monstre de Frankenstein, de la maman sorcière ? vampire ? reine des araignées ?, du grand-père qui se transforme en goule et du petit garçon qui découvre qu’il est un loup garou. On pouvait sincèrement s’inquiéter du passage du 26 minutes au 52, mais c’était sans compte sur le talent de Bryan Fuller, entre autre créateur de Dead Like Me ou Pushing Daisies, qui sait créer des univers colorés et joue d’un humour corrosif souvent méchant et toujours très fin. Ce pilote rappelle forcément les bonnes heures de Tim Burton (celui d’il y a vingt ans…) et donne vraiment envie de voir la suite – ne serait-ce que pour savoir ce que les auteurs ont bien pu imaginer dans cet univers complètement barré. Alors si à Halloween vous vous retrouvez en manque de film, ou si vous avez 42 minutes à tuer en attendant vos invités, n’hésitez pas, vous allez vous payez une bonne tranche de rire.

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour parler des dix séries qu’il faut regarder en ce moment !

Les choses se calment un peu en cette quatrième semaine de rentrée, la CW ayant décidé de faire la belle et de ne présenter ses nouveaux programmes qu’à partir de lundi prochain (le 09/10) ! Mais attention, ça ne veut pas dire qu’on n’a pas eut droit à quelques belles surprises…

Encore quelques retours cette semaine pour accompagner la phase ultra-dépressive de Grey’s Anatomy ou l’intéressant virage entrepris par Fringe. Depuis dimanche vous pouviez donc retrouver : Once Upon a Time, The Good Wife, Revenge, Homeland, The Simpsons, Bob’s Burgers, Dexter, Family Guy, American Dad, Raising Hope, Hart of Dixie, Supernatural et 30 Rock !

Faut-il s’enthousiasmer pour la séduisante et inquiétante nouvelle série d’ABC, 666 Park Avenue ? Au premier abord, on aurait tout lieu de se méfier : cette histoire d’immeuble où les plus riches sont des sortes de sorciers rappelle les débâcles cruelles des séries à ambiance magique diffusée ces dernières années. Le côté ouvertement sexuel annoncé par les affiches semble être posé pour récupérer l’enthousiasme actuel de la ménagère américaine pour un certain 50 Shades of Grey. Et puis on est sur ABC, et même à 22h00, on sait que la chaîne n’ira jamais aussi loin dans l’horreur, le sexe et la dépravation que, disons, FX avec son American Horror Story. Ok. Mais malgré tout, le pilote se révèle assez intrigant, sans doute pour la prestation de Terry O’Quinn (John Locke de Lost) qui fait singulièrement froid dans le dos. Le scénario se révèle assez bien rythmé et la réalisation est tout à fait à la hauteur, même si le côté sexe semble bel et bien être pas mal passé à la trappe. Et au final, on se surprend à arriver à la fin de l’épisode avec l’irrésistible envie de voir la suite, d’en savoir plus. Se serait-on une fois de plus fait avoir par un concept show probant mais un scénario qui va s’avérer désespérément décevant ? Seul l’avenir nous le dira…

Mon Pronostic : malgré tout le bien que je lui souhaite, je ne crois pas que 666 Park Avenue va réussir à attirer le chaland, et encore moins à retenir le public venu en masse voir la suite du Monte Cristo féminin Revenge. Je mise donc sur une annulation à la fin de la première saison.

Amateur de série d’espionnage, réjouissez vous ! Frank Spotnitz, l’une des têtes pensantes de The X-Files, nous balance sur Cinemax, en coproduction avec l’angleterre, l’un des pilotes les plus enthousiasmants que j’ai pu voir depuis très longtemps. L’idée de Hunted n’est pas forcément très nouvelle (une agent secret qui travaille pour une société privée se fait tendre un piège dont elle réchappe in-extremis, elle est persuadée que c’est sa propre boite qui a cherché à l’éliminer et elle compte bien se venger), mais l’exécution est tout bonnement spectaculaire. Le scénario fait un usage du rythme qui frôle perfection, la réalisation – malgré quelques clichés – touche toujours juste, et l’actrice principale s’avère juste incroyable. On sort du pilote le coeur battant à deux cent à l’heure, en se demandant pourquoi toutes les séries ne sont pas aussi excitantes.

Mon Pronostic : bon, Cinemax et la BBC n’ayant pas les moyens d’annuler une série en pleine diffusion, on sait qu’il y aura au moins une première saison. Mais je serai franchement très étonnée qu’une deuxième “serie” ne soit pas commandée à la suite !

Le départ de la semaine, c’est celui de Warehouse 13 qui vient d’achever la diffusion de la première partie de sa quatrième saison sur Syfy. On se retrouve donc toujours avec des enquêtes liées à des artéfacts aux pouvoirs tous plus fous les uns que les autres, le tout sur un ton de comédie décalée et d’ambiance pas prise de tête. Pour ces dix épisodes, les scénaristes sont allés se creuser le ciboulot pour nous soutenir un feuilletonnant pas piqué des vers, mais qui se lourde superbement lors de sa révélation finale qui vous fera lâcher un détonnant : quoi, tout ça pour ça ? Bref, Warehouse 13 fait ce qu’elle sait faire de bien, c’est à dire nous faire rire, mais à part ça il ne faut pas s’attendre à grand chose…

Final Score : 2.5/5

Oui, on rigole avec Myka et Pete, mais Warehouse 13 reste la série dont on pourra tout à fait se passer si on n’a pas vraiment de temps à lui consacrer…

Allez, rendez-vous la semaine prochaine pour la rentrée de la CW et l’arrivée sur nos écrans d’un archer made in DC Comics !

Pour le retour du conseil du lundi, absent depuis quelque temps pour cause de grand bilan de l’année, on fait coup double avec la critique de la saison 2 de Men of a Certain Age, et celle du pilote de Alphas. Entre réalisme sur les cinquantenaires et série fantastique avec des super pouvoirs, il va falloir choisir.

Aussi peu originale que son affiche le laisse suggérer, Alphas était pourtant le show le plus attendu cet été sur Syfy… peut-être aussi parce que c’était la seule nouveauté ! Créée par deux inconnus au bataillon, la série repose sur l’opposition entre deux groupes de personnes aux habilités surhumaines, dont l’un les utilisent pour commettre des crimes, et l’autre (nos héros) pour les en empêcher. Après tout, pourquoi pas ?

Le problème, visible dans les dix premières minutes du pilote, c’est que même si l’histoire repose sur une base sympathique et pourrait s’avérer convaincante au fil du temps (on surveillera attentivement le fil rouge, le feuilletonnant, qui pourrait faire la différence), les scénarios, eux, sont fichtrement mal foutus. Après une introduction plutôt sympathique, le pilote s’attarde à nous présenter chacun des personnages et son pouvoir d’une manière automatisée, peu inventive et extrêmement artificielle. On ne plonge pas du tout dans la série, on fait plutôt un gros plat qui fait mal sur le flot de sa narration. Le reste du pilote se cantonnera en permanence à ce problème : si l’intrigue est assez maligne (avec du joli twist pour la fin), les séquences en elles-mêmes sont relativement creuses, les dialogues beaucoup trop explicites, et les rares tentatives d’humour tombent généralement à plat.

Le problème posé par ces scénarios peu convaincants et d’autant plus dommageable que la réalisation peine franchement à convaincre et se révèle d’une certaine mollesse dans les scènes d’action. Il semble que la production ait une volonté de créer une ambiance vraiment différente, de tout faire pour s’éloigner de Heroes (qui partage quelques points communs), mais les partis pris ne sont pour l’instant pas vraiment satisfaisant. Ajouter à cela une production value qui propose des effets spéciaux vu et revu cent fois, et on comprendra aisément que le visuel de la série soit relativement décevant.

Enfin, le plus gros problème qui se présente dans ce pilote, c’est bien le casting des personnages du show. Si les acteurs ne sont pas mauvais (on ne pas non plus dire qu’ils sont bons, hein…) les rôles qu’ils incarnent méritent qu’on s’attarde dessus tant ils nous semble ratés. Il y a d’abord la femme fatale qui peut influencer ceux qu’elle regarde droit dans les yeux : très formatée dans son traitement, elle semble de plus complètement hors du coup et de la manière dont son géré les autres personnages, comme si elle s’était trompée de série. Le gros noir qui peut devenir très fort en situation de stress et qui devrait apporter le sérieux du groupe (c’est aussi un agent du FBI si j’ai bien compris) semble détesté par tous les autres membres du groupe, si bien qu’on ne cesse de se demander ce qu’il fout là. La petite capable de synesthésie est quant à elle particulièrement naïve et gentillette et on a envie de la secouer pour la faire sortir de son monde. Mais le pire, c’est bien l’ado atteint d’asperger et qui voit et contrôle toutes les transmissions sans fil, pouvoir intéressant s’il en est mais maladie qui le rend totalement insupportable et qui donne envie de le brûler au bout de vingt minutes. Reste le vieux savant chef du groupe et le futur petit nouveau doté d’hyperkinésie (faites un tour sur wikipedia), absolument pas originaux mais au moins supportable.

Final Score : un tout petit 3/5.
Bof bof bof, c’est ce qu’on ne peut s’empêcher de penser à la vision de ce pilote de Alphas qui ne secouera guère les masses. Une erreur de casting pour l’instant catastrophique, une réalisation et une production value sans intérêt, ainsi que des scénarios relativement mal foutus, viennent plomber une histoire sympathique et un fil rouge qui pourrait faire la différence au fil de la saison. Pas désagréable mais absolument pas intéressant pour l’instant.

Deuxième saison de Men of a certain age, l’occasion de retrouver sur TNT les sympathiques Ray Romano, Andre Baugher et surtout Scott Bakula, presque totalement disparu de nos écrans depuis les vieux jours de Quantum Leap (Code Quantum). Trois hommes proches de la cinquantaine, qui tente de (re)faire leur vie. Pour ceux qui aime l’ultra réalisme.

Car il faut bien l’avouer, il n’y pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent depuis la première saison. Joe tente bien de draguer quelques femmes, joue les récolteurs de pari, et finit par monter sur le green pour une palpitante partie de golf ; Owen récupère le garage de son père et tente comme il peut de faire survivre la société ; et Terry abandonne définitivement ses talents d’acteur pour aller vendre des voitures. Au passage, il tombe réellement amoureux, ce qui l’emmerde bien.

La recette fonctionnait assez bien dans la première saison, elle marche toujours ici. Rien de surprenant, juste une lente étude de crise de milieu de vie, avec des personnages extrêmement travaillés mais des scénarios qui frôlent la syncope. Côté réalisation et production value, on fait dans le minimalisme à outrance, pas question que l’image vole la vedette aux acteurs qui, il faut bien l’avouer, représentent bien 90% du potentiel sympathie de la série.

Malheureusement pour le trio, TNT a décidé de ne pas renouveler la série pour une troisième saison. D’autres networks seraient intéressés pour la reprendre, so wait and see. Mais autant vous l’avouer : très franchement, la disparition de Men of a Certain Age n’attristera que les plus élitistes tendus du slip en terme de série.

Final Score : 3/5, série annulée après sa deuxième saison.
Men of a certain age tire (potentiellement temporairement) sa révérence. Et, comment dire, ça ne nous fait ni chaud ni froid. Pas mauvaise mais pas vraiment palpitante non plus, la série n’est jamais devenue un incontournable. Fan d’ultra réalisme, vous pouvez toujours lui donner sa chance, les autres vous pouvez déjà oublier jusqu’à son titre.

18ème et avant-dernière partie de notre bilan de l’année. Pour faire plaisir à tous ceux qui aiment le fantastique et/ou la SF, on va parler aujourd’hui d’un ex-futur super héros, de sciences de l’étrange, de zombies , de la famille et des robots, et enfin de deux frères qui viennent comme chaque année nous en mettre plein la vue.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Le 16 octobre 2001, fort d’un accord un peu tendu passé avec la société d’édition de comics DC, la WB (ancien nom de la CW) diffusait le pilote d’une petite série fantastique basée sur le personnage de Superman et portant le titre de Smallville. La licence est forte, certes, mais personne n’attend vraiment au tournant ce petit programme avant tout destiné aux ados. Sans le savoir, Miles Millar et Alfred Gough viennent d’en prendre pour dix ans… et de faire un bout d’Histoire !

Car il faut bien se dire que les séries qui durent dix ans, ça se compte sur les doigts de la main. X-Files, E.R., Friends… il y en a d’autres, mais bon vous m’avez compris : quand ça dure dix ans, on se rappelle du show pendant longtemps. Du coup oui, même si vous n’aimez pas et malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire, Smallville se fait une petite place dans la grande Histoire des séries télé.

C’est qu’il fallait les tenir ces dix ans sans collants ni vol, ce qui était la volonté première des créateurs. Un superman sans sa cape et incapable de voler, what, ce n’est pas Superman ! Pour les fans du comics, la grande force de la série a été de ne pas plagier ce qu’ils avaient déjà lu mais bel et bien de tout réinventer – au point d’ailleurs que DC a incorporé des personnages de la série (comme Chloé) dans ses comics ! Et autant vous dire que ces deux dernières années, les auteurs s’en sont donnés à coeur joie en ré-imaginant Green Arrow, toute la JSA ou encore la Legion of Super-Heroes. Un peu comme si quelqu’un avait dit : c’est bon les gars, on arrête bientôt, alors allez-y lâchez vous, faites ce que vous voulez. Résultat des courses, voilà deux ans qu’on s’éclate à regarder Smallville, qui pousse toujours le bouchon un peu plus loin, se déride complètement, ne se prend jamais au sérieux mais ne déconne pas pour autant avec la matériel de base. Le tout finir dans un BANG énorme, un double épisode final absolument jouissif, tellement fun et tellement bien incarné par Tom Welling qu’on lui pardonne toutes ses années passées à se débattre avec ses quatre expressions pour jouer Clark Kent.

Alors oui, Smallville ne s’est jamais remis de ses défauts. A commencer par une plastique assez cheap, avec des effets spéciaux pas toujours très réussis (comprendre très moche la plupart du temps), des décors qui tournent en boucle (tient, on dirait bien qu’on a déjà vu cet appartement une bonne dizaine de fois), mais surtout une structure qui plombe les scénarios avec huit minutes de vide à la fin des épisodes – enfin, de vide, dans les yeux des acteurs, qui doivent lancer de grandes tirades sur la vie, l’amour, l’héroïsme alors qu’on attend avec impatience le putain de cliffhanger de fin !

Magistrale en tout point, cette ultime saison de Smallville tourne donc une vraie page d’histoire. Le gamin né en 1990, qui avait dix ans au début de la série et qui a grandi avec elle, ne pourra s’empêcher de verser une petite larme. Nous, les grands, on a un petit pincement au coeur mais on se retient – merde, c’est Smallville quand même, les autres vont se foutre de notre gueule. Et pourtant, rah, quelle jouissance que ces deux dernières minutes, ce dernier plan, qui ferait juste hurler : up, up and away !

Final Score : 5/5 pour les fans, 2/5 pour les autres
Smallville, il faut avoir grandit avec pour l’aimer. Du coup, si vous n’êtes pas déjà fan, pas la peine de vous prendre la tête – à la limite, vous pouvez jeter un coup d’oeil au double épisode final, histoire de voir comment ça se termine. Les fans, eux, ont déjà regardé. Et tous ceux qui aiment encore la CW croisent les doigts pour que la série soit remplacé par quelque chose de potable l’année prochaine. Hein, quoi ? On me souffle dans l’oreillette “le retour de Sarah Michelle Gellar”. Si si.

Imaginée il y a trois ans par J.J. Abrams, Fringe est aussi la fille de Alex Kurtzman et Roberto Orci, deux cerveaux magnifiques que le magasine Forbes a crédité en tant que “l’arme secrète d’Hollywood, la force tranquille derrière le box office à 3 billions de dollars. Souvent dans l’ombre de J.J., ils peaufinent certains scénarios et en écrivent d’autres. Côté télé, ils étaient là sur Alias, et sont responsables de la surprenante mais réussie modernisation de Hawaii Five-0. J.J. parti vers d’autres cieux, les deux compères allaient-ils réussir à sauver un show en pleine perte d’audience ?

La bonne idée, ce fut d’abord de ne pas changer les deux showrunners (Pinkner et Wyman), deux hommes ayant fait leurs preuves sur d’autres séries de J.J. et qui savent s’embarquer dans des délires assez fous. Laissés comme deux ronds de flans après le cliffhanger de la deuxième saison, il fallait bien toute leur capacité d’innovation pour faire repartir Fringe sur de bonnes bases. Et autant dire que leur idée pour diversifier et faire rebondir la série est absolument géniale… mais on n’en parlera pas ici, au cas où certains d’entre vous ne l’auraient pas encore vu.

Du côté de la production value et de la réalisation, la série continue d’affirmer son identité visuelle relativement classe, qui sait minimiser les effets spéciaux pour mieux les valoriser. La musique nous plonge toujours aussi facilement dans cette ambiance si particulière et le tout regorge d’idées pour arriver à faire vivre un univers parfois diablement complexe.

Si les intrigues “bouclées” des épisodes s’avèrent tout à fait à la hauteur mais un poil répétitives par rapport à ce qu’on a déjà vu, c’est bien entendu au niveau du feuilletonnant que Fringe révèle tout son talent. Ne crachant sur aucun retournement de situation, même – parfois – les plus artificiels, le show se veut surprenant et particulièrement ludique, incitant toujours le spectateur à essayer d’en savoir plus, à comprendre avant les personnages ce qui est en train de se passer. La saison est pour le coup magnifiquement construite, et chaque petit élément mis en place aura son importance dans le grand déballage des trois derniers épisodes. Et comme à chaque fois, on est soufflé par le cliffhanger de fin qui ne nous rend que d’autant plus impatient de voir la suite.

Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. La série est en pleine chute d’audience et, pour faire plus de place à American Idol, la FOX a déplacé le show au vendredi soir. Une soirée déjà connue pour être la case du suicide de série (ou du meurtre de série, selon le point de vue), mais qui plaçait en plus Fringe face à Supernatural, autre show fantastique qui attire exactement le même type de spectateurs. Mais, ouf !, la communauté de fans de Fringe est très active et a amplement soutenu le show qui a réussi, semaine après semaine, à maintenir des scores plus qu’honorable dans cette case horaire. Une bataille de gagnée, mais la guerre reprend le 23 septembre.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une quatrième saison.
On aurait pu se lasser de Fringe, avec des épisodes bouclés un peu redondants, s’il n’y avait le feuilletonnant remarquable, qui sait prendre tous les virages – même les plus insensés. Impossible de rester de marbre face à son final bluffant, à moins que vous ne soyez totalement réfractaire aux séries fantastiques. Vivement la suite.

Attendue comme le loup blanc, The Walking Dead était l’improbable série de zombies diffusées sur AMC, la chaîne de Breaking Bad et autre Mad Men (avant de devenir le network de The Killing, dont on parlera demain.) Adaptée d’un comics à succès de Robert Kirkman, le show se concentre sur un groupe de survivants mené Rick Grimes, un ancien shérif. Six épisodes plus tard, l’adaptation de Frank Darabont, showrunner de la série, nous a-t-elle convaincu ?

La vraie force de The Walking Dead, c’est très clairement ses personnages, qui évitent tous le monolithisme habituel des histoires de zombies. Chacun d’entre eux est singulièrement travaillé, psychologiquement approfondi, et on passe à travers les couches successives des personnalités au fur et à mesure des épisodes. Tous dotés d’un destin particulier, difficile de ne pas s’attacher à ce groupe de survivants pour qui les vraies questions sur l’humanité et le besoin de survivre en tant qu’espèce se posent quotidiennement.

On notera aussi une production value assez intéressante, qui sait nous faire croire à ses décors apocalyptiques et créer une ambiance vraiment prenante… du moins dans les premiers épisodes. Dommage que la réalisation, franchement pauvre, ne vienne pas transcender le tout mais s’enferme peu à peu dans la simple production d’images, sans réelle réflexion derrière.

Mais le gros du problème se situe au niveau du scénario (un comble quand on sait que la tagline d’AMC est story matters here). En effet, les épisodes souffrent d’une structure totalement catastrophique, d’un rythme franchement poussif et l’histoire avance par à coup improbables. On ne note aucune unité dans la série qui part dans tous les sens mais sans jamais savoir où elle veut aller, et on termine sur un season finale faussement claustro, mais surtout totalement raté, qui laisse sur une conclusion désarmante.

Si l’on ajoute à ça le fait que les acteurs sont franchement à la limite de l’insupportable (mention spéciale à Sarah Wayne Callies, transfuge de Prison Break, qui croit nous émouvoir en faisant les gros yeux toutes les cinq secondes), on comprendra aisément que ce Walking Dead pourtant démarré sur les meilleurs auspices nous laisse complètement pantois sur le long terme. Pas la pire des séries, ok, mais l’une des plus grosses déceptions de l’année.

Final Score : 3/5, série reconduite pour une deuxième saison.
Franchement, à la vue des deux derniers épisodes, j’ai hésité à mettre un 2/5. Puis je me suis souvenu des trois premiers et de l’excitation remarquable que me provoquait cette série. Du coup, on va dire que seulement la moitié de la saison est loupée, et qu’elle mérite une note médiane. Bref, vous l’aurez compris, The Walking Dead a encore du chemin à faire avant d’être une série aussi extraordinaire que beaucoup l’ont prétendu. Parce que sur la fin, ce n’était même plus un divertissement – juste un putain de calvaire.

Ah, Caprica ! Comment parler de la nouvelle série de Ronald D. Moore et Remi Aubuchon sans lancer un débat enflammé avec les fans de Battlestar Galactica ? C’est que Caprica s’est avant tout présentée comme une prequel qui expliquerait comment les cylons ont été inventés. Le truc, c’est qu’il y a mensonge sur la marchandise…

Car Caprica est loin d’être seulement un prequel, mais a une ambition tout autre : être la première série sur la famille… dans un monde de SF. Ronald D. Moore avait pourtant prévenu, tout dans le show serait fait pour ne pas répéter ce qui a été dit dans BSG. Exit les batailles spatiales et l’opposition entre les militaires et les civils, exit les réflexions sur l’extinction de la race humaine, exit aussi le mysticisme religieux halluciné des personnages vers la fin de la série. Caprica se penche avant tout sur un couple de parents incapable de faire face à la perte de leur fille, et sur la question essentielle de la résurrection. Un avatar numérique peut-il devenir l’âme d’une personne ? Toute la première partie de la série ne cesse de se poser la question tout en développant peu à peu, certes, la construction du premier cylon – il faut bien un peu de fan service que diable.

Particulièrement convaincante jusqu’à son dixième épisode, la série amorce ensuite un virage plutôt dangereux en remettant en place les intrigues politiques (mais toujours liées à la religion) chères aux créateurs de BSG. Et c’est là que le truc ne prend plus, du moins pour beaucoup de spectateurs, car on entre dans une autre série, qui serait plus un show politique mâtiné d’enquête complexe où quasiment toute forme de SF disparaît peu à peu. Enfin, si ce n’était le développement d’un monde artificiel qui peinera jusqu’à la fin à convaincre, la faute à une production value relativement déplorable dés qu’il s’agit de faire vivre un monde en 3D.

Plus lente, pas toujours bien construite, et surtout trop éloignée des attentes des fans de la première heure, cette seconde partie de la série l’aura conduite à son échec commercial et à l’annulation par Syfy. Le network s’est tout de même arrangé pour permettre aux auteurs d’offrir une vraie conclusion à la série qui renoue totalement avec son univers de base dans le dernier épisode. Mais il faudra tout de même se farcir quelques unes des séquences en image de synthèse les plus moches jamais vu à ce jour – au point qu’on en aurait presque de la peine pour la personne qui a dû boucler le show avec un budget que l’on sent ridicule.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison (mais avec une vraie conclusion).
Que reste-t-il de Caprica ? Des idées courageuses, une vraie liaison sympathique avec BSG, et un univers extrêmement sympathique. Mais à trop vouloir jouer des arches différentes, le show perd son identité dans sa deuxième moitié pour offrir quelque chose qui aurait pu plaire à certains, mais certainement pas aux fans de la première heure. Caprica est un échec, mais malgré tout un magnifique échec.

Supernatural aurait du s’arrêter l’année dernière, à la fin du run de cinq ans d’Eric Kripke, créateur du show, qui affirmait avoir dit tout ce qu’il avait à dire sur la série. Mais les audiences étant… on va dire honnêtes, histoire d’être gentil, ou en tous cas pas totalement catastrophiques, et surtout la critique étant relativement dithyrambique depuis quelques saisons, la CW a désiré reconduire la série. Difficile de convaincre tout le monde de revenir, mais ce qui les a mis d’accord c’est que la nouvelle showrunneuse serait Sela Ward, ancienne assistante d’Eric Kripke et auteur sur pas mal d’épisodes. On lui faisait confiance pour tenter de perpétuer la qualité de la série – mais on ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle fasse aussi bien. Et pourtant…

Autant vous le dire tout de suite, cette sixième saison de Supernatural est juste incroyable. En reprenant la liste et les résumés de tous les épisodes, je me suis rendu compte qu’il n’y avait absolument rien à jeter. Scénaristiquement, la série fait vraiment très très fort. D’abord dans son histoire générale, son feuilletonnant qui court tout au long de la saison, magnifiquement écrit, bourré de twists et autres retournements de situation, servis par des épisodes proprement géniaux, par exemple l’extraordinaire The Man who would be King, écrit par Ben Edlund, un monstre de travail sur la structure et l’utilisation de la temporalité dans le scénario.

Ce même Ben Edlund est aussi à l’origine de quelques uns des épisodes plus ou moins bouclés les plus inventifs jamais fait, comme ce formidable The French Mistake ou les personnages Dean et Sam se retrouvent sur le tournage… de Supernatural, à devoir se faire passer pour les terribles et franchement mauvais acteurs Jensen Ackles et Jared Padalecki. On notera aussi l’excellent My Heart will go on, dans lequel un ange retourne dans le passé pour empêcher le Titanic de couler, tout simplement parce qu’il ne supporte pas les chansons de Celine Dion, ni le film de James Cameron. Et on pourrait en citer à la pelle, tant cette saison regorge de trouvailles, de bonnes idées et de moments inoubliables.

Alors oui, la réalisation n’est pas un grand moment de cinéma, mais reconnaissons à la série une production value qui arrive à nous faire croire à des décors différents dans tous les Etats Unis semaine après semaine… alors que le show est tourné dans des petits locaux au Canada. Et si Jensen Ackles et Jared Padalecki (faut le faire quand même ces noms!) ont un peu des gueules de gravure de mode, ils maîtrisent maintenant parfaitement leurs personnages et s’avèrent de redoutables acteurs. Entouré par un casting plus que brillant (Misha Collins en Castiel est sans doute l’un des plus incroyables comédiens de l’année), les frères Winchesters continuent d’être au top du top, et Supernatural est toujours, et de très loin, l’une des meilleures séries de ces dix dernières années.

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une septième saison.
La question n’est pas de savoir si vous devriez ou non regarder cette sixième saison de Supernatural, mais plutôt si vous devriez vous farcir l’intégralité de la série. Avec cent vingt-six épisodes au compteur, c’est une vraie problématique. Et puis il faut savoir que la première saison n’a rien d’exceptionnel et que c’est seulement à la troisième que la série a vraiment gagné ses lettres de noblesse en devenant un immanquable. Méchamment intelligente et bien foutue, on est loin de la simple petite série pour ado, et bel et bien dans le show sans doute le plus désespéré de sa génération. Incroyablement efficace, regorgeant d’originalité et de trouvailles géniales, c’est tout à la fois un vrai laboratoire à expérimentation et une magistrale réflexion sur l’Homme, la religion et la famille. Et vu le cliffhanger de la saison, c’est peu dire qu’on attend avec impatience le 23 septembre pour la reprise de la série !

Still the worst joke ever.

Il est temps mes amis. Il est grand temps d’en finir avec ce programme magnifique que nous ont concocté les chaines US pour l’été. Suite et fin du tour d’horizon des trailers des nouvelles séries de l’été. (Promis, ce post est garanti sans Teen Wolf inside. Ah ben merde, ça y est c’est fait.) Et sinon, c’est par ici pour la première partie, et ici pour la deuxième !

httpv://www.youtube.com/watch?v=zUSFjuEOnmk&feature=related

On commence avec NBC qui nous propose Love Bites, série pour laquelle je vous mets au défi de trouver un vrai trailer. Du coup, on se contentera d’un montage des différentes scènes de Jennifer Love Hewitt dans son propre rôle pour le premier épisode. Car oui, Love Bites propose de magnifiques guests dans chaque épisode (du moins, c’est ce qui est écrit sur le site de la chaîne), guests qui interviendront dans les histoires d’amour de trois couples (?) ou plutôt de trois “loosely connected love stories.” Si quelqu’un y comprend quelque chose… De mon côté, j’attendrai de voir le pilote pour me faire un vrai avis car je suis quelque peu sous le charme du casting : on retrouve Becky Newton, la seule à être restée drôle jusqu’à la fin de Ugly Betty, mais surtout le gros Greg Gunberg, vrai héros de Alias, pilote mort dans le pilote (hé hé) de Lost, et comique malgré lui en policier télépathe dans Heroes.

Annoncée pour le mois d’Aout, Friends with benefits, pourtant de Brian Grazer, l’un des cerveaux responsables de Arrested Development, pue la série pas drôle de trentenaires nombrilistes. Je vous le donne en mille : nous voici face au destin d’un homme qui cherche la femme parfaite et qui en attendant couche avec sa meilleure amie. De son côté, elle fait pareil. Mais, oh mon dieu, seraient-ils faits pour être ensemble ? Le suspense est vraiment trop insoutenable… Et quand on voit les gueules du casting, on se demande bien où la production est allée pécher des acteurs pareils (et je dis bien pécher car ils ont vraiment le charisme d’une boite de thon de marque distributeur) ! Gros fail pour NBC cet été ? on verra bien…

httpv://www.youtube.com/watch?v=YkAnRIug014

Heureusement, Nicktoons pense à nous et nous proposera ce qui est sans doute le dessin animé le plus moche de la deuxième décennie du XXIème siècle (ouais, je joue la carte de l’avenir.) Mais qu’est-ce donc que ce Voltron Force ? Tout simplement le remake de Voltron tout court, série animée des années 80 qui me paraît bien plus belle à l’époque. J’imagine que les connaisseurs crient déjà au scandale et que tous les autres n’ont en strictement rien à foutre, du coup, on ne va pas s’appesantir là dessus…

httpv://www.youtube.com/watch?v=0zHxFaFAU1w

LA nouveauté de l’été chez SYFY, c’est de mélanger CSI (ou NCIS, au choix) avec Heroes, pour obtenir Alphas, un show sur un groupe de personnes dotées de facultés extraordinaires et qui vont apparemment mener des enquêtes. Rien de bien nouveau sous le capot donc, et comme c’est chez Syfy, on peut autant s’attendre au meilleur qu’au pire. Du coup, vivement le 11 juillet pour voir le pilote !

httpv://www.youtube.com/watch?v=R3Mo1HtuYgs

Showtime redonne sa chance à Lisa Kudrow, l’irrésistible Phoebey, compositrice de “Smelly Cat” dans Friends, avec Web Therapy, une nouvelle “concept comedy” sur une thérapeute qui fait des sessions de trois minutes… sur internet. On aimerait ne pas assister au même désastre (strictement en terme d’audience) que The Comeback, autre série hystériquement drôle avec Lisa Kudrow mais qui n’aura convaincu aucun spectateur américain. Du coup, remettons nous en aux grandes qualités des patrons de la chaîne pour qu’ils ne tuent pas ce nouveau bébé fort sympathique dans l’oeuf.

httpv://www.youtube.com/watch?v=E4_XmeDaR0k

TNT nous propose un nouveau legal show dont la principale originalité est qu’il est bourré d’humour, on va donc vraiment rire avec Franklin and Bash et il y a beaucoup de choses à dire sur… NON STOP ! Un show avec Mark Paul Gosselaar (rah putain, comment c’est dur à écrire son nom), LE Zack Morris qui a baigné notre enfance dans Saved by the bell (oui, ok, Sauvé par le Gong, j’ai voulu me la péter, là…) ne se manque jamais. Surtout qu’ils ne durent jamais très longtemps…

httpv://www.youtube.com/watch?v=SjroVVhe8G0

TNT. Noah Wyle. Moon Bloodgood. Aliens. Dreamworks. Aliens by Dreamworks. Steven Spielberg. Falling Skies.

Ca devait arriver. Je le savais. Pourtant, j’avais prévenu du monde, je leur avais dit : profitons de la fin de Une Nounou d’enfer (The Nanny) pour brûler Fran Drescher. Mais voilà, on ne m’a pas écouté, et du coup, TV Land, qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de sitcom infâme, va remettre le couvert avec la brune la plus antipathique du monde. Et dire que je vais me forcer à regarder au moins cinq épisodes histoire de vraiment pouvoir confronter des arguments aux déjà futurs fans. So help me god. Happily Divorced, not viewed.

httpv://www.youtube.com/watch?v=Zq7cM5c_vTg

USA Network ne se cache pas de miser avant tout sur des personnages forts, en tous cas bien plus que sur des concepts excitants. Du coup, on a un peu le cul entre deux chaises avec Necessary Roughness, l’histoire d’une thérapeute qui pratique l’amour vache avec des joueurs de football américain et autres stars franchement dérangées. Alors, génial ou banal, ça donne envie ou c’est chiant comme la pluie ? Seul le pilote, diffusé le 29 juin, pourra nous en dire plus…

httpv://www.youtube.com/watch?v=uYNDZtdhL8w&feature=related

Prenez le texte précédent sur Necessary Roughness, copier / coller, changer juste le pitch : cette fois, c’est l’histoire d’un petit génie qui devient avocat sans faire de fac de droit, allié à un vrai avocat super doué mais presque dépourvu de sentiment. C’est Suits, show qui peut lui aussi s’avérer formidable ou désastreux. Heure de vérité le 23 juin (et oui, j’ai bien conscience que cette phrase ne tient pas debout.)

On terminera avec ce qui me semble être le premier vrai drama de VH1 (mais je peux sans doute me tromper), à savoir Single Ladies, produit par Queen Latifah herself. Détruit par la critique qui n’y voit que des personnages féminins tellement superficiels qu’ils en feraient douter qu’il y a des femmes parmi les scénaristes de la série, encensé par les internautes un peu hip hop (aller voir leur critiques sur youtube, c’est fabuleux), difficile de porter un jugement de prime abord sur ce qui semble être une sorte de Sex and the city multiracial. Faudrait que j’arrive à convaincre chérie de regarder le pilote (de 01h21) avec moi, mais je doute qu’elle adhère vraiment – il me semble qu’il n’y aura pas de robot dans cette série !

Voilà pour ce long tour d’horizon de nos séries de l’été… et je vous promet pour très bientôt un avis ferme et définitif sur au moins quatre pilotes, histoire de savoir si ces trailers nous ont menti, à tort ou à raison. Sur ce, n’oubliez pas d’aller à la plage quand même (ou de vous poser en terrasse pour boire quelques pintes en discutant de ces petites incohérences scénaristiques dans Game of Thrones qui ne cessent de vous réveiller en pleine nuit.)

Pour le premier post de 2011, je me suis longtemps demandé quelle serait la première série dont je parlerai. Force est de constater qu’à ce jour, aucun show n’aura été aussi puissant, magistral et inoubliable que Battlestar Galactica. Après avoir revu la quatrième (et dernière) saison en moins de trois jours, je sais qu’aucune autre série ne saura autant me faire voyager, réfléchir, pleurer, me poser des questions sur la nature même de l’humanité ou encore me faire siffloter des chants pseudo irlandais comme cette immense série de SF. Alors à tous ceux qui ne jurent que par The Sopranos ou The Wire, voici mon conseil du jour : laissez vous tentez par Battlestar Galactica. Une chose est sûre, vous n’en sortirez pas indemne.

Première affiche...

Pour ceux qui n’ont pas le temps de refaire le monde en regardant l’une des meilleures séries de tous les temps mais qui cherchent une petite série passée quasi inaperçue qu’ils pourront recommander dans les soirées huppées de la capitale, mon conseil sera de vous penchez sur Men of a certain age. Cette petite série de TNT, créée en partie par Ray Romano alias l’insupportable Raymond de Everybody loves Raymond, conte les mésaventures de trois hommes d’un certain âge (on va dire qu’ils sont plus proche de la cinquantaine que de la quarantaine) qui vivotent dans une espèce de petite banlieue assez morne. Men of a certain age partage un curieux point commun avec Battlestar : si la série de SF compte dans ses rangs Dean Stockwell, alias Al de la série Quantum Leap (Code Quantum), le show de TNT propose de (re)découvrir Scott Bakula, l’autre héros de Quantum Leap, qui n’a pas si mal vieilli…

Hummm.. deuxième affiche...

Men of a certain age n’est certainement pas la série qui va tout révolutionner ou dont vous vous souviendrez encore dans quinze ans, mais c’est sans doute la meilleure série à conseiller à toutes ces personnes qui ne regarde pas de séries car le cinéma c’est tellement mieux. Vous connaissez forcément une personne comme ça, qui se moque de l’histoire car elle préfère les silences des personnages entre deux plans, la poésie limpide d’une image de voiture qui s’éloigne, la douce brise de savants dialogues qui se heurtent dans la réalité de notre monde… Bref, vous voyez l’idée.

Mouais... y a pas comme un motif qui se répète là?

Vous voilà donc pourvu d’un excellent conseil pour briller en société en ce début d’année 2011. Au cas (très rare) où vous tomberiez sur quelqu’un qui a déjà vu la première saison (la deuxième venant de débuter en décembre) rigolez donc quand elle vous parlera du super vendeur de voiture black et d’un sourire étincelant répliquez : “mais faut bien avouer qu’il n’a eut que ce qu’il mérite à la fin. Il était vraiment trop pédant !” N’oubliez pas de lancer quelques : “ce Scott Bakula, il est vraiment pas mal. Un acteur qui joue un acteur aussi bien… quelle magnifique mise en abyme.” Sans oublier de conclure sur : “non, le seul problème, c’est Ray Romano. Il faut absolument faire quelque chose pour sa manière de parler.” Et là, vous verrez, vous serez le phoenix de la magnifique soirée dans laquelle vous vous trouvez.