Double ration aujourd’hui, avec là-bas la première partie du test des pilotes des nouvelles séries de l’été 2011. Allez y jetez un oeil, histoire de savoir si vous devez démarrer un nouveau show !
Cinquième fournée de reviews des séries diffusées cette année. Au programme : des enquêtes médicales, de la corruption, un mystère emballé dans un mensonge entouré de questions, des gymnastes de haut niveau et une lutte pour un trône de fer !
Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :
0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.
1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.
2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.
3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.
4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…
5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…
6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.
L’adorablement antipathique Gregory House est revenu pour une septième saison sur la FOX. Le show, sorte de CSI avec des maladies au lieu de malfrats, tente cette année de nous montrer un House heureux en amour, enfin en couple avec sa dulcinée Cuddy. Et alors que Thirteen s’éloigne pour un temps, une petite nouvelle fait son apparition. Alors, House avec le sourire, ça donne quoi ?
Et bien, c’est pas mal du tout ! Voir Grégory, toujours incarné par le génial Hugh Laurie, se débattre avec toutes les implications d’une vie de couple (supporter belle-maman, s’occuper de la fille de sa chérie, arriver à séparer les disputes privées de celles du travail…) est franchement jouissif et apporte un vrai nouveau souffle au personnage.
Le reste du casting n’est pas oublié, avec une nette préférence des auteurs pour le personnage de Taub, largement servi en intrigues feuilletonnantes, même si c’est au final Thirteen qui fera les révélations les plus fracassantes lors de son retour (tardif). Masters, présente pour treize épisodes, permet de confronter Grégory à un nouveau type de personnage, une jeune étudiante résolument brillante mais aussi éprise de vérité et de justice – un parfait opposant pour les célèbres décisions barrées et dangereuse du docteur éponyme.
Dommage que le show finisse par nous ressortir ses vieilles recettes lors des derniers épisodes, pour proposer un season finale somme toute très classique et qui n’est pas sans rappeler le départ de Grégory pour un asile. Finir sur cette petite déception ne doit pas nous faire oublier l’extraordinaire épisode musical dans lequel Hugh Laurie pousse la chansonnette de manière tout à fait originale !
Final Score : 4/5, série renouvelée pour une huitième saison.
Le Sherlock Holmes du medical drama est toujours aussi fascinant pour cette septième année qui arrive à inspecter de nouvelles facettes du personnage. Le reste du casting est toujours aussi convaincant et se voit convier à avoir ses propres intrigues feuilletonnantes. Quant aux enquêtes médicales elle-même, elles obéissent toujours à la même dramaturgie qui a fait ses preuves. Malgré une petite déception en fin de saison, House est définitivement toujours un très bon show.
Je ne suis pas un fan de Shawn Ryan. Je n’ai jamais réussi à dépasser ma haine du personnage de Vic Mackey dans The Shield, sa collaboration avec David Mamet sur The Unit n’a donné qu’un show d’action de plus, son récent Terriers a entraîné plus de bâillements que d’enthousiasme, et ce n’est pas sa contribution en tant que showrunner sur la saison 2 de Lie to me qui va me le rendre plus sympathique. Du coup, quand la FOX annonce une nouvelle création du bonhomme, sur des flics qui veulent faire tomber la corruption qui règne sur Chicago, on ne peut pas dire que j’ai sauté au plafond. Et maintenant, je dois faire amende honorable
Car il faut bien l’avouer, The Chicago Code frôle le statut de show absolument indispensable. Ce qui saute d’abord aux yeux, c’est la réalisation, sublime et qui vous donne en deux secondes envie d’aller visiter la ville éponyme. La production design est résolument sans reproche, chacun des décors, du bureau du maire au poste de police en passant par le vieux bar repaire de la mafia irlandaise. Bref, on en prend plein les mirettes et il faut bien avouer que ça fait vraiment du bien.
Du côté du scénario, on retrouve à la fois les qualités et les défauts de Shawn Ryan. A savoir une entrée en matière super forte, bourrée d’imagination, où tout est présenté dans l’action… avant de retenir à mort le feuilletonnant indiquant très clairement qu’il se garde ses bonnes idées pour plus tard. Du coup, après un pilote fracassant, on se demande pendant quelques épisodes si on n’est pas simplement en face d’une nouvelle (très jolie) série policière…
L’autre défaut de Shawn Ryan se retrouve dans les personnages, trop gros, trop caricaturaux. Si Alderman Gibbons, l’homme politique tout en haut du réseau de corruption, est magnifiquement travaillé et génialement interprété par Delroy Lindo ; Jareck Wysocki (Jason Clarck) est une espèce de flic super héros qui a toujours raison, ne possède quasiment aucune faille (du moins aucune qui ne le rendrait un peu détestable) et on sent que les auteurs l’aiment trop pour lui reprocher quoi que ce soit – ce qui en fait une espèce de super héros quasi parfait et fatalement trop lisse. On sent un effort sur le personnage de Teresa Colvin, la surintendante de la police qui commande l’enquête sur Gibbons mais, entièrement focalisée sur son travail, elle paraît excessivement “robotisée” et dépourvue d’émotion. Quant à Liam Hennessey, flic infiltré dans la mafia irlandaise, il colle à tous les poncifs des flics infiltrés ! Du coup, l’ensemble du casting manque quelque peu de finesse et c’est sans doute ce qui coûte à la série sa place d’indispensable. Avec le temps, elle aurait sans doute pu affiner les caractères et résoudre ce problème, mais la FOX a malheureusement décidé d’annuler la série après sa première saison. The Chicago Code laisse donc un sentiment d’inachevé qui reste un peu en travers de la gorge.
Final Score : 4/5 , série annulée après sa première saison.
The Chicago Code est une série magnifique, plutôt inventive, mais qui propose des personnages trop schématiques pour vraiment convaincre. Une deuxième saison aurait pu permettre de corriger le tir et d’en faire un indispensable mais la FOX n’en laissera pas le temps à Shaw Ryan. Du coup, à recommander uniquement si vous pouvez rester avec un petit goût d’inachevé…
Le “mystery show” de NBC, le bien (?) nommé The Event, s’achève par une annulation en bonne et due forme alors que les auteurs nous réservaient encore clairement quelques surprises pour l’année prochaine. On a cru pendant un moment que Syfy pourrait reprendre le show pour lui offrir une conclusion satisfaisante sous forme de mini-série, mais Craig Engler, le vice président du petit network, vient de démentir la rumeur. Du coup, sachant que la série est inachevée, y a-t-il un intérêt à la regarder ?
On ne va pas faire durer le suspense, la réponse est tout simplement non. Pourquoi ? Parce que le seul intérêt de The Event réside dans son histoire et son déploiement scénaristique – qui, pour le coup, n’intéressera que les scénaristes en mal d’analyse. Le casting est sympathique mais pas inoubliable, la réalisation pédale dure sans parvenir à remonter le peloton de tête, et ce n’est pas la musique grandiloquente qui va y changer quoi que ce soit.
Impossible de pitcher le show sans enlever une bonne part du plaisir qu’on trouve à le regarder. Sachez à tout loisir qu’il s’agit d’un ensemble cast de personnages aux trajectoires explosées mais qui convergent tous vers la même chose : le fameux Event qui laisse à ceux qui ont vu le final un assez étrange sentiment. A la différence de la plupart des shows à mystère, comme le désastreux FlashForward de l’année dernière, les personnages sont suffisamment bien pensés pour qu’on ait tous envie de les suivre et, surtout, chaque épisode amène son lot de réponses qui repoussent toujours plus avant le concept de la série. Du coup, il faut bien l’avouer, on ne s’ennuie jamais et c’est avec un certain plaisir que se déroule toute la saison.
Dommage donc que la conclusion à tout ceci n’arrive jamais annulant du même coup tout l’intérêt de regarder maintenant cette pourtant sympathique The Event.
Final Score : 3/5, série annulée après sa première saison.
The Event est sans doute ce qui s’est fait de mieux en terme de “mystery show” depuis Lost, mais son annulation avant une vraie conclusion annule tout l’intérêt de la série. Dommage, car on aurait retrouvé avec plaisir ce sympathique casting pour une deuxième saison.
Le cas Make it or Break it est particulièrement intéressant : comment jugez en toute objectivité une petite série diffusée sur un tout petit network destiné à une programmation familiale (ABC Family) ? La chaîne n’est pourtant pas en manque de coup d’éclat – elle vient de conclure Greek, qui fut sans doute la meilleure série pour ado de ces dix dernières années. Quant à Paul Stupin, producteur du show, il a déjà marqué l’histoire en repérant tour à tour Darren Star puis Kevin Williamson.
Make it or break it, c’est donc l’histoire de quatre jeunes gymnastes qui se préparent pour les jeux olympiques. De prime abord, les personnages sont sérieusement stéréotypé : il y a Payson, l’ultra studieuse ; Kaylie, la gosse de riche ; Lauren, la pimbêche allumeuse ; et enfin Emily, la pauvre petite fille qui se débat pour arriver à joindre les deux bouts avec sa mère, mais au potentiel absolument énorme. Difficile de croire que ces quatre filles vont arriver à former une équipe, difficile aussi de s’intéresser à leur sort tant leur psychologie est grossière et galvaudée.
Ce n’est pas la réalisation, relativement déplorable, ni la production design, qui manque cruellement d’un budget digne de ce nom, qui vont venir nous débarrasser de cette impression de show au rabais, vite fait et conçu pour un public bon enfant très “disneyen” (c’est d’ailleurs Disney qui distribue la série dans le monde.)
Reste l’histoire proprement dite. D’abord ultra-classique, avec l’arrivée du prodige Emily Kmetko, schéma tellement rabâché qu’on en vomit sur notre canapé, les auteurs vont rapidement comprendre que ce n’est pas là qu’il faut aller puiser leur force. C’est au contraire en se confrontant avec la plus dure réalité possible qu’ils vont enfin donner ses vrais couleurs à Make it or Break it (dont le titre se justifie enfin – ça passe ou ça casse.)
Je me souviens être resté complètement scotché de voir tout un épisode avoir pour thématique les règles (toutes nouvelles) d’une des gymnastes, alors qu’une autre tente comme elle peut de masquer sa poitrine qui se développe et qui la gêne pour faire ses routines. Un épisode entier sur la négation de la féminité par des athlètes de haut niveau, sur l’envie voir le besoin de rester une petite fille, c’était proprement du jamais vu.
Par la suite, la série restera toujours accrochée à cette idée de réalité qu’on se prend dans la face comme un mur. Payson se casse le dos, Kaylie se débat avec son anorexie, et Emily va tomber enceinte (ce qui la force à abandonner la gymnastique, du coup le personnage est purement et simplement évincée du show !) : les thématiques, un peu plus classiques, ont au moins le mérite d’être traité en profondeur et de ne jamais sacrifier aux aléas des cliffhangers et des fins de saison.
Reste malheureusement quelques grosses ficelles bien manichéennes et des intrigues secondaires sentimentales parfois digne des pires soap de mi-journée. Dommage, car avec un vrai budget et des auteurs ayant plus de liberté (on reste sur ABC Family), Make it or Break it aurait pu devenir une série absolument géniale et cruelle sur l’adolescence confrontée au sport à haut niveau.
Final Score : 3/5 , série actuellement en hiatus après la diffusion de sa deuxième saison.
ABC Family ayant l’habitude de couper ses saisons en deux parties (une diffusée pendant l’été, l’autre pendant l’hiver), difficile de croire qu’il n’y a eu que deux saisons – pour l’instant – de Make it or Break it. Si vous avez des ados dans votre entourage et que vous cherchez à leur montrer quelque chose, la série de Paul Stupin peut faire l’affaire. Rude, parfois très cynique et cruelle, elle souffre toutefois d’une réalisation déplorable et d’un budget tellement misérable que la plupart des spectateurs auront bien du mal à passer outre le plumage. Pour les autres, le ramage peut être particulièrement intéressant.
La machine à audience de HBO vient de terminer sa première saison en générant une certaine angoisse sur ses spectateurs qui se languissent désespérément que la série reprenne. Game of Thrones semble avoir convaincu tout le monde, et ceux qui ne l’ont pas encore vu assurent d’un ton laconique qu’ils ne sont pas intéressés par l’univers. Du coup, la série mérite-t-elle vraiment une review ?
On ne convaincra pas les allergiques à la fantasy de regarder Game of Thrones. Il est déjà assez dur de convaincre un défenseur des droits des animaux de terminer la série après une décapitation de cheval en gros plans, on ne va pas se compliquer encore plus la vie.
Faisons plaisir aux fans en listant tous les points positifs de ce show au budget exceptionnel : réalisation magnifique, production value en tout point exceptionnel – c’est peu dire que vous en prendrez plein la gueule, surtout si vous le regardez en fullHD sur un énorme écran. Du côté des acteurs, le casting est un petit bijou où chaque comédien supplante le précédent par son talent. Reste l’histoire – déjà plutôt efficace en bouquin vu le succès en librairie des romans de Georges R. R. Martin ; et le scénario, c’est à dire l’adaptation de ces fameux livres, qui est remarquablement juste et réussie. En plus de tout ça, reste les inoubliables personnages de Tyrion Lannister (Peter Dinklage, toujours aussi magistral) et de Arya Stark, qui feront succomber quasiment tout le monde.
Pour l’équité, faisons aussi le point des reproches entendus sur la série. Une certaine utilisation abusive de femmes nues pour faire passer quelques séquences de blabla lourdes et mal pensées (cf la scène avec le vieux qui explique qu’il a connu plusieurs rois.) Un vrai problème de temporalité : impossible de dire combien de temps se passe entre deux épisodes, parfois entre deux séquences, si bien qu’on est particulièrement surpris quand on se dit qu’il a bien fallu qu’il s’écoule neuf mois entre certains épisodes ! Une vraie cruauté envers les animaux et une réalisation qui ne prend aucune pincette niveau gore : les spectateurs les plus sensibles auront franchement du mal à supporter. Et enfin un personnage d’Arya qui serait un peu trop classique et facile : mais à notre avis il fonctionne parfaitement donc pourquoi vouloir faire autrement ?


