Face à une semaine encore bien chargée en news, il faut à nouveau la découper en deux parties. On commence donc avec les fins de saison et il y en a pour tous les goûts…
Il y a quatre ans, The Good Wife venait souffler un petit vent de nouveauté sur le legal show qui en avait bien besoin. Personnages complexes, intrigues rusées, réalisation soignée et acteurs charismatiques : le show avait tout pour plaire. Mais que valent aujourd’hui les aventures d’Alicia Florrick, femme bafouée par son politique de mari et constamment perdue entre sauver sa famille et plonger dans les bras de son amour de jeunesse ?
La réponse fait mal : pas grand chose. Mis à part deux ou trois très bons épisodes, cette quatrième saison sent sérieusement le souffre. Les personnages sont devenus des parodies d’eux-mêmes (Kalinda ou le problème de la crédibilité), le feuilletonnant fonctionne par à coup qui supprime systématiquement les rares bons éléments mis en place seulement un ou deux épisodes après (rien ne semble avoir d’impact sur le cabinet d’avocats) et le niveau général des intrigues a sérieusement chuté. Manque de nouveauté, manque de souffle, le show finit par devenir un classique (dans le mauvais sens du terme) du genre alors qu’il l’avait magistralement renouvelé.
Seule la conclusion nous laisse un peu d’espoir pour l’année prochaine car elle appelle de vrais changements sur la série. Encore faudra-t-il que les auteurs ne l’annule pas aussi vite qu’ils l’ont balancée.
Final Score : 6/10
On se passera facilement de cette quatrième saison de The Good Wife qui explose un peu plus les poncifs de la série alors que ses qualités disparaissent progressivement…
Kevin Williamson (le papa de Scream, Dawson’s Creek ou plus récemment de l’adaptation télé de Vampire Diaries) aurait-il peur des auteurs ratés ? C’est en tous cas la question que l’on peut se poser au visionnage de The Following, son dernier succès en date, thriller musclé sur fond d’enseignant en littérature passionné par Edgar Allan Poe, mauvais écrivain, tueur en série et chef d’un culte de fanatiques. Cette première saison repose entièrement sur le projet foufou de ce charmant monsieur nommé Joe Carroll, qui cherche à écrire son deuxième roman en mettant en place son scénario dans la vie réelle. Il poursuit donc le flic qui l’a autrefois foutu en prison – et qui le poursuit lui aussi dans un jeu du chat et de la souris mené sur un rythme tonitruant.
Autant le dire tout de suite : The Following ne mérite certainement pas l’engouement soudain et énorme que lui vouent les américains. La série est très sympathique, certes, mais elle souffre de plusieurs lacunes pour parvenir à convaincre. Il y a déjà la réalisation, pas folichonne, qui ne révèle ses qualités que lors des séquences angoissantes mais tombe toujours à côté de la plaque lors des scènes plus intimistes. Autre déception, le duo d’acteurs central ne fait pas des étincelles : James Purefoy – dans le rôle du serial killer – et Kevin Bacon – dans le rôle du flic – en font tous les deux des caisses pour faire passer des personnages outrancièrement noircis par la vie. Et puis il y a le scénario. Les épisodes qui fonctionnent le mieux sont en général écrit par Williamson lui-même. Il s’y permet d’y aborder tout un tas de questions sur la narration, la dramaturgie, mettant ainsi son show dans le type même d’abyme qu’il avait déjà exploré, avec succès, lors de son détournement du film d’horreur avec Scream. Mais n’est pas Williamson qui veut, et en général dans les autres épisodes, cette petite idée de génie tombe totalement à l’eau pour servir des passages purement artificiels et assez forcés.
Mais le tableau n’est pas tout noir non plus. Il faut reconnaître au show une vraie puissance dans le rythme – les épisodes ne s’essoufflent jamais et les rebondissements sont suffisamment inattendus pour surprendre la quasi totalité des spectateurs. On sent aussi que toute l’équipe se fait vraiment plaisir, et ceci transparaît à l’image. C’est peut-être ce qui explique le succès surprise de cette série sur laquelle personne ne misait un kopeck avant sa diffusion. Une deuxième saison a été commandée et il y a une nouvelle assez rassurante : Williamson a réussit à convaincre la Fox de ne faire que 15 épisodes (comme pour cette première saison) argumentant que 24 épisodes seraient trop longs pour tenir la cadence. On ne demande qu’à voir ça.
Final Score : 7/10
Très sympathique thriller, The Following est une bonne petite série mais pas un immanquable non plus. Il lui manque pour cela un peu de talent. Mais l’envie est là et ça fait déjà bien plaisir.
C’est donc cette année que la chaîne History s’offrait sa première vraie série de fiction avec Vikings, show qui s’intéresse à l’univers peu représenté à la télévision de ce peuple de Scandinavie surtout connu pour ses activités d’exploration, de commerce et bien entendu de pillage.
Très clairement, l’univers est pris sous l’angle historique ce qui fera tout à la fois sa force (on y est, on s’y croit, tout paraît extrêmement crédible) et sa faiblesse : la saison manque clairement d’envergure scénaristique et les épisodes se suivent comme autant de tranches de vie sans qu’il n’y ait de vraie évolution dramaturgique. Malgré tout, on sent déjà bien la patte de Michael Hirst, le créateur, qui nous avait déjà comblé avec The Tudors, et le dernier épisode laisse clairement à penser que la saison deux tentera de corriger ce problème.
Inspiré par une saga viking, le show suit les aventures du légendaire chef de clan Ragnar Lodbrok et sa lente ascension dans la légende. Critiquée par de multiples historiens sur des détails historiques (les vêtements, les lois concernant les punitions pour les crimes de haine, ou encore le décors montagneux qui entoure un temple…), tout le monde s’accorde malgré tout à dire que la série peut servir d’outil pédagogique. Car il faut bien reconnaître, comme Hirst le faisait remarquer, que la véracité historique concernant cette époque est très difficile à atteindre vu le peu d’élément que l’on a à son sujet.
Entièrement filmé en Irlande, Vikings donne à voir des décors d’une beauté fascinante, soulignés par une mise en scène gracieuse et intelligente. Mais ce sont surtout les acteurs, charismatiques et impliqués, qui nous entraînent avec joie pour une plongée déconcertante dans un univers entre deux rives, entre le ciel et la terre, entre les hommes et les dieux.
Final Score : 8/10
Belle, fascinante, magnifiquement interprétée, Vikings ne déçoit qu’au niveau de son scénario qui manque clairement d’envergure. Nul doute que la saison 2 saura corriger le problème et on peut s’attendre alors à avoir l’un des meilleurs shows de la télé US.
Cette semaine, on disait aussi au-revoir à nos chers Americans, en fait un couple d’espions russes infiltrés dans l’Amérique des années 80 alors encore en pleine guerre froide. Jouissant de l’aura de la chaîne FX, d’un casting prometteur (Keri Russell, Mathew Rhys), ainsi que du talent du producteur Graham Yost, le show avait particulièrement déçu lors de la diffusion de son pilote, mal foutu, rallongé à l’arrache, modérément enthousiasmant – bref, assez chiant, ce qui est un comble pour une série d’espionnage.
Mais le souci était bien dans cette petite distinction qu’il était impossible à faire au début de la série : the Americans n’est pas une série sur des espions (enfin, si, un peu quand même !) mais avant tout une série sur le couple et sur le mariage. Les deux héros ont été “condamnés” par leur mère patrie à vivre ensemble, à fonder une famille et à faire semblant de s’aimer mais ces apparences peuvent-elles survivre lorsqu’on les “active” après plusieurs années ? Il faut reconnaître que sur cette thématique, le show offre des réflexions profondes et scénaristiquement plutôt bien amenées – the Americans a un propos fort et percutant, ce qui manque cruellement à une grande partie de la concurrence.
C’est donc plutôt les intrigues reposant purement sur de l’espionnage qui peuvent parfois décevoir lorsqu’elles tombent dans quelques facilités étranges. C’est d’autant plus dommage que lorsque certains auteurs sont à l’aise, ils peuvent offrir des scripts franchement carrés et passionnant sur le sujet, comme par exemple un long épisode autour de la torture qui s’accompagne d’une résolution étonnante et perturbante !
Enfin, au niveau de la forme, la série s’en sort assez bien mais n’est pas non plus extraordinaire. Si la recréation des années 80 est franchement réussie, la réalisation traîne un peu la jambe et se montre assez bancale lors des grosses scènes d’action. Quant aux acteurs, ils sont convaincants mais on sait qu’ils peuvent donner bien plus (aller Keri, va falloir te réveiller un peu !)
Final Score : 7/10
Renouvelée pour une saison 2 que l’on espère bien meilleure, the Americans est une série très intéressante – notamment car elle s’attache à une thématique qu’elle va traiter profondément – mais souffre de nombreuses lacunes (rythme, mise en scène, des acteurs parfois un peu endormis) qui feront décrocher certains spectateurs. A tester donc.
C’est la série qui nous laisse encore une fois dans l’incertitude la plus totale : Happy Endings, sitcom complètement allumée et totalement unique, va-t-elle être renouvelée pour une quatrième saison par ABC, va-t-elle se faire racheter par une autre chaîne, ou va-t-elle disparaître dans l’oubli général ? En effet, n’ayant pas été gâté par une grille de programmation apocalyptique (la série fut reléguée à la petite mort du samedi soir), Happy Endings a malgré tout régulièrement fait des coups d’éclat en terme d’audience et jouit d’une certaine aura auprès d’une frange du public – imaginez une sorte de Community un poil moins connu.
Comment décrire ce programme sur six trentenaires (et oui, encore une fois six trentenaires !) qui est parti complètement en sucette dès sa deuxième saison avec des histoires totalement improbables, un humour limite cartoon, et une bande de comédiens dont on sent qu’on aura bien du mal à les séparer ? Happy Endings n’est résolument pas une sitcom ordinaire et se pose comme un objet étrange, indéfinissable et avant tout très rafraîchissant Alors s’il vous plait, pour moi et pour les trois spectateurs du fond de la salle qui l’adore, n’annulez pas cette série !
Final Score : 8/10
Happy Endings fait partie du très haut du panier des sitcoms… à condition d’apprécier l’humour cartoon, les intrigues absolument pas réalistes et les gros délires improbables.
Venue tout droit de Nouvelle-Zélande, the Blue Rose se présentait au départ comme la version locale de the Killing. Il n’aura pas fallu longtemps pour se rendre à l’évidence : si le show néo-zélandais repose lui aussi sur un mystère entourant la mort d’une jeune femme, il s’agit en réalité d’un “formula” avec sa petite intrigue bouclée à chaque épisode. Du coup, il faut bien le reconnaître, the Blue Rose perd en prestance, en profondeur, et devient quelque peu artificielle avec son équipe de quatre personnages ultra-complémentaires. Les actrices étant toute des classes mannequins et les comédiens semblant tous sortir de magazines masculins, l’univers du show paraît instantanément trop glamour pour être crédible. Même si ça reste très agréable à regarder, hein…
Mais malgré toutes ces petites imperfections, the Blue Rose reste l’une des séries les plus enthousiasmantes depuis longtemps. Ceci tient tout autant au mystère qui entoure la mort de Rose, savamment distillé au fil des épisodes et relancé avec des péripéties vraiment inattendues (c’est bien la première fois que je me fais avoir sur le coupable jusqu’à la dernière minute !), qu’aux personnages qui s’avèrent au fur et à mesure étonnamment complexes et intrigants. La réalisation est de plus tout à fait honnête et l’ambiance sonore, très particulière, apporte à la série une véritable identité semblable à nul autre.
Bref, devriez-vous vous jeter sur the Blue Rose ? Et bien il reste un dernier GROS problème : l’accent néo-zélandais ! A couper au couteau, certains personnages sont vraiment difficile à comprendre et seuls ceux qui ont l’oreille vraiment aiguisé (ou qui, comme moi, feront beaucoup d’efforts !) arriveront à suivre totalement les intrigues. Car la série n’est actuellement disponible nulle part ailleurs que dans son pays d’origine…
Final Score : 7/10
Bien plus sympathique que les traditionnels “formula” policiers dont elle s’inspire pourtant, the Blue Rose est une valeur sûre. A condition de comprendre l’accent néo-zélandais et de se laisser embarquer par les personnages !
On terminera sur Ice Cream Girls, mini série anglaise de trois épisodes plutôt réussie dans son genre alors que son pitch aurait pu tout aussi bien nous donner une bonne bouse de téléfilm M6 de l’après-midi. Deux femmes du même âge vont voir leurs chemins se recroiser lorsque la première retourne dans son bled natal pour aider sa mère sur le point de mourir et que la deuxième sort de prison. Quand elles étaient ados, elles furent toute deux accusées d’avoir tué un homme d’une dizaine de coup de couteaux. L’une a tout pris sur elle, l’autre a été couverte par la justice pour qu’elle puisse refaire sa vie. Mais la vérité, elle, a été oubliée de tous.
Magistralement interprétée par les deux actrices principales, cette mini-série peut rebuter quelque peu par sa réalisation bancale mais reste convaincante grâce à son scénario bien mené et qui évite tant que faire se peut les écueils larmoyants et populistes de ces fameux téléfilms que l’on ne supportent plus. C’est surtout que la thématique est totalement maîtrisée et que les trois épisodes nous guide vers une résolution surprenante mais qui a du sens. Et au final, il serait bien difficile de faire sa fine bouche face à ce programme de qualité.
Rendez vous dans deux jours pour parler de toutes les nouveautés qui ont débarqué pendant la semaine !

















































