Tag Archive: The Good Wife


 Face à une semaine encore bien chargée en news, il faut à nouveau la découper en deux parties. On commence donc avec les fins de saison et il y en a pour tous les goûts…

The Good WifeTHE GOOD WIFE (saison 4)

Il y a quatre ans, The Good Wife venait souffler un petit vent de nouveauté sur le legal show qui en avait bien besoin. Personnages complexes, intrigues rusées, réalisation soignée et acteurs charismatiques : le show avait tout pour plaire. Mais que valent aujourd’hui les aventures d’Alicia Florrick, femme bafouée par son politique de mari et constamment perdue entre sauver sa famille et plonger dans les bras de son amour de jeunesse ?

La réponse fait mal : pas grand chose. Mis à part deux ou trois très bons épisodes, cette quatrième saison sent sérieusement le souffre. Les personnages sont devenus des parodies d’eux-mêmes (Kalinda ou le problème de la crédibilité), le feuilletonnant fonctionne par à coup qui supprime systématiquement les rares bons éléments mis en place seulement un ou deux épisodes après (rien ne semble avoir d’impact sur le cabinet d’avocats) et le niveau général des intrigues a sérieusement chuté. Manque de nouveauté, manque de souffle, le show finit par devenir un classique (dans le mauvais sens du terme) du genre alors qu’il l’avait magistralement renouvelé.

Seule la conclusion nous laisse un peu d’espoir pour l’année prochaine car elle appelle de vrais changements sur la série. Encore faudra-t-il que les auteurs ne l’annule pas aussi vite qu’ils l’ont balancée.

Final Score : 6/10

On se passera facilement de cette quatrième saison de The Good Wife qui explose un peu plus les poncifs de la série alors que ses qualités disparaissent progressivement…

the following season 1THE FOLLOWING (saison 1) 

Kevin Williamson (le papa de Scream, Dawson’s Creek ou plus récemment de l’adaptation télé de Vampire Diaries) aurait-il peur des auteurs ratés ? C’est en tous cas la question que l’on peut se poser au visionnage de The Following, son dernier succès en date, thriller musclé sur fond d’enseignant en littérature passionné par Edgar Allan Poe, mauvais écrivain, tueur en série et chef d’un culte de fanatiques. Cette première saison repose entièrement sur le projet foufou de ce charmant monsieur nommé Joe Carroll, qui cherche à écrire son deuxième roman en mettant en place son scénario dans la vie réelle. Il poursuit donc le flic qui l’a autrefois foutu en prison – et qui le poursuit lui aussi dans un jeu du chat et de la souris mené sur un rythme tonitruant.

Autant le dire tout de suite : The Following ne mérite certainement pas l’engouement soudain et énorme que lui vouent les américains. La série est très sympathique, certes, mais elle souffre de plusieurs lacunes pour parvenir à convaincre. Il y a déjà la réalisation, pas folichonne, qui ne révèle ses qualités que lors des séquences angoissantes mais tombe toujours à côté de la plaque lors des scènes plus intimistes. Autre déception, le duo d’acteurs central ne fait pas des étincelles : James Purefoy – dans le rôle du serial killer – et Kevin Bacon – dans le rôle du flic – en font tous les deux des caisses pour faire passer des personnages outrancièrement noircis par la vie. Et puis il y a le scénario. Les épisodes qui fonctionnent le mieux sont en général écrit par Williamson lui-même. Il s’y permet d’y aborder tout un tas de questions sur la narration, la dramaturgie, mettant ainsi son show dans le type même d’abyme qu’il avait déjà exploré, avec succès, lors de son détournement du film d’horreur avec Scream. Mais n’est pas Williamson qui veut, et en général dans les autres épisodes, cette petite idée de génie tombe totalement à l’eau pour servir des passages purement artificiels et assez forcés.

Mais le tableau n’est pas tout noir non plus. Il faut reconnaître au show une vraie puissance dans le rythme – les épisodes ne s’essoufflent jamais et les rebondissements sont suffisamment inattendus pour surprendre la quasi totalité des spectateurs. On sent aussi que toute l’équipe se fait vraiment plaisir, et ceci transparaît à l’image. C’est peut-être ce qui explique le succès surprise de cette série sur laquelle personne ne misait un kopeck avant sa diffusion. Une deuxième saison a été commandée et il y a une nouvelle assez rassurante : Williamson a réussit à convaincre la Fox de ne faire que 15 épisodes (comme pour cette première saison) argumentant que 24 épisodes seraient trop longs pour tenir la cadence. On ne demande qu’à voir ça.

Final Score : 7/10

Très sympathique thriller, The Following est une bonne petite série mais pas un immanquable non plus. Il lui manque pour cela un peu de talent. Mais l’envie est là et ça fait déjà bien plaisir.

vikings1-710x400VIKINGS (saison 1)

C’est donc cette année que la chaîne History s’offrait sa première vraie série de fiction avec Vikings, show qui s’intéresse à l’univers peu représenté à la télévision de ce peuple de Scandinavie surtout connu pour ses activités d’exploration, de commerce et bien entendu de pillage.

Très clairement, l’univers est pris sous l’angle historique ce qui fera tout à la fois sa force (on y est, on s’y croit, tout paraît extrêmement crédible) et sa faiblesse : la saison manque clairement d’envergure scénaristique et les épisodes se suivent comme autant de tranches de vie sans qu’il n’y ait de vraie évolution dramaturgique. Malgré tout, on sent déjà bien la patte de Michael Hirst, le créateur, qui nous avait déjà comblé avec The Tudors, et le dernier épisode laisse clairement à penser que la saison deux tentera de corriger ce problème.

Inspiré par une saga viking, le show suit les aventures du légendaire chef de clan Ragnar Lodbrok et sa lente ascension dans la légende. Critiquée par de multiples historiens sur des détails historiques (les vêtements, les lois concernant les punitions pour les crimes de haine, ou encore le décors montagneux qui entoure un temple…), tout le monde s’accorde malgré tout à dire que la série peut servir d’outil pédagogique. Car il faut bien reconnaître, comme Hirst le faisait remarquer, que la véracité historique concernant cette époque est très difficile à atteindre vu le peu d’élément que l’on a à son sujet.

Entièrement filmé en Irlande, Vikings donne à voir des décors d’une beauté fascinante, soulignés par une mise en scène gracieuse et intelligente. Mais ce sont surtout les acteurs, charismatiques et impliqués, qui nous entraînent avec joie pour une plongée déconcertante dans un univers entre deux rives, entre le ciel et la terre, entre les hommes et les dieux.

Final Score : 8/10

Belle, fascinante, magnifiquement interprétée, Vikings ne déçoit qu’au niveau de son scénario qui manque clairement d’envergure. Nul doute que la saison 2 saura corriger le problème et on peut s’attendre alors à avoir l’un des meilleurs shows de la télé US.

the-americansAMERICANS, the (saison 1)

Cette semaine, on disait aussi au-revoir à nos chers Americans, en fait un couple d’espions russes infiltrés dans l’Amérique des années 80 alors encore en pleine guerre froide. Jouissant de l’aura de la chaîne FX, d’un casting prometteur (Keri Russell, Mathew Rhys), ainsi que du talent du producteur Graham Yost, le show avait particulièrement déçu lors de la diffusion de son pilote, mal foutu, rallongé à l’arrache, modérément enthousiasmant – bref, assez chiant, ce qui est un comble pour une série d’espionnage.

Mais le souci était bien dans cette petite distinction qu’il était impossible à faire au début de la série : the Americans n’est pas une série sur des espions (enfin, si, un peu quand même !) mais avant tout une série sur le couple et sur le mariage. Les deux héros ont été “condamnés” par leur mère patrie à vivre ensemble, à fonder une famille et à faire semblant de s’aimer mais ces apparences peuvent-elles survivre lorsqu’on les “active” après plusieurs années ? Il faut reconnaître que sur cette thématique, le show offre des réflexions profondes et scénaristiquement plutôt bien amenées – the Americans a un propos fort et percutant, ce qui manque cruellement à une grande partie de la concurrence.

C’est donc plutôt les intrigues reposant purement sur de l’espionnage qui peuvent parfois décevoir lorsqu’elles tombent dans quelques facilités étranges. C’est d’autant plus dommage que lorsque certains auteurs sont à l’aise, ils peuvent offrir des scripts franchement carrés et passionnant sur le sujet, comme par exemple un long épisode autour de la torture qui s’accompagne d’une résolution étonnante et perturbante !

Enfin, au niveau de la forme, la série s’en sort assez bien mais n’est pas non plus extraordinaire. Si la recréation des années 80 est franchement réussie, la réalisation traîne un peu la jambe et se montre assez bancale lors des grosses scènes d’action. Quant aux acteurs, ils sont convaincants mais on sait qu’ils peuvent donner bien plus (aller Keri, va falloir te réveiller un peu !)

Final Score : 7/10

Renouvelée pour une saison 2 que l’on espère bien meilleure, the Americans est une série très intéressante – notamment car elle s’attache à une thématique qu’elle va traiter profondément – mais souffre de nombreuses lacunes (rythme, mise en scène, des acteurs parfois un peu endormis) qui feront décrocher certains spectateurs. A tester donc.

happy endingsHAPPY ENDINGS (saison 3)

C’est la série qui nous laisse encore une fois dans l’incertitude la plus totale : Happy Endings, sitcom complètement allumée et totalement unique, va-t-elle être renouvelée pour une quatrième saison par ABC, va-t-elle se faire racheter par une autre chaîne, ou va-t-elle disparaître dans l’oubli général ? En effet, n’ayant pas été gâté par une grille de programmation apocalyptique (la série fut reléguée à la petite mort du samedi soir), Happy Endings a malgré tout régulièrement fait des coups d’éclat en terme d’audience et jouit d’une certaine aura auprès d’une frange du public – imaginez une sorte de Community un poil moins connu.

Comment décrire ce programme sur six trentenaires (et oui, encore une fois six trentenaires !) qui est parti complètement en sucette dès sa deuxième saison avec des histoires totalement improbables, un humour limite cartoon, et une bande de comédiens dont on sent qu’on aura bien du mal à les séparer ? Happy Endings n’est résolument pas une sitcom ordinaire et se pose comme un objet étrange, indéfinissable et avant tout très rafraîchissant  Alors s’il vous plait, pour moi et pour les trois spectateurs du fond de la salle qui l’adore, n’annulez pas cette série !

Final Score : 8/10

Happy Endings fait partie du très haut du panier des sitcoms… à condition d’apprécier l’humour cartoon, les intrigues absolument pas réalistes et les gros délires improbables.

the blue roseBLUE ROSE, the (saison 1)

Venue tout droit de Nouvelle-Zélande, the Blue Rose se présentait au départ comme la version locale de the Killing. Il n’aura pas fallu longtemps pour se rendre à l’évidence : si le show néo-zélandais repose lui aussi sur un mystère entourant la mort d’une jeune femme, il s’agit en réalité d’un “formula” avec sa petite intrigue bouclée à chaque épisode. Du coup, il faut bien le reconnaître, the Blue Rose perd en prestance, en profondeur, et devient quelque peu artificielle avec son équipe de quatre personnages ultra-complémentaires. Les actrices étant toute des classes mannequins et les comédiens semblant tous sortir de magazines masculins, l’univers du show paraît instantanément trop glamour pour être crédible. Même si ça reste très agréable à regarder, hein…

Mais malgré toutes ces petites imperfections, the Blue Rose reste l’une des séries les plus enthousiasmantes depuis longtemps. Ceci tient tout autant au mystère qui entoure la mort de Rose, savamment distillé au fil des épisodes et relancé avec des péripéties vraiment inattendues (c’est bien la première fois que je me fais avoir sur le coupable jusqu’à la dernière minute !), qu’aux personnages qui s’avèrent au fur et à mesure étonnamment complexes et intrigants. La réalisation est de plus tout à fait honnête et l’ambiance sonore, très particulière, apporte à la série une véritable identité semblable à nul autre.

Bref, devriez-vous vous jeter sur the Blue Rose ? Et bien il reste un dernier GROS problème : l’accent néo-zélandais ! A couper au couteau, certains personnages sont vraiment difficile à comprendre et seuls ceux qui ont l’oreille vraiment aiguisé (ou qui, comme moi, feront beaucoup d’efforts !) arriveront à suivre totalement les intrigues. Car la série n’est actuellement disponible nulle part ailleurs que dans son pays d’origine…

Final Score : 7/10

Bien plus sympathique que les traditionnels “formula” policiers dont elle s’inspire pourtant, the Blue Rose est une valeur sûre. A condition de comprendre l’accent néo-zélandais et de se laisser embarquer par les personnages !

Ice-cream-girlsICE CREAM GIRLS (mini série)

On terminera sur Ice Cream Girls, mini série anglaise de trois épisodes plutôt réussie dans son genre alors que son pitch aurait pu tout aussi bien nous donner une bonne bouse de téléfilm M6 de l’après-midi. Deux femmes du même âge vont voir leurs chemins se recroiser lorsque la première retourne dans son bled natal pour aider sa mère sur le point de mourir et que la deuxième sort de prison. Quand elles étaient ados, elles furent toute deux accusées d’avoir tué un homme d’une dizaine de coup de couteaux. L’une a tout pris sur elle, l’autre a été couverte par la justice pour qu’elle puisse refaire sa vie. Mais la vérité, elle, a été oubliée de tous.

Magistralement interprétée par  les deux actrices principales, cette mini-série peut rebuter quelque peu par sa réalisation bancale mais reste convaincante grâce à son scénario bien mené et qui évite tant que faire se peut les écueils larmoyants et populistes de ces fameux téléfilms que l’on ne supportent plus. C’est surtout que la thématique est totalement maîtrisée et que les trois épisodes nous guide vers une résolution surprenante mais qui a du sens. Et au final, il serait bien difficile de faire sa fine bouche face à ce programme de qualité.

 

Rendez vous dans deux jours pour parler de toutes les nouveautés qui ont débarqué pendant la semaine !

Cette semaine, on fait le bilan de plusieurs semaines de fin de saison et on va donc sûrement se retrouver tous les jours ! Mais commençons tranquillement… par la reine des séries de l’année dernière.

Aie ! Nous voici face au problème épineux posé par ce qui est sans doute la meilleure série de CBS : la troisième saison de the good wife valait-elle vraiment le coup ? Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, la série créée par Robert et Michelle King, et produite par les frères Scott (Ridley et Tony, pas ceux de One Tree Hill…) est un procedural (show mettant en scène des avocats) dont l’héroïne est une femme d’une quarantaine d’années, bafouée et trahie par son mari. Cette troisième saison se voulait celle de l’éclosion de notre chère Alicia Florrick (Julianna Margulies, toujours aussi impeccable) qui retrouve la femme fatale qui est en elle tandis que son mari se refait la main dans l’univers politique. Malheureusement, cette “nouvelle” voie prise par les scénaristes ne semblent pas les avoir particulièrement excité ou inspiré : la saison est bourrée de faux rebondissements importants annulés deux épisodes plus loin et les scénarios rament dès qu’il s’agit de mettre en scène la vie de famille. Du côté des cas traités dans les tribunaux, c’est là aussi une réelle déception avec peu d’idées originales, même si on se réjouit toujours de retrouver Michael J. Fox. Pour autant, faut-il bouder cette série qui s’avère – de très loin – faire partie de ce qui se fait de mieux en ce moment ? Ce serait oublier le casting irréprochable, la réalisation remarquablement efficace et les dialogues finement lissés.

Final Score : 4.5/5

Parce qu’on ne peut pas lui mettre la même note que l’année dernière, parce que cette saison est vraiment décevante, The Good Wife n’atteint pas le 5/5. La série reste impossible à bouder tant elle s’avère agréable à suivre, on attend juste qu’elle nous cloue à nouveau le bec comme lors de la première année.

Difficile d’être convaincu à la vue du pilote de 2 Broke Girls, la nouvelle sitcom d’un des plus importants scénaristes de Sex and the City (Michael Patrick King) et de Whitney Cummings, qu’on pouvait aussi retrouver cette année dans le programme la mettant en scène, Whitney. Difficile d’être convaincu parce que malgré la qualité de ces deux grands noms de la comédie, la série se veut une sitcom à l’ancienne, soit dans des décors peu crédibles, avec des rires, et un schéma narratif purement old school (pas de rétro-flahsback à la How I Met Your Mother, donc.) De plus, l’histoire de ces deux filles sans le sou qui tentent de monter un commerce de pâtisserie ne propose pas particulièrement un pitch des plus enthousiasmants. Et pourtant… S’il fallait choisir une série vraiment appréciable sur la durée, ce serait bien 2 Broke Girls. Car sous ses airs de vieille sitcom démodée se cachent de vrais talents d’écriture, que ce soit dans les scénarios qui rebondissent là où on ne les attend pas, les personnages plus barrés les uns que les autres, mais aussi et surtout des répliques vraiment drôles, et franchement ça fait un moment que ça n’était pas arrivé. Servie par deux actrices qui commencent bas mais se révèlent progressivement pour s’avérer plus que convaincantes (Kat Dennings et Beth Behrs), la sitcom trouve peu à peu son identité et adopte un ton résolument provocateur. Et au final, qu’on aime ou pas, impossible de ne pas saluer cet étrange mélange de modernité (dans le ton) et de tradition (dans la forme).

Final Score : 4/5

Ne vous fiez pas aux premiers épisodes et laissez vous entraîner par Kat Dennings et son franc parler : vous ne regretterez pas, au final, d’avoir regardé les 24 épisodes de cette première saison de 2 Broke Girls. La série peut encore faire bien mieux, mais au moins elle est déjà sur le bon chemin !

L’idée n’est pas forcément très originale : Breakout Kings met en scène des criminels qui tentent de diminuer leur peine de prison en attrapant d’autres prisonniers qui viennent de s’évader. Si ce pitch ne fait pas dans la dentelle, donc, la série, elle, s’évertue à à briser les codes des séries policières et s’attaque constamment à un schéma narratif autrement cousu de fil blanc. Car oui, Breakout Kings est certainement l’une des séries les plus raffraichîssantes et originales dans ce genre archi-surpeuplé. Sa force se trouve dans ses personnages qui, s’ils apparaissaient au premier abord assez décousus, s’avèrent en fait finement construits et proposent un sacré travail sur les névroses liées à l’enfermement et à la culpabilité. Pour cette seconde saison, les scénaristes n’ont pas hésité à pousser d’un cran le curseur du feuilletonnant, élaborant une dramaturgie forte et efficace qui nous entraîne tout au long de la saison. Impossible cependant d’en dire plus, car ce serait spoiler le premier épisode qui restera une perle dans le monde de la série policière. N’oublions pas non plus de tirer notre chapeau à Jimmi Simpsons, autrement habitué aux seconds rôles récurrents, et qui démontre ici tout son talent. Bref, on était plus qu’impatient d’attendre la suite mais à cause de l’effondrement de l’audience par rapport à la première année, A&E a finalement décidé d’annuler la série. Dommage, c’était sans doute le meilleur cop show du moment.

Final Score : 4/5

Plus qu’un excellent cop show, Breakout Kings était une excellente série qui poussait scénaristiquement le genre dans ses limites et offrait des personnages complexes et solidement travaillés. On s’arrêtera donc sur un finale plutôt réussi et on se demandera toujours ce que les scénaristes avaient prévu à la suite de ce cliffhanger sans ménagement.

Assez curieusement, on pourrait presque dire la même chose de cette ultime saison de In Plain Sight : les scénarios sont plutôt originaux pour le genre (il faut dire que le pitch repose sur le programme de protection des témoins, pas de meurtre à élucider donc !), les personnages sympathiquement construits et l’ensemble repose beaucoup sur le caractère assez particulier – qui ferait rêver nombre de psychiatre – de sa protagoniste principale, Mary Shanon (Mary McCormack qui, si elle a bien changé physiquement au fil des saisons, s’est toujours avéré en accord avec son rôle.) Ajoutez à cela un second rôle exemplaire, tant au niveau du personnage que de l’acteur (le très curieux Fred Weller) et vous obtenez un bon petit show qui aura su faire son bout de chemin. Dommage que la réalisation tant sur le plan des images que de la musique soit de si mauvais goût, faisant définitivement baisser d’un cran la qualité de l’ensemble…

Final Score : 3/5

Plutôt honnête, In Plain Sight était un bon petit show policier avec une vraie touche d’originalité et des acteurs assez investis. Fallait-il pour autant nous infliger une mise en scène aussi pauvre ? Pas sûr que les moins courageux aient pu survivre à un seul épisode…

Enfin, cette semaine, on disait aussi adieu à GCB, la catastrophe ambulante post-Desperate Housewives qu’ABC a lâchement tenté d’installer pour remplacer son “prime-time soap”. GCB, c’est donc une grosse farce sur des femmes désespérées qui vivent au Texas et se retrouvent à l’occasion de la messe du dimanche (d’où le titre original Good Christian Bitches, redevenu Good Christian Belles vu le courage des gens de chaîne…) Dés les premières minutes on sent qu’on fait face à un produit mal calibré, préparé à la va-vite pour remplacer une autre série qui a su s’installer durablement auprès des spectateurs. Mais ce serait négliger le travail des scénaristes que de s’arrêter là. Car oui, GCB était plus que ça : c’était avant tout une parodie méchante et cynique, bourrée de second degré et qui n’hésitait pas à carrément vriller dans de l’humour cartoon à certains moments (par exemple lorsqu’une des héroïnes coupe la branche d’un arbre… avec un fusil à pompe !) Mais toute cette bonne volonté s’est trouvé enfermé dans un carcan de “positive attitude” absolument abjecte, une volonté effrénée de vouloir racheter tout le monde et ne jamais être méchant (alors qu’on sent que les auteurs ont copieusement envie d’envoyer chier leurs personnages). Tout ce qui pourrait être bien est minimisé pour obtenir une espère de show glacé et épouvantablement énervant. Une catastrophe.

Final Score : 2/5

On ne pourra pas mettre la plus mauvaise note à GCB qui cache dans ses recoins quelques très bonnes blagues (souvent quand la série sombre dans un délire cartoon.) Show sabré par les volontés mercantiles et apaisantes de la chaîne, il était impossible qu’il puisse prendre aussi rapidement la place de Desperate Housewives. Personne ne s’y est trompé : la série a été annulée à la fin de cette première saison !

Quand on connaît une semaine plutôt tendue niveau boulot, on aime se réfugier dans des séries qu’on aime. Quand on fait face à une semaine particulièrement chargée au niveau de la programmation, on se demande comment on va faire pour arriver à tout regarder. Quand les deux tombent en même temps, l’heure est venue de faire un choix : il va falloir laisser tomber certains de nos héros préférés. Ou peut-être juste arrêter de regarder les plus grosses daubes…

Dimanche, le choix était assez délicat. Enfin, pas au niveau de la daube à éviter puisqu’il paraissait évident de faire l’impasse sur Army Wives dont le démarrage de cette sixième saison aura été hautement traumatisant pour les yeux, les oreilles, et le bon goût.

Donc tu veux que ton propre show s'arrête ?

Mais si on ne devait choisir qu’une série à regarder, là, les choses se corsent. Luck ? Trop lent, trop compliqué. Californication ? Les aventures de Hank Moody finissent toujours par fatiguer un petit peu. The Good Wife ? La déception risque de décevoir nos plus grandes attentes sur cette magnifique série (j’ai triché, j’ai regardé l’épisode…) Alors oui, faisons nous plaisir avec ce petit bonbon délicieusement tordu qu’est Once Upon a Time, la série improbable sur les contes de fée qui arrive à mélanger le Petit Chaperon Rouge et une histoire de loup-garou. Quand les scénaristes se lachent, c’est le spectateur qui se régale !

Red Hood VS Werewolf : on dirait le titre d'un jeu Capcom

Lundi, le choix paraissait évident : on se garde Pretty Little Liars pour la semaine prochaine (avec le grand final de la saison deux) et on se remet dans Being Human (version US) qui de plus signe ici l’un de ses meilleurs épisodes avec un petit retournement de situation que je n’avais franchement pas vu venir…

That's creepy.

Mardi, inutile de tergiverser avec l’immanquable Justified dont cette troisième saison s’avère encore meilleure que les deux premières.

J'adore ce petit regard sympathique et méprisant à la fois !

Mercredi, ce n’est pas le choix qui se bouscule au portillon… heureusement que Cartoon Network est là pour nous rappeler les méfaits de laisser la cuvette des toilettes levée et nous révéler la vraie manière d’utiliser ce formidable objet. Vous l’aurez compris, c’était la rentrée de South Park, qui commence cette seizième saison bien fort.

Nuff said

Jeudi, c’était sérieusement plus compliqué. Entre le flash-back 1912 de The Vampire Diaries, l’enlèvement du fiston d’Awake, et le rassurant retour de Community, on avait déjà pas mal de choses à voir. Mais c’était sans compter sur l’excellente surprise de MTV, I Just Want My Pants Back dont les scénarios sont au moins aussi sympathique que le titre de la série. Sans doute l’un des meilleurs shows sur les vingtenaires depuis… pff, tellement longtemps qu’on ne s’en souvient plus !

Voilà le genre de répliques sympathiques auxquelles vous devez vous attendre.

Enfin vendredi, même s’il y a tout plein de séries qu’on adore, on se réchauffera avec le retour de Sarah Shahi dans Fairly Legal - le show qui vous rappelle à quel point il semble faire bon vivre à San Francisco… (ok, ça ne parle pas du tout de la ville, mais c’est pas grave !)

San Francisco... what else ?

Bon, espérons juste qu’on aura un peu plus de temps pour regarder des séries la semaine prochaine !

Onzième bilan sur un genre bien particulier : les legal show. Avec juste une petite exception à la fin.

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Pour ce nouveau legal show sur un procureur qui vire avocat de la défense, NBC misait beaucoup sur la figure charismatique de Jimmy Smits, acteur ayant déjà fait ses preuves dans L.A. Law, NYPD Blue, ou encore dans The West Wing. Et curieusement, l’affaire n’a pas vraiment marché…

Il faut dire que mis à part ses acteurs plutôt sympathique, le show ne fait pas grand chose pour se démarquer. Le fait que le héros, Cyrus Garza, ait été procureur ne sert pour ainsi dire qu’à faire en sorte que tous les protagonistes des différents épisodes le connaissent pour l’avoir vu à la télé. Il y a bien aussi une petite tentative de fil rouge, avec des politicards qui ont bien envie d’envoyer Garza se faire pendre, mais le tout est tellement suggéré, effacé presque, qu’on ne peut prétendre à une vraie innovation sur ce point.

Du coup, que reste-t-il de Outlaw après les huit épisodes diffusés ? Des scénarios sympathiques, un rythme agréable et quelques répliques cinglantes amusantes. On se souviendra aussi d’une tentative de copie de Kalinda de The Good Wife malheureusement assez catastrophique. A part ça, rien du tout. On ne s’étonnera pas d’avoir totalement oublié la série d’ici l’année prochaine.

Final Score : 3/5, série annulée au bout de huit épisodes.
Outlaw n’est pas une mauvaise série, mais elle n’a rien pour se démarquer des autres legal show. Du coup, on peut tout à fait se permettre de passer à côté…

A l’opposé de Outlaw, sur ABC, chaîne des concepts bien alambiqués, on promettait une petite révolution dans le monde bien saucissonné des legal show avec The Whole Truth. Révolution tuée dans l’oeuf avec des ratings plus que désastreux.

L’idée était intéressante, son application désastreuse et fort compliquée à mettre à en place : une affaire, vue simultanément des deux côtés de la balance, c’est-à-dire du point de vue du procureur et de celui de l’avocat de la défense. Résolution du procès en fin d’épisode et seulement en conclusion une petite vidéo nous révélant toute la vérité sur ce qui s’est vraiment passé. A partir de là, les emmerdes commencent.

Car comment faire en sorte que le public s’attache aux personnages ? Il faut donc cibler UN procureur et UN avocat de la défense. Du coup, les voilà qui se retrouvent toujours opposés dans leurs affaires, ce qui fait un poil artificiel… Comme nous sommes sur ABC à une heure de grande écoute, difficile aussi de terroriser la ménagère en lui montrant des coupables qui s’en sortent ou des innocents qui sont condamnés – du coup, la petite vidéo de fin promettant la vérité ne vient jamais apporter une quelconque nouvelle information ou agir en coup de théâtre. Et puis il y a la trame même des histoires, la structure des épisodes, qui doivent réserver autant de temps aux deux partis. Du coup, que je te mets huit minutes sur la procureur, pub, huit minutes sur l’avocat de la défense, pub, et répéter jusqu’à résolution du conflit. Là aussi, vraiment trop artificiel.

Fausse bonne idée de concept, mais qui aurait pu être sauvée par d’excellents acteurs, ou une réalisation qui nous en envoie plein la figure… pas de bol, les acteurs sont aussi charismatiques que des rayonnages de pots de peinture chez Mr Bricolage, et la réalisation est aussi originale et inventive qu’un nouveau livre de Guillaume Musso.

Final Score : 2/5, série annulée au bout de quatre épisodes.
Plombée par un concept amusant mais impossible à mettre en place (en tout cas à une heure de grande écoute sur un chaîne telle qu’ABC), The Whole Truth termine de se suicider en proposant des acteurs pachydermiques et une réalisation sous éther. Patatra, j’ai envie de dire.

Troisième legal show, et troisième annulation. The Defenders, sur CBS, aura tout de même eu le mérite de durer toute une saison. Son plan pour se démarquer : faire se dérouler l’action à Las Vegas et utiliser tout ce peut apporter une telle ville (casinos, mafia, etc.) Et surtout, s’appuyer sur un duo très apprécié des spectateurs, Jim Belushi et Jerry O’Connel (roh, mais si, le petite génie de Sliders.)

On peut tout de suite reconnaître une grande qualité aux Defenders, c’est que la série est assez remarquablement belle, et on sent une production value prête à tout pour faire sortir Las Vegas sous son meilleur jour. Du côté des scénarios, les auteurs ont pris le parti de glisser beaucoup d’humour dans leur série ce qui vient apporter une certaine fraîcheur assez agréable. Du reste, les enquêtes et les procès sont plutôt intéressants, même s’ils ne viennent pas nous terrasser par leur originalité.

Alors pourquoi diable la série s’arrête-t-elle ? Et bien tout simplement car elle ne propose rien qui pousse le spectateur à revenir à chaque épisode. Pas de fil rouge, pas d’évolution des personnages (ou si peu), et un tel flou sur le passé de ceux-ci qu’on n’arrive pas à s’y intéresser (Jim Belushi passe son temps à regarder sa bague de mariage mais très franchement son divorce ne passionne guère). Du coup, The Defenders devient une série dont on apprécie de tomber dessus mais pour laquelle on ne va certainement pas courir après le travail pour ne pas manquer le début.

Final Score : 3/5, série annulée à la fin de sa première saison.
Jolie, drôle et plutôt bien jouée, The Defenders est une série agréable à regarder… si on tombe dessus par hasard. A part ça, y a pas de quoi se fouetter la joue gauche. Ou la droite.

Comme (presque) tous les ans, David E. Kelley, le créateur de The Practice, Ally McBeal, ou encore Boston Legal, est de retour sur sa terre promise : le legal show. Avec Harry’s Law, il mise non pas sur un concept révolutionnaire (ce n’est de toute façon pas son genre) mais sur un casting hors pair. Et avec Kathy Bates en tête d’affiche, autant dire qu’il est sur la bonne voie…

Chez E. Kelley, on fait toujours un petit peu dans la surenchère au départ, histoire de mettre de la comédie et alléger un propos finalement assez souvent grave. Du coup, la série tourne autour de Harriet Korn, une avocate à succès qui vient de se faire virer, manque de mourir plusieurs fois, se sent étonnamment vidée et un peu dépressive et qui va, par la force des choses, se retrouver à la tête d’un petit cabinet d’avocats dans un quartier un peu craignos… mais surtout dans une boutique qui vend des chaussures.

Sur cette base qui lui ressemble, notre bon vieux David nous ressort toutes ses vieilles recettes avec, forcément, son lot de personnages aux caractères bien trempés et aux névroses aussi drôles que dangereuses. Mais cette fois, il quitte son univers classique de la haute société pour s’intéresser aux “petites gens”, c’est-à-dire à un quartier profondément dangereux, mal famé et tout le toutim. Bien sûr, on sent que le bonhomme n’est pas totalement à son aise et il se permet quelques poncifs un peu trop soulignés pour être honnêtes. Malgré tout, l’ensemble prend et on se plait à découvrir les aventures de ce cabinet, une fois de plus pas comme les autres !

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Harry’s Law va s’attirer la sympathie de tous ceux qui aiment déjà les séries de David E. Kelley : elle apporte vraiment quelque chose par rapport à ses anciennes créations, mais on y retrouve toujours sa patte que ce soit dans les histoires, dans l’humour des personnages ou même dans la réalisation.

Pour ne pas copier ses copines, Fairly Legal a la brillante idée de mettre en scène non pas une jeune et talentueuse avocate mais une spécialiste dans les litiges, qui s’occupe de faire la médiation entre deux partis afin d’éviter d’aller au procès. Alors, coup de génie ou fausse bonne idée qui mène au désastre ?

Le petit network USA mise toujours sur les personnages, c’en est même devenu leur tagline : character welcome. Kate Reed, l’héroïne de la série, est donc une femme forte, une femme d’action, une femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Mais c’est aussi une femme fragile, qui n’arrive pas à pleinement se séparer de son mari dont elle a pourtant divorcé, et qui aimerait comprendre quel lourd secret cache son père, fraîchement décédé. Rien de superbement original, mais on sent que les auteurs aiment leur personnage, et qu’il s’éclate avec elle. Interprétée avec brio par Sarah Shahi, impossible de ne pas aimer Kate Reed, qui pourrait bien devenir le nouveau archétype féminin de l’héroïne de série.

Mais là où Fairly Legal tape doublement juste, c’est que les histoires qui sont proposées arrivent à nettement sortir du contexte classique des séries qui se déroulent dans un tribunal. Pas de procès, ça veut dire pas de jury, pas preuve, pas d’interrogatoire – et pourtant, Kate a toujours un objectif concret : trouver ce que veulent les différentes parties, qui parfois l’ignore elle-même. Roublards et bourrés d’idées originales, les scénarios sont de plus tenus par un rythme trépidant qui vous scotche sur votre fauteuil.

Et puis il ne faut pas oublier le double feuilletonnant – la partie sentimentale et la quête du secret du père – assez bien foutu pour qu’on ait vraiment envie de revenir semaine après semaine. Au final, Fairly Legal surprend tout le monde et se fait une place de marque dans un univers un peu trop galvaudé. Il ne lui manque plus que ce petit truc indescriptible qui la sépare encore des séries immanquables.

Final Score : 4/5, série renouvelée pour une deuxième saison.
Fairly Legal est assurément LA bonne surprise de l’année. Un concept novateur, qui surtout amène des types d’histoires comme on n’en avait pas vu avant, une actrice rafraîchissante et un personnage hors du commun : la série a tout pour vous faire renouer avec les legal shows.

On sort quelque peu du cadre du legal show pour parler de Chase, dernière production en date de Jerry Bruckheimer qui, ce jour là, aurait mieux fait de rester coucher avec une bonne rediff de ses CSI.

Chase est une catastrophe sur tous les points. Le concept, d’abord, s’intéresse à une marshal qui traque les fugitifs dangereux dans le sud du Texas. Les histoires se répètent à l’envie, le schéma narratif est tellement ENORME qu’on a l’impression qu’on nous le glisse directement sous le nez, et les ficelles utilisées pour faire rebondir l’action ont été plus souvent vues que la vidéo sexy de Paris Hilton. C’est dire si on nage dans un océan d’artificialité, face à un désert d’originalité.

Les personnages ne sont pas mieux servis. La bande à Annie Frost est aussi insipide et creuse que les acteurs qui l’interprètent. C’est bien simple, on n’arrive jamais à voir ce qui pourrait les distinguer les uns des autres, ni à avoir un quelconque sentiment pour eux. Quant à Annie, on dirait une mauvaise blague digne des pires scénarios de Tyler Perry.

La réalisation et la production value se permettent de plus de n’être pas folichonnes : un comble quand on regarde une série estampillé Bruckheimer, marque de fabrique qui assure au moins d’en prendre plein les mirettes. Ici, mis à part un petit nuage de poussière de temps en temps, rien ne viendra perturber la morne ambiance qui règne sur votre écran.

Final Score : 1/5, série annulée au cours de sa première saison.
Burckheimer devait sans doute croire qu’en récupérant Jennifer Johnson, scénariste émérite sur Lost (qui lui a valu un prix), Reunion ou encore Cold Case, il allait apposer son nom à une nouvelle petite merveille. Mais passée à la moulinette de la grosse machine du pape du cop-show, Jennifer nous pond un truc innommable, chiant comme c’est pas permis, moche et mal joué. Ça fait beaucoup.

Troisième fournée de reviews des séries diffusées cette année. Deux séries pour ados (encore), un cop show musclé, une sitcom survoltée et l’une des meilleures séries de l’année…

Pour la première partie, c’est ici ! Pour la deuxième, c’est par !

Et, au cas ou, rappelle de l’explication sur les notes (pour les exemples, j’ai volontairement choisi des séries qui ne sont plus diffusées) :

0/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows à prendre au second voir au treizième degrés, les petits plaisirs pervers que j’affectionne particulièrement. Je sais que c’est mauvais, mais pour rien au monde je n’en manquerait un épisode.

1/5 : Hater gonna hate. Je déteste, je chie dessus, ça me fait chier, je vois pas pourquoi on passerait du temps à regarder ça. Typiquement l’inbitable et désespérément soporifique Big Love.

2/5 : de la bouse, quelque chose de loupé, de pas intéressant pour deux sous. Heroes, dans ses dernières saisons.

3/5 : de la série facile à regarder, qui ne va rien transcender, mais qui peut quand même bien vous occuper.

4/5 : un très bon show mais qui pèche forcément sur un ou plusieurs points. Attention, étant scénariste, j’ai toujours tendance à favoriser un bon scénario à une bonne réalisation ou un casting réussi. The 4400 (saisons 3 et 4), Alias, Friends…

5/5 : à voir absolument, série de grande qualité, sans aucune ironie de ma part. Lost (ben oui, quand même), Friday Night Lights, Sleeper Cell…

6/5 : une note d’exception – mais si – pour les shows qui ont transcendés l’histoire. Ne cherchez pas, je ne donnerai jamais cette note à une série encore en cours de diffusion. Elle ne s’applique qu’aux vrais immanquables, à ceux qui ont fait l’histoire de la série. Pour certains ce sera The Sopranos, pour d’autres The Wire, et pour les vrais Battlestar Galactica.

Huitième saison pour le show (à l’origine) pour ado le plus increvable du monde. Même sans le duo majeur des premières années, One Tree Hill continue son bonhomme de chemin et raconte toujours la vie d’un groupe de personnes dans une petite ville de Caroline du Nord. Après avoir exploré à peu près toutes les possibilités de combinaison romantique possible, après avoir évoqué quasiment tous les thèmes des séries pour ado, la série a-t-elle vraiment encore quelque chose à dire ?

Il y a des shows comme ça, avec qui on partage quelque chose de spécial, d’absolument indescriptible. Pour ma part, j’ai regardé One Tree Hill depuis la diffusion du tout premier épisode et je n’en ai depuis manqué absolument aucun. Non pas que la série soit géniale ou qu’elle me corresponde parfaitement, non, c’est juste que les habitants de cette ville de Caroline du Nord sont peu à peu devenus comme une famille, ou plutôt un groupe de potes que je prends plaisir à revoir de temps en temps. J’aime apprendre les dernières nouvelles, qui a fait un bébé, qui ne peut pas en avoir, qui lutte contre l’alcoolisme, qui fait son film et comment il s’en sort, qui va une nouvelle fois monter sur scène pour jouer de la guitare, etc.

Alors oui, on pourrait critiquer la réalisation molle du genou, les innombrables voix off récitant des passages interminables de bouquins, les acteurs pas toujours au top, mais que voulez-vous, One Tree Hill est quasiment devenue une institution, une série impossible à bouger, à vraiment déranger. Les fans de la première heure s’y retrouvent toujours, les auteurs (et en particulier le show runner Mark Schwahn) ayant eut la bonne idée de vraiment faire grandir les personnages en même temps que l’audience. Les autres ne peuvent pas comprendre – et ne comprendront jamais d’ailleurs – comment on peut passer plus de cinq minutes face à ce qui leur apparaît d’une totale absurdité dépourvue d’intérêt.

Final Score : 0/5 pour les pervers, 4/5 pour les fans de la première heure, 2/5 pour les autres. Série renouvelée pour une neuvième (et malheureusement ultime) saison.

Snif, snif : One Tree Hill s’arrête l’année prochaine, cette fois c’est sûr, certain, promis, juré, craché. Le show qui aurait déjà du mourir deux fois tirera enfin sa révérence. Les fans vont verser une petite larme, les autres ne sont déjà plus en train de lire cette critique.

Quand Tom Welling, le mythique Clark Kent de Smallville, assure ses arrières pour ses vieux jours, il se met à produire des séries pour la CW. Et comme il est malin, il fait appel à Kevin Murphy, un scénariste connu pour son implication dans Desperate Housewives. Il ne manquait qu’un concept unique et novateur. Et là, Tom ne se refuse rien : on va mélanger Glee, The Good Wife, et One Tree Hill. Pour sûr, on n’avait jamais vu ça avant !

Hellcats c’est donc l’histoire tout à fait crédible de Marti, une jeune étudiante en droit, qui découvre un beau jour que sa mère a oublié de payer pour ses études. Du coup, elle risque de se faire virer. Et comme maman est simple serveuse dans un bar, et que de toutes façons elle n’assume rien et laisse Marti gérer tout, la pauvre n’a pas l’ombre d’une idée de la manière dont elle va bien pouvoir payer la fac. Coup de bol, elle s’engueule avec une jeune texane, Savannah (quand on vous dit que les auteurs n’ont reculé devant rien, ça concerne même les noms des personnages !) qui vient chercher sa bourse de cheerleader. Quoi, des bourses pour des putains de pompom-girls, s’énerve Marti ! Mais Savannah se défend furieusement : les cheerleader, c’est des méga athlètes je te ferai dire (refrain qui reviendra jusque dans le season finale, histoire qu’on comprenne bien que c’est pas facile facile d’être cheerleader). Et comme Marti a tout de même un super bon fond, elle s’excuse de s’être énervée et décide de rejoindre les Hellcats, le groupe de cheerleaders, pour pouvoir payer ses études.

Déjà là, vous doutez que je vous raconte vraiment la série, mais je vous jure que tout est vrai. Et ce n’est pas finir. Car croyez le ou non, Marti va s’avérer une très bonne cheerleader, mais aussi une super compétente étudiante de droit (bien qu’on se demande quand elle trouve le temps de bosser ou de réviser) qui va même participer à un vraie affaire – transformant le show en legal show. Et là coup de boule / renversement dans tes dents, on pimente l’intrigue, on la complique un peu, on montre qu’il y a des gens qui cachent des mystère et badaboum, Hellcats devient aussi un cop show.

Mais il faut aller plus loin ! Car oui, Marti va aussi se révéler une talentueuse chanteuse ! Du coup, on va pouvoir caler aussi des moments de chansons à la Glee. Et tiens, bam, on va faire en sorte qu’elle découvre que son père n’est peut-être pas mort, qu’il y a des secrets de famille, et on va pouvoir tirer un peu sur la corde One Tree Hill. Yep, c’est bon tout ça ! Mélanger, agiter, et vous obtenez Hellcats, la série la moins crédible du monde mais qui, au moins, ne se refuse rien.

Final Score : 2/5 , série annulée après sa première saison.

Grand moment de n’importe quoi, Hellcats est un fourre-tout admirable mais totalement indigeste. Une seule petite saison et la série met la clé sous la porte, pour faire de la place aux nouvelles séries des créateurs de Gossip Girl et de The Vampire Diaries. Désolé Tom Welling, il va vraiment falloir que tu trouve quelque chose à faire maintenant que Smallville est finie…

Vu les audiences pharaoniques, aux Etats Unis comme dans les pays étrangers, de NCIS, la série policière dans l’univers de l’armée, il était tout naturel que CBS cherche à décliner ce succès. Mais pour une fois la commande n’a pas été de faire un simple copier/coller dans une autre ville. Du coup, NCIS : Los Angeles, avec son équipe totalement différente et son traitement beaucoup plus “agent secret” (une bonne part des enquêtes reposent sur de l’infiltration) avait surpris en positif. Alors, le retour de Callen et Sam pour une deuxième année est-il lui aussi convaincant ?

Ne perdons pas de vue qu’on parle ici de NCIS - soit une série policière musclée, qui ne cherche pas à faire réfléchir mais simplement à divertir. Cette année encore, on retrouve la parfaite combinaison d’enquête et de comédie qui fait le sel de la série. Entre deux gunfights pas trop mal filmées, on a droit une blague (souvent un peu potache) qui nous fait sourire. Les enquêtes sont toujours aussi tordues – et souvent à la limite de la crédibilité, les gadgets sont toujours de la partie, et les explosions fracassantes viennent généralement conclure les épisodes. Bref, la recette est la même mais elle fonctionne toujours aussi bien.

Cependant, les auteurs ont voulu aller plus loin pour cette deuxième année. Et vu que CBS leur a lâché la bride, ils se sont bien amusés à mettre un peu de feuilletonnant. Du coup, la série joue encore sur le passé mystérieux de G. Callen qui ignore toujours ce que la fameuse lettre G de son nom peut bien vouloir dire ! Alors bien sûr, on y va vraiment petit à petit, cinq minutes ici, deux minutes par là, un petit flash back étrange au détour d’une intro et hop, l’affaire est dans le sac. Et on s’octroie deux épisodes de fin pour faire semblant qu’on va enfin tout révéler alors que – spoiler inside – en fait pas du tout, on va juste narguer le spectateur jusqu’à la dernière minute.

Final Score : 3/5 , série renouvelée pour une troisième saison.

Ok, un 3 peut vous paraître beaucoup mais n’oublions pas à quoi nous avons affaire : NCIS LA est une simple série de divertissement qui ne cherche pas à aller plus loin. Et dans son genre, difficile de lui reprocher quoi que ce soit. La réalisation est musclée comme il faut, les scénarios offrent un bon ratio enquête / humour et on a même un peu de feuilletonnant histoire de nous tenir en haleine. Avec une pizza et un coca, y a pas mieux pour se laver le cerveau.

Dotée d’un potentiel énorme, placée juste derrière American Idol pour faire des audiences de folie, Breaking In fut bien la plus grande déception de la Fox cette année. Malgré Christian Slater au casting (absolument impeccable) et Adam Sandler en partie derrière la production, il y avait vraiment de quoi y croire. Alors pourquoi diable le public américain n’est pas resté ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre…

Breaking In se concentre sur une équipe de génies, chacun dans sa spécialité, qui bosse dans une entreprise qui teste les systèmes de sécurité. Du coup, c’est l’occasion idéale d’avoir des scènes d’action dans une sitcom et donc de changer un peu la donne. Les auteurs vont même un peu plus loin en faisant de Oz (Christian Slater) un boss proprement hallucinant, qui sait lire sur les lèvres, faire de l’hypnose, est immunisé contre tous les poisons, etc. Les autres personnages sont poussés dans leur retranchement, avec une mention spéciale à Dutch, personnage de simplet baraqué super sympathique, interprété par le grand Michael Rosenbaum, méconnaissable depuis qu’il a des cheveux (pour info, c’était LE Alex Luthor de Smallville.) Se permettant donc allègrement d’aller dans le délire le plus total en se contrefoutant totalement du réalisme, la série fait penser à une sorte de Parker Lewis nouvelle génération, moins ado mais tout aussi délirant.

Le gros problème, il me semble, c’est que la série est sortie en pleine geeksploitation et joue à fond cette carte… un peu trop même, puisque les trois quart des blagues seront incompréhensibles pour les non-initiés. De plus, le rythme sur-trépidant (puisque les auteurs essaient tout à la fois de mélanger de vrais scénarios d’aventure/action avec des intrigues classiques de sitcom) met en avant une accumulation de blagues mais ne permet jamais de les jouer pleinement, de les utiliser à leur maximum. Résultat des courses : c’est speed, fun, on ne s’ennuie jamais, mais on reste toujours un peu sur notre faim. Et encore, quand on est un peu geek et qu’on comprend les blagues – les soccer moms doivent juste se demander ce qu’il est en train de se passer sur leur écran.

Final Score : 4/5 pour les geeks, 2/5 pour les autres, série annulée après sept épisodes.

Breaking in aurait pu faire un carton si elle avait été diffusée après The Big Bang Theory ou à la limite sur Syfy. Mais sur la Fox, après American Idol, difficile pour se programme très geek de trouver son public parmi les soccer mom totalement dépourvues face à son rythme infernale. Dommage car les acteurs sont tous parfaits et que c’était l’occasion de retrouver un univers aussi déjanté que celui de Parker Lewis.

The Good Wife, la meilleure série de l’année dernière, vraie surprise enchanteresse, revient et se doit de faire aussi bien sinon mieux. Une sacrée gageure…

Pourtant, il faut bien avouer qu’on attendait pas grand chose d’un nouveau show produit par les frères Scott (Tony et Ridley), responsables du catastrophique Numbers, série qui a dégoûté les plus scientifiques d’entre nous des mathématiques et des cop shows en quelques épisodes. Du coup, leur retour sur le marché avec une série ayant en premier rôle Julianna Margulies, sympathique dans Urgence mais pas glamour pour deux sous, avait de quoi sérieusement faire peur. D’autant qu’on savait qu’il s’agissait d’un legal show et qu’il en pullulait déjà pas mal sur nos écrans…

Mais contre toute attente, The Good Wife n’était pas qu’un legal show et Julianna Margulies pas qu’une ancienne de E.R. bonne pour les seconds rôles. La série s’intéresse à Alicia Florrick, dont le mari, Peter Florrick, un ancien procureur général, est pris dans un scandale médiatique mêlant sexe avec des prostituées et corruption en général. Pour survenir aux besoins de sa famille, et surtout de ses deux enfants, Alicia décide de reprendre son ancien métier d’avocate dans une grande firme.

La force des scénarios de la série est de reposer à la fois sur des affaires juridiques franchement fascinantes et souvent complexes – bien qu’on puisse un peu s’en lasser tant la firme d’Alicia semble ne jamais perdre ses procès ! – et sur un habile feuilletonnant autour de la reconstitution de la famille et du procès de Peter (en saison 1) puis d’une campagne électorale (en saison 2). Les deux axes de la série sont si habilement entremêlés qu’on n’imagine pas l’un sans l’autre et que rien, jamais, ne paraît artificiel.

Cette année, les grandes qualités scénaristiques découvertes en saison 1 sont donc de retour, tout comme la réalisation sobre mais diablement efficace, une production design toujours réussie et surtout un cast qui frôle la perfection absolue. Margulies est tout à la fois sublime et extrêmement touchante, Archie Panjabi (Kalinda) sait parfaitement jouer de tout le mystère qui entoure son personnage (et le ramène magnifiquement à sa condition humaine dans les derniers épisodes), Matt Czuchry exprime toute la dualité de Cary depuis qu’il s’est fait virer du cabinet d’avocats. Et on pourrait vous faire comme ça l’ensemble du cast, mais ce post n’en finirait pas :)

Un seul reproche pourra cependant être fait à cette saison : un épisode totalement absurde et loupé du début jusqu’à la fin censé mettre en scène Hugo Chavez. Une catastrophe absolue dont on ne connaîtra jamais la cause et qu’on s’empressera d’oublier…

Final Score : 5/5, série renouvelée pour une troisième saison.

Les rares critiques émettant un mini avis négatif sur la série en première saison avaient peur que le show ne puisse maintenir l’intensité de son feuilletonnant sur le long terme. Avec cette deuxième saison, Robert et Michelle King, showrunners de la série et coupable de l’assez oubliable In Justice en 2006, prouvent qu’il n’y a absolument plus de souci à se faire. The Good Wife est un très grand show qui aurait déjà marqué tous les esprits s’il était diffusé sur HBO. La preuve par l’exemple (merci CBS) que les grands networks censés être plus familiaux peuvent faire aussi bien (voir mieux) que n’importe quelle chaîne un peu hype du câble (et j’espère que cette phrase va me valoir quelques commentaires bien haineux).

Hummm, ça sent la série à controverse !

Avant de me lancer dans ma pensée insolite du jour, il convient de vous informer que, oui, les séries historiques ont le vent en poupe. En fait, c’est un vrai raz-de-marée qui a eu lieu la semaine dernière, avec des audiences tout bonnement exceptionnelles (toutes proportions gardées selon les chaînes qui diffusent les programmes) pour Camelot (qui se confirme en deuxième semaine), The Borgias (famille qui, curieusement, semble inspirer tout le monde puisqu’une autre série – produite en partie par Canal + – verra bientôt le jour sur le même sujet !), et The Kennedys (série ultra controversée dont j’espère vous reparler un jour.

Oh, sont-ils pas mignons? Plus maintenant, certes, mais à l'époque ?

Sinon, c’est en regardant The Good Wife que je me suis demandé si un acteur ayant eu un rôle dans une série à succès pouvait vraiment espérer faire rebondir sa carrière par la suite. Avant de vous expliquer les raisons de ce questionnement, penchons nous sur la réponse. On peut tout de suite s’intéresser au sort des différents acteurs de Friends : Courteney Cox et  Matthew Perry jouent à nouveau dans des sitcoms au succès tout relatif, mais peut-on vraiment dire qu’ils jouent de nouveaux rôles ? Le Mr. Sunshine de Perry ressemble à s’y méprendre à Chandler (à la mimique près) et la Cougar Town de Courteney n’est ni plus ni moins qu’une Monica en mal de chair fraîche. Passons sur le cas Aniston – qui a pu faire semblant, un moment, de réussir au cinéma avant de se faire voler la vedette et le mari par Angelina Jolie (niark) ; et intéressons nous à Lisa Kudrow et Matt Leblanc. La première s’est offert une satire virulente avec The Comeback en 2005 (échec notoire mais séduisante série s’il en est) et le second s’amuse avec son propre rôle depuis cette année dans Episodes. Marrant de voir que les deux n’ont trouvé, comme seule échappatoire, que de jouer à font l’auto-critique, voir la parodie pure et simple. Enfin, David Schwimmer (Ross) a tout simplement disparu de la surface de la planète, n’occupant son temps liber qu’avec de rares apparitions dans 30 rock ou en faisant des voix pour des dessins animés en images de synthèse…

Oui, c'est Mulder, c'est Hank Moody, c'est Twin Peaks.

Celui qui a vraiment réussi le tour de force d’incarner à la perfection deux idoles incommensurables, la première des années 90, la seconde des années 2000, c’est bel et bien David Duchovny. Génial Mulder de X-Files (Aux Frontières du Réel, brrr le titre qui fait peur !), il est aussi le séduisant – même pour les hommes – Hank Moody de Californication. Certes, les deux personnages ne sont pas si éloignés : ils partagent un certain amour de la bibine et du porno (si si, rematez les épisodes de X-Files et vous verrez) ! Pour autant, voilà bien un acteur qui sait nous en mettre plein la gueule et surtout dont on fera l’impasse sur la pitoyable carrière cinématographique (si ce n’est un rôle magnifique dans Zoolander - mannequin de main – qui se souvient de lui dans Evolution ?) Et puis merde, quoi, il a même eu la bonne idée de jouer un flic travesti dans Twin Peaks !

Non, mais quel lover ce Joshua !

La dernière idée qui me vient en tête (mais je vous conjure de proposer vos acteurs qui ont réussi à rebondir dans vos commentaires), c’est le génial Joshua Jackson, vraie star de Dawson’s Creeck et putain de lover de ces dames : Kathie Holmes (les filles la déteste, mais que voulez-vous, en plus il était avec elle en période pré-Tom Cruise), Rosario Dawson (aurait-il un problème avec ce nom ?) et compagnon actuel de… Diane Kruger. Excusez du peu. Comme Duchovny, il fait une carrière misérable au cinéma avec quand même quelques nanards à retenir pour vos soirées arrosées du vendredi soir, comme The Skrulls, Urban Legend, ou encore Cursed de Wes Craven himself (qui l’avait déjà fait jouer dans Scream 2, soit dit en passant.) Pour les plus acharnés (ou fanatiques) d’entre vous, il a aussi participé aux Petits Champions, pardon aux Mighty Ducks 1, 2 et 3, mais là, ça me dépasse. On le croyait mort et enterré, mais que nenni, Joshua revient dans la série fantastique du moment, la bien nommée Fringe, dans laquelle il se révèle tout simplement magistral. Les haters hateront, les fans l’adorent – je compte donc ça comme une réussite.

Not so Ugly, Betty ?

Mais alors qui que quoi dont où me vient cette question “y a-t-il une vie après un premier rôle dans une série à succès” et surtout pourquoi c’était en regardant The Good Wife ? Tout simplement parce que depuis quelques épisodes on peut y revoir le petit minois de America Ferrera. Non ce n’est pas la fille de Abel FerrAra mais vous la connaissez sûrement mieux sous le nom de son personnage : Ugly Betty. Celle qui fut une icône pendant quoi, deux ou trois mois, depuis tombée dans l’oubli, nous revient avec un rôle fort sympathique dans la meilleure série du moment – et dans un rôle récurrent en plus. On ne peut que lui souhaiter que ce passage sera remarqué et lui permettra de rebondir, à l’instar des anciennes de E.R. (Urgences) qui tiennent la dragée haute aux jeunettes et aux hommes dans The Good Wife, justement (Julianna Margulies) et dans The Event (Laura Innes.) Comme quoi, finalement, c’est en jouant au toubib qu’on marque la mémoire des gens.

Petit exercice d’imagination : l’année dernière, en bon jeune auteur que tu es mais surtout grâce  à ton incomparable talent, tu as été remarqué par un producteur de série, un de ces gars qui bosse pour les gros studios et qui est habitué à avoir quatre show dans les gros networks, et il t’a acheté ton pitch de série. Bon ok, au début c’était l’histoire de cinq jeunes adultes qui travaillent dans un centre de rétention (hum… volez pas cette idée, je connais déjà quelqu’un qui est dessus, je vous fais confiance !) et c’est devenu un truc ultra violent, bourré de sexe, qui se passe au XIXème siècle dans une Honolulu envahie par des zombies, mais c’était pour un petit network du cable et ça a plutôt bien marché. T’as tissé des destins de personnages intéressants, t’es allé au bout de tes histoires, tu t’es donné comme un malade pour faire des épisodes qui surprennent tout le temps – heureusement qu’on t’avait calé des auteurs confirmés qui ont bossé sur Buffy, CSI ou encore Grey’s Anatomy. Une bien belle aventure, mais là tu es crevé et tu profite de ton chèque avec ton/ta chéri(e) ou ton animal de compagnie préféré (qui a subitement arrêté de vomir n’importe où depuis que t’es revenu.) Seulement voilà, ton boss vient de t’appeler pour te dire : hey coco, on va commander une saison deux. Et là, c’est la merde.

Bon, si à la limite t’avais une série formule, comme CSI, t’aurais rien eu à faire. Juste à reprendre ta team d’auteurs, leur dire allez les gars, faites moi de nouvelles histoires, et c’était réglé. Tu t’en fous, les personnages évoluent pas, la formule doit pas bouger d’un pouce, et ta structure est assez calée pour qu’elle fonctionne pendant dix ans.

A la limite, si t’étais dans une série ado comme 90210, t’aurais juste eu à te débarrasser d’un personnage encombrant (il est déjà sorti avec toutes les filles), en rajouter deux ou trois autres et juste faire tourner les couples sur l’ensemble de la saison. Et tu gardes la même structure qu’avant, hein, on bouge pas une équipe qui gagne.

Mais il y a un peu de fantastique dans ta série. Tu peux essayer de recopier Fringe, en incluant des éléments carrément nouveaux qui permettent de faire complètement changer la formule du show. Mais pour cela il aurait fallu que tu mettes un super cliffhanger dans ton dernier épisode de la saison précédente et que tu abandonnes des pistes mystérieuses pour lesquelles tu n’as plus trop de réponses…

Après, comme tu es sur une série du cable, tu peux aussi refaire toujours le même épisode. Ca a marché pour Big Love, non? Tu prends tes persos dans l’état où ils sont, tu fais croire que des évènements vont les changer, mais en fait non. Facile à écrire et en plus les critiques adorent.

Si jamais t’avais vraiment l’inspiration, tu ferais une intro à la Justified dans le premier épisode de la saison deux, et tu t’embarquerai dans un truc un peu fou – au risque de perdre un peu tes spectateurs au début – mais qui te botterai tellement que ça roxerait du poney à l’écran.

Si t’avais écrit la meilleure série de l’année dernière, c’est à dire The Good Wife, t’aurais même pas à te prendre la tête là dessus : t’aurais juste à continuer de tirer toutes les ficelles que t’as mise en place l’année d’avant, et à faire confiance à tes persos qui sont juste incroyables.

Mais malheureusement tu as fait une série avec des zombies au XIXème siècle à Hawaii. Bonne chance mon ami. Et ne t’inquiète pas, ton problème ne durera pas longtemps. Car comme très souvent, tu te feras annuler en plein cours de la diffusion de ta saison deux.

Les news séries, en ce moment, ne sont pas très réjouissante. Entre le retour de Tim Allen (le fameux Papa Bricole de M6), une nouvelle série sur des rookies de la police (produite par De Niro qui n’a vraiment que ça a foutre polluer la télé américaine avec un autre cop show), et l’annonce du remplacement de notre Spartacus par un petit nouveau pour la vraie suite (comme comme pour le rôle de Naevia), autant dire que c’est pas folichon folichon. D’ailleurs, hier, vous êtes allé au cinéma et vous avez failli vous endormir. Ou vous avez fait un repas poulet du dimanche mais la volaille a cramé. Ou vous avez découvert que votre Freebox venait de sauter et du coup, pas d’internet pendant une semaine. Bref, c’est un dimanche qui termine mal et vous avez besoin d’un peu de repos avant de vous lancer dans un lundi travailler. Mon conseil : faites vous du bien en matant trois séries très diversifiées mais toutes d’une grande qualité.

Commencez le bal en ouvrant votre soirée avec The Good Wife. Ce magnifique legal-show se double d’un talent rare pour décrire le quotidien d’une femme d’une quarantaine d’années en pleine crise existentielle. Scénarios jouissifs, réalisation propre et acteurs brillants : il n’y a vraiment rien à jeter dans cette série qui arrive encore à me surprendre en pleine saison deux. Vous êtes prévenu, on tient peut-être là le futur The Wire – seul le temps pourra nous le dire…

Enchaînez donc en plongeant dans l’atmosphère absolument délicieuse de Justified, un cop show comme il n’en existe pas ailleurs, mélange de polar noir et de western décalé, écrite par un grand nom du genre, à savoir Elmore Leonard (putain de papi né en 1925). On serait bien incapable de faire un résumé de la série tant celle-ci s’appuie sur son personnage central (un marshall surdoué de la gâchette) et sur son décors (le Kentucky, avec des blagues sur le poulet frit inside.) La saison deux vient de commencer et elle s’avère, oh god, encore plus jouissive que la première. On this lonely road, trying to make it home, doing it by my lonesome, pissed off who want some ?

Enfin, terminez la soirée avec une série avec des mecs qui en ont à l’intérieur, je veux bien sûr parler de Lights Out, faux show sur la boxe, mais vraie série sur l’Idée du comeback. Les garçons s’éclateront avec l’ambiance poussiéreuse et pleine de sueur de la salle de gym, les filles s’émerveilleront sur la complexité psychologique des différents membres de la famille du héros, tout le monde s’accordera sur le fait qu’il s’agit d’une des meilleures séries du moment.

Donc au final, une série gros network et deux séries FX : la petite chaîne du cable est bel et bien en train de faire la nique à HBO ! Et pour tous ceux qui auraient besoin d’un dernier petit truc pour s’endormir, vous pouvez découvrir la série documentaire Hard Time, dans laquelle une équipe de télévision est partie filmer pendant un an le quotidien d’une prison de haute sécurité. Flippant d’humanité, incroyable dans sa description de ce qui est devenu une vraie petite ville, on réalise surtout qu’on est à des milliers de kilomètres de Oz et que la réalité… est bien plus compliquée.

Chose promise, chose due : voici donc mon top 5 des séries de l’année dernière, c’est-à-dire diffusée pendant la saison 2009-2010 aux Etats-Unis. Pour info, je n’ai pas pu tout voir et donc certaines séries sont passées à la trappe directement. Ainsi, pas la peine de me faire des remontrances parce que je n’ai pas inclus Mad Men, Dexter, ou Lost, Damages, Friday Night Lights, etc. Et oui, malgré mon acharnement, certaines saisons récentes ne sont pas encore passées sous mes yeux sévères et critiques. Mais d’abord, petit tour des séries qui n’ont pas obtenue mes faveurs alors qu’elles avaient du potentiel.

Justified, la série très sympathique de FX qui nous propose un héros à mi-chemin entre le western et le polar pur et dur, rate le coche de peu, la faute à un démarrage un peu long et surtout un pilote pas loin d’être catastrophique. Je vous la recommande pourtant chaudement tant la série prend son envol dés le milieu de la saison, et j’attends beaucoup de la reprise en février. Pas non plus au classement la pourtant très courageuse Stargate Universe, qui tente le pari de s’éloigner de la franchise pour se frotter avec la mystique Battlestar Galactica. Mais certains personnages un peu creux (comme le geek de service) et le retour de MacGyver en fin de saison viennent plomber une pourtant belle réussite. La quatrième saison des Tudors, l’une de mes séries préférées, est vraiment trop fatiguée pour rentrer dans ce top 5, avec des personnages vieillissants qui ne servent qu’à faire plaisir aux fans purs et durs (dont je fais partie). The Pacific manque elle aussi le coche tout simplement parce qu’elle nous perd avec ses innombrables personnages auxquels on peine à s’attacher – mais c’est là aussi une série que je vous recommande malgré tout. Caprica, la prequel de Battlestar Galactica, aurait du faire partie du top 5… mais les auteurs nous refont le coup de la saison coupée en deux, donc je m’insurge et je déclasse. Enfin, Trauma, énorme surprise de l’année dernière, n’est pas retenue car la série s’est arrêtée trop abruptement et nous laisse sur notre faim. Ce n’est pas une surprise, la première série à faire son entrée dans mon top 5, c’est Spartacus, Blood and Sands, l’énorme claque que nous infligée Starz. On peut lui reprocher ses effets spéciaux souvent ratés, quelques errances sans intérêt (la fameuse pit qui n’aura finalement servie à rien), et un côté gay franchement poussé parfois, mais on ne peut nier son bonheur pendant les épiques moments de bravoure et les combats ultra gore. Et puis qui ne s’est pas levé sur son canapé pour crier “Je veux faire tomber la pluie !” Belle surprise que ce Community, qui démarrait pourtant mal et faisait face à une rude concurrence en terme de sitcom avec les nouveautés de ABC. Mais entre The Middle, Modern Family ou encore Cougar Town et Community, il n’y a pas photo. Community est drôle, furieusement bien menée, et surtout particulièrement originale dans son humour. Auto-dérision, références en pagaille, et surtout le personnage de Abed termineront définitivement de vous convaincre. Comme le disait un de mes amis disparu à New York : tous les gens censés que je connais ont vu tous les épisodes de Community en deux jours !Ne vous faites pas avoir : Vampire Diaries n’a rien à voir avec Twilight, si ce n’est de mettre en scène des vampires et une histoire d’amour (comme True Blood par exemple.) Ce qui fait vraiment la réussite de cette nouvelle saga signée Kevin Williamson (le papa de Dawson’s Creek) c’est qu’elle ne reste jamais longtemps sur les mêmes bases : les personnages évoluent constamment, les situations ne restent jamais bloquées et les morts pleuvent. Toujours surprenante, jamais ringarde, la série ne pèche que par une réalisation assez pauvre et quelques facilités dans le jeu de certains acteurs. Mais en terme de scénario, c’est sans doute ce qui s’est fait de plus couillu, désarçonnant et inventif depuis plusieurs années. En plus, la saison 2 nous a déjà offert quelques épisodes assez exceptionnels. Le miracle non attendu qui a clairement sauvé CBS en terme de qualité (pas d’audimat), c’est The Good Wife, LA série qui va vous faire renouer avec les legal-shows (série juridique.) L’histoire de cette femme à l’honneur bafoué par un mari volage pris dans un scandale sexuel et politique vous chope à la gorge dés son pilote pour ne plus jamais vous lâcher. Le feuilletonnant se déroule avec une intelligence rare, tout en offrant des affaires juridiques toutes plus intéressantes les unes que les autres. Mention spéciale à Julianna Margulies, que je consacre meilleure actrice de cette saison, toutes chaînes et toutes séries confondues. Un MONUMENT que vous ne devez pas laisser passer ! Enfin, impossible de passer sous silence Supernatural, cinquième saison, seule série à ne pas être une nouveauté à faire partie de mon top 5. Chant d’honneur du créateur Eric Kripke, cette cinquième saison comble toutes mes attentes de fanboy. Fan d’anges, de démons et tous les monstres qui vous viennent dans la tête, fan de metal et de vieilles voitures, fan d’humour, d’auto-dérision et d’épisodes complètement tripés, si vous n’avez encore commencé à regarder Supernatural sachez que vous avez de la chance : vous n’avez pas encore vu la meilleure série fantastique des années 2000.

Rendez vous dés lundi pour deux semaines d’analyse, chaîne par chaîne, de six semaines de rentrée !